La Plume d'Aliocha

01/11/2010

L’humour « border line » de France Inter

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 11:10

Intéressante affaire que celle du départ de Gérald Dahan de France Inter vendredi dernier. Voyez sa réaction, recueillie par le JDD. J’ai visionné la chronique qui, dit-on, serait à l’origine de son départ. On y voit sa « victime », Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux, rire avec bienveillance, puis rire jaune et, enfin, ne plus rire du tout. Ce départ forcé a de quoi alimenter les soupçons d’allégeance au gouvernement pesant sur Jean-Luc Hees, nommé président de Radio France  en conseil des ministres l’année dernière et Philippe Val, désigné par Hees à la tête de France Inter également en 2009. Ce d’autant plus que Gérald Dahan est le troisième humoriste irrévérencieux à quitter France Inter, après Stéphane Guillon et Didier Porte. Evidemment, la tentation de s’indigner de la mainmise du gouvernement sur l’audiovisuel public et de lever très haut l’étendard de la liberté d’expression est forte, très forte. Néanmoins, on ne peut se défendre d’un sentiment de gêne, quand on regarde la vidéo du sketch soupçonné d’avoir couté sa place à Dahan.

Imaginons un instant que ledit sketch ait été joué sur la scène d’un théâtre. On aurait ri, ou pas, mais on aurait pu s’émouvoir à juste titre que l’humoriste soit critiqué à son sujet. Après tout, il n’est pas plus cruel que nombre de ses confrères vivants ou disparus, de Thierry Le Luron aux chansonniers du Théâtre des 2 ânes en passant par Laurent Gerra et bien d’autres.

Ce qui dérange ici, c’est le drôle d’exercice consistant à infliger à une ministre d’Etat, par ailleurs interviewée sur cette même radio, une charge d’une violence indéniable, fut-elle enrobée d’humour. Etrange face à face qui en réalité n’en est pas un, puisque l’humoriste s’adresse à son public, en s’employant à le faire rire sur le dos de la personne présente à ses côtés et sans que celle-ci puisse intervenir pour se défendre. Pire, l’humoriste la place dans la position infiniment détestable d’être le prétexte à des attaques dirigées contre d’autres ministres et le Président de la République lui-même.  Voilà qui embarrasserait n’importe quelle personnalité, mais pose un problème supplémentaire à un ministre, responsable non seulement de sa personne mais également de sa fonction. Il faut bien admettre que le format de l’émission est très discutable. Ce d’autant plus qu’il mêle information et satire avec une maladresse certaine.

Gérald Dahan invoque le fait qu’on lui aurait demandé d’être border line. Il l’a été indiscutablement, et il le paie. C’est sans doute injuste. Injuste de l’avoir envoyé au feu pour ensuite le remercier.  Injuste de l’avoir placé dans une position intenable et de lui reprocher le résultat.  Il faut rire des politiques. Mais en ayant au moins l’élégance de leur permettre de faire semblant de n’être pas au courant. L’indépendance revendiquée par les médias n’autorise pas tout. En particulier, elle n’excuse pas la provocation inutile, l’inélégance morale et la faute de goût.

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60 commentaires »

  1. Le problème de la forme des chroniques à inter se pose évidemment, et vous pointez effectivement une drôle de situation qui oblige l’invité(e) à assister à son dézingage en règle sans avoir le loisir de répliquer (mais peut-on répliquer sans se faire taxer de manque d’humour?).

    Mais le plus gros écueil de ces chroniques reste encore leur faible qualité (et déjà avec Guillon, même si dans une moindre mesure – seul Morel fait exception). Rédigées par des humoristes qui confondent provocation à deux sous et subversion, travail de la plume et travail du colon, « plus vulgaire(s) qu’une virgule sur le mur des toilettes de la gare du Nord » comme dirait l’autre, l’indigence patente de ce que je ne qualifierais d’humour que sous la torture dépasse l’entendement. L’on peut être d’une férocité sans égale sans sombrer dans la vulgarité crasse. (Voyez pour exemple la réponse du bâtonnier de Paris aux attaques de Synergie). Ils sont à l’humour ce que le Big Mac est à la gastronomie.

    Commentaire par Gwynplaine — 01/11/2010 @ 12:09

  2. Aliocha

    a mon avis le problème est que justement le sketche en question n’est jamais drôle
    sérieusement avez vous fusse souris à moment quelconque?

    et si les raté de la formule du 7/9 de france info apparaissent aussi brutalement c’est certainement parce on a rien d’autre sur quoi poser son regard

    on ne peut certes pas demander à un humoriste d’être super drole 24h/24, il y a des jours où l’on est plus inspiré que d’autres.

    Mais comme vous dite c’est la formule elle même qui est à revoir, peut être que les humoristes devraient avoir leur rubrique à part et non pas être « incrustés » au milieu d’un débat politique
    on pourrait aussi imaginer qu’ils ne s’attaquent pas à l’invité du jour

    Aliocha : il est toujours difficile de s’ériger en juge de ce qui est drôle ou de ce qui ne l’est pas. Après tout, il y a une bonne part de subjectif dans le rire. C’est pourquoi j’ai préféré aborder le problème sous un autre angle qui me paraissait pouvoir susciter un débat plus fructueux.

    Commentaire par fredo — 01/11/2010 @ 13:32

  3. On vous a connue plus intransigeante dans la defense de la liberte d’expression. Peut-etre parce que vous n’aimez pas l’humour de Dahan. Moi non plus, mais le fait qu’en france (ou a france inter en tout cas) il devienne une habitude de virer les humoristes pour insolence vis-a-vis du pouvoir, ca me semble quand meme symptomatique d’une pression malsaine du pouvoir sur les medias. L’humour, le bon et surtout le mauvais, est un aspect essentiel de la liberte d’expression. De plus, l’argument du « mauvais gout » me semble assez hypocrite: l’humour est un exercice difficile, et rare sont les humoristes qui sont toujours subtils, jamais provocateurs, jamais de mauvais gout… et s’ils existent, ils ne sont pas droles. L’argument du bon gout est toujours celui qui est utilise quand il faut faire taire les artistes, et jamais avec raison: c’est au public de decider de la qualite d’un artiste ou amuseur, pas aux elites.
    Dans un pays ou les interviews de politiques en general, et de membre de gouvernement en particulier, sont souvent d’une molesse navrante, je trouve inquietant qu’on s’attaque ainsi aux humouristes qui osent…

    Aliocha : Comme je l’ai précisé en réponse à Fred, je ne juge pas l’humour de Dahan, mais le format qu’on lui impose.

    Commentaire par baralis — 01/11/2010 @ 13:40

  4. Baralis,

    Le problème n’est pas tant d’aimer ou non la chronique de Dahan, c’est qu’elle est faite en présence d’Alliot-Marie. Je doute que vous goûteriez à ce genre de petite séance imposée. Comme tout un chacun, nous pouvons supporter qu’on se moque de nous en notre absence, mais devoir entendre, pieds et poings liés sa mise en boite n’est pas vraiment amusant. Pire, dans le cas d’un ministre d’Etat en exercice, c’est la fonction qui est attaquée ainsi que le Gouvernement auquel il appartient.

    Un minimum de décence ne peut pas tuer la liberté d’expression qui est invoquée à tout bout de champ.

    Commentaire par Episteme — 01/11/2010 @ 14:02

  5. Les politiques qui acceptent, ou même demandent, à passer dans ces émissions doivent en accepter les risques humoristiques. Ils ne peuvent à la fois profiter de la grande audience qu’apportent ces humoristes à cette tranche horaire et d’un discours journaleux policé et taillé à leur seul profit.

    Personnellement, je préférerait que les humoristes restent sur cette tranche horaire et que les politiques aillent affronter quelques féroces journalistes politiques à des heures peut être plus confidentielles, mais certainement plus convaincantes sur le sérieux que nos politiques portent à notre avenir.

