La Plume d'Aliocha

23/10/2010

Qui a peur des journalistes ?

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 14:02

Augustin Scalbert, journaliste à Rue 89, revient dans un long article sur les difficultés rencontrées par les journalistes pour couvrir les manifestations en France à l’heure actuelle. Dans le prolongement des débats agités que nous avons eus ici cette semaine sur le sujet, je vous invite chaudement à lire son papier. Vous observerez au passage le soin qu’il met à montrer qu’il ne s’agit pas pour la presse de protéger un quelconque privilège, mais de mettre en garde contre des atteintes répétées au droit à l’information du public. Peut-être que cette fois, grâce à lui, nous serons enfin entendus et surtout compris !

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50 commentaires »

  1. Bonjour,

    Ayant lu cet article. J’attends aussi de connaitre les suites judiciaires de ce genre d’affaire.

    Au delà de cela, il faut aussi se poser la question ce que peut réellement peu apporter le journaliste et le journalisme en général. Le journaliste doit rapporter les faits qu’il peut observer mais aussi aller au delà de ce qu’il peut voir, cad donner les conséquences possibles selon moi. J’ai beaucoup observé cette période sur les grèves, les manifestations et les actions en regard de la réforme des retraites. Les faits sont assez disparates, untel a telle info, untel autre en a une autre et les recoupements et conclusions m’ont semblé assez difficiles à donner.

    En fait la question que je me pose est de savoir si cet article sous couvert de « bastons » contre les journalistes n’est pas pas là pour leur donner une image de victime, une sorte de détournement pour leur redonner une image positive, qu’ils ne méritent pas toujours ou du moins certains dans la réalité. En fait une sorte d’enfumage.

    Aliocha : non, je crois qu’en réalité, l’article a pour but de masquer le fait que les journalistes sont des extra-terrestres extrêmement agressifs qui espionnent notre planète en vue de l’envahir. D’ailleurs, ce sont les mêmes qui ont organisé les attentats du 11 septembre, mais ne le répétez pas.

    Commentaire par Hermes — 23/10/2010 @ 20:49

  2. L’article est bon.

    Ce qui ne change rien aux diverses remarques observées sur vos deux billets faisant écho à une vidéo particulière (et à votre entêtement à coller sur la tête de vos interlocuteurs les cases « comprend pas le pourquoi du comment de la liberté de la presse » et  » « anti-presse parce qu’elle se gaverait de privilèges »), qui ne soutenaient pas un nivellement par le bas, mais l’existence d’un malaise entre le citoyen et le journaliste dans lequel ce dernier aurait une part de responsabilité.

    Par curiosité personnelle, vous pouvez très bien botter en touche, quelle est votre réaction d’ensemble – pas juste sur la forme et l’entartage – à la critique du journalisme par le journalisme et à ceci :
    http://www.homme-moderne.org/images/films/pcarles/findeconcession/pujadas.html

    Aliocha : pas réussi à accéder à votre lien. Sinon, je n’ai rien contre la critique des médias par les médias, bien au contraire, je trouve ça sain même si c’est parfois pollué par des rivalités personnelles, concurrentielles ou des conflits idéologiques. Personnellement j’en fait peu pour plusieurs raisons. D’abord parce que ce blog me ressemble et que j’ai tendance dans la vie à toujours regarder ce qui va bien plutôt que de me lamenter sur ce qui va mal. Ensuite parce que beaucoup de gens bien plus savants que moi font de la critique très éclairée. Enfin, parce que je trouve très inélégant, quand on est anonyme, de critiquer des gens qui ne le sont pas. Donc je ne le fais que quand un sujet me saute au visage et que je ne peux pas m’empêcher de le dire. Comme il y a quelques jours au sujet du bouquin de Le Bret. Des journalistes qui font la pub d’un dir’com qui avoue ouvertement les avoir manipulés dans son bouquin, ça me fout en rage. En fait, ce blog est destiné à ceux qui veulent croire qu’il y a des gens, nombreux, qui aiment leur boulot et qui le font bien. Par les temps qui courent, je trouve que c’est une information infiniment plus rare que le contraire.

    Commentaire par Le passant (qui repasse) — 23/10/2010 @ 23:09

  3. Quand les journalistes défendent le droit à l’information, certains y voient la défense corporatiste de leurs privilèges, quand les avocats exigent un renforcement des droits lors de la garde à vue, il y en a pour dénoncer un combat corporatiste http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/10/19/Verbatims. Etrange tournure d’esprit.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/10/2010 @ 00:20

  4. Il y a des jours comme ça, je réalise à quel point faire du journalisme dans un secteur plus spécialisé (site high tech dans mon cas) est un métier moins risqué…

    Rappelons au passage qu’avoir une activité de journaliste n’implique pas obligatoirement d’avoir une carte de presse. Même si, en théorie, face aux autorités, ça facilite les choses.
    En théorie.

    Commentaire par Shadow — 24/10/2010 @ 01:09

  5. Sans commentaire. Pour le plaisir seulement.

    http://csc.lexum.umontreal.ca/fr/2010/2010csc41/2010csc41.html

    Commentaire par Mobile — 24/10/2010 @ 05:07

  6. Aliocha. Pourriez vous éclairez ma lanterne par rapport à votre réponse à mon humble commentaire, car votre humour peut amener à deux conclusions totalement opposées.

    Commentaire par Hermes — 24/10/2010 @ 07:38

  7. Bonjour Aliocha,

    Pour répondre à votre question titre, pas grand monde quand il est de ce niveau: http://voxthunae.wordpress.com/2010/10/13/mazerolle-et-duflot-vs-le-venerable-professeur-kuing-yamang-journalistes-et-politiques-unis-dans-la-betise/
    Ceci dit, on se passerait volontiers de cette manière « d’informer ».

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 24/10/2010 @ 09:36

  8. Le débat tourne en rond : les CRS (j’ai eu à faire à l’un d’eux dans un cadre privé et j’ai d’ailleurs du porter plainte… la plainte s’est « égarée »…) sont des chiens auxquels on apprend à mordre dans toutes les situations et face à n’importe qui. (et l’effet de meute en rajoute encore à l’agressivité).

    Les journalistes, les lycéens, les passants, les vieilles dames, … tous ceux qui ont eu le malheur de se retrouver dans une meute de CRS, de leur propre gré ou non, se sont fait mordre.

    La question est de savoir si une force aussi violente, agressive et incontrolable dans la violence est légitime dans notre société, sachant que cette même force est déployée de la même façon qu’il s’agisse d’une émeute de casseurs en banlieue ou d’une manif de retraités ou de lycéens.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 24/10/2010 @ 20:56

  9. Bonjour

    Face à tous ces exemples, quelques choses me pose question : si, comme le dit l’ancien commissaire de police dans l’article, aucune consigne n’est donnée pour empêché la presse de travailler convenablement, pourquoi autant de policiers en autant d’endroits différents se sentent-ils en quelque sorte les mains libres pour intervenir de façon aussi clairement répréhensible envers la presse ? Ca ressemble a quelque chose de l’ordre de ce que Kerviel avançait pour sa défense : pas de consigne claire, mais un laisser-faire flagrant voire même encouragé.

