La Plume d'Aliocha

07/04/2010

Le difficile cas de conscience des Infiltrés

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 23:00

Le dernier volet en date de l’émission les infiltrés, diffusé mardi en deuxième partie de soirée, était consacré à la pédophilie sur Internet. L’émission a, une nouvelle fois, déclenché la polémique, non plus sur la technique de l’infiltration, mais sur la question de la protection des sources. Car les journalistes ont dénoncé à la police les pédophiles qu’ils avaient débusqués sur la toile, dont un canadien, déjà condamné,  qui avait confié devant la caméra (cachée) avoir de nouvelles « cibles » en vue. Voilà qui suscite un tollé dans le milieu journalistique.

D’un côté, les détracteurs de l’émission rappellent qu’en application de notre code de déontologie (l’ancien, pas celui qui est en préparation), les journalistes ne doivent pas se comporter en policier et  soulignent surtout qu’ils doivent protéger leurs sources. Précisons qu’une nouvelle loi vient d’être adoptée pour renforcer la protection des sources des journalistes (loi du 4 janvier 2010). A ce sujet, je vous invite à lire le commentaire d’Olivier Da Lage sur son blog. Dans le dossier que Libération a consacré au sujet hier, l’avocat Richard Malka, spécialisé en matière de presse, qualifie l’attitude des journalistes d’effarante, évoquant un « grave dérapage ». Il rappelle que la loi de janvier 2010 précise qu’en aucun cas le journaliste n’est obligé de révéler ses sources et se demande si les pédophiles auraient moins de droits que les autres pour qu’on juge en l’espèce que les journalistes n’ont pas à les protéger.

De l’autre côté, Hervé Chabalier, président de CAPA, l’agence qui a réalisé le reportage précise, toujours dans Libé, « on ne dénonce pas, on signale » des faits. Puis il ajoute que ces hommes ne sont pas des sources, mais le résultat de l’enquête journalistique. « Quand on sait que des gamins vont être victimes de prédateurs, il n’est pas possible de ne pas empêcher que ça se fasse. C’est la consigne que j’ai donnée. L’autre cas, c’est si on infiltre un réseau terroriste et qu’on apprend qu’une bombe va faire 150 morts dans le métro, je le ferai aussi. Il y a ces deux cas. Nous sommes des journalistes, mais nous sommes avant tout des citoyens ».

Intéressant cas de conscience, vous ne trouvez pas ?

Dans le contexte actuel, je ne doute pas que la majorité du public se rangera spontanément du côté de la nécessaire dénonciation. Essayons donc d’apporter quelques éléments au débat, en tenant à distance la grande peur contemporaine de la pédophilie qui trouble si facilement les esprits en ce moment. Et ajoutons pour être complet qu’au terme de l’article 434-1 du code pénal, le fait pour quiconque a connaissance d’un crime qu’il est encore possible de prévenir de ne pas en informer les autorités est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Secret professionnel ou simple droit de protéger ses sources ?

Cette affaire  pousse à s’interroger sur la nature exacte de la protection des sources journalistiques. S’agit-il d’un secret professionnel comparable à celui de l’avocat ou du médecin, qui obligerait le journaliste à ne rien révéler de ce qu’on lui a confié, que ce soit de son propre chef ou à la demande d’une autorité, ou bien simplement d’un droit de refuser de révéler ses sources s’il juge nécessaire de les protéger ? Le rapport du député Etienne Blanc sur le texte qui a donné lieu à la loi du 4 janvier 2010 me parait clair sur ce sujet : « La loi française ne reconnaît pas aux journalistes un secret professionnel, qui impliquerait pour eux une interdiction absolue de révéler les informations reçues à l’occasion de l’exercice de leur profession et serait donc totalement antinomique avec leur mission d’information ». En revanche, la loi du 4 janvier renforce le droit pour le journaliste de refuser de révéler ses sources, sauf impératif prépondérant d’intérêt public. Ce texte a donc pour ambition d’améliorer la confiance dans les journalistes en leur permettant de mieux protéger leurs sources de la curiosité des pouvoirs publics et favorise ainsi la liberté d’informer. En revanche,  il ne me semble pas qu’il soumette le journaliste lui-même à une quelconque obligation légale de secret professionnel. En réalité, c’est la charte de déontologie de 1918 qui astreint le journaliste au secret. Dès lors,  si les journalistes s’étaient tus, ils tombaient sous le coup de l’article 434-1 du code pénal, tandis qu’en parlant, ils ne violent aucune disposition législative. Simplement, ils se retrouvent face à un cas de conscience qui les oblige à choisir entre le respect de leur obligation déontologique de secret ainsi que de l’interdiction qui leur est faite d’agir en policiers d’une part, et la nécessité d’empêcher la commission probable d’infractions graves, d’autre part.

Hervé Chabalier soulève à mon sens une autre question intéressante : les pédophiles rencontrés à l’occasion de l’enquête sont-ils des sources ou bien tout simplement l’objet de cette enquête ? Le patron de CAPA estime pour sa part que ces hommes ne sont pas des sources, autrement dit ce ne sont pas eux qui ont renseigné le journaliste mais le journaliste qui les a trouvés. A partir de là, peut-on encore parler d’une violation de la règle de protection des sources ?

Question de limites

Plus généralement, la profession gagnerait sans doute à regarder autour d’elle. Elle découvrirait qu’elle est loin d’être la seule à s’interroger sur la nature et l’étendue de ses obligations déontologiques. Il se trouve que depuis quelques années, sous la pression de Bruxelles, il est fait exception au secret professionnel de l’avocat en matière de blanchiment d’argent sale. Celui-ci est tenu de dénoncer son client dès lors qu’il soupçonne que l’opération à laquelle on lui demande d’apporter son concours est en réalité destinée à blanchir de l’argent. Ce coup de canif porté à un secret jusque là absolu (même le client ne peut délier l’avocat du secret professionnel) a déclenché un tollé dans la profession en France et conduit à rédiger des textes si subtils qu’en pratique cette obligation de révélation est réduite à rien. Il n’empêche, cela montre une tendance, que l’on pourra juger contestable mais qui est bien réelle, à relativiser le secret professionnel dans certains cas considérés comme graves. D’autres professions connaissent ce type de situation. Les commissaires aux comptes par exemple sont astreints à un secret professionnel très strict dont la violation engage leur responsabilité, mais ils sont tenus également de révéler au parquet les infractions qu’ils constatent à l’occasion de leur mission, sous peine de sanction pénale. Le secret professionnel est donc susceptible de connaître des limites.  Dans un tout autre domaine, je gage que les mêmes journalistes qui s’indignent de la dénonciation des pédophiles par leurs confrères ayant enquêté pour Les Infiltrés pousseraient des hauts cris si l’Eglise catholique venait à se retrancher derrière le secret de la confession dans une affaire de pédophilie.

Ces quelques réflexions n’engagent que moi. J’ai tenu à les exprimer parce qu’il me semblait que le problème soulevé par cette émission était plus complexe que ne le laissaient supposer les positions tranchées des uns et des autres.  Je devine que l’indignation d’une partie de la profession est guidée par le souci – au demeurant louable –  de préserver la confiance dans les journalistes ainsi que par la volonté surtout de défendre la protection des sources, arrachée de haute lutte. Mais au-delà de l’aspect politique du débat, il y a cette question qui se pose à chacun d’entre nous : qu’aurions-nous fait à leur place ?

J’avais achevé la rédaction de ce billet lorsque j’ai lu l’opinion de Daniel Schneidermann. Celui-ci critique le principe même de l’infiltration qui est selon lui la cause du problème. Pas d’infiltration, pas de rencontre avec des pédophiles et donc pas de cas de conscience. Plus profondément, il exprime son irritation à l’égard de méthodes journalistiques que leur caractère spectaculaire rend sujettes à caution. Il a sans doute raison, on peut enquêter sur la pédophilie en rencontrant des « repentis », des médecins, des policiers et des responsables d’association, sans avoir besoin d’entrer en contact direct avec des pédophiles. Toutefois, je ne peux me défendre d’une certaine admiration pour tous les journalistes qui, au lieu de s’endormir dans la réalisation mécanique de reportages à la chaîne usant jusqu’à la corde les mêmes sujets avec les mêmes techniques et en interrogeant les mêmes personnes, donnent d’eux-mêmes, prennent des risques, et tentent de réinventer le métier.

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109 commentaires »

  1. La question de la confiance envers les journalistes ne se pose pas dès l’instant où le journaliste ne se présente pas comme tel. La confiance étant d’ores et déjà trahie, il est hypocrite de l’invoquer a posteriori.

    Le consentement du pédophile n’est-il pas vicié par la manoeuvre du journaliste? N’y a-t-il d’ailleurs pas de la part du journaliste une sorte d’abus de qualité ou quelque chose de similaire?

    Le code de déontologie que vous mettez en lien énonce d’ailleurs que le journaliste « s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque »

    A quoi bon invoquer des règles déontologiques dès l’instant où celui qui est supposé les respecter a commencé par les violer?

    Aliocha : le consentement du pédophile est vicié ? Mais son consentement à quoi ? Rencontrer une gamine de 12 ans en espérant une relation sexuelle et s’apercevoir qu’il s’agit d’un homme, majeur et journaliste ? Allons, Ferdy, si vous aviez vu l’émission, vous ne me parleriez pas du consentement. A la rigueur, on peut tiquer sur la provocation, mais justement, les journalistes ont précisé qu’ils s’étaient gardé de faire de la provocation. Quant à la déontologie, ça bouge, c’est vivant, la déclaration de 1918 mérite sans doute d’être dépoussiérée. Aubenas aussi a dissimulé sa qualité de journaliste pour écrire le Quai de Ouistreham.

    Commentaire par Ferdydurke — 08/04/2010 @ 01:53

  2. Les journalistes réinventent le métier de … détectives ! sacré progrès pour la profession 😀

    Aliocha : c’est déjà un métier d’investigation. Personnellement, je suis une adepte de l’immersion.

    Commentaire par jean — 08/04/2010 @ 06:41

  3. Connaissez vous la calamiteuse affaire d’Outreau? Oui, bien sûr. De quoi s’agit-il? Du CRIME par excellence à notre époque: la pédophilie. A partir de là, puisqu’on est du côté du BIEN, on peut raconter n’importe quoi.

    Par exemple, on peut raconter pendant plusieurs années que des gens jamais condamnés, contre lesquels il n’existe aucun élément matériel même très indirect, qui crient sans désemparer leur innocence, qui affichent une cinquantaine d’années de vie sans jamais aucune perversité apparente (etc), que ces gens sont certainement coupables de crimes atroces et doivent donc rester en détention provisoire. Ajoutons, par parfaire le tableau, que ceux qui ont des doutes -ce qui devrait toujours être le réflexe du magistrat ou du journaliste- sont soupçonnés à leur tour d’avoir des complaisances pour la pédophilie.

    Dans cette affaire actuelle d’infiltration, à nouveau, comme par hasard, on retrouve la pédophilie. Pujadas, par exemple, nous explique (voir Libé de lundi) qu’il se mettra toujours entre le mineur et le pédophile. Comme si les lecteurs de prompteurs seront sur le terrain au moment précis où le violeur entre en action! Une nouvelle fois, la pédophilie sert à raconter n’importe quoi. N’importe quel policier peut suivre aussi sur Internet les propositions des pédophiles, il ne s’en prive pas d’ailleurs, il peut même (légalement) les provoquer… Et le policier peut opérer évidemment avec des moyens, un temps et un professionnalisme que n’aura jamais le journaliste.

    L’enquête journalistique n’apporte donc rien aux traques policières et gendarmesques.

    Mais, pour avoir l’air d’un Rambo et puisqu’on parle de pédophilie, on peut dire n’importe quoi et confondre le travail du journaliste et du policier. Les deux professions sont parfaitement estimables. Mais on ne peut pas les mélanger. C’est comme pharmacien et médecin…

    Pour faire chic, les petits Rambo ajoutent un autre exemple: le terrorisme. Parce que, évidemment, les terroristes réels vont se laisser approcher par les journalistes style Pujadas ou Chabalier qui clament partout qu’ils sont prêts à dénoncer…

    En revanche, quand d’authentiques journalistes vont s’approcher d’organisations (par exemple au Moyen-Orient) qui ont des liens avec le terrorisme, le travail de ces authentiques journalistes sera compliqué par les vendeurs de baratins télévisuels…

    Aliocha : je vous trouve bien dur sur ce coup là. Outreau ne doit pas avoir pour effet de rendre la pédophilie intouchable tout de même. Gare à l’effet de balancier. Par ailleurs, on reprochait déjà à Aubenas le succès de son livre, comme si tout ce qui marche était par définition sujet à caution. Je ne vois pas pourquoi on applaudirait un reportage sur les narco-trafiquants en Colombie par des journalistes infiltrés pour venir ensuite vilipender un reportage en France sur les pédophiles.

    Commentaire par didier specq — 08/04/2010 @ 07:32

  4. Je ne suis pas très pointu en droit, mais j’ai fréquenté des jésuites lors de ma lointaine jeunesse… De mon point de vue, on a deux cas opposés :
    – le journaliste se présente comme journaliste, l’interlocuteur lui fait confiance et accepte de raconter des choses. Il paraît normal qu’il soit protégé.
    – le journaliste se cache, car il sait qu’on ne lui parlera pas franchement ou pas du tout. L’interlocuteur n’est plus qu’un délinquant ordinaire. Sa confiance a été trahie, mais pas plus que celle d’un électeur standard.

    La conduite du journaliste ensuite est fonction de sa conscience (bon, d’accord, si le code de déontologie lui interdit vraiment d’enquêter à couvert, il lui a déjà un peu tordu le cou)

    On peut faire le parallèle avec les médecins :
    – recevoir une femme (majeure), constater qu’elle est couverte de bleus et de plaies : secret professionnel, on ne peut que lui conseiller d’aller voir la police.
    – être assis dans son cabinet et voir par la fenêtre (sur cour…) un homme battre une femme et commencer à la taillader avec un couteau : où est le secret professionnel ?

    Commentaire par Le Bavard — 08/04/2010 @ 09:03

  5. Cher le bavard,

    J’aime vos exemples. Mais, de deux choses l’une.

    Soit le journaliste est effectivement, au cours de son travail professionnel, devant un crime qui va s’accomplir. Et ça n’arrive quasiment jamais ou alors qu’on me donne des exemples précis.

    Soit, dans sa vie courante et hors d’une tâche professionnelle, le journaliste aperçoit un délit et le signale s’il estime ça nécessaire comme un simple citoyen le ferait. Où est le problème?

