La Plume d'Aliocha

29/07/2010

D’une barbarie l’autre

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 10:27

Ah, la belle victoire que voilà ! Ainsi donc la Catalogne a décidé d’interdire la corrida. Du côté des « Antis », on se félicite. Attaquer la tauromachie sur ses propres terres et vaincre de surcroît, quelle jouissance ! Drôle d’époque. Comme j’aimerais croire que la corrida soit en effet l’ultime barbarie humaine à éradiquer, la dernière survivance d’une époque sanguinaire à jamais révolue. Comme j’aimerais penser que l’animal une fois sauvé de l’homme permettra enfin à l’homme de se sauver de lui-même. Plus de corrida, donc plus de sang versé, jamais, nulle part, ni celui des bêtes ni celui des hommes.

Du combat singulier entre le toro et le matador bientôt sans doute il ne restera plus que quelques images couleur sang et or, et des faenas de légende gravées dans les mémoires des plus anciens. Bienvenue dans un monde de volailles en batterie et de boeufs à l’abattoir. C’est propre, industriel, invisible, surtout et c’est là l’essentiel. Cachez ce sang que je ne saurais voir. Laissez-moi me fondre dans le grand troupeau de consommateurs anesthésié qui bêle le week-end dans les centres commerciaux, qui s’abrutit en semaine derrière des écrans aseptisés où le sang lorsqu’il coule, même du ventre d’un homme, n’est jamais qu’une idée de sang, lointaine, insaisissable, une idée qui, curieusement, n’atteint pas cette sensibilité que nous prétendons si raffinée aujourd’hui.

L’essentiel voyez-vous, ce n’est plus le sacré, ni l’esthétique, ni même la vérité du combat pour la vie, non l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, voilà notre nouvelle morale d’occidentaux en perdition derrière nos écrans. Et nous appelons empathie ce qui n’est que sensiblerie dévoyée par nos vies stérilisées, insipides, allergiques au risque, étrangères à l’héroïsme, en panne de sacré, bercées de l’illusion funeste que la violence, à supposer qu’on refuse de la voir, disparaîtra. Ne voyez-vous pas que déjà elle se réfugie ailleurs ? Là où il n’y a ni musique, ni or, ni règles de combat, ni costumes de soie, ni bravoure, ni respect de l’adversaire ?

Qu’on me permette de ne pas me réjouir de cette sinistre victoire. Si j’étais un toro, je choisirais l’arène, je me perdrais dans les plis de la cape, je ploierais l’échine sous les coups du picador, je chasserais les banderilles de ma nuque et je chargerais, encore et encore, l’armure dressée vers le ciel, cet ennemi de soie et de lumière jouant de son intelligence pour honorer ma force, m’offrant par amour la liberté ultime de combattre.

Il y en a pour qui la vraie barbarie, c’est celle du troupeau que l’on mène à l’abattoir. Et celle-là ne fait que commencer.

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89 commentaires »

  1. Vous n’avez pas penser que peut-être les anti-corridas sont aussi végétariens ou végétaliens, et que par conséquent ils ne cautionnent pas non plus l’abattage industriel ?

    Commentaire par Léna — 29/07/2010 @ 10:52

  2. Sans apprécier la corrida j’ai un point de vue identique.
    Pour Léna, je doute que 100% de ceux qui ont voté contre la corrida soient végéta(r/l)iens.

    Commentaire par Arnaud — 29/07/2010 @ 10:59

  3. […] source : “D’une barbarie à l’autre“ […]

    Ping par Si j’étais un toro…. | Dans un an... — 29/07/2010 @ 11:11

  4. Bonjour Aliocha,

    L’aliénation, subie et acceptée voire souhaitée, de mes contemporains a quelque chose de fascinant même si elle reste infiniment tragique. Je pourrais vous renvoyer, s’il en était besoin, à ces pages de « Terres des hommes » où Saint Exupéry fustige ces « bureaucrates », symbole abouti de cette société « moderne » qu’il redoute, « bureaucrates » qu’il compare à juste titre aux termites, ces insectes qui n’ont de cesse que de se dissimuler à la lumière du soleil et de s’installer bien à l’abri du monde extérieur dans leur termitière. Je pourrais également mentionner Platon et sa caverne. A force de nier la réalité même de la vie, tous les « anti » que la société génère se préparent un enfer dont leur bien-pensance n’a pas idée. Vous avez raison de parler d’abattoir. Le pire est que cette « décision » est tout autant, sinon plus, politique que motivée par de généreuses idées d’amour universel. L’occasion était trop belle pour certains nationalistes catalans, ils ne pouvaient s’empêcher de se démarquer du pouvoir central espagnol.
    Franck Boizard, sur son blog, complète très justement votre papier: http://fboizard.blogspot.com/2010/07/propos-de-linterdiction-des-corridas-en.html

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 29/07/2010 @ 11:14

  5. Clap-clap. Et c’que vous êtes belle quand vous êtes en colère…

    Commentaire par Goloubchik — 29/07/2010 @ 11:22

  6. Je ne suis pas fan de tauromachie comme je vous l’ai déjà expliqué car la souffrance d’un animal a plus tendance à me donner la nausée qu’à me divertir, mais cela doit être sans nul doute, comme vous l’écrivez, un effet de ma « sensiblerie dévoyée ». Soit.

    Mais comme je l’ai déjà écrit aussi il est des combats à mener autrement plus important que celui là et je m’interroge sur les motivations profondes des militants « anti ».

    Commentaire par Mussipont — 29/07/2010 @ 11:25

  7. Magnifique ! Je rejoins Goloubchik, votre plume n’est jamais si belle que lorsque vous êtes révoltée.

    Bienvenue dans un monde aseptisé ? Il ne tient qu’à nous de lui redonner des couleurs, et vous y contribuez fort bien.

    Commentaire par Amine Venezia — 29/07/2010 @ 11:38

  8. Pour un monde moins aseptisé, autorisons les combats de chien, le street-fighting, les combats de coq et… le catch féminin dans la boue !!!! 😉

    Commentaire par Mussipont — 29/07/2010 @ 11:49

  9. Et s’il y avait des anti-drones et des pro-drones ? et si on faisait un réferendum sur les drones, ces appareils qu’on pilote comme on joue à un jeu vidéo, depuis un bureau, loin du champ de bataille, et qui tuent à distance, sans bruit, sans odeur, sans risque (et parfois les femmes et les enfants qu’on prétend être venu aider) ?…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/07/2010 @ 11:56

  10. @Mussipont en 9 :
    Le catch féminin dans la boue est interdit ? Son absence dans le paysage culturel me semblait venir uniquement de l’absence d’intêret qu’il suscite.

    Commentaire par Amine Venezia — 29/07/2010 @ 12:06

  11. Je la trouve aussi glaçante, cette aseptisation à grande échelle. On croirait le combat des anti-corridas tout droit sorti du grand siècle victorien : c’est rationnel, urbain, policé et respectable, indifférent aux problématiques sociales, une lutte parfaitement soluble dans l’opinion dominante. Contre eux, les aficionados cumulent toutes les tares aux yeux de notre époque : ruraux, méridionaux, machistes, traditionalistes. Je ne donne pas longtemps à vivre à la corrida, le combat médiatique est très inégal.

    Je repense au début de Surveiller et Punir. On observe au XVIIIème en Europe, et notamment en France, la même tension entre l’opinion éclairée et ce qui est détesté publiquement comme pesanteurs « féodales » (pour la justice, les châtiments d’ordre spectaculaire et symbolique). On abhorre la vue du sang et les désordres que cela engendre, l’incertitude de l’administration publique du châtiment avec la présence menaçante de la foule : tout cela, les réformes judiciaires le suppriment au nom des idées nouvelles, de l’humanité, etc. Au profit des pratiques plus feutrées que l’on observe encore aujourd’hui.

    Je suis content de ne pas être le seul à avoir cette sensibilité. Je n’ai jamais vu une corrida et ne pourrais sans doute pas soutenir ce spectacle, mais son interdiction me déprime plus que n’importe quelle réforme débile du gouvernement me touchant.

    Commentaire par Ignatius_Reilly — 29/07/2010 @ 12:08

  12. Bonjour Aliocha,

    Je ne suis pas un anti-corrida. Je ne suis pas non plus un pro-corrida. En fait, je me fous complètement de la corrida et je confesse consacrer très peu de temps de cerveau aux taureaux d’une manière générale. Je le précise puisque souvent les arguments sont jaugés à l’aune de celui qui les profère.

    Je voulais juste vous faire remarquer qu’il ne fait pas sens d’opposer la corrida à l’abattage industriel. L’opposition entre deux propositions négatives (deux façons de mourir en l’occurrence) est le procédé spécieux par excellence en cela qu’il prétend obliger à choisir une des deux options. C’est le principe de « la bourse ou la vie », c’est un peu comme si on glorifiait le petit crime crapuleux en regard du génocide de masse.

    Aliocha : en parlant de spécieux, votre comparaison, elle se pose là.

    Si j’étais un taureau, nul doute qu’entre ces deux possibilités, je choisirais la corrida. Ne serait-ce que pour avoir une infime chance de réduire en charpie le crétin bariolé qui prétends me soumettre, moi, force vive de la nature, alors qu’il est si faible. Mais je ne suis pas un taureau, je suis un homme, et si j’étais contraint de choisir entre la mort impersonnelle et la mort personnalisée, je me dirais sans doute que je me suis fait avoir quelque part.

    Vous utilisez ensuite une autre procédé spécieux : l’amalgame. Alors donc, la corrida serait le sacré, l’esthétique, le noble combat, alors que l’absence de corrida, c’est le propre, l’industriel, l’invisible, l’insipide, le stérilisé, etc. L’homme de la rue devient, en l’absence de corrida, le « consommateur anesthésié qui bêle le week-end dans les centres commerciaux ». Vous ne faites jamais vos courses ? Comment faites-vous sinon pour échapper à cette horrible transformation ? Prenez-vous soin alors de penser systématiquement à quelque chose de particulièrement sale et pas propre du tout (des mouches sur les plaies d’un taureau trucidé par exemple)chaque fois que vous achetez une botte de poireaux afin de rester pure ?