    Déjà que je ne regarde plus la télévision, parce que le mélange des genres de ces politiques qui veulent devenir des « peoples » est absolument navrant. Je sens que certaines radios (toutes peut être) suivent le même chemin. Il ne me reste plus qu’à aller picorer sur le web les quelques satires qui me font rire et les quelques entretiens sérieux qui me font réfléchir.

    La télé est déjà morte, la radio est en sursis, vive la procrastination !

    Commentaire par Morne Butor — 01/11/2010 @ 14:15

  6. justement je ne suis pas d’accord avec vous Alliocha

    l’humour politique est toujours fait d’une certaine outrance et exagération. Le problème qui se pose ici est qu’il n’y a pas d’humour dans cette chronique et de fait seule l’outrance reste
    et je crois que c’est précisément le fond de cette affaire

    Dahand n’a pas été viré a cause d’un appel de l’Elysée, mais simplement par ce qui lui est reproché: faire des règlements de compte plutôt que de l’humour politique

    Commentaire par fredo — 01/11/2010 @ 14:25

  7. Je n’apprécie guère le procédé, mais force est de constater qu’il n’y a que comme ça, aujourd’hui, qu’on peut appuyer là où ça fait mal.

    On a souvent des journalistes serviles, qui ne posent jamais les questions qui fachent, ou qui n’insistent pas quand les réponses ne sont pas satisfaisantes. Et puis on a les politiques qui evitent les questions ou qui y répondent avec une mauvaise foi confondante (Woerth qui jure qu’il ne s’est jamais contredit, les « fables » de Sarkozy, etc).

    Alors oui, face au louvoiement des politiques et de la plupart des interviewers, l’humour bête et méchant reste le dernier outil efficace pour arracher une réaction honnête. La tronche de MAM et le départ de Dahan sont 2 de ces réactions.

    Aliocha : si je vous traite de voyou et que ça ne vous fait pas rigoler, devrai-je en déduire que vous faites la gueule parce que j’ai raison ? Et si ensuite vous m’attaquez en diffamation, le public devra-t-il en conclure que j’ai tort ?

    Commentaire par Oncle Vania — 01/11/2010 @ 14:30

  8. Episteme,

    Cette seance n’est pas imposee: MAM est invitee, a elle (et ses assistants) de faire sa recherche et choisir ou elle fait ses apparitions.

    Que l’on vire Dahan, parce qu’il fait peur a tout le monde, et personne ne veut venir a son emission, je comprends. Qu’on le vire parce qu’il ne fait rire personne, et personne n’ecoute le programme, je comprends. Maintenant quand il est vire par sa hierachie pour insolence vis-a-vis d’un ministre, oui, ca malmene la liberte d’expression. Car le message envoye aux autres employes de la radio est clair…

    Aliocha : justement, je ne le trouve pas si clair, ce message. D’abord, on ne sait pas si ce sketch est la cause de son départ, on le présume en raison de la concomitance des deux événements. Ensuite, je trouve étrange cette volonté actuelle de défendre la liberté d’expression jusque dans l’insulte, la grosse blague grasse, l’attaque ad hominem etc. Est-on vraiment sûr qu’il n’y a pas d’autres combats à mener ?

    Commentaire par baralis — 01/11/2010 @ 14:32

  9. Bien sur qu’il y a d’autres combats a mener! En fait, la presse etant plutot libre en france, il y a toujours plus urgent que de s’indigner des petites atteintes a sa liberte (je suppose que vous l’entendez assez, celle-la). Surtout quand il s’agit juste d’un humoriste. Surtout s’il n’est pas drole.
    Ce qui me derange c’est que ca s’inscrit dans une attitude tres agressive vis-a-vis des medias, depuis quelques annees. Alors d’accord, dans ce cas la, on ne sait pas si c’est la cause de son depart. N’empeche que c’est france Inter, et que ca fait trois humouristes vires brutalement depuis que la gouvernance de la chaine a changee.
    Quelle est l’urgence de virer Dahan ici? A-t-il fait une faute? Quand on vire quelqu’un comme ca, la moindre des choses serait de se fendre d’un communique expliquant les raisons du geste, non? Ce qui me derange, c’est l’apparence arbitraire de ces decisions. On attend autre chose d’une chaine d’information. Alors, oui, j’ai du mal a croire que les autres journalistes, sur France Inter, se sentent tres a l’aise quand ils doivent faire un interview. Du coup, on fait quoi? On insiste sur la question difficile ou la joue prudent?

    Commentaire par baralis — 01/11/2010 @ 15:29

  10. @ Aliocha
    >Est-on vraiment sûr qu’il n’y a pas d’autres combats à mener ?

    Oh, si il y en a bien un de combat plus important : « demander aux journalistes politiques de poser des vrais questions et ne pas se satisfaire des fausses réponses », mais malheureusement, personne ne semble vouloir s’attaquer à ce combat, préférant rester dans le ‘concept’ plus politiquement correcte de « nos amis la com » pour se plaindre, mais il est si facile de lutter contre elle : ne pas la relayer et poser encore et toujours les bonnes questions.

    Ce serait un bon combat non ?

    Aliocha : c’est précisément là que je voulais en venir. L’humour ne doit pas être un substitut au journalisme, une sorte de vengeance impuissante pour le public et de cache-misère pour les médias. Et c’est aussi en cela que la chronique de Dahan était déplacée, elle semblait vouloir dire : la ministre raconte n’importe quoi, mais on n’est pas dupe. Si la ministre raconte n’importe quoi, c’est aux journalistes de le démontrer, faits à l’appui. Pas à un humoriste de l’insinuer dans une émission d’information. Parce que sinon, on frise le populisme. Et je suis bien d’accord avec vous, si on en est là, c’est dû au manque de courage et de travail dans ma profession.

    Commentaire par herve_02 — 01/11/2010 @ 15:32

  11. Baralis,

    Je doute qu’Alliot-Marie fusse venue si elle avait eu vent de ce qui l’attendait. Donc oui, cette petite séance lui a été imposée et elle a été d’une rare violence. Je la trouve digne eu égard à ce que lui balance Dahan. Si quelqu’un en écoutant cette chronique y voit de l’humour, c’est que de toute évidence sa détestation du Gouvernement actuel lui fait perdre la raison.

    Je préfère de loin par exemple la critique argumentée d’un Eolas suite à la décision d’expulser les Roms beaucoup plus ravageuse car elle met en lumière ce qui se passe. Eolas faisait ainsi de la politique, mais en donnant à ce mot toute la noblesse que beaucoup cherchent à effacer à l’instar d’un Zemmour ou encore un Nauleau, autres polémistes dont le jeu est de nuire par pure méchanceté.

    Comme le soulignent Herve_02 et à sa suite Aliocha, il faut une presse de qualité qui n’hésite pas à appuyer là où ça fait mal en posant des questions sur la politique menée et le pourquoi de celle-ci en esquivant autant que faire ce peut les artifices de com. Cela nécessite une bonne connaissance des dossiers sur lesquels les politiques seront interrogés et une certaine habileté oratoire.

    Commentaire par Episteme — 01/11/2010 @ 17:18

  12. Episteme,
    vous remarquerez que vous etes celui qui accuse ceux qui ne partagent pas votre avis de « perdre la raison ». On a vu mieux comme argumentation. Sinon, Alliot-Marie a choisi de venir a cette emission, et pouvait claquer la porte a tout moment: ca ne correspond pas a ma definition du verbe « imposer » (au passage, je trouve cette sensiblerie assez touchante au vu des discussions recente sur la garde a vue). Qu’importe, elle ne l’a pas fait, elle est restee digne, et c’est tout a son honneur.
    Ca n’est pas le probleme ici, personne ne songe a donner une medaille a Dahan.

