La Plume d'Aliocha

14/07/2010

L’art de la manipulation

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 11:29

C’est malheureux à dire mais un journaliste, par définition, est manipulé. Celui qui nous donne une information a toujours intérêt à le faire. Face à l’ampleur du développement de la communication, la manipulation est aujourd’hui très simple à identifier. Nous sommes harcelés de communiqués de presse, de propositions de rendez-vous en one-to-one, de conférences de presse qui remplissent à ce point nos agendas que nous ne pouvons plus respirer. C’est un bien grand paradoxe d’ailleurs d’observer que nous perdons quotidiennement des lecteurs et que, pourtant, jamais sans doute les uns et les autres n’ont tant souhaité apparaître dans un journal. Car dans notre société, celui qui n’existe pas médiatiquement, n’existe pas tout court. Nous le savons, et nous devons donc faire le tri entre tous ces gens qui veulent nous parler d’eux pour qu’à notre tour nous les évoquions dans nos colonnes. Les informations qu’on nous livre dans ce cadre sont généralement justes, mais elles ont été soigneusement toilettées pour être attractives. C’est ce maquillage que nous devons alors nous efforcer d’ôter par les techniques habituelles de recoupement, vérification, mise en perspective.

L’adrénaline du scoop

Et puis il y a des cas beaucoup plus compliqués, dans lesquels l’information n’est pas officielle. C’est le problème du scoop. Celui-là, il arrive encore qu’on le découvre via l’investigation, mais le plus souvent il nous tombe tout cuit dans la bouche parce qu’une bonne âme a décidé de nous le livrer. Les questions qu’on doit alors se poser sont multiples. Quelle est la valeur de la source, pourquoi donne-t-elle cette information, l’information est-elle exacte et, surtout, où veut-on nous emmener ? A quoi va servir le fait de rendre publique l’information ? Ces questions sont d’autant plus délicates que nous faisons tous ce métier pour une chose : l’adrénaline. L’adrénaline d’être témoin d’événements exceptionnels qui décident de l’avenir d’une société et parfois du monde, l’adrénaline aussi de révéler ce qui est caché. Or, l’adrénaline, c’est infiniment dangereux. Quand vous avez entre les mains le document dont vous savez que, publié dès le lendemain, il va créer une déflagration, l’excitation est immense et peut très vite tourner la tête. Il faut beaucoup de sang froid et de professionnalisme pour ne pas se laisser « embarquer », garder l’esprit clair, faire la part des choses et mesurer précisément les conséquences de ce qu’on s’apprête à faire. Ce d’autant plus qu’il y a le poids de la concurrence qui risque de vous prendre de vitesse.

La déontologie, ça existe

Pourquoi vous raconter cela un matin de 14 juillet, vous demandez-vous ? Parce que c’est ce que j’évoquais en filigrane dans mon précédent billet en parlant du fait que les journalistes qui travaillaient sur l’affaire Bettencourt avaient sans doute les pieds dans le fumier. Il se trouve que j’avais parlé du dossier avec Pascale Robert-Diard, un soir, à la sortie d’une audience du procès Kerviel. Elle me confiait alors ce qu’elle explique aujourd’hui sur son blog. Je vous recommande d’aller la lire, vous verrez comment sortent les informations dans la presse et vous verrez aussi, mais ça ne suprendra pas ici tous ceux qui la connaissent et qui l’estiment à juste titre, comment elle a refusé d’être instrumentalisée. Elle raconte en effet que lors du procès Kerviel,  Olivier Metzner qui défendait alors Jérôme Kerviel mais assistait en même temps la fille de Liliane Bettencourt, a voulu lui donner les fameux enregistrements sauvages du majordome, sans préciser leur dimension politique, et qu’elle a refusé de servir d’outil de pression dans une affaire judiciaire qu’elle allait couvrir. Ou plus exactement de lessiveuse pour donner au document une force qu’alors il n’avait pas. Pascale est chroniqueuse judiciaire. Elle n’enquête pas sur les affaires qu’elle couvre pour arriver l’esprit vierge à l’audience. C’est une garantie parmi d’autres d’objectivité de son récit. Il est donc parfaitement cohérent et judicieux qu’elle ait refusé de se prêter à l’exercice consistant à faire le jeu d’une des parties contre l’autre. Au demeurant, la nature du document posait elle-même question, sur le terrain de l’éthique.

Hélas, ces enregistrements avaient une dimension infiniment plus grande que le seul étalage des conversations privée d’une vieille dame avec ses conseils. Les journalistes de Mediapart et du Point, qui n’étaient pas dans la même situation que Pascale Robert-Diard, ont sorti l’affaire.  Si l’avocat s’était tourné vers les journalistes politiques ou d’investigation du Monde, le dossier aurait peut-être suivi un autre parcours. Voyez à ce sujet les explications de la directrice de la rédaction du Monde ainsi que la décision du tribunal de Nanterre Paris refusant d’ordonner le retrait des enregistrements du site de Mediapart et du Point malgré la demande de Patrice de Maistre.

Non, tout n’est pas pourri au royaume des médias

Un mot encore. Tout n’est pas pourri au Royaume des médias. D’abord cette affaire montre que, contrairement à une opinion couramment répandue, les journalistes ne sont pas prêts à tout pour un scoop et que la déontologie n’est pas un vain mot dans ce métier. Ensuite, il nous arrive de recevoir des informations confidentielles de personnes tout à fait honorables qui n’ont pas d’autre dessein que de rendre publiques des choses qui méritent de l’être  ou bien encore d’être sollicités par des personnes qui ont besoin de la presse pour éviter de se faire broyer dans l’ombre par le système. Je ne saurais trop vous recommander à ce sujet de voir ou revoir  « Mille milliards de dollars » d’Henri Verneuil. Le portrait qu’il brosse du journalisme est assez juste. D’un côté une multinationale qui tente d’instrumentaliser la presse, de l’autre un homme honnête qui a besoin d’un journaliste pour faire sortir la vérité. Les deux faces de notre métier. Je garde en particulier en mémoire la très belle scène où Patrick Dewaere, qui incarne le rôle du journaliste, s’adresse à celui qui détient les preuves du scandale et lui dit à peu près ceci : « de grandes choses se sont faites dans l’histoire parce que deux hommes ont su saisir en se regardant cette seconde indéfinissable qui s’appelle la confiance ».  Je pense à quelqu’un en particulier, en écrivant ceci. A supposer qu’il me lise, il se reconnaîtra.

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52 commentaires »

  1. Commentaire censuré.

    Aliocha : ce blog n’est pas un lieu de dénonciation anonyme.

    Commentaire par Choubidou — 14/07/2010 @ 11:54

  2. Bonjour,

    Très bien mais tout ça n’explique pas pourquoi PRD (que j’estime au demeurant) n’a pas pris connaissance des enregistrements. En prendre connaissance ce n’est pas forcément les publier, il y a là deux démarches distinctes. Pourquoi ce refus d’une source pourtant sûre?

    C’est étrange.

    Aliocha : j’espère que nous vivons dans un monde où la déontologie n’est pas encore devenue étrange, en même temps, je crains malheureusement que ce soit le cas. Parce qu’il s’agissait d’une tentative de manipulation d’une part et sur la base d’un document plus que douteux (enregistrement sauvage de conversations privées) d’autre part. Il est quand même amusant d’observer qu’on nous accuse tous les jours d’être des vautours ne respectant rien, pas même la vie privée, et lorsque l’un d’entre nous refuse précisément d’entrer dans ce jeu, alors là, ça devient étrange.