    Aliocha : comme qui dirait, c’est çui qui dit qui l’est. Vous inversez ma proposition, ce qui lui fait perdre tout sens. Mon propos est de dire : à chaque époque sa sensibilité et sa vision de ce qui est barbare, dès lors je ne suis pas étonnée que dans une société aseptisée on s’indigne de voir du sang.

    Le plus étonnant c’est que les commentateurs vous suivent sans vous faire remarquer que vous essayez de les trimballer. Du coup, on ne parle plus de l’essentiel, le plaisir que l’homme trouve au spectacle organisé de la mort (je crois que c’est ça que reprochent les antis à la corrida, non ? En fait je n’en sais rien), non , on parle de cette société de consommation dans laquelle on est enlisé jusqu’au cou, de l’étouffement que nous impose le politiquement correct et de l’espace de plus en plus restreint que l’on accorde à nos pulsions (au moins, vous êtes certaine de faire l’unanimité avec ça).

    Aliocha : si vous connaissiez le sujet que vous prétendez traiter (parfois ça aide…)vous ne parleriez pas de plaisir au spectacle organisé de la mort, il n’y a pas un seul afficionado qui va voir une corrida pour le plaisir de voir mourir un toro.

    Je suis bien d’accord avec tout ça, mais, excusez-moi de vous le dire, ça a peu à voir avec l’autorisation ou l’interdiction de la corrida qui n’en est que la plus infime des manifestations. Hurler à la mort devant une arène ou zoner dans les supermarchés sont deux formes d’aliénation différentes voilà tout. Je pense que l’homme ne peut échapper à une aliénation de quelque sorte. Qu’elle soit contrainte et forcée, dirigée ou choisie.

    Aliocha : Hum, quand on part sur des bases erronées, forcément on finit au milieu de nulle part.

    Commentaire par Laurent — 29/07/2010 @ 13:45

  13. Ce que je trouve dommage, c’est que personne n’invoque la dangerosité pour le toréador. On aurait pu interdire les corridas pour cette raison : pratique trop dangereuse. De la même façon qu’on impose aux trapézistes dans le cirque un filet, on aurait pu interdire la tauromachie.

    Sinon, il y a l’autre tauromachie, que je trouve beaucoup plus belle et poétique : la tauromachie portugaise, où le taureau n’est pas mis à mort. C’est beau, c’est du sport. En outre, il faut se souvenir que l’endroit qui est « piqué » du taureau n’est pas si affreux et douloureux que ça. L’animal ne se plie pas par terre de douleur!

    Je préfère, comme aliocha, une bonne corrida à un abattoir anonyme. On voit ce qu’est un animal, on comprend ce qu’on a dans notre assiette, on apprend à le respecter et à le craindre, aussi. Une corrida nous rappelle au final notre humanité, notre bestialité même. Chassez le naturel, il revient au galop, et pas forcément comme on l’aurait voulu. On aurait pu croire que nous sommes plus « civilisés » qu’autrefois, mais les crimes violents voire très violents sont de plus en fréquents. Sans soupape, sans échappatoire comme peuvent l’être les corridas, la violence doit s’exprimer autrement.

    Commentaire par bricoecolo — 29/07/2010 @ 14:17

  14. Retrouvé, grâce à F. Boizard, ce vieux billet (trois ans!) d’Authueil sur ce sujet: http://www.authueil.org/?2007/09/02/497-vive-la-corrida

    Commentaire par H. — 29/07/2010 @ 14:51

  15. Je complète mon commentaire par un lien : http://www.youtube.com/watch?v=DI-dQhCSokI Ici, vous pouvez découvrir les « forcados ». Prendre le taureau par les cornes, littéralement. C’est pour moi la plus belle partie de la corrida, la plus courageuse. Spectacle d’une violence inouïe? Je ne suis pas d’accord.

    Commentaire par bricoecolo — 29/07/2010 @ 15:41

  16. Ça fait toujours plaisir de voir ses arguments repris par d’autres, même s’il est plus élégant de les citer:

    http://tinyurl.com/2d3lep4

    Aliocha : Tiens vous m’accusez de plagiat, comme c’est amusant. Et quelle idée ébouriffante d’originalité aurais-je repris dans votre article ? Celle selon laquelle on ne va pas voir souffrir le taureau, ou celle, totalement inédite, selon laquelle l’abattoir ne vaut guère mieux que les arènes ? Allons donc. Faites un effort de modestie. Voilà 25 ans que je m’intéresse à la tauromachie et 25 ans que j’entends ces arguments. En revanche, j’ai une information pour vous : on parle de torero ou de matador, jamais de toreador, c’est un mot d’opérette. Et l’on écrit toujours toro. C’est ainsi.
    Respectueusement vôtre.

    Commentaire par Elie Arié — 29/07/2010 @ 16:15

  17. Allons, allons, ne prenez pas la mouche pour si peu: il ne faut jamais se prendre au sérieux…

    Je m’intéresse à la corrida depuis bien plus longtemps que vous -hélas, pour des simples raisons d’âge: la première à laquelle j’ai assisté, à l’âge de 6 ans environ, est l’historique (on la cite encore dans beaucoup d’histoires de la tauromachie) mano-a-mano Manolete-Arruza (le grand banderillero mexicain), à Barcelone justement, en 1944 ou 45, je crois.

    Aliocha : Ah ? Vous venez ici pour m’accuser de plagiat. Vous vous empressez par ailleurs de poster le premier commentaire sous mon billet repris par Marianne 2 pour lancer la même accusation et vous avez en plus l’outrecuidance de m’enjoindre de ne pas me prendre au sérieux ? C’est magnifique. Vous êtes sûr que c’est moi dans cette histoire qui me prends au sérieux ? Vous m’indisposez prodigieusement, Cher Monsieur.

    Commentaire par Elie Arié — 29/07/2010 @ 16:50

  18. Je partage complètement votre point de vue. La contemporanéité est du côté de l’aseptisation, elle est incapable de lire la réalité à travers une dimension autre, mythique, symbolique. La contemporanéité est hypocrite, aime les apparences, polie. On souhaite que la violence soit invisible et loin, si possible, qu’on ne puisse pas la voir. Une fois les corrida interdites, le sang terminera-t-il de couler?
    Les contrastes sont inconciliables entre art, mythe et écologie. Telle est mon opinion >> http://www.gradivasoup.net/2010/07/29/tauromachie/

    Commentaire par Marianna — 29/07/2010 @ 16:55

  19. @ Aliocha et Elie Arié : où l’on constate qu’il est aussi difficile pour les « anti » que pour les « pro » de trouver des arguments originaux…

    Aliocha : Personnellement, je n’ai jamais prétendu à l’originalité.

    Commentaire par Mussipont — 29/07/2010 @ 17:03

  20. Personnellement, et je demande ça très naïvement, j’aimerais qu’un spécialiste / passionné de la chose nous explique en quoi les blessures puis la mise à mort du taureau sont indispensables au spectacle de tauromachie. Merci.

    Commentaire par gloup — 29/07/2010 @ 17:52

  21. @bricoecolo
    La tauromachie portugaise, où l’animal n’est pas mis à mort DANS L’ARÈNE devriez vous dire…
    Si vous voulez voir des jeux taurins sans mise à mort, je vous conseille les courses landaises où les razetteurS…

    @Laurent
    Vous cherchez à démontrer quoi au juste?

    @Aliocha
    Bravo

    Commentaire par adrien bis — 29/07/2010 @ 18:18

  22. Rétablissons la torture et les combats de gladiateurs pour avoir du vrai sang qui sort du « ventre de l’homme ».

    Commentaire par pouetpouet — 29/07/2010 @ 18:27

  23. « sensiblerie dévoyée par nos vies stérilisées, insipides, allergiques au risque, étrangères à l’héroïsme, en panne de sacré, bercées de l’illusion funeste que la violence, à supposer qu’on refuse de la voir, disparaîtra. »

    La violence de notre soit-disant monde aseptisé, je la vois tous les jours dans le monde du travail, avec l’exploitation et le travail forcé ; je la vois aussi dans les décisions de politiciens corrompus démarchés par des lobbystes qui font voter des lois contraires à la santé publique ; je la vois dans la destruction de notre environnement, dans l’abandon des plus faibles, les mensonges de certains médias, etc. etc. Alors dire que nos vies sont stérilisées, je ne vois pas trop ce que cela veut dire ; nous vivons dans un monde violent et dur, et la lutte contre ces violences est par bien des aspects une lutte héroïque pour gagner le droit de vivre une vie décente loin des agressions quotidiennes que nous inflige l’organisation actuelle des sociétés.

    Aliocha : c’est aussi ce que je vois, seulement cette violence là ne saigne pas, alors elle ne dérange personne. Je ne dis pas autre chose. C’est pourquoi la lutte contre la corrida me parait témoigner d’un terrible aveuglement.

    Commentaire par pouetpouet — 29/07/2010 @ 18:35

  24. @ Adrien Bis :

    Je suis obligé de démontrer quelque chose ?

    Je disais simplement que défendre la corrida en l’opposant à l’abattage industriel est spécieux, c’est à dire trompeur, tout simplement parce que cela donne à choisir entre la peste ou le choléra, entre une mort digne ou indigne et que c’est le lecteur qui se fait rouler par ce procédé s’il se laisse convaincre. Sur le plan rhétorique c’est spécieux, je ne vois pas comment le dire autrement. J’ai bien tenté une comparaison qui, comme toute comparaison, s’entends « toutes proportions gardées », mais elle n’a pas eu l’heur de plaire à notre hôtesse.

    Qu’on puisse aimer la corrida, pourquoi pas, je ne doute pas que les nombreux aficionados y trouvant un intérêt ont leurs raisons, mais si ça se limite à : « de toute façon, c’est ça ou la boucherie ! », alors il y a quelque chose qui cloche.

    Commentaire par Laurent — 29/07/2010 @ 19:30

  25. @ Amine Venezia en 10 : désolé, j’avais raté votre commentaire.

