La Plume d'Aliocha

01/10/2010

L’autre face de France Telecom

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 11:37

Si vous n’avez pas regardé Envoyé Spécial sur France 2 hier, je ne saurais trop vous recommander de trouver un moment pour visionner le reportage sur les suicides chez France Telecom. C’est ici. C’est vraiment important, car on comprend enfin ce qui se passe.

Voyez également cet article du JDD qui relaie les déclarations récentes (12 septembre) du directeur général. Le contraste entre le reportage et les propos officiels est saisissant.

Je suis bien trop écoeurée pour faire le moindre commentaire.

Néanmoins, je me pose des questions. Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour que l’explication sorte ? Les gens ont_ils parlé sans qu’on les entende ou bien est-ce l’omerta qui a fait son oeuvre ? S’il y a eu omerta des victimes, des psychiatres et des syndicats, pourquoi ? Comment parvient-on à transformer des managers en harceleurs ? Est-il admissible moralement de distribuer des primes sur le fondement du nombre de démissions que le cadre concerné est parvenu à obtenir ? Pourquoi l’entreprise qui voulait se séparer de 22 000 personnes n’a-t-elle pas fait un plan social ? Pourquoi ces départs ont-ils été accompagnés d’embauches ?

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79 commentaires »

  1. Et pour ajouter aux conseils de lecture, cet article des Inrockuptibles publié sur rue89 : http://www.rue89.com/2010/10/01/stage-france-telecom-courbe-du-deuil-et-casse-du-salarie-169002

    Commentaire par Jules (de diner's room) — 01/10/2010 @ 12:17

  2. En tout cas moi, maintenant, je suis très prudent !

    Quand une téléopératrice ou un téléopérateur de France-Télécom-Orange m’appelle pour tenter de me vendre un nouveau produit, option ou service, j’insiste lourdement sur le fait que je n’ai rien contre lui (ou elle) mais que je n’ai pas l’intention d’écouter ses arguments pour me convaincre d’alourdir ma facture de téléphone ou prolonger mon abonnement…

    C’est triste et désolant, mais je sens comme un stress qui pousse ces pauvres télévendeurs à être très offensifs, voire agressifs, et par là même peu crédibles, surtout dans leur phrase d’accroche qui commence par une litanie de pseudo-remerciements pour être un vieux client chez eux.

    D’ailleurs, ceux qui comprennent vite me raccrochent quasiment au nez !

    Commentaire par Oeil du sage — 01/10/2010 @ 12:48

  3. … et j’ajoute un détail déplaisant qui me rend mal à l’aise à chaque fois (et donc finalement assez contre-productif), c’est d’entendre les premiers mots de mon interlocuteur-télévendeur qui commence par me donner son prénom (comme pour sous-entendre une proximité humaine), suivi du sacro-saint « à votre service… » accompagné des dégoulinantes formules de politesses pour s’excuser de me demander pardon d’abuser de mon temps pour me remercier de ma fidélité et d’écouter ses salades…
    Dur métier, vraiment !

    Commentaire par Oeil du sage — 01/10/2010 @ 13:00

  4. Pourquoi pas de plan social? Tout simplement parce que France-télécom a hérité d’ancien fonctionnaire que leur statut actuel empêche d’être licencié.

    Et quant aux nouvelles embauches il faudrait plus d’info sur les profils concerné pour pouvoir commenter.

    D’ailleurs je me demande pourquoi ce sujet n’est pas plus creusé. Aucune question sur la justification ou non de cette diminution d’effectif. Uniquement sur la méthode employé rien sur le pourquoi elle a été employé.

    Je trouve cela de plus en plus fréquent dans le traitement de l’information… On parle du comment mais jamais du pourquoi…

    Commentaire par LordPhoenix — 01/10/2010 @ 16:03

  5. « Pourquoi l’entreprise qui voulait se séparer de 22 000 personnes n’a-t-elle pas fait un plan social ?  »

    Sérieusement ?… Vous posez vraiment la question ?

    Aliocha : bien sûr que je la pose parce que, à ce niveau-là, il faut oser les questions de Candide et ne surtout pas présumer des réponses.

    Commentaire par Arnaud — 01/10/2010 @ 16:33

  6. « Nous » voulions que la poste, le télécom, etc., cessant d’être de ringards services publics jouissant d’un honteux monopole, profitent des inestimables bienfaits de la « concurrence libre et non faussée ». Alors « nous » avons fait ce qu’il fallait pour cela. Et il arrive ce qui arrive. « Nos » larmes ne sont-elles pas des larmes de crocodiles ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/10/2010 @ 17:10

  7. Le désastre humain dure depuis 1994 mais jusqu’à l’année dernière il n’y avait pas eu de vagues…
    L’entreprise et ses dirigeants ne sont pas seuls responsable de ce désastre, le gouvernement français pousse derrière implicitement…
    A ce sujet, Stéphane Richard est un Sarko-boy, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde.
    Question: que faut-il attendre de nouveau avec ce nouveau dirigeant?

    Rien n’interdit de boycotter cette entreprise qui sacrifie son personnel car son seul credo est la logique financière et boursière.
    Ah l’ultralibéralisme !!!

    Commentaire par lefebvre — 01/10/2010 @ 18:20

  8. Ce que je vais écrire ici en choquera plus d’un, mais je tiens à signaler que je trouve cette situation déplorable. Mais pas tant les dirigeants mis à l’index. En fait je ne les trouve pas plus déplorables que vous ou moi.

    Je commencerai par dire que France Telecom est la seule entreprise d’Etat à avoir été réellement soumise à une concurrence tangible. EDF, la SNCF, La Poste… évoluent dans des sphères bien moins concurrentielles et dans des domaines bien moins soumis à l’innovation exponentielle des nouvelles technologies.

    A cela s’ajoute le fait que cette transformation s’est fait dans le plus grand n’importe quoi avec une forte dose de n’importe comment ! Au plus fort de l’expansion de la bulle internet, France Telecom a voulu devenir un cador (avec quelques cinq années de retard). Résultat : une dette colossale, une des plus importantes du monde, une gestion erratique des ressources humaines (passer d’une culture de fonctionnariat à une culture de multinationale en 12 ans, c’est plutôt grossier), et une gestion du cœur de métier déplorable (là où à la SNCF on a pensé à séparer l’infrastructure du transport, ou chez EDF à séparer le réseau de l’énergie, personne n’a pensé chez France Telecom qu’il serait bon de séparer le réseau de la communication).

    Aliocha : le « déplorable » en l’espèce se compte en vies humaines, et encore, je ne parle que des suicides, pas des dépressions.

    Cette transformation est née de choix politiques, et nous en sommes tous responsables, c’est le jeu de la démocratie. La gestion de France Telecom peut-elle être différente de ce qu’elle a été ? Tout simplement non. Dès lors que cet organisme lourd en terme d’employés, de procédures, et d’infrastructures, devait s’ajuster avec souplesse au marché, qui d’autre pouvait payer à part son personnel ? Ce constat peut paraître évident a posteriori, mais a priori, qu’avons-nous tous fait ? à part rejeter la Constitution Européenne plus tard, pour la faire repasser par la fenêtre ?

    Aliocha : Objection ! La culpabilité est peut-être à la mode mais cette corde là ne prend pas avec moi. C’est trop facile de diluer les responsabilités pour finir par : c’est la faute à tout le monde et donc à personne. Il ne s’agit pas ici d’un vague à l’âme diffus chez des salariés du public brutalement projetés dans le monde libéral mais d’une stratégie soigneusement mise en place pour pourrir à tel point la vie des salariés qu’ils soient obligés de partir, avec les résultats que l’on sait. Et en plus, on est venu nous dire : du calme, rien ne prouve que ces suicides soient liés au travail ! C’est un scandale bien plus énorme que l’affaire Bettencourt et un foutage de gueule tellement monstreux que j’en étouffe de rage.
    On pourra critiquer les méthodes des dirigeants de France Telecom, et c’est normal, mais quel autre plan imaginer ? D’où des réponses très cyniques à vos questions :

    Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour que l’explication sorte ? Parce qu’elle est malheureusement évidente. Et cette explication ne nous fera pas ouvrir les yeux sur d’autres gestions du personnel tout aussi navrantes : les employés des Postes, de la SNCF, de l’Education Nationale…

    Les gens ont-ils parlé sans qu’on les entende ou bien est-ce l’omerta qui a fait son oeuvre ? S’il y a eu omerta des victimes, des psychiatres et des syndicats, pourquoi ? Il n’y a pas omerta. Il y a un consentement. Nous sommes quand même nombreux à jouer inconsciemment l’indifférence, à n’employer le terme France Télécom que pour parler des suicides de ses employés, et à parler d’Orange pour tout le reste. Tout comme nous aurions été nombreux à critiquer les employés de France Telecom et d’Orange, à les traiter de fonctionnaires, s’ils étaient restés dans le giron de l’Etat.

    Aliocha : désolée, mais je ne me reconnais pas dans votre « nous ». Il n’engage que vous qui semblez en effet être particulièrement bien au fait du dossier.

    Comment parvient-on à transformer des managers en harceleurs ? Un arrêt maladie en France sur cinq serait du au harcèlement moral. Il serait temps d’admettre que harceler est devenu une forme de management.

    Aliocha : je sais, je l’ai vécu, deux fois en 20 ans de carrière. Mais nous ne parlons pas ici d’un tyran domestique harcelant une poignée de collaborateurs, il s’agit d’une stratégie décidée à la tête de l’entreprise, assortie de stages, et relayée par toute la chaine de management. Bref, d’un véritable système. On peut se défendre contre un dingue isolé, pas contre un système surtout dans un groupe de cette taille.

    Est-il admissible moralement de distribuer des primes sur le fondement du nombre de démissions que le cadre concerné est parvenu à obtenir ? Oui. Notre gouvernement se distribue des bons points et s’autocongratule pour sa gestion de la fonction publique. Et elle n’est pas vraiment différente dans ses grandes lignes. Est-ce moral ? oui dès lors que la question humaine est devenue une ressource, pourquoi en serait-il autrement qu’avec des matières premières ?

    Aliocha : j’ai dit : est-ce moral ? Pas : est-ce rentable, vous confondez les deux termes, ce que je trouve très inquiétant.

    Pourquoi l’entreprise qui voulait se séparer de 22 000 personnes n’a-t-elle pas fait un plan social ? Parce qu’on ne peut pas faire de plan social avec des fonctionnaires, et pas aisément avec des contractuels liés à la fonction publique. La stratégie postale, elle, consiste à contractualiser ses effectifs (avec d’autres perversités à la clef) en attendant une prochaine privatisation. Et puis, un plan social n’est-il pas tout autant destructeur ? en termes de suicides, de faillites personnelles… sincèrement je n’en suis pas sûr.

    Aliocha : eh bien si juridiquement on ne peut pas, on s’abstient. Sinon, on est en infraction, c’est dommage, mais c’est ainsi. Pour reprendre le mot de Céline : « pour résoudre le chômage, tueront-ils les chômeurs ? ». Au fond, il fallait les tuer directement les salariés, pourquoi n’y ont-ils pas pensé ? Quant au plan social, il est douloureux, mais il est cohérent, l’esprit peut se rattacher à quelque chose, il comporte un cadre, des droits, prévoit des indemnisations, tandis que la torture mentale, elle ne peut mener qu’au suicide. Si vous ne voyez pas de différence, moi si.

    Pourquoi ces départs ont-ils été accompagnés d’embauches ? Mais parce qu’il s’agit de baisser la masse salariale, et que virer un gros salaire pour le remplacer par un petit, c’est parfois triplement efficace. Et le remplacer par un emploi précaire, c’est carrément juteux. Et je ne vous dis même pas comme un employé précaire se sent plus investi qu’un cadre avec la sécurité de l’emploi.

    Je pense que nous sommes tous plus ou moins responsables. Parce que sur de nombreux détails du quotidien, une certaine désinvolture collective, nous avons accepté ces situations.

    Commentaire par maximgar — 01/10/2010 @ 18:27

  9. @ maximgar

    Je l’avais dit en 3 lignes, vous le dites, en plus détaillé et fort bien détaillé, en 43 lignes. Je suis d’accord avec vous. Les dirigeants de France Télécom ont leur part de responsabilité naturellement, mais nous en avons tous une. Ils n’avaient guère le choix. C’est en notre nom qu’ont été réunies les conditions les conduisant à agir comme ils ont agi : à la guerre comme à la guerre. Quand on fait de la vie une compétition, quand on confond liberté avec libéralisme, égalité avec égalité des chances (et tant pis pour les derniers), fraternité avec bonne conscience humanitaire, alors on en arrive là où nous en sommes, à la guerre de tous contre tous, et au suicide de ceux qui le supportent pas. Et le pire est sans doute encore devant nous. Ce n’est pas cela que nous voulons ? non certes ! alors ? eh bien réléchissons à ce que nous voulons et aux moyens de l’atteindre. Et retroussons nos manches : « Travaillez, prenez de la peine :
    C’est le fonds qui manque le moins »

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/10/2010 @ 18:57

  10. @ Aliocha

    « Aliocha : Objection ! La culpabilité est peut-être à la mode mais cette corde là ne prend pas avec moi. »

    Cette idée de responsabilité de chacun n’est-elle pourtant pas contenue dans le pseudo que vous vous êtes donné ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/10/2010 @ 19:01

  11. C’est toi Max? Du canard flottant?

    Oh?!

    Commentaire par tschok — 01/10/2010 @ 19:04

  12. J’ai vu le reportage. Sans nier qu’il y a eu des pratiques désastreuses à FT, je veux insister sur trois points :

    1. la « courbe du deuil » est un processus psychologique normal face à tout changement, qui a juste le malheur d’avoir été théorisé dans l’étude des personnes en deuil. Mais vous le vivez tous les jours, pour n’importe quel changement (en bien ou en mal).
    Le reportage insiste lourdement, à tort, sur ce point, en sous-entendant qu’on voulait tuer le salarié.

