La Plume d'Aliocha

05/01/2011

Heureusement y’a Bolino !

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 00:15

Et voilà.

On sable le champagne, on enterre l’année précédente, on prend des résolutions pour celle à venir….et tout recommence.

Surtout le pire.

Il y a eu la mauvaise blague d’Hortefeux, la petite phrase du pape sur le préservatif (épisode 1), les déclarations ambigües de Frédéric Mitterrand sur sa vie passée, la petite phrase du Pape sur le préservatif (épisode 2), la saillie raciste de Jean-Paul Guerlain….il y a, en ce tout début d’année, la Petite phrase de Manuel Valls. Sur les 35 heures.

Pour les distraits, les autistes, les allergiques-aux-médias-mais-pas-aux-blogs-qui-disent-la-vérité, les débordés de la rentrée, les comateux digestifs, la séance de rattrapage est ici et partout ailleurs. Manuel Valls veut « déverrouiller les 35 heures » ! C’est énorme. Plus grave que si le Pape doutait de l’existence du Christ. Un scoop prêt à cuire en 5 minutes au micro-onde. Le Bolino de la presse. L’information instantanée. Le buzz assuré.

Les médias savent bien que la phrase n’a été pondue que pour eux, qu’elle ne vaut que pour eux, qu’elle ne fait frémir qu’eux. Qu’importe. Ils foncent dans le chiffon rouge. Ils font réagir, ils discutent, ils glosent. La crise financière ? Oubliée. La situation en Côte d’Ivoire ? Enterrée. Même la rigueur de l’hiver cède le pas devant la petite phrase. Et pourtant il en faut pour que les médias cessent de s’émouvoir du fait qu’il neige en France à Noël. Il est si beau, l’os à ronger ! Enfin le faux, celui vendu en grande surface, de la peau de boeuf séchée et roulée. Made in China. Un leurre absolu. Qui ne trompe plus les chiens, ni même les journalistes. Mais les médias encore. Cette grande machine à transformer le Rien pour produire à la chaine et en quantité industrielle du « prêt-à-penser ». Tout ceci a la couleur de la politique, le goût de la politique, mais ce n’est pas de la politique. Une somme de produits de synthèse et de colorants artificiels. C’est tellement bourré de conservateurs que ça nous tiendra jusqu’à la prochaine petite phrase.

Surtout, c’est pas cher à produire et ça rapporte gros.

A tout le monde. Et d’abord à l’auteur qui est payé en visibilité. Grassement. Ensuite au distributeur qui se rémunère en nombres de journaux achetés, et/ou de visites sur le web, d’auditeurs et de téléspectateurs. Aux commentateurs professionnels qui trouvent une occasion de justifier leur existence autant que leur salaire. Machine à oseille, parfaitement bien huilée. Machine à abrutir en donnant l’illusion de penser. Machine à alimenter les discussions de café. Et les fausses querelles de partis.

L’électeur-consommateur est mobilisé. Les professionnels s’emploient, pour son salut, à discuter, débattre, analyser, disséquer. Il y les opposants et les partisans. Le parler vrai versus le parler faux, qu’il faut immédiatement nuancer : vrai parler faux contre faux parler vrai. On s’y perd, on crie ô secours, on ne sait plus. Qui dit vrai, qui dit faux ? Il faut trancher. Question de vie ou de mort démocratique. Etre d’un côté ou de l’autre. Et discuter, gloser, analyser, disséquer, encore et encore. Débattre, polémiquer.

Jusqu’à l’épuisement.

Bonne Année médiatique !

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64 commentaires »

  1. C’est aussi complètement stupide et économiquement dangereux, voir les articles très bien documentés ici et de Rue89 sur la question.

    La meilleure chose à faire est d’appliquer le principe « don’t feed the troll » car nous en avons ici un cas d’espèce.

    Valls a visiblement besoin d’exister. Pôv’ chou!

    Aliocha : pas si sûre. Je déjeunais il y a quelques années de cela à côté d’un ancien ministre des finances de droite, lequel me confiait que M. Aubry elle-même avouait en off que les 35 heures étaient une connerie. Vrai ou faux, j’en sais rien, mais ça m’a interpellée. Personnellement, je trouve que c’est une connerie. A tous les niveaux.

    Commentaire par Ferdydurke — 05/01/2011 @ 08:30

  2. Et l’on peut mesurer à cette aune la magnifique hypocrisie qui consistait à expliquer que les fuites diplomatiques de Wikileaks n’étaient pas des scoops pour la plupart des journaux non récipiendaires initiaux de celles-ci. Alors que là, quand Valls répète encore une fois ce qu’il dit depuis un an (et que tout le monde savait déjà : la seule chose de gauche chez Valls, c’est son obstination à vouloir en faire partie malgré des idées résolument plus proches de l’UMP que de tout autre parti en présence) , c’est de l’info, coco ! Faut couvrir, l’inviter au Grand Journal, exploiter cette polémique que l’on créé de toutes pièces pour pouvoir faire à nouveau des papiers (opinion, enquête, interviews) qui seront terrain de jeu des batailles souterraines des primaires du PS…

    Tout ça alors qu’il se passe de formidables batailles autour de l’élection en Côte d’Ivoire, en Afrique comme à l’international : je veux dire, il y a quand même des choses à dire vu de France, non ? Dumas et Vergès comme conseillers spéciaux pour Gbagbo, c’est quand même intéressant, non ? Allez, petits médias, ouvrez des journaux étrangers au lieu de prendre comme étalon médiatique le mélange pervers du Monde et du Parisien…

    Bonne Année médiatique à vous aussi, Aliocha !

    Aliocha : je suis d’accord avec vous, ce dossier est passionnant, et les articles de la presse ivoirienne sur le sujet sont pour le moins gouleyants, d’ailleurs 😉

    Commentaire par Moktarama — 05/01/2011 @ 08:59

  3. On crie « ô secours » ou bien « au secours » ? 😉

    Aliocha : le deuxième je crois, mais j’ai un faible pour le ô

    Commentaire par Mussipont — 05/01/2011 @ 09:04

  4. On dirait que cela vous étonne ! Mais les « petites phrases » sont le pain quotidien des journaux ! Demain, un Hortefeux ou une Duflot diront autre chose et nous nous jetterons dessus. L’actualité étrangère a-t-elle jamais vraiment intéressé les médias français ? Je me souviens de journaux me refusant un sujet réalisé en Afrique au prétexte que « Franchement, ça va intéresser qui ce pays ? Ca n’est même pas une ancienne colonie ». Voilà. Valls et ses conneries, ça vend mieux.

    Aliocha : ça ne m’étonne pas, ça m’énerve 😉

    Commentaire par BABs — 05/01/2011 @ 09:40

  5. Bonjour Aliocha,

    Ah! Alors, il y a les journalistes, qui ne sont pas dupes, et les média, qui s’y laissent prendre, et en redemandent.

    Mais ce serait quoi, pour vous, la définition des média? De quoi s’agit-il? De moyens? De supports? D’entreprises?

    D’un mode de fonctionnement? D’un système? D’une logique?

    Aliocha : cette phrase était pour vous. A l’approche de la fête des rois (tiens, c’est quand déjà ?), je glisse des fèves dans les billets 😉 d’ailleurs, je continuerai même après, histoire de pimenter la vie de ce blog. Vous savez comme moi que les médias constituent un ensemble qui dépasse de loin la communauté journalistique. Je pense en effet que c’est un système, animé par une logique qui détermine son fonctionnement. Du coup, si on replace les journalistes dans leur contexte, on peut réfléchir un peu plus loin que le simple « c’est la faute à ces imbéciles de journalistes qui racolent, ne comprennent rien et sont d’une bêtise crasse ». Voyez le commentaire de BABs juste au-dessus. On fait ce qu’on nous demande, et ce qu’on nous demande est déterminé par un système, voire souvent une idée du système, pas toujours exacte d’ailleurs. J’ose espérer que les journalistes politiques lisent les livres des politiques. Donc ils savent que ce n’est pas un scoop. Ils savent aussi que c’est de la com’. Mais ils y vont quand même, parce qu’ainsi le veut le système…

    Commentaire par Fantômette — 05/01/2011 @ 09:42

  6. Chère Aliocha,
    Bonne année à vous
    J’adhère à 100 % à votre rebuffade, devant la systématisation de ce phénomène de feux de paille sur les petites phrases.
    On aurait aimé que 2011 démarre autrement…

    Commentaire par Ginkgo — 05/01/2011 @ 11:21

  7. Au sujet de la remarque d’Aliocha sous le com n°1:

    L’aspect de l’histoire qui n’est pas le moins fascinant concerne effectivement l’opinion de Mme Aubry sur les 35 heures: elle-même n’a jamais manifesté d’engouement particulier pour la mesure, et, avant 1997, s’y est déclarée hostile, à l’inverse de DSK qui en fut l’inspirateur précoce et un partisan convaincu.

