La Plume d'Aliocha

02/12/2010

Audrey Pulvar, ou la fierté d’être éthique

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 09:54

Ainsi donc, Audrey Pulvar aurait loupé une occasion de défendre la cause féministe. Pour les distraits, je rappelle que la journaliste politique d’i-télé a été suspendue au motif que son compagnon, Arnaud Montebourg, se présentait aux primaires du PS. Et la profession de s’enflammer, estimant en majorité la décision injuste. Daniel Schneidermann rappelle que la situation est très différente du cas de Christine Ockrent ou encore de Béatrice Schönberg, les politiques en rajoutent et François Miclo chez Causeur (lien précédent) lui demande de porter haut l’étendard du féminisme. Une femme ne devrait plus à notre époque être tributaire de la carrière de son homme, dit-il. Assurément.

Une question classique d’apparence d’indépendance

Toutefois, je ne suis pas certaine que cette affaire relève du combat féministe. Car la situation inverse soulèverait la même difficulté. Qui crierait alors à la défense des hommes contre la tyrannie des jupons ? Le problème est donc moins une question de rapport entre les sexes que d’indépendance professionnelle et donc d’éthique. L’une des missions de la presse consiste à surveiller le bon fonctionnement des institutions. En conséquence de quoi, si un lien personnel ou matériel permet de soupçonner une absence d’indépendance entre celui qui surveille et l’un de ceux qu’il est chargé de surveiller, cela pose un problème. Les juristes connaissent bien la théorie de l’apparence d’indépendance : il ne suffit pas d’être indépendant, encore faut-il en présenter également l’apparence. La réaction classique dans ce genre de débat consiste à avancer que l’indépendance est une question de caractère. C’est exact. Mais plutôt que d’aller fouiller les âmes on préfère, dans certaines situations, s’en tenir à une analyse objective. Ainsi le Conseil d’Etat a-t-il jugé récemment que l’un des membres d’une commission chargée de sanctionner des infractions professionnelles ne respectait pas les conditions de l’impartialité objective exigée par ses fonctions, dès lors qu’il avait un lien avec la personne qu’il était en charge de juger. Personne n’a mis en cause son honnêteté, on a simplement observé que son indépendance était objectivement sujette à caution.

Des soupçons inéluctables

C’est exactement le même problème qui se pose lorsqu’un, ou une, journaliste fréquente de manière intime un, ou une, politique. Cela soulève la problématique de l’apparence d’indépendance. De fait, la décision d’i-télé à mon sens n’est pas une atteinte aux valeurs du féminisme. Elle ne relève pas d’un soupçon d’allégeance à l’égard d’une femme journaliste amoureuse de son homme et donc nécessairement sous influence, mais d’une question éthique tout à fait classique. Comme le souligne Claude Soula de l’Obs, il est évident que le soupçon aurait surgi à un moment ou à un autre lors de l’interview d’un membre de la même mouvance qu’Arnaud Montebourg ou d’un de ses adversaires. Il me semble donc quelque peu réducteur de porter le débat sur le terrain du féminisme.

Une certaine exigence morale

De même qu’il serait dommage d’invoquer des cas plus graves pour estimer que la décision d’i-télé en l’espèce n’est pas justifiée. C’est la logique de l’automobiliste qui voit passer une Ferrari sur l’autoroute à 200 kmh et qui s’indigne d’être arrêté pour un dépassement de 20 kmh alors que l’heureux propriétaire du bolide est passé entre les mailles du filet. On ne peut pas raisonnablement soutenir qu’une décision éthique est malvenue parce que dans d’autres cas plus critiques elle n’a pas été appliquée. Sauf à vouloir entrer dans un cercle vicieux où chacun trouvera toujours moins correct que lui pour justifier un comportement contestable. Au surplus, si la presse veut continuer à critiquer les politiques sur ce terrain, elle se doit de tendre vers une certaine exigence morale.

Certains ont rêvé Audrey Pulvar en nouvelle Olympe de Gouges,  l’auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne au XVIIIème siècle. Personnellement, je la verrai plutôt en icône d’une certaine vision du métier. Et j’espère qu’elle fera jurisprudence. De même que j’espère que le public lui accordera l’estime et la confiance qu’elle mérite.

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52 commentaires »

  1. @Alliocha.
    Bonjour. Je ne suis pas sûre de comprendre votre billet. Audrey Pulvar, « icône d’une certaine vision du métier » ?

    Aliocha : là c’est moi qui ne saisis pas ce que vous ne comprenez pas 😉

    Commentaire par BABs — 02/12/2010 @ 10:15

  2. @ Alliocha
    Il ne s’agit pas d’un combat féministe. Ok.
    Il s’agit d’une question éthique. Ok.
    Il y a de l’exigence morale dans cette affaire. Ok.
    Mais en quoi Audrey Pulvar est une « icône d’une certaine vision du métier » ? Si j’ai bien compris, c’est la rédaction d’i-télé qui l’a écartée. Qu’a-t-elle fait, elle ?
    Je ne suis pas très maligne, faut m’expliquer les choses.

    Aliocha : elle n’a pas dissimulé sa liaison, ni hurlé à l’injustice, ni visiblement oeuvré en sous-main pour garder son poste, elle a au contraire mesuré la difficulté dans laquelle sa vie personnelle la plaçait et défendu la décision prise à son encontre. Alors on peut ensuite se demander la part de sincérité et celle de simple diplomatie, mais il en faut généralement moins que cela pour fabriquer une icône. C’était le moment, à mon avis, de féliciter et la chaine et la journaliste au lieu de s’indigner et de crier à l’injustice. Résultat, elle est obligée de se justifier et de défendre sa chaine, c’est tout de même un comble. Le cas est d’autant plus intéressant que ceux qui s’indignent n’ont pas tort, le conflit d’intérêt n’était pas le plus grave qu’on ait vu.