    Avec les Infiltrés, on assiste selon moi à une mise en scène: on bricole sur Internet, on appâte un pédophile supposé et on lui fait raconter sa petite histoire. Ensuite, on se fait sa pub. Alors que cette petite histoire artisanale de repérage journaliste est opérée simultanément à des dizaines d’exemplaires par des dizaines de policiers qui oeuvrent en vrais professionnels et n’ont pas besoin de mouches du coche.

    Commentaire par didier specq — 08/04/2010 @ 09:17

  6. La première question qui me soit venue à l’esprit en prenant connaissance de cette polémique est celle de la définition des sources : peut-on parler de source dans le cas présent ? Qu’est-ce qu’une source ? Est-ce quelqu’un qui ignore qu’il est en train de renseigner un journaliste est une source ? Peut-on être une source « involontaire » ?

    @ Didier Specq : à la première lecture de votre commentaire, je me suis dit « qu’est-ce que c’est que ce donneur de leçon ? Pourquoi la ramener avec Outreau alors que ce n’est manifestement pas le sujet ici ? » Puis j’ai vu la signature, et me suis dit « Merde, c’est Didier Specq, il sait de quoi il parle. » C’est le respect que j’ai pour vous, acquis au fur et à mesure de vos interventions, qui m’a fait relire le com’. Malgré tout, il me reste une interrogation : Outreau ne deviendrait-il pas le point Godwin de la pédophilie, par la propension qu’à tout le monde à tjs y revenir dès qu’on aborde le sujet, même lorsque le rapport est très indirect, voire lointain ?

    Commentaire par Gwynplaine — 08/04/2010 @ 09:17

  7. Au fait, aucun code de déontologie ne s’applique aujourd’hui en France à la profession de journalistes. Il existe des codes anciens (comme celui qui exige que le journaliste agisse à découvert) mais ils n’ont pas du tout de valeur obligatoire et ils sont obsolètes. Je signale par ailleurs que le syndicat national des journalistes (SNJ)réclame depuis des dizaines d’années un code moderne de déontologie qui s’appliquerait aux porteurs de carte professionnelle.

    Mais, curieusement, dans les organismes paritaires, les employeurs n’ont pas l’air très pressés.

    Imaginez, par exemple, que, sous prétexte de déontologie, un journaliste puisse dire qu’il refuse de rendre compte d’un colloque sur l’énergie parce qu’il est parrainé par une société oeuvrant dans l’énergie. Ou qu’un journaliste de France 2 refuse de rendre compte du Tour de France parce que sa chaîne de télé est co-organisatrice (« il n’y a jamais eu autant de monde au bord des routes du Tour; le dopage n’est plus un problème; la moyenne du Tour n’a jamais été aussi élevée alors que les coureurs marchent désormais à l’eau claire », etc).

    Commentaire par didier specq — 08/04/2010 @ 09:29

  8. Chère Gwynplaine,

    Le rapport n’est pas si indirect que ça puisque, justement, les Infiltrés ont choisi le sujet de la pédophilie pour justifier l’appel à la police.

    Puisque l’affaire d’Outreau se déroulait sur les rivages de la mer du Nord, je constate simplement que d’autres sujets sur ce même littoral où des gens meurent (les migrants qui s’entretuent ou sont victimes de mafias très violentes, ou qui meurent sous des trains ou étouffés dans des camions) mobiliseront moins les journalistes qui se voient comme auxiliaires de police.

    Pourquoi? Pas seulement parce que ce sont des étrangers qui trinquent mais aussi parce que c’est un sujet moins consensuel (l’opinion se partage entre ceux qui sont contre toute immigration, ceux qui pensent qu’il faut réglementer les flux, ceux qui estiment que l’immigration doit être totalement libre, etc).

    Je veux pointer simplement un ennemi du journalisme digne de ce nom: le consensus, se croire du côté du bien, la bonne conscience arrogante…

    Commentaire par didier specq — 08/04/2010 @ 09:41

  9. Plusieurs choses:

    – d’abord merci d’en parler, j’attendais votre billet avec impatience depuis deux jours

    – ensuite, il me semble qu’il y a un point que vous ne soulevez pas: le journaliste aurait très bien pu passer un coup de fil à la police, ou appeler un copain flic, et dénoncer, puis ensuite se taire. Il aurait agi là en tant que citoyen, et non comme journaliste. Mais il l’a fait en sa qualité de journaliste, il s’en est vanté sur le plateau des infiltrés, CAPA l’a soutenu, a communiqué sur le « signalement ». Il y a là une démarche qui ne relève pas du cas de conscience, à mon sens, mais du militantisme. D’ailleurs le reportage n’avait pas grand intérêt, n’apprenait rien à quiconque connaît un peu internet, et le journaliste me faisait l’impression désagréable de se prendre pour un chevalier blanc.

    – se retrancher derrière la légalité est assez oiseux en l’espèce (je parle là pour la ligne de défense de CAPA telle que rapportée dans Rue89), la question est morale, pas juridique.

    – Je ne suis pas certain que se demander ce qu’on aurait fait à leur place aide vraiment à résoudre la question. Bon, ça aide à les comprendre, ces journalistes, et ça évite le jugement à l’emporte-pièces. Mais la question ne me semble pas être ce qu’on aurait fait, mais plutôt ce qu’on devrait faire, et là, j’avoue que je sèche. D’ailleurs je rend hommage à volonté de rendre compte de la complexité du problème, et vous avez 100 fois raison, c’est vraiment très complexe.

    – Il y a quand même une question de subjectivité par rapport à la pédophilie. On peut l’affirmer, on peut l’assumer, mais elle ne repose sur rien d’autre qu’une émotion. Et une émotion, typiquement, n’est d’aucune aide en matière de morale. Il me semble d’ailleurs que l’un de leurs contempteurs a évoqué la question des criminels de guerre, qui si elle peut être évacuée par l’absence de possibilité de récidive, reste intéressante.

    Enfin bon, très bon billet quand même, d’autant qu’on en entend assez peu parler, enfin relativement aux questions passionnantes que la question soulève.

    Aliocha : le journaliste peut être sujet en effet à des tentations de justicier et plus encore au sensationnalisme. Je vous accorde que la mise en scène de l’émission peut irriter. Quand je propose de se mettre à leur place, ce n’est pas pour donner dans l’émotionnel mais pour ressentir pleinement la difficulté. Ils décident d’infiltrer les milieux pédophiles. Très bien. Mais alors, avant même de commencer, se pose la question de savoir ce qu’ils feront des informations recueillies. Imaginons un instant qu’ils disent au public : on a vu ça, on a filmé, on vous le montre et on laisse courir, pour cause de secret professionnel. Le « canadien » a déjà dans la tête d’agresser des enfants, on s’en fout, pas notre problème. Nous on est là pour montrer, pas pour dénoncer ou simplement empêcher. Dur, non ? Ces cas de conscience ne sont pas courants mais ils existent. D’ailleurs ça me rappelle celui du photographe qui avait shooté une petite fille en train de mourir de faim à côté d’un vautour qui la guettait. Sauver l’enfant ou photographier ? On a reproché au photographe d’avoir profité de cette enfant et d’avoir décroché avec cette photo le Pulitzer. Il s’est suicidé. Voilà pourquoi je dis que le problème est complexe. http://fr.wikipedia.org/wiki/Kevin_Carter
    On peut voir dans l’affichage de la dénonciation une volonté de sensationnalisme, mais on peut aussi considérer simplement qu’ils ont informé le public de la question qui s’était posée à eux et de la réponse qu’ils y avaient apporté. Pour information, Hervé Chabalier, le patron de CAPA, a reçu le prix Albert Londres en 1979 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Chabalier

    Commentaire par Braillard — 08/04/2010 @ 10:00

  10. Ayant suivi avec passion les commentaires sur les articles à ce sujet sur Rue89, j’attendais le votre avec une certaine impatience (mais j’étais certain que vous nous feriez part de votre avis).

    Comme le dit Braillard dans le commentaire au-dessus, un premier point choquant est que le journaliste infiltré joue sur deux tableau: il dénonce ET il exploite les images. Personne n’aurait crié au scandale s’il avait fait de la communication sur le fait qu’il avait décidé de ne pas publier son reportage mais de le donner directement à la police. Encore mieux, il aurait pu faire un méta-reportage: un reportage sur le reportage qui n’a jamais abouti car livré à la police (même si dans ce cas, ça sortirait du contexte de l’émission. Mais ça aurait pu faire un livre sympa)

    Un deuxième point qui me choque, non évoqué encore dans vos commentaires, est la notion de limite. Du personnel de maison de retraite qui maltraite des petits vieux? « A non madame la ministre, on ne donnera pas de noms » (position que vous trouviez, soit dit en passant, objectable dans votre premier article sur cette serie, ici: https://laplumedaliocha.wordpress.com/2008/10/23/silence-les-tartuffes/).
    Des dealers de drogue? A non, on dénonce pas. Du travail au noir? non, on ne dénonce pas. Des pédophiles? Qu’ils crèvent, on dénonce. Mais pourquoi eux et pas les autres? Il y a là un traitement de défaveur qui font qu’ils ne sont plus dans leur rôle de journalistes, ils ont pris parti.

    Enfin, troisième point qui me choque, c’est qu’ils arrivent à relever autant de cas en si peu de temps. Beaucoup de gens sur Rue89 ont commenté en disant « mais que fait la police, si un journaliste est à ce point plus efficace? » Mais la réponse n’est-elle pas simplement que le journaliste, sous pretexte d' »infiltration », peut se permettre des choses que les policiers ne sont pas autorisés à faire dans le cadre de la loi? (usurpation d’identité pour se faire passer pour une fillette, par exemple) On a donc ici quelqu’un qui transgresse des règles, ce qu’on peut comprendre d’un journaliste « à la recherche de la vérité », mais pas d’un journaliste « à la recherche de la vérité et de la justice ».

    PS:
    En fait, le meilleur journaliste, le plus irréprochable de tous, c’est Clark Kent. Excellent sens de la déontologie, neutralité absolu dans les reportages. (superman? je l’ai croisé, mais je ne vois pas le rapport)

    Commentaire par Ryuu — 08/04/2010 @ 11:01

  11. Deux remarques :

    D’abord, je me demande quel a été l’impact de cette polémique sur l’audience. Avoir la une de Libé (et de quelques autres journaux je suppose), pour une émission de seconde partie de soirée, c’est inespéré. De là à se demander si la polémique est spontanée ou si elle a bénéficié d’un bon lancement, il n’y a qu’un pas. Qui a découvert/publié ce « signalement » à la police ? Combien de temps avant la diffusion ?

    Deuxièmement : cette affaire, qui fait suite à celles de M6 et de TF1, donne un signal très clair aux délinquants (ou à ceux considérés comme tels) : ne faites pas confiance aux journalistes. Quand ils auront fini, ils iront vous dénoncer (pardon « signaler ») à la police. D’un point de vue professionnel, c’est pas un peu con ? Partir au conflit avec les gens qu’on veut interroger, c’est une méthode pour le moins dangereuse. On l’a vu avec Jacques Tillier.

    Commentaire par Oliver — 08/04/2010 @ 11:06

  12. Je viens juste de voir cet article du parisien (via une brêve de Rue89): http://www.leparisien.fr/yvelines-78/pedophilie-un-elu-des-yvelines-piege-par-l-emission-les-inflitres-07-04-2010-877456.php

    «Ce type de faits, c’est-à-dire un simple dialogue sur Internet, se solde en général par un rappel à la loi. Mais à cause de la pression politico-médiatique imposée par l’émission de télévision France 2, le sexagénaire s’expliquera devant le tribunal», explique une source proche de l’affaire.

    Donc en gros, les journalistes, non seulement ont dénoncé, mais la médiatisation de l’affaire fait que le piégé a droit a un traitement spécial vis-à-vis de la justice.
    Moi qui suis pour l’égalité de la loi pour tous, je trouve cela honteux.

    Commentaire par Ryuu — 08/04/2010 @ 11:37

  13. Cela n’a rien à voir avec notre affaire mais ne manquez pas le très savoureux édito de Daniel Schneidermann ce matin sur ce qu’il appelle le « textogate », un petit moment de bonheur !
    http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#7750

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/04/2010 @ 12:54

  14. La question semble plus simple encore à mon sens : Peut-on rapporter un fait avec pragmatisme, impartialité et objectivité, à partir du moment où l’on s’implique dans le déroulement de ce fait ? Et, à propos de l’implication, quel sera celle du journaliste s’il commet une erreur ?

    D’un point de vue épistémologique, serez-vous plutôt du côté de Kant (« Ainsi, dans le temps, aucune connaissance ne précède l’expérience, et toutes commencent avec elle »,Critique de la Raison Pure), Feyerabend pour qui, en étudiant plutôt les sciences, tout peut être bon a priori, ou Bachelard pour qui la recherche de la vérité est « une longue histoire d’erreurs et d’errances surmontées » ?

    Il en va de la pédophilie comme du terrorisme, des sectes, etc.

    C’est autant un cas de conscience qu’un questionnement à avoir sur le concept de « regard journalistique ».

    Commentaire par Hélios — 08/04/2010 @ 13:03

  15. Plutôt qu’un reportage sensationaliste comme celui des infiltrés, j’aurais préféré (je suis père de 2 enfants qui passent de plus en plus de temps sur internet) qu’on me renseigne sur les moyens déployés par la police pour lutter contre cette cyber-criminalité pédophile, qu’on me renseigne sur l’ampleur du phénomène (combien d’affaires jugées?) parce que là un an d’enquête et d’infiltration pour piéger 22 personnes j’ai comme un doute sur le nombre réel de pédophiles qui écument le net, qu’on interroge les politiques sur ce qu’ils comptent faire pour responsabiliser les éditeurs de forums pour ado parce que cette partie du reportage là m’a vraiment sidéré!

    Bien sûr cela aurait fait couler moins d’encre mais cela aurait été certainement plus utile…

    PS : le gérant du McDo qui garde ses hamburgers sur l’étalage pendant 4 heures (au lieu des 10 minutes annoncées!) du reportage interdit sorti sur le net la semaine dernière a t il été dénoncé per les journalistes de M6? J’ai comme un doute… (forcément, Mc Do rapporte un peu plus à la régie publicitaire de M6 que les pédophiles!)

