La Plume d'Aliocha

31/03/2010

Une « sale corporation voyeuriste » ?

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 08:54

Allons bon. Hier matin, l’un de mes rédacteurs en chef, le seul qui soit au courant des mes activités bloguesques parallèles, m’envoie la vidéo de Melenchon alpaguant l’un de nos confrères. « Pour ton blog » m’écrit-il. Salut à toi Eric, et merci ! Puis c’est un lecteur de ce blog, araok, qui m’interpelle en plaçant l’objet du délit en lien sous le billet précédent. Et je dois même au sieur Mélenchon la bien agréable visite de mon confrère du Monde, Luc Cédelle, pour lequel j’avais pris parti lors de la querelle avec les enseignants-chercheurs. Comment résister à tant d’invitations pressantes ?

Un mot pour ceux qui n’auraient pas encore vu la chose. Un jeune confrère interviewe Jean-Luc Mélenchon. Au moment où la vidéo débute, l’homme politique s’est visiblement lancé dans une dénonciation du journalisme en s’appuyant sur un titre du Parisien deux jours après les élections : « Faut-il rouvrir les maisons closes ? ».  Jean-Luc Mélenchon s’indigne qu’un journal puisse aborder un sujet qui lui parait bien futile au regard de l’abstention aux régionales. Le journaliste rebondit comme il peut sur le thème de l’hypocrisie sociale entourant la prostitution. Mais le politique ne l’entend pas de cette oreille et s’échauffe jusqu’à traiter les journalistes de « sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier », dénonçant les « sujets de merde » et le « métier pourri » non sans avoir taxé au passage son interlocuteur de « réfoulé politique de la petite bourgeoisie ». Si j’en crois Wikipedia, le rédacteur en chef du Canard enchaîné s’indignait déjà qu’en décembre 1945,  alors que les français n’avaient rien à manger, une poignée de politiques puissent se distraire en discutant de la fermeture des maisons closes. Comme quoi…On peut se demander en effet s’il n’y avait pas plus urgent, surtout si, comme moi, on compatit au sort de Blier dans Le cave se rebiffe. Un si joli clac condamné à la déshérence, si c’est pas malheureux !

Mais revenons à notre sujet. Si l’on met de côté l’aspect journaliste/politique pour s’en tenir au simple terrain des rapports professionnels et humains, il est évident que Jean-Luc Mélenchon y va fort, fort à l’encontre d’un journaliste qui ne lui a rien fait et tente seulement de l’interviewer, fort de stigmatiser avec grossiéreté toute une profession dans des termes aussi violents.  Le problème, c’est qu’on ne peut écarter bien longtemps la dimension politique/journaliste parce qu’elle me parait ici déterminante. J’imagine mal Jean-Luc Mélenchon insulter devant une caméra la corporation des boulangers, des coiffeurs, des médecins ou des avocats. Le presse/bashing en ce moment a le vent en poupe et nombre de politiques ont compris, de Nicolas Sarkozy se faisant interviewer par des français, à Vincent Peillon posant un lapin à Arlette Chabot, en passant par le gentil Xavier Bertrand tançant un journaliste sur une chaine parlementaire avec une violence inouïe, que passer au-dessus de la tête des médias  pouvait s’avérer payant à plus d’un titre. On échappe aux questions dérangeantes, on désigne aux citoyens un ennemi commun et on en fait un bouc-émissaire idéal. L’abstention ? C’est la faute aux journalistes. La crise, c’est encore la faute aux journalistes. La neige en hiver, la fin des valeurs morales, le mécontentement des français, la baisse du pouvoir d’achat, le chomage tout cela c’est toujours la faute des journalistes. Forcément, ils annoncent les mauvaises nouvelles, de là à considérer qu’ils en sont responsables ou qu’ils les fabriquent à plaisir… Et puis ils sont paresseux, lâches, menteurs, aux ordres, racoleurs, superficiels, prétentieux et imbéciles.