    Commentaire par BABs — 02/12/2010 @ 10:26

  3. Je vous suis sur le fond du billet, mais j’ai la même réaction que Babs quant à Audrey Pulvar.

    Son attitude me paraît pour le moins douteuse : après avoir initialement défendu la décision de sa chaîne, elle a ensuite surfé à retardement sur l’indignation qu’a suscité son sort, en embouchant les trompettes du féminisme outragé.

    Premier temps : je profite de ma chronique sur France Inter pour lire un long
    passage sexiste de l’Emile de Rousseau, et finir par une allusion à mon calvaire : « Libérée, égale, suspendue. Novembre 2010 ».

    Deuxième temps : j’écris une longue tribune dans Libération, pour me positionner en égérie de la lutte contre le sexisme dont souffrent des milliers de Françaises.

    Alors, moi je veux bien, mais je trouve qu’elle oublie un peu vite la question du conflit d’intérêt – comme son compagnon qui avait fustigé en son temps le cas Schonberg – pour reprendre à son compte un prétendu sexisme et se positionner en féministe de choc : un combat sans risque, très politiquement correct, qui rappelle sa dénonciation un peu facile du « raciste » Guerlain.

    Pulvar est une bonne journaliste, mais il y a dans son visage fermé un côté « je suis femme et noire, donc à la pointe du combat contre le racisme des Français, mais je n’ai été nommé que pour ma compétence » qui me dérange un peu.

    Commentaire par Tocquevil — 02/12/2010 @ 11:17

  4. @ Alliocha
    Merci. C’est tout à fait clair et je suis d’accord avec vous. Merde. Plus de débat.

    Commentaire par BABs — 02/12/2010 @ 11:20

  5. @ Tocquevil
    Ouh la la ! Comme vous y allez ! Pulvar, « une bonne journaliste »…

    Commentaire par BABs — 02/12/2010 @ 11:24

  6. le problème n’est pas nouveau il se pose continuellement avec n’importe quel personnel politique.

    Alors quelles solutions? Est-ce que la famille d’un homme politique doit cesser toute activité professionnelle?

    où placer les limites?

    je trouve qu’il y a surtout de la mauvaise fois la dedans.

    Commentaire par fredo — 02/12/2010 @ 11:38

  7. Ce qui m’étonne, c’est que le problème n’apparaisse qu’au moment où Arnaud Montebourg annonce officiellement sa candidature à des primaires internes à son parti.

    Pour moi, le problème existe à partir du moment où une journaliste politique est en ménage avec un homme politique (et inversement…).

    Commentaire par authueil — 02/12/2010 @ 11:55

  8. Juste histoire d’amener un peu d’images au débat, Europe-écologie a fait un colloque dernièrement sur Ville et Ethique et plus largement sur l’éthique en politique en évoquant le problème du conflit d’intérêt.
    Voici une petite vidéo qui résume leur position :
    http://mediterranee.france3.fr/info/provence-alpes/venelles–eva-joly-et-l-ethique–65964730.html?onglet=videos&id-video=mars_1310512_211120101808_F3

    Commentaire par Oeil du sage — 02/12/2010 @ 12:06

  9. accessoirement Pulvar n’est certainement pas une bonne journaliste, j’ai même aucun mal à le prouver.

    Avec tous le mépris qu’à NS pour les journalistes il paraît évident que pour ses causeries télévisées il ne peut admettre auprès de lui que la crème de la crème et d’autant plus facilement que c’est lui qui les sélectionne. Vous allez tout de même pas affirmer qu’avec son égo l’hyper président se rabaisse à se faire cirer les pompes par des journalistes de seconde zone.

    Alors dites moi, Audrey Pulvar a t’elle été choisie? Non, !!!!

    Les meilleurs journalistes sont donc en France: Denisot, Pujadat et Chazal dont nous avons pu admirer récemment la pugnacité et leur absolue connaissance des dossiers…

    La vérité se devait d’être dite

    Bon je retourne chialer…

    Commentaire par fredo — 02/12/2010 @ 12:09

  10. Bonjour Aliocha,

    Je plussoie aux propos d’Authueil. Ce qui est gênant, c’est la permanence de ces liens incestueux entre journalisme et politique. Et encore, dans le cas présent, la transparence semble avoir été la règle. Ne serait-ce plutôt pas l’arbre qui cache la forêt? Je trouve normal que Melle Pulvar soit suspendue à partir du moment où son conjoint se déclare candidat aux primaires du PS et à la magistrature suprême. L’inverse, plus rare j’en conviens, doit être aussi la règle, la femme de César ne devant pas être soupçonnée! Au vu de ce que j’ai pu lire ou entendre sur ce sujet, j’ai cru comprendre que cette mesure provisoire a été prise avec toute l’élégance requise. Si ce n’était pas le cas, il y aurait là véritablement sujet à scandale. Par contre, enfourcher le vieux cheval du féminisme, en bon communicant qu’elle est, ne peut que contribuer à dévaloriser cette cause et son auteur (et par ricochet sa profession qui n’en a pas besoin).

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 02/12/2010 @ 12:14

  11. @H

    ah non je ne suis pas d’accord!
    De quels conflits d’intérêt parle t’on? Et quand bien même existeraient t’ils, mais il faudrait le prouver, en quoi deviendrait t’ils plus grand depuis que M. Montebourg se soit déclaré candidat?

    Et pour finir, si les conflits d’intérêt entre Pulvard et le tout puissant Montebourg vous gêne, que devrait t’on dire des interviewes serpillettes dont on nous abreuve régulièrement dans la presse.
    Servir la soupe à tel responsable politique, finacier ou industriel c’est quoi? Du jurnalisme libre et indépendant?

    Laissons Audrey Pulvar et d’autres faire leur métier. Jusqu’à preuve du contraire, personne ne les a surpris en flagrant délit de quoi que ce soit de reprochable et à vrai dire j’ai appris la semaine dernière qu’elle vivait avec un homme politique c’est dire que c’est flagrant et urgent.
    Les liens incestieux dont vous parlez, cela s’appelle de l’amour monsieur

    Commentaire par fredo — 02/12/2010 @ 13:48

  12. Bonjour Aliocha,

    Ah! L’icône…

    Z’avez pas pu vous empêcher, hein (bien que l’icône soit plus orthodoxe que catho, m’enfin bref, ca sens l’encens)?

