La Plume d'Aliocha

18/10/2010

Libération inscrit ses célèbres portraits dans le marbre

Filed under: Salon littéraire — laplumedaliocha @ 23:24

Tous les vrais amateurs vous le diront, il ne faut jamais entrer dans une librairie pour y acheter un livre mais pour y chercher un trésor, guetter la rencontre inattendue, parfois le miracle. Flaner le long des rayons, effleurer les couvertures du regard, s’approcher, toucher, retourner le livre, le feuilleter, le respirer et puis s’en saisir…ou le reposer. Ma moisson du week-end fut heureuse. Parmi les trouvailles qui s’empilent comme autant de promesses sur le bar de ma cuisine américaine, entre une plante dont j’ignore le nom et un bordeaux, lui,  parfaitement identifié, figure à la place d’honneur le recueil tout juste sorti de l’imprimerie des célèbres portraits publiés par Libération en Der, comme on dit dans le jargon de la presse, autrement dit en dernière page.

3000 portraits en l’espace de 16 ans

Luc Vaillant, responsable de la rubrique, raconte ici l’histoire de ce rendez-vous devenu au fil du temps incontournable. Tout commence en 1994. A l’époque, la Der ne sert plus à publier en urgence les dernières informations de la journée. La voici donc..libérée, mais que pourrait-on bien en faire de cette grande page blanche ? L’idée des portraits est lancée, elle donnera lieu à 3000 rencontres avec des stars ou des inconnus, 3000 véritables enquêtes dans l’entourage des personnages observés, loin des attachées de presse et de leurs bagout de marchandes de vent, pour cerner une personnalité, analyser une psychologie, à la frontière souvent ténue entre vie publique et vie privée. Au final, cela donne une sorte de who’s who qui se serait émancipé des CV pour se concentrer sur les âmes.

« Rocco Siffredi, la bite humaine »

Les voici donc rassemblés tous ces portraits, enfin les meilleurs d’entre eux, avec les photos qui les accompagnent, décalées, impertinentes, provocatrices, jamais anodines. Le tout en 400 pages bien troussées par les éditions de la Table Ronde. On y flâne avec délices, découvrant ici Mademoiselle Mireille Matthieu qui, nous explique-t-on, n’a jamais fait la cuisine de sa vie, là Dieudonné, Hondelatte, Guillon saisis à des moments charnières de leur vie. On bondit de Derrida à Lanzmann en passant par Rouart. Il y a beaucoup de célébrités bien sûr, mais aussi des anonymes, puisque c’est l’esprit de la rubrique.  On s’amuse aussi de ces titres qui ont fait la réputation du journal. Le 4 août 1997, Libération publie un portrait de François-Marie Banier d’une lucidité prémonitoire « le bouquet de narcisse », un an plus tard, c’est un très brutal « Michel del Castillo, mon père ce zéro » ou bien encore « Derrida, le bel et différent ». Et quand Libé se se penche sur Rocco Siffredi en 1999, le décrivant comme un amoureux des femmes qui a simplement décidé d’en faire un métier, ça donne : « Rocco Siffredi, la bite humaine ». Eh oui, il fallait oser !

Fleurs et couronnes ?

En feuilletant le livre, on ne peut s’empêcher de réfléchir à cette nouvelle mode qui s’est emparée de la presse écrite. Chaque grand titre publie désormais ses meilleurs reportages, ses chroniques des grands procès, ses récits de faits divers, ses Unes, ses illustrateurs, bref, on exploite un filon qui n’est pas à dédaigner dans le contexte actuel de crise qui frappe durement le secteur. Tant mieux pour les lecteurs qui bénéficient ainsi du meilleur de notre travail. Un bel article dans un journal, c’est une émotion trop vite oubliée, quelques feuilles de papier qui serviront à allumer le feu, emballer on ne sait trop quoi ou sécher des souliers. Le livre offre à ces portraits une seconde vie qu’on espère un peu plus longue que la première. Il les extrait de l’actualité nécessairement périssable pour les faire entrer dans une autre dimension, plus pérenne, celle de la mémoire et de l’histoire. Un changement de dimension qui modifie leur saveur de la même façon que la photo d’un instant heureux peine à restituer les délices d’une émotion passée. Qu’importe, le plaisir est bien réel. Tout au plus se demande-t-on, à voir ainsi nos grands journaux inscrire leur talent dans le marbre, s’ils ne s’empressent pas de témoigner de ce qu’ils furent avant de disparaître.

Mais ce n’est sans doute qu’un mauvais rêve…

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41 commentaires »

  1. Les portraits de Libé, c’est souvent le degré zéro du journalisme. Du moins lorsqu’il s’agit de faire le portrait des « leaders » ou des porte-parole de mouvements sociaux. Plus d’un camarade ont échappé au piège et ont refusé de se laisser portraiturer par Libé. Parce que le portrait, c’est facile, c’est pas cher… et ça évite de parler des raisons d’une lutte. Y-a plus de pages sociales dans les journaux (sauf en ce moment, mais comment faire autrement), y-a plus d’ouvriers pour les journalistes (alors que pour l’INSEE cette catégorie, qui ne se limite pas aux ouvriers d’usine, pèse 25 % des Français)… mais y-a des portraits dans Libé.

    Aliocha : tiens, je vous attendais sous le précédent, vous n’êtes pas venu, et vous voici tout grincheux sous ce billet absolument garanti « no polémique inside ». Vous me surprendrez toujours….