    Le probleme, pose en termes tres simples, est qu’un humoriste (ou un journaliste) se fasse virer a cause d’une chronique, sur avis discretionaire de sa hierarchie, sans qu’aucune plainte n’ait ete deposee, sans qu’il n’y ait eu d’outrage public. Ca ne correspond pas a ma vision d’une presse libre et independante.
    Le journalisme de qualite que vous reclamez de vos voeux, il demande une certaine combativite, une audace. Regardez un interview de ministre britannique sur la BBC ou sur Channel 4, vous verrez qu’ils passent un mauvais moment a chaque fois. Dans le meme temps, si en france meme les humoristes se font virer pour etre trop agressifs, on a peut etre la une explication de pourquoi on voit si peu de cette combativite journalistique dans les interviews traditionels…

    Savoir si Dahan etait agressif ou pas, drole ou pas n’est vraiment pas le probleme, car c’est subjectif.
    Le probleme est que trois humoristes se sont fait virer en un an pour avoir dit des choses qui deplaisaient a la direction. Je ne pense pas que ce genre de coup de dent aide vraiment au developement du journalisme « qui n’hesite pas a appuyer la ou ca fait mal » que vous appelez de vos voeux.
    Sinon, je ne vois pas vraiment l’interet de comparer la chronique d’un humoriste a la critique d’un avocat. Bien sur que la seconde est plus constructive, le contraire serait navrant.
    Si je comprends bien votre pensee, les journalistes manquent de courage dans leurs confrontations avec les politiques, donc il est legitime de virer un humoriste trop agressif?

    Commentaire par baralis — 01/11/2010 @ 18:24

  13. D’accord avec vous Aliocha.

    Ce mélange des genres ne rime à rien.

    Quant à la liberté d’expression, si elle consiste à dire n’importe quoi, c’est qu’elle est bien malade

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/11/2010 @ 20:46

  14. Totalement hors sujet : j’attire l’attention de mes juristes favoris sur la décision prononcée en 2009 par la cour de cassation dans le dossier Kerviel, elle peut les intéresser : http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/chambre_criminelle_578/5932_10_14231.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2010 @ 20:54

  15. @ Denis Monod-Broca

    Par définition, s’il n’est plus possible de dire ce qu’on pense, y compris n’importe quoi (mais dans le respect de la loi), alors c’est qu’il n’y a plus de liberté d’expression.

    Commentaire par Morne Butor — 01/11/2010 @ 20:54

  16. @ Aliocha.

    Si vous me dites que je suis un voyou gratuitement alors que je n’en suis pas un, oui je le prendrai mal.
    Si vous me dites que je suis un voyou parce que je travail pour un banque, je le prendrai pas très bien, mais dans mon fond intérieur je me dirais que travailler consciemment pour des voyous fait de moi un voyou.
    Si -imaginons- que je suis le chef des banques qui sont comportent comme des voyous et que vous me traiter de voyou, et bien je me sentirai très mal parce que vous me collerez un vérité dérangeante sous le nez. Exactement ce qui se passe avec MAM.

    Commentaire par Oncle Vania — 01/11/2010 @ 22:08

  17. Ces derniers temps les « humoristes vachards » ont pris une importance démesurée dans les médias. Et s’ils prennent effectivement la place des journalistes bien trop timorés à l’égard des politiques ils ne sont pas les seuls à blâmer : l’indigence de la critique du gouvernement en place par l’opposition y est aussi pour quelque chose!

    Et peut être que suppléer aux carences des journalistes et de l’opposition cela fait un peu trop pour des épaules de saltimbanques…

    Commentaire par Mussipont — 02/11/2010 @ 06:21

  18. En effet c’est la position même de la pastille humoristique, alors que le sujet des rires est encore dans le studio, qui est a critiquer. Et donc par extension, la décision de Vals, puisque c’est lui qui en est a l’origine.
    Que ne regrette-t’on l’an passé, avec 3 humoristes officiant a 7h55, avant l’invité et sans jamais le croiser ?
    On sait qui a voulu changer cette tranche. N’est ce pas lui qui devrait etre viré avant tout ?

    Commentaire par Vonric — 02/11/2010 @ 10:14

  19. A la base se pose le problème du sens que l’on donne au mot « humour » c’est avant tout de la légéreté sinon on tombe dans la critique et le pamphlet et l’exemple donné est parfaitement grossier. Face à une personne qui n’a pas le droit de réponse s’en donner à coeur-joie en tirant à boulet rouge sans avoir l’excuse d’être drôle produit l’effet inverse et de la contre – propagande en rendant l’adversaire sympathique.

    Il est vrai qu’actuellement les bases et les références culturelles ne sont pas les mêmes qu’autrefois et qu’il est nécessaire d’alourdir le trait pour être compris, mais ceux qui continuent la lignée des « deux ânes » montrent un chemin qui est plus dans la ligne de « castigat ridendo mores » que ces diatribes haineuses et méchantes dont on nous abreuve actuellement.

    Commentaire par scaramouche — 02/11/2010 @ 10:53

  20. Une vidéo sur mesure… à faire tourner !!
    « Je lutte des classes… Tu luttes des classes… Elle lutte des classes. »
    Avec une opinion à la masse
    Un pouvoir à la ramasse
    Et la sourde menace
    De se retrouver dans l’impasse.
    Je lutte des classes…Tu luttes des classes…elle lutte des classes
    Tous et toute de guerre lasse…Une fois… hélas !

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20classe

    Commentaire par tueursnet — 02/11/2010 @ 10:56

  21. Pourquoi le public aime-t-il que l’on ridiculise les politiques ?

    L’explication me semble être que les politiques ont 1) accès aux médias (ce que les anglo-saxons appellent le « bully pulpit ») 2) du pouvoir, y compris celui d’imposer des choses désagréables au dit public, lequel peut difficilement répliquer. Prenons par exemple le cas du président de la République, qui tance un quidam d’un « casse-toi pauvre con », tandis que si un quidam se permettait la réciproque, il serait arrêté et probablement mis en garde à vue (qui de fait a pris le caractère d’une punition extrajudiciaire), voire poursuivi.

    Mes amis suisses contrastent cette situation française, où un ministre ne peut se déplacer sans une haie de robocops, avec leur pays, où il est éventuellement possible d’aller prendre un pot avec Pascal Couchepin.

    Les chansonniers exercent ainsi une vengeance par procuration, en rabattant la superbe des puissants. Le problème est qu’en effet parfois ce n’est ni très fin ni très juste, et que de toute façon cela ne fait absolument pas avancer les choses (pendant qu’on rigole, on n’agit pas).

    Aliocha : c’est un vrai débat. J’avais lu il y a quelques temps une interview d’un des humoristes des 2 ânes (allez les entendre, ils sont remarquables, en particulier Guidoni dans son imitation de NS) sur le sujet des politiques. Le journaliste demandait s’il n’avait pas l’impression de nuire au climat politique ou quelque chose du genre. Ce à quoi il a répondu qu’au contraire, les humoristes étaient une soupape de sécurité. Je crois que c’est assez vrai, le problème survient à mon sens quand on mêle information et dérision, ou quand les politiques viennent faire les pitres dans des émissions pipole. Mais aller entendre un comique sur scène chahuter nos dirigeants, c’est plutôt distrayant.

    Commentaire par DM — 02/11/2010 @ 11:41

  22. Toujours hors sujet, mais dans le prolongement de nos discussions sur l’affaire Kerviel et le problème de droit du travail qu’elle soulève : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/02/kerviel-une-explication-manageriale_1434010_3232.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2010 @ 12:22

  23. @ Aliocha 22

    Je veille, je veille 😉 mais j’avais placé cet article sous votre dernier billet du dossier Kerviel (où pas grand monde n’aurait pu le lire, effectivement :lol:)

    (2 smileys dans le même commentaire, je sens que je vais me faire taper sur les doigts par Rémy!)