    Commentaire par Mussipont — 08/04/2010 @ 13:38

  16. J’ai du mal à comprendre cette « loi », ou dénoncer quelqu’un d’innocent de tout crime (à l’instant t), va être arrêté et jugé sur une intention qu’il a rapporté à quelqu’un d’autre. Nous sommes un peu à la limite. J’ai l’impression que l’on marche au bord de la falaise en pleine tempête Xynthia. En effet, nous ne sommes pas loin du film Minority Report sans précogs…

    Sinon, je suis globalement d’accord avec ce qui est dit sur les « sources ». Elle en a le nom lorsqu’elle est consciente de cet état. J’aimerai savoir comment va se passer le procès « contre attaque », sur l’atteinte à la vie privée que les journalistes ont bafouée. « Mais bon, ce n’est pas grave, ce sont des pédophiles (enfin… des futurs) »

    @Gwynplaine : Pour moi, le point Godwin est un point atteint quand la discussion (débat) n’avancera plus, car les exemples/arguments ne correspondent plus à rien de concret dans le sujet évoqué.
    Ainsi donc, un point Godwin ne peut être atteint dans ce cas précis selon moi.
    Ici, le sujet est : on est le gentil, et les pédophiles les méchants. Didier Specq prouve dans son argument que le « méchant » n’est pas sur en prenant un exemple précis ou ca c’est vérifié.

    Commentaire par testatio — 08/04/2010 @ 14:54

  17. Encore un petit point, mais qui ne me parait pas si mineur que ça.

    Un journaliste « classique » est un témoin de ce qui se passe. Il rapporte ce qu’il a vu (et choisi de rapporter), l’éclaire peut-être selon un angle précis.
    Un journaliste d’immersion se place dans une condition ou il pourra être témoin de choses qu’il ne pourrait peut-être pas voir sinon (comme par exemple se faire embaucher ailleurs pour voir l’envers du décor).
    Hors ici, on a l’impression que les infiltrés prennent une part un peu plus active dans la recherche d’info. Ils en sont à imaginer de fausses identités dans le but de rentrer en contact avec leur cible.
    Ici aussi, il faut savoir situer une limite. Jusqu’ou un journaliste peut-il être « actif » dans sa recherche de la vérité? Aurais-t-on accepté qu’ils ouvrent une fausse maison de retraite pour voir le comportement des employés? Ou qu’ils montent un faux traffic de drogue pour approcher de vrais dealers?

    Commentaire par Ryuu — 08/04/2010 @ 17:41

  18. Il me semblait que les seules dénonciations qui sont imposées légalement sont:
    * Celle des crimes, donc par exemple des viols et notamment des viols sur mineurs.
    * Celle des délits, mais uniquement pour les élus et les fonctionnaires et assimilés qui découvrent ces délits dans le cadre de leurs fonctions.

    Nulle part on ne trouve d’obligation pour un journaliste de dénoncer le délit de détention d’images pédopornographiques.

    @aliocha: Pour information, ce type d’émissions, répétées et non à l’échelle d’une seule soirée, existait jusqu’en 2008 aux USA sous le nom de « To catch a predator ». La méthode employée était qu’un ou une bénévole d’une association spécialisée (Perverted Justice) allait sur des « chats » en ligne en se faisant passer pour une (pré-)adolescence de 12, 13 ou 14 ans. Elle donnait rendez-vous à des hommes, qui venaient sur place, et, pensant découvrir une adolescente, tombaient sur l’équipe de télévision et/ou la police.

    On tombe alors dans la problématique de l' »entrapment ». L’adolescente fictive incitait les hommes à venir la voir pour commettre divers actes illicites. Il n’est pas évident que ces hommes l’auraient fait sans pareille provocation.

    C’est, toutes proportions gardées, comme si la police faisait courir l’information que telle ou telle maison est fermée avec la clef sous le paillasson dans le but de prendre un quelconque petit voyou en flagrant délit de cambriolage, alors que le dit voyou n’aurait jamais pensé de lui-même à rechercher des maisons cambriolables sans effraction.

    Commentaire par DM — 08/04/2010 @ 18:52

  19. Le vrai problème soulevé, de mon point de vue, est que le travail d’investigation fait par le journaliste pourrait être fait au quotidien par des policiers.
    Si un journaliste parvient en quelques semaines d’enquête à détecter, par des moyens similaires à des procédures d’investigation policières, on peut se poser des questions sur les moyens dérisoires (montrés dans l’émission) déployés pour rendre inoffensifs ces prédateurs.
    Le vrai scandale est là!

    Commentaire par MEERT — 08/04/2010 @ 19:44

  20. Chere Aliocha,

    je comprends votre hésitation – des salopards qui traquent des enfants via le net j’en ai mis quelques uns en détention : les méthodes utilisées par ces pédophiles méritées une enquête publique et je suis heureux que les adultes aient pu prendre connaissance des procédés utilisés par ces pervers – un parent averti en vaut deux –

    Sachez que ce phénomène n’est pas rare – il touche toute la France et tous les ados qui surfent sur le web –

    Après je me mets à la place des journalistes qui a la fin de leur enquête ont du se poser un sacré problème de conscience .
    Les états d’âme de certains de vos collègues m’agacent profondément car on ne fait pas d’enquêtes de ce genre sans faire face à des actes ignobles pratiqués par des adultes sur des ados (sodomie, fellation notamment) et je ne crois pas qu’il soit facile d’aller se coucher sans état d’âme après avoir découvert cela

    Aliocha : précisément, je rebondis sur votre commentaire pour souligner une chose qui m’interpelle : tout le monde semble oublier que les journalistes de l’émission se sont immergés 4 mois, sauf erreur de ma part, dans cet univers abject (désolée, il est bientôt minuit, j’envoie la langue de bois aux orties). Qu’ils ont ensuite trié pour ne montrer que ce qui était supportable. Et tout ce qu’on trouve à dire, c’est honte à eux, ils ont violé la déontologie. Regrettable. Et risible aussi, sans doute.

    Commentaire par marsan — 08/04/2010 @ 23:44

  21. @ MEERT

    ce travail la police et surtout la gendarmerie le fait – c’est un boulot ENORME à réaliser, notamment par la surveillance d’internet.

    le vrai scandale c’est le peu de moyen que met l’Etat pour traiter ce problème tant au niveau de la traque de ces délinquants et criminels qu’au niveau ensuite de la prise en charge thérapeutique de ces malades par la justice.

    Commentaire par marsan — 08/04/2010 @ 23:48

  22. Il ne me semble pas que le journaliste ait dénoncé une « source ». Il ne s’est pas présenté à ces personnes en qualité de journaliste. Dès lors, il s’agit en effet d’un cas de conscience et seule sa conscience devait le guider dans sa position. Celle-ci n’est pas discutable, elle lui appartient. Mon point de vue sur http://lescousinsdupacifique.wordpress.com/

    Commentaire par Le cousin Jé. — 08/04/2010 @ 23:52

  23. Mouais…boff…
    C’est le seul commentaire que devrait m’inspirer cette émission (mais comme je suis bavarde…). Qu’y apprend-on ? Que certains pédophiles draguent des gamins sur le Net ? Que les chats et les forums sont modérés par des bénévoles ? Que la pédophilie, c’est mal ? Ben, franchement, si ça c’est du « journalisme d’investigation », je préfère m’en passer. Aucune mise en perspective, aucune réflexion, aucune étude sociale, ni statistique. Rien. Ah si. Un conseil aux parents : ne laissez pas vos gamins faire n’importe quoi. C’est dangereux. La prochaine fois, Pujadas devrait envoyer ses enquêteurs en banlieue enquêter dans le milieu des amateurs de mobylettes. Peut-être cela inciterait-il les parents à veiller à ce que leurs enfants mettent leur casque.

    Commentaire par lambertine — 09/04/2010 @ 00:02

  24. Plusieurs intervenants sous-entendent que les journalistes de Capa, avec leurs petites mains, ont effectué une chouette travail d’enquêteurs que nos braves policiers ne feraient pas, ou peu, ou pas assez. C’est là que serait le scandale. Evidemment, c’est une blague.

    Je m’explique. Une partie non négligeable de l’activité d’un gros tribunal, comme celui de Lille que j’observe au quotidien en tant chroniqueur judiciaire, est justement consacrée à la lutte contre la pédophilie. Le moins qu’on puisse dire est que ça n’est pas négligé. Or, quand on en est au niveau de l’audience de jugement, ce sont bien des affaires bouclées, abouties, terminées par la police ou la gendarmerie.

    La plus grande partie de ces dossiers concerne évidemment des agressions sexuelles commises par des proches. Mais une part concerne la consultation, le chargement et l’échange de fichiers pédophiles sur internet. Je signale par ailleurs que les enquêteurs peuvent légalement « provoquer » à la pédophilie (« je suis une mignonne petite fille à bouclettes de 8 ans et j’aime les bonbons et la sexualité » explique en substance le gendarme planqué derrière son ordinateur). Des affaires de ce type sont régulièrement jugées à Lille qui n’est qu’un tribunal de grande instance.

    Si vous consultez le rôle de la Cour d’Assises de Douai (pour le Nord) et celui de la Cour d’Assises de Saint-Omer (pour le Pas-de-Calais), vous verrez qu’une bonne partie du « programme » est consacré également à la pédophilie.

    A moins que l’ensemble des autres tribunaux ne suive pas la même politique pénale qu’à Lille, ce qui m’étonnerait,l’enquête de Capa n’a donc strictement rien d’exceptionnelle. Je pense d’ailleurs, sans pouvoir le prouver, que c’est en matière de pédophilie que probablement la mobilisation de la police et de la gendarmerie est la plus forte et la plus immédiate. Une dénonciation un peu charpentée est à mon avis toujours prise en compte.

    Commentaire par didier specq — 09/04/2010 @ 00:55

  25. Pardonnez-moi, Aliocha, de ne pas m’extasier devant le travail de ces journalistes. Mais, très franchement, quand on veut dénoncer l’insupportable, on ne trie pas les images pour ne montrer que ce qui ne l’est pas. Parce qu’elle n’était pas insupportable, cette émission. Juste malsaine. Et dangereuse. Parce qu’elle laisse croire (voir la réaction de Didier Specq juste au dessus) que la police ne fait rien, ou est composée d’incapables, parce qu’elle donne de mauvaises idées aux pseudo- Sherlock Holmes de salon (http://forums.france2.fr/france2/Les-infiltres/plaindre-sujet_555_1.htm par exemple), parce qu’elle laisse totalement de côté les adolescents (comment se fait-il que des jeunes filles peuvent répondre aux avances de vieux messieurs qui ne cachent même pas vouloir coucher avec elles et se rendent à leurs rendez-vous ? Je ne crois pas qu’on puisse traîter sérieusement de la cybercriminalité – comme de toute criminalité – sans s’intéresser peu ou prou aux victimes), parce qu’elle montre encore une fois des « pédophiles prédateurs », alors que la pédophilie est en grande majorité affaire de proches.

    Aliocha : elle montre son sujet. Or son sujet n’est pas la pédophilie en général mais sa déclinaison sur Internet. Donc elle montre que n’importe quel gamin peut être approché sur des sites de chat non surveillés et que les effectifs de police sont nettement insuffisants. Par conséquent la question des proches ne se posait pas. Quant à trier les images, tous les journalistes le font sur les sujets graves, sinon, on les accuse d’être obscènes et de vouloir choquer le public.

    Commentaire par lambertine — 09/04/2010 @ 01:22

  26. La charte étant foulée aux pieds chaque jour qu’Albert Londres fait, pour des raisons très différentes dont certaines sont parfaitement fondées, j’ai du mal à comprendre que l’une de ses clauses soit autant sujette à interrogation.
    Je ne sais pas s’il faut la rénover et la rendre contraignante mais il me semble que toutes les règles qu’elle pose sont malmenées. Pourquoi la profession et l’opinion publique focalisent-elles sur le secret des sources ? Les autres dispositions me paraissent pourtant prometteuses de débats pour le moins divertissants.

    Commentaire par misssfw — 09/04/2010 @ 08:26

  27. @Aliocha: Le message 25 auquel vous répondez parle d’adolescentes, vous parlez de pédophilie. La pédophilie est définie cliniquement comme l’attraction sexuelle envers les enfants prépubères, souvent conjuguée au dégoût pour les caractères sexuels secondaires qui apparaissent à la puberté. Il me semble qu’il y a un glissement sémantique.

    Il y a quelques mois, j’ai encore vu un journal (ou était-ce un site d’un titre de presse ou d’une chaîne de TV) titrer sur de la « pédophilie » à l’égard… d’un homme d’environ 30 ans qui se faisait passer pour plus jeune que son âge pour attirer des adolescentes de 16 ans à l’hôtel. Quel que soit le jugement moral ou judiciaire que l’on puisse porter sur pareil comportement, il n’en reste pas moins qu’il ne s’agit pas de pédophilie.

    Les mots ont un sens.

    Commentaire par DM — 09/04/2010 @ 09:44

  28. La contradiction qui apparaît entre les commentaires de marsan, praticien du droit, en 21 et de didier specq, observateur de la justice au quotidien, en 24 montre bien que le reportage des infiltrés passe à coté de son vrai sujet : quels sont les moyens déployés par l’Etat pour lutter contre cette forme de délinquance? Sont ils suffisants? Sont ils adaptés? Au final nous n’en savons rien! Ce reportage nous apprend quelque chose que nous savions déjà : des pédophiles traquent sur internet, whaouh quelle révélation! Mais la vraie enquête n’a pas été menée.

    Si c’est ça le journalisme d’investigation pas étonnant qu’il soit en train de mourir.

    Commentaire par Mussipont — 09/04/2010 @ 10:01

  29. Même les flics n’ont pas le droit de faire de la provocation à un acte illégal….

    Bref, je crois qu’on est désormais dans le délire en ce qui concerne la pédophilie dans la société. Ce reportage -comme le « bon sens »- se focalise sur le méchant prédateur en ligne, tandis que la majorité des faits continue à être due à une agression d’un proche. Rien à voir avec le terrorisme où le moindre attentat touche désormais des centaines de personnes.

    J’arrête là je suis à la bourre…

    Commentaire par javi — 09/04/2010 @ 10:22

  30. je n’aime pas quand les rôles se télescopent.

    Soit les journalistes dénoncent au public parce que c’est leur métier, soit ils dénoncent aux autorités parce que ce sont des citoyens. Le mélange des deux n’est pas une bonne chose.

