La Plume d'Aliocha

22/09/2010

New Deal bancaire ? Mon oeil !

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 09:59

Si la presse généraliste nous offre depuis quelques semaines la bouffée d’oxygène d’une amorce de rébellion, la presse économique en revanche continue de faire allégeance à ses princes sans faiblir. En témoigne le magnifique numéro des Echos d’hier. Le journal est fier. Songez donc, il a décroché une interview de Baudoin Prot, le directeur général de BNP Paribas. C’est un peu comme si La Croix obtenait un entretien exclusif avec Saint Pierre. Autant dire qu’on a mis les petits plats dans les grands et sorti les violons. Au demeurant, nos banques ont traversé une période si difficile ces derniers temps, qu’il vaut mieux cocooner leurs dirigeants, des fois qu’ils s’effondrent en larmes en plein milieu de l’interview.

Mais que nous dit le cher banquier, songez-vous, tout brûlant d’impatience. Avant toute chose, je vous invite à lire cet article de l’Expansion, il vous donnera une idée assez juste de la soi-disant grande réforme bancaire du moment.

Donc, notre banquier nous explique :

Que les nouvelles exigences de fonds propres (Bâle 3 pour les intimes) représentent « un véritable New Deal bancaire » comme on n’en voit que tous les 50 ans. En réalité, il botte en touche puisque les journalistes l’interrogeaient sur le combat mené depuis des mois par les banques pour limiter autant que possible leurs nouvelles obligations. La réponse aurait dû être articulée autour de « nous sommes d’accord avec telle mesure, nous contestons telle autre ». Qu’importe les veilles querelles rétorque le banquier, c’est le résultat qui compte. Et pour cause,  les banques ont gagné la partie. Mieux vaut avoir le triomphe modeste dans ce genre de situation.

Il nous dit aussi qu’il serait injuste de créer une taxe sur les banques parce que celles-ci n’ont rien coûté au contribuable français, mieux, elles lui ont rapporté 2 milliards d’intérêts. Par ailleurs, elles sont déjà bien trop taxées. Evidemment, on ne fournit  aucun chiffre à l’appui de cette information. Elle sont trop taxées, c’est tout. Une taxe étant par nature superflue pour celui qui la subi, on aurait aimé en savoir un peu plus.

Parfois les questions des journalistes sont si compatissantes que Baudoin Prot est obligé de les réconforter. Ainsi, ils s’inquiètent à la perspective que les nouvelles exigences de fonds propres puissent empêcher les banques de faire des acquisitions dans les mois qui viennent. Elles pourront toujours procéder par échange de titres ou faire appel au marché, les rassure Baudoin Prot. Ouf ! On a eu peur pour elles, dites-moi. Comment pourraient-elles jouer la carte du Too big to fail (on ne peut pas faire autrement que de les sauver car leur disparition serait trop grave) lors de la prochaine crise s’il nous venait l’idée folle d’entraver leur croissance future avec nos réglementations frileuses de gens qui ne comprennent rien au film ?

Allez vous faire appel aux marchés pour respecter les nouveaux ratios, s’inquiètent encore nos gentils reporters qui se sont quand même mis à trois pour réaliser cette interview de haute volée ?  Non, les rassure le banquier, BNP Paribas continuera de mettre deux tiers de son bénéfice en réserve et de distribuer le reste, comme elle le fait déjà depuis des années. Entre nous, il a l’air drôlement contraignant, ce new deal historique….

En fait, cette interview nous apprend que la seule chose qui va changer, c’est le coût et le volume du crédit alloué par les banques à l’économie. Convenez que c’est balot. Enfin, pour l’économie, bien sûr. Parce que pour les banques, ça va plutôt bien. Et pour BNP Paribas, ça va encore mieux.

Hasard du calendrier, le quotidien nous informait toujours hier  qu’onze de nos amies les banques, dont BNP Paribas, venaient de se voir infliger une amende record de 385 millions d’euros par l’Autorité de la concurrence. Motif ? Une sombre affaire de commissions interbancaires sur le traitement des chèques entre 2002 et 2007, commission qui ne correspondait à aucun service mais avait pour effet de surenchérir les tarifs bancaires, en particulier pour les entreprises. Fort heureusement, elles ont une chance de se refaire, nous explique l’article, via les virements de proximité voulus par Bercy qui pourraient venir remplacer les chèques et donner lieu à…une nouvelle tarification de services.

Heureusement, entre nous, que l’éditorialiste nous explique ce qu’il faut penser de la sanction contre nos amies les banques. On peut certes, selon lui, remettre à plat la grille de tarification, mais à condition de se souvenir que « la surfacturation de certains services vient compenser la faiblesse des marges des crédits payées par les clients par ailleurs ». La voix de son maître.

Que la presse spécialisée s’emploie à corriger les visions caricaturales enracinées dans une ignorance réelle ou supposée des fondamentaux, pourquoi pas ? On dit que les français manquent de culture économique, admettons. Qu’on ait une mauvaise vue d’ensemble quand on observe les choses de trop près, comme disait Audiard, c’est certain. Qu’à force d’entendre toujours les mêmes discours, prononcés par des gens bardés de diplômes, on finisse par y croire, c’est humain.  Mais que la crise n’ait pas secoué les esprits, aiguisé le sens critique, excité la curiosité intellectuelle de certains journalistes économiques, ça me laisse sans voix. Et le plus terrible, dans cette affaire, c’est que ce sont les plus compétents en cette matière qui sont aussi les plus aveugles. Ou les plus soumis, c’est selon.

Pour les rebelles qui voudraient se désintoxiquer en urgence de ces brèves évocations de la bonne parole bancaire, je recommande le manifeste des économistes en colère, ici. Je ne suis pas certaine d’adhérer à toutes leurs propositions, mais je partage leur irritation.  Voyez également le best seller de Michael Lewis sur la crise. Je ne l’ai pas encore lu, mais les extraits reproduits sur le site de Marianne sont appétissant. Tant qu’on y est, et bien que j’ai horreur de l’autocitation, je vous renvoie à ce vieux billet dans lequel je rigolais d’entendre Aphatie parler, à propos de ses difficultés à obtenir une interview de Baudoin Prot en plein coeur de la crise, de la timidité des banquiers. J’en ris encore…

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71 commentaires »

  1. Gasp. Quel beau travail !

    Je n’ai pas trouvé l’édito sur le site des Echos (si vous avez le temps de glisser un lien, svp…), mais j’avoue que je regrette : à l’occasion, allez faire un tour du côté des communiqués de presse des banques françaises (BNPP, SG notamment). Regardez leurs branches Banque de détail, la banque de vouzémoi, et faites une division : bénéfice net / PNB.

    On arrive couramment à des taux de marge ***nette*** de 15 à 20%. Pour une activité basique fournie en masse à M. tout le monde, c’est monstrueux. Même chez LVMH, pour donner un comparable habitué des fortes marges, on n’est « qu’à » 11,…% au S1.

    Etant client BNPP depuis ma tendre enfance (de moins en moins, rassurez-vous), je me demande toujours ce qui peut justifier une rentabilité pareille pour le Détail. Surtout à la BNP où la qualité de service pour le client lambda est… comment dire sans être méchant… vous voyez, non ?

    Aliocha : Vous faites bien de le demander, l’édito est là : http://www.lesechos.fr/opinions/edito/020803243789-les-banques-a-l-amende.htm
    En fait, je suis assez surprise de trouver les articles en accès gratuit. Je pensais même ne pas trouver l’interview que j’avais lue en version papier. En général tout est payant sur le site des Echos et je ne suis pas abonnée.

    Commentaire par Le Nonce — 22/09/2010 @ 11:05

  2. Bonjour Aliocha,

    Vous allez dire que je me répète mais il se trouve que JP Chevallier dénonce, quasiment à longueur de billet et avec raison, la très mauvaise santé des grandes banques nationales (http://www.jpchevallier.com/article-big-bang-du-gang-des-banques-57112642.html ou encore http://www.jpchevallier.com/article-banques-france-irlande-57160452.html). Si j’étais journaliste financier, je me pencherai plus en avant sur ce dossier sensible en l’abordant avec le plus d’esprit critique possible. D’ailleurs, je serai heureux de connaître votre propre avis sur ces affirmations pour le moins dérangeantes.
    Merci, en tout cas, de relever le « curieux » comportement de certains de vos collègues.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 22/09/2010 @ 11:17

  3. @ Nonce

    « Etant client BNPP depuis ma tendre enfance (de moins en moins, rassurez-vous) »

    Euh…quid de moins en moins : client BNP ou la tendre enfance ? Rassurez-nous très cher !

