La Plume d'Aliocha

15/01/2011

L’éthique, cette intelligence durable

Filed under: Non classé — laplumedaliocha @ 14:48

Jeudi 13 janvier, 18 heures. Je quitte mon bureau dans le quartier de l’Opéra pour aller assister à la projection d’un film des artisans du changement. C’est une série documentaire sur les acteurs du développement durable dans le monde. J’ai encore la tête farcie des informations financières que j’ai traitées toute la journée, des mensonges, des imprécisions des services de communication et même des dirigeants des entreprises concernées, de la lecture de documents insupportables d’ennui, de toute cette ingénierie remarquablement intelligente, mais sèche, contestable, et d’une utilité incertaine. Le cerveau essoré, je peste intérieurement à l’idée de devoir me rendre à l’Unesco. Station St François Xavier. Me voici arpentant dans le noir ce quartier à la solennité triste de cimetière, les fleurs en moins. On dit que les habitants s’y sentent bien. C’est qu’ils ne doivent pas être loin de la mort alors. J’erre dans ces avenues sinistres qui se ressemblent toutes, à la recherche du bâtiment de l’Unesco où je n’ai jamais mis les pieds. Sur le plan, c’était simple. Sur le terrain, c’est juste introuvable.  J’interviewe les rares passants, un joggeur pressé isolé sous un casque à musique et un retraité sympathique qui sort son chien. Grâce leur soit rendue, me voici au pied du bâtiment.

Un cocktail était organisé par l’un des sponsors, mais j’arrive trop tard. Au moins me suis-je  épargnée les mondanités. Mais je meurs de soif après ma balade au pas de gymnastique. Celui qui m’a invitée est un avocat d’affaires, comme on dit. C’est surtout un ami. Et comme tous mes amis, un poisson volant. Un juriste du business qui s’intéresse vraiment à la planète, aux autres, à l’avenir, le sien et celui de ses enfants. Un garçon qui lit Le Petit prince entre deux analyses de la réglementation de l’Autorité des marchés financiers. C’est ça, qui le rend intelligent. Il a su conserver la grâce de l’enfance.

L’optimisme, cette capitulation...

Nous voici dans la salle. Mais la projection tarde. Car il faut bien que les organisateurs s’astiquent le nombril. Et allons-y pour les discours fleuve, les remerciements à rallonge, tout ce cirage d’ego volubile et pesant qui est à mille lieux de l’objet de la rencontre : Les artisans du changement. Des hommes et des femmes qui agissent plus qu’ils ne parlent, qui s’intéressent aux autres au moins autant qu’à eux-même, qui mettent les mains dans la boue et la changent en or. Au sens alchimiste du terme, bien entendu. Incorrigible Occident, névrosé, étouffé d’orgueil et de culpabilité. Les mots de Christian Clavier dans Le Père Noël est une ordure me montent aux lèvres : « vous êtes myope des yeux, myopes du coeur et myopes du cul ! ». Je suis sur le point de partir.

Heureusement Nicolas Hulot prend la parole. Il ramène tout ce cirque à quelque données simples : à chaque fois que le Sud emprunte un dollar au Nord, il en rend treize. Je vous balance l’information comme ça, je ne l’ai pas vérifiée, ni creusée, ça nous fera un sujet de discussion. S’il y a une erreur, elle est de mon fait. Et puis il cite quelqu’un dont j’ai oulié le nom. A qui il se confiait un soir de déprime. « J’envie votre optimisme », lui disait-il. Et l’autre de répondre : « le pessimiste pense que tout est foutu, l’optimiste que tout va bien. Les deux capitulent et s’en remettent au destin. Je ne suis ni l’un, ni l’autre ». Merci Monsieur Hulot. Me voici tout à coup ragaillardie. Lui au moins, il est dans le thème.

Nous avons enfin le droit de regarder le film. Vous pourrez le visionner sur Ushuaia TV mercredi prochain à 20h50. En attendant, voici la bande annonce. Je vous le recommande. En ces temps de grisaille morale, c’est une leçon non pas d’espoir, c’est chiant l’espoir, passif et niais, en tout cas tel qu’on l’entend aujourd’hui, mais d’intelligence, la vraie, pas celle des financiers dévoyés qui gagnent des milliards en baisant les autres et en bousillant le monde, celle des gens qui ont compris qu’on pouvait mettre en place des systèmes gagnants pour tous, planète comprise. Que c’était pas compliqué, qu’il suffisait de changer le point de départ du raisonnement, ce n’est plus « tout pour moi », mais « tout pour nous ».

Trois histoires

Le reportage raconte trois histoires. Etincelantes. C’est fou ce que l’homme peut faire quand il veut.

D’abord celle de la voute nubienne. Nous sommes au Burkina Faso. Là-bas, les plus pauvres ne peuvent plus construire de maisons. Vous savez pourquoi ? Parce qu’on n’a pas les matériaux. La taule tôle est inadaptée et coûteuse, le bois est inaccessible, on n’a plus le droit de couper les arbres. Alors on fait comment pour construire une maison avec juste de la terre ? C’est un français, Thomas Granier, qui a trouvé la solution. En fait, il n’a rien inventé. Il s’est souvenu simplement que les égyptiens étaient capables de construire des maisons aux toits voutés sans système de soutien. Allez voir le site de l’ONG, c’est fascinant. Et depuis,  sur place, Seri Youlou plaide sans relâche pour convaincre les habitants que cette maison au coût modeste, parfaitement adaptée au climat, est aussi solide bien que défiant les lois de la pesanteur, et qu’ils pourront la transmettre à leurs enfants. L’extrait est ici.