    Puisque vous avez parlé d’élégance morale et du professionnalisme des journalistes, avez-vous prévu, dans votre emploi du temps surchargé, de nous faire un billet sur PLS? Moi, ça me plairait bien, je trouve vos confrères de la presse écrite et audiovisuelle bien discrets, se contentant d’une nécro en 3 lignes ou du c/c de la dépêche AFP. Il me semble que ce journaliste mérite un peu mieux, non?

    Aliocha : Mince, excusez-moi, je n’avais pas vu. Votre positionnement est plus judicieux, il se trouve que je suis très désordonnée 😉 J’aimais beaucoup PLS, en voilà un qui bossait vraiment, mais je ne sais pas trop quoi dire à part répéter ce qui a déjà été écrit…

    Commentaire par gabbrielle — 02/11/2010 @ 12:47

  24. Je suis tombé sur l’article d’Aliocha par hasard. Et comme ce dernier fait bien les choses, j’ai suivi avec un vif intérêt vos commentaires. Nous avons tous plus ou moins conscience que « l’humour » de Dahan s’est exercé dans un cadre qui était plus ou moins éloigné des préoccupations d’un humoriste . Autrement le sujet n’aurait suscité que l’attention des humoristes, comme il s’est produit naguère de certains sketches, en salle de spectacle, qui ont attiré les foudres juridiques sans que rien n’eut transparu dans la presse. suite à ces commentaires, j’aurais voulu mettre deux points en évidence:

    a)La « bonne connaissance des dossiers », évoquée par Epistémé, me semble être le point central de ce sujet. la tendance majoritaire de l’opinion oublie généralement qu’en politique, les MOTIFS de « bien connaître les dossiers » d’un sujet par rapport à un autre peuvent varier d’une personne à l’autre. Je n’aurai pas l’impolitesse de vous en détailler les enjeux. Nous leur donnons rendez-vous tous les cinq ans en glissant un papier dans une fente. Nous sommes supposés connaître les motifs du politique, nous sommes supposés connaître les motifs du journaliste, qu’en est-il de l’humoriste ? Ici nous semblons nous permettre une cécité volontaire.L’humoriste aurait-il trop de talent, de sorte qu’il pourrait influencer l’opinion de ses opposants sans même avoir à se pencher autant sur les dossiers, que le politique ou le journaliste ?
    Avec la question subsidiaire: Doit-on poursuivre ou sanctionner quelqu’un aux seules vues des motifs qu’il peut développer de vouloir faire son métier ? et sa corrolaire : Quelle position sociale pourra s’octroyer un passe-droit ?

    b)Aurions-nous eu les mêmes réactions, s’il s’était agi du porte-parole d’un parti qui adopte le même type « d’humour » que Dahan, au lieu de la fonctionnaire principale du ministère de la justice? Accordons-nous au moins le temps de faire le remplacement dans nos têtes, juste pour nous forger une idée. Nous, simples concitoyens, qui faisons l’effort d’adapter le ton de nos missives aux destinataires de notre courrier, avons une raison de le faire. Changerions-nous cette procédure si cette raison venait à disparaître ? A quel degré de civilisation (ou d’obligation, pour certains) situons-nous ce type de protocole ?

    Je ne connais pas les possibilités de reconversion d’un artiste, elles peuvent être supérieures ou inférieures aux miennes. Mais je ne commettrai sûrement pas l’erreur de mettre au même niveau la violence d’un commentaire et celle d’un licenciement. La part de responsabilité qui nous incombe dans cette banalisation continue toujours de peser sournoisement sur notre capacité à nous adapter aux changements de contraintes du monde du travail. Nous avons toujours tort de jouer les fiers cadres en croyant maîtriser ces dernières, ou pire, en croyant nous en être extraits.
    A méditer…

    Commentaire par Un passant qui passe — 02/11/2010 @ 13:04

  25. On devrait pouvoir rire de tout, dit on…. cet adage n’a plus lieu d’être, et d’autant moins sur France Inter !

    Pourquoi s’obstinent ils a prendre des humoristes (Dahan etant remplacé par deux sombres inconnus)si c’est pour les virer au bout de 2 mois

    Les Guillon et Porte avaient été virés alors même qu’ils faisaient une chronique avant l’invité du jour… on a demandé a Dahan d’etre border line avec l’invité politique du jour. donc la radio savait tres bien ce qu’elle faisait avec le risque que cela comporte
    Au contaire, je trouve meme tres fort qu’un humoriste lache ce que bon nombre de gens pensent avec la personne concernée à ses cotés.

    Simple avis perso, car ne parlons pas ici d’indépendance de cette radio (que par ailleurs, je n’ecoute pas…)

    Commentaire par misty — 02/11/2010 @ 13:26

  26. @Aliocha: C’est distrayant, mais est-ce que cela fait avancer les choses?

    Commentaire par DM — 02/11/2010 @ 14:49

  27. @ Aliocha (en 2) :

    Bien sûr qu’il est facile de s’ériger en juge de ce qui est drôle ou non : il suffit de considérer que tout ce qui ne me fait pas rire n’est pas drôle. Essayer, vous verrez, cela facilite considérablement la vie 😉

    @ DM :

    D’où tenez-vous que le mission des humoristes est de faire avancer les choses. Point n’est besoin de toujours faire avancer les choses, il est parfois salutaire de faire un pas de côté et de regarder les choses de travers pour se tenir les côtes.

    Commentaire par Gwynplaine — 02/11/2010 @ 14:59

  28. Et pourtant, il est possible de mêler information et satire de manière tout à fait respectueuse et drôle. J’en veux pour exemple le Daily Show de Jon Steward, aux États-Unis.

    Le présentateur reçoit souvent la visite de personnages politiques (y compris Barack Obama himself la semaine dernière). Il n’hésite pas à les égratigner, à les mettre devant leurs contradictions mais toujours avec une certaine courtoisie, en particulier celle qui consiste à leur laisser le droit de répondre à ses attaques.

    Sans aller jusqu’à dire que les chroniques de Guillon, Porte, ou Dahan n’étaient « pas drôle », j’ai toujours été gêné par leur brutalité.

    Commentaire par Tirxu — 02/11/2010 @ 16:02

  29. Bonjour Aliocha,

    (je migre vers les posts qui sont en page d’accueil)

    Il y a quand même un truc drôle dans cette affaire, c’est la tronche que tire MAM pendant que Dahan lui taille un costard. Ca, c’est un vrai poème.

    Bon, je dis pas que je mettrais cette vidéo dans mes best of, mais elle a sa place dans le top ten de la semaine.

    Aliocha : moi j’ai mal pour elle 😉 et dieu sait que je ne porte pourtant pas les politiques dans mon coeur.

    Commentaire par tschok — 02/11/2010 @ 16:18

  30. @Tirxu:
    Le présentateur… présente… ce qu’il connaît. Cela peut effectivement atteindre le détail des contradictions. Une présentation n’est jamais polémique en elle-même. On n’attend pas la polémique dans un sommaire, par exemple.Présenter c’est un métier.
    L’humoriste, lui, tourne en dérision quelque chose qui nous a déjà été présenté.J’entend souvent venter le talent d’humoristes qui ont fait apparaître des choses qui ne figuraient pas dans le sommaire.Cela sous-entend de connaitre la différence entre ce qui nous a été présenté et la réalité. C’est un autre métier.