Le péché originel d’être journaliste

L’exercice est d’autant plus payant qu’il est devenu ces derniers temps presque  sans risque. Voyez à ce sujet comme Guy Birenbaum (dans l’article en lien ci-dessus) choisit d’applaudir des deux mains en voyant qu’un confrère a pris des coups de pied dans le ventre. Son enthousiasme, que je ne partage pas, ne me surprend guère. Je doute qu’il existe à l’heure actuelle une profession plus névrosée que la nôtre, sauf peut-être les policiers, les juges et dans une certaine mesure les enseignants. Mais j’observe également que, contrairement aux journalistes, ces professionnels là ne hurlent pas de joie chaque fois que l’un des leurs ou leur collectivité toute entière se fait insulter. Il faut croire que Bourdieu et consorts ont insufflé dans l’âme de la presse une sorte de culpabilité indélébile que chacun d’entre nous se croit obligé d’expier en permanence en se vautrant dans une critique sans fin de ses confrères, du système, du métier etc. Tenez, allez donc jeter un oeil lorsque vous irez flâner dans une grande enseigne de distribution culturelle sur le rayon médias et comptez les ouvrages de journalistes pleurant sur le métier. Je vous parie ce que vous voulez que vous ne trouverez nul équivalent de cette diarrhée éditoriale faite de lamentations et de mea culpa dans aucune autre profession. J’ai fini par renoncer à acheter tous les livres qui sortaient sur le sujet, mes revenus n’y suffisaient pas.

Les dangers de l’auto-critique systématique

En réalité, ce qui me dérange dans le discours de Mélenchon, ce n’est pas le fond qui relève de la liberté d’opinion et dont la teneur n’est pas totalement absurde sauf dans sa caricaturale généralité, ce n’est même pas sa brutalité, je la préfère encore à la manipulation douce des spécialistes de la communication. Ce qui me dérange c’est le climat général qui entoure cet épisode. Ce qui me dérange c’est que les politiques se sentent de plus en plus à l’aise dans l’exercice consistant à insulter la presse. Ils ont compris l’état lamentable dans laquelle elle se trouvait et ils en jouent. Ce qui me dérange, c’est que ma profession applaudisse en croyant tout à la fois soulager sa culpabilité congénitale et s’affranchir de toute forme de corporatisme.  J’aurais le sentiment d’être la seule à voir que  nous perdons chaque jour du terrain, si je n’avais autour de moi des confrères partageant la même inquiétude. Des anonymes, comme moi, qui aiment leur travail et qui ont à coeur de le défendre. Entre nous, il est intéressant d’observer que c’est au fond la petite élite des journalistes en vue qui nous rejoue sans fin la partition de l’auto-critique vertueuse. Avec une mention spéciale pour les stars du web. La critique du travail des autres coûte moins cher que de mettre soi-même les mains dans le cambouis et a surtout le mérite de flatter l’internaute, naturellement rebelle,  dans le sens du poil. Au fond, il est possible que ceux-là croient sincèrement qu’Internet permettra de faire émerger un journalisme neuf, débarrassé de ses défauts devenus insupportables. Personnellement, je ne crois pas un instant à ce nouveau monde.

Voyez-vous chers éminents confrères, il me semble que l’exercice de l’auto-critique vertueuse est en train d’atteindre ses limites. Cela fait longtemps que nous avons tous opéré le diagnostique de nos travers. Pour quel résultat ? Qu’est-ce qui a changé en mieux ? En quoi le fait d’applaudir quand l’un d’entre nous se fait insulter peut-il faire avancer la cause du journalisme ? Vous ne voyez pas qu’on s’enfonce tous dans la névrose, que cette haine de nous-mêmes est destructrice ?  Personnellement, j’ai une autre recette à proposer, toute simple : aimer son métier, le pratiquer le mieux possible et s’employer à le faire respecter. A observer Mélenchon, Sarkozy, Peillon, Bertrand et les autres, je crois qu’il est urgent de s’y mettre.

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54 commentaires »

  1. J’ai eu trois rencontres interessantes avec des journalistes.

    Le premier etait journaliste sportif. Il prenait les articles et photos que mon pere (alors responsable d’un club sportif) lui mettait dans sa boite au lettre le dimanche soir, pour les publier le lundi. Quand j’ai demande a mon pere pour quoi le jouranliste changeait un ou deux adjectif a chaque fois, il m’a ete repondu ‘ il n’a pas le droit de les publier tels quels’.

    Les autres datent de l’epoque un peu avant la bulle Internet. Les articles des journalistes scientifiques qui etaient un copier/coller du brief que le service marketing leur fournissait. Sans recul, ni analyse. Le wap rappelle quelque chose a quelqu’un? J’ai dû développer une appli wap pour un telephone à ce moment la. J’ai crû rever en voyant la difference entre ce que disaient (tous en employant les memes arguments. Etrange, non?) les journalistes et ce que je vivait. Il ete clair que ca ne pouvait pas marcher …

    Par ailleurs, je voudrai que l’on m’explique la raison du nombre de couples journaliste/politique si ce n’est par une proximite dangereuse? Comment peut-on faire une bonne analyse du fonctionnement du systeme, si on est soi-meme dans le systeme?