    Aliocha : je connais, il se trouve que j’ai des amies coach, nous avons parlé de cette courbe. Le reportage n’est pas faux, il est un peu maladroit. Ce qui est scandaleux, ce n’est pas cette courbe en soi, c’est le fait qu’on ait coaché des managers pour « faire partir » les gens, ce qui est clairement démontré puisque on leur explique par quelles phases vont passer ces personnes forcées à démissionner. Et on les prévient précisément du risque de suicide, c’est-à-dire des conséquences possibles de ce qu’on leur demande de faire. C’est d’un cynisme absolu.

    2. j’ai discuté avec un DRH de FT. Il a évoqué avec moi la difficulté de reconversion de salariés qui ont passé 20 ans à faire un boulot abrutissant.
    Par ex. après 20 ans aux renseignements, à zapper toutes les 45s de sujet, une personne, qui a commencé sa carrière plus éduquée que la moyenne des français, se trouve incapable de dire, après avoir lu une feuille A4, de quoi elle parlait au début.

    Aliocha : il ne s’agit pas dans ce reportage des difficultés de reconversion, mais de la manière dont on oblige les gens, en leur pourrissant la vie, à partir. Par exemple, en déménageant tout un service et en empêchant un ingénieur de ce service d’accéder au nouveau bâtiment, sans lui fournir aucune explication et en l’envoyant dans un immense bâtiment vide. Etre condamné à ne rien faire dans un bâtiment vide durant des mois, vous appelez ça de la reconversion vous ? Votre DRH est un menteur patenté qui vous a servi l’argumentaire maison, je suppose sur le terrain de la confidence, c’est classique, on nous le fait tous les jours, à nous les journalistes.

    3. avec une telle population, FT a fait le pari de faire face à des mutations énormes sans licencier… demandez à ses équivalents allemands ou espagnols.. s’ils n’ont pas simplement « externalisé » leur misère sociale (suicide compris) en remplaçant massivement leur main-d’oeuvre.

    Aliocha : je me contrefous de savoir ce qu’ont fait les allemands ou les espagnols, je parle de gens en France qui souffrent ici et maintenant d’une situation qui est un scandale absolu. Et ça me révolte d’autant plus que je ne lis sous ce billet que des commentaires cyniques du genre « allons, ma bonne dame, c’est ça le capitalisme et puis on parle de petits fonctionnaires étriqués qui n’ont pas su s’adapter, ben tant pis, sont morts ». Quand j’étais étudiante, un avocat m’a dit un jour, la plus belle qualité dans notre métier, c’est la faculté d’indignation. J’ai changé de métier, mais j’ai conservé cette faculté parce qu’elle s’applique fort bien au journalisme.

    Commentaire par Paul — 01/10/2010 @ 19:24

  13. Aliocha découvre les effets du capitalisme…

    Aliocha : non, je découvre l’humain pris dans un système et d’ailleurs, je ne le découvre pas, je l’explore depuis des mois d’Eichmann à Pol Pot. Idéologiser le cas France Telecom dans le cadre du vieux conflit capitalisme contre socialisme, c’est certes intéressant, mais ça nous éloigne du sujet : des pratiques illégales ayant entraîné la mort de nombreuses personnes et plongé d’autres dans la dépression. C’est ça le sujet. Que je sache, la communisme ferait mieux de ne pas la ramener sur le chapitre des systèmes qui broient les hommes. Que croyez-vous que vont faire les dirigeants de la boite s’ils se retrouvent en correctionnelle ? Invoquer précisément le système, la concurrence, le marché, la faute à pas de chance, la fragilité des individus, leur manque de capacité d’adaptation, la nécessité de préserver un fleuron français qui emploie 200 000 personnes dans le monde etc, etc. Je les entends déjà plaider que c’est pas leur faute mais celle des lois du capitalisme. Je ne veux pas entrer dans ce jeu-là.

    Commentaire par craven — 01/10/2010 @ 20:23

  14. pour accompagner cette découverte, je vous invite à lire le numéro 3 de la « revue itinérante de critique sociale » Z, qui propose un dossier de 100 pages intitulé « Usines plombées, tuyaux de lutte et production déviée ».

    Commentaire par craven — 01/10/2010 @ 20:27

  15. Aliocha : je vous aime bien, mais vous vous payez facilement une bonne confiance à coup d’indignation, quitte à disqualifier facilement vos interlocuteurs (et du coup couper le dialogue) pour vous donner le beau rôle.

    J’ai précisé que j’adhérais sur le fond du reportage, en regrettant simplement cette insistance -abusive selon moi, mais qui avait le mérite d’être une illustration facile (et ça, ça plaît à un journaliste)- sur ce point précis.

    Quant au DRH de FT, c’est un proche, qui s’est pas mal élevé contre les méthodes de management de la maison, notamment la diminution des RH hors recrutement. Son opposition n’en rend sa « confidence » que plus crédible à mes yeux.

    Aliocha ; en effet, je me suis emportée. Mais non, je ne m’achète pas une bonne conscience. Simplement, ma colère est décuplée parce que depuis le temps qu’on parle de cette affaire j’avais fini par prêter une certaine crédibilité à tous les relativismes. Du genre, on ne connait jamais les raisons exactes d’un suicide, après tout ramené à 100 000 salariés, le nombre de suicide n’est pas supérieur à la moyenne nationale, et puis que voulez-vous, quand le public passe au privé forcément ça fait mal. C’est en écoutant ces gens-là, que je risquais la quête de bonne conscience, justement. Genre dormons tranquille, y’a pas de problème. Le reportage démontre qu’on s’est tous fait enfarinés par les gens de FT qui justement voulaient se donner bonne conscience. Ceux de la com’ qui déployaient leurs outils de gestion de crise, ceux des acteurs qui étaient dans le déni, ceux des dirigeants qui étaient dans le registre de la loi du marché. Ce que nous montre ce reportage, c’est que nous sommes exactement dans le scénario de l’expérience de Standford Milgram. On prend des cadres, on leur dit que eux sont sauvés mais qu’ils vont devoir faire partir les autres. Et on leur explique que c’est tant pis pour les autres, ils ne peuvent pas s’adapter, et on les prévient qu’ils vont peut-être les mener au suicide mais ça fait partie du jeu et il faudra continuer. Donc nous retrouvons l’ordre d’une autorité d’infliger une souffrance à un individu au nom d’un principe supérieur (l’entreprise est en guerre). Et mon amie la com’ passe par là-dessus pour expliquer au public (nous) que tout ceci est parfaitement normal. Mais visiblement tout ça ne choque que moi.

    Commentaire par Paul — 01/10/2010 @ 21:08

  16. je parlais bien entendu de bonne « conscience » et non confiance 🙂

    Commentaire par Paul — 01/10/2010 @ 21:08

  17. @aux cyniques

    Bonsoir, j’entends bien le blabla habituel des TINA boy’s : c’est le capitalisme, on l’a tous voulu, on laisse tous faire et blablabla, vous croyez quoi ma bonne dame, c’est la vraie vie, pas un monde de bisounours.

    Mais en fait, je crois que c’est une bonne choses tous vos faux -fuyants.

    OUI je sais que c’est classique, que ca arrive partout, que c’est vachement répandu et que même en chine c’est pire.
    Mais NON, on ne peut pas l’accepter humainement. Comment est-ce que vous pouvez vous regarder dans la glace TOUS les matins en sachant que vous _cautionnez_ par votre blabla ces pratiques. C’est _votre_ indifférence développée sur 43 lignes qui le rend « habituel ».

    Enfin, je crois que nous ne sommes plus dans un monde féodal ou les gens sont « soumis » nativement à une sorte d’autorité reconnue naturelle et que dans le lot, avec la violence psy qui augmente, des gens finiront par se retourner contre les chefaillons et leurs méthodes et plutôt que de se suicider, ils les flingueront sur le lieux de travail, tant pis pour la moquette ou le papier peint. Ne vous méprenez pas, je ne l’appelle pas de mes voeux, mais cela va devenir le seul moyen de ‘résistance’ pour ceux qui ne se résigneront à partir seul.

    Le jour ou cela arrivera, je ne pleurerait pas sur le « bon père de famille qui liasse derrière une femme éplorée et 85 enfants en bas ages » sauvagement assassiné par un « employé forcement détraqué ».

    La violence n’entraîne que la violence, mais lorsqu’il ne reste que ça, il ne faut pas hésiter pour faire changer le monde

    Commentaire par herve_02 — 01/10/2010 @ 22:36

  18. les commentaires sont encore plus attérants que le reportage.

    Messieurs, je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais avec votre soi disant théorie de la complicité collective vous nous reservez l’argumentaire de tous les tortionnaires et autres monstres que l’histoire à eu à connaitre.

    Je regrette, Aliocha a raison, nous ne sommes pas collectivement responsable dans la mesure où ces choix sont non pas débattus, mais IMPOSES par une minorité à une majorité. Vous savez, le fameux: on ne peux pas faire autrement.

    mais vous êtes vous un jour demandé si c’était seulement vrai? Vous devriez et seriez bien surpris par vos conclusions.

    Il y a quelques jours je lisais un article sur slater.fr qui parlaient de ces américains qui hurlent à tout vent contre Obama qui est soi disant l’antéchrist, un musulman, un communiste, un vendu à je ne sais quoi. Vous savez d’où viennent ces courants de pensées? Des équivalents américains de nos potes du Fouquet’s à nous.

    Et bien vos arguments c’est pareils. Vous n’y avez jamais réfléchis par vos propores ressources, c’est simplement qu’à force de vous les entendre répéter vous finissez par les réciter sans même pas réaliser les énormités que vous dites.

    Un système économique qui estime que des dividendes ont plus de valeur que des vies humaines ne peut être justifié.

    Toujours intéressant de regarder d’où viennent certains argument, intéressant et instructif.

    Commentaire par fredo — 02/10/2010 @ 00:26

  19. J’avais bien indiqué en préambule que mes propos pourraient paraître choquants. Et pour Fredo, qui a raison, il est toujours intéressant de regarder d’où viennent les arguments, je peux apporter quelques précisions.

    Aliocha, je ne suis pas au fait de la question de la gestion de France Telecom, mais je vis dans la vie de tous les jours, ou tout du moins la mienne. J’ai travaillé essentiellement autour de ces grandes entreprises d’Etat et dans la fonction publique. Je suis aujourd’hui dans une petite structure territoriale, uniquement d’ailleurs pour empêcher un de mes proches de péter les plombs. Il se trouve que le proche en question est utile à cette structure, alors je tombe bien pour tout le monde. Il faut pouvoir imaginer ce qui était une mairie de village vouloir devenir une entreprise privée, avec des réflexes commerciaux, politiques et sociaux, inadaptés à sa mission première, à son personnel, à la notion de service public et à la loi… le quotidien de mes collègues est insupportable. La garantie de l’emploi les condamne à s’adapter, et tous ne peuvent pas s’adapter. Mais cette évidence, elle, n’est admise nulle part, ni en bas, ni en haut, ni par les intéressés.

    Alors à un commentaire qui disait que je me laisse imposer le « on ne peut pas faire autrement » ou un autre qui concluait que j’ai de l’indifférence développée sur 43 lignes, ou ailleurs que je n’ai pas réfléchi par mes propres ressources, je réponds que chaque jour dans mon travail, je veille au respect de chacun de mes collaborateurs, que je ne laisse aucun s’enfoncer, et que je ne me contente pas de dire : « dans le privé on vous aurait fait bosser », ou « ferme ta gueule ou démissionne ». Dans ma petite structure d’une dizaine de personnes à peine, il y a une accumulation de souffrance, d’inadaptation, et de frustration. Elles sont ridicules, sûrement, comparées au suicide d’un père de famille. Je travaille chaque heure à établir des équilibres, pour que chacun y soit mieux, y admette ses limites, les franchisse, ou les fasse reconnaître et accepter par nos employeurs. C’est un travail qui ne m’apporte rien, rien d’autre que de pouvoir me regarder dans un miroir en me disant qu’aujourd’hui encore, je vais être utile. Et oui, je rêve aussi que si mes propositions de gestion des hommes et des carrières fonctionnent, elles se propagent au village suivant. Tout ce que je vois, c’est qu’au quotidien mon cynisme m’offre une liberté réelle, un recul salvateur, pour aider mes partenaires.

    Je n’ai pas confondu moralité et rentabilité : j’ai dit (alors peut-être pas assez clairement mais j’ai dit) que dans un monde où l’humain est une ressource, la moralité est la rentabilité. Est-ce inquiétant ? oui et non, on vit dans un monde où l’on accepte petit à petit que la matière première doit être durable et renouvelable. A terme, on se rendra bien compte que l’humain aussi doit être durable. (Oui, mon optimisme se réduit à ça). Ce qui ramène au harcèlement… Quand les premiers théoriciens des ressources humaines ont établi les méthodes pour conduire à l’épanouissement d’un salarié, ils ont aussi fait l’inverse : la méthode est la même, et elle est enseignée à des générations d’économistes en herbe.

    Je reviens sur la notion de plan social. Quand un chargé de famille en fin de droit arrive au bout, pensez-vous sincèrement que l’esprit s’attache à la rédaction du plan social ? Il est abandonné, lui aussi. Parfois plus encore, parce qu’il est passé de la joie (médiatique pour certains) de la conquête du plan, à … rien.

    Quant au « nous » que j’ai employé, il n’a rien à voir avec les notions de « psychologie collective ». C’est le « nous » démocratique. Nous avons élu les décideurs qui ont mis cette équipe en place. Je n’ai pas non plus évoqué de culpabilité, mais du consentement et de la responsabilité. Le seul lien que j’ai pu faire avec de la psychologie, c’est cette manie que nous avons tous de dissocier orange et france telecom.

    J’ai depuis pris le temps de regarder le reportage en question, et j’ai deux reproches à exprimer.

    Le premier est qu’il personnifie des coupables, et je trouve cela particulièrement malsain dans le sens où ayant quelqu’un à blâmer, nous risquons de ne pas aller voir plus loin. Le second reproche est justement de ne pas aller voir plus loin.