    Faudra que vous m’expliquiez votre rapport avec les grigris et les ours en peluche (ou les vielles poupées barbie transpercées d’épingles).

    Quand je pense que vous n’aimez pas la Danette!

    Aliocha : les icônes me fascinent et il fut un temps où je n’étais pas loin de me convertir à l’orthodoxie, sous l’influence doublement néfaste de Dostoïveski et de Matzneff (voui, alllez comprendre). Les ours en peluche, j’en achète un dès que j’ai le blues, ce qui commence à constituer une jolie et surtout très turbulente tribu, quant aux grigris, disons que tous les objets ont peu ou prou valeur de grisgris à mes yeux.

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 14:16

  13. Autheuil,

    Et pour le taillage de pipe, keskon fait?

    Parce qu’à ce train là, c’est une bonne moitié de la profession qu’il faudrait placer en nréserve de la république.

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 14:18

  14. @ Fredo,

    Bien dit, vieux. Et d’ailleurs, je me demande pourquoi Carla Bruni-Sarkozy, ce beau brin de fille, et loin d’être bête, en plus, ne s’est pas encore vue confier l’animation d’une émission politique.

    (Nan c’est pas la partialité, c’est de l’amour monsieur!)

    Commentaire par Fantômette — 02/12/2010 @ 14:20

  15. @ Tocquevil, com 3

    Verbatim: « Pulvar est une bonne journaliste, mais il y a dans son visage fermé un côté « je suis femme et noire, donc à la pointe du combat contre le racisme des Français, mais je n’ai été nommé que pour ma compétence » qui me dérange un peu. »

    J’en déduit que vous êtes un homme blanc, à peu près de son âge, mais pas insensible à ses charmes.

    Vaguement jaloux?

    J’ai bon?

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 14:20

  16. Un peu plus vieux.

    Vous vous permettez « bonne journaliste », ce qui suppose un surplomb.

    Ou

    Bien plus jeune: les jeunes sont fiers à bras.

    Et pas porté sur le sexe: intéressé, un homme regarde d’autres parties du corps que le visage.

    Donc, plus vieux.

    J’ai bon?

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 14:24

  17. Moi ce qui m’étonne, c’est que la question se pose de manière aussi binaire (suspendue ou pas suspendue). N’était-il pas possible de trouver un compromis, du style elle garde son poste mais quelqu’un d’autre fait les interviews politiques?

    Commentaire par QIAH — 02/12/2010 @ 14:37

  18. Bonjour Aliocha,

    Bon, ceci dit, vous ne pensez pas qu’une distinction reste à poser entre neutralité et impartialité?

    Sera-t-il incompatible d’être journaliste et engagé?

    (Attention à la tyrannie des apparences tout de même)

    Aliocha : en effet. Si j’ai fait le lien avec l’impartialité objective, c’est qu’il me semblait que l’outil faisait défaut dans la réflexion. Il s’applique aussi d’ailleurs à nombre de situations politiques et en particulier à Woerth. Quand les politiques sont attaqués sur des questions d’apparence d’indépendance, ils se défendent en répondant qu’ils n’ont commis aucune infraction. Ce n’est pas le problème. Le problème, c’est qu’ils se mettent dans des situations sujettes à caution. Ce que le recours à la notion d’impartialité objective me parait assez bien résoudre. Quant à l’engagement, il me semble que c’est un autre sujet, non ? Sauf à considérer que Pulvar fréquenterait Montebourg pour ses opinions politiques plus que pour sa personne 😉

    Commentaire par Fantômette — 02/12/2010 @ 14:56

  19. Pourquoi les journalistes français persistent-ils à vouloir prétendre être politiquement neutres ? Ce sont des êtres humains comme les autres, si, si… Ils ont des opinions comme les aut… enfin presque tous les autres. Ne serait-il pas plus simple et plus honnête que chaque journaliste puisse ou pas dire son opinion politique afin que nul ne l’ignore et laisser les auditeurs/spectateurs juger si le journaliste leur parait partial/impartial, bon/ pas bon ?

    Commentaire par Morne Butor — 02/12/2010 @ 14:58

  20. @tschok, 🙂

    Si vous étiez méchant, vous m’auriez dit : « vous êtes donc un homme blanc, un peu plus âgé qu’elle, vous souhaitez que la diversité soit représentée sur le petit écran mais à condition que cette diversité présente un visage heureux voire reconnaissant à la Nation. »

    Et vous auriez raison…

    Commentaire par Tocquevil — 02/12/2010 @ 15:05

  21. @Aliocha

    Et vous ? Vous êtes marié à un homme politique ?

    Je ne suis pas curieux ; je voudrais savoir si vous étiez impartial en rédigeant cet article ! Ou si vous arrivez à être impartial quand vous écrivez des papiers sur le corps de métiers de votre tendre moitié ?

    Aliocha : il n’y a aucun lien entre ma vie privée et ma vie professionnelle. Il n’y en a jamais eu d’ailleurs 😉

    Commentaire par Demos — 02/12/2010 @ 15:18

  22. Ce qui est dingue, c’est que des que ca touche a la politique ca prend des proportions monumentales. A coté de ca, des animateurs et chroniqueurs radio/TV peuvent s’en prendre au reste du monde, ca ne choque ni ne fait parler personne !
    En gros : « pas touche à la politique, mais les autres…on s’en fout »

    Malgré cela, je suis d’accord qu’il s’agit uniquement d’ethique dans cette histoire, mais je ne me souviens pas d’Anne Sinclair avoir arrêté 7 à 7 au pretexte qu’elle etait avec DSK, en tout cas ca a mis le temps avant d’être mis en pratique. Idem pour Shonberg ou Okrent…

    Qu’est ce qui se passe aujourd’hui autour de la politique??? ce sont les moeurs politiques qui ont changé, la vision de la politique ou l’utilisation abusive des médias qui obligent une telle sanction?