    Commentaire par Gwynplaine — 24/10/2010 @ 21:31

  10. Pour ma part ayant connu du personnel de la gendarmerie et de l’armée, en fait j’ose poser des questions aux gens. Quand on leur donne l’ordre de faire évacuer ou sécurisé un lieu. Ils font ce qu’ils ont à faire et dégomment tout ce qu’il y a dans leur passage. En gros ils font leur boulot. Donc si on veut pas prendre de coup, on a tous des jambes donc vaut mieux s’écarter le plus vite possible. Et je suis pas sûr que la carte de presse soit un passe droit. Mais bon, faudrait par exemple que des journalistes justement puissent faire un reportage du coté des CRS lors des manifestations pour faire mieux comprendre les actions des uns et des autres. En plus j’attends de voir les suites judiciaires de ces « bastons » sur des journalistes part les CRS ou s’il existe des précédents de jugements déjà clos dans ce genre de cas.

    J’ai eut de longues discutions avec un policier sur les gardes à vues et c’est vrai que ce qui nous parait une injustice lors d’une garde à vue est assez souvent une protection pour tous, quand on explique le pourquoi du comment. Mais bien entendu, il existe partout des abus comme dans toute profession.

    Commentaire par Hermes — 25/10/2010 @ 08:58

  11. @ Gwynplaine :

    je serais assez tentée par l’analyse que vous proposez, tout en me disant qu’on ne peut, comme ça, écarter d’emblée l’hypothèse de véritables consignes (non écrites, bien sûr) en ce sens. J’en veux pour preuve la circulaire honteuse d’août dernier débusquée par je ne sais plus quel petit canard local (bravo à lui) donnant pour consigné claire de donner la priorité à l’expulsion des Roms, ou encore les nombreux épisodes rapportés par des Strasbourgeois lors du sommet de l’OTAN, selon lesquels des policiers débarquaient chez eux et leur intimaient l’ordre de démonter telle banderolle anti-OTAN ou tel drapeau pacifiste (ce qui est strictement contraire à la constitution, et difficilement imaginable sans ordre en ce sens). Ou alors, je pense au fichier MENS (pour minorité ethnique non sédentarisée)(euh, pardon, qui n’existe pas, hein Brice ??? ). Bref tout ça pour dire qu’en cherchant, même pas trop longtemps, dans l’actualité récente, il y a de nombreux exemples montrant que des ordres manifestement illégaux et attentatoires à des droits constitutionnellement garantis ont été donnés. En outre, clairement, les journalistes (disons que ça dépens desquels, mais si on prend ceux susceptibles de couvrir des manif et filmer des affrontements entre policiers et manifestants, on peut raisonnablement penser qu’ils seront classés par le pouvoir comme étant les « mauvais ») ne sont pas en odeur de sainteté en ce moment vis à vis du pouvoir. Donc, tout est possible.

    Quoiqu’il en soit, disais-je, votre explication « à la Kerviel » me semble convaincante. Car, que constate-t-on ?

    – qu’en plus haut lieu on polémique autour du « motif légitime » (le seul fait d’être journaliste en est un, ce me semble)d’avoir été en zone dangereuse en Afghanistan pour les 2 journalistes enlevés (à cet égard, il a été parlé de Pulvar récemment, et je dois lui rendre hommage car sur ce sujet en particulier, elle a été délicieusement impertinente et ne s’est pas laissée démonter par un Hervé Morin extrêmement arrogant à son endroit et cherchant à la décrébiliser, un matin, sur Inter),

    – qu’un Proc ordonne tranquillement des investigations sur des journalistes, en violation fort probable d’une loi visant à les protéger votée il y a quoi, 6 mois ?

    – que des politiques ou personnalités de la « haute » (de gauche comme de droite, d’ailleurs, je songe en particulier à Mélenchon, mais également à l’article du Monde de l’avocat fiscaliste sur l’affaire Bettencourt qu’Aliocha nous avait signalé) viennent dire que les journalistes devraient s’occuper des « vraies » affaires plutôt que de « bassiner » le bon peuple avec des trucs dont ils n’ont que foutre ;

    etc…etc….voir les exemples donnés par Aliocha.

    Je ne dis pas que c’est nouveau, et propre à la droite. Il serait je pense naïf de penser cela : je crois que de tout temps, les politiques, le pouvoir, les puissants, ont cherché à instrumentaliser la presse, à la contrôler, ou à la baillonner. En revanche, j’ai l’impression (qui n’est qu’une impression, disons, à vue de pif, mais qui mériterait d’être étayée) que ce qui est nouveau, c’est que cela se fait de façon de plus en plus assumée, claire, sans s’embarrasser de camouflage. Alors, bien sûr, on continue à clamer son attachement à la liberté de la presse, mais on se comporte avec ostentation de façon à envoyer un message exactement inverse, et qu’il n’est pas très difficile de décrypter. Et les flics sont comme les autres : ils décryptent très bien. Ajoutez à cela que, d’une manière générale, la police est soutenue par le pouvoir(officiellement, j’entends, par grand renfort de « tous les coups sont permis pour lutter contre les délinquants », car dans les faits et les moyens alloués, c’est autre chose), que ledit pouvoir surfe sur l’insécurité des policiers (ce qui est exact, c’est un métier dangereux, et peut-être de plus en plus, mais pas nécessairement pour les motifs avancés d’augmentation de la délinquance ou de dangerosité accrue de la délinquance dans son ensemble) et que le même pouvoir entretient une savante confusion entre « manifestants » « grévistes » et « casseurs » « délinquants » « personnes qui prennent en otage le pays », et hop, vous avez des types chauffés à blanc en général lors des manif, sûr de leur bon droit et du soutien de leur hiérarchie, et qui estiment ne pas avoir à distinguer le journaliste et la liberté de la presse du traitement habituel qu’ils réservent au manifestant « de base », présumé ou presque, délinquant en puissance.

    Je caricature évidemment, et je ne veux pas mettre tous les policiers dans le même panier. J’ai fait de nombreuses manif en Province, dans des petites et moyennes villes : aucun incident, police souriante et agréable qui encadre la manif de façon à assurer la sécurité de tous (notamment bloquer les rues de façon à éviter l’arrivée intempestive de véhicules), qui se déploie en nombre suffisant pour intervenir en cas de difficulté, mais reste discrète. C’est même régulièrement que j’ai vu des syndicalistes avec banderoles tailler la bavette presque amicalement avec des policiers, voire leur taper dans le dos en passant ; je vous assure. Et évidemment, la presse locale qui est là, et qui fait son boulot sans qu’il ne vienne à l’esprit d’un seul policier de l’en empêcher. Donc je pense que la tension propre aux manif des grandes villes, qui depuis plusieurs années s’accompagnent de leur lot de débordements, met les policiers dans les conditions « propices » de stress permanent pour les pousser sombrer dans le réflexe de toute puissance et de manichéisme (c’est « nous » contre « eux », et « nous », on a la force et le soutien de notre hiérarchie) et aux abus dénoncés dans l’article de rue89 (vous noterez d’ailleurs que tous les incidents cités ont lieu à Paris et en banlieue lyonnaise).

