La Plume d'Aliocha

03/05/2010

Kerviel superstar

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 20:11

Philippe Bilger s’irrite dans son dernier billet des interventions médiatiques récentes de Jérôme Kerviel, l’ex-trader accusé d’avoir fait perdre à la Société Générale 5 milliards d’euros, alors que le procès de celui-ci doit se tenir dans un mois. Le magistrat y voit une tentative de pression sur le tribunal. Personnellement, j’y aperçois surtout la trace de mon amie la communication, laquelle étend chaque jour un peu plus son emprise sur les journalistes et, à travers eux,  sur l’information.

Quand la communication investit le terrain judiciaire

Car Jérôme Kerviel a un conseil en communication, eh oui ! C’est un peu nouveau en France, la communication en matière judiciaire, qui plus est dans une affaire pénale. Les grandes agences ne sont pas très à l’aise sur ce terrain, de sorte que la parole est souvent réservée aux avocats qui, à défaut de connaître le fonctionnement des médias, maîtrisent le discours et surtout la stratégie judiciaire. Nous sommes habitués à les voir sur les marches du palais à l’issue de l’audience distiller quelques informations aux journalistes, plaidant ainsi le dossier auprès du public après l’avoir défendu devant les juges. On ne sait trop d’ailleurs s’ils servent la cause de leur client ou leur propre réputation. La tentation de la caméra est si forte….On doit toutefois à la vérité de souligner que tous les avocats ne se donnent pas ainsi en spectacle et que ce ne sont pas forcément les plus « vu à la télé » qui sont  les meilleurs. Je connais ainsi bien des professionnels discrets qui pour rien au monde n’accepteraient de parler à la presse. « C’est toujours dangereux, disent-ils, les juges n’apprécient guère, nous avons tout à y perdre et presque rien à gagner. Un procès, ça se plaide devant un tribunal parce que c’est le tribunal qui décide, pas le public, ni les journalistes ». Mais pour d’autres, il est évident au contraire que dans une société hyper-médiatisée comme la nôtre, plaider devant les juges ne suffit pas. Puisque le procès se déroule dans la presse, il faut accepter de descendre dans l’arène médiatique et se battre aussi sur le terrain de l’opinion publique.  Ils n’ont pas tout à fait tort.

Info ou intox ?

Le problème, c’est que les relations presse, c’est un métier.  Tout le monde ne sait pas forcément gérer les demandes des journalistes. En outre, l’activité peut devenir très chronophage dès lors que l’affaire est importante. Kerviel par exemple  est assailli depuis le début du scandale par des journalistes du monde entier.  D’où la nécessité de faire appel à un spécialiste pour définir une véritable stratégie médiatique. Cela fait ainsi des mois que le trader rencontre régulièrement mes confrères pour leur expliquer les aspects de technique financière du dossier en off, tandis que ses conseils traitent des questions juridiques, en off également. On le les autorise pas à publier quoique ce soit, il s’agit simplement de les informer pour plus tard. Ou de les intoxiquer, question de point de vue. Le terrain ayant été soigneusement préparé, la communication soudain devient officielle. Mais là encore, tout est  orchestré avec méticulosité. Le conseil en communication  choisit le support (TV, radio, presse quotidienne, presse magazine) et le journaliste, opérant ainsi un renversement complet des rôles. La communication a pris le pouvoir.

Le journaliste ? Un pion dans la stratégie judiciaire

Tout a été pensé : la sortie du livre quelques semaines avant le procès, sa médiatisation, quelques jours avant la parution.  Le pari est osé comme le montre la réaction de Philippe Bilger, car la démarche peut aisément être perçue comme une tentative de pression sur les juges. Toutefois, quand on connait les conseils du trader, on se dit que le risque a dû être bien calculé. Il faut dire, à la décharge de Kerviel, que son adversaire n’est pas tant le ministère public dans cette affaire que notre mastodonte bancaire national, à savoir la Société Générale. Soit Kerviel est condamné et l’histoire retiendra que la banque a été victime d’un voyou, soit on découvre au cours du procès que la hiérarchie connaissait ses activités et fermait les yeux tant qu’il rapportait de l’argent. Dans ce-dernier cas, la banque devra s’expliquer et c’est le système tout entier qui se retrouvera sur le banc des accusés. Le pot de terre contre le pot de fer en quelque sorte. Comment lui en vouloir d’utiliser toutes les armes à sa disposition, y compris la plus puissante de toutes, à savoir les médias ?

Une interview si bien préparée…

Ceux qui ont écouté Kerviel hier au Journal de 20 heures auront certainement remarqué l’habileté de ses réponses. Oui, il reconnait avoir eu tort, mais il voudrait ne pas être le seul à prendre ses responsabilités. Oui, il a confiance en la justice et non il n’entend pas l’influencer en s’exprimant dans les médias avant son procès. S’il publie un livre, ce n’est pas pour dévoiler sa défense, mais pour révéler les dessous du système qui l’a absorbé dans sa furie et poussé à la faute. Comment ne pas reconnaître les ficelles traditionnelles de la communication de crise ? Avouer son erreur, se positionner en victime, faire allégeance respectueusement à la justice. Un modèle du genre….

Las ! Philippe Bilger n’est pas dupe un instant et s’en trouve  fort irrité.

En tant que journaliste, je suis également irritée. La parole publique est devenue entièrement factice. Ce ne sont plus les journalistes qui décident qui ils vont interviewer, quand et pourquoi, mais des spécialistes de la communication qui les déplacent comme des pions sur un échiquier et leur servent une information formatée.

Vous voyez, c’est parce que j’observe cela au quotidien que je m’abstiens de dénoncer trop vite et trop fort le journalisme d’immersion pratiqué par Florence Aubenas ou par les Infiltrés. Bien sûr que les journalistes qui se font manipuler ainsi, moi comprise, vous livrent de l’information. Ils remplissent leur contrat, le patron du journal est content, il a une interview exclusive de Kerviel, le rédacteur en chef est satisfait, il a rempli ses colonnes, le journaliste est fier d’avoir grillé ses confrères, le lecteur quant à lui a l’impression d’en avoir pour son argent, ou presque.

Il n’empêche, ce jeu de dupes me laisse parfois un goût amer. Il me donne envie d’explorer d’autres voies, plus risquées, certes, mais aussi plus efficaces. Il me fait sourire, surtout, quand j’entends parler de confiance trahie à propos du journalisme d’immersion. La confiance, mais laquelle ? Celle qu’exigent de nous ceux qui nous manipulent ? Allons, soyons sérieux, voulez-vous ?

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36 commentaires »

  1. Aliocha, si le travail d’un journaliste consistait à simplement retranscrire les paroles d’une personne, n’importe quel âne pourrait recevoir le prix Albert Londres.

    Non, ce que j’attends d’un journaliste c’est qu’il me décrypte la parole de l’interviewé, qu’il me pointe les zones d’ombre, qu’il me dise ce qui est crédible et ce qui l’est moins, surtout dans un domaine comme celui du fonctionnement d’une banque qui est inconnu de 99,9% des français! Et pour cela point besoin de caméra cachée, de barbe postiche ou d’infiltration à la Tintin, il me faut surtout quelqu’un qui connaisse le domaine concerné et qui sache vulgariser à l’attention du public. Denrée rare visiblement dans les rédactions…

    Bon cela dit, ce Kerviel a réussi à énerver Bilger, c’est déjà pas mal et cela égaye agréablement ma soirée. 🙂

    Commentaire par Mussipont — 03/05/2010 @ 21:14

  2. Vous avez raison, Aliocha. Et puisque vous êtes une fidèle d’ASI, vous n’avez pas manqué de remarquer cette magnifique opération de communication de BHL au profit de son ami Polanski.

    Commentaire par Gilbert — 03/05/2010 @ 21:33

  3. Je n’ai pas vu Kerviel au 20h d’hier soir … mais je l’ai longuement entendu ce matin sur France Info … et entrevu ce soir (juste avant les Guignols) sur Canal + !!

    « Longuement » car le Journaliste de France Info l’a lui même souligné : « On a fait le choix de vous donner du temps » (sic) pour que Kerviel puisse s’exprimer (plus de 6 minutes d’interview avec le journaliste Matthieu ARON) et un total de près de 20 minutes …
    http://www.france-info.com/france-justice-police-2010-05-03-jerome-kerviel-denonce-un-systeme-sans-controle-436948-9-11.html

    Mais pourtant pas, ou presque pas, de critique sur ce qu’il dit !
    Par exemple, à un moment, Kerviel explique que pendant 3 ans, il dépasse les objectifs (de gain) qui lui avaient été attribués, allant jusqu’à avoir pour objectif de gagner (enfin plutôt faire gagner à la Soc Gén) 50 millions d’euros (voir interview 1/2 vers la 3e minute)
    Or il est dit en parallèle qu’il a fait gagner 1,5 milliards d’euros … Comment peut-on faire 30 fois mieux que son objectif sans que ça éveille des soupçons ??
    Les explications de Kerviel données vers 5’45 dans cette interview me semble un peu fumeuses … du genre de ce qu’on raconte pour se faire mousser autour d’un verre accoudé au zinc …

    Commentaire par Yves D — 03/05/2010 @ 23:28

  4. Un détail important dans la « com » juridique doit être souligné: c’est la « gueule » de l’intervenant. Kerviel est seul, assez sympathique, sans argent (dit-il). Il possède donc un « plus » à faire fructifier par rapport aux monstres froids qui l’attaquent: justice, procureurs, banques. Justice, procureurs, banques, c’est présumé avoir tort.

    Commentaire par didier specq — 04/05/2010 @ 09:12

  5. Bonjour Aliocha,

    Comme le dit Mussipont, j’attends (j’attendais?) de votre corporation qu’elle « me décrypte la parole de l’interviewé, me pointe les zones d’ombre, me dise ce qui est crédible et ce qui l’est moins, surtout dans un domaine comme celui du fonctionnement d’une banque qui est inconnu de 99,9% des français! Et pour cela point besoin de caméra cachée, de barbe postiche ou d’infiltration à la Tintin, il me faut surtout quelqu’un qui connaisse le domaine concerné et qui sache vulgariser à l’attention du public. Denrée rare visiblement dans les rédactions… ».
    Comme vos confrères et consœurs semblent plus sensibles aux charmes de la communication qu’à la rigueur qu’exige (qu’exigeait?) votre profession, tournons-nous donc vers le net et les infâmes blogs pour comprendre un peu mieux la situation: http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2010/05/index.html.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 04/05/2010 @ 10:34

  6. Dans cette affaire il y a presque tous les ingrédients pour réaliser un bon cocktail médiatique : de l’argent, un acteur central au physique de jeune premier, de l’égoïsme, de la lâcheté, … il manque juste un peu de sexe pour ajouter encore un peu de piquant à la recette !

    D’ailleurs connaissez-vous la règle d’or universelle des « 3 S » qui garantit la réussite d’un cocktail ? (qu’il s’agisse d’une boisson ou d’autre chose).

    Commentaire par Barman — 04/05/2010 @ 10:57

  7. Sur le même sujet, le papier parfaitement renseigné de Rue89 : http://eco.rue89.com/2010/05/03/comment-jerome-kerviel-veut-gagner-le-proces-mediatique-149994

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/05/2010 @ 11:00

  8. Concernant l’opportunité de sortir un livre et d’en faire la publicité un peu partout il se pourrait que M. Kerviel et ses avocats connaissent parfaitement le faible impact qu’auront ces interviews sur les juges et leur verdict. En fait les motivations de M. Kerviel ne sont sûrement pas d’ordre judiciaire mais tout simplement … financières. A mon avis la note des avocats sera certainement particulièrement salée et M. Kerviel profite de l’imminence du procès pour faire parler de lui et vendre son livre … afin de payer ses avocats!

    Commentaire par Mussipont — 04/05/2010 @ 11:32

  9. @ Aliocha :

    Entièrement d’accord avec le com’ de Mussipont. Si, comme le souhaite Fantômette, et comme je plussoie ce souhait, le journaliste doit devenir un expert du discours, c’est dans ce sens (du com’ de Mussipont) qu’une interview de Kerviel devrait être retranscrite.
    Un billet tel que celui-ci y contribue. Du coup, croyez-vous qu’un article prenant cet angle d’attaque (mise en lumière des stratégies de com’) puisse passer aujourd’hui dans un quotidien national ? Et si oui, pourquoi ne pas le faire ?

    Commentaire par Gwynplaine — 04/05/2010 @ 12:27

  10. Je faisais référence au com’ 1 de Mussipont, qui en a publié un autre entre le moment où j’ai commencé à rédiger et celui où j’ai posté.

    Commentaire par Gwynplaine — 04/05/2010 @ 12:32

  11. Le vulgum et lambda pecus que je suis reste perplexe sur ce que peux apporter la justice dans une telle affaire :

    – d’un côté nous avons un jeune loup sans scrupule ni moralité qui a joué et perdu des sommes folles d’un argent qui ne lui appartenait pas,

    – de l’autre, une banque sans foi ni loi qui a formé et motivé ce trader-mercenaire à sa solde et l’a poussé au plus loin d’une logique financière mercantile et risquée,

    tout cela sur fond de système économique qui incite à ces pratiques et en fait l’éloge quand ça marche.

    Au mieux, JK et sa banque devraient être condamnés à une peine d’utilité publique mais je ne pense pas que cela soit possible.

    Finalement, dans un sens le livre de J.Kerviel qui dénonce ce système c’est déjà une sorte de geste d’utilité publique même si c’est encore d’abord un bon coup financier !

    A quand le livre « Les mémoires d’un banquier », écrit par Daniel Bouton, pour dénoncer ces jeunes traders inconscients et incontrôlables qui dévoient le système bancaire ?

    Commentaire par Oeil-du-sage — 04/05/2010 @ 13:13

  12. @ Mussipont,

    Sans être particulièrement versé dans les secrets de cette affaire, qui en compte plusieurs pour nous faire oublier cette évidence selon laquelle l’argent vient toujours de quelque part et en général de notre porte monnaie, je puis vous assurer avec un haut niveau de probabilité que le caractère salé de la note d’avocat est à la hauteur de la transgression des valeurs qu’elle représente.

    En principe un banquier a soin des dépôts de ses clients qu’il doit représenter à demande (compte à vue) ou faire fructifier (actionnaires).

    Il semble que Kerviel constitue en lui-même une exception à ce principe cardinal et je ne serais pas surpris outre mesure que les avocats de l’un soit payés par les autres, tant leurs intérêts sont mêlés. Car ce dont il est question, c’est les com des intermédiaires. Ni déposants, ni actionnaires (ni contribuables: je veux appartenir à cette race d’hommes! Que faut il faire?).

    Or les intermédiaires, c’est la béquille de nos vieux banquiers, gros, gras, malins, et fondamentalement pantouflards (en cheville avec l’Etat, dans la digne tradition du capitalisme français). Mais pas compétents dans les produits dérivés. Un peu cons, quoi: ils savent faire les comptes, ils savent encaisser, mais ils ne savent pas jouer; en même temps, ils aiment ça. Et Kerviel est beau. C’est un danseur, un joueur; Un type dont on tombe amoureux. Mettre Kerviel en face d’un banquier, c’est comme si vous mettiez un jeune éphèbe, genre pâtre grec, en face d’un curé vicelard. Il les a fait baver, les vieux cochons. Et les vieux cochons lui ont donné les lignes de codes pour que Kerviel s’amuse. Sauf qu’il a perdu.

    Et quand les vieux cochons bavent et qu’ils perdent, nous payons, car la bave du cochon lui est précieuse.

    Alors, Aliocha, ce n’est pas de com’ dont il faut parler. C’est plus ça, parce que ni vous ni moi, ni personne d’autre, à vrai dire, n’y croit plus.

    Kerviel n’a pas qu’un conseiller en com, il a aussi un conseiller en informatique. C’est dans sa maison de campagne qu’il a passé une douce villégiature: le conseiller doit être ciblé car le problème informatique révèle la faute du banquier.

    Commentaire par tschok — 04/05/2010 @ 16:22

  13. chere Aliocha vous avez écrit
     » Philippe Bilger s’irrite dans son dernier billet des interventions médiatiques récentes de Jérôme Kerviel … y voit une tentative de pression sur le tribunal »

    et il se fiche de qui mon cher collègue, prendrait-il pour des tartes les juges parisiens qui vont juger ce voyou moderne des grands chemins de la finance ?
    et pourquoi s’irriterait-il qu’un présumé innocent prennent publiquement la parole pour dire ce que tout le monde a compris à savoir que s’il a commis quelques belles infractions, il a certainement agi dans un milieu où c’était monnaie courante ?
    est-ce interdit par le code pénal que de parler aux journalistes avant, pendant ou après un procès ?

    Commentaire par marsan — 04/05/2010 @ 20:43

  14. chere Aliocha

    je reviens du blog de mon cher collègue qui écrit notamment « Je ne parviens pas à accepter ces attitudes qui, sous prétexte d’information, mettent sur le devant de la scène quelqu’un qui devrait être laissé dans l’ombre jusqu’à sa comparution »

    les bras m’en tombent : cet homme est d’un autre temps – son bavardage est insignifiant –

    Aliocha : j’attire votre attention sur le fait qu’un autre de vos collègues, le président du TGI de Paris, Jacques Degrandi, s’est ému lors de la dernière rentrée solennelle du rapport justice/médias. Il me semble que c’est un vrai sujet. Je suis en train de lire le livre, et il me parait évident que c’est un élément stratégique de la défense. Du coup, tiens, j’ai une question pour vous : les magistrats qui vont juger l’affaire, vont-ils/doivent-ils/peuvent-ils lire les articles de presse ainsi que le livre ?

    Commentaire par marsan — 04/05/2010 @ 20:47

  15. Bon, puisque personne n’a la réponse au com 6, je vous dévoile la règle des « 3 S » pour réussir un bon cocktail (médiatique) :

    S comme Strong : la force du cocktail. Pour une boisson ce sera un alcool fort de base, pour notre affaire, des grosses sommes d’argent, une grande banque, le terrible milieu de la finance.

    S comme Sour : l’acidité, un jus de fruit par exemple, ou pour revenir à l’affaire, les discours acerbes et piquants des uns et des autres sur fond d’hypocrisie.

    S comme Sweet : la douceur… à part le physique de jeune premier de Kerviel, c’est là où notre affaire peut encore gagner en médiatisation : il manque la douceur d’une histoire d’amour, un peu de sexe ou quelque chose comme ça !…

    Bon c’est pas tout mais ça m’a donné soif tout ça,
    Vous buvez quelque chose Aliocha ?

    Aliocha : si vous avez une bonne bouteille de St Estèphe quelque part, pourquoi pas ? Tschok et Mussipont ont vidé mes réserves de vodka, les traitres !

    Commentaire par Barman — 04/05/2010 @ 21:32

  16. Toutes formes de communication est de la manipulation, consciente ou refoulée.

    Aliocha : Assurément. Ensuite tout est question de degré.

    Commentaire par Stefane Jobs (l'autre) — 04/05/2010 @ 21:49

  17. Laissez la justice faire son travail (notez l’originalité de la formule).
    Il me semble, à l’instar du malheureux blogueur fustigé par marsan, qu’une affaire devrait être laissée à l’écart de la scène médiatique tant qu’elle n’a pas été définitivement jugée. Dans le cas contraire, il faudrait considérer les journalistes comme des auxiliaires de justice puisque leur intervention, si elle était considérée comme utile voire indispensable, serait alors un outil de manifestation de la vérité. Ce qui n’est pas prévu, que je sache, par notre droit pénal.
    La justice pénale est censée rétablir la paix sociale, pas provoquer le débat. Cette paix sociale nécessite, certes, une publicité, afin d’informer le public de la sanction ou de la non-sanction du prévenu. Ladite publicité peut tout à fait intervenir après la décision de la justice et c’est même préférable pour l’exemplarité de la peine. Je conviens tout à fait que ce raisonnement sent son XIXe siècle bourgeois et bien-pensant à plein nez mais notre droit pénal est l’enfant légitime de cette époque. A ce titre et jusqu’à sa refonte, nous sommes censés respecter sa lettre et son esprit.

    Enfin, sur le cas précis de Jérôme Kerviel, je crois me souvenir qu’il est de principe en droit du travail de considérer qu’un salarié est sous la responsabilité de son supérieur, sauf à s’être affranchi du lien de subordination qui fonde la relation. Partant de là et au vu de la durée des agissements dudit trader, il y a forcément une faute de sa hiérarchie. Soit qu’elle n’ait pas rempli son rôle de contrôle et de supervision, soit qu’elle ait toléré ou même ordonné les actes reprochés par la justice. Donc, même si Jérôme Kerviel est condamné, la Société Générale ne devrait pas être exonérée de sa responsabilité, au moins civile. J’ai du mal à comprendre comment cet employeur a pu se constituer partie civile. Je dois être un peu basse de plafond, voilà tout.

    Commentaire par daria — 05/05/2010 @ 08:26

  18. Bonjour Aliocha,

    Tombé par hasard sur cette suite d’article (il y en a 6) dont j’ignore si vous en connaissiez l’existence (http://stalker.hautetfort.com/archive/2004/07/26/maljournalisme_1.html). Ils semblent qu’ils rejoignent vos préoccupations (rien à voir avec l’affaire JK).

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 05/05/2010 @ 08:45

  19. Dans la série des opérations de com par les copains, il y a Libération et Polanski. Au moins, chez Libé, on sait faire la différence entre un cinéaste et un pape…. Mais Libé fait-il encore du journalisme?

    Commentaire par Nono — 05/05/2010 @ 10:55

  20. Ce qui me choque, c’est plutôt M.Bilger qui écrit: « L’Etat de droit ne concerne pas que les juges et les avocats. Il devrait être sensible aux journalistes. Pourquoi pas une Société de droit qui rappellerait le bon tempo aux prévenus et aux accusés ? ».
    J’ai failli répondre à M.Bilger « parce que , justement, nous sommes encore dans un Etat de droit »
    Cela me dérange pas que M. Kerviel s’explique devant les caméras et les médias, s’il pense que cela puisse servir sa défense, car oui M.Bilger, M. Kerviel a le droit de tout dire.
    Par contre, c’est le boulot du journaliste de ne pas se laisser duper et à nous citoyen de garder son esprit ouvert (en fait ça ,c’est pas gagner ).

    Ps je ne suis pas sur que le tribunal lui, apprécie ce genre d’exercice de style…

    Commentaire par bleu horizon — 05/05/2010 @ 13:55

  21. Hum
    Bilger aurait le droit de parler…
    SG aurait le droit de parler (et force est de constater qu’elle ne s’en est pas privée)

    Et Kerviel n’aurait pas le droit ?

    Je reconnais volontiers que ce n’est certainement pas un enfant de coeur. Mais après avoir été utilisé (reprenez le début de l’affaire, vous verrez, il s’est pas médiatisé tout seul le bonhomme) par tous les camps, il me semble que c’est un juste retour des choses pour l’égalité des armes.

    Au passage j’adore la morale à 2 vitesse de Bilger. Mais bon. Il a une piètre opinion de ses collègues pour les estimer si facilement malléables

    Au vu de toute la com qui a été faite par tout le monde autours de cette affaire, ça me semble normal que JK exprime aussi son point de vue. Et si ses conseils en profite pour expliquer l’économie aux journalistes qui suivent le truc afin de leur permettre de jetter un œil critique sur tout ce qui se dit plutôt que de répéter, c’est pas plus mal.

    Et pour le fond, j’attends que la justice dise si Kerviel est un génie de la manipulation, ou l’encadrement de SG une belle équipe de buses/hypocrites ou bien autre chose ^^
    Ça peut être intéressant.

    Aliocha : si l’affaire vous intéresse, lisez son livre, je l’ai commencé hier, un vrai thriller financier 😉 Sa chargée de com’ dit qu’il l’a écrit tout seul, j’ai un petit doute, quand même….

    Commentaire par Karam — 05/05/2010 @ 14:43

  22. Si j’ai bien compris, Philippe Bilger n’a pris la plume, euh, le clavier, que parce que Jérôme Kerviel a lancé son opération de comm. Je ne pense pas qu’il mésestime ses collègues, mais peut-on assurer que tout le monde soit insensible à des opérations de comm? Soit en faveur, soit en défaveur?

    Commentaire par Nono — 05/05/2010 @ 16:09

  23. Tiens, je découvre le blog, mais je me disais justement que ce M. Kerviel avait un discours extrêmement bien maîtrisé. Un conseiller en communication dites-vous ? Il me semble qu’ils ont fait ensemble un assez bon travail. Moi qui ne m’intéresse pas du tout aux arcanes du monde financier, j’en ai presque envie de lire ce livre.

    Commentaire par Axel — 05/05/2010 @ 20:27

  24. @ Aliocha : j’ai quelques Haut Marbuzet dans la cave, si ça vous tente… 😉

    Commentaire par Mussipont — 05/05/2010 @ 20:39

  25. chere Aliocha

    vous m’avez posé cette question : « les magistrats qui vont juger l’affaire, vont-ils/doivent-ils/peuvent-ils lire les articles de presse ainsi que le livre ? » dans un premier réflexe j’ai eu envie de vous dire : peu importe. Et puis je me suis dit que ce n’était pas une réponse honnête car derrière votre question il y a celle de dire si les juges lisent l’article en cause vont-ils être influencer dans leur jugement ?

    Pour répondre à cette question il faut d’abord dire que M Kerviel sera jugé par trois magistrats qui n’auront peut être rien lu d’autre que le dossier, qui peut être auront lu des articles voire le livre. Donc beaucoup d’incertitude pour peser l’importance des déclarations du prévenu.
    Ensuite, et surtout, ces magistrats auront d’abord à dire si les faits qui lui sont reprochés constituent ou pas une infraction et ça c’est dans le dossier et nulle part ailleurs – ce n’est pas les bavardages du prévenu qui changeront quelque chose à la réalité du dossier dans une matière pénale très spéciale.
    Ensuite, ils devront choisir une peine en fonction de la personnalité du prévenu – et là bien sur entrera en compte tout ce qu’ils savent de cet homme y compris ce qu’ils savent en dehors du dossier.

    J’ajoute que les collègues parisiens qui vont siéger ne sont certainement pas des bleus qui sortent de l’Ecole de la Magistrature même si l’acte de juger n’est jamais neutre.

    Et puis Aliocha le problème n’est pas là : le problème est : est-ce qu’un prévenu peut parler à des journalistes avant l’audience et est-ce que ces journalistes peuvent ou doivent publier avant l’audience?

    Tant que la loi ne l’interdit pas c’est que c’est permis, n’en déplaise au Ministère Public.

    Commentaire par marsan — 05/05/2010 @ 20:50

  26. Je vais répondre à la place de Marsan, com 14, car je le sens timide sur ce coup là.

    Rien ne doit arrêter l’information d’un tribunal sauf ce qui n’a rien à voir avec le cas dont il est saisi.

    Or, ce que je constate, c’est que tout intéresse la police, y-compris ce qui n’a rien à voir avec la justice.

    Marsan et « ses collègues », qui n’en peuvent mai autant qu’ils sont, n’est pas en mesure de me contredire.

    Ou…?

    Commentaire par tschok — 06/05/2010 @ 15:42

  27. Mussipont,

    Je m’intéresse dorénavant aux cocktails.

    Je travaille le mojito plus le havane.

    Pas si facile.

    Aimez vous les cigares?

    Aliocha : eh ben ? Vous abandonnez la Danette, ou vous avez le goût excentrique de la « déguster » (pouark) en fumant le cigare et en buvant un mojito ?

    Commentaire par tschok — 06/05/2010 @ 15:50

  28. @ tschok :

    Pour le mojito, je suis partant.

    Pour le cigare, désolé, non, j’ai eu trop de mal à arrêter la cigarette (5 essais en 8 ans, 15 kilos de plus…) pour me risquer à fumer quoi que ce soit (cigare, moquette, etc…).

    Commentaire par Mussipont — 06/05/2010 @ 16:04

  29. cher tschok

    aucun commentaire particulier sur mon coté timide si ce n’est que ça me ferait plutôt rire. Bon passons
    Non juste une remarque pour vous dire que comme souvent vous mélanger police et justice –
    quand à ce qui intéresse la police contrairement à ce que vous semblez penser non seulement elle doit s’intéresser à tout ce qui concerne la police judiciaire mais également la sécurité publique : donc un vaste champ d’investigation qui n’intéresse pas que la justice.

    adishtaz

    Commentaire par marsan — 06/05/2010 @ 21:12

  30. @ Marsan,

    Sincèrement, je vous admire. Je n’ai pas votre courage. Ma chimie interne me condamne à des addictions que la médecine décourage formellement. D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, puf, puf, puf, j’extrais ma dose d’un mégot, avec gloutonnerie.

    Mais j’ai lu machin chose et son bouquin sur le cancer et depuis je bois du thé vert, trois tasses par jour, le doigt sur le chrono, car le thé vert doit infuser 2 mn 45 s, la bec de la théière orienté vers la Mecque (ça a le goût de l’oseille, vous saviez ça? j’ai l’impression de boire de la salade liquide). Et je suis devenu une vraie usine à pisse. Rien que de voir une théière me fait lorgner la porte des WC d’un œil torve.

    Bref, mon cas est trop grave pour que je m’intéresse à la moquette, mais je me suis demandé si on pouvait pas fumer du sable, histoire d’éponger tout ce thé vert.

    @ Aliocha,

    Femme de peu de foi: la Danette ne se fume pas, elle se savoure! A la rigueur, vous pouvez la faire bouillir. Ce qui me donne une idée: le narguilé à la Danette!

    @ Marsan,

    Excusez moi de vous demander pardon, mais si on fait la confusion, c’est qu’il y a matière. Mais vous avez raison: nous n’allons pas nous engager dans une discussion qui pourrait se révéler assez technique, surtout un vendredi en fin d’après midi (alors que je viens d’atteindre la limite de mon autonomie par rapport au besoin naturel perfidement engendré par la consommation du thé vert).

    C’est le vessiecitudes de l’existence.

    Aliocha : ne faites pas l’innocent voulez-vous. A vous lire, on voit bien que ça fait déjà un bout de temps que vous la fumez la Danette 😉

    Commentaire par tschok — 07/05/2010 @ 17:17

  31. PS: adishtaz, c’est gascon, ça non?

    Commentaire par tschok — 07/05/2010 @ 17:19

  32. oups, @ Mussipont, le 1er §, du com 30, of course.

    Commentaire par tschok — 07/05/2010 @ 17:20

  33. @ tschok,

    Machin Chouette (fils de Machin Chouette) a également démontré que si on mangeait de la Danette en courant 30 minutes, cela augmentait légèrement le risque de se fouler une cheville, mais cela diminuait sensiblement le risque d’attraper le cancer de la tennis.

    Toutefois, si je me souviens bien, l’idéal (pour les plus vaillants) reste tout de même de courir 30 minutes par jour en méditant sur les bouilloires en plastique, tout en jonglant avec cinq fruits et légumes, à condition (bien sûr) d’avoir préalablement mis du curcuma dans son écran total.

    Et là, c’est tout bon.

    Commentaire par Fantômette — 07/05/2010 @ 17:41

  34. C’était juste par curiosité, Aliocha. On va pas en faire une histoire, quand même?

    Aah la bouilloire en plastic, grand vainqueur du concours Lépine 1992, on la regrette encore. Cet ustensile à usage unique avait une particularité tout à fait remarquable: il valait mieux la jeter avant de s’en servir. C’est d’ailleurs ce qui représentait son principal intérêt, car par ce geste, son utilisateur évitait un accident domestique, ce qui a fait dire à son inventeur qu’elle avait contribué à l’amélioration de la sécurité publique.

    On voit difficilement comment le contredire.

    Merci, Fantômette, de nous rappeler les vertus du progrès technique.

    Commentaire par tschok — 07/05/2010 @ 19:15

  35. Kerviel superstar ? Par delà le bien et le mal…

    Comme Nick Leeson qui a fait sauter la vénérable Barings (la banque de la Reine d’Angleterre), Jérôme Kerviel est, lui aussi, une superstar. Il a créé son œuvre avec un premier produit dérivé.

    Jongler avec 50 Mds d’€, quand on à la trentaine (vraiment à l’insu de sa hiérarchie ?) ce n’est pas donné à tout le monde ! Oui c’est créer une œuvre ! La preuve, il vous la vend ! Il vous vend, dit-il, un « plantage partagé ».

    Soit le récit de 5 Mds € évaporés à l’adrénaline, le sentiment d’appartenir à une élite et la martingale qui va avec. C’est jouissif !

    Le « rogue trader français» est désormais entré à la première place du top ten de l’histoire bancaire des pertes de trading supérieures à un milliard de dollar US.

    Rien d’étonnant alors que ce soit, précisément, un journaliste qui le mette en contact (en lumière ?) avec Patricia Chapelotte pour lui offrir (gratuitement ?) un « plan médias » dont un 20 h un dimanche. Rien que ça !

    Que nous dit cette Patricia Chapelotte : « La Société Générale a raconté une histoire, on a raconté une autre histoire, l’opinion publique a changé d’avis et s’est dit que notre histoire était la plus vraisemblable. Objectivement, Jérôme Kerviel a gagné la bataille médiatique. Daniel Bouton [l’ancien président de la Société Générale, ndlr] a commis l’erreur de désigner Kerviel comme son adversaire et de personnaliser l’affaire. Evidemment, il y a aussi eu un petit travail pour décrédibiliser l’histoire de l’adversaire, en mettant en avant ses incohérences. Par exemple, expliquer que Jérôme Kerviel n’a pas perdu 5 milliards d’euros : il a d’abord gagné 1,5 milliard d’euros, puis il y a eu 6 milliards d’euros de perdus par la Société Générale, c’est elle qui a débouclé ses positions et qui a perdu l’argent. »

    C’est beau comme du storytelling !

    Aussi beau que du Crésus dans ses « Confessions d’un banquier pourri » (Fayard 2009 p. 12) : « Responsable ? Sans doute. Mais j’étais en bonne compagnie. Banquiers, investisseurs et autorités de contrôle (comme ils disent), on s’est tous auto-convaincus que la prospérité était là pour cent ans. Quant aux agences de notation et aux ministres des Finances, ils ont une bonne excuse : en fait, ils n’y comprennent rien […] De toute façon il est trop tard. Le chaos s’est installé et le krach va durer malgré les commentaires astucieux qui, depuis septembre dernier, nous annoncent la reprise des Bourses et la fin du tunnel. La reprise ? On en reparlera dans un an. Peut être deux. Le CAC 40, après avoir été en chute libre, n’arrive toujours pas à se redresser. La récession va nous appauvrir. Mais ne vous inquiétez pas pour nous : les banquiers s’en sortiront.»

    De fait, les banques se sont empressées de rembourser les prêts accordés par leurs Etats et recommencent à faire du fric…

    “Greed is good !”.

    En le voyant au 20 h sur France 2 je me suis rappelé les stages de formation à la vente pour les commerciaux à la « Gégène » où j’ai passé 15 ans.

    Tout bon vendeur connaît ce proverbe arabe qui figure en exergue dans tout bon manuel de vente : « Sans mentir on ne vendrait rien ».

    Le rapport entre client et vendeur est une relation humaine et doit se nourrir de vérité.

    Or, la manipulation repose sur le véridique et s’appuie sur un arsenal factuel qui soutient les interprétations erronées. Le vrai n’est pas l’ennemi du manipulateur. C’est même sur cet idéal qu’il fait reposer certaines de ses opérations qui ne sont pas condamnables contractuellement : c’est le « dolus bonus » des juristes.

    L’usage du visuel, en particulier, permet de capter la confiance, de détourner la conscience…

    Ces considérations ne sont pas anodines et s’appuient sur une vision de la nature humaine qui rappelle les lointaines définitions philosophiques des passions. Ce que nous inculquait notre formateur jusqu’à la caricature en nous exposant que la « psychologie du client » à l’échelle des temps généalogiques, l’homme ne représente qu’un bref instant et que, donc, il existe des types permanents de caractère et de motivation. L’homme agit ainsi par instinct et suis son subconscient dans bien des situations.

    Conclusion : avec la bonne motivation, le client fera l’achat. Aliocha avez-vous fait l’achat du livre de Jérôme Kerviel que vous lisez ? Peu importe…Jérôme Kerviel est un bon et séduisant vendeur !

    M. Bilger à tort de s’irriter. Je peux lui assurer qu’il n’y a pas de magie dans les sciences de la communication.

    Sauf, avec Apulée mais là c’est une autre histoire…

    La justice, elle aussi, fera son œuvre !

    Souhaitons donc à Jérôme Kerviel le parcours de Milken.

    Je veux parler, bien sûr, de Michaël (Mike) Robert Milken avec son armada d’avocats et ses 98 chefs de fraude, aujourd’hui classé par le magazine Forbes à la 500ème place des… des… des… personnes les plus riches du monde…INCROYABLE MAIS VRAI !

    Milken c’est Michaël Douglas alias Gordon Gekko dans le film “Wall Street” d’Oliver Stone et le fameux “Greed is good”. Sortie du 2 en septembre pour les “initiés”… chut… c’est un délit …

    Voilà ce que disait de lui le magazine Forbes dans les années 80 : « Esclave de sa créature (le marché des obligations pourries), Mike Milken, a repoussé les frontières du possible : il a créé un nouvel espace financier avec les junk bonds c’est presque comme s’il pouvait imprimer sa propre monnaie ! »

    Tiens ! Voilà que j’apprends que dans un texte préparé, Fabrice Tourre alias Fabulous Fab de Goldman Sachs, affirme devant le sénat américain : « J’ai été la cible d’attaques infondées sur mon caractère et mes motivations  » : ça ne vous rappelle rien ?

    Un fraudeur lui aussi ? Vous voulez rire ? C’est un créateur !

    Tout comme Mike c’est un inventeur.

    La preuve il a créé ABACUS 2007-AC1 « véhicule financier » au nom barbare (normal pour un mathématicien abacus = boulier).

    Le bouillonnant Fabrice Tourre à même décrit la chute annoncée des crédits « subprime », et le système qu’il a imaginé pour en tirer profit.

    Mais, lui, a une excuse en béton : il les vendait à des banquiers « pourris ? » Euh ! Non avertis ! Ah bon ! Je croyais que c’était la même chose…!!???

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 07/05/2010 @ 19:43

  36. Je recommande le livre de Jérôme Kerviel, qui m’a convaincu de la responsabilité de sa hiérarchie et de la faiblesse de l’instruction. Le juge van Ruymbeke n’en sort pas grandi, pas plus que certains journalistes (entre autres Airy Routier).

    Commentaire par gerard poirot — 21/05/2010 @ 13:52


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