    Commentaire par Un passant qui passe — 02/11/2010 @ 16:32

  31. Bon, Dahan est mauvais, c’est entendu. En même temps, on le savait avant qu’il soit embauché à France Inter. Perfidement, je dirais que c’est même sans doute pour ça qu’il a été pris. Un type inoffensif, qu’a même fait des ménages dans un meeting UMP avant la présidentielle. Et là, on lui demande de « muscler » un peu ses chroniques, et PAF, on le remercie. Bon, je compatis : le gars se retrouve sans boulot, c’est dur.

    Mais je dois avouer un truc : y a quand même un truc qui m’a faite marrer, moi, dans sa chronique : le coup des pyjamas et des draps en papier dans les tôles. Franchement : elle est quand même ridicule, cette mesure ; y avait de quoi se foutre de sa gueule à la MAM, non ?

    Après, votre compassion pour MAM vous honore, Aliocha : la pôv’, et toussa. Bon, elle avait pas non plus le couteau sous la gorge pour aller à l’émission, et elle le savait qu’il y avait cette chronique, sensément satirique, dans le lot : c’était dans le package, elle a pris. C’est pas vous qui vous plaignez (à juste titre) que de plus en plus les politiques imposent leur format, voire les questions, aux journalistes ? ben, que ceux qui font l’émission imposent le format à leur invité, franchement, ça ne me paraît pas choquant. Et je pense les auditeurs suffisamment intelligents pour bien différencier la tranche « politique » avec les journalistes de la tranche « humour » : vous pensez réellement qu’il y en a qui se sont un instant sérieusement demandé si Patrick timsit était devenu journaliste sur Inter, là?

    Elle fait la tronche, ah bah oui, elle est contrariée, la MAM : elle, elle est habituée à se foutre de la gueule du monde (quand elle file des pyjamas aux tôlards, en expliquant combien on prend au sérieux cette question des suicides en prison (et au passage, hop, j’te ferme tous les quartiers mineurs au profit des beaux EPM flambants neufs, à des centaines de borne de certaines régions, avec des mineurs qui se trouvent tellement isolés de leur famille qu’ils auront pas une visite pendant plusieurs mois) ; quand elle explique qu’en effet, le juge d’instruction « ne répond pas aux standards européens » car il est autorité d’enquête et de poursuite, mais que le Proc, lui, pas de souci ; que sa réforme de la GAV tellement qu’elle est bien qu’elle empêche qu’on puisse placer en GAV qualqu’un qui n’encourrait pas de peine de prison (ce qui est le cas disons depuis, euh….hum, Fantômette : ça fait quoi, une bonne quinzaine d’années que c’est comme ça ?) etc, etc…), à enfumer ses interlocuteurs qui, évidemment, bien souvent, n’ont aucun droit de réponse (les auditeurs qui appellent dans la matinale de France Inter, par exemple), mais en revanche, qu’un humoriste puisse en retour se payer sa tronche, là, en direct, en face à face, alors ça, ça manque d’élégance.

    Je vous rejoins en revanche sur un point : lorsque vous déplorez que ce type de chronique puisse prendre le pas, au final, sur du bon journalisme réactif et documenté, qui ne s’en laisse pas compter par l’invité, tout Ministre qu’il soit. C’est vrai que, pour reprendre l’histoire des pyjamas en papier, qui franchement, est à hurler, je n’avais en son temps jamais entendu un journaliste y aller franco en lui disant « dites-donc, c’est un peu léger, là…c’est tout ce que vous proposez ? et l’isolement par rapport aux familles, et les conditions carcérales déplorables, et l’allongement des peines, et ceci, et cela ? » Non : on lui pose la question, et hop, on la laisse dérouler son truc inepte sans rebondir derrière. Après, c’est toujours pareil : on ne peut pas généraliser, certains journalistes sont bons, d’autres le sont en fonction de leur maîtrise du sujet traité, etc….

    Aliocha : je vais vous dire, le point de départ de ce billet a été que j’ai eu mal pour elle. C’est bien embarrassant, l’empathie, parce que dans mon job, ça pollue l’intelligence et ça peut rendre inutilement courtois ou compatissant. Mais on ne se refait pas. Et puis l’empathie, c’est aussi une fantastique passerelle pour accéder à l’autre. Et accéder à l’autre, c’est la base de mon job. Daniel Schneidermann a une jolie formule à ce sujet dans Le journalisme après Bourdieu (que je vous recommande, remarquable sur le métier de journaliste), il dit qu’il est un chacal, sans doute, puisque tous les journalistes le sont, mais un chacal à scrupules. Bref, je me suis demandée pourquoi j’avais mal pour elle alors que je partage entièrement vos critiques. Parce que ce n’était pas loyal comme scénario, et pas élégant non plus. Vous me direz, loyauté et élégance n’ont pas grand chose à faire entre politiques rusés et médias ficelés. Ben si. L’un des travers du journalisme à la française, (je dis à la française parce que je ne connais pas intimement les autres), c’est d’accepter d’en prendre plein la tête et/ou de se faire rouler dans la faine, puis de se venger ensuite, soit en publiant un papier vicelard, soit en démontant la personne concernée une fois quelle est à terre. Là, j’ai le sentiment qu’on fait les deux en même temps. Un petit coup de journalisme approximatif, un grand coup de massue humoristique, je t’interviewe et je te dézingue. Populisme et désinformation. Les pyjamas en papier, c’est de la pure logique administrative, insupportable de sottise. Mais d’abord ça remonte à Dati et ensuite, ça n’autorise pas les coup bas. On rigole, entre mépris et désespoir, et on passe à autre chose ? Allons donc, le sujet mérite mieux que cela. Et voilà comment le biais contestable de l’émotion et de l’esthétique nous mène par des chemins tortueux à ce qui me semble une solution de raison : on ne peut pas consolider un journalisme relativement impuissant face aux politiques par un lynchage humoristique. Ce sont deux exercice différents, utiles l’un et l’autre, mais dont le mélange m’apparait douteux. Je n’aime pas les politiques. Ils me déçoivent, comme tout le monde. Je les crois globalement plus habile à défendre leurs intérêts qu’à embrasser ceux d’un pays ou à servir un mandat. Je ne sais plus qui écrivait « être un homme politique, c’est avoir la capacité de tout trahir, excepté l’idée que l’on se fait de son propre destin ». Quelle lucidité ! Toutefois je pense que si les politiques ne sont pas dignes d’estime, les sujets qu’ils traitent, eux, le sont. Et qu’ils méritent donc, en dehors des théâtres et des lieux de détente, d’être traités, en particulier par les médias, avec le plus grand sérieux.

    Commentaire par Jalmad — 02/11/2010 @ 21:39

  32. @ Misty (en #25)

    Il semble que c’est le regretté Pierre DESPROGES qui aurait dit « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » …

    La fin de cette citation prend toute sa valeur ici …

    Et DAHAN n’a peut-être pas innocemment pris la voix de TIMSIT : lui qui a eu des problèmes avec son sketch sur les mongoliens …

    Lire d’ailleurs à ce sujet cet intéressant article sur « Peut-on rire du handicap » :
    http://www.handinaute.org/articleff.html

    Sinon, je « plussoie » le commentaire de Jalmad [en #32] (à l’exception de son appréciation sur « Dahan est mauvais », qui est peut-être un peu excessif et d’ailleurs Jalmad semble avoir finalement aimé certains aspects de la chronique) et apprécie autant la réponse d’Aliocha.

    Commentaire par Yves D — 02/11/2010 @ 23:52

  33. Au delà des commentaires intéressants d’Aliocha sur le peu d’élégance de certaines situations mises en scène par les médias (un comique contre un politique, on est sûr que c’est le comique qui va gagner)il existe un autre problème: celui de l’intelligence supposée des comiques et des spectateurs qui rient.

