La Plume d'Aliocha

17/06/2010

Impressions personnelles d’audience

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 14:12

Palais de justice, 16 juin, 15 heures, 7 ème jour d’audience dans l’affaire Kerviel.

« On a « deleté » le forward, ça ne change rien du côté des deltas ». Vous ne comprenez rien ? Moi non plus. C’est du jargon de salle des marchés, celui-là même qu’on nous sert depuis le début du procès. De cet infernal imbroglio de sommes astronomiques, de fichiers informatiques, de mathématiques financières, de vocabulaire incompréhensible et de moeurs ésotériques devra jaillir la vérité judiciaire d’ici la fin de la semaine prochaine. Une vérité qui, à ce stade, demeure inaccessible, embrouillée dans des démonstrations aussi complexes que contradictoires. Plus on avance, moins on comprend. Seules quelques certitudes surnagent, celles-là même qu’on possédait déjà avant le procès. Kerviel jouait des montants « faramineux », « inhumains », « débiles », « extravagants », il a pulvérisé les limites, toutes les limites dans les prises de positions (50 milliards), les gains (1,4 milliards) puis les pertes  ? Sans aucun doute. Tout le monde s’accorde sur ce point, y compris kerviel lui-même. C’est la première certitude de ce procès. L’audience d’hier a mis en lumière un autre élément tangible. En quelques questions factuelles et glacées, auxquelles Kerviel était invité à répondre par oui ou par non,  le parquet lui a fait avouer les faits constitutifs des infractions qui lui sont reprochées. Un tel recadrage était  nécessaire à ce stade, tant l’affaire s’embourbe dans les explications absconses, les demi-vérités, les jargons techniques pour initiés. Mais s’il offre le confort intellectuel d’un élément solide, cet aveu n’éclaire guère sur le contexte du dossier. Or c’est bien lui qu’il s’agit de mettre à nu. Pourquoi Jérôme Kerviel a-il agi ainsi ? Avait-il ou non le soutien de la banque ?

A ces deux questions, obsédantes, le 7ème jour de procès  a apporté un embryon de réponse.

Jouer des milliards ? Une habitude, une forme d’addiction aussi

D’abord, questionné par le tribunal, Kerviel s’est un peu dévoilé. « Comment justifiez-vous cette fuite en avant ? » interroge un juge assesseur. « On prend l’habitude de brasser des sommes de plus en plus importantes, répond Kerviel, et puis quand on a un matelas (il fait allusion à son gain de 1,4 milliards au 31 décembre 2007 qui lui a permis de prendre ensuite une position de 50 milliards), on se sent en sécurité, c’est une habitude mais aussi une forme d’addiction ». Le juge poursuit « quand auriez-vous arrêté ? » et Kerviel de répondre, cash : « si je vous répondais, je mentirais, je n’en sais rien ». « On dit que c’est inhumain, vous sentiez vous surhumain ou inhumain ? » insiste le juge. « Absolument pas ». Puis il évoque le fait que l’absence de réactions de la hiérarchie a pu donner au trader un sentiment d’impunité « en l’absence de policier pour verbaliser les feux rouges grillés » face à des supérieurs incompétents. « Non, répond le prévenu, ce sont des personnes expérimentées. Il y avait des policiers, mais c’est comme si ces policiers vous flashaient puis vous disaient « repassez, on la refait ». Tous les matins on publiait la liste informelle des risques, il arrivait que j’ai un milliard de risque, tout le monde le voyait et personne ne s’en inquiétait ». Si, comme Kerviel le prétend, la hiérarchie était au courant et laissait filer, pourquoi a-t-il eu peur le 18 janvier quand on lui a demandé des comptes sur ses activités ? « Parce que tous les hauts patrons ont débarqué dans la salle, c’était des gens qu’on ne voyait jamais ». Et Kerviel d’avouer qu’il était « impressionné ». « Avez-vous voulu défier le système ? » interroge encore le tribunal. « Absolument pas ». Le trader maintient donc sa ligne de défense : il a poussé le système jusqu’au bout, la banque savait mais ne l’a pas arrêté…. tant qu’il rapportait de l’argent.

