La Plume d'Aliocha

10/06/2010

Kerviel : une prise de risque inhumaine !

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 00:31

Palais de justice, mercredi, 16 heures. C’est la deuxième journée du procès Kerviel. L’audience a commencé à 13h30 mais je n’ai pas pu me libérer avant.

Mêler mon frère à cela, c’est ignoble !

J’entre dans la salle d’audience en plein interrogatoire de Kerviel par le Président. Visiblement, il tente de déterminer la nature exacte de ses activités. En début de journée, Jean-François Lepetit, ancien président du CMF puis de la COB (actuelle AMF) est venu témoigner. Je regrette de l’avoir manqué. Une consoeur me dit qu’il a été intéressant, après un démarrage un peu langue de bois. Je n’en saurais pas plus. L’interrogatoire se prolonge, un brin monotone, jusqu’à ce que les avocats entrent en piste. Jean Veil, s’apprête à lancer une bombe.  Il prépare prudemment le terrain en expliquant au président qu’il va poser une série de questions sur Olivier Kerviel, le frère de Jérôme, parce que, à son sens, c’est sans doute de ce côté qu’il faut chercher le « mobile ». « Votre frère a été interrogé par la police, il se serait livré à un détournement de fonds mais son employeur est intervenu in extremis et l’affaire s’est soldée par une transaction ». Il ne cite pas la société concernée, mais c’est un secret de polichinelle : il s’agit d’une filiale de la BNP. Jean Veil marche sur des oeufs et il le sait, aux Etats-Unis l’avocat de la défense s’écrierait « objection votre honneur ! ». Mais en France, il n’existe pas de règles particulières en la matière, c’est le Président qui décide. Metzner intervient néanmmoins, pour préciser qu’il n’y a eu aucune condamnation. Jean Veil poursuit, évoquant une autre affaire assez obscure de mail falsifié pour un montant de 9 000 euros. Une paille au regard des milliards avec lesquels les acteurs du procès jonglent depuis la veille.   « Que pensez-vous des agissements de votre frère, Monsieur Kerviel ? » De la salle monte des huées, la réprobation à l’égard de la partie civile est bruyante, presque palpable. « Mêler mon frère à ça est ignoble » répond le trader. « Alors je vais continuer à être ignoble » poursuit l’avocat. Jérôme Kerviel serre les mâchoires et répond une phrase visiblement apprise par coeur en prévision de l’attaque : « Je suis là pour parler de mon affaire, pas de celle des autres ». Jean Veil insiste : « qu’en pensez-vous moralement ? » Et Kerviel répète : « Je suis là pour parler de mon affaire, pas de celle des autres ». Metzner intervient avec une violence inhabituelle et interpelle son client  :  « Monsieur Kerviel, saviez-vous que des dirigeants de la Société Générale avaient été mis en examen, qu’en pensez-vous ? ». L’incident est clos. Les débats se poursuivent. Kerviel est interrogé par Metzner. Il enfonce le clou sur le fait qu’il suffit de 3 clics  pour avoir accès à toutes les opérations de Kerviel comme des autres traders. Quant à la vérification des opérations fictives, c’est tout aussi aisé, un simple rapprochement entre bases de données. « Vous aviez le sentiment qu’il n’y avait pas de clous » interroge l’avocat ? « Un peu oui », répond le trader. On apprend au passage que les systèmes de contrôles de la banque laissaient à désirer, que certains avaient même été désactivés. La défense marque encore des points.

74 alertes passées inaperçues

Claire Dumas qui représente la Société Générale, demande la parole pour tenter de regagner le terrain perdu. « Les contrôles ne portaient pas sur le nominal, depuis l’affaire Kerviel nous avons mesuré l’importance de les mettre en oeuvre ». Olivier Metzner a pris l’habitude de la déstabiliser, il ne s’en prive pas. « Au lieu d’avancer des nombres qui n’ont pas de sens, produisez donc la base tampon qui est actuelement à New-York ». Puis il enchaine « il y a eu 74 alertes et vous n’avez rien vu ». Claire Dumas se défend, « les alertes étaient à destination de 5 acteurs différents sur une période d’un an. Rétrospectivement elles prennent du sens, mais sur le moment, c’était de simples incidents de production appelant une réponse ». Jean Veil précisera plus tard qu’au vu de nombre d’alertes produites chaque année, le nombre de 74 pour Kerviel n’était pas significatif. Il promet d’apporter les chiffres dans les jours à venir et ménage ainsi le suspens. Le président suspend la séance.

Une si pesante solitude

Je sors allumer une cigarette sur les marches du Palais. Soudain, une clameur s’élève, l’atmosphère s’emplit d’adrénaline, l’impression est presque physique. Je me retourne, 5 gendarmes encadrent Kerviel qui se dirige vers la sortie, ils marchent vite et dégagent ce stress si particulier aux forces de l’ordre qui fait jaillir soudainement dans nos vies tranquilles de civils ordinaires une électricité de terrain de guerre. En fait de champ de bataille, il s’agit simplement de protéger Kerviel de mes confrères. Les gendarmes l’encadrent à un mètre, un ou deux photographes trainent autour, mais l’essentiel de la troupe a disparu, découragée sans soute. Seul un photographe, un genoux à terre, tente de saisir Kerviel de profil, au milieu des gendarmes. Entouré et pourtant si seul, le trader tire sur sa cigarette, le regard absent,  sous les yeux de quelques badauds venus fumer également. Je l’observe avec un pincement au coeur. Il est toujours aussi lisse dans son costume sombre avec ses cheveux bien coupés, son profil hiératique, ses chaussures branchées. Il parait perdu au milieu de ses gardes indifférents. Elle doit avoir un goût bien amère cette cigarette. A cet instant précis, Kerviel incarne la solitude absolue, plus encore que lorsqu’il est assis sur sa petite chaise au beau milieu de la salle d’audience.

La colère de Jean-Pierre Mustier

L’audience reprend avec la déposition de Jean-Pierre Mustier. C’est lui que je suis venue entendre. A la question : quelle est votre profession ? Il répond : « sans profession ». Mustier a démissionné suite à l’affaire Kerviel. Il chapeautait le service de Kerviel. « Qu’avez-vous à nous apprendre Monsieur Mustier ? » interroge le président. Difficile question, mais visiblement l’intéressé s’y était préparé. Il se lance dans son récit, calme, sûr de lui, clair et direct. « Le 19 janvier on m’informe d’un profit énorme sur 2007, 1 milliard d’euros, cela paraissait farfelu au regard de la réalité de notre activité. Nous avons observé les opérations et les mails de Kerviel et nous sommes tombés sur ces deux phrases : « je ne sais pas si je ne vais pas aller m’acheter une corde pour me pendre » et « je ne sais pas si je ne vais pas me jeter sous un train ». La corde plus le train, je m’inquiète et demande au médecin de la banque d’assiter à l’entretien.C’est la première fois que je rencontre Monsieur Kerviel. Il allait falloir le maintenir sous pression pour obtenir la vérité tout en faisant en sorte qu’il ne fasse pas de bêtise ». Ce sera l’un des leitmotiv de Mustier, l’aspect humain. Plusieurs fois il répétera qu’il avait peur que le trader se suicide, soulignant que « la vie d’un homme vaut plus que tout l’argent du monde ». Ce qui n’empêche pas Mustier d’exprimer sa colère  : « Monsieur Kerviel vous m’avez menti tout le temps ». Le président le rappelle à l’ordre, c’est au tribunal qu’il doit s’adresser, pas au prévenu.

Une prise de risque inhumaine !