    La gestion de la transformation des services publics en entreprises privées est une catastrophe, et c’est le fond du problème. Je ne parle pas là de l’idée de la transformation. J’en ai vraiment rien à foutre des questions du libéralisme ou de la mondialisation, du système économique et de la dictature des dividendes. Ils sont là. Par contre les héritiers de l’ancien système, des hommes et des femmes sont là aussi. Et rien n’est pensé pour eux. Ou au contraire dans dix ans, nous dirons des profs qu’ils ne pouvaient pas échapper à ce qu’on leur avait préparé : passer de vecteurs d’éducation, à gardes-chiourmes en sous-effectif qui verront leurs primes alignées sur la réussite de leurs élèves. Reprenons la phrase de Céline, « on a trop de fonctionnaires, qu’en faire ? ». Les titulaires de la Poste autrefois fonctionnaires d’Etat s’apprêtent à devenir des fonctionnaires de la Poste, autrement dit, des employés, là où avant, assermentés, reconnus, ils accomplissaient un service public. La contractualisation à outrance a fait de ce domaine un royaume de la performance et des objectifs, avec tous les travers qui accompagnent : réduction des coûts, perte en qualité de l’emploi, compétition interne et incitation au stakhanovisme. La gestion humaine de France Telecom doit nous faire réagir sur ces points, et pas juste pointer du doigt une équipe assez outrancière pour avoir théorisé ses saloperies. Ce serait trop facile et surtout inutile, pour tous les autres.

    Voilà la teneur de mon propos. Il ne s’agissait pas du tout, Aliocha, de pointer chez vous une incrédulité candide, dont a priori vous n’êtes pas tenante, ni de me tenir à un « on peut pas faire autrement et en plus c’est de notre faute à nous ».

    Commentaire par maximgar — 02/10/2010 @ 08:36

  20. Ah non !
    Le fatras de la « responsabilité collective », des « nécessités dues à la conjecture », et encore plus des « on l’a tous voulus ». NON, je ne l’ai pas voulu et NON des millions de gens ne l’ont pas voulu. Que les responsables, puisqu’ils se taguent de l’être, prennent leurs responsabilités.

    Je ne sais pas ce qui est le plus affreux dans cette histoire. La politique de harcèlement officiel ? L’attitude « stanfordienne » des petits chefs que je n’ose appeler des cadres ? Les justifications de cette politique criminelle par des internautes dont je ne sais s’ils sont convaincus ou résignés ?

    Je m’exprime peut-être mal, mais je suis en colère. Et je voudrais que ceux qui défendent la politique de France Télécom aient le courage de dire « c’est d’un monde pire que la Jungle que je veux » plutôt que de prétendre « ils n’avaient pas le choix ».

    Commentaire par lambertine — 02/10/2010 @ 10:03

  21. Aliocha, je partage votre indignation.
    Autrefois France Télécom était un service public. A ce titre il répondait aux attentes du public. Maintenant il est entré dans la concurrence, donc il vend des « services »,qu’on multiplie à plaisir pour faire plus de fric, et il doit tâcher d’en vendre même à ceux qui n’en ont pas besoin.
    Le choc de la reconversion est dur pour une personne attachée à la notion de service. Au lieu d’essayer d’apporter aux gens ce qu’ils attendent, ils doivent essayer de leur fourguer ce dont ils n’ont pas besoin. Avec en plus des managers dont le but n’est pas d’accompagner au mieux le changement mais de dégraisser les effectifs, pas étonnant que le résultat soit une catastrophe.
    Et s’il faut embaucher, c’est que outre les suicides, on a cassé les personnes. Il doit y avoir énormément d’arrêt de longue durée pour dépression, et ceux qui le peuvent, écoeurés, quittent en masse le navire.

    Commentaire par Barbara — 02/10/2010 @ 10:21

  22. Je voudrais souligner au passage que ce n’est pas pour rien que j’ai mis en lien l’article du JDD en parallèle avec l’émission. En soi, l’article n’apporte rien. Ce n’est pas la faute du journaliste, il a interrogé comme il se doit la direction dans le cadre d’un modeste papier d’actualité, laquelle a répondu ce qu’elle voulait bien répondre. Mais il prend un intérêt tout autre lorsqu’on le rapproche du reportage parce qu’il met précisément en exergue la différence entre la réalité explorée dans le cadre d’une investigation et la réalité présentée par la com’. Le reportage dénonce un système de management conçu pour provoquer des milliers de départ volontaires via une politique délibérée de harcèlement. La direction de l’entreprise dans l’article s’en tient à la classique com’ de crise : reconnaissance du problème, compassion à l’égard des victimes, volonté d’apaiser les esprits. N’instrumentalisons pas ces suicides dit le dirigeant, nous n’en connaissons pas les causes ajoute-t-il et, le fin du fin, arrêtons de les médiatiser car cela encourage le passage à l’acte. Exactement le même argument qu’on a sorti aux journalistes à propos des suicides en prison. Nous devions nous taire sous peine d’encourager les détenus à se suicider. N’était-ce pas plutôt pour dissimuler la gravité de la situation, qu’il fallait faire taire les médias ? Bref, voilà comment les spécialistes de la communication modifient jour après jour notre perception de la réalité, parfois juste pour l’enjoliver, d’autre fois pour mentir effrontément.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/10/2010 @ 10:30

  23. Aliocha, merci d’avoir mis votre tempérament de feu au service de la communication avec – et non de l’ex-communication de – vos lecteurs.

    L’analyse que vous faites dans ce dernier commentaire et votre référence à Stanford m’ont beaucoup appris.

    Aliocha : sauf que je voulais surtout parler de l’expérience de Milgram et non de Standford, même si les deux abordent le même sujet. La première est celle qu’on voit dans le film « I comme Icare ». La deuxième a aussi donné lieu à un film, l’Expérience, excellent et, plus récemment, à un livre et une émission, « l’Expérience extrême » dont nous avions parlé ici : https://laplumedaliocha.wordpress.com/?s=l%27expérience+extrême

    Commentaire par Paul — 02/10/2010 @ 12:15

  24. Maximgar,

    Mais une mairie de village, ou un service public, n’ont pas à être gérés comme une entreprise privée. Le but d’un service public ne peut pas être celui d’une entreprise privée. Il n’a pas à être « concurrentiel » ou « bénéficiaire », mais à être ce qu’il doit être : un service, qui rentre dans ses frais, sans plus.

    Commentaire par lambertine — 02/10/2010 @ 12:35

  25. @ fredo

    « Messieurs, je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais avec votre soi disant théorie de la complicité collective vous nous reservez l’argumentaire de tous les tortionnaires et autres monstres que l’histoire à eu à connaitre. »

    Mais c’est tout le contraire ! Les tortionnaires prospèrent sur l’absence de sentiment de culpabilioté de tous leurs innombrables et indispensables complices.

    Et c’est bien parce que nous ne nous sentons que bien peu coupables de ce qui se passe à France Télécom et Orange que la même chose, à des degrés divers, se passe et se passera dans bien des sociétés, administrations, et autres.

    C’est trop facile de montrer du doigt, d’accuser, de dire « c’est lui le coupable, moi j’ai rien fait »… ça soulage, mais nourrit le « système » qui en sort renforcé…

    Aliocha : j’ai peur que la culpabilité collective n’engendre que honte et immobilisme. C’est paralysant la culpabilité et ça ne mène nulle part. Alors que la révolte contre un système qui heurte nos convictions morales a bien plus de chances d’entraîner le changement. Cultiver la culpabilité collective c’est précisément aller dans le sens de FT, si tout le monde est responsable, alors ils ne le sont pas plus que les autres, fin de l’histoire. C’est pour nous les clients et pour la grandeur de l’économie française qu’ils ont fait ça ? Mais de qui se moque-t-on ? Si, ils sont responsables, et non, je n’ai ni souhaité, ni cautionné ni encouragé ce système, de quelque manière que ce soit.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 02/10/2010 @ 12:36

  26. Je suis sidéré par l’attitude de Denis Monod-Broca et de maximgar, qui nous disent « c’est trop facile de pointer du doigt une équipe »…

    La seule attitude honnête, selon eux, serait que nous remettions collectivement en cause les principes du libéralisme qui amènent de telle dérives ? Mais il faut faire les choses dans l’ordre ! Et la priorité numéro un, c’est que nous nous indignions, comme le fait Aliocha, contre l’attitude proprement scandaleuse de quelques dirigeants qui ont mis sur pied ce programme inique de dégraissage d’effectif.

    L’honneur du journalisme, ce n’est pas d’en faire des tonnes sur l’affaire Bettencourt, ce serait de démonter les rouages de cette affaire France Telecom pour en faire l’emblème d’une dérive qui guette les dirigeants des multinationales, et dont la presse s’est faite insuffisamment l’écho. Ce serait le premier pas pour que les acteurs de l’entreprise – DRH, médecine du travail, syndicats, inspection du travail – établissent des alertes et des gardes-fous permettant de prévenir ces dérives.

    Commentaire par Tocquevil — 02/10/2010 @ 13:20

  27. @Aliocha : très bon post, merci.
    @maximgar
    Comment pouvez-vous écrire : « Est-il admissible moralement de distribuer des primes sur le fondement du nombre de démissions que le cadre concerné est parvenu à obtenir ? Oui. […]. Est-ce moral ? oui dès lors que la question humaine est devenue une ressource, pourquoi en serait-il autrement qu’avec des matières premières ? »
    Mpoi, ça m’écoeure qu’on puisse accepter de distribuer ou de recevoir des primes sur cette base. Il y a un minimum de choses qu’un employé doit refuser de faire pour ne pas y perdre son âme. Et il y a toujours, je dis bien toujours, d’autres solutions à explorer. A commencer par réduire les salaires des dirigeants qui devraient montrer l’exmple ..

    Commentaire par BCM — 02/10/2010 @ 13:45

  28. @Tocquevil Vous avez du mal me lire. J’ai dit exactement le contraire de remettre collectivement en cause les principes du libéralisme. Et si j’ai dit qu’il était trop facile de pointer du doigt une équipe, c’est sur la raison suivante : personnifier le problème par cette équipe nous empêchera d’aller voir plus loin. Et par plus loin, j’entends d’autres dérives qui elles, n’ont pas de personnifications tangibles et avérées à cette heure, mais qui partent du même principe. La solution pour moi, c’est d’agir au quotidien, pour dénoncer, critiquer, refuser, et protéger les plus faibles. Je ne crois pas qu’on manque de bonne volonté. Et moi, dans ce sens, à mon humble échelle, j’agis. Mettre un de mes responsables le nez face à son ignominie ou à sa cécité, ça ne me dérange pas. Je l’ai fait, et je le referai.

    @BCM Si je peux l’écrire, c’est pour deux raisons. La première est qu’il s’agit d’une interrogation et non d’une affirmation. La seconde, c’est que oui, ça m’écoeure qu’on puisse accepter de distribuer des primes sur cette base, mais oui j’accepte tout le reste. Et quand on m’a dit dernièrement de chercher des solutions pour circonscrire une masse salariale, j’ai juste dit « non », rappeler que je pouvais circonscrire ailleurs, et que s’engager avec un collaborateur ce n’était pas s’engager avec un fournisseur. Alors j’ai peut-être la chance d’avoir des interlocuteurs qui peuvent encore comprendre qu’ils n’ont pas à faire qu’à des chiffres ou des portions de camembert statistique, mais mon « non » est passé. Comme quoi, oui, d’autres solutions existent.

    @lambertine Evidemment une mairie et un service public n’ont pas à être gérés comme des entreprises privées. Maintenant allez le dire à un maire, ou à un employé de mairie. La taxe professionnelle n’existe plus, une compensation la remplace pour l’instant, mais les modalités à venir, personne ne les connait. Les communautés d’agglomération gèrent la redistribution au sein des communes, d’où une bataille serrée entre l’une et l’autre pour tenir le rang. Etre chargé des affaires financières aujourd’hui dans une communauté, c’est être soumis aux multiples pressions des différents élus, l’être dans une collectivité c’est s’apprêter à étouffer ses collègues ou à en mettre plein la tronche fiscalement aux administrés.

    Commentaire par maximgar — 02/10/2010 @ 14:49

  29. @lambertine

    Vous touchez du doigt un problème « il doit rentrer dans ses frais, sans plus ». Sans concurrence aucune, comment évaluez-vous le juste coût d’un service public ?

    Vous allez à un guichet. Une personne vous sert. Coût de l’opération : le salaire d’une personne pendant le temps nécessaire à vous servir.. Rajoutez deux personnes qui dorment dans un bureau voisin. Coût de l’opération ? Trois salaires. Gain en terme de service : néant.

    Comment jugez-vous du juste prix d’un service public ? de l’utilité d’avoir des gens qui compostent votre billet ? qui vous tiennent la porte ? Pourquoi exiger que nous partagions vos critères ?

    Commentaire par Paul — 02/10/2010 @ 15:02

  30. Tout d’abord merci Aliocha pour votre capacité d’indignation et d’avoir mis en exergue ce reportage.

    Sur la CULPABILITÉ qui est un thème des premiers commentaires ici:

    Je me sens à la fois non coupable et coupable !

    Je commencerai par préciser l’aspect coupable :
    Je l’avoue je suis en « dégroupage total » et mon GSM est chez un concurrent d’Orange … Je fait donc partie des ex-clients de France Telecom, de ceux qui permettent de justifier les « argumentaires guerriers » des dirigeants de FT …
    Sur ce point, et ce point seulement, je me sens coupable …

    Mais pas sur les autres !
    Je ne me sens pas coupable des suicides (chez FT ou ailleurs), pas coupable de la mise en concurrence de FT, pas coupable du système capitalisme dans lequel nous vivons, et enfin, certainement pas coupable des choix de manipulation opérés par les dirigeants de FT.