    Commentaire par Gilbert — 19/10/2010 @ 00:13

  2.  » … à voir ainsi nos grands journaux inscrire leur talent dans le marbre, s’ils ne s’empressent pas de témoigner de ce qu’ils furent avant de disparaître. »

    Je me demandais aussi pourquoi, après « Le Monde 2 », devenu « Le Monde Hors-Série », sont apparus « Le Monde Magasine », « Le Monde M », « Le Monde Dossiers et Documents » et quelques autres encore dont j’ai déjà oublié le nom, dont « Le Mensuel » (une sélection des meilleurs articles du quotidien Le Monde publiée en magazine tous les mois) …
    Est-ce que « Le Monde » sentirait sa fin proche ???

    Même Courrier International (du groupe Le Monde), qui est déjà une compilation d’articles choisis dans la presse internationale, s’y met avec des Hors-Série !

    Commentaire par Yves D — 19/10/2010 @ 01:03

  3. […] Aliocha en parle ici. […]

    Ping par Le prochain cadeau que je vais me faire … | Une baignoire et des ronds dans l’eau — 19/10/2010 @ 15:15

  4. Bon, je sais, c’est complètement HS par rapport à ce billet …
    Mais pas par rapport à ce blog : Un coup de gueule d’une journaliste, qui, face à l’absence de réaction officielle (à l’exception notable de Christine Lagarde), décide d’y consacrer sa rubrique.
    http://www.slate.fr/lien/28839/audrey-pulvar-eh-bien-le-negre-il-temmerde

    Comme quoi certains journalistes ne manquent pas de courage et de plume …

    Aliocha : vous avez droit aux HS ici, d’abord ça me permet de voir des choses que j’aurais pu louper (et cette chronique est très belle et très juste), ensuite je trouve sympa que les commentateurs proposent leurs propres sujets de débat. Plus ça sera collaboratif et plus je serai contente, je n’adore pas le côté un peu égotiste d’un blog. Maintenant, sur ce sujet, j’ai un peu de mal non pas à comprendre l’indignation, elle est légitime et les propos tenus sont scandaleux et surtout très cons, mais la volonté d’en faire une affaire nationale. Ils viendraient d’un politique ou d’un pipole ayant une certaine renommée et donc un pouvoir ou une influence sur un public, ce serait très grave, mais un vieux parfumeur mal embouché, ça reste un vieux parfumeur mal embouché. Il faut le tarter et passer à autre chose. Mais bon, je sens que je vais encore me prendre une avalanche de critiques dans la tête en disant cela, c’est ma fête cette semaine, visiblement 😉

    Commentaire par Yves D — 19/10/2010 @ 17:50

  5. @ Aliocha :

    Je ne crois qu’il y ait de la part de Pulvar une volonté d’en faire une affaire nationale, plutôt une certaine indignation quand les petites phrases (racistes) des uns et des autres tenues dans des contextes plus ou moins confidentiels peuvent prendre cette ampleur alors que des propos d’un racisme atavique et profondément ancré tenus à la télévision publique à une heure de grande écoute ne provoquent pas le plus petit remous (mis à part Lagarde, à qui il faut rendre justice). Et ce vieux parfumeur mal embouché fait partie de la « classe » des riches et représente une marque des plus réputées d’un des plus grands groupes économiques français.

    Aliocha : il se trouve que lui et moi avons des relations communes. Voilà des années que j’entends parler de ses saillies qui relèvent plus de la misanthropie – cet homme n’aime au fond que le parfum et les chevaux – que du racisme. C’est sans doute la raison pour laquelle ça ne me révolte pas. Quant à Christine Lagarde, je l’ai interviewée une fois, c’est une femme absolument remarquable d’élégance morale, de simplicité et d’intelligence. J’en garde le souvenir d’une très belle rencontre. Et croyez-moi, je n’ai aucune tendresse pour les politiques, mais alors vraiment aucune.

    Commentaire par Gwynplaine — 19/10/2010 @ 20:17

  6. Merci Aliocha.

    J’avoue avoir hésité à faire ce Com HS, car après tout vous êtes ici chez vous, et selon moi c’est à vous de définir le rythme et les sujets sur ce blog… Sinon, je n’ai qu’à ouvrir mon propre blog !
    Mais je n’ai pas votre talent (n’étant ni journaliste ni juriste), et pas de particularité telle (défense d’un métier ou d’une cause) qui, selon moi, mérite d’avoir son propre blog. Alors je préfère, quand j’en ai le loisir, faire le « coucou » ici, mais sans jeter vos œufs par dessus le nid !

    Je partage aussi vos réserves : ne vaut-il pas mieux le (sinon le personnage, au moins le propos) traiter par le mépris ?
    J’ai pris le temps de regarder l’interview qu’en avait fait Elise Lucet lors de son 13h du 15/10, car je voulais entendre le ton avec lequel il avait tenu ces propos … Je voulais essayer de voir si c’était vraiment une remarque acerbe ou de la provoc’ (genre mauvaise blague sur les Auvergnats …)

    Vous nous le décrivez comme « mal embouché » et misanthrope … C’est en effet ce qui peut se dégager en voyant l’interview.

    Reste que, comme Gwynplaine, j’ai été finalement choqué : par les propos car manifestement il ne s’agissait pas d’une « mauvaise blague », mais plutôt bien d’une réflexion à connotation raciste, sans doute fondée sur un caractère misanthrope, mais aussi, et surtout, par l’absence de réaction d’Elise Lucet qui a continué l’interview en multipliant les sourires et donnait l’impression d’une midinette qui rencontrait son idole !