    Et pourtant, comme Mme Aubry a été l’architecte des 35 heures, de nombreuses accusations de dogmatisme socialiste ou de dirigisme étatique sont portées contre elle, y compris de temps à autre par des correligionaires. Tout à l’inverse de DSK qui attire un respect transcendant les clivages politiques, car on le prétend plus favorable aux monde des entreprises, au libéralisme économique, et parce qu’il fume des cigares comme tout bon capitaliste de caricature.

    Commentaire par Switz — 05/01/2011 @ 11:28

  8. Pour démarrer l’année avec plaisir, je vous propose de lire un de vos grands collègues: Mark Twain, dont on a célébré les 100 ans de la mort l’an dernier.
    Si si, il a été journaliste, et il a écrit de très belles (et droles) choses sur le sujet, notamment dans le petit recueil La Liberté de Parole…

    Vous pourrez constater que, contrairement à ce qu’on croit parfois, pas grand chose n’a changé depuis… 1880…
    (lisez notamment l’article où il parle de son expérience – imaginaire – dans un journal agricole, ça vaut son pesant de cacahuètes…)

    Aliocha : c’est noté, merci !

    Commentaire par Arnaud — 05/01/2011 @ 12:22

  9. @ Aliocha

    Je ne crois absolument pas que ce soit une connerie. Au contraire. Les tableaux présents dans un article que j’ai mis en lien le montre.

    Je crois que le problème posé par le régime des 35h n’est pas dans leur instauration (qui dégage du temps libre pour recruter, travailler plus, consommer, vivre mieux, et cetera) mais dans leur mise en oeuvre au sein des entreprises. En bref, je crois que les fameux « partenaires sociaux » ont préféré en tirer avantage au profit de leurs chapelles respectives, plutôt que chercher à les utiliser de manière constructive pour tout le monde (attitude typiquement française, d’ailleurs). Grossièrement, il y a eu une mauvaise rentabilisation de ce temps libéré.

    Aliocha : dites donc, vous, ça ne vous fatigue pas de me contredire depuis ce matin, et sous tous les billets en plus !!!!

    Commentaire par Ferdydurke — 05/01/2011 @ 12:23

  10. @Ferdydurke :

    évaluer l’impact réel des 35h en termes d’emploi et de salaire est mission impossible, dans la mesure où cette mesure est intervenue en plein boom conjoncturel. Alors quand l’article d’Eco89 se croit malin en glissant « Au passage, on peut noter la forte hausse de l’emploi sur la période 1998-2000. Serait-ce l’impact des 35 heures, cette aberration ? On n’ose y croire ! « , il se ridiculise, et aurait dû aller lire ça : http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2008/01/10/1136-mauvaise-foi-et-confusion

    Par ailleurs, l’article d’Eco89 fait la même erreur qu’Aubry quand elle a pensé les 35h, ie. le « lump of labor fallacy », aka « le travail se partage » (qui a pour corollaire « faut partir tôt à la retraite pour laisser la place aux jeunes et virer les immigrés »).

    Quant au dernier graphique sur la déconnexion entre gains de productivité et hausse des salaires, il s’agit de la productivité « apparente » du travail, c’est à dire qu’on ne distingue pas le rôle du capital dans les gains de productivité (achetez un ordinateur avec traitement de texte à votre secrétaire pour remplacer sa machine à écrire : « sa » productivité va beaucoup augmenter, mais ce ne sera pas tellement grâce à elle, et il serait logique que le gain de productivité soit réparti principalement en faveur du capital). Or les gains de productivité depuis les années 80 proviennent plutôt d’investissements et de nouvelles technologies…

    Bref, si on peut penser de façon tout à fait légitime que « travailler moins c’est mieux parce que travailler c’est chiant », les justifications strictement économiques à la baisse du temps de travail sont en revanche très peu convaincantes, et les défenseurs des 35 heures feraient bien de délaisser cette partie du champ de bataille si ils veulent rester crédibles.

    Commentaire par VilCoyote — 05/01/2011 @ 13:13

  11. @ Aliocha en 9

    Non, cela ne me fatigue pas. Pourquoi voulez-vous que cela me fatigue ?

    (surtout que j’vous aime bien en rouspéteuse, hein, Aliocha Kalachnikov…)

    (en plus, ce n’est pas fini)

    Commentaire par Ferdydurke — 05/01/2011 @ 13:18

  12. Hum…Il y a une asperge et des cornichons mêlés dans votre panier, Aliocha.

    Au-delà de l’immédiateté artificielle de son traitement journalistique, la « petite phrase » de Valls apparaît être d’une nature bien différente de celle des autres précitées :

    – elle est évidemment constitutive d’une « provocation médiatique »;

    – elle participe d’un positionnement tactique (orienté « aile droite » du PS et récupération du « centre gauche churchillien » pour les présidentielles;

    – elle ouvre un débat pour 2012 qui ne manque pas d’intérêt. Ce débat vaut moins sur le rapport avantages/inconvénients de l’usine-à-gaz des 35 heures qu’à préparer les esprits à l’annus horibilis que sera 2013 avec la remise en cause drastique des « acquis sociaux ».

    Aliocha : voui, elle est différente en effet, à plus d’un titre. Mais le traitement qui lui est réservé est le même. Du bruit, de l’indignation, de la fureur et assez peu de réflexion sur le fond. Par ailleurs, n’y aurait-il vraiment aucune autre manière d’ouvrir un débat politique que de balancer une phrase incendiaire ?

    Commentaire par Goloubchik — 05/01/2011 @ 15:20

  13. […] This post was mentioned on Twitter by FreresKaramazov and LordPhoenix. LordPhoenix said: À Propos des #médias : "Cette grande machine à transformer le Rien pour produire … quantité … du « prêt-à-penser »." http://is.gd/k9G6S […]

    Ping par Tweets that mention Heureusement y’a Bolino ! « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 05/01/2011 @ 15:56

  14. @ Aliocha (sous #3)

    Encore une histoire d’ô ? !
    Je vous connaissais déjà callipyge …

    Aliocha : Bien vu. C’est Ferdy qui va être jaloux de l’avoir manquée celle-là 😉

    Commentaire par Yves D — 05/01/2011 @ 16:56

  15. @ Aliocha (sous #5)

    Plus sérieusement, même si je partage avec vous votre agacement pour cette avidité et amplification des « petites phrases », je pense que le « grand public », auquel les média s’adressent, ne lit pas les livres des politiques, eux …

    Déjà que vous avez des doutes à propos des journalistes politiques …
    Or les « animaux politiques » d’aujourd’hui savent que pour exister, il faut faire du Buzz (pardon, du « retentissement médiatique » selon le Larousse) …

    Et puisque ça marche (encore une preuve: c’est le sujet de ce billet), je préfère en retenir 2 choses :

    On a toujours pas fini de solder, plus de 12 ans après, cette histoire de « 35 heures » ! Pourtant le travail étant une composante essentielle de notre société (et de presque toute société humaine), son organisation et sa régulation est bien un vrai choix de société. Peut-être que les « 35 heures » ont été trop « décrétées » et pas assez débatues (démocratiquement) …

    Et puis que décidément, le PS (mais pas que lui) a bien du mal à se trouver un vrai programme … Or la 5e République, à travers le poids donné à son Président, fait que s’il n’y a pas d’opposition (politique) « organisée », le pouvoir en place à toutes les chances de s’y maintenir (après tout pourquoi pas) mais surtout de se sentir libre de faire ce qu’il veut (ce qui me chagrine plus) …

    Commentaire par Yves D — 05/01/2011 @ 17:10

  16. @ VilCoyote et Ferdydurke

    C’est un sujet fleuve car, selon moi, un des vrais sujets de société (voir mon com’ précédent) … Ce blog n’y suffirait sans doute pas, et surtout mon « temps de pause » non plus 😉

    Mais je ne peux quand même m’empêcher d’exprimer mon désaccord avec l’analyse de VilCoyote :

    Oui, c’est la, disons « mécanisation », du travail qui a essentiellement permis les gains de productivité. Mais est-ce pour autant que l’on ne doit pas redistribuer ces gains vers les salariés et ne faire que privilégier le capital ?
    Selon moi, non ! Ce serait une double erreur :
    Tout d’abord cette augmentation de la productivité ne tient encore, au bout du bout, que grace aux salariés. Enlevez-les (je ne parle pas des délocalisations qui sont un autre problème), et vous n’avez plus de productivité du tout !
    Ensuite, la productivité ne vaut que si les biens produits sont consommés. Et ce ne sont pas (à l’exception de l’énergie et de l’huile 😉 les machines qui les consomment …

    Commentaire par Yves D — 05/01/2011 @ 17:22

  17. @Yves D (16) :
    « Mais est-ce pour autant que l’on ne doit pas redistribuer ces gains vers les salariés et ne faire que privilégier le capital » : non, et d’ailleurs ce n’est pas ce qu’on fait.

    « Et ce ne sont pas (à l’exception de l’énergie et de l’huile) les machines qui les consomment » : euh, « rémunérer le capital », c’est une expression, hein, on ne jette pas des billets dans les marteaux piqueurs et les lecteurs de CD. En fait c’est « rémunérer les investisseurs », qui sont aussi des gens qui consomment (les associés, les actionnaires, les obligataires, les salariés des banques qui bénéficient de la prospérité de leur employeur).