    Vous remarquerez que je n’ecrit pas le mot deontologie qui pour moi est le truc utilise par le milieu journalistique pour retirer la honte de ce qu’il a fait. Il est generalement utilise par le responsable hierarchique du journaliste pris la main dans le pot de confiture en secouant la tete de gauche a droite , avec un air triste et les mains sur les hanches et en disant ‘ce n’est pas deontologique’. Je n’ai toujours pas compris si ce qui n’est pas deontoligique, c’est de mal faire son travail, ou de se faire prendre. Alors, que evidemment il etait au courant le responsable hierarchique, ou alors il n’a rien a faire la, et c’est son chef a lui qui est coupable.

    Je ne dit pas que les journalistes sont tous comme ca. Mais, ca sent bien la ‘fin de race’. C’est l’expression employee pour parler d’un rejeton d’une famille noble qui ne cadre pas dans les standards de la famille.

    Bon, c’est pas grave, de toute facon on va bientot etre debarasse du journalisme.

    Madame, monsieur, bonsoir.

    Aliocha : ignorant ce qu’est une race, je comprends encore moins ce que peut être une fin de race. Pour le reste, je pourrais vous parler des heures des avocats qui laissent passer les délais, plaident un dossier qu’ils n’ont jamais ouvert, surfacturent leurs clients etc. Ou bien des commissaires aux comptes qui violent leurs règles d’indépendance, certifient des comptes inexacts. Des restaurateurs qui jurent que leur poisson est frais et vous le servent à peine décongelé. Des agents immobiliers qui vous disent qu’un appartement est habitable quand un chien s’y suiciderait. Des bouchers qui fabriquent des merguez avec de la viande périmée depuis un mois etc. Alors oubliez-moi avec l’exemple vécu du journaliste nul censé refléter l’état de toute sa profession. Il me semble avoir exprimé clairement dans le billet que cette dialectique là ne prenait pas avec moi.

    Commentaire par mangouste06 — 31/03/2010 @ 09:29

  2. chère Aliocha, je suis persuadé que les journalistes n’ont, dans l’ensemble, pas grand chose à se reprocher . on pourra toujours ergoter du parti pris, ou meme de l’ignorance du sujet chez certains, mais, c’est un peu comme la burqa, ceux que l’on voit (lit) peuvent donner l’impression que tous sont comme ça. et pourtant une majorité de femmes musulmanes se promènent à découvert, une majorité de journalistes font leur travail avec une éthique irréprochable. mais il est facile de taper sur la profession en général, pour se faire passer comme victime de la vindicte journalistique. il est difficile, pour un politique, d’accepter de ne pas maitriser la com. tiens: com, journalisme deux antagonismes?
    et de plus, on pourrait quand meme faire un distingo entre le journaliste et le présentateur télé. et je crois que l’amalgame est un peu trop vite fait.
    j’aime le terme « journaliste indépendant ». tous devraient l’être, meme et malgres leurs propres affinités qui ne doivent pas les aveugler mais les eclairer.
    et puis bientot, il y aura l’Ipad qui va relancer la profession 🙂

    Commentaire par leinadfr — 31/03/2010 @ 09:42

  3. Bonjour,

    Je pensais bien que vous ne pourriez rester sans réagir mais je suis surpris du relatif calme que vous semblez arborer 🙂

    1 choses m’a frappé

    -Je pensais, ou tout du moins j’interprétais, la relation journaliste-politique comme symbiotique, les uns s’appuyant sur les autres pour vivre et créer leur fond de commerce. Au final, pour continuer dans la métaphore biologique, ça semble s’apparenter plus a du parasitisme. D’où mon interrogation: quand est-ce que la profession va faire ce qu’elle aurait déjà du faire depuis 30 ans, ce que le net commande depuis 10 ans ? Quand est-ce que le journalisme va vraiment s’organiser, comme les avocat et les enseignants par exemple, pour pouvoir résister à ces pressions et ces comportements ? A cet égard, le boycott de Mélenchon par F2 peut-il constituer une ligne sereine de défense ou n’est ce que l’expression d’une vengeance puérile ? (j’avoue que je me demande ce que les textes déontologiques peuvent en dire si jamais ils en parlent)

    il semble être plus que temps, depuis longtemps…

    Aliocha : le journalisme est un combat de chaque instant, soit pour gagner la confiance des gens honnêtes et les inciter à s’exprimer, soit pour renvoyer dans les cordes les agressifs, soit encore pour résister aux pressions. Ce qu’a vécu ce journaliste, je l’ai vécu aussi, mais comme j’ai un sale caractère quand on m’agresse, ça s’est beaucoup moins bien passé que pour Mélanchon. Donc, non, ça ne me choque pas plus que ça. Je dirais même que je trouve ce type de castagne assez saine. Beaucoup plus que la réaction de Bertrand, qui est d’ailleurs assez courante, et dont le mépris glacé est bien plus difficile à combattre et bien moins respectable. Il est d’ailleurs là le vrai danger plutôt que dans les forts en gueule qui ont toujours existé et toujours aimé en découdre avec les journalistes. Ce qui m’irrite encore une fois, c’est le manque de fiérté de notre profession et de capacité de réaction collective non pas pour se venger, comme vous le soulignez c’est minable, mais pour se faire respecter et surtout faire respecter le métier que l’on sert.