    Dès le début de mon parcours professionnel, j’ai été en contact régulier avec des gens de FT, ou travaillant dans des filiales de FT, ou étant marié avec des gens de FT …

    Et c’est clairement depuis les années 90 que FT a décidé de changer de modèle… avec une situation assez complexe (statut de fonctionnaire de la majorité des salariés, dettes en augmentation rapide, concurrence vive, évolutions technologiques).

    L’un des malheurs de FT, c’est qu’à l’époque du monopole d’état, il a servit de « vache à lait » pour les politiques industrielles de l’État.

    Ainsi, BULL a été de nombreuses fois renfloué par les bénéfices de FT.
    Je ne sais pas s’il y a eu des suicides chez BULL, mais je pense que sans l’apport d’argent par FT, les plans sociaux successifs chez BULL auraient été bien plus terribles.

    FT était un fleuron technologique français. Une preuve : le GSM a été inventé dans le centre de recherche de FT !

    Mais les choix politiques et les ambitions de certains de ses dirigeants ont failli détruire FT. Alors pour sauver FT, ces même dirigeants ont CHOISI de sacrifier les hommes … à la guerre comme à la guerre !

    Il s’agissait bien d’un choix, et comme tout choix, d’autres auraient été possible.
    C’est parce que ce n’est pas mon choix que je ne me sens, finalement, pas coupable.

    Pour finir, ayons une pensée pour les employés de Kodak de Chalon sur Saône.
    Le rapport avec FT ?
    En 2005, avec l’irrépressible changement technologique des appareils photo et vidéo, Kodak a décidé de fermer son site de Chalon. Conséquence : plus de 1800 employés (sur 2000) à licencier en moins de 3 ans…
    La différence avec FT : pas un seul statut fonctionnaire.
    Et pourtant, l’autre différence avec FT :
    http://www.usinenouvelle.com/article/chalon-sur-saone-ne-pense-plus-kodak.86429

    Commentaire par Yves D — 02/10/2010 @ 19:30

  31. Les techniques utilisées pat FT pour diminuer les effectifs sont hautement critiquables, moralement répréhensibles si pas légalement répréhensibles, elles sont choquantes et on ne peut que souhaiter qu’elles disparaissent,
    mais :
    il y a dans cette entreprises de x milliers de salariés des dizaines et des dizaines de directeurs et de sous-directeurs, de chefs et de sous-chefs, et x milliers de collègues pas toujours mécontents de prendre la place d’un collègue,
    et il y a des comités d’entreprise, et des CHSCT, et des syndicats, et des visites d’inspecteurs du travail…
    et il y a des concurrents qui lui tirent la bourre et l’obligent à reduire ses coûts…
    et il y a des consommateurs avides de meilleurs tarifs et bien contents de téléphoner sur internet sans débourser un sou…
    et il y a une idéologie (efficacement relayée par Bruxelles) selon laquelle la concurrence nous dispense ses inestimables bienfaits …
    et il y a des lois censées protéger les salariés mais qui, à force de les protéger, se retournent contre eux, les employeurs imaginant toutes sortes d’expédients pour les contourner…
    etc
    c’est pour tout cela que je maintiens que nous avons une reponsabilité collective dans ce qui arrive à France Télécom et dans bien d’autres entreprises, et c’est parce que nous sommes reponsables que nous sommes impardonnables de perpétuer un système aussi délétère. Et je ne crois pas qu’on en sortira en accusant tel ou tel…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 02/10/2010 @ 20:36

  32. Il y a autre chose de profondément choquant qu’a révélé le reportage d’envoyé spécial. C’est la stratégie guerrière employée. Le journaliste a montré les documents où les dirigeants de FT ressortaient des stratégies de la deuxième guerre mondiale comparant les concurrents de ft aux forces armées nazies qui bombardaient l’angleterre. en lieu et place des nazis, c’était les concurrents à savoir Free, Bouygues et NOkia. Les inrocks détaillent cela dans leur article http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/51122/date/2010-09-25/article/humiliation-depression-demission-loffre-triple-play-de-france-telecom/

    Commentaire par Romane — 03/10/2010 @ 02:51

  33. @Aliocha « Que je sache, la communisme ferait mieux de ne pas la ramener sur le chapitre des systèmes qui broient les hommes. »

    le communisme qui broie les hommes, c’est le chantage classique au réalisme. voir la polémique qui a vaguement secoué les pages « Opinions » du Monde au mois d’août, avec le texte de Guy Sorman.
    histoire de renouveller un peu les idées, je vous propose cet extrait de « Appel » (ça sort tout droit de Tiqqun, etc) :

    « Le communisme n’est pas un système politique ou économique. Le communisme se passe très bien de Marx. Le communisme se fout de l’URSS. Et l’on ne pourrait s’expliquer que l’ON fasse mine depuis cinquante ans, chaque décennie, de découvrir les crimes de Staline pour s’écrier « Voyez ce que c’est le communisme ! », si l’ON ne pressentait qu’en réalité tout nous y pousse. »

    Commentaire par craven — 03/10/2010 @ 04:31

  34. Il me semble ridicule de traiter ce sujet en termes Gauche – Droite, capitaliste – communiste. Il est plus utile de sortir de sa boîte d’outils la notion de dominant et dominé. Et, là on est sur le terrain humain et social où se trouve l’écœurement (que je partage) de notre chère Aliocha. La question devient, alors, comment doit-on se comporter en situation de dominance?

    L’article que nous propose Yves D montre bien qu’il y a d’autres façons d’approcher la question de « dégraissage » (pour employer un des termes odieux du « management ») d’une entreprise. France Telecom ne pratiquait rien d’autre que le harcèlement en entreprise institutionnalisé.

    Comment est-on arrivé là ? FT a interprété le fait d’être en concurrence comme le besoin de récréer une monopole par la dominance du marché et a procédé à l’achat d’Orange, un morceau surévalué donc difficile à digérer. Il y a suffisamment d’études psychologiques qui montre comment on peut passer d’être rationnel et intelligent à celui du bourreau. Donc on peut rapproché à FT, non seulement de mettre en place une politique de harcèlement mais aussi la formation des exécutants nécessaires pour son fonctionnement. Le rapprochement avec la situation de l’entreprise et une carte qui montre les forces nazies prend, dans cette lumière, une autre allure.

    J’ai quelques questions, cependant, qui me chatouillent :
    Comment se fait-il que, d’un coup et de tous azimuts, nous avons des articles qui dévoilent ce qui se passe ?
    Comme c’est une histoire qui dure depuis un moment, où était les syndicats ? Comment se fait-il qu’ils ne soient pas au courant avec ce qu’il passait et qu’ils n’ont pas agi ?

    Commentaire par Loki — 03/10/2010 @ 13:29

  35. @Aliocha:
    je vous rejoins dans le fait trouver ces méthodes de gestion scandaleuses, mais je ne vous suis plus lorsque vous dédouannez l’idéologie capitaliste ultra libérale ambiante de ce drame.
    ma perception de ce qu’on sait de l’affaire est que:
    -on partait d’un entreprise publique mais rentable (bénéfices et tout)
    -on y a mis un groupe dirigeant avec comme mission de « privatiser »
    -ce groupe était idéologiquement totalement pénétré de la vulgate ultralibérale ambiante (« greed is good », pour reprendre simplement le slogan d’un film sorti récemment)
    -cette vulgate est tellement prégnante que la morale « classsique » a disparu
    Le résultat est France télécom. (et contrairement à ce qui est dit plus haut, Fce télécom n’a rien fait comme erreurs en 99-2000 que ce que tous les groupes de télécom européens ont fait à la même époque, sous pression des marchés, qui sanctionnaient ceux qui n’étaient pas engagés dans une expansion désordonnée par rachat des « dot com » au milieu de la bulle internet. songez aux licences UMTS).

    Bossant dans le privé, je vous garantis que cette idéologie est particulièrement difficile à combattre, considérée comme totalement naturelle (et positive), et les personnes qui la professent ne se rendent même pas compte qu’ils en sont les hérauts.
    J’attends également de voir sortir les affaires concernant GDF-Suez, EDF, et autres grands groupes récemment privatisés, dont je crains qu’ils n’aient à traverser la même épreuve.

    Commentaire par javi — 04/10/2010 @ 09:12

  36. Bonjour Aliocha,

    Cette affaire me met mal à l’aise. Pas sur le plan de notre responsabilité collective éventuelle.

    En fait, voilà: FT, ou Orange, peu importe, emploie 200.000 personnes dans le monde et 100.000 en France. Il est question de virer 22.000 salariés en France en utilisant des méthodes qui sont notoirement illicites, voire franchement illégales.

    Il est donc question de virer 1 salarié sur 5 et l’entreprise concernée est un champion national.

    Indépendamment de la question de savoir s’il existe une volonté et un plan sciemment mis en œuvre par la direction de l’entreprise pour parvenir à ce résultat en employant ces méthodes, il faut quand même convenir que l’annonce d’un tel licenciement, massif, est en soi une bombe.

    Le simple fait de suspecter la direction d’avoir voulu contourner la loi sur les plans sociaux, et d’avoir des éléments sur lesquels appuyer cette suspicion est également une bombe.

    Il suffit de réfléchir trois minutes: on renoue avec les licenciements massifs de la sidérurgie des années 70 et 80 et on le ferait « hors la loi », et par dessus le marché, si j’ose dire, en employant des méthodes d’une violence extrême: contourner les lois sociales est une chose, utiliser des méthodes de voyou en est une autre.

    Tout cela devrait provoquer un immense scandale. Il devrait y avoir des manifs et des banderoles dans les rues. Mais il n’y en a pas, du moins pas sur ce sujet.

    Dans une société normale, en bon état de santé mentale, une commission d’enquête parlementaire devrait immédiatement être formée, car les accusations qui sont portée contre la direction sont extrêmement graves.

    Et pourtant, à lire les coms, je vois que c’est plutôt un débat philosophique qui s’est engagé, la question se posant de savoir comment, à l’échelle individuelle, s’organiser pour conjurer la violence extrême qui nait des nouveaux rapports sociaux que nos choix politiques ont impliqués.

    Et là je dois dire que j’en reste un peu comme deux ronds de flan.

    L’affaire est intéressante d’un point de vue philosophique, c’est entendu, et je serais le premier à en discuter si j’en savais plus sur le fond. Mais il me semble bien, quand même, que si nous discutons de ce dont nous discutons, c’est qu’un point de rupture a été atteint.

    Nous discutons de l’éventualité du fait que la direction d’une très grande entreprise française ait sciemment mis en place un plan qui allait immanquablement provoquer la mort de certains de ses salariés.

    Oui, ou non?

    Aliocha : oui, c’est de ça qu’on parle et oui, c’est une bombe. Mais il n’y a de bombe médiatique que si les journalistes font du bruit et que le public suit. Or, ça sent la démission générale, allez savoir pourquoi. Comme je l’ai dit plus haut, ça me parait pourtant bien plus grave, si c’est démontré, que les tribulations de Dame Bettencourt. Au fond, voyez-vous, je crois que chaque époque a ses horreurs mais qu’on ne les voit pas sur le moment. Et puis on retrouve toujours le même problème, mon amie la com’ spécialiste de l’endormissement des esprits à coups de périphrases, d’euphémismes et d’arguments prêts à l’emploi sous forme de messages simples et apparemment pertinents. D’où croyez-vous qu’ils viennent les raisonnements type « on ne se suicide pas plus chez FT qu’ailleurs, c’est difficile de déterminer la cause d’un suicide etc. ? D’après vous ?

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 11:45

  37. Ok pour les 22 000 emplois à supprimer sans plan social (en plus des départs habituels genre retraite ?)
    Ok pour le harcellement moral
    Ok pour dire qu’on se demande comment sont formés les dirigeants actuels, et j’ai d’autres cas en tête de brutalité gratuite, car s’ils croient vraiment qu’apres les 22 000 départs par dépression, l’entreprise sera performante avec une véritable adhésion cadre vireur-technicien dépressif sur le modele des pilotes-mécaniciens de la Bataille d’Angleterre, ils sont naifs ou plutot imbus de leur prestigieuse formation qu’ils ont eu au piston, qui leur a permis d’avoir un poste de responsabilité.

    mais,
    -l’histoire de la courbe de deuil est un classique de management, que j’ai appris à l’école, et que nous avons tous parcouru pour les petites et grandes contrariétés de la vie. En faire tout un plat, voire même un sujet en soi, c’est de la desinformations
    -on se suicide moins à FT qu’ailleurs
    -faire le lien entre suicide et travail est difficile, y compris avec la meilleure volonté
    -les syndicats, pourtant tres présents à FT, n’ont pas su faire leur travail, et lors de la polémique médiatique, ils étaient sans arguments. C’est quand même dommage que se soit des journalistes (toutes mes félicitations) un an apres qui réussissent à collecter des témoignages, des documents officiels et à les mettre en relief.
    – le harcelement moral est connu. Son principe est resté dans le flou. S’en dépetrer est difficile, mais c’est le travail des syndicats. Par exemple, dans le documentaire, on voit un témoignage de « réunions de déstabilisation », où sont les enregistrements pirates initiés par les syndicats ?

    Un petit lien pour se souvenir de l’époque: http://www.koztoujours.fr/?p=5824

    Commentaire par Cyd — 04/10/2010 @ 12:00

  38. Cyd, je crois que vous êtes nuche.

    Un prototype du nuche.

    Vous n’êtes pas seul, remarquez: il y a DMB.

    Mais en même temps, et c’est ça qui est extraordinaire, vous mettez le doigt pile poil où il faut.

    Sauf que vous n’en tirez aucune conséquence.

    En fait on peut même dire que votre job consiste à voir les choses, comprendre le problème, mais dire qu’il n’y en a pas. Vous êtes l’extincteur de nos ardeurs. Vous êtes le nuche de service.

    Vous êtes Gamelin et weygand, l’un prolongeant l’autre par limogeage et trou d’homme interposés. Vous avez compris… que vous avez perdu la bataille et vous vous y faites.

