La Plume d'Aliocha

27/05/2010

Tapis volant

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 16:46

Je sais, après un pic d’activité qui donnait à penser que ce blog renouait avec la grande époque de sa quotidienneté, voici que son rythme s’est de nouveau alangui. Et pour cause, ayant découvert que le gouvernement entendait allonger notre durée de vie professionnelle, j’ai décidé d’alléger le rythme de mes journées en application du bon vieil adage populaire selon lequel « qui veut aller loin ménage sa monture ». Allons, je plaisante, jamais pareille mesquinerie n’aurait pu effleurer mon esprit très pur.

Non, figurez-vous que depuis le début de cette année, je pratique le tapis volant. Oui. Et sans fumer quoique ce soit d’illicite, je dis cela à l’attention de celui qui rigole au fond de la salle. Ceux qui me font le plaisir de flâner régulièrement en ma compagnie savent que j’ai déménagé il y a un mois. Plus précisément, j’ai changé de maison et aussi d’autre chose, mais il y a quand même des limites aux confidences, n’est-ce pas ? Un déménagement aurait déjà largement suffit à déstabiliser l’être fixe et même terriblement arrimé aux choses que je suis. C’était sans compter  les facéties de la vie qui n’aime rien tant que nous faire des crocs-en-jambe à intervalles réguliers pour nous rappeler que la prétention de maîtriser son destin est sans doute la plus risible des illusions humaines.

Or donc, telle que vous me lisez ici, j’ai investi il y a maintenant dix jours un nouveau bureau, dans un nouveau quartier, accessible par un nouveau trajet en métro depuis mon nouveau domicile, avec de nouveaux camarades de galère, une nouvelle table de travail, une nouvelle machine à café, une nouvelle tasse, et même un nouveau logiciel de messagerie qui achève de perturber mon ecosystème  s’il en était besoin. Au fond, je m’étais habituée aux plantages quotidiens orchestrés, dixit mon informaticien (nouveau aussi), par windows mail. « Ca va être de la bombe », qu’il m’a dit l’homme de l’art en défragmentant mon disque qui n’attendait que cela depuis 5 ans avant de m’installer, merveille des merveilles, Outlook version je-ne-sais-trop-quoi. Et c’est vrai que « c’est de la bombe », mais justement, je me demande bien à quel moment, lassé d’offrir des prestations supérieures à ses capacités originelles, mon vieux camarade aux touches effacées par le temps va décider de tirer sa révérence. Ce d’autant plus que l’informaticien a dû le vexer quand il a balancé d’un air inspiré que « décidément c’était pas étonnant que j’ai des problèmes, vu que j’avais le plus mauvais système d’exploitation qu’on puisse imaginer sur la plus mauvaise bécane, fabriquée par le plus mauvais constructeur, à sa plus mauvaise période ». T’inquiète mon fidèle ami,  on en a vu d’autres toi et moi, laisse pisser le mérinos et surtout ne me lâche pas, tu es mon ultime repère.

Bref, tous ces soubresauts de l’existence me donnent l’impression désagréable de faire du tapis volant. D’où mon silence. Car voyez-vous, l’écriture, c’est infiniment fragile. C’est là que je voulais en venir, histoire d’évoquer quand même un peu le journalisme, fut-ce dans un billet de pure intendance. Dans mon métier donc, on applique au quotidien le fameux « show must go on ». Quand on s’est engagé à rendre un article, le ciel peut bien s’effondrer, il faut le rendre, coûte que coûte et qui plus est, en temps et en heure.  C’est l’aspect épuisant du métier, mais c’est aussi son charme. J’ai donc traversé ces derniers mois quelques chamboulements notables sans prendre un jour ou même une seule heure de congé. En revanche, le blog en a souffert, et je vous prie de m’en excuser. Remplir mes obligations professionnelles constituait ma priorité.

Grande est ma frustration lorsque tous les matins depuis dix jours, je m’élance fiévreusement sur mon clavier pour livrer à la discussion l’idée qui me titille sur tel ou tel fait d’actualité, découvrant avec désespoir que, décidément, tous ces bouleversements récents m’ont essoré l’esprit. Nous aurions pu ainsi  disserter sur l’anonymat des blogueurs, fut-ce pour en conclure qu’il méritait de subsister ou bien débattre de l’avenir incertain de deux quotidiens nationaux, La Tribune et Le Monde. Je n’aurais sans doute pas résisté à la tentation de répondre à Philippe Bilger que la corrida nous renseignait moins, à mon sens, sur la face sombre de l’homme (ça ce serait plutôt la justice, non, cher magistrat blogueur ?) que sur la violence de la vie. Nous aurions pu aussi aborder les réjouissantes divagations de Misssfw à propos d’un obscur fromage blanc à la crème de marron ou bien, dans le même ordre d’idée, discuter de la manipulation des esprits par le marketing.  J’aurais même peut-être glissé à l’oreille de mon confrère Regis Soubrouillard de Marianne 2 que, bon sang de bonsoir, il pouvait bien laisser Aphatie défendre les journalistes puisque l’interviewer vedette d’RTL était, dans ce fichu pays, le dernier à oser encore le faire. Qui sait si aujourd’hui je ne me serais pas laissée aller à discuter de l’Ipad et de l’avenir de la presse  au risque de faire un peu plus de publicité encore au dernier joujou à la mode ?

Le fait est que nos discusssions me manquent. Il fallait donc bien que je pose mon tapis volant pour reprendre la plume. Voilà qui est fait. Par sécurité, je vais l’arrimer au sol avec une chaine, on n’est jamais trop prudent…

Tiens, et pour me faire pardonner ce long silence, je vous recommande le film « Invictus » que j’ai vu hier. Un grand moment de bonheur. Une découverte aussi, celle du poème qui a permis à Nelson Mandela de supporter la prison durant 27 ans et qui donne son titre au film :

Dans la nuit qui m’environne,
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d’opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu’horreur et ombres
Les années s’annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.

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22 commentaires »

  1. « Plus précisément, j’ai changé de maison et aussi d’autre chose »… Ooooh le teasing. Vous n’êtes donc plus blonde, Aliocha, ça y est ?
    Il est gonflé, votre informaticien, il vous installe le plus mauvais logiciel du monde et il se permet de râler ?
    Quant à Invictus… personnellement je n’ai pas vraiment accroché. Je dois être trop cynique pour ce film-là : je ne parviens pas à croire un instant à ce qu’une coupe du monde de rugby puisse effacer à ce point tant d’années d’apartheid. Que ça rapproche un peu, oui. Pas autant. Le film dégoulinait de bons sentiments, moi ça m’écœure un peu !

    Aliocha : ah ? Vous avez trouvé ? Ce n’est pas impossible, quoique, je me disais justement que ça aurait pu être pire, question bons sentiments. Sans aller jusqu’à dire qu’une victoire peut en effet effacer tout un passé d’apartheid, je crois volontiers qu’un supplément d’âme peut fabriquer des vainqueurs. C’est surtout ça qui m’a intéressée. Cela étant, une rapide recherche sur Internet a semé le trouble en moi. Il semblerait que les All Blacks aient été victimes d’une étrange intoxication alimentaire avant le match. Si quelqu’un en sait plus, je suis preneuse….

    Commentaire par Yepok — 27/05/2010 @ 18:49

  2. Et lors de la demi-finale contre la France, un essai est refusé aux français pour une raison qui reste encore à ce jour si mystérieuse qu’un épisode de X-Files aurait pu lui être consacré…

    Commentaire par Mussipont — 27/05/2010 @ 20:50

  3. « j’ai changé de maison et aussi d’autre chose » : Aliocha a de nouvelles chaussures ! Ou un nouveau sac à main ?

    Commentaire par Emmanuel — 27/05/2010 @ 20:54

  4. J’aime bien l’oxymore « obscur fromage blanc ».

    Faudra que je le replace à l’occasion.

    Commentaire par tschok — 28/05/2010 @ 09:42

  5. Comment fait-on rire Dieu?

    Parlez-lui de vos projets..

    Commentaire par sanmichele — 28/05/2010 @ 10:52

  6. Ce que j’ai relevé, c’est :
    « […]la vie qui n’aime rien tant que nous faire des crocs-en-jambe à intervalles réguliers pour nous rappeler que la prétention de maîtriser son destin est sans doute la plus risible des illusions humaines. »

    et

    « […]
    Je suis le maître de mon destin,
    Le capitaine de mon âme. »

    Alors, quelle impression domine ?

    Aliocha : il y a en effet une apparente contradiction. Si l’on ne maitrise pas le destin, on peut en revanche rester fidèle à ce qu’on est, ou se renier, survivre, ou périr….Il me semble que c’est le sens du poème.

    Commentaire par DePassage — 28/05/2010 @ 11:19

  7. 🙂

    Ajoutons que qualifier la juxtaposition des deux propositions suivantes « la prétention de maitriser son destin est la plus risible des illusions » et « je suis maître de mon destin » d’apparente contradiction, est ce qu’il convient d’appeler un « apparent » euphémisme.

    Commentaire par Fantômette — 28/05/2010 @ 14:14

  8. Une question plus perso, Aliocha.

    « Grande est ma frustration lorsque tous les matins depuis dix jours, [etc] »

    Dix jours.

    Vous savez que les délais ont une importance. C’est un délai pénal qui vous est venu à l’esprit: 10 jours.

    Ce délai à une signification propre.

    La forme de votre phrase: « X depuis que », avec « frustration » au milieu. Puis, une suite.

    Dans la suite: l’élan, la fièvre, le clavier, la discussion, l’idée, le verbe titiller, l’actualité, la découverte, le désespoir, le bouleversement, l’essorage, et pour finir: l’esprit.

    In extenso:

    « Grande est ma frustration lorsque tous les matins depuis dix jours, je m’élance fiévreusement sur mon clavier pour livrer à la discussion l’idée qui me titille sur tel ou tel fait d’actualité, découvrant avec désespoir que, décidément, tous ces bouleversements récents m’ont essoré l’esprit ».

    pourquoi commencez vous par un délai pénal, très spécifique, et terminez vous pas « esprit »?

    C’est le mouvement qui vous a inspiré? Ou autre chose?

    Rarement, dans une seule phrase j’ai vu autant de notions clés en aussi peu de mots.

    Vous savez ce qu’est l’art de la litote: dire en peu de mots beaucoup de choses.

    Votre phrase, là, je la marque dans mes annales.

    Mais quelque chose me fait penser que c’est insuffisant et que la meilleure personne pour en parler c’est encore vous.

    Personne ne vous a forcé à prononcer ces mots. Il y en a des milliers. Donc des millions de combinaisons possibles.

    Pourquoi justement ceux là?

    Pourquoi cette idée de mouvement? De changement d’habitude?

    Aliocha : Cher Tschok, voudriez-vous, je vous prie, nous confier la nature exacte des substances que vous avez fumées/ingérées/prisées/ (si autre, préciser) pour vous lancer ainsi dans l’extravagante exégèse de mes divagations ? Je soupçonne la Danette d’y être pour quelque chose, à moins bien sûr que vous n’ayez goûté le fromage blanc de Misssfw, voire mélangé les deux ? Au point où vous en êtes, j’ai l’impression que vous seriez capable de hurler au génie littéraire en lisant le mode d’emploi mal traduit d’un grille-pain fabriqué à Taïwan.

    Commentaire par tschok — 28/05/2010 @ 15:09

  9. C’est une très belle phrase, Aliiocha.

    Vraiment.

    Très poétique.

    Commentaire par tschok — 28/05/2010 @ 15:11

  10. Aliocha,

    Danette ouvre les yeux de l’esprit et n’inspire que d’extra-lucides extravagances qui nous conduisent à l’illumination et à l’inspiration.

    « Dans la nuit qui m’environne,
    Dans les ténèbres qui m’enserrent,
    Je loue Danette qui me donne
    Une âme noble et un dessert. »

    (PS : Tschok, je crois que vous avez un ticket terrible avec Aliocha.)

    Commentaire par Fantômette — 28/05/2010 @ 18:09

  11. Eeeh merde!

    J’essayais juste de faire de la poésie (enfin, d’y être sensible).

    Bon, je range ma caisse à outils et je passe l’aspi. D’accord? Pu une miette. La moquette est nickel. Je suis même pas passé.

    Et je vous écoute, vous, les feumes.

    PS: Fantômette, pas mal, George.

    PS 2: Aliocha, il me reste un bout de corde de chanvre que j’allume avec la moitié du pied du tabouret qui me reste. Si vous êtes sympa, je vous en file une taffe sinon, niet.

    Commentaire par tschok — 28/05/2010 @ 18:52

  12. Chère Aliocha,
    j’aime bien votre style et vos papiers. Je les apprécierais encore plus si vous respectiez le nécessaire imparfait du subjonctif en écrivant « fût-ce ».
    Amicalement.

    Commentaire par Yves Richard — 28/05/2010 @ 19:32

  13. Chère Aliocha,

    Hum…

    Commentaire par Goloubchik — 28/05/2010 @ 19:58

  14. @ Yves Richard,

    Ce qui est bien avec la langue française, c’est qu’on a toujours un chieur au détour d’une phrase.

    Aux bords des routes nationales on met des platanes, des fois qu’on loupe la route, et pour faire de l’ombre.

    Vous êtes comme ses grand gardiens de la terre, prenant leurs racines dans un solide bon sens, mais si prompts à arrêter un élan, pour une histoire de point virgule, quitte à tuer.

    Puis-je vous offrir un billet pour une île, où on pourrait vous isoler?

    Hein?

    (z’avez rien d’autre à dire, andouille?)

    Commentaire par tschok — 28/05/2010 @ 20:17

  15. @ Yves Richard :

    Pis l’accent, honnêtement, on s’en fout ! L’important c’est le tiret.

    Commentaire par Gwynplaine — 28/05/2010 @ 22:05

  16. @yves richard : figurez-vous qu’à force d’écrire des articles, je ne sais plus écrire autre chose. Or, en m’exprimant ici, je m’aperçois que j’ai besoin pour exprimer ce que je souhaite d’un nombre de connaissances que j’ai malheureusement perdues. L’imparfait du subjonctif en fait partie. D’ailleurs, puisque vous êtes là, j’ai hésité entre « un déménagement eût déjà » et « un déménagement aurait déjà ». Qu’en dites-vous ? (il est temps que je révise ma grammaire sérieusement)

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/05/2010 @ 22:46

  17. Bah, j’ai vu clair dans votre jeu, tout ça c’est rien qu’un prétexte de plus pour dire du mal des informaticiens…

    Commentaire par jor — 28/05/2010 @ 23:36

  18. Hum… Le poème d’Henley est bien le seul élément d’intérêt de ce film… Besoin de conseils en matière cinématographique, Aliocha? 😉

    Bon vol, bien sûr!

    Aliocha : non, besoin de rêver d’un monde meilleur, et prête par conséquent à utiliser tous les moyens, même cousus à la grosse corde blanche 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 29/05/2010 @ 14:25

  19. Omnia mutantur nos et mutamur in illis, n’est-ce pas?

    Bon nouveau bureau. 🙂

    Commentaire par Kemmei — 29/05/2010 @ 22:01

  20. @Aliocha:
    « j’ai décidé d’alléger le rythme de mes journées en application du bon vieil adage populaire selon lequel “qui veut aller loin ménage sa monture” »

    Amusant, je me suis fait la même réflexion … avec le même coté ironique, la conscience professionnelle reprenant le dessus ..

    Et d’ailleurs MERCI pour votre diplôme du 10 000e commentaire que vous m’avez adressé il y a qqs billets de cela!
    Comme vous pouvez le constater, diverses contraintes ont fait que moi aussi, je ne viens plus si souvent commenter ici (et le tapi volant pour moi aurait plutôt tendance à avoir marqué Airbus ou Boieng sur l’étiquette qu’Ikéa et Lenovo) … ce qui fait que si le rythme de parution des billets se ralenti, ça me va tout à fait !

    Bonne continuation dans votre nouvelle vie Aliocha.

    Commentaire par Yves D — 30/05/2010 @ 12:15

  21. La vision récurrente du « héros solitaire » dans la filmographie eastwoodienne crée l’artifice, dans ce film, que seul Mandela a triomphé de l’apartheid.

    Or, Mandela dit dans ses mémoires qu’il se considère comme : « la somme de tous ces patriotes africains disparus avant lui». Steve Biko, par exemple, en est un parmi d’autres.

    Certes, ce qui n’enlève rien au destin hors du commun de cet homme.

    Mais, plaqués à cette vision profondément individualiste du cinéaste, les deux derniers vers connus du poème – Je suis le maître de mon destin / Je suis le capitaine de mon âme – se parent d’une dimension charismatique singulièrement décalée à celle que pouvait éprouver un prisonnier politique enfermé par un Etat raciste.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 31/05/2010 @ 12:34

  22. @ Aliocha

    Il est certain qu’il ne reste guère que le cinéma pour tenter de croire à l’existence d’un monde meilleur!

    Allez, quand même un p’tit conseil ciné avec en filigrane la maîtrise du destin (ou l’illusion de cette maîtrise), les lois et aléas du temps : un film coréen intitulé Il Mare (a.k.a Siworae).
    Euh… Un détail : c’est un conseil totalement foireux puisque le film en question n’est disponible qu’en import (et encore…) ce qui vous laisse les choix suivants :

    – vous lancer dans la quête éperdue de son acquisition;

    – l’obtenir par des méthodes honteuses (disclaimer : le téléchargement illégal c’est mal!);

    – vous rabattre sur l’ersatz le remake américain Entre deux rives/The Lake House qui s’il sacrifie le charme poétique et visuel de l’original sur l’autel de la mièvrerie n’en respecte pas moins son scénario. En compensation, vous pourrez vous pâmer telle une lectrice de Grazia devant Keanu Reeves. Pour celles et ceux attirés par les dames, la toujours belle Sandra Bullock (ici plus jeune et dans la tenue recommandée par Goloubchik) y joue l’actrice principale.

    Commentaire par Ferdydurke — 31/05/2010 @ 21:50


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