    Commentaire par Karam — 31/03/2010 @ 10:07

  4. Chère Aliocha, comme très souvent (bizarrement) je suis d’accord avec ce que vous dites, mais… car il y a un mais…
    Vous êtes sérieuse en écrivant « Je vous parie ce que vous voulez que vous ne trouverez nul équivalent de cette diarrhée éditoriale faite de lamentations et de mea culpa dans aucune autre profession. » ?
    Vous pensez vraiment qu’une autre profession a les capacités (de plume, pédagogiques, « argumentatoires » et autres qualités nécessaires à un journaliste) pour écrire un livre, voire le début de réseau nécessaire pour en faciliter la publication ?

    Aliocha : en quoi est-il si bizarre d’être d’accord avec moi ? 😉 OK ils ont des facilités pour se faire éditer mais à mon avis pas plus que n’importe quelle élite parisienne, ce qui donne le résultat que l’on sait en matière d’édition. Il me semble réellement que nous sommes les seuls à nous frapper ainsi la poitrine en public et avec autant d’empressement.

    Commentaire par Yepok — 31/03/2010 @ 10:16

  5. Chère Aliocha, deux remarques rapides. D’abord, je pense qu’il existe une autre profession habituée depuis longtemps aux lamentations (internes ou externes), c’est l’éducation nationale.

    Ensuite, sur la déontologie, les journalistes (ou du moins leurs organisations syndicales majoritaires) réclament une charte de déontologie (qui permettrait par exemple de refuser de travailler sur un article qu’on estimerait malhonnête) depuis le début du siècle dernier…

    Le SNJ vient de réactiver cette réflexion et cette demande (c’est même la « une » de la dernière parution du journal du SNJ) . Et, en face, on a encore eu des promesses…

    Commentaire par didier specq — 31/03/2010 @ 10:23

  6. Re-moi… je lisais hier la notice wikipédienne de Patrick Dewaere (à l’occasion de l’attribution du prix qui porte son nom). On y trouve ceci:
    « Durant cette période, il juge comme une profonde trahison les révélations de Patrice de Nussac, un journaliste du Journal du dimanche qui lui avait promis — en raison de liens d’amitié — de ne pas révéler son prochain mariage avec Elsa […]. Après avoir frappé le journaliste d’un coup de poing, Dewaere fait l’objet d’un véritable boycott par la presse et les médias. Les producteurs éprouvent alors quelques réticences à l’employer. Dès lors, il n’est plus interviewé et son nom est même omis au générique d’un film, un exemple sans précédent en France. » ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Dewaere#cite_ref-12 , la source semble surtout être la biographie de Jean-Marc Loubier)

    Du coup je me suis demandé ce qui se passerait de nos jours dans un cas similaire. S’il suffit de lancer « Allez au diable ! » à Arlette Chabot pour être tricard sur F2, comme ce semble être le cas de Mélenchon, une violence physique sur un journaliste, eut-il trahi votre confiance, vous exposerait sans doute à des représailles plus, euh, générales…

    Commentaire par Yepok — 31/03/2010 @ 10:26

  7. @Aliocha;

    Je vous rejoins sur ce point mais il me semble que cela passera inévitablement par un réel et vrai « corporatisme » tel qu’il est à tort reproché pour l’instant… Comment concilier le nécessaire besoin de solidarité qui seul peut vous mettre en mesure d’imposer le respect qui est du, et la non moins nécessaire image d’indépendance que le public (il me semble mais j’ai du mal à être en phase avec la bien-pensance ces jours ci) attend ? Des pistes sont-elles déjà défrichées et balisées en ce sens ?