    Oui, il ne s’agit finalement que des propos d’un vieux parfumeur mal embouché, mais ils ont été tenus dans une interview officielle au JT de 13h d’une chaine publique ! En cela, il s’agit déjà d’une affaire nationale, peut-être plus que les propos d’un Ministre tenus dans le cadre d’une réunion de son parti …

    Commentaire par Yves D — 19/10/2010 @ 23:24

  7. @Aliocha (sous #5)
    Si cet homme n’aime que les chevaux, il est normal que vous entendiez parler de ses saillies 😉

    Aliocha : c’est malin 😉

    Commentaire par Yves D — 19/10/2010 @ 23:28

  8. La meilleure réponse d’Audrey Pulvar c’est la profondeur et la force de la beauté du poème – MOT – tiré de « Cadastre » d’Aimé Césaire dont Kundera dit qu’il est le digne héritier de Rimbaud et de Breton dans – Une Rencontre – p.103, Ed. Gallimard 2009.

    Je salue, bien volontiers, la réaction mesurée de Madame Lagarde qualifiant les propos de « pathétiques » mais on peut aussi dire que : « dans la bouche de ce vieux « nez » crétin désormais l’essence de Guerlain à la fragrance du purin ! »

    Aliocha : joli !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 19/10/2010 @ 23:30

  9. J’ai une question un poil hors sujet…
    Vous nous avez écrit récemment de beaux articles sur l’inviolabilité des journalistes, comme quoi le journalisme c’est important, c’est une mission d’informer les gens, tout ça…

    Je me demandais… Ces derniers jours, plusieurs analyses ont montré que les chiffres de manifestants annoncés par les syndicats étaient complètement bidonnés… Même Médiapart qu’on peut difficilement soupçonner de sympathie sarkozyste a montré que tout ça c’était bidon, et que même les chiffres de la police étaient surestimés.

    Or on continue à voir annoncés, sur divers sites de journaux, les comptages de manifestants présentés par les syndicats… Evidemment 3 fois supérieurs aux chiffres de la police.

    Les « journalistes » qui présentent ces chiffres diffusent donc une « information » qu’ils savent pertinemment être fausse, manipulée, bref un gros mensonge… Et ils font ça en parfaite connaissance de cause, sans écrire nulle part à l’attention du lecteur que ces chiffres sont faux.
    Déontologiquement, je me demandais… vous trouvez ça normal ?

    Aliocha : la compétence est la première des exigences déontologiques. Maintenant, s’il diffusent les chiffres en les sourçant, (ce qui permet au lecteur de se faire une idée sur le fameux décalage manifestants/police) c’est pas faux, c’est juste de l’information low cost à laquelle il va falloir malheureusement s’habituer. C’est aussi ça, la conséquence de la crise que traverse la presse.

    Commentaire par Arnaud — 20/10/2010 @ 00:23

  10. @ Arnaud (#9)
    Je vous conseille le Libé d’aujourd’hui …
    (article « Les flics font les comptes »). Si même Libé dit qu’à Marseille les manifestants devaient pouvoir marcher sur l’eau pour être aussi nombreux sur le vieux port …

    Commentaire par Yves D — 20/10/2010 @ 10:57

  11. http://www.liberation.fr/politiques/01012297145-retraites-6e-journee-d-action-sur-fond-d-incidents-et-de-penurie-de-carburant

    Libé… ce même libé qui continue à présenter les chiffres des syndicats comme si de rien n’était ?…

    Sinon, je viens de voir sur Dailymotion une vidéo sur le traitement médiatique de ce médecin qui aurait viré de son cabinet un type parce qu’il était arabe… C’était faux, archi faux, mais ça n’a pas empêché la presse de se jeter sur le pauvre gars et de le déchiqueter… On attend encore les excuses de la presse… J’espère que ces ordures de « journalistes » se prendront un énorme procès sur la gueule…

    Commentaire par Arnaud — 20/10/2010 @ 11:24

  12. @ Arnaud :

    D’accord la presse présente les chiffres des syndicats, mais comme étant les chiffres… des syndicats justement, et donc forcément sujets à caution. Ne vous inquiétez pas, le lecteur de base sait se faire son opinion.

    Et ça ne vous chipote pas de prendre des articles de journalistes questionnant la réalité des ces chiffres pour ensuite les mettre peu ou prou tous dans le même panier sur le thèmes « les journalistes nous mentent » ?

    Tenez, à propos de chiffres.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/10/2010 @ 11:46

  13. @com 9,10,11,12
    C’est un peu normal que le décomptes de la police soit différents de ceux des syndicats pour les manifs : une fois qu’ils ont soustrait tous les policiers en civil qui se sont infiltrés dans les manifs, il reste bien moins de manifestants. C’est tout.

    Aliocha : j’adore….

    Commentaire par Oeil-du-sage — 20/10/2010 @ 13:14

  14. Et la descente de la France dans le classement de la liberté de la presse établi par RSF, cela ne vous branche pas ?

    En 2002 : la France 11e, note : 3,25 (la meilleure note est 0) « La France arrive seulement en huitième position des pays de l’Union européenne en raison de certaines dispositions inquiétantes pour la protection du secret des sources et du placement en garde à vue de plusieurs journalistes au cours de ces derniers mois. »

    En 2010, la protection du secret des sources est améliorée par la loi de janvier 2010. Elle dégringole pourtant en 44e position ! (note : 13, 38) Pourquoi ? « violation de la protection des sources, concentration des médias, mépris et même impatience du pouvoir politique envers les journalistes et leur travail, convocations de journalistes devant la justice. »

    Il y a de quoi s’interroger sur la méthode utilisée, tant ces griefs peuvent paraître subjectifs et relever de l’auto-victimisation : la violation de la protection des sources est loin d’être avérée, les journalistes convoqués devant la justice ne sont pas au-dessus des lois (cf l’ex patron de Libé) et le « mépris et même l’impatience du pouvoir politique » sont des notions purement subjectives, qui reflètent surtout la crispation des discours, autant de la part des médias (Marianne, Mediapart…) que de l’opposition et du gouvernement.

