La Plume d'Aliocha

04/11/2010

Ainsi la force du Web serait de nommer…

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 17:31

Daniel Schneidermann s’en prend aujourd’hui dans son toujours très savoureux Neuf-Quinze à l’éditorial d’Eric Fottorino, directeur du Monde, lequel critique vertement ses prédécesseurs, dont la joyeuse bande Minc-Colombani-Plenel, sans toutefois les nommer.

Et le patron d’@si d’observer :

« Cet article, fidèle à la grande tradition des homélies du Monde, est parfaitement représentatif de ce journalisme du surplomb et de l’entre-soi, ce journalisme de club anglais à boiseries, que le Web a rendu tragiquement caduc. Car le Web, lui, nomme. Il nomme à tout va. Pour de nobles ou de vulgaires raisons: pour être référencé dans les moteurs de recherche, par passion d’être accessibles, compréhensibles, de gonfler les forums, il nomme, surligne, et multiplie les liens, pour que l’on puisse juger sur pièces. Il faut imaginer un lecteur, saturé de noms et de références, débarquant par une faille spatio-temporelle dans le texte de Fottorino : il a l’impression de se retrouver dans une salle de musée, en dehors des heures d’ouverture. Pas besoin de longues analyses médiologiques : s’il s’obstine à pratiquer ce journalisme d’initiés, l’avenir du Monde est arithmétiquement programmé ».

C’est vrai, le web nomme. Et le web aussi se souvient, éternellement ou presque, des faits, des noms, des paroles et des actes. Et le web sait trouver, en une fraction de seconde, tout ce qui a été dit, écrit, photographié, filmé sur une personne. Le pire et le meilleur, le public et le privé, le vrai et le faux. Mais le web tempête quand on ose s’interroger sur la pertinence de son sacro-saint anonymat. Drôle de web….

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