    Commentaire par misty — 02/12/2010 @ 16:40

  23. @ Tocquevil,

    Je ne suis pas méchant, ce qui tombe plutôt bien.

    Mais – m’autorisez vous à faire une autre hypothèse? – peut être êtes vous « assimilationniste »?

    C’est un mot affreux.

    Mais il veut dire que la minorité doit baiser les pieds de la majorité qui, de son côté, ne loupe jamais une occasion de le lui rappeler.

    Contrairement à l’intégration ou personne ne baise les pieds de personne et où tout le monde est puni et récompensé selon le même régime juridique.

    Dans un régime intrégrationniste, j’ai le droit de dire qu’une juive, noire, petite et moche est raciste si elle l’est.

    Dans un régime assimilationniste, je projette sur mon ex esclave mes fantasmes de grandeur pour le récompenser de sa soumission. Du coup, je punis les miens ou je me punis moi-même (modérément, bien sûr!)pour tout outrage à cette « étiquette » (car ce n’est qu’une étiquette).

    Inutile de vous dire que je préfère l’intégration: elle fait de moi l’égal d’une Pulvar. Et je n’ai aucun compte à rendre.

    C’est un régime plus violent, c’est sûr. Mais c’est plus clair.

    On ne peut pas gagner sur tous les tableaux.

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 16:42

  24. @ Aliocha,

    Madame est une collectionneuse, en fait.

    Aliocha : vous avez mis le doigt sur le problème : la Danette est fongible, elle ne se collectionne pas !

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 16:51

  25. Je suis partagée. A la lecture du billet, j’étais entièrement d’accord, selon mon réflexe professionnel quasi-pavlovien du « bah oui, c’est exactement ça, c’est comme pour nous les juges : problème d’impartialité objective, peut importe au fond qu’elle le soit de façon subjective ».

    Et puis, à lecture de certains com, je me dis « après tout, qu’est-ce qu’on peut bien en avoir à foutre de l’impartialité du journaliste, qu’elle soit subjective ou objective d’ailleurs ? » et puis « mais en fait, pourquoi plus chercher en effet des poux dans la tête à untel qui est en couple avec un politique, plutôt que, je sais pas moi, untel qui serait avec un gros industriel lobbyiste. ». Et puis, cette histoire d’impartialité du journaliste, c’est quand même un gros mythe (bon, et alors : celle du juge aussi, peut-être ?)

    Et après, je me dis : ben ouais, mais pour le choix des invités de l’émission, ça peut poser souci : ne va-t-elle pas être tentée d’inviter plutôt plus de socialistes tendance Montebourg ? ou, disons, le simple fait qu’on puisse l’en soupçonner, ça va lui poser des pb, elle va sans cesse devoir faire face à des procès d’intention….

    bref, c’est le bordel. En fait, je sais pas.

    ps : tschok, cet aveu, là : « Je ne suis pas méchant », je me l’encadre !

    Commentaire par Jalmad — 02/12/2010 @ 18:26

  26. @tschok, je crois que ce débat nous entraînerait trop loin. Je me contenterai de dire que, malgré le soupçon qui pèse sur moi en tant que mâle blanc français, je m’efforce d’être ni trop sexiste, ni trop raciste ni trop beauf, et de contribuer au fameux « vivre ensemble »… Cela demande un peu d’effort de chacun.

    Commentaire par Tocquevil — 02/12/2010 @ 18:32

  27. La question de l’engagement est un autre sujet, c’est vrai, mais c’est un sujet connexe. L’impartialité n’est pas la neutralité, mais plus on se montrera exigeant sur l’apparence de l’impartialité (qui se distingue elle-même de l’impartialité objective), et plus il deviendra difficile de distinguer entre l’exigence d’impartialité et l’exigence de neutralité.

    Prenons l’exemple d’Audrey Pulvar: vivant avec Montebourg, elle n’offre plus l’apparence d’impartialité que l’on exige d’une journaliste politique. Très bien. Imaginons qu’elle quitte Montebourg, mais adhère au PS. Imaginons qu’elle n’ait aucun mandat électif, mais participe régulièrement aux réunions de quartier du parti dont elle ne cacherait pas qu’il dispose de sa voix et de sa sympathie – sans pour autant l’afficher dans le cadre de sa mission d’information. Quid?

    Si vous pensez qu’il serait excessif d’interdire à des journalistes politiques d’adopter tout comportement public de nature à faire naître un doute sur leur impartialité (même si cela se limite à ne pas dissimuler leur opinion), alors je vous propose de mettre ça en parallèle avec l’option que vous prenez dans ce billet.

    Je suis bien placée pour savoir qu’un couple ne partage pas nécessairement les mêmes opinions politiques, étant issue de l’un de ceux-là (mes parents sont de fervents sympathisants des deux bords politiques, ce qui anime les soirées familiales, notamment pré- et post-élections, mais ne les empêche nullement d’être non seulement mariés – ce qui est déjà cocasse – mais qui plus est plus mariés ensemble, ce qui est tellement old school que ça en devient charmant.) On peut néanmoins parfaitement soutenir que le tableau offre une apparence de partialité potentiellement préjudiciable à l’exercice de la noble mission d’informer, et cela quelles que soient par ailleurs les convictions de la journaliste – ce que vous faites. Ok.

    Mais on se retrouve alors dans une situation curieuse si vous ne tirez pas des conclusions identiques à la situation dans laquelle cette même journaliste assume, dans sa vie personnelle, des sympathies militantes, non? Vous l’écartez de la scène médiatique au vu d’une apparente partialité due à un choix de vie qui ne relève pas d’un choix politique (on n’épouse pas un homme parce qu’il vote pour le même parti que vous), mais vous l’y laisseriez malgré l’affichage, même discret, d’un véritable choix politique?