« Il a dit qu’il avait trouvé une martingale pour gagner sans risque. Je ne pense pas qu’il y ait un terme pour qualifier les risques pris par Kerviel, ils étaient entre 50 et 100 fois supérieurs au risques que nous prenions ; aux Etats-Unis on parlerait de risques criminels » s’enflamme Mustier. L’homme en profite pour corriger les « erreurs lues dans la presse ». « On prétend que tant qu’il gagnait on ne disait rien, mais en juillet 2007 il accumulait 2,2 milliards de pertes !  » Et de s’insurger : « une position de 50 milliards d’euros, c’est inhumain, on ne peut pas psychiquement prendre un tel risque, sauf à ne pas se rendre compte de ce qu’on fait ! ». Les arguments font mouche, les uns après les autres. Le président évoque alors la conversation de ce fameux week-end du 19 janvier 2008, lors de laquelle Mustier aurait dit à Kerviel, « si tu as gagné 1,4 milliards, c’est que tu as été bon. Tu ne peux plus travailler chez nous mais tu sera sembauché par un fonds ». Une déclaration qui semble accréditer la thèse de la défense, selon laquelle la hiérarchie savait et encourageait tant que tout se passait bien. Mustier s’explique : « j’ai dis cela pour le rassurer, il fallait entrer dans sa logique pour éviter l’irréparable ». Toujours cet aspect humain, si étrange dans ce dossier.

La fraude, solution inespérée pour annoncer au marché la perte sur les subprimes ?

Vient une autre question, celle que tout le monde se pose dans la presse financière : au fond, cette affaire n’a-t-elle pas surgi à point nommé pour aider la banque à « faire passer »  ses pertes de 2 milliards sur les subprimes en annonçant au marché tout d’un bloc, la fraude, énorme, et les pertes, moins graves par comparaison ? Là encore Jean-Pierre Mustier a une réponse convaincante à apporter « comment peut-on dire que ça nous arrangeait de perdre 5 milliards ? Nos pertes sur les subprimes étaient du même niveau que les autres banques, elles ne nous auraient pas obligé à faire une augmentation de capital, nous pouvions les supporter ». Et l’ancien patron du trader s’emporte : « Kerviel prétend qu’il a agi dans l’intérêt de la Société Générale, il ment ! Il faut le dire, il faut que ce soit écrit dans les journaux, il faut arrêter ce tissu de mensonges ». Un avocat intervient : « vous avez failli m’arracher des larmes, commence-t-il avant de demander à Mustier de s’expliquer sur son départ de la Société Générale. « J’ai démissionné parce qu’une information a fuité comme quoi j’aurais fait un délit d’initié. L’audience devant l’AMF a lieu demain, le rapporteur demande ma mise hors de cause. J’ai vendu mon portefeuille d’actions le 21 août dans lequel les actions de la banque ne représentaient qu’une petite partie et j’ai d’ailleurs décidé de conserver la moitié de ces actions ». L’avocat l’interrompt, Mustier explose, hurlant littéralement dans le micro « Laissez-moi finir Maître ! » et il reprend : « Ce n’est pas à cause des subprime que j’ai pris cette décision mais au vu du taux de rendement des bons du Trésor américain qui avait baissé ce qui n’était pas arrivé depuis 1987. Pour gérer la crise de façon sereine à la Société Générale, il fallait que je liquide mon portefeuille pour éviter les conflits d’intérêts. Si j’ai gardé la moitié des actions de la banque, c’était précisément pour montrer que j’avais confiance en elle ». L’éthique, c’était l’autre axe de défense de Mustier, il a été trader, jamais il n’a triché, ni même franchi la ligne jaune des plafonds autorisés, d’ailleurs, ces plafonds, c’est lui-même qui les a conçus. Quand le scandale Kerviel a explosé, il l’a géré et puis il a démissionné, normal, ça s’appelle le sens des responsabilités.

« Je n’étais pas au courant, twittez-le immédiatement ! »

C’est au tour d’Olivier Metzner de l’interroger. Il  évoque le rôle de la hiérarchie avant de préciser qu’il existait des niveaux intermédiaires entre Kerviel et lui et qu’il ne prétend pas que Mustier était au courant des pratiques de son client. Mustier se tourne vers les journalistes « vous voyez, je n’étais pas au courant, écrivez-le dans vos journaux, twittez le immédiatement ». Le président hausse le ton, « vos réactions sont disproportionnées Monsieur Mustier, c’est la deuxième fois, je ne vous le répéterai pas ». L’audience s’éteint doucement. Il est presque 20 heures. La suite des débats est renvoyée au lendemain.

Publicités

35 commentaires »

  1. Ce M. Mustier a bien compris que la partie se joue pour lui autant, sinon plus, devant la justice que devant les médias. 🙂

    Commentaire par DM — 10/06/2010 @ 06:38

  2. Merci de nous tenir en haleine, quotidiennement…

    Dans ce contexte, le mot « éthique » me fait sourire…

    Commentaire par Galuchat — 10/06/2010 @ 07:27

  3. Vous concluez votre billet d’hier par un « l’affaire s’annonce passionnante » et effectivement, vous nous la rendez passionnante. J’espère que vous pourrez vous rendre à l’audience le plus souvent possible…

    Commentaire par Gwynplaine — 10/06/2010 @ 07:53

  4. C’est amusant de comparer votre compte rendu avec ceux de vos confrères, il y a

    Commentaire par Mussipont — 10/06/2010 @ 07:56

  5. Suite du com 4 (oups, pardon, je ne le ferai plus…)

    … des différences notable mais qui ne relèvent pas d’un parti pris de l’un ou l’autre mais peut être tout simplement d’une approche différente. Ainsi votre consoeur de l’Express relate le témoignage de M. Mustier d’une autre manière différente, http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/jerome-kerviel-m-a-menti_898308.html , avec un Mustier plus agressif et vindicatif, ne trouvez vous pas?

    Aliocha : c’est une question d’angle du papier. Elle ne relate que l’intervention de Mustier, ce qui confère à celle-ci une force singulière. Mon immersion dans la chronique judiciaire me permet de mesurer les difficultés de l’exercice. Peut-on rendre compte fidèlement si on rend compte partiellement ? Quelle est la place du ressenti personnel ? (plus grande sans doute que lorsque je parle d’une nouvelle norme comptable ou d’une réforme législative ;)) Faut-il s’en abstraire ou au contraire s’en servir ? Comment ne pas pencher pour l’une ou l’autre partie ? Ce qui est sûr, c’est que la vérité judiciaire met du temps à émerger. Un jour l’audience est favorable à la Générale, le lendemain plutôt à Kerviel.

    Commentaire par Mussipont — 10/06/2010 @ 08:00

  6. chere aliocha, merci de ce commentaire quotidien. ce qui est bizarre, c’est qu’il faut venir sur votre blog pour avoir un compte rendu de ce procès, les grand média n’en parlent que trop peu.

    Aliocha : Nous sommes pourtant une soixantaine sur le banc des journalistes. A ma connaissance, l’affaire est chroniquée par Le Monde, Le Figaro, Les Echos, sans doute aussi La Tribune, sans parler des radios et télés et des sites d’hebdomadaires. Regardez de plus près, je vous assure que je ne suis pas la seule sur place, ni la seule à écrire 😉

    Commentaire par leinadfr — 10/06/2010 @ 09:21

  7. Le témoignage de M. Mustier est bien évidemment intéressant.

    Rappelons la problématique: si la banque a donné son accord, même tacite, l’infraction d’abus de confiance commence à se casser la figure.

    M. Mustier marque un point pour la banque en disant qu’il est inimaginable qu’elle ait pu donner son autorisation pour des montants pareils, ce qui est évidemment pertinent.

    Mais d’un autre côté ces montants sont si élevés qu’on ne comprend pas qu’un trader ait pu engager la banque à un tel niveau sans qu’elle le sache, dès le départ.