    Non en effet le catch féminin dans la boue n’est pas interdit en France mais c’est encore pire car en dépit d’une demande forte (on est déjà 2 sur ce blog à adorer cela) le féminisme ambiant a fini par éliminer du paysage cette pratique ancestrale sans même qu’il soit besoin de légiférer. Car voyez vous si le catch féminin dans la boue est ainsi ostracisé c’est que ce n’est plus le sacré, ni l’esthétique, ni même la vérité du combat pour la vie, non l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, voilà notre nouvelle morale d’occidentaux en perdition derrière nos écrans. Et nous appelons féminisme ce qui n’est que sensiblerie dévoyée par nos vies stérilisées, insipides, allergiques au risque, étrangères à l’héroïsme, en panne de sacré, bercées de l’illusion funeste que la violence, à supposer qu’on refuse de la voir, disparaîtra. Ne voyez-vous pas que déjà elle se réfugie ailleurs ? Là où il n’y a ni musique, ni or, ni règles de combat, ni costumes de soie, ni bravoure, ni respect de l’adversaire ?

    Rigolo, non? 😉

    Aliocha : Jeune insolent! 😉

    Commentaire par Mussipont — 29/07/2010 @ 21:47

  26. Bon, un truc intellectuellement malhonnête et un peu long (désolé, Aliocha, pouvez supprimer sans blème si ça embouteille).

    « Je m’présente : Bouvillon, 18 mois, piercé à l’oreille droite par une plaquette. J’ai peur. Mais alors vraiment. A chier. D’ailleurs c’est ce que je fais. Les autres, contre lesquels je suis collé, meuglent mode protestation. Z’ont tort. Z’ont fait pareil avant moi et ça fait un lever et un coucher de soleil qu’on est là dans ce hangar. Y va s’passer quelque chose, je sais pas quoi mais c’est pas bon, pas bon du tout. C’est cette odeur qui sort du bâtiment d’à côté. Une odeur de sang, ça je connais, une fois je me suis écorché le flanc contre la mangeoire. Ca remugle aussi la trouille, normal, y sont quarante-neuf à baliser comme moi. Mais y’a autre chose, que je perçois confusément mais ne peux identifier. Une odeur…de disparition ? Oh, la trouille ! Je rechie, c’est tout c’que je peux faire. Tiens, j’ai dormi un peu. Pas étonnant, après trente-six heures passées dans un camion sans boire. On était serrés comme des sardines. Comme des sardines. Pour des veaux, c’est marrant ! Je serais un humain, j’dirais que l’humour est la politesse du désespoir. En dormant, j’ai rêvé. A une légende qui circule dans les étables. Tradition exclusivement orale, bien sûr. Y paraît qu’il y a un pays, la Spagne, où des frères vivraient jusqu’à cinq ans ! Cinq ans ! Et pas dans une étable, hein ! A courir en liberté dans de grands espaces, à bouffer autre chose que des aliments en poudre de perlimpinpin qu’on leur colle dans le museau. Après, ils se battent pendant vingt minutes, ils ont mal et ils…disparaissent ? Ou pas, s’ils ont été très courageux. Moi, j’aurais bien aimé qu’on me laisse cette chance, mais on m’a rien demandé. D’ailleurs j’y crois pas à cette histoire. Trop beau. Tiens il fait jour et ça bouge. Ca avance entre les barrières. Mais pourquoi, y me pend par les pattes de derrière, lui ? »

    Auchan, quatre jours plus tard, un samedi. « Chérie, t’as vu, y’a une promo sur le veau, 11,50 le kilo ça le fait, on prend, avec de la moutarde, c’est pas dégueu. » Passage à la caisse. Dans le mail, une jeune fille en pull rouge : « M’sieur dame, bonjour, voulez bien signer la pétition, c’est contre les corridas. » « On veut bien, la miss, c’est trop dégueu ces trucs de toréadors sanguinaires avec ces pauv’bêtes qui souffrent… ». Rideau.

    Commentaire par Goloubchik — 29/07/2010 @ 22:43

  27. Bonsoir Aliocha,
    je ne connais pas grand chose à la corrida mais je connais les abattoirs.
    La chance du cochon, par exemple, c’est que sa viande est « pisseuse » s’il est stressé au moment de l’endormissement (car bien sûr il est saigné vivant sinon pas de sang et pas de boudin). Or comment savoir dans quelles conditions le cochon est plus ou moins stressé, hein? Il grogne plus ou moins mais ce n’est pas scientifique.
    Et c’est là que l’on dit:
    Merci Décathlon, à fond la forme: on a acheté des cardio-fréquencemètres dont on a ceinturé les cochons ce qui nous a permis d’évaluer son stress (fréquence cardiaque) dans différentes situations: par exemple seul ou en groupe, aiguillonné à l’électricité ou à coup de trique, le jour ou la nuit reposé et douché ou envoyé illico dans le couloir de la mort, etc…
    Quand vous mangerez une longe de porc pensez que ce dernier s’est endormi paisiblement (au gaz, l’électrocution faible donnant de moins bons rsultats) et a été l’objet de toutes les attentions.
    Sans quoi le service Qualité de la Grande Distribution le refusera.
    Alors le cochon, on dit merci qui?
    Pour le toro zigouillé sa viande doit être drôlement dure. Tu parles!
    Faites de beaux rêves.
    Ah! encore un chiffre: à l’abattoir de Lamballe (22): 25 000 porcs/ semaine.
    La prochaine fois, si vous insistez, je vous parlerai des poulets (100 000 poulets abattus / jour dans certaines usines bretonnes. Une sacrée corrida!).

    Commentaire par araok — 29/07/2010 @ 22:50

  28. @ Goloubchik : On peut parfaitement utiliser l’anthropomorphisme pour aller contre la corrida, pas sûr que ça fasse avancer grand chose.

    Commentaire par Mussipont — 29/07/2010 @ 22:52

  29. @ Mussipont

    S’agit pas de faire avancer le débat, qui de toutes façons est bloqué sur un sujet pareil, juste de faire valoir que l’anthropomorphisme, ça peut être utilisé dans les deux sens.

    Autrement + 1 sur votre post 25. Dites, en changeant la boue par du chocolat, pensez pas que cela pourrait faire bouger les lignes ?

    Commentaire par Goloubchik — 29/07/2010 @ 23:11

  30. Merci pour cet article… on supprime tous les lieux ou la violence pouvaient s’exprimer de manière rituelle … alors la violence est dans les stades dans la rue…

    cette société aseptisée et sans culture prépare un monde de violence et de retour à la barbarie …

    Viva el Torro

    Commentaire par Maryvonne Leray — 29/07/2010 @ 23:15

  31. La corrida c’est beau mais ça ne me plait pas !

    Par contre un combat féminin dans la boue, ou mieux dans de la Danette, là j’avoue…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 29/07/2010 @ 23:57

  32. « Laissez-moi me fondre dans le grand troupeau de consommateurs anesthésié qui bêle le week-end dans les centres commerciaux »

    …et si qu’on lâchait des taureaux dans les centres commerciaux histoire de rendre les joies et les plaisirs de la corrida à la portée de tous ?…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 30/07/2010 @ 00:02

  33. Pensif.

    http://www.pierdelune.com/lorca6.htm

    Commentaire par Mobile — 30/07/2010 @ 00:30

  34. Merci beaucoup pour cet article Aliocha. Pour ma part j’aime la corrida et je partage bien sûr votre opinion.
    L’idée d’Oeil-du-sage est aussi très bonne!

    Commentaire par Joanna — 30/07/2010 @ 01:27

  35. @Laurent
    Ben c’est mieux d’avoir une idée précise à exprimer lorsqu’on écrit un commentaire…

    Ceci dit, le choix proposé par aliocha n’est pas si « spécieux » que ça. En effet,les toros, comme tout les autre bovins ne sont in fine que des animaux d’élevage, condamnés à mourir, dans leur immense majorité, de la main de l’Homme… Et il y a en gros deux méthodes différentes…

    Commentaire par adrien bis — 30/07/2010 @ 07:17

  36. « Si j’étais un toro, je choisirais l’arène », le truc c’est que vous n’êtes pas un toro. Et étant un animal, le toro n’a surement pas votre vision de l’esthétisme, ni du lyrisme.
    Gandhi disait « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités ». Et il avait raison.
    L’argument qui veut qu’on soit contre la corrida parce qu’on vit dans une société aseptisée ne tient pas. Il s’agit ici de valeurs. Vous parlez d’art, je parle de torture.

    Aliocha : La corrida en effet est un art, et le seul à ma connaissance où celui qui le pratique accepte de jouer sa vie. Mais ce n’est pas mon propos ici. Votre argument se retourne et nous place face à un paradoxe qui reflète en effet parfaitement notre société. Une société où l’on s’occupe jusqu’au délire des animaux de compagnie, les traitant mieux que les hommes (confection de vêtements ridicules, hôtels dédiés, sex toys, massages, et autres fumisteries), et où parallèlement on élève pour se nourrir dans des conditions démentes des boeufs à qui l’on donne des farines animales, des poulets et des porcs entassés dans des conditions insupportables, des saumons faits pour remonter les rivières et que l’on enferme dans des cages où ils peuvent à peine se mouvoir en les gavant d’on-ne-sait-trop-quelle-saloperie. Voilà qui reflète en effet parfaitement notre société, laquelle en tombe malade d’ailleurs comme l’a montré l’épisode de la vache folle. Permettez-moi, entre ces deux délires extrêmes de plaider pour la corrida, je la comprends mieux, j’y trouve, ne vous en déplaise, un beaucoup plus grand respect de l’animal.

    Commentaire par Uncle Vania — 30/07/2010 @ 07:37

  37. Jean-Marie Magnan est le premier auteur que j’ai lu sur la tauromachie en sortant de ma première corrida à Bayonne, il y a 25 ans. Je voulais comprendre à l’époque l’étrange et puissante fascination qui s’était emparée de moi alors que je n’étais pas née dans une région taurine. Il citait Malraux, Dostoievski, Bataille, trois auteurs que je dévorais alors avec passion. Le lien secret était sans doute là, dissimulé dans le goût du sacré, le rapport à la vie et à la mort. Il publie un billet chez Marianne 2 sur la corrida, je vous le recommande : http://www.marianne2.fr/Corrida-face-a-l-animalitaire–argumentaire-d-une-passion_a195811.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/07/2010 @ 07:41

  38. Je suis absolument contre la corrida. Ce spectacle est juste révoltant, et ce, malgré l’amour que les toreros peuvent trouver, où la passion que les aficionados peuvent ressentir.

