La Plume d'Aliocha

22/06/2010

Affaire Kerviel : une terrifiante ignorance

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 00:48

Palais de justice, 14h30, 9ème jour d’audience dans le procès Kerviel.

Lundi matin, le tribunal a entendu le N+1 du trader, son supérieur direct en français, autrement dit Eric Cordelle. Je n’y étais pas mais il ne m’a pas fallu longtemps pour obtenir la confirmation de ce que je savais déjà : il n’a rien vu, rien entendu, comme les autres, jusqu’à ce fameux 18 janvier 2008, un vendredi pas tout à fait comme les autres où soudain les yeux de toute la hiérarchie se sont décillés, où l’on allait découvrir avec horreur que Kerviel avait engagé la banque à hauteur de 50 milliards d’euros !

L’effet Tchernobyl

L’après-midi du procès fut du même acabit. On entendit successivement trois autres supérieurs, qui ne servirent qu’une longue et ennuyeuse déclinaison de la thèse de la Société générale,  la même que nous offrit dès le premier jour sa représentante, Claire Dumas,  brillamment relayée ensuite par la splendide indignation de Jean-Pierre Mustier. D’où le sentiment de tourner en rond, depuis le départ. Les 2,2 milliards de position perdante en juillet 2007 ? Ils ne savaient pas. Le 1,4 milliard de gain au 31 décembre 2007 ? Ils ne savaient pas. Le gain avoué de 55 millions d’euros à la même date ? Ils savaient, mais il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Le premier dépassement de Kerviel en 2005, un investissement sur le titre Allianz qui devait rapporter lors des attentats de Londres la  sommes rondelette de 500 000 euros à la banque ? Ils ne savaient pas non plus. C’est à peine croyable ce que les supérieurs de Kerviel pouvaient ignorer comme choses. Bien sûr, Kerviel cachait des éléments, donnaient de fausses explications, entrait des données erronées, mais il y avait néanmoins dans les reportings des montants hallucinants, des opérations incompréhensibles, des frais disproportionnés. Et puis des alertes : 74 au total. Qu’importe le bon sens qui hurle que ce n’est pas possible. Ils n’en démordent pas, ils n’ont rien vu.  Rien, jusqu’à ce fameux 18 janvier 2008. A partir de ce jour là, les récits s’éclaircissent, il n’est plus question de jargonner, les mots sont simples, les phrases claires, les systèmes qui n’informaient de rien soudain crachent les données, c’est l’illumination, la mer rouge s’ouvrant devant Moïse. Chaque journaliste présent dans la salle pourrait désormais livrer le récit du fameux week-end en lieu et place des témoins. On anticipe les phrases, façon karaoke. D’ailleurs plus personne ou presque ne prend des notes. Inutile, on connait l’histoire, la découverte, le silence de Kerviel, la peur qu’il se suicide, la task force de 40 personnes mobilisée durant 48 heures non stop, le désespoir, le spectre de la faillite,  les 150 000 salariés qui, lors de ce week-end maudit, ont frôlé le chômage.   Quand les témoins en arrivent là, ils n’ont généralement plus de mots pour exprimer les risques pris par Kerviel  :  « extravagants », « débiles », « hallucinants », « invraisemblables », « criminels ». Ouf, ce sont donc bien des hommes ! L’un d’entre eux ira même jusqu’à parler d’un effet Tchernobyl. On n’est plus à ça près…

Des petits papillons blancs

Sur sa petite chaise en plastique, Jérôme Kerviel prend des notes, tire sur les manches de sa chemise pour qu’elles dépassent juste ce qu’il faut de la veste, ce qui se joue visiblement au millimètre, remonte ses chaussettes, recentre sa cravate, rajuste son costume qui n’a pourtant pas bougé d’un iota, puis reprend des notes, au risque de semer de nouveau un désordre imaginaire dans sa tenue. Des notes qu’il lance par-dessus son épaule à son avocat, des  pages blanches de carnet, minuscules, que le conseil attrape au vol. Ah ! Comme on aimerait savoir ce qu’ils contiennent ces petits papillons blancs.  Une information inédite qui déstabilisera le témoin au moment de l’interrogatoire de la défense, un détail qui soudain lui revient en mémoire et pourrait faire basculer le procès, ou peut-être simplement un « il ment ! » nerveux assorti d’un numéro de pièce susceptible de confondre l’adversaire.

Tout le monde est licencié mais il n’y a rien d’anormal !