    Aliocha : je suis d’accord avec vous. D’ailleurs, j’avais déjà noté je ne sais plus où que lorsqu’un président traite les journalistes politiques d’enculés et les reporters de guerre de chasseurs de scoop, il ne faut pas s’étonner qu’ensuite les CRS cassent du journaliste, surtout si en plus la manifestation dégénère et qu’ils sont à cran. Cela étant, comment s’en étonner quand, jusque sur ce blog, certains sceptiques continuent de voir dans une carte professionnelle un privilège inadmissible ? Sur le reste, le pouvoir a toujours voulu instrumentaliser les médias en effet. Souvenons-nous du « La télévision, c’est moi » du Général de Gaulle. Aujourd’hui, il le fait avec beaucoup plus de décontraction, mais il me semble que la « décontraction » est un peu générale sur bien des valeurs démocratiques et que la liberté de la presse est loin d’être la seule attaquée 😉 Ce qui est peut-être plus nouveau, c’est le réflexe consistant à zapper carrément les journalistes pour s’adresser directement aux citoyens (je pense pas exemple à « l’interview » de Sarkozy par « lesfrançais » sur France 2 il y a quelques mois). N’oublions pas que mon amie la com’ est mille fois plus riche et plus puissante que la presse. Du coup, on assiste à une radicalisation des rapports médias politiques en France qui est au fond assez saine. Et puis à des phénomènes aussi passionnants qu’inquiétants, comme Wikileaks.

    Commentaire par Jalmad — 25/10/2010 @ 09:18

  12. Jouissif : http://www.causeur.fr/la-dictee-du-petit-louis,7677

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2010 @ 10:12

  13. L’article est intéressant, et rend nettement plus crédible l’argument de la menace sur les journalistes que la vidéo qui a lancé le débat précédent. Sans doute la différence entre une réaction à chaud et une analyse un peu posée…

    Deux remarques tout de même : d’une part, pour me faire l’avocat du diable, je trouve utile de préciser une évidence. Cet article sur les (ré-)pressions subies par des journalistes est évidemment écrit par un journaliste : loin de moi l’idée de dire qu’il est partial ou menteur, mais puisque sur ce blog on aime à pointer du doigt les biais de la communication publique, il y en a ici un évident. Disons que, à mon sens, si l’investigation objective par un journaliste est toujours difficile, elle l’est encore plus quand le journaliste est le sujet lui-même… Malheureusement, je ne vois pas de solution miracle ici, sauf à réussir à rendre le sujet suffisamment public pour que de nombreuses personnes apportent leur témoignage (dans un sens ou dans l’autre — je suis sûr que parmi tous les policiers et fonctionnaires, certains pourraient témoigner anonymement, de consignes, de discussions…).

    Deuxième point, en réaction à Jalmad : c’était différent « avant », dites-vous. En fait, je me pose sérieusement la question. Est-ce que ce genre de comportements envers les journalistes n’est pas aussi plus perçu, plus visible maintenant, parce qu’avec internet, avec la vidéo, il est facile de faire du bruit autour de ces affaires (et l’exemple de ces jours-ci en témoigne à merveille : il y a 30 ans, quelle télé, quel journal en aurait parlé, et est-ce que ça aurait eu le centième de l’audience qu’elle a eu…) ? C’est sans doute très difficile à dire, parce que si on demande aux gens (journaliste comme policiers) de se souvenir de ce qui se passait il y a quelques décennies, on aura des souvenirs, avec tout le biais de sélection que cela entraîne. Mais je me demande si, finalement, « l’ère de l’information », comme on dit, ne fait pas que ce genre de comportements est plus visibles qu’avant (ce qui ne les rend ni justifiables ni acceptables, hier comme aujourd’hui, faut-il le préciser).

    Commentaire par Rémi — 25/10/2010 @ 11:22

  14. @ Hermes
    Les gendarmes et l’armée ont une discipline et culture très différentes de celles de la police et surtout de la CRS.

    Que peut-on dire ? Seulement que cela fait système inquiétant avec l’emploi des services secrètes pour tracer les sources et les fichiers occultes.

    Et l’opposition ne dit rien…

    Commentaire par Loki — 25/10/2010 @ 11:25

  15. @ laplumedaliocha (12)

    Effectivement un vrai régal que cette « dictée du petit-louis »! Du très bon Desgouilles. Merci pour l’attention appelée.

    Aliocha : je trouve qu’en plus d’être savoureux et particulièrement bien vu sur les tics des uns et des autres, son article est une remarquable critique des emballements médiatiques. Il vaut tous les grands discours 😉

    Commentaire par Goloubchik — 25/10/2010 @ 11:37

  16. @ Remi :

    oui, vous avez raison. Je qualifiais de nouveau le côté « franchement assumé » en disant que c’était une simple « impression » (donc pas scientifique scientifique). Et vous avez raison de relativiser cela par le fait que désormais tout est plus difficile à « cacher » ou à faire échapper à l’oeil des journalistes. En ce sens et en y réfléchissant, il y a aussi peut-être je crois l’effet « amélioration globale des moeurs dans un sens de meilleure protection des libertés ». Je m’explique : la circulaire d’août (sur le ciblage des roms) n’aurait peut-être (c’est aussi du pur pifomètre) pas provoqué une telle (et juste) indignation disons, il y a 20 ou 30 ans ; de même que les propos de Guerlain, par exemple, seraient peut-être passés quasi-inaperçus, ou auraient été relevés et condamnés comme racistes uniquement par une petite minorité de personnes et journalistes, qaund ce qui indigne aujourd’hui, c’est l’absence de condamnation unanime (il est donc « acquis » pour la majorité que les propos en eux-me^mes sont condamanable)….Ce n’est donc en effet peut-être pas tant « c’est différent aujourd’hui » que « c’est pareil aujourd’hui mais on a plus de moyens pour le voir et on l’accepte moins ».

    En un sens, il faut peut-être s’en réjouir, mais c’est difficile à mesurer.

    Car il y a toutefois des organisations (de journalistes, certes, avec le biais que vous souligniez, mais qui ont l’avantage d’être internationales, donc au final probablement assez détachées de l’enjeu délivrance de bon et mauvais point à tel ou tel pays) qui établissent chaque année une sorte de classement, si l’on peut dire, des pays en termes de liberté de la presse. Et, de fait, ces quelques dernières années, a été observé un rétrogradation de la France dans le classement. Alors, autant le témoignage du journaliste cité dans l’article derue89 qui dit « j’ai couvert des manif en Amérique du sud et jamais ça ne m’est arrivé » est un chouillat ridicule (je veux dire, ce témoin dit sûrement vrai, mais on ne peut rien en tirer : en Amérique du Sud, il y a aussi eu des escadrons de la mort visant des journalistes, des journalistes torturés, etc…ce que, sauf erreur, on n’a plus vu en France depuis belle lurette….la comparaison est donc quelque peu mal venue, et, d’ailleurs, a pour effet de faire peser sur les journalistes (cf, je n’invente rien, certains com ici présents) le soupçon de dérive victimaire, d’exagération), autant il me paraît assez difficile d’écarter toute aggravation de la situation des journalistes en France.