    En fait il ne faut pas confondre deux choses qui sont différentes: l’autorisation de jouer et le fait de perdre. Exemple: une femme autorise son mari à jouer les économies du ménage au poker. Le mari revient, triomphant et dit à sa femme: « chérie, prépare les valises, on part pour Acapulco! ». Sauf qu’il a perdu et qu’il le dissimule.

    Ce cas est différent du mari qui, sans l’autorisation de son épouse, a joué et perdu, ou joué et gagné. L’infraction commence dès que le mari n’a pas l’autorisation, ce qui ce passe après, c’est autre chose.

    Or le plus ennuyeux pour la banque, quoiqu’elle en dise, est que J. Kerviel est resté trader quasiment jusqu’au jour où on a découvert le truc, c’est à dire que jusqu’au dernier jour il a conservé la qualité de trader qui lui conférait en tant que telle l’autorisation de jouer les économies du ménage.

    On peut répondre qu’il a dépassé ses plafonds d’intervention, donc qu’il n’avait plus l’autorisation de la banque. Sauf que… dès le départ il a dépassé les plafonds, et avec la bénédiction de la banque, du moins au début. Donc on est dans la zone grise. La banque est d’ailleurs bien emmerdée.

    Commentaire par tschok — 10/06/2010 @ 09:51

  8. Une chose est sûre, en tout cas :
    Les lacunes de la sécurité informatique étaient réelles, comme me l’a confirmé un mien camarade qui a travaillé dans ce domaine aux alentours de 2006-2007. Et a priori, pas seulement à la SG.

    Depuis, il va de soi que toutes les banques ont fait des audits et pris des mesures. De là à affirmer qu’on ne peut plus contourner les plafonds…

    Commentaire par Oph — 10/06/2010 @ 09:57

  9. Des lacunes?

    Ce truc, c’est un 11/09 bancaire. Mais Kerviel, c’est pas Ben Laden. C’est ça le hic.

    (même s’il y a effectivement cette notion d’intrusion sous le pif des gens chargés de l’empêcher)

    Commentaire par tschok — 10/06/2010 @ 11:16

  10. Pas ma du tout !

    Mais si je puis me permettre : patron de la division Banque de financement et d’investissement (BFI ; soit 1/3 de la banque, grosso modo) au moment de l’affaire Kerviel, début 2008, Jean-Pierre Mustier était aussi le dauphin pressenti de Daniel Bouton. C’était très officiel.

    Mais il n’a pas été viré du tout : quelques mois après cette affaire JK qui, me semble-t-il, aurait dû lui coûter la tête (sinon à quoi sert-il de nommer des responsables très bien payés ?), il a été simplement « rétrogradé » en tant que patron d’une division moins importante que la BFI, GIMS (services aux investisseurs et gestion d’actifs).

    Ce n’est qu’un an et demi plus tard qu’il a quitté la banque, en démissionnant après avoir été mis en cause par l’AMF pour un manquement d’initié datant de l’été 2007 : il avait alors liquidé 100% de son portif d’action sur des craintes de subprimes dont l’origine pouvait provenir des infos auxquelles il avait accès par son métier ; sauf ses actions SG, dont il a quand même vendu la moitié.

    Un administrateur de la SG, Robert Day (qui s’était occupé de la branche US de la gestion d’actifs, TCW), a également été mis en cause pour des choses similaires et s’est lui aussi fait discret. Il n’est plus administrateur du groupe aujourd’hui.

    Mais sinon, chapeau !

    LeN

    Commentaire par Le Nonce — 10/06/2010 @ 12:32

  11. Magnifique. Merci.
    Je voudrais vous envoyer un mel, comment faire?

    Aliocha : voyez dans mentions légales.

    Commentaire par teoutufekoi — 10/06/2010 @ 15:25

  12. @ leinadfr (en 6)

    Vous pouvez également jeter un coup d’œil là: « Le Petit Journal technique du procès Kerviel Société Générale. Jour 2. Mercredi 9 juin 2010. La défense peut faire mieux. » (http://olivierfluke.canalblog.com/)

    Quant à la SG, vous pouvez aller ici: http://www.jpchevallier.com/article-les-meccanos-de-la-generale-ont-encore-sevit-45178466.html

    Commentaire par H. — 10/06/2010 @ 16:58

  13. […] This post was mentioned on Twitter by Toute la Presse, Nicolas Bégasse. Nicolas Bégasse said: Le procès #Kerviel vu des bancs de la presse, 2e épisode http://bit.ly/abv9Zu […]

    Ping par Tweets that mention Kerviel : une prise de risque inhumaine ! « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 10/06/2010 @ 17:04

  14. D’abord, merci pour la précision de vos infos par rapport à la presse généraliste et parfois même à celle spécialisée, notamment, à propos de la fonction de Madame Dumas aujourd’hui.

    En effet, Madame Claire DUMAS était-elle n+1, n+2, n+3, n+4 (niveau hiérarchique) aux risques opérationnels au moment des faits ?

    En tout état de cause, pour qui connaît un peu les risques opérationnels, le responsable avait à sa disposition un état journalier (reporting) lui précisant chaque jour le niveau de trésorerie du team.

    Il est insensé de ne pas se rendre compte à ce niveau de compétence de l’activité et de la nature des positions prises par un subordonné.

    Certes, pour échapper aux contrôles on connaît le procédé « classique » si j’ose dire des arbitrages entre deux portefeuilles – l’un réel, l’autre fictif – ce qui est précisé dans votre précédent billet.

    Mais, précisément, c’est le job du responsable des risques de savoir déceler les irrégularités et donc les dysfonctionnements ou les anomalies et ainsi les faiblesses d’un système de sécurité.

    Les risques opérationnels c’est quoi ? C’est la mesure et la maîtrise des risques déterminant l’exigence minimale de fonds propres (pilier I de Bâle II entré en vigueur en 2007) et qui sont les suivants :

    – fraudes internes,
    – fraudes externes,
    – agissements des collaborateurs, sécurité du poste de travail,
    – clients, produits et pratiques commerciales,
    – dommages physiques sur actifs,
    – dysfonctionnement des systèmes d’information (inadéquats ou défaillants)
    – exécution, règlement et gestion des procédures
    – risque juridique.

    Or, il est difficile de comprendre cette affirmation : « Les contrôles ne portaient pas sur le nominal, depuis l’affaire Kerviel nous avons mesuré l’importance de les mettre en oeuvre ».

    Bravo !

    Sauf qu’une alarme sur le nominal a été DESACTIVEE par un supérieur hiérarchique !!!!????

    Ce que les deux rapports de la mission Green n’ont pas mentionné ?????.

    Il suffit donc de prouver qu’un seul supérieur hiérarchique savait pour que la banque soit responsable !

    Par ailleurs, 74 alertes pour le seul J. Kerviel c’est insignifiant pour Maître VEIL au regard d’une année ! Ah bon ?

    Eu égard, à l’activité de J. Kerviel il me semble que la question est plutôt de savoir si elle est importante et non pas normale ou insignifiante !

    La réalité de JK est assez simple : il a dépassé son autorisation d’engagement et trompé le système. Pour ce faire il a tout simplement forcé le système informatique.

    Sauf qu’il existe plusieurs observateurs potentiels d’une irrégularité.

    La Banque bien sûr mais aussi le compensateur de contrat. Evidemment, ce système fonctionne dans un seul sens, comme les mâchoires d’un crocodile. Les alertes se déclenchent en cas de solde négatif, à l’image de ces sympathiques prédateurs dont toute la puissance se résume au fait de refermer leurs mâchoires, broyant tout d’un seul mouvement.