    Trêve de plaisanterie, l’article reflète bien l’hypocrisie colossale qui reste la ligne directrice du dogme incontournable à ingurgiter. On est gavés, mais contrairement aux oies et canards, on ne fera pas de foies gras pour autant.
    Ceci dit, je vous propose un très bel ouvrage qui illustre bien l’air du temps : « La dette publique, une affaire rentable », de André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, édité chez Yves Michel. Les auteurs décortiquent les mécanismes bancaires et autres hautes voltiges comptables qui amènent tous autant que nous sommes à croire que…

    D’autre part, A.J Holbecq anime 2 sites : http://www.fauxmonnayeurs.org et http://www.10mensonges.org sur lesquels il est très intéressant de naviguer.

    Commentaire par Bougainville — 22/09/2010 @ 11:22

  4. Pour relativiser un petit peu le montant de l’amende, elle représente un petit peu moins de la moitié du profit escroqué à la clientèle (tout de même près de 800 millions d’Euros).
    Lorsque les sanctions seront 2,5,10 fois plus fortes que le profit engrangé, il y aura peut être un changement. Avec en prime, tiens pourquoi pas, une interdiction de diriger une entreprise pour les PDG concernés.
    Blutch.

    Aliocha : Manque de pot, un rapport remis à Lagarde avant-hier recommande de baisser le plafond des sanctions prononcées par l’Autorité de la concurrence. C’est ici : http://www.lepoint.fr/economie/un-rapport-preconise-de-modifier-les-sanctions-contre-les-pratiques-anticoncurrentielles-20-09-2010-1238857_28.php . C’est fou ce que le hasard fait bien les choses. Le lobbying aussi d’ailleurs. C’est la loi NRE de 2001 qui avait relevé le plafond des sanctions à 10% du chiffre d’affaire mondial consolidé. Aujourd’hui, on le trouve trop haut. Question : en quoi un plafond peut-il être trop élevé ? En revanche, trop bas, c’est courant. Souvenons-nous de celui de la commission bancaire, 5 millions, réhaussé après l’affaire Kerviel à 50 millions….Il est vrai que les 4 millions infligés à la Socgen pour défaut de contrôle interne avait du lui faire l’effet d’une piqure de moustique sur un éléphant.

    Commentaire par Blutch — 22/09/2010 @ 11:28

  5. @ Blutch

    « Lorsque les sanctions seront 2,5,10 fois plus fortes que le profit engrangé, il y aura peut être un changement. Avec en prime, tiens pourquoi pas, une interdiction de diriger une entreprise pour les PDG concernés ».

    C’est vouloir ignorer que ce sont ces mêmes PDG qui oeuvrent…. tous azimuts. Ils ne vont tout de même pas cracher dans la soupe qu’ils boivent. Et, vous savez bien qu’ils en redemandent. « Y’a encore du rab » disent les collégiens et lycéens.

    Commentaire par Bougainville — 22/09/2010 @ 11:37

  6. @ H

    Les bilans ? Que faut-il surtout retenir de ce que traduisent encore les bilans d’aujourd’hui (ceux des grosses entreprises bien évidemment) ? Pas grand chose. Il y a des sommes colossales rentrées « hors bilans », mais aussi toutes les filiales de ces Méga entreprises qui reposent en paix dans les paradis fiscaux et par lesquelles transitent de juteuses opérations.
    Alors non : les banques européennes ne sont pas spécialement en difficulté. N’oubliez pas que les banques européennes ne fonctionnent pas de la même façon que les banques américaines.

    Maintenant qu’elles tendent à dire, voire à prouver le contraire, est de bonne guerre. La preuve…ça fonctionne.

    Commentaire par Bougainville — 22/09/2010 @ 12:06

  7. @ Bougainville,

    « …les banques européennes ne sont pas spécialement en difficulté. » Je suppose que vous faîtes en particulier référence à l’Anglo Irish Bank (http://www.jpchevallier.com/article-anglo-irish-bank-et-les-autres-57181178.html). Il se trouve que M. Chevallier a curieusement raison sur cette notion de ratio entre les capitaux propres et les dettes réelles des banques (ce qu’il appelle le µ). Pourquoi ce silence sur ces manipulations ou omissions qui font peser sur notre société une terrible épée de Damoclès?

    Commentaire par H. — 22/09/2010 @ 12:52

  8. et puis dire qu’ils n’ont rien couté au contribuable c’est une vraie plaisanterie.
    Ils ont remboursé les nouveaux chomeurs et ceux qui n’ont maiuntenant plus aucune chance de retrouver un emploi? Ils ont indemnisés les entreprises mises en difficultés ou en dépot de bilan à cause de la crise?
    Ils ont remboursés les manques à gagner pour les états, les entreprises et les particuliers que nous allons subir durant des années?
    Ils ont remboursés les investissements qui n’ont pu être faits et ne le seront sans doute plus en raison de la crise économique?

    On lève les boucliers lorsque Total ou BP s’insurgent lorsqu’un tribunal leur demande des comptes et lève contre eux des amendes d’un ou deux ordres de grandeur supérieur à celles que les banques auront à payer. Mais finalement je commence à me demander s’ils n’ont
    pas raison de trouver cela scandaleux.

    Après tout les dégâts provoqués par le système financier sont autrement plus importants, mais … absolument aucun enseignement n’a été tiré.
    On a même du supporter les Parisot qui s’inquiétaient des aspects judiciaires de ce désastre industriel, surtout pas de loi disaient t’ils, surtout pas de régulation?

    Et pourquoi pas de régulation?

    A force on va finir par croire que la crise grecque a été provoquée par le système financier pour lancer un avertissement aux Etats.
    Et là je pense qu’il y a un problème de démocratie et de sécurité nationale et lâchons le mot, nos ennemis c’est la finance ou Al Quaida?
    Qu’est-ce qui distinguent les financiers d’une coalition qui tente de prendre le pouvoir?

    Avant de dire que j’exagère, répondons déjà à la question.

    Commentaire par fredo — 22/09/2010 @ 13:53

  9. j’oublie un truc, mais rien à voir avec cet article

    dans la revue Medias, il y a une intéressante interview de M. Péan qui s’interroge pas mal sur le métier de journaliste et en particulier de journaliste d’investigation

    si vous n’avez pas lu l’article il devrait vous intéresser

    Commentaire par fredo — 22/09/2010 @ 14:01

  10. Le problème, c’est qu’il n’y a quasiment aucun expert en finance qui ne soit pas liés à une banque.
    Il n’y a pas de vivier de financiers de haut vol syndicaux, ou bien fonctionnaires ou bien associatifs.

    Aliocha l’a rappelé plusieurs fois lors du proces Kerviel: en privé, la plupart des experts s’accordaient pour condamner la SG, et en public ils lui trouvaient des excuses, et noyaient le poisson sous la technicité. Car pourquoi se facher avec l’un des acteurs majeurs du marché.

    Alors, forcement, comme personne n’est en face pour tenir la dragée haute aux argumentaires fallacieux, aussi bien par manque de compétences techniques que par peur de déplaire, les banques font de la cosmétique.

    Commentaire par Cyd — 22/09/2010 @ 15:12

  11. @ fredo : « Qu’est-ce qui distinguent les financiers d’une coalition qui tente de prendre le pouvoir? »
    L’efficacité et la discrétion.

    Commentaire par Schmorgluck — 22/09/2010 @ 16:50

  12. @ H

    Non, croyez-moi, je ne fais pas plus référence à l’Anglo Irish Bank qu’aux autres banques irlandaises, dans le mesure où ni ce pays, ni ses Etablissements bancaires, ne sont un cas isolé en Europe du moins. Malheureusement, à travers les aides substantielles servies aux banques par leurs gouvernements respectifs, le contribuable européen lui a été saigné à blanc. Maintenant, je m’interroge fortement sur la complicité entre gouvernants et banquiers. De ce côté là, il y a beaucoup à dire et c’est autrement plus grave.

    Commentaire par Bougainville — 22/09/2010 @ 17:00

  13. @ Bougainville

    Nous sommes donc bien d’accord. Mais alors, pourquoi les autorités tolèrent-elles l’existence de ce ratio prudentiel hors norme (µ largement supérieur au 10 requis désormais) au sein des grandes banques européennes? Pourquoi ces mêmes autorités laissent-elles faire alors que le maintien de ce ratio hors norme fait courrir un grave danger à nos économies? Pourquoi aucun journaliste, et là je m’adresse à notre hôte, ne s’y intéresse-t-il pas même si c’est pour en amoindrir la pertinence?