Des fraudes pas très sophistiquées

Jean-Laurent Moisson, inspecteur à la Banque de France – cité par la défense  -va quant à lui mettre à mal la thèse de la banque selon laquelle le « génie » Kerviel serait parvenu à tromper sa confiance grâce à des manoeuvres extrêmement habiles et donc indétectables. L’inspecteur raconte qu’il a débuté sa mission le 25 janvier 2008, soit une semaine après la découverte des faits. Deux mois plus tard, le rapport est accablant pour la Société Générale en ce qui concerne la fiabilité de son contrôle interne. Au point que la Commission bancaire inflige à la banque une sanction de 4 millions d’euros. L’inspecteur  précise spontanément, « le plafond de sanction à l’époque était de 5 millions, c’était à ma connaissance la plus lourde amende jamais infligée ». Depuis lors, le maximum a été relevé à 50 millions. Un des multiples effet collatéraux de l’affaire…Toutefois, la commission bancaire a tenu compte du fait que la banque avait réagi très vite et parfaitement collaboré avec l’inspection. « Si une telle fraude a été possible, explique le témoin, c’est qu’à l’époque le risque opérationnel n’était pas une préoccupation à la Société générale, on se focalisait sur le bon déroulement des opérations plus que sur les possibles fraudes ». Le parquet s’interroge : « les techniques utilisées ont-elles pu retarder la découverte ? ». « Elles étaient habiles, répond l’inspecteur, mais elle suscitaient des alertes lorsque les clignotants existaient, ce qui n’était pas le cas sur les montants en nominal ni sur les transactions hors marché. Par ailleurs, les justifications de Jérôme Kerviel n’ont pas été suffisamment challengées ». Comprendre qu’elles n’ont pas donné lieu à des vérifications approfondies. Le président a son tour interroge : « les fraudes étaient-elles particulièrement élaborées ? ». La réponse du témoin a de quoi  faire frissonner sur les bancs de la partie civile : « non elles n’étaient pas particulièrement sophistiquées  et elles n’étaient pas imparables, d’ailleurs une fraude du même type avait été détectée en 2007 ». Fraude dont on apprendra, suite à une question d’Olivier Metzner, l’avocat de Kerviel, qu’elle était le fait d’un autre trader. Non seulement le système de contrôle interne de la banque était défaillant, mais on découvre qu’elle n’a pas pris la peine de le rectifier, en tout cas pas dans le service Delta one où travaillait Kerviel.  L’audition de l’inspecteur révèle également qu’en novembre 2007, l’évaluation d’Eric Cordelle, supérieur direct de Kerviel, constatait des résultats financiers très favorables mais s’inquiétait aussi de « carences préoccupantes » dans la surveillance de l’équipe. Des carences que le supérieur de Cordelle n’a d’ailleurs pas pris la peine de surveiller pour s’assurer qu’elles étaient corrigées.  Olivier Metzner tente de pousser le témoin sur le terrain des milliards soi-disant invisibles dans la trésorie, mais cette fois il n’obtiendra pas grand chose. L’inspecteur confirme ce que dit la banque, à savoir que si les fonctions supports travaillent sur des montants globaux et non pas individualisés, une somme d’un milliard peut ne pas apparaître. Il précise toutefois que l’inspection a critiqué l’organisation de la banque à ce sujet.

Deux  témoins seront entendus ensuite. Un autre inspecteur de la Banque de France qui n’ajoutera rien aux débats, son collègue ayant satisfait la curiosité de tout le monde, puis un ancien collègue de Jérôme Kerviel. Visiblement gêné d’être là, le témoin s’exprime à contrecoeur, son témoignage est long, fastidieux, souvent inaudible, et chacun se demande, en l’écoutant : « c’est donc cela un trader ? ». Cette plongée dans l’univers mythique et sans doute un peu fantasmé des salles de marché laisse, au bout du compte,  un sentiment troublant. Ils sont bien ternes les soi-disant rois des salles de marché. A l’exception notable de Kerviel, justement, dont on mesure l’étrange épaisseur au fil des audiences.  Un peu plus tôt dans la journée, lors d’une pause, je le croise sur les marches du Palais. Il n’est plus accompagné cette fois que d’un seul gendarme. Visiblement, photographes et caméramans ont décidé de le laisser en paix. Je m’approche du cendrier en même temps que lui pour éteindre ma cigarette, il s’efface instantanément en murmurant un « pardon » timide qui me laisse interdite. Nos regards se croisent quelques secondes, il y a dans ses yeux un mélange d’angoisse et de désir de bien faire qui cadre assez bien avec le portrait qu’il dresse de lui-même dans son livre, et notamment sa volonté de faire gagner de l’argent à sa banque. Mais ce n’est là bien sûr qu’une impression personnelle.