    Commentaire par Tocquevil — 20/10/2010 @ 15:13

  15. Sinon, je plussoie Arnaud : je suis moi aussi tombé sur cette video (via ASI) :
    http://www.ucdf.net/index.php?mod=3&annee=&start=&do=view&id=1023

    Il est frappant de constater que c’est à une organisation de médecins qu’échoit la charge de dénoncer l’emballement médiatique autour de cette affaire. La presse et les éditorialistes n’ont pas fait de mea culpa, une fois l’absence d’insulte raciste avérée par l’enquête. Après la fameuse affaire du RER, après l’affaire Outreau, la presse n’apprend donc rien ?

    L’attitude de Rue89 est à cet égard symptomatique : après avoir titré « « Sale Arabe » : les confrères de l’ophtalmo raciste scandalisés », c’est avec très mauvaise grâce et sous la pression des commentateurs – dénoncés comme provenant de la « fachosphère » – que Pierre Haski a reconnu un seul tort : avoir donné le nom complet de l’ophtalmo. Aucun mea culpa sur la violation évidente de la présomption d’innocence. Quant au titre, il a été modifié pour devenir : « « Sale Arabe » : le conseil de l’ordre enquête sur l’ophtalmo », et la culpabilité du « raciste » reste présumé par Rue89 (« c’est parole contre parole ») alors qu’il a été blanchi par l’enquête et par les témoins.

    Commentaire par Tocquevil — 20/10/2010 @ 15:33

  16. Sur l’affaire Guerlain : bien d’accord avec vous Aliocha. Son propos a dérapé, il s’en est excusé, mais les professionnels de l’indignation anti-raciste ne pouvaient pas laisser passer ça, exactement comme pour l’ophtalmo prétendument raciste. Sos racisme, le CRAN, etc ? C’est leur raison d’être, ils sont payés pour ça – par le contribuable.

    Pour Audrey Pulvar, on peut se demander si elle ne s’achète pas une conscience à peu de frais : elle n’a rien à perdre et tout à gagner à faire cette dénonciation. A ses frère antillais, elle pourra montrer ses hauts fait d’armes : « voyez, malgré la discrimination positive dont j’ai profité, je reste de votre côté ! » Une hypocrisie que n’a pas eue Fadela Amara, que les banlieues accusent de traîtrise.

    Commentaire par Tocquevil — 20/10/2010 @ 15:48

  17. La plus à plaindre est Elise Lucet, clouée au pilori pour absence coupable de réaction.

    Commentaire par Tocquevil — 20/10/2010 @ 15:50

  18. « Aliocha : tiens, je vous attendais sous le précédent, vous n’êtes pas venu, et vous voici tout grincheux sous ce billet absolument garanti « no polémique inside ». Vous me surprendrez toujours…. »

    Je suis pas grincheux, je contribue au débat. Il me semble que c’est une vraie question le fait que le portrait, dans le cas que je soulève, remplace souvent l’enquête ou le reportage sur les raisons d’une action ou d’un conflit social (non, non, ne me dites pas que c’est un plus, je vois bien ce qui est retranché des genres journalistiques en usage auparavant). Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas, par ailleurs, d’excellents portraits.
    Pour donner un exemple, j’ai en mémoire les portraits des « leaders » des mouvements contre le CIP ou le CPE, le petit gars qui est devenu adjoint PS ou la petite dinde déguisée en poulbot à casquette. Pendant qu’ils récitaient leur catéchisme sur le « mouvement responsable », on évitait soigneusement de dire en quoi ce qui se passait venant de la banlieue (résumé par « les casseurs montent à Paris ») avait aussi une dimension sociale et de dire que si le mouvement a eu une telle ampleur et a foutu la trouille au gouvernement (au point qu’il a cèdé), c’est parce que les gentils syndicats satellites du PS ont été débordés par les « extrémistes » ou autres « anarchos-autonomes » ainsi que les qualifiaient ceux qui avaient le trouillomètre à zéro.

    En ce qui concerne le précédent billet, puisque vous me le demandez aussi aimablement, je vais y répondre.

    Aliocha : Ralalala…..on ne vous a jamais dit que vous aviez un style, comment dirais-je, assez rugueux ? Et en plus vous êtes susceptible, la totale.

    Commentaire par Gilbert — 20/10/2010 @ 17:33

  19. @ Gilbert : « la petite dinde déguisée en poulbot  » féroce mais excellent! 😉

    Commentaire par Mussipont — 20/10/2010 @ 17:49

  20. @ Tocquevil :

    Tout à fait d’accord avec vous, si aujourd’hui à cause des professionnels-de-l’indignation-anti-raciste-bobos-bien-pensants-droit-de-l’hommistes on ne peut plus venir dire à la télé publique que les nègres sont des grosses feignasses…

    Quant à l’emballement médiatique sur l’affaire du médecin, les journalistes ont vraiment salopé le boulot. Du vrai travail d’arabe quoi !