    Quoiqu’il, au fond, ça ne change pas grand chose à la justesse du « combat » pour la liberté de la presse, qui comporte à la fois, selon moi fort légitimement, un volet « vigilance quant au maintien des acquis » et « militantisme pour une meilleure protection encore ».

    Commentaire par Jalmad — 25/10/2010 @ 12:02

  17. @ Gwynplaine et Jalmad,

    Vous voyez, nous retombons encore sur cette même problématique, sur un sujet différent (Cf. ici). Analyser la création des conditions propices aux infractions.

    Sur un sujet d’une autre ampleur, et d’une bien plus grande gravité, je vous invite à voir ce documentaire, un Taxi pour l’Enfer (oscar du meilleur documentaire 2008), sur les tortures américaines sur des prisonniers afghans, notamment dans la prison de Bagram. « L’atmosphère » (appelons ça ainsi) créée autour des soldats américains ayant torturé des prisonniers afghans, et qui ont à juste titre été traduits en justice pour ça, y est décrite à plusieurs reprises.

    Je ne peux que vous inviter à voir le documentaire dans son intégralité (seulement une fois réfugiés dans votre « fort intérieur »), mais sur ce point précis, je vous joins deux extraits, un peu longs.

    La question est abordée dans les trois-quatre premières minutes du premier extrait, ainsi que dans ses deux dernières minutes, et dans les trois premières minutes du deuxième.

    Commentaire par Fantômette — 25/10/2010 @ 12:11

  18. Loki, vous propos me sont très obcurs. Au mieux vous seriez hors sujet. Au pire vos propos auraient un manque profond d’arguments en rapport à ce que je disais avec une petite tendance à la constipation

    Commentaire par Hermes — 25/10/2010 @ 12:14

  19. @ Jalmad, votre com 16 – et Aliocha, d’ailleurs aussi :

    Cette information, parue sur Arrêt sur images suite à un article de Libération, m’a d’ailleurs interpelée : ici.

    J’aimerais bien avoir l’avis d’Aliocha sur cette appel à la trêve lancé aux gangs (il y a une petite dimension M. le Maudit à cette histoire, je trouve).

    Aliocha : je m’en garderais bien car je ne sais abssolument rien de ce type de problème, ça me rappelle simplement la mort de Poveda. Maintenant, faut-il demander aux gangs d’arrêter de tirer sur les journalistes ou faire autre chose, je n’en sais fichtre rien. La réponse dépend trop du contexte pour qu’on puisse à mon sens théoriser sur le sujet.

    Commentaire par Fantômette — 25/10/2010 @ 12:19

  20. @ Jalmad :

    Je crois en effet qu’il y a une évolution de la société qui fait que certaines choses étaient acceptables avant, ne le sont plus maintenant. Des propos politiques du début ou milieu du siècle dernier seraient maintenant ouvertement racistes (ou anti-sémites), lire des bouquins de très grands noms de l’époque illustre de manière flagrante le décalage. Je crois que cela s’inscrit aussi dans une logique de protection de l’individu (y compris contre lui-même) de plus en plus forte. C’est le fait qu’on parle de la moindre mort de soldat, que dans tous les domaines de sureté publique il est choquant de mettre un prix sur une vie, que l’état impose des règles qui, à strictement parler, empiètent sur la liberté individuelle (en matière de sécurité routière par exemple, ou même de consommation de drogues), etc. Cette évolution fait que, pour en revenir au sujet, un journaliste matraqué il y a 50 ans n’aurait à mon pas eu le même impact, parce qu’un individu (quelconque) matraqué était moins choquant, je pense. De ce fait, je pense aussi qu’une partie des atteintes à la presse ont toujours existé (de manière consciente ou non, d’ailleurs : je ne suis pas sûr qu’un journaliste d’il y a 50 ans aurait été en première ligne d’une manifestation ou d’une émeute, ou se serait indigné d’y être brutalisé).

    Ceci étant, encore une fois, cela ne justifie pas ces comportements. Dire « ça a toujours été comme ça », même si c’est vrai, n’est évidemment pas une excuse. Mais je pense qu’il est plus facile de maintenir un acquis que d’en avoir un nouveau et donc la différence n’est pas uniquement une vue de l’esprit, à mon avis.

    Vous soulevez une bonne remarque sur les classements internationaux (que je pense être effectivement aussi objectifs que possible, ne serait-ce que par l’effet de lissage sur une large population), la régression de la France est inquiétante. Mais je pourrais continuer à me faire l’avocat du diable : est-ce une régression de la France, ou une progression des autres pays ? C’est en fait la question que vous évoquez en conclusion : est-ce que ce sont les acquis passés qui régressent, ou faut-il lutter pour une meilleure protection (plus en accord avec les mentalités d’aujourd’hui) ? Je n’ai pas de réponse…

    Commentaire par Rémi — 25/10/2010 @ 12:47

  21. @ Fantômette et Aliocha :

    Sur les principes, je serais tentée de dire qu’il est toujours justifié d’appeler les gens, ou un groupe de gens, quelqu’ils soient, à la raison et à la non violence.

    Maintenant, en pratique, je crains que ce type d’appel puisse être « contre-productif » et être interprété, par le groupe (ou disons, une partie du groupe) auquel il s’adresse, comme de la provocation (voyez, dans l’article que vous citez, comment les gangs disent « ils feraient mieux de dénoncer la corruption des élites »).

    C’est difficile, au final, de savoir quelle attitude il convient d’adopter quand on est tiers, face à des interlocuteurs qui réfléchissent en terme de « vous êtes avec nous ou contre nous ». Cela me fait penser, moi, au conflit israélo-palestinien dans une certaine mesure (je ne dis pas que tous les interlocuteurs du conflit réfléchissent comme ça, mais une partie oui, des 2 bords d’ailleurs, et, comme par hasard, ce sont ces parties qui alimentent ou font perdurer le conflit, ce qui étend la part de ceux qui réfléchissent ainsi, etc…bref, c’est assez horrible comme mécanisme, quand on y pense). Entre autre.

    Au passage, j’en profite pour inviter chaudement ceux qui n’auraient pas vu « la vida loca » à le faire rapidement (choisissez un moment où vous nêtes pas trop fragile psychologiquement, quand même, et oubliez les pop corn…). C’est probablement l’une des choses qui m’a le plus « scotchée » dans tout ce que j’ai pu voir depuis 2 ans.

    Aliocha : je confirme, pour La vida loca. Et en parlant de scotché, mais cette fois sur le terrain de la fiction (quoique) j’ai loué « Eyes of war » ce week-end. Les critiques étaient partagées lors de sa sortie. Moi j’ai adoré, mais âmes sensibles, s’abstenir. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire du traumatisme vécu par un photoreporter de retour du Kurdistan. On ne découvre qu’à la fin la raison pour laquelle il est dans cet état. Le film traite en fait le sujet évoqué par Jean-Paul Mari dans son excellent livre « Sans blessures apparentes ».

    Commentaire par Jalmad — 25/10/2010 @ 14:20

  22. @ Jalmad et Aliocha,

    Je me suis mal exprimée, désolée. Ce qui m’a frappée, ce n’est pas tant l’appel à la trêve (comme le dit très justement Jalmad, en appeler à la raison ou à l’apaisement est évidemment toujours justifié), mais la question posée par le journal aux gangs : « Qu’attendez-vous de nous? ».

    Sauf erreur de ma part, Jalmad, ce ne sont pas les gangs qui critiquent cette démarche, mais un autre journaliste, lui-même réfugié, et présenté d’ailleurs comme le premier journaliste mexicain ayant obtenu asile aux EU.

    Apparemment, il reproche à ses ex-confrères de ne pas dénoncer la corruption des autorités plutôt que d’implorer les cartels, mais je dois dire qu’à titre personnel, je suis plus frappée de voir un journal s’adresser aux cartels pour proposer une trêve et leur demander ce qu’ils veulent au juste – c’est-à-dire, en d’autres termes, ouvrir des pourparlers avec eux – que je ne l’aurais été si j’avais eu entre les mains un papier dénonçant la corruption des autorités mexicaines.

    Commentaire par Fantômette — 25/10/2010 @ 14:58

  23. @ Aliocha : c’est dingue comme on n’arrête pas de se « télescoper » : je viens de lire, ce week-end, et pour la première fois, un (excellent) article de Jean-Paul MARI dans un vieux numéro de XXI que je n’avais pas encore lu, et je m’étais fait la réflexion qu’il fallait que j’aille jeter un oeil sur ses autres écrits. Un article sur quoi, d’ailleurs ? je vous le donne dans le mille : sur la ville de Patagonia, aux US, qui est juste de l’autre côté de la frontière mexicaine, juste en face de….Ciudad Juares, la ville de l’article cité par Fantômette….

    je note donc la référence du film ET du bouquin dans mon petit calepin rouge à rubriques « film » « docu » « bd » « musique » « séries » « bouquins » (ouais, quitte à être psychorigide, autant tenir un calepin à rubriques…j’assume)

    Aliocha : quand je vous dis qu’un jour je vais vous laisser les clefs du blog….Figurez-vous que je lis en ce moment le dernier livre d’Enderlin, voui. Avant d’attaquer AFP les soldats de l’information, et Retour à Peshawar. Voilà, c’était juste pour vous aider à remplir votre carnet 😉

    Commentaire par Jalmad — 25/10/2010 @ 15:04

  24. @ Fantômette : ah oui, sorry, vous avez raison, je me suis confusionnée.

    ben, disons que, pour reprendre mon allégorie Georges W. Bushienne, les journalistes, eux « acceptent de négocier avec les terroristes ». En cela, ils se rapprochent de D. de Villepin.

    plus sérieusement, oui, ça interpelle. Mais en même temps, cela me paraît être la seule option raisonnable qui s’offrent à ces journalistes pour à la fois essayer de comprendre ce qui se passe, et à la fois ne pas abdiquer purement et simplement leur droit et envie de continuer à faire des articles sur ces gangs et ce qui se passe dans cette région.

    Commentaire par Jalmad — 25/10/2010 @ 15:08

  25. @ Jalmad,

    ça interpelle. Mais en même temps, cela me paraît être la seule option raisonnable

    Je suis d’accord, et c’est justement ça qui est frappant. C’est le fait qu’il s’agisse de la seule option raisonnable. C’est le fait qu’il est devenu inévitable de court-circuiter les autorités et négocier directement avec les cartels. Ce qui est intéressant, c’est le moment où le pouvoir se désagrège, et laisse voyous, criminels et citoyens seuls aux manettes. C’est M. Le Maudit. On parlait de « conditions propices » plus haut. Là-bas, on est en train de créer des conditions propices à quoi, exactement? Quelle « serre » politique et sociale est en train d’être construite? Quelles sortes de plantes y prolifèreront à leur aise, aux dépens de quelles autres? La question de savoir si les cartels ont quelque chose à demander à la presse est absolument fascinante. Ça, c’est de la démocratie participative, du genre à laquelle Ségolène Royal n’avait probablement pas encore songé.

    @ Ferdydurke: vous qui vous intéressez aux modes alternatifs de règlements des conflits, j’espère que vous prêtez attention à celui qui se met en place à Ciudad Juares.

    Commentaire par Fantômette — 25/10/2010 @ 15:55

  26. @ Fantpomette :

    cela me fait songer à un autre docu (ou plutôt « fin de docu »), qui m’avait littéralement traumatisée, et sur lequel j’étais tombée complètement par hasard, il y a quelques années, en allumant nonchalamment ma télé (à l’époque j’en avais encore une) vers minuit ou 2 heures du matin de retour de goguette.

    Il s’agissait d’un docu sur une espèce de « grand-mère médiateur » de tout un quartier bidonville noir en Afrique du Sud (je ne me souviens plus de la ville). Cette personne était complètement hallucinante et admirable : elle allait négocier avec les différents gangs et bandes rivales de la cité, pour essayer d’obtenir des trèves, un sursis pour tel ou tel gamin qui avait commis un acte criminel envers tel gang, etc….en parallèle, vous voyiez la violence des différents groupes, et des gamins se shooter à tout ce qu’ils trouvaient, disons, à compter de 8 ou 9 ans. Et en même temps, chez elle, c’était une espèce de terre d’asile, ou plein de gamins de bandes rivales venaient se faire servir un gros goûter ; elle leur parlait exactement comme une grand-mère parle aux mômes qu’il sont (mélange d’affection et de réprimande quand ils dépassaient les bornes : mais, là, quand on parle de dépassage de bornes, on parle pas de chipage de cookie en douce dans la cuisine, on parle de balle entre les 2 yeux d’un autre gamin d’une bande rivale, ou de shoot au craque) ; elle était respectée par tout le monde, dans le quartier, mais je peux vous dire que quand elle partait négocier avec les « chefs », c’était chaud de chez chaud. Elle risquait réellement sa vie. De fait, je crois qu’elle l’a payé de sa vie (je crois que le docu se termine par cette info, brute : elle a été abattue ; je dis « je crois », car en même temps, j’ai recherché ce docu partout sans le trouver, et, depuis, j’y ai tellement resongé en échos à d’autres, comme la vida loca, que je me demande si je reconstruis pas….message à tous : si quelqu’un a les références, help). Et, si j’ai bien compris (mais j’avais loupé le début du docu), à la base, elle avait perdu un fils ou petit fils dans de telles histoires, et ne souffrait plus voir cela, avec la police qui n’intervient plus depuis belle lurette.

    Commentaire par Jalmad — 25/10/2010 @ 16:32

  27. @ Hermes
    La gendarmerie, en général, a la réputation d’être plus scrupuleuse que la police dans des questions telles que le respect de la constitution et les droits des citoyens. Sa culture n’a pas, non plus, des liens directs avec la période sombre de la collaboration.

    Je ne mets pas les gendarmes dans le même panier que le CRS !

    Commentaire par Loki — 25/10/2010 @ 16:50

  28. @ Loki. Auriez vous des statistiques de vos propos concernant la gendarmerie et les CRS. Ensuite les CRS chaque époque change les choses. Au passage les CRS sont des membres de la police nationale cette dernière issue en partie de la déclaration de 1789. Au passage merci, cela me permet de me replonger dans l’histoire de ces corporations.

    Commentaire par Hermes — 25/10/2010 @ 17:28

  29. @ Hermès

    Les CRS sont les descendants directs des GMR (Groupe Mobile de Réserve). Ces GMR « furent créés par décret du 23 avril 1941 et furent supprimés le 8 décembre 1944. Entre ces deux dates, ces unités furent employées à de diverses tâches répressives (plus particulièrement la lutte contre les maquis), mais également à des activités plus statiques, comme la garde de prisons ou de points sensibles. Certains de ses hommes firent preuve d’un engagement coupable (que quelques-uns payèrent de leur vie au moment de la Libération), d’autres ne mirent pas beaucoup de zèle pour exécuter les ordres de Vichy, tandis que quelques-uns eurent une activité digne de tous les éloges, soit en rejoignant la Résistance, soit en cachant des Juifs pourchassés. » (http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-le-gmr-du-perigord-les-forces-de-l-ordre-sous-vichy-1941-1944-58714013.html).
    C’est un officier des GMR, le Cdt Lefèbvre, qui tua le leader charismatique du maquis des Glières, le fameux Tom Morel, le 10 mars 1944. Si j’en crois les travaux menés sur les rôles respectifs de la Police et de la Gendarmerie sous l’occupation, la balance penche nettement en faveur de la seconde. Pierre Accoce, dans son livre « Les gendarmes dans la Résistance » (Presses de la Cité) estime à près de 12000 les gendarmes qui participèrent activement à la Résistance, soit le quart de l’arme. Pour la Police et assimilés, Maurice Rajsfus dans son « La Police de Vichy » publié au Cherche Midi, collection Documents, écrit: « …la plupart des policiers anticipèrent et outrepassèrent les ordres de Vichy pour complaire aux autorités d’occupation… ». Le rattachement forcé de la Gendarmerie au ministère de l’intérieur, sous prétexte d’économie et de meilleure efficacité, n’est pas la meilleure chose qui soit arrivée à ce pays!!!

    Pour Aliocha, je précise, si elle ne sait pas, que le préfet Maurice Grimaud (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Grimaud) a écrit après mai 68, afin de tancer ses zélés collaborateurs, cette phrase qui n’a malheureusement pas pris une ride: « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière, et il est encore plus grave de frapper des manifestants après leur arrestation et lorsqu’ils sont conduits dans les locaux de la Police pour y être interrogés. »

    Commentaire par H. — 25/10/2010 @ 19:14

  30. @ H.

    A propos de la phrase de Grimaud, notons qu’il aurait été avisé de l’écrire avant mai 68, plutôt qu’après.

    Commentaire par Fantômette — 25/10/2010 @ 22:06

  31. @H

    Sur les CRS, vous avez des raccourcis saisissants. Les GMR du régime de Vichy ont été dissous en 1944. Les CRS n’en sont pas issues. Les Compagnies Républicaines de Sécurité ont été créées pour les remplacer et les premiers CRS étaient souvent des jeunes gens engagés dans la résistance, y compris dans les réseaux communistes ou communisants (FTP).

    Rappelons que le PCF siégeait dans le gouvernement du Général de Gaulle. C’est en 47, quand le PCF a rompu avec le gouvernement et que de grandes grèves sont intervenues (à Renault notamment) que les CRS ont été reprises en main et que les militants communistes ou sympathisants en ont été exclus.

    Le 12 novembre 47, à Marseille, les CRS ont carrément refusé d’intervenir contre une grève très dure. Ensuite, les militants communistes présents massivement chez les CRS ont été exclus. Ce qui prouve bien que les CRS n’étaient pas les successeurs des GMR.

    Commentaire par didier specq — 25/10/2010 @ 23:10

  32. Fantpomette,

    C’est pas mal comme pseudo (deux millimètres plus à droite et vous auriez eu votre accent, Fantômette).

    Je dis ça après avoir lu tous ces coms sur les trucs super gais dont vous parlez (la mamie qui se fait flinguer, le post traumatisme du photographe de guerre, les gangs salvadoriens qui s’entretuent…)

    Ah les filles, vous avez de ces lectures!

    Aliocha : ne soyez pas impressionné, il faut savoir faire le trou normand, c’est tout. Moi par exemple, entre deux lectures intenses, je me plonge dans Achille Talon ou Gaston Lagaffe. Non seulement ça remet l’esprit à neuf pour le rendre disponible au livre suivant, mais c’est un peu comme du stretching après un exercice physique intense, ça replace le curseur mental sur le fil du rasoir entre désespoir et optimisme béat 😉

    Commentaire par tschok — 25/10/2010 @ 23:38

  33. @ tschôk,

    Oui, Fantpomette, c’est pas mal, j’aime assez. Mais je préfère mon chapô.

    @ Aliocha,

    Pilote? Mâtin, quel journal! 😉

    Ma recette bd perso, c’est plutôt Calvin & Hobbes, Boulet et Larcenet (les Cosmonautes du Futur! yeah!).

    Commentaire par Fantômette — 26/10/2010 @ 07:22

  34. @ Didier Specq

    Je ne fais que rapporter ce qu’en dise les spécialistes même si je concède que mon résumé est un peu court. Je ne connaissais pas l’anecdote de Marseille. Merci pour cette précision.

    Commentaire par H. — 26/10/2010 @ 08:42

  35. @ Tschoj :

    merci, MERCI. J’osais espérer que personne ne s’apercevrait de mon erreur de frappe, et voilà….bravo, je dis : belle mentalité.

    Bon, Fantômette, pardon, mille pardons.

    sinon, moi aussi, entre 2 bouquins hard je me « distrait » en passant par les BD : tenez, Tschok, vous qui vous lancez à l’assaut du Rwanda, j’en ai 2 excellentes à vous conseiller…

    Commentaire par Jalmad — 26/10/2010 @ 09:51

  36. @ Jalmad :

    Dont Deogratias, de Stassen ? (Laquelle effectivement requiert des guillemets au verbe « distraire ».)

    Commentaire par Gwynplaine — 26/10/2010 @ 10:21

  37. @ H (29) :

    La phrase du préfet Grimaud illustre bien la question que je me posais plus haut : est-ce que ce genre de comportements n’a pas toujours existé, mais était moins choquant/publicisé que maintenant ? Parce que imaginez un instant un préfet qui dirait cela aujourd’hui (enfin, le contexte nécessaire pour qu’une telle phrase semble normale), ça ferait la une de tous les journaux…

    @ tous les piliers (et colonnes — le féminin de pilier) du barda’liocha (c’est pas pire que le bar à sourcils, hein) :

    Côté détente entre deux lecture sérieuses, avez-vous essayé « le génie des alpages », de F’murr ? Si vous aimez l’humour absurde et à multiples degrés, ça devrait vous plaire.

    Commentaire par Rémi — 26/10/2010 @ 10:39

  38. @ Gwynplaine : dont Deogratias de Stassen, oui. La 2ème est moins bien, mais tout aussi « distrayante ». En fait, c’était de l’humour noir. Parfois mon mari me demande si j’ai commis tant de péchés que ça dans mes vies antérieures pour m’infliger pareilles lectures (sachant qu’en général, je lis en parallèle au moins 2 bouquins), ou me dit qu’il en a marre « de mes trucs de nazis ». Ceci étant, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Et pis, j’aime bien Calvin et Hobbes, moi aussi.

    @ Rémi : oui, qu’j’connais, avec Gwynplaine, on l’avait même proclamée BD « spécial Tschok » !

    Commentaire par Jalmad — 26/10/2010 @ 10:50

  39. Jalmad,

    Ben quoi? J’aime bien les mots qui se forment par agglutination d’erreurs, comme les lapsus par exemple.

    Du genre « en zone urbaine et péridurale »

    Ou celle là, employée pour désigner une jolie femme noire assez mince: « belle maigresse ».

    Fantpomette, ça sonnait comme une boisson festive non alcoolisée qui arrose les pyjamas parties des gosses. Fallait le trouver. Vive les deux millimètres!

    Commentaire par tschok — 26/10/2010 @ 12:41

  40. @ Jalmad,

    Mais y’a pas d’mal.

    @ tschok

    Fantpomette : festive, non alcoolisé, et pyjama, c’est un sans faute (presque). Vous pourrez revenir en deuxième semaine.

    (Par ailleurs, depuis que, comme Rachida Dati, je remplace le mot inflation par celui qu’elle avait manifestement en tête ce jour-là, les informations sont devenues beaucoup plus distrayantes.)

    Commentaire par Fantômette — 26/10/2010 @ 13:56

  41. @ Fantômy : pareil, je pratique abusivement le lapsus hortefeuïen (sur empreinte digitale), et ça me met en joie.

    Commentaire par Jalmad — 26/10/2010 @ 14:59

  42. J@lmad:

    Sinon, vous avez aussi la méthode Pénélope Jolicoeur, toujours d’actualité.

    Commentaire par Fantômette — 26/10/2010 @ 15:07

  43. @ Jalmad et Fantômette :

    Ce qui, effectivement, en combinant les méthodes Jolicoeur et Dati, donne un tour plutôt réjouissant à d’austères quotidiens économiques comme Les Echos, avec des titre comme : « L’Amérique se sortira de la crise par l’inflation ».

    Aliocha : gracieux 😉 C’est la paternité qui vous chamboule ?

    Commentaire par Gwynplaine — 26/10/2010 @ 15:17

  44. Tiens, puisque ce billet tourne une fois de plus au joyeux n’importe quoi (ce n’est pas un reproche), je profite du bins qui règne chez moi pour poser une question technique : Gwynplaine a repéré à plusieurs reprises des pubs google en ces lieux. Il m’a même adressé une capture d’écran (je dis cela à l’intention de Ferdy). Il est bien évident que je n’ai jamais autorisé la pub ici, donc si d’autres lecteurs ont vu la même chose, je leur serais reconnaissante de me le signaler.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/10/2010 @ 15:23

  45. Gwynplaine,

    Ca donnerait donc « l’Amérique se sortira de mon cul par la fellation »?

    Ouch!

    Ils sont plus de 300 millions tout de même!

    Avis aux amateurs du vice et du versa.

    (je crois que là, il faut sélectionner les bon sujets: on ne pourra pas être totalement égalitariste sur une option pareille)

    Commentaire par tschok — 26/10/2010 @ 16:23

  46. Et les routiers ne sont pas forcément sympas: fist.

    Et il y en a des routiers là bas…

    Commentaire par tschok — 26/10/2010 @ 16:24

  47. @ laplumedaliocha (44)

    Cette histoire abracadabrantesque de Gwynplaine voyant du droit partout nécessite bien évidemment des investigations approfondies.

    Sous contrôle de l’Observatoire zététique, la paranormalité éventuelle du phénomène ne devrait toutefois être envisagée qu’en dernière hypothèse, après que Gwynplaine -que la pratique subtile et avertie d’internet autorise à bidouiller inconsciemment toutes les captures d’écran du monde vivant- ait été soumis à une furieuse et impitoyable batterie de tests médicaux par un neuro-psychiatre de compétence incontestable.

    Le choc lumineux d’une fraîche paternité, le manque de sommeil, la surconsommation de calva suggérée par Ferdydurke, la confusion opérée lors d’une récolte en forêt entre bolets de Satan et champignons hallucinogènes peuvent se combiner avec l’intense pression juridique quotidiennement entretenue (avec bonheur) autour du thème et de l’exercice de droits protecteurs par quelques-uns des commentateurs de ce blog…. Autant de pistes qu’il convient à mon sens de suivre prioritairement.

    Commentaire par Goloubchik — 26/10/2010 @ 17:10

  48. @ Gwynplaine,

    Ciel! Quel titre scandaleux! Je n’aurais jamais cru cela des Echos, que je prenais pour un quotidien sérieux alors qu’il abrite manifestement en son sein une rédaction de satyres!

    Je me désabonne sur le champs.

    Commentaire par Fantômette — 26/10/2010 @ 17:36

  49. Entendus et compris… Et les citoyens qui attendent des journalistes qu’ils fassent leur travail en ne versant pas dans l’à peu près, la diffamation, l’outrance, qu’ils contextualisent l’information qu’ils délivrent, ne donnent pas qu’une version des faits de manière affirmative ?

    Non, la qualité de l’information délivrée n’est pas l’affaire de certains journalistes. Tout ce qui les intéressent, c’est de balancer une purée infâme à longueur de journée, de ne pas faire leur travail de vérification. Vous voulez un exemple ? Restons avec Rue89.

    Le 8 octobre dernier à 12h11, une journaliste de Rue 89 met en ligne un article intitulé : »Sale Arabe : les confrères de l’ophtalmo raciste scandalisés. » L’article initial est à charge, l’identité du médecin est donnée et l’affaire est jugée. Quand en fin de journée l’affaire perd singulièrement en certitude, l’article sur Rue 89 reste à l’identique. Le nom du médecin est réduit à la première lettre de son nom ce qui permet toujours aisément de l’identifier, le titre est changé sans aucune mention de ce fait. Il faut attendre plus de 4 jours pour qu’il soit enfin anonymisé. Dans les réponses aux commentaires postés, la journaliste laisse à penser qu’elle a vérifié les faits. Elle affirme que tous les témoins sans jamais préciser lesquels, leur nombre, etc. confirment les propos. Au final, on ne trouve qu’un seul témoin : la supposée victime. Nous sommes plusieurs commentateurs à nous indigner du traitement de l’affaire par Rue 89. Loin de faire amende honorable (ce qu’ils ont fait depuis dans un texte peu visible), Pierre Haski, et la rédaction derrière lui, choisit de faire bloc en faisant de tous les commentateurs qui ont critiqué la journaliste des fachos ! S’indigner du non respect de la présomption d’innocence pour Rue 89, c’est du fascisme ! Youpi !