    Cependant, je n’ai jamais osé penser à la suppression totale de cette pratique : c’est une tradition, un élément culturel représentant un peuple, une région. J’ai une pensée pour les catalans (je ne sais plus si c’est bien leur nom) qui doivent avoir une immense sensation de manque, et qui doivent se sentir perdu dans leur quête d’identité.

    Commentaire par sansvoixenlair — 30/07/2010 @ 09:18

  39. J’avoue d’emblée que je ne connais pas grand chose à la corrida.
    En résumé, d’une barbarie l’autre, autant préférer celle qui octroie au sujet un temps de liberté, je suis d’accord avec cette idée.

    Mais ce qui me gêne, c’est que sous prétexte de respect (de sacralisation peut-être) de l’animal, on ne sert au final qu’un certain idéal de l’Homme (de l’humain ?), et encore, un idéal assez restreint il me semble.

    Pourquoi alors ne pas préférer directement ce qui représente cet idéal, à savoir un combat d’homme à homme.

    Dans la corrida, j’ai toujours le sentiment que de totue manière la cérémonie (le rituel ?) amène à minimiser considérablement le risque (ce qui ne l’annule pas complètement), et le vrai suspens est de savoir si le torero aura du style ou non.
    J’ai l’impression en somme que les valeurs défendues le sont par une belle mascarade, les dés pipés d’avance.

    La corrida sans « préparer » le toro me semblerait plus « juste », car le toro lui n’est pas entrainé, contrairement à l’homme.
    En gros, ce n’est pas un vrai combat, donc ce ne sont pas de vraies valeurs, car ça ne demande pas un vrai courage.
    Mais c’est vrai qu’au final ça représente assez bien cette caractéristique humaine de prendre ses propres métaphores au pied de la lettre.
    C’est dommage que ce ne soit pas présenté comme tel, dans ce sens je trouve que la corrida aurait plus de sens.

    J’ai lu que très peu de toreros n’atteignent pas l’âge de la retraite.

    Ceci dit, c’est vrai que c’est beau à voir, il y a de l’esthétique, du théâtre.

    C’est un peu comme si dans un combat de boxe on mettait face à face un grand costaud qui ne s’est jamais vraiment battu face à un professionnel un peu moins « lourd ». Il y a très peu de risque que ce soit ce dernier qui perde, alors quid de « l’idé(al)e » ?

    Mais en effet outre le fait que ce soit une sorte de théâtre, on y voit quand même certaines réalités.
    Au final, je trouve qu’un combat entre humains entrainés est plus « juste » dans la même idée.
    Je pense notamment aux combats de muay thaï.

    Aliocha : Il y a deux sujets dans votre commentaire, un que vous pressentez sans parvenir à le définir et un autre sur lequel je voudrais apporter quelques précisions. Les précisions d’abord. Le combat est inégal dites-vous ? En effet. Il y a d’un côté un homme et de l’autre un toro qui pèse entre 500 et 700 kilos, qui est par nature une bête de combat et qui est armé de cornes acérées. Si vous n’avez jamais cotoyé de toro, au moins avez-vous sans doute approché des chiens ou des chevaux en colère, vous devez donc imaginer ce que peut représenter un toro qui charge. Face à lui, l’homme n’a que son intelligence, une cape et une épée. Tous les deux sont dans le sable, face à face, imaginez-vous à la place du torero, et dites moi encore que le combat est inégal….Vous évoquez ensuite la mascarade. Oui, mais pas au sens où vous l’entendez et pas parce que les dés sont pipés. Intelligence contre force, ça ne me parait pas pipé. Après tout, c’est l’histoire de la domestication de l’animal par l’homme. En réalité, la corrida est un art de la séduction, souvent comparé au jeu amoureux. Ce qui sauve le torero tient à très peu de choses : sa capacité à leurrer le toro, à lui faire croire que l’ennemi, c’est la cape, c’est-à-dire ce qui bouge devant son mufle et l’incite à charger un ennemi imaginaire. C’est cela que les afficionados viennent voir : la capacité d’un homme à « séduire » l’animal, à l’envelopper autour de lui en le prenant dans les plis de sa cape, en le faisant venir toujours plus près sans que pour autant le toro comprenne que le vrai danger, c’est l’homme et non pas le tissu. Eros et thanatos, danse d’amour et de mort, où la moindre erreur peut coûter la vie. La fascination des spectateurs n’est donc ni dans le sang ni dans le spectacle de la mort de l’animal, elle est à cet endroit mystérieux, sacré et tabou, cette limite ultime du danger où chaque seconde est un pari de la vie sur la mort. Comme s’il était possible, en dansant avec la mort, de la séduire et de la vaincre. Alors ensuite on peut contester à loisir le fait qu’il faille faire mourir des animaux au nom de cette quête éternelle de l’immortalité qui nous renvoie à notre condition humaine, mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est un spectacle de barbares sadiques et rétrogrades, parce que c’est bien plus que cela et c’est pour ça d’ailleurs que ça fascine tant d’artistes, eux-mêmes étant à la recherche – pour les meilleurs d’entre eux – du sens de l’existence.

    Commentaire par DePassage — 30/07/2010 @ 10:20

  40. Je suis ravi de lire ce texte qui résume mon avis sur la corrida : je n’ai pas envie d’y assister mais ça ne me dérange pas outre mesure, enfin beaucoup moins que la façon dont on élève les animaux qu on mange!
    Avant de de soucier d’une espèce domestique sélectionnée pour ses aptitudes au combat et bien loin de l auroch, on pourrait en Espagne se soucier des clandestins esclaves des plantations de fraises et de tomates (et de bien d’ autres en France qui crèvent sur le pavé sans moins de considération que les taureaux andalous)

    Commentaire par Reddokk — 30/07/2010 @ 10:31

  41. Je ne suis pas anti-corrida. Je ne suis pas « pro » non plus. En fait, je ne pense à la corrida que quand je lis des articles concernant cette corrida, comme le vôtre, chère Aliocha.
    Je ne vais pas non plus plaindre « frère Toro » (copyright Tschok) dont je bouffe allègrement les côtes, le jarret, et même le foie (si… si…). Il m’arrive à l’occasion d’arracher la tête d’un pigeon ou d’assommer une truite (pour les grosses bêtes, désolée, ce n’est pas mon boulot), sans fausse honte. A partir du moment où l’animal est bien cuisiné, il n’est pas mort pour rien. Je suis une carnivore, comme frère Loup et frère Requin.
    je ne suis pas favorable à une société aseptisée. Et Je trouve que la nôtre est d’une violence insigne. Et, pire, en tant que bobo gauchoïsante, je trouve qu’il y a plus de violence dans l’affaire Kerviel que dans les émeutes de Grenoble.

    Mais les arguments pro-corrida m’énervent.

    Parce que la corrida, quand j’y pense (parce qu’on m’y fait penser) m’énerve.

    La corrida m’énerve, pas parce qu’on y tue, ni même qu’on y fait souffrir frère Toro, mais parce qu’on met sa mort en scène. Parce qu’on esthétise samort. Parce qu’on esthétise La Mort. Or, la mort n’a rien d’esthétique. La mort, c’est triste. La mort, c’est glauque. La mort, c’est sale. Même si la mort, c’est inévitable. « Valar Morghulis » dit un auteur de fantasy dans « Le Trône de fer » qui n’est pas loin d’être un chef d’oeuvre. Tout homme (et toute bête) doit mourir. Mais aucune mort ne devrait être un spectacle.

    Commentaire par lambertine — 30/07/2010 @ 11:10

  42. @ Aliocha : si le combat était véritablement égal comme vous le dîtes sous 39, ne devrions nous pas avoir statistiquement 50% des combats gagnés par le taureau…hum…hum…il me semble que nous en sommes loin, n’est il pas?

    Commentaire par Mussipont — 30/07/2010 @ 11:17

  43. En fait, en donnant une sorte de jeux du cirque ou un homme séduit un animal pour la beauté du geste et ensuite le met à mort pour des raisons esthétiques que je ne comprends pas (j’ai des goûts de chiotte en matière d’esthétisme), on donne en spectacle une mise à mort, opéré par l’homme sur la nature, comme pour réaffirmer sa supériorité d’animal intelligent, comme pour réaffirmer sa capacité à prendre en main son destin, même dans des situations extrèmes.

    Mais n’est-ce pas aussi un moyen de cristalliser sur des choses futiles sa violence enfouie ? Lorsque la dose d’adrénaline aura été épuisée, lorsque le spectacle aura endormi son envie de révolte, lorsque le show l’aura distrait de ses revendications à propos du pacte sociétale, il pourra rentrer chez lui, bercé de l’esthétisme de la chose, se rendormir à sa place de petit poulet que l’on cornaque dans la grande machine à broyer de l’humain, tout rêveur des ors et sang et incapable de comprendre que dans la vraie vie, hors de l’arène, frère Toro c’est lui.

    Son acceptation de l’épisode final du spectacle permet un équilibre cosmique qui justifie ce qu’on lui fait, à lui, dans le monde réel. Accepter que l’on puisse faire subir cela à une créature vivante, pour le « fun » est un premier pas dans l’acceptation qu’on puisse le faire à l’homme pour « la société »

    Commentaire par herve_02 — 30/07/2010 @ 11:59

  44. Aliocha, suite à votre commentaire en 39, il est clair que vous défendez (très mal) une pratique que vous ne connaissez pas. En effet, dans la corrida, il n’a jamais été question d’un combat égal, pour la simple raison que le taureau ne reconnaît pas la cible véritable au début du combat, mais seulement au bout de 15/20 bonnes minutes. Ceci est pris en compte explicitement dans la corrida : il ne faut pas tarder à mettre à mort le taureau, car autrement celui-ci finirait par comprendre que c’est à l’homme qu’il doit s’en prendre et non au bout de tissu qu’il tient… La corrida est ainsi une pratique de lâche…

    Vous n’avez manifestement pas cherché à vérifier cette affirmation que les toreros retraités sont l’immense majorité ; les morts sont rares… C’est très étonnant pour des gens qui prétendent danser avec la mort ! Mais en fait ce n’est que de l’esbroufe…

    Quant à votre idée que la corrida est bien plus qu’un spectacle barbare, la question est de savoir ce qu’est exactement ce « bien plus que cela » et en quoi il justifie que l’on inflige de la souffrance à un être vivant. Expliquez-nous donc pourquoi il est justifié de faire souffrir et de tuer, au nom de quelles idées « héroïques » ou esthétiques ?