    Par ailleurs, je vous invite à lire sur @si la magnifique et tellement originale défense de Mélenchon sur le mode « je savais pas que c’était filmé », sous entendant que devant des caméras il est capable de se retenir et de donner le change… (à ce sujet, le 9h15 de Schneidermann est aussi très bien écrit)

    Aliocha : je recommande en effet chaudement la lecture de la longue défense de Mélenchon, signalée par @si et accessible directement sur le blog de l’intéressé. (attention, ça buzze, d’où le temps d’accès un peu long). Le plus drôle, c’est que le journaliste finalement a fait son boulot en suscitant cette étonnante déclaration de Mélenchon. Populisme, complexe de persécution, hypertrophie du moi, mauvaise foi crasse, tout y est. Ce qui me fait rire, c’est qu’il a le profil psychologique typique des gens qui entretiennent de mauvaises relations avec les journalistes. Ils agressent d’entrée de jeu et ensuite ils hurlent qu’ils sont les victimes innocentes d’un système médiatique pourri qui leur en veut. Quand je pense qu’il y a des confrères pour applaudir…

    Commentaire par Karam — 31/03/2010 @ 12:43

  8. C’est bien pour tout ceci, que je reflechis à abandonner le métier de journaliste !

    Aliocha : j’admets que c’est un sacerdoce. Sinon, on déjeûne quand ?

    Commentaire par misty — 31/03/2010 @ 13:06

  9. J’aimerai remettre un peu le contexte si vous le permettez. (Et aussi jouer l’avocat du diable par la même occasion ;))

    Visiblement M. Mélenchon critique le Parisien pour sa « Une » sur les maisons close. Il semble qu’il aurait préféré qu’ils fassent leur « Une » sur l’abstention ou les régionales.
    Jusque là, je pense que chacun peut comprendre sa critique.

    Et là, un jeune « journaliste » (Etudiant à Science Po), lui pose la question « Et vous, qu’est ce que vous pensez des maisons closes ? »
    Journaliste ou pas, cette question est une provocation. Non content de ne pas écouter Mélenchon, il cherche la confrontation avec une telle question. Mélenchon réplique durement, et le journaliste lui repose la question. (Pour ma part, ca n’aurait pas été une tirade qu’il aurait eue en réplique, mais une droite). Il fallait s’attendre à ce que Mélenchon réplique violement. Bien qu’un homme politique se doit de garder ses nerfs en toute circonstance.
    Bref Mélenchon dénonce un sujet, le journaliste lui demande ce qu’il pense du dit sujet…

    Pour moi, ce journaliste cherchait le Buzz, il l’a eu.

    On peut s’interroger sur la réaction totalement disproportionné de Mélenchon, tout comme on pourrait également s’interroger sur les questions des journalistes plus généralement.
    Vous n’êtes pas sans savoir que les journalistes ne cherchent plus à interroger un homme politique sur son programme, il l’interroge sur un sujet polémique, en espérant la bourde ou une phrase qui va à l’encontre de ce que dit son parti. Non, le journaliste ne cherche plus l’information quand il interviewe un politique.

    Pourquoi n’entendons nous pas des politiques répondre à des questions sur des promesses non tenues, des résultats de politiques mises en œuvres ? Peut être parce qu’ils peuvent facilement vous embarquer dans la langue de bois, ou répondre à coté de la question, tout comme vous renvoyer à vous études si la question est mal étayée ou mal argumenté.

    Pourquoi ne pas lui poser la question du pass-unique à 55€ qui correspondait donc à XXX€ de revenu contre XXX + YYY € de revenu actuellement. En lui posant la question toute bête, ‘qui va payer la différence ?’ Au aurait plus l’impression d’avoir de l’information… Quitte à répéter 15 fois la question parce qu’il ne répond pas à la question.

    Commentaire par testatio — 31/03/2010 @ 14:51

  10. Suite au commentaire de testatio, je me dis que finalement, c’est un cirque journalistico-politique, ou politico-journalistique…
    En gros, y’en a pas un pour racheter l’autre.
    Bien sûr là c’est une généralité, mais les « vrais » journalistes, et les « vrais » politiques, ceux qui croient en ce qu’ils font, sont-ils une majorité silencieuse, ou une minorité devenue quasi inaudible ?

    Aliocha : ce n’est qu’une observation personnelle aussi fiable que le recours au pifomètre, mais j’ai le sentiment depuis quelques années que les gens sérieux s’éloignent du pouvoir, des paillettes et des projecteurs, comme s’ils désespéraient de pouvoir changer les choses.

    Commentaire par DePassage — 31/03/2010 @ 15:12

  11. @Aliocha: Il y a aussi que les lamentations des journalistes sont susceptibles de trouver un public non spécialisé. Imaginons que j’écrive un pamphlet sur les problèmes de la recherche en informatique, vous pensez que des gens accepteront de l’imprimer en dehors de revues spécialisées?

    Aliocha : C’est juste. Toutefois, je ne suis pas sûre que le public s’intéresse tant que ça aux états d’âme des journalistes 😉

    Commentaire par DM — 31/03/2010 @ 15:32

  12. @mangouste06: Votre exemple du WAP n’a rien de scientifique, c’est un problème de technologie et marketing. Et effectivement, en matière de couverture de la technologie, on trouve souvent de la paraphrase de communiqués de presse, quand ce n’est pas en bonne partie du copier/coller.