Il est bientôt 20 heures, l’avocat des salariés actionnaires se lève pour demander de nouveau l’audition du président de la banque à l’époque, Daniel Bouton. Le tribunal réserve sa décision. Fin des débats.

On apprend ce matin que Daniel Bouton sera entendu mardi prochain.

Note : la décision de la commission bancaire est ici.

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27 commentaires »

  1. Merci Aliocha pour ce billet d’impressions personnelles qui permet d’apprécier aussi un journalisme moins factuel. En tout cas, moi j’aime bien.

    Commentaire par Zythom — 17/06/2010 @ 15:55

  2. Il est peut-être utile de rappeler qu’il y a deux enjeux dans ce procès:

    d’une part, un enjeu pénal,
    d’autre part , un enjeu civil (les dommages et intérêts éventuels à la charge de JK)

    On peut supposer que JK ayant reconnu certains faits, le tribunal pourra entrer en voie de condamnation.

    Si en effet la défense n’arrive pas à démontrer que la banque ne pouvait pas ne pas savoir, mais seulement que le système de contrôle était défaillant, il pourrait s’ensuivre des conséquences différentes pour chacun des deux volets.

    Plus le système de contrôle sera considéré comme défaillant:

    – plus la responsabilité pénale de JK pourra en être aggravée en raison de ses manipulations pour le détourner, étant donné qu’un employé loyal aurait dû au contraire signaler ces déficiences,

    – plus la responsabilité civile pourra en être diminuée puisque les défaillances du système de contrôle tendent à augmenter la part de responsabilité civile de la banque.

    Commentaire par Tendance — 17/06/2010 @ 16:02

  3. Je regrette d’avoir manqué l’audience de ce matin : http://www.20minutes.fr/article/579021/Societe-Proces-Kerviel-Ils-sont-tous-coupables.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/06/2010 @ 17:08

  4. Et (donc)(bis repetita) :

    La décision de la commission bancaire en question.

    Aliocha : Merci ! je la cherchais partout en version électronique ! vous êtes géniale 😉 Je n’en dirais pas de même du site de BdF….

    Commentaire par Fantômette — 17/06/2010 @ 17:16

  5. J’aime beaucoup l’image utilisée par JK, sur le type qui se fait effectivement flasher et à qui les gendarmes demandent de la refaire.

    Subtil.

    Et en phase avec certains considérant de ladite décision.

    « Considérant qu’il ressort de l’instruction que de graves défaillances ont eu lieu dans le suivi et le contrôle de premier niveau, telles qu’elles étaient définies par les règles internes pour le premier niveau hiérarchique de l’opérateur de marché Monsieur A (ci-après l’opérateur) ;

    que, notamment, le suivi détaillé et quotidien de l’activité de cet opérateur n’a pas été assuré, alors que les informations mises à la disposition de la hiérarchie, en particulier la balance de trésorerie des portefeuilles gérés par cet opérateur, ont fait ressortir tout au long de l’année 2007 des soldes et des variations difficilement explicables au regard des activités confiées à celui-ci ;

    qu’aucun contrôle n’a été fait, sur la copie envoyée à la hiérarchie de l’opérateur, des réponses du service de déontologie à EUREX qui avait demandé des explications sur la stratégie sous-jacente à des prises de positions ;

    que les écarts identifiés à l’occasion des travaux de réconciliation des résultats comptables et de gestion, dont la ligne hiérarchique directe a été avisée en mars et avril 2007, n’ont pas donné lieu à des demandes de justifications à l’opérateur ;

    qu’il n’y a pas eu ultérieurement d’analyse suffisante de l’origine des gains affichés par cet opérateur, en dépit du fait que ces résultats très favorables paraissaient difficilement explicables par les seules opérations qu’il était autorisé à effectuer, notamment dans les conditions de marché prévalant au 4e trimestre 2007 ;

     »