    L’esthétique de la violence… contre des êtres vivants… il serait intéressant de savoir où pour un défenseur de la corrida s’arrête cette violence ; n’est-elle pas aussi applicable à l’homme ? Qu’est-ce qui justifierait de ne pas faire souffrir un être humain, puisque c’est aussi un être vivant et que le spectacle de sa mise à mort est porteur des mêmes symboles que dans la corrida et même sans doute de manière bien plus intense ? Comme l’abattoir et l’aseptisation du monde justifient paraît-il la corrida, cette même aseptisation et le fait que de toute façon on envoie des hommes à la guerre (boucherie) et qu’on en laisse mourir des millions de faim dans l’indifférence la plus complète justifie la torture publique et la mise à mort.

    Aliocha : Vous commentez comme on klaxonne (d’où votre pseudo, j’imagine) en émettant toujours le même bruit. C’est lancinant et ça ne fait pas avancer le débat d’un iota. Mais je suppose que comme les tarés du klaxon, vous devez y trouver un certain plaisir.

    Commentaire par pouet — 30/07/2010 @ 12:06

  45. Aliocha:
    Deux choses à vous dire.
    1) J’ai assisté à 1 corrida, par curiosité. J’ai noté que le taureau est tout d’abord amoindri, estropié par le picador et par les banderilles. Lorsque paraît le toréador, le fauve est déjà au bord de l’épuisement, terrorisé ( on le voit uriner et déféquer dans l’arène ), il ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Le spectacle est affligeant. Mais vous pouvez aimer ça, tous les goûts et dégoûts sont dans la nature.
    2) Vous dites que les occidentaux sont allergiques au risque. Vous rigolez sans doute. En 2009, en France, plus de 4000 morts sur les routes, ce ne sont pas des prises de risques ça et qui finissent dans de somptueuses éclaboussures de sang.

    Pour les blogueurs et blogueuses :Pas facile d’écrire plusieurs phrases sans dire au moins une connerie.

    Aliocha : soyez pas jaloux, vous avez écrit moins long que moi et vous avez dit encore plus de conneries. Quel talent !

    Commentaire par cason — 30/07/2010 @ 12:54

  46. @ Aliocha : « Vous commentez comme on klaxonne (d’où votre pseudo, j’imagine) en émettant toujours le même bruit. C’est lancinant et ça ne fait pas avancer le débat d’un iota. Mais je suppose que comme les tarés du klaxon, vous devez y trouver un certain plaisir. »

    Vous êtes de mauvaise foi, car j’ai avancé de manière détaillée plusieurs arguments. À ce stade, c’est même du mensonge pur et simple. Votre refus d’y répondre en dit long, de même que les moqueries particulièrement grotesques que vous faites sur mon pseudo. Apparemment vous n’avez rien à dire, alors c’est tout ce qu’il vous reste. Pathétique.

    Aliocha : ce qui m’interpelle le plus chez les « antis », c’est la violence avec laquelle ils critiquent…la violence 😉 c’est d’un comique irresistible.

    Commentaire par pouet — 30/07/2010 @ 13:29

  47. Aliocha : « ce qui m’interpelle le plus chez les « antis », c’est la violence avec laquelle ils critiquent…la violence 😉 c’est d’un comique irresistible. »

    J’attends une réponse sur les points soulevés, plutôt que vos invectives qui cachent mal que vous êtes à court d’idées. En fait vous ne voulez tout simplement pas reconnaître que vous avez tort. Car c’est un fait qu’une corrida ne doit pas durer plus de 15 minutes, pour ne pas que le taureau attaque l’homme ; c’est un fait que les toreros vivent vieux et donc c’est un fait que la corrida n’est pas un combat égal. Quand je dis que si l’on esthétise la souffrance infligée, il n’y a pas de raison de s’arrêter à un seul type d’animal, c’est un argument.

    Il est regrettable que vous trouviez cela comique ; faits et arguments ne le sont pas en général ; en fait ils sont plutôt très utiles en science et en philosophie. Beaucoup de gens qui ne souhaitent pas examiner leurs préjugés trouvent irrésistiblement comiques les gens et les idées qui ne suivent pas ces préjugés. Ce faisant, ils font d’abord du tort à eux-mêmes, et ensuite aussi aux autres.

    Aliocha : Vous attendez une réponse, voyez-vous cela ! Relisez-vous et demandez-vous si vous auriez envie de répondre à quelqu’un qui vous parle sur le ton que vous employez avec moi. Si j’avais le temps, je me demanderais si vous êtes inconscient ou de mauvaise foi, mais je n’ai pas le temps et en tout état de cause, la réponse ne m’intéresse pas.

    Commentaire par pouet — 30/07/2010 @ 13:52

  48. @ Aliocha : « Vous attendez une réponse, voyez-vous cela ! Relisez-vous et demandez-vous si vous auriez envie de répondre à quelqu’un qui vous parle sur le ton que vous employez avec moi. Si j’avais le temps, je me demanderais si vous êtes inconscient ou de mauvaise foi, mais je n’ai pas le temps et en tout état de cause, la réponse ne m’intéresse pas. »

    Bien sûr que la réponse ne vous intéresse pas, c’est ce que montre votre attitude, qui laisse aussi d’ailleurs soupçonner que vous n’avez même pas écrit cet article sérieusement. Quand à mon ton, vous plaisantez : votre réponse à mon message 44, où je présente une argumentation, parle d’elle-même… Vous adoptez une attitude méprisable, ne vous attendez à ce que l’on vous remercie pour cela.

    Allez bonjour chez vous.

    Commentaire par pouet — 30/07/2010 @ 14:12

  49. Aliocha:
    Puisque vous reconnaissez mon talent, voici encore une phrase bien ciselée :
    Je me suis laissé dire, je ne sais plus par qui, que la corrida provoque chez de nombreux hommes une vigoureuse érection et chez les femmes une « mouille » abondante.
    Pouvez-vous confirmer ?

    Aliocha : c’est bête, je vous ai donné la médaille du commentaire le plus con pour le précédent, je n’en ai plus. Si j’avais su….

    Commentaire par cason — 30/07/2010 @ 14:20

  50. doublon

    Commentaire par scaramouche — 30/07/2010 @ 14:34

  51. Ne justifiez pas votre penchant pour les jeux du cirque en les comparant à un opéra de boucherie qui vous donne des sensations que vous n’avez pas ailleurs, vous savez bien que les dés sont pipés, les cornes trafiquées les taureaux fatigués auparavant vous savez bien que les chevaux jetés dans l’arêne repartent les tripes à l’air vous savez bien que la moitié des corridas sont « bidons »; ou alors vous n’êtes au courant de rien?
    Comment vous une « cavalière » vous pouvez parler de chevaux furieux et de rapports de force avec un animal?
    Je vous plains, vous passez à côté de l’osmose qui peut exister entre l’homme et le cheval, la confiance et la fidélité entre le mâître et son chien le pacte de l’homme et de l’animal et tout l’enseignement que la nature peut nous donner pour nous apprendre à vivre.
    Tuer proprement si nécessaire, ne torturez pas.

    Aliocha : vous tombez mal, j’ai arrêté l’équitation parce que je ne supportais plus de martyriser des chevaux de club, même bien traités et même dans le meilleur club de Paris. J’aime trop les chevaux pour prendre du plaisir avec un animal qui s’ennuie 365 jours par an dans une stalle et qui ne sort que pour faire des contre-changements de main dans un manège.

    Commentaire par scaramouche — 30/07/2010 @ 14:37

  52. Le point est que toutes les banques proposent une version en ligne de leurs services. Quelle est donc au final la vritable diffrence avec les banques dites « en ligne » ?

    Commentaire par Bourse Tendance — 30/07/2010 @ 16:06

  53. @ Bourse Tendance

    Vous vous êtes trompé d’arène mon vieux. Dites, en espagnol, votre pseudo ça donne quoi « Cojones tendencia » ?

    Aliocha : j’adore ! ça me rappelle un dessin très anti-corrida mais excellent au demeurant de Franquin dans les Idées noires, le torero se fait embrocher et un spectateur commente « cornada en los roubignoles » (je n’ai pas l’album sous les yeux dont la citation est approximative, mais c’est l’esprit)

    Commentaire par Goloubchik — 30/07/2010 @ 16:13

  54. Tuer un être vivant, ça peut être discutable. Le tuer uniquement dans un cadre « ludique », (chasse, par exemple), ça commence à devenir douteux, mais, bon… par contre, si en plus on le torture longuement, c’est de la plus extrême dégueulasserie. Si dans la rue je croise un type qui fait subir à son chien (et pourtant, l’aurait le droit puisque c’est SON chien) ce qu’on fait subir à un taureau dans l’arène, je ne descendrai de ma voiture pour l’arrêter (suis pas costaude) par contre, sous le coup de l’émotion, je lui foncerai dessus avec. Et puis tant pis si c’est un bon écrivain ou s’il a une âme d’esthète.L’avait qu’a mieux contrôler ses pulsions, ce gros con.

    PS : grosses bises à Ignatius

    Commentaire par Myrna Minkof — 30/07/2010 @ 17:35

  55. Le vote catalan mérite le respect. C’est une belle victoire de l’intelligence et de l’humanité. Et de la démocratie.
    Pour ceux qui n’aiment ni l’une ni l’autre, qui rêvent d’un monde moins aseptisé : « qu’est-ce que vous attendez pour aller animer la foire du cochon à Kaboul ou bien planter des banderilles au hasard des innombrables rencontres bovines que vous réserveront les rues de Bénares ? Là, vous aurez du saignant et nous, pendant ce temps, on ne vous regrettera pas. »
    Jérôme.