    Commentaire par VilCoyote — 05/01/2011 @ 17:30

  18. @VilCoyote (17)

    « qui sont aussi des gens qui consomment » … M’ouai …

    Sans faire de l’anti-riche de base (grand bien leur fasse), ni dans tomber dans des caricatures « à la Bettencourt », il me semble que de très nombreuses analyses macro-économiques considèrent qu’il est plus efficace de mieux rémunérer les personnes à faible revenu, que d’en rajouter encore à des personnes qui n’utiliseront pas ce supplément pour consommer (car elles sont déjà à « saturation » de consommation, biens de très grand luxe exclus bien sûr, mais le très grand luxe reste un marché « de niche », qui permet peut-être de faire vivre une ville comme Genève, mais serait insuffisant pour un pays comme le notre).

    Commentaire par Yves D — 05/01/2011 @ 18:45

  19. @Yves D (18) :
    oui, on appelle ça la « propension marginale à consommer » (pour se la péter). Mais pourquoi assimiler forcément « investisseur » et « riche » ? En France, on compte aujourd’hui environ 3 700 000 entreprises, dont 93% comptent moins de 10 salariés. Il y a fort à parier que la plupart de ces petits entrepreneurs ne roulent pas sur l’or, et que leurs suppléments de revenu ne sont pas systématiquement épargnés.

    Commentaire par VilCoyote — 05/01/2011 @ 18:59

  20. ahh VilCoyote

    C’te bonne blague…

    D’accord avec votre analyse, sauf que… nous vivons actuellement une crise de la consommation, et non point une crise de l’offre : nous ne cherchons pas à « produire plus », mais à VENDRE plus, preuve en est : les prêts à taux zéro pour l’immobilier (pour que les gens puissent _acheter_); les primes à la casse, pour que les gens puissent _acheter_; la subvention à la culture (carte de téléchargement prise en charge à 50%), pour que les gens puissent _acheter_; augmentation de la tva sur les abo internet (pour forcer les gens à dépenser plus pour la même chose car il n’y a pas de réservoir à augmentation de services rendus), augmentation de fréquence des contrôles techniques, durcissement de ceux-ci (c’était pas la vitesse la cause des accidents ?) pour forcer les gens à acheter,… et je ne connais que très peu de secteurs. On pourrait, probablement, en faisant un peu de recherche, allonger la liste … comme un jour sans pain

    Si cette redistribution vers le capital (les millions de « pme ». Y a-t-il l’armée des auto-entrepreneur à zéro chiffre d’affaire dans cette foule ?) avait les avantages que vous citez et que cet argent « ruisselait » mécaniquement vers le bas en profitant à tout le monde, on serait en crise de main d’oeuvre pour produire plus pour pouvoir produire en france ce que l’on est obligé d’importer (et donc augmenter d’une manière ou d’une autre les heures productives). Mais il semble qu’avec le nombre de chômeurs et le nombre bien moins important, de plusieurs grandeurs, de places vacantes que ce ne soit pas le cas. Soyons fous, admettons même 50% de glandeur chez les chômeurs -pas le compte anpe, mais les chiffres complets (sous emploie, rsa non inscrits, radiés, en formation bidon …, disons pour arrondir 7 millions) donc mettons 3.5 millions de glandeurs profiteurs tires-au-flanc, il reste quand même 3.5 millions de personnes qui cherchent un _vrai_ travail.

    Maintenant pour dépasser ces querelles économiques stériles, car l’économie étant une « science » molle, on peut dire tout et son contraire; politiquement parlant (en tant que gestion du vivre ensemble), il n’y a pas 36 solutions possibles :
    – soit on paye les gens qui ne travaille pas sans conditions (il faut tout de même manger et se loger.)
    – soit on trouve/propose du travail à tout le monde.
    – Soit on partage le travail entre tous.
    – soit on tue ceux qui n’en n’ont pas : Politiquement incorrect dans une pays qui se dit démocratique.

    Solution alternatives, mais de _petits_ bras, rubrique caïd de quartier acculturé : on les laisse crever en leur tapant sur la gueule pour qu’ils ne se rebellent pas. Solution toutefois un peu épineuse : sera-il possible de tenir assez longtemps de cette manière afin qu’il n’en reste pas assez pour pouvoir se révolter à coup de machette, arme moins contrôlé que les fusils mitrailleurs des banlieues.

    Commentaire par herve_02 — 05/01/2011 @ 21:55

  21. @Herve : « pour dépasser ces querelles économiques stériles, car l’économie étant une « science » molle, on peut dire tout et son contraire »

    J’ai arrêté de vous lire là.

    Commentaire par VilCoyote — 06/01/2011 @ 01:00

  22. La phr

    Commentaire par Scaramouche — 06/01/2011 @ 06:27

  23. La petite phrase n’est « incendiaire » que par l’importance qu’on lui donne.
    Valls joue le jeu d’un socialisme Blairisant qui se veut un peu plus moderne, ce n’est pas « ruer dans les brancards » parce qu’il reconnaît une erreur socialiste qui en temps de crise doit être repensée. D’autres l’ont dit au parti socialiste avant lui sans que ça fasse un scoop.
    Dommage qu’en France on considère qu’il faille toujours avoir raison et que rester droit dans ses bottes soit une qualité pour un chef d’Etat.

    Aucune chance de s’améliorer tant qu’on ne sait pas reconnaître ses erreurs.

    Commentaire par Scaramouche — 06/01/2011 @ 06:37

  24. @herve_02
    3,4 et alternative on n’y pense pas. 1 et 2, peu ou prou, on n’en sort pas actuellement et le débat reste dessus.

    Commentaire par NP — 06/01/2011 @ 08:01

  25. @VilCoyote…

    Ce qui est très cool, car la partie importante est avant, je remarque toutefois 2 choses :

    – Il n’y a jamais eu avant la crise un début de semblant de consensus sur la toxicité des subprimes et de la titrisation, hors l’expérience a montré avec une force certaine que c’est d’une évidence enfantine. Tous (modulo ceux que l’on méprise et traitent de charlots) les économistes nous expliquent depuis 2 ans que la crise est fini. Donc, 2 solutions :
    a) On n’écoute _que_ les _mauvais_ économistes, et ce depuis 30 ans.
    b) Il y a 2 Écoles : les amoureux de la théorie de l’offre et les fans de la théorie de la demande, et selon la volonté politique du moment, on encense l’une des deux. Tout et son contraire en somme.

    – Votre pirouette ne cache pas votre non-réponse.

    @NP en 24, j’ai un peu peur que l’on choisisse en fait la solution petits bras.

    Commentaire par herve_02 — 06/01/2011 @ 08:31

  26. @ Ives D com 18,

    Je vous cite: « de très nombreuses analyses macro-économiques considèrent qu’il est plus efficace de mieux rémunérer les personnes à faible revenu [que de mieux rémunérer les personnes à hauts revenus] »

    Bon d’accord

    Parce que, je vous résume, le pauvre va consommer plus que le riche. Et ce sera plus « efficace ».

    Et là, je dis bof…

    Il y a deux objections assez classiques:

    – Certes on peut penser que les plus pauvres qui vont percevoir un supplément de revenu sous forme d’allocation ou d’impôt négatif vont l’employer à consommer plus. Mais ce surcroît de consommation va aussi s’appliquer à des biens à bas prix provenant pour l’essentiel d’importations, ce qui au final fait dire à certain que le RMI finit dans la poche de l’ouvrier chinois, plus exactement celle de son patron.

    De fait il y a un précédent: la relance Delors dans les années 80. Elle a méchamment flingué notre balance commerciale, à l’époque, et on a rapidement arrêté les frais.

    Cela dit, il peut être économiquement efficace de vouloir améliorer le niveau d’équipement des foyers les plus pauvres, même au prix d’une dégradation de la balance du commerce extérieur. Ici on peut se référer à la téléphonie mobile ou à l’équipement des ménages en matériel informatique: l’appareil électronique lui-même est certes fabriqué ailleurs, mais son utilisation génère de la valeur ajoutée créée en France.

    Ce n’est pas le cas de tous les biens d’importation: un clé anglaise made in china achetée par un bricoleur du dimanche génère 0 de VA en France lors de son utilisation (mais elle en a généré lors de sa commercialisation ou, en termes douaniers, lors de sa mise en libre pratique à l’intérieur de l’espace douanier).

    – Aussi étonnant que cela puisse paraître, même les pauvres épargnent. Quand un pauvre touche un supplément de revenu, il ne va pas nécessairement le consommer parce qu’il est habitué à des conditions d’existence assez frustres et préfèrera se constituer une épargne de précaution (même les pauvres, surtout eux d’ailleurs, veulent se prémunir contre les coups durs: leur vie est déjà un coup dur, mais si en plus ça doit s’aggraver, là ça devient insupportable).

    Alors, je ne dis pas qu’il est idiot par principe de vouloir renforcer l’épargne des plus pauvres, ça peut même être quelque chose de très intelligent, notamment parce que l’épargne de précaution prend la forme de produits comme le livret A (il y a plein d’autres raisons qui militent pour un renforcement de l’épargne des pauvres).

    Ces deux objections, classiques, rappellent que ce qu’on peut entendre par « efficacité économique » n’est pas nécessairement connecté à de la consommation. Une société efficace, économiquement parlant, est sans doute une société qui consomme. En ce sens on peut dire bonne efficacité = consommation forte.

    Mais, d’une part, la conso n’est pas le seul critère de l’efficacité économique et d’autre part cette égalité n’est pas nécessairement vraie: un moteur qui consomme beaucoup n’est pas forcément celui qui est le plus efficace mécaniquement parlant.

    Pour revenir aux 35 heures, je crois qu’on se retrouve une nouvelle fois dans le malentendu.

    Au moment où la gauche a vendu les 35 heures à l’opinion publique, elle a présenté le truc sous l’angle de la réduction du temps de travail (les fameuses RTT) alors que le but du système était au contraire d’augmenter le nombre d’heures travaillées (paradoxal, n’est ce pas?).

    Ce paradoxe était déjà un premier malentendu. On en a rajouté un deuxième: pour lui trouver une solution (comment réduire le temps de travail tout en augmentant le nombre d’heures travaillées) on a dit qu’on allait partager le temps de travail.

    C’est le deuxième malentendu. Comme on est nombreux à avoir compris que dans une société post tayloriste le temps de travail n’est pas sécable, on a dit que la loi allait créer des emplois nouveaux, alors que la loi sur les 35 heures n’a aucune incidence sur le niveau d’activité économique qui est, avec les gains de productivité, le truc qui commande le niveau de l’emploi.

    C’est le troisième malentendu.

    Maintenant on en rajoute un quatrième et on dit que la loi sur les 35 heures a quelque chose à voir avec la répartition des gain de productivité en terme de pouvoir d’achat.

    Et les uns disent: il faut maintenir la loi sur les 35 heures car elle a été un correctif du déséquilibre de la répartition du produit des gains de productivité entre la capital et le travail.

    Et les autres disent: mais non, mais non, elle a contribué si ce n’est à l’aggravation de ce déséquilibre, au moins à son maintien et sa consolidation sociale, moyennant plus de temps libre.

    Et c’est encore un malentendu, car la répartition des produits des gains de productivité a vraiment peu de chose à voir avec le temps de travail. Ce n’est pas une question totalement étrangère, mais ce n’est pas le plus déterminant.

    Ce qui commande l’accès du salarié à une meilleure répartition du produit des gains de productivité de façon décisive, c’est d’autres choses qui n’ont rien à voir (la mobilité dans l’entreprise, l’accès au capital, l’existence de système de participation aux fruits de la croissance, la fiscalité avantageuse des produits d’épargne comme les contrats d’assurance vie, etc).

    Le temps de travail, c’est une donnée, c’est vrai, mais dans la répartition du produit des gains, elle est secondaire.

    Et là dessus, on est en train de repartir sur un nouveau malentendu, parce que la question de notre époque, c’est la répartition des gains, alors on analyse les 35 heures sous ce prisme.

    Commentaire par tschok — 06/01/2011 @ 10:58

  27. @Herve :
    a. en effet, en grande partie. Non c’est faux en fait, on n’en écoute aucun (cf. les citations sarkozyenne se vantant de son pragmatisme, au mépris des théories économiques auxquelles « y comprend pas grand chose »).
    b. c’est plutôt que suivant la nature de la crise, la réponse à apporter n’est pas la même (« Economics is the science of thinking in terms of models joined to the art of choosing models which are relevant to the contemporary world », a écrit Keynes). Et le paysage théorique économique est loin d’être aussi binaire.
    A part ça je ne suis pas sûr de ce que je suis censé répondre à vos deux premiers paragraphes (surtout au deuxième, je ne vois pas où vous voulez en venir). Je dis seulement que pour beaucoup (les investisseurs les moins riches), les revenus du capital sont consommés.

    Commentaire par VilCoyote — 06/01/2011 @ 11:12

  28. @Tschok : « Maintenant on en rajoute un quatrième et on dit que la loi sur les 35 heures a quelque chose à voir avec la répartition des gain de productivité en terme de pouvoir d’achat. »

    Oui alors je m’en dédouane, hein, je n’ai rebondi là-dessus que parce que c’était dans l’article d’Eco89 mis en lien par Fredyurke. Je vous plussoie gaiement.

    Commentaire par VilCoyote — 06/01/2011 @ 11:18

  29. En mathématique lorsque vous trouvez un nouveau outil , que vous explorez nouveaux espaces enfin plein de truc bien abstrait auquel on pourrait faire faire plein cacul interressant, il y a une chose en tout premier lieu a faire. Il faut vérifier que son nouvel outil ne soit pas un « ensemble vide ».
    à partir de rien on peut dire beaucoup de chose puisque au final on revient à rien.

    Bonne année

    Commentaire par bleu horizon — 06/01/2011 @ 11:31

  30. Pas vraiment HS, mais tout aussi édifiant : http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/01/04/plus-c-est-gros_1460844_3234.html#xtor=AL-32280184

    Commentaire par Yves D — 06/01/2011 @ 13:39

  31. @ Tschok (#26)

    [Mode Ferdydurke qui-ne-supporte-pas-kon-racourcisse-son-pseudo-sauf-par-Aliocha on]
    Heuu, vous zavez pas de « Y » sur votre clavier ?
    [Mode off]

    A propos de « l’efficacité » …
    Je parlais en raisonnement « macro-économique », mais il est sûr que l’une des difficultés de l’économie, est de faire de bons liens entre comportement macro et micro, les deux étant en fait intimement liés et surtout, « dynamiques » (non stables dans le temps).

    En fait, ce mot « efficacité », il en implique un autre, tout aussi « macro » : la croissance.

    Or la mesure actuelle de la croissance (le PIB) est totalement liée à la production … et donc la consommation … sauf s’il y a trop d’épargne.

    Je suis d’accord avec vous, d’un point de vue individuel, un « pauvre » peut lui aussi épargner.
    Mais ce sera un montant moins important et surtout sur une période de temps moins grande (il épargne, qaund il peut, pour pouvoir faire des cadeaux à Noël ou, mieux, pour pouvoir devenir propriétaire). Donc d’un point de vue macro, ça repart vite dans le circuit de consommation.

    VilCoyote a déjà écrit des choses similaires en #27, en l’étendant au concept (un peu flou) « d’investisseur les moins riches » (je le suis s’il s’agit des « entrepreneurs indépendants », mais sinon …)

    En ce qui concerne la suite de votre Com’, je suis d’accord avec vous, ce sujet des « 35 heures » est plein de « malentendus ».

    Mais c’est justement, selon moi, ce qui en fait un VRAI sujet de SOCIETE.

    Commentaire par Yves D — 06/01/2011 @ 13:57

  32. @ Aliocha :

    Si on combine la lecture des liens donnés en #30 et 31, on ne peut que penser « Tout va bien m’sieurs dames ! Et bonne année 2011! »

    Moi je la sens … comment dire … intéressante, cette année …

    Aliocha : il est remarquable votre papier. Vous observerez que c’est exactement ce que décrit Inside Job…et accessoirement ce que je vois depuis 15 ans à chaque fois qu’il est question de réglementer la finance française. « Ah mais non, c’est anti-concurrentiel, on va foutre le camp, le gouvernement ne comprend rien, nous on maitrise, il faut laisser la place à l’innovation financière, faire rayonner la place de Paris, arrêter de l’entraver par de la réglementation inutile sinon jamais on rattrapera Londres et New-York », etc, etc. Et quand on parvient enfin à réglementer : « ah ! mais on fait différemment des américains, distorsions de concurrence, pénalisation de la finance française, on est lents, mous, bons à rien » etc, etc. Et ils en sont si profondément convaincus, que même le nez dans la m…, ils continuent de dire que c’est de la rose.

    Commentaire par Yves D — 06/01/2011 @ 14:04

  33. @Aliocha sous 33 : « même le nez dans la m…, ils continuent de dire que c’est de la rose ».

    Faut dire que les socialistes ne font rien pour qu’on arrive à distinguer les deux.

    Commentaire par VilCoyote — 06/01/2011 @ 17:52

  34. Bonsoir Aliocha
    Combien de pays ont légalisés les 35 heures à part la France ?
    Combien de pays ont la retraite à 62 ans( depuis peu) à part la France ?
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 06/01/2011 @ 23:06

  35. HS : après Tintin qu’on veut interdire, voilà Tom Sawyer qu’on aseptise : http://www.liberation.fr/culture/01012312124-tom-sawyer-ne-connait-plus-de-negres-mais-des-esclaves-oui. Je déclare 2011 année sans gros mots (mais rassurez-vous, la vulgarité a toujours droit de cité).

    Aliocha : affolant de connerie 😉 Tant qu’on y est, je propose que l’on retouche toutes les grandes histoires d’amour de la littérature, c’est écrasant le poids de l’hétérosexualité dans les classiques et furieusement discriminant. Tiens, et puis en tant que femme, j’en ai assez que 90% des polars américains soient des enquêtes sur des meurtres en série de femmes justement. Faut arrêter ça tout de suite. Je regardais hier soir une vieille interview de Frédéric Dard dans laquelle il disait : si on arrêtait d’être cons, nous les humains, ne serait-ce que quelques minutes par jour ?

