La Plume d'Aliocha

14/04/2010

Les jolies petites ficelles de la communication politique

Filed under: Brèves,Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 10:20

N’ayant guère le temps d’écrire en ce moment, je suis tout à fait ravie d’avoir l’opportunité de vous recommander un article de Slate relayé par Marianne 2.

Une consoeur  y dévoile les raisons obscures pour lesquelles nos chers politiques ont pris l’habitude d’interpeller les journalistes en usant de leurs prénom et nom, sur le modèle : « Vous savez David Pujadas ».

Elle démontre en quoi ce détail apparemment anodin révèle l’intention peu louable d’infantiliser, peopoliser, déstabiliser et finalement décrédibiliser le journaliste.

Excusez du peu !

Les lecteurs de ce blog ayant l’habitude d’être critiques (loin de moi l’idée de le leur reprocher), certains me diront sans doute : après tout c’est votre faute, vous n’avez qu’à pas les laisser faire. Je ne puis que vous donner raison.

Quoiqu’il en soit, la lecture de l’article de Slate vous incitera, j’en suis sûre, à regarder d’un tout autre oeil les interviews télévisées. Le rapport de force entre la communication et la presse tourne de plus en plus au désavantage de cette dernière. On peut, dans un esprit bourdieusien, s’en féliciter, le tout est de ne pas être dupe  de ce qui se profile derrière…

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35 commentaires »

  1. si les gens arrêtait de regarder la télé, le monde en serait changé.

    Commentaire par herve_02 — 14/04/2010 @ 11:23

  2. J’avais lu cet article et ce qui me surprend, c’est que dans mon idée ce sont les journalistes qui ont commencé à appeler ainsi les politiques, et depuis très longtemps. Il me semblait d’ailleurs que c’était plus ou moins une convention en radio et TV, pour rappeler aux auditeurs/téléspectateurs à qui ils ont affaire.
    Dans ce contexte, que les politiques leur rendent la politesse ne me choque pas vraiment… Moins en tout cas que le « taisez-vous Elkabbach ! » de Marchais.

    Commentaire par Hub — 14/04/2010 @ 11:29

  3. Même remarque que Hub, les journalistes appelant les hommes politiques par prénom + nom, c’est assez classique.
    Et en même temps, les exemples pris de Laurence Ferrari ou David Pujadas ne sont peut-être pas les meilleurs représentants de « journalistes ». Je les qualifierais au mieux de présentateurs.
    (Petite remarque par contre, il semble que le « taisez-vous Elkabach » serait plutôt à attribuer à un imitateur qu’à Marchais lui-même, cf la wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Marchais#Personnalit.C3.A9_publique )

    Commentaire par jor — 14/04/2010 @ 11:44

  4. En soi, c’est sans doute un petit détail insignifiant. Mais combiné à tout le reste, c’est un assez bon révélateur de la relation journalistes-politiques, je trouve. En effet, j’aimerais bien que les journalistes français ne se laissent pas faire, ne se laissent pas manipuler aussi grossièrement par leurs interlocuteurs.

    Au Royaume-Uni, la campagne électorale bat son plein, les politiques sont omni-présents dans les interviews. Ils ne se gênent pas plus qu’en France pour raconter n’importe quoi, glisser sur les faiblesses de leur programme et monter en épingle le moindre faux-pas de leurs adversaires. Et pourtant, si, par exemple, Gordon Brown s’avisait d’interpeller par un « vous savez, Jeremy Paxman (ou John Humphrys)… », il se ferait sans doute immédiatement rabrouer par un « je sais, Gordon Brown, mais nos auditeurs … [ou autre recentrage] ». Je ne dis pas que le style d’interview anglais soit parfait (ils ont parfois tendance à ne pas laisser l’interviewé finir ses phrases et à parler plus que lui, c’est un peu bizarre…), mais au moins, ils ne se laissent pas marcher sur les pieds.

    J’ai même entendu un homme politique être tellement coincé dans ses propres contradictions provoquées par un journaliste qui voulait obtenir une réponse claire qu’il a fini par dire lui-même « bon, passons à autre chose » !

    Commentaire par Rémi — 14/04/2010 @ 11:49

  5. Vous savez, Aliocha Karamazov…

    Je me réjouis de voir un décryptage des tics de langage des politiques. Cependant je ne suis pas complètement d’accord avec ce qui est avancé par votre consoeur. La tactique pour gagner du temps afin de réfléchir (vite!) à sa réponse est classique et en soi tout à fait légitime, cela évite le fameux « esprit d’escalier » que ne peuvent se permettre les politiques.

    La nouveauté vient certainement en effet de la forme que recouvre cette tactique, où le politique emploie désormais le prénom + nom du journaliste. Je ne pense pas que cela réponde à une interpellation du journaliste lui-même, comme le disent Hub et Jor – cette interpellation est effectivement normale, le journaliste situe par-là son interlocuteur pour les auditeurs/téléspectateurs. Par contre, je pense que cela accompagne le vedettariat récent des journalistes : les Laurence Ferrari et autres David Pujadas sont mis en avant par les chaînes comme fer de lance de leur com’, et cela nuit à la neutralité du journaliste. Il entre effectivement dans le cercle des « gens connus », qui gravitent dans les mêmes cercles que les politiques.

    Je pense que les politiques surfent sur cette peopolisation (damned! j’avais jusque-là réussit à éviter ce terme) mais n’en sont pas à l’origine. Elément de preuve en est qu’ils utilisent beaucoup moins cette forme de la tactique je-gagne-du-temps avec les intervieweurs moins connus (et plus pugnaces) comme Laurent Bazin sur Itélé ou Caroline Roux sur la Matinale de Canal+ (que j’ai vu, l’un et l’autre, mettre en lumière la tactique au moment où elle était employée, et c’est ça qu’il faut faire!).

    Alors autant je suis d’accord pour dire que le « Vous savez… » marque une certaine condescendance, appuie la connivence (supposée, celle que l’on veut montrer au public pour décrédibiliser le journaliste), autant je trouve que les journalistes ont une grande part de responsabilité dans cette formule, parce qu’ils participent de la starification de leur métier (et je parle là essentiellement des journalistes télé grand public et de certains à la radio).

    Bref, oui pour mettre la technique en lumière, pour que l’auditeur/téléspectateur puisse avoir une meilleure lecture critique de l’exercice, non pour hurler à la manipulation, et enfin il faut reconnaître la responsabilité des vedettes du journalisme dans l’affaire.

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 13:01

  6. Moi il y a un truc qu’il faudrait m’expliquer…

    Pourquoi quand un journaliste / éditorialiste / chroniqueur (difficile parfois de faire la différence) parle d’une femme politique il utilise son prénom, alors que quand il parle d’un homme il emploie son nom de famille (voire prénom+nom ou monsieur+nom) ?…

    On parle de Rachida, Ségolène, Martine, Fadela, mais plus rarement de Nicolas, Dominique, François, Benoit, Manuel, Brice, etc…

    Serait-ce une « légère » marque de mépris vis à vis des femmes politiques, c’est mon avis et je le partage…

    Commentaire par Arnaud — 14/04/2010 @ 15:53

  7. J’ai rien compris. Qu’est-ce qu’il y a de curieux à appeler David Pujadas David Pujadas ? Il faudrait l’appeler Jean-Pierre Pernaud ?

    Commentaire par Gilbert — 14/04/2010 @ 17:21

  8. @ Gilbert :

    Disons que quand c’est la dixième fois en moins de deux minutes, on finit par savoir à qui s’adresse l’interviewé.

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 17:29

  9. Je me souviens pas du débat présidentiel, mais je doute que Sarko et Ségo se soit appeler par leur prénom. Ca pourrait être intéressant de faire un parallèle. (@Arnaud, je remarque que j’ai écrit « Ségo », mais, faute à la com’ socialiste qui ont eu du mal à dire qu’ils étaient « Royaliste » ^^)
    Pour moi, si le politique appelle l’interviewer par son prénom/nom, c’est pour créer une proximité immédiate. De cette manière, il y a peu de chance d’entrer dans un conflit, et permet donc de maitriser l’interview.
    Dans un débat, il faut aller au conflit (sur le présidentiel), c’est plus compliquer de dire « Nicolas, vous racontez n’importe quoi, pauvre ab… » (L’inverse est prob… possible). Je pense qu’on aurait du mal à comprendre la logique de la personne tenant ce discours.

    J’ai tendance à croire donc que si le ton est condescendant ou en train de se payer la tête du journaliste est plus un plantage du politique dans son approche ‘mielleuse’.

    Pour moi, la phrase ‘introduction’ qui permet au politique de réfléchir à sa réponse ne me dérange pas, bien que ca devient un peu ‘lourd’ notamment quelque politique de l’UMP… Mais bon, je préfère ca, à l’intonation de Royal qui est absolument abominable, et même si je sais qu’elle s’écoute parler pour éviter de dire trop de bêtise, j’ai toujours se sentiment amer à la fin qu’elle me prend pour un demeuré à parler comme si j’avais 2 ans…

    Pour moi, l’emploi du « monsieur » ou « madame » devrait s’imposer, ce qui est une marque de respect envers l’interlocuteur, et que donc ses questions/remarques sont prises au sérieux. (Mais ca ne tiens qu’à moi).

    Commentaire par testatio — 14/04/2010 @ 18:16

  10. Je dois être plus vieille que tout le monde ici, donc mon exemple date d’il y a longtemps : d’un ancien Président de la République qui, deux ou trois fois dans la même interview, et apparemment mécontent du tour que prenait l’entretien, avait adressé à son interlocutrice un « Mademoiselle Ockhrent ! » au ton très méprisant. Cela m’avait beaucoup plus choquée que les « David Pujadas » et autres « Arlette Chabot » qui font débat aujourd’hui.

    Commentaire par Odile — 14/04/2010 @ 20:27

  11. Il ne me semble pas que Pierre Bourdieu se soit jamais réjoui de la défaite de la presse devant la communication.

    Commentaire par DM — 14/04/2010 @ 21:38

  12. Pareil que DM, l’allusion à Bourdieu me semble pour le moins insolite.

    Commentaire par Schmorgluck — 14/04/2010 @ 23:14

  13. Quest-ce qui se passerait si le journaliste disait « Vous savez monsieur le président Sarkozy…etc » et employait les mêmes ficelles sous le titre : « tics de communication à l’usage du nouvel élu » ?
    j’ai admiré en revanche la journaliste américaine qui lui a reposé jusqu’à trois fois la même question disant « vous n’avez pas répondu à ma question alors je vous la repose une seconde fois ..
    les rapports outre-atlantique ne sont pas les mêmes ici on a l’impression de copains avec leurs querelles et leurs secrets.. Ils sont amis ils s’utilisent mutuellement et ils se fâchent et nous on est au spectacle.

    Commentaire par scaramouche oo1 — 15/04/2010 @ 09:12

  14. On se moque ( Nicolas Canteloup sur Europe )de Bernard Kouchner qui appelle les gens  » monsieur » ou « madame »; mais c’est lui qui a raison; c’est un minimum de politesse et en même temps de respect.

    Commentaire par billevesée — 15/04/2010 @ 11:05

  15. scaramouche a raison. Les journalistes outre-atlantique sont capable de garder cette distance que le politique cherche à briser.
    Je ne crois pas qu’ils sont plus professionnel. C’est plutôt une question d’impertinence, alors que les journalistes francais respectent un peu trop le politique.
    Nous, public, rêvons de voir un jour un journaliste impertinent… mais le problème c’est que ce sera sa dernière interview de politique. C’est peut être là qu’il est le problème d’ailleurs : l’indépendance.

    Commentaire par testatio — 15/04/2010 @ 12:03

  16. L’article est intéressant en ce qu’il décrypte un phénomène échappe au grand nombre, mais je ne parviens pas à trouver cela inquiétant. Pour tout dire, c’est plutôt de bonne guerre. Dans une interview, il y a clairement un rapport de force et des tentatives de destabilisation réciproques et je trouve ce procédé plutôt légitime.

    Tel un judoka, le politique s’appuie essentiellement sur une faiblesse de l’adversaire. Avant même la peopolisation il y a la personnalisation. Ce n’est pas seulement un journaliste anonyme qui interroge Sarkozy, c’est une personnalité connue. En fait les premiers à s’adresser aux journalistes en employant prénom+nom sont les journalistes eux-mêmes. Je suppose qu’il s’agit là d’échange de bons procédés. La notoriété d’un journaliste représente un actif important, un peu comme une marque commerciale. Plus les gens entendent « David Pujadas » ou « Laurence Ferrari », plus la notoriété (et le pouvoir, l’argent…) de ces personnes augmentent.

    Bref, les journalistes ont une faiblesse : ils veulent être des stars. Et les politiques, naturellement usent de cette faiblesse pour les influencer/neutraliser. Les journalistes qui veulent vraiment être indépendants ont une solution toute simple : la méthode « Kayser Sozé », je supprime la faiblesse.

    Y a-t-il une place pour un journalisme sans culte de la personnalité?

    Commentaire par Lib — 15/04/2010 @ 15:20

  17. « Pareil que DM, l’allusion à Bourdieu me semble pour le moins insolite.

    Commentaire par Schmorgluck — 14 avril 10 @ 23:14 »

    Aujourd’hui, on met Bourdieu à toutes les sauces. C’est bien simple, chaque fois que LA corporation se sent visée par de légitimes critiques du système médiatique, il s’en trouve toujours un (ou une) pour traitr l’interlocuteur de bourdieusien (avec Chomsky, ça marche aussi). Seulement, le truc commence à être un peu éventé…

    Commentaire par Gilbert — 15/04/2010 @ 23:28

  18. @Gilbert: D’ailleurs, qui (en France notamment) a lu Chomsky?

    Commentaire par DM — 16/04/2010 @ 08:54

  19. @Gilbert

    Moi 🙂
    En revanche, impasse complète sur Pierre Bourdieu pour le moment.

    Commentaire par khazan — 16/04/2010 @ 09:41

  20. Encore un peu, et vous comprendrez pour quelle raison il est nécessaire que les journalistes soient des experts du discours.

    Ensuite, il vous restera encore à comprendre que cette expertise doit leur permettre, non seulement d’analyser les discours qu’on leur oppose ou dont ils doivent rendre compte, mais également de veiller à la rigueur de leur propre discours.

    Si mes souvenirs sont exacts, lors de l’affaire « Luc Cédelle » justement, alors qu’Acrimed avait, peu ou prou, effectué le même travail d’analyse lexicale du traitement par le Monde du mouvement des enseignants-chercheurs, loin de partir du principe que ce travail « dévoilait les raisons obscures » pour lesquelles le journal optait pour tel champs lexical plutôt que tel autre, révélant ainsi « l’intention peu louable d’infantiliser, déstabiliser et finalement décrédibiliser » les enseignants-chercheurs, vous aviez balayé leur analyse d’un jugement définitif sur leur partialité.

    Aliocha : précisément, daignez me reconnaître en la matière, si ce n’est une expertise, tout du moins un petit savoir. Or, pour avoir fréquenté les extrêmes politiques dans mon jeune temps, je connais parfaitement les ressorts de leur discours, je dirais même intimement. Acrimed relève à ce sujet de la caricature (ne vous énervez pas Gilbert, je vous en prie). Et pour interviewer des politiques, je connais aussi très bien leur manière de se comporter ce qui me permet de dire que l’analyse de Slate correspond à ce que j’observe moi-même sur le terrain.

    Commentaire par Fantômette — 16/04/2010 @ 19:41

  21. Merci Fantomette. On dirait la même chose aujourd’hui si, par exemple, on analysait le fait que Le Monde traite le sujet des retraites en reprenant à son compte les chiffres du gouvernement (qui est neutre, comme chacun le sait, même quand il fait des projections à 50 ans, ce que n’oserait pas Élisabeth Tessier).

    Commentaire par Gilbert — 16/04/2010 @ 20:06

  22. @ Gilbert,

    Non, on ne dirait pas la même chose, puisqu’il ne s’agit pas du tout de la même chose.

    Je vous le démontrerai volontiers, mais s’agissant de défendre mon point de vue, je suis assez mal placée pour développer une argumentation en ma faveur, compte tenu de mon manque d’impartialité.

    Non ?

    Commentaire par Fantômette — 16/04/2010 @ 20:16

  23. @ Gilbert

    Selon ce que vous affirmez, Le Monde:

    – « traite le sujet des retraites en reprenant à son compte les chiffres du gouvernement »

    – lequel gouvernement « fait des projections à 50 ans, ce que n’oserait pas Élisabeth Tessier ».

    Vous admettrez aisément que l’on puisse avoir envie de vérifier ces affirmations. Aussi merci de bien vouloir préciser la date de parution (et si possible la page) du ou des article(s) concernés.

    Commentaire par Goloubchik — 17/04/2010 @ 16:13

  24. Ah le fameux : « vous savez David Pujadas… » de Nicolas Sarkozy,
    et l’incroyable : « vous savez David Pujadas… » de Jean Sarkozy…

    Commentaire par ali — 17/04/2010 @ 22:58

  25. @ Goloubchik

    Le gros titre qui fait peur (« Sans réforme, il faudrait 2 600 milliards d’euros pour sauver les retraites ») a été publié le 14 Avril 2010.

    Commentaire par Gilbert — 18/04/2010 @ 14:35

  26. @ Gilbert

    Merci pour la précision. Et n’ayant encore pas jeté « Le Monde » du 14 avril, j’ai donc sous le nez l’article que vous visez.

    Et là, gros souci: soit vous n’avez pas lu Le Monde, soit vous pratiquez fort peu subtilement la désinformation.

    En effet:

    L’article en cause vise à synthétiser le tout récent rapport du Comité d’Orientation des Retraites (COR).

    Sauf changement radical de Constitution qui aurait été opéré la semaine dernière en catimini, le COR n’est PAS le Gouvernement.

    Comme vous pourrez le vérifier içi: http://www.cor-retraites.fr/article269.html le COR, créé sous le gouvernement Jospin (un dangereux homme politique de droite) est composé d’experts, de parlementaires de tous bords (Maxime Gremetz, par exemple, qu’a pas trop à mon sens le profil UMP) et de syndicalistes (dont évidemment des cégétistes)…

    CQFD:

    – Il est mensonger de soutenir que Le Monde « traite le sujet des retraites en reprenant à son compte les chiffres du gouvernement » car ce ne sont PAS les chiffres du gouvernement…

    – Il est mensonger de soutenir que le gouvernement « fait des projections à 50 ans, ce que n’oserait pas Élisabeth Tessier » car ce ne sont PAS les projections du gouvernement…

    – Il me paraît en outre personnellement hasardeux de juger de ce que Mme TEISSIER oserait prédire ou pas, mais sur ce point je vous laisse le bénéfice du doute, ne pouvant écarter l’hypothèse qu’Acrimed la consulte régulièrement pour fonder tant la rigueur de ses propos que la justesse prédictive de ses imprécations.

    Commentaire par Goloubchik — 18/04/2010 @ 16:00

  27. « Acrimed relève à ce sujet de la caricature (ne vous énervez pas Gilbert, je vous en prie » (Aliocha).

    Pas de quoi s’énerver. Vous ne démontrez rien (contrairement à Acrimed), vous assénez.

    Tiens, d’ailleurs Acrimed parle de vous :
    http://www.acrimed.org/article3355.html

    Vous êtes en bonne compagnie, associée à Pascal Riché, de Rue 89.

    Commentaire par Gilbert — 18/04/2010 @ 19:09

  28. @ Gilbert d’Acrimèdie, mon doux Prince de l’Antilibéralisme Forcené, mon Che Guevara du Ouèbe, mon représentant de commerce patenté de l’Avant-Garde Intellectuelle en charge d’Eclairer les Masses Populaires (mais hélas momentanément incultes et abruties) vers la Lumière de la Révolution Universelle, mon Choubiquet d’amour (à force de se fréquenter, on s’attache, pardonne-moi cette familiarité, tovarich commentateur…), vous ravissez à tel point le paysage de ce blog que nul nuage particulaire de volcan islandais ne saurait assombrir la joie de vos scrutateurs ébaubis, dont je suis.

    Merci pour cet intense moment de rigolade.

    Une des mes faiblesses est d’apprécier le culot, aussi épais soit-il que celui d’une pipe de Georges Brassens (vous savez, le poète moustachu bougonnant qui chantait « Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente »). A vrai dire, un anarchiste en peau de lapin, du type de ceux dont je me sens proche. Le genre de mec résistant à sa manière contre le système mais sans s’autoriser pour autant à prendre ses congénères pour des buses…

    Et là, vous lancez le cochonnet achement loin.

    Prenons donc pour illustrer ce propos l’article du Monde, paru page 11 du journal du 14 avril 2010, que vous visez dans votre commentaire 21.

    Cela tombe bien, cet article, je l’ai justement sous le nez.

    Il en ressort que ce que vous affirmez dans votre commentaire est totalement, absolument, irrémédiablement faux.

    Soit vous n’avez pas lu l’article en cause (et là ça la fiche mal pour des spécialistes attitrés de Bourdsky qui se plaisent à donner la leçon), soit vous vous livrez à de la désinformation. Désinformation tellement grossière qu’elle irrite le palais comme des raisins trop verts. La langue de bois de Frédéric Lefebvre, à côté, c’est du roudoudou et pourtant Dieu sait si ce garçon m’exaspère.

    Mais nul besoin avoir fait Sciences-Po pour comprendre le procédé. Y’a infiniment moins de gens qui ont lu l’article que le contraire. Donc désinformons, désinformons, il en restera toujours quelque chose, un vieux doute, une impression fugitive… La pertinence corrélative dézinguée de votre commentaire complémentaire 26 donne à ce processus un sel encore plus piquant.

    Le gros malaise, il est là :

    L’article du Monde en cause commente succinctement le rapport tout récent du Conseil d’Orientation des Retraites, familièrement dénommé COR.

    Le COR, créé par Jospin (un dangereux homme politique de droite) est composé d’experts, de parlementaires de tous bords (dont Maxime Gremetz, un UMPiste bien connu) et de syndicalistes (dont des cégétistes, en lesquels chacun s’accorde à reconnaître qu’ils sont les crypto-nervis du grand-patronat-voyou-qu’on-pendra-avec-les-tripes-du-dernier-curé-pédophile).

    Des fois que vous auriez un doute sur cette composition, la référence est ici : http://www.cor-retraites.fr/article269.html

    Et donc, sauf à ce que la République française ait changé brutalement et en catimini de Constitution la semaine dernière, et que le COR ait renvoyé le père Fillon à ses distractions automobiles sur circuit, il est doublement mensonger de votre part d’asséner :

    – que, dans son article Le Monde « traite le sujet des retraites en reprenant à son compte les chiffres du gouvernement » ;

    – que ledit gouvernement « fait des projections à 50 ans, ce que n’oserait pas Élisabeth Tessier ».

    Concernant ce que peut oser ou non prédire Élisabeth Tessier, je n’ai pas d’opinion, ne la connaissant pas personnellement et ne faisant pas partie des 42% de mes concitoyens croyant en l’astrologie. Mais je ne peux négliger l’hypothèse qu’Acrimed la consulte régulièrement pour voir valider ses imprécations prédictives. Je vous laisse en conséquence le bénéfice du doute.

    Bisous, camarade.

    Commentaire par Goloubchik — 19/04/2010 @ 01:22

  29. Vu que j’avais un peu de temps… j’ai regardé les vidéos de P. Bourdieu à Arrêt sur Image…
    Et c’est assez intéressant.
    Pour ceux que ca intéresse elles sont ici (en particulier): http://blog.bafouillages.net/index.php?post/2009/03/28/Pierre-Bourdieu-sur-le-plateau-d-Arr%C3%AAt-sur-Image

    Commentaire par khazan — 20/04/2010 @ 10:08

  30. @Gilbert & Goloubchik : je viens de visiter ma boite à spams et j’ai trouvé deux commentaires de Goloubchik qui étaient passé à la trappe. Désolée d’avoir interrompu votre joyeux échange…

    @tous les commentateurs : vous savez bien que la censure n’est pas du tout dans l’esprit de la maison. Sur les bientôt 10 000 commentaires publiés ici, je n’en ai supprimé qu’une demi-douzaine, et encore, en expliquant à leur auteur pourquoi je le faisais. Par conséquent si un commentaire ne s’affiche pas, ce n’est pas moi qui le refuse mais mon anti-spam. Prévenez-moi, j’irai le débloquer.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/04/2010 @ 14:53

  31. @ Goloubchik,

    Il ne vous est pas venu à l’idée que Le Monde, dans son titre, reprenait la seule hypothèse retenue (parmi les trois envisagée par le COR) par le gouvernement : la plus catastrophiste.

    PS : la présence dans le COR de la CGT, qui tend à dériver de la même manière que la CFDT, ne saurait être un élément rassurant.
    Je vois, par exemple, dans les signataires de cette pétition, tous le spectre de la gauche, sauf, bien sûr, les dirigeants de la CFDT et du PS. Je cherche les dirigeants de la CGT, à commencer par le Beatle’s de Montreuil, mais je ne les vois pas :
    http://www.exigences-citoyennes-retraites.net/

    Par contre, Nanard, si on le cherche de ce côté là…
    http://www.slate.fr/story/18251/sarkozy-alliance-cgt-bernard-thibault

    Aujourd’hui, il y a deux CGT. La CGT d’en haut, celle qui négocie et qui sort le stylo aussi facilement que la CFDT.
    Et la CGT qui se bat sur le terrain, celle de mon ami Xavier Mathieu :
    http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/la-cgt-des-conti-traite-bernard-thibault-de-racaille_194523.html

    Maintenant vous pouvez me traiter de gauchiste. Ne vous privez pas si ça vous fait du bien.

    Commentaire par Gilbert — 21/04/2010 @ 16:20

  32. @ Aliocha

    Y’a pas de blème. J’ai cru mon premier comment disparu dans l’hyper-espace et effectivement imaginé le second, réécrit ultérieurement en plus fleuri, bloqué par votre anti-spam dans la boîte à horreurs.

    Entre nous, ils n’ont pas eu le temps de s’ennuyer, là-dedans, c’est franchement hot. Gavés jusqu‘au trognon de pilules bleues de contrebande surdosées et assaillis, par des créatures sulfureuses, de propositions malhonnêtes en tout genre…J’ai craint de pas les reconnaître à la sortie.

    Faites gaffe quand même, c’est le genre de truc qui a tout récemment failli couler la boutique de missswf…

    @ Gilbert

    Un poil de bonne foi, SVP.

    Le COR n’est PAS le Gouvernement, comme ma tante n’est PAS mon oncle (ou alors c’est un secret de famille qu’on m’a bien caché, je vous promets, je vais enquêter).

    Si on met sur les mots le sens qu’on veut, on peut dire que Giscard d’Estaing c’est Alain Krivine, Fidel Castro c’est Gandhi, et inversement…

    Perso, ça ne me dérange pas vraiment, j’aime bien les conversations un peu déjantées.

    Mais quand on se pique de donner la leçon sur le sens des mots comme vous le faites dans vos commentaires sur ce billet, ça peut agacer.

    Autrement merci de m’autoriser à vous traiter de gauchiste 😉 Sinon, j’aurais pas osé. Juste un truc, ça vous arrive de vous détendre juste deux secondes ?

    Commentaire par Goloubchik — 22/04/2010 @ 00:39

  33. « Juste un truc, ça vous arrive de vous détendre juste deux secondes ? »

    La précarité, ça aide pas à être détendu. Surtout quand on voit exploser les écarts de revenus. Sans doute êtes-vous du bon côté du manche…

    Commentaire par Gilbert — 22/04/2010 @ 03:38

  34. @ Gilbert

    « Sans doute » c’est l’exemple-type d’une expression inversant le sens des mots.

    Vous formulez une hypothèse concernant une situation dont vous ne connaissez rien: s’il y a bien lieu à doute, c’est dans ce cas.

    Commentaire par Goloubchik — 22/04/2010 @ 11:26

  35. @ Gilbert, Goloubchik

    A suivre Umberto Eco dans « Les limites de l’interprétation » (GRASSET 1990): « toute discussion sur la liberté de l’interprétation s’ouvre obligatoirement sur une défense du sens littéral ».

    Le Monde se soumet à cette obligation…http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/22/les-retraites-le-cor-et-les-2-600-milliards-d-eric-woerth_1341114_3224.html

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 22/04/2010 @ 16:02


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