    Cf sortie de Windows 95 en 1995 (la presse unanime pour recopier les communiqués de Microsoft), ou même récemment des articles élogieux sur des sites Web non encore ouverts, donc jamais testés, donc article rédigé par paraphrase du communiqué de presse.

    Commentaire par DM — 31/03/2010 @ 16:55

  13. Il y a quelque chose, à mon humble avis, qu’Aliocha refuse de voir, c’est que les échanges musclés comme celui qui vient d’avoir lieu entre Mélenchon et l’apprenti journaliste ne traduisent pas une méfiance généralisée envers les journalistes, qui n’auraient qu’à respecter leur code de déontologie pour que tout rentre dans l’ordre. Il s’agit de la dénonciation d’un système. Et de plus en plus de journalistes dénoncent eux-mêmes ce système sur lequel ils n’ont aucune prise (du moins tant qu’ils ne s’organiseront pas pour qu’on légifère sur la question du pluralisme et des moyens à mettre en œuvre pour assurer les conditions du pluralisme). La concentration des médias, ce n’est pas une vue de l’esprit. La perte d’indépendance des rédactions non plus. Comment voulez-vous que les journalistes puissent faire leur métier dans de bonnes conditions, puissent prendre le temps de vérifier leurs infos, de faire des reportages approfondis lorsqu’on ne leur donne pas le temps et les moyens de faire leur boulot sérieusement ?
    Savez vous que pour la première fois cette année on a atteint le seuil de 50 % de titulaires de la carte de presse en situation d’emploi précaire.
    C’est pas la peine d’évoquer Bourdieu, Aliocha, il n’est pour rien dans cette situation. Tout au plus peut-il aider, si on le lit bien, à prendre conscience du lien qu’il peut y avoir entre les conditions de production de l’information et l’information elle-même.
    Non, l’information n’est pas une marchandise comme les autres, et c’est bien pourquoi à la Libération on a créé un système d’aides à la presse pour assurer le pluralisme des idées. Personne à l’époque n’a parlé de totalitarisme parce que l’État est intervenu sur le sujet (faut dire que c’était plus facile à l’époque, la plupart des patrons de presse collabos n’ont pas eu leur mot à dire).
    Plus tard, en 1966 En 1966, Hubert Beuve-Méry, le patron du Monde (que la plupart des journalistes citent en modèle), qui était loin d’être un rouge, a déposé une « proposition de loi pour la constitution de sociétés de presse à but non lucratif ». Malheureusement, ce genre d’idée n’est pas dans l’air du temps. Il n’y a que les marginaux d’Acrimed pour plancher sur la question :
    http://www.acrimed.org/article2291.html

    Aliocha : si en lisant Melenchon sur son blog je n’avais pas compris qu’il s’agissait d’une querelle idéologique, je n’aurais plus qu’à ranger mes crayons et aller planter des fraises 😉 j’aurais aimé qu’il ne confonde pas le système et les journalistes, confusion au demeurant trop courante. Or en l’espèce, il s’en est pris au journaliste. Par ailleurs, je veux bien envisager l’idée que l’information puisse être autre chose qu’une marchandise, je veux dire que l’on puisse concrètement trouver un autre système, j’observe néanmoins que l’Humanité vend une autre soupe, à laquelle je n’adhère pas davantage qu’à la soupe produite par le libéralisme et peut-être moins encore. C’est tout mon problème. Par ailleurs, il me semble que les gratuits sont nés dans le Nord de l’Europe d’une idée généreuse de l’information accessible à tous gratuitement. Avec le résultat que nous connaissons en terme de qualité éditoriale.

    Commentaire par Gilbert — 31/03/2010 @ 17:16

  14. Mélanchon, Krausien ? Il a bien compris que le système médiatique est corrompu à la racine par son arrivisme, son panurgisme idéologique, sa volonté de vendre du papier à tout prix (sauf en critiquant la presse ou les confrères – ne rêvons pas). La création d’un comité de déontologie journalistique n’est pas à l’ordre du jour car bien entendu, pour les journalistes, ce serait le début de l’oppression. En plus il n’y a aucun problème dans Le Journalisme puisque il n’y a jamais eu autant de journaux et que « pour chaque journal qui se crée, on a un peu plus de démocratie » (mouarf !). Passez muscade…

    « la liberté de la presse est l’ange exterminateur de la liberté »

    Commentaire par Karlito — 31/03/2010 @ 18:42

  15. Bonjour Aliocha,

    J’ai lu votre article, et je me suis dit que vous aviez raison de vous indigner. Et j’ai, seulement ensuite, regardé la vidéo. Et là j’ai compris à quel point le journaliste qui pose les questions à Mélanchon méritait les réponses qu’il a reçues. On peut certes considérer que Mélanchon s’est laissé aller, et qu’il est toujours dommage d’être insultant. Mais sur le fond, quelle suffisance, quelle bêtise de la part de ce journaliste.