    Commentaire par Gwynplaine — 07/01/2011 @ 09:58

  36. @Aliocha sous 36 :
    « je propose que l’on retouche toutes les grandes histoires d’amour de la littérature, c’est écrasant le poids de l’hétérosexualité dans les classique »

    Pas besoin, Dominique Fernandez se charge d’écrire des préfaces à Don Quichotte le présentant comme une subtile ode à l’homosexualité (cf. Muray). Mon dieu…

    Aliocha : tiens, j’avais pas vu. Divin Muray ! Parait que Tintin aussi était homo, avec Haddock. D’ailleurs la seule femme dans l’histoire est volontairement caricaturale et pas sexy pour deux sous.

    Commentaire par VilCoyote — 07/01/2011 @ 10:40

  37. Aliocha : « et puis en tant que femme, j’en ai assez que 90% des polars américains soient des enquêtes sur des meurtres en série de femmes justement »

    Tournez-vous vers les somptueux disparus : David Goodis, Charles Williams, Dashiell Hammett…

    Aliocha : eh non, malheureusement, si je me place dans une logique identitaire, je ne peux pas regarder ailleurs et jouer la tolérance ou le mépris, il me faut tout au contraire plier les autres et le monde à la force de ma propre vision des choses….

    Commentaire par Peau de lard — 07/01/2011 @ 10:52

  38. Bon sang, mais quelqu’un va-t-il se décider à arrêter ces gens là ? http://www.lefigaro.fr/bourse/2011/01/06/04013-20110106ARTFIG00814-ces-traders-qui-menacent-l-integritedes-marches.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/01/2011 @ 12:36

  39. Dites, ça vous gênerait d’étayer un peu par rapport à la connerie que seraient les 35 heures ? De quoi on cause, au fait ? De la durée légale ou de la durée réelle ? Parce qu’en France on fait plutôt 40 heures en moyenne que 35 heures.
    Un collègue socialiste de Valls démontre son incompétence sur la question :
    http://www.filoche.net/2011/01/03/est-ce-que-les-35-h-sont-%C2%AB-verrouillees-%C2%BB/
    http://www.filoche.net/2011/01/04/valls-propose-d%E2%80%99abaisser-les-salaires/

    Commentaire par Gilbert — 07/01/2011 @ 16:12

  40. Ah les traders !!! Les spéculateurs !!! Les grands méchants des temps modernes !!!
    Vous avez remarqué que, si tout le monde (ou presque) s’accorde sur l’effet néfaste de ces « gens », et sur le fait qu’il faut les empécher de nuire, personne n’est capable de citer des noms de personnes à punir ?…

    Parce qu’on parle de Madoff ou de Kerviel, mais ceux là ont violé la loi. Ils sont arrêtés, c’est normal.

    Le problème provient des spéculateurs qui agissent dans le parfait respect de la législation. Et là… étrangement… personne… « Les spéculateurs », ça on l’entend tout le temps !… Moi j’aimerais avoir des noms !!! et non pas des « ces gens là » comme dans le commentaire ci-dessus.

    Aliocha : vous voulez des noms et pourquoi pas la taille de leurs chaussettes tant qu’on y est ? Nous venons de connaître une crise financière monumentale, provoquée par des gens qui ont en effet joué légalement dans une zone grise non surveillée qu’ils s’étaient bien assurés auparavant de maintenir en dehors du champ de vision du régulateur à coup de pression, de lobbying et de grands discours sur le marché pur et parfait. Et ces gens en toute bonne conscience nous ont coûté 20 000 milliards de dollars. Et ils continuent. Vous voulez des noms ? Alors allez chercher vous même le staff de toutes les grandes banques américaines. Vous aurez la tête. Il vous manquera plus que les bras. Plus quelques francs-tireurs ici et là. Vous voulez les noms des auteurs de la prochaine crise ? Alors cherchez parmi tous les projets de régulation ceux qui inspirent le plus de critiques virulentes, attendez que les projets soient retirés et vous aurez le lieu du prochain sinistre et le nom de ses principaux responsables.

    Commentaire par Arnaud — 07/01/2011 @ 17:45

  41. Yves D,

    Syyyyyy!Je vyens de le retrouver et depuys on se quytte plus.

    (désolé pour la fôte)

    Commentaire par tschok — 07/01/2011 @ 18:25

  42. Aliocha,

    Oui! Arnaud a raison! On veut des noms! Plein de noms!

    Et nous sortez pas le bottin des téléphones, hein? On veut des vrais noms de vrais coupables!

    Commentaire par tschok — 07/01/2011 @ 18:29

  43. Soit des noms, soit la description d’un système.

    En va-t-il de même pour les traders et les journalistes? Ou le sage recul de l’analyse systémique ne vaut que pour ceux qui en valent la peine (attention: question piège)?

    Aliocha : vous savez Fantômette, avec moi, il faut être claire et directe. Quand j’aurai compris votre question, j’y répondrai.

    Commentaire par Fantômette — 07/01/2011 @ 18:51

  44. Aheuh…

    Commentaire par tschok — 07/01/2011 @ 18:54

  45. En fait, la question piège s’adressait plutôt à Aliocha.

    Commentaire par Fantômette — 07/01/2011 @ 18:59

  46. Fallait pas le dire, maintenant elle a éventé le piège!

    Commentaire par tschok — 07/01/2011 @ 19:12

  47. Aliocha,

    C’est stupide votre réponse au commentaire 1 où vous donnez votre avis sur l’efficacité des « 35 heures » car cette mesure est présentée tantôt comme un miroir aux alouettes, tantôt comme un épouvantail, et au final, après les cris d’orfraie des uns et des autres, les dindons sont toujours les mêmes.

    Ce matin d’ailleurs, sur France Inter, un chroniqueur expliquait que ça n’avait pas de sens de parler de durée de travail sans parler de productivité (certains pays travaillent peu et produisent beaucoup, et inversement pour d’autres).

    Il est vrai aussi que si vous déduisez à votre temps de travail hebdo, les bonjours et les bises du matin au bureau, le café de 10h, les pauses pipi, les hoquets, éternuements et autres bâillements de la semaine (et je ne parle même pas des centaines de milliers d’heures que de nombreux salariés volent à leurs patrons pour venir blogguer chez vous !), au final ce n’est pas les 4 heures en plus ou en moins qui vont changer quelque chose à la crise du pays (et en parlant de crise j’ai aussi oublié la chute de productivité due aux crises de foi d’après les fêtes).

    Le « 35 heures », en fin de compte, ce n’est qu’un outil dont l’utilité et l’efficacité dépendront de l’usage qu’on en fait.

    Un peu comme la longueur du manche d’une pioche qui peut servir à mieux creuser ou mieux taper sur son voisin, c’est selon, mais on peut débattre longtemps sur la longueur idéale du manche. (En parlant d’efficacité de la longueur du manche, j’avais une autre métaphore, mais il y avait un risque de glissement du débat…)

    Tiens, les « 35 heures » c’est comme la Bourse : ça peut servir pour développer l’économie d’un pays, se remplir les poches sans fatigue, et même, paraît-il, pour déstabiliser une monnaie communautaire ou l’économie d’un pays, c’est pour dire !…

    Aliocha : Fort bien, alors je développe. Je parle des 35 heures in concreto, observées sur le terrain. Et plus précisément de l’esprit de la mesure et de ses conséquences psychologiques. Je suis absolument opposée, philosophiquement, à tout ce qui tend à assimiler travail et souffrance pour en tirer la conclusion simpliste que moins on bosse, plus on est heureux. Le vrai progrès social, à mon sens, consiste à tendre vers une relation équilibrée et juste entre employeur et salariés. Et sur ce terrain, il y a encore beaucoup à faire, non pas pour qu’on bosse moins mais pour qu’on soit heureux de bosser, c’est-à-dire estimés, respectés, correctement rémunérés. Réduire le temps de travail, refuser de retarder le départ à la retraite, c’est tenir pour acquis que le travail est une souffrance inutile à éradiquer. Demandez à un chômeur si le travail est une souffrance inutile. L’irruption des 35 heures, en tout cas chez les cadres, n’a été pour ce que j’en ai observé qu’une gigantesque désorganisation, un paquet absurde de RTT à récupérer ou à se faire payer, et plus insidieusement a suscité une forme de dérésponsabilisation larvée. Je trouve que les gens se sont désapropriés leur poste, sur le mode : j’serais pas là lundi, j’ai le droit, j’suis en RTT, advienne que pourra.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 08/01/2011 @ 14:13

  48. Aliocha,

    C’est marrant ce que vous dites parce que, d’abord, le forfait cadre ça existe (ça atténue les effets de la réduction du temps de travail pour les cadres) mais surtout – et ce n’est pas tellement aux cadres que je pensais – les 35 heures ont été perçues par de nombreux salariés comme un accélérateur de ce qu’on appelle aujourd’hui l’intensité du travail.

    Si on écoute ce qui se raconte, on aurait le tableau suivant:

    – Une intensification du travail pour les salariés non cadres (avec éventuellement des suicides, des dépressions, des mals de dos à la clé)
    – Une démobilisation des cadres (vive la société des loisirs!)

    La loi sur les 35 heures aurait donc bénéficié surtout au classes supérieures, au détriment des employés ou des salariés les moins qualifiés. Parallèlement les créations d’emplois attendues n’auraient pas été à la des espérances, le tout moyennant un coût annuel compris entre 10 et 15 milliards d’euros.

    Ce qui fait dire à certains que cette loi (ces lois en fait) a été une connerie monumentale.

    Mais d’un autre côté on peut aussi se dire qu’elle n’a fait qu’accompagner une tendance économique profonde qui était déjà à l’œuvre. Reste à savoir si elle a amorti le coup ou si elle a été un accélérateur. Sous cet angle, l’analyse est beaucoup plus nuancée.

    Mais le problème fondamental des lois sur les 35 heures, ce n’est pas vraiment ça: créer un environnement juridique qui a poussé à la productivité du travail, sachant que de puissants mécanismes étaient à l’œuvre en ce qui concerne l’augmentation de la productivité du capital, en espérant que tout allait concourir à augmenter la productivité globale et que celle-ci allait générer plus d’emplois, était un pari extrêmement risqué qui supposait, pour être gagnable, autre chose qu’une croissance molle.

    Or, avvant 2000, la croissance mollissait, mais restait ferme et autorisait des paris risqués (notamment en matière de déficit public). Après 2000, on est passé en croissance molle. Et là, le pari n’était plus gagnable. Mais on a fait la connerie de croire qu’il pouvait encore l’être.

    C’est aux alentours de 2000-2002 qu’on a fait une connerie: soit il fallait arrêter le truc, soit il fallait ajouter un volet stratégique sur l’activité économique (rebâtir un Etat investisseur, favoriser les grosses PME exportatrices, modifier notre stratégie des champions nationaux) et, en particulier, favoriser l’emploi industriel (qui est une question clé). En pratique on a fait ni l’un ni l’autre, mais un peu des deux, très mal.

    La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la connerie est derrière nous, si l’essentiel de l’impact négatif de ces lois est du passé, ou bien si on a encore du négatif devant nous qu’on va devoir se manger, alors qu’on est en phase de croissance super molle et qu’on va y rester pendant encore un certain temps.

    C’est ça la question.

    Le reste, la valeur travail, le machin truc bidule, c’est dans l’air du temps ou la tendance historique. Loi ou pas loi, ça change pas grand chose.

    Aliocha : Mais précisément Tschok les idées font les lois et les lois façonnent le monde en guidant les comportements et, plus insidieusement, en inspirant aussi les contournements. Réduire le temps de travail en accroissant la productivité, c’est prendre le risque d’engendrer du stress, donc de confirmer l’équation travail = souffrance, ce qui amène naturellement l’idée qu’il faut réduire encore. C’est un cercle vicieux. C’est pourquoi je discute l’idée à la base, pas l’analyse économique, l’idée fondatrice de travail souffrance. Mais on serait quoi si on ne travaillait pas ? Qui voudrait se trouver en dehors du grand orchestre du monde, pour citer très approximativement Khalil Gibran ? L’air du temps n’est pas une fatalité que je sache. Une idée peut aisément en remplacer une autre, s’il s’avère qu’elle est meilleure, non ? C’est une mode de se plaindre de travailler. L’idée fausse la plus communément admise dans ce pays. Seulement interrogez des psy, ils vous répondront qu’il n’y a aucun problème à travailler, ça n’est absolument pas nuisible à la santé. Ce qui l’est, c’est de perdre la maitrise de son temps, c’est l’absence de reconnaissance financière et morale, c’est le harcèlement. Et tout ça, on le subit parce qu’on pense que c’est consubstantiellement lié au travail. Faux. C’est lié à une certaine conception du travail. D’un côté on a le stupide travailler plus pour gagner plus, de l’autre le travailler moins pour vivre mieux. Et si on travaillait mieux pour vivre mieux ?

    Commentaire par tschok — 08/01/2011 @ 15:34

  49. Rôlala le vilain argument : « Demandez à un chômeur si le travail est une souffrance inutile »… C’est comme si vous demandiez à un manchot si il a envie d’avoir des mains pour se donner des coups de marteau sur les doigts !

    Ceci dit, au fond, nous sommes d’accord : le travail doit être d’abord une source d’épanouissement, mais bon, comme dirait Jacques Séguéla : y a qu’à prendre exemple sur les petits chinois qui gagnent 10% du smic et qui sont heureux de travailler 150 heures par semaine (et leurs patrons sont surement encore plus heureux qu’eux !).

    Le problème n’est pas philosophique mais humain : aujourd’hui (comme hier), dès lors qu’une personne, pour une raison plus ou moins légitime, a un lien de hiérarchie sur une autre, il en use et en abuse. Le problème c’est que les « lois du marché » (et les autres lois aussi) cautionnent cette dérive.

    De fait, les conditions de travail sont loin d’être épanouissantes, et pire, plus elles dures et stressantes, moins elles sont rémunératrices, pour la plus grande majorité des travailleurs.

    Faut donc pas blâmer ceux, cadres et non cadres, qui se disent que finalement ils sont mieux à profiter de la vie et plus enclins à s’épanouir en dehors et loin de l’entreprise, même si, je vous l’accorde, il y a surement plus de suicides chez les chômeurs que chez les employés d’Orange.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 08/01/2011 @ 16:13

  50. Sur les soucis de motivation, il ne faut pas espérer nous faire croire que « c’est les 35 heures » qui ont « démotivé » les cadres « parce qu’ils sont pas là lundi ». C’est prendre les gens, un peu pour des abrutis. La démotivation des cadres vient de bien plus loin : lorsqu’ils sont devenus des exécutants à la solde de la gestion financière des entreprises, lorsqu’on a commencé à écouter plus le daf que le drh.

    Je ne saurais dater avec exactitude sans faire des recherches minimales, mais je serais tenté de dire que c’est concomitant avec la grande vague des « jocelyne, ancienne cadre chez cac40 ouvre un commerce en Charente, elle y retrouve qualité de vie et vie familiale » qui a fleuri vers les années 1995-2000 (de mémoire). La démotivation des cadres est depuis cette période là un soucis prégnant. Mon coté revendicatif et toujours râleur aime penser que le statut de cadre est depuis ces années là un moyen pour faire travailler les gens « au forfait » : on charge la mule et la mule absorbe les tache supplémentaires les soirs et WE sans supplément. Lorsque le travail est devenu avant tout un moyen de faire gagner de l’argent à l’entreprise avec une croissance décidée de X% tout les ans, il est re-devenu en même temps, et mécaniquement, l’instrument de torture qu’était le tripalium son étymologie.

    Il ne faut pas croire, lorsque les gens ont un travail qui est plaisant et épanouissant, ils ne comptent pas les heures et restent en dehors des heures payées, c’est lorsqu’ils sont considérés comme des esclaves interchangeables qu’ils ne font pas une minute de plus. Il est facile alors d’augmenter les heures travaillées : arrêter de prendre les gens pour des cons. Mais c’est vrai qu’il est plus facile de se faire voter une loi ou un peu _obliger_les gens à venir agir comme des esclaves au bon vouloir de la direction.

    Commentaire par herve_02 — 08/01/2011 @ 22:20

  51. Ce débat un peu tendu me dérange. Comme je l’ai déjà dit, dans le fond nous sommes tous à peu près entièrement d’accord sur le fait qu’aujourd’hui le travail n’est ni une source d’épanouissement, ni une source d’enrichissement pour la grande majorité des travailleurs ; il y a une déconnexion entre travail et qualité de vie.

    Dans les années 80-90, c’était la grande époque des Bernard Tapis et autres prophètes du « gagner plus, plus vite, en moins d’efforts », et je me souviens que dans le cadre des études commerciales que je suivais, les profs nous donnaient ces personnages comme des modèles à suivre… Les médias aussi relayaient et valorisaient bien cette vision des choses.

    Cette logique a connu son paroxysme avec l’apparition des startups et autres outils efficaces (uniquement pour ceux qui les utilisent) de spéculation purement mathématiques au sein de la finance et du monde du travail (stock-option, retraite chapeau, parachute doré, etc).

    Tout ça, tout ça (toussa toussa comme dirait Tschock) ce ne sont finalement que les symptômes visibles et superficiels d’un mal profond.

    Je pense que les débats politiques auxquels on assiste sur l’âge de la retraite, la durée du travail, la mode aux contrats précaires (vous vous souvenez des CPE et autres CNE ?), etc, ne sont finalement que des cataplasmes politico-économiques inconsistants qui alimentent un débat politico-économique stérile.

    Comme j’aime bien les métaphores, je dirais que ces mesures sont des pilules à la poudre de perlimpinpin qu’un boulimique va suçotter après s’être gavé pour se rassurer et continuer à se gaver encore un peu : « Tiens, hier j’en ai pris 62 au lieu 60, aujourd’hui je vais en prendre 39 au lieu de 35 et ça ira sûrement encore mieux… ».