    Nous sommes pour l’instant dans un état d’esprit qui fait du crime pédophile le pire du pire mais franchement… Loin de moi l’idée de défendre quoi que ce soit, je m’interroge simplement. Si ça c’est dénonçable parce qu’horrible, qu’attendent les journalistes pour dénoncer toutes les horreurs aux autorités ? Le type que le journaliste film pété comme un coing prendre sa voiture à la sortie du bistrot ou de la boite de nuit…ce n’est pas une menace ? Pourquoi son crime à lui, qui peut tuer, ne serait pas dénonçable aussi ?

    Après ce genre de chose, deux questions m’interpellent:
    -pourquoi le curseur là et pas un peu plus loin, qu’est ce qui ‘objectivement’ rend ça moins défendable que le type qui rentre ivre mort tous les soirs, ou que celui qui joue avec une arme dans sa cave ?
    -ce curseur ne risque t’il pas de bouger dans un sens ou l’autre ? Suivant quelle loi ?

    Commentaire par Karam — 09/04/2010 @ 11:35

  31. Lorsque je vivais à New York, je suis tombé sur une émission qui m’a totalement estomaqué.
    Il faut savoir qu’aux États-Unis, les personnes condamnées pour abus sexuels sont fichées à vie, leurs lieux de résidence rendus publics pour permettre au papa étasunien modèle (qui a une arme à feu dans son bureau) de surveiller les personnes qui s’approchent de sa chère progéniture. Et par abus sexuels, on compte aussi la gamine de 18 ans et 2 mois qui fait une fellation à son copain de 17 ans et 8 mois.
    Bref, forte de ces coordonnées publiques, une équipe télé (que je ne qualifierai pas de journalistes) monte un coup. Une jeune femme rentre en contact avec un ex-pédophile qui semble se réinsérer tant bien que mal (facile quand tout le voisinage vous regarde d’un œil torve). Il est filmé à son insu.
    Rendez-vous, restaurant, la femme affirme être âgée de 20 ans, tout va bien… Il lui prend la main, la femme se laisse faire, l’encourage.
    Ils sortent du restaurant : l’équipe télé est là, la police aussi, la jeune femme avait en fait 17 ans…
    Arrestation orchestrée en direct et en prime-time, d’un ex-pédophile qui essayait de se réinsérer et qui s’est fait piégé comme n’importe qui aurait pu l’être.

    Cette histoire pour dire deux choses :
    Premièrement, en matière de débordements, on est encore très loin de ce qui peut se faire outre-Atlantique.
    Deuxièmement, pourvu qu’on n’en prenne pas le chemin !

    PS : l’histoire ne dit pas quelles sont les suites judiciaires de l’affaire…

    Commentaire par Xavier — 09/04/2010 @ 11:46

  32. Billet extrèmement intéressant de Jules sur cette affaire :

    http://dinersroom.eu/4663/de-lenquete-infiltree-journalisme-dinvestigation-ou-police-privee/

    qui tend à montrer que les journalistes infiltrés sont eux aussi passibles de poursuites pénales!

    Commentaire par Mussipont — 09/04/2010 @ 12:03

  33. @ Aliocha

    Oui, ils ont violé la déontologie journalistique, ce bien avant d’avoir signalé/dénoncé, en usant de manoeuvres déloyales. Je crois en outre que votre amour-propre journalistique et la charge émotionnelle – aisément compréhensible et parfaitement légitime – que suscite toute évocation de la pédophilie parasitent votre analyse.

    Remplacer « pédophile cherchant une relation sexuelle avec un mineur (par définition) » par « schtroumpfs cherchant un terrain dans l’arrière-pays niçois pour cultiver du cannabis » vous fera voir les choses autrement : avec plus d’objectivité et moins d’affect… Car, faut-il le rappeler, l’objet du débat n’est pas la dénonciation d’un crime mais la dénonciation effectuée par un journaliste en mission.

    Considérer la nature du crime en préparation et celle de l’individu le préparant comme un élément de débat est une aberration! La question est « un journaliste doit-il dénoncer des agissements criminels constatés pendant son reportage« . En aucun cas, les agissements criminels ne doivent être pris en compte ou alors il faut considérer que les personnes âgées maltraitées par le personnel d’une maison de retraite ne méritent pas de voir dénoncés les agissement qu’elles subissent. Sur quels critères?

    L’âge? Une personne en fin de vie a-t-elle moins de valeur qu’une adolescente qui a toute la vie devant elle?
    La vulnérabilité? Je doute qu’une personne âgée soit moins vulnérable qu’une adolescente, ne serait-ce que par elle n’a pas la capacité physique de piquer un sprint.

    Je tranchai le kiki à vos arguments ce soir. Ça va zatoichier :

    Zatoichi

    Enfin, reprenez votre stiletto que vous avez malencontreusement planté dans mon oreille droite, je vous prie. Il ne me gêne pas mais son absence à votre pied gauche vous fait une curieuse démarche.

    Bancale… 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 09/04/2010 @ 12:24

  34. Dans le très bon billet de Jules mis en lien par Mussipont, je retiens ce passage sur la notion de sources :

    « La notion de “source“ (…) n’est pas définie [par la loi]. Mais une interprétation large s’impose. L’information peut provenir de l’un des acteurs de l’infraction, auteur, complice ou témoin, conscient ou non qu’il communique avec un journaliste. Il s’agit de protéger non pas les personnes du journalistes ou de l’informateur, mais l’information elle-même. Et le journaliste est seul juge de la protection qu’il octroie. »

    J’aimerais connaître la définition de cette notion qu’ont les journalistes (ou ex) présents ici : Aliocha, Didier Specq, misssfw (alors ce pseudo, il veut dire quoi ? Un rapport au féminisme ? A la science-fiction ?), misty…

    Commentaire par Gwynplaine — 09/04/2010 @ 15:46

  35. D’autre part (et ce même s’il manque une première part à mon commentaire, qui commence de but en blanc – expression que je ne comprends pas (quel but ? pourquoi en blanc ? mystère… si qq’un peut m’éclairer), mais ça ne m’empêche pas de l’utiliser), pour continuer une entreprise entreprise sous le billet précédent (je fais les répétitions que je veux) consistant à ne rien apporter au débat, entreprise dans laquelle j’ai d’ailleurs déjà trouvé un investisseur en la personne de Tschok : je pars en croisade, grammaire en bandoulière, la lance au point et le panache au vent, contre un emploi fautif qui tend à se répandre de plus en plus sur le net et ailleurs et dont les plus éminents d’entre les commentateurs de céans se rendent eux-mêmes coupables :

    ON N’ECRIT PAS « ce curseur ne risque t’il pas de bouger » (coucou Karam, désolé, vous êtes ma non-innocente victime, mais d’autres avant vous auraient mérité mon juste courroux) ni même « ce curseur ne risque t-il pas de bouger » (emploie que j’ai vu sous le clavier de Fantômette – et oui, je dénonce) MAIS BIEN « ce curseur ne risque-t-il pas de bouger » !!!

    (Ouf, ça fait du bien.)

    Commentaire par Gwynplaine — 09/04/2010 @ 17:32

  36. @Gwynplaine

    Je vous remercie, un doute m’étreint (chastement tiens-je à préciser) dès que j’emploie cette « tournure ». Désormais je n’aurai plus d’excuse et propagerai cette correction assortie de la fort juste mais néanmoins péremptoire déclaration « C’est Gwynplaine qui l’a dit ». Déclaration qui me tiendra lieu de lettre patente, si toutefois vous conveniez de m’en envoyer une copie manuscrite.

    Quant à votre juste courroux, parodiant Desproges (dont les chroniques de la haine ordinaire sont un délice, il convient de le rappeler), je tiens à lui dire « coucou ».

    Dans l’espoir que les quelques caractères typographiques que mes doigts gourds ont tapotés fébrilement (je ne gagne jamais rien, alors pour une fois, même si ce n’est qu’un concours de circonstance, je profite) n’ont point ruiné la louable entreprise que vous menez, je vous prie d’agréer l’expression de mon smiley le plus amical : 🙂

    Commentaire par Karam — 09/04/2010 @ 18:21

  37. Aliocha
    juste pour vous signaler cet article qui est au coeur des préoccupations de ce blog:

    http://www.slate.fr/story/14099/aol-armstrong-tim-pdg-internet-tiger-woods?page=0,0

    Commentaire par fred — 09/04/2010 @ 20:43

  38. Entièrement d’accord avec Ferdydurke. A quel moment on s’arrête ? D’une part, rien n’obligeait, pour leur démonstration, les journalistes à remplacer les flics et à faire cette provocation pour illustrer leur sujet. D’autre part, comme disait Pierre Dac,quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites. Aujourd’hui, le sujet qui émeut, c’est la pédophilie. Demain, ça sera autre chose. Si chaque journaliste décide « en son âme et conscience » que ce à quoi il a assisté doit être balancé aux flic, on ne sait pas où ça va s’arrêter. C’est pour ça qu’un principe, par définition, est intangible.
    Et si vraiment il y a état de nécessité, que le journaliste qui met sa casquette de citoyen en avant laisse tomber celle de journaliste et renonce à son sujet. Au moins les choses seront claires et sans préjudice pour le métier que vous mettez en général du cœur à défendre, mamzelle Aliocha.

    Commentaire par Gilbert — 09/04/2010 @ 20:55

  39. Ce qui fait que les gens parlent aux journalistes, plutôt que des l’envoyer voir ailleurs, c’est qu’ils se disent que justement, un journaliste n’est pas un flic. Si les journalistes se la joue justicier, pourquoi leur parlerai t’on encore ? Ca insitera juste les gens qui ont des choses à se reprocher à être encore plus méfiant. Peut importe qu’ils étaient « infiltré » et n’avaient pas dit qu’ils étaient journalistes, les gens auront plus peur de parler à ceux qu’ils savent/devinent être journalistes.

    Et (n’ayant pas de télé, je n’ai pas vu le « reportage ») pour prévenir la police, est ce qu’ils avaient au moins quelque chose de sérieux à dénoncer ? Quelqu’un qui dit qu’il a une cible en vue, ok, mais c’est quoi l’idée de dénoncer s’il n’y a pas plus ? Je supose que la personne est déjà fichée comme délinquant sexuel, donc qu’est ce que la police peut faire de plus ?
    Surtout que ce n’est pas parce qu’on pense à faire quelque chose de pas bien qu’on va vraiment le faire.

    Au fait,
    http://www.cnrtl.fr/definition/academie8/reportage
    REPORTAGE, n. m.

    Action de recueillir des nouvelles pour en rendre compte dans un journal ou Résultat de cette action. Faire un reportage. Article de reportage. Il se dit aussi de l’Article lui-même où ces nouvelles sont exposées. J’ai lu de lui un excellent reportage.

    A partir du moment où ça part à la police plutot que directement dans un journal / émission / …, est ce toujours du reportage ?
    Où se trouve alors la différence avec la simple dénonciation ?

    Commentaire par dK — 09/04/2010 @ 21:17

  40. Montjoie! Saint-Denis!

    « (…) pourquoi leur parlerait-on encore ? ».

    (A bientôt pour de nouvelles aventures.)

    (J’en appelle à toutes les personnes de bonne volonté, à l’instar de Karam-le-repenti, pour endiguer la prolifération de cette aberration sur le net. Ralliez ma bannière compagnons !)

    Commentaire par Gwynplaine — 09/04/2010 @ 21:45

  41. Chère Gwynplaine,

    Pour moi, une source, c’est toute personne qui parle à un journaliste en dehors d’une conférence de presse. Et, à partir du moment où cette personne parle à un journaliste, elle est sacrée, ce qu’elle dit doit impérativement resté secret. Sauf, évidemment, si ça concerne directement le travail professionnel qu’on est en train d’effectuer. Et, évidemment, toutes les précautions doivent être prises pour ne pas « griller » cette source dans l’article et le reportage.

    D’autant qu’on sous-estime souvent (peut-être un désir inconscient de confession?)ce qu’une personne en confiance peut raconter quelquefois à un journaliste qu’elle ne connaît parfois que depuis dix minutes. On montre au journaliste des papiers personnels, on ouvre un dossier de divorce, on montre des photos de famille, on vous parle de la maladie de sa maman, on confie les troubles de son enfant, on dit ce qu’on pense de son avocat, etc.

    Très souvent, notamment dans les dossiers douloureux traités en faits divers ou en faits de justice, le journaliste est étonné de tout ce qu’on lui raconte. Il faut d’ailleurs souvent protéger la personne contre ce qu’elle dit. Souvent, les gens, en donnant l’autorisation explicite de publier tel ou tel détail, sous-estiment l’effet que cela pourrait avoir sur, par exemple, le procès, un divorce, les parents…

    Même des « pros » aguerris (des policiers par exemple) se laissent parfois aller à des confidences très dangereuses pour eux si, en face, le journaliste trahissait leur confiance. La protection des sources me semble donc essentielle. Surtout si on veut encore être journaliste quarante ans après avoir commencé…

    Commentaire par didier specq — 10/04/2010 @ 21:23

  42. Cher Didier Specq, pour moi la seule chose qui est sacré c’est la protection des mineurs –

    Je ne comprend pas pourquoi la loi permet à un certain nombre de personnel et notamment au personnel médical, et notamment aux médecins dont on sait qu’ils sont très attachés au secret médical, de pouvoir dénoncer des faits de violences sexuelles envers des mineurs et pourquoi seuls les journalistes devraient rester taisant. J’ai du mal à vous suivre.
    Vous confondez votre devoir de ne pas « griller » votre source dans votre article ou dans votre reportage mais rien ne vous dispense de dénoncer un crime ou un délit.

    L’argument de savoir si la parole recueillie est digne de foi ou l’argument de la sous estimation de ce qui est dit ne sont pas pertinents. Ce n’est pas parce que le procès Outreau a traumatisé la France et notamment la France journalistique et judiciaire qu’il faut se censurer face à de tels faits.

    Commentaire par marsan — 10/04/2010 @ 23:47

  43. @ marsan

    En même temps c’est quand même essentiel pour un quidam de savoir à qui il s’adresse quand il parle avec un journaliste. Est-il journaliste ou est-il policier ? ou est-il les deux à la fois ?

    De la même façon, quand il répond à des questions à un policier. Celui-ci est-il policier ou est-il journaliste ? ou est-il les deux à la fois ?

    Le reportage que, téléspectateur, je regarde est-ce une enquête journaliste ou une enquête policière ? Ou les deux à la fois ?

    Commentaire par Véronique — 11/04/2010 @ 08:56

  44. @ marsan

     » Ce n’est pas parce que le procès Outreau a traumatisé la France et notamment la France journalistique et judiciaire qu’il faut se censurer face à de tels faits. »

    Personne ne parle de se censurer de tels faits.