    Aujourd’hui, Aliocha, et pour la première fois, je ne suis pas d’accord avec vous.

    Au plaisir de vous retrouver, néanmoins.

    Aliocha : c’est tout l’intérêt de mettre en lien les pièces pour que chacun se fasse son opinion. Vous observerez néanmoins que mon indignation ne porte pas sur le fait lui-même mais sur le contexte général. Par ailleurs, si vous avez un peu de temps, allez donc lire l’analyse de Mélenchon sur son blog et vous me direz si je ne suis pas au fond un peu trop douce avec lui 😉 Quant au journaliste, c’est un élève. Certes, Mélenchon souffre de l’agacement traditionnel des minorités vis à vis des medias, mais au point de tacler à ce point un débutant…Je l’ai vu énervé contre Pujadas à une heure de grande écoute, il était beaucoup plus courtois. Etrange, non ?

    Commentaire par François — 31/03/2010 @ 23:02

  16. Bonjour Aliocha,

    en voyant la vidéo j’étais certain de trouver un post à ce sujet sur votre blog. j’aime bien ce qu’en dit Davod Abiker : http://davidabiker.fr/wordpress/meluche-letudiant-et-la-une-du-parisien/

    Bien à vous

    Tryphon T.

    Aliocha : Comme lui, je préfère le franc agressif au vicieux sucré, mais le débriefing que fait Melenchon de l’épisode sur son blog me fait douter de son « authenticité ». Vous me direz, nous sommes nombreux à nous convaincre a posteriori qu’un acte irréfléchi répondait en réalité à une stratégie 😉 N’empêche, il manque de classe sur ce coup là, Monsieur Mélenchon et son couplet parano-trimphant-demain-le-grand-soir sent la mauvaise foi à plein nez. Dommage.

    Commentaire par professeurtournesol — 01/04/2010 @ 08:16

  17. Sur le travail des journalistes, on a quand même eu une belle performance hier…

    On a tous lu partout que Rachida Dati avait été quasiment abandonnée sur le bord de la route, limite dans le fossé, par ses gardes du corps et son chauffeur… Vous avez tous lu ça, non ?
    On a même lu que c’était Sarko qui avait piqué une crise en voyant Rachida à la télé après les régionales… Et le Canard Enchaîné avance même comme hypothèse le fait que Rachida Dati soit à l’origine de rumeurs sur la vie privée de Sarko…

    Et qu’est-ce qu’on a appris hier soir ?… Que ce retrait des gardes du corps et du chauffeur fait partie d’un plan d’économies, qu’il concerne plusieurs anciens ministres, l’ancien président du sénat et d’autres personnes.

    Vous me direz, les journalistes auraient pu vérifier avant de publier… mais c’était tellement beau, ça aurait été dommage de se priver.

    Aliocha : je ne connais pas le dossier autrement que par ce que j’en ai lu. Permettez-moi néanmoins de vous mettre en garde de manière générale contre les belles justifications a posteriori. Ce n’est pas parce qu’on vous sert une version, puis une autre qui contredit la première que la seconde est forcément la vérité. C’est une chose que mon expérience de juriste m’a apprise très tôt et que le journalisme m’a confirmée par la suite. Si vous saviez le nombre de démentis qui ne sont que de magnifiques mensonges ! Les explications lumineuses ne sont pas forcément vraies.

    Commentaire par Arnaud — 01/04/2010 @ 09:22

  18. Bonjour Alliocha,

    Je me doutais que les propos du petit père des peuples parisiens susciteraient une réaction de votre part. Je n’aime pas le personnage mais il a un petit peu raison et son interlocuteur, tout jeune soit-il, est franchement mauvais. Son plaidoyer quant à l’intérêt du sujet évoqué (les maisons closes) est particulièrement nul et, à mon sens, emblématique des dérives que vous même vous dénoncez sur ce blog.