    Vous n’êtes pas un imbécile, je peux pas dire ça, ce serait faux (et DMB non plus n’en est pas un).

    Vous faites parti de l’énigme.

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 13:40

  39. @ Aliocha,

    Le plus grave ou le moins grave, j’en suis plus là, à vrai dire.

    J’en suis un peu au stade de Max: que puis je faire à ma propre échelle? Je suppose que Jalmad, qui fait la fière (et elle a bien raison, vu que l’air de rien elle nous défend tous sur l’article 66 de la Constitution) en est réduite un peu au même point.

    Mais ça, cette façon de penser, elle est mauvaise.

    Le trou d’homme de Max (qui est aussi celui de Weygand) je le comprends. Je vais pas dire qu’il manque d’ambition, vu que je me suis pris la truelle de plâtre dans la tronche, moi aussi.

    Mais, n’empêche, c’est pas bon.

    Pour répondre à votre question, d’après moi, ces raisonnements, ils viennent de la partie de nous mêmes qui ne veut pas agir et qui rencontre la partie de lui-même d’un adversaire qui veut nous baiser et qui, lui, agit.

    Pour autant, la peur n’a pas changé de camp: elle est toujours de son côté.

    Nous, on se tâte en se demandant si on va faire quelque chose.

    Puissance silencieuse qui attend de se dresser pour combattre.

    En fait, c’est une question de rapidité et peu de principe.

    Vous saviez cela?

    Aliocha : ce que je sais, c’est qu’il faut que vous écriviez pour le théâtre, vous avez de ces fulgurances parfois qui me laissent muette 😉 Ma question attendait une autre réponse, la com’ bien sûr, mais vous avez raison de porter le débat au stade supérieur, la com’ n’est entendue que si elle touche juste, or ici elle touche en effet cette part de nous-mêmes qui ne veut pas agir et qui, en quelque sorte, collabore avec l’oppresseur. Il faudra un jour qu’on se sorte de l’esprit l’idée fausse selon laquelle nous sommes vaccinés contre toute forme de système à broyer les hommes parce que, à l’évidence, ce n’est pas le cas. Sinon, en fait de chiens de garde de la démocratie, je me suis toujours dit que les avocats méritaient au moins autant que nous ce surnom.

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 13:58

  40. Je voulais, même un peu tard, revenir sur le socle de la question : une « gestion économique » du groupe, entreprise ou collectivité.

    Si on regarde de près : c’est un système qui ne marche pas, tout le monde le sait, il suffit de voir le système bancaire, archétype même de cette gestion économique d’un système de marché : il a mis en danger le vivre ensemble. Il a asséché l’argent des pme, ruiné des pans complet de l’économie, mis en faillite des pays entier, poussé à la misère des millions (milliards?) de gens. Et in fine renfloué avec l’argent que l’on supprime des aides sociales qui permettaient aux plus faibles d’entre nous de ne pas crever la gueule ouverte suite à la crise portée par les banques : c’est le double effet kisscoll

    On voit que cela ne marche pas, c’est visible : tout au plus c’est presque viable dans une croissance à presque 2 chiffres ou il y a tellement d’argent qui coule que les gens ne crèvent pas trop et/ou que ce n’est pas trop visible.

    N’importe quel enfant en âge de réfléchir un peu sur son environnement sait qu’il est stupide de réfléchir en terme économique : on ne devrait pas faire d’enfants (qui coûtent pendant 25 ans avant de rapporter) et on devrait butter les vieux (qui coûtent, pour le moment, pendant 10 ans après avoir rapporté). Si ce système ne marche déjà pas dans un « groupe » familial de 5 personnes (enfin si ca marche, mais seulement pendant une génération et ensuite ben la terre redevient une planète sauvage sans hommes), comment voulez vous que cela puisse marcher dans un groupe de 65 millions d’individu, voir de 8 milliards ?

    Et bien cela ne marche pas. Mais le « groupe » est tellement grand, que les théoriciens arrivent à cacher le fait que cela ne marche pas dans l’avalanche de statistiques fausses et trompeuses. On choisit les bons indices, les bonnes périodes, on fait nos corrections saisonnières, nos tambouilles, un peu de discours politique dessus « et voila  » {en français dans le texte}.

    Toute tentative de gérer de manière économique un groupe s’est soldé _toujours_ par des souffrances : des plus faibles, donc on s’en fout. Le pire c’est que l’on continu dans cette voie parce qu’une bonne partie des participants espère passer dans le clan de ceux qui profitent et dominent : ils pourront infliger cela à leurs frères humains : mais c’est bien fait pour eux ils n’avait qu’à travailler ces faignants assistés. Nous fabriquons une société de bourreaux et de tortionnaires. On ferrait cela à des animaux, on se retrouverait en prison.

    Commentaire par herve_02 — 04/10/2010 @ 14:20

  41. Tant qu’on y est, je viens de recevoir un communiqué qui m’informe que nous en sommes à 94 suicides ou morts suspectes en détention depuis le début de l’année. Taux dix fois supérieur à la moyenne nationale. Mais de ça non plus il ne faut pas parler dans les médias, comme pour FT, ça risquerait de précipiter les passages à l’acte….Je suppose que les taulards aussi manquent de capacité d’adaptation, que ce sont des esprits fragiles et qu’ils ont des difficultés personnelles.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/10/2010 @ 14:37

  42. Hervé,

    Keskon reproche au système? De ne pas marcher ou de créer tout le mal que vous décrivez?

    Attention, ici vous avez un choix:

    – Améliorer le système en se fichant du mal qu’il peut faire: on peut dire en gros que c’est le sarkozysme qui est une doctrine utilitariste extrême (sacrifier un petit nombre au profit du bonheur du plus grand nombre). Ca se justifie à la condition que les sacrifiés soient des Roms ou des Français de fraîche date. Des minorités, quoi. Les minorités peuvent être gênantes en Afghanistan, mais pas en France: il y a des plans pour faire face (militaires, policiers et urbanistiques). Donc, ça c’est un point réglé (ils seront matés).

    – Ne pas faire de mal: ça ce n’est pas un point réglé. Sur ce créneau vous trouvez la gauche angélique, les écolos un peu cons, le centre, et les extrêmes, surtout à gauche. Bref tout ceux qui sont inaptes à l’exercice du pouvoir.

    – Et puis il y a une troisième option qui est de faire gaffe à ce qu’on fait, mais en l’état je suis incapable de vous dire par quoi elle est représentée politiquement. Ca, vous le savez. Mais ce que vous négligez, c’est que cette troisième voie, en économie, elle est représentée par les banques.

    Ce n’est pas le moindre des paradoxes.

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 14:44

  43. Aliocha,

    Vous vous gourez de discours. Interrogez un magistrat de base sur la population carcérale, il vous répondra ce que pensait le professeur Choron des bourgeois: qu’ils crèvent!

    Rendez le responsable, et là vous aurez un type prudent qui songe à protéger son cul, mais ça ne changera rien à l’histoire.

    Il y aurait 500 suicides, ça changerait rien, vu qu’on veut pas d’une prison qui nous coûte. Pour nous, la prison c’est la poubelle: je ne sors pas mes ordures de ma poubelle, je les y mets. Ceux qui se chargent de sortir mes ordures de ma poubelle, c’est pas moi. C’est quelqu’un d’autre. Ailleurs, dans un autre monde. Et quand je reçois ma taxe, je la trouve trop chère, comme nous tous. Et je suspecte les puissants de s’enrichir (vous avez ce débat là sur la privatisation des prisons).

    Eh ben la prison, c’est pareil.

    C’est tout simple à la base. Ensuite on voit ce qu’on est capable de supporter dans l’ordre de l’indigne et c’est là que les points de rupture personnels jouent un rôle.

    Mais tant qu’on ne prend pas conscience de cela, il ne se passe rien, sauf… x types qui se suicident.

    Même problématique que FT.

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 14:59

  44. Bonjour Aliocha,

    Un mot sur l’argument qui consiste à rapporter le nombre de suicides chez FT au nombre de suicides dans la population globale.

    Je suis consternée que vous ayez prêté oreille à un argument qui est tellement à côté de la plaque que la plaque en a carrément profité pour se barrer sans que personne ne la voit.

    J’ignore totalement de quels chiffres on parle concrètement, et je m’en fiche complètement. Je veux dire – il est peut-être exact que le nombre de suicides chez FT est égal ou inférieur au nombre de suicides en France rapporté à la population, ce n’est absolument pas la question. La question est de savoir si ces suicides sont ou non provoqués par les conditions de travail imposées à ces salariés.

    C’est comme si, dans une usine dans laquelle vous auriez 2 ou 3 décès par an de salariés sur le site, on vous disait que par rapport au nombre de décès par accident dans la population globale, ce n’était pas plus, voire même moins. Ça n’a rien à voir, c’est pas le problème. La question est de savoir si cela relève de responsabilité de l’employeur ou non (accidents du travail).

    Qu’à l’extrême limite, on vienne expliquer que l’on a pas mis en place des instruments d’alerte qui permettent de prendre la mesure du problème dans le cas de passages à l’acte suicidaires hors du lieu de travail, ça se conçoit. Ce genre d’informations peut ne pas remonter ou ni être centralisé en tant que tel tant que l’ampleur du phénomène n’est pas connue, et l’ampleur du phénomène restera inconnu tant que l’on ne prend pas la peine de collecter ce genre d’informations, qui ne se collectent pas toute seule.

    (Par parenthèse, on sous-estime toujours la difficulté qu’il y a à réaliser que l’on sait ce que l’on sait dans tout type d’organisation, notamment complexe, comme c’est le cas d’une société de ce type. Ou pour dire la même chose différemment, on sur-estime toujours la capacité d’une organisation complexe à savoir qu’elle sait ce qu’elle sait).

    Mais que l’on vienne présenter cet argument comme l’indice qu’il n’y a donc pas de problème, c’est tout bonnement stupide. Il est possible qu’il n’y ait pas de problème (il est possible qu’un salarié de FT se suicide pour des raisons qui tiendront essentiellement à des circonstances n’ayant rien à voir avec ses conditions de travail), mais on ne le saura pas en comptant les suicides ici et là. On le saura en allant y voir de plus près.

    Commentaire par Fantômette — 04/10/2010 @ 15:55

  45. @Tschok :

    Oui, on sait ce qu’on veut, faire une société ou il fait bon vivre, pour tous sinon pour le maximum de personnes. Et sans vouloir tomber dans un gloubiboulgisme poujadiste et populaire, non le sarkosisme n’est pas d’améliorer la société en sacrifiant une _minorité_ (ou alors le bonhomme est très très m

    Commentaire par herve_02 — 04/10/2010 @ 16:01

  46. oups…

    Et sans vouloir tomber dans un gloubiboulgisme poujadiste et populaire, non le sarkosisme n’est pas l’amélioration de la société en sacrifiant une _minorité_ (ou alors le bonhomme est très très mal comprennant) : il sacrifie le corps social en entier pour atteindre un espèce de point mythique ou tout irait bien par le marché avec les riches très riches et au dessus des lois parce que faut pas déconner, on fait tourner la maison france et de cet état de fait, tout irait bien avec une population docile et bien elevé qui pousserait la vertus sacrificielle à son paroxisme (en huant le rom qui volerait les 320 euros d’alloc par mois).

    Si vous voulez savoir comment faire, je dirais

    1 – commencer par changer de système politique. Dissolutions générales de toutes les institutions politiques, assemblé constituante tirée au sort, et remise à plat. Le pouvoir corrompt et il faut veiller à avoir des institutions qui nous protège le plus possible contre notre état. Cette génération de constitution a faite son temps, il faut remettre l’ouvrage sur le métier. P

    Commentaire par herve_02 — 04/10/2010 @ 16:07

  47. c’est un peu lourd cette validation auto…

    ….

    Parce que nous sommes d’accord, c’est avant tout une question de choix politique.

    2 – redistribuer plus : Vous pourrez voir ici une étude sur ce type de raisonnement. En clair, une meilleure redistribution est garante d’un meilleur vivre ensemble.

    http://hadyba.wordpress.com/2010/10/04/le-realiste-la-naive-les-scientifiques/

    Enfin, par pitié ne me parlez pas de la gauche. La gauche est morte en 1981 quand ils se sont aperçus qu’ils pouvaient accéder au pouvoir. Ils ont donc fait concessions sur concessions jusqu’à arriver à être une nouvelle droite moins facho que la sarkosie. Je veux bien parler de la gauche de gouvernement : Les ultra gauchistes révolutionnaires comme strosskan par exemple.

    Et en ps : non, pitié pas les banques, elles représentent à elles seules l’emblème de ce qui est détestable dans le capitalisme : conçue pour faire se rencontrer l’épargne et le besoin de financement, elles ont dérivés vers un système de casino ou elle gagnent toujours : elles jouent avec l’argent des dépositaires et lorsqu’elles perdent elles leurs font payer la note. Il est plus « rémunérateur » de plummer le petit boursicoteur que de faire vivre l’économie.{comme il est plus facile de violer une femme que de la séduire, mais l’un est ‘moral’ l’autre est un ‘crime’}

    Le système bancaire c’est comme une roulette ou la martingale est autorisée, quand on arrive avec des milliards sur la table on ne peu presque jamais perdre (c’est toujours le petit joueur qui se fait ratisser) et lorsqu’on est vraiment très mauvais et qu’on perd quand même, ben le casino dit : pas de soucis, on vous redonne votre mise pour que vous vous refassiez.

    Commentaire par herve_02 — 04/10/2010 @ 16:20

  48. @ Tschok : pourquoi dites-vous que je fais la fière ? je fais la fière, vous trouvez ? pourtant, je le suis très peu, fière de moi ; je me trouve bien conne d’accepter de bosser dans les conditions dans lesquelles je bosse, quand je sais ce que j’ai à manier en termes de libertés individuelles. Maintenant quand vous dites : « Interrogez un magistrat de base sur la population carcérale, il vous répondra ce que pensait le professeur Choron des bourgeois: qu’ils crèvent! », j’ai envie de vous dire : je vous emmerde, Tschok. Mais, de façon plus politiquement correcte, je vous dirai : prenez garde à votre représentation mentale du « magistrat de base ». Et ne venez pas me dire que je ne suis pas un magistrat de base, par pitié.