    (Oups pardon, peut-être ai-je « dérapé », je m’en excuse.)

    Commentaire par Gwynplaine — 21/10/2010 @ 00:00

  21. @ Arnaud

    L’article « Les flics font les comptes » n’est pas disponible sur le web de Libé. Il est en bas de la page 3 de l’édition papier.
    Sinon, je partage l’avis des réponses d’Aliocha et de Gwynplaine.

    @ Tocquevil (et Arnaud)

    Ne confondons pas tout, car c’est un peu trop facile !

    Oui, des imbéciles (comme les cons) il y en a partout, et le fait d’être « arabe » (ou ophtalmo) n’immunise pas contre ça.
    Oui, de nombreux média, sous pression du scoop, feraient mieux de vérifier leurs sources avant de balancer à tout va …

    Mais l’histoire malheureuse de l’ophtalmo ne doit pas non plus permettre de tout justifier ! Votre message est un peu « borderline » sur cet aspect.
    Et certains média ont plutôt bien réagi : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=9403

    Pour ce qui est d’Elise Lucet « clouée au pilori » (selon votre Com #17), il est sûr que réagir à chaud à un tel dérapage est un exercice difficile. mais après tout, elle est journaliste professionnelle non ? Et à ce titre, elle doit savoir rebondir.
    Profiter du fait que l’interview est encore en ligne sur le site de France 2 pour vous faire votre opinion !

    Ce qui m’a le plus choqué à propos d’Elise Lucet, ce n’est pas, à la limite, sa non réaction à chaud (encore une fois, pas facile… les risques du direct), mais on aurait pu au moins s’attendre à ce qu’elle arrête de sourire « bêtement » aux propos de Guerlain …

    Peut-être l’explication donnée par Karim Miské est la bonne :
    http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=9417

    Commentaire par Yves D — 21/10/2010 @ 00:06

  22. @ Arnaud (et Gwynplaine),

    « l’histoire malheureuse de l’ophtalmo ne doit pas non plus permettre de tout justifier ! »
    Où voyez-vous une justification de ma part ? Je ne justifie absolument pas le dérapage de Guerlain. Je m’étonne juste, comme Aliocha, qu’on lui donne un tel retentissement, compte tenu que ce monsieur ne représente plus grand chose, et surtout pas la société Guerlain.

    Ah si, il représente « la « classe des riches », nous dit Gwynplaine. Voyez-vous, c’est aussi en cela que l’air qu’on respire est de plus en plus vicié : nous retombons dans la lutte des classes la plus stérile, mâtinée de communautarisme, où le procès d’intention et la suspicion systématiques tiennent lieu de pensée. Accuser Sarko de cette dérive généralisée serait un peu trop facile.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 10:37

  23. Ouuups ! le message précédent s’adressait à Yves D, pas à Arnaud.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 10:47

  24. Cher Tocquevil,

    Je n’ai pas dit qu’il représentait la « classe » des riches mais qu’il en faisait partie, nuance, et j’ai utilisé le terme classe entre-guillemets faute d’en trouver un meilleur au moment de la rédaction de mon com’. (Entre parenthèse vous me permettrez de remarquer qu’on utilise constamment le terme « classe moyenne » sans y mettre de connotation lutte des classes, mais que dès qu’il s’agit des riches la connotation revient. Ca m’interroge.) Sinon ça me fait un tout petit peu mal au c.. que l’on puisse dire d’un type qu’il ne représente pas la marque qui porte son nom.

    Ce qui m’a fait réagir à votre com’ ce sont deux choses :

    1- vous parlez de dérapage, alors que pour moi il s’agit de beaucoup plus que ça, d’un racisme atavique et profondément ancré (même si Aliocha préfère parler de misanthropie, ce qui à mon sens est un édulcorant, et que, ne connaissant le monsieur ni des lèvres ni des dents je ressens son « dérapage » comme l’expression d’une « pensée » « profonde » – vous noterez les guillemets – au détour d’une digression pour le moins malheureuse) qui remonte à la surface. Un racisme bon teint, polissé, condescendant, racisme de riche qui se pare d’une parole bien exprimée (par opposition au racisme de bistrot, de ce genre-là),

    2- comme me l’a fort justement fait remarquer ma douce, vous parlez à propos d’Audrey Pulvar et de Fadela Amara de discrimination positive qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas d’existence institutionnelle en France. Vous leur déniez-donc talent, mérite et expérience pour en être arrivée où elles sont ? Ne doivent-elles leur place qu’à leur couleur de peau, parce qu’à compétences égales elles affichent mieux ?

    Aliocha : non, ce n’est pas un édulcorant, c’est une mise en contexte. Les médias ont tendance à hystériser les choses, et, par ailleurs à construire des icônes ou à l’inverse des monstres. Je connais un peu le bonhomme donc j’explique qui il est. Il parle de la même façon des femmes, qu’il compare à des juments qu’il ambitionne de dresser, des gens en général qui sont tous des cons etc. je n’ai pas dit que son propos était acceptable, je n’essaie pas de le rendre acceptable non plus, mais cette focalisation sur les dérapages verbaux me fatigue, c’est tout. Et ne comptez pas sur moi pour participer au psychodrame. On le tarte et on passe à autre chose. Quand j’apprends en plus qu’une tripotée de pouffes qui n’ont que leur look comme référent moral ont décidé de boycotter Guerlain qui n’a plus rien à voir avec son vieux nez mal embouché, simplement pour se donner une posture tout en continuant à harceler leur femme de ménage philipine, parce que, hein, c’est pas pareil, les mots à la télé c’est grave mais la manière dont on traite les vrais gens ça n’a pas d’importance, j’en attrappe une poussée d’urticaire.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/10/2010 @ 11:09

