La Plume d'Aliocha

07/12/2010

Et si les médias n’étaient pas aussi puissants qu’on le pense ?

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:15

A la question « pensez-vous que les médias aient beaucoup de pouvoir ? », la réponse spontanée du public est souvent : oui. Mais quand on interroge les journalistes, ils en sont moins persuadés. Daniel Schneidermann, dans l’une de ses chronique matinales, avait eu un jour ce mot si juste pour désigner l’opinion publique : ce « Mammouth à cul de plomb ».

Comment donc s’y retrouver entre un public convaincu que les médias dirigent le monde et des médias qui de leur côté s’estiment souvent impuissants à faire passer des messages qu’ils jugent importants ? Daniel Cornu n’est pas homme à s’en tenir aux simples légendes urbaines et autres croyances fondées sur un usage inconsidéré du pifomètre. Ce spécialiste de la presse, médiateur du groupe Edipresse, dont j’avais déjà évoqué le formidable ouvrage « Journalisme et vérité » (Labor & Fides) vient de publier un nouveau livre intitulé « les médias ont-ils trop de pouvoir ? ».

Comme à son habitude, l’auteur se tourne vers les philosophes et les sociologues, en commençant par les grands esprits du 19ème siècle, qui sont d’autant plus éclairants pour la réflexion d’aujourd’hui qu’ils ont assisté à la naissance de la démocratie et de son inséparable compagne, la presse. Ainsi, pour Tocqueville, le rôle de la presse est double : surveiller les pouvoirs et rendre possible une action concertée des citoyens. Puis surgit Gustave Le Bon qui explore la notion de foule, et développera, ce faisant, une prémonition fulgurante des totalitarismes du siècle suivant. Mais Tarde déjà affine les travaux de Le Bon en proposant une exploration de ce qu’est un public. Des analyses d’autant plus précieuses que si l’on prétend que les médias ont du pouvoir, encore faut-il savoir sur quel objet il s’exerce.

En 1920, on assiste à la naissance du concept de Mass media aux Etats-Unis. En Europe, c’est le début d’une période sombre marquée par la propagande. Lors du premier congrès des journalistes soviétiques en 1918, la presse est invitée à faire triompher la dictature du prolétariat, c’est son unique mission. Plus tard, l’école dite de Francfort s’emploiera à théoriser l’influence des médias à travers le paradigme des « effets puissants ». Une analyse contredite par des chercheurs de Princeton puis de Columbia qui mettront en exergue la manière dont les messages sont filtrés et retraités par les groupes constituant la société.

Allons, je ne vais pas tout vous raconter. La réflexion de Daniel Cornu nous emmène jusqu’à nos jours en nous fournissant les clefs d’une analyse dont la conclusion s’avère beaucoup plus nuancée que prévu. Et si au fond la puissance des médias tenait surtout à la conviction qu’on en a ?

Daniel Cornu anime deux blogs, l’un en tant que médiateur (en lien plus haut), l’autre plus personnel intitulé Marges. Je signale la publication sur ce dernier de trois billets très intéressants sur l’anonymat, (ici (1ère partie), (2ème partie) et encore (3ème partie)), dans lesquels il explique la problématique à laquelle sont confrontés les organes de presse sur ce sujet.

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21 commentaires »

  1. Les Médias

    Vous vous souvenez de cette récente discussion sur Qui invite qui?

    Marine Le Pen sur Radio classique trouve scandaleux de ne pas pouvoir s’asseoir sur le canapé rouge http://www.20minutes.fr/ledirect/634969/politique-marine-pen-juge-scandaleux-etre-invitee-vivement-dimanche

    Interview par Guillaume Durand ce mardi 7/12 à 8h30 http://www.radioclassique.fr/index.php?id=22