    En revanche, le crocodile est incapable d’ouvrir sa gueule pour peu qu’on la lui maintienne fermée avec une simple ficelle. En cas de perte, le système abat sa mâchoire sur l’anomalie.

    Mais si l’erreur fait gagner de l’argent à la banque, le crocodile ne bouge pas : l’erreur n’a jamais existé.

    D’où la devise des traders : pas vu pas pris et complétée d’une petite chute ; vu, viré. Ou plutôt sacrifié, étranglé, dépecé, éviscéré même au nom de la sacro-sainte réputation de la banque.

    Quand on pense au procès Messier qui se déroule de façon moins médiatique doit-on penser que selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ?

    En effet, « J2M » devenu « J4M » (Jean-Marie Messier Moi-Même) puis selon les Guignols de l’info et qu’il s’est lui-même approprié « J6M » (Jean-Marie Messier Moi-Même Maître du Monde) c’est 35 Mds d’euros de dettes avec : diffusion d’informations fausses ou trompeuses, manipulations de cours et abus de biens sociaux !

    Kerviel c’est 5 Mds mais, s’est mis à dos les énarques et les polytechniciens.

    Il n’est pas du sérail… selon la formule consacrée.

    Messier, lui, se les est mis dans la poche.

    Normal ! Lui-même polytechnicien et ancien banquier d’affaires de la prestigieuse institution Lazard, il fait toujours partie de l’establishment : il dispose d’un impressionnant carnet d’adresse qui est un « puissant booster » : Lagardère, Pinault, Maurice Levy le boss de Publicis, etc.., il est même associé avec le gendre de Claude Guéant c’est dire…!

    Messier vit entre New York et Paris, dirige une entreprise de conseil, « Messier Partners » et aussi actionnaire et administrateur du groupe Rentabiliweb, dirigé par Jean-Baptiste Descroix-Vernier, aux côtés du Groupe Arnault SAS et de Stéphane Courbit (ex. boss d’Endemol).

    Kerviel (isolé) pèse désormais à peine 30 K€/an dans une boîte informatique…putain de lutte de classe !

    Tous les deux ont fauté plus que (fraudé ?).

    Ni l’un ni l’autre, semble-t-il, ne s’est enrichi personnellement.

    Sauf que, comparaison n’est pas raison…

    De fait, curieusement, dans ses réquisitions le Parquet relève : l’excès d’optimisme et la communication imaginative de Messier et réclame un non-lieu (notez l’euphémisme de la formule).

    Kerviel, lui, c’est abus de confiance, faux et usage de faux, introduction frauduleuse de données fictives dans un système informatique et une personnalité et un profil psychologique qui relève d’un « comportement irrationnel » et d’une « absence de contrôle » dit le rapport d’expertise.

    Lequel des deux sera condamné ou bien relaxé ? Réponse le 23 pour l’un et le 25 pour l’autre.

    Lequel des deux peut dire : j’ai confiance en la justice de mon pays !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 10/06/2010 @ 18:22

  15. @ Chevalier Bayard

    Votre approche via la comparaison entre le cursus de J6M et JK est pertinente. L’un a été fermier général (inspecteur des finances), l’autre non. Sans vouloir exonérer JK d’éventuelles responsabilités, je continue à penser que ce dernier est un bouc émissaire bien commode pour une banque qui, par ailleurs, semble entretenir quelques zones d’ombre en matière de comptabilité et de risque encouru (http://www.jpchevallier.com/article-les-meccanos-de-la-generale-ont-encore-sevit-45178466.html.

    @ Aliocha

    Réellement un plaisir de lire vos billets sur ce sujet difficile. En particulier, je trouve que vos propos reflètent bien la difficulté de faire éclater une vérité judiciaire.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 10/06/2010 @ 19:07

  16. Des appels de marges sur pertes latentes bien supérieurs au milliard dès 2007!
    Ainsi un des leitmotiv de M. Mustier serait l’aspect humain pour mieux et à plusieurs fois présenter J. Kerviel comme menteur… Vous titrez (à son sens, j’ai bien compris) sur « Une prise de risque inhumaine ! » où on voit les milliards défiler ». Et vous citez M. Mustier: « mais en juillet 2007 il accumulait 2,2 milliards de pertes ! » .
    Tout à fait exact, et en août 2007 aussi! Arrêtons-nous là-dessus et déchiffrons une énormité avérée par toutes les parties et pas assez mise en avant par la presse – et pas encore assez par la justice – qui fait que je ne crois plus du tout les dires de la Soc Gen.
    A cette époque (donc pendant des semaines en juillet et août 2007) la SG, M. Kerviel ET sa hiérarchie sont au courant. Ils ont dû Réellement débourser des sommes faramineuses pour les pertes latentes (de J. K.) et ont dû (Réellement, j’insiste) régler des centaines de millions d’euros (à l’extérieur de la SG).
    Comment? Eh bien M. J. K. comme M. Mustier et la Soc Gen nous le disent et c’est prouvé, mais on ne le soulignera jamais assez tellement c’est énorme.
    M. J. Kerviel a emprunté (donc à la SG) UN milliard d’euros pour seulement couvrir en partie ces « appels de marge » bien apparents, et ça toute sa hiérarchie l’a su. Comment? Eh bien c’est énorme et pour moi cela justifie la responsabilité entière de la SG dans cette affaire dite Kerviel.
    Nous savons que son ‘n+2’ a seulement posé à J. K. une question sur la durée de ‘l’emprunt’ utilisé pour régler à l’extérieur de la SG ces pertes latentes colossales. Et il s’en serait contenté.
    Tout en jurant maintenant n’être pas au courant de prises de risques ‘inhumains’ de J. K.? autres sources: blog de M. Olivier Fluke (voir ci-dessus le commentaire n° 12) et le ‘suivi’ par exemple http://iphone.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20100608trib000517576/jerome-kerviel-contre-la-societe-generale-suivez-le-proces-minute-par-minute-4.html (voir à: 16h16 pertes latentes)
    Côté Soc Gen, M. Mustier dit qu’un trader qui dépasse les bornes à la SG est aussitôt viré; eh bien il ne l’a pas fait en juillet août 2007!
    Alors qu’il savait déjà très bien – dès l’été 2007 – que par cet ’emprunt’ extraordinaire que les bornes étaient franchies de manière exorbitantes et ‘inhumaines’ à son sens. M. Mustier aurait dit de J. K. que menteur une fois, menteur toujours. Ne faudrait-il pas appliquer l’adage à M. Mustier lui-même voire à son ex-employeur?

    Commentaire par JeanGuy78 — 10/06/2010 @ 23:41

  17. @ Braillard, ci devant chevalier, com 14,

    En dépit de tout ce qui nous sépare, vous pourriez pas préciser 3 trucs?

    1) « Il est insensé de ne pas se rendre compte à ce niveau de compétence de l’activité et de la nature des positions prises par un subordonné.

    Certes, pour échapper aux contrôles on connaît le procédé « classique » si j’ose dire des arbitrages entre deux portefeuilles – l’un réel, l’autre fictif – ce qui est précisé dans votre précédent billet.  »

    Ah bon, on peut créer un portefeuille fictif sur le système info de la SG? Oh? Sans blague?

    Ok, compta partie double et distinction compte de bilan et compte de résultat, c’est vachement compliqué (tu parles) donc tout le monde s’y perd (non, non, enfin ça dépend) et tréso.

    Mais, créer du fictif exige une contrepartie (ok, il a tripatouillé des mails pour faire croire en l’existence d’une contrepartie).

    Mais dans le jeu, il faut banquer (c’est le nominal) AVANT le dénouement de l’opération.

    Or, pas de contrôle sur le nominal, dit la banque (elle en tire un moyen de défense, dont acte, mais franchement on se demande).