    Et plus loin :

    « Considérant qu’il ressort de l’instruction que si les « assistants traders » étaient hiérarchiquement rattachés au suivi de marché, ils n’ont pas disposé, en pratique, au cas d’espèce, de l’indépendance nécessaire vis-à-vis des opérateurs ;

    qu’en outre les opérateurs du desk « Delta one » bénéficiaient de très larges droits de création, modification et suppression d’opérations dans l’application informatique, ce desk ne devant être couvert que courant 2008 par le projet d’interdiction de saisie des opérations par les opérateurs de marché ;

    que de ce fait l’infraction à l’article 7-1 est établie au moment de l’enquête ; »

    Et enfin:

    « Considérant qu’il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il y ait lieu de retenir les autres éléments mentionnés dans la lettre de griefs, que les défaillances relevées, en particulier les carences des contrôles hiérarchiques, se sont poursuivies pendant une longue période, à savoir l’année 2007, sans que le système de contrôle interne n’ait permis de les déceler et de les corriger ;

    que cette persistance révèle des carences graves du système de contrôle interne dépassant la répétition de simples défaillances individuelles ; que ces carences ont rendu possible le développement de la fraude et ses graves conséquences financières ;

    que le fait que ces lacunes n’étaient pas connues de la direction, qui ne pouvait ainsi y remédier, ne peut être invoqué par la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE pour s’exonérer de sa responsabilité au regard de la réglementation bancaire ;

    qu’ainsi la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE a enfreint plusieurs dispositions essentielles de la réglementation applicable en matière de contrôle interne ; »

    Aliocha : quand je dis qu’il a de la consistance ce garçon…C’est bien ce qui rend l’affaire passionnante d’ailleurs.

    Commentaire par Fantômette — 17/06/2010 @ 17:31

  6. après la lecture de l’article de 20 min mis en lien par Aliocha, 3 réflexions :
    1. je ne comprens pas comment on peut avoir « une robe noire sur un gilet blanc » et être quelifiée de « très apprêtée »
    2. je ne connais pas ces études scientifiques sur les taux de testostérone des traders, mais, la dernière fois que je suis allée aux Assises, un expert psychiatre a expliqué que selon la littérature scientifique, les asociaux ou psychopathes étaient statistiquement sur-représentés dans « certains milieux politiques ou de la finance » (ceci étant destiné à illustrer que de tels traits de personnalité ne menaient pas nécessairement vers la délinquance et qu’on avait de tels « profils » parfaitement insérés)
    3. j’ai pas dit non plus qu’il s’agissait de réflexion de haut vol.

    Aliocha : soyez heureux de pouvoir faire ce type de commentaires, l’affaire n’en donne guère l’occasion 😉 Et hop, je retourne à mes turbos warrants à triple barrière inversée rétrodésactivante sans ou avec effet de levier

    Commentaire par jalmad — 17/06/2010 @ 17:32

  7. Et peut on envisager par la suite un autre procès pénal concernant la responsabilité de la Société Générale si vraiment il apparait dans celui-ci que sa responsabilité est engagé?

    Commentaire par lordphoenix — 17/06/2010 @ 17:35

  8. Chère Aliocha, je vous signale (en passant) que j’ai déjà posté ce lien sur votre blog le 11 juin dernier à 19h28 précisément.

    (Oui, un vendredi en plus.)

    (Je ne vous le fais pas dire)

    Bref, j’ai une petite prière à vous faire : vous savez que je raffole des liens hyper-texte – et donc, si vous pouviez hyper-lier la décision directement dans votre billet, cela me procurerait un sentiment d’intense satisfaction.

    Pleaaaaaaaaaaaaaaaaase ?

    Aliocha : Ah ? Scusez, avant Kerviel je travaillais en moyenne 8 à 10 heures par jour, depuis kerviel, je suis passée à 18 heures, en d’autres termes, je me kerviélise, c’est du journalisme d’immersion. Du coup, je ne vois pas tout 😉 Je veux bien mettre des liens, encore faut-il que j’en ai.