    Commentaire par gabbrielle — 07/12/2010 @ 11:21

  2. Hum, Daniel Cornu a en effet l’air intéressant et respectable, mais, Aliocha, j’espère que vous réalisez, et ne prenez pas mal, l’impression réflexe d’autisme que certains d’entre nous ont à lire un billet d’une journaliste sur le livre d’un (ancien) journaliste sur le journalisme… d’autant plus quand le billet le présente comme « spécialiste de la presse » (incontestablement), et actuellement médiateur de presse, sans mention du fait qu’il ait été un journaliste, entre autres. Son pouvoir de définition de ce que doit être le journalisme, ie son pouvoir normatif, semble avoir été colossal tout au long de sa carrière, entre autorité dans le travail journalistique lui-même comme rédacteur-en-chef, autorité sur la formation et la cooptation des candidats praticiens comme enseignant et directeur d’école, consultant de l’état suisse pour l’édiction du droit de la presse, vice-président de l’instance de régulation interne de la profession !!! La position d’énonciation n’est pas neutre, et là c’est un discours interne à un groupe social et culturel, remarquable, je n’en doute absolument pas, mais dont il est inimaginable que l’auteur, à moins d’être surhumain, puisse vraiment exercer une vision et une pensée dégagées des normes et valeurs internalisées par la profession – au contraire, l’autorité morale et intellectuelle même de cet homme impressionnant contribue à l’aspect normalisant de ses travaux !
    Et, autant qu’on puisse le comprendre, ça fait un peu de peine et de souci à certains d’entre nous, ces re-bouclages, du moins quand ils ne sont pas explicites. Rien de mal à avoir des autorités internes, morales et plus, produisant un discours de l’intérieur, bien au contraire, mais il devrait il me semble toujours être distingué et spécifié comme tel.

    Aliocha : il y a des liens, que voulez-vous de plus ? Que chaque billet fasse 200 000 signes et soit assorti de mises en garde, excuses, et autres fantaisies du même genre ? Je ne prends pas les gens pour des imbéciles, ne m’incitez pas à me demander si j’ai tort. Maintenant, si vous tombez un jour sur le livre que j’évoque ou sur Journalisme et Vérité, ouvrez, feuilletez, écoutez la voix de l’auteur et vous constaterez le niveau de sincérité de sa réflexion, son souci du contradictoire, de l’objectivité. Il y a des gens, je vous accorde qu’ils sont rares, mais il y en a qui ont cette capacité infiniment louable de se distancier eux-mêmes pour essayer de comprendre et de faire comprendre. C’est aussi le cas de Garapon d’ailleurs et c’est pour cela que ce sont pour moi tous les deux des auteurs fétiches.

    Commentaire par ratel — 07/12/2010 @ 12:25

  3. Il y a média et média…
    Oui, certains ont trop de pouvoir, et oui, d’autres en manquent.
    Les médias qui ont du pouvoir sont, principalement, ceux qui véhiculent la communication. Parce que c’est ce qui rapporte.
    Ces médias-là sont les grandes chaînes de télévision, le journal du 20h de TF1, etc.
    Peut-on les comparer à @si, à Médiapart, à libé ? Font-ils seulement le même métier ? J’en doute…

    Xavier

    Commentaire par Xavier — 07/12/2010 @ 12:33

  4. Apparement vous l’avez mal pris. Dommage et tant pis. Pour être clair, je ne disais pas que cette impression réflexe d’autisme était justifiée (je me sentirais presque coupable de l’avoir, parfois) : j’essayais d’expliquer, maladroitement sans doute, ce qui la suscite, pour peut-être, parfois, l’éviter. A vrai dire, rejeter d’un bloc cette tentative, en me traitant au passage d’imbecile, ne peut que me la donner à nouveau. Bah, peu importe.

    Aliocha : non, je ne vous traite pas d’imbécile, je dis que je tiens pour acquis que les gens ont un sens critique développé et que je n’ai pas besoin de tout surligner en jaune fluo. Et je ne voudrais pas qu’on me donne à penser que si, il faut surligner. Maintenant, vous avez raison sur le principe, sauf que vous l’appliquez à la mauvaise personne. D’où mon ton un peu sec. Daniel Cornu relève qu eles uns voient beaucoup de pouvoir et que les autres trouvent qu’ils en ont peu, et il pense que la vérité est sans doute entre les deux. C’est souvent le cas, me semble-t-il. J’ai un faible pour les conclusions modérées, les analyses sages, les efforts d’objectivité et de distanciation.