    Cet exemple serait anecdotique s’il n’était pas si habituel. Et ce que nombre de simples citoyens observent, c’est que des journalistes se servent de notions telle que la liberté (vous en offrez un bel exemple quand dans un commentaire vous écrivez : »le journaliste et l’avocat sont les gardiens de nos libertés (…) ») ou encore la démocratie pour masquer à longueur d’articles leur incapacité à faire correctement leur travail : rigueur, retenue (emploi du conditionnel…), vérification, confrontation des témoignages, etc. Pire, émettre une critique, c’est vouloir abolir la liberté et la démocratie !

    A l’heure actuelle, je me dis que nombre de journalistes participent par la médiocrité de leur production au dévoiement de la démocratie. Hermétiques à la critique autre que confraternelle (Rue 89 publie par exemple la critique très gentille faite par @si sur l’affaire de l’ophtalmo), ils hurlent au non respect de la liberté de la presse, noircissent bien des pages sur le classement de RSF, mais bien peu en comparaison sur la qualité de leur production. Se remettre en cause, faire son auto critique, jamais. Si on se plante, mais c’est qu’on a été manipulé…

    Un citoyen en colère.

    Aliocha : Ah ? La profession ne se critique jamais ? Lisez @si, Marianne 2 et les autres sur le web. La critique des médias est un des sports favoris chez les médias Internet. Voyez surtout la production de livres critiques sur le système, sur les titres (Cohen et Péan sur le Monde, le livre sur le Canard enchaîné etc….), les ouvrages de Pierre-Martin Lagardette sur la déontologie, « Notre métier a mal tourné » de Philippe Cohen et j’en passe. Il en sort plusieurs par mois depuis des années. Maintenant trouvez moi une seule profession qui fasse ainsi en permanence son auto-critique. Dans la vraie vie, je suis notamment l’actualité des professions réglementées (avocats, notaires, huissiers, experts comptables, commissaires aux comptes…) je n’ai jamais vu un seul livre critique émanant de ces professions. Et pourtant je les connais bien, croyez-moi, il y aurait beaucoup à dire. N’oubliez pas que notre profession a ceci de spécifique c’est que la moindre erreur a des centaines de milliers voire des millions de témoins. En tout état de cause, la liberté de la presse doit être défendue dans une démocratie, de la même façon qu’on doit défendre le système, même si on a le droit de penser que les politiques qui le font vivre ne sont pas forcément éblouissants d’intelligence et de dévouement à l’intérêt général.

    Commentaire par Episteme — 31/10/2010 @ 00:06

  50. Aliocha,

    Êtes-vous sûre de m’avoir bien lu ? Les personnes que vous me citez appartiennent à cette critique confraternelle à laquelle je faisais référence. Pour l’essentiel, l’objet de ce genre de bouquins est de critiquer le fait que certains médias sont à la solde d’intérêts particuliers.

    Ce que personnellement je critique en tant que lecteur, c’est l’absence de rigueur dans le traitement de l’information, la non vérification des faits, bref que les journalistes ne remplissent pas leur devoir de base. C’est un peu comme un mécano qui me dirait, désolé, mon boulot ce n’est pas de réparer votre voiture. Bien souvent, surtout avec ceux que l’on nomme les « pure player », on assiste à une reprise d’une information parue ailleurs en la mettant à sa sauce et en tordant au passage un peu plus ce qui n’a pas de manière certaine été établi. Encore une fois, le traitement de l’affaire de l’ophtalmo aixois est exemplaire. On sent que la problématique d’un journaliste qui reprend une information parue ailleurs est d’un de ne pas être en retard sur la concurrence et deux de se singulariser d’elle par l’apport de quelque chose en plus. Pour Rue 89, ça a été de clamer haut et fort que l’ophtalmo était raciste, de relater à l’indicatif ce qui s’était passé et de mettre en cause l’ordre des médecins dont il était supposé qu’il ne ferait rien comme à son habitude. Dans le genre article équilibré, waouh !

    Pire, l’article a subi de multiples modifications sans que celles-ci soient toutes notées en bas dudit article. Rue 89 se veut un média participatif. La belle affaire : seul un commentaire était sélectionné, absolument pas représentatif de la tonalité critique d’un grand nombre de commentaires.

    Nous sommes d’accord pour dire qu’une presse libre est essentiel au bon fonctionnement de la démocratie. Mais pour le moment, je la juge médiocre, d’un parti pris écoeurant où les faits doivent rentrer dans la ligne éditoriale choisie. Objectivité, recherche de la vérité ? Pas le temps pour ça semble t-il.

    Cela dit, comme écrit en commentaire sur le blog d’Olivier Cimelière, je me demande combien je suis prêt à mettre pour avoir une information de qualité. Mais encore une fois, ce que j’attends d’un journaliste en tant que lecteur et citoyen, c’est qu’il vérifie l’exactitude de ce qu’il rapporte. Si son job ne consiste qu’à reprendre à sa sauce ce que d’autres ont écrit, merci mais je peux le faire (et en mieux) !

    Quant à aller voir ce qui se passe chez les autres, oui, mais sans que cela ne dédouanent les journalistes de leurs errements propres. Oui, les journalistes sont hermétiques à la critique autre que confraternelle. Le vulgum pecus n’est sans doute pas assez digne pour s’exprimer auprès de ces altesses du quatrième pouvoir ?

    Aliocha : je vous ai fort bien lu, vos critiques, au demeurant légitimes, sont presque aussi anciennes que la presse. Figurez-vous que je regardais les Grandes familles vendredi soir, vous savez, le film de Denis de La Patellière avec Gabin. En 58 déjà, on parlait de raccourcir les formats d’articles et de mettre des photos parce que les lecteurs n’avaient plus le temps de lire et voulaient surtout être distraits. Vous imaginez ça ? En 58 ! Nous vivons toujours globalement sur cette idée, informer vite, susciter l’attention, ne pas ennuyer le lecteur (il est loin le fameux « faites chiant! » attribué à Beuve-Méry). Sauf que si en 58 on pouvait en effet un peu aérer les maquettes sans perdre en contenu, aujourd’hui, on finit par chercher le contenu. Alors au petit jeu qu’on nous impose du toujours plus vite, plus bref et plus accrocheur, forcément la qualité s’en ressent. Maintenant, je crains que les médias pris dans leur globalité ne soient toujours perçus comme irritants, approximatifs, racoleurs, etc. C’est consubstantiel à leur nature. Ce qui n’empêche pas ensuite de choisir son ou ses médias. Que je sache, Arte, France culture, la revue XXI, Le Monde dans ses bons jours, Courrier International et même Marianne – si on met de côté ses couvertures parfois limite – délivrent encore de la très bonne information. L’offre générale est sans doute médiocre, mais rien ne vous empêche de sélectionner des médias de qualité.

    Commentaire par Episteme — 31/10/2010 @ 15:07


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