    Qu’on le veuille ou non, le comique repose aussi sur une simplification outrancière qui se trouve aussi dans la tête des spectateurs. Sans quoi le comique ne passerait pas. Et ces simplifications peuvent être assez énervantes quand on aborde certains sujets qui demandent de la raison, de l’équilibre, une certaine connaissance des problèmes. Je ne parle pas bien entendu des connaissances basées sur des diplômes mais de la connaissance basée sur un minimum d’attention aux problèmes posés, par exemple, par la justice.

    Quand Guillon se prend Strauss-Kahn sur ses « conquêtes » féminines, son comique me fait rire justement parce que c’est effectivement une méchanceté intéressante sur un sujet presque tabou: le droit de cuissage « civilisé » (basé sur l’insistance et non sur l’obligation) que semblent se réserver certains dirigeants sur leurs subordonnées. Un travers qui en dit long d’ailleurs sur leur vision de leurs « inférieurs » chargés, par exemple, de les faire élire. Force est de constater que tous les comiques n’ont pas la même acuité visuelle.

    La simplification comique peut parfois avec des conséquences très dangeeuses. Avant Plantu, à la « une » du Monde, c’était le dessinateur Konk dont les dessins étaient attendus et commentés avec attendrissement: Konk en disait bien plus en quelques traits que certains éditorialistes, un croquis vaut bien mieux qu’un long discours, etc, etc.

    Jusqu’au moment où Konk a appliqué ses principes comiques de simplification à l’extermination des Juifs durant la seconde guerre mondiale et a expliqué à grands traits qu’il était impossible de faire disparaître autant de cadavres… Konk a été viré immédiatement pour avoir remis en cause la Shoah. Mais le Monde n’avait-il pas été aussi victime des principes de la simplification comique?

    Commentaire par didier specq — 03/11/2010 @ 07:54

  34. @Gwynplayne: Comme d’autres l’ont relevé plus haut, le message d’un Steven Colbert démystifiant la droite dure américaine (ainsi que la veulerie d’une partie des journalistes sous l’administration Bush), sans pour autant tomber dans l’attaque personnelle, peut permettre de mobiliser politiquement un public jeune, moderne et volontiers abstentionniste.

    Bien sûr, l’exercice a des limites ; notamment, je doute que l’électorat conservateur de petites villes regarde Colbert, et même serait capable de comprendre son humour.

    Commentaire par DM — 03/11/2010 @ 09:06

  35. Beaumarchais ne serait surement pas d’accords avec vous sur coup là (la pièce du mariage de figaro qui est jouée a st petersbourg prend un relief tout particulier), l’humour même border line est aussi un contre pouvoir

    Commentaire par bleu horizon — 03/11/2010 @ 09:24

  36. @ Jalmad : Petites remarques sur les pyjamas en papier.

    – Certes peu de journalistes ont relevé l’ineptie de cette mesure. Pas beaucoup de parlementaires d’opposition non plus.

    – Je crois, pour l’anecdote mais elle est parlante, que cette mesure a été prise suite à la visite du Comité de Prévention de la Torture à la MA de Fresnes (je crois) qui avait pointé la situation lamentable d’un détenu à qui on avait supprimé tout ses vêtements pour cause de tentative de suicides à répétition avec ses vêtements et qui vivait donc entièrement nu depuis plusieurs années dans sa cellule. Alors c’est vrai que cette mesure est ridicule, sauf pour ce détenu qui aura retrouvé un peu de dignité. Evidemment placer cet homme en hopital psychiatrique aurait pu être une autre solution mais bon, I am a dreamer…

    Commentaire par Mussipont — 03/11/2010 @ 09:37

  37. Ce monsieur a eu droit à un licenciement – en voilà un humoriste amateur qui a eu droit à une garde à vue :
    http://www.europe1.fr/Faits-divers/Il-demande-une-petite-inflation-a-Dati-299001/
    c’est de la semaine dernière, mais j’ai bien ris…

    Le boulot de satiriste est d’apporter un œil critique sur l’actualité par le biais de l’humour et de l’absurde – les meilleurs sont ceux qui exprime une indignation viscérale et peuvent faire mal, je dirais même qu’ils doivent faire mal, c’est leur métier. Certains efforts finiront au Pléiade http://fr.wikisource.org/wiki/Modeste_proposition , d’autres à la poubelle, mais le travail de satiriste est partie intégrale d’une démocratie vigoureuse.

    De là, attendre qu’il fait son travail avec son cible du jour à côté est un peu trop. Il va forcement lui gêner. En plus tourner une vidéo (c’est de la radio, bon sang) ne sert qu’à cumuler l’effet – est-ce que vous auriez autant d’empathie si vous n’avez pas vu la tronche de la dame descend vers ses bottes ? Est-il possible que c’est l’existence de la vidéo, bien répandue sur le web, qui est le vrai motif de licenciement, car on VOIT la gêne de MAM ?

    Les politiques français ne peuvent jamais se faire accusés de ne pas se prendre au sérieux, ceux qui leur convient le mieux est l’humour qui ne dépasse pas les limites d’un repas de dimanche en famille. Le problème se pose d’où place-t-on la satire sur les chaines publics ? Si, comme je soutiens, elle fait partie du débat, un service public se doit de lui trouver une place.

    Commentaire par Loki — 03/11/2010 @ 10:22

  38. Hello Jalmad,

    Heuuu… colle.

    Cela dit, sauf erreur de ma part, il existe toujours un débat universitaire sur la question de savoir s’il est possible d’avoir recours à la garde à vue pour des faits de nature contraventionnelle ou délictuelle punis par peine d’amende, dans le cadre procédural d’une enquête préliminaire ou sur commission rogatoire, le principe ne figurant dans le code de procédure pénale que dans la partie relative aux enquêtes de flagrance (article 67 CPP pour les mekesdidizes). Hervé Vlaminck en parlait encore récemment dans un numéro d’AJ Pénal.

    Après, évidemment, par croisement des critères, en pratique, je ne l’ai jamais rencontré. Mais que le principe soit clairement identifié et posé comme tel dans le projet de loi me semble être une bonne chose, même si – je suis entièrement d’accord avec vous – le présenter comme une petite révolution dans les mentalités judiciaires relève d’une certaine audace intellectuelle.

    Du coup, ce qui me frappe dans l’absence de réactions suscitées par cette affirmation, c’est le fait que, visiblement, dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens, même éclairés, il n’est pas si choquant de considérer que jusqu’à aujourd’hui (et pour encore quelques mois), on peut placer en garde à vue des personnes n’ayant commis aucune infraction susceptible d’être elle-même réprimée par une peine privative de liberté.

    Je vais vous dire ce que ça m’évoque, pour ma part: personne, absolument personne, ne sait précisément pourquoi un comportement doit être réprimé pénalement plutôt qu’un autre, et pourquoi, parmi ceux dont on estime – au p’tit « malheur » la chance – qu’ils doivent être qualifiés d’infractions pénales, certains doivent être punis d’une peine privative de liberté et d’autres non.

    Et, encore plus frappant, personne ne songe sérieusement à se poser la question, ou à la poser au législateur. Je suis certaine que beaucoup – parmi lesquels nos propres parlementaires – considéreraient que cela relève d’un simple exercice de bon sens, alors qu’on peut y voir – peut-être plus pertinemment – la manifestation d’un symptôme.

    Je crois qu’il y aurait des travaux universitaires à faire sur la question, vraiment. J’aimerais bien me faire une idée un peu plus précise du nombre d’infractions pénales peu ou pas poursuivies. Celles pour lesquelles une qualification alternative est presque systématiquement utilisée, par exemple, ou celles qui sont instrumentalisées pour servir d’autres procédures (ILE, namely). Les infractions pour lesquelles une peine d’emprisonnement est encourue sans qu’elles soient jamais prononcées. Et puis, pour le débat qui s’annonce, j’aimerais me faire une petite idée des infractions dont on parle: quel est le pourcentage de délits qui n’encourt aucune peine de prison, et quel pourcentage n’encourt pas une peine supérieure à 1 an? Dans mon activité quotidienne, il est certain que ces précisions ne viendront pas ou peu modifier la physionomie de mes dossiers – mais j’avoue mal connaître le droit pénal « hors sol », si je puis dire(hors code pénal)- à part un peu de droit pénal économique basique et un peu de droit de la presse (en partie concerné par ces dispositions). De quel droit pénal parle-t-on, là, exactement?