L’avocat du trader, Olivier Metzner, s’énerve, « les N+1, 2, 3, 4, 5 ont été licenciés, le N+7 démissionne ainsi que le président de la banque et il ne s’est rien passé d’anormal ? Tout est de la faute de Kerviel ! » s’exclame-t-il. On voit bien qu’il tente désespéremment de ramener le procès sur le terrain du bon sens. Mais il faut croire que le bon sens n’a pas sa place dans une banque ou alors qu’il s’agit d’un autre bon sens, réservé aux salles de marché et aux êtres supérieurement doués qui les peuplent. « Ainsi on ne voit pas la trésorerie, on ne lit pas les mails, on ne connait pas les frais commerciaux, bref on ne voit rien !  » lance-t-il encore au n+2, Martial Rouyere qui vient d’expliquer qu’il n’avait pas lu un mail d’alerte jusqu’au bout au motif qu’on l’informait qu’un problème déjà survenu le mois précédent venait d’être réglé selon les mêmes modalités que la première fois.  Dommage.  Quelques lignes plus bas figuraient les chiffres qui l’auraient alerté, seulement voilà, il recevait des centaines de mails, il fallait aller à l’essentiel. « Comment faites-vous pour aller à l’essentiel d’un document sans le lire ?  » interroge Olivier Metzner. En vain. Même quand la défense trouve des preuves écrites pour étayer ses dires, il y a toujours un argument à opposer pour conclure que, décidément, on ne savait vraiment rien au-dessus de Kerviel. Car ils ont réponse à tout les « n+ ».  Leur stratégie  est simple, efficace, imparable : tout est beaucoup plus compliqué qu’il n’y parait. Les positions des traders, on ne les regarde pas en nominal ou quand c’est le cas, elles sont fondues dans des montants globaux. Les systèmes informatiques sophistiqués, ils brassent des centaines de millions d’opérations, il faut savoir ce que l’on cherche pour le trouver. Les alertes, elles peuvent signifier tant de choses, proviennent de tant de sources, s’adressent à tant de destinataires différents…. Au demeurant, et c’est là qu’on en est arrivé aujourd’hui, nul n’imaginait qu’il y avait un fraudeur dans l’équipe, car voyez-vous, la banque ça fonctionne sur l’honnêteté et la confiance.   Et tant pis si un précédent témoin a soutenu  il y a quelques jours que la fraude était consubstantielle à la finance, on marche quand même à la confiance.

Le pire, c’est qu’on a envie de les croire, parce qu’ils témoignent sous serment, parce qu’ils répètent tous la même histoire, parce qu’ils ont l’air aussi sincères qu’égarés dans cette salle d’audience où on les oblige à revivre ce week-end de cauchemar.

Quand on leur demande ce qu’ils pensent aujourd’hui de ce Kerviel qu’ils se sont battus pour promouvoir, puis pour garder alors qu’il exprimait l’envie de partir, de ce Kerviel qu’ils décrivaient au départ comme « sérieux », « travailleur », « autonome », « responsable », « brillant », « serviable », histoire de justifier leur choix, ils n’ont plus de mots assez durs pour le qualifier à la fin de leur récit et se dédouaner au passage de n’avoir pas aperçu ses exactions à temps : « tricheur », « manipulateur », « menteur », « mythomane ». Les mots claquent dans le prétoire. Ils tranchent tellement avec le jargon technique qui leur sert à justifier leur infernal aveuglement,  ils sont si loin du sabir qui leur permet de communiquer entre eux dans des mails dont la lecture par le président fait sourire jusqu’à leurs auteurs eux-mêmes. Surtout, ils ont  le mérite infini d’être clairs, au milieu de discours en demi-teinte, où les risk managers s’occupent de tout sauf des risques, où les banquiers ne s’intéressent pas à ce qu’ils gagnent ou perdent même quand les sommes en jeu se chiffrent en milliards, où les systèmes informatiques les plus performants sont décrits comme des maquis inextricables, où les positions de Kerviel parfois sont colossales et d’autres fois ordinaires, selon qu’il s’agit de souligner la gravité de la situation ou de justifier une absence de réaction.

C’est la crise qu’on examine dans ce prétoire

Au fond, ce procès est celui de la crise financière. Il est celui de l’invraisemblable complexité d’un monde devenu incapable de se gérer lui-même mais qui trouve encore la force d’instrumentaliser la procédure judiciaire en jouant de la complexité qui l’a mené où il est, c’est-à-dire au bord du gouffre.   « Tous coupables » résumait jeudi dernier une universitaire. Elle avait raison. A ce stade, on ne penche plus ni d’un côté ni de l’autre dans ce procès, on en vient même à ne plus vouloir départager ceux qui ont raison de ceux qui ont tort. On voudrait juste les renvoyer dos à dos en priant pour que leurs prochains dérapages ne détruisent qu’eux-mêmes. Mais on sait que, bien sûr, ce ne sera pas le cas. Ce matin, le président de l’Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, a présenté le rapport annuel d’activité du gendarme de la bourse. A cette occasion, il s’est inquiété notamment des sommes colossales investies par les acteurs de marché dans des systèmes informatiques capables de traiter des ordres dans d’invraisemblables délais calculés en nanosecondes.  Aux Etats-Unis, on songe à brider ce type d’initiative, pour protéger le marché, le public et les acteurs eux-mêmes de leurs ambitions folles. Son discours me revenait en mémoire cet après-midi à l’audience et je songeais qu’il avait en effet de sérieuses raisons de s’inquiéter.

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28 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha,

    La nanoseconde. Cette capacité d’un cours à osciller autour d’un cours moyen.

    Il y a une thèse à faire là dessus.