    Commentaire par ratel — 07/12/2010 @ 13:02

  5. […] This post was mentioned on Twitter by Jérôme Perrot, Stéphanie. Stéphanie said: Et si les médias n'étaient pas aussi puissants qu'on le pense ? http://tinyurl.com/398lorf #aliocha […]

    Ping par Tweets that mention Et si les médias n’étaient pas aussi puissants qu’on le pense ? « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 07/12/2010 @ 13:44

  6. Bonjour,

    A la question « pensez-vous que les médias aient beaucoup de pouvoir ? », la réponse spontanée du public est souvent : oui. Mais quand on interroge les journalistes, ils en sont moins persuadés.

    Difficile de répondre sans expliquer ce qu’on entend par pouvoir.

    Vu de l’extérieur, le plus grand pouvoir que pourrait avoir, selon moi, un journaliste c’est l’indépendance à la fois subjective (traiter un sujet le plus fidèlement possible, avec le moins d’a priori possibles et sans rechercher un résultat particulier autre que celui d’informer) et objective (institutionelle, dans le sens liberté de la presse et secret des sources notamment).
    De ce point de vue, le journaliste à très peu de pouvoir. L’indépendance objective est inexistante, entre des lois sur la protection des sources inefficaces, une protection de la liberté d’expression qui est plus assurée par Strasbourg que par le Palais Bourbon et les liens existants entre les patrons de groupe de presse et la politique.
    Il ne reste donc que l’indépendance subjective au journaliste c’est à dire son auto satisfaction à faire consciencieusement son travail et à s’auto astreindre à une déontologie dont le non respect n’est pas sanctionné. Difficile de parler de grand pouvoir.

    De même, si par pouvoir on entend véhiculer des idées au plus grand nombre et influer sur l’opinion public, le journaliste n’est guère mieux lotis. LE story telling en est une bonne illustration, « l’info » livrer au journaliste ressemble plus à une pub déguisé breveté du sceau « raconter par un journaliste » qu’à une véritable information brute et retranscrite au public. Si le journaliste ni prend pas garde, il peut à mon avis très vite de se retrouver dans la position d’un simple faire valoir.
    Enfin, je pense que dans l’impact de l’information sur un public donné, le facteur déterminant est l’attente du public. Exemple, si les gens ont peur, confortez dans leurs peurs et parlez des voitures qui brulent, un autre sujet ne les interesserait pas. Les gens ont un pouvoir d’achat en baisse, faites des reportages sur les usines qui ferment.
    ET si finallement le journaliste n’était pas devenu l’expert marketing de l’info, débusquer les nouvelles tendances de la population pour connaître les attentes et avoir le sentiment d’être un vecteur d’opinion alors que finallement il n’en est que le révélateur.

    Quand à chercher le pouvoir des médias, en France, je reste dubitatif. En tout cas merci de nous avoir conseiller ce livre.

    Aliocha : votre commentaire illustre bien le propos de Daniel Cornu, à savoir que le public est plus critique qu’on ne croit. Il y a sans doute un pouvoir d’influence, mais pas au point de nous transformer en troupeau de moutons. C’est toute la complexité du sujet. Et l’intérêt du livre…

    Commentaire par raven-hs — 07/12/2010 @ 14:23

  7. @ Aliocha : si vous avez le temps, pourriez vous faire en sorte que mon adresse e-mail n’apparaisse pas ? Merci.

    Aliocha : c’est fait !

    Commentaire par raven-hs — 07/12/2010 @ 14:25

  8. Juste une remarque à la volée sur le début de votre article: quand vous parlez d’un côté des média que l’on juge trop puissant, et d’un autre côté des journalistes que se jugent impuissants, je ne suis pas sûr que vous parliez des même personnes.

    Les média jugé trop puissant sont précisément ceux dont on a tendance à juger également qu’ils s’éloignent un peu trop du journalisme. En ligne de mire, en premier lieu, le journal de TF1 qui a une très facheuse tendance à sélectionner de façon spectaculaire et très orientée l’information transmise. Il suffit, un soir de regarder successivement le journal de M6 (bref mais concis et très riche en information) et celui de TF1 pour avoir la nette impression que les deux journaux ne parlent pas du même pays. Or, le fait est que le journal de TF1 est le plus regardé et que nombre des gens qui regardent ce journal ne se tiennent informé que par son biais, d’où une influence importante.

    Les journalistes qui se jugent impuissants, on les retrouve beaucoup dans la presse écrite (mais pas uniquement) et touchent un public beaucoup plus restreint, ce qui est des plus regrettables vus qu’ils ont souvent des informations fouillées et nuancées à transmettre.

    Aliocha : en effet, la notion de médias est ambigüe et Daniel Cornu se concentre sur le journalisme, ce qui n’est qu’une petite partie des médias. L’imprécision est de ma faute.

    Commentaire par shanar — 07/12/2010 @ 18:04

  9. Une idée me traverse l’esprit pour compléter mon propos précédent:
    «pensez-vous que les médias aient beaucoup de pouvoir ?»

    Je suggère de refaire le test en demandant cette fois «pensez-vous que les journalistes aient beaucoup de pouvoir ?»
    Si mon analyse est correcte, les réponses devraient être très différentes.

    Aliocha : et même opposée, vu l’animosité qu’on suscite. Bien vu.

    Commentaire par shanar — 07/12/2010 @ 18:10

  10. Avant d’envisager que les media aient du pouvoir, il faut déjà s’interroger sur l’éventuelle autorité dont ils disposent. Non?

    Aliocha : si vous parlez d’autorité au sens de pouvoir d’imposer quelque chose, il me semble me souvenir que Daniel Cornu souligne en effet dans Journalisme et Vérité que la presse n’est pas un pouvoir comme les autres puisqu’elle est privée de pouvoir contraignant. Ce qui remet en cause l’expression que personnellement je n’aime pas beaucoup de « 4ème pouvoir ». Si vous pensez à autorité morale, alors là, c’est encore plus compliqué, mais ça nous ramène à l’expérience dont nous avions parlé sur la capacité de la télévision à faire faire aux gens des choses répréhensibles.

    Commentaire par Ferdydurke — 07/12/2010 @ 19:19

  11. Je vais prendre une analogie.

    Quelqu’un me soutenait que les scientifiques avaient du pouvoir. Honnêtement, moi je n’ai pas sensation d’avoir beaucoup de pouvoir, le moindre agent comptable, voire la moindre secrétaire de labo en a plus. Ce que cette personne voulait dire, c’est que les scientifiques, comme mouvement d’ensemble et non pris individuellement, avaient du pouvoir car ils forment les opinions sur certains sujets.

    De la même façon, le journaliste, pris individuellement et sauf exceptions rare, n’exerce pas de pouvoir, mais l’ensemble du champ médiatique peut avoir le pouvoir de former les opinions : mettre en exergue certains sujets, passer sur d’autres, etc.

    Commentaire par DM — 07/12/2010 @ 21:40

  12. @ Aliocha

    Pouvoir imposer quelque chose ne relève pas de l’autorité mais du pouvoir : celui de la coercition ou de l’oppression selon la légitimité de celui qui l’exerce.

    L’autorité se situe en amont du pouvoir. Elle est la condition du pouvoir, cette capacité à mettre en oeuvre ce qu’on se propose de faire (pour reprendre une description de Sun Zi).

    C’est ce qu’illustre votre exemple de la reproduction télévisée de l’expérience de Milgram : C’est l’autorité du scientifique qui conditionne son pouvoir de faire commettre des actes répréhensibles.