    Commentaire par H. — 22/09/2010 @ 20:48

  14. Une taxe étant par nature superflue pour celui qui la subiT

    Convenez que c’est balLot.

    le complot mondial des banquiers raconté par P Jovanovic : http://jovanovic.com/blog.htm

    Commentaire par patrons-voyous — 22/09/2010 @ 22:51

  15. J’avais vu les choses comme ça en octobre 2008 :

    « C’est beau la finance. Les banques, méfiantes, n’osent plus se prêter les unes aux autres. Alors l’Etat va se porter caution de leurs prêts, et pour avoir les milliards nécessaires à de telles opérations, il va emprunter. Emprunter à qui ? Aux banques naturellement. Celles-ci vont donc, tour merveilleux, se prêter à nouveau de l’argent les unes aux autres grâce… à l’argent qu’elles auront elles-mêmes prêté à l’Etat pour servir de caution à leurs prêts. Ce sera le même argent bien sûr, mais cet argent qu’elles ne se prêtent plus, elles se le prêteront à nouveau, car il aura entre-temps reçu l’onction suprême, celle de l’Etat. Oui, c’est beau la finance.
    Comme Ésaü affamé vendant son droit d’aînesse à Jacob pour un plat de lentilles salvateur, l’Etat paniqué n’est-il pas en train de vendre sa souveraineté au Marché pour un plat de quelques centaines de milliards ?
    Ne sommes-nous pas en train de brader notre qualité de citoyen pour assouvir notre faim de consommation ? »

    Ce qui se passe aujour’hui n’est-il pas la conséquence de cette abdication ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 23/09/2010 @ 08:51

  16. « Et le plus terrible, dans cette affaire, c’est que ce sont les plus compétents en cette matière qui sont aussi les plus aveugles. Ou les plus soumis… »
    … ou les plus intéressés, faisant partie des nantis de notre beau pays, à ce que tout perdure.

    Commentaire par Ginkgo — 23/09/2010 @ 10:10

  17. Un signe ne trompe pas: tandis que l’on parlait partout d’éventuelles restrictions aux bonus des « traders » et aux activités à risque des banques, ou du retour de l’éthique, les filières de mathématiques financières ne désemplissent pas, pleines de jeunes qui veulent faire fortune rapidement.

    Commentaire par DM — 23/09/2010 @ 10:52

  18. OK, l’article des Echos est un robinet d’eau tiède. Mais alors nous balancer à la figure le programme de ces économistes dont je prie qu’ils ne puissent jamais mettre en oeuvre leurs idées est tout aussi atterrant.

    Pour ne prendre que le premier point, puisqu’on parle en terme informationnel, oui, les marchés sont efficients, à une date donnée, les marchés synthétisent l’ensemble des informations disponibles dans le monde sur ce secteur, ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir de bulles, que les acteurs sont rationnels, qu’il n’y a pas d’infos cachées. Ces économistes contestent ce constat au prétexte qu’il y aurait eu la crise. Mais même au plus fort de la crise, les marchés reflétaient la panique des acteurs, ils reflétaient donc la réalité de l’état d’esprit des intervenants, ils étaient donc efficients. Mais cela ne veut pas dire pour autant que se fonder sur ces informations est une bonne chose, tout le débat sur la fair value étant là pour le démontrer. Le problème ne concerne aucunement les marchés mais la considération que les politiques, comptables, autorités de tutelle y attachent pour notamment valoriser les comptes. Que je sache, un prix historique, d’achat pour valoriser une position, ce n’est pas si idiot que ça.

    Et pour de plus amples infos, on se rapportera avec profit, aux méchants libéraux : http://www.objectifeco.com/economie/economie-politique/article/offensive-mediatique-neo-keynesienne-reponse-aux-economistes-atterres

    Tiens, au passage, je bosse tous les jours sur Solvabilité 2, l’équivalent de Bale 3 mais pour les assurances, je vous garantis que les niveaux de solvabilité demandés sont tellement exigeants qu’ils vont pousser à la concentration des boites d’assurance, et aux licenciements qui vont avec. En outre, exiger que des assurances remplissent les critères à 99.5% est tout simplement une autre manière d’interdire la faillite, qui est pourtant l’outil essentiel de régulation du capitalisme. Moi, c’est bon, je trouverai du taf, mais pour mes collègues, ça risque d’être saignant…

    Aliocha : Tiens donc, je vous attendais vous. Donc Bâle 3 va pénaliser le crédit et Solvabilité 2 fabriquer des chômeurs. Et la crise, elle a fait quoi, rappelez-moi ? Donc, au final, qu’on vous foute la paix ou qu’on vous encadre, c’est toujours nous qui payons. Permettez-moi dans ces conditions de plaider pour la réglementation, juste pour le plaisir de me sentir un tout petit peu responsable de la prochaine catastrophe.

    Commentaire par Polydamas — 23/09/2010 @ 17:18

  19. @ 10 : si, il y avait les commissaires contrôleurs des assurances, un corps de haut fonctionnaire spécialisé en assurance (comme le nom l’indique) et, par capillarité, en finance.
    Mais rassurez vous, il va disparaître fin 2010/début 2011, suite à la fusion des autorités de contrôle bancaire et des assurances.

    Fusion qui me permet de rebondir sur un aspect pour le moins rigolo et jamais assez mis en évidence dans les commentaires sur l’amende infligée par l’Autorité de la concurrence : la Banque de France a été sanctionnée pour entente avec des sociétés… qu’elle est supposée contrôler (via les services de la commission bancaire jadis et de l’autorité de contrôle prudentiel aujourd’hui).

    Stigler doit bien se marrer…

    Commentaire par Cimon — 23/09/2010 @ 19:10

  20. Pardon, hauts fonctionnaires au pluriel, sinon le sens s’en trouve altéré…

    Commentaire par Cimon — 23/09/2010 @ 19:11

  21. Je l’ai toujours dit qu’elle était de gauche. Au début, elle essayait de s’en défendre, sans doute pour faire plaisir aux clients libéraux. Mais là, ça craque de partout. Faut pas aller contre sa nature…

    Aliocha : je me demande si c’est une nature qui se révèle ou une conviction qui se cogne à l’observation des faits et se retrouve obligée d’évoluer 😉 D’ailleurs, la question est plus générale que cela, vous pensez qu’on change ou qu’on se découvre ? Vaste sujet !

    Commentaire par Gilbert — 23/09/2010 @ 21:08

  22. Il y a aussi la question de l’habitus, qui est un révélateur au delà des étiquettes (même si là, Bourdieu ne se montre pas très « scientifique ») :
    http://www.dailymotion.https://s-ssl.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gifcom/video/x1g7vj_bourdieu-segolene-royal-est-de-droi_news

    Commentaire par Gilbert — 23/09/2010 @ 23:44

  23. Zut, j’ai raté le lien :

    Commentaire par Gilbert — 23/09/2010 @ 23:46

  24. Aliocha,

    Je vous signale que si vous basculez à gauche, je vais moi aussi être obligé de changer mon modèle « Aliocha = catho ET de droite ».

    Vous n’êtes donc pas seule dans cette histoire: les normes, c’est une chaîne. Faut être solidaire dans une chaîne.

    Aliocha : Mon apparente stabilité n’est qu’une couverture 😉 Il faut donc vous préparer à opérer de fréquentes mises à jour…

    Commentaire par tschok — 24/09/2010 @ 09:35

  25. « catho ET de droite » :
    Je ne comprends toujours pas comment le christiannisme débouche sur le libéralisme

    Sauf bien entendu à considérer que le catholicisme ne soit pas une variation du christianisme …

    Commentaire par DePassage — 24/09/2010 @ 10:40

  26. Quant à la question « change-t-on ou se découvre-t-on ? » :
    -déjà il est amusant de faire le parallèle avec l’acte de se changer ou de se découvrir 🙂
    -sinon, le temps induit une évolution, même si nous gardons une unité, par rapport à l’évolution, du fait des multiples « acteurs » au sein de l’évolution « des choses (temps, espace, société, histoire, etc) », le fait de ne pas changer (son point de vue) ou de le changer (volontairement ou non), revient au final à changer.
    Nous sommes comme dans une rivière, qu’on bouge ou non, par rapport à l’environnement nous changeons.

    Nous nous découvrons, je crois, par volonté (si tant est qu’on en soit réellement doué, mais c’est une autre question ça, on va partir du prioncipe que nous en sommes doté). Autrement dit, être dans le changement n’implique pas forcément de le percevoir en conscience. Et il est probable que l’effort même de vouloir se découvrir puisse induire un changement.