    Donc autorisation tacite de faire n’importenaouak. Quand la banque dit: « j’ai pas mis de contrôle sur le nominal » elle dit simplement qu’elle a filé les clés de la ferrari à Kerviel sur une autoroute où il n’y avait pas de radar en lui disant: « vas y fonce! ».

    Donc, le fictif, c’est pas de l’autorisation de faire n’importe quoi, c’est juste permettre au trader de dissimuler ses conneries. Et ça aussi c’est permis, semble t’il: non seulement Kerviel avait la Ferrari, il avait l’autoroute, on lui a dit qu’il n’y avait pas de radar, mais en plus on lui a filé les fausses plaques, okazou.

    Manque de bol: plainte d’un riverain (actionnaire, qui s’étonne du bruit). L’enquête démarre et on se rend compte que le truc est foireux.

    Ma question: si on connait le procédé classique (du compte fictif: le 88888 chez Baring), pourquoi on l’a pas repéré, alors que l’engagement d’une opération suppose de banquer? Avant de parier, on met sa mise sur le tapis vert, non? C’est une règle universelle ça, ou je me goure complètement?

    2) « En tout état de cause, pour qui connaît un peu les risques opérationnels, le responsable avait à sa disposition un état journalier (reporting) lui précisant chaque jour le niveau de trésorerie du team. »

    Le reporting marche quand on sait ce qu’on a impulsé dans le système: cékom un disjoncteur différentiel qui calcule l’ampérage qui rentre chez moi par le secteur, et moi, qui fait prise de terre parce que je mets les deux doigts dans la prise. Si l’ampérage que j’encaisse est supérieur à la norme « protection des personnes », le disjoncteur coupe l’arrivée d’électrons parce qu’il fait la différence entre ce qui entre et ce qui sort: je suis vivant, même si je suis pieds nus dans une flaque d’eau. Pas de chaise électrique pour moi.

    Pourquoi ça a pas marché là? Si leur disjoncteur ne calcule pas ce qui arrive, comment peuvent ils fixer un différentiel en fonction d’une norme qui, par ailleurs, n’a pas l’air d’exister?

    3) « Les risques opérationnels c’est quoi ? C’est la mesure et la maîtrise des risques déterminant l’exigence minimale de fonds propres (pilier I de Bâle II entré en vigueur en 2007) et qui sont les suivants : etc »

    Justement, sur les fonds propres, je crois que les critères de Bâle se sont fait sévèrement enculer, au point qu’on ne songe plus (enfin, plus personne de raisonnable) à décrire cette situation en fonction de critères (c’est le rôle de Mme Dumas de faire oublier les « critères » pour leur substituer des réalités subjectives).

    Les critères sont un instrument de la raison pour établir des catégories.

    Or il semble bien que cette affaire échappe à tout effort de catégorisation.

    La banque est censé vérifier Bâle, y compris en salle de marché. Elle le fait pas et elle s’en fait une vertu (pas de contrôle sur le nominal: donc elle est obligée d’attendre le dénouement pour savoir si le niveau de la mer la met à poil ou pas).

    Vous en pensez quoi? Ca vous parait sérieux?

    Je vous pose ces trois questions (sans désir de contradiction en dépit de la forme) pour avoir un point de vue plus précis sur le mode opératoire.

    Commentaire par tschok — 11/06/2010 @ 14:19

  18. @tschok : Je peux répondre à votre question sur le nominal, Bale II et les contrôles inhérents.

    Bale II entre en vigueur en 2007. Avant Bale II, il y avait… Bale I. La différence principale, c’est le montant des fonds propres en fonction des sommes engagées. Bale I disait qu’il fallait sommer toutes les sommes engagées, et établir ses fonds propres en fonction, Bale II, rétorque, chaque sommes engagées doit entrainer un fond propre d’un certain montant (en fonction des risques)

    Ainsi donc, en 2006, en fin de mois, les banques sommaient les sommes engagées, et établissaient leur fonds propres. En 2007, tout change. Peut être que l’informatique n’a pas suivie les évolutions réglementaires (surtout que la SoGe était empêtré dans une refonte du système d’info).

    Le nominal (qui permet donc de savoir ‘combien de fonds propres ?) devait donc être connu au moins du coté comptable. Je n’imagine pas une seconde une banque ne pas savoir combien de fonds propres elle doit engagées. C’est un peu comme si vous empruntiez sans connaître le taux…

    Les contrôles (reporting), ne présentaient pas le nominal (donc la trésorerie), mais plutôt le risque relatif aux positions prises : si le risque est faible, ca va, sinon, alerte, et débouclage des positions trop risquées. (D’ailleurs, le témoignage d’aujourd’hui d’un ancien trader le démontre. La hiérarchie imaginait le montant des positions prises, et pouvait retrouver le montant en fonction des appels de marges ou les commissions. Ce qui parait plus logique)

    Ce qui est assez étonnant au final, c’est que la crise financière s’est arrêtée le jour où l’application des règles de Bale II a été abandonnée ‘pendant quelques temps’. En fait, avec l’augmentation du risque, les banques devaient ajouter de l’argent dans leur fonds propres. Ils vendaient donc des positions à perte pour renflouer leur fonds propres, ce qui faisait baisser les marchés et augmenter les risques, ce qui les obligeaient à vendre pour renflouer leur fonds propres, ce qui faisait baisser les marchés…
    Rassurez vous, Solvabilité II arrive en 2013 coté assurance 😉

    Commentaire par testatio — 11/06/2010 @ 15:00

  19. Il est vain de s’entêter à vouloir trouver des explications logiques et cohérentes dans une affaire hors norme et insensée, voire profondément schizophrène, comme celle là.

    Le milieu boursier c’est comme un essaim d’abeilles excitées par du sucre qui coule à flot. Les mécanismes financiers sont si complexes et pervers que lorsque le compteur des gains s’emballe jusqu’au milliard d’euros, la désinhibition annihile le bon sens et la prudence, et tous (les traders et leurs hiérarchies) s’engouffrent dans l’utopie de croire que les milliards d’euros vont continuer à couler du ciel !

    Imaginer que le monde de la finance peut respecter des règles et des mesures de sécurité, c’est croire qu’un amateur de chocolat au comportement addictif et boulimique peut rester stoïque et raisonné devant un pot de Danette au chocolat.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 11/06/2010 @ 15:17

  20. @ Testatio, com 18,

    « Solvabilité II arrive en 2013 coté assurance ».

    Faut il vraiment que je me rassure? Après avoir joué nos dépôts (moyen âge, lettre de change, extermination du créancier par Philippe Le Bel), après avoir joué la création monétaire sur nos dépôts (conquistadors, crise de la tulipe), après avoir joué les créances qui peuvent naitre de nos dépôt et de la spéculation (assignats, crise de 1929) et leurs dérivés qui peuvent naitre de la création monétaire sur nos dépôt par la combinaison arbitrage-spéculation (tout ce qu’on décaisse dans un monde de fiction monétaire) vous me demandez de me rassurer à l’idée qu’on va jouer sur notre sécurité?

    Car l’assurance, cékoi sinon de la sécurité (le gouvernement aime ça) à fonds perdus (pas pour tout le monde)?

    Ou alors on mutualise. Mais, bizarrement, je n’ai jamais entendu ceux qui profitent de ce système militer pour le partage de la VA.

    En attendant les flics et les juges sont aux ordre. Plus les experts.

    On verra bien.

    Commentaire par tschok — 11/06/2010 @ 15:27

  21. OdS, com 19,

    Vous devriez avoir honte de dire une chose pareille.

    Surtout pour mettre en cause la Danette, qui n’y est absolument pour rien.

    Commentaire par tschok — 11/06/2010 @ 15:30

  22. Testatio,

    Qu’est ce que vous en pensez?