    Commentaire par Oeil-du-sage — 09/01/2011 @ 10:00

  52. @ Aliocha (et aux autres) :

    Comme dit Oeil-du-sage, quel vilain argument que voilà « demandez à un chômeur si le travail est une souffrance inutile ». Tout le monde sait que le travail est un souffrance utile 😉
    Ceci dit, je suis bien d’accord avec vous pour dire que, dans l’ensemble, c’est la relation au travail et à l’employeur qui est à améliorer, mais là où je diverge gravement c’est quand vous semblez croire que cette relation au travail n’a pas à voir avec le temps et le rythme de travail. Demandez au salarié moyen (non cadre) s’il est prêt à revenir sur les 35 heures (dans l’absolu, sans le connecter au chantage financier et au risque de perte d’emploi comme l’on fait certaines entreprises il y a peu – pour finir par farcir les dindons ayant accepté d’augmenter leur temps de travail sans augmentation de salaire), et à mon avis bien peu le sont. La philosophie des 35 heures n’est pas seulement travail=souffrance, donc moins on travail plus on est heureux, c’est aussi il y a autre chose que le travail pour s’épanouir dans la vie. Celui-ci en fait partie, mais il n’est pas tout. Personnellement revenir sur les 35 heures sans engager aucune réflexion sur les rythmes de travail, c’est là que je trouverais qu’est la monumentale connerie. Nos cousins américains, que je ne citerais certainement pas en exemple souvent concernant les conditions de travail, ont un rythme (pour ceux qui peuvent se le permettre et n’ont pas deux emplis pour survivre) que je ne trouve pas si idiot que ça : certes ils n’ont pas autant de congés que nous, et souvent on s’en arrête là, mais ce qu’il faut voir c’est que leur journée de bureau s’arrête bien plus tôt (à 17h il n’y a bien souvent plus personne dans les bureaux) et permet une vrai vie de famille après la journée de travail (aaah, la famille, valeur essentielles aux US).
    Et pour ce qui est du travail en tant que tel, le véritable scandale est qu’on ne demande plus aux gens de s’investir sur leur poste (et comme herve_02 je ne crois pas que ce soit la faute aux 35 heures, qui ont bon dos) mais de ne devenir que des exécutants à qui l’on refuse le droit de réfléchir à leur mission (voir à ce sujet le documentaire qui à l’air très prometteur – mais que je n’ai pas encore vu – « Les cheminots », sur une équipe ayant suivi pendant 1 an les salariés de la SNCF, du guichetier au technicien de maintenance). Et je comprends tout à fait que, dans ces conditions, on ne veuille pas reculer un départ à la retraite, retraite dont on n’est pas sûr de profiter avant que l’âge mûr ne se transforme en âge pourri.

    Commentaire par Gwynplaine — 09/01/2011 @ 12:23

  53. Bonjour Aliocha,

    Ce passage dans votre réponse à tschok m’a fait franchement sourire: « (…)Seulement interrogez des psy, ils vous répondront qu’il n’y a aucun problème à travailler, ça n’est absolument pas nuisible à la santé.(…) »

    Et quand vous voulez savoir s’il fait beau dehors, vous préférez interroger météofrance plutôt que de regarder par la fenêtre?

    Aliocha : Personnellement, je ne pourrais pas vivre sans travailler et je suis même une fondue de boulot, mais je veux bien croire que je sois dérangée du ciboulot 😉 Donc, je ne peux pas me prendre comme exemple. En fait, je songeais à une vieille enquête que j’avais faite sur le stress au travail. Les psy m’avaient dit alors que ce n’était pas une question de volume de travail et de temps passé, que le travail en soi n’était pas mauvais, et même qu’on pouvait travailler énormément sans aucun problème. Le stress survient quand on perd la maitrise de son temps de travail et quand on n’a plus la reconnaissance. Et bien entendu quand la vie personnelle disparait au profit du travail. Mon sujet était spécifique puisque je devais parler de stress à des professions libérales et que je ne pouvais pas décemment leur dire qu’il fallait travailler moins pour aller mieux, mes lecteurs n’auraient pas dépassé la deuxième ligne de l’article. C’est pour ça que je m’étais mise d’entrée de jeu dans la perspective d’un gros bosseur à qui vous ne pouvez pas dire « travaillez moins sinon vous allez vous ruiner la santé », mais qui peut vous entendre si vous lui dites : « travaillez autant que vous voulez et même plus, du moment que vous gardez une vie personnelle (famille, amis, sorties, congés) que vous maitrisez la gestion de votre temps et que vous avez votre quota de reconnaissance ». Sinon, danger.

    Commentaire par Fantômette — 09/01/2011 @ 12:28

  54. Aliocha,

    Vous êtes une fondue du six-boulots (par jour)?

    Méfiez vous, vous risquez de finir au tribunal de police (si vous êtes salariée): http://vosdroits.service-public.fr/F1945.xhtml

    Alors excusez moi, mais la valeur travail, elle peut repasser (pas plus de 10 heures par jour).

    Vous noterez avec intérêt qu’en cas de dépassement de la durée maximale du travail dans le cadre d’un cumul d’emploi, le salarié risque lui-aussi une amende: c’est l’un des très rares cas où il est lui aussi pénalement sanctionné, alors que d’habitude seul l’employeur, cette immonde ordure esclavagiste, s’en prend plein la gueule.

    Commentaire par tschok — 10/01/2011 @ 09:33

  55. Sinon, puisque personne n’est sérieux ici, je m’y colle: il n’y a pas que Bolino, il y a aussi les hamburgers!

    Dans cette intéressante étude sur le coût réel des avions de combat on apprend que finalement le rafale n’est pas cher.

    Mais son intérêt n’est pas là. En page 5 ses auteurs se posent une question très simple, à propos de ces petites merveilles de technologie: worth their weight in hamburgers?

    Il s’agit en fait de comparer les coûts en terme de parité de pouvoir d’achat et l’unité de référence choisie est le hamburger, le Big Mac pour être précis.

    http://www.theatrum-belli.com/files/FighterCostFinalJuly06.pdf

    Puisqu’on parle d’efficacité économique, le petit tableau comparatif des coûts en PPA nous apprend que le contribuable français assume pour chaque Rafale un coût de 55,7 ou de 60,9 millions de dollars selon les version C ou M de l’avion, à comparer avec le coût du Gripen pour le contribuable suédois, estimé à… 84 millions de dollars.

    Or, pour ceux qui connaissent, un Gripen c’est pas du tout un Rafale (c’est bien, mais c’est beaucoup moins bien). Payer plus pour avoir moins bien, c’est con. Mais pour une fois, c’est pas français.

    Il faut noter que les coûts comparatifs pour des avions comparables sont les suivants:

    – F 18 E (version améliorée du chasseur bombardier standard de l’US Navy): 78,4 millions de dollars par unité

    – F 15 E (version améliorée du chasseur bombardier standard de l’US Air Force): 108,2 M$

    – Typhoon (chasseur standard européen de même classe que le Rafale): 112,5 M$

    Sur un produit de haute technologie, on voit que l’économie française arrive en réalité à un excellent niveau de productivité globale, ce que traduit sa premier place au classement PPA. Pour autant, l’échec de ce produit sur les marchés export montre qu’il n’est pas compétitif.

    C’est là qu’on voit la différence entre la productivité et la compétitivité (ce qui est neutre pour le contribuable français en ce qui concerne le Rafale).

    Ce que cette étude ne montre pas, c’est le prix proposé pour chacun de ces produits par leurs fabricants respectifs sur les marchés export, en terme de PPA.

    Par exemple, Dassault essaye actuellement de refourguer son Rafale au Brésil: cette étude ne montre pas quel est le prix proposé au client et quel est le prix d’un Big Mac au Brésil. On ne peut donc pas faire un comparatif.

    Le deuxième défaut de cette étude, c’est qu’elle est ancienne.

    Commentaire par tschok — 10/01/2011 @ 10:23

  56. Vous n’y êtes pas. Ce qui m’a fait sourire, c’est le fait de me dire que, lorsque vous vous demandez si le travail est nuisible à la santé(le travail tout court, le travail « sans verbe », comme disait Marx, de mémoire, qui a à peu près inventé la notion, vous voyez qu’il s’agit d’un concept moderne), vous allez directement poser la question à un psy. Mais je me souviens que vous avez déjà plusieurs fois parlé de cette enquête sur la souffrance au travail; je me doutais qu’il s’agissait de ça.

    Ça donne un petit côté « Voutch », en fait, à votre affirmation.

    « Les spécialistes qui se sont penchés sur la question s’accordent le plus souvent à trouver que le travail n’est pas nuisible à la santé. Beaucoup soulignent néanmoins qu’il peut être fatigant de travailler, notamment si l’on travaille beaucoup, à des tâches pénibles, si elles entrainent, par exemple, des levers précoces, ou des couchers tardifs, ou si elles sont caractérisées par la manipulation d’objets lourds, ou la répétition de gestes fastidieux. Un certain nombre des experts que nous sommes allés interroger n’hésitent pas à préconiser que soit ménagé pour les travailleurs un temps de sommeil raisonnable, de l’ordre de six à huit heures, de préférence, la nuit, et recommandent également la distribution régulière de calories alimentaires sous forme de repas à prendre régulièrement, deux à trois fois par jour. Ils restent malgré tout unanime à reconnaître qu’un travail modéré, exercé dans des conditions de confort convenables, dès lors que le salarié peut à la fois se reposer la nuit, se sustenter à intervalle régulier le jour, et se ménager une vie sociale telle, par exemple, une vie familiale, permet de mener une vie normale, compabible, le cas échéant, avec un certain état de confort moral – que l’un d’entre eux n’a pas hésité à qualifier de bonheur, ou bonheur « relatif » a-t-il précisé ».

    Comme dans ce dessin où on voit un médecin assis à son bureau, face au cercueil d’une vieille dame, main jointe sur sa poitrine où repose un bouquet de fleurs, et le médecin de déclarer doctement: « et malheureusement, Mme Trouadec, ces analyses confirment ma première intuition: vous êtes morte. »

    Le dessin est sur ce site : http://www.voutch.com/ en page 5.

    Commentaire par Fantômette — 10/01/2011 @ 12:34

  57. J’ai oublié de préciser que mon com’ précédent s’adresse à Aliocha suite à sa réponse à mon précédent com.

    C’est parce que je n’ai toujours pas déjeuné, que j’ai cinq cafés dans l’estomac avalés depuis 7 heures ce matin, et que je commence à avoir des palpitations.

    Vite vite, un sandwich mal décongelé (« une intéressante source de protéines » – un mars à qui devine la private joke inside), avant d’aller plaider un dossier à la con!

    (miam miam!)

    Commentaire par Fantômette — 10/01/2011 @ 12:53

  58. Le travail bon ou mauvais pour la santé et l’équilibre physique et psychique ? « interrogez des psy, ils vous répondront qu’il n’y a aucun problème à travailler, ça n’est absolument pas nuisible à la santé. »

    Il n’est pas nuisible d’avoir une activité, tout au contraire, ma chère Aliocha, je vous accorde facilement qu’avoir une activité est non seulement excellent mais nécessaire pour vivre en déployant ses capacités et ses efforts, bien sûr.
    Il est bon d’avoir une activité de manière générale, de bouger et de sortir de soi et de chez soi, et d’avoir une activité productrice de quelque chose d’utile à la collectivité qui, de ce fait a un sens. C’est même gratifiant de se sentir utile et de produire qq chose, a fortiori si cette production est réussie, belle et bonne, elle donnera a elle seule une satisfaction irremplaçable car l’impression d’un accomplissement de soi.

    Oui mais si le sommet de l’activité est l’activité créatrice d’oeuvres où l’on se réalise en témoignant aussi pour les autres de ses capacités et talents et en ce sens le travail de cette sorte, est l’occasion par excellence de création et accomplissement / dépassement de soi, activité proprement humaine etc.

    Si tout cela est vrai, il est impossible de faire abstraction des conditions de travail où le travail est pure peine ingrate et pénible, répétition de tâches sans intérêt et dénuées de sens, où n’existe aucune possibilité de création et de liberté -travail à la chaîne en usine, aux caisses de super-marchés et autres enregistrements automatiques sur ordinateur- s’il est travail de pure exécution dans des conditions pénibles, voire humiliantes, stressantes et dans des conditions génératrices d’angoisse -risque de mise au chômage sans possibilité de retrouver un autre travail- trop fatigant jusqu’à l’épuisement, mal payé etc. il n’y a aucun plaisir, aucune fièreté, aucun accomplissement, aucune raison de le rechercher pour lui-même mais par seule contrainte et nécessité pour survivre . Alors le travail est pure souffrance.

    Alors il perd tout son attrait et ses qualités d’activité propresment humaine, réduisant l’homme à devenir l’auxiliaire de la machine

    Le travail ? Ce sont les conditions de travail qui permettent de dire s’il est bon ou mauvais pour la santé, s’il est digne de l’homme et accomplissement de soi ou s’il tend vers l’esclavage.

    Parmi les conditions de travail il y a aussi la quantité de temps libre laissée à chacun pour se livrer à des activités libres, non travaillées dans un cadre contraignant, créatrices du genre faire son jardin, s’occuper de ses enfants, lire, aller au cinéma .

    Or les conditions d’un travail libre et créateur sont loin d’être réunies pour pas mal de gens, sous l’effet d’une technicisation des tâches toujours plus grande dans pas mal de métiers. Et le dit temps libre est lui-même loin d’être toujours libre, sous l’effet des conditions de la vie moderne, temps de transport long, -sans compter la neige- occupation de ce temps avec sorties super-marché plus que lecture, cinéma et théâtre, loisirs de masse, occupation du temps dit libre pris dans la consommation et des cadres de masse plutôt que la culture, pour les professions d’exécution … qui n’ont pas les mêmes loisirs que les professions supérieures.

    Donc les conditions de travail sont déterminantes.
    Or les 35h ont représenté du temps libre gagné pour soi -ce qui est apprécié dans le cas d’un travail-souffrance qui existe bien comme tel pour beaucoup de gens- ET une augmentation de la productivité qui est en France la plus élevée du monde
    (je voudrais souligner, mettre en gras, mais pas possible)

    De plus l’entreprise a inventé récemment la notion d’investissement personnel rendu obligatoire par un intérêt devant être porté à sa tâche et une participation la plus grande possible à son objet et au travail en équipe : le travail doit être vécu comme positif et intéressant, au moment où précisément s’accélérait le travail parcellaire et/ou l’encadrement contraignant pour des nouvelles tâches mécanisées-technicisées et le risque de ne pas accomplir la rentabilité souhaitée, de ne pas réussir à se fondre dans l’équipe, de perdre son travail etc., rendant la situtation du travailleur quasi schizophrène et le travail de plus en plus souffrance.

    Cette contradiction entre un travail supposé requérir un investissement personnel maximal et un intérêt porté à sa tâche toujours plus grand -supposé source d’épanouissement- et la réalité exactement contraire, crée une crise, une impasse qui est la réalité pour nombre de secteurs, en entreprise.

    L’organisation du travail est aujourd’hui en pleine contradiction, où il est demandé un investissement personnel maximal et où les conditions techniques, de gestion, et de précarité, rendent précisément impossible cet investissement, pour les tâches d’exécution subalternes et aussi pour les cadres, supposés être les plus investis, mais en même complètement encadrés par des exigences et obligations de rentabilité et de réussite, énormes.

    D’où un dégoût pour le travail accru dans pas mal de secteurs.
    Ce dont témoignent les sociologues du travail qui font un bon boulot.

    La vie moderne et son absurdité : http://www.youtube.com/watch?v=pZlJ0vtUu4w

    Aliocha : et donc il vaut mieux souffrir 35 heures que 39 ? Mazette, quel progrès en effet. Pour le reste, nous disons la même chose me semble-t-il. Le problème n’est pas le travail mais la conception du travail.

    Commentaire par alithia — 10/01/2011 @ 13:34

  59. J’ai oublié de vous dire que je ne suis pas poilue ni ne mesure 1m95 pour plus d’un quintal.

    Commentaire par alithia — 10/01/2011 @ 13:41

  60. @ Alithia :

    Je souscris totalement à votre com’ 59. Merci d’avoir dit tout ce que je n’aurais si bien su exprimer.

    « (je voudrais souligner, mettre en gras, mais pas possible) ». Pour ça, vous pouvez télécharger cette toolbar si vous êtes sous mozilla (merci à Fantômette pour me l’avoir fait découvrir), ou sinon enfiler les caleçons de Ferdydurke.

    Commentaire par Gwynplaine — 10/01/2011 @ 20:41

  61. […] que parfois, à la faveur d’un billet qui fait débat, l’actualité vous rappelle à vos intentions originelles. Cependant je change d’angle, […]

    Ping par Working : une adaptation graphique « La Plume d'Aliocha — 18/01/2011 @ 09:50

  62. @ Vilcoyote (10)

    J’suis pas totalement d’accord.

    (et, ‘tain, cela fait ch*er parce que j’ai pas le temps de tout faire !)

    @ Gwynplaine

    Non mais hé ho, quoi, voulez-vous bien me laisser l’exclusivité de l’usage de mes caleçons, vous !

    (pour la peine, je formule en ce début d’année le voeu que Fruit de la Passion devienne une fan de hard-rock-trash-dark-metal et vous réclame à grand cris stridents dès l’âge de trois ans que vous l’emmeniez chaque année au Hellfest)

    Commentaire par Ferdydurke — 18/01/2011 @ 11:00

  63. […] des 35 heures. Si ! On a polémiqué là-dessus jusqu’à l’épuisement. Pour preuve, c’est ici. Mais entre temps, nous avons traversé Fukushima, le printemps arabe, la mort de Bel Laden, le […]

    Ping par C’est l’histoire d’un “sale mec”… « La Plume d'Aliocha — 04/01/2012 @ 13:27


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