    Aliocha : je n’ai écrit nulle part que je voulais du saignant. Vous lisez ce que vous voulez bien lire parce que le sujet est la corrida et que par conséquent tout ce qu’on écrit dessus de positif sera forcément nul et non avenu. J’ai écrit que chaque époque développait une sensibilité particulière, sensibilité qui lui rend certaines choses supportables et d’autres non, indépendamment de toute échelle de valeur objective. Voyez-vous moi ce que je trouve insupportable, ce sont les suicides dans les prisons ou dans les entreprises, les soi-disant guerres propres, les SDF qui meurent en bas de ma porte, la finance mondiale qui devient folle et fabrique des millions de chômeurs pendant que d’autres s’en mettent plein les poches. Elles sont où les manifs ? Qui pousse des cris de rage ? Qui fait du lobbying au Parlement pour que ça cesse ? Qui hurle à la barbarie ? Personne. J’en déduis, j’ai le droit d’avoir des opinions, que je sache, j’en déduis donc que ce qui choque notre époque, c’est le sang. Et que la barbarie propre, aseptisée, économique, qui se traduit uniquement en statistiques ne dérange personne. La corrida me rappelle, quand j’y assiste, que la vie est un combat, malgré l’épaisse couche d’hypocrisie bien pensante et de soi-disant civilisation dont nous enveloppons nos bonnes consciences. Je n’éprouve aucun plaisir à la souffrance du toro, elle me donne la nausée, moins encore à sa mort, mais en revanche, je ressens un soulagement profond à échapper, pour quelques instants, à l’immense mensonge aseptisé de notre chère société de consommation et de communication. A notre putain de monde de bisounours totalement déconnecté de l’essentiel.

    Commentaire par Hannibal le toro — 30/07/2010 @ 18:34

  56. chere Aliocha,

    j’ai beaucoup aimé votre article et j’ai lu beaucoup de bêtise à la suite de cet article –
    J’ai parfois l’impression que plus l’homme se civilise et pus il devient sot, oubliant (ou voulant oublié) ce qu’il ai avant tout et d’où il vient – S’il n’y a pas pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre, il n’y a pas pire aveugle que ceux qui ne veut pas voir

    Aujourd’hui nous vivons dans un monde où il ne faut pas sentir des pieds, pas manger du saucisson à l’ail, où il ne faut pas souffrir et où on fait la guerre sans mort. A Noël on veut bien s’empiffrer mais il ne faut pas que les canards et les huitres souffrent : qui peut imaginer l’agonie des huitres dans votre ventre ?
    Bon j’arrête là je sens que je fais pas rire tout le monde.

    Adishatz munde

    Commentaire par marsan — 30/07/2010 @ 22:07

  57. Mais oui, c’est génial ces traditions séculaires et il est capital de les sauvegarder.
    Par exemple en Chine, on emmurait des enfants vivants dans les fondations d’une nouvelle maison pour que leur esprit protège les lieux. Rétablissons bien vite cette géniale habitude !
    Et aussi, on jetait des petites filles dans le métal en fusion pour qu’elles donnent leur voix aux cloche qu’on était en train de fondre. Dommage d’avoir laissé s’éteindre une si belle idée !

    Et puis c’est bien connu, les taureaux partagent totalement notre vision de la Liberté, notre amour du combat, notre idéal chevaleresque.
    Quand à ployer l’échine sous les coups du picador, il a bien le choix puisque ce dernier lui tranche les muscles de la nuque afin qu’il soit plus facile de lui glisser l’épée entre les omoplates. Faudrait quand même pas que le crétin déguisé en bijou kitch de chez Tati risque un vilain coup de corne au dernier moment (hou la salle bête qui n’a même pas la fierté de mourir dignement !)

    Aliocha : vous avez raison, maintenant les enfants, on les met dans des congélateurs, c’est fou ce que l’humanité évolue.

    Commentaire par Soye — 30/07/2010 @ 22:57

  58. Lorsque les anti-corridas – je parle des activistes, militants zélés de la cause animale – auront obtenu ce qu’ils désirent, c’est-à-dire la disparition de la corrida, quelle autre « noble » cause pourront-ils défendre ? Je leur suggère pour éviter de sombrer dans un état dépressif, cet effet secondaire qui pend au nez des fanatiques qui ont goûté au moins une fois à la victoire et qui se retrouvent fort dépourvus le lendemain, de jeter leur dévolu sur cette autre pratique barbare : la chasse à courre. L’animal dans ce cas là n’est pas condamné à l’abattoir puisqu’il vit le plus souvent à l’état sauvage dans son milieu naturel. Il pourrait couler des jours heureux au fin fond de sa forêt. Il pourrait tout aussi bien être abattu d’une balle ou deux par un chasseur en veine. Oui mais voilà, le destin, ou plutôt une tradition très ancienne elle aussi, lui a réservé un autre sort. La bête sera traquée pendant des heures, poursuivie par une troupe bruyante d’hommes à cheval dont l’étau se resserre lentement autour d’elle. Pris au piège la bête sera poussée entre les mâchoires d’une meute de chiens chargés des basses besognes avant d’être mise à mort.
    Cette pratique issue de l’aristocratie est-elle plus défendable ? ce dont je suis sûr c’est que vous ne trouverez aucun activiste pour s’opposer à cette pratique beaucoup plus discrète qu’une corrida, réservée à une élite et qui n’intéresse ni le public ni les media.
    Cordialement,
    Thierry

    Commentaire par LaLune — 30/07/2010 @ 23:45

  59. Aliocha

    Vous semblez bénéficier d’un sacré caractère, mais vous manquez de classe. On ne tra

    Commentaire par cason — 31/07/2010 @ 00:01

  60. la suite arrive.
    on ne traite pas, même indirectement, de con, un lecteur de Marianne.
    Mais ce n’est pas grave.
    Par ailleurs, lorsqu’on écrit un article tel que le vôtre sur la corrida, il faut prévoir tout un tas de médailles pour les décerner aux connards qui vont réagir.
    Sans rancune.

    Commentaire par cason — 31/07/2010 @ 00:13

  61. Il est bien ce billet

    Commentaire par antennerelais — 31/07/2010 @ 05:13

  62. Ben, faut lire la presse, mes pauvres…
    @ lalune : il y a bien des mouvements pour l’abolition de la chasse à courre. En Angleterre, elle est désormais interdite et la cour européenne, peuplée de bisounours, a confirmé la validité de cette interdiction. En France, ce sont plutôt des activistes (hunt sab) qui font parler d’eux et Poniatowski, digne descendant de Gros-Cul, et délégué du lobby pro chasse à courre, a réussi a faire passer un décret créant un délit d’entrave à la chasse (5 ème catégorie, 1500 €).
    @ Aliocha : c’est vrai, personne ne hurle contre les atteintes à la vie et à la dignité humaine, à part Amnesty International, le DAL, les enfants de Don Quichotte, H

    Commentaire par Myrna Minkof — 31/07/2010 @ 10:44

  63. andicap International, le groupe de parlementaires qui ont réussi à faire déclarer anti-constitutionnelle la garde à vue (surtout, je pense, quand elle consiste à mettre à poil un journaliste ou un politique…) mais de toute façon, vous le savez et faites l’âne (Catalan ?) pour avoir du post…
    Simon Casas disait hier soir, sur France Inter, que si la corrida n’avait pas d’avenir, ne correspondait plus au monde d’aujourd’hui (ce dont il doutait), on n’avait qu’à la laisser mourir de sa belle mort.
    Pas très cohérent tout ça. Il me semble que le milieu taurin devrait prendre son pied à mourir en combattant au milieu de l’arène politique. Et recevoir avec une extase à la Saint Sébastien les banderilles de ses opposants. ¡ Olé ! ¡ Que viva la vida !

    Commentaire par Myrna Minkof — 31/07/2010 @ 10:56

  64. « Si j’étais toro, je choisirais l’arène, je me perdrais dans les plis de la cape, je ploierais l’échine sous les coups du picador, je chasserais les banderilles de ma nuque et je chargerais, encore et encore, l’armure dressée vers le ciel, cet ennemi de soie et de lumière jouant de son intelligence pour honorer ma force, m’offrant par amour la liberté ultime de combattre. »

    Permettez moi de douter de cette très jolie mais très facile phrase qui n’engage à rien. En tant qu’humaine, de nombreux choix vous sont offerts, qui se rapprochent du toro. Mais vous écrivez tranquillement sur votre blog, profitez de votre appartement parisien, sans aller chercher une mort inutile et douloureuse. Il y a des centaines façons de « faire le toro », y compris aller rouler à contre sens sur l’autoroute. Mais vous êtes ici, bien vivante, et donc totalement préservée de la fin inéluctable de la corrida.

    Permettez moi aussi de vous rappeler que le taureau ne choisit pas.

    La corrida, c’est une paire de boule accrochée dans un pantalon de lumière bien serré, qui se prouvent qu’elles sont plus grosses que les autres en brutalisant un être « quasi » condamné d’avance, en faisant appel à une bande de copains pour participer.

    Traduisons cela en langage « humain, rien qu’humain », on a une bande de mecs sur-toesteronnés qui brutalisent une femme. Le fait que de temps en temps la femme soit capable de se rebeller et de faire du mal ne change rien à la statistique de la chose, ni même à sa barbarie.

    Que cette barbarie ait produit autrefois des textes splendides est une chose. L’Illiade et l’Odyssée aussi c’est splendide, mais celui qui déclencherait une guerre de dix ans entre deux pays parce que sa femme est allée compter turlute ailleurs serait plutôt considéré comme un macho rétrograde et dangereux.

    Il est bon que les sociétés évoluent, et qu’elles se débarrassent de certains rituels dépassés.

    Si les toreros sont en manque d’occasions d’affirmer leur courage et de joueur avec leurs vies, qu’ils aillent s’engager comme démineurs dans certaines régions. Ils courront les mêmes risques, la seule différence, c’est qu’ils n’auront pas une arène pour les applaudir.