    Commentaire par Fantômette — 17/06/2010 @ 17:43

  9. @ Lordpheonix : que voulez-vous dire ? pour quelle infraction, en fait ? jeter son argent par les fenêtres n’est pas pénalement répréhensible que je sache, et ce même si au passage ça peut vous mettre une paire de salariés au chômage.

    en réalité, ce que risque la SG, c’est d’une part de se voir opposer un partage de responsabilité sur le plan civil (et donc se garder une partie des pertes pour sa pomme), et d’autre part, de voir étaler et reconnaître son incompétence sur la place publique (mais pour ça, la décision de la commission bancaire est déjà pas mal, je veux dire vis à vis des autres progfessionnels de la finance, ça a dû avoir un impact).

    Commentaire par jalmad — 17/06/2010 @ 17:45

  10. « en réalité, ce que risque la SG, c’est d’une part de se voir opposer un partage de responsabilité sur le plan civil (et donc se garder une partie des pertes pour sa pomme »

    Pensez vous que JK a les moyens de rembourser, même en cas de partage de responsabilité?

    Commentaire par Tendance — 17/06/2010 @ 18:14

  11. Aliocha, aliocha, aliocha, aliocha…

    *soupir*

    le lien est dans mon com, voyons.

    Si vous faites un clic droit (j’ai bien dit : clic droit), sur mon lien hypertexte, vous sélectionnez « copier l’adresse du lien », et hop, vous avez copié l’adresse du lien.

    Comme je suis néanmoins fort civile avec les gens de presse, je vous le copie ci-dessous:

    http://www.banque-france.fr/fr/supervi/telechar/supervi_banc/200807-decisions-juridictionnelles.pdf

    Kado.

    Aliocha : Hum, suis fatiguée, et je dirais même surmenée, du surcroit je suis blonde et pourtant, je le crie ici haut et fort, je ne suis pas totalement stupide. Je dirais même que depuis que je sais ce qu’est un warrant à barrière désactivante, j’ai tendance à me prendre pour un génie absolu 😉 Or, donc, j’avais vu le lien merci. Ce que je voulais dire, c’est qu’il n’y avait pas beaucoup d’occasions dans cette affaire de mettre des liens, excepté ceux que j’ai évoqués en une fois sur Kerviel en ligne. M’enfin !

    Commentaire par Fantômette — 17/06/2010 @ 18:22

  12. @ tendance : qui sait, il doit bien jouer au Loto, le garçon (ou plutôt gratter des « astro » si j’ai bien, compris) ?

    non, vous avez raison, le d’une part rejoint le d’autre part, ou fusionnent si vous voulez.

    Commentaire par jalmad — 17/06/2010 @ 18:50

  13. @Tendance : Je pensais à un manquement à une obligation de contrôle du risque ou autre réglementation du secteur bancaire. Le genre de truc pas forcément efficace (on l’a bien vue dernièrement mais que existe quand même) Après tout il y a bien eu une amende de de plusieurs millions payés par la SG. Certes cette amende n’a rien a voir avec la justice pénale mais je me demandais s’il ne pouvait pas y avoir des conséquences aussi de ce coté la.

    Commentaire par lordphoenix — 17/06/2010 @ 19:57

  14. Aliocha, vous pourriez laisser de coté ces broutilles judiciaro-financières un instant au moins pour nous donner votre avis sur la performance de notre superbe équipe de France de football contre le Mexique! Il serait temps que vous appreniez à hiérarchiser les priorités que diable! 😉

    Aliocha : hum, figurez-vous que je ne savais même pas que la France jouait ce soir, jusqu’à ce que j’aille chez un restaurateur italien de mes amis à qui j’ai eu l’audace de dire que les italiens ne jouaient pas au football. Après avoir vaguement protesté qu’ils avaient gagné je ne sais combien de fois la coupe du monde, il m’a servi des pattes trop cuites et un vin ouvert depuis un mois. Je me demande si je ne l’ai pas vexé 😉 bref, j’ai fini par comprendre en regardant l’écran de 3 mètres sur 5 qu’il avait installé dans son resto, qu’il se passait un vague truc de foot et je crois même avoir compris qu’on avait perdu. C’est ça ? Mais on a perdu quoi au fait ?

    Commentaire par Mussipont — 17/06/2010 @ 22:51

  15. Nous avons perdu quoi?

    Rien du tout!

    Enfin presque rien.

    Juste notre fierté…

    Aliocha : dans ce cas, il ne nous reste plus rien.