    A partir du moment où un agent économique sait spéculer à la hausse, puis à la baisse, il n’y a pas long avant qu’il comprennent qu’il importe peu que le cours moyen aille vers le bas ou vers le haut. Seules comptent les oscillations. Chaque micro pente est une occasion de gagner. Plus ça oscille, plus il gagne.

    Cet agent économique là n’est plus la veuve de Carpentras.

    Je serais curieux de savoir ce qu’en dit Brayard, du haut de ses 30 piges de droit bancaire.

    Commentaire par tschok — 22/06/2010 @ 01:43

  2. bonjour Aliocha

    Je lis avec infiniment de plaisir vos comptes-rendus, merci à vous

    Pour compléter, puis-je indiquer les dépêches AFP qui retranscrivent quotidiennement, en quasi totalité, sur Bourso, l’audience: « Le procès Kerviel en direct » ? Edifiant …

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=4870cf36230cb30f1360c0a86b960e02

    bonne lecture à tous

    Commentaire par gabbrielle — 22/06/2010 @ 07:05

  3. les articles 201 et suivants indiquent bien à quel point on peut apprécier les témoignages de ceux qui sont encore sous la subordination des parties.

    C’est vrai en correctionnelle, c’est vrai aussi en chambre sociale.

    Commentaire par patrons-voyous — 22/06/2010 @ 08:04

  4. 201 & s. du CPC évidemment…

    Commentaire par patrons-voyous — 22/06/2010 @ 08:05

  5. Ah la nanoseconde !…

    Si l’argent circule à une vitesse infinie, un centime peut être utilisé instantanément un nombre infini de fois, et partant ce centime équivaut à une quantité infinie d’argent. Autrement dit plus l’argent circule vite moins on a besoin d’argent, plus on est riche avec moins d’argent. C’est bien ce qui se passe. Les milliards de milliards de dollars qui s’échangent quotidiennement par l’effet de quelques clicks n’ont plus qu’un rapport lointain avec les sommes d’argent sonnantes et trébuchantes effectivement en circulation et ils enrichissent considérablemnt les quelques acteurs qui se les échangent. La réduction des temps de transaction crée de l’argent, ni plus ni moins. Le dicton « le temps c’est de l’argent » trouve là une fascinante confirmation, qui fait penser à l’équivalence entre matière et énergie. Et conduit à se demander si la crise actuelle n’est pas que le prodrome d’explosions autrement destructrices.

    Cette course vers la nanoseconde est une course folle, course mimétique bien sûr, chacun des compétiteurs étant animé avant tout (avant l’appât du gain) par le désir de supplanter ses rivaux. Et la Société Générale fait partie parait-il en la matière des champions mondiaux.

    Révéler le processus en fait voir instantanément toute l’inanité. L’affaire jette une lumière crue sur ce qui devrait rester caché : on comprend que Jérôme Kerviel ait été traité de « terroriste ».

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 22/06/2010 @ 09:42

  6. @ tschok,

    Et savez-vous d’où viennent les compétences en ingénierie informatique utilisées pour construire ces systèmes capables de passer des ordres à la nanoseconde ? Du domaine militaire. Détection de lancers de missiles – ordres de riposte. Intéressant, non?

    La guerre est le nerf de l’argent, finalement.

    J’ai cru comprendre qu’il s’agissait moins de jouer sur des variations à la nanoseconde que d’anticiper le moment où, dans le « bruit ambiant » des oscillations permanentes d’un cours, survient brusquement le micro-baisse de trop, le petit grain de sable en plus qui descend une légère pente, amorce d’un mouvement à la baisse qui doit être, d’une part détecté et interprété, à la nanoseconde , pour déclencher ensuite – toujours à la nanoseconde – des ordres de vente.

    L’inconvénient étant qu’en tout état de cause, le mouvement a toutes les chances de devenir auto-performatif, puisque vos ordres de vente vont naturellement infléchir les cours, et je pense que c’est notamment ce point qui interpelle l’AMF.

    Commentaire par Fantômette — 22/06/2010 @ 12:01

  7. A la différence près que dans le domaine de la défense, on a encore confiance en l’humain et un contrôle humain, même à 20 000km de là (cf les drones). Et qu’il est plus que rare d’avoir des systèmes tout automatiques qui réagissent seuls, ne serait-ce qu’à cause des fausses alarmes ou des bugs.
    Il n’est qu’à voir le peu d’empressement des différents industriels à garantir quoique ce soit avec un haut niveau de fiabilité dès qu’il y a du logiciel un tant soit peu complexe dans la boucle.
    Et si on fait comme dans les avions, on double ou triple, on a des redondances gérées par des automates simples (des ET ou OU logiques avec peu de risque de bug). Et on exige un développement logiciel sérieux, avec des audits extérieurs, des méthodes de travail… Qu’en est-il dans les systèmes informatiques financiers?