    Commentaire par jalmad — 04/10/2010 @ 16:44

  49. @ Tchok (en 39)
    Whouahou, vous avez quel age pour nous sortir des références aux généraux de la première guerre mondiale ? je croyais que les poilus avaient tous disparus, et les leçons de l’histoire avec ?!

    @ hervé_02 (en 40)
    Bon OK, vous faites dans la caricature, mais tant qu’on y est, pourquoi ne pas dire aussi « Les vieux faudrait les tuer à la naissance » …
    En fait, cette caricature là est l’opposée de celle que vous faites de la « gestion économique » : dans celle du commentaire 40, il n’y a pas d’anticipation (donc pas d’investissement en vue d’un futur rapport).
    Dans celle que je viens de faire, il y a trop d’anticipation (et non prise en compte d’actions intermédiaires) …

    Tout ça pour dire que ce n’est pas la « gestion économique » qui est en cause dans le problème dénoncé par ce billet. En tout cas, pas par principe.

    Mais comme vous tenez à parler d’économie, et de ses aspects « immoraux », je vous invite à lire cet article de (l’excellent – faut lui faire de la pub’, des mensuels comme ça il n’y en a plus beaucoup -) Le Monde Diplomatique :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2010/08/LATOUCHE/19563

    Commentaire par Yves D — 04/10/2010 @ 17:12

  50. @ Loki (en 34)

    Tout d’abord merci pour la citation …
    Un embryon de réponse à vos questions est ici:

    http://www.marianne2.fr/Chez-France-Telecom,-les-suicides-continuent_a192040.html

    Et puis aussi peut-être ici … Mais je ne sais si c’est de l’info ou de l’intox …
    L’article commence par deux phrases qu’ALIOCHA aurait pu signer : « La « com », c’est pas de l’info. La preuve par France Télécom. Cela fait maintenant quatre mois que la communication a pris le pas sur l’information avec l’affaire des suicides à France Télécom.  »
    Mais la suite ne va pas dans le même sens que le reportage de France 2 …
    http://eco.rue89.com/2009/10/08/france-telecom-derriere-les-suicides-les-conges-en-fin-de-carriere

    Enfin, un mix des deux dans ce blog hébergé par Marianne2, avec une série d’updates hilarantes (pour les amateurs d’humour très noir s’entend) :
    http://www.marianne2.fr/Suicides-France-Telecom-garde-le-rythme!_a197428.html

    Bonne lecture !

    Commentaire par Yves D — 04/10/2010 @ 17:27

  51. Moi, je vous trouve très bien.

    Je vous trouve brillante, intelligente et sensible. Et curieuse; et courageuse. Très franchement. Je suis prêt à justifier chacun de ces mots contre quiconque et d’avance je lui dis que je l’emmerde.

    J’adore m’engueuler avec vous. Et je suis fier de vous. C’est insigne, ce qui m’est offert, vous savez?

    Le magistrat de base, il existe pas, en même temps il existe tous les jours. Comme l’avocat de base, le flic de base, le médecin de base, le prof de base, etc. Évidemment, on n’a pas envie d’être celui-là, le médiocre. Notre course, c’est d’être toujours un autre, supérieur de préférence, idéalement unique. Oui, bon.

    Mais en fait cékon, gravement con.

    Oui vous faites la fière, et heureusement. Parce que c’est autant d’intelligence qui nous est donnée par votre fierté. Alors moi, ça me va.

    Je veux pas vous cirer les pompes (en plus, les rentrées judiciaires sont faites pour ça) mais vous m’êtes insigne. Et je crois que vous êtes insigne pour pas mal d’entre nous. Et vous vous doutez pas.

    On vous cogne, quoi, mais c’est parce que vous cognez dur, alors c’est pas injuste.

    Euh, voilà en gros. Et il n’y a pas de pitié là dedans. Pas une once. Même pas le dixième de la moitié d’une once.

    Et en fait, c’est dur.

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 17:30

  52. Yves D

    J’ai l’âge de savoir que c’est la seconde guerre mondiale.

    Je vous rajoute à ma collec de nuches, ou vous décidez à ouvrir un bouquin?

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 17:31

  53. non, Yves, ce n’est pas la gestion économique qui est en cause dans le cas FT, c’est une conséquence directe de cette gestion économique.

    Merci pour le lien, je suis obligé d’esquisser un sourire … jaune, si même les cathos pensent qu’il n’y a aucune alternative, c’est mort.

    Non, je ne pense pas que l’économie soit immorale : c’est une « pseudo-science » ou plutôt un ensemble d’axiome ne formant pas un univers cohérent. Elle peut, à la marge, « expliquer » (c’est pourquoi je me hasarde à parler de pseudo-science), mais elle ne peut pas gouverner. Car _par nature_ l’homme n’est pas une marchandise. A partir de ce moment là nous avons des contraintes externes qui ne sont pas intégrés dans ce pseudo univers.

    Adonc, 2 solutions :
    – vous transformer l’individu en marchandise pour tenter de pondre ex nihilo de nouveaux axiomes qui ne sont valables que pour ceux qui y croient, avec tout ce que cela comporte comme souffrance.
    – Vous admettez que l’économie ne peut pas gouverner le monde avec tout ce que cela comporte comme changement de regard sur le monde.

    Malheureusement à mon humble avis, c’est le mauvais embranchement qui a été choisi. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Dans notre société de spectacle (presse,rédaction,journaliste comme responsables) pour acquérir une « renommée » (aux trompettes mal embouchées), il faut de l’argent trouvé auprès de pouvoirs économiques qui attendent un retour sur investissement positif et rapide. La boucle est bouclée. Regarder le cas BP aux us, c’est ahurissant.

    Dans votre commentaire sur le manque d’anticipation de mon image : éducation massacrée, santé diminuée, culture absente, justice abandonnée … je ne sais pas si on parle vraiment d’anticipation ou alors, à quoi sert d’avoir un bétail en bonne santé, de toute façon ils vont crever rapidement ???

    La gestion par l’économie ca ne marche tout simplement pas. Quelle société humaine peut se targuer de fonctionner en utilisant des outils « économétriques » pour régenter le vivre ensemble ? Aujourd’hui ou hier. Même un seul exemple serait intéressant à étudier.

    Commentaire par herve_02 — 04/10/2010 @ 17:37

  54. Tschok, vous l’faites exprès ou je vous mets dans ma collec de super-nuches ? je vous demande de pas me parler de moi, et vous faites quoi ?

    naaaan, c’est sur « magistrat de base » que j’ai tiqué. Parce que pour moi, le « magistrat de base », c’est pas le « mauvais magistrat » (ça il y en a, on est d’accord), c’est le « magistrat représentatif de la profession » « qui représente la majorité de la profession ». Et là, je vous ai trouvé injuste.

    mais bon, moi aussi j’aime bien m’engueuler avec vous.

    ps : je ne sais pas ce que veut dire « être insigne à quelqu’un », mais ça à l’air sympa, donc je prends.

    Commentaire par Jalmad — 04/10/2010 @ 18:24

  55. @ Tschok

    Ah ben voui !
    Vu que le Max Weygand était né début 1867 (donc plus de 51 ans en 1918), j’en était resté à l’image célèbre de la signature de l’Armistice dans la forêt de Compiègne !

    Je crois que je n’avais jamais su (en tout cas j’ai complètement oublié) qu’à 73 ans, il avait repris du service pour accélérer la défaite de la France lors de la 2e guerre mondiale …

    Mais il est vrai que vous parliez du pas de deux qu’avait fait Momo Gamelin avec Max Weygand, et donc que vous parliez de la 2e GM et pas de la 1ère …
    Et puis j’avoue aussi ne pas bien comprendre votre histoire de « trou d’homme » …

    M’enfin, si moi je suis un de vos « nuches », on peut vous appeler « vieux Tschok » ? 😉

    Commentaire par Yves D — 04/10/2010 @ 19:28

  56. Aliocha : « cette part de nous-mêmes qui ne veut pas agir et qui, en quelque sorte, collabore avec l’oppresseur. »
    Tcchok : « de la partie de nous mêmes qui ne veut pas agir et qui rencontre la partie de lui-même d’un adversaire qui veut nous baiser et qui, lui, agit »
    Mais de quel oppresseur, de quel adversaire parlez-vous ?
    Je ne me connais qu’un adversaire, qu’un oppresseur, c’est la part de moi-même, pour parler comme vous, qui a besoin de se dresser contre autrui pour avoir le sentiment d’exister.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/10/2010 @ 08:19

  57. @tschok

    Dans les commentaires du billet « Le loup du camp S-21 » sur le génocidaire Douche, Aliocha (com37) m’informait en terme choisi que vous étiez le troll domestique de ce blog.

    Dont acte.

    Commentaire par Cyd — 05/10/2010 @ 09:58

  58. @ Cyd :

    Sauf votre respect, et pour prendre la défense de mon petit camarade qui n’en a nul besoin, dans le com’ auquel vous faites référence, Aliocha parle de Giminy Cricket et de bouffon du roi, bref d’empêcheur de penser en rond, alors que penser en rond est justement là où un troll veut emmener une discussion. Tschok est l’ennemi du troll : c’est un Elfe (il décoche ses traits avec une redoutable précision), ou un Nain si cela vous convient mieux (sa hache est à double tranchant). S’il vous met du poil à gratter dans le slip, c’est pour vous empêcher de rester assis sur vos positions.

    Du reste, sous ce billet particulièrement, il est quasi le seul, avec Fantômette (mais c’est deux-là sont de sacrés duettiste, et plus encore depuis l’apparition de Jalmad dans le ballet – ***message perso : reposez-vous un peu parfois, svp, parce que vos discussions à rallonge sont passionnantes mais difficiles à suivre à ce rythme effréné. Y’en a qu’on un vrai métier, quoi !***) à poser les vrais problèmes, les seules questions qui valent et que mérite l’indignation salutaire d’Aliocha.

    Commentaire par Gwynplaine — 05/10/2010 @ 12:25

  59. @Aliocha votre commentaire sur commentaire 39
    Je connais suffisamment votre blog pour savoir que vous choisissez les termes que vous employez avec soin (sans parler d’un certain style particulièrement élégant); « …collabore avec l’oppresseur » nous amène sur du terrain glissant, voire gênant. Sommes-nous arrivés au stade d’avoir besoin d’une résistance ?

    Je pense que oui, malheureusement. La question, sachant qu’ici je suis entourés des hommes et femmes de loi, est comment procéder légalement ?

    Dans le milieu de travail le champ de résistance est occupé par les syndicats (s’ils sont présents dans l’organisation). Mis à part des évènements médiatiques (défilés avec banderoles déferlées et d’autres chorégraphies) sur le terrain ils font peu et bon nombre de délégués se sont fait racheter d’une façon ou autre.

    J’ai vécu le harcèlement moral à travers une proche – une histoire qui a duré quatre ans jusqu’au jour ou je l’amène chez le médecin pour qu’il lui donne un arrêt pour dépression. J’ai vu, donc, comment un supérieur hiérarchique peut pourrir la vie et les relations d’une personne avec les symptômes bien connus, paraît-il au DRH de FT – envies suicidaires, recours abusif à l’alcool etc.

    Tous ses collègues savaient ce qu’il se passait. Personne n’a levé le doigt. Le syndicat (tout en révélant que le harceleur était bien connu pour ces comportements) – rien, sauf deux conseils : garder toute preuve écrit (et mystérieusement les post-it, mails, etc. se sont arrêtés) ; et ne pas parler de harcèlement car on risque un plan pour diffamation de caractère.

    Comment résister ? Donnée la conjoncture, combien sont-ils prêts à résister et finir, peut être, à exister au RSA ?

    On ne peut que procéder par petites touches – poser des questions difficiles, inciter la curiosité, la créativité et l’esprit critique – comme ici. Surtout avec les petits, car tout commence avec l’éducation et le système éducatif n’incite rien sauf l’obéissance et n’enseigne que les savoirs et comportements estimés nécessaires pour le « monde de travail ».

    Aliocha : quand je parle de résister, je pense par exemple à ne pas considérer que le harcèlement est normal, voire qu’il n’est ressenti que par des inadaptés ou des individus particulièrement fragiles. Aiguiser sa conscience, ne pas laisser prospérer les barbaries modernes, par aveuglement, c’est ce que j’appelle résister. Quand on observe l’Allemagne hitlérienne, on s’aperçoit que, contrairement à ce qu’on croit souvent, un totalitarisme ne s’installe pas du jour au lendemain. C’est un mécanisme pervers qui se contente de repousser les lignes du supportable, jour après jour et millimètre par millimètre, en trouvant à chaque fois une remarquable justification. La conscience, c’est ça qui nous sauvera.

    Commentaire par Loki — 05/10/2010 @ 14:16

  60. Aille aille aille !

    « Je faiS donc … » (pas « je fait donc … »), dans le Com’30
    « J’en étaiS resté … » (pas « J’en était resté … ») dans le Com’55

    Mille excuses aux amoureux de la grammaire et de l’orthographe ! Mais, non seulement je n’ai jamais été un as en Français, mais encore je ne me relis pas assez avant de cliquer sur « Soumettre le commentaire ».

    Bon je sais, c’est complètement hors sujet … Mais comme on est sur le blog d’une journaliste, je me sens toujours un peu honteux qd je me relis … trop tard.

    Et puis aujourd’hui, dans le train de banlieue où trainait un « Métro », j’ai relevé, encore une fois, ce même genre de faute de grammaire énoorme !

    Un peu d’indulgence avec moi même : qu’un commentateur sur un blog ne se relise pas … bon. Mais que des articles dans des « journaux », même gratuits, soient régulièrement truffés d’erreurs, ça me choque !