    Comme l’autorité d’un chef militaire conditionne le pouvoir qu’il exerce sur les troupes dont il a la charge.

    C’est donc plus un questionnement pragmatique que moral (ou une approche pragmatique d’un questionnement moral si vous préférez).

    Qu’est-ce qui assure aux media une autorité susceptible de leur donner du pouvoir?

    En vrac et de manière non exhaustive, j’y mettrais : leur compétence professionnelle, leur niveau d’expertise, leur degré d’indépendance (politique, financière, et cetera) ou au contraire leurs accointances (politiques, financières, et cetera), leurs ressources (économiques, humaines et autres), leur positionnement éditorial, leur position concurrentielle, leur degré de probité, leur crédibilité, leur fiabilité, leur audience, l’opinion et la confiance de leur audience. Entre autres.

    En résumé, c’est leur niveau de ce que les anglo-saxons appellent le leadership qui définit leur potentiel, leur puissance, leur pouvoir.

    D’où ma réflexion sur l’autorité des media.

    Commentaire par Ferdydurke — 08/12/2010 @ 11:35

  13. @ Ferdydurke, com 12,

    Hier, je regardais, « Lettres d’Iwo Jima », de Clint Eastwood et je me demandais à quel point c’était une déconstruction d' »Alamo », de John Wayne, sur la règle des contraires, à propos de l’autorité du chef.

    Dans Alamo, John Wayne, qui se situe dans l’ombre de John Ford, incarne le rôle de Davy Crockett, qui est davantage un meneur d’hommes qu’un chef: on ne saurait trop dire s’il a de l’autorité ou du pouvoir, mais on devine qu’il a surtout de l’exemplarité.

    Toujours est il qu’il meurt vite et sous le regard du public. Un peu comme Charleton Heston, dans la peau de Gordon Pacha, transpercée très rapidement sous les remparts de Kartoum, par les lances des terribles fanatiques du Mahdi.

    Au contraire Ken Watanabe, magnifique acteur japonais, meurt lentement. Dans Iwo Jima, il meurt sous nos yeux, mais hors champ (la balle tirée par son Colt 45 modèle 1911 perce son cœur loin de la caméra, dans une sorte de seppuku plus hygiénique). Il est enterré en catimini. On ne voit que la pelle dans la main du soldat qui l’agite, plus tard.

    Mais de son vivant, il a été un homme d’autorité dont le pouvoir s’est dégradé lentement, tout au long du siège de l’île et au fur et à mesure du démantèlement des défenses, sous les assauts des marines américains. Au début du film, il est un chef, au milieu, on sent bien qu’il y a des problèmes (il limoge un amiral de la marine qui ne comprend pas sa stratégie), à la fin il meurt non pas au milieu de ses soldats, mais du dernier de ses soldats (le moins méritant, mais pas le plus veule, et celui qui a eu le plus de bol).

    Tout cela pour vous dire que ce qui fait la différence entre le pouvoir et l’autorité du chef, c’est le temps.

    Or, je trouve que le temps a été assez peu pris en compte dans le post d’Aliocha.

    Si on mesure le pouvoir de la presse en terme de « tout, tout de suite », ça ne marche pas: Cantona vient d’en faire l’expérience. Le scandale a besoin de temps.

    Les nazis l’avaient bien compris: pour prendre le pouvoir il faut faire vite. Plus vous attendez, plus vous laissez le temps au scandale de se développer. On dit: « plus un mensonge est gros, mieux il passe ». Oui, mais à la condition de faire vite.

    Le vrai pouvoir de la presse est un pouvoir lent et long. D-s qu’elle se met à faire du court terme, c’est fini, elle se ruine elle-même.

    Quand on regarde Nicolas Sarkozy, on se dit qu’il a été malin: il a fourni un événement par jour. Ca suffit. Ca oblige la presse à faire vite.

    A partir de là c’est fini.