    Je suis en train de découvrir Castaneda, et sur ces points la lecture en très intéressante. Il est notamment question de « contrôle de la folie », au sens où tout étant de valeur égale, rien n’a plus d’importance que le reste, le contrôle de la folie revient à choisir d’agir en fonction de ses préférences, quand bien même dans l’absolu agir est dérisoire (on rejoint d’ailleurs la notion (si je ne me plante pas) de volonté). Et dans ce que décrit Castaneda, devenir un « être de connaissance » permet de se découvrir, parce qu’on veut se découvrir, et change la perception, ou plutôt, permet d’accéder à un mode de perception supplémentaire, en somme, se découvrir c’est aussi se changer. Mais à ce niveau là, une fois les premiers pas effectués, se découvrir et changer semblent se confondre.

    Commentaire par DePassage — 24/09/2010 @ 10:58

  27. De plus en plus d’économistes, journalistes, experts et autres spécialistes de la finance, de droite comme de gauche, dénoncent non seulement les dérives du système mais aussi l’hypocrisie et autres fadaises des acteurs qui profitent de la situation en nous faisant avaler des couleuvres .

    Néanmoins rien ne bouge et le système semble doucement et discrètement remettre en place les mêmes rouages (avec des subterfuges plus astucieux) pour que la même minorité continue à siphonner l’argent du système.

    D’ailleurs depuis quelques années, c’est a peu près le même scénario qui se déroule (caisses noires, stock-options, parachutes dorés, retraites chapeau, salaires exorbitants, …) : les journalistes dénoncent une affaire, la population découvre le pot-aux-roses et s’offusque, les politiques jurent que ça va changer, l’affaire traîne quelques mois, et hop une autre affaire sur un autre sujet du même acabit vient reléguer la précédente aux oubliettes !

    Bref, dans quelques mois ce « pseudo-new-deal-bancaire » sera sans doute archivé et nous crierons au scandale pour autre chose.

    Tiens, ce serait bien de faire un rappel synthétiques des anciennes grosses affaires qui ont défrayé la chronique et voir où en sont les choses !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 24/09/2010 @ 12:35

  28. Apparente stabilité?

    Couverture?

    Fréquence?

    Mise à jour?

    Préparer+ opérer.

    (Ah! j’aime ce langage militaire!)

    Ok, ça roule!

    Une bavette pommes sautées avec sauce béarnaise pour le 12!

    Oubliez pas l’échalote grillée, c’est ce qui fait la différence.

    Commentaire par tschok — 24/09/2010 @ 14:31

  29. Sel, poivre, moutarde, toussa et, conseil du sommelier, je vous recommande ce petit vin de la plaine de la Bekaa. Ca vous changera de la piquette française.

    Commentaire par tschok — 24/09/2010 @ 14:33

  30. Trop honoré d’être attendu à ce point. Et pour rappel, je n’ai fait aucun commentaire sur Bâle 3 que je ne connais pas, merci de ne pas caricaturer mon propos.

    Visiblement, vous êtes en train de passer complètement à côté du mouvement de concentration des gros institutionnels. Quant à la crise, ce n’est pas vraiment nous, les zinzins, qui en sont responsables, faudrait voir à pas tout confondre. Et votre réglementation, elle est quand même mal foutue.

    Car si vous aviez regardé un tant soit peu la structure de Solvabilité 2, vous ne proféreriez pas ces âneries, vu que ce qui est promu dans le cadre de cette directive, ce sont les obligations à faible durée de vie, le risque attaché à ces mêmes obligations ayant beaucoup moins d’importance. Ce qui veut dire que les incitations réglementaires sont de renforcer le crédit, peu importe qu’ils soient high yield ou pas, aux dépens des actions, qui ne sont pourtant pas moins volatils, et surtout parfois beaucoup plus risquées. Mais ça, vous l’aviez probablement zappé.

    Autre chose, mais ça doit être un hasard, les contraintes en capitaux requis sont faiblissimes en ce qui concerne les obligations souveraines (et on y inclut évidemment la Grèce pour des raisons politiques, la règlementation encourage donc à avoir de la Grèce en portif plutôt qu’une action Total, vous voyez le problème ? ) et de l’autre, les Etats émettent de la dette comme des bourrins. Donc, d’une main les Etats, via l’UE, réglementent à tour de bras pour que les zinzins achètent de la dette souveraine, et de l’autre main, ils émettent de la dette comme jamais, profitant des taux bas. Et tout cela arrive au même moment. Mais comme vous dites, ça doit être un hasard.

    Ah oui, dernière chose, si vous avez un contrat d’assurance vie, ça ne rapportera plus que des clopinettes, si ça continue à ce rythme. Mais vous ne pourrez vous en prendre qu’à l’Etat et non pas à notre soi-disante incapacité.

    Aliocha : Brrrrrrrrr ! revoici mon pote le jargon technique qui roule des mécaniques pour m’impressionner. Manque de pot, depuis la crise mais aussi l’affaire Kerviel, la technique ne m’impressionne plus du tout. La réglementation vous énerve ? Normal, personne n’aime être bridé dans sa liberté. Elle est stupide ? Je ne le pense pas, ce qui est stupide c’est :
    1. de croire légitime d’y échapper parce qu’on est riche, puissant et sachant,
    2. de s’accrocher à la vieille idée de marchés purs et parfaits qui seraient pollués par la loi,
    3. D’adopter des comportements irresponsables de contournement des règles, lesquels sont eux les vrais responsables des crises
    4. de venir ensuite pleurer auprès des pouvoirs publics pour obtenir l’aide du contribuable, celui-là même qui n’a jamais touché les bonus quand tout allait bien mais qui va payer la facture en plus d’avoir perdu son job, son entreprise etc.
    5. D’imaginer déjà de nouvelles techniques débiles qui préparent la prochaine crise
    6. De couronner le tout en traitant d’imbéciles en vrac les citoyens qui en ont marre des financiers, les politiques qui tentent comme c’est leur rôle d’organiser tout cela, les économistes qui tirent la sonnette d’alarme.
    Sur l’assurance-vie, vous voyez, encore une fois, c’est moi qui vais payer les pots cassés, c’est un vrai leitmotiv chez vous l’idée selon laquelle quand le financier boit c’est le citoyen qui trinque. Manque de pot, je n’ai pas d’assurance-vie, n’ayant toujours pas réussi à répondre à cette question majeure : comment via ce produit mon ami le financier entend-il me baiser et dans quelles proportions exactement ?

    Commentaire par Polydamas — 24/09/2010 @ 15:25

  31. Wow, Poly se fâche.

    Même la torture en Algérie ne la mis dans cet état là.

    Ca doit être important.

    Commentaire par tschok — 24/09/2010 @ 17:23

  32. Il me semble que les Etats prennent les décisions de ce type « grâce » à des conseillers spécialisés…

    Commentaire par DePassage — 24/09/2010 @ 17:36

  33. Je sais pas vous, mais j’ai écouté Fillon et j’ai été touché par la grâce.

    Cébo: les manifestants ne sont pas des ennemis.

    C’est la fin de la guerre mes frères!

    Aimons nous les uns les autres! A toi qui manifeste: je te pardonne.

    Sois juste réaliste et va en paix.

    Commentaire par tschok — 24/09/2010 @ 18:07

  34. Aliocha, auriez-vous rencontré Frédéric Lordon cet été ?

    Commentaire par Gilbert — 24/09/2010 @ 22:02

  35. @Aliocha en 30
    Succinct et bien dit !

    Si on aime la philosophie, sachez que Greenspan était proche disciple d’Ayn Rand qui a enseigné une philosophie de haine et de libéralisme pur, bien dosé par une forme de Darwinisme – c’est une des raisons qu’il a eu de l’immobilisme chez la Fed jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Le marché pur qui fonctionne parfaitement sans intervention est un mythe dont il faut se débarrasser.

    Commentaire par Loki — 25/09/2010 @ 17:13

  36. @Aliocha

    « comment via ce produit mon ami le financier entend-il me baiser et dans quelles proportions exactement ? »

    Proportions/positions 🙂
    Faites attention, avec la finance, le lapsus arrive vite (cf Rachida Dati)

    PS: Ravi de vous voir dériver à gauche en ce qui me concerne 🙂
    Des cathos de droite y’en a dejà beaucoup sur la blogosphère alors que des cathos de gauche… !

    Commentaire par khazan — 26/09/2010 @ 23:40

  37. Aliocha,

    Non, non, non, ça va pas Aliocha. C’est vrai que vous basculez à gauche (je lis votre réponse sous Poly en com 30). Faut être lucide: vous filez un mauvais coton.