    Le pire, c’est que ce n’est malheureusement pas spécifique aux « gratuits ». Lorsque je retourne dans ma campagne natale, la PQR locale est aussi régulièrement pleine de fautes de français.

    Dans quel sens doit-on le voir ?
    C’est la Presse qui se met « au niveau » de ses lecteurs ?
    Ou c’est le manque de formation , d’exigence lors du recrutement (des journalistes), et d’économie de relecteurs (par les éditeurs) qui provoquent cette baisse de niveau ?

    Commentaire par Yves D — 05/10/2010 @ 14:22

  61. Tschok (qui n’est pas un troll lui qui a quand même pu percer le leitmotiv de mes commentaires) peut avoir raison dans le fait que ma façon de penser soit mauvaise. Je le lui accorde sur un point, du fait qu’à un évènement qu’on pourra qualifier d’approche holiste (c’est un système collectif qui influe sur des individus jusqu’à ce qu’ils se détruisent eux-mêmes) j’apporte une réponse venue de l’école totalement opposée des sciences humaines, l’individualisme méthodologique, à savoir qu’est-ce que je peux faire moi-même ?

    C’est sûrement une erreur de procédé. J’en conviens, et attendre que la somme des individualismes s’avère plus importante que le tout, relève de l’utopie. Ce n’est pas dans des trous d’homme qu’on arrête une cavalerie, ou sinon, faut aimer les tranchées et avoir des passions troglodytes.

    Mais Tschok je note dans vos différentes interventions une phrase qui m’invite à réagir (et à penser que je ne peux qu’avoir tort dans mon choix de procédé) :

    « Keskon reproche au système? De ne pas marcher ou de créer tout le mal que vous décrivez? »

    Si le système marche mal (ou si on se contente seulement de le lui reprocher), alors oui j’ai tort de croire que l’action individuelle, esseulée et ponctuelle, puisse y faire quelque chose. En effet, il suffirait d’identifier ce qui marche mal dans le système et de le corriger (par la révolution, la grève, le retour à la barbarie, l’anarchisme, une théorie économique qui ramène un Nobel, on s’en fout). Mais (et je vais encore me faire huer et incendier), on ne peut pas reprocher au système de ne pas marcher : IL MARCHE ! C’est là que réside le cynisme. Le système fonctionne à plein régime : ses premiers théoriciens ont toujours su que le système devait passer par des phases de croissance et de décroissance, qu’il était capable de s’autoréguler. Et dans ses phases, matières premières, ressources humaines, chiens, chevaux, rats, monnaie, familles, chômeurs, pauvres, riches, indigents, et nantis, c’est kif kif.
    Toute l’Histoire de la pensée économique passe par un pauvre dualisme entre une vision économique déshumanisée et une vision qui dit juste « attention, les êtres humains sont des agents pas forcément rationnels; ils ont des besoins des envies des doutes ». Et les applications pratiques qu’on a pu avoir du marxisme laissent à penser que dans l’affrontement Capital/Travail, on a oublié que dans le travail, il y avait des humains pas forcément rationnels, avec des besoins, des envies et des doutes.
    Les crises économiques financières et autres ne marquent pas des essoufflements du système, c’est sa façon de respirer identifiée en son temps par Kondratiev. Et dans ses manies respiratoires, le système se fout que des humains souffrent de la dépression, n’aient rien à bouffer, n’aient pas à s’accomplir dans un travail ou qu’ils soient acculés au suicide.

    Donc face à un système qui va pour le mieux, il ne me reste plus qu’à me poser des questions individuelles.

    Qu’est-ce que je peux faire à mon échelle pour l’empêcher ? ou mieux, si j’avais été un cadre de France Telecom à qui on demande de pousser ses collègues au suicide qu’aurais-je fait ? ou mieux encore, est-ce que dans mon quotidien, je ne laisse pas ce schéma se reproduire ?

    Cher Tschok, est-elle vraiment mauvaise ma façon de penser si on pose « le postulat de base » que le système marche bien ?

    Commentaire par maximgar — 05/10/2010 @ 14:57

  62. @ maximgar

    Votre postulat de discussion que le système marche me chagrine un tout petit peu. Avant de décider qu’il marche, peut être faudrait-il que l’on s’entende sur « c’est quoi bien marcher pour un système ? »

    A partir de celà, on peut émettre comme _présupposé_ (pas un axiome, hein) que le fait de bien marcher c’est faire comme maintenant, mais à ce moment on part du principe que la réponse c’est la question et donc niveau raisonnement c’est assez faible (on croirait du sarko dans le texte).

    Mais on peut aussi se dire que marcher cela veut dire proposer naturellement à tous (disons plus de 80%) un vivre ensemble _décent_ et _humain_ avec un état qui veille à combler, au moins en partie, la différence pour les 20% les moins favorisés. A partir de ce moment, je ne sais pas on qualifierait le système actuellement comme un « système qui marche ».

    On peut aussi se dire, un système qui marche c’est un système où les gens peuvent étudier toute leur vie (formation professionnelle continue, de qualité et pas seulement étique et de qualité fort médiocre) avoir une vie professionnelle riche et qui corresponde à leurs désirs, avec un niveau de rémunération permettant à minima logement, alimentation, santé et ce de manière décente; ainsi que loisirs et vie culturelle (attendu que tf1 & m6 ne rentrent pas dans ses cases), je ne sais pas si on qualifierait le système actuellement comme un « système qui marche ».

    On peut même, soyons fous, parler d’un système où le progrès technique permettrait aux personnes de ne pas avoir à travailler pour les besoins vitaux (voir dessus) et se concentrer sur le vivre ensemble, je ne sais pas si on qualifierait le système actuellement comme un « système qui marche ».

    Enfin pour terminer sur un bon point godwin qui tache, un des système qui « marchait » c’était celui de l’Allemagne Nazi qui avait trouvé un moyen bien « économique » de se défaire définitivement d’une certaine population. ca marchait tellement bien qu’une certaine France lui a emboîtée le pas sans trop d’état d’âme. Tout était au rendez-vous, travail, croissance, renommée, impérialisme etc… Ca oui c’était un « système qui marche. » ou pas….

    Commentaire par herve_02 — 05/10/2010 @ 23:23

  63. Ben justement non.

    Le fondement de la science économique, à savoir étudier, comprendre, théoriser, les relations économiques et la structure des marchés ne prend pas en compte l’être humain, excepté les concepts épars de travail, et la figure mythologique de l’entrepreneur (qui n’est rien d’autre qu’une marionnette actionnée par la main invisible d’Adam Smith au service de la revitalisation du marché).

    La qualité du vivre ensemble ? Le bonheur ? Le bien-être des gens ? des variables de décoration.

    Les sciences de ressources humaines qui ont considéré qu’un travailleur était à même de mieux produire s’il était correctement rémunéré et choyé dans l’enceinte de son activité, sont les mêmes sciences à partir desquelles on peut payer un agent au minimum et le pousser au suicide en lui niant la propriété de sa force de travail et ses capacités.

    Une science qui s’intéresserait au progrès technique ayant pour but d’améliorer la condition humaine ne sera une science économique dès lors que la condition humaine sera une variable nécessaire à la survie du marché. Est-ce le cas ? non. La prise en compte des valeurs environnementales par exemple, n’appartient aux sciences économiques que dès qu’on a émis l’hypothèse d’une rareté de certaines ressources et de la nécessité des formes de recyclage. Ex : si on pêche trop, les méduses deviendront des prédateurs plus importants que les poissons, et les méduses c’est pas bon, du coup protégeons les poissons.

    Et les marchés, eux, ils vivent toujours. Donc oui le système marche. Et quand je dis « un système marche bien » il ne faut pas lire « un système qui fait le bien ».

    Quant au bon point godwin évoqué, ben non il ne marche pas, pour preuve, vous employez l’imparfait pour le décrire.

    Commentaire par maximgar — 06/10/2010 @ 08:35

  64. Ah, je comprends…. le système marche… en théorie… lorsque l’on ne tiend pas compte de l’individu qui est quand même le coeur du système : c’est lui qui produit, dirige,consomme et détruit. C’est un peu comme si l’informatique était une science qui ne tiens pas compte de l’utilisateur.

    Enfin please, l’économie n’est pas une science ou alors une science molle comme la psychologie, l’astrologie ou la divination.

    Avec les taux de croissance(??) actuels, la charge de la dette, les chiffres du chômage, le renoncement à tout le coté social de l’économie, l’obligation de la casse du système de retraite, l’explosion de gens en fin de droits, un état perçu par le monde comme un nouvel état extrémiste, la dés-industrialisation presque totale du pays, l’impossible reconversion en pays du tertiaire, la précarisation à l’extrême des emplois : ouais ca c’est un système qui marche. c’est sur et certains. D’ailleurs ils marche tellement bien que c’est un peu la panique partout.

    « La différence entre la théorie et la pratique, c’est qu’en théorie, il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique, mais qu’en pratique, il y en a une. » – Jan VAN DE SNEPSCHEUT

    Commentaire par herve_02 — 06/10/2010 @ 13:37

  65. Oui donc on est d’accord, c’est un système qui marche bien.

    Commentaire par maximgar — 06/10/2010 @ 16:34

  66. Ok, je viens de comprendre,
    – ca marche jusqu’à ce qu’un salarié se retourne contre son supérieur et le tue (ah non ca c’est également un mécanisme de régulation du même système) [pourquoi le punir ? c’est un acte régulateur : la main invisible du marché.]

    – essayons une autre fois :ça marche jusqu’à ce qu’un policier tue froidement en tirant dans le dos un fuyard menotté (ah non ça c’est également un mécanisme de régulation du même système)[pourquoi le punir ? c’est un acte régulateur, la main invisible du marché. ah oui mais dans ce cas on le punit pas c’est vrai.]

    -autre test : ça marche jusqu’à ce que l’on tire à l’arme de guerre sur les condés (ah non ca c’est également un mécanisme de régulation du même système)[pourquoi le punir ? c’est un acte régulateur, la main invisible du marché. Mais là on punit sans trop savoir qui on punit]

    -same player : ça marche jusqu’à ce qu’on envoie l’armée tirer sur les « maichants pédophile terroriste nazi islamiste radicaux ultra gauche » dans les cités (ah non ca c’est encore un mécanisme de régulation du même système : la sauvegarde de ….blablabla…. national c’est vrai)

    Nan vous avez raison ca marche. Il faut juste tuer un certain nombre de personne disons un nombre de personne assez conséquent pour montrer que le système ne marche pas. Pour que l’on ne puisse pas trouver que c’est un mécanisme de régulation.

    Vraiment petit joueurs les action directe et autre al quaida avec les bombes dans les métros et marchés, je crois que comme moyen de se faire entendre aujourd’hui, il ne reste que la tête nucléaire dans un ville dépassant le million d’habitants.

    Ok, prions pour n’être pas dans ceux qui se sacrifieront pour un monde meilleur.

    Parce que vous voyez lorsque vous affirmez haut et fort que le système marche parce que c’est évident et que les « attaques » du système ne sont le fait que d’une minorité qui ne touche qu’une minorité et que ce n’est qu’une variable d’ajustement, le seul moyen de se faire entendre est d’augmenter la mise.
    Mais bon on peut penser qu’une tête nucléaire explosant sur le sol français et tuant disons 10 millions de personnes, ce serait une preuve que le système marche : emploi, reconstruction, croissance, cohésion nationale…. c’est cool de vivre dans cet axiome.

    On peut même dire merci à bin laden (si c’est lui) d’avoir crashé les twin towers, il a prouvé que le système marchait. On devrait même le décorer. Ah et aussi BP les décorer pour montrer à quel point le système marche, d’ailleurs c’est fait ils ont eu un Ig awards pour avoir montrer que le pétrole est miscible dans l’eau.

    Commentaire par herve_02 — 06/10/2010 @ 21:38

  67. @ herve_02

    Et puis il faudrait aussi citer le « Ig nobel » 2010 en économie :
    The executives and directors of Goldman Sachs, AIG, Lehman Brothers, Bear Stearns, Merrill Lynch, and Magnetar for creating and promoting new ways to invest money — ways that maximize financial gain and minimize financial risk for the world economy, or for a portion thereof.

    J’aime bien cet humour 🙂

    Commentaire par Yves D — 07/10/2010 @ 01:13

  68. @ herve_02

    Je pourrais me contenter de dire que vous ne faîtes qu’apporter de l’eau à mon moulin, (comme je l’ai fait au commentaire 65), mais ce serait peu constructif.

    J’ai dit et je répète que le système marche, parce que le système, à savoir l’allocation des ressources, des productions, des valeurs, leurs échanges, et tout le tralala est un système déshumanisé. Il se contre balance de l’être humain. Il fonctionne depuis longtemps, (avec la création du feu, le premier acte de possession, le premier rapt d’une femme, que sais-je ?) et il fonctionnera encore longtemps.

    Alors vous avez écrit : « le système marche… en théorie… lorsque l’on ne tiend pas compte de l’individu qui est quand même le coeur du système : c’est lui qui produit, dirige,consomme et détruit. C’est un peu comme si l’informatique était une science qui ne tiens pas compte de l’utilisateur. » C’est là que je ne suis pas d’accord avec vous. Nous n’avons pas la même approche, je comprends très bien votre point de vue et vous refusez de comprendre voire même de prendre en compte (je ne vous ai pas demandé de l’accepter) le mien (ce qui rend stérile à coup sûr la conversation).

    Prenons donc votre exemple, un système informatique, prenons une unité centrale lambda, elle fonctionne, ses composants ont été choisi avec soin pour les besoins que vous en attendiez, par exemple, lire les conneries que j’écris au cours de ce commentaire. Evidemment on peut dire que l’assemblage ici observé a pris compte de l’individu que vous êtes, des besoins que vous en attendiez. Mais sincèrement qu’est-ce que le système informatique en question en a foutre de qui vous êtes ? Voilà ce que j’affirme en parlant du système économique.
    Et si je portais plus loin la comparaison, et vous portais les mêmes affirmations que vous me portez, je pourrais ajouter : ah oui, le système informatique marche bien depuis qu’il permet de balancer des photos pédophiles sur la toile, depuis qu’il permet de fermer une usine à 18000 kilomètres de distance, depuis qu’il autorise d’envoyer la même bombe atomique que vous évoquiez sur ces dix millions de français.

