La Plume d'Aliocha

18/01/2011

Working : une adaptation graphique

Filed under: Invités,Salon littéraire — laplumedaliocha @ 09:50

Par Gwynplaine

Voilà un livre dont je voulais vous parler il y a un moment déjà, parce qu’il recoupe plusieurs thèmes centraux de ce blog. Adaptation graphique d’un remarquable travail journalistique – celui de Studs Terkel, sur lequel Jalmad fut la première à attirer mon attention – il questionne ce qu’est le journalisme, notamment sous un angle qui me tient particulièrement à cœur : peut-on parler de journalisme en bande dessinée[1] ? Et puis le temps passe, et d’autres priorités vous happent.

Heureusement que parfois, à la faveur d’un billet qui fait débat, l’actualité vous rappelle à vos intentions originelles. Cependant je change d’angle, laissant là pour l’instant la fameuse question qui me travaille sur le journalisme et la BD (sachez simplement que je parlerais plus volontiers de documentaire que de journalisme en bande dessinée), et me bornerai à vous parler du livre.

Studs Terkel

Figure populaire du journalisme radio et de la gauche radicale américaine, l’introduction nous apprend qu’il surmonta la période McCarthyste  grâce à son émission quotidienne d’interview d’acteur et célébrités sur WFMT (diffusée tout de même de 1952 à 1997), dont certains invités soutenaient même « qu’ils étaient plus intéressant quand ils parlaient avec Studs que dans leurs propres écrits » selon ce qu’en dit son éditeur et ami André Schiffrin dans cette introduction.

C’est en lisant les entretiens publiés dans la revue de WFMT que ce dernier prend contact avec Terkel et le pousse à utiliser ses talents d’intervieweur sur l’Américain ordinaire, le lançant ainsi dans une entreprise de recueil de la parole de ses contemporains, au plus près de leur vie quotidienne. Par cette impressionnante somme d’entretiens, Terkel devient un contributeur de premier ordre à “l’écriture” de l’histoire orale américaine du XXe siècle. Ce travail est rendu dans ses ouvrages, tels que Hard Times (sous-titré en français Histoires orales de la Grande Dépression), The Good War (Histoires orales de la Seconde Guerre mondiale – prix Pullitzer, il y montre notamment « à quel point cette guerre fut racialement chargée, rapportant des crimes racistes qu’aucun historien de quelque importance n’avait découvert à ce jour (ou qu’aucun n’avait choisi de rapporter) », toujours selon Schiffrin) ou encore Race: What Blacks and Whites Think and Feel About the American Obsession. C’est Working (Histoires orales du travail aux Etats-Unis), son ouvrage le plus célèbre, qui est ici adapté, à travers une sélection de vingt-huit entretiens sur les soixante-dix que compte l’original.

Encore une adaptation !

Pourtant, à la base, ce livre ne partait pas avec les meilleures chances de me plaire ; il combine deux handicaps bien souvent rédhibitoires chez moi en BD : il s’agit à la fois d’une énième adaptation “littéraire”[2] (entre guillemets, parce qu’il ne s’agit pas à proprement parler de littérature) et d’un ouvrage collectif.

Ces deux écueils sont ici contournés de fort belle manière. L’ouvrage conserve une remarquable unité, rare  pour un ouvrage collectif. Cela tient sans doute au fait qu’il est dirigé par une seule et même personne[3], qui n’est d’ailleurs pas partie prenante des récits. Le choix des auteurs est impeccable ; l’intelligence de cette adaptation est que plusieurs auteurs reviennent illustrer différentes histoires, et que seuls sept scénaristes se sont collés aux adaptations sur les dix-huit contributeurs (dont certains ont fait scénario et dessins). On retrouve Harvey Pekar parmi ces scénaristes, personnage important de l’histoire du comic book underground américain, puisqu’il lança avec American Splendor le mouvement (si mouvement il y a) dit un peu pompeusement de la bande dessinée non fictionnelle, dans lequel on retrouve par exemple Le Photographe, Persepolis ou encore Gaza 1956.

Mais contrairement aux exemples précités, ici l’auteur n’est jamais mis en scène, hormis la phrase qui introduit chaque entretien sous forme de voix off. Ce sont sur ces Américains ordinaires que l’on s’attarde ; ils nous brossent par le menu le quotidien de l’Amérique laborieuse des années 70.

Je ne peux pas vraiment mesurer l’intérêt de cette adaptation graphique par rapport à l’original – que je n’ai pas lu –, mais son intérêt intrinsèque réside dans ce que les dessinateurs s’emparent de leur sujet à bras le corps et, qu’ils choisissent une représentation figurative (du style le plus réaliste à celui plus caricatural en passant par un trait plutôt “ligne claire”) ou plutôt symbolique (imagerie aztèque pour les travailleurs agricoles mexicains, réalisme soviétique pour le syndicaliste – cf le dessin de couverture de l’ouvrage), tous nous donnent à voir, à éprouver les récits qui nous sont livrés. Certes, l’on peut préférer les originaux nous donnant à entendre la voix des protagonistes sans passer par le point de vue des scénaristes et dessinateurs – d’autant qu’on ne peut pas adhérer à tous les styles – mais ce point de vue apporte un éclairage tout à fait singulier au propos, me semble-t-il, un éclairage complémentaire et grandement digne d’intérêt.

Une œuvre importante

L’intérêt de cet ouvrage, enfin, est de remettre en lumière l’ouvrage original, et à sa suite l’auteur et son œuvre (publiée en français chez Amsterdam, depuis 2005).

En 1974 nous sommes encore à l’ère du capitalisme industriel, les conditions ne sont pas du tout les mêmes qu’aujourd’hui, et les récits de la mine ou de la condition ouvrière agricole nous ramènent encore à Zola ou Steinbeck. On pourrait se dire qu’aujourd’hui que les conditions sont différentes, ce livre est à reléguer au rayon des témoignages folkloriques d’un passé révolu, mais si le capitalisme financier a remplacé le capitalisme industriel, les ressorts de sujétion à l’autorité restent similaires, et si les conditions de travail se sont globalement améliorées, il reste beaucoup à faire aujourd’hui que le travail est encore un lieu où se font jour les comportements humains parmi les moins reluisants.

Je laisse le dernier mot une nouvelle fois à André Schiffrin : « Dans le livre le plus célèbre de Studs, Working, (…) il fut aussi surpris que moi de ne pas arriver à mettre la main sur une seule personne aimant réellement son métier, même quand, en apparence, elles avaient l’air de l’apprécier. Nous avons finalement réussi à trouver un homme, un tailleur de pierre, qui était vraiment heureux dans son travail. »

Working, une adaptation graphique, co-édition Amsterdam/çà et là, 2010.


[1] Ce qui devait à l’origine faire l’objet d’un billet parlant de deux remarquable parutions BD de la fin d’année 2010 : Working, donc, mais aussi l’excellent hors-série Le Monde Diplomatique en bande dessinée.

[2] Qui masque bien souvent le manque d’ambition éditoriale en BD – ambition entravée, soyons juste, par le manque de scénaristes.

[3] Paul Bulhe, par ailleurs scénariste – entre autre – de l’adaptation en BD d’Une histoire populaire de l’Empire américain.

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34 commentaires »

  1. Gwynplaine,

    je suis hyper contente que vous me citiez dans votre article ; c’est un peu le début de la gloire…..

    bon, sérieusement, Studs Terkel, il faut le lire ; je suis contente que mon simple com ait attiré votre attention sur lui.

    La BD, je ne savais pas qu’elle existait ; donc merci, je pense aller la feuilleter un de ces 4, et sans doute me la procurer.

    Par ailleurs, le travail de Terkel me fait penser à un livre, qui, si vous ne l’avez pas lu, doit absloelument à un moment ou un autre vous passer entre les mains, ce d’autant que je vous sais grand amateur non seulement de littérature, mais aussi de photo : « Louons maintenant les grands hommes », de James Agee et Walker Evans. Ce roman/docu/ovni total est probablement un des trucs les plus magnifiques que j’ai lu ces dernières années. James Agee est un journaliste, qui, à la base, partait pour écrire un reportage sur des familles de métayers en Alabama victimes de la grande dépression, et s’est donc fait accompagner de Walker Evans dans cette aventure (bonne pioche). Au final, on a un truc totalement inclassable, avec des passages littéraires d’une beauté époustouflante, illustré par des portraits magnifiques.

    Commentaire par Jalmad — 18/01/2011 @ 11:16

  2. [HS]

    @ Tschok

    Vous vous rappelez votre commentaire auquel je n’ai toujours pas répondu, comme promis (et comme d’habitude, la honte) ? Non pas celui sur la stratégie et le cinéma, celui sur la créativité et l’innovation.

    Ma réponse étant dans les tiroirs, je l’en sortirai bien un jour (!), ce sujet constituant un de mes thèmes de prédilection (à titre professionnel compris). J’avais prévu de vous soumettre la vidéo suivante qui à mon sens illustre parfaite ce que sont innovation et créativité :

    http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf

    Elle est disponible ici avec des sous-titres. C’est l’occasion de visiter le site http://www.ted.com qui est une mine en matière de diffusion d’information relative au hi-tech et à l’innovation.

    J’essaierai d’y revenir. Un jour… (gloups!)

    [/HS]

    Commentaire par Ferdydurke — 18/01/2011 @ 11:19

  3. Oups… la vidéo ne passe pas en version embedded. Il reste l’autre lien pour la visionner.

    J’en profite pour ajouter que le type, Pranav Mistry, qui est à l’origine de SixthSense vaut le détour. Son site, où il présente ses projets et ses inventions, est ici.

    Commentaire par Ferdydurke — 18/01/2011 @ 11:24

  4. Salut Gwynplaine,

    Pour info, l’ouvrage ne se trouve pas sous les sabots de tous les libraires (15 jours d’attente chez le mien) et coûte 22 € (ce qui est probablement mérité vu la nature du travail accompli et le nombre de participants, mais n’est pas donné non plus).

    Commentaire par Goloubchik — 18/01/2011 @ 17:42

  5. @ Jalmad :

    En fait, j’avais repéré cette BD parmi les nouveautés à l’époque puis étais passé à autre chose (tant il est vrai que c’est cher ces choses là, et qu’on peu pas lire tout ce qu’on voudrait). Et là, suis tombé sur votre com’, ça m’a rappelé qq chose. Du coup j’ai tenté le truc. Donc en fait, merci à vous. Ainsi que pour « Louons maintenant les grands hommes », j’irai y voir de plus près.

    @ Goloubchik :

    Certes, mais figurez-vous que le bonne BD ça n’est plus à 9F l’album 48 pages-cartonnées-couleur comme dans le bon vieux temps, la plupart sont entre 15 et 20 euros; Mais finelemnt, c’est également le prix d’un bouquin en édition originale (vive le poche !).
    En tout cas, j’espère que ça vous plaira si vous l’avez commandé en aveugle, comme il semblerait;

    Commentaire par Gwynplaine — 18/01/2011 @ 21:49

  6. Les problèmes que vous posez, Gwynplaine, sont les mêmes que posent les vrais libraires :

    1/ l’inexorable augmentation en masse et en volume des cartons de déménagement ;
    2/ le risque permanent et fatal de périr sous l’écroulement (surtout ne pas vivre dans une zone à risque sismique conséquent : j’ai expérimenté un 4,2 une fois… suffisant pour foutre le bordel dans des piles de livres soigneusement organisées selon une méthode mûrement réfléchie : la croissance verticale et démesurée) ;
    3/ Le surcroît de ménage (j’attends avec impatience qu’un génial inventeur offre à l’humanité le livre qui n’accroche pas la poussière).

    (se pose aussi un problème connexe : il vaut mieux s’assurer que le(la) conjoint(e) aime la lecture, histoire qu’il(elle) ne râle pas trop quand on a une fois de plus choisi de ramener trois-quatre bouquins – alors qu’il en traine déjà trois en cours de lecture et d’autres éparpillés un peu partout en attente du choix de la pile qu’ils rejoindront – plutôt que les tomates et les courgettes demandées, par exemple)

    (déjà qu’avec les films…)

    (ce qui nécessite inévitablement d’être compensé par des gestes d’attention ET des cadeaux dont le montant Y se calcule ainsi : Y = n*log(A+B), A étant le montant dépensé en livres, B la somme des valeurs des produits non achetés et/ou des services non rendus, n un coefficient multiplicateur ne suivant aucune loi mathématique puisqu’il représente le niveau de courroux du(de la) conjoint(e) )

    (de nombreuses études expérimentales ont toutefois montré que n>20 quand le conjoint a deux chromosomes X)

    Commentaire par Ferdydurke — 19/01/2011 @ 10:19

  7. Ferdydurke, Ferdydurke, Ferdydurke…

    Dites-moi tout : ce com m’était bien spécialement destiné, moi, ou plutôt, la part de chienne de garde enragée brûleuse de soutien gorge, c’est ça ?

    com où l’on apprend qu’en plus de préférer les tomates et courgettes (et sans doute plus encore les cuisiner, hein?) aux livres, les femmes, toutes vénales qu’elles sont, ne peuvent être que calmées à coup de cadeaux, (de préférence de grande valeur, les cadeaux).

    J’imagine que le surcroît de ménage évoqué en 3 est bien évidemment destiné à augmenter le courroux de ladite moitié, puisque nécessairement, c’est elle qui va devoir prendre en charge ce surcroît de ménage.

    Dites-donc, et cette réponse dans les tiroirs, au fait ?

    Commentaire par Jalmad — 19/01/2011 @ 11:22

  8. Chère Jalmad,

    Je prends note que vous réclamez un regain d’attention de ma part pour votre indéniablement charmante personne et j’en suis flatté. Je ne vous oublie pas. Comment donc le pourrais-je ?

    Néanmoins, je vous fais observer quelques points :

    Primo, j’ai mis tout plein de (elle), (e), (de la), lesquels fort curieusement suivent des il, des du et cetera… Ce n’est peut-être pas par hasard.

    Deuxio, je fais la cuisine (et les courses) et j’ai un faible pour les tomates, courgettes, aubergines, cucurbitacées en tout genre, et cetera, sans doute parce que j’ai vécu dans le sud-est. D’ailleurs si vous avez l’occasion d’aller à Nice je vous conseille la Zucca Magica, Lu Fran-Calin (ce sont des potes, si vous êtes cool ils seront cools et méfiez-vous du digestif au basilic : il est délicieux mais traître… du moins au bout du quatrième) ou plus classiquement Le Démodé où l’on mange comme chez mémé (s’ils vous trouvent sympa, vous aurez un jour la chance de diner à la table du patron et de ses potes ce qui garantit de piquantes conversations et la patronne vous accueillera d’un gros bisou qui claque, vous filera du rab’ et aidera à votre digestion grâce à quelques rasades de calva, de mirabelle et apparentés).
    Ceci dit, une femme peut bien sûr apporter sa contribution en cuisine bien que j’ai quelque réticence morale à laisser cuisiner le plat de résistance ou le dessert.

    Tertio, je fais le ménage. Là encore, une femme peut tout à fait y contribuer… sous réserve qu’elle porte la tenue adéquate pour des raisons de confort et de convenance, bien évidemment.

    J’accompagne aussi les filles pendant leur shopping, ce de bon gré… surtout dans la perspective de séances d’habillage et de déshabillage dans d’étroites cabines.

    PS : je n’ai aucun a priori contre les chiennes de garde enragées brûleuses de soutien gorge

    PPS : Bêcheuse… 😛

    Commentaire par Ferdydurke — 19/01/2011 @ 13:31

  9. @ Jalmad :

    Irrésistible Déesse vous fait dire (juste après m’avoir houspillé d’importance pour avoir pris des mandarines à la place des clémentines) qu’elle vous soutient dans votre combat.

    Commentaire par Gwynplaine — 19/01/2011 @ 14:10

  10. @ Gwynplaine

    Lâcheur… 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 19/01/2011 @ 14:15

  11. oui oui, bien sûr. Et la chute, là, « de nombreuses études expérimentales ont toutefois montré que n>20 quand le conjoint a deux chromosomes X », est emprunte d’un égalitarisme total.

    Bref. Quoiqu’il en soit, l’objectif initial est atteint : vous vous êtes senti obligé de vous justifier en alignant les nombreeeeeeeuses qualités que vous comptez à votre actif, qualité sensément destinées à démontrer que vous êtes tout sauf machiste (si j’étais perfide, telle par exemple euh….Goloubchik, je les qualifierais de « virtuelles »).

    Bénéfice secondaire de l’opération : je récupère de bonnes adresses à Nice. J’espère qu’elles existeront toujours quand j’y mettrai les pieds…à ma retraite….(Nice, c’est un ghetto de retraités, non ?)

    ps : Gwynplaine, le fait qu’IR vous ait houspillé n’a dans ce cas précis, rien à voir avec le processus décrit par Ferydurke : les mandarines, c’est tout bonnement dégueulasse).

    Commentaire par Jalmad — 19/01/2011 @ 14:37

  12. @ Gwynplaine

    Irrésistible et houspilleuse Déesse et Jalmad ont raison. Faut pas confondre.

    Et corses les clémentines, hein.

    C’est comme le savon : hors Marseille ou Alep, point de salut.

    @ Jalmad chérie,

    Me concernant, vous confondez « perfidie » et « doute raisonnable ».

    Et, s’agissant de Ferdydurke, je suis prêt à parier avec vous une caisse de champagne Rosset que ce garçon dit vrai sur ses qualités ménagères.

    Commentaire par Goloubchik — 19/01/2011 @ 15:58

  13. @ Ferdydurke :

    Lâcheur de rien du tout… Il y a belle lurette que je me suis moi-même prononcé en faveur du combat de Jalmad (mais il est vrai que je vous dois encore une vidéo pour le prouver).

    Commentaire par Gwynplaine — 19/01/2011 @ 16:24

  14. @ Goloubchik adoré : non, je ne confonds rien, ou plutôt si, dans ce cas précis, votre « doute raisonnable » se confond bien avec de la perfidie : car, mon cher, ne sous-entendez-vous pas (perfidement) qu’il est raisonnable de douter du fait que Jalmad ait pu se trouver un type suffisamment ballot pour accepter d’apposer son nom à côté du sien devant un officier d’Etat civil ?

    (laissez-tomber le champagne, je suis toujours en mode analcoolique)

    Commentaire par Jalmad — 19/01/2011 @ 16:49

  15. @ douce et tendre Jalmad

    Les restos cités y sont toujours. Foncez. Nice est un carrefour doté d’un aéroport international de rang raisonnable, est proche de l’Italie, est une ville plutôt jolie, entre la mer et la montagne, et a un côté un poil cosmopolite : des locaux, des touristes, des vieux, des jeunes, des cons (jeunes ou vieux) et des pas cons (jeunes ou vieux), des fachos (jeunes ou vieux) et des pas fachos (jeunes ou vieux), des niçois de souche (pas forcément fachos… niçois quoi), des riches, des pauvres, et cetera. C’est un peu une paella…

    Tiens, puisque Goloubchik parlait de la Corse, il y a aussi à Nice un troquet sympa le Grain de Café où l’on peut manger. Corse donc. J’ai encore le souvenir du patron de l’époque (Dédé) qui me prit un jour à part pour me « suggérer » de sa voix ferme un poil rocailleuse, avec son accent corse du plus bel effet et un regard inquisiteur : « toi, tu prends soin de Ma***, d’accord ? » (la demoiselle, si elle n’était pas de sa famille n’en était pas moins corse : j’avais donc intérêt à bien me tenir). Tout un programme.

    N’oublions pas la cagole ! Produit typique du sud. Rien que de l’authentique, de la vraie, pas trop modifiée (génétiquement?), jetable (par définition, si on pouvait en tirer quelque chose plutôt que la tirer cela se saurait) et on l’espère recyclable, dont le cheptel niçois est plutôt bien fourni, soigneusement entretenu et concurrence fièrement le vivier marseillais.

    Je dois toutefois bien admettre qu’elle (Nice, pas la cagole) se radicalise voire se fachise (?) de plus en plus. Le côté très festif/alternatif qu’elle avait il y a encore quelques années disparait, en grande partie depuis que plusieurs salles de concerts et autres lieux furent fermés, ce malgré une certaine résistance (par exemple, les collectifs Zou Mai et Les Diables Bleus) et un arrière-pays propice aux fêtes aussi déjantées que sauvages.

    A dire vrai, je pense qu’à ce niveau Nice est foutue mais cela n’engage que moi. Ceci étant, il reste des coins très sympa auxquels n’accèdent les touristes qu’après une sélection drastique (parce que faut pas déconner quand même : déjà qu’il faut les supporter trois mois sur douze…)

    PS : Vous espériez quoi ? Que j’allais énumérer mes défauts ?

    PPS : Je ne suis pour rien dans le résultat des études expérimentales, moi. La science est comme la loi : dure. 😉

    @ Goloubchik

    Merci de votre soutien (comme d’hab).

    @ Gwynplaine

    Je rejoins l’avis des filles et de Goloubchik. Il ne vous reste plus qu’à prendre votre petit cabas pour aller acheter des clémentines, sans oublier la compensation, bien sûr : Y=n*log(A+B)…

    Commentaire par Ferdydurke — 19/01/2011 @ 16:58

  16. J’ajoute que le port de la cagole n’est pas prohibé (elles ne sont pas encore livrées à domicile).

    Commentaire par Ferdydurke — 19/01/2011 @ 17:07

  17. @ Jalmad :

    (vous nous direz quand vous lâchez la diète, qu’on fasse péter le champagne 😉 )

    Commentaire par Gwynplaine — 19/01/2011 @ 17:17

  18. @ Gwynplaine

    Tentez le coup avec du Champomy. Le foie de Jalmad pourra ainsi supporter la transition en douceur.

    Commentaire par Ferdydurke — 19/01/2011 @ 17:56

  19. @ Jalmad de mon coeur

    Vous me refaites le coup de la rhubarbe, là.

    Compte tenu de vos personnalité exceptionnelle et beauté pamelesque, il était raisonnable que je doute que puisse exister sur cette planète un seul homme digne de vous passer l’anneau.

    Il existe, j’en suis baba, mais il existe puisque vous confirmez. Dont acte.

    @ Ferdydurke

    (y’re welcome.)

    Et la foule alléchée : « Et alors, alors, Ferdydurke a-t-il bien pris soin de Ma*** ? »

    Commentaire par Goloubchik — 19/01/2011 @ 18:31

  20. @ Goloubchik

    Oui… puisque je suis en état d’en parler. ^_^

    Commentaire par Ferdydurke — 19/01/2011 @ 19:03

  21. @ Goloubchiknechka :

    vous vous en tirez bien, sur ce coup là. Dont acte.

    Commentaire par Jalmad — 20/01/2011 @ 10:18

  22. @ Ferdydurke,

    Vu le com 2 sur les TED. Je peux pas dire que je suis l’affaire, je l’ai découverte récemment, mais indubitablement y a de la matière.

    Sur l’aptitude de l’homme à assumer des tâches ménagères: no problem, je vous suis, d’ailleurs c’est ma vie (bon, je suis un gros menteur, c’est clair) (mais ma wouaf aussi).

    Sur la tenue de la femme quand, par extraordinaire, entre deux rendez vous, elle s’y abaisse (aux tâches ménagères): je vous suis parfaitement et j’en ferais une loi plus rigide encore que la loi Evin, plus dogmatique que la ligne maginot, plus éclaboussante que la loi d’Archimède (tout corps plongé dans un liquide en sort mouillé).

    Si je croyais en Dieu, je prierais tous les jours pour qu’on ne voit dans cette déclaration rien d’autre que ce qu’elle est: une volonté de jouir.

    Mais, comme je n’y crois pas, je me résous à vous dire que nous ne pourrons pas faire l’économie de la femme et qu’il va quand même falloir lui demander si la tenue lui va. Et la posture. Et l’objet de la mission que tout cela suppose, et dont elle est au mieux qu’un sujet subordonné à l’accomplissement d’une phrase dont le tracé marque dans l’univers littéraire le souvenir d’une supériorité masculine.

    Aussi n’irai-je pas par quatre chemins: s’il y a une femme ici, aimerait elle faire ce qu’elle veut, mais dans cette tenue?

    (Celle en lien dans com 8)

    Je reconnais que la question est biaisée. Mais ce biais est, je crois, un nécessaire correctif. Un correctif à tout le mal qu’on pourrait en dire.

    PS: Jalmad, vous ne trouvez pas que le noir et le blanc de la tenue de soubrette rappellent l’habit judiciaire?

    Commentaire par tschok — 20/01/2011 @ 17:57

  23. @ Gwynplaine,

    Merci pour tout cela qui me fait lorgner l’étalage du libraire avec un œil professionnel que je n’ai pas.

    Moi aussi, je vous aime.

    Commentaire par tschok — 20/01/2011 @ 18:11

  24. @ Tschok : tout à fait (enfin, en première instance non président de chambre), la matière aussi….(tout à fait, j’ai une robe en vinyle, si si…)

    Commentaire par Jalmad — 20/01/2011 @ 18:47

  25. @ Gwynplaine,

    J’ai acheté l’ouvrage en question ce matin, en sortant d’audience. Merci pour vos conseils, je pense que je vais bien aimer, et ça me fera ma grasse-mat’-petit-déj’-au-lit de demain matin.

    (J’ai également acheté l’intégrale d’Aldebaran, qui vient de sortir – mais bon, on dira que c’est pour se détendre 😉 ).

    Commentaire par Fantômette — 21/01/2011 @ 15:55

  26. @ Fantômette : comme quoi, point n’est besoin de revaloriser l’AJ….

    Commentaire par Jalmad — 22/01/2011 @ 09:14

  27. @ Tschok

    « il va quand même falloir lui demander si la tenue lui va

    Il est bien là le hic. Elle va vouloir faire ce qu’elle veut ET dans la tenue qu’elle veut !
    On peut tout à fait être conciliant et consentir à ce qu’elles participent au ménage si vraiment elles y tiennent tant que cela, mais si c’est pour les voir s’activer en bleu de travail, je dis non !

    (où alors, bien ajusté-moulant le bleu de travail, avec la fermeture éclair négligemment ouverte jusqu’au nombril, toussa toussa)

    Pfff… Quel sacerdoce.

    Commentaire par Ferdydurke — 22/01/2011 @ 20:41

  28. @ Jalmad, chère enfant,

    Ce n’est hélas pas l’aide juridictionnelle qui peut m’offrir mes plaisirs de lecture.

    (Heureusement, il me reste l’argent blanchi de la drogue).

    Commentaire par Fantômette — 23/01/2011 @ 01:11

  29. @ Fantômette : tout à fait, et cette idée que les barons de la drogue financent indirectement le déplacement l’assistance des avocats pour le menu fretin sans le sous me réjouit. Je dis : quand l’Etat n’est plus solidaire, il est bon que les individus, et plus spécifiquement les délinquants, le soient.

    ps : et vous avez vu, bien sûr, qu’un nouveau cycle des Mondes d’Aldebaran commence ? alors même que le précédent ne me paraît pas achevé, et surtout, de bien moindre qualité….je vous laisserai bien tester en premier, pour me dire ce qu’il en est (les barons de la drogue, à moi, ils filent rien…encore qu’il paraîtrait que certain collègue ait trouvé une juste parade à cet état de fait totalement scandaleux…)

    Commentaire par Jalmad — 24/01/2011 @ 11:34

  30. @ Jalmad :

    Télérama.fr fait un focus sur Walker Evans (dont certaines photos sont issues de Louons maintenant les grands hommes…).

    Commentaire par Gwynplaine — 25/01/2011 @ 09:42

  31. @ Gwynplaine : ouep, vous avez vu comme je suis une fille dans l’air du temps bourgeois-catho-de-gauche (bref, une fille télérama, quoi…) ? ça m’fait flipper, des fois. En plus je lis même pas télérama.

    (toujours pas trouvé une librairie qui a working, que j’aimerais bien quand même feuilleter avant d’acheter…..je mise sur une librairie ésotérico-gaucho (les pires) qui semble être prête à ouvrir juste en bas de mon bureau).

    Commentaire par Jalmad — 25/01/2011 @ 11:13

  32. @ Jalmad :

    Si vous avez ça près de chez vous, vous devriez trouver ça dans l’Empire du Mal style Fnac, Cultura ou Leclerc Culture…

    Commentaire par Gwynplaine — 25/01/2011 @ 11:22

  33. @ Jalmad :

    Sinon il y a bien un extrait ici, mais il ne présente qu’un des auteurs (un de mes préférés d’ailleurs), sachant qu’il y a autant de styles que de dessinateurs.

    Commentaire par Gwynplaine — 25/01/2011 @ 11:43

  34. […] remonté le fil du temps – me connaissent pour avoir commis par le passé quelques billets (ici, là, et puis là ou encore ici, sans oublier celui-ci et le tout premier de la […]

    Ping par La bande dessinée du réel | La Plume d'Aliocha — 02/04/2013 @ 13:30


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