    Ou alors, comme le suggère Khazan, c’est votre fibre catho qui se rebelle?

    Commentaire par tschok — 27/09/2010 @ 09:23

  38. Aliocha,

    Je vous parle en tant que financier travaillant dans une institution de retraite, vous me répondez comme si j’étais le financier responsable de toutes les turpitudes du capitalisme, alors que je suis loin de percevoir la rémunération qui va avec ce genre de job. Et vous ne répondez à mes questions sur Solvabilité 2. Bref, vous fuyez le débat.

    Concernant la technique, je ne cherche pas à vous impressionner, vous avez pourtant remarqué que je n’ai utilisé aucun terme trop jargonnant, je ne veux pas vous mener en bateau, mais juste vous montrer que la dernière réglementation a des failles béantes qui risquent d’exploser à la figure de certains. Et qui peuvent très bien être la cause des prochaines crises.

    « Elle est stupide ? Je ne le pense pas »
    Bah objectivement, la probabilité que la Grèce fasse faillite est plus importante que celle de Total. Pourtant, dans cette réglementation, on nous incite fortement à investir sur des obligations grecques que sur des actions Total.

    Sur la vieille lune des marchés purs et parfaits, il est évident que la loi perturbe le jeu, puisque si l’on est obligé d’investir sur une tranche de produits bien définis, alors il est évident que le prix de ces produits va s’en trouver modifié. La règlementation change les choses, les acteurs s’adaptent, c’est tout ce que dit la théorie financière, rien d’autre. Nulle lune dans ce fait bien établi, la loi a des conséquences sur le marché, comme la réglementation immobilière a comme conséquence sur votre incapacité de vous loger à Paris (cf un ancien billet).

    Le contournement des règles ? Oui, et non, les acteurs cherchent la meilleure rémunération du risque dans la limite de la législation, ce qui les conduit à prendre parfois trop de risques. Oui, c’est vrai. Mais c’est aussi ça qui fait que la société avance, que des projets risqués trouvent des financements, on ne peut pas jeter le système sous prétexte qu’il connait des crises alors que lorsqu’il marche à peu près correctement, tout le monde s’en contente.

    Au fait, dans ma vision du libéralisme, les banques auraient du couler comme les autres, je n’étais pas favorable à les sauver. Et le Glass Steagall Act ne me parait pas si absurde que cela.

    Commentaire par Polydamas — 27/09/2010 @ 11:12

  39. « a comme conséquence votre »
    Désolé pour l’erreur.

    Commentaire par Polydamas — 27/09/2010 @ 11:13

  40. @Polydamas
    « Le contournement des règles ? Oui, et non, les acteurs cherchent la meilleure rémunération du risque dans la limite de la législation, ce qui les conduit à prendre parfois trop de risques… »

    Au vu de tout ce que je lis, il semblerait que les « gros » acteurs profitent des règles telles qu’elles sont actuellement définies.
    C’est vrai que si je joue à un jeu dont les règles m’avantage, je ne vais pas me perndre la tête à les enfreindre, tout au plus chercherais-je à optimiser mes « chances » …

    Et si ces acteurs prennet parfois trop de risques, n’est-ce pas par habitude de ne jamais payer les pots cassés à hauteur de leurs erreurs, des risques qu’ils prennent ?

    Commentaire par DePassage — 28/09/2010 @ 10:38

  41. « Et si ces acteurs prennet parfois trop de risques, n’est-ce pas par habitude de ne jamais payer les pots cassés à hauteur de leurs erreurs, des risques qu’ils prennent ? »
    Si on les sauve à chaque fois qu’ils risquent de payer pour leurs conneries, sous prétexte qu’ils sont au centre du système, et risquent d’entrainer encore plus de faillites derrière (ce qui n’est pas faux), oui, c’est vrai qu’ils sont en position pour faire ce qu’ils veulent.

    Commentaire par Polydamas — 28/09/2010 @ 11:36

  42. @25 DePassage

    De nombreux économistes et historiens ont, en revanche, établi des liens forts entre Capitalisme et Protestantisme.

    Mais, je vous l’accorde, capitalisme et libéralisme sont deux notions distinctes, même si elles vont souvent ensemble.

    Commentaire par Yves D — 28/09/2010 @ 17:58

  43. @38 Polydamas

    « Sur la vieille lune des marchés purs et parfaits, … »
    Je pense qu’Aliocha faisait référence aux modèles « de base » de l’économie capitaliste.
    L’économie n’est après tout qu’une tentative de modéliser (pour mieux le comprendre et surtout essayer de mieux le maîtriser) le réel (ou au moins sa partie « économique ») …
    Or le réel est très complexe, et il est donc nécessaire de le simplifier pour le modéliser.

    C’est aussi ce que fait la physique mécanique. On part d’un modèle qui permet de bien décrire et prévoir les actions et mouvements … jusqu’à ce qu’on se rende compte que le modèle est trop « simpliste » pour expliquer certains phénomènes … et on en développe alors un plus complet (passage de la mécanique Newtonienne à celle de la Relativité Restreinte par exemple).

    Le malheur du modèle économique, c’est que les constates de temps et les intéractions entre éléments sont telles, qu’il est très vite trop simpliste pour bien décrire la réalité.

    Ainsi, baser un modèle sur la « perfection » de fonctionnement de marchés qui seraient « purs », c’est une belle vue de l’esprit, mais c’est très éloigné de la réalité.

    C’est ce « fantasme de libéraux » qu’Aliocha brocarde …

    Mais je suppose que vous l’aviez compris puisque vous dites que « il est évident que la loi perturbe le jeu ».

    Le jeu … mais pour qu’il y ait un jeu, ne faut-il pas justement, des règles du jeu ??
    Et pourquoi ces règles ne seraient pas transcrites par des Lois dans nos démocraties ?

    « objectivement, la probabilité que la Grèce fasse faillite est plus importante que celle de Total » écrivez-vous …

    Pas sûr ! Car l’une de ces règles est justement la garantie extrème des dettes d’un état.
    Je ne veux pas dire qu’un état est sans risque de faillite, et que ces dettes sont donc sans risques, mais les Emprunts Russes, ça n’arrive pas tous les ans, alors qu’une grosse entreprise disparait (faillite ou absorption) chaque mois (où est Elf aujourd’hui ? Dans quel état est General Motors …)

    Commentaire par Yves D — 28/09/2010 @ 18:20

  44. @ 18 Polydamas

    En effet, Vincent Benard sur le site que vous avez posté sur ce blog est transparent : il n’oublie pas de rappeler que l’économie est aussi une science politisée.

    Ainsi, pour les tenants de l’économie libérale, le fait que les crises aient été surmontées semble valider l’hypothèse d’efficience des marchés d’Eugène Fama (1965).

    Pour l’essentiel,pour les libéraux, ce sont les distorsions par rapport à la théorie et non la théorie elle-même, qui en seraient responsables.

    En logique pure, l’H.E.M. est cohérente. La question est de savoir si, aujourd’hui, on ne doit pas plutôt parler d’un certain degré d’efficience ?

    Burton Malkiel a même tiré un best seller en 1973 : « Le marché des actions est aujourd’hui tellement efficient qu’un chimpanzé aux yeux bandés lançant des fléchettes sur la liste des cours du Wall Street Journal pourrait sélectionner un portefeuille d’actions qui marcherait aussi bien que le fonds activement géré par un expert professionnel » (Burton G. Malkiel – A Random Walk Down Wall Street (la marche du hasard) 8ème Ed. Valor 2005).

    Cette thèse célèbre sous-tend la théorie de l’efficience des marchés et revêt deux degrés d’exigence. La thèse dans son acception étroite nous dit que l’analyse chartiste (graphique) ne peut pas aider à prévoir les cours et que, d’une façon générale, la séquence des cours ne permet pas de battre le marché.

    La thèse dans son acception large indique que l’analyse fondamentale, celle qui porte sur l’entreprise elle-même et tout ce que l’on peut savoir sur elle, ne permet pas non plus de prévoir les cours, car toute cette information est déjà reflétée dans les cours.

    Ainsi donc, un chimpanzé ferait aussi bien qu’un analyste financier, qu’il soit chartiste ou fondamentaliste. Le marché est tellement efficient, et les cours varient tellement rapidement avec les informations et les nouvelles, que personne ne peut en tirer profit.

    Pour autant, la marche du hasard ne signifie pas que les cours boursiers évoluent au hasard sans égard aux informations fondamentales. Au contraire, la marche au hasard repose sur l’arrivée d’informations, mais elles sont largement imprévisibles.