    Commentaire par Marie-Aude — 31/07/2010 @ 13:05

  65. « je ressens un soulagement profond à échapper, pour quelques instants, à l’immense mensonge aseptisé de notre chère société de consommation et de communication… ». J’imagine quand même qu’il existe d’autres moyens plus pacifiques que la corrida pour ressentir un soulagement profond…

    Ceci dit, il y aurait bien un moyen de réconcilier tout le monde avec la corrida : mettre un banquier ou un politique corrompu à la place du torreador…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 31/07/2010 @ 14:36

  66. D’accord avec Marie Aude : vu d’un appartemnt parisien, l’horizon est passablement tronqué et les envolées lyriques sur la poésie qui se dégage de ce spectacle n’y changent rien.
    Des animaux sont sacrifiés, torturés et mis à mort juste pour le fun.
    Aliocha, si cela vous éclate, essayez de vous faire planter 3 banderilles dans le c.. puis faites un 100 m : je gage que redescendrez très vite sur terre.

    Je suis né en 1958 dans une ferme : j’ai donc vécu au contact des animaux pendant toute mon enfance, la télé est arrivée dans la maison lorsque j’avais 12 ans et la première fois que ma famille et moi avons vu les images d’exécution de taureaux, nous avons été sidérés et je puis vous assurer qu’à l’époque mon univers était loin d’être aseptisé dans tous les sens du terme.

    C’est tous les jours qu’il faut combattre la violence qui semble faire partie de nos gènes : à ce rythme, l’humanité n’a plus guère d’avenir, mais c’est peut être la meilleure chose qui puisse arriver aux êtres vivants qui peuplent notre planète.

    Commentaire par titi du 85 — 31/07/2010 @ 17:26

  67. Bonjour Aliocha,
    Entre temps j’ai parcouru vos réactions a certains posts.
    Je vous rejoint évidemment quand vous évoquez la déshumanisation du comportement des gens qui nous gouvernent et l’imbécilité de la masse qui se laisse plumer sans réagir.
    Ceci dit, de mon point de vue, la corrida est toute aussi condamnable à cause des souffrances qu’elle inflige.
    Au fait, ne tentez pas l’expérience que je vous proposais dans mon 1er post : nous n’aurions plus le plaisir de vous lire !

    Commentaire par titi du 85 — 31/07/2010 @ 17:40

  68. Bien content que vous ayez arrêté l’équitation car vous semblez confondre les cavaliers du dimanche avec ceux de Saumur, mais il est vrai qu’il faut beaucoup de modestie, d’empathie , de courage, de temps et de patience pour apprendre l’osmose avec un animal et visiblement vous manquez de tout cela, d’oû votre passion pour les jeux du cirque plus spectaculaires …toute la différence entre un style de haut niveau le commerce du spectacle et l’amateurisme.

    Aliocha : la violence des mots, les attaques personnelles injustes, les blessures inutiles infligées lors d’une banale conversation sur un blog, tout ça ne saigne pas, n’est-ce pas ? Donc ça ne pose pas de problème. Vous n’imaginez même pas à quel point vous êtes à côté de la plaque. Mais c’est pas grave, bien caché derrière votre écran et votre pseudo, vous pouvez nuire en toute bonne conscience, parce que votre cause vous parait juste, parce que vous interlocuteur vous déplait et parce que l’impact de vos mots vous importe peu. Et c’est quoi, Internet, avec des gens comme vous, si ce n’est une arène où la violence se déchaine, sans règles, où tous les coups – surtout les pires – semblent permis, où les blessures sont virtuelles et les victimes plus encore. Et vous me donnez des leçons d’empathie ? Décidément, je n’imaginais pas en rédigeant ce billet, à quel point les commentaires me donneraient raison.

    Commentaire par scaramouche — 01/08/2010 @ 10:46

  69. Chers anti-corrida,
    Quelques petites questions dont j’attends avec impatience vos réponses :
    – Pourquoi les ctalans n’ont pas interdit en même temps la pratique catalane qui consiste à lâcher un taureau aux cornes duquel sont attachés des flambeaux ? le taureau devient fou et tout le monde se marre en essayant de lui échapper. Curieux comme ces catalans trient entre des pratiques aussi « barbares », non ?
    – Je suis afficionado mais aussi pêcheur. Que pensez-vous par exemple de la pêche au vif ? Vous prenez un gardon, vous lui passez sous la peau un fil et y fixez un hameçon. Le brochet (le sandre, etc..) se jettera dessus et au bout d’une bonne vingtaine de minutes (selon la taille du brochet) de lutte avec un animal à la gueule transpercée par l’hameçon, vous sortez le poisson et l’exécutez (ou le laissez s’asphyxier au fond de la barque). Je pourrais aussi vous parler de la carpe qui nécessite une beaucoup plus longue lutte, du saumon ou des gros poissons de mer. Vous comptez faire interdire la pêche à la ligne ?
    Merci de vos réponses.
    VK
    Pour les autres, ceux qui cherchent à comprendre et ne se résignent devant aucun manichéisme, je conseille vivement la lecture du philosophe Françis Wolf : « Ethique de la corrida ».

    Commentaire par Victor Kaplan — 01/08/2010 @ 11:27

  70. On tourne en rond, comme dans le dernier billet qui parlait aussi de corrida.

    Ceci dit, c’est un peu simpliste de justifier une violence parce qu’il en existe d’autres plus cruelles. Avec ce raisonnement, il est facile de relativiser toutes les violences : on en trouvera toujours de plus terribles et insupportables.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 01/08/2010 @ 12:18

  71. @Oeil-du-sage

    C’est parce qu’il me semble que dans ce domaine, la maîtresse de maison à sur cette pratique un mode de pensé proche de la foi : c’est quelque chose de « bien » et rien ne peut démontrer que ce n’est pas le cas, c’est comme un axiome indépassable. Peut-être une ‘tradition familiale’, peut être un ‘flash esthétique’ étant jeune, peut être tout autre chose. Ensuite, il est facile de justifier la plupart des pratiques, il faut juste se placer dans un univers de pensée approprié et le tour est joué. Celui qui brûle les voitures pour protester contre la société, il y a bien pire : les condé qui ‘assassinent’ en toute légalité les délinquants, il faut bien se venger il y a pas de justice. Le policier qui frappe un jeune, mais il y a pire : cette fliquette agressée par X bonshommes dans un RER, on est en guerre ma brave dame.

    C’est vrai que nous sommes dans une société violente, ultra violente. Par contre j’aurais tendance à penser que ce n’est pas en justifiant des pratiques violentes que l’on adoucira le monde qui nous entoure. J’ai même la stupidité de croire que, petit à petit, en faisant reculer les épisodes violents ‘autorisés’, on agira, à long terme, sur un rejet de la violence de manière plus générale. De toute les violences, même celles des « saigneurs » de ce monde, sauf à tomber dans un monde totalitaire.

    quant au pécheur, que dire … question stupide, réponse stupide : Si vous laisser mourir un brochet dans le fond de votre barque, est-ce que cela peut justifier que je laisse crever de faim et de soif un chien dans une caisse ?

    Commentaire par herve_02 — 01/08/2010 @ 13:12

  72. L’homme occidental devra-t-il abjurer jusqu’à la dernière parcelle de ce qui est constitutif de sa culture, jusqu’au dernier symbole de l’expression de ses valeurs masculines ? Si n’apprécie pourtant pas la corrida, son symbolisme n’en est pas moins évident : parce que le taureau représente la force brute, primitive, la corrida symbolise le combat de l’homme avec sa nature. Elle fait partie des rituels dont la portée inconsciente est civilisatrice : il est l’exutoire des pulsions archaïques, permettant aux hommes de passer symboliquement à l’acte, et donc de n’avoir pas besoin de le faire réellement individuellement. En clair, une thérapie de masse.
    En assistant à la mort réelle d’un taureau, les spectateurs réalisent leur désir inavoué de tuer leur bête intérieure. La substitution de la bête sacrifiée au sacrifice intérieur donne l’illusion d’une victoire personnelle. Il faut qu’une victime innocente meure pour que par la médiation du rituel, la violence de l’homme trouve un exutoire.
    Bien évidemment, la corrida ne fait sens que dans les sociétés où elle est un une tradition historique et régulière : il n’est pas dans mon propos d’introduire ou généraliser un rituel là où il n’existe pas.
    Parce que nos sociétés prohibent toute expression de violence rituelique, parce qu’elles refusent jusqu’à nommer les maux par leur nom, nos contemporains oscillent entre dépression et violence. Encore une fois, je n’ai pas d’attirance fût-ce esthétique pour une corrida, mais voilà pourtant ce qui s’y joue.
    Parce que toute expression de violence institutionnelle [donc symbolique] est prohibée, parce que toute souffrance doit avoir un responsable [le diable existe, je l’ai vu, il n’est donc pas en moi], l’homme contemporain se voit dans l’impossibilité de transcender ses pulsions primitives. La castration des pulsions mâles conduit en réalité à deux états : la dépression d’une part, mais aussi l’expression de plus en plus fréquente d’actes individuels violents. Ce n’est pas parce nos contemporains ont oublié ou ne comprennent pas jusqu’au symbolisme de la Croix qu’ils peuvent légitimement requérir sa disparition.

    Ne voyez vous pas de proche en proche où ces interdictions nous mènent ? A la négation de l’altérité, à l’uniformisation. Bientôt, le législateur européen des mœurs stigmatisera le nutella parce que trop sucré et trop gras…. Enfin, d’un point de vue purement quantitatif, qu’est-ce que quelques dizaines de taureaux sacrifiés dans un but civilisateur par rapport aux millions d’animaux d’élevage qui vivent et meurent dans des conditions apocalyptiques pour rendre les masses obèses ?