    Commentaire par Fantômette — 03/11/2010 @ 10:59

  39. Je ne peux qu’aller dans le sens de ceux qui déplorent que la plupart des journalistes de radio ne fassent plus leur travail de « poil à gratter ». Seuls les humoristes satiriques peuvent aujourd’hui livrer des vérités bonnes ou mauvaises à entendre.
    Par ailleurs je pense que MAM n’a pas du passer un bon moment mais qu’elle a le cuir suffisamment épais pour s’en remettre rapidement. Elle savait où elle mettait les pieds non ?

    Commentaire par jambon de Paris — 03/11/2010 @ 11:09

  40. entierement d’accord avec Jambon de Paris ! Faut arreter de dire que c’est choquant et ca m’etonne de vous Aliocha d’avoir « mal pour elle »…
    Elle savait qu’elle allait se faire alumer. Alors ok elle a priori peu d’humour mais ca valait pas le coup d’aller aussi loin
    Je suis remontée comme une pendule dans cette histoire (et bien d’autres qui touchent la liberté d’expression dans ce pays)

    Commentaire par misty — 03/11/2010 @ 11:42

  41. Aliocha,

    Très franchement j’ai pas eu mal pour MAM, mais pas tout à fait pour les mêmes raisons que Jalmad, par exemple.

    Si on réfléchit à ce qu’a dit Dahan avec la voix de Timsit, on se rend compte qu’il a tenu un discours que n’importe qui peut tenir, c’est à dire le discours du fameux Français moyen qui observe son gouvernement et les affaires. En soi ce discours n’a rien de drôle.

    Mais en entendant cela, notre MAM adorée nous sort son air consterné de catastrophe nationale, dans un magnifique effet miroir: sa consternation devrait être la nôtre. Mais c’est la sienne qu’on voit, alors qu’elle est en train de contempler à 1 mètre d’elle la caricature de l’image que nous renvoie le gouvernement auquel elle appartient.

    La caricature de Dahan n’est pas drôle. Mais c’est le fait que ça la consterne qui est drôle. Elle vit tellement dans un autre monde, dans une autre sphère, qu’elle n’a plus conscience de son image et que le fait de contempler sa caricature dans le miroir de l’humour la consterne. Et le fait est que c’est consternant.

    Didier Specq en com 33 nous dit que l’humour est simplificateur, mais je ne suis pas certain à le lire qu’il ait saisi cet effet miroir ou en tout cas qu’il le considère comme un ressort de l’humour.

    D’une façon générale, j’ai été frappé de voir que beaucoup de coms ont placé l’humour sur le terrain d’une intelligence très intellectualisée.

    Mais l’humour a des ressorts qui sont souvent très terre à terre: mettez un singe devant un miroir, il fait la grimace. Mettez MAM devant un miroir tenu par Dahan et… elle fait une tronche d’enterrement.

    C’est très terre à terre mais c’est drôle.

    Et la conclusion qu’on peut en tirer, elle, est intellectuelle.

    La dernière fois que le gouvernement nous a fait rire: quand il a affirmé mordicus qu’il y avait de l’essence dans les pompes, alors que n’importe qui pouvait se rendre compte que beaucoup de pompes étaient vides et que dans certaines régions toutes l’étaient.

    Qu’est ce que ça veut dire? Ca veut dire que les technocrates qui informent les ministres, et les ministres eux-mêmes, ne font pas le plein de leur voiture. Ils sont dans un autre monde et une information d’ordre pratique (il n’y a plus d’essence pour faire le plein de sa caisse) ne leur parvient qu’à travers des filtres administratifs qui, en l’espèce, les ont trompés.

    Avec MAM, il s’est passé la même chose: elle est tellement éloigné du commun des mortels que la confrontation avec une caricature à peine poussé de l’image qu’elle donne a produit dans son propre esprit un sentiment de consternation.

    De tous ses juges, c’est bien elle qui a été la plus sévère. A un moment, elle a même pris son sac à main et j’ai cru qu’elle allait se barrer. Si c’est ça l’effet que lui fait sa propre image…

    On devrait peut être s’en inspirer.

    Commentaire par tschok — 03/11/2010 @ 12:49

  42. Bonjour Fantômette,

    Je me suis posé la même question que vous pour l’escroquerie par exemple.

    Imaginez une petite vieille qui fait changer sa chaudière en mai. L’entrepreneur lui dit qu’en septembre, c’est réglé: elle aura son chauffage.

    Mais le type fait ce que font tous les entrepreneurs: il pose sa caisse à outils, dévisse quelque tuyaux et il se barre. Résultat des courses: en octobre, Mémé n’a pas sa chaudière et elle se caille.

    Elle vient vous voir et vous soumet ce cas: poursuivez l’entrepreneur pour escroquerie.

    D’ailleurs, spontanément elle vous dit: « je veux porter plainte ». Et vous lui expliquez qu’un « plainte » c’est du pénal. Elle vous répond: « précisément, Maître, précisément ».

    Vous analysez le dossier et vous vous rendez compte que tous les critères de l’escroquerie sont remplis. Pourtant vous n’allez pas le faire et vous savez pourquoi.

    Pourquoi?

    Parce que la société française n’a pas déclaré la guerre aux plombiers chauffagistes. Elle l’a fait contre les Roms mendiants, elle l’a fait contre les étrangers en situation irrégulière, elle l’a fait contre les jeunes, les automobilistes, les chiens en zone urbaine, elle l’a fait contre les employeurs qui ne respectent pas le code du travail (avec une partition simple: les PME on tire à vue, les grosse boites comme FT on touche pas), les juges, les journalistes, mais pas les plombiers.

    Le jour où les plombiers seront sur la liste des ennemis de la nation, là oui.

    Rien de juridique là dedans.

    Commentaire par tschok — 03/11/2010 @ 13:10

  43. Bonjour tschok,

    C’est ça. Votre exemple peut tangenter le pénal, mais ça fait partie du problème: les contours du droit pénal sont devenus si diffus que c’est devenu le cas de beaucoup d’affaires. Ce n’est pas l’effet le moins préoccupant de cette constante pression pénale, d’ailleurs. Je vois arriver des exemples en droit du logement, pour ma part (c’est juste un constat fait à mon niveau). Des accidents liés à des problématiques de copropriété en difficulté, les logements malsains ou non remis aux normes… Les bailleurs et les syndics sont un peu pointés du doigt. Les conjoints également (particulièrement les maris), je ne sais pas si ça vous a frappé comme moi. En l’absence de filtre législatif placé à l’entrée du droit pénal, c’est un filtre beaucoup plus flou qui s’installe. C’est loin d’être satisfaisant.

    Commentaire par Fantômette — 03/11/2010 @ 14:55

  44. Ce gouvernement est la pire chose que la France ait eu à subir depuis 1945. Le mépris et la grossièreté est son fond de commerce et son seul argumentaire.
    J’ai eu beaucoup plus mal pour Julien Coupat lorsque les délires sécuritaires de l’actuelle Garde des Sots lui ont valu 8 mois de prison au seul prétexte concret qu’il possédait un livre (édité légalement) que cette charmante dame avait considéré comme subversif.
    Ce gouvernement est descendu au fond du fond de la vase politocarde, et je n’ai qu’un message pour eux:
    Cassez-vous pôv cons, vous rendez l’air de la France irrespirable.
    Une démocratie n’a déjà rien à voir avec l’esprit de la 5e République, et lorsque cet esprit est caricaturé par un gouvernement qui brade la France et la vend à la découpe (sociale de préférence), je n’ai aucune compassion si un ou une membre se fait brocarder.
    Personne ne l’a obligée à aller à cette émission, par contre, impossible aux Français de ne pas la subir, elle est tout le reste du pouvoir.

    Dahan savait qu’il ne serait pas reconduit, et il s’est payé le luxe d’un bouquet final somptueux.
    Là, il a fait plus fort que Coluche, car il n’avait pas le petit rire gêné de Michel, après une vanne bien sentie.
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 03/11/2010 @ 16:01

  45. Blutch,

    Du calme.

    Dans la BD, c’est votre sergent qui s’excite et vous qui apprenez à votre cheval à faire le mort.

    Vous, vous êtes asexué (Cornélius aime Amélie Appletown, la fille du colonel du fort de cavalerie, planté en plein désert, là où il y a des indiens avec qui il faut faire la paix, en dehors de la guerre de Sécession).

    Soudainement, vous vous mettez à avoir un sexe.

    Faut virer de la BD belge à la BD française.

    Commentaire par tschok — 03/11/2010 @ 16:42

  46. Fantômette,

    Je vais vous faire un aveux: en tant que mari, je suis frappé.

    Et en tant que frappé je m’en trouve bien marri.

    Commentaire par tschok — 03/11/2010 @ 16:48

  47. ça passe pas à l’oral.

    Commentaire par tschok — 03/11/2010 @ 16:49

  48. Tschok,

    Nous sommes tous particulièrement frappés, nous devrions collectivement envisager de porter plainte.

    Par contre – attention – frappés ou non, le principe demeure: n’avouez jamais.

    (Jamais plus)

    Que vous êtes mari.

    Commentaire par Fantômette — 03/11/2010 @ 17:22

  49. (Oups)

    Marri.

    Commentaire par Fantômette — 03/11/2010 @ 17:23

  50. (Ça passe à l’écrit.)

    Commentaire par Fantômette — 03/11/2010 @ 17:24

  51. Aliocha, vous saviez que je me fais engueuler par votre blog si je poste des coms de manière trop rapprochés?

    Sur un p’tit ton un poil désobligeant, j’ai trouvé, genre : « oh là, faut se calmer dans les coms! »

    (Je cite de mémoire, j’ai déjà oublié en fait).

    C’est nouveau?

    Aliocha : je ne suis pas au courant, mais il est vrai que je poste à un rythme moins frénétique que vous. M’en vais tancer l’insolent. Commentez, Fantômette, commentez. Il est hors de question que la technologie nous dicte notre conduite, et surtout qu’elle affiche la prétention de nous simplfier la vie, tout en nous faisant des crocs-en-jambe en douce. Non mais qu’est-ce que c’est que ce bins ?

    Commentaire par Fantômette — 03/11/2010 @ 17:26

  52. Bonsoir à tous

    Vous postez dur, dîtes-donc, articles et commentaires à foison, Bettencourt et Kerviel sont tombés aux oubliettes!

    J’ai tout de même déposé des liens (bien rangés, hein, Aliocha ;-)!) un sous le billet du 20 Octobre, « Kiejman 1, Metzner 0 » (un article de L’Express sur la « trahison » éventuelle de Me Martin), et sous celui du 7 Octobre « Non, la décision Kerviel n’est pas scandaleuse », un lien vers un article de Libé, mais réservé aux abonnés.

    Et je viens de m’apercevoir (je débarque sans doute!) qu’en cliquant sur RSS commentaires, colonne de droite, on tombait directement sur les derniers commentaires postés, il ne me reste plus qu’à rattraper tout ce retard dans mes lectures.

    Commentaire par gabbrielle — 03/11/2010 @ 18:20

  53. Bonsoir Blutch,

    Juste un mot, à propos du com de tschok (#45).

    C’est un texte – certes – un peu codé, mais qui se décode assez facilement pour peu que l’on ait pris la mesure de deux-trois informations clé. Comme j’ai le temps, vu que le client suivant a du retard, je vous explique.

    C’est le moment, pour Cornelius, de crever la page. Il renonce à l’univers classique, mais sans profondeur, de la ligne claire et découvre dans le même mouvement, le Ça, la troisième dimension, la profondeur de champs, Schrödinger et la sexualité (par ricochet). Il gagne en complexité ce qu’il perd en netteté – et là, je dois vous prévenir: (re)donner de la complexité au monde et à ses informations, c’est le but. C’est à la fois le but et le moyen, d’ailleurs.

    Voilà.

    J’espère que ça vous aura aidé.

    Commentaire par Fantômette — 03/11/2010 @ 18:29

  54. @Loki: La GAV n’a-t-elle pas pris le caractère de punition extrajudiciaire, du style « on ne poursuivra pas parce que les tribunaux sont chargés / on n’arrivera pas à prouver les faits, mais au moins ça le calmera de passer 24h voire 48h au trou » ?

    Commentaire par DM — 04/11/2010 @ 09:08

  55. Heu…aux partisans de la démocratie « vigoureuse ». Une démocratie n’a pas besoin de voir ses concitoyens se donner continuellement des tapes dans le dos qui font décoler de 3 mètres pour être une démocratie. A force « d’exprimer des indignations vicérales » et de « vouloir faire mal », on y arrive… à faire mal…
    …son boulot.
    La vision de grosses bagarres dans l’hemicycle coréen est certes distrayante…
    …surtout vue de France.

    Il ne s’agit pas d’oublier que parmi les motifs (oui Fantômette, il conditionnent la physionomie des dossiers), il y a celui de voir, pour certains, la balance de la justice s’équilibrer AU MAUVAIS MOMENT, afin de créer un conflit de représentations. Et c’est probablement ce qui gênait ici Aliocha en l’occurence.

    Commentaire par Un passant qui passe — 04/11/2010 @ 15:11

  56. Fantômette,

    J’ai dit tout ça, moi?

    Franchement, je m’étonne.

    Au fait, Blutch n’a pas fini par se marier (mais sans coucher)?

    Commentaire par tschok — 05/11/2010 @ 00:24

  57. Bonjour tschok,

    Oui, bon, je reconnais avoir utilisé une technique d’interprétation élargie, mais il m’a semblé qu’elle s’imposait, vu le contexte.

    Pour le mariage, je ne sais pas, j’étais pas invitée 😦

    Commentaire par Fantômette — 05/11/2010 @ 08:41

  58. Mais j’adore les techniques à spectre large!

    Pour le mariage, vous n’avez rien perdu: les Tuniques bleues c’est la BD destinée à la jeunesse. Que du propre: les enfants se trouvent dans les choux.On couche pas, quoi.

    On se croirait au séminaire. Même la guerre devient marrante.

    C’est pour ça que je trouvais le choix du pseudo « Blutch » assez décalé par rapport au contenu du message (com 44).

    Commentaire par tschok — 05/11/2010 @ 15:34

  59. A tschok,
    Il faudrait peut-être le (me) regarder autrement.
    Il n’y a qu’une chose qui peut faire avancer Blutch (et son cheval) c’est que ce soit de sa seule volonté.
    Et il est d’une lucidité saignante lorsqu’il parle de ses supérieurs (Cornélius compris).
    Blutch est un esprit libre qui a résisté à tous les formatages.
    Et vu comme-çà, çà n’a rien de décalé.
    Et avec un Capitaine Stark à l’Elysée je me trouve assez dans le ton…..
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 05/11/2010 @ 23:45

  60. @ Blutch,

    Si vous voulez. Après tout, le choix d’un pseudo, ça se commande pas.

    Commentaire par tschok — 08/11/2010 @ 18:41


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