    Cela étant, ce qui maximise les intérêts des acteurs économiques c’est l’interaction des comportements rationnels qui aboutit spontanément à un équilibre optimal, exprimé par le prix d’échange sur les marchés.

    Ces comportements, aujourd’hui modélisés, deviennent prédictibles et l’industrie financière a pu bâtir des produits toujours plus complexes, usant des mathématiques pour calculer le risque inhérent aux comportements des acteurs.

    C’est parce que le prix rationnel de marché apparaît comme un phare salutaire, une information absolue sur ce qui est a priori impalpable (la valeur d’un avenir incertain), pour ceux qui sont imprégnés du dogme de l’efficience, qu’il faut libérer les marchés des limitations réglementaires existantes, pour leur permettre de parvenir à leur équilibre naturel sans distorsions ni contraintes.

    Sauf que, tout investisseur est un spéculateur dans la mesure où, en cherchant à prévoir le futur, il spécule sur l’avenir et, paradoxalement, la théorie des agents rationnels engendre des comportements irrationnels par le biais d’une déresponsabilisation individuelle : les autres seront rationnels à ma place.

    Le problème c’est que cette rationalité déléguée conduit aux bulles spéculatives et aux krachs, conséquences d’un comportement autoréférentiel qui se découple du sentiment individuel.

    En effet, pour André Orléan, l’efficience des marchés suppose que le prix reflète, en quelque sorte, une moyenne des convictions individuelles, mais devient vide de sens lorsque ces marchés sont dominés par ce qu’il est convenu d’appeler « une convention » puisque la thèse des marchés efficients incite, à tous les niveaux, au conformisme.

    « Le processus n’est pas autorégulateur, mais autoréférentiel : chacun influence ou imite chacun, et le prix résulte de la capacité des acteurs à adopter une croyance commune – une convention -, laquelle diffère généralement de la valeur fondamentale. La logique financière peut alors déboucher sur des effondrements – les krachs – lorsque la croyance est brutalement remise en cause, que plus personne ne veut acheter et que la liquidité s’annule. » (André Orléan : Le Pouvoir de la finance – Ed. Odile Jacob 1999 ).

    Or, depuis les années 1980 les crises financières ont toutes montré que le comportement des acteurs pouvait être irrationnel, voire aller contre leurs intérêts et, aujourd’hui, l’ampleur de ces distorsions amène certains économistes à changer d’approche.

    Ce nouveau courant de pensé raillé par Vincent Benard qui fustige « l’offensive médiatique néo-keynésienne des économistes atterrés » à le mérite d’avoir ouvert la voie à l’économie « comportementale ou finance comportementale» aujourd’hui nobelisée : Gary Becker, université de Chicago, Nobel 1992 ; Daniel Kahneman et Vernon Smith, Princeton, Nobel 2002 ; George Akerlof, Berkeley, Nobel 2001 ou aux concepts de « marchés imparfaits » et d’« asymétrie d’information » (Joseph Stiglitz, Columbia, Nobel 2001).

    Pour autant, que l’on soit « néo-libéral » ou « néo-keynésien » il n’existe qu’un ensemble d’opinions divergentes sans prétendre qu’une d’entre elles puisse se prévaloir d’une légitimité supérieure aux autres.

    Mais, comme le bon fonctionnement des marchés exige la transparence de l’information afin que les acteurs puissent agir rationnellement cela a permis d’orienter des politiques de régulation : instruments de réduction de la liquidité tels que le renforcement des fonds propres sur les marchés les plus liquides, taxation des transactions ou le contrôle des flux financiers qui ne doivent plus être considérés illégitimes.

    Que la finance « conventionnaliste » ait réussi à construire un cadre théorique qui intègre pleinement la dimension cognitive des faits financiers est à mettre à l’actif de cette approche tant cette dimension indûment rejetée par la finance néoclassique constitue une évidence aux yeux de nombreux praticiens, analystes et historiens.

    Il est apparaît donc, pour ces auteurs, plus réaliste de parler d’un certain degré d’efficience.

    Aliocha : j’ai beaucoup de chance d’accueillir ici des commentateurs non seulement très savants mais qui en plus prennent le temps de partager leur savoir. Sincèrement, merci.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/09/2010 @ 13:12

  45. Tant qu’on y est, j’ai quelques questions de Candide à poser à un éventuel néo-libéral de passage en ces lieux :
    – qu’entend-on exactement par absence de réglementation des marchés ? En tant que juriste, je sais que le droit est partout, y compris sur les marchés lorsque l’accord sur la chose et sur le prix débouche en une fraction de seconde (le temps de passer un ordre) sur une vente. De fait, j’ai du mal à cerner l’endroit où la tréglementation devrait s’arrêter pour laisser le marché pur et parfait déployer sa splendeur.
    – au nom de quoi une activité aussi importante que celle-ci devrait-elle échapper à la compétence du politique et du législateur ? Faut-il rappeler à mon amie la finance qu’elle fonctionne en interaction avec d’autres activités et qu’elle ne peut donc raisonner de manière autiste en s’excluant du jeu social et politique ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/09/2010 @ 14:21

  46. @ Le Chevalier Bayard

    Pour plagier Winston CHURCHILL, le capitalisme serait le pire des systèmes économiques … à l’exclusion de tous les autres !

    N’est-ce pas ce que recouvre votre notion réaliste d’un « certain degré » d’efficience ?

    Je partage en grande partie votre analyse (ou devrais-je dire synthèse), avec quelques nuances cependant :

    « Ces comportements, aujourd’hui modélisés, deviennent prédictibles et l’industrie financière a pu bâtir … » écrivez-vous.

    En fait, on croit qu’ils sont (correctement) modélisés, et donc qu’on peut faire de la prédiction … Sauf qu’un tel modèle, de toute façon imparfait (et on rejoint la notion de « marchés imparfaits » de Stiglitz) se « mord la queue » !

    D’ailleurs vous l’écrivez vous-même : « chacun influence ou imite chacun » !
    Dans un modèle comportemental, ça n’agit pas toujours comme une fonction de régulation, mais plutôt comme une fonction amplificatrice.

    D’où des krachs de plus en plus grands, et surtout de plus en plus rapides (la rapidité des ordinateurs où tournent ces modèles ayant un effet, malheureusement prouvé dans des mini-crises récentes, accélérateur du crack).

    Commentaire par Yves D — 29/09/2010 @ 14:21

  47. @ Yves D

    « Dans un modèle comportemental, ça n’agit pas toujours comme une fonction de régulation, mais plutôt comme une fonction amplificatrice ».

    Très juste ! On a pu voir, une fois de plus, la fragilité et la volatilité du système financier. Qu’il s’agisse d’une faute de frappe ou d’un aléa lié à la structure même d’un marché où les ordinateurs programmés pour spéculer automatiquement peuvent s’emballer à tout moment.

    L’exemple récent est celui du 06/05/2010 à la bourse de New York après qu’un trader est tapé « milliards » au lieu de « millions » lors d’une saisie !

    Le Dow Jones a subitement chuté de près de 1000 points ce qui a plongé Wall Street dans l’angoisse pendant vingt minutes. Résultat : des baisses spectaculaires pour le groupe 3M (- 15%) ou Procter & Gamble (-24%). Le titre du groupe de services informatiques Accenture est même passé brièvement de 40 dollars à quasiment zéro.

    C’est un exemple, qui concerne la façon dont les institutions doivent gérer leur risque de marché : puisque, théoriquement, le prix de marché représente la meilleure prédiction des prix futurs, les banques sont tenues de valoriser leurs actifs en permanence au prix du marché (les positions sont dites « market to market »).

    Afin de contrôler au mieux les pertes potentielles, des seuils de déclenchement d’ordres de vente sont donc subordonnés au prix du marché, indépendamment de la pertinence réelle des prix, pour se débarasser au plus vite d’actifs potentiellement défaillants.

    Cette situation crée une boucle de rétroaction déstabilisante, puisqu’une baisse entraîne, mécaniquement, une pression de vente supplémentaire.

    Autrement dit, une baisse accidentelle des cours résultant d’une erreur – un trader distrait – qui commet une erreur de saisie ou d’une manipulation délibérée, peut faire boule de neige, amplifiée par des pratiques dont la justification paradoxale est le postulat que chaque variation de prix résulte d’une information réelle !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/09/2010 @ 15:18

  48. Lire institutions financières

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/09/2010 @ 15:19

  49. @ Aliocha 45

    Au nom de cette loi seule !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/09/2010 @ 16:16

  50. Merci Aliocha…

    cela fait du bien de lire des billets de cette qualité !