    Est-ce que vous comprenez mieux maintenant ce que je veux dire ? Et comment tous les exemples que vous me donnez renforcent ma position, en ce qu’ils ne remettent pas le système et ses conséquences directes en question : alors qu’ils remettent en question des hommes qu’ils soient terroristes, membres d’une AG, les deux à la fois, gouvernants, et gouvernés, et qui plus est n’ont rien à voir avec le système économique, mais avec entre autres, la politique économique, la sociologie, la politique tout court ou les stratégies entrepreneuriales.

    Les systèmes en question, économique et informatique, fonctionnent, ils marchent. Ce qu’on en tire de bien ou de mal ne vient pas du système, il vient de nous. Et je ne dis pas ça pour créer de la culpabilité collective comme on m’a sorti plus haut, mais parce que c’est une évidence.

    Reprenons la question qui était à la source de ce débat : la gestion calamiteuse des ressources humaines de France Telecom. Nous avons d’un côté un système libéraliste et concurrentiel, de l’autre une entreprise d’Etat dépassée du point de vue de la donne économique. Il faut absolument adapter l’un à l’autre. Les choix politiques (y compris nos choix dans les urnes) ont déterminé cette adaptation : c’est à France Telecom de s’adapter. Les méthodes on les trouve au sein de multiples théories : des principes juridiques, des théories sociales, des écoles de ressources humaines, du bricolage sociétal, et encore plein de trucs super chouettes. Le plan social en aurait été une (une mauvaise à mon avis, comme je l’ai dit plus haut, mais certainement une plus appropriée que celle retenue). La meilleure selon moi, aurait été de scinder France Telecom en partageant ses métiers (solution retenue à la SCNF, mais qui à terme a détruit nombre d’emplois par non remplacement des départs).

    Dans le cas de France Telecom on a choisi de pervertir les théories des ressources humaines. Exemple : la courbe de deuil (théorie psychiatrique et psychologique par ailleurs) détermine en gros les étapes par lesquels passe tout individu pour accepter à terme une injustice. La perversité consiste à arrêter l’individu à l’étape où tout lui parait insurmontable, pour en finir avec lui. Peut-on dire que le système ne marche pas ? Les gars qui l’emploient ne tourne pas rond, c’est une chose, mais le système, lui, il marche. Et je n’ose même pas imaginer le cas de conscience des enfants aveugles à partir desquels on a pu pondre cette théorie : en effet c’est en observant la réaction et le processus d’acceptation d’enfants atteints de cécité qu’on a pu identifier ces étapes (on y a même ajouté une analyse de ceux qui vivaient dans les camps pour la petite histoire). Résultat : on a obtenu la déstabilisation souhaitée des employés, en se basant sur une théorie qui marche bien.

    Le leitmotiv de l’ensemble de mes commentaires est le suivant : le système n’en a rien à foutre de mon indignation, et je trouve bien trop gentil pour le système, qu’on m’offre des coupables (les meneurs de la gestion des ressources humaines de France Télécom) sur un plateau parce que :
    1. J’ai pas envie d’aller chercher plus loin des responsabilités ;
    2. J’ai pas envie de me demander quelles sont mes responsabilités (ou si je ne veux pas m’associer directement : quelles sont les responsabilités politiques des dirigeants qui ont agi en mon nom, ou en mon vote, ou en mon acceptation de la règle démocratique) ;
    3. Il existe des théories sur le processus d’acceptation de l’indignation, et avec ces commentaires, on est en plein dedans.

    C’est pourquoi partant du principe que le système marche bien, que ce qui se passe à France Telecom se passe de mille autres manières dans des domaines liés à l’adaptation de notre fonction publique au libéralisme (La Poste, l’énergie, les transports, la santé, l’éducation…), n’ayant pas l’intention de jouer les héros picaresques pour aller me taper un moulin à vent, je me demande toujours : qu’est-ce que je peux faire à ma propre échelle ? qu’est-ce que j’aurais fait à ma propre échelle ? Je sais trifouiller dans mon BIOS, je sais overclocker un processeur, donc je peux avoir une influence sur mon système informatique, est-ce que je peux faire la même chose avec le système économique, avec le microcosme dans lequel je travaille ?

    Tschok ayant précisé sans plus d’explications que c’était là une mauvaise manière, j’attendais qu’il étaye son avis, tout en reprenant un point fondamental d’un de ses commentaires sur lequel je n’étais pas d’accord (en gros critique-t-on le fait que le système marche mal, ou le mal qu’il crée), et sans lequel il est difficile d’avoir une idée de fond sur mes « manières ».

    Ai-je été plus clair ?

    Commentaire par maximgar — 07/10/2010 @ 10:53

  69. @ Yves D, com 55,

    On parle pas du même:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Weygand

    Mettez « Weygand » et « trou d’homme » sur google et en 5ième occurrence vous trouverez un doc qui vous fournira une piste.

    C’était pas un type particulièrement sympa, mais il connaissait son métier. Pas assez cependant pour faire face à ses homologues allemands, beaucoup plus modernes que lui.

    A sa décharge il a hérité d’une situation créée par un autre, notoirement incompétent (Gamelin).

    A votre dispo.

    Commentaire par tschok — 07/10/2010 @ 17:19

  70. Jalmad, com 54,

    Où j’ai dit que le magistrat de base était un mauvais magistrat?

    Il est comme il est. Mais il est de base. Y a pas de secret dans la vie: si vous voulez toucher des problèmes autres que ceux de la base, il faut quitter la base.

    Je le sais, chuis avocat.

    La base, c’est bien. Mais ça suffit pas.

    Commentaire par tschok — 07/10/2010 @ 17:24

  71. DMB, com 56,

    Oui, le mal est en nous. Et Dieu est nulle part. Et le pardon est pour tous, avec la culpabilité.

    Bon, quand vous voulez on arrête ces conneries.

    Je veux pas vous froisser, mais franchement là, chuis out.

    PS: j’ai remarqué que vous avez été publié dans le courrier des lecteurs du Monde.

    Félicitations.

    Commentaire par tschok — 07/10/2010 @ 17:31

  72. @ Cyd, com 57,

    Troll, ça me va bien. Mais ce qui est idiot c’est que vous ne comprenez pas qu’Aliocha vous explique. Et là, ça me fait douter de ce que je pense de vous.

    Commentaire par tschok — 07/10/2010 @ 17:36

  73. Bonjour Gwynplaine, com 55,

    Merci. J’espère que vous portez tous bien et que je contribue un peu à votre divertissement. Au sens… euh… plein du terme.

    Commentaire par tschok — 07/10/2010 @ 17:41

  74. Bonjour Max,

    (Je ne sais pas comment te parler, tu veux qu’on se tutoie ou qu’on se vouvoie?)

    (Bon allez, je continue comme j’ai commencé)

    J’en sais rien comment il marche le système, ni même s’il marche bien ou mal. J’ai plus l’âge pour juger de ce genre de choses. J’ai plus la jeunesse pour ça et c’est définitif.

    Tout ce que je peux dire, c’est que dans les domaines où je m’y connais un peu, pour m’y être personnellement confrontés, il y a des choses qui vont bien… et mal. J’ai juste une habilité. Et la vie poursuit son cours.

    Et il y a des cons notoires, et il faut que je sois poli, parce qu’en plus ils sont susceptibles, ces petites choses fragiles.

    Moi aussi je me pose la question de mon action individuelle et comme toi je me trouve en face de gens qui sont plus lucides que moi, ou moins lucides que moi et je me dis que c’est dur.

    Mais il y a d’autres dimensions à l’être humain: des dimensions collectives, qui me sont partiellement étrangères et des dimensions spirituelles, qui me sont totalement étrangères.

    Quitte à faire une connerie, je veux aller voir. Bon, je serai pas fier après ma connerie, mais au moins j’aurais vu du pays. Je constate à peu près les mêmes choses que toi, comme n’importe qui de sensé d’ailleurs. Mais il y a une formidable inertie qui paralyse tout progrès, tout espoir: l’inertie du truc qui combine le nombre à la vieillesse.

    Et on devient un vieux con très vite.

    Ce que je dis ne te sera d’aucun intérêt théorique. Mais peut être trouveras tu intérêt à te mêler à la conversation de ce blog, où, personnellement, je me marre et fais de belles rencontres?

    En toute simplicité (là, mon nez bouge, mais c’est pas grave).

    Commentaire par tschok — 07/10/2010 @ 18:00

  75. Bonsoir tschok, (#74)

    Je crois que c’est Vaclav Havel qui avait cette jolie formule, il disait : « l’espoir n’est pas un diagnostique. »

    Pas plus que le manque d’espoir, ai-je envie de vous écrire ce soir.

    Commentaire par Fantômette — 08/10/2010 @ 19:59

  76. Chère Aliocha,

    j’ai découvert depuis peu votre blog dont j’aprécie le ton général ainsi qu’une grande partie des sujets traités.

    Concernant les suicides chez ORANGE (ex France Télecom) je me permet de rappeller a tous , comme l’a fait très justement remarquer un ex employé d’ORANGE lors de son passage dans l’émission SALUT LES TERRRIENS, que le plan com’ d’ORANGE consiste à employer le nom France Télécom lorsqu’il s’agit de parler des suicides et le nom ORANGE lorsqu’il s’agit de vanter les nouveaux gadgets high-tech et autres « services » (surfacturés soit dit en passant).
    Ce tour de passe-passe permet que l’inconscient collectif pense qu’il s’agit de deux entreprises bien distinctes alors qu’il n’en est rien.
    L’entête du dernier bulletin de salaire des employés qui aujoud’hui encore mettent fin à leurs jours est bien le même que celui qu’on nous martèle dans toutes les coupures pub,les journaux,le métro…!
    S’il vous plait ne soyez pas complice comme la grande majorité des journalistes de cette différenciation bien pratique pour les dirigeants d’ORANGE. En effet de nos jours quand on utilise le nom France Télécom on fait référence à une entreprise du passé, qui n’existe plus mais où malheureusement les suicides sont toujours d’actualité.
    Par respect pour la mémoires des victimes et pour leurs familles il faut appeller ORANGE…ORANGE !

    cordialement,

    F->

    Commentaire par Félipé — 14/10/2010 @ 15:43

  77. Bonjour Fantômette,

    Le manque d’espoir?

    Le diagnostic.

    Vaclav Havel (prix Nobel de la sublime récapitulation de la Shoa, avec mon Finkie chou, donc le sujet super drôle ou tout le monde s’éclate).

    (Vaclav, c’est le mec qu’il faut inviter pour l’anniversaire de ma belle mère)

    Bon.

    Mais, vous êtes vraiment sure qu’on se penche sur un grand corps malade? Avouez que ce serait con de commencer l’autopsie alors qu’il est encore vivant.

    Pourvu qu’il crie! Au moins ça nous fera une excuse pour pas continuer. Oups…

    Ca manque de large toussa. Ca me colle le bourdon et me file les foies. C’est des trucs de grand mères, vous trouvez pas?

    Commentaire par tschok — 14/10/2010 @ 16:38

  78. Bonsoir tschok,

    Bien sûr que si.

    Je constate à peu près les mêmes choses que toi, comme n’importe qui de sensé d’ailleurs. Mais il y a une formidable inertie qui paralyse tout progrès, tout espoir: l’inertie du truc qui combine le nombre à la vieillesse. Et on devient un vieux con très vite.

    C’est à ça que je réagissais.

    Je vais vous dire un truc que vous allez détester entendre.

    (Préparez-vous psychologiquement)

    Deux points, ouvrez les guillemets:

    « C’est un peu plus compliqué que ça. »

    Ce que je disais en un mot, repris sur la phrase de V. Havel: le désespoir n’est pas un diagnostic.

    Autrement dit, précisément, non: je ne crois pas que nous nous penchons sur un grand corps malade. Nous nous penchons sur un grand corps qui semble avoir cessé d’être compréhensible. Malade ou en bonne santé? Savez-vous qu’il est difficile de définir la bonne santé? Pour m’être récemment penchée sur des questions de droit environnemental, je peux même vous faire cette confidence: il n’existe pas de définition de la bonne santé. Une très vieille maxime parle du « silence des organes », ce qui est amusant, mais totalement dépassé. Alors ce grand corps qui bouge, qui se défend, qui pétoche mais qui reste alerte, voire imprévisible: malade? Je ne pense pas. A t-il seulement besoin de soins? Pas si sûr. D’attention, pourtant- sûrement.

    Commentaire par Fantômette — 15/10/2010 @ 20:08

  79. […] C’est sur le blog d’une communicante que je suis allé me faire gaiement assassiner, il y a moin… C’est un blog qui me plait essentiellement pour une raison toute bête : une professionnelle de la communication y parle de son travail. Il y a comme ça des métiers où l’on peut raconter son métier : j’adore ça, que ce soit bon ou mauvais. Dans le Mépris, Godard filme un film, dans Be Kind Rewind, Gondry filme ce qu’il est de mieux, un bricoleur du cinéma, dans la Musique Dominique A chante sa découverte de la musique… Allez demander à un tourneur-fraiseur ou à un livreur de pizzas de faire de même ! Parce que raconter… rien que raconter, voilà ce qui est plaisant. A quoi bon comprendre les Lois de Newton ! C’est qu’il se soit mangé une pomme qui compte au final, c’est ce qui reste dans notre imaginaire, des anecdotes. J’aime raconter des anecdotes, je crois que si on les raconte bien, on laisse son auditoire suivre seul l’intuition de Newton, et être l’espace d’un instant un génie des Sciences. […]

    Ping par « Pour sauver son crédit il faut cacher sa perte » – Jean de la Fontaine | Maximgar revisite ses classiques — 20/09/2011 @ 20:39


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