  25. @ Tocquevil :

    écoutez, c’est quand même formidable, cette histoire :

    1. un type (vieux, mal embouché, misanthrope, peut-être, mais je m’en fous moi !) tiens des propos clairement raciste (je crois qu’on en est tous d’accord, et c’est heureux) au JT sur une chaine publique ;

    2. hormis Christine LAGARDE, il se passe 2 ou 3 jours sans que personne du monde politique ou audiovisuel ne réagisse (il existe, paraît-t-il, quelque chose qu’on appelle la HALDE, en France, ou bien encore un Ministre de l’Intégration nationale (bon, que Brice condamne ses propos, lui même condamné pour injures raciales, c’est sûr, c’était délicat tout le monde se serait foutu de sa tronche), ou de l’Outre-Mer, ou un Minsitre chargé de l’audiovisuel, ou un chef du CSA désigné par le Président, ou un mec quelconque de France 2, tiens, c’est sur cette chaîne que les propos ont été tenus)

    3. Audrey Pulvar pique une gueulante, à la fois par rapport aux propos tenus, mais aussi, et surtout, si je l’ai bien lue, justement face à cette absence de réaction.

    Et là, vous venez crier au haro sur les « professionnels de l’anti-racisme » , le schéma stérile « lutte des classes », etc….Mais attendez : personne ne demande à ce que Guerlain ne soit pendu avec les tripes du dernier banquier ! c’est vous qui nagez en plein délire : tenir publiquement des propos racistes est une infraction pénale ; que des gens s’en émeuvent, je trouve ça heureux, et j’eût trouvé encore ça plus heureux encore qu’il y ait quelques réactions spontanées de dénonciation dans le personnel cité au dessus (pas besoin non plus d’en faire des caisses, mais juste, au passage, comme Lagarde, afficher son mépris de tels propos). Qu’une journaliste (un peu « noire », vous aurez remarqué)soit particulièrement agacée que tel n’ait pas été le cas, ben ma foi, je ne vois pas non plus de quoi critiquer. Et pas plus au prétexte que, oui, c’est une réalité, il y a parfois des journalistes qui s’avancent vite, et ne reconnaissent leurs erreurs que de très mauvaise grâce, voire pas du tout.

    Maintenant, je vais vous poser une question : quand vous dites en 16 : « Pour Audrey Pulvar, on peut se demander si elle ne s’achète pas une conscience à peu de frais : elle n’a rien à perdre et tout à gagner à faire cette dénonciation. A ses frère antillais, elle pourra montrer ses hauts fait d’armes : « voyez, malgré la discrimination positive dont j’ai profité, je reste de votre côté ! » », vous le pensez vraiment ? vous ne pouvez pas imaginer 2 minutes qu’elle exprime juste un moment de colère, d’agacement, sans calcul sur d’éventuelles retombées ? Quant à l’allusion à « ses frères antillais » et au passage le « discrimination positive » (parce qu’elle est femme ou noire, ou les 2, tiens ?), je vous laisse peser vous-même le genre de clichés débiles et sous-entendus désagréables qu’ils attribuent à Audrey Pulvar, là, gratos, sans le moindre début de commencement de preuve…..Marrant pour un gars qui s’offusque des méthodes de rue89 pour l’histoire du toubib….

    Commentaire par Jalmad — 21/10/2010 @ 11:25

  26. @ Gwynplaine : oh bah alors, je crois qu’on est on the same wavelength

    Commentaire par Jalmad — 21/10/2010 @ 11:28

  27. @ Gwynplaine, justifier l’émoi que suscite l’affaire par l’appartenance de ce monsieur à la classe des riches, même en mettant des guillemets, c’est tout de même reconnaître qu’on le stigmatise en partie parce qu’il fait partie de cette classe. Avouez que cette stigmatisation des riches est rudement utilisée en ce moment, et à toutes les sauces : voyez Mme Bettencourt devenue la poster-girl des manifestants anti-retraites. Il y a là un côté populiste – yaka faire payer les riches – qui me débecte un peu.

    Non, ce monsieur ne représente plus la société Guerlain, qui l’a d’ailleurs fermement désavoué. Il est injuste de faire payer la connerie de ce monsieur aux dirigeants et employés actuels. Proclamer « je n’achèterai plus de parfums Guerlain », c’est juste se donner le beau rôle sans penser à l’impact sur ces employés.

    A ce monsieur, vous lui prêtez « un racisme bon teint, polissé, condescendant, racisme de riche ». Même si vous vous en défendez, votre opinion sur lui – et ceux de sa classe, car vous y revenez ! – est donc faite.

    Traiter quelqu’un de raciste est grave, et ne doit pas être fait à la légère, à partir d’un seul dérapage suivi d’excuses. Je condamne fermement sa parole raciste, je ne le traite pas de raciste et c’est exactement ce à quoi la loi nous invite : elle nous invite à sanctionner la parole et les actes racistes et non à coller une étiquette.