    Commentaire par Matéo 34 — 29/09/2010 @ 17:08

  51. @ Yves D:
    On voit bien que vous n’êtes pas porteurs d’obligations grecques. 🙂

    @ le Chevalier :

    « C’est un exemple, qui concerne la façon dont les institutions doivent gérer leur risque de marché : puisque, théoriquement, le prix de marché représente la meilleure prédiction des prix futurs, les banques sont tenues de valoriser leurs actifs en permanence au prix du marché (les positions sont dites « market to market »). »

    Et je pense que c’est une connerie. Mais là, ce n’est pas un problème de marché, mais de comptabilité, de règles comptables, bref, de droit.

    « L’exemple récent est celui du 06/05/2010 à la bourse de New York après qu’un trader est tapé « milliards » au lieu de « millions » lors d’une saisie !  »

    On ne sait toujours pas exactement ce qu’il s’est passé ce jour-là. Citigroup a démenti être l’entreprise responsable de cette chute. L’hypothèse du « fat finger » n’a pas été confirmée.

    Sinon, pour votre premier commentaire, si la théorie évoque les marchés efficients, il est clairement impossible d’être en accord avec celle-ci, vu que certains gérants battent le marché depuis des lustres. Quant aux produits complexes dont vous parlez, je m’en suis toujours tenu à une distance très raisonnable, vu que c’est généralement le meilleur moyen d’engraisser le banquier, et de se faire avoir, vu qu’ils sont construits sur des modèles appliquant la loi normale aux marchés financiers, alors qu’on sait qu’ils n’y sont pas comparables. Mais faute de mieux…

    Concernant le processus autoréférentiel, Keynes le décrivait déjà avec la comparaison qu’il faisait d’un marché avec un concours de beauté, l’important n’est pas ce qu’on pense, mais d’anticiper ce que les autres pensent sur tel objet.

    Quant à la finance comportementale que je connais un peu, je ne conteste pas son bien-fondé, loin de là, les marchés étant parfaitement capables de se tirer, la bouche en cœur, une balle dans la tête. Pour autant, croire que la réglementation permettrait de s’assurer contre tous les risques financiers possibles me semble une illusion.

    Commentaire par Polydamas — 30/09/2010 @ 10:45

  52. @ Polydamas

    « Et je pense que c’est une connerie. Mais là, ce n’est pas un problème de marché, mais de comptabilité, de règles comptables, bref, de droit. »

    Bon ! Evidemment, c’est à dessein que j’ai pris cet exemple caricatural pour mieux pointer « l’exubérance irrationnelle » pour reprendre le titre de l’essai de Robert Shiller sur l’anormale volatilité et la surévaluation des marchés.

    Quant aux normes comptables, voyez-vous, en vertu de la juste valeur, dans la crise du subprime, on sait maintenant que pour certains crédits titrisés (CDO par exemple) elles ont eu une incidence sur le marché.

    « On ne sait toujours pas exactement ce qu’il s’est passé ce jour-là. Citigroup a démenti être l’entreprise responsable de cette chute. L’hypothèse du « fat finger » n’a pas été confirmée. »

    Même 20 minutes d’angoisse planétaire boursier momentané, encore une fois, confirme « l’exubérance irrationnelle » !

    « Sinon, pour votre premier commentaire, si la théorie évoque les marchés efficients, il est clairement impossible d’être en accord avec celle-ci, vu que certains gérants battent le marché depuis des lustres »

    En effet, passivement à long terme même un chimpanzé peut surperformer le marché !

    « Concernant le processus autoréférentiel, Keynes le décrivait déjà avec la comparaison qu’il faisait d’un marché avec un concours de beauté, l’important n’est pas ce qu’on pense, mais d’anticiper ce que les autres pensent sur tel objet. »

    Ben là… l’analyse keynésienne des marchés boursiers est parfaitement revendiquée et la filiation pleinement assumée par les tenants de la finance comportementale.

    La métaphore du « concours de beauté » dans ce cadre théorique dit qu’il est possible de penser l’inefficience des marchés financiers sur la base de la pleine rationalité des acteurs.

    Pour ce courant de pensée, en effet, celui qui a la meilleure représentation de l’opinion collective sait prévoir les tendances : le prix futur d’un actif n’est pas probabilisable : il n’est pas lié à la valeur fondamentale d’un actif, il est seulement le reflet de l’opinion dominante, des croyances des opérateurs du marché. Le marché est en quelque sorte autonomisé : c’est « une machine à produire des croyances et des prix ». Il ne comporte pas de mécanisme autorégulateur, mais un mécanisme d’auto-validation des croyances qui conduit à de l’instabilité.

    « Pour autant, croire que la réglementation permettrait de s’assurer contre tous les risques financiers possibles me semble une illusion. »

    Et là, comme vous, je pense que c’est une connerie. Ni vous, ni moi, sommes stupidement naïfs pour penser le contraire et à plus forte raison une communautéen finance comportementale d’experts !

    Pour autant, si par définition tout système est faillible rien n’empêche de le renforcer.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 30/09/2010 @ 22:39

  53. @ Polydamas (51)
    Moi non … Mais certaines (grosses) banques allemandes si …. Et, à ma connaissance, elles n’en sont pas si ennuyées que ça …

    @ Le Chevalier Bayard

    Pas mieux ! (Surtout à propos de votre conclusion)

    Commentaire par Yves D — 30/09/2010 @ 23:46

  54. Si vous avez aimé la langue de bois de Prot, vous adorerez celle d’Oudéa : http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/10/01/frederic-oudea-nous-entrons-dans-une-periode-de-grande-discipline-financiere_1418838_3234.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/10/2010 @ 15:24

  55. Ah! voilà!

    « Pour autant, croire que la réglementation permettrait de s’assurer contre tous les risques financiers possibles me semble une illusion. »

    C’est exactement ça, une illusion.

    En fait, à côté du marché financier, il faut créer un marché du risque financier, au sens du risque que fait peser le marché financier sur l’ensemble des marchés (même non financiers) et qui sera son miroir, à l’aide d’instruments financiers nouveaux, qui permettront à leur tour une spéculation exubérante et irrationnelle, de telle sorte que les risques engendrés par l’un soient couverts par les garanties générées par l’autre, et vice versa.

    Bref, il faut titriser la faillite potentielle du système et la mettre en bourse.

    C’est tout simple.

    Aliocha : Bon sang, ne leur dites pas des trucs pareils, ils sont capables de le faire !

    Commentaire par tschok — 01/10/2010 @ 15:44

  56. @ Yves D:
    C’est juste qu’elles ont toutes vendu leurs obligs en catastrophe à la BCE. Et visiblement, vous n’avez pas entendu des banques des différents Lander qui ont frisé la faillite pour certaines d’entre elles.
    Sinon, pour Aliocha, je vous recommande chaudement la lecture de ce petit opuscule : http://davidabiker.fr/wordpress/jai-fait-hec-et-jen-suis-fier/

    « Quant aux normes comptables, voyez-vous, en vertu de la juste valeur, dans la crise du subprime, on sait maintenant que pour certains crédits titrisés (CDO par exemple) elles ont eu une incidence sur le marché. »

    On le savait avant.
    Quant à l’exubérance irrationnelle, ce n’est pas moi qui la contesterait, je dis juste que tenter de la contrôler d’une quelconque manière est illusoire, et à terme, trompeur.

    Commentaire par Polydamas — 01/10/2010 @ 18:07

  57. @ polydamas

    « On le savait avant. »

    Bien sûr ! Comme toujours la mise en oeuvre de nouvelles règles comptables a fait l’objet de débats ! Et, la crise du subprime n’a fait que révéler les critiques négatives qu’elles contenaient en germe et dont vous reconnaissez, par la même, qu’elles avaient bien un impact sur le marché !

    S’agissant de l’exubérance irrationnelle, le courant de pensée keynésien, me semble-til, tente de comprendre l’homme tel qu’il est et non tel qu’il « devrait » être – émotif et capable d’erreurs plutôt que froid et infaillible.

    En somme, il ne s’agit pas, nécessairement de contrôler mais aussi de corriger des comportements et des déviances.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 01/10/2010 @ 19:08

  58. @ 54 Bonjour Aliocha

    A propos de l’affaire Kerviel il est temps de relever les copies avant le 5 !

    http://bourse.challenges.fr/news.hts?urlAction=news.hts&idnews=FPS101001_20402126&numligne=0&date=101001

    1. Relaxe

    2. Eventuellement; partage de responsabilités

    3. Condamnation

    Faites plancher nos éminents avocats et juges de votre blog !