    Je relis votre com 18.

    Je vous pose juste une question: le premier instrument du risque que je connaisse, c’est la tréso.

    Oui, nous sommes d’accord, ça se discute. Mais n’empêche que c’est le premier.

    Pourquoi l’ont ils aboli?

    Pourquoi précisément celui là, alors qu’à la fin, c’est celui qui compte le plus?

    Commentaire par tschok — 11/06/2010 @ 15:40

  23. JK : Chef, Chef, regardez, avec les 125 millions d’€ que vous m’avez confié je viens de gagner 1,4 milliards d’€ !

    JPM : C’est bien mon petit tu as bien travaillé, maintenant tu peux rentrer chez toi et aller jouer.

    JK : Chef, je peux peux encore faire une partie le CAC40, le DowJones, le NASDAQ ou le Nikkei ?

    JPM : Allons mon petit JK, garde un peu de plaisir pour demain. Ranges tes affaires.

    JK: Bien M’sieur JPM… Je range mes crayons et je rentre à ma maison.

    JPM: Tiens mon petit JK, voilà les clés du bureau, je m’en vais.
    Tu fermeras la porte en partant. Penses à éteindre ton ordinateur.

    JK: Ok M’sieur JPM. A demain…

    Commentaire par Elle est pas belle la vie (de trader) — 11/06/2010 @ 15:52

  24. Bonjour,
    Désolé du hors sujet, mais je voulais poser une question :
    Qui écrit un article, et qui choisit son titre? parce que c’est un peu gros là… pour rester poli.

    L’objet du délit : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/14/sous-la-pression-de-washington-israel-accepte-une-commission-d-enquete-internationale_1372147_3218.html

    Commentaire par adrien bis — 14/06/2010 @ 07:19

  25. @tschok :

    Les indicateurs de risques en finance ne sont pas ‘forcément’ centrés sur le nominal.
    En fait, il y a une telle allergie au risque, que l’on s’assure que les traders en prennent le moins possible.
    Dans la plupart des cas, les gérants qui gèrent l’argent qu’on leur confie (à la différence des traders, qui investissent l’argent de la banque !), il a des contraintes très précises (prospectus). La plupart du temps, le client lui demande de dépasser les performances d’un indice. Les indicateurs de risques sont donc centrés sur l’écart entre l’indice de références et le portefeuille. Le nominal n’entre plus en compte, car, le client sait combien il a confié au gérant.
    Le trader n’échappe pas à ce système. Il doit suivre les directives de la banque, son employeur, mais également client. Si les règles sont précisent, le trader ne pourra pas sortir des clous, mais si les règles sont flous ou mal définies, c’est là que ca commence à mal tourner.

    Personnellement, j’ai du mal à comprendre comment on peut engager plus d’argent que ce qu’on confie, mais c’est vrai que c’est possible dans des cas assez précis mais qui ne concerne nullement le travail que JK fait.

    Par exemple, si vous achetez un OPCVM avec un style de gestion 130/30, ca signifie qu’il investit 130% du total de ce qu’on lui confie. Il garde 30% de réserve, rapidement et facilement récupérable. Le risque est beaucoup plus élevé, mais vous pouvez gagner plus. (En effet, 2% de gains sur 100, c’est moins que 2% sur 130) (à l’inverse quand vous perdez, vous perdez plus)

    Sur une obligation, c’est la sensibilité qui est beaucoup regardé. Plus elle augmente, plus le risque est grand, car l’écart avec le taux d’intérêt augmente. (il y a d’autres indicateurs, mais le premier regardé est la sensibilité). Là encore, le nominal n’a pas de sens : le risque est le même pour chaque obligations.

    Sur un warrant, c’est complètement différent. Il y a au préalable une étude qui doit être effectuée avant d’investir. En gros, c’est un pari (à la hausse ou à la baisse) d’un secteur, un indice ou une simple action. On peut difficilement tirer à pile ou face pour savoir… ainsi, pour baisser ce risque énorme, on achète un titre qui va dans le sens contraire de notre parie. Par exemple, on achète donc 2 titres à la baisse et 1 à la hausse (ceci réduit d’autant le risque de perte)

    Bref, tout ca pour vous dire que si le nominal n’est pas regardé, c’est justement parce qu’on sait le montant que l’on confie. Il est difficile d’imaginer que quand vous donnez 1€, le trader investit en votre nom 100 ou 1000€. C’est impossible, car c’est interdit. Le trader, c’est différent, on lui confie une petite part du capital de son client, il a donc possibilité d’investir plus que ce qu’on lui confie, car, ca reste une part du capital total. 50 milliards, c’est énorme, mais le total des positions prise par tous les traders de la SoGe, j’imagine que c’est bien plus. D’où le flou du coté comptable qui n’ont pas ‘vu’. C’est plutôt lorsqu’ils ont du calculer le montant des fonds propres qu’ils ont pris peur ^^

    NB : Pour le « rassurez-vous », c’est plutôt ironique. Solvabilité II va faire la même chose que Bale II. Il faut s’attendre à une année boursière difficile en 2013…

    Commentaire par testatio — 14/06/2010 @ 10:38

  26. @ Roquet, com 17 tschok

    Questions ? Faussement naïves ! Ce sont des simulacres !

    Vous êtes si prévisible que lorsque vous maniez l’ironie malicieuse vous en devenez presque maladroitement, attachant comme un petit garçon turbulent.

    « En dépit de tout ce qui nous sépare » En êtes-vous sûr ? Nous avons déjà en commun la même école : celle du Droit.

    Vous êtes avocat.

    Je suis juriste en droit bancaire depuis 30 ans ce qui ne fait pas de moi, pour autant, un spécialiste du trading.

    Mais bon ! Vous aimez vous frittez (deux tt ou un t : c’est dans mon Petit Robert 2008, j’ai mis la paire n’y voyez aucune allusion) avec des interlocuteurs à votre hauteur.

    TRUC 1

    « Ah bon, on peut créer un portefeuille fictif sur le système info de la SG? Oh? Sans blague ? »

    C’est quoi ce délire ? C’est un procédé frauduleux ! Le procédé est connu ! Cette fraude est un « classique des classiques ». Point barre ! C’est clair ! Qui a dit que c’était permis ?

    JK a forcé le système informatique ! Faut suivre ! Le contrôle c’est son truc, c’est ça came ! Il est titulaire d’un master finance de marché mais plutôt orienté opérations de contrôles des traders.

    Ah ! Nos chers 3ème cycle à la française tellement enviés à l’étranger !

    Il a travaillé 5 ans au middle-office de la SG en charge de la base de données clients, du contrôle des risques ou de la validation des opérations. C’est clair ?

    Donc pour déjouer les contrôles c’était un jeu d’enfant pour JK.

    En gros, le principe est simple et vous le savez très bien ! Il s’est constitué un portefeuille de « futures » (entendez contrat à terme), pariant sur la hausse des indices boursiers européens (Eurostoxx, Dax et Footsie).Avec ce portefeuille JK est acheteur. Il joue sur la hausse du marché. Dans le même temps, pour déjouer les contrôles, il construit une position inverse totalement fictive, avec des opérations déguisées, le montrant short, c’est-à-dire vendeur sur le marché.

    Ces opérations sont elles aussi entrées dans le système informatique. Les instruments financiers du portefeuille réel A sont ainsi compensés par les opérations fictives d’un portefeuille fictif B : B dissimule les paris qu’il prend sur A. Le tout est égal à zéro. Pour la banque tout va bien. Et, pour faire croire à la SG, la réalité des opérations enregistrées dans le portefeuille B, JK va créer des contreparties fictives, autrement dit, des faux clients. C’est clair comme les ventes à découvert ?