    Napoléon n’était pas un stratège mais un excellent tacticien. Il avait compris la rapidité. Mais il n’était pas le seul. Quand ses adversaires ont à leur tour compris le truc, ce qui leur a pris, l’air de rien, 15 piges, le problème Napoléon a été réglé en une journée à Waterloo.

    C’est la rapidité qu’il faut comprendre. Et tout ce qu’elle engendre.

    Commentaire par tschok — 08/12/2010 @ 13:37

  14. Nous avions parlé de Marine Le Pen et Drucker, voilà l’avis d’Elisabeth Levy : http://www.causeur.fr/service-public-ou-cordon-sanitaire,8043

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/12/2010 @ 21:24

  15. @ tschok: tiens, c’est rigolo cette synchronicité.

    Commentaire par Fantômette — 08/12/2010 @ 23:44

  16. @ Fantômette,

    C’est le cas de le dire 🙂

    Commentaire par tschok — 09/12/2010 @ 00:02

  17. J’ai adoré la défense de Mr Pflimlin sur le service public, Drücker et Le Pen, pas vous ;-)?

    http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/marine-le-pen-drucker-remy-pflimlin-reste-prudent-07-12-2010-1272149_52.php

    Commentaire par gabbrielle — 09/12/2010 @ 06:16

  18. Faute de grive, on mange des merles, faute de canapé rouge, faudra se contenter d’un fauteuil (confortable?.

    Ce soir, Marine Le Pen débattra avec Rachida Dati chez Arlette Chabot, 20h35 sur la 2 http://programmes.france2.fr/a-vous-de-juger/

    Commentaire par gabbrielle — 09/12/2010 @ 07:07

  19. Effectivement, ne confondons pas médias et journalistes! Gilbert Cesbron disait: « il y a deux sortes de journalistes: ceux qui écrivent ce qui intéresse les lecteurs et ceux qui essaient d’intéresser les lecteurs à ce qu’ils écrivent. Ceux-là sont les grands ».
    Dimanche midi, le journal de 13h de TF1 a fait l’essentiel de son propos sur l’élection de Miss France-Endemol qui avait eu mlieu la veille au soir sur la même chaîne. Au diable la Côte d’Ivoire et tout le reste de l’actualité. Parfois, je souffre pour les journalistes de ces médias. Heureusement, leur portefeuille souffre moins.
    Dans le quotidien que j’ai quitté il y a sept ans, le directeur de marketing avait plus de poids que le rédacteur en chef sur le contenu du journal. Dans les missions de formation que j’ai effectuées ensuite dans la presse régionale, je me suis rendu compte que cette tendance se généralisait. Il fallait écrire sur des sujets qui, selon les études marketing, passionnent le public (la ménagère de moins de 50 ans). A trois jours du referendim de 2005, ce journal titrait sur la présence de Laetitia Cata dans le catalogue de La Redoute…
    Tant pis pour l’information, ça n’est pas rentable. Cesbron, réveille-toi !
    La réalité est douloureuse, mais les chiffres de vente aussi!
    Je pense parfois qu’au fond de l’urne, le bulletin de vote de l’assidu de « Secret story », de « Koh-Lanta » ou de Miss France-Endemol a le même poids que celui qui regarde Arte ou lit « Courrier international » (Liste non exhaustive). Et ça me fait froid dans le dos.
    Et si le vrai pouvoir des médias (les mauvais, j’entends), c’était de faire diversion…

    Commentaire par Antoine — 09/12/2010 @ 17:20

  20. […] des travaux de cet auteur sur ce blog, ici (discours de Louvain reproduit en intégralité) et là (à propos du livre Les médias ont-ils trop de pouvoir […]

    Ping par "Tous connectés" : l’éthique journalistique à l’épreuve de la toile | La Plume d'Aliocha — 12/05/2013 @ 19:21

  21. chris brown wet the bed

    Et si les médias n’étaient pas aussi puissants qu’on le pense ? | La Plume d’Aliocha

    Rétrolien par chris brown wet the bed — 24/09/2014 @ 00:28


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