    Aliocha : vous pensez bien que la date est écrite en lettres de feu dans mon esprit 😉 Quant à faire bosser nos camarades juristes, que voulez-vous qu’ils en disent ? Même les gens qui ont assisté au procès n’en savent rien tant l’affaire est technique et embrouillée. Pour les chroniqueurs judiciaires qui n’entrent pas dans la problématique du système, il y a un homme qui a commis des fautes avérées et qui risque fort d’être condamné. Pour le milieu de la finance, la banque savait, mais le trader sera condamné pour l’exemple. Pour le grand public, il doit ressortir libre parce qu’il est une victime du système. Voilà les pronostics. Nous verrons demain ce qu’en pensent les juges, sachant que ces-derniers ont le dossier en mains, qu’ils ont pu étudier les pièces durant des mois et sont donc entrés plus profondément dans le dossier que le public du procès, et surtout qu’ils doivent appliquer la loi pénale qui est d’interprétation stricte, autrement dit déterminer si l’infraction est constituée ou pas, et pondérer éventuellement leur jugement par leur appréciation du comportement de l’employeur. Donc on peut bien s’amuser à supputer, on n’ira pas bien loin…

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 13:18

  59. @ Aliocha,

    En fait, ils l’ont déjà fait: les subprimes, à la base, c’était un instruments financier destiné à garantir le marché, comme les CDS.

    Sauf que c’est interne au système et qu’en cas de crise de liquidité ça engage un répondant final qui est toujours le même: le contribuable.

    J’insiste sur un point: crise de liquidité, pas de solvabilité.

    Nous, contribuables, on garantit de la liquidité, plus de la solvabilité (dette publique classique c’est à dire à long terme: en fait en garantit du déficit et plus de la dette).

    Mon idée est très simple: leur refiler le bébé en leur disant « jouer avec » et garantissez vous. Moi, j’interviens sur la dette finale à long terme (le truc qu’on rembourse jamais en fait). Donc j’ai besoin de zéro.

    Jouez avec ma monnaie, mais pas avec ma richesse, alors qu’ils ont fait l’inverse: ils ont joué avec ma richesse, mais préservé leur monnaie (dans laquelle est libellée leur richesse, ils sont pas cons, eux).

    Ok?

    Aliocha : je suis blonde, mais tout de même, j’avais compris….

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 14:17

  60. @ Brayard,

    Voyons voir, vous nous demandez de jouer les madames soleil.

    Il y a des constantes:

    1: 4% de chances (moins que le taux de survie à un cancer du poumon: Kerviel continue de fumer)

    3: 96% de chances (commandez tout de suite votre cercueil made in France tant qu’il en reste)

    2: Oui, là, ok, on peut faire les snobs. Tenez, il s’est passé un truc fondamental: je me gratte les couilles. Ca peut avoir une incidence sur le résultat final.

    Il y a quelques mois, deux objets stellaires ont frôlé la Terre: s’ils l’avaient percuté, Kerviel serait un amateur dont personne n’aurait rien à foutre.

    Quelqu’un, ici, veut nous parler de ses couilles? C’est le moment.

    Aliocha : je répondais au Chevalier Bayard en même temps que vous. Comparez. ça y est ? Vous voyez pourquoi moi je suis journaliste et vous une graine d’écrivain ? Je sais, j’insiste lourdement, mais c’est très égoïste de ma part, la littérature française contemporaine m’ennuie, j’aimerais que vous la dynamitiez 😉

    Commentaire par tschok — 04/10/2010 @ 14:26

  61. @ Roquet en shtoc

    Votre réponse me satisfait ! Au moins ça détend !

    @ Aliocha

    Merci d’avoir compris que ma demande n’avait aucun intérêt !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 14:47

  62. @Chevalier Bayard : par contre, on peut s’amuser là-dessus en attendant jeudi : http://www.capital.fr/bourse/actualites/le-pdg-de-boursorama-hugues-le-bret-reprend-sa-liberte-de-parole-autour-de-l-affaire-kerviel-534769

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/10/2010 @ 14:49

  63. ou bien encore se demander pourquoi la class action initiée aux US contre la socgen en raison des pertes sur les subprime et des pertes de trading a été déclarée irrecevable : http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20100930trib000554397/societe-generale-n-aura-pas-besoin-d-augmenter-son-capital-pour-respecter-bale-iii.html
    Ce d’aunant plus que la jurisprudence invoquée est beaucoup plus subtile que cela. Tiens, d’ailleurs, je vais m’y plonger dans cette affaire là…

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/10/2010 @ 14:52

  64. @ Aliocha n’en jetez plus ! La c (C)our est pleine !

    Merci !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 14:54

  65. Tiens, tiens, cet article de Challenge sur le départ d’Hugues Le Bret contient une phrase bien intéressante : « Pendant les dix années qu’il passera au siège de la banque à la Défense, il s’occupera aussi à polir l’image de son rugueux président Daniel Bouton. Enfin, lors de l’affaire Kerviel, ce père de quatre enfants pilotera la stratégie de défense de la banque, en focalisant la responsabilité de la fraude sur le seul Jérôme Kerviel ».
    Or, donc ce serait une stratégie de com’ ? A contrario, il y aurait d’autres responsabilités ? Pas possible ?!C’est dingue….
    http://www.challenges.fr/actualites/finance_et_marches/20101004.CHA8701/le_livre_du_patron_de_boursorama_sur_laffaire_kerviel_l.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/10/2010 @ 17:05

  66. Oui j’ai lu ça ! D’après Libé et le Fig : « le livre fourmillerait d’anecdotes et contiendrait des révélations «suffisamment explosives pour que Hugues Le Bret préfère démissionner de la présidence de Boursorama et du groupe Société générale pour disposer d’une « liberté de parole totale »».

    A suivre donc !

    « Ce d’aunant plus que la jurisprudence invoquée est beaucoup plus subtile que cela. Tiens, d’ailleurs, je vais m’y plonger dans cette affaire là… »

    http://www.supremecourt.gov/opinions/09pdf/08-1191.pdf

    1. Limitation de la portée extratoriale de la législation mobilière aux USA : cette décision rendue dans ce litige propose que les dispositions ne visent que les opérations sur des titres inscrits à la cote de Bourses américaines et les opérations sur des titres qui ne sont pas inscrits à la cote d’une Bourse américaine, mais qui ont lieu aux États-Unis.

    2.Plus subtile (positivement vous voulez dire ?) parce qu’en effet, elle va plus loin : elle semble exclure les réclamations intentées aux États-Unis par des investisseurs résidents qui font de telles réclamations à l’égard de titres qui ne sont pas inscrits à la cote d’une Bourse américaine et qui ne peuvent prouver que l’opération a eu lieu aux États-Unis.

    Aliocha : entre nous, vous imaginez quitter une situation professionnelle pareille rien que pour la beauté de la liberté d’expression. Moi je veux bien, mais bon….même un journaliste hésiterait à le faire, alors un banquier. L’a été poussé vers la sortie le garçon, à mon avis. Sur la décision de la Cour suprême, elle concernait une situation sans aucun élément de rattachement avec les Etats-Unis, ce qui n’est pas le cas de la Socgen, du coup, je m’interroge….

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 17:46

  67. oups…extraterritoriale !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 17:55

  68. En effet : euphémisme par litote ou naïveté dans la formule journalistique ? Attention l’info reprise par Libé est tiré du Fig.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 18:09

  69. « Sur la décision de la Cour suprême, elle concernait une situation sans aucun élément de rattachement avec les Etats-Unis, ce qui n’est pas le cas de la Socgen, du coup, je m’interroge…. »

    Pour une synthèse des Echos que j’avais lu en juillet :

    http://www.leclubdesjuristes.com/publications/articles/la-cour-supreme-limite-les-class-actions-pour-les-groupes-etrangers

    Aliocha : vous avez de saines lectures, le Club des juristes est un jeune think tank juridique français du dernier chic. Quant à l’auteur de l’article, il est associé du cabinet qui défendait précisément la Socgen aux Etats-Unis.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 19:23

  70. 30 ans de métier en banque dont 15 passés à la « Gégène » ça laisse des traces !

    C’est vrai la liste de ses membres est prestigieuse ! Vous y rencontrerez les principaux ténors de l’affaire Kerviel !

    Un site à conserver dans ses favoris !

    Aliocha : Amusant, je commençais à acquérir la certitude que nous fréquentions le même univers, mais je ne voulais pas être indiscrète 😉

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/10/2010 @ 23:46

  71. A plusieurs reprises sur votre blog on peut dire que professionnellement je me suis démasqué.

    D’une certaine manière, oui, on peut dire que nous fréquentons le même univers…celui du virtuel !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/10/2010 @ 00:11


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