    Grâce à JK, la Société Générale possédait en janvier 2008, 70% de l’open interest de DAX pour une valeur de 25 milliards d’euros. Comment est-ce possible sans que personne n’ait réagi ? DAX est le futur indiciel le plus liquide d’Europe : le fait d’en posséder les 3/4 sans que des milliers d’alarmes ne se déclenchent est ahurissant…

    Et, pour reprendre l’expression rimbaldienne c’est abracadabrantesque…insensé !

    « Ma question: si on connait le procédé classique (du compte fictif: le 88888 chez Baring), pourquoi on l’a pas repéré, alors que l’engagement d’une opération suppose de banquer ? Avant de parier, on met sa mise sur le tapis vert, non? C’est une règle universelle ça, ou je me goure complètement ? »

    Pourquoi on l’a pas repéré ? Pour le moment la F1 est au palais et la Ferrari porte le voile comme sur TF1 ! C’est en juin qu’on connaîtra probablement la fin.

    TRUC 2

    « Pourquoi ça a pas marché là ? Si leur disjoncteur ne calcule pas ce qui arrive, comment peuvent-ils fixer un différentiel en fonction d’une norme qui, par ailleurs, n’a pas l’air d’exister ? »

    Hey ! J’vais vous dire ! Surtout ne le répétez pas hein !… On accorde aux traders une confiance qu’aucun grand magasin n’accorderait à un client qui désire offrir un bijou à sa petite amie (présentation de la carte d’identité, appel de la banque, etc…)

    Or, les contrôles sont souvent jugés comme non rentables dans ce domaine. On considère que la meilleure sécurité c’est la rémunération des traders. On pense qu’avec de tels salaires et de tels bonus ils ne vont pas être tentés de frauder puisqu’ils seraient immédiatement virés ! La règle d’or, c’est que le jeu n’en vaut pas la chandelle.

    Je souffle la bougie ?

    Bingo testatio ! : « Peut être que l’informatique n’a pas suivi les évolutions réglementaires (surtout que la SoGe était empêtrée dans une refonte du système d’info ».
    En effet, je vous livre les trois failles pointées par l’expertise :

    • Un back-office régulièrement en sous effectif ;
    • Un système informatique, baptisé Eliot, poussif ;
    • Un département « contrôle risque » dépassé.

    A propos du système informatique Eliot par exemple : on sait qu’il a été conçu en 1992 or, avec le temps, le volume des transactions a été multiplié par 100 et en 2004, Daniel Bouton décide alors d’agir : au lieu d’acheter un progiciel de contrôle 100 % opérationnel à cette date – comme l’incontournable Murex aujourd’hui – (celui qui équipe par exemple la BNP PARIBAS), il privilégie ses troupes en choisissant la création d’un système maison (en 3 ans et pour 50 millions €) le projet a pris du retard, le budget a explosé, et des sous-programmes d’Eliot tournent encore.

    Autrement dit, le cœur du réacteur informatique de la SG saturait.

    Comble de l’ironie le responsable du projet a été viré et… recruté par BNP PARIBAS.

    TRUC 3

    Entamer un débat académique sur Bâle à l’heure où le G20 gesticule dans un trou de… ?

    Euuuuh là ! Pfffff… ! Je ne sais pas si les critères de Bâle II se sont fait sévèrement enculer (comme vous dites), tout ce que je sais, pour ma part, c’est que la notion de risque opérationnel est apparue comme peu novatrice, dans la mesure où les banques n’ont pas attendu le comité de Bâle pour organiser leurs activités sous forme de procédures, et pour se doter de départements d’audit interne chargés de vérifier leur bonne application.

    Simplement, c’est les défaillances spectaculaires, comme celle de la Barings, qui ont attiré l’attention des autorités de tutelle sur la nécessité de doter les banques de mécanismes de prévention et de couverture (via la constitution de fonds propres dédiés) contre les risques opérationnels.

    Les 50 Mds € d’engagement représentant 1,5 fois les fonds propres de la SG j’imagine que ça vous parle ?

    Comme tout sujet qui fait son chemin le corpus méthodologique se développe et se structure progressivement il paraît alors évident que des critères mêmes objectifs finissent probablement par être dépassés.

    A propos de Bâle III (la mise en oeuvre est prévue au 1 er janvier 2013, avec sans doute des clauses transitoires jusqu’en 2014 ou 2015) à suivre les déclarations d’Ariane Obolensky, la directrice générale de la Fédération Bancaire Française (FBF) qui y voit : « des fautes grossières de conception », avec des hypothèses « beaucoup trop sévères » qui entraîneraient un « retour en arrière considérable ».

    Dans le contexte d’aujourd’hui, diriez-vous de Madame Obolensky qu’elle est une personne raisonnable ?

    Si par définition tout système est faillible, rien n’empêche de prévoir le plus possible, les possibilités de le renforcer et donc d’imposer des contraintes et des critères exigeants. Non ?

    Votre commentaire est dénué d’irénisme ! Pour une tentative de rapprochement c’est raté !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/06/2010 @ 12:04

  27. J’ai du mal à comprendre si la fin de votre commentaire s’adresse à moi.

    Bale II est un excellent système de « contraintes et des critères exigeants ». Mais, un système ne fonctionnant uniquement que quand les marchés montent. Et que vous le vouliez ou non, c’est suite à l’annonce par le gouvernement américain, à l’automne 2008, de suspendre le suivi des règles prudentiels dans les banques qui a permis d’arrêter la spirale infernale qui durait depuis quelques mois. Sans cette décision, Lehman n’aurait été que la première banque à sombrer, TOUTES l’auraient suivies.
    Alors, oui, La Baring a permis de comprendre que pour éviter la faillite d’une banque, il fallait qu’elle diversifie ses investissement, et qu’elle mettent des contrepartie et des fonds propres de coté en cas de problème. On a donc voulu ériger une règle… qui ne fonctionnait pas en cas de baisse MT sur les marchés.
    Nous avons la chance en France d’avoir des règles beaucoup plus strictes que els règles internationnale. La Baring prouve que toutes les banques n’ont pas élaboré des stratégies de contrôle interne efficace. Pour une fois qu’on est novateur…

    J’imagine que la critique de tschok était la suivante. Un système informatique de base doit empêcher automatiquement une prise de positions qui exige des fonds propres supérieurs à ce que possède la banque. C’est donc lors de la mise en place de « Eliot » en 1992 que ca devait être fait.

    En tant que juriste vous devez savoir qu’un progiciel ne prends pas en compte les spécificités inhérentes à chaque banque. Ainsi, il aurait fallut faire tourner ce progiciel et un système interne en parallèle afin d’avoir les infos. Ils ont déjà du mal avec 1 système à avoir des remonter d’infos… alors 2.

    Pour ce qui est Madame Obolensky, j’ai l’impression que je vous explique au moins 1 « fautes grossières de conception ». Je pense que nous sommes donc sur la même longueur d’onde. C’est d’ailleurs pour cela que Bale III arrive si vite, ca devrait corriger beaucoup de fautes… (et peut être créer de nouveaux problème).
    Si je vous parle de Solvabilité II, c’est que le monde de l’assurance sera soumis en 2013 aux règles dont les banques ont été soumises en 2007 (Bale II), avec toutes les bonnes conséquences que nous avons connus.
    Sachant que les assurances sont les principaux acheteurs d’Obligation d’ Etats, je vous laisse deviner ce qu’il se passera lorsqu’en 2013, les états ont du mal à trouver des acheteurs.

    Mais bon, nous nous éloignons largement du sujet. Nous sommes d’accord sur les problèmes internes de la SoGe, mais est-ce une raison suffisante pour un employer de faire n’importe quoi ? C’est un peu comme si un piéton croise une autoroute. Va-t-il traverser parce qu’il n’y a pas de panneau d’interdiction, ou son bon sens suffira à l’arrêter ?