    Aliocha : vous mettez le doigt sur le coeur du problème ! Les gens qui travaillent sur la régulation économique et financière, en particulier le professeur Marie-Anne Frison-Roche, s’inquiètent notamment du fait qu’on rédige des textes sur un profil d’homme idéal sans tenir compte de la réalité, ce qui conduit à élaborer de mauvaises inctitations (bonus des traders) il s’inquiètent aussi de la déshumanisation des contrôles. Un patron de salle de marché me disait récemment, « il faut sentir ses traders », et « sentir » c’est de l’humain. D’où l’importance d’ailleurs du fait que Kerviel ne prenait pas de vacances, les systèmes informatiques s’en foutent, un supérieur normalement attentif s’en serait inquiété. Plus généralement, qu’il s’agisse de contrôle interne ou de gestion des risques, on invente des systèmes de plus en plus complexes qui tiennent l’homme à l’écart en pensant que la machine est plus fiable. L’affaire Kerviel montre que c’est faux. De même, on instaure des procédures de plus en plus détaillées qui poussent les gens au formalisme, et le document de la mission Green à ce sujet est édifiant. Il y a eu des alertes, on a posé des questions, on n’a pas compris les réponses de Kerviel mais ce n’était pas important. Le manuel de procédure disait qu’il fallait interroger, il ne précisait pas qu’il fallait comprendre la réponse. Vertigineux !

    Commentaire par Nono — 22/06/2010 @ 12:07

  8. Un article formidable (et qui cite vos billets chère Aliocha) sur éconoclaste : http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2010/06/21/1733-jerome-kerviel-bp-et-la-guerre-du-kippour

    J’aime beaucoup le parallèle avec certaines grosses bourdes historiques comme la guerre du Kippour ou Pearl Harbor, il aurait pu aussi citer Staline qui avait eu le plan de Barbarossa sous les yeux!).

    Commentaire par Mussipont — 22/06/2010 @ 13:17

  9. « L’effet Tchernobyl »…
    Pour rester dans l’actualité je dirais que c’est plutôt « l’effet BP » :
    tant que ça coule à flot dans les bonnes canalisations, rien à dire et on ferme les yeux sur la sécurité, mais si ça pète et que ça se perd dans la nature, c’est la catastrophe et on tente de noyer le poisson par des explications vaseuses !

    Dommage que la marée financière de la SG ne soit pas venue s’échouer à nos pieds pour qu’on puisse la ramasser en se baissant !

    Commentaire par Oeil du Sage — 22/06/2010 @ 15:10

  10. (désolé, j’ai honteusement plagié le site econoclaste qui développe la similitude entre la SG et BP !)

    Commentaire par Oeil du Sage — 22/06/2010 @ 15:19

  11. Bon, je rectifie.

    Après avoir lu l’intégralité de l’article d’éconoclaste, finalement je nommerais cet effet, « l’effet Pieds Nickelés » : voir autant de super-technocrates sur-diplômés et expérimentés commettre autant de bourdes aussi grotesques, c’est pas un roman ou un film qu’il faut faire mais une B.D. !

    (Je note d’ailleurs que « l’effet Pieds Nickelés » est aujourd’hui très largement présent dans beaucoup de secteurs, pas que dans la finance en fin de compte…).

    Commentaire par Oeil du Sage — 22/06/2010 @ 15:32

  12. Je suis désolée, je ne lis pas toutes vos proses sur le procés Kerviel qui pourtant devrait m’intéresser. Mais peut etre pourrez vous répondre a ces deux questions :

    – a t on parlé du soucpon de délit d’initié de ce cher Mustier (quand je pense que je l’ai itw une fois et qu’il est tombé sous mon charme !!!)
    – a t on parlé du fait que la SG a perdu près de 2 milliards d’euros le meme jour sur les subprime (alors qu’un mois avant c’etait 200 millions)

    J’imagine que oui…

    Mais a t on aussi parlé du fait qu’a priori pendant l’instruction du dossier, un monsieur SG était présent tous les jours dans le bureau a coté du jude d’instruction pour lui expliquer comment fonctionnent les marchés financiers? J’en suis moins sure

    En tout cas, j’attends votre compte rendu de l’audition de Dany…. j’avais piscine trop tot ce soir pour pouvoir aller l’écouter

    Commentaire par misty — 22/06/2010 @ 16:11

  13. Chère Aliocha,

    je vous rejoins en tout point, en rajoutant une chose: je trouve phénoménal que toute la hiérarchie semble si absente, si désintéressée, si… Franchement, ça me fait peur sur la hiérarchie de la SG, et j’ose espérer qu’ailleurs dans la finance ce n’est pas à e point là.. Sinon, je pense qu’on va droit à une vraie catastrophe qui fera passer 1929 pour une plaisanterie de potache!!

    Commentaire par Nono — 22/06/2010 @ 16:15

  14. Cher Nono

    Je pense malheureusement que c’est le cas dans beaucoup d’autres banques de marché…. on ne voit rien, surtout si c’est pour gagner de l’argent! (regardez Madoff… dans le meme style)

    Commentaire par misty — 22/06/2010 @ 16:32

  15. Histoire de remuer encore un peu la tronçonneuse (de la finance) dans la plaie (du citoyen lambda), et par la même occasion relativiser les pertes de la SG, avec ses 7 Mds d’euros perdus (+ les divers frais annexes, justice, communication, …), la SG a de quoi faire de bonnes « provisions pour risques et charges » pour un bon moment.

    En clair, elle peut (va) provisionner cette belle somme en déduction de ses impôts pendant de belles et longues années !

    Commentaire par Le comptable du coche — 22/06/2010 @ 17:01

  16. @ Misty :

    « qu’a priori pendant l’instruction du dossier, un monsieur SG était présent tous les jours dans le bureau a coté du jude d’instruction pour lui expliquer comment fonctionnent les marchés financiers ». Elle sort d’où cette info, au juste ?

    parce que si c’est vrai, ça pourrait expliquer les extraits cités dans l’ORTC d’observations de Kerviel et son conseil sur l' »instruction sponsorisée » par la SG, ou les violations incessantes de leurs droits fondamnetaux, mais surtout, ce serait très grave : il n’est pas sensé exister des échanges entre le juge d’instruction et une partie en dehors de ce qui se trouve au dossier, et il s’agit d’une accusation à peine masquée de partialité et de collusion avec la SG des juges.

    Je ne dis pas que ça ne peut pas être le cas, je ne pars pas du principe qu’un juge est nécessairement honnête, compétent, etc….mais j’aime bien avoir un minimum d’éléments sur lesquels fonder ce genre d’affirmation, et ce que je lis, moi, dans l’ORTC, notamment concernant le pourquoi de l’absence de réaction de la banque et de l’échec des contrôles est pas vraiment tendre pour la SG. Je n’ai pas non plus lu la description d’un Kerviel machiavelique, appâté par le gain (il est même fait état d’une absence de lien certain entre ces prises de position et le bonus obtenu), etc…J’y lis également que Kerviel a été entendu une quinzaine de fois et confronté une quinzaine de fois à des personnes de la SG, donc me paraît avoir eu l’occasion de donner sa version assez longuement et de pouvoir répondre aux thèses de la SG ; qu’il a même été confronté une seconde fois à l’un de ses supérieurs car il avait évolué dans ses déclarations sur un point précis. Alors, que la SG ait été entendue longuement et/ou plein de fois au cours de l’enquête (ceci se matérialisant par différents procès-verbaux d’audition au dossier), qu’elle ait fourni des tonnes de pièces au juge qui est tenu de les recevoir, c’est une chose, éventuellement criticable du point de vue de Kerviel, mais qui ne me paraît pas relever du quasi sponsoring, mais bien du déroulement normal de la procédure. Et Kerviel peut faire valoir ses droits en demandant tel acte d’enquête supplémentaire sur tel point, etc…

    donc j’aimerais bien savoir d’où sort cette information (mes maigres recherches sur le net ne m’ont pas permi de le savoir), et en quoi aurait consisté excatement cette « présence d’un monsieur SG tous les jours dans le bureau à côté du juge d’instruction » . Si vous pouvez me renseigner, je prends.

    Commentaire par jalmad — 22/06/2010 @ 18:27

  17. « Au fond, ce procès est celui de la crise financière. Il est celui de l’invraisemblable complexité d’un monde devenu incapable de se gérer lui-même mais qui trouve encore la force d’instrumentaliser la procédure judiciaire en jouant de la complexité qui l’a mené où il est, c’est-à-dire au bord du gouffre ».

    Mais, aliocha, vous êtes de gauche ? Attention, à force de critiquer notre système économique vous allez vous faire traiter de gauchiste.

    Commentaire par Gilbert — 22/06/2010 @ 23:10

  18. On vous sent un peu partisane sur ce dossier, au point d’en appeler au bon sens pour justifier que, nécessairement, les supérieurs de Kerviel étaient au courant.

    Pour qui connaît un peu le fonctionnement des grosses organisations publiques ou privées, le bon sens indique plutôt que des gros problèmes peuvent facilement y passer tout à fait inaperçus. Et le bon sens indique que le contrôle des risques et la prévention des fraudes nécessitent dans des environnements aussi complexes des dispositifs très sophistiqués. Les traces de malversations ne sortent jamais toutes seules des bases de données.

    Mais revenons-en aux faits : l’hypothèse selon laquelle les supérieurs de Kerviel auraient été au courant, même de manière plus ou moins subliminale, ne tient pas face à l’unanimité des témoins, qui ne sont pas tous des salariés actuels de la banque, et au bon sens qui veut qu’aucun salarié un peu sérieux ne risquerait son job et la survie de sa société à la roulette.

    « Tous coupables »… peut-être, mais d’incompétence et de négligence tout au plus du côté de la banque, à la différence de Kerviel dont les agissements sont pénalement répréhensibles. Au risque de vous décevoir, il est vraisemblable qu’il va être sévèrement condamné.