    Ce qui est en cause au delà de l’aspect protection des sources dont Didier Specq est de très loin plus compétent et plus crédible que moi pour le mentionner, c’est tout de même dans le reportage de France 2 une confusion invraisemblable des fonctions, des rôles et des missions qui différencient un policier d’un journaliste.

    Un produit journalistique dit d’infiltration est proposé au téléspectateur sans que celui-ci ne soit clairement informé dans la présentation et en introduction du film que ce qui lui est proposé est AUSSI, dès la conception du reportage, une enquête de nature policière:

     » en démarrant notre enquête, on savait qu’on allait être obligés de les signaler à la police  » (Hervé Chabalier à l’AFP)

    Commentaire par Véronique — 11/04/2010 @ 09:17

  45. @ Marsan :

    Cher Marsan, pour moi, la polémique autour de cette émission est intéressante sur la définition de la notion de source. C’est pourquoi je demandais leur définition aux journalistes qui commentent ici régulièrement, et ma question était de portée générale, et non pas uniquement liée au cas présent. C’est pourquoi je pense que Didier Specq m’a répondu sur cette question de portée générale, et qu’il ne met pas en balance la sacralisation de la source et celle de la protection des mineurs…

    @ Didier Specq :

    Cher Diedier, merci de votre réponse. Par contre, comme mon pseudo ne l’indique pas, je ne prends pas de « e » à cher 😉

    Commentaire par Gwynplaine — 11/04/2010 @ 10:16

  46. @ Aliocha

    Vous noyez le poisson avant de botter son cadavre en touche. Ça n’est pas bien du tout, du tout…

    1/ Aubenas n’a dénoncé personne et n’a pas non plus cherché à piéger qui que ce soit. Elle n’a pas influencé le cours des choses mais elle l’a observé. Elle ne fut pas actrice mais témoin.

    Première critique déontologique : un journaliste qui influence les évènements au lieu d’en témoigner fait-il encore du journalisme?

    Aliocha : Les infiltrés ont précisé en début de reportage qu’ils s’étaient gardés de toute provocation. Ils ont créé un profil et attendu qu’on les contacte, je n’appelle pas ça influencer les événements mais les observer. A ce compte-là, tout photographe de presse influence son sujet et tout journaliste témoin officiel pèse sur le cours des événements.

    2/ Vous mettez en lien le code déontologique des journalistes. Je le lis et vous renvoie une de ses règles : le journaliste «s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque»

    Vous me répondez : « Quant à la déontologie, ça bouge, c’est vivant, la déclaration de 1918 mérite sans doute d’être dépoussiérée. »

    C’était la séquence : Attendez, je la tords, je l’étire, je la malaxe… Voilà… Voyez, elle est souple ma déontologie.

    Je ne vous blâme pas, nous le faisons tous au quotidien :
    – qui n’a pas grillé un feu rouge ou un stop? Il n’y a personne, on est pressé, allez…
    – qui n’est pas allé boire un verre ou deux, a su s’arrêter là et a quand même utilisé son véhicule?
    – qui n’a pas volé une agrafeuse, une boîte de trombones, un rouleau de scotch sur son lieu de travail?

    Avec souvent les « meilleures » raisons du monde, comme par exemple un parent sorti en retard de son travail qui doit aller chercher son enfant et qui roule trop vite. Mais ce n’est pas la règle qui est souple, c’est nous qui en assouplissons l’usage que nous en faisons. La règle est stricte, qu’elle soit loi ou règlement.

    Aliocha : elle n’est pas souple, mais évolutive. J’en veux pour preuve que la déclaration de 1918 est précisément en chantier. Et j’ai déjà avancé l’idée ici qu’on ne pouvait plus utiliser aujourd’hui les mêmes méthodes qu’en 1918. La com’ a tout changé. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut revoir le sprincipes fondamentaux mais réfléchir sérieusement à faire évoluer nos méhodes et s’interroger sur les règles qui doivent les encadrer.

    J’ajoute que seule une autorité compétente peut faire preuve de souplesse quand à son application, ce moment de juger l’auteur de l’infraction ou du dommage : justice, police, hiérarchie, commission de discipline, conseil de l’ordre, et cetera.
    Cela n’assouplit pourtant pas la règle mais seulement et éventuellement les suites données à une infraction.

    Je ne pense pas qu’une ex-juriste dira le contraire.

    Enfin, le code de déontologie des journalistes ne se résume pas à un texte de 1918 : la Charte de Munich a été adoptée en 1971 par la fédération internationale des journalistes, l’organisation internationale des journalistes, et la majorité des syndicats de journalistes européens, dont les français.

    Pas si poussiéreux que cela.

    En conclusion, tant qu’une règle, même poussiéreuse, n’a pas changé, elle est inamovible. Même en papillonnant des yeux, ou en me grattant derrière l’oreille, vous ne me convaincrez pas du contraire. C’est tout dire!

    Argument rejeté…

    Aliocha : le problème, c’est que je ne connais pas de règles déontologiques qui puisse être en contradiction avec la loi. Au contraire, l’éthique professionnelle ajoute à la loi, elle intervient là où la loi s’arrête. Or, il se trouve que nous avons ici à mon avis une contradiction entre une régle déontologique et un texte de loi.

    2/ « le consentement du pédophile est vicié ? Mais son consentement à quoi ? Rencontrer une gamine de 12 ans en espérant une relation sexuelle et s’apercevoir qu’il s’agit d’un homme, majeur et journaliste ? »

    Eh ben oui, Aliocha. Le consentement du pédophile est vicié tout comme le vôtre le serait si vous contractiez avec un agent immobilier en espérant l’appartement de vos rêves et vous apercevoir que c’est un bonimenteur qui vous a vendu un appartement dont le plafond risque de devenir le plancher.

    L’ex-juriste que vous êtes et les Danettophiles me corrigeront au besoin, vu que je ne me base que sur les sommaires connaissances acquises auprès d’un avocat spécialisé en droit des contrats et droit international des affaires (qui n’existe pas selon lui puisqu’il n’est pas unifié). Un contrat (ou une convention) est formé par la rencontre des consentements de chaque partie, lequel consentement doit être libre et éclairé. Le consentement ne peut être libre et éclairé que s’il est précédé d’une information claire, précise, loyale et complète.

    Soulignons que le droit des contrats concernent l’ensemble des rapports entre individus et pas seulement les rapports juridiques entre professionnels et consommateurs qui relèvent du droit de la consommation.

    Ex : un chirurgien doit informer son patient sur l’intervention qu’il propose, son protocole, les risques et séquelles éventuels, le vendeur a une obligation précontractuelle d’information sur le bien ou le service qu’il propose au client. Toute personne qui veut coucher avec une autre doit l’informer si son état de santé présente des risques : pour décider si l’on accepte de coucher avec une personne séropositive, il est nécessaire de le savoir avant.

    Autre ex : Vos commentateurs discutent avec vous. Mais qui est Aliocha? Elle nous dit être journaliste mais elle pourrait être une strip-teaseuse dont le rêve serait d’être journaliste. Qui sait?

    Parlerions-nous avec Aliocha si elle était strip-teaseuse? La réponse est oui, bien sûr, vous pourriez donner le même nom à votre blog et la concentration en hormones mâles de votre lectorat n’en serait pas moins élevée, mais nous discuterions pole dance :

    plutôt que déontologie journalistique. 😉

    Si nous choisissons de lire vos billets et si nous consentons à discuter avec vous, c’est parce que nous croyons parler à une journaliste. Pas parce que vous êtes blonde, portez des stilettos roses, avez du sang gitan dans les veines, êtes fan d’Audiard, buvez aussi bien de la vodka que du Chasse-Spleen, et êtes si prompte à dégainer qu’on pourrait vous surnommer Aliocha Kalachnikov.

    Comme le pédophile croit parler à une adolescente de 12 ans (ce qui ne surprend pas) et ne consentirait peut-être pas à discute et rencontrer un journaliste.

    Ici, nous sommes dans le cas d’un dol : «le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les manœuvres pratiquées par l’une ou l’autre des parties sont telles, qu’il est évident que, sans ces manœuvres, l’autre partie n’aurait pas contracté. Il ne se présume pas, et il doit être prouvé.», art. 1116 du Code civil

    Nous avons l’élément matériel : le mensonge.
    Nous avons l’élément intentionnel : les journalistes mentent pour piéger le pédophile.
    Nous avons l’élément psychologique : le pédophile est trompé par le mensonge.

    Or, le dol est un vice du consentement.

    Argument rejeté…

    Aliocha : le problème, c’est que nous ne sommes pas dans le champ civil du contractuel mais dans celui, pénal, de l’infraction. Je ne vois pas quel contrat votre pédophile pourrait passer avec une ado, en revanche, j’aperçois bien l’intention délictueuse ainsi que la matérialité des faits dans le fait de se masturber devant la gamine par webcame interposée, ou bien encore la tentative d’exécution, voire le commencement d’exécution, dans celui de fixer un rendez-vous à la gosse et de s’y rendre après lui avoir expliqué qu’on allait lui « faire l’amour ». Il n’y a là pas plus de contrat et de dol qu’il n’y a d’admiration pour le législateur dans un billet d’Eolas

    En outre, en spéculant un peu, imaginons que le documentaire soit la seule preuve matérielle dont disposent les enquêteurs. Tout avocat la ferait rejeter : une preuve obtenue par des manoeuvres déloyales n’est pas recevable. Je crois même que le pédophile pourrait engager des poursuites sur la base de l’article Art. 226-15 du Code pénal :

    « Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions. »

    Commis de mauvaise foi : en se faisant passer pour ce que l’on n’est pas.
    Impossible pour le journaliste d’invoquer le droit à l’information, il n’a pas obtenu l’information en se présentant comme tel.

    Hautement contre-productif…

    3/ L’argument du journaliste-citoyen?

    Foutaises. Calcul hypocrite, plutôt.

    Le journaliste n’est pas citoyen quand il exerce. S’il veut l’être, il arrête son reportage, en informe sa hiérarchie (par écrit afin d’assurer ses arrières) et il appelle la police. Il aurait d’ailleurs été en termes d’image plus avantageux d’annoncer « devant les informations recueillies au cours du reportage, CAPA a décidé d’y mettre un terme et a communiqué ces informations aux autorités. » Nul doute que tout le monde aurait applaudi cette décision.

    Mais voilà : Kwaaaa? Stopper un reportage susceptible de faire péter l’audimat? Citoyen d’accord mais business is business

    Hervé Chabalier : « …on allait être obligés…« . Faux, en tant que journaliste, rien ni personne ni les obligeait. D’autant plus que la règle de protection des sources les autorisait à ne pas dénoncer (une source étant une personne source d’information). Ils ont choisi. Qu’ils assument!

    Journaliste-citoyen, dit-on ?

    Oh ben oui… mais pas au dessus de 12 ans. Et encore! Si la gamine risque de se faire violer! Pas en deçà de 150 morts. Et encore! 150 morts dans un attentat terroriste!

    Et encore, si le boss le demande et si le business n’en pâtit pas… Sinon, juste journaliste.

    Etrange conception des devoirs du citoyen que celle qui hiérarchise la « dénonçabilité », contrairement au Droit qui, s’il hiérarchise les délits et les crimes en fonction de leurs natures et de leurs conséquences, ne fait pas de distinction dans l’obligation de dénoncer.

    Après que nous ayons constaté le mutisme de cet esprit citoyen à l’époque de « Infiltrés dans les maisons de retraite », j’attends de voir ce qu’il en adviendra quand CAPA tournera « Infiltrés chez les braqueurs » ou « Infiltrés dans les réseaux de prostitution ».

    Mais j’oubliais… Les putes ne valent pas grand chose. Sûrement moins que les vieux. Déjà qu’elles ne méritent pas l’attention de Mélenchon…

    Vous pourriez enfin me renvoyer la balle d’un « Et vous, alors? » et vous recevriez pour toute réponse « Je ne m’honore pas de qualité que je n’ai pas, moi. » Qui est le plus intègre? Un businessman qui ne prétend pas faire autre chose que du business ou des journalistes qui nous jouent la vieille rengaine de la sainteté, immaculée, honorable, les mains sur le coeur ?

    Si je suis convaincu que les membres de l’équipe de CAPA se sont sincèrement posé la question de ce qu’il convenait de faire, je ne crois pas une seule seconde à la sincérité de l’argument « citoyen ». Cette dénonciation/signalement ne visait qu’à assurer les arrières de CAPA et à s’éviter d’être vilipendé pour avoir filmé sans dénoncer (un procès qui aurait d’ailleurs été inadmissible). Comme le dit très bien Didier Specq, le choix de CAPA c’est « le consensus, se croire du côté du bien, la bonne conscience arrogante… »

    J’irai même plus loin. C’est le refus de résoudre ce cas de conscience en jouant sur les deux tableaux alors que seules deux issues étaient viables :

    – enquêter et ne pas dénoncer.
    – dénoncer et sacrifier l’enquête.

    Vous avez, je crois, une grande admiration pour les photographes de guerre. Moi aussi. Un photographe de guerre qui choisit d’aider un personne blessée sous ses yeux ne photographie pas en même temps. Avant, oui. Après, oui mais pas pendant qu’il porte secours.

    Il faut parfois choisir sa place. Sans compromis ni compromission.

    Bon dimanche quand même. 😉

    Aliocha : je subodore que leur avocat a mis en balance ce que j’explique dans le billet, à savoir une régle déontologique vieille d’un siècle et sans doute sans jurisprudence susceptible de l’éclairer contre un texte de loi très clair obligeant à dénoncer pour éviter la commission d’une infraction. Encore une fois, le journaliste a le droit de protéger ses sources, en revanche, il n’est pas tenu – à mon sens- à un secret professionnel si puissant que celui-ci puisse s’opposer à une disposition législative.

    Commentaire par Ferdydurke — 11/04/2010 @ 15:28

  47. Pour répondre à Véronique (43)

    Des journalistes professionnels, et pas des moindres, se posent la même question qu’elle et ont publié une tribune à propos de la confusion des rôles entre journalistes et flics :`
    http://www.acrimed.org/article3348.html

    Commentaire par Gilbert — 11/04/2010 @ 17:40

  48. Bonjour @ tous,
    je vous laisse un blog sympa sur les droits de l’enfant.
    http://jprosen.blog.lemonde.fr/
    au revoir
    Zulm.

    Commentaire par Zulmira — 11/04/2010 @ 19:47

  49. Je ne suis pas à même de débattre des arguments des uns et des autres, juste faire part d’un commentaire qui accompagnait une bien vieille émission, la caméra cachée.
    Le principe était de filmer les gens ordinaires en face d’une situation un peu exceptionnelle créée par l’émission.
    Dans le sketch, un billet de 100 francs (ou même moins) traînait bêtement sur le trottoir et le passant le récupérait (ou pas). Bien sûr, une équipe l’attendait juste en aval.
    Et au-delà du sketch, il était expliqué qu’il était illégal de provoquer, de pousser quelqu’un à la faute.
    N’est pas le principal dérapage de cette émission?
    Et au nom des bons sentiments(lesquels à propos), devons nous pousser nos voisins, nos collègues de travail, nos …. à la faute pour les dénoncer?

    Commentaire par Gérard Fiderspil — 11/04/2010 @ 21:00

  50. Cher Marsan,

    La sacralisation des mineurs, dit comme ça, tout le monde est pour. Mais, concrètement, c’est un peu plus complexe. Il existe une grosse différence entre un présumé pédophile qu’on appâte sur Internet et un pédophile effectivement en action. Pour le présumé pédophile, je pense qu’il faut laisser aux professionnels le passage ou non à l’action.
    Encore une fois, le repérage sur Internet, les gendarmes et les policiers le font sans arrêt et les dossiers qui arrivent au tribunal sur cette base-là sont nombreux. Je ne vois pas ce que les journalistes, avec leurs gros sabots, y ajouteraient.

    Quant au passage à l’acte, le crime en lui-même, j’aimerais savoir si une seule fois un journaliste a été face au problème au moment précis où ça se pose. Finalement, on se retrouve un peu dans la situation du café du commerce: si je voyais ça, ça serait terrible… Le problème, c’est qu’on ne voit jamais.

    Evidemment, la pédophilie est devenue le crime absolu dans notre société. Je ne vais pas dire qu’assassiner une personne (à n’importe quel âge) me semble très important aussi.

    Mais, simplement en restant sur la question des enfants, je livre à votre réflexion ceci: au moment où tout le monde parle du droit des enfants, n’êtes-vous pas étonné qu’on parle souvent plus du droit des adultes (familles perpétuellement éclatées et recomposées; violences conjugales; droit à l’adoption pour tous sans quelquefois se préoccuper du droit des enfants eux-mêmes, etc) alors qu’aucune statistique, par exemple, n’est médiatisée sur les violences sur les enfants commises le plus souvent par leur entourage…

    On ne parle pas beaucoup des foyers et de leur fonctionnement concret, de la maltraitance quotidienne, des enfants en bas âge livrés à eux-mêmes… C’est curieux, non? Et le nombre d’enfants tués chaque année, où est-il? On fait des études de victimisation à propos des violences y compris psychologiques subies par les femmes. Et les enfants, pourquoi pas les mêmes études? La violence psychologique a été ajoutée récemment (et à l’unanimité par les députés) aux lois protégeant les femmes. Et, sur les enfants, c’est pour quand?

    Commentaire par didier specq — 12/04/2010 @ 08:07

  51. @ Ferdydurke :

    « Parlerions-nous avec Aliocha si elle était strip-teaseuse ? La réponse est oui, bien sûr, vous pourriez donner le même nom à votre blog (…) » La question qui me vient alors est : qu’en serait-il de la plume ?

    Commentaire par Gwynplaine — 12/04/2010 @ 11:45

  52. @ Gwynplaine

    Je suis outré. Je me fends d’un commentaire réfléchi, construit, argumenté, en limitant au maximum mes habituelles pitreries. Vous me faites l’honneur de le lire (ce dont je vous remercie) et tout ce que vous en retenez, c’est l’exemple totalement saugrenu d’Aliocha strip-teaseuse!!!!

    Groumpf.

    Soit. Je me cantonnerai dorénavant à mon rôle de pitre. Na!

    Ceci étant, vous me semblez être un grand garçon que je suppose être connaisseur des choses de la vie. Je ne doute pas que vous saurez dire par vous-même l’usage qu’il peut être fait de la plume.

    Allez, lancez-vous… Soyez assertif! Dites-nous ce que vous avez en tête au lieu de bassement tenter de me le faire dire à votre place.

    De quoi avez-vous peur? D’avoir un stiletto dans l’oreille? 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 12/04/2010 @ 12:10

  53. Bonjour Aliocha,
    j’ai relevé que votre blog a été cité, par l’un des intervenants, au cours de l’émission de France Culture du grain à moudre de jeudi dernier. On peut l’écouter en podcast
    http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/
    Bonne journée,
    Julien

    Aliocha : c’est sympa de me le signaler, je l’ignorais. Et je remercie Philippe Cohen, rédacteur en chef de Marianne 2, d’avoir eu la gentillesse de me citer.

    Commentaire par julien — 12/04/2010 @ 12:13

  54. J’aurai également une question.
    Je crois que la sensibilisation envers les pédophiles a été énorme ces dernières années : sortie des écoles, internet, sport etc…
    Je n’arrive pas à comprendre comment on peut exiger de son enfant qu’il ne rentre pas seul le soir à la sortie des cours, et que ce même enfant est assez impétueux pour aller à un RDV pris sur le net avec un inconnu. Quand bien même il fait ca, en arrivant, il se rend quand même compte qu’il a un adulte en face de lui.

    J’ai donc l’impression qu’il y a une anomalie. Soit la prévention n’est pas efficace, soit il y a un souci du coté de l’enfant ‘victime’.
    Nous avons beaucoup moins de reportage sur ce point de vue… et ca me semble intéressant de comprendre aussi pourquoi les victimes n’ont pas mise leurs défenses en alerte alors que tout devrait éveiller leurs soupçons.

    Commentaire par testatio — 12/04/2010 @ 12:14

  55. @ Ferdydurke :

    A vrai dire je n’avais pas grand’ chose d’autre à dire sur votre com’, avec l’essentiel duquel je suis d’accord. Sauf peut-être sur le chapitre du vice de consentement, parce que je me dis qu’une fois la rencontre effectuée, le « prédateur-chassé » doit bien s’apercevoir qu’il ne s’agit pas de la rencontre espérée, et consent sur les nouvelles bases qu’on lui propose. Mais n’ayant pas vu l’émission, j’hésite à en parler, à me prononcer. Je ne sais pas par exemple quelle qualité invoque le journaliste une fois établi qu’il n’est pas une fillette ?
    Sur le chapitre de la citoyenneté, le billet de Jules (signalé par Mussipont) répond en termes de droit, et vos conclusions sont à peu près similaires : citoyen quand ça arrange, mais la base de l’enquête est déjà située hors-droit (ce dont un citoyen ne saurait de prévaloir).

    Quant au problème de la plume, ce que j’ai n’est pas précisément situé « en tête »…

    Commentaire par Gwynplaine — 12/04/2010 @ 12:23

  56. @testatio: Lisez les publications scientifiques sur le sujet (p.ex. celles de David Finkelhor http://www.unh.edu/frl/finkelhor/), vous y découvrirez que la très grande majorité des délits sexuels commis sur des mineurs à l’aide d’Internet sont ce que les américains appellent « statutory rape », c’est-à-dire des rapports sexuels consentis par un mineur qui n’a pas l’âge légal d’y consentir (lequel est 18 ans dans certains états), et que les coupables n’ont pas menti sur leur âge.

    D’après ces études, il s’agit le plus souvent d’adolescent(e)s mal dans leur peau (pléonasme?) et qui cumulent des comportements à risque.

    Commentaire par DM — 12/04/2010 @ 12:48

  57. Testatio,

    Vous mettez le doigt sur un point essentiel, à mon avis. On parle énormément de la « pédophilie » sur internet, mais jamais de ce qui pousse les gamin(e)s à avoir les comportements à risque qui la rendent possible. Parce que ce n’est pas anodin, si une « Jessica » réelle passe une bonne partie de son temps à discuter de sexe sur le Net, et accepte des rendez-vous troubles avec des inconnus dans le but avoué d’avoir avec eux des relations sexuelles. Il y a là un réel problème. Et j’ajouterai que les chevaliers blancs, et même les policiers chargés de la répression de la cybercriminalité ne sauveront pas ces « Jessica ». car c’est leur comportement qui les met en danger, et qu’un « Julien » arrêté sera facilement remplacé par un « François ».

    Monsieur Specq,

    Je suis globalement d’accord avec vous, mis à part que la sacralisation des « mineurs » me met profondément mal à l’aise. Sans doute parce qu’elle est, quelque part, une « chosification » des mineurs. Le mineur (qu’il ait un an ou dix-sept ans trois-quart) est considéré comme n’ayant aucune part dans ce qui lui arrive, quoi qu’il ait fait. Il est considéré comme une « victime absolue » quoi qu’il ait désiré. Paradoxalement, il est souvent aussi « abandonné » face à sa détresse et à ses traumatismes. On parle beaucoup de la condamnation des pédophiles, pas de l’aide à l’enfance violée, simplement cataloguée par les mêmes personnes qui hurlent à la mort contre les prédateurs, comme « traumatisée à vie ».
    Quant à la violence physique et psychologique à l’égard des enfants, elle est tout bonnement considérée comme « normale », comme faisant partie de l’expérience indispensable de la vie, voire de l’éducation. Il faut qu’elle en arrive à avoir des conséquences dramatiques pour qu’elle soit prise en compte. Qu’elle soit, d’ailleurs, le fait des parents, des « personnes ayant autorité », ou d’autres « mineurs ».

    Commentaire par lambertine — 12/04/2010 @ 13:41

  58. @lambertine: Dans les articles que j’ai cités plus haut, on trouve notamment l’information assez troublante que les hommes qui se font prendre par des policiers (ou des journalistes ou bénévoles) qui se font passer pour des (pré)adolescentes aventureuses sur des « chats » n’ont pas le même profil (CSP etc.) que les coupables de crimes et délits sur des vrais mineurs.

    On peut donc se demander s’ils seraient passés à l’acte sans la provocation en question. L’analogie serait que la police se poste à la sortie d’une boîte branchée et propose de la cocaïne à des fêtards, dans le but de les coffrer s’ils acceptent l’achat.

    On peut aussi se dire que ces gens sont de toute façon dangereux et qu’ils auraient très bien pu tomber sur une vraie adolescente mal dans sa peau et un peu inconsciente, et autant donc les coffrer d’avance.

    Commentaire par DM — 12/04/2010 @ 14:00

  59. @ Gwynplaine

    La rencontre est le « contrat ». S’il ne s’en aperçoit qu’une fois la rencontre faite, il a été trompé. Il a consenti à quelque chose qui ne correspond pas à ce qui était annoncé.

    Vous achetez (=signature du contrat) un produit sur la base d’un devis détaillé (=information précontractuelle). Au moment de la livraison (=exécution du contrat), vous découvrez que le produit n’est pas doté des fonctions qui ont déterminé votre achat. Vous vous direz que vous avez été trompé, qu’il s’agisse d’une erreur ou d’une manoeuvre frauduleuse.

    D’ailleurs s’il est précisé sur les sites de vente en ligne, dans les catalogues papiers et autres dépliants promotionnels, que les informations présentes sont « non contractuelles », c’est pour éviter qu’une bête erreur dans une fiche produit entraîne ce genre de situation, ces documents n’ayant pas de valeur commerciale comme un proforma, un devis, un bon de commande, un document de transport ou une facture.

    Par contre, si des divergences apparaissent dans un document commercial, je vous laisse imaginer les déboires que peuvent entraîner, sans même envisager la manoeuvre frauduleuse, une simple erreur : pénalités, annulation, compensation, immobilisation de marchandises en douanes, obligation d’exécuter, et cetera…

    Après, je ne suis pas un spécialiste en la matière. Je me contente d’y toucher pour des raisons professionnelles (du bonheur de passer à la loupe le moindre document commercial…) . C’est donc « sous toutes réserves » comme disent les juristes.

    Concernant la plume, je vous laisse voir cela avec Aliocha. Paix à votre âme. 😉

    Aliocha : une bonne fois pour toutes, cher Ferdy, il n’y a pas ici de contrat mais une proposition de rencontre à finalité sexuelle entre un adulte et une mineure. Indéniablement il y a vice, mais certainement pas du consentement. Et à supposer même qu’il y eût contrat, son objet serait illicite.

    @ Testatio

    Vous soulevez (avec DM) la question de l’éducation de l’adolescent et de la prévention. Elle se pose en effet. Il reste que dans ce genre de situation et sans nécessairement penser à la pédophilie, ces adolescents ont affaire à des adultes et sont entourés par des adultes, dont on est en droit d’attendre qu’ils soient plus responsabilisés que lesdits adolescents, y compris sur les comportements à risques d’un adolescent mal dans sa peau (ou pas). C’est un peu leur job, non?

    Commentaire par Ferdydurke — 12/04/2010 @ 14:10

  60. @Ferdydurke: M’est avis qu’un(e) adolescent(e) qui va parler de sexe sur Internet avec des inconnus n’a pas forcément une excellente relation avec ses parents, surtout pour parler de sujets aussi sensibles. 🙂

    Commentaire par DM — 12/04/2010 @ 14:26

  61. Ferdydurke,

    Bien sûr, les adultes sont censés être plus responsables que les adolescents. Mais cette responsabilité passe aussi par la responsabilisation (pas seulement la « mise en garde ») de l’adolescent face à ses comportements à risque (qui dépassent de loin le chat-sexe sur le Net), et par le suivi du gamin qui va mal. Ceci ne voulant pas dire du tout qu’il ne doit pas aussi y avoir recherche des pédophiles, bien évidemment.

    Commentaire par lambertine — 12/04/2010 @ 14:31

  62. @Ferdydurke : en fait, pour moi, un adolescent recherchant une relation sexuelle sur Internet avec un inconnu n’a pas un comportement normal. Il m’est donc avis qu’il cherche quelque chose d’autre. Le problème de base est donc qu’il n’a pas de discution avec sa famille ou son entourage sur le sujet qui le gène, il cherche donc « quelqu’un » sur Internet car l’impersonnalité lui permet de s’exprimer sans s’estimer juger par la personne en face. C’est dnc une discution qu’il ne peut avoir dans son environnement car il a peur d’être juger sur les questions qu’il pose.
    Mais bon, il semblerait que les ‘jeunes’ ayant ce comportement soit plus proche des 17 ans que des 12 ans. J’avais du mal à imaginer des parents laissant son enfants de 10/12 ans partir seul à un RDV avec un inconnu du net.
    J’ai cru comprendre que les journalistes se faisait passer pour des enfants de 13-14 ans, c’est ce qui m’a fait pousser cette réflexion.