    Commentaire par Mussipont — 17/06/2010 @ 23:15

  16. « Je m’approche du cendrier en même temps que lui pour éteindre ma cigarette, il s’efface instantanément en murmurant un « pardon » timide qui me laisse interdite. »

    Interdite mais pas altérée au point d’oublier sa nature profonde de journaliste et, plus encore, de décrypteuse d’âmes.

    Un escarpin rose est négligemment oublié au pied du cendrier. Collé sur sa semelle de propreté, un nom, Aliochka Komsomol, et un numéro de portable…

    L’homme trop lisse glisse l’escarpin dans la poche de sa veste. Reprise et fin de l’audience.

    Le lendemain, 5h08.

    L’armoire à pharmacie, seulement fixée au mur par des vis de 5 mm (foret HSS et chevilles de 4,5) est grave destroy.

    Actionné en mode maître d’hôtel infiltré, l’enregistreur numérique a parfaitement fonctionné.

    De délicates ouvertures matuninales s’en échappent :

    « Haï, toi, au fond, sais-tu que tu es un vrai marrant à barrière désactivante? »

    « Hoï, toi, bonjour, sais-tu que tu pourrais être ma future ? »

    Le même lendemain, 8h21. Nouveau billet sur le blog.

    Nous, lecteurs, comprenons enfin le fin du fin du pourquoi du comment.

    Joli travail. L’abus de confidences n’est pas puni par la loi.

    Le tout se passe dans un des mondes parallèles qui nous frôlent.

    Bien sûr, pas dans le nôtre…

    Commentaire par Goloubchik — 17/06/2010 @ 23:45

  17. @ Mussipont et Aliocha,

    Dans ce contexte, je sens que les commémorations de l’appel à la résistance du 18 juin vont prendre un autre relief.

    « Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France.

    La France n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique. »

    Cela dit, il faudra vérifier avec le règlement de la FIFA, je ne suis pas certaine que l’on puisse faire bloc avec l’équipe de grande-bretagne. Mais qui sait?

    Mouarf.

    (Je suppose que l’on a les 18 juin que l’on mérite, en même temps).

    Commentaire par Fantômette — 18/06/2010 @ 07:04

  18. Et nous pouvons réactiver l’idée de l’Union Franco-Anglaise en donnant notre gardien Lloris aux anglais qui ont une légère faiblesse (euphémisme) de ce coté là !

    Commentaire par Mussipont — 18/06/2010 @ 08:14

  19. Bonjour Aliocha,
    si vous avez un collègue qui ne soit pas totalement acaparé par le procès J Kerviel, auriez-vous un instant pour nous (faire) donner une petite confirmation de ce que raconte P Krugman dans sa chronique sur notre banque centrale….

    je copie-colle un extrait en VO:
    ———————————–
    Magical Thinking at the ECB
    ———————————–
    And the march to a lost decade continues. In its latest Monthly Bulletin (pdf) , the European Central Bank goes all in for immediate fiscal austerity. It justifies this by buying in, wholeheartedly, to the notion that fiscal contraction is actually expansionary. As evidence, it points to … well, things I’ve already debunked
    […]

    It’s hard to escape the sense that people, especially in Europe, have decided they want fiscal austerity, and will grab hold of any rationale they can think of. More about all that in tomorrow’s column.

    I’m getting a very bad feeling about the world’s economic prospects.

    Commentaire par Javi — 18/06/2010 @ 08:52

  20. zut, le lien n’a pas marché: c’est là:
    http://krugman.blogs.nytimes.com/2010/06/17/magical-thinking-at-the-ecb/

    Commentaire par Javi — 18/06/2010 @ 08:53

  21. @ Fantômette (17) :

    Le problème va aussi être de convaincre les anglais de bien vouloir fusionner leur équipe avec celle d’Écosse, du Pays de Galles, d’Irlande (certes tous non qualifiés, mais qui supporteraient mal de se voir exclus de l’empire), voir même d’Australie ou d’Inde.

    Quoique, l’équipe d’Angleterre fusionnant avec celle d’Afrique du Sud, ça aurait de la gueule. Et puis ils ont des points communs, en matière de gardiens…

    Commentaire par Rémi — 18/06/2010 @ 10:43

  22. merci pour ces impressions!

    pour rigoler il y a ce blog qui parle de warrant : décousu mais marrant

    http://warrantmarrant.blog.capital.fr/ (warrantmarrant)

    Commentaire par unouveaucompte — 18/06/2010 @ 12:12

  23. @ Aliocha

    vous avez écrit : « Cette plongée dans l’univers mythique et sans doute un peu fantasmé des salles de marché »
    Vous êtes sure que vous vouliez dire ça ? Les salles de marché financier(à part le marché au gras à Mugron ou la Moutete à Orthez) c’est le genre de truc qui ne m’a jamais fait fantasmer.
    Tient un truc qui me saute à l’esprit pendant que j’écris : un reportage sur les marchés en France en Europe en Afrique (à les marchés africains !)et dans le monde entier. Voilà qui ferez un bel article voir un très beau bouquin avec de superbes photos.
    Avez vous déjà vu le marche aux légumes et aux épices de Katmandou ? Ça a de la gueule tandis qu’une salle de marché financiers…. En fait tout ce que vous nous décrivez de ce procès est à l’image de ses salles de marché : c’est urbain, sophistiqué, moderne et d’une tristesse infinie.

    Adishatz

    Aliocha : nous sommes d’accord, il me semblait simplement décrire un sentiment répandu, le mythe du trader survolté gagnant des millions, roulant en voiture de sport etc. ça ne me fait pas rêver, mais je conçois que ça puisse en faire rêver d’autres. Ce qui m’a surpris néanmoins c’est que j’attendais un plus de dimension chez eux, un peu plus de chic, voire d’arrogance. Soit ils jouent aux cons devant le tribunal, ce qui est possible, soit franchement, ils sont décevants 😉

    Commentaire par marsan — 18/06/2010 @ 19:32

  24. peut etre les deux mon cher Watson –
    Mais ce qu’il faut savoir aussi c’est que comparaitre à la barre d’un tribunal ce n’est pas simple pour des gens qui n’ont pas l’habitude de se retrouver coincer entre le tribunal et le proc d’un côté et dans leur dos les journalistes
    A la barre on est tout nu

    Commentaire par marsan — 19/06/2010 @ 11:10

  25. Le Monde va bientôt être soumis à Sarkozy grâce à Perdriel.

    C’est le renvoi d’ascenceur pour l’impunité qui lui est assurée depuis 15 ans dans cette affaire financière sabotée par un juge d’instruction qui siégeait à la SDL et au conseil de surveillance du Monde, pour préserver le rapprochement Monde / Obs.

    C’est l’accord Sarkozy-Perdriel !

    L’existence de cet accord est l’occasion UNIQUE de dénoncer
    – l’instrumentalisation de la Justice par le pouvoir pour soutenir un patron de presse
    – un dysfonctionnement majeur de l’Etat : cette affaire met en évidence l’ existence au sein du pouvoir judiciaire d’une machine à enterrer prête à être utilisée.

    Commentaire par Accord Sarkozy-Perdriel — 20/06/2010 @ 11:36

  26. […] KERVIEL responsable, mais pas seul? Publié dans 20 juin 2010 par onewaythinking Impressions personnelles d’audience « La Plume d’Aliocha. […]

    Ping par KERVIEL responsable, mais pas seul? | LE BLOG DE LA CRISE — 20/06/2010 @ 14:49

  27. Les personnalités flamboyantes derrière le regard, et calmes au grand jour existent.
    Les personnalités capables de jouer un rôle dans les détails existent aussi.
    Les personnalités ayant conscience que le bien-être de leur communauté peut alimenter leur propre bien-être (que ce soit à plus ou moins long terme) existent aussi.

    Je crois que JK avait une complète conscience de ce qu’il faisait, des implications, mais il a « perdu ».
    Je crois qu’il avait conscience que perdre, au regard de la probabilité de gain, de la responsabilité partagée des torts si perte, était un risque mesuré et qu’il était prêt à prendre.

    Je crois qu’il joue bien son personnage, sans avoir besoin de créer des arguments complexes, du fait même de l’environnement qui lui permet de répartir la responsabilité de ses actes.

    Enfin, de toute façon, ça ne change pas grand chose au procès.

    Commentaire par DePassage — 21/06/2010 @ 16:13


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