    Commentaire par testatio — 14/06/2010 @ 14:53

  28. @ 27 Bonjour testatio

    Non! C’est une réflexion synthétique sans esprit de polémique et je n’ai pas, ici, la prétention de développer des arguments pertinents. En revanche, c’est avec plaisir que je vous lis.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/06/2010 @ 15:14

  29. @ 27 testatio

    Oups ! Attention hein ! Je m’aperçois à relire votre com. que vous commettez un contre sens,vous m’avez mal lu ! Je n’ai jamais dis que Bâle II est un :  » excellent système de contraintes et des critères exigeants  » !!!???

    Je dis,au contraire, que tout système qui fait son chemein doit évoluer !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/06/2010 @ 15:38

  30. Le « excellent », c’est moi qui l’ajoute… avec « quand les marchés montent » 🙂

    Commentaire par testatio — 14/06/2010 @ 16:12

  31. Bonjour Testatio, vos com 18 et 25:

    Com 18: Les critères de Bâle sont inspirés par la macro économie et ont été conçus, dans le fond, pour éviter une crise de calibre « subprimes ».

    Ils ont aussi été créés dans l’idée que les banques, dans une crise de configuration PIGGS, pourraient jouer un rôle positif.

    Mais là, dans ce procès, on fait de la micro économie. De la micro très micro: on se demande tous comment une seule personne a pu engager les fonds propres de la banque dans une telle mesure.

    Je vous rappelle que lorsque vous dépassez votre découvert autorisé, votre chargé de clientèle vous appelle et la sonnerie du téléphone veut dire qu’il faut commencer la lèche (pour combien? 500 €? 1000€ 2000 €?).

    A la base, une banque, c’est sure. Et puis on découvre que c’est le musée d’art moderne de la Ville de Paris et que 5 toiles de maîtres peuvent être piquées parce que, dans le système d’alarme, un petit truc est en panne.

    Alors, la macro éco, je l’aime, mais c’est pas elle qui va aider: je pense que vous partagez ce sentiment (distinguer le macro et le micro) et que les critères macros ne sont pas en jeu dans une crise de cet ordre là.

    Kerviel, c’est une méga crise micro économique.

    Subprimes, c’est une crise macro, somme toute moyenne vu les tendances du systèmes financier à faire n’importenaouak. C’est une de plus. Donc une de moins, maintenant qu’elle est passée (business as usual).

    Com 25: dans mon esprit le gestionnaire est tenu par un mandat, alors que le trader n’est tenu que par des objectifs (ce qui, juridiquement ne veut pas dire grand chose).

    Depuis votre com, j’ai révisé mon avis sur le « nominal ». Ce n’est pas tout de suite ce qu’on doit banquer quand on joue. Ce n’est pas la mise de fonds, cen’est pas l’appel de marge. C’est une valeur sur ce que représente le contrat au départ. Au moment où on prend le risque, c’est pas mal de l’avoir en tête.

    En cours de contrat cette valeur se disloque. A la fin, elle ne veut plus dire grand chose (sauf quand on perd, d’après ce que j’ai compris).

    Je n’ai rien trouvé de parlant sur le « nominal » dans cette affaire.

    Il est évident que le « nominal » a son importance puisque la banque a levé ses contrôles sur cette valeur et qu’il apparaît que si elle l’avait fait, elle aurait pu se donner la chance de voir qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas.

    Commentaire par tschok — 15/06/2010 @ 13:56

  32. @ Brayard, vos coms supra,

    Je ne crois pas dans le mythe de la réconciliation. Je voulais juste avoir votre avis. Vous me l’avez donné et je vous en remercie.

    Ma question était plus micro que macro, bien qu’il y ait une relation évidente puisque fondamentalement on reproche trois choses à Kerviel:

    – Avoir engagé plus que les fonds propres de sa banque (mon dieu, ce salarié s’est pris pour le patron de la banque: heureusement qu’il est en correctionnelle, ouf!)

    – Avoir menacé 150.000 emplois: quel putain d’enculé, franchement je vous jure!

    – Avoir montré le ventre de la bête: on s’attendait à une chatte liftée et on tombe sur un fion poilu et merdeux. C’est pas du Playboy, c’est du Hara Kiri.

    Mais, en tout cas, merci d’avoir répondu. Je vous félicite d’avoir eu le courage et le désir de le faire.

    Commentaire par tschok — 15/06/2010 @ 14:06

  33. Je sais pas s’ils ont levé les contrôles sur le nominal, c’est que effectivement, sur certains produits, (et notamment les futurs) ca n’a pas de sens.
    On prend un contrat ‘futur’, et on s’engage à acheter un sous jacent à un certain prix à une certaines dates. Si vous vous engagez sur 1 milliards, votre compte ne montrera rien jusqu’à l’échéance. Là, vous dépensez 1 milliard, et le plus rapidement possible, vous revendez ces sous-jacents. Vous arrivez à tout revendre pour 1.01 milliards, vous faites une plus-value de 10 millions, c’est la seule chose qui apparaitra sur vos comptes (en fin de journée), mais avec des transactions avec des chiffres dépassant le milliard.

    Difficile dans ce cas de vérifier le nominal. Ca ne sert à rien. On va donc plutôt accentuer l’attention (contrôle et Risk) sur les sous-jacents.

    Quoiqu’il en soit, si la Banque donne à votre équipe un portefeuille de 125 millions et qu’à vous seul, vous gagnez 55 millions, il y a des choses pas clair… 50% de bénéfice, ca signifie en matière de risk qu’il est potentiellement possible de perdre 50%. Et donc, là, à la hausse ou à la baisse, ca devrait sonner de partout.
    De ce fait, le fonctionnement me parait obscur.

    Un gérant, gère l’argent de client. En gros, il vend le ‘mandat’, et ceux qui sont intéressé lui confis de l’argent.
    Le trader est un employé d’une banque. Il gère l’argent de la banque. Il n’a pas le droit de gérer l’argent de quelqu’un d’autre.

    Tout 2 sont soumis à des objectifs. Le gérant, c’est quasiment tout le temps indiqué dans le mandat. Le trader, ce sont dans ses objectifs individuels que chaque employé a dans les grandes boites. Certains, c’est de vendre X assurance vie, lui, c’est faire gagner Y euros à la banque.

    Le gérant se rémunère donc uniquement avec les frais de garde, ou les frais en cas de rachats anticipés. Le trader, sur sa performance… Forcément, il a plus tendance à prendre du risque… d’ou les services de contrôles du Risk et de déontologie ^^

    Commentaire par testatio — 16/06/2010 @ 17:52

  34. Je trouve le récit passionnant. L’ambiance semble électrique, et Kerviell complètement dépassé par l’irréalité de la situation (et de ce qui a mené au procès ?…).
    Et j’ai bien aimé cette phrase de Mustier : « Twittez-le immédiatement ! » 😀 Très drôle quand on fait abstraction du contexte.

    Commentaire par Le dauphin — 11/08/2010 @ 02:10

  35. […] Kerviel : une prise de risque inhumaine ! Palais de justice, mercredi, 16 heures. C’est la deuxième journée du procès Kerviel. L’audience a commencé à 13h30 mais je n’ai pas pu me libérer avant. Mêler mon frère à cela, c’est ignoble ! J’entre dans la salle d’audience en plein interrogatoire de Kerviel par le Président. Visiblement, il tente de déterminer la nature exacte de ses activités. 74 alertes passées inaperçues Claire Dumas qui représente la Société Générale, demande la parole pour tenter de regagner le terrain perdu. […]

    Ping par Le Procès | Pearltrees — 25/11/2016 @ 11:42


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :