La Plume d'Aliocha

04/06/2010

Ouf, Internet a encore sauvé la démocratie !

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 09:35

Mon camarade Authueil s’enthousiasme dans son dernier billet de l’efficacité avec laquelle les internautes ont permis de révéler les failles du sénateur honni du moment, Jean-Louis Masson, celui qui a osé s’attaquer à l’anonymat sur Internet. Convenons qu’il fallait une bonne dose de courage ou d’inconscience pour se lancer dans une aventure pareille.

Toujours est-il que ce qui devait arriver…. arriva. La forteresse Internet se jugeant injustement attaquée, mille petites mains s’attelèrent à rechercher des informations pour en faire des armes à l’encontre de l’imprudent agresseur. Et l’on découvrit que celui qui était sorti de l’anonymat pour combattre précisément l’anonymat s’était peut-être rendu lui-même coupable de ….mails anonymes. Flairant l’aubaine, ses adversaires politiques donnèrent du grain à moudre aux petites mains d’Internet. Au point que le scandale sortit de la bulle webesque pour se répandre, via les médias traditionnels, dans le monde réel. De l’art de fabriquer un sujet là où il n’y en a pas. Même lorsqu’on est en panne de sujets dans la presse juridique, il ne  viendrait pas à l’esprit d’évoquer une proposition de loi tant l’expérience enseigne qu’elles sont vouées à l’échec. Passons. Victoire ! On découvrit alors que non-content de se rendre coupable de tentative de meurtre à l’égard de la liberté d’expression des gentils internautes, l’élu n’y connaissait goutte aux derniers joujoux, pardon, aux derniers outils (commerciaux) de liberté du web, j’ai nommé twitter et l’ipad.

Songez donc, comment peut-on être sénateur à notre époque dans un grand pays comme la France en ignorant cela ? Il faudrait vérifier mais un tel crime contre l’intelligence doit forcément relever du code pénal.  Je vais vous dire, c’est  aussi grave que si on m’annonçait que ledit sénateur ignore la manière dont IFRS 9 organise le traitement des instruments financiers en comptabilité internationale depuis qu’elle a remplacé comme vous le savez IAS39 (ne me dites pas que ça ne concerne personne contrairement à twitter, ça concerne la finance mondiale, c’est-à-dire les financiers pour les profits et nous tous pour les prochaines pertes), ou bien encore comme s’il ne savait pas ce que signifient les codes rouges imprimés sur les oeufs, ou pire, la marque des escarpins incontournables de la saison selon Vogue. Un scandale vous dis-je. Comment voulez-vous que la démocratie ne soit pas en danger avec des loustics pareils.

Mais résumons la situation froidement pour en prendre l’exacte mesure  : un sénateur aussi inconnu qu’isolé dépose une proposition de loi qui n’a aucune chance d’aboutir sur un sujet dont les enjeux, en pleine crise économique, ne figurent pas parmi les priorités, me semble-t-il.   « Ca m’en touche une sans faire bouger l’autre » aurait répondu mon rédacteur en chef si j’avais eu l’audace de l’interpeller sur pareil dossier. Fort heureusement, Internet qui a le sens de la hiérarchie de l’information et une capacité d’investigation hors pair, a découvert le watergate du moment. Quel soulagement, un peu plus, les médias traditionnels-paresseux-à-la-botte-méprisant-le-web allaient passer à côté. Mazette, on a eu chaud.

En fait de sens de hiérarchie de l’information, Internet a le même que tout un chacun, « ce qui m’intéresse, c’est ce qui me concerne ».

Enfin, réjouissons-nous avec Autheuil d’avoir désormais des motifs légitimes pour organiser, je cite un « beau lynchage » (oxymore ?) du sénateur, parce que n’est-ce pas, je cite encore « fallait pas nous emmerder ».

Pour un peu, j’en viendrais à avoir envie de le défendre, tiens, ce sénateur. Se mettre à dos le plus turbulent et le plus bruyant des lobbys et se retrouver face à une foule virtuelle en colère dont les pierres, certes, sont des mots mais quand même, ça peut vous ruiner une carrière en moins de deux.

On peut reconnaître beaucoup de vertus à Internet, mais en l’espèce, organiser le lynchage d’un élu dont le seul crime a été de faire son travail d’élu, c’est-à-dire de vouloir aborder un sujet de société, ce n’est certainement pas à la gloire du web. Quant au lynchage, j’ai comme une doute sur son caractère démocratique.

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64 commentaires »

  1. « Quel soulagement, un peu plus, les médias traditionnels-paresseux-à-la-botte-méprisant-le-web allaient passer à côté. »

    Effectivement ils ne sont pas passés à côté 🙂
    Comme quoi la hiérarchisation de l’information ça les connait.

    D’ailleurs le coup des lettres anonymes de Masson a été ressortie par le nouvel obs et initialement révélée par l’Express au moment des faits (me semble t-il)
    Sa méconnaissance de twitter et de l’iPad, elles, ont été révélé grâce aux journalistes d’investigation de RMC (me semble t-il toujours).

    La forteresse internet n’a donc (manifestement) pas eu besoin de mille petites mains pour déterrer ces informations… mais plus simplement de lire les journaux 🙂

    D’ailleurs, en ce qui concerne Twitter et l’iPad la question a été posée (me semble t-il) sur RMC par des journalistes non ?

    Quand à « ruiner la carrière » d’un « sénateur aussi inconnu qu’isolé »… ben en terme d’oxymore c’est pas mal non plus.

    Le lynchage peut être parfaitement démocratique… En l’occurrence c’est juste pas légalement autorisé (en tout cas pas avec des cailloux).

    Aliocha : comment réconciliez-vus illégal et démocratique ?

    Commentaire par khazan — 04/06/2010 @ 09:59

  2. Vous savez la forteresse internet….C’est juste quelques centaines de blogueurs à tout casser.
    Les blogueurs n’ont pas l’influence qu’on veut bien leur prétendre, c’est un microcosme dans un microcosme.
    Alors quand vous parlez de lynchage, le mot est à mon sens mal approprié. En ce cas une manifestation d’infirmières défendant leur statut serait assimilée elle aussi à un lynchage à l’encontre du ministre de la santé. Dans ce cas précis le nombre de protestations est plutôt de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers, rien à voir avec l’échelle de grandeur du nombre de billets dénonçant la proposition de loi de Mr Masson.

    Commentaire par Vlad — 04/06/2010 @ 10:12

  3. Franchement, que le sénateur Masson ne connaisse pas twitter ou l’iPad cela ne me dérange absolument pas. Déjà, parce que sa proposition de loi ne concerne en rien l’iPad, et peu Twitter. Ensuite, parce que réduire Internet à un site et un produit électronique est un peu gros.

    Ce qui me gêne est surtout qu’un sénateur qui dit que sa seule connaissance d’internet est les courriels que reçoit sa secrétaire (soit rien) dépose un projet de loi spécifique à ce média, sans prendre la peine de se renseigner avant.

    Je sais bien que proposer une loi sur un domaine dont on ne connaît rien n’est pas nouveau, que monsieur Masson n’a pas recopié tel quel un texte écrit par un groupe d’intérêts quelconque et qu’il a le mérite de parler d’autre chose que la dette et la burqa. Ce n’est cependant pas une raison pour applaudir son initiative, et je suis heureux que quelques casseroles ressortent à l’occasion de son initiative.

    Mon regret sera surtout que cette surveillance du travail parlementaire (ou du moins sa médiatisation) se limite sur internet, le plus souvent, aux domaines relatifs aux nouvelles technologies.

    Commentaire par kalgan — 04/06/2010 @ 10:35

  4. @ Vlad :

    Je ne suis pas Aliocha à 100% sur ce billet, mais il faut bien admettre, si on reprend votre comparaison quelques billets vs manif’ d’infirmière, que ces quelques billets de blogueurs ont une audience autrement plus grande que les infirmières défendant leur statut. C’est là une caractéristique du net : il permet à peu de personnes d’avoir un écho sans commune mesure avec ce qui existait jusqu’alors. Et parfois, de plus en plus souvent, l’on focalise sur l’accessoire eu détriment de l’essentiel…

    @ Aliocha (un peu HS mais pas totalement) :

    J’ai entendu récemment Hervé Le Crosnier, un chercheur de l’université de Caen, dans une passionante communication à propos de Google (à l’occasion d’une conférence intitulée Les enjeux de la ressources dans le milieu culturel). Je crois qu’il vous aurait plu, notamment quand il s’attachait à casser les mythes d’internet, dont le fameux « on trouve tout sur internet ». Il comparait Google, dans sa collecte d’informations, à un entonnoir, et disait que non, on ne trouve pas tout, parce que l’internaute, soumis au filtre de la « pertinence » de l’info recherchée, ne perçoit le savoir qu’à travers le petit trou de l’entonnoir, et passe donc à côté de tout un tas d’informations même quand le résultat de sa recherche le satisfait.
    Je m’en vais lire L’Entonnoir le court livre qu’il a dirigé, et y reviendrais à l’occasion…

    Commentaire par Gwynplaine — 04/06/2010 @ 10:35

  5. « On peut reconnaître beaucoup de vertus à Internet, mais en l’espèce, organiser le lynchage d’un élu dont le seul crime a été de faire son travail d’élu, c’est-à-dire de vouloir aborder un sujet de société, ce n’est certainement pas à la gloire du web. Quant au lynchage, j’ai comme une doute sur son caractère démocratique. »

    Un élu dis-tu? Mais élu par qui? Par des élus qui ne respectent pas leurs engagements!
    Et le lynchage de Masson c’est quand même bien le minimum. Ce qu’il aurait fallu, c’est une démission pour incompétence avérée et revendiquée.

    Aliocha : voui, au moins, d’ailleurs je me demande s’il ne faudrait pas envisager de la passer à l’huille bouillante aussi, ou bien lui griller le pieds, ou peut-être lui infliger le supplice de la roue. A voir….

    Commentaire par Tassin — 04/06/2010 @ 10:42

  6. Moi je suis plutôt pour l’interdiction de l’anonymat sur internet !
    …parce que ça commence à faire un bon moment qu’on cherche en vain à savoir qui se cache derrière le pseudo Aliocha, et ça commence à faire long.

    A part quelques petits indices (une passion pour la danette au chocolat, des escarpins roses,…), on ne sait rien !

    Mr MASSON, même au prix de la démocratie, aidez-nous à percer le mystère.

    Aliocha : depuis le temps que je vous vois dormir au fond de la salle, vous. Et Patatras, vous venez de démontrer que vous n’étiez absolument pas attentif. JE N’AIME PAS LA DANETTE.

    Commentaire par Anonyme — 04/06/2010 @ 10:46

  7. On peut être passionné et ne pas aimer, comme on peut légiférer sur un sujet sans rien y connaitre ! (vous voyez que je suis attentif)

    Commentaire par Anonyme — 04/06/2010 @ 10:54

  8. Merci pour ce billet tout en finesse qui ouvre au moins d’autre voix de réflexions face à la condamnation unilatérale du sénateur qui aurait mieux fait de rester anonyme.

    J’avoue que ce qui me gêne, ce n’est pas tant l’importance du sujet (si ce monsieur a envie de traiter de ce point, car il le juge important, grand bien lui fasse…D’autres élus ne se penchent-ils pas sur les PV de stationnement comme si c’était une priorité, et ça me parait tout aussi déplacé).

    Ce qui me surprend, c’est qu’un homme normalement aguerri aux techniques de communication et de prise de parole, qui soutient un projet – certes perdu d’avance – concernant internet, puisse réaliser un suicide médiatique de la sorte en avouant avec une certaine fierté son ignorance sur un sujet. Je vous accorde volontiers qu’on ne lui demande pas d’être un spécialiste du sujet pour avoir un avis… pas un spécialiste, certes, mais au moins de s’intéresser et de comprendre.
    Et donc avouer son ignorance totale, la revendiquer avec un ton presque méprisant, c’est une erreur stratégique grave.
    Et j’avoue avoir du mal à comprendre comment il a pu réaliser une telle erreur tant il était certain que son propos se retournerait contre lui. N’est-il pas conseillé dans sa communication ? Personne ne l’aurait alerté sur le risque de se trouver confronté à ces questions ?

    De là à se demander s’il ne l’a pas fait exprès, il n’y a qu’un pas… Mais alors la raison pour laquelle il a agi ainsi m’échappe.

    Finalement, M. Masson est peut-être d’une école ancienne… et son attitude m’a fait penser à ses intellectuels en perruque auxquels Enikao – encore un anonyme – a consacré un excellent billet : http://enikao.wordpress.com/2009/10/19/internet-et-la-fin-des-intellectuels-en-perruque/

    Aliocha : erreur stratégique grave en effet en terme de communication, ce qui explique sans doute l’anonymat relatif dont souffre ce sénateur. Entre nous, je trouve ça rafraichissant dans la mesure où on a d’un côté ceux qui savent communiquer et manipulent à tour de bras et, de l’autre, ceux qui ne savent pas et ont au moins le mérite d’une certaine candeur.

    Commentaire par Laurent Doumergue — 04/06/2010 @ 12:11

  9. Chère Aliocha, j’ai l’impression que votre anti-conformisme vous aveugle, voire vous fait devenir de mauvaise foi.

    Le fait qu’un sénateur ne connaisse ni twitter ni l’ipad n’est pas un problème. En revanche, le fait qu’un élu tente de légiférer sur un sujet qu’il ne veut de son propre aveu ne pas connaître, cela me choque. Une question plus pertinente aurait été « connaissez-vous la LCEN ? » Au vu de son discours, il est clair que non. Comment pouvez-vous justifiez qu’un élu fasse une proposition de loi sans même chercher à connaître la loi qui existe déjà ? et encore moins les conséquences de sa loi ?
    Vous dites qu’il fait son travail d’élu, mais il le fait autant qu’une femme de ménage qui planque la poussière sous le tapi.

    Quant au lynchage, pardonnez-moi mais comparer la mise en avant de ses frasques passées à l’huile bouillante est tout simplement grotesque. Ce qui est scandaleux c’est que ce type ai été élu malgré l’emploi de ce genre de méthode. Sa carrière aurait dû être brisé au moment ou ça a été révélé, et ce ne serai que justice.
    Je suis peut être idéaliste, mais pour moi les élus doivent être exemplaires. Ce n’est pas parce qu’un grand nombre d’entre eux trainent ce genre de casserole derrière eux que c’est admissible, et la seule chose que je regrette, c’est que ce genre de « lynchage » n’arrive qu’au élu qui s’en prennent à internet.

    Aliocha : vous me flattez, mais les vrais anti-conformistes doivent rigoler en me voyant projetée dans leurs rangs 😉 plus simplement, j’exerce ma liberté d’opinion, non seulement à l’égard du monde réel mais également de la toile, sinon, ce n’est pas drôle. Je ne vois pas pourquoi quand on aime quelque chose, Internet par exemple, on devrait considérer que tout ce qui en sort est bon par définition. Si, en fait, je vois pourquoi, pour faire de l’audience, être reconnu par ses pairs, encensé par les internautes. Ah les terribles chaines que voilà. Je vous renvoie à la tirade des « Non merci » de Cyrano sur le sujet. Sur le lynchage, ce n’est pas moi qui en parle, mais Authueil, je reprends donc son terme et les ambitions qui bont avec. Et sur le travail des élus, je le justifie parce que je sais le vrai boulot qu’il y a derrière un texte quand il parvient à intégrer le circuit législatif et que je trouve par ailleurs que la question de l’anonymat est une bonne question même si elle est mal posée.

    Commentaire par perb — 04/06/2010 @ 12:27

  10. @Aliocha

    Executive summary:
    Si une loi vptée démocratiquement rétablissait la peine de mort par lynchage… le lynchage deviendrait démocratique (?!).

    En plus long:
    Ces deux notions ne sont pas « opposables ».

    Ce qui est illégal n’est pas forcément non démocratique… puisque sa légalité/illégalité résulte d’un processus démocratique.
    Je m’explique: jusqu’à il y a peu l’avortement était illégal… l’auriez vous qualifié de non démocratique ? Le qualifieriez vous aujourd’hui de démocratique considérant qu’il est légal?
    Alors même que certaines démocratie l’interdisent toujours?

    Il n’y a pas si longtemps, la peine de mort était légale en France… etait-elle « démocratique » ? Elle l’est toujours aux US… est-elle démocratique?

    Démocratique et légal sont deux choses différentes.
    En quelque sorte la démocratie est « immanente » alors que la légalité est « transcendante ».

    Commentaire par khazan — 04/06/2010 @ 12:27

  11. @Aliocha

    1/ votée et pas vptoée
    2/ c’est vrai (comme le faisait remarqué Gwynplaine) que ces doubles guillemets sont embêtants…

    🙂

    Commentaire par khazan — 04/06/2010 @ 12:28

  12. […] This post was mentioned on Twitter by sammyfisherjr, Wandrille Vallet. Wandrille Vallet said: Sans Internet la dictature aurait vaincu ! Ouf ! http://bit.ly/dCxofd De la capacité des blogs à s'emparer des sujets vitaux. […]

    Ping par Tweets that mention Ouf, Internet a encore sauvé la démocratie ! « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 04/06/2010 @ 12:56

  13. « organiser le lynchage d’un élu dont le seul crime a été de faire son travail d’élu »
    En termes de lynchage il n’a pas beaucoup souffert, je crois qu’il retombera vite dans l’anonymat dont il n’aurait peut-être pas du sortir.
    Si faire son boulot ça consiste à proposer des lois en fonction de ses besoins personnels, sans même étudier au minimum le domaine concerné, vous avez une conception originale du rôle de l’élu en démocratie.
    Si ce billet est un troll, il est assez réussi.

    Commentaire par Monsieur Prudhomme — 04/06/2010 @ 13:13

  14. « un élu dont le seul crime a été de faire son travail d’élu, c’est-à-dire de vouloir aborder un sujet de société »

    Ce que vous omettez de donner, ce sont les raisons mesquines qui ont conduit cet élu à vouloir aborder comme vous dites un sujet de société: il pense être attaqué anonymement par le député-maire UMP de Woippy, François Grosdidier, via les blogs. personnellement je me fais une autre idée du travail d’élu.
    Si cet élu faisait son travail d’élu, comme vous dites, il saurait par exemple que Nadine Morano avait entamé des poursuites contre une commentatrice anonyme qui l’avait traité de menteuse. pas besoin d’une nouvelle loi pour cela. laquelle avait perdu avec effarement son statu anonyme.

    Enfin, il ne faut jamais sous-estimer ces projets de loi « qui n’ont aucune chance d’aboutir ». rappelons que la burqa, qui n’est pas plus que l’anonymité des internautes un sujet très brûlant comparé à la crise que traversent de nombreux ménages a été au départ un petit projet de loi déposé par quelques députés.

    Commentaire par turquoise — 04/06/2010 @ 13:25

  15. Bon passons sur l’élu qui propose une loi inadapté, ce n’est pas le premier et certainement pas le dernier a proposer une loi inapplicable sur un sujet non maitrisé.

    Moi ce que je trouve marrant c’est qu’en lisant votre blog, Aliocha, et au vues des autres commentaires, je me rends compte que l’on a pas les mêmes sources d’informations. J’ai bien eu 3-4 posts dans ma revue de web sur cette affaire ( numérama et Eolas pour ne pas les citer ) mais numérama a traiter cette « incident » avec le même sérieux que l’histoire du gars qui tue son chat après avoir perdu au jeu vidéo… et Eolas à apporter quelque précision intéressante ( comme toujours? ) sur le fond et élargi un peu le sujet.

    Bref c’est un « non-événement », comme une déclaration provocante d’un porte parole d’un partie politique (avec peut être un prix busiris à la clé). Et dans mon environnement médiatique la manifestation des infirmiers a eu plus d’écho. Peut être faut il faire un peu plus de tri dans vos abonnements au blog et élargir votre horizon ( ou plutôt le réduire qu’au blog intéressant, d’ailleurs je suis le votre 😉 ).

    Commentaire par nyquist — 04/06/2010 @ 14:06

  16. Autant je suis désagréablement surpris par le ton d’Authueil, autant je suis à peu près d’accord avec le fond de votre billet, à commencer par ce qui concerne le lynchage dont la vacuité n’a d’égale que sa nature nauséabonde, autant « dont le seul crime a été de faire son travail d’élu » est quand même faux-cul quand on connait les motivations du sénateur visé. Non?

    Entre nous, Aliocha… 😀

    Aliocha : citez moi un seul auteur de proposition ou de projet de loi qui ait agi ces derniers temps pour des motifs plus nobles que Masson 😉 Les uns cèdent au lobbying, les autres veulent passer au 20h, d’autres encore veulent simplement laisser une trace dans l’histoire en donnant leur nom à une loi. Les motivations ne sont jamais pures, vous le savez bien et pourtant c’est comme ça qu’on avance.

    Commentaire par Ferdydurke — 04/06/2010 @ 14:14

  17. @Ferdydurke
    « le lynchage dont la vacuité n’a d’égale que sa nature nauséabonde »
    Je fais partie des blogueurs amateurs qui ont fait un billet sur la proposition de loi.
    1. Je ne participe à aucun lynchage
    2. Je donne un point de vue et force la réflexion
    3. Où voyez-vous vacuité et nature nauséabonde ?

    Commentaire par Vlad — 04/06/2010 @ 14:22

  18. Vous imaginez que c’est le même genre de personne qui pose des propositions de loi pour éviter les dérives du secteur financier. Là, l’incompétence nous parait évidente vu qu’on connait le sujet, mais dans le secteur financier et la régulation des marchés, n’avez vous pas le sentiment que certaines propositions font doucement rigolé le secteur sur les applications des propositions politiques ?
    En espérant qu’ils ne soient pas tous incultes sur tous les sujets qu’ils traitent…

    Aliocha : votre question nous ramène au problème de l’expert que j’évoquais dans un billet précédent. Warf, warf, ricane l’expert qu’il soit geek ou financier quand le législateur surgit. Ce n’est pas que le législateur soit sot, c’est qu’il est distancié et donc apte à observer les problèmes de façon moins sophistiquée que l’expert mais aussi plus indépendante. Derrière une apparente querelle entre technicien et non-spécialiste, il y a souvent une querelle plus profonde de principe, voire d’idéologie. Masson ne connâit peut-être pas twitter, en quoi cela l’empêche-t-il de poser la question de l’écriture en direction d’un public sous le couvert de l’anonymat ? En rien, strictement en rien. Une fois débarrassés de leur vocabulaire technico-incompréhensible, la plupart des problèmes si sophistiqués soient-ils, posent toujours des questions d’une très grande simplicité.

    Commentaire par testatio — 04/06/2010 @ 15:23

  19. Merci aliocha pour ce contre-troll. Je dois reconnaitre que vous avez du talent 🙂

    Ce Masson a voulut emmerder un porc epic, animal qu’il ne connaissait que de loin et qui lui apparaissait inoffensif. Il s’est piqué et s’en agace. Il s’en remettra, mais se souiviendra, la prochaine fois, de ce que les ministres de la Culture savent deuis longtemps « Sur les sujets internet, on a toujours des emmerdes ».

    Aliocha : you’re welcome. Je crains que sur tous les sujets ou presque, les minisères sachent qu’ils auront des emmerdes s’ils veulent réformer, simplement, il y a des emmerdes plus ou moins visibles, des capacités de nuisance plus ou moins fortes.

    Commentaire par authueil — 04/06/2010 @ 15:57

  20. @ Testatio :

    Masson est isolé et sa proposition vouée à l’échec. Il ne faut pas que le fait que le sujet touche internet (et donc qu’il buzze alors que la proposition, du fait de son peu de chance d’aboutir, serait restée inconnue du grand public sur bon nombre d’autres sujet) masque celui que la plupart des parlementaires ont à coeur de bien faire leur travail, de bosser les dossiers. Ce qui n’autorise pas le démago « c’est le même genre de personnes qui… ».
    Et comme le dis Aliocha, si on ne devait l’ouvrir que sur ce dont on est spécialiste, ça limiterait un peu les possibilités de discussions, non ? Les élus étant représentants du peuple, du bien commun, normal qu’ils posent (et se posent) les questions du vulgum pecus.

    « Si on ne devait parler que de ce qu’on connait, est-ce que les hommes parleraient de Dieu ? Est-ce que Mitterrand parlerait des pauvres ? Est-ce que le pape parlerait du stérilet de ma belle sœur ? Est-ce que les communistes parleraient de liberté ? Est-ce que je parlerais des communistes ? » (Je vous laisse le soin de retrouver l’auteur de cette citation.)

    Aliocha : fichtre, depuis que j’ai utilisé les doubles guillements pour cause de citation dans une citation, wordpress en déduit qu’il doit doubler tous les guillements, désolée.

    Commentaire par Gwynplaine — 04/06/2010 @ 16:06

  21. Desproges, facile.

    Réquisition Flagrant Délire dans je ne sais plus quelle affaire, mais je peux retrouver.

    Commentaire par tschok — 04/06/2010 @ 17:02

  22. @ Tschok :

    Bingo, mais pas des Flagrants délires. Il s’agit du sketch Je baisse, du spectacle au Théâtre Fontaine, 1984.

    Commentaire par Gwynplaine — 04/06/2010 @ 17:15

  23. Je comprends votre point de vue : l’expert à cette faculté de savoir. De part sa promiscuité avec le sujet, il ne peut rester objectif.

    Le législateur peut tout à fait faire sien d’un sujet qui ne le touche pas. Mais j’ai du mal à imaginer sa capacité à soutenir un projet qu’il ne connaît finalement pas, au risque plus qu’évident qu’il sera facilement influençable part les lobbyistes.

    Commentaire par testatio — 04/06/2010 @ 18:02

  24. @ Gwynplaine,

    Ah? Vous me surprenez. Il me semblait pourtant bien avoir entendu cette phrase dans les Flagrants Délires (qui datent de 1982). Il a peut être remployé cette bonne phrase dans son spectacle de 1984?

    Commentaire par tschok — 04/06/2010 @ 18:41

  25. @ Testatio :

    Evidemment qu’il sera perméable à divers intérêts, mais les intérêts étant divers, ils tirent dans un sens comme dans l’autre. Et ne peut-on pas raisonnablement pensé que le législateur n’est pas dupe, et qu’il sert en connaissance de cause les intérêts de tel ou tel ? Ce n’est peut-être pas plus satisfaisant, mais je ne crois pas que les parlementaires soient les poupées de chiffons des vilains lobbyistes. Chacun joue sa partition.

    @ Tschok :

    C’est possible, il utilisait souvent des mêmes morceaux dans plusieurs contextes différents.

    Commentaire par Gwynplaine — 04/06/2010 @ 19:03

  26. Ce sénateur c’est le maçon qui n’a pas le niveau et qui se prend pour un architecte qui aurait un mauvais plan ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/06/2010 @ 22:30

  27. @ Aliocha
    « d’un élu dont le seul crime a été de faire son travail d’élu,  »

     » citez moi un seul auteur de proposition ou de projet de loi qui ait agi ces derniers temps pour des motifs plus nobles que Masson 😉 Les uns cèdent au lobbying, les autres veulent passer au 20h, d’autres encore veulent simplement laisser une trace dans l’histoire en donnant leur nom à une loi. Les motivations ne sont jamais pures, vous le savez bien et pourtant c’est comme ça qu’on avance. »

    Euh, je dois être un candide très binaire, mais je trouve que vous avez attendez bien peu des élus du peuple qui légifèrent pour la nation, tirez au hasard dans la population, vous ne trouverez pas pire.

    Enfin, je trouve bien étrange que vous pardonniez si facilement à un élus de faire son travail de manière bien étrange (alors même qu’il à une responsabilité qui engage 65 millions de français pour les au moins 10 prochaines années) et que vous tanciez si sévèrement un blogueur alors que sa « responsabilité » ultime c’est de faire sourire ou froncer les sourcils à un visiteur qui aura oublié dans une semaine.

    Pourquoi ces 2 poids 2 mesures ?

    Commentaire par herve_02 — 04/06/2010 @ 22:41

  28. « Les motivations ne sont jamais pures, » et bien si justement, celles les de Masson sont purement égoïstes et intéressées. A vous de démontrer en quoi avec Masson « on avance ».

    « Brice Hortefeux a été condamné, vendredi 4 juin, pour injures raciales à 750 euros d’amende. Les juges ont requalifié le délit pour lequel il était poursuivi en simple contravention. » Vous l’aviez présenté comme une victime de lynchage (dans un billet du 15/09/09), les juges l’ont plutôt rangé du coté des coupables.

    Commentaire par Monsieur Prudhomme — 04/06/2010 @ 22:42

  29. « Une fois débarrassés de leur vocabulaire technico-incompréhensible, la plupart des problèmes si sophistiqués soient-ils, posent toujours des questions d’une très grande simplicité.

    C’est le leitmotiv des populistes.

    Commentaire par Khazan — 05/06/2010 @ 00:14

  30. Un héroïque sacrifice que celui de sieur Masson, qui dans l’exercice de ses fonctions, s’est livré de lui-même aux hordes du web déchâinées (tellement déchaînées qu’elles en déplacent l’accent circonflexe sur le A, il fallait le faire).

    En fait, il suffisait donc d’une proposition de loi idiote pour braquer chacun sur ses positions, sans risquer de faire avancer le schmilblick d’un quart de poil. Une fois la tempête médiatique passée (tempête dans un verre d’eau, en l’occurence), tout le monde retournera à ses occupations. Les infectes tyrans du monde réel retourneront comploter contre la démocratie à coups de projets de lois débiles, et les hordes sauvages retourneront hordesauvager comme si de rien n’était.

    Bon, au moins on se sera bien marrés, c’est ça qui compte finalement.
    Vivement le prochain apéro facebook.

    Commentaire par jor — 05/06/2010 @ 00:19

  31. @ Aliocha en 16

    « citez moi un seul auteur de proposition ou de projet de loi qui ait agi ces derniers temps pour des motifs plus nobles que Masson »

    Robert Badinter? Me*de : ces derniers temps!!! Ouh la, l’effroi me saisit. Bougez pas… je vais bien finir par en trouver un…

    « Les uns cèdent au lobbying, les autres veulent passer au 20h, d’autres encore veulent simplement laisser une trace dans l’histoire en donnant leur nom à une loi. »

    Euh… Vu le fait générateur de sa proposition (ses déboires avec un blogueur anonyme pendant sa dernière campagne électorale), M. Masson n’en est même pas à l’un des stades que vous citez. C’est un troll (lvl 1 ou 2, 3 au mieux) qui a réussi son coup : être nourri par des blogueurs.

    Re-euh… (raaah?) : Quand bien même l’absence de motivations pures feraient avancer les choses, qualifier cela de travail d’élu n’en est pas moins faux-cul. Personnellement, j’appelle cela de l’opportunisme. Vous noyez la bouillabaisse, je le crains.

    @ Vlad

    « 1. Je… »

    « 2. Je… »

    C’est tout à votre honneur. Toutefois… Vous n’êtes pas le seul blogueur, le saviez-vous? 😉

    « 3. Où voyez-vous vacuité et nature nauséabonde ? »

    Vacuité : Absence de pensées, d’idées. Absence de contenu, de consistance.

    Nauséabond : au fig. Qui inspire une profonde répugnance (dans l’ordre intellectuel ou moral).

    Lynchage : Malgré les deux origines possibles, à savoir Charles ou John ou William Lynch ou le nom du comté de Lynch Creek, on trouve des procédés de justice expéditive similaire au XIXe siècle en Irlande et en Russie, qui consistent à faire subir une peine mineure à un suspect sans examen des faits devant un quelconque tribunal constitué selon les règles de procédures conformément à la loi en vigueur. (wikipedia)

    Donc, voui, je trouve que tout lynchage est aussi vide que répugnant : Le degré zéro de la morale (Ensemble des règles d’action et des valeurs qui fonctionnent comme norme dans une société).

    C’est pour cela que si je suis satisfait de la condamnation de M. Hortefeux pour injures raciales je n’en continuerai pas moins à trouver nauséabond le lynchage généralisé dont il fit les frais.

    C’est aussi pour cela que je trouve que la chute du billet d’Authueil (« On devrait avoir assez rapidement les billes pour un beau lynchage.« ) lui donne une tonalité désagréable.

    Cyniquement, je reconnais toutefois que le lynchage est la meilleure façon d’inciter l’auteur (ou le suspect) d’un crime ou d’un délit à se rendre aux forces de l’ordre : non seulement même le plus mauvais traitement policier qu’on puisse imaginer lui paraitrait agréable, de plus il aurait droit à un procès équitable.

    Aliocha : un procès pour quoi ? Délit d’ignorance de Twitter ? Tentative d’homicide sur l’anonymat du web ? Dépôt d’une proposition de loi non consensuelle ? Technophobie aggravée ? Outrage aux blogueurs ?

    Commentaire par Ferdydurke — 05/06/2010 @ 02:40

  32. Le même sentiment que vous Ferdydurke on est là dans le plus pur opportunisme !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/06/2010 @ 09:47

  33. Mr. Doumergue,

    Vous considérez qu’il s’agit d’une erreur de communication. je trouve au contraire qu’il s’agit pour Mr. Masson d’une opération de com’ particulièrement réussie.
    Le monde ne se réduit pas à Internet, et encore moins aux twitteux et à la blogosphère. Pour des centaines de milliers de français, pour des personnes comme ma mère, sa femme de ménage ou le cousin Fernand, Internet, c’est l’inconnu, et c’est dangereux. C’est une forêt sombre peuplée de pédophiles, de néonazis et de corbeaux. Et Mr. Masson décide de s’attaquer à ces corbeaux, et à tous ces affreux qui menacent notre jeunesse (innocente ou désoeuvrée, au choix) et qui attaquent sournoisement (parce qu’anonymement) leur patron, le gouvernement ou leur voisin de palier. Et ma mère, sa femme de ménage et le cousin Fernand trouvent ça très bien, de vouloir empêcher ces personnes de nuire, et trouvent que Mr. Masson a bien raison, et qu’ils lui donneraient bien leur voix, à Mr. Masson, ou à quelqu’un qui le soutient.
    Et il lui donneront encore plus raison lorsque la presse locale (ou nationale) mettra en première page l’accident mortel d’un gamin au retour d’un apéro facebook, ou les exploits d’une supermaman partie sur le net à la chasse aux pédophiles.

    Commentaire par lambertine — 05/06/2010 @ 10:09

  34. @ Aliocha en 31

    La, la… tout doux, Aliocha. Visiblement, vous n’êtes pas du matin! Tenez, prenez une pastille à la camomille.

    *tapote doucement d’une main l’épaule d’Aliocha pendant que il l’évente de l’autre avec une feuille de papier*

    Maintenant, prenez une profonde inspiration, expirez lentement, relisez mon commentaire et dites-moi où j’appelle à un procès (de qui que ce soit).

    Vous voyez? Il n’y avait pas lieu de se fâcher : Je suis même en partie d’accord avec vous. Allez, je vous prépare un thé. Non, pas de café. Vous êtes déjà bien assez tendue. Mais ouiii, j’vous pardonne.

    Heureusement que j’ai une longue expérience des réveils fougueux, moi… 😀

    Commentaire par Ferdydurke — 05/06/2010 @ 10:50

  35. Vlad : « Vous savez la forteresse internet….C’est juste quelques centaines de blogueurs à tout casser.
    Les blogueurs n’ont pas l’influence qu’on veut bien leur prétendre, c’est un microcosme dans un microcosme. »

    Oui, mais ces blogueurs sont lus par beaucoup de monde. La qualité ainsi que la pertinence des sujets abordés autant que le talent d’écriture font que les billets sont lus aussi par les journalistes.

    Au point que ceux ci les invitent :
    Certains sont invités sur France Culture, d’autres sont publiés sur le site de Marianne2 (http://www.marianne2.fr/Le-vrai-tartuffe-c-est-Morel-!_a193615.html )

    Ne serait ce pas de la jalousie ?

    ( Je je… comme remarque Ferdyduke )

    Commentaire par patrons-voyous — 05/06/2010 @ 11:14

  36. Face au chantage de l’empire financier :

    Crise des « subprimes », crise bancaire, accélération de la destruction de l’agriculture, de l’industrie et des emplois. Puis aujourd’hui crise de l’euro, crise de la dette publique des États, destruction du service public, chantage sur les retraites. Sans oublier les divers plans injustes pour sauver les banques !

    Nous devons nous organiser et nous mobiliser massivement pour demander à faire la lumière sur la crise financière en convoquant immédiatement une commission d’enquête parlementaire !

    Nous ne devons pas faire le choix de la défaite ! Alors rejoins moi sur mon groupe facebook : http://fr-fr.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts

    David CABAS
    david.cabas.over-blog.fr

    Commentaire par David CABAS — 05/06/2010 @ 20:54

  37. @ Aliocha, en 20 :

    Je crois que vous n’y êtes pour rien, le problème est le même chez Philarête. Il va falloir faire une réclamation à votre hébergeur.

    Commentaire par Gwynplaine — 06/06/2010 @ 01:41

  38. Bonjour Aliocha

    « ….d’un élu dont le seul crime a été de faire son travail d’élu,…. ». J’ose espérer que vous plaisantiez quand vous vous êtes laissé aller à une telle assertion. Si le travail d’un élu consiste simplement à élaborer des projets de loi ineptes et de surcroît, mal rédigés (http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/05/24/Haut-les-masques), je crains fort que nous n’ayons pas la même conception de la chose publique. Internet a le mérite de nous montrer (n’était-ce pas autrefois le rôle dévolu à votre corporation) combien le roi peut être nu et finalement pas à sa place. Je me pose de plus en plus de questions sur la réalité du « travail » fourni par nos élus (et ce n’est pas la lecture du blog d’Authueil qui me rassure sur ce point). Quand ils ne se couchent pas devant les diktats du pouvoir exécutif (http://www.lexpress.fr/actualites/2/defenseur-des-enfants-le-senat-change-son-vote-tolle-a-gauche_897179.html), j’ai le net sentiment que le seul critère retenu est de faire la une des médias officiels.
    Vous affirmez en plus que « Même lorsqu’on est en panne de sujets dans la presse juridique, il ne viendrait pas à l’esprit d’évoquer une proposition de loi tant l’expérience enseigne qu’elles sont vouées à l’échec. ». Contrairement à vous, bien que ne faisant pas partie de la noble confrérie des défenseurs de la démocratie, je m’inquiète de plus en plus de cette logorrhée législative qui aboutit parfois à des votes tardifs, en soirée, par les quelques élus qui ont la malchance d’être encore présents dans l’hémicycle, sur ce type de projets de loi. Au bilan, parfois, une sévère gueule de bois pour tout le monde le lendemain matin lorsqu’on découvre avec effarement que des libertés fondamentales ont été foulées au pied ou que la loi est inapplicable (c’est le plus courant) ou qu’elle est en contradiction flagrante avec des textes de lois européens, traités ou autres normes, etc… (au hasard, je cite HADOPI mais il y en a plein d’autres) critères auxquels s’ajoute la question lancinante sur la santé mentale de leurs auteurs et supporters. Je crois qu’il existe des sujets autrement plus importants à traiter actuellement comme, par exemple, l’état des phynances de notre pays (http://www.jpchevallier.com/article-dominos-euro-zonards-51746341.html) ou de celui de notre outil militaire.
    Enfin, pour terminer, je crois que, aussi difficile soit-il, il est du devoir de nos chers élus de connaître et le fonctionnement d’Internet, et ce que sont les normes IFRS, puisque vous citez ces deux exemples. Sinon , il n’y a qu’à les tirer au sort, le résultat ne pourra être pire. A tout le moins, s’il vient à l’idée de quelques impétrants de vouloir légiférer sur l’un ou l’autre de ces sujets (pourquoi pas, rien n’est figé), les budgets de formation, les journaliste spécialisés ou tout autre source compétente peuvent être à l’origine d’une saine et utile réflexion (qui doit être une étape facultative malheureusement) et leur éviter de se prendre lamentablement les pieds dans le tapis (ce qui devient un passage obligé) et ainsi, de décrédibiliser encore un peu plus les institutions publiques et politiques qui les font vivre. Sinon, il ne faut pas s’étonner de voir le monde politique et la société civile se séparer doucement mais sûrement au fil du temps. Montesquieu, en d’autres temps, a montré ce qu’il pouvait advenir de cet état de fait.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 06/06/2010 @ 16:55

  39. @Lambertine : Je vous accorde bien volontiers que M. Masson doit être, du fait de sa position, proche de votre mère…et de la mienne. Ceci dit, bien accompagnée, ma mère surfe de plus en plus et ses craintes diminuent jour après jour. Mais encore faut-il prendre le temps d’expliquer et d’apprendre.

    Il me semble qu’il y’a un amalgame dans votre commentaire entre la façon dont M. Masson a communiqué d’une part, la forme, et le fond de son propos.

    A aucun moment je n’ai pris position pour ou contre l’anonymat. Ce n’était pas le but de mon commentaire d’ailleurs.

    J’ai simplement souligné que M. Masson avait selon moi décrédibilisé sa position en revendiquant son ignorance d’un sujet. Encore une fois, nul besoin d’être spécialiste… mais un minimum d’intérêt est nécessaire renforce le propos, surtout lorsqu’on propose une action/une loi. Il ne s’agit pas dans son cas de s’exprimer librement comme vous et moi pourrions le faire sur la situation économique de la la Grêce, la sécurité dans les banlieues ou l’équipe de France de foot au cours d’un repas. Nous avons tous un avis, et lui aussi.. c’est normal. Il s’agit d’une proposition de loi.

    Et loin de moi l’idée de cantonner les hommes politiques à un seul domaine dans lequel ils pourraient s’exprimer. Mais il y a une certaine cohérence à connaître le sujet sur lequel on souhaite agir. Auriez-vous spontanément confiance en un sportif comme David Douillet ou Bernard Laporte proposant une réforme de la retraite, ou un politicien du 3e âge (un âge proche de la 3e république) proposant une réforme des rythmes scolaires du primaire ?

    Alors, sans doute, comme l’a rajouté Aliocha, y’a-t-il chez M. Masson une certaine candeur, dans un monde de pro de la comm.

    J’ai en revanche beaucoup de mal à vous suivre sur les apéros géants auquel chacun d’entre nous décide librement de participer ou pas, de boire ou pas… Le lien avec l’anonymat m’échappe.

    Desproges a été cité dans les commentaires et j’ajouterai cette phrase « Ah bien sûr, si j’avais cette hargne mordante des artistes engagés qui osent critiquer Pinochet à moins de dix mille kilomètres de Santiago »

    M. Masson, a 10.000 kilomètres des nouvelles technos, a osé critiquer le grand méchant Internet… Dommage qu’il ne soit jamais allé sur place.

    Commentaire par Laurent Doumergue — 07/06/2010 @ 10:09

  40. En fait, le soit disant « lynchage » n’est que la résultante de la soudaine constatation de l’incompétence de nos élus à gouverner en dehors de leurs petites habitudes et de la sauvegarde de leurs privilèges.

    On se demande parfois pourquoi les engraisser comme cela, il suffit de laisser faire le Conducator et appliquer sans réfléchir ce qu’il veut, on gagnera du temps.

    Je pense que c’est là le fond de toute la problématique. Depuis quelques temps (1981 peut être), la presse ne fait plus vraiment son travail et montre un monde de bisounours d’élus faisant globalement bien leur travail, en taisant ou travestissant les choses qui font peur ou mal, se faisant complice de la com des gouvernements successifs. Et soudain au détour d’un nouveau média, on s’aperçoit avec effarement que cette peinture n’est pas exacte, que le monde que l’on décrit est loin de celui qui existe et forcement on lynche : l’élu (car il ne mérite pas son travail) et le journaliste (car il ne mérite plus notre confiance). Bien sur dans le lot, il y en a des biens (de tous bords), mais la moyenne générale est bien faible.

    Commentaire par herve_02 — 07/06/2010 @ 11:10

  41. Personnellement, qu’un sénateur ne connaisse pas Twitter, cela ne me choque pas. Je ne connais ce système que de loin et je ne l’utilise pas. C’est, il me semble, un trait très journalistique que d’assimiler « connaissance de l’informatique » ou « connaissance d’Internet » à l’utilisation de tel ou tel gadget récemment sorti.

    En revanche, le genre de choses qui m’inquiètent, c’est quand un député ou un sénateur réclame des mesures législatives alors qu’il ne connaît visiblement pas la loi qu’il prétend réformer.

    De plus, j’ai un peu de mal à m’apitoyer devant des personnes qui, jouissant d’un accès privilégié aux médias et disposant de moyens sans commune mesure avec ceux des simples concitoyens pour préparer des dossiers et s’exprimer, se tirent une balle dans le pied.

    Commentaire par DM — 07/06/2010 @ 14:12

  42. Finalement, si on ravivait un tout petit peu notre mémoire courte et volatile on se souviendrait vite que nos élites (surtout politiques d’ailleurs) pratiquent aisément le « je saute à pieds joints de l’autre côté de la frontière métaphysique de la rhétorique et de la mauvaise foi, là où la négation de la réalité touche à l’art ». (expression en partie pompée chez Eolas).

    Bref, cette affaire comme bien d’autres est tout simplement la mise en pratique du vieil adage (et efficace outil de communication) qui prétends :

    « En bien ou en mal, l’essentiel c’est de faire parler de vous. Au final les gens ne retiendront que votre nom mais pas la raison pour laquelle on en a parlé ».

    D’ailleurs, dans quelques mois si on fait un sondage auprès de la population en demandant : « Savez-vous qui est Jean-Louis Masson ?… »,

    la majorité répondra : »Masson ?… c’est pas ce politicien spécialiste d’internet qui voulait fait une loi sur je ne sais plus quoi ?… »
    CQFD

    Commentaire par Oeil-du-sage — 07/06/2010 @ 20:35

  43. @Oeil-du-sage

    ca marche avec franco, pinochet, mussolini,staline, pol pot, noriega ???,

    le problème c’est pas la majorité, mais ceux qui sont censés être la mémoire collective, par exemple la presse.

    Commentaire par herve_02 — 07/06/2010 @ 23:33

  44. @ OdS, com 42,

    Franchement, si j’étais à la place de Masson j’éviterais de me faire passer pour un « spécialiste d’internet ».

    Tout mais pas ça.

    Le truc à la mode en ce moment c’est « spécialiste de la dette publique ». Là, c’est classe.

    Commentaire par tschok — 08/06/2010 @ 10:15

  45. @ tschok 44,

    Je ne serais pas surpris que Masson nous explique que la dette publique soit en partie liée à l’anonymat sur internet !

    …et d’un coup d’un seul (et avec classe), il devient spécialiste d’internet et de la dette publique ! 😉

    Commentaire par Oeil-du-sage — 08/06/2010 @ 10:37

  46. @herve_02, com 43

    « ca marche avec franco, pinochet, mussolini,staline, pol pot, noriega ??? »

    Je ne savais pas que ces personnages s’étaient aussi exprimés sur le sujet !

    Vous voyez bien que mon raisonnement est juste : ces noms me parlent mais je ne saurais vous dire pour quelle raison exacte.

    re-CQFD !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 08/06/2010 @ 10:46

  47. @ OdS

    ces noms me parlent mais je ne saurais vous dire pour quelle raison exacte.

    Ce sont des parfums de glace chez Ben & Jerry’s.

    (Je vous recommande particulièrement le chocolate pol pot frosted sugar bomb d’ailleurs.)

    Commentaire par Fantômette — 08/06/2010 @ 16:20

  48. Il ne faut pas se voiler la face. La question de l’anonymat sur le Web n’est pas futile. La soulever n’est pas non plus un crime de lèse-liberté. Après le vacarme et la massive profession de foi libertaire qui ont salué sur la Toile hexagonale la proposition de loi mal ficelée du sénateur Jean-Louis Masson, on risque de se dispenser de prêter l’oreille à des voix qui plaident pour une régulation raisonnable.
    Ce ne sont pas les éditeurs qui sont en première ligne, comme le croit le sénateur. Ce ne sont pas les responsables de sites ou les blogueurs. Ce sont des auteurs de commentaires (une infime minorité, mais hautement nuisible) qui profitent du masque offert par l’anonymat, émettent à partir d’adresses électroniques introuvables, fournissent lorsqu’elles sont requises des coordonnées imaginaires pour distiller sur la Toile des insultes, des vilenies qui atteignent durablement des personnes. Lorsque tous les raffinements de la dissimulation sont convoqués par ces commentateurs malfaisants, il est très difficile pour ne pas dire impossible de remonter jusqu’à eux. Pour la personne touchée, c’est un tel parcours du combattant que la pente est d’y renoncer.
    Alors, on peut en effet continuer de plaider pour le recours au pseudonyme, lorsqu’il se justifie. Et je suis prêt à reconnaître qu’il se justifie souvent. Mais il faut essayer de lutter contre les abus. Cela passerait-il par une modération systématique des commentaires avant qu’ils ne soient mis en ligne, sous la responsabilité de chaque éditeur? Cela commencerait-il, très modestement, par une vérification de la simple existence de l’adresse électronique indiquée?
    Je fonctionne actuellement comme médiateur pour les journaux du groupe Suisse Edipresse, dont deux quotidiens régionaux, la Tribune de Genève et 24 heures, et un journal populaire, Le Matin. Je me suis souvent trouvé saisi par des internautes se plaignant de commentaires truffés de propos racistes, antisémites ou xénophobes sur les versions en ligne de ces titres. On en trouve aussi en réaction à des blogs, dont les deux régionaux coordonnent l’édition. J’ai plus d’une fois abordé le sujet sur La page du médiateur (www.mediateur.edipresse.ch). N’y a-t-il pas quelque chose à faire?
    Dans tous les cas, je remercie Aliocha d’avoir, après sa défense et illustration du pseudonyme, posé simplement la question: «Mais les autres?». Elle ne peut être escamotée.

    Aliocha : Plus j’y réfléchis, et plus je m’interroge sur l’anonymat, mais je crois qu’il faut être journaliste pour s’inquiéter du phénomène. Nous avons l’habitude d’écrire en direction d’un public et nous mesurons – quoiqu’en disent certains – la responsabilité que cela implique. La nouveauté du web a été de permettre à tout un chacun, si ce n’est de se transformer en journaliste, du moins d’écrire en direction d’un public. Avec un niveau de responsabilité juridique équivalent, mais pas la même culture de responsabilité, pas le même sentiment de responsabilité. Il est possible que cela autorise un niveau de liberté supplémentaire, c’est la face lumineuse du problème, mais il est évident aussi qu’il y a un revers à la médaille. On est toujours plus responsable de ce qu’on écrit sous son vrai nom que sous un pseudo. Personne ne veut l’admettre sur le web et pourtant il est là, le problème. L’anonymat offre un confort, c’est vrai, je le teste tous les jours, mais ce confort est-il parfaitement éthique ? Surtout, ce confort justifie-t-il que l’on supporte les inconvénients indéniables qu’il suscite ? La liberté d’écrire sous un faux nom mérite-t-elle d’être défendue comme une condition sine qua non de la liberté d’expression ?

    Commentaire par Daniel Cornu — 11/06/2010 @ 10:55

  49. @ Daniel Cornu, com 48,

    Je ne prétends pas vous détourner de la noble cause que vous indiquez, sur votre blog, avoir fait vôtre depuis si longtemps que vous devez en connaitre dans ses moindres détail toute la problématique, mais peut être faut il faire des distinctions.

    En effet, le commentateur a, comme n’importe quel intervenant sur le web, au demeurant, un pouvoir de nuisance. Si ce pouvoir s’exerce de façon abusive, il est bon d’avoir les moyens de retrouver physiquement celui qui se cache derrière un pseudonyme – ou celui qui se trouve derrière un pseudonyme sans réel désir de dissimulation – afin de lui faire connaitre les moyens juridiques d’une réclamation, en lui délivrant une assignation, ou en le rendant destinataire d’une plainte pénale.

    De ce point de vue, la simple exigence d’une adresse électronique qui corresponde à une personne physique bien réelle semble minimaliste et ne heurte à première vue aucun grand principe. En pratique, vous savez que le sujet est beaucoup plus complexe que cela.

    Mais le point sur lequel je voudrais insister est qu’il existe différentes formes de pouvoir de nuisance. J’en vois trois. Chacune ne me parait pas mériter la même réponse judiciaire.

    La première forme de nuisance est la plus anodine, la moins offensive: la simple plaisanterie. Les plaisanteries dont nous sommes victimes sont toujours ornées, à nos yeux, du plus parfait mauvais goût, et l’atteinte qu’elles représentent à l’idée qu’on se fait de notre honneur nous semble si insupportable qu’elles méritent les plus cruels châtiments. C’est du moins ce qu’on déciderait s’il fallait juger par nous mêmes ceux qui nous les font subir.

    Dans sa grande sagesse le législateur a estimé qu’il valait mieux éviter les procès incessants pour des peccadilles et il admet donc qu’une certaine forme d’humour puisse s’exercer en n’appelant d’autre réponse que le droit pour la victime de se taire, de riposter sur le même mode, de répondre sur un mode sérieux, ou de crier librement au scandale.

    Dans ce cas, il n’est donc pas besoin d’identifier précisément l’auteur du propos désobligeant ou de la plaisanterie de mauvais goût: il suffit simplement soit de se taire, soit de lui répondre sur le mode qui nous plait. C’est dire que l’auteur d’une simple plaisanterie peut rester anonyme et, finalement, ce n’est pas une mauvaise chose: n’est ce pas une occasion d’éprouver notre humilité?

    La seconde forme de nuisance est déjà beaucoup plus dangereuse: il s’agit des propos racistes, xénophobes, antisémtites, ou qui stigmatisent un groupe social identifiable. Certes, on ne saurait les encourager. D’ailleurs ils sont interdits d’une façon générale, soit par la loi, soit par la morale.

    C’est à leur sujet que naissent les réflexions les plus fécondes. Que faut il faire? Laisser ces propos se diffuser librement sur le net au risque de créer un climat délétère propice à tous les égarements? Ou imposer à tous les blogueurs, commentateurs inclus, le port obligatoire d’une carte d’identité au motif qu’il faut lutter contre une minorité de sagouins?

    A la fois on ne souhaite pas voir la loi bafouée, mais d’un autre côté on répugne à ce nivellement par la bas, car la loi est l’expression de la volonté générale: ce n’est donc pas à une minorité d’imbéciles malveillants de décider sous quel droit nous allons vivre.

    Là, nous sommes pris dans l’étau du tragique: aucune solution n’est vraiment satisfaisante et tous les avantages qu’une solution peut comporter sont anéantis par ses inconvénients. Ce n’est plus la farce, comme dans le premier cas, c’est la tragédie, le jeu à somme nulle, la victoire à la Pyrrhus: celle qui coûte plus qu’elle ne rapporte, même si on choisit l’alternative.

    Puisqu’aucune solution n’est bonne, puisqu’aucune fuite n’est salutaire, autant faire face et critiquer ces propos, y répondre, les démonter, les analyser, les tourner en ridicule chaque fois que l’occasion nous en est donnée.

    la vigilance est peut être la meilleure des réponses, bien avant l’interdiction et bien avant l’obligation faites à tous de s’identifier avant de parler: après tout, le meilleur des soldats n’est il pas un inconnu pour qui nous ravivons la flamme? N’avons nous pas placé son tombeau sous un arc de triomphe? A lui revient la gloire, pour tous les autres, donc pour nous tous puisque cet inconnu, c’est peut être vous, donc certainement nous tous.

    La troisième sorte de nuisance est cette forme de malveillance qui est le fait pour un individu ou un groupe d’individus de viser un individu déterminé et de le détruire par la parole par l’injure, la diffamation, l’atteinte à la vie privée ou la menace par exemple.

    La réponse à apporter est de nature policière, mais pas nécessairement pénale. C’est cette articulation que nous avons du mal à concevoir et qui, elle aussi, donne lieu à de fécondes réflexions. Policière: parce qu’il faut constituer la preuve, donc enquêter. Or les droits et libertés auxquels l’enquête se heurte nécessairement exige qu’elle soit mise en des mains qui sont habituées à la servir dans un esprit d’ordre public dégagé des tentations de l’intérêt particulier. Pas nécessairement pénale: parce que la punition n’est pas toujours le meilleur moyen de faire triompher la vérité ni d’empêcher la réitération d’une infraction. Or, ici, il s’agit bien de cela.

    Je vous demande de pardonner cette réponse un peu longue, mais votre intervention, militante dans son esprit, journalistique dans sa forme, mais idéologiquement marquée sur son fond (et pas dans le sens de la liberté), me semblait attirer ces quelques observations.

    Commentaire par tschok — 11/06/2010 @ 12:36

  50. Ah oui, Aliocha?

    L’anonymat est un confort, pour vous?

    Allongez vous sur ce divan et racontez nous ça, histoire qu’on se marre deux minutes.

    Vous qui tenez un blog.

    Mouarf!

    Et mieux encore: puisque vous posez la question, à quel prix fixez vous le moment où je vais cessez d’accepter de vous voir me contredire?

    C’est là que je vois que vous êtes catho et de droite: vous acceptez, en définitive, qu’un autre que vous fixe le cours de votre liberté.

    D’ailleurs c’est écrit là, je vous cite:

    « L’anonymat offre un confort, c’est vrai, je le teste tous les jours, mais ce confort est-il parfaitement éthique ? Surtout, ce confort justifie-t-il que l’on supporte les inconvénients indéniables qu’il suscite ? La liberté d’écrire sous un faux nom mérite-t-elle d’être défendue comme une condition sine qua non de la liberté d’expression ?  »

    Si vous vous interrogez sur la légitimité de votre liberté, n’êtes vous pas un esclave né?

    Petite chose fragile qui s’interroge sur son propre destin en attendant qu’une autorité supérieure statue sur son cas. Il vous faut le désert du Sinaï à vous, sans Moïse (et sans la Mer Rouge visiblement).

    C’est Causeur qui vous fait dire des conneries pareilles? Ou les curés? Ou les deux?

    Aliocha : non, c’est le goût du contradictoire d’où seul peut jaillir à mon sens la vérité. Oseriez-vous me contredire sur ce point Mon Cher Maître ? C’est aussi un « travers » professionnel, je passe mes journées à écouter des gens me servir leur vérité en m’affirmant que c’est LA vérité, par exemple à entendre des financiers me dire que leur système est sûr, performant, que le marché est pur et parfait, je peux m’en tenir là et répéter sagement ces choses là à mes lecteurs, ou bien développer un esprit critique, imaginer qu’on puisse penser autre chose et aller chercher les gens qui pensent différemment. Cela suppose d’être capable de se remettre en cause soi-même en permanence, de douter de tout, de chercher toujours plus loin 😉 Vous voyez, nous sommes très loin de la culpabilité judéo-chrétienne.

    Commentaire par tschok — 11/06/2010 @ 16:50

  51. Erratum

    c’est « me voir vous contredire ». On se mélange.

    Commentaire par tschok — 11/06/2010 @ 16:52

  52. Merci pour l’article. Pour ma part, j’ai évoqué ici http://bit.ly/9HiNJi l’interrogation suivante : laquelle de ces deux notions, la liberté et la justice, est la plus chère au coeur des hommes ? Pas si facile d’y répondre en fait.

    Commentaire par Des Geeks et des lettres — 12/06/2010 @ 09:53

  53. @ tschok, com 49

    Votre longue réponse offre une belle gratification à mes remarques. A mon tour, je vous prie, d’excuser la longueur de ma réplique, ainsi que son retard. A la légendaire lenteur helvétique s’ajoute un juste motif : j’étais assigné ces derniers jours à la garde de deux de mes petites-filles.

    Dissipons quelques malentendus! Je ne suis pas, comme vous semblez le penser, rompu au débat concernant l’anonymat sur la Toile. Au contraire, je le découvre et il me passionne. Je l’ai certes perçu par mon activité de médiateur et dès que je me suis trouvé propulsé dans la blogosphère. J’en mesure mieux la problématique depuis que j’alimente un blog personnel et que je me balade davantage sur la Toile, autrement que pour y trouver des documents et des références. Cela ne fait même pas six mois. J’ajoute que sous ses aspects techniques, je me considère encore comme un néophyte de l’Internet. Ainsi, le commentaire que j’ai posté sur La plume d’Aliocha est tout simplement le premier que je me risque à soumettre.

    Jusque là, la question de l’anonymat ne s’est posée à moi que sous l’angle de la protection dans les médias de la personne d’un justiciable et du respect de la présomption d’innocence. Sous cet angle, j’en ai défendu le principe, conformément à la déontologie suisse du journalisme, plus rigoureuse sur ce point que les normes professionnelles observées en France.

    Je n’ai donc pas de la question la connaissance fine que vous me prêtez. Je ne suis pas non plus au fait dans le détail de la législation française sur la liberté d’expression numérique, domaine dans lequel droit suisse continue de procéder pour l’instant, et pour l’essentiel, par analogie avec les dispositions en vigueur au sujet de la presse écrite et des médias audiovisuels. Je vous suis donc particulièrement reconnaissant de vos précisions. Ajoutées au billet de Maître Eolas sur le même sujet («Haut les masques!»), elles me permettent d’avancer dans la réflexion.

    J’apprécie en particulier vos distinctions entre les divers registres d’atteintes anonymes. Je me rallie sans réserve à vos considérations sur les traits d’humour et la satire. Dans le canton de Vaud, voisin du mien (j’habite Genève), une plaisanterie complète l’énoncé des Béatitudes par celle-ci: «Heureux celui qui sait rire de lui-même, car il ne manquera jamais de sujets d’amusement». Parole d’Evangile! Se défendre de la moquerie par d’autres moyens qu’elle-même ne contribuerait-il pas à ajouter au ridicule? Mais pourquoi devrait-elle alors nécessairement s’affubler du masque de l’anonymat?

    J’ai davantage de peine à vous suivre à propos des infractions aux lois sur le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie. Votre raisonnement est parfaitement défendable dans un contexte où intervient un certain encadrement de la discussion. Par exemple le courrier des lecteurs des journaux, qui prennent leurs responsabilités en acceptant des lettres, que leurs auteurs signent de leur nom véritable. Dans une telle situation, et dans la plupart des cas, une autorégulation s’opère par l’expression de points de vue divers et contradictoires. J’observe cependant que sur le Web ces échanges dépassent fréquemment l’argumentation pour tourner à l’insulte et à l’invective, dès qu’il s’agit de sujets sensibles (donc dignes d’être débattus!) comme la situation au Proche-Orient. Ai-je tort de considérer que l’anonymat est un facteur important de dérive, sans que le débat de fond s’en trouve lui-même enrichi?

    Les attaques personnelles, enfin, les campagnes de dénigrement, les atteintes à la vie privée, les menaces n’échappent pas, dites vous, à des procédures légales qui permettent de les faire cesser, voire d’obtenir des réparations. Quelles que soient les procédures (il existe des différences entre la France et la Suisse), il est toujours compliqué et fastidieux pour une personne touchée de se lancer dans de telles démarches, surtout lorsque l’auteur de l’atteinte est soigneusement camouflé. De plus, les résultats éventuels en sont souvent tardifs; d’où en matière de presse l’institution du droit de réponse.

    En conclusion, j’aimerais toutefois vous exprimer mon accord fondamental sur la vision globale que vous proposez de ce débat. Selon que l’on proscrirait (mesure inconcevable de manière globale) ou que l’on tolère l’anonymat, et sachant que les offenses anonymes ne sont le fait que d’une « minorité de sagouins », où se trouve la perte la plus lourde: du côté de la liberté d’expression ou du côté du respect des personnes et, dans certains cas, de la vérité?

    Si je « milite », comme vous le dites, je le fais pour l’instant sur un territoire microscopique: mes propres blogs. J’essaie d’étendre mon action à une zone à peine moins réduite: les blogs et les sites rattachés au groupe de presse dont le suis le médiateur ; avec le plus retentissant insuccès à ce jour.

    Tel un navigateur, je garde cependant l’œil sur une balise verte et une balise rouge. Tocqueville – même étendu à la communication, c’est devenu un cliché: «Pour recueillir les biens inestimables qu’assure la liberté de la presse, il faut savoir se soumettre aux maux inévitables qu’elle fait naître.» Camus – dans un sens élargi lui aussi, mais un peu moins connu: «La presse, lorsqu’elle est libre, peut être bonne ou mauvaise ; mais assurément, sans la liberté, elle ne sera jamais autre chose que mauvaise.»

    Mais sur la Toile, que les eaux sont agitées!

    Commentaire par Daniel Cornu — 14/06/2010 @ 16:34

  54. Bonjour Daniel Cornu,

    Les internautes découvrent, sans toujours pleinement le réaliser, l’impact que peut avoir une parole publique. C’est vrai. Un apprentissage est à faire, auquel il faut probablement laisser le temps de se faire. Mon opinion est qu’il faut accepter, dans l’intervalle, un certaine dose de désordre. Il s’agit d’un désordre qui reste relatif, et que l’on ne peut pas, d’ailleurs, comparer au désordre que provoquerait des propos identiquement nauséabonds en première page du Monde.

    La Toile est un espace public, certes, mais extrêmement dilué.

    On a vu la jurisprudence, à juste titre d’ailleurs, en tenir compte pour octroyer des dommages-intérêts notablement bas (je pense à l’affaire Martinez/Fuzz), lorsque les sites sur lesquels figuraient les propos litigieux n’avaient été, en pratique, que très peu vus.

    Lorsque vieuxcon1687 tient des propos haineux et stupides sur le site du figaro.fr, ses propos sont publics, certes, mais combien de personnes s’y sont arrêtées? Probablement fort peu.

    Internet est en train de faire « shifter » (entre autres choses) les notions d’espaces public et privé. Je ne sais pas si on a bien tous pris la mesure du truc. Mais cela semble évident.

    Il est probablement en train de créer une – ou plusieurs – sorte de zone intermédiaire. Dans quelle mesure des propos pénalement répréhensibles tenus sur un mur Facebook ouvert à un nombre fini d’amis – même si ce nombre est relativement élevé – sont publics? Dans quelle mesure ces mêmes propos tenus sur un blog ouvert à tous vents, mais référencé nulle part, et ne recevant quasiment aucune autre visite que celle de son rédacteur sont-ils publics?

    La jurisprudence, pour analyser le phénomène, est moins dépourvue de ressources qu’on a pu le dire. Je suis ainsi récemment tombée sur le compte-rendu d’une décision qui semble avoir assez subtilement assimilé l’espace des commentaires d’un blog à un espace privé recevant du public.

    Il est d’ailleurs habituel, pour les commentateurs de blogs, de considérer le blogueur comme un hôte qui, recevant « chez lui », est libre d’y fixer les règles de courtoisie dont il entend qu’elles prévalent.

    A cet égard, l’idée d’inciter les commentateurs à signer de leur nom ce qu’ils entendent poster sur votre blog est une bonne chose. Il faut expérimenter. Et même, pourquoi ne pas envisager, afin que les choses soient tout à fait claires, d’écrire un petit avertissement aux termes duquel seuls les commentaires signés seront publiés.

    Il restera le problème du commentateur qui s’invente un faux état-civil – et le risque subséquent de l’usurpation d’identité, volontaire ou non – mais peut-être votre expérience permettra-t-elle de relativiser, ou à tout le moins, de mesurer ce risque.

    A vous de voir ensuite, au bout d’un certain temps, quelle communauté de commentateurs – et quelle qualité de commentaires – vous vous mettrez à abriter sur vos pages.

    Tenter l’expérience d’interdire l’anonymat sur des sites de presse en ligne, qui génèrent une quantité étonnante de commentaires souvent sans intérêt – pourquoi pas. Mais honnêtement, les commentaires sont en moyenne de bien meilleure tenue sur les blogs, qui autorisent pourtant également l’anonymat des commentaires. Je ne crois donc pas que cela soit lié.

    Je crois que ce qui fait la différence, tout d’abord, c’est le flux des commentateurs (le nombre de visites d’un site de presse est sans commune mesure avec le nombre de visites d’un blog) – et puis l’encadrement du site.

    D’après mon expérience, l’espace commentaires d’un blog est régulé par le blogueur, bien plus que ce n’est le cas d’un site de presse, sur lequel le seul mode d’intervention des modérateurs s’opère « en creux », sous la forme de la disparition des commentaires illicites (et encore). Une régulation qui ne se voit pas a peu de chance d’être efficace. A cet égard, l’invention par Eolas du « troll detector » qui permettait de rendre lisible sa politique de suppression des trolls était plus astucieuse. Elle a probablement permis de gagner en maitrise sur le contenu des commentaires.

    Que les sites de presse réfléchissent à ce qu’ils veulent faire de leurs espaces ouverts me semble être une bonne chose.

    Il se trouve que cela m’intéresserait de le savoir car ça reste assez mystérieux à mes yeux.

    Quel est l’objectif poursuivi par ces sites, exactement, lorsqu’ils invitent leurs lecteurs à « réagir » (un terme que l’on retrouve fréquemment sur les sites de presse, au lieu et place du terme « commenter », plus utilisé sur les blogs – ce qui me semble significatif)? Si les mots ont un sens, un site de presse qui invite ses lecteurs à « réagir » (c’est le cas du journal Le Monde, ou Figaro, ou Libé) ne les invite pas à « débattre » (et notamment pas entre eux). Ni à commenter. Pas même à « penser » ou « réfléchir », à dire vrai, vous ne trouvez pas?

    Si l’objectif est de débattre, alors autant dire que les sites de presse ne peuvent pas faire l’économie d’un « animateur » de débat. Vous ne mettez pas quelques centaines de personnes dans un amphi, toutes avec leur micro, en leur demandant d’organiser un débat entre elles.

    Mais est-ce vraiment l’objectif de ces espaces de publication? Ou s’agit-il de fidéliser des lecteurs en leur proposant simplement de les réunir dans un espace commun? Ou s’agit-il pour les journalistes de « sonder les opinions », savoir « ce que les gens » (sous-entendu les « vrais gens », cette abominable fiction) pensent de tel ou tel article, telle ou telle thématique (auquel cas le terme de « réaction » est le terme adéquat, évidemment).

    Vous, par exemple, en tant que médiateur sur ces sites, quel est votre objectif? Permettre une expression aussi large et libre que possible – quitte à ce qu’elle soit peu pertinente, stupide, ou ennuyeuse, en en soustrayant que les coms illicites? Organiser un débat, une discussion, une confrontation d’idées?

    Commentaire par Fantômette — 15/06/2010 @ 14:39

  55. @ Aliocha:

    Cool, donc je ne m’étais pas trompé en pensant que vous présentiez l’anonymat comme un gadget bien pratique.

    Imaginons un instant que ce soit votre opinion (et non pas simplement une hypothèse de débat). Est-ce que ce ne serait pas un chouïa égoïste de considérer que si l’anonymat n’a que peu d’importance pour vous, alors il n’a pas beaucoup d’importance de manière générale ? (du coup, ça répond un peu à votre question, tschok: considérer que « si ça me convient, alors ça doit convenir à tout le monde », ça ressemble furieusement à une hypothèse de droite pour moi).

    Ça me fait un peu penser au «Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmé.»
    Heureusement, les contre-exemples ne manquent pas (je ne vous ferai pas cet affront).

    Ceci dit, mettons que la solution retenue pour lutter contre les abus de l’anonymat soit peu ou prou celle qui nous est proposée là, la bête et méchante, celle de la suppression pure et simple. Pour qu’elle ait la moindre chance d’espérer tenter d’avoir l’ombre d’un effet contre les abus précités, il faudrait l’appliquer aussi aux commentateurs. On pourrait donc la reformuler comme ça, innocemment:
    « Tout propos tenu sur internet, de quelque manière et de quelque nature que ce soit, doit être signé du nom de son auteur. »
    J’exagère à peine.

    Maintenant, faisons un gros effort d’imagination, et tentons de comprendre les implications de cette solution absurde, même pour les gens « qui n’ont rien à se reprocher ».

    Que devient la vie privée ?

    N’importe qui peut trouver vos connaissances et amis en allant sur votre blog, reconstituer votre carnet d’adresse et votre emploi du temps, avoir une idée de votre niveau de vie, de vos opinions politiques…
    Le rêve des marketteux.
    Alors, ce genre de perspective ne vous semble pas justifier que l’on cherche à lutter contre « les inconvénients indéniables de l’anonymat » d’une manière un peu différente ?

    Aliocha : il n’y a pas que la vie privée, il y a aussi le droit à l’oubli. Donc oui l’anonymat est utile, je ne vois pas comment je pourrais d’ailleurs soutenir le contraire puisque j’y ai recours. Maintenant dire cela ne résoud pas le problème de la prise de responsabilité qu’implique le fait de s’adresser à un public.

    Commentaire par jor — 16/06/2010 @ 13:11

  56. Alors si nous sommes d’accord sur l’indispensabilité de l’anonymat, pourquoi poursuivre le débat sur ce terrain ?

    Si votre seul but est de démontrer que les internautes et les hébergeurs / éditeurs de contenu n’ont pas la même culture de responsabilité que les journalistes, ne vous fatiguez pas, je vous le concède volontiers.

    Par contre, si vous voulez démontrer que personne sur le net ne cherche des solutions aux abus de l’anonymat, il faudrait peut-être rappeler que les mesures anti-troll sont aussi anciennes que les trolls, et que tout le monde sur le net (sauf les trolls, cqfd) essaye de trouver des solutions au problème. Le fait qu’on n’ait pas encore trouvé de solution idéale ne signifie pas que personne n’y travaille. Mais si vous avez des suggestions, n’hésitez pas.

    Commentaire par jor — 16/06/2010 @ 14:15

  57. @ Jor :

    « Que devient la vie privée ?

    N’importe qui peut trouver vos connaissances et amis en allant sur votre blog, reconstituer votre carnet d’adresse et votre emploi du temps, avoir une idée de votre niveau de vie, de vos opinions politiques…
    Le rêve des marketteux. »

    J’ai tendance à croire que ce rêve est bel et bien réalisé aujourd’hui, et nul besoin de la levé de l’anonymat pour cela, ni même de s’empurinner à aller visiter le blog de tel ou tel…

    Commentaire par Gwynplaine — 16/06/2010 @ 15:56

  58. @ Gwynplaine:

    Malheureusement, je vous rejoins sur ce point. Beaucoup ne sont pas encore suffisamment conscients des implications de ce que nous révêlons sur nous, que ce soit sur internet ou par d’autres moyens (je pense aux cartes de fidélité des grands magasins par exemple qui permettent de tracer vos achats).

    Cependant ce n’est pas une raison pour se résigner, et surtout pas pour entériner la situation à coups de lois !
    Au contraire, il faut continuer d’éduquer les utilisateurs / consommateurs (qui font de plus en plus attention tout de même, à force), tout en fournissant des alternatives crédibles.

    Voir à ce sujet le billet de Tristan Nitot, qui parle d’un projet de réseau social libre: http://standblog.org/blog/post/2010/05/12/apres-Facebook-Diaspora

    Commentaire par jor — 16/06/2010 @ 16:49

  59. Oups, il fallait bien sûr lire « Beaucoup d’internautes ne sont pas conscients [blabla]… ».

    Commentaire par jor — 16/06/2010 @ 16:50

  60. @ Fantômette, com 54

    Lors de ma toute première intrusion sur «La Plume d’Aliocha», il y a un mois, je me suis trompé de porte. Pensant que les commentaires étaient lus par notre hôte avant leur mise en ligne, puisqu’il s’agissait de les «soumettre», j’ai rédigé dans la fenêtre qui leur est dévolue une lettre en bonne et due forme (à l’ancienne!). J’ai eu la surprise de la voir apparaître, aussitôt enregistrée, parmi les commentaires. Panique à bord. D’où un autre message signalant la confusion. Deux familiers de «La Plume» se sont alors aussitôt manifestés: tschok pour m’indiquer qu’il fallait passer par une autre entrée et vous-même, ai-je appris, pour signaler mon embarras à Aliocha, qui n’avait pas à ce moment-là le nez sur son écran. Soyez-en tous les deux sincèrement remerciés (aïe! Je n’ai vraiment pas le ton «Toile»).

    Vos remarques, comme celles de tschok, sont tout à fait intéressantes. Elles m’encouragent à poursuivre mon expérience de transparence sur mes propres blogs: «La page du médiateur» (www.mediateur.edipresse.ch), ouvert il y a trois ans et lié à mes fonctions; «Marges» (http://marges.blog.tdg.ch), qui est un blog personnel, où je parle depuis quelques mois de journalisme, mais aussi d’autres choses.

    Cette expérience se concentre pour l’essentiel sur «Marges» (la «Page du médiateur», plus institutionnelle, est destinée à susciter des interpellations ou des questions davantage qu’à publier des commentaires, sans toutefois les exclure).Elle est pour l’instant très mélangée. J’ai mis au point une petite procédure.
    1) La page d’accueil indique clairement que «Marges» ne retient pour publication «que des commentaires signés du prénom et du nom de leur auteur. Les textes sous pseudonymes n’y sont acceptés que pour des raisons dûment fondées». Cet avertissement n’est pas perçu par tout le monde ou négligé.
    2) Tout message signé d’un pseudonyme ou d’une identité incertaine, fait l’objet d’une réponse test, dont le seul but est de vérifier l’existence de l’adresse électronique; si je reçois un avis de non distribution, le message est simplement éliminé.
    3) Si le courriel est distribué, j’envoie alors un texte standard expliquant ma position et demandant à l’auteur s’il accepte de signer son texte de son prénom et de son nom et de me donner quelques indications confidentielles me permettant de vérifier au besoin (c’est assez et même un peu trop, je le confesse, dans la «ligne Masson»!).
    4) Je reçois alors trois types de réponses : a) un silence obstiné (fréquent: ma demande doit paraître réellement incongrue, intrusive, inquisitoriale ou liberticide); b) un accord (rare, mais hautement apprécié comme vous l’imaginez) ; c) un refus (assorti parfois d’explications plus ou moins amènes). Dans le dernier cas, et surtout lorsque le sujet est important, il m’arrive d’avoir un échange assez soutenu avec la personne, même s’il ne débouche pas sur une mise en ligne.

    Quel est alors le résultat (provisoire) de l’expérience? Beaucoup de travail d’accompagnement et très peu de convertis. Donc un très faible trafic de commentaires. Pas de quoi pavoiser!

    En ce qui concerne les sites des journaux dont je suis le médiateur, je n’ai pas vraiment d’objectif, dans le sens où ma fonction est principalement réactive: des lecteurs (ou internautes) se plaignent, j’examine la plainte, j’essaie d’arranger les choses avec les responsables rédactionnels, dans certains cas je consacre un billet à la question. A ce jour, je n’ai pas milité pour imposer aux sites de proscrire les messages anonymes. J’ai simplement constaté que toutes les plaintes me parvenant concernaient des messages anonymes; elles portaient pour la plupart sur des propos racistes, antisémites ou xénophobes.

    Les questions que vous posez sont en effet cruciales: à quelle(s) fin(s) les journaux entretiennent-ils sur leurs sites une telle interactivité? Je crains que la bonne réponse ne soit pas du côté du débat dans un espace public nouveau, mais davantage du côté d’une participation intense et alléchante pour d’éventuels annonceurs.

    Tout cela mérite encore un temps d’observation. Ne rangeons pas déjà les idéaux démocratiques sur la Toile dans le tiroir des illusions. Des idéaux qui sont vulnérables à la fois au caractère mercantile de médias ou d’autres sites, par nécessité de survie dans le meilleur des cas; aux tentations hégémoniques de journalistes (je dois m’en défendre moi-même, plus précisément de celle d’imposer à tous une transparence qui n’est réellement supportable que par un petit nombre, dont je suis, et qui peut avoir pour conséquence de limiter la parole publique); enfin aux excès déplorables de ceux que tschok désignent comme « une minorité de sagouins ». Cela fait tout de même du monde!

    Votre point de vue est sage (il rejoint d’ailleurs celui d’Aliocha) : tout est très neuf, mal dégrossi, il faut laisser, ultime héritage avec la suppression de la peine de mort d’une présidence d’une autre époque, « du temps au temps ».

    Ce temps désormais me manque pour continuer le débat. J’ai plusieurs histoires à terminer avant de m’en aller sous d’autres cieux : Arles (Rencontres de la photographie), Avignon et quelques brasses dans les eaux de mare nostrum. L’expérience de cette fin de printemps m’incitera certainement à revenir sur « La Plume d’Aliocha » quant l’automne sera revenu.

    Bon été !

    Commentaire par Daniel Cornu — 17/06/2010 @ 15:01

  61. Je signale à toutes fins que la CNIL qui rendait public ce matin son rapport annuel a annoncé la création d’un groupe de travail sur l’anonymat des blogueurs. Pour Alex Turk, son président, l’anonymat et le droit à l’oublié sont liés. Je le rejoins sur ce point, l’une des justifications majeures à mon sens de l’anonymat, c’est précisément le droit à l’oubli.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/06/2010 @ 16:49

  62. @ jor :

    Intéressant. J’avais également vu, après lecture du billet de Koz, cet article du monde consacré aux réseaux sociaux libres.

    Commentaire par Gwynplaine — 18/06/2010 @ 13:51

  63. Vous faites bien de citer ce billet, ça me rappelle qu’il faut que je m’abonne aux flux de Koz ^^;
    Je réagis quand même à son conseil #5:

    « Prendre un pseudonyme : que Facebook découvre que « koztoujours » aime la lingerie fine et la Fraternité monastique de Jérusalem, après tout, peu me chaut »

    Le problème de cette précaution, est qu’elle risque de conduire à révêler plus que de raison sur soi-même, en pensant que le pseudo protège son auteur. Or il suffit de lier le pseudo à la personne une seule fois pour pouvoir tracer toutes ses contributions en quelques instants (sans même qu’elle le sache). Autrement dit, lorsque le pseudo « tombe », c’est comme si on avait tout écrit sous son vrai nom. Comme Aliocha le rappelle, la mémoire du web pose un véritable problème à ce niveau, que l’anonymat ne permet que de mitiger.

    Il faudrait déjà une volonté des pouvoirs publics de fortement encadrer la collecte et le stockage des données. Pas demain la veille, vu comment la mode est aux caméras de surveillance partout…

    Commentaire par jor — 20/06/2010 @ 10:23

  64. […] Le dépôt en France d’une proposition de loi sur la suppression de l’anonymat des éditeurs de sites en ligne et en particulier des blogueurs a provoqué un vif débat parmi les internautes. La page du médiateur en a fait état dans un précédent billet. De plus, un commentaire du médiateur a été mis en ligne à la suite d’une note publiée sur le blog La plume d’Aliocha, tenu par une journaliste française qui a débuté sa carrière dans le métier d’avocat et qui s’intéresse aux pratiques du journalisme et à ses normes déontologiques. Ce commentaire a suscité des réactions de la part d’Aliocha, mais aussi d’internautes familiers de ce blog. Une discussion s’est engagée, dont il paraît intéressant de restituer les aspects principaux. Quelques passages contenant des propos plus personnels ou circonstanciels ont été supprimés; l’intégralité des échanges figure sur La plume d’Aliocha. […]

    Ping par La page du médiateur » L’anonymat sur l’Internet: un débat en ligne — 25/06/2010 @ 10:42


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