    « …Et puis ils sont paresseux, lâches, menteurs, aux ordres, racoleurs, superficiels, prétentieux et imbéciles. »… Navré pour vous mais l’actualité nous sert un exemple caractéristique de ces tristes qualificatifs:
    AJACCIO, 1 avr 2010 (AFP) – La grève des marins CGT de la SNCM et de la CMN qui a paralysé jeudi le trafic maritime entre la Corse et Marseille sera reconduite vendredi matin, a-t-on indiqué à Ajaccio de source syndicale (http://www.france-info.com/ressources-afp-2010-04-01-desserte-maritime-de-la-corse-poursuite-de-la-greve-vendredi-cgt-424977-69-69.htm).
    Aux différents journaux radio de la journée, toujours le même discours, à savoir que les liaisons Corse-continent sont très difficiles, voire impossibles, et tant pis si vous souhaitez aller en Corse pour les vacances. Il faut entrer dans la dépêche (accessible sur le Net maudit) pour découvrir qu’une autre compagnie, italienne, assure normalement et très régulièrement la desserte (je n’ai à aucun moment eu cette information dans les différents journaux radio que j’ai pu entendre. A titre personnel, pour avoir vécu trois ans en Corse juste avant et pendant l’arrivée de la compagnie italienne, je connais les désagréments causés par ces grèves à répétition qui relèvent d’un autisme profond de la part de ses acteurs). Est-ce qu’il viendrait à quelqu’un de déclarer que les liaisons France-USA sont devenues impossibles du fait d’une grève au sein de la compagnie nationale? Je me pose donc la question de la compétence et de l’honnêteté intellectuelle de certains de vos collègues sur ce sujet et bien d’autres.

    « J’aurais le sentiment d’être la seule à voir que nous perdons chaque jour du terrain, si je n’avais autour de moi des confrères partageant la même inquiétude. Des anonymes, comme moi, qui aiment leur travail et qui ont à cœur de le défendre. » Aussi injuste que mes propos puissent vous paraitre, je plussoie à votre inquiétude. Mais que votre confrérie arrête de passer la brosse à reluire sur les chaussures des politiques. Qu’elle use du même ton à leur encontre en faisant ressortir les paradoxes et les incohérences de leurs discours (ex: l’agonie d’Heuliez et les gesticulations de Mme Royal ou de M. Estrosi). Qu’elle réalise de vraies enquêtes et non pas de ces ersatzs qui parsèment nos quotidiens ou nos hebdomadaires et qui font que de moins en moins de gens les achètent. Normal, il n’y a rien à lire. Notre Staline parisien a raison lorsqu’il déclare à votre jeune confrère que les gens sont prêts à lire, entendre ou voir des choses intelligentes, moins racoleuses, il est vrai, que ce sujet crucial que sont les maisons closes.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 01/04/2010 @ 18:06

  19. Règle numéro un que vous, Aliocha, appliquez fort bien : ne pas céder, expliquer et recommencer.
    Je commençais à désespérer de trouver / retrouver un journalisme d’investigation, de réflexion chez votre confrère « de référence ». La nouvelle formule inclut une « Contre-Enquête » qui d’après les premières livraisons – quotidiennes ! quel boulot – semble bien faire honneur à ce foutu métier de journaliste. Puisse d’autres s’y mettre ou remettre également.
    Seule petite remarque, « Enquête » aurait-elle suffi dans la plupart des cas? Mais je veux bien que l’on cède à cette formule d’accroche si le contenu est bien goûteux.

    Commentaire par Bassoon — 01/04/2010 @ 18:21

  20. Bonsoir Aliocha (ça fait bien longtemps que je n’étais pas venu bavarder ici…),

    Sur le fond de votre analyse, je suis assez d’accord. L’auto-flagellation n’est pas un service à rendre à la profession de journaliste. Le seul service que les journalistes puissent se rendre à eux même, c’est de faire leur travail: étudier leurs dossiers, publier des contenus précis, prendre le temps d’expliquer, ne pas céder aux sirènes de la communication, etc.

    Je vous accord également ce point: on peut envoyer péter un journaliste avec le sourire aux lèvres, par exemple en lui répondant d’une phrase aimable que sa question est débile, quand elle l’est, ou plus finement quand le problème est moins franc (mal posée, termes mal choisis, orientant forcément la réponse, etc). Méluche n’a pas choisi la voie aimable, on est bien d’accord, c’est un détail peu significatif.

    Cependant, il me semble qu’il manque un volet dans l’analyse: pour qu’un journaliste puisse faire son travail, il a besoin d’un journal. Et je suis de plus en plus convaincu qu’un panneau publicitaire à louer ne peut pas être un journal, les intérêts sont trop divergents. Sans même tomber dans la tarte à la crème facile (on ne dit pas de mal des annonceurs), le panneau publicitaire a besoin d’un contenu qui attire le public tout de suite, alors que le journal a besoin d’informations de fond, étayées, pour se mettre en position d’être peu mis en défaut. Un papier racoleur et faux, suivi d’un démenti populiste (et possiblement faux aussi), ça fait deux papiers intéressants, pour un panneau publicitaire.

    