    Commentaire par Batutu — 14/07/2010 @ 12:01

  3. Dernier commentaire
    http://www.pcf.fr/spip.php?article4936

    et puis effacez le message

    Commentaire par Choubidou — 14/07/2010 @ 12:04

  4. Ne faites pas comme PRD et ne passez pas à côté d’une monstruosité

    Commentaire par Choubidou — 14/07/2010 @ 12:07

  5. Un interview tout de suite avec …
    (message Papi Ensoleillé | 21 octobre 2009 à 13:12 )
    http://www.philippebilger.com/blog/2009/10/le-premier-ministre-fait-la-morale.html?cid=6a00d8341c86dd53ef0120a662f603970c#comment-6a00d8341c86dd53ef0120a662f603970c

    Commentaire par Choubidou — 14/07/2010 @ 12:22

  6. @Aliocha #2

    Pourquoi vous énervez-vous? Je sais parfaitement ce qu’est une déontologie, mais vous la faites intervenir au mauvais moment. La déontologie, c’est la réflexion sur une source et sur la réponse à y apporter (la vérifier, la recouper, décider de la publier ou non). La déontologie, ce n’est pas un refus ab initio d’une source dont par nature on ignore le contenu puisqu’on se refuse à la regarder.

    Autant je peux comprendre que PRD ait refusé de prendre connaissance de ces écoutes parce qu’elle allait couvrir le procès. Mais qu’elle ait refusé d’en prendre possession pour les refiler aux collègues du Monde afin qu’ils puissent faire leur travail, j’ai du mal à le comprendre.

    Ne me dites pas que la raison réside dans le refus d’être manipulé. Manipulé on l’est toujours, le tout est de savoir par qui et comment, et d’agir en conséquence. Bien sûr que quand Metzner propose ces écoutes à PRD, il veut la manipuler. Mais rien ne l’empêche, elle, de s’en servir à son tour pour révéler ce qui a été révélé par Mediapart et qui touche, excusez du peu, aux fondements de notre démocratie et du régime actuel.

    Aliocha : vous, on voit que vous ne m’avez jamais vue énervée, sinon vous ne diriez pas ici que je m’énerve. On discute, c’est tout. Maintenant c’est facile de refaire l’histoire a posteriori. Si vous saviez ce que ça drague, les avocats, durant un procès. Je me souviens par exemple que le dernier jour du procès Kerviel, l’un des avocats de la SG est allé vers les bancs de la presse pour serrer la main de tous les journalistes. L’un d’entre nous lui a lancé, goguenard « vous êtes en campagne, Maître ? ». Si elle avait su ce qu’il y avait dedans, elle aurait pris, mais elle ne savait pas. Encore une fois, on voulait lui donner des écoutes illicites des conversations d’une vieille dame. Et puis tout s’est passé très vite. Je suppose que des trucs comme ça, elle en vit tous les jours. J’ajoute que l’avocat en question ne se cache pas d’utiliser les journalistes comme des pions, elle lui a signifié qu’elle ne bossait pas ainsi, et elle a eu raison. Il me semble que lorsqu’on travaille avec la justice, on développe une sensibilité particulière au respect des règles. En tout cas, pour ce qui me concerne, ma formation de juriste m’empêche de faire n’importe quoi.

    Commentaire par Batutu — 14/07/2010 @ 12:27

  7. « C’est un bien grand paradoxe d’ailleurs d’observer que nous perdons quotidiennement des lecteurs et que, pourtant, jamais sans doute les uns et les autres n’ont tant souhaité apparaître dans un journal. »

    Marianne ne perd pas de lecteurs. Mais peut être que la ligne éditoriale y est pour quelque chose.

    En revanche, les titres du PPA (Parti de la presse et de l’argent ), servent les puissants, et le lectorat le sent bien.

    Commentaire par patrons-voyous — 14/07/2010 @ 14:13

  8. Bonjour Aliocha,

    Légère erreur factuelle, mais l’ordonnance de référé qui a rejeté la demande de retrait des documents publiés sur Mediapart a été rendu par le TGI de Paris, et non pas celui de Nanterre.

    Aliocha : oups, merci, je corrige !

    Commentaire par Fantômette — 14/07/2010 @ 16:16

  9. Chère Aliocha,

    J’apprécie beaucoup Pascale Robert-Diard et son intégrité ne fait pour moi aucun doute. Je pense toutefois, comme beaucoup, qu’elle aurait dû « auditionner » les documents que Me Metzner lui proposait, quitte à refuser ensuite de les faire publier par « Le Monde ».

    Je ne doute d’ailleurs pas que « Le Monde », compte tenu du contexte, les aurait publiés…

    Mediapart a pris ce risque et, semble t’il, bien lui en a pris, puisque la Présidente du TGI de Paris a estimé, dans son ordonnance de référé du 1er juillet, que ces informations « relèvent du débat démocratique et peuvent être légitimement portées à la connaissance du public… »

    http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/files/2010/07/bettencourt.1277999467.pdf

    Vous faites bien de rappeler cet excellent film « Mille milliards de dollars »… La comparaison est flagrante… Le « flair » est aussi l’une des qualités que l’on attend d’un journaliste, vous ne pensez pas ?

    En l’occurence, je ne pense pas qu’il s’agissait de « manipulation » de la part de Me Metzner, mais d’allumer un contrefeu qui accréditerait sa thèse d' »abus de faiblesse » de Liliane Bettencourt… Ce faisant, par parenthèse, il semble avoir plutôt servi les intérêts de M. Banier, son adversaire, que ceux de sa cliente, Florence Bettencourt-Meyers… « L’arroseur arrosé » ?

    Aliocha : question de confiance Ramses. Les gens se méfient des journalistes, mais ils n’imaginent pas un instant que nous puissions nous méfier d’eux. Or, nous risquons beaucoup à nous faire manipuler. Voyez l’affaire Baudis, ou, pour des sources plus crédibles, l’affaire Outreau.

    Commentaire par ramses — 14/07/2010 @ 17:53

  10. C’est curieux, il ne se passe pas une semaine sans qu’une affaire ne paraisse à la une et nous démontre que notre pays patauge dans un fange politico-juridico-financière toujours plus nauséabonde, et ce sont les journalistes qui semblent avoir des états d’âme !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 15/07/2010 @ 01:26

  11. Comme Ramses, je m’interroge sur la pertinence de la stratégie de Metzner. Rendre public ces écoutes, c’était ouvrir une boîte de Pandore qui semble se retourner contre les intérêts de sa cliente. En voulant préserver ses intérêts d’héritière, la fille de Mme Bettencourt n’a jusqu’ici réussi qu’à entacher gravement l’honneur et la réputation de sa famille, à déclencher une enquête fiscale sur la gestion de la fortune de sa mère et à menacer l’avenir de l’Oréal.

    Beau résultat, sans même parler de la dimension politique de cette affaire, que Metzner n’avait peut être pas correctement anticipée. Il est curieux qu’il ne souffle pas mot de cette dimension politique à PRD.

    Aliocha : C’est tout le problème des gens qui jouent avec les médias, ils croient pouvoir maîtriser la partie. Or, il n’y a rien au fond de plus irrationnel que les médias. Voyez le paradoxe de notre gouvernement totalement médiatique et parfaitement détesté des médias, ou bien encore Sainte Ingrid Bétancourt aujourd’hui conspuée par ceux-là même qui l’avaient adorée. D’où mon proverbe du jour : celui qui a triomphé par la com’ périra par la com’ 😉

    Commentaire par Tocquevil — 15/07/2010 @ 09:23

  12. @ Ramsès et Tocquevil,

    Je ne dispose d’aucune information privilégiée sur cette affaire, mais je ne crois pas que Metzner pouvait se permettre d’ignorer le (maigre) bénéfice que la publication de ces écoutes pouvaient lui apporter. Sa procédure par voie de citation directe est extrêmement fragile. Sa recevabilité est d’emblée très douteuse, et quand bien même elle serait jugée recevable qu’il faudrait encore qu’il dispose à son dossier d’éléments matériels suffisants pour caractériser l’abus de faiblesse.

    J’ajoute qu’il lui appartient de caractériser l’abus de faiblesse au moment des donations litigieuses (qui s’étalent sur plusieurs années, si j’ai bien compris, entre 1996 et 2007, ce qui pourrait donc également poser un problème de prescription pour certaines d’entre elles).

    Ces écoutes (qui peuvent donner l’impression que Mme Bettencourt est aujourd’hui en situation de faiblesse) ne pouvaient servir qu’à une seule chose sur le terrain judiciaire: fonder la demande d’investigations complémentaires pour nourrir son dossier au fond (même si en l’occurrence, c’est le Parquet qui a demandé que le temps lui soit laissé d’enquêter sur ces enregistrements).

    Ce qu’il a apparemment obtenu pour le moment, mais dans un contexte procédural qui rend incertain le bénéfice qu’il pourra en retirer.

    (Le seul bénéfice certain qui en est retiré relève précisément du droit de la prescription, qui est ainsi périodiquement interrompue, ce qui doit être l’un de ses objectifs).

    J’ai moi-même été étonnée que, d’après ce que rapporte PRD, Metzner se soit contentée de lui dire qu’il disposait d’enregistrements des conversations de LB et son entourage sans mentionner leur dimension politico-financière. Cela dit, il a fort bien pu ne pas les écouter lui-même (lui-même était en plein dans l’affaire Kerviel) ou les écouter avec une telle orientation d’esprit (démontrent-ils la vulnérabilité de LB?) qu’il est lui-même en partie passé à côté du scoop.

    (Ce qui tendrait du coup à démontrer qu’il était parfaitement au courant de l’attitude contestable du Procureur de Nanterre dans cette affaire).

    Commentaire par Fantômette — 15/07/2010 @ 10:59

  13. @ Aliocha,

    « C’est tout le problème des gens qui jouent avec les médias, ils croient pouvoir maîtriser la partie. Or, il n’y a rien au fond de plus irrationnel que les médias ».

    Je me demande si ce n’est pas l’inverse, en fait.

    C’est parce que « les gens » savent ne pas pouvoir maitriser un jeu dont les media sont les seuls maitres qu’ils sont incités à faire appel à la com’.

    L’attitude irrationnelle et imprévisible des media pousserait les personnalités médiatiques (ou médiatisées) à les envisager toujours sous l’angle d’un risque – au moins aussi bien que d’une chance. Les chargés de com’ permettent peut-être de limiter ce risque, ou au moins d’en prendre suffisamment conscience pour décider ensuite en toute connaissance de cause.

    Vous citez Ingrid Betancourt, mais honnêtement, l’emballement médiatique qui a eu lieu à sa libération était-il vraiment le résultat d’un bon plan com’ ou le résultat de l’absence d’un bon plan com’? Même question pour Outreau, d’ailleurs. En fait, de bons chargés de com’ auraient peut-être pu – pour le bénéfice de l’ex-otage, des accusés innocentés, ou du juge Burgaud – contribué à améliorer globalement la qualité de leur médiatisation- le cas échéant, en y opposant une résistance.

    Aliocha : En effet, la com’ a pour objet de maîtriser l’inmaitrisable, et elle y parvient d’une certaine manière. Indirectement, la presse a donc fabriqué ce qui la tue. Ce que je voulais dire, c’est qu’il me semble qu’on a franchi un cap supplémentaire. Il ne s’agit plus de communiquer au mieux sur ce qu’on fait, mais de communiquer pour communiquer. Un peu comme la finance s’est déconnectée de l’économie, il me semble que la communication s’est déconnectée de l’information. Voyez nos politiques lancer des idées de réforme à tout va, non pas pour réformer effectivement mais pour communiquer. Ou bien encore nos grands avocats pénalistes créant des effets médiatiques susceptibles d’agir sur le cours d’un dossier. Tout ça n’est pas nouveau, simplement ça s’aggrave considérablement.

    Commentaire par Fantômette — 15/07/2010 @ 11:36

  14. « …ou bien encore d’être sollicités par des personnes qui ont besoin de la presse pour éviter de se faire broyer dans l’ombre par le système. »

    Oui, certes, aussi romantique que puisse paraître cette vision de leur métier, les journalistes peuvent avoir ce rôle de voix des sans-voix, rôle éminent s’il en est, et de par le monde les sans-voix se faisant broyer dans l’ombre par le système ne manquent assurèment pas, mais alors il faudrait qu’ils se désintéressent complètement, les journalistes, de cette affaire Bettencourt. On ne voit pas bien en effet où y sont les sans-voix, qui s’y fait broyer par le système…

    Le problème c’est que le système, c’est nous, que les broyeurs sans pitié, c’est nous, et que, confinés dans notre microcosme, en montrant du doigt telle riche héritière, tel photographe séducteur, tel ministre maladroit, tel président amateur d’argent, nous soulageons notre conscience à bon compte, et même avec une délicieuse délectation toujours renouvelée…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/07/2010 @ 12:06

  15. @ Aliocha,

    Je vois ce que vous voulez dire.

    On pourrait poursuivre le parallèle communication/finance en se posant la question de savoir si la « communication qui se déconnecte de l’information » est l’aboutissement d’une logique interne à la communication, ou si elle en est une dérive, un dysfonctionnement, que l’on pourrait seul viser aux fins de le combattre. Qu’en pensez-vous?

    Commentaire par Fantômette — 15/07/2010 @ 16:57

  16. s’cusez ma question de néophyte, mais, la com’ a-t-elle seulement été connectée un jour à l’information ? je veux dire, toute la com’ n’est pas nécessairement à jeter à la poubelle, j’en sais rien, mais simplement, il n’y a juste pour moi rien de commun entre les métiers de l’information et ceux de la communication. Que les communicants essayent de faire passer leur com » pour de l’info, ou essaynet de manipuler les journalistes, oui, ça fait partie de leur boulot en partie parfois, mais pour autant, on parle bien de 2 choses totalement différentes, non ?

    je vous rejoins même pour dire qu’un journaliste, en tant que spécialiste de l’info, doit désormais être spécialiste de la com’ pour justement parvenir à garder son cap, et distinguer l’info exploitable, utile, etc…de la pure com’. Mais il n’est pas un communiquant ; il devrait même être l’ennemi juré des communiquants en ce qu’il est mieux armé que les autres pour ne pas se laisser berner.

    Ensuite, si ponctuellement les intérêts convergent entre un communiquant et un journaliste, et que le journaliste accepte des info qui lui sont balancées par un communiquant, moi, ça ne me pose pas de pb, du moment que le journaliste, derrière, n’est pas dupe mais poursuit un but véritablement journalistique.

    dans le cas qui nous intéresse : PRD refuse ce qu’elle interprète comme de la pure com’ sans intérêt de Metzner, avec en outre, un moyen d’obtention discutable. Cette opinion se défend, mais repose sur une connaissance imparfaite du contenu. Bon, si elle en avait su plus, elle aurait peut-être fait un choix différent ; ou peut-être pas. Je ne vois rien de criticable là-dedans.

    Mediapart publie, il fait un autre choix dans d’autres circonstances ; ponctuellement, son intérêt (sortir les bandes) rejoint celui-du communiquant. Très bien, mais pour autant, il n’en demeure pas moins qu’il poursuit à mon sens un but journalistique qui lui appartient, et n’est pas la petite chose aux mains des antisarkozystes primaires que certains veulent bien dire. Mediapart a un parti pris dans cette affaire ? des opinions politiques ? mais bien sûr et grand bien lui en fasse… Le jour où le Figaro sortira un scandale (un vrai, s’entend, pas l’affaire Soumaré, qui elle, est justement le parfait exemple, de la com’ relayée sans aucune vérif ni aucune critique de la part du journaliste) qui touche la gauche, je l’applaudirai à 2 mains de la même façon, comme j’ai applaudis ce journal, dont la ligne éditoriale est à mille llieues de mes idées, pour par exemple les articles courageux et « pavé dans la mare » de P. de St-Exupéry sur le Rwanda.

    Aliocha : nous sommes d’accord et je ne critique pas Mediapart d’avoir sorti le scandale, j’explique juste que la position de PRD est digne d’estime, ce qui ne saute visiblement pas aux yeux de ses lecteurs, à voir les commentaires sur son blog. Je m’étonne au passage que personne ne réagisse sur les propos pour le moins étonnants de l’avocat, cités par la directrice du Monde : « Me Metzner ne s’en cache d’ailleurs même pas : « Je planifie tout à l’avance, a-t-il confié au Nouvel Observateur. Quand je communique, les instructions sont respectées : une agence fait un communiqué au jour dit, un journal publie l’info à un autre moment convenu d’avance, pareil pour les radios ou les télés. »Libre à lui de jouer cette partie, en tant que journaliste, j’aurais réagi comme Pascale. J’ai quelques sources qui se sont grillées de la même façon à mes yeux, simplement parce qu’il y a des limites à ne pas dépasser, parce que mon métier consiste à informer et pas à servir d’outil de manipulation du public. Nous savons déjà que c’est un risque permanent, mais quand on nous balance à la face avec autant de décontraction que nous ne sommes que des pions dans une stratégie, il y en a que ça énerve, j’en fais partie.

    Commentaire par jalmad — 15/07/2010 @ 18:16

  17. @11 Tocquevil : « …Rendre public ces écoutes, c’était ouvrir une boîte de Pandore qui semble se retourner contre les intérêts de sa cliente… »

    D’un autre côté, la fille de Mme Bettencour n’avait pas beaucoup de possibilités pour se faire entendre et faire avancer sa cause :

    – soit elle s’obstinait à suivre les voies légales classiques avec le même succès qu’elle a pu avoir depuis des années, à savoir le néant total,

    – soit elle tentait un électrochoc en passant par les médias, avec (vu le gratin concerné) beaucoup de risques et d’incertitudes.

    Ceci dit, les choses changent tellement vite d’un jour sur l’autre que personne ne peut prévoir aujourd’hui des prochaines tournures de l’affaire.

    Commentaire par Oeil-du-Sage — 15/07/2010 @ 22:31

  18. Pour compléter mon précédent commentaire, imaginez-vous à la place de Florence Bettencourt-Meyers : non seulement vous voyez la fortune familiale fondre telle la banquise, et de l’autre vous vous rendez compte du nombre et de l’importance des « personnalités » arrosées à coups de milliards par votre mère, et pour corser le tout, chacune de vos tentatives par voies judiciaires pour faire la lumière sur cette situation et faire valoir vos droits (familiaux) sont boutées en touche…

    Bref, pas beaucoup d’autres solutions que de serrer les fesses, donner un grand coup de pied dans la fourmilière, et attendre de voir ce qui se passe !

    Commentaire par Oeil-du-Sage — 15/07/2010 @ 22:49

  19. Quand on n’a…..que l’humour à offrir en cadeau, pour plagier Brel. Je vous recommande le très savoureux Neuf-Quinze de Daniel Schneidermann ce matin. Il a raison, il ne nous reste plus qu’à en rire : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#8691

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/07/2010 @ 09:57

  20. Alliocha
    n’oubliez jamais que souvent aux échec se sont les pions qui font la victoire et quelque fois il arrive même que ces pions mettent échec et mat.

    Pour faire écho à vos affirmations , je vous renvois à l’affaire clearstream… Beaucoup de manipulations , pas un seul gagnant in fine

    Commentaire par bleu horizon — 16/07/2010 @ 10:54

  21. @ Fantômette (com’ 15), jalmad (16) et Aliocha :

    « (…) la com’ a-t-elle seulement été connectée un jour à l’information ? » (jalmad)

    Tout dépend de ce que l’on appelle communication et information. Un secteur d’enseignement et de recherche, né aux Etats-Unis puis arrivé dans les Universités françaises dans les années 90 est celui des sciences de l’information et de la communication, ce « et » tendant à montrer que oui, information et communication sont des choses liées.

    Le problème est un peu sémantique, savoir si information est une suit de 0 et de 1 ou s’il s’agit d’un fait traité pour entrer dans le format d’un article, selon la ligne éditoriale d’un journal. C’est du brut ou du produit ?

    Pour qu’il y ait communication, il faut un émetteur, un message et une récepteur. L’information étant le contenu du message. le journalisme, étant là pour révéler (au public, à l’intérêt général) ce que certains émettent mais ne veulent pas que soit reçu. Ils sont vecteurs d’un message vers un public auquel il n’était pas destiné mais à qui pourtant il devait arriver.

    Et pour répondre à la question de Fantômette en 15, je crois qu’il s’agit d’une dérive : la com’ avait pour vocation (idéale – j’avais tendance à idéaliser la chose en l’étudiant, mais il faut avouer que c’est un domaine d’étude passionnant) de présenter une information le mieux possible, sans qu’elle se perde dans le « bruit ». Avec les meilleurs mots, selon le bon médium, pour qu’elle arrive au bons destinataire. Aujourd’hui il semble que son but soit plus de produire du « bruit » (dans le même sens que toute réponse non pertinente sur un moteur de recherche ou un catalogue quand on fait une demande est appelée bruit – ou en science de l’information toute information extérieure au message venant le parasiter) pour masquer l’information.

    Enfin, pour les liens entre info et com’, j’ai toujours trouvé fascinant qu’on nous présente comme débouché possible le fait de pouvoir travailler comme journaliste (sic) dans un journal municipal (pas d’offense pour ceux qui y travaillent – il y en a de très talentueux, j’ai cru comprendre que l’auteur du blog le plus drôle de la blogroll aliochesque avait officié de la sorte -, c’est juste le terme que je trouve un tantinet mal employé).

    (A propos de débouché, jalmad, ce vin de noix 2010, ça donne quoi ?)

    Commentaire par Gwynplaine — 16/07/2010 @ 16:38

  22. @ Aliocha

    Probablement, beaucoup de gens partout dans le monde ont beaucoup de choses à dire mais préfèrent se taire non pas par défiance par rapport aux journalistes mais par rapport à de potentielles représailles. Et on aurait tort de croire que ces craintes ne concernent que certains pays (genre Chine ou Iran).
    J’imagine que les témoins pèsent le pour et le contre, ce qu’ils ont à gagner et ce qu’ils ont à perdre, les répercussions que cela peut avoir, etc, pas facile parfois… Enfin quoi qu’il en soit il est bon de savoir que les journalistes intègres sont toujours là au besoin ! 🙂
    Blog sympa !

    Commentaire par Vince — 16/07/2010 @ 18:37

  23. @ Gwynplaine :

    ah oui, si vous élargissez ce qu’on désigne maintenant par cette douce abréviation « la com' » à « sciences de la communication » comme vecteur de l’information….OK, je vois bien le lien, et le journaliste alors est en effet en ce sens un communicant (je préfèrerais le terme de « transmetteur », moins péjorativement connoté…) ; un enseignant est un communicant, un chercheur, etc…je veux dire, à plus ou moins grande échelle, dans plein de boulots une grosse part du taf consiste à transmettre des informations ou un savoir. Dans le cas du journaliste, je suis d’accord, c’est le coeur de son métier, son essence même.

    Mais pour autant, on peut complètement appliquer les méthodes de com’ à tout autre chose que l’information : on peut communiquer sur de la pure intox aussi bien que sur une information vérifiée, et on en voit des exemples tous les jours (Balladur qui fait du stop, vous vous souvenez ?). Mais Aliocha bat sa coulpe un peu sévèrement je trouve lorsqu’elle dit « Indirectement, la presse a donc fabriqué ce qui la tue » : je ne suis pas du tout certaine que ce soit la presse, qui soit à l’origine de cette communication là, même si elle aussi est entrée dans la grande course à faire la maquette la plus attractive, à devoir vendre du papier pour survivre quitte à appliquer des méthodes débiles (j’enrage chaque fois que je vois un de mes canards qui promettr de faire gagner un vélo pour le 1000ème abonné…) qui participent de l’ambiance d’aliénation collective à la com’….j’ai même tendance à penser que finalement, la presse aura résisté plus longtemps à ce modèle que bien d’autres secteurs. Et puis il y a presse et presse ; je veux dire n’importe quel type qui a plus d’un neurone se rend compte que le Monde diplo n’est pas égale à 20 minutes…et ce n’est pas parce que, certains purs communicants distribuent des torchons qu’ils appellent « journal » que la presse est nécessairement responsable de cet état de fait, elle suit le flot, comme tout le monde en fait…

    pour le vin de noix : stade macération seulement. mise en bouteille sept ou oct je crois, pour dégustation mars…

    Commentaire par jalmad — 16/07/2010 @ 19:43

  24. Bonjour à tous !

    Je ne puis que vous recommander chaudement cet article et le « visionnage » d’Arrêt sur image…

    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3201

    Eva Joly met le doigt là où ça fait mal… Le Procureur Courroye n’est pas crédible pour mener ces enquêtes… Non seulement il est impliqué dans les « enregistrements », mais sa dépendance au Pouvoir rendra ses investigations (perquisitions, gardes à vue…) nulles et non avenues (cf. l’Arrêt « Winner » de la Cour EDH… Une autre façon d’enterrer les « affaires » ?

    http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/2010/03/29/affaire-du-winner-la-cour-europeenne-esquive-la-question-du-statut-du-procureur-de-la-republique-cour-edh-gc-29-mars-2010-medvedyev-et-autres-c-france/

    La garde des Sceaux aimerait démontrer que l’on peut se passer du Juge d’Instruction (« Voyez, sans lui, on perquisitionne, on garde à vue, on instruit… »), mais elle risque fort d’être rappelée à l’ordre par la Cour de Justice de l’Union européenne…

    Comme le dit un blogueur facétieux « Qu’est-ce que la Bête encourt ? »

    Commentaire par ramses — 17/07/2010 @ 08:02

  25. Puisqu’on parle de communication judiciaire, voici un excellent billet sur la com’ de Kerviel : http://www.leblogducommunicant2-0.com/2010/06/07/exclusif-la-conseillere-com’-de-jerome-kerviel-decrypte-sa-strategie-media/ .

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/07/2010 @ 08:18

  26. Et sur la com’ de la banque http://www.opinion-watch.com/communication-de-crise-de-la-societe-generale-dans-l-affaire-kerviel/

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/07/2010 @ 08:39

  27. Bonjour Aliocha

    je vais faire du hors sujet mais je ne sais pas comment vous joindre
    Le Journal le Monté vient d’être condamné pour certains de ces photomontages
    il serait intéressant que vous donniez votre avis de journaliste en la matière
    je vais essayer d’avoir le point de vu de Gilles Devers avocat blogueur ou Eolas mais bon il est tellement sollicité à moins que vous puissiez le convaincre de faire un papier dessus

    je posterai votre analyse dans mon groupe facebook nous sommes plus de 1300 personnes
    je vous embrasse

    Aliocha : je viens de voir cette merveille sur le site d’@si, c’est d’un goût ! Ce qui me désole dans ce genre de situation, c’est que les intéressés n’aient ni suffisamment de talent pour être drôles, ni suffisamment de discernement pour s’apercevoir qu’ils ne le sont pas.

    Commentaire par artémis velourine — 17/07/2010 @ 11:35

  28. La Com’ Judiciaire c’est comme de la Pub Commerciale : « ça ne sert pas forcément à quelque-chose mais ne pas en faire est préjudiciable ! ».
    (il me semble que c’est Jacques Séguéla qui avait dit ça).

    Commentaire par Oeil-du-sage — 18/07/2010 @ 10:23

  29. La manipulation, dans l’affaire Bettencourt, atteint maintenant le Pouvoir judiciaire…

    Après la fin de 36h de garde à vue de 4 « proches du dossier », qu’en reste t’il ? Rien… Pas de mise en examen, pas de poursuites, chacun rentre chez soi comme si de rien n’était !

    Logiquement, après les révélations de Patrice de Maistre sur les conditions d’embauche de Florence Woerth, celle-ci devrait logiquement être entendue à son tour, ainsi que son Ministre de mari, qui le propose d’ailleurs spontanément… Et pourquoi pas Liliane Bettencourt elle-même ?

    Il y a quand même des soupçons très forts (et même des aveux) de fraude fiscale et de financement illégal de campagne électorale…

    Le Procureur Philippe Courroye refuse de confier ce dossier à un Juge d’instruction… Combien de temps cette position ambigüe pourra t’elle tenir ?

    Lilianne Bettencourt doit se sentir bien seule, abandonnée de ses proches et de ce Pouvoir à qui, semble t’il, son défunt mari et elle ont tant apporté… Imaginez (c’est une supposition !) qu’elle fixe son domicile fiscal en Suisse et qu’elle finisse par lâcher spontanément dans un quotidien helvétique les noms et les montants des récipiendaires de ces fameuses enveloppes ?

    Dans cette partie de poker menteur, il y aura forcément des « dommages collatéraux » considérables… Compte tenu de sa fortune, même si elle y laisse quelques plumes (pas d’Aliocha !), Liliane Bettencourt a toutes les cartes en mains pour provoquer un séisme politique…

    La marge de manoeuvre du Procureur Philippe Courroye se révèle bien faible, compte tenu de tous ces aspects… Il est en fait le dernier « fusible » avant une disjonction générale !

    Commentaire par ramses — 18/07/2010 @ 19:16

  30. Bonjour Aliocha,

    Je prend vos trois premières phrases:

    « C’est malheureux à dire mais un journaliste, par définition, est manipulé (1). Celui qui nous donne une information a toujours intérêt à le faire (2). Face à l’ampleur du développement de la communication, la manipulation est aujourd’hui très simple à identifier (3). »

    Chacune d’elles mériterait qu’on vous dise « fils de pute », mais bon.

    (Vous savez que vous êtes trois fois fils de pute en moins de trois lignes?)

    La question que je me pose est de savoir comment je m’y prends pour ne pas vous le dire.

    Comment que je m’y prends pour ne pas vous donner cette information, mais vous la communiquer?

    (histoire qu’on joue au con)

    Aliocha : quand je pense que j’ai failli me réjouir de vous revoir ici après une si longue absence. M’enfin ! Je vous quitte poète inspiré, je vous retrouve internaute vitupérant de base. Cela mérite des explications, non ?

    Commentaire par tschok — 19/07/2010 @ 17:34

  31. Chère Aliocha,

    Vous êtes sûre qu’il s’agit du vrai « tschok » ? Ce « style » (comment que…) ne lui ressemble pas…

    Avez-vous perçu comme moi une certaine analogie entre la pose du « couvercle » sur le puits maudit du Golfe du Mexique et l’attitude du Procureur Philippe Courroye ?

    La pression continue à monter doucement et des fissures apparaissent autour de l’entonnoir… Ca risque de péter !

    Aliocha : Jolie comparaison, mais je serais bien surprise que quelque chose pète dans ce pays à la veille des vacances, Cher Ramses, ceci dit sans vouloir freiner votre enthousiasme.

    Pour Tschok, oui, c’est le vrai, et c’est l’une de ses multiples facettes. Vous ne l’avez jamais vu dans cet état ? Je crains d’ailleurs qu’il ne s’échauffe.

    Commentaire par ramses — 19/07/2010 @ 17:59

  32. @ Tschok : et ben alors, ça vous réussit pas les vacances, vous…

    Commentaire par jalmad — 19/07/2010 @ 19:13

  33. Bonsoir tschok!

    Contente de vous revoir!

    Bonsoir Ramsès: ça fait pourtant longtemps, maintenant que vouzémoi nous sommes disputés à propos de tschok, et vous ne le comprenez toujours pas, ts ts ts…

    Commentaire par Fantômette — 19/07/2010 @ 19:43

  34. Pas assez d’eau dans le pastis ou trop de pastis dans l’eau, Tschok ?

    Commentaire par Ferdydurke — 19/07/2010 @ 20:09

  35. Bonsoir Fantômette,

    Je me souviens très bien de cet « accrochage », concernant le crash du Concorde…

    Mais nos « divergences » n’avaient pas prêté à conséquences ! Et le ton était plus « soft » !

    Commentaire par ramses — 19/07/2010 @ 20:37

  36. bonsoir Aliocha

    Je pense qu’on reparlera de cette affaire du Monté car le journal a fait appel du jugement
    il est dommage que vous n’ayiez pas le temps de faire un papier dessus car ce jugement pose la question délicate du droit à l’image et des limites de la satire
    je regrette votre réponse laconique mais vous en remercie
    au plaisir de vous lire

    Aliocha : désolée de vous décevoir mais je n’arrive pas à me mobiliser sur un tel sujet. Ils montrent le Président de la République française en train de se faire sodomiser et sur la même page de sodomiser une chèvre (bon, je vois que certains lecteurs au fond de la salle s’agitent, c’est ici), à titre personnel, je trouve ça affligeant. En tant que journaliste sensible à la liberté d’expression et particulièrement attachée à l’impunité quasi-totale des humoristes en France, je peine à m’indigner qu’un juge ordonne de censurer en partie les photos. La seule chose qui m’interpelle un tant soi peu, c’est que fera-t-on après cela de pire dans le mauvais goût dénué d’intérêt ? En revanche, comme souvent, je trouve les attendus de la décision extrêmement savoureux, bien plus drôles d’ailleurs que le pastiche concerné. Rien ne m’amuse plus que la justice lorsqu’elle décrit à sa manière très précise, formaliste et un tantinet solennelle des faits particulièrement graveleux. Je recommande donc aux lecteurs du blog d’aller lire le jugement (PDF), il vaut son pesant d’or.

    Commentaire par artémis velourine — 19/07/2010 @ 21:35

  37. @36, « Aliocha : désolée de vous décevoir mais je n’arrive pas à me mobiliser sur un tel sujet. Ils montrent le Président de la République française en train de se faire sodomiser et sur la même page de sodomiser une chèvre… »

    Les sujets libidineux ont toujours fait recette, et plus encore quand ils sont relayés par une action judiciaire !

    Je pense donc qu’il s’agit là d’un subtil stratagème manipulatoire du gouvernement pour détourner nos regards des affaires actuelles qui les embarrassent vers des sujets plus… plus… plus estivaux (d’où la soudaine réaction de tschok !)

    Commentaire par Oeil-du-Sage — 20/07/2010 @ 09:45

  38. Bonjour Aliocha,

    Bien sûr.

    Je trouve que vos trois propositions de départ, qui vont bien au delà du constat désabusé et qui sont assez glaçantes, jettent aux orties les plus belles pages de l’histoire du journalisme.

    Allez vous dire que Zola et Clemenceau étaient des hommes sous influence, manipulés? Les jouets de puissances obscures qui s’exprimaient par leur plume? Ben merde alors!

    Seriez-vous prête à le dire de Beuve Méry?

    Vous pourriez me répondre que vous visiez plus la presse d’investigation que la presse d’opinion.

    Eh ben parlons en: le Canard Enchaîné, il est bon à jeter au cochon? Et le Nouvel Obs, le Monde, Libé, Marianne?

    Vous prétendez défendre le journalisme et vous en faites dans ce post un portrait pitoyable. Certes j’ai bien compris que dans la suite de vos développements vous apportiez un bémol à vos trois propositions de départ (dans le dernier paragraphe en particulier) mais dire que « par définition » un journaliste est manipulé, c’est en faire par définition une marionnette.

    Un bien piètre hommage à cette belle profession. Et là, je ne vous comprends plus. Faut tenir son rang, quoi.

    Ou bien le coup de blues. Ca je comprends.

    M’enfin n’oubliez pas que les pertes sont lourdes chez les marionnettes ces temps ci: entre celles qui se font buter purement et simplement, celles qui se font enlever et celles qui se font arrêter parce qu’elles ont dérangé un pouvoir quelconque dans la routine de ses goinfreries, le vie est dure pour les marionnettes. C’est pas le muppet show.

    (bon vous aurez compris que votre article m’a un peu agacé car il déconsidère le journalisme et le droit à l’information, qui n’a rien de naturel ni de spontané même dans nos belles sociétés occidentales)

    (c’était juste un mouvement d’humeur)

    Aliocha : Allons Tschok, je ne me formalise plus, je crois avoir fini par comprendre un peu comment vous fonctionniez. Mais vous m’avez fait dire ce que je ne disais pas, ce qui est sans doute de ma faute. Pour quelqu’un de foncièrement idéaliste comme moi, les intentions comptent presque plus que les actes. Par conséquent, je décris les intentions des gens qui nous parlent, elles sont rarement pures, je ne dis pas pour autant que nous nous laissons manipuler et que l’information n’est qu’une gigantesque manipulation.

    Commentaire par tschok — 20/07/2010 @ 13:43

  39. @ Ramses,

    Justement, le style ça me gave.

    Si vous regardez cette discussion d’un peu loin, ce qui était mon cas, vous voyez des internautes discuter intelligemment, mais doctement, de sujets divers alors que les trois propositions de départ devraient soulever le scandale.

    On s’habitue avec style à des trucs qui devraient normalement nous faire bondir immédiatement.

    Ca devrait être un réflexe.

    Elle écrit bien Aliocha, je la prends pas pour une bille. Dans les trois premières phrases vous l’énoncé des buts de l’article:

    1 – C’est malheureux à dire mais un journaliste, par définition, est manipulé.

    2 – Celui qui nous donne une information a toujours intérêt à le faire.

    3 – Face à l’ampleur du développement de la communication, la manipulation est aujourd’hui très simple à identifier.

    Ah oui, vraiment?

    N’est ce pas profondément discutable?

    Commentaire par tschok — 20/07/2010 @ 13:54

  40. @ Jalmad,

    Les vacances ne me rendront jamais supportable l’auto complaisance dans un cynisme désabusé et destructeur.

    Ca m’énerve.

    Vous savez, il y a deux formes de cynisme: un cynisme qui espère (celui des blagues juives par exemple) et un cynisme qui désespère (ce qui est dans l’air du temps aujourd’hui). Le premier me fait rire et le second m’énerve de façon quasi épidermique.

    Cela dit il n’y a rien de personnel là dedans et j’adore Aliocha. Je suis même un peu confus de ne pas avoir été assez guindé. La prochaine fois j’amènerai un pince à sucre.

    Commentaire par tschok — 20/07/2010 @ 14:03

  41. @ tschok,

    En tout cas, vous nous avez manqué.

    Commentaire par Fantômette — 20/07/2010 @ 14:11

  42. C’est réciproque.

    Vous savez que j’ai noté un recul inquiétant de la Danette dans les étales frigorifiques du supermarché de mon coin?

    J’hésite entre taper un scandale ou partir en croisade.

    La question que je me pose: comment, conceptuellement, considérer un frigo comme Jérusalem?

    Le mur de tous ces produits lactés affichant leur matière grasse avec un tel détachement a souvent provoqué mes lamentations, pour autant, je me vois mal lancer un peuple de croyants à l’assaut des têtes de gondoles.

    Bref, j’hésite.

    Commentaire par tschok — 20/07/2010 @ 14:56

  43. Tschok, mais comment NE PAS considérer un frigo comme Jérusalem? Avec ses quartiers réservés (zone froide, zone fraîche), son histoire trois fois sainte (vanille, chocolat, pistache), et la porte des lamentations sur lequel les fidèles glissent de petites prières (« t’as pensé au lait? »)?

    Cela dit, notre robe doit nous inciter à nous montrer légalistes : plutôt que de lancer des troupes de croyants libérer les gondoles frigorifiques, saisissons le Conseil de Sécurité de l’ONU et sollicitons qu’il place les frigidaires sous mandat onusien.

    Commentaire par Fantômette — 20/07/2010 @ 16:00

  44. @ Tschok :

    c’est amusant comme là où vous avez lu du cynisme désespéré, j’ai vu moi un peu de colère et d’agacement. Les 3 phrases d’Aliocha que vous citiez sont sujettes à discussion ? oui, évidemment ; mais en réalité quasi chacune d’entre elles le sont, non ? perso, quand je lis « dans notre société actuelle celui qui n’existe pas médiatiquement n’existe pas » ou grosso modo, je me marre, mais en même temps, même si la formule est grossière ou la formule éculée, je vois bien l’idée qu’il y a derrière, et je me rapporte aussi ce texte à ce qu’il est : un article écrit pour son blog, avec les contraintes de temps, l’imprefection qui s’y attache et qui n’exprime pas nécessairement sa pensée aussi finement qu’elle le souhaiterait. Bref, je découvre la réponse d’Aliocha sous votre post, dans laquelle elle explique qu’elle ne pensait en réalité pas les journalistes « manipulés » mais en réalité voulait dire que tous leurs interlocuteurs tentent de le faire ; malgré la maladresse rédactionnelle, c’est exactement ce que j’avais compris.

    tout ça pour dire, Tschok, que je trouve que vous avez parfois la dent très dure et partez au quart de tour…maintenant, c’est aussi ce qui fait votre charme, on va dire.

    Commentaire par jalmad — 20/07/2010 @ 16:34

  45. @ Tschok

    Ravi de vous revoir, en tous cas…

    « N’est ce pas profondément discutable? »… Certes, mais à mon sens la grossièreté n’est pas de mise… C’est ce qui m’a étonné de votre part… « Fils de pute… », comme vous y allez… Bon, vous me direz qu’Aliocha étant une femme, l’injure ne l’atteignait qu’indirectement, mais quand même… Je trouve que vous avez fait fort… Enfin, elle n’a pas l’air de vous en vouloir et je ne voudrais pas en rajouter…

    C’est comme les Danette au Mur des lamentations… Je vous trouve un peu « borderline », mais j’adore quand même votre style !

    Commentaire par ramses — 21/07/2010 @ 00:01

  46. « on s’habitue avec style à des trucs qui devraient normalement nous faire bondir immédiatement »

    Voilà une vraie remarque digne du Café du Commerce qu’on entend chaque jour au comptoir pour tous les domaines : le journalisme, le judiciaire, le politique, le financier, et même pour le sport maintenant.

    Ha mon brave monsieur, tout est pourri de nos jours… et comme le rajoute le tenancier derrière son comptoir : « pour l’instant tout le monde râle mais personne ne bouge… mais bientôt ça va péter avec tout ce bordel ! ».

    Commentaire par Oeil-du-Sage — 21/07/2010 @ 14:07

  47. Bonjour Jalmad,

    Ah tiens? D’une façon générale j’ai plutôt une impression inverse de la vôtre, ou disons différente: je trouve que les posts d’Aliocha sont techniquement parlant très bien ficelés. On sent bien la patte d’une professionnelle de l’écriture qui se dégage assez facilement des contraintes de production, même si, effectivement, la nécessaire limitation du nombre de caractères (Aliocha ne fait pas une thèse, elle écrit des posts) peut favoriser les imprécisions.

    Mais, pour l’essentiel, ses posts disent bien ce qu’ils veulent dire (sous une réserve qu’il faut assimiler: ils sont entièrement construits sur une notion de clivage: ils disent bien ce qu’ils veulent dire, mais ils disent exactement le contraire, ce qui est à la fois propre à la configuration intellectuelle du journaliste, qui doit faire dialoguer les contraires, mais également l’indice d’une complexité psychique face à un monde contradictoire).

    Dans le cas d’espèce, j’ai lu le truc comme ça: les trois propositions de départ, les deux paragraphes intercalaires qui sont construits en dialectique et qui peuvent quasiment être isolés du reste (l’adrénaline du scoop contra la déontologie) et le dernier paragraphe, qui vient contredire les trois propositions de départ auquel il peut être relié directement.

    Ca donne:

    « C’est malheureux à dire mais un journaliste, par définition, est manipulé. Celui qui nous donne une information a toujours intérêt à le faire. Face à l’ampleur du développement de la communication, la manipulation est aujourd’hui très simple à identifier.

    […]

    « Un mot encore. Tout n’est pas pourri au Royaume des médias. D’abord cette affaire montre que, contrairement à une opinion couramment répandue, les journalistes ne sont pas prêts à tout pour un scoop et que la déontologie n’est pas un vain mot dans ce métier.

    (C’est le crochet avec les deux paragraphes qu’on peut zapper)

    « Ensuite, il nous arrive de recevoir des informations confidentielles de personnes tout à fait honorables qui n’ont pas d’autre dessein que de rendre publiques des choses qui méritent de l’être ou bien encore d’être sollicités par des personnes qui ont besoin de la presse pour éviter de se faire broyer dans l’ombre par le système.

    (C’est la contradiction des trois propositions de départ)

    « Je ne saurais trop vous recommander à ce sujet de voir ou revoir « Mille milliards de dollars » d’Henri Verneuil. Le portrait qu’il brosse du journalisme est assez juste.(etc) »

    (C’est la référence culturelle qui invite à puiser dans la mythologie)

    Au final ça donne pas un discours très conquérant. On pourrait ainsi résumer son post: les journalistes sont des marionnettes, mais parfois il arrive qu’ils fassent des choses bien. D’ailleurs, on en fait des films…

    Cette vision des choses m’a énervé, je le concède. Notamment parce qu’en face il y a des types comme Xavier Bertrand, qui sont des bulldogs de la com et qui n’ont aucun état d’âme de ce genre. Si un journaliste monte sur le ring avec l’esprit qui est sous jacent au post d’Aliocha, faut pas s’étonner qu’il se fasse ratatiner.

    C’est un mental de looser, de soumis. Il faut quand même bien raccorder ça au fait que dans une société démocratique le journaliste occupe une place importante et quand je vois ça chez Aliocha je me dis « merde, c’est pas possible ».

    Voilà pourquoi je suis parti au quart de tour. C’est vrai que j’ai des côtés soupe au lait et que ça me rend pas très convivial. Mais je me soigne.

    En tout cas, j’ai pas du tout senti le texte comme vous et je m’interroge sur ce point. Vous avez considéré la « maladresse rédactionnelle » comme un pur problème de forme qui n’empêche pas d’accéder au message informationnel (du moins celui que vous décrivez à la fin de votre com 44, en droite ligne de la réponse d’Aliocha sous mon com 38).

    Au contraire, j’ai plutôt eu tendance à considérer que le « bruit », comme dirait Gwynplaine, faisait partie du message: la forme est une expression du fond. J’ai donc lu le texte avec son bruit, sans mettre les filtres. Le message informationnel n’est plus du tout le même:

    – Avec les filtres: « nous journalistes sommes la cible de tentatives de manipulation, mais nous en sommes lucides, malgré la tentation du scoop, car notre déontologie existe et nous protège ». Ici, le journaliste est en mode actif.

    – Sans les filtres: « nous, journalistes, sommes les marionnettes des pouvoirs, mais de temps en temps nos interlocuteurs sont sincères et nous pouvons sortir un bon sujet ». Ici le journaliste est en mode passif.

    J’ignore laquelle des deux interprétations est la bonne mais je note que vous dites de la vôtre qu’elle correspond à la réalité (« mais en réalité voulait dire que » dans votre com 44). Soit. Mais ne voir que cet aspect de la réalité dans le texte prive peut être de ce que son auteur voulait mettre en perspective, car il faut bien admettre que l’ensemble de ce post est une dialectique entre la figure d’un journaliste en mode passif et celle d’un journaliste en mode actif, qui ne correspond d’ailleurs pas totalement à la dichotomie journalisme/com’.

    Mais n’avez vous pas abordé cette question avec Gwynplaine?

    Commentaire par tschok — 21/07/2010 @ 14:45

  48. OdS,

    Ca c’est que j’ai écrit: « on s’habitue avec style à des trucs qui devraient normalement nous faire bondir immédiatement ».

    Ca c’est une extrapolation:  » pour l’instant tout le monde râle mais personne ne bouge… mais bientôt ça va péter avec tout ce bordel ! « .

    Une extrapolation est produite par un effet de levier, une exagération entre une proposition de départ et une proposition d’arrivée: « ça va péter avec tout ce bordel » (image de l’émeute dans un climat pré révolutionnaire) est une exagération de « nous faire bondir » (image de la réaction personnelle d’un individu face à une situation qui le fait réagir intellectuellement, par assimilation classique de l’intellectuel au physique).

    Quitte à me prêter des propos de café du commerce, n’extrapolez pas. Accordez moi que je m’en tiens au texte: quand Aliocha écrit « C’est malheureux à dire mais un journaliste, par définition, est manipulé » elle écrit que, par définition, il est une marionnette.

    Ceci n’est pas une extrapolation: une marionnette est manipulée, c’est dans sa définition (Sens 1 Figurine que l’on fait bouger avec les mains ou à l’aide de ficelles [Spectacle]. Anglais puppet
    Sens 2 Personne que l’on manoeuvre facilement [Figuré]). Aliocha procède par assimilation de définitions: la définition du journaliste se retrouve dans celle de la marionnette.

    Cette proposition – digne du café du commerce, pour le coup – ne vous a pas fait bondir, que je sache, quand elle était soutenue par Aliocha. Alors souffrez qu’elle me fasse bondir.

    Commentaire par tschok — 21/07/2010 @ 15:13

  49. @ Ramses, com 45,

    De même Ramses.

    Il est vrai que la grossièreté est une forme d’exagération qui nous rappelle désagréablement que nous avons des racines primitives.

    Bah!

    Commentaire par tschok — 21/07/2010 @ 15:36

  50. @ Tschok :

    vous savez ce qui, au fond, fait la différence entre votre interprétation et la mienne (les 2 se valant, j’en suis convaincue, la vôtre étant même au final plus proche de la lettre ; car, lorsque je disais « Aliocha en réalité voulait dire » c’est parce que je me référais à ce qu’elle exprimait elle-même en réponse sous votre post ! donc mon interprétation se rapprochait en effet sur ce point de son intention, ce qui n’invalide pas pour autant la votre, si on considère le texte en lui-même) ?

    vous lisez le texte et vous intéressez à son seul contenu, pour discuter point par point ce qui y est exprimé en toute lettre, partant un peu du principe que ce texte doit se suffire à lui-même. C’est une démarche parfaitement scientifique, saine, etc…aucun pb. Cette démarche a en outre l’immense avantage de mettre de facto de côté toute tentation de procès d’intention, d’idée préconçue, etc….

    je lis le texte, et, spontanément, je le perçois au travers de l’idée que je me suis faite d’Aliocha (qui peut être erronée, j’en conviens), qui fait que quand je lis sous sa plume « un journaliste est par définition manipulé », je me dis qu’elle ne peut pas vouloir exprimer cela au 1er degré, ou de façon aussi absolue, etc…bref, je la perçois elle-même en mode actif s’agissant du journalisme, donc je vais tendre vers une interprétation en ce sens. Le risque, c’est de sombrer dans le procès d’intention ou à l’inverse, l’adoubement de propos totalement idiots. L’avantage, c’est la souplesse, la possibilité de se réassurer sans agressivité du contenu d’un propos en cas de doute, d’être dans une sorte de bienveillance qui facilite, j’en suis convaincue, le dialogue, voire permet d’accéder au sens au delà d’une lettre qui peut être maladroite, incomplète, etc….

    au final, il n’y a pas de « méthode » idéale : il faut probablement parfois savoir réagir au quart de tour, être intransigeant sur certains contenus (du style « un arabe ça va, c’est quand il y en a plusieurs etc… », même si c’est Harlem Désir qui le dit, soit disant pour déconner, ça craint), et parfois, faire preuve de bienveillance pour faciliter le dialogue, voire la perception du sens (du style Aliocha qui ne s’offusque pas de votre 3 X fils de pute asséné sans explication – et là, c’est bien parce qu’elle vous connaît et vous traite avec bienveillance- et vous invite à développer plutôt que de vous répondre 3 X connard, ce qui, au final, permet à tout le monde de comprendre (enfin !) ce qui vous chiffonnait).

    Je dirai enfin que quoiqu’il en soit, au final, peu importe quelle interprétation est la « bonne » . Il reste intéressant de confronter les différentes lectures d’un même texte, que ce soit pour les lecteurs ou l’auteur du texte, j’imagine.

    Commentaire par jalmad — 21/07/2010 @ 15:40

  51. @Tschok et Jalmad : Ciel, vous me faites rougir tous les deux à faire ainsi l’exégèse de mes propos. Je ne pense pas qu’ils méritent un examen si approfondi. Contrairement à un article, qui est le produit d’un travail de recherche puis de présentation d’information selon un certain nombre de règles, les billets de blogs – pour moi – sont des réflexions personnelles, plus proches de l’oral que de l’écrit, des réactions instantanées, un peu travaillées, certes, mais rédigées en 1 heure. En l’espèce, vous avez tous les deux raison. Jalmad vous avez raison d’avoir replacé ce billet dans un contexte plus large qui est celui du blog et de ce que j’entends y faire : montrer que mon métier est utile, qu’il n’est pas si noir qu’on le décrit, tenter d’en faire comprendre les mécanismes. Par conséquent, vous avez bien compris que je n’entendais pas expliquer que l’information n’était qu’une gigantesque manipulation et que tous les journalistes étaient des pantins. Ce que je voulais dire, c’est que nous étions l’objet de toutes les convoitises. C’était presque d’ailleurs un rappel à l’ordre que je me faisais à titre personnel, tant la situation nécessite une vigilance de tous les instants.
    Tschok, vous avez saisi autre chose, un vague à l’âme, et en ce sens vous avez eu raison aussi, même si vous l’avez dramatisé, ce qui ne m’étonne pas de vous 😉 Quand j’ai écris ce billet, j’étais très irritée que la démarche de transparence de PRD ne soit pas comprise, pire qu’elle se retourne contre elle et que personne ou presque n’aperçoive l’éthique de sa démarche, alors que le public est si prompt à nous traiter de charognards sans foi ni loi. Pour une fois que nous avions un splendide exemple du contraire…Son problème entrait en résonance avec des interrogations personnelles sur un dossier qui me tient actuellement particulièrement à coeur, dans lequel je vais devoir opérer un choix important et où la question de la manipulation se pose de manière cruciale. Je songeais à ce moment-là que la vérité était décidément inaccessible et qu’il fallait accepter de prendre un risque. Je suppose que c’est ce petit bins intellectuel qu’avec votre sagacité habituelle vous avez détecté. Je vais devoir apprendre à me méfier de mon inconscient s’il déborde ainsi dans mes billets 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/07/2010 @ 17:10

  52. @tschok, 48

    Dites moi tschok, vous êtes drôlement chatouilleux du commentaire en ces temps estivaux !

    Désolé de vous avoir offusqué mais ne vous méprenez pas, de ma part qualifier un commentaire de « café du commerce » est preuve de légitimité, spontanéité, voire de bon sens (celui du peuple).
    Bon, c’est vrai que je passe plus de temps au comptoir du café de mon quartier à débattre des faits divers de notre société et autres turpitudes de nos élites politiques (juridiques, économiques, financières, sportives, voire journalistiques, …) que dans les salons cossus réservés à certaines castes privilégiées et condescendantes (dans lesquels s’échangent quelques fois des enveloppes kraft).

    Via votre commentaire, j’ai certes un peu extrapolé la remarque d’Aliocha sur les journalistes en l’élargissant sur tout le reste mais je ne pense pas exagérer. Contrairement à vous, quand Aliocha parle de manipulation de journalistes, je déborde et j’applique cette remarque à tout le reste, et ma culture de café du commerce m’autorise à conclure « …ça va péter avec tout ce bordel ! ».
    Et puis les propos dignes du « café du commerce », objectivement, ça vaut bien les analyses et explications d’experts, techniciens et autres spécialistes autorisés qui finissent par dire avec style et talent tout et son contraire sur les faits de notre société.

    J’ai peut-être été confus et hors sujet dans mes explications, mais bon, comme le dit souvent Aliocha, tout le monde a le droit de s’exprimer et chacun comprend ce qu’il veut ou ce qu’il peut…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 23/07/2010 @ 14:08


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