    On peut pousser la question sur la responsabilité, ca serait intéressant. Les parents semblent être en première ligne, mais difficile de dire à des parents dont un enfant est victime que c’est leur faute… Le travail de prévention est essentiel, ca evite beaucoup d’être au mauvais endroit au mauvais moment et de savoir comment réagir le cas échéant. La responsabilité du potentiel pédophile est pour moi plus obscur tant qu’il n’est pas passé à l’acte : il faut un concourt de circonstance pour qu’il soit mis en position d’agir.

    Commentaire par testatio — 12/04/2010 @ 17:15

  63. @didier specq:

    En effet, on devrait se poser la question du fonctionnement concret des foyers. On parle beaucoup des pédophiles sur Internet… oubliant que les 4/5 (suivant les études, disons entre 70 et 90%; cf la bibliographie de Finkelhor) des agresseurs connaissent la victime (famille, entourage, etc.).

    Mon commentaire ne porte pas sur cette émission en particulier, mais sur la conjonction de déclarations de responsables politiques, de projets de loi, de reportages qui laissent supposer que l’on croise des pédophiles et de la pédopornographie partout sur le Net. Peut-être que suite à Outreau, on se méfie des rumeurs de « réseaux de pédophiles » entre voisins d’une cité et « notables » locaux, et on s’est reporté sur l’effrayant Internet?

    Commentaire par DM — 12/04/2010 @ 20:53

  64. Difficile de dire aux parents que c’est leur faute ? Oui, c’est vrai. Il n’empêche que, malheureusement, c’est pourtant bien souvent leur faute. Pas « que » leur faute, mais leur faute quand même. Et a plupart d’entre eux le savent. La culpabilité que ressentent les parents qui n’ont « rien vu », qui jusqu’au moment du drame, ne se sont rendu compte – on n’ont voulu se rendre compte – de rien, est énorme, et profondément douloureuse. Pas seulement quand il s’agit de « comportements à risques » sexuels, mais de comportements à risques tout court. Conduite dangereuse (y compris sans casque sur des mobylettes volées), alcoolisme, toxicomanie, « jeux » dangereux, délinquance etc… L’aveuglement de certains parents n’a d’égal que leur culpabilité. Seul leur déni (« mon fils, ma fille, n’aurait jamais fait ça ») est parfois plus fort encore.

    Ceci n’exonère évidemment pas les abuseurs (je préfère ce mot à « pédophiles » car leurs victimes si elles sont bien mineures sont rarement des « enfants » au sens strict). je cherche simplement à dire que ces situations ont plusieurs causes et que celles-ci ne sont pas à rechercher que chez le coupable. Et que si on n’aide pas les victimes potentielles, si elles ne trouvent pas auprès de leurs parents attention et écoute, l’arrestation de quelques prédateurs pas très malins par des Tintin à la caméra cachée n’aidera pas grand monde.

    Commentaire par lambertine — 12/04/2010 @ 23:45

  65. @ DM en 53

    Puisqu’on parle des foyers, je me permets un commentaire qui n’est pas dans le sens du vent. Grosso modo, quand un jeune en perdition dans son entourage naturel est en perdition, on a deux solutions. Soit une famille d’accueil, soit un foyer avec plein de fonctionnaires plus ou moins attentifs. Une famille d’accueil, ça coûte moins cher et, me dit-on souvent, elle est plus efficace et plus aimante. Pas toujours certes.

    Mais les juges pour enfants, au bout d’un certain nombre d’années de pratique, ont souvent tendance à estimer que le système des familles d’accueil, au final, a sauvé plus d’enfants. Or, cherchez bien, vous ne verrez jamais les conseils généraux, même en ces temps de sous-emploi, faire de la pub pour recruter des familles d’accueil. Alors que les foyers, gérés ou subventionnés pour l’essentiel par les conseils généraux, grossissent sans cesse. Avec des milliers de fonctionnaires territoriaux qui votent dans le bon sens?

    Commentaire par didier specq — 13/04/2010 @ 06:25

  66. @didier specq: Sans aller jusqu’aux question de « qui votent dans le bon sens », il y a il me semble un problème plus général : les élus préfèrent parfois mettre leur nom sur quelque chose de tangible et matériel (construction d’un bâtiment) que sur une action de fond mais moins visible. C’est plus facile de communiquer sur une inauguration de bâtiment que sur une action de sensibilisation au long cours.

    Commentaire par DM — 13/04/2010 @ 07:57

  67. Et que pensez-vous de ceci ? Où là, il y a clairement une incitation à la haine raciale ?

    http://www.riposte-catholique.fr/?p=6146

    Commentaire par Polydamas — 13/04/2010 @ 12:15

  68. Gwynplaine > J’ai bien noté votre question mais je n’espère pas y répondre car je ne suis tout simplement pas qualifiée en la matière.
    Je ne suis plus journaliste depuis quelques mois et ne le redeviendrai peut-être pas, le hasard et le dieu du recrutement en décideront.
    Dans ma carrière passée, donc, la question de la protection des sources ne s’est jamais posée car, honte sur moi, j’ai passé la plus grande partie de ces dernières années dans le journalisme institutionnel et syndical. Je ne suis donc pas considérée comme une « vraie » journaliste par la plupart de mes confrères. Cette spécialisation m’a confrontée à d’autres problématiques, comme celle de ne pas travestir la pensée de ceux que j’interviewais tout en modifiant la forme pour la rendre plus accessible (ou tout simplement correcte). Mais la protection des sources, non. J’aurais d’ailleurs la plus grande peine, car je suis un peu psychorigide, à travailler sans identifier précisément (prénom, nom, qualité) la personne que je cite.
    Pour l’instant, j’ai la plus grande peine à travailler tout court, ce qui me laisse pas mal de temps mais assez peu de légitimité pour m’ériger en juge de ceux qui travaillent.

    Commentaire par misssfw — 13/04/2010 @ 12:48

  69. J’aimerai rebondir sur ce que dit misssfw

    ‘La question des sources anonymes qui annonce des vérités cachées que le journaliste peut enfin révéler au grand public’. (Création de Buzz, rumeurs etc…)
    Comment lancer une rumeur sans que les
    personnes incriminer puisse répondre et se défendre en bon et du forme. Le journalisme d’infiltration et les protections des sources se doivent donc d’être bien encadrer afin d’éviter tout débordement de ce type.

    Une source doit donc être un prélude à une enquête journalistique, en non pas sa pierre angulaire. Non ?

    Commentaire par testatio — 13/04/2010 @ 13:54

  70. Bonjour Aliocha,

    A lire à la fois votre post et vos différentes réponses aux coms, vous donnez l’impression d’assimiler l’immersion (Aubenas) et l’infiltration (les Infiltrés).

    Les deux techniques me semblent différentes: la première est de nature sociologique, la seconde est – disons le – une technique de police.

    En immersion, le journaliste se dépouille volontairement de son titre (de journaliste affiché) et de toutes ses qualités (qui le distinguent en tant qu’être humain des autres être humains) pour devenir un « monsieur tout le monde », un anonyme et explorer ainsi les zones d’ombre de la société pur ensuite en faire le récit, comme on fait le récit d’un voyage.

    Le titre du livre de Florence Aubenas invite d’ailleurs au voyage (Le Quai de Ouistreham). L’immersion est une réflexion, une initiation et un partage.

    En infiltration, le journaliste revêt une autre identité que la sienne dans le but d’attirer sa « cible » dans un piège afin de dénoncer tel type de comportements sociaux (pédophiles, vendeurs de sommeil, travail dissimulé, etc) considérés comme négatifs. Dès le départ, il y a une idée de piège, de désignation d’un « méchant » et de punition publique: on désigne, on stigmatise et on fustige.

    La dénonciation à la police des infractions provoquées, constatées ou simplement suspectées par le journaliste en infiltration fait inévitablement partie de la logique de l’opération. Il faut être lucide là dessus.

    En arriver au stade où on se demande si ce truc est encore du journalisme, et en conclure que ça l’est effectivement encore, montre que nous nous sommes accoutumés à des dérives qui sont pourtant patentes.

    A mes yeux, il est clair, éblouissant même, que l’immersion c’est du journalisme alors que l’infiltration, c’est autre chose. Je ne sais pas ce que c’est (de la police privée, du travail d’indic bénévole, de la com’?) mais ce n’est plus du journalisme.

    J’avance une hypothèse que je vous soumets: l’infiltré est une forme moderne du sycophante, comme dans la Grèce antique.

    Pour moi, il n’y a aucun débat là dessus.

    Ce sur quoi il y a débat porte sur la question de savoir si l’infiltration pourrait devenir ou non une sorte de nouveau métier de l’information, à côté par exemple de la com’, et si cette nouvelle fonction sociale est acceptable ou non, et surtout si elle est compatible avec l’exercice normal du journalisme classique.

    On est surveillé par qui, de nos jours? La police et la justice, les entreprises privées et nos voisins. Faut il rajouter à cette liste un nouveau type de surveillants?

    Avec cette question classique: qui surveille les surveillants? Si un infiltré est en même temps un journaliste, de quel régime juridique dépend t’il? Peut il s’abriter derrière sa carte pour nous dire, après nous avoir piégé, « ah mais non, moi je suis un journaliste, j’ai une déontologie »?

    Il y a manifestement, à mon sens, un problème d’incompatibilité professionnelle et je pense qu’en assimilant les infiltrés aux journalistes qui veulent casser les codes de la profession pour mieux faire leur métier vous vous trompez lourdement: gardez votre admiration pour ceux qui la méritent. Les sycophantes ne la méritent pas nécessairement car pour eux, stigmatiser est un sport.

    Commentaire par tschok — 13/04/2010 @ 13:55

  71. Ce qui est gravissime, à mon avis, c’est d’avoir fait sauter un tabou en se prévalant de bons sentiments, parfaitement honorables en soi, d’ailleurs : la pauvre gamine qui va se faire violer, qui n’essaierait pas de la protéger. Le problème, c’est que pour arriver à cette situation, le journaliste s’est transformé en flic. La dénonciation serait acceptable si il n’y avait pas au départ un projet journalistique. Dans ce cas, c’est le citoyen et le citoyen seul qui prend une décision qui correspond à sa morale.
    Et puis l’argument « on est en face de quelque chose de monstrueux », c’est la porte ouverte à toutes les dérives. Et un criminel de guerre, c’est pas monstrueux ? Et ceux qui détournent de l’argent public, c’est pas monstrueux (parce que l’argent public, ça peut sauver des vies aussi) ? Faut que les journalistes les balancent aussi…

    Et puis, on sait aussi que dès qu’une porte est ouverte, on ne contrôle plus rien. Remember les tests ADN. Au départ, c’était juste pour les criminels multirécidivistes, les criminels sexuels particulièrement. Aujourd’hui, on prélève l’ADN des syndicalistes ou des lycéens qui ont fait une manif.

    Commentaire par Gilbert — 13/04/2010 @ 16:28

  72. Aaargh,

    « de quel régime juridique dépend t’il? Peut il s’abriter derrière sa carte (…) »

    dépend-il / Peut-il…

    (Courage camarades, la lutte continue !)

    Commentaire par Gwynplaine — 13/04/2010 @ 16:36

  73. « dépend-il » ou « dépend-t-il » ??

    Commentaire par testatio — 13/04/2010 @ 16:48

  74. Dépend-il. Le « d » se prononce « t » en pareil cas.

    Commentaire par Gwynplaine — 13/04/2010 @ 16:57

  75. @ Gwynplaine,

    Arf!

    Elle continue sans moi, visiblement.

    (j’ai loupé l’option « bon en orthographe » au moment de la distribution, mais en échange j’ai eu « mauvais caractère », ce qui explique les fautes notamment de frappe)

    Commentaire par tschok — 13/04/2010 @ 17:31

  76. @ Tschok :

    Ne vous inquiétez pas, je ne m’érige nullement en contempteur zélé des errements orthographiques en tous genres, je me suis juste choisi un moulin à vent. Rejoignez ma lutte, compagnon !

    Commentaire par Gwynplaine — 13/04/2010 @ 17:52

  77. @ Gwynplaine,

    Si c’est une cause perdue, ou ingagnable, ça ne se discute pas: j’arrive! Et j’arrive d’autant plus promptement qu’en ce qui me concerne, l’orthographe est une cause si perdue qu’on est sans nouvelle de ceux qui sont partis à sa recherche.

    Par ailleurs, vous m’avez l’air d’être quelqu’un d’excessivement doué en informatique, alors j’ose vous le demander: comment fait on pour insérer dans son com un lien renvoyant vers un autre com? C’est génial, ça.

    Parce que moi, je suis un idiot informatique.

    PS: moi aussi je me suis choisi un moulin à vent, mais le mien est connu pour sa robe oscillant entre le grenat sombre et le rubis profond.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Moulin-%C3%A0-vent_%28AOC%29

    (mon rêve: testeur d’AOC chez Nicolas)

    Commentaire par tschok — 13/04/2010 @ 19:47

  78. @ Gwynplaine 76

    Je décline. Non, d’un air faussement désolé, ne hochez point trop tôt le chef (encore que…).

    Je décline seulement l’honneur de me ranger derrière votre bannière à propos de l’affaire « ce curseur ne risque t’il pas de bouger ».

    Désespéré est votre cervantésien combat, et la marque d’un fol passéisme aussi: à l’heure de Facebook, tenter de créer un groupe sur un blog -de tiers qui plus est- témoigne d’un dandysme quasi-baudelairien.

    Mais les Grands Anciens ont toujours quelques messages à nous transmettre. Redécouvrons avec allégresse La Bruyère (Les caractères, Librio, 2 €) ainsi que Nicolas.

    Nicolas Boileau. http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=nicolas-boileau&p=2

    Un bémol toutefois, concernant l’expression elle-même: bien que fonctionnellement animable, un curseur n’en reste pas moins raisonnablement classifiable parmi les objets inanimés sans âme. Il y a donc des risques fort limités de le voir bouger. D’être bougé, oui.

    Bon, pour éviter, sous l’accusation de perpétuer votre hors-sujet, de me faire défoncer l’occiput par Aliocha avec un tabouret (tous ses stiletti agrémentant actuellement non contractuellement le crâne de Ferdydurke), je joins un lien en rapport plus direct avec le billet.

    http://www.bakchich.info/Julien-Courbet-juge-d-instruction,06597.html

    Commentaire par Goloubchik — 13/04/2010 @ 20:19

  79. Nerf j’ai signé avant et il va me piquer l’avancement avec sa manie d’être toujours du même avis que celui qui … heu … qui ne dit rien :p

    sinon le lien d’un commentaire est sur l’heure, et visiblement ça se formate en
    qa href= »lien »p titre du lien q/ap
    avec des à la place des p bien sur
    (en fait faites click droit et c’est texto ce qu’il y a dans le code source de la page)

    Commentaire par Karam — 13/04/2010 @ 20:47

  80. grumf! q et p remplacent les V penchés qui ont surement un nom mais qui n’ont pas daigné me le faire connaître et que la mise en forme a bouffés tout cru (un S à cru ou non ? )

    Commentaire par Karam — 13/04/2010 @ 20:50

  81. @ Karam 79 et 80, mon gars, rassurez-nous.

    Gwynplaine y a été un peu fort avec vous et je suis personnellement prêt à témoigner en justice à vos intérêts à cet égard.

    Mais vous savez que c’est modérement légal d’ajouter de l’herbe-qui-fait-rire dans ses recettes, au moins?

    Commentaire par Goloubchik — 13/04/2010 @ 21:52

  82. @ Tschok :

    Pour avoir l’adresse du com’, vous cliquez sur l’heure (ou clic droit « copier l’adresse du lien » – sur firefox – ou « copier le raccourci » – sur explorer), puis pour insérer le lien, vous enfilez les caleçons de Ferdydurke (attention, les motifs son minuscules).

    P.S. : je monterais bien à l’assaut de votre moulin à vous.

    @ Goloubchik :

    Mon combat n’a point à voir avec la pertinence des expressions, il ne concerne que l’éradication des « t' ». L’expression cursive est de Karam, en com’ 30.

    Sachez que Sainte Rita et Saint Jude sont fort marris de vous voir décliner, j’eusse été bon aise de chevaucher à vos côtés dans cette noble aventure.

    Commentaire par Gwynplaine — 13/04/2010 @ 21:55

  83. @ Gwynplaine 82

    Vous feriez un excellent maître-espion, typé John Le Carré, doté d’une sensibilité vraiment particulière.

    Votre invocation à Sainte Rita, à laquelle je suis personnellement très redevable, m’a littéralement retourné.

    Je décline en conséquence ma déclinaison et deviens votre plus fidèle soutien dans votre croisade.

    Je suis votre serviteur, Monsieur.

    Courrouçons-nous et éradiquons les « t’ » jusqu’à plus soif et au-delà, jusqu’à l’infini.

    Commentaire par Goloubchik — 13/04/2010 @ 23:00

  84. Bon, voici mes réflexions sur le sujet :
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2010/04/14/Quelques-questions-%C3%A0-propos-des-arrestations-de-d%C3%A9tenteurs-de-p%C3%A9dopornographie

    Pardonnez-moi, chère Aliocha, d’une publicité aussi éhontée.

    Commentaire par DM — 14/04/2010 @ 08:12

  85. @ Ferdydurke,

    Aaaah okééééé.

    Enfin je dis ça, mais je ne suis même pas sûr que ça marche.

    https://laplumedaliocha.wordpress.com/2010/04/07/le-difficile-cas-de-conscience-des-infiltres/#comment-10069 blabla

    Commentaire par tschok — 14/04/2010 @ 12:10

  86. Bon, maintenant, il faudrait que je mette du texte dans le lien…

    Il y a une histoire de balises, j’y comprends rien, c’est écrit en hébreux.

    Faut ouvrir puis fermer une balise? Avec un curseur qui bouge au milieu.

    (vous assistez à un intense travail intellectuel…)

    Commentaire par tschok — 14/04/2010 @ 12:19

  87. @ Tschok :

    Pour le texte, il remplace le – entre deux

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 14:10

  88. Aaagh,

    entre deux v et ^ penchés-quart-de-tour-à-droite qui sont les marqueurs de balises, vous savez, ceux qui sont à côté des w sur les claviers azerty.

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 14:13

  89. @ Karam :

    Oui, je mettrais un S à « tout crus », parce qu’en féminisant ça ferait : « une balise que la mise en forme a bouffée toute crue ».

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 14:31

  90. Attendez, tous, je tente un truc :

    Commentaire par Fantômette — 14/04/2010 @ 15:49

  91. Hé hé. Désolée, non, ça ne marche pas finalement.

    Commentaire par Fantômette — 14/04/2010 @ 15:49

  92. @ Fantômette :

    Vous tentiez vous aussi de faire apparaître ces satanés v et ^ penchés-quart-de-tour-à-droite?

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 15:59

  93. @ Karam, com’ 80 :

    Mais oui mais bon sang c’est bien sûr!!! Ces symboles sont ceux utilisés en mathématique, et ils ont nom « symboles de comparaison » (« est strictement inférieur à » ou « est strictement supérieur à »).

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 16:15

  94. @ Gwynplaine,

    Mouarf. Oui. En sautant des paragraphes entre les deux signes. Les signes n’apparaissent pas quoi qu’on fasse.

    Ceci dit, Gwynplaine, vous exagérez un peu en ne donnant pas à tschok l’adresse de téléchargement de la toolbar Firefox pour éditer les coms en html, bbcode ou wiki. C’est de loin de ce qu’il y a de plus simple.

    Très cher, allez donc télécharger ce truc, là-bas.

    Le module vous installera une barre d’outils, évoquant une barre d’outil word, sur votre programme Firefox.

    Vous y retrouverez les boutons pour barrer, grasseyer, souligner et italiquer et autres. L’icône « petit monde avec un maillon de chaine devant » vous permettra d’insérer classieusement un lien hypertexte dans le texte, en procédant de la façon suivante:

    – vous commencez par copier le lien sur lequel vous voulez renvoyer (ctrl + c);
    – puis revenant sur la page d’écriture de votre com, vous sélectionnez le ou les termes qui deviendront l’hyperlien;
    – ensuite, vous cliquez sur l’icône en question, ce qui fera apparaitre une fenêtre de dialogue vous proposant de renvoyer à une adresse http;
    – vous collez votre adresse;

    Vous verrez apparaître les fameuses balises et leur précieux code dans la fenêtre d’écriture du com’, balises qui disparaitront de sa version publiée.

    Voili voilou.

    Et, Gwynplaine, si votre toolbar a disparu suite à votre dernier upgrade de firefox, c’est que vous n’avez pas été télécharger la version 0.1.4.12, qui fonctionne très bien, apparemment, sur la dernière version de Firefox. C’est celle que j’ai mis en lien, allez vous servir.

    🙂

    Commentaire par Fantômette — 14/04/2010 @ 16:18

  95. @ Fantômette :

    Oui, c’est vrai j’avais complètement oublié. Figurez-vous que depuis que vous m’avez donné ce lien salutaire, mon disque dur a planté, j’en ai changé, et je n’ai pas encore re-téléchargé la toolbar. Mais comme j’ai appris par coeur l’insertion d’un lien hypertexte, je le faisais à l’ancienne. Merci (de nouveau) pour le lien 🙂

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 16:41

  96. @ Tschok :

    Et du coup, pour ce blog, en suivant le lien de Fantômette, il faut choisir en html.

    Commentaire par Gwynplaine — 14/04/2010 @ 16:42

  97. @Gwynplaine

    Effectivement, il semble que le contexte ait été si aveuglant que l’évidence est restée dans l’ombre. Mais je continue de croire naïvement qu’avant d’être mathématiques, ces symboles furent pleinement typographiques. Le pis-aller que vous proposez n’est donc qu’à moitié satisfaisant en terme de nomenclature.

    De la même manière que le « v » ne sera nommé « connecteur de disjonction » que par défaut.

    Le mystère reste entier.

    Commentaire par Karam — 14/04/2010 @ 18:12

  98. @Karam: Vous voulez certainement parler du ∨ et non du v, même si avec la police de caractères par défaut de mon Firefox, ils ont (presque?) exactement la même apparence!

    Mais nous sommes hors sujet.

    Commentaire par DM — 15/04/2010 @ 11:01

  99. Avec le symbole évidemment, mais si le symbole ne passait pas, le nommeriez-vous connecteur de disjonction ?

    Pour le sujet, Gwynplaine, Fantômette et Tschok peuvent recevoir les plaintes. Je savais avant d’écrire ce commentaire qu’il faudrait que je les dénonce…

    Commentaire par Karam — 15/04/2010 @ 14:16

  100. Bon, tant qu’à être dans le hors-sujet et pour arriver à 100, envie de faire de la pub pour un blog découvert grâce à la page Ecrans de Libé.fr de ce jour:

    http://linconnudumetro.wordpress.com/

    Une idée sympa, un style honnête dans les limites de l’exercice, des rencontres avec des vrais gens. Servi frais, un joli plaisir.

    Aliocha : je me demandais qui allait enfin se décider à occuper la 100ème place 😉

    Commentaire par Goloubchik — 15/04/2010 @ 17:56

  101. @ Aliocha

    Vous connaissez mon côté fayot…Et puis j’aime bien les comptes ronds.

    Ah, misère, avec ce commentaire, ils ne le sont plus!

    Comme le disait mon ancien garagiste à son apprenti: « Trop parler nuit ». Cet escroc mutique était dans le vrai.

    Commentaire par Goloubchik — 15/04/2010 @ 18:44

  102. @ Goloubchik :

    c’est un très chouette 100ème, j’aime beaucoup le principe de ce blog.

    Commentaire par Gwynplaine — 15/04/2010 @ 20:49

  103. Je pense que l’argument le plus pertinent est celui exprimé par Hervé Chabalier. Il me semble que le but du secret des sources est de permettre à ceux qui ont fait quelque chose de réprimé de parler au journaliste et donc que l’information soit disséminée. Hors ici, les personnes en question ne savaient pas qu’ils parlaient à un journaliste et donc n’avaient aucune raison de penser que le secret des sources les protegerait. Dans ces conditions, je ne vois aucun inconvenient a cette denonciation.

    Aliocha : je n’y avais pas pensé, mais c’est très juste ce que vous dîtes, on peut considérer en effet qu’une source c’est quelqu’un qui parle en connaissance de cause à un journaliste et ne le fait qu’à la condition d’être protégé, dans l’hypothèse où c’est nécessaire.

    Commentaire par PrometheeFeu — 16/04/2010 @ 14:10

  104. @ PrometheeFeu,

    La sincérité est donc garante, selon vous, de la vérité.

    (et la vérité, synonyme de justice; et la justice synonyme de vérité).

    Je suis un criminel, mon but secret est donc de me confesser, car je ne peux supporter le poids de ma honte.

    Amateur.

    Conne ou con?

    Commentaire par tschok — 16/04/2010 @ 17:45

  105. Bonsoir Fantômette,

    Figurez-vous que je vous ai vue aujourd’hui, au bistrot.

    (Aliocha, promis, à la prochaine note je m’en tiens au sujet. Sauf à ce que je rencontre un « t' »…)

    Commentaire par Gwynplaine — 16/04/2010 @ 19:33

  106. 🙂 Darn ! On peut plus aller boire son petibulle tranquille chez Tom-Tom et Nana, le matin de bonne heure, à c’que j’vois.

    La Toile est décidément un petit village.

    (J’adoooooore Boulet.)

    Commentaire par Fantômette — 16/04/2010 @ 20:25

  107. #

    103 « Je pense que l’argument le plus pertinent est celui exprimé par Hervé Chabalier. Il me semble que le but du secret des sources est de permettre à ceux qui ont fait quelque chose de réprimé de parler au journaliste et donc que l’information soit disséminée. Hors ici, les personnes en question ne savaient pas qu’ils parlaient à un journaliste et donc n’avaient aucune raison de penser que le secret des sources les protegerait. Dans ces conditions, je ne vois aucun inconvenient a cette denonciation ».

    Aliocha : je n’y avais pas pensé, mais c’est très juste ce que vous dîtes, on peut considérer en effet qu’une source c’est quelqu’un qui parle en connaissance de cause à un journaliste et ne le fait qu’à la condition d’être protégé, dans l’hypothèse où c’est nécessaire.

    Commentaire par PrometheeFeu — 16 avril 10 @ 14:10

    Ça ne règle pas la question du rôle du journaliste. Peut-on faire en même temps journaliste et « balance » (ou indicateur de police si vous préférez) ? Ne faut-il pas choisir ? Quand un photographe voit une gosse en danger, il ne commence pas par faire des photos.
    Et ça ne règle pas la question des limites : qu’est-ce qu’on balance aux flics, et qu’est-ce qu’on ne balance pas ? Chacun ayant une échelle de valeur différente, ça va être la porte ouverte à tout et n’importe quoi et le métier va être complètement déconsidéré. Je reprends l’exemple des tests ADN, réservés au départ aux criminels sexuels, et qui concernent aujourd’hui des simples manifestants.

    Commentaire par Gilbert — 16/04/2010 @ 23:57

  108. j’ai assisté sur bleutoo, à l diffusion d’une scène péd pornographique, au Maroc. C’était atroce! Comment diffusent-ils ces images? L’enfant était ue européenne d’environ 8 ans. + nous avons alerté la police marocaine et moi, j’ai informé leministère de l’intérieur français, ainsi qu’interpol. J’ai 51 ans, et je désirais « infiltrer » lz réseau d’Agadir, avec l’appuie d’interpol et de la police marocaine<; <<<mais cela me fut fortement d"conseillé Je considère que si nous luttons sur le plan international, ces malades, seraient privés, d'unz part, d'une approche qui parait simple pour les rabatteurs, qui seraient tenus de se méfier des étrangers etd'autre part, le filet se resserrant en Europe, ces malades auraient moins de possibilités de trouver des proies faciles et parfois encouragées par la misère. Beaucoup de disparitins dites inexpliquées de part le mondes, ne le sont pas systématiquement. Ces enfants disparus, finissent dans des réseaux organisés. Que deviennent-ils après l'âge déterminé? Je suis célibataire, père de famille de cinq enfants et grand-père<; nous devons tous lutter contre ce fléau.

    Commentaire par Galdi Maurice — 12/05/2010 @ 23:53

  109. Euh, je ne sais pas comment cela se passe en France, mais même pour les professions soumises au secret professionnel, en Belgique, la notion de secret professionnel n’oblige pas à garder le silence quand on prend connaissance d’un crime qui va être commis de façon de façon imminente, que du contraire. Le caractère futur et imminent, mettant en danger la vie d’autrui fait sauter le secret professionnel légalement, même si dans la pratique peut de professionnel dénoncent ce genre de choses, car évidemment après la confiance est perdue avec les clients futurs.

    Commentaire par Yvan L.C. — 08/02/2012 @ 09:18


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