    Sur la discrimination positive : elle n’a effectivement pas d’existence institutionnelle, mais elle existe dans les faits, par la volonté d’un certains nombre de dirigeants, dont Sarko lui même, ou la patronne d’Areva qui dit favoriser les femmes. Je me félicite de ce volontarisme et je reconnais que Mme Pulvar a largement les compétences requises. J’ai d’ailleurs aimé se façon de bousculer Sarko en interview. Mais soyons réalistes : elle sait très bien qu’elle doit sa nomination à ce volontarisme. Son homologue mâle sur TF1 l’a d’ailleurs reconnu pour sa part.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 11:48

  28. Tocquevil, mon ami,

    Je ne parle de sa position sociale que pour la forme que revêt l’expression de son racisme, par comparaison à celle plus basique et tout aussi répugnante de « l’homme de la rue ». Ne vous déplaise, j’ai moi-même été plusieurs fois témoin de ce genre de propos bouche-en-cul-de-poulisés chez des gens censément cultivés et bien élevés, bien au-dessus de la mêlé du populo, et chez ces gens-là (dont d’autres de même extraction et de même éducation sont objets de mon admiration) je trouve que l’expression d’un racisme abruti encore plus odieuse que chez le vulgaire. (Argument du « moi-j’ai-vu-c’est-que-c’est-vrai qui ne vaut pas tripette mais qui fait du bien à écrire.)
    Et Rassurez-vous, je ne mets pas tous les riches dans le même banier (oups pardon, faute de frappe), je suis moi-même pété de thunes…

    Quant à Pulvar, elle avait déjà une position fort installée avant le volontarisme dont vous parlez, et je croyais qu’elle était employée par qq’un, pas nommée ?
    Il ne représente peut-être plus la société Guerlain, mais est qd même invité en tant que créateur d’un grand parfum, non ?

    (@ Aliocha : ce que je voulais dire, c’est que ayant des infos sur la personnalité de l’auteur des propos, vous pouvez personnellement contextualiser, ce que ne peuvent faire ni les téléspectateurs ni moi. en l’absence de telles données, je me contente des propos tenus, très révélateurs selon moi. et je ne demande pas non plus une affaire nationale, juste, à l’instar de Jalmad, une condamnation ferme des propos et on passe à autre chose. Et l’action en justice d’association dont le but est de lutter contre les discrimination ne me semble pas non plus hors de proportion.)

    @ Jalmad :

    +1 (vous voyez, y a pas qu’avec Ferdydurke).

    Commentaire par Gwynplaine — 21/10/2010 @ 12:14

  29. @ Jalmad,

    Je n’ai pas la même perception que vous de la chronologie. Les premiers à réagir, ce sont des commentateurs sur Twitter. Dans la foulée, c’est à dire le lendemain, M. Guerlain s’excuse via l’AFP, et Elise Lucet fait son auto-critique, tous les deux parfaitement conscients d’avoir fait une méga-boulette.
    Interrogée sur cet événement, Mme Lagarde a fait la réponse que tout politique aurait faite s’il avait été interrogé à sa place. Si je comprends bien, vous auriez aimé des déclarations spontanées de nos politiques, qui savent si bien en faire des tonnes et jouer la vertu et la démocratie outragées ? Petmettez-moi de me féliciter qu’ils n’aient pas saisi, pour une fois, cette trop facile opportunité. Parmi tous nos comités théodule, c’est le CSA qui se devait de réagir, et il l’a fait.

    Je trouve très fort qu’on puisse trouver insuffisantes les réactions : croyez-moi, ce M. Guerlain et Elise Lucet vont avoir ce stigmate marqué au fer rouge, quelles que soient les suites judiciaires.

    Concernant Audrey Pulvar : je crois avoir répondu ci-dessus, mais je le répète : oui, elle est une excellent journaliste, oui, c’est une insulte à l’intelligence que de prétendre que sa nomination n’a rien à voir avec un volontarisme que j’appelle pour ma part de mes vœux : il nous faut plus de diversité dans les média, au parlement, aux ministères, dans les conseils d’administration, et cela ne se fera pas tout seul. Si on veut éviter la discrimination positive institutionnalisée, le volontarisme est la moins mauvaise des solutions.

    J’attendais une réflexion sur le procès d’intention que je fais à Audrey Pulvar : oui, je lui prête une certaine hypocrisie, et je persiste. Après tout, elle n’a aucun scrupule à prêter à Monsieur Guerlain des pensées racistes : a taste of her own medicine.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 12:20

  30. @ Gwynplaine, dont les protestations d’amitié touchent mon cœur d’artichaut :

    « Nommer quelqu’un à un poste » est une expression couramment utilisée dans les entreprises. La carrière d’Audrey Pulvar s’est accélérée lorsqu’elle a été nommée au journal de France 3, première journaliste non-blanche à un tel poste à ma connaissance.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 12:37

  31. @ Tocquevil, my buddy :

    Nommée au journal de France 3 en 2004, donc avant l’affirmation de la discrimination positive en tant que volonté politique présidentielle…

    Quant à prêter à Guerlain des pensées racistes elle a pas eu bcp à se forcer. Certes elle a extrapolé pour les besoins de sa chronique (fort juste et belle d’ailleurs), mais il s’agissait de pensées du même ordre que la réflexion du monsieur.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/10/2010 @ 12:50

  32. @ Gwynplaine, ma biche :

    Je n’ai pas dit qu’elle devait sa nomination à Sarko, ni que ce volontarisme ne date que de 2007 ! En revanche, l’idée de nommer Roselmack au journal de TF1 aurait été suggérée par Sarko, paraît-il.