    Ou alors, vous ne l’y laissez pas, et vous vous mettez à exiger, plus que de l’impartialité objective: de la neutralité.

    Et je me demande si, ce faisant, vous ne faites pas shifter également la mission du journaliste, par la même occasion (qui n’est pas la même que celle d’un juge, ou d’un élu). C’est à un arbitre que l’on demande d’être impartial, le plus souvent. Le journaliste est-il un arbitre? Doit-il le devenir?

    Aliocha : votre commentaire me remet en mémoire le cirque qu’avait déclenché Alain Duhamel lors des dernières présidentielles en avouant sa préférence je crois, pour le candidat Bayrou. Cela ne m’avait pas choqué, au contraire, j’y avais vu une transparence nécessaire. Tiens d’ailleurs, la transparence, c’est toujours la solution alternative et très anglo-saxonne à l’interdiction. On aurait pu l’évoquer ici. Après tout, le seul fait que l’on connaisse les relations unissant Pulvar et Montebourg pourrait suffire à résoudre la difficulté. En France on interdit, ailleurs on dit, voilà qui pourrait inspirer Tschok 😉 Je ne suis pas sûre de vous suivre sur le parallèle entre vie amoureuse et opinion politique. Les journaliste sont évidemment des opinions politiques, lesquelles transparaissent, ou pas. C’est un biais inéluctable mais au fond assez normal et repérable. Le fait de vivre avec un acteur important de l’échiquier politique, pour une journaliste politique et dans une période électorale, parait plus délicat. On touche au grand tabou des rapports incestueux (désolée pour le jeu de mot inapproprié, je n’ai pas trouvé de meilleur terme) entre politiques et journalistes et on se retrouve sur le terrain possible du passe-droit, des rapports amis/ennemis, une sorte de zone grise, fanatasmée sans doute, que Pulvar aurait certainement su gérer, mais qui dérange quand même plus que l’adhésion à un parti politique. Il n’y a pas que cela d’ailleurs, on peut imaginer le poids des pressions possibles. Les journalistes sont déjà les otages ordinaires et quotidiens des intérêts qu’ils dérangent, mais vous imaginez dans le cadre d’une campagne présidentielle et sur fond de lien intime, le cirque que ça peut donner ? Quand je réfléchis aux professions qui sont soumises à cette exigence d’impartialité, je n’aperçois que des prohibitions de liens financiers et personnels. Les opinions n’entrent jamais en ligne de compte, et c’est heureux. ce qu’on veut éviter, pour les juges, les commissaires aux comptes, les membres d’un jury, d’une commission de sanction, c’est le risque de pression financière ou d’influence personnelle. Les journalistes connaissent bien le problème financier (séparation dans les organes de presse entre la rédaction et les autres services, interdiction en principe d’accepter des cadeaux de prix ou des invitations etc…). La question des relations personnelles est plus floue, et c’est bien ce qu’on nous reproche d’ailleurs, cette fameuse collusion avec l’élite. Pourquoi ne pas accepter l’idée qu’il y ait des incompatibilités ?

    Commentaire par Fantômette — 02/12/2010 @ 18:36

  28. Anahaf. Un des aspects pas forcément très bien connu de la recherche scientifique est le problème du conflit d’intérêts. Les seuls dont on entend parler sont ceux des chercheurs financés par des industriels, notamment par l’industrie pharmaceutique, et dont on peut se demander si leurs conclusions sont influencées par le bailleur de fonds. Notons qu’il y a problème même s’il n’y a pas influence effective : un simple soupçon peut suffire.

    Mais hors de ces cas connus, il y a tout le problème de l’évaluation. Je m’explique. Quand je rédige un article, et que je veux qu’il soit publié, il est envoyé à des « experts ». Le nombre de spécialistes d’un domaine est limité à l’échelle mondiale, et on tombe donc régulièrement sur des gens que l’on connaît, avec qui on a éventuellement des affinités, parfois des projets ensemble, voire, avec lesquels on s’est engueulé. C’est déjà inconfortable, parfois.

    *** À noter: on nous demande de déclarer nos conflits d’intérêts *potentiels*. Autrement dit, ce qui importe, ce n’est pas l’impartialité en tant que telle (difficile à prouver) mais la simple ouverture au soupçon raisonnable de partialité. ***

    Il y a pire, il y a les problèmes franco-français comme les recrutements, promotions et évaluations. Pour des raisons pratiques (documents en français supposant la connaissance du fonctionnement de l’administration française, etc.), on fait peu intervenir des collègues étrangers (du moins dans mon domaine). Conclusion, on s’évalue les uns les autres (et ce d’autant plus que l’on monte en séniorité). X était dans le comité d’évaluation du labo B, Y travaille dans le labo B mais doit expertiser le projet de X, etc.

    Là, je ne sais pas trop comment on fait pour que ça ne ressemble pas trop à « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

    Commentaire par DM — 02/12/2010 @ 18:49

  29. @ Tocquevil, com 26,

    Je m’adresse à vous en tant qu’épargnant, ou investisseur, peur importe.

    Nous avons un quantité X de monnaie à investir dans différents systèmes. On l’investit dans quoi? Le système qui nous punit (sarko, les pauvres et la police), ou le système qui nous récompense (sarko, les riches et les rézos)?

    Nous parlons de qui, là?

    Nous parlons d’une jolie fille, jeune, journaliste, salarié de haut niveau, et avec suffisamment de RP pour se faire un député en vogue. Dans l’opposition en plus.

    Mon avis: elle n’est pas à plaindre. Elle a de la marge.

    On se la joue cool ou on se crispe sur la Naaaaaaaation.

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 19:42

  30. Ouais d’abord! J’suis bien d’accord avec Tschok! Pour de vrai, en plus!

    Qu’est-ce qu’on fait contre le taillage de pipe (ou le broute-minou parce qu’il n’y a pas que les hommes politiques qui en profitent) journalistique?

    Avant de pousser des hauts cris parce qu’un(e) journaliste se tape un homme (ou une femme) politique, il serait peut-être judicieux de veiller à ce qu’au lieu de leur servir la soupe, de bien la remuer pour que l’interviewé(e) politique ne se brûle pas, de lui porter la cuillère à la bouche pour qu’il(elle) n’en renverse pas partout, et de lui tamponner le menton ensuite, les journalistes leur collent une bonne assiette de bouillon sous le nez, avec de gros morceaux de pertinence dedans et bien épicé, en ne les laissant pas sortir de table tant qu’ils n’ont pas fini leur bouillon!

    A la mode anglo-saxonne ou teutonne. Le rêve.

    PS : Y a-t-il eu des journalistes masculins suspendus pour cause de relation avec des femmes politiques? Personnellement, je n’ai pas le souvenir d’une telle situation… Vous me direz, le manque de femmes politiques en France apporte peut-être un début d’explication.

    Aliocha : Paniquez pas Ferdy, personne ne veut vous priver de sexe, sauf si vous frictotez avec une journaliste alors que vous avez un rôle politique quelconque, et encore, vous avez vu, c’est le sexe qui triomphe du boulot !Sinon, et plus sérieusement, j’aime bien votre métaphore soupesque.

    Commentaire par Ferdydurke — 02/12/2010 @ 19:45

  31. On a fait souvent le parallèle avec les juges, mais je ne crois pas qu’il soit pertinent. Le juge à une indépendance statutaire, est financé sur deniers publics et travaille dans un cadre extrêmement stricte. Il n’a le droit de juger que certaine affaire, selon une procédure millimétrée, et doit prendre sa décision selon un corpus de texte parfaitement précis.
    Un journal est un organe privé, dont les deux buts sont informer et faire de l’argent (je laisse ici les gens juges de laquelle de cette tâche est prioritaire), et le rédacteur est libre de choisir tout les articles qu’il désire, ainsi que ceux qu’il ne désire pas, tant qu’il ne tombe pas dans l’injure, la diffamation ou l’incitation à la haine. Quelle idée saugrenue alors de prétendre à la neutralité? Le terme « ligne éditoriale » n’est pas un vain mots il me semble…
    Alors ce limogeage ici ne s’est pas fait non pas selon moi au sens de l’éthique, mais bien parce que la direction n’apprécie pas de savoir ses journaliste marié à un candidat socialiste à la présidentielle. Et après tout, c’est sont droit. On ne demande pas à M.Lefevre de faire un éditorial régulièrement dans l’Huma…

    Reste pour les journaux, et surtout pour les télé, à admettre qu’ils ne sont pas d’impassibles, neutres et objectifs témoins de notre temps, mais bien une entreprise d’information aussi classique et subjective que le monde ou le figaro.

    Aliocha : les avocats, profession privée, ont une déontologie, les experts-comptables, les médecins, les commissaires aux comptes et même les analystes financiers. La déontologie n’est pas liée au statut public, d’ailleurs à ma connaissance, les juges n’ont pas de code de déontologie (les policiers, si), elle est liée à une mission d’utilité publique et par extension aujourd’hui elle est revendiquée par de nombreuses professions ayant une fonction sensible. On attribue aux journalistes une mission d’utilité publique, il est donc normal qu’ils soient soumis soit à une réglementation externe, soit à leurs propres règles dont des règles d’éthique. Ce qui n’empêche évidemment pas d’en discuter la pertinence. La seule chose qui m’étonne, de la profession comme du public d’ailleurs, c’est qu’on nous accuse de toutes les fautes possibles et imaginables et quand quelqu’un parmi nous intègre objectivement la donné éthique à son comportement, ça ne va encore pas. Il faut qu’on polémique. Je suppose que c’est typiquement français, ce goût de la discussion 😉

    Commentaire par adrien bis — 02/12/2010 @ 20:35

  32. HS : tout petit billet de Juan qui incite à réfléchir : http://sarkofrance.wordpress.com/2010/12/02/je-blogue-donc-je-suis/

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/12/2010 @ 21:46

  33. @ Aliocha : « d’ailleurs à ma connaissance, les juges n’ont pas de code de déontologie  »

    si, M’dam’, y’en a un, c’est nouveau, ça vient de sortir :

    http://www.annoncesdelaseine.fr/index.php/2010/06/11/conseil-superieur-de-la-magistrature/

    je suppose que c’est ça, la modernisation de la justice….faut être à la mode, quoi….

    Aliocha : merci, on m’avait annoncé sa sortie il y a deux ans et j’avais oublié de suivre l’affaire. Comme quoi …. 😉

    Commentaire par Jalmad — 02/12/2010 @ 22:18

  34. Jalmad,

    Extrait du post en lien:

    « Cette publication, décidée par le Parlement, a pour objectif de rendre transparentes les conditions dans lesquelles l’autorité judiciaire exerce les pouvoirs qui lui sont impartis par la Constitution afin de renforcer la confiance du public dans les décisions des magistrats rendues au nom du peuple français. »

    C’est là que je me suis dit qu’il faut absolument en envoyer un exemplaire dédicacé (spécialement) à Ebo.

    Noël approche.

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 23:34

  35. @ Ferdydurke,

    Moi aussi, je suis d’accord avec vous!

    Nos zompolitiks et fampolitoks nous servent de la soupe depuis si longtemps que maintenant, c’est à nous de la leur rendre!

    Ou pourrait y mettre des croutons et du gruyère (les croutons, comme illustration du sénat et le gruyère pour donner une idée du vide que le parlement nous laisse quand il a voté une nouvelle loi).

    Et bien sûr un gage pour celui qui laisse tomber son crouton dans la soupe.

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 23:41

  36. Aliocha, en parlant de collusion avec l’élite, je vous ai dit que je couche avec ma femme?

    Siii!

    Aliocha : ce qui nous garantit donc que vous en parlerez avec la plus parfaite objectivité, vous répondrait sans doute Sacha Guitry 😉

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 23:47

  37. Jalmad,

    je n’avais pas vu votre PS sous com 25 et je voulais vous dire que cela me choque profondément.

    Si je vous dis que je suis meurtri, bien sûr vous n’allez pas me croire.

    Que faut il faire pour vous convaincre? Adopter un chien perdu?

    (Bon, ok, mais un modèle qui tient dans le micro onde)

    Commentaire par tschok — 02/12/2010 @ 23:52

  38. Je suis en gros d’accord avec Aliocha, et comme je n’ai pas lu tous les commentaires, je me hasarde tout de même à suggérer que la règle de l’apparence d’indépendance devrait aussi fonctionner dans l’autre sens: je trouverais ça particulièrement cool, moi, si Arnaud Montebourg renonçait à apparaître à la télé parce que sa compagne est journaliste.

    Commentaire par Philarete — 03/12/2010 @ 12:08

  39. @ Tschok

    Trop cool!

    Comme je suis d’accord avec vous et que vous êtes d’accord avec moi, vous êtes d’accord avec vous-même! C’est donc l’esprit libre que je vais pouvoir continuer à embêter les filles. Yeeees!

    ALIIIIIIOCHA!!!!!!!!!!!!!!!

    Un p’tit test culturel (que vous devriez passer haut la main!):

    Vous : « j’aime bien votre métaphore soupesque. »

    Moi : « Ce n’est pas une métaphore, c’est une périphrase. »

    Vous : « Ah! Fais pas chier! »

    Moi : « Ca, c’est une métaphore. »

    Facile. 😉

    Aliocha : Objection, ferdy. Vous filez bien la métaphore fameuse et au demeurant assez banale du « servir la soupe », mais en lui donnant un petit quelque chose de plus neuf. Vous auriez dit les journalistes travaillent comme s’ils serviaent la soupe, il se serait agi d’une comparaison. Mais il n’y a pas de « comme », vous filez droit dans l’image, donc je maintiens que c’est une métaphore, et je ne vois pas ce que vient faire la périphrase dans tout ça, laquelle n’est qu’une façon plus longue et plus compliquée de dire les choses. Exemple : vous êtes « un internaute qui rédige des messages en réaction aux billets que vous lisez », c’est une périphrase pour dire que vous êtes un commentateur.

    Commentaire par Ferdydurke — 03/12/2010 @ 12:52

  40. Moi, ce qui me choque, c’est que le Parti Socialiste n’ai pas interdit à Arnaud Montebourg d’être candidat aux primaires car conjoint d’une journaliste, ce qui lui procure un avantage indéniable sur le terrain médiatique.

    Cette phrase est bête, en quoi l’est-elle plus que la situation réelle ?

    Commentaire par Hugo — 03/12/2010 @ 12:54

  41. Oups, désolé Philarete !

    Commentaire par Hugo — 03/12/2010 @ 12:55

  42. Juste pour ne pas m’exprimer que lorsque je ne suis pas d’accord: je partage pleinement votre analyse.

    J’ajouterai juste quelques remarques que m’inspire les commentaires que j’ai rapidemment lu.
    L’indépendance du juge n’est pas de même nature que celle du journaliste. Pour le juge, c’est une nécessité de l’institution pour garantir l’équité de jugement. Pour le journaliste, «ce n’est qu’une» question d’éthique, au moins en première approximation. Dans le cadre qui nous intéresse, un ou une journaliste en coupe avec une personnalité politique est suspect. Ceci dit, l’est-il plus qu’un journaliste ayant des convictions politiques fortes? Ou qu’un journaliste complaisant? N’oublions pas qu’il suffit de lire (ou visionner) quelques exemplaires de la plupart des journaux papiers ou télévisés pour leur attacher une teinte politique: ce ne sont pas des journaux de propagandes, loin de là, mais il apparait généralement une tendance à être plus critique envers certains partis et plus conciliant avec d’autres. Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, tous les journalistes n’ont pas un ou une conjointe politique.
    Par ailleurs, soupçonner un journaliste de complaisance de politique sous prétexte que son compagnon ou sa compagne est un politique est plus que discutable: combien d’entre nous ont des opinions politiques différentes de leur moitié(e)?
    Ainsi, la question n’est pas de savoir si le/la journaliste risque d’être complaisant parce que tel interviewé est du même bord que son compagnon/sa compagne, mais de savoir s’il risque d’être complaisant parce qu’il partage les mêmes convictions politiques que l’interviewé.

    Alors je partage la dame de ces lieux, le cas qui nous occupe ne relève pas de la discrimation misogyne, pas plus que le cas d’un journaliste qui aurait été suspendu pour cause de relation avec un politique ne relèverait de la discrimation homophobe (curieusement, vu le nombre de femme occupant des fonctions importantes en politique en France, ce cas me parait plus vraisemblable). En fait, il relève même tout juste de l’éthique réelle. Il relève de l’éthique d’apparence: il s’agit pour l’organe de presse concerné de ne pas donner le bâton pour se faire battre, autrement dit de ne pas donner des prises évidentes, fussent-elles infondées, à ceux qui immanquablement chercheront à dénoncer une manipulation des foules par les médias.

    Commentaire par shanar — 03/12/2010 @ 13:32

  43. Désolé, je constate en me relisant trop tard qu’il manque des mots de ci de là. Corrigeons le plus important:
    «je partage la dame de ces lieux»: nulle intention d’occire celle-ci, il fallait lire «je partage l’avis de la dame de ces lieux».

    Commentaire par shanar — 03/12/2010 @ 13:35

  44. @ Aliocha

    Pourquoi? Lui aussi couche avec ma femme??!

    Mais c’est un monde!

    Aliocha : non, c’est un hommage 😉

    Commentaire par tschok — 03/12/2010 @ 15:03

  45. @ Hugo

    Pas de mal, je me sens moi seul à avoir des mauvaises pensées…

    @ Shanar

    Dommage d’avoir corrigé, c’était irrésistible. Sauf votre respect, Aliocha.

    @ Aliocha

    Le «test» de Ferdydurke, là, ça me déçoit un peu que vous n’ayez pas relevé que c’est une citation. D’un auteur que vous appréciez. Allez, un effort, quoi.

    Aliocha : mince, vous avez raison, ça me dit quelque chose. Audiard, sans doute, mais ça doit être un des rares films que je ne regarde pas en boucle. Pauv’Ferdy à qui je fais la leçon en plus. Enfin, avec lui c’est : bat ton macho tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, lui il le sait 😉

    Commentaire par Philarête — 03/12/2010 @ 18:02

  46. Je ne suis pas d’accords. On aurait pu plus simplement lui demander de traiter des sujets autres que son mari. Plus generallement, je trouve cet attachement a la neutralite peu attractif. Vous (les journalistes) avez des opinions qui s’expriment dans le choix de vos sujets et votre maniere de traiter un evenement. Ce n’est pas un probleme du tout tant que vous restez honnetes et gardez la capacite de presenter la nouvelle de facon objective. Au lieu de vous demander l’impossible (ou de vous suspendre/licensier quand vos opinions et attachements deviennent publiques) je prefererait que vous annonciez ouvertement vos opinions et attachements pour me laisser ensuite examiner l’information que vous apportez d’un oeil critique et decider de moi meme si ce que vous pensez semble vous empecher d’etres objectif et honnetes sur un sujet ou en general. Et si necessaire aller m’informer ailleurs en remplacement ou en supplement. J’ai du mal a faire confiance a des gens qui cachent leurs opinions.

    Commentaire par prometheefeu — 04/12/2010 @ 00:26

  47. @ Aliocha

    Nan nan… J’ai raison.

    métaphore : Figure d’expression par laquelle on désigne une entité conceptuelle au moyen d’un terme qui, en langue, en signifie une autre en vertu d’une analogie entre les deux entités rapprochées et finalement fondues.

    Dans mon exemple : « fais pas chier » est une métaphore. Vous ne me demandez pas de ne pas vous faire déféquer mais vous laisser tranquille. Une métaphore consiste à donner une autre signification à un terme. « arrêtez de m’emmerder » est aussi une métaphore.

    périphrase : Figure dans laquelle on substitue au terme propre et unique (mot usuel ou nom propre) une expression imagée ou descriptive qui le définit ou l’évoque.

    Mes quelques lignes sur la soupe et le bouillon constituent une périphrase décrivant la servilité des journalistes.

    Comme est une périphrase le début de la citation utilisée dans mon « test » : « J’ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier. L’aigle va fondre sur la vieille buse. »

    Cela devrait vous dire quelque chose, non?

    PS :

    « bats ton macho tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, lui il le sait » J’aime beaucoup…

    Mais bon… Comme à la fin, c’est toujours moi qui l’emporte, c’est sans importance. Alors, amusez-vous, mon petit. Exprimez à loisir votre fougue de pouliche fière et revêche (ça aussi, c’est une métaphore). 😉

    Aliocha : votre gracieux « fais pas chier » est en effet une métaphore, le passage sur la soupe aussi. Plus précisément, une métaphore in praesentia, c’est-à-dire que le comparé est présent auprès du comparant. Vous évoquez les journalistes qui servent la soupe. Si les journalistes avaient été absents de votre phrase, il se serait alors agi d’une métaphore in abstentia. Ici, servir la soupe est une image qui sert de comparaison et non une définition ou une simple description. Une métaphore, c’est une comparaison sans comparatif. Une périphrase c’est une définition ou une description utilisée à la place d’un mot. C’est pourquoi je conteste avec force votre théorie de la périphrase. Et ce n’est pas parce que le salon du cheval vient de s’ouvrir que je vous autorise à me traiter de pouliche, sinon, je pointe et vous vous retrouvez par terre.

    Commentaire par Ferdydurke — 04/12/2010 @ 10:38

  48. Oui, il a raison.

    Décidément on est sur la même longueur d’onde en ce moment avec Ferdydurke.

    (c’est une métaphore ou une périphrase?)

    Aliocha : Stylistiquement, une métaphore, psychologiquement, une crise de machisme 😉

    Commentaire par tschok — 04/12/2010 @ 11:02

  49. @ Aliocha

    Le « fais pas chier » n’est pas de moi, mais d’Audiard, d’abord. :p

    Quand ça veut pas, ça veut pas. Vous vous trompez, Aliocha, et accessoirement vous vous mélangez les pinceaux. Mais bon, comme disait l’autre « il ne faut pas contrarier une femme, il faut attendre qu’elle change d’avis » (ou quelque comme cela).

    Bien entendu, vous êtes libre de contester de toutes vos forces. Cela fait partie de votre charme de pouliche délicieusement butée. C’est très plaisant et vous savez que je n’ai aucun goût pour les cruches soumises (celles auxquelles il faut demander de sauter par la fenêtre pour les entendre dire « non »… et encore).

    Pointez également à votre guise. Vous ne serez pas la première que je dompterai. 😀

    Aliocha : « ô cervelle indocile
    Faut-il qu’avec les soins qu’on prend incessamment,
    On ne te puisse apprendre à parler congrûment ? »
    (Bélise, in Les Femmes savantes)

    Commentaire par Ferdydurke — 04/12/2010 @ 11:37

  50. @ Aliocha

    « Elle a, d’une insolence à nulle autre pareille,
    Après trente leçons, insulté mon oreille
    Par l’impropriété d’un mot sauvage et bas,
    Qu’en termes décisifs condamne Vaugelas. »
    (Philaminte, même oeuvre, même scène, un peu avant…)

    😛

    Commentaire par Ferdydurke — 04/12/2010 @ 12:15

  51. […] que la situation inverse soulève exactement la même difficulté.  Il y a quelques temps, Audrey Pulvar avait cautionné la décision d’I Télé de supprimer son émission en raison de cette liaison affichée. Et puis au fil des mois et des […]

    Ping par Où l’on reparle d’Audrey Pulvar « La Plume d'Aliocha — 22/05/2012 @ 14:33


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