    Commentaire par Augustissime — 22/06/2010 @ 23:19

  19. @jalmad
    Cette information sort d’un avocat de petits actionnaires de la SG……
    Je n’ai pas eu l’occasion de creuser cette information je l’avoue. Mais l’idée ne me parait pas bête. je sais que Van Ruymbeke a fait appel a quelques experts externes (ça je l’ai su par quelqu’un de très proche du dossier, mais pas totalement neutre dans l’histoire) mais je ne serais pas étonnée que la SG ait fait du forcing pour mettre quelqu’un de son camp.

    Commentaire par misty — 23/06/2010 @ 00:02

  20. @ Augustissime

    « « Tous coupables »… peut-être, mais d’incompétence et de négligence tout au plus du côté de la banque, à la différence de Kerviel dont les agissements sont pénalement répréhensibles. Au risque de vous décevoir, il est vraisemblable qu’il va être sévèrement condamné ».

    En 2007, l’année où Jérôme Kerviel a pris des positions pour des dizaines de milliards d’euros, il n’avait pris que quatre jours de vacances pour toute l’année, avec l’accord de la hiérarchie. Vous ne croyez pas que c’est une circonstance atténuante ? Quand on mène une vie de dingue, au mépris du droit du trava

    Commentaire par Gilbert — 23/06/2010 @ 02:00

  21. @ Augustissime

    « « Tous coupables »… peut-être, mais d’incompétence et de négligence tout au plus du côté de la banque, à la différence de Kerviel dont les agissements sont pénalement répréhensibles. Au risque de vous décevoir, il est vraisemblable qu’il va être sévèrement condamné ».

    En 2007, l’année où Jérôme Kerviel a pris des positions pour des dizaines de milliards d’euros, il n’avait pris que quatre jours de vacances pour toute l’année, avec l’accord de la hiérarchie. Vous ne croyez pas que c’est une circonstance largement atténuante ? Quand on mène une vie de dingue, au mépris du droit du travail (le code du travail français impose une durée de travail hebdomadaire, une limite d’heures travaillées quotidiennement, les repos obligatoires, etc…) il me semble que la responsabilité du patron voyou est largement engagée.
    Tant que Kerviel faisait gagner du pognon, en s’affranchissant des règles, c’était bien, ses supérieurs cherchaient pas à voir plus loin. Le jour où il a perdu (comme beaucoup, avec la crise) il est devenu le bouc émissaire. Je crois que son avocat a pas mal de biscuits pour le sortir de là.

    Commentaire par Gilbert — 23/06/2010 @ 02:05

  22. @ misty :

    merci pour la réponse, mais je ne comprends toujours pas à quoi correspond ce « mettre quelqu’un de son camp », et comment ça se serait traduit concrètement, dans le dossier.

    Evidemment que la SG va tenter de le faire, c’est de son intérêt : de la même manière que Kerviel fait citer comme témoin cette prof de Paris 2 qui avance des arguments qui vont dans son sens ! Mais enfin, quoi, la SG est bien partie civile dans cette affaire, non ? en tant que telle, elle a des droits, non ? et si elle demande au juge d’instruction d’entendre ses spécialistes pour qu’ils expliquent les différents produits, etc, pourquoi le juge refuserait, du moment que ça se traduit par des PV d’audition au dossier, que Kerviel pourra critiquer, ou essayer de contrer en demandant à s’expliquer lui-même sur les points qu’il conteste, ou le recours à des « spécialistes » indépendants de la SG ? C’est complètement absurde d’imaginer qu’un juge d’instruction devrait refuser à une partie civile de s’exprimer et d’avancer sa vision des choses sous prétexte qu’elle est…partie civile donc intéressée au dossier. On refuse d’entendre la partie civile dans un dossier de violences au motif qu’elle accuse le mis en examen qui nie les faits ? On refuse d’entendre les témoins à charge qu’elle cite au motif qu’il s’agit de sa famille, ses amis ? Non, on fait les actes ; mais on fait aussi les autres actes qui nous paraissent nécessaires à la manifestation de la vérité, dont ceux à décharge. Ensuite on pèse les éléments et on avise.

    vous dites vous même qu’apparemment Van Ruymbeke (d’ailleurs, juste en passant : ils sont 2 juges dans l’affaire, c’est pas juste Van Ruymbeke donc) a aussi fait appel à des « experts neutres ». Donc il ne s’est pas contenté du seul point de vue de la SG.

    vous rendez-vous compte de la coloration que ça donne à l’affaire, de laisser entendre que l’instruction aurait pu être complètement faussée, car, en gros, complètement noyautée par la SG voire délibérément à charge ? que Kerviel le dise, très bien, il peut le penser, il peut même avoir des raisons précises de le penser, mais il peut aussi juste balancer cela comme pur élément de stratégie de défense….et en l’occurence, Kerviel ne le dit pas, sauf erreur (il l’a dit apparemment par voie d’observations aux juges d’instruction, reprises dans l’ORTC, mais pas ensuite lors du procès). Par ailleurs, j’observe que des petits actionnaires se sont fait « shooter » du dossier par les juges d’instruction, leurs constitutions de parties civiles ayant été déclarées irrecevables (cf l’ORTC), probablement au motif assez classique qu’on peut considérer que c’est la SG qui est seule victime directe des faits délictueux dont les juges étaient saisis : les fonds « détournés » sont ceux de la personne morale SG, et pas des petits actionnaires (en gros) ; ils (ou d’autres) se constituent à nouveau à l’audience (ou la cour d’appel leur a donné raison), très bien, dont acte, et on peut comprendre pourquoi ils critiquent l’instruction qui les a écartés, mais là encore, sur la base de quel élément, stratégie de com ???

    donc qu’un observateur extérieur relaye cela sans avoir plus d’élément tangible et précis par rapport à cette « information », moi, je suis désolée (corporatisme oblige), ça me bouffe.

    Commentaire par jalmad — 23/06/2010 @ 09:58

  23. J’ai encore l’impression que le débat tourne en rond.
    La question fondamentale serait de savoir si la hiérarchie de Kerviel était au courant…

    Au fond qu’est-ce que ça change ?

    – Si elle l’était, est serait complice,

    – Si elle ne l’était pas, elle serait simplement incompétence.
    Ce serait aussi un non respect de son devoir et de son contrat avec l’entreprise.

    J’entends souvent la remarque qui consiste à dire que dans ce deuxième cas, la SG n’est pas coupable car le délit d’incompétence n’existe pas !
    (Pourquoi ce point de vue s’applique à la SG mais pas à JK ?).

    Vu sous cet angle toutes les dérives peuvent être qualifiées d’incompétences et sortir du débat judiciaire.

    Dire qu’une direction et une hiérarchie ont été incompétentes, et donc échapper à toute culpabilité, c’est un peu comme si on essayait de chercher l’irresponsabilité légale (au sens l’article 122-1 du Code pénal concernant les paranoïaques, dépressifs et autres psychopathes).

    C’est un peu facile comme argument, même si la schizophrénie financière est devenue une pathologie bien présente dans le milieu de la finance.

    Commentaire par Oeil-du-Sage — 23/06/2010 @ 10:00

  24. @ Fantômette, com 6,

    Ce que vous dites sur l’anticipation de la micro baisse, comme prodrome d’une baisse d’un cours, et donc comme facteur déclenchant d’un ordre de bourse, me rappelle ce que me disait un gestionnaire de portefeuille qui m’expliquait que lorsqu’il faisait un arbitrage, il vendait sur des valeurs montantes.

    Étonnement de ma part: d’habitude on vend quand ça baisse et on conserve quand ça monte pour revendre à l’acmé, qu’on anticipe. Pour moi, c’était le choix du « jusqu’où aller dans la hausse » qui est difficile à faire.

    Du tout, du tout me répond-t-il: si ça monte cela veut dire que la valeur est en train d’épuiser son potentiel de hausse et donc qu’il faut se dépêcher de vendre, avant les autres, pour aller sur une valeur qui, elle va monter. Au moment où vous faites ce choix, cette dernière valeur, celle qui va monter mais ne monte pas encore, peut elle même être sur un cours descendant.

    Et là dessus il m’explique que conserver quand ça monte et vendre quand ça baisse, c’est de la spéculation. L’arbitrage, c’est autre chose.

    Résultat des courses: on vend une valeur qui monte pour acheter une valeur qui descend. Et quand vous achetez la valeur qui descend, vous la faites remonter et à la revente, vous avez votre plus value. Le tour est joué (enfin c’est l’une des techniques, il y en a plein, très sophistiquées).

    Si les cours de valeurs sont cadencés à la nanoseconde, vous vous rendez compte du nombre d’aller-retours qu’on peut faire sur une valeur en quelques secondes, ce qui reste la vitesse d’exécution minimale par un homme. Et c’est là qu’on est surpris: pourquoi cadencer un cours à la nanoseconde puisque de toute façon l’être humain ne peut descendre au mieux sous les quelques dixièmes de seconde (même un as du clic)?

    Mais c’est oublier deux choses: d’une part il n’y a pas un seul homme qui clique, mais une multitude. D’autre part, en matière d’arbitrage, la décision de basculer d’une valeur à une autre est prise mathématiquement, quand une série d’indices atteignent un niveau fixé au départ en fonction du risque qu’on a prédéfini: en somme, ça peut être automatisé. Or, les ordinateurs, eux, sont ultrarapides. Et ils sont eux aussi une multitude.

    Donc, tout naturellement, la nanoseconde devient une unité de temps pertinente. Et puis il y a cet adage de la société technicienne: si ça peut être fait, ce sera fait. Sans se poser la question de l’opportunité, mais seulement celle de la pertinence.

    Commentaire par tschok — 23/06/2010 @ 10:43

  25. @ tschok 24

    « Et puis il y a cet adage de la société technicienne: si ça peut être fait, ce sera fait. »

    Et c’est ainsi que, esclaves volontaires de la technique, nous renonçons à la liberté.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 23/06/2010 @ 10:57

  26. @ Jalmad,

    J’ai peut être une interprétation à vous proposer, à propos du rôle des actionnaires (les minoritaires).

    En macro économie on dit qu’une dépense sociale est toujours in fine assumée par les consommateurs ou les actionnaires. Une perte de 4,5 milliards est une « dépense sociale ». Qui va l’assumer? Les consommateurs, c’est à dire les clients de la banque, ou les actionnaires?

    Cette décision est prise par l’état major de la banque au moment où il décide d’affecter les bénéfices soit au comblement des pertes (dans ce cas, cela vient en diminution du dividende, donc les actionnaires payent la perte sous la forme d’un manque à gagner) soit aux dividendes (dans ce cas, les pertes seront comblées par des produits d’exploitation provenant des clients, qui assument la perte).

    Tout cela se décide en AG et peut donner lieu à des parties de bras de fer. Dans ce cadre, mais je n’en sais rien, c’est juste une hypothèse, il est peut être intéressant pour les minoritaires de faire pression sur l’état major, afin de ne pas faire partie de ceux qui vont se faire plumer, puisque vous savez que tous les actionnaires ne sont pas égaux face aux dividendes.

    Ce n’est pas un volet de l’affaire qui a été particulièrement exploré (et la SG s’en félicite je crois). De ce point de vue, le procès Kerviel est un illuminateur qui place mécaniquement dans l’ombre cette partie là de l’affaire.

    Tout ce qu’on peut constater c’est que les minoritaires veulent établir un lien entre le côté qui brille et le côté obscur de l’affaire. Ils doivent avoir leurs raisons, qui dérivent toujours d’une seule préoccupation: la préservation de leur dividende.

    Une autre donnée peut être prise en compte: dans un climat de crise financière et monétaire une banque veille à ses capacités d’autofinancement. Elle aura donc tendance à faire assumer la perte par ses clients et à réguler ses distributions de dividendes, sans les tarir, mais en étant très sélectives.

    Dans un tel cas de figure, historiquement, deux catégories trinquent: le client consommateur et le petit porteur. C’est historique (ça se voit habituellement dans l’histoire). C’est peut être sur la base de cette peur « historique » que les minoritaires agissent devant le juge pénal, sans trop savoir pourquoi mais dans le but de se rassurer: après tout, il n’est pas dit que la banque les maltraitera au moment de la distribution du bénéf.

    J’ai cru entendre ses derniers jours qu’elle tenait un discours assez triomphant sur ce terrain là.

    Commentaire par tschok — 23/06/2010 @ 11:21

  27. @ Tschok : oui, j’entends bien.

    Et notez bien que personnellement, ça ne me poserait aucun pb qu’une partie à un de mes dossiers lâche des sous-entendus selon lesquels mon enquête n’aurait pas été tout à fait impartiale, et même dise, publiquement si ça la chante « ce juge est vendu à l’autre partie, c’est un connard incompétent ». Je ne dis pas que je le vivrai bien ni que ça ne m’énervera pas dans un premier temps, mais je me dirai que quelque part, c’est de bonne guerre, et que de son point de vue, il y a sans doute des milliards de raisons de penser cela et de le ressentir comme ça, même si, du miens, j’estime que ce n’est pas du tout le cas ; peut-être même essaierai-je d’identifier les éléments sur lesquels je pourrais éventuellement agir pour éviter qu’une partie en arrive à un tel point de vue (à supposer qu’il ne s’agisse pas uniquement de stratégie de com avant un procès).

    En revanche, qu’un tiers à ce dossier d’instruction, qui n’en connait par définition que la partie visible (ici, l’ORTC et ce qui en émerge à l’audience, ainsi que, justement, ce qu’en disent les parties), se permette de reprendre à son compte ce point de vue sans l’étayer par un élément précis qui pourrait être mis en discussion, là, ça m’énerve beaucoup plus, car je me dis que la com a encore de beaux, beaux jours devant elle, ou, pire encore, que des juges d’instruction pourraient se comporter ainsi sans que ça ne suscite de réaction plus avant….

    Je ne dis pas que Misty est de ceux là, elle a avancé le truc assez prudemment, puis cité l’origine et admis qu’elle n’en savais pas plus. Mais en attendant, il semble que c’est une « info » qui tourne, et sur laquelle on n’a peu de prise pour la combattre ou la soutenir, car on se sait même pas ce qu’elle recouvre exactement.

    Commentaire par jalmad — 23/06/2010 @ 12:19

  28. « Tous coupables »… peut-être, mais d’incompétence et de négligence tout au plus du côté de la banque, à la différence de Kerviel dont les agissements sont pénalement répréhensibles. Au risque de vous décevoir, il est vraisemblable qu’il va être sévèrement condamné ».

    Et il y aurait une personne, une seule, pour trouver ça normal ?
    Pardonnez-moi, Augustissime, mais si c’est vraiment le cas, si sur sept (sept !) niveaux de hiérarchie, personne (personne !) ne s’est rendu compte qu’un gamin jouait au black jack avec plusieurs dizaines de milliards d’Euros qui ne lui appartenaient pas, c’est encore beaucoup plus grave que toutes les malversations possibles de la part de cette hiérarchie. C’est un non-sens absolu.

    Commentaire par lambertine — 23/06/2010 @ 19:23


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