    Dites-donc, vous ne me prêteriez pas des pensées pro-sarkozystes, des fois ? Je ne sais pas ce qui me retient de vous poursuivre pour diffamation.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 14:04

  33. Bon désolé de ne pas commencer par des mots doux … Mais je pense conclure sur ce sujet. En résumé:
    http://www.lepost.fr/article/2010/10/16/2267090_elise-lucet-sur-le-deparage-de-jean-paul-guerlain-je-suis-desolee-de-ne-pas-avoir-reagi-instantanement.html

    Le commentaire (anonyme daté du 21/10 à 11h57) sur cet article de LePost n’est pas de moi … mais sur le fond il reprend bien ce que j’exprimais en #21.

    N’en déplaise donc à Arnaud et Tocquevil, sans la « clouer au pilori », je ne suis pas le seul à avoir été choqué et par les propos de M. Guerlain, et par l’attitude de Mme Lucet …

    Commentaire par Yves D — 21/10/2010 @ 14:26

  34. Et comme une digression avait été faite aussi sur ce thème … Je viens d’apprendre (dans une Newletter reçue ce jour) :

    Lancement de l’opération « 2011, année des patients et de leurs droits »
    Plus que quelques mois, et nous entrons dans une nouvelle année ! De nombreux projets sont prévus pour 2011. Dans le domaine de la santé, le projet phare de 2011 vient d’être officiellement lancé. « 2011, année des patients et de leurs droits » est une opération visant à défendre les droits de patients, à comprendre leur nouvelles attentes et leurs besoins et leur garantir des services.

    En 2011, l’avocat va-t-il devenir le meilleur ami du médecin? 😉

    Commentaire par Yves D — 21/10/2010 @ 14:49

  35. @ Tocquevil :

    Je vais m’arrêter là parce que ça tourne en rond depuis un moment déjà, mais quitte à insulter votre intelligence je prétends moi qu’elle ne doit sa place qu’à son talent.

    Le problème avec cette « moins mauvaise des solutions » comme vous dites, c’est qu’elle jette une suspicion de favoritisme sur toute personne issue d’une minorité telle que les femmes (plus de la moitié de la population, ce que j’ai tjs trouvé ça balèze pour une minorité 🙂 ), les noirs, les jaunes, les violets, les handicapés, etc. pour peu qu’elle occupe un poste à responsabilité.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/10/2010 @ 14:50

  36. @ Yves D, je n’arrive pas à trouver le commentaire que vous mentionnez. Mais j’en imagine la teneur, et de toutes manières, tout le monde est d’accord : il est bien dommage qu’elle n’ait pas réagi instantanément. Il y a tout lieu de penser qu’un dialogue comme celui-ci aurait désamorcé la polémique :

    M.G : « Pour une fois, j’ai travaillé comme un nègre, enfin, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé. »
    E.L : « je ne suis pas sûre de bien comprendre : les noirs ne sont pas travailleurs ? »
    M.G : « non, cette vielle expression m’a parue d’un coup déplacée, mais en voulant la désavouer je me suis enferré. Ce n’est pas ce que je voulais dire. »

    Naïveté de ma part ? Non : présomption de bonne foi. Je préfère cela à la suspicion généralisée, et à la police de la pensée à laquelle nous dirigent tout droit nos professionnels de l’indignation.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 14:55

  37. @ Gwynplaine : une suspicion de favoritisme ? Mais la suspicion existera de toutes manières, tant que ces minorités ne seront pas banalisées dans les élites que j’évoquais, qu’il y ait volontarisme ou non. Sans volontarisme, cela durera plus longtemps. C’est cela que vous voulez ?

    Il faut être réaliste, on sait bien que dans tout processus de nomination d’entreprise ou d’administration, la « compétence » (notion difficilement quantifiable) n’intervient que pour partie seulement. La cooptation par affinités est le principal moteur ; à tout prendre, autant que cette cooptation s’appuie aussi sur un désir de promotion des minorités. Ce n’est pas par grandeur d’âme : le décideur y trouve aussi son intérêt.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 15:15

  38. @ Tocquevil :

    Je voulais m’arrêter, mais là non, en terme d’insulte à l’intelligence, vous n’y allez pas de main morte ! Ce n’est pas de la présomption de bonne foi, c’est de l’exonération en bonne et due forme.

    Je me permets de proposer moi aussi ma version:

    M.G : « Pour une fois, j’ai travaillé comme un nègre, enfin, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé… »
    E.L : « Je ne suis pas sûre de bien comprendre : les noirs ne sont pas travailleurs ? »
    M.G : « Non, cette vieille expression m’a parue d’un coup déplacée, mais en voulant la désavouer je me suis enferré. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire c’est que j’ai travaillé comme un cheval de trait – qui eux travaillent impeccablement, tandis que les nègres il faut toujours être derrière eux si l’on veut un résultat correct. »

    Commentaire par Gwynplaine — 21/10/2010 @ 15:23

  39. @ Gwynplaine, je ne prétends pas lire dans son âme. J’imagine seulement ce qu’il aurait pu dire. Votre version est drôle, mais peu vraisemblable. Mais vous avez raison : restons en là.

    Commentaire par Tocquevil — 21/10/2010 @ 15:33

  40. @Tocquevil

    Je vous rejoins : il y aura toujours une suspicion de favoritisme « tant que [l]es minorités ne seront pas banalisées dans les élites ». Avant ça, comment ne pas penser qu’au delà de leurs indéniables compétences, certains ne sont pas choisis pour leur peau blanche et leur genre masculin, a fortiori en l’absence de volontarisme pro-minorités.

    Commentaire par Tirxu — 22/10/2010 @ 10:32

  41. Bien vu : http://www.philippebilger.com/blog/2010/10/guerlain-un-drôle-de-parfum.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/10/2010 @ 23:56


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