    Commentaire par Galaad — 01/08/2010 @ 17:27

  73. Lire ces commentaires snobinards, salonnards et intellectualisant pour justifier la persistance de la barbarie et se dire que parallèlement existe l’expression « la bêtise au front de taureau »… ça laisse rêveuse…

    Commentaire par Myrna Minkof — 01/08/2010 @ 17:57

  74. @ Myrna Minkof # 73

    C’est marrant de vous voir écrire ça, Myrna, car je me suis fait exactement la même réflexion, mais vous concernant. Des « opposants à la barbarie » qui, comme vous, se disent capables de dégommer un autre être humain avec leur caisse sans autre forme de procès (cf. votre post 54), ça me donne pas trop envie de connaître la « civilisation » à laquelle vous aspirez…

    Je vous concède qu’en déclarations à haute teneur comique et toutes en subtilité, vous êtes battue à plates coutures par cason # 60, qui remporte à mon goût les oreilles et la queue avec son « on ne traite pas, même indirectement, de con, un lecteur de Marianne ». J’ai trop ri. Merci à tous deux d’avoir ensoleillé mon week-end !

    Commentaire par Goloubchik — 01/08/2010 @ 18:36

  75. Faut bien lire ce qu’écrivent les autres, mon vieux, et pas passer son temps à se gaver de sa propre prose : j’ai écrit « sous le coup de l’émotion ».
    Mais c’est vrai que ça pose question. A combattre un monstre, disait le beau moustachu ténébreux, il faut prendre garde de ne pas devenir un monstre soi-même. Oui, mais on ne fait pas reculer la barbarie uniquement à coup de bisous dans le coup aurait dit mon arrière-grand-père qui a connu les cachots de Franco, le Grand amateur de corridas.

    Commentaire par Myrna Minkof — 02/08/2010 @ 00:58

  76. enfin, dans le cou, le c…, ce que vous voulez…

    Commentaire par Myrna Minkof — 02/08/2010 @ 00:58

  77. A lire le nombre de commentaires que provoquent le sujet, il serait dommage que la corrida disparaisse… Y a t-il d’autres thèmes de conversation qui suscitent autant de débat et de passion? Probablement peu. Peut-être parce que la corrida nous ramène à notre propre nature animale, celle à laquelle nous voudrions échapper.

    Commentaire par Thierry — 02/08/2010 @ 21:35

  78. Vous allez dire que je profite de votre absence pour m’épancher sans frein, je vais donc essayer d’être concise.
    Je ne pense pas que beaucoup d’opposants à la corrida aient cru que l’interdiction catalane mettrait fin à la violence en ce bas monde. Ni même que cette nouvelle réglementation procédait d’un quelconque intérêt du politique outre-pyrénéen pour la cause animale. Simplement, lorsque l’on considère qu’une tradition est contraire à ses convictions, il n’y a rien de plus normal que de se réjouir de l’interdiction de ladite coutume.
    En outre, s’il n’existe que deux voies offertes à notre société, celle de la violence physique admise ou celle de la pudibonderie non-violente et aseptisée, je suis au regret de vous avouer que, bien qu’il m’en coûte au-delà de l’exprimable eu égard à mes choix et goûts personnels, j’irai moi-même distribuer des pastilles de javel.

    Aliocha : Personnellement, je réserve la javel au ménage. Mais je m’incline néanmoins devant votre talent. Les « anti » ont bien de la chance de vous avoir dans leur camp, même si je ne peux m’empêcher de penser que c’est une malencontreuse erreur d’aiguillage 😉

    Commentaire par misssfw — 08/08/2010 @ 22:05

  79. Bonjour,

    Pardon pour cette réaction tardive, je viens de lire cet article. Vos arguments sont séduisants, et me paraissent sensés, sans besoin qu’on s’en indigne à mon avis. Mais bon, malgré tout, je n’arrive pas à y adhérer. C’est parce-que j’ai quand même toujours du mal à voir ce genre de spectacle, ça me fait mal, ça me met mal à l’aise. Alors c’est sûrement que je suis moi-même trop aseptisée, trop dans le moule de tout ce qu’on nous propose aujourd’hui. Mais enfin, vous ne pouvez pas reprochez aux anti de trouver le spectacle insupportable, même sous couvert de l’esthétique et l’art dont vous parlez, assez convaincants d’ailleurs. Vous ne pouvez pas nous enlever notre ressenti, il n’est peut-être pas à votre goût et hors de propos, mais il est là. Et je ne comprends pas bien les comparaisons avec les autres combats « plus importants », ou les animaux qu’on mange, encore plus maltraité dans les abattoirs que les taureaux (oui pardon hein, j’écris ça comme ça, me tapez pas). Ben oui, il y a plein d’autres combats, ben oui y’a probablement plus grave, m’enfin si on commence là, on a pas finit d’établir des échelles de souffrance et de qu’est ce qui est plus grave etc … dans ce cas là, on arrête tous les combats et débats, et luttes, car personne ne sera d’accord sur laquelle est la plus grave. Donc ok on lutte contre la tauromachie et puis on lutte contre d’autres choses aussi … et puis pour les abattoirs, vous trouvez certainement illogiques de combattre la corrida et de bouffer du boeuf traité lui on ne sait comment. Ben oui je crois que c’est ce que je fais (enfin j’aime pas la tauromachie quoi, je lutte pas hein). Mais quoi vous voulez en plus me faire culpabiliser de pas avoir d’autres solutions que de bouffer le boeuf leader price pas trop cher en barquette toute prête? désolée peux pas faire autrement, et devinez quoi, faut que je bouffe, mais je suis d’accord avec vous, c’est tout pourri les abattoirs. Mais alors si je signe par exemple une pétition contre la tauromachie, et que de l’autre côté pour compenser vite vite je m’empresse d’en signer une contre le traitement des bêtes en abattoir, ça va c’est assez cohérent? ce que je veux dire c’est que c’est compliqué tout ça: en gros j’aime pas trop voir un taureau se faire tuer dans l’arène, mais ça, j’ai les moyens de « lutter » contre, ou au moins d’être contre en état logique et en n’y assistant pas et dire à table devant le jt « ah bravo, une victoire de anti », mais combattre le traitement en abattoirs ben oui je troue ça aussi débectant, voire plus, mais je n’ai pas de crédibilité à lutter contre, parce que je dois manger de la viande, mais bon j’ai pas les moyens de vérifier d’où elle vient …

    Bon « bref » je suis pas sûre que j’ai été très claire, mais c’est un premier post hein, c’est comme les crêpes, la première on veut toujours que ce soit la meilleure, mais elle est toujours râtée …..

    Laura

    Commentaire par Laura — 10/08/2010 @ 13:35

  80. Sacré sujet que celui de la corrida.
    Je n’avais pas osé faire ce commentaire lorsque ce billet est paru. Puis le temps passant je me suis dit qu’il apporterait peut-être un angle nouveau au débat…

    Bref, il y a quelques années, certains se souviendront peut-être, un journal people à grand tirage, je crois me souvenir celui qui pèse ses mots et tape à grands coups d’images, avait fait une couverture très émouvante sur une scène de corrida.

    On voyait en effet un toréador dans son habit éclatant de lumière et de paillettes à genoux face à un molosse de taureau la tête basse, immobile.
    Tout dans cette photo opposait la puissance de l’animal face à la fragilité de l’homme, la brutalité du monstre contre la grâce du matador, la noirceur du bovin contrastant avec les couleurs vives du danseur au sol.

    C’était presque beau mais un détail dans la photo accrochait l’œil et rappelait que cette danse pouvait s’éloigner du gracieux spectacle qui se déroule habituellement dans l’arène.

    Pour ceux qui n’avaient pas compris la scène, le titre de la couverture annonçait : « Il meurt dans l’arène devant son public, la gorge tranchée par la corne du taureau » ; l’angle de la photo faisant ressortir le jet de sang droit et long provenant de la jugulaire tranchée du toréador !

    Gloups !

    Commentaire par Gloups ! — 14/08/2010 @ 12:50

  81. Une autre facette du spectacle :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_matadors_morts_dans_l%27ar%C3%A8ne

    re-Gloups !

    Commentaire par Gloups ! — 14/08/2010 @ 12:53

  82. C’est tellement crétin ce billet qui se cache derrière l’aseptisation…

    Un condensé de mentalité réactionnaire et soumise à tous les vents de la bêtise.

    Commentaire par fnur — 14/08/2010 @ 13:52

  83. et je porte l’estocade :
    http://www.pas-content.ch/anti-corrida/Photos%20C.R.A.C/

    Commentaire par Gloups ! — 15/08/2010 @ 12:06

  84. Tous ces commentaires et arguments sur la corrida, ça ne reste que des mots loin de la réalité du spectacle.

    Loin de la frénésie envoutante de l’arène, à froid, dans le confort douillet de votre fauteuil devant l’écran de votre ordinateur, je vous conseille de bien regarder chacune des photos du site précédent.

    Après vous irez pleurer ou vomir, c’est selon.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 15/08/2010 @ 12:16

  85. Je vois que le lien vers le site a été supprimé…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 15/08/2010 @ 12:17

  86. La corrida se meurt faute de spectateurs, seuls quelques pervers justifient ce spectacle barbare en le qualifiant d’art.
    Qu’il soit acteur ou spectateur le pervers a toujours raison.

    Commentaire par Elz — 22/08/2010 @ 14:02

  87. Très bon papier. Le contenu est tellement vrai. Vive la corrida!!

    Commentaire par chris — 23/08/2010 @ 00:42

  88. Il me semble très excessif de considérer que l’interdiction de la corrida a eu lieu « sur ses terres » : la Catalogne n’est guère une terre de tauromachie. Tout au plus la tradition locale consiste-t-elle en des « correbous » (dont la totale inocuité pour l’animal reste à démontrer). S’il y a un reste de substrat taurin, il me semble qu’il n’existe plus qu’à Barcelone (je crois que les arènes d’Olot ou figueres ont fermé suite à la désaffection du public) où les corridas sont peu fréquentes, souvent destinées à un public « immigré » (au sens catalan du terme, c’est à dire du sud de l’Espagne) et, aux dires des spécialistes, assez peu intéressantes : les arènes de Séville ou Madrid sont des lieux beaucoup plus empreints d’histoire et de tradition que la Monumental de Barcelone ai-je pu lire.

    Commentaire par Cimon — 23/08/2010 @ 17:59

  89. Magnifique billet! Merci.

    Commentaire par Matthias — 11/07/2014 @ 11:49


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