Ensuite, il y a l’histoire du lait au Sénégal. Les Peuls élèvent des troupeaux, mais jusqu’à très récemment, ils jetaient le lait, faute de pouvoir le vendre. Et le Sénégal importait son lait. Cette absurdité, un homme, Bagoré Bathily, a eu le courage de ne pas s’y résoudre. Il a créé une laiterie sous forme de cooopérative et le lait a cessé de se perdre. C’est .

Enfin, nous allons au Pérou. Pendant des années, les plus pauvres des pauvres, 100 000 personnes,  recueillaient et triaient les poubelles des riches, la nuit, en se cachant. Une femme, Albina Ruiz, a décidé qu’il fallait que ça cesse. Elle a mobilisé les politiques en leur montrant la somme d’électeurs potentiels que représentaient ces gens, sensibilisé les entreprises en pleine mode du développement durable, convaincu surtout les « recycleurs » qu’il pouvaient travailler de jour, être rémunérés, et fiers de leur travail.

Trois histoires, trois petits miracles d’intelligence. La vraie, celle qui profite à tout le monde.

Et je songeais à mes financiers asséchés, qui sans doute à cette heure avaient rejoint leurs appartements justement dans ce 7ème arrondissement protégé de tout, et même de la vie. Un jour ou l’autre, ils iront mettre leurs sales pattes dans tout ça, et ils pourriront tout, comme ils l’ont déjà fait avec le micro-crédit. A moins bien sûr que l’on finisse pas comprendre, nous tous et eux compris, que l’éthique est la forme souveraine de l’intelligence. La crise des subprimes nous a bien mis sur la voie, me semble-t-il.

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35 commentaires »

  1. Bon ben…C’est quand qu’on va où? comme dit la chanson.

    Commentaire par Aby — 15/01/2011 @ 15:20

  2. […] This post was mentioned on Twitter by Denis Fruneau. Denis Fruneau said: #ecologie L’éthique, cette intelligence durable (La Plume d'Aliocha) http://goo.gl/fb/wO8dt […]

    Ping par Tweets that mention L’éthique, cette intelligence durable « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 15/01/2011 @ 17:18

  3. « La taule est inadaptée et coûteuse »
    Faut en parler au Garde des sots.

    L’atoll ne convient pas davantage.
    Essayons la tôle, pour voir.

    Aliocha : au temps pour moi 😉

    Commentaire par Clafoutis — 15/01/2011 @ 18:10

  4. L’éthique dont vous parlez ici, avec Hulot, le représentant emblématique du capitalisme vert en lever de serviette, c’est la charité bondieusarde des dames patronnesses du temps jadis. Ça remplacera jamais la justice.

    Commentaire par Gilbert — 15/01/2011 @ 19:17

  5. Je suis surpris de votre commentaire sur Nicolas Hulot. D’habitude, ce personnage m’insupporte : quand on regarde un documentaire de Nicolas Hulot, on voit essentiellement Nicolas Hulot se mettant en scène sur un fond pittoresque, avec faire-valoir et figurants ; quel contraste avec les documentaires de David Attenborough !

    Aliocha : j’sais pas, je ne regarde jamais Nicolas Hulot. C’est à peine si je sais qui c’est. Je vous raconte juste ce que j’ai vu et ressenti. Il a peut-être les défauts que vous dites, mais en tout état de cause, son intervention était juste. Au moins ça vous donne une idée de ce que pouvaient être les autres….

    Commentaire par DM — 15/01/2011 @ 19:33

  6. Moi j’ai longtemps regardé Nicolas Hulot et ses émissions… puis ça m’a saoulé.

    Merci pour le ressenti retranscrit. C’est pas le bonhomme lui-même sur lequel il faut s’arrêter, mais sur ce que peuvent provoquer ses paroles et actions.

    Si je me rappelle bien, Martin n’a donné que la moitié de son manteau (la seule dont il était propriétaire).

    La force du don, et de l’exemple…

    Commentaire par Zarga — 15/01/2011 @ 22:56

  7. La taule, c’est bien!

    Moi, je me délecte de ces coquillettes…

    Commentaire par Zarga — 15/01/2011 @ 22:58

  8. À propos des éco-tartuffes comme Nicolas Hulot :

    Les décroissants sont-ils des tarés ?

    Commentaire par Gilbert — 15/01/2011 @ 23:39

  9. On ne peut pas demander aux financiers de connaître Aristote et de l’avoir lu.

    Aliocha : aux Etats-Unis je ne sais pas, en France, certains sont très cultivés. Cela n’empêche pas la cupidité, d’ailleurs, ils ne sont pas les seuls, juste les plus voyants et ceux aussi qui ont le plus de moyens pour la satisfaire…

    Commentaire par Spark — 16/01/2011 @ 09:40

  10. Il y a aussi la cooopérative. (Mais franchement, de quoi me mêle-je?)

    Aliocha : Dans les journaux il y a, ou plutôt, il y avait des correcteurs. C’est un vrai métier qui impose plusieurs lectures, détachées du sens, pour se concentrer uniquement sur l’orthographe et éviter l’effet naturellement « correcteur » du cerveau qui pour saisir le sens de ce qu’il lit, remet les choses en place tout seul. Sur les blogs, il y a les lecteurs. Je n’ai absolument rien contre ces critiques, tout au contraire 😉

    Commentaire par Spark — 16/01/2011 @ 10:31

  11. En l’espèce, comme disent les juristes, c’était de ma part une pitrerie inutile qui montre que son auteur devrait réflechir avant de penser…

    Commentaire par Spark — 16/01/2011 @ 11:01

  12. Et hop ! De l’art de rebondir. Croyez-vous que les anciens de la Socgen fassent profil bas après l’affaire Kerviel ? Tout au contraire, ils sortent des livres, ouvrent des sociétés de conseil et donnent des cours à Sciences Po…Mais des cours de quoi me direz-vous ? De l’art de sortir par le haut et avec les honneurs d’un gigantesque naufrage. On appelle ça aussi la communication de crise : http://www.lexpress.fr/actualite/indiscrets/hugues-le-bret-la-reconversion_952393.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2011 @ 13:44

  13. Sois cupide donc!

    Commentaire par Aby — 16/01/2011 @ 16:38

  14. Bonjour.
    Je suis ravi des émotions simples que vous ont données les « artisans du changement ». Je suis le réalisateur de cette série, et c’était mon ambitieux objectif que de pouvoir transmettre des bribes de ce qu’ils (les artisans, of course) m’avaient donnés.
    Lors de « l’auto-astiquage » du début, madame développement Durable du gouvernement a voulu en faire des héros. Moi, je veux juste en faire des hérauts, qu’on puisse enfin saisir que ce sont eux les gens normaux. J’ai beaucoup aimé votre papier. Merci.

    Commentaire par Sylvain Braun — 16/01/2011 @ 17:02

  15. Dis-donc Tony, j’en ai marre des moutons, dessine-moi plutôt un gens normaux!

    Commentaire par Stone — 16/01/2011 @ 17:32

  16. Bonjour Aliocha,

    Billet intéressant. L’éthique, c’est ce qui manque le plus, je crois, à notre époque (d’autres diraient la morale).
    Si l’on en croit l’auteur de cet article, le problème est partout: http://www.enquete-debat.fr/archives/bakchich-depose-le-bilan-retour-sur-un-media-qui-ma-censure

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 17/01/2011 @ 11:27

  17. L’éthique à Nicomaque chez Aristote. L’éthique à Nico manque en France. Huh Huh Huh.

    Commentaire par Stone — 17/01/2011 @ 13:11

  18. Ah! Aliocha!

    Dieu vous bénisse!

    (nan, je déconne)

    Il se trouve que par le plus grand des zazards, l’architecture sur voûte et le retraitement des ordures sont deux sujets qui me passionnent! Non pas pour en faire profiter le reste du monde, du tout du tout, mais pour en profiter nous-mêmes.

    Je m’explique.

    Il est peu de dire que nous sommes confrontés à un défi urbain et nous avons pris conscience qu’il était possible de le perdre. La problématique est la suivante: nos villes font tache d’huile. Or, plus on s’éloigne du centre, plus les distances périphériques augmentent ce qui pose des problèmes assez colossaux.

    L’idée, c’est de faire gagner à la ville de la hauteur, pour la densifier, avec pour modèle Manhattan cad la course à l’altitude. Mais il y a une autre option, assez peu étudiée: lui faire prendre de l’épaisseur vers le bas, ce qui suppose donc de superposer des niveaux.

    Ca, on sait le faire, mais quand on le fait on travaille en architecture sur dalle. Or la dalle consomme du matériau (béton, acier), nécessite des appuis qui en limite l’usage (piliers ou pilotis), propage les vibrations et évacue mal les infiltrations humides, ce qui a terme réclame de lourd travaux d’entretien et de réparation.

    Lorsque vous regardez les opérations sur dalle à Paris, avec un œil exercé, donc celui d’un architecte, ces défaut deviennent patents.

    La voûte, elle, n’a pas ces défauts. Elle en a trois: la voûte renvoie les forces vers l’extérieur, ce qui peut poser des problèmes techniques, sauf quand on travaille sur des tubes (tunnels). Mais ce problème n’est pas insurmontable, surtout en sous sol. Le deuxième est qu’elle exige un certain savoir faire: la voûte est un tour de magie (alors que la dalle est un tour de force). Ce problème non plus n’est pas insurmontable. Enfin, la voûte consomme de l’espace: forcément, elle n’est pas plate. Elle oblige donc à creuser plus profond.

    Bref, je suis un partisan de la voûte et la dalle est pour moi quelque chose d’assez vulgaire et grossier (elle a été tout le contraire au début de son histoire). L’intérêt de la voûte, d’un point de vue industriel, est qu’elle peut se combiner aux tunneliers qui sont équipés de voussoirs courbes. Il est donc imaginable d’utiliser plusieurs tunneliers de front en combinant les voussoirs pour qu’ils formes une voûte.

    De cette façon il serait par exemple possible d’enterrer vraiment le périph, alors que les opérations sur dalles qui sont actuellement réalisées ne sont que de pâles imitations d’un enfouissement sérieux de cet ouvrage qui enserre Paris et finit par l’étouffer.

    Mieux que cela: dans les grands défis humains du XXIième siècle, il y a tous les problèmes que posent les villes dans le monde entier. Si nous développons des technologies en faisant de Paris un vitrine, puis en appliquant aux grandes métropoles régionales et en le généralisant aux villes moyennes (auxquelles je crois beaucoup)le système dont je vous parle, nous pourrons très rapidement espérer exporter des savoirs faire qui trouveront preneur sur le marché du commerce international et nous vendrons deux choses que nous savons très bien faire: de l’ingénierie et des biens d’équipement.

    La voûte est donc une clef.

    Je passe aux ordures. Vous suivez? (je n’ai pas toujours des sujets de conversation passionnants, en réalité)

    Les déchets constituent une source de matières premières à ce jour « inépuisable » (toutes les courbes de consommation des ressources fossiles incluent une rupture type pick oil, sauf une: la courbe de nos déchets est présentée comme un processus infini. C’est faux, mais ça rend la chose très présentable est attractive).

    L’autre avantage est que les gens sont prêts à payer pour être débarrassés de cette richesse (vous, moi, nous payons notre TEOM, mais les industriels aussi et plein de gens en fait): il y a donc double profit. Au moment où on offre un service à un client (se débarrasser de ses déchets) et au moment où on en extrait des matières premières ou des substances qui ont une valeur marchande.

    La France est idéalement située pour devenir le grand centre du retraitement des déchets européens: au sud, les municipalités corrompues sont confrontées à des grèves (Naples) et ne savent plus gérer leurs ordures et au nord, la culture « gesund » fait naître chez le consommateur un profond désir d’évacuer toutes ces sales choses qui sont le résidu de son existence matérielle.

    Eh ben nous, il faut qu’on capte cette source de richesse. Le problème: la combinaison entre notre culture de grandeur de la France et notre culture catho. Devenir les recycleurs des ordures des autres, c’est pas un job très rive gauche.

    Mais si on y réfléchit bien, on ce rend compte qu’il y a un potentiel immense et que rien ne nous empêche d’être malins (en truffant les contrats de clauses de retour pour les déchets les plus irréductibles: on prend le gras et on renvoie aux clients les poisons, mais bien conditionnés en emballages sécurisés).

    Vous voyez: on peut prendre deux modèles de développement très « tiers monde » et en faire du business pour nous, pour notre pomme.

    Alors vous me direz « et l’éthique dans toussa? ».

    Ben je vous répondrais ce que vous me dites: c’est la forme souveraine de l’intelligence. Ca me va bien.

    Commentaire par tschok — 17/01/2011 @ 13:15

  19. Aïe, Bruxelles a légèrement encadré la distribution de bonus dans la banque, du coup, nos financiers agitent de nouveau la menace d’un départ à l’étranger. C’est classique, mais ça me fait toujours rire. Comme le disait je crois l’excellent blogueur sobiz, « mais qu’ils s’en aillent ! ». C’est vrai, qu’est-ce que ça peut bien nous faire ? En plus, ils ne partiront pas, alors….http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/01/14/04016-20110114ARTFIG00604-banques-des-bonus-un-peu-plus-sages-cette-annee.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/01/2011 @ 15:16

  20. @tschok,

    si la Direction de l’urbanisme de la Ville de Paris vous propose un job, je vous en prie : refusez-le.
    L’architecture sur dalle, héritée des concepts funestes du Corbusier, a sévi dans le XIIIe, à La Défense et à Beaugrenelle, entre autres : c’était une erreur, tout le monde le reconnaît. A tel point qu’à la Défense, les nouveaux aménagements vont en sens inverse : on se remet à mélanger les piétons et les voitures.

    Si New York reste une ville agréable, c’est justement que de dalle, il n’y a point : rien, nada, que dalle.

    Je n’ai pas bien compris à quoi ressemblerait votre voûte, mais je crains le pire.

    Commentaire par Tocquevil — 17/01/2011 @ 15:42

  21. @ Tschok : cékoi votre adresse ? hein ? passque j’ai un tas de déchets dont je sais pas quoi foutre, là….

    (dites, construire des voutes en déchet, ça ce serait un défi très XXIème siècle, non ?)

    (sinon, Manhattan comme modèle de ville haute, c’est un peu has been comparé à l’Asie du sud est. Et pis c’est pas très nouveau comme concept, en fait : vous connaissez Shibam, « la Manhattan du désert », au Yémen ? j’vous dis, faut s’rendre à l’évidence : y a rien qu’on ait inventé que les arabes et/ou les asiat’ n’aient fait avant nous. A part la culpabilité judéo-chrétienne, ah pour ça, oui, on est fort : l’éthique ceci, la morale cela, la culture de l’intelligence, blabla. Et encore, quand on y pense, ça aussi, ça vient un peu du Moyen Orient.)

    Commentaire par Jalmad — 17/01/2011 @ 16:00

  22. @ tschok,

    Vous vous intéressez aux déchets?

    Vous savez que la définition du déchet est un peu juridiquement un peu obscure? Au niveau européen, elle est grosso modo économique (si ma mémoire est bonne). Est un déchet ce pour quoi vous acceptez de payer afin qu’on vous en débarrasse. Dès lors que l’on vous paye pour vous en débarrasser, ça devient une ressource.

    (La question de la toxicité des déchets est – littéralement – secondaire. Le problème de la toxicité des déchets n’a fondamentalement pas à être traité différemment de la toxicité de n’importe quel produit stocké ici ou là.)

    Du coup, dans votre com’, vous proposez de créer un marché, dont l’ampleur et la valeur sont finalement assez « construites », ce dont il faut avoir conscience. Le marché des déchets est une sorte de turf, où l’on parie sur l’existence des chevaux, avant de parier sur leur capacité à terminer en première, seconde ou troisième position.

    Commentaire par Fantômette — 17/01/2011 @ 16:07

  23. En dehors du déchet, il y a des tas d’autre définitions qui seraient à revoir. Par exemple on mesure la richesse produite en terme de Produit national brut. Un accident de la route avec des tas de morts, ça fait augmenter le PNB, donc la richesse produite. C’est vachement intelligent l’économie capitaliste !

    Commentaire par Gilbert — 17/01/2011 @ 17:03

  24. @ Tocquevil,

    Comment ça que je le refuse? Je fais de la géographie, moi, Môssieur.

    A Paris, vous avez une géographie des lieux qui passe par la nature humaine et qui se situe actuellement entre deux pôles:

    – Les pédés de la mairie de Paris,

    – Les enculés de la préfecture.

    Les deux castes se sont liguées pour nous compliquer la vie: les premiers nous ont inventé une voirie qui n’est pas destinée à faciliter la circulation (ni des bagnoles, ni des piétons, ni des vélos ni même des bus: le seul truc qui circule bien à, Paris, c’est le défilé du 14 juillet) parce que la circulation, ça renvoie au sang et le sang, ben c’est le sida. Les pédés de la mairies de Paris habitent au sommet des immeubles (ça leur permet de voir venir les hordes homophobes), ils ont des chats, des livres, des home video, du pinard, détestent les crottes de chiens, les vieux et les gosses (sauf les leurs qu’ils se sont fait faire par une copine lesbienne, ou leur ex femme, pour les pédés de +40 piges, bon, ok).

    Les enculés de la préfecture, c’est différent. Leur truc, c’est la bagnole. Particulièrement la bagnole de fonction avec chauffeur et place de parking attitrée (mon cabinet est dans copland, alentours place Beauvau, rue de la Boétie, avenue Matignon, etc: l’aristo républicaine qui se gare en double file, je la vois tous les jours). Eux ont gardé le souvenir de la fronde (Louis XIV). Leur angoisse, c’est de se tirer de Paris vite fais, si jamais ça tourne au vinaigre (juin 1940 ou mai 68 constitue leur modèle de fuite).

    Nous, il faut qu’on vive entre ces deux névroses. Et en plus, il faut qu’on imagine une ville.

    Clairement, je serai pas embauché ni par la ville de Paris (les pédés) ni par l’Etat (les matons).

    Je remarque avec intérêt qu’il se développe un esprit « pédé maton » qui fait très parisien. On se croirait à Lyon, en moins catho, mais aussi petit bourgeois. Vous savez que vous ne pouvez plus faire chier un chien à Paris? C’est interdit. Paris est une ville propre.

    Vous n’avez plus le droit de fumer.

    La prostitution est de facto interdite.

    La drogue circule par des filières haut de gamme.

    On a 1123 flics au m² et donc on ne connait pas les problèmes du reste de la France en matière de sécurité: Paris n’a jamais abandonné ni promu la « police de proximité », vu que vous ne pouvez pas passer une journée à Paris sans voir au moins deux flics: je vois 10 fois plus de flics que de femme en burqa. Voire 100 fois plus. Voire 1000 fois plus (depuis qu’on en parle, j’en ai vu que 2 des femmes en burqa, alors que des keufs, j’en vois plein: ici, il est plus facile de trouver un keuf qu’un taxi).

    A Paris, vous levez le bras, il y a 20 flics qui surgissent, mais pas un tacot à l’horizon.

    C’est la ville des pédés et des matons.

    Ne croyez pas qu’on les déteste: on les adore. Les pédés sont riches et cultivés, ce qui nous change de Marine Lepen, qui est seulement riche. Et nos matons sont vraiment cons, comme ailleurs, mais ils évitent de flinguer les jeunes et les Arabes, vu que ça fait désordre, et ils sont polis et disponibles. Mais tention, hein, ils ont une mentalité de maître nageur de piscine municipale: slip de bain et interdiction de courir!

    Donc, côté services, Paris est une ville qui se tient, faut pas non plus râler. Bon, c’est disneyland. Mon fils, bientôt majeur, se prend pour Shreck. Résultat des courses: plusieurs contrôles d’identité plus une interpellation avec conduite au poste de police. Ce jeune con a à peine 17 piges il en connait plus sur la police que moi.

    Pour tout vous dire: quand chuis à Paris, je me sens en sécurité. Quand je suis à la campagne, je me sens libre.

    C’est cette géographie là qu’il faut comprendre pour en faire autre chose qu’une attraction touristique pour allemands obèses et chinois à peine riches.

    Ca passe par les voûtes!

    Commentaire par tschok — 17/01/2011 @ 17:04

  25. Jalmad,

    Construire des voûtes avec des déchets… Vous de croyez pas si bien dire.

    La voûte suppose dans certains cas d’égaliser la courbe (de combler les parties convexes de l’arc pour obtenir une surface plane, au dessus)

    (c’est ça, je me goure pas? c’est bien convexe?)

    Or, la combustions des déchets produits des cendres qui sont compactées en blocs formant de grosses briques faciles à travailler. Le matériau n’a pas de résistance à la torsion, au poinçonnement ou à la flexion, mais en revanche, il résiste très bien à l’écrasement. Et il est léger et poreux. Donc, assez idéal pour faire du remblais. Mais un remblais, assemblé en briques jointes au mortier, qui participerait de la solidité de l’ouvrage, plutôt que de se tasser avec le temps en occasionnant des dommages aux avoisinants dans la durée de la prescription décennale.

    C’est appréciable à Paris, où le sol est meuble et l’habitation dense.

    Pour l’instant, on ne sait qu’injecter du béton sous pression, ce qui n’empêche nullement les cours de récréation des écoles maternelles de se casser la gueule, quand on fore un métro type Météor par exemple.

    Sinon, ce qui est relativement nouveau, c’est de construire une ville sous la ville. Mon rêve architectural, ce n’est pas que Paris se développe vers le haut, mais qu’il utilise son sous sol pour une croissance urbaine vers le bas qui le libère de son horizontalité en profitant de son sous sol en gruyère.

    Mais attention, c’est une thématique qui se travaille. Ce n’est pas neutre de construire vers le bas. Ca remue des trucs (keske je suis con quand je dis ça!).

    PS: je ne connais pas les villes arabes. Vous vous rendez compte? Les autres grands urbanistes à part les romains, je connais pas. C’est con, hein?

    Commentaire par tschok — 17/01/2011 @ 17:26

  26. Pas mal cette petite présentation sur les voûtes nubiennes. En plus, on découvre qu’en des temps reculés, les hommes savaient que la forme de la chaînette inversée était idéale pour les voûtes ou arcs autoportés. De mémoire, ce principe n’a été redécouvert qu’au début du 18ème siécle, pour être mis en application lors de la construction du triple dôme de la cathédrale St Paul à Londres.

    Commentaire par Switz — 17/01/2011 @ 17:50

  27. @tschok,

    je vous suivais à peu près jusqu’à la dernière phrase : en quoi est-ce que cela « passe par les voûtes » ??

    Commentaire par Tocquevil — 17/01/2011 @ 17:54

  28. @ Fantômette,

    Je ne me suis pas intéressé au déchet pour le « résidu ». C’est d’ailleurs un tort. Plus on raffine quelque chose, plus ce qu’on obtient à l’autre bout de la chaîne peut être dégueux. Parce qu’en fait on concentre: on concentre le bon (l’alcool de l’alambique par exemple) mais aussi le mauvais.

    Du reste, les écolos ne se sont pas vraiment interrogés sur ces sujets là. Et notamment les problèmes de police (les poisons militaires, c’est une chose, mais les poisons industriels existent aussi et dans bien des cas, ils ont peu à leur envier).

    Balancer des trucs à la mer, ça peut être une très bonne solution parce que l’océan disperse les poisons que l’action de l’homme a concentré et la pollution reste un problème de concentration.

    Dans une de ces campagnes de pub, la mairie de Paris (les pédés, donc) nous montrait des merdes de chiens sur une plage immaculée dans un paradis tropical, ou de vieux frigo dans une forêt primaire en nous disant que c’était scandaleux « là bas », donc ça devait l’être aussi « chez nous ».

    Une campagne conçue par et pour des psychologiquement complexes obnubilés par l’hyper-propreté. Aujourd’hui on redécouvre la bio diversité, qui est un concept différent, plus ouvert (pour l’instant).

    Donc, pour en revenir à ce que je vous disais au départ, je me suis intéressé au déchet pour le « plus » qu’ils représentent (énergie, matières premières). Mais il faut être lucide sur la question des résidus. C’est là que mon modèle cesse d’être sympa: soit on assure le « retour de cendres » à l’expéditeur, soit on refourgue ça à une dictature du tiers monde. Ou bien, il reste l’océan. ou encore on les stocke dans les mines par exemple.

    C’est pas que le paradis ce que je propose.

    Commentaire par tschok — 17/01/2011 @ 17:55

  29. @ Tocquevil,

    Quand on travaille sur les dessous, on casse le domaine public et privé. Ce n’est pas du tout neutre d’utiliser les tréfonds, ne serait ce qu’en raison de l’atteinte au droit de propriété que ce la suppose (je vous rappelle que le propriétaire d’un terrain est propriétaire des tréfonds, jusqu’au centre du globe, en principe)

    (en réalité non: on a une propriété utile, plutôt)

    Explorer les tréfonds et les utiliser autrement que pour en tirer un produit (fer, charbon, pétrole, etc) revient à créer un espace qui, dans le cadre d’un renouvellement urbain, tel que je l’imagine ici, devient public.

    En matière de police, les sous sol permettent bien des choses dans le domaine de l’illégalité: de « La Grande Evasion » aux « Egouts du Paradis » et j’en oublie. Une ville, n’importe laquelle, est une synthèse entre une horizontalité et une verticalité. Vous rajoutez une tour, vous changez la donne. Vous rajoutez des sous sols, vous changez la donne aussi.

    Considérant la géographie d’une ville et proposant d’y ajouter d’autres sous sols que ceux dont elle est déjà dotés, je me pose la question de la répartition des forces. Mais quand vous ajoutez un sous sol à une ville comme Paris, qui a précisément modifié la façon dont elle répartissait les richesses, vous rajoutez une modification: jadis, et même naguère, puisque je l’ai connu, les pauvres vivaient parmi les riches, sous les toits, ils faisaient partie de la domesticité, ils avaient ce qu’on appelait les chambres de bonne et y accédaient par des escaliers de service. Ces équipements sont en voie de disparition aujourd’hui.

    Enfant, je parcourais le long couloir de mon immeuble, au dernier étage. Il avait une particularité: il desservait les chambres de bonne de deux immeubles, sinon trois, mais je n’en suis plus très sûr, et on y montait par trois ou quatre escaliers. Il formait un petit labyrinthe à la façon d’un espace horizontal populaire posé sur le bloc bourgeois, auquel il était relié par des cages d’escalier desservant des entrées secondaires, dites de service, arrivant soit directement en cuisine, soit dans un couloir secondaire.

    Cette architecture que j’ai connue est aujourd’hui un non sens.

    Si nous explorons les tréfonds, quel modèle architectural allons nous employer, sachant que derrière le modèle architectural il y a un modèle urbain (donc un truc qui répartit les nuisances en fonction des classes sociales)?

    Et je me le pose en matière de police, pour les jeunes.

    Perké?

    Because chuis une plante verte de ma catégorie: à mon âge, les plantes vertes de ma catégorie se préoccupent de savoir ce que deviennent leurs gosses (donc je les fous à l’école privée vu que le public c’est… comment dire? C’est un truc de pédés, voilà. et puis, côté patrimonial, je regarde vers les chambre de bonne…

    Vous savez quoi? Y en a plus assez! Nos ancêtres ont été petits bras je trouve.

    Bon, et vous, vous dites quoi?

    Commentaire par tschok — 17/01/2011 @ 19:16

  30. monsieurs tshock

    enculé et pédé sont peut être des termes d’architecture, mais j’en doute
    alors je crois que le choix d’un autre vocabulaire plus en rapport avec les propos (décousus) que vous tenez seraient d’un meilleur goût

    Commentaire par fredo — 18/01/2011 @ 00:03

  31. @fredo :

    Lorsque l’on commence à regarder les mots _avant_ de regarder le propos qu’ils portent, on ne discute plus on meta-communique. C’est probablement très valorisant universitairement parlant, mais pour une discution sur la durabilité du développement c’est un peu limitant.

    Les mots ont la valeur que l’on veut bien y mettre. A la limite je peux concevoir que pour un cours en amphi (ah ah) ou même une publication (quoique, celine ou Dard) on puisse être regardant sur le champ sémantique, mais dans les commentaires d’un blog… bigre…

    Commentaire par herve_02 — 18/01/2011 @ 08:06

  32. @fredo

    j’avais oublié, pédés et enculés ne sont pas des termes d’architectures, mais des termes de sociologie que l’on arrive aisément à situer dans le contexte du commentaire visé :

    les pédés : ceux qui habitent la capitale du haut (les beaux quartier), ont un travail valorisant (gérer ses biens en est un), n’ont pas de problème de subsistance, font la loi et les lois, roulent en grosses voitures parfois avec chauffeurs. Ils n’ont que le mot culture à la bouche car l’argent coule naturellement pour (vers?) eux.

    les enculés : ceux qui sont là pour faciliter la vie des pédés et les protègent de la jungle qu’est naturellement une ville avec des millions d’habitant. car dans les socio-types présentés, il en manque un, le plus représenté, le sur-représdenté devrais-je dire : les cons.

    Les cons sont ceux qui habitent la capital du bas, peinent à la tache pour vivre, voire pour certains d’entre-eux, seulement survivre. Ils forment la plus grande partie de la population de la dite ville. Les pédés aimeraient bien ne pas les voir et les renvoyer loin de leurs préoccupations culturelles, malheureusement sans eux, rien ne fonctionnerait : pas de pain, pas de sorties, pas de ménage, pas de ramassage des déchets… Il faut donc qu’ils restent. C’est là qu’interviennent les enculés : une sorte de repart de protection qui protège les pédés des cons : une garde impériale rapprochée (avec la toute grandeur en moins).

    Ce qui est sociologiquement intéressant c’est que les enculés sont en fait des cons qui ont grimpés dans la hiérarchie, en se hissant au dessus du con de base, sans toutefois devenir des pédés (pédé, comme dirait notre conducateur, c’est un truc de naissance) tout en pensant s’en rapprocher. Étonnant cette propension que l’on a à utiliser ceux que l’on craint contre leurs semblables : des cons évolués contre les cons, de la même manière que les vigiles sont souvent des auvergnats intégrés (entendre civilisé) pour nous protéger contres les autres auvergnats (car quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup …)

    Commentaire par herve_02 — 18/01/2011 @ 08:50

  33. En rapport avec le sujet traité dans ce billet, trois articles (en anglais) disponibles sur le site BBC World News :

    Crisis hits India’s small loans industry

    India’s micro-finance suicide epidemic

    Small loans making a big difference in South Asia

    Il y a d’ailleurs aujourd’hui un reportage audio sur BBC World Service consacré à ces effets « pervers ».

    Je veux bien me coller à la traduction mais cela ne sera pas possible avant demain.

    (on peut peut-être se partager le boulot avec Fantômette… et Tschok aussi, probablement)

    Aliocha : Tschok à la traduction ? Vous n’y pensez pas ! J’imagine déjà le résultat s’il lui prend l’envie de ponctuer le texte de son vocabulaire fleuri….

    Commentaire par Ferdydurke — 18/01/2011 @ 09:58

  34. Votre haine des financiers vous fait écrire des choses pour le moins contestables, comme votre vision apparemment idyllique de ce qu’était et devait/devrait être le micro-crédit (voir par exemple : http://aidwatchers.com/2011/01/killing-microfinance-to-say-they-saved-the-poor/ ou http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/01/11/microcredit-miracle-ou-desastre-par-esther-duflo_1290110_3232.html).

    Aliocha : je n’ai pas de haine contre les financiers en général. A chaque fois que je les évoque, je songe à une parttie d’entre eux qui se livrent à des débordements répréhensibles ainsi qu’à un système plus global dont la logique, lorsqu’elle dérape, devient contestable. Je vous accorde qu’ils n’ont pas le monopole de la cupidité, qu’il y a sans doute autant de salauds de pauvres, comme disait le cinéaste, que de salauds de riches. La réflexion qui m’intéresse dans cette crise ne vise pas spécifiquement une catégorie d’individus, mais tout le monde, moi comprise. C’est ainsi qu’il faut lire le billet.

    Commentaire par VilCoyote — 18/01/2011 @ 12:03

  35. Monsieur Fredo,

    Je vais faire bien mieux que de châtier mon vocabulaire: je vais proposer le savoir faire français en matière de répression aux dictatures qui se cassent la gueule.

    Parce que dire caca prout prout, c’est grave! Ou pédé ou enculé, c’est affreux! D’ailleurs, je m’en veux beaucoup. Qu’est ce que je regrette, vous pouvez pas savoir. De grosses larmes pleines de honte coulent sur mes joues boursouflées de remords.

    Alors que proposer le savoir faire français en matière de répression, savoir faire mondialement reconnu, c’est bien. Et, puisque nous parlons sous ce post d’éthique en matière de commerce, je tiens à dire que je m’insurge contre ce que viennent faire les douanes!

    Oui, je m’insurge! Intercepter quelques malheureuse caisses de grenades, n’est ce pas porter atteinte à la liberté – oui, j’ose le dire! – la liberté du commerce? En outre, la France, dans ce qu’elle a de plus éternelle et de plus républicain, n’a t-elle pas le droit d’aider l’un de ses plus fidèles alliés confronté dans son propre pays à une bande de dangereux agitateurs (encore des Arabes, décidément ils sont partout, on en trouve même en Tunisie)?

    (Zemmour a raison!)

    (et Bilger a raison de dire que Zemmour a raison!)

    Enfin bref, dire cacapipi prout prout, ou pédé enculé, c’est grave et croyez bien, Fredo, que votre utile intervention m’a remis sur les rails du bon goût (français). Et MAM m’a montré la voie à suivre dans le domaine de ce bon goût, indispensable à l’existence de tout honnête homme qui se respecte, et de la délicatesse toute féminine qui caractérise si bien son action publique.

    Soyez assuré qu’à l’ombre d’un tel exemple je ferai prospérer les valeurs les plus nécessaires à notre vie sociale, dans le respect de la loi et de l’ordre, valeurs au premier rang desquelles je placerai, comme vous, le respect des convenances.

    C’est tellement important, le respect des convenances: ne pas mettre les coudes sur la table, c’est vital. Si vous l’oubliez, comment pouvez vous songer seulement une seule seconde à assurer la perpétuation de notre belle civilisation? Non, clairement, le respect des convenances c’est la clef.

    Et d’ailleurs, toute critique n’est démocratiquement acceptable que si elle est convenable. Ce qui me fait dire que toute critique qui n’est pas convenable n’est pas démocratique. Or, j’ai cru saisir que le comportement des Tunisiens avait heurté les convenances (pensez donc, un type qui s’immole dans la rue, quelle drôle de façon de se donner en spectacle! C’est un monde quand même!). Donc MAM a eu parfaitement raison de proposer le savoir faire de la France en matière de répression: c’est bien la démocratie tunisienne qu’il fallait protéger dans son esprit.

    Soutenons là! Elle est ici (MAM, pas la démocratie tunisienne, hein?):http://www.dailymotion.com/video/xgmdw3_tunisie-quand-alliot-marie-proposait-l-aide-de-la-france_news

    C’est du convenable, ça. Du bien convenable.

    Commentaire par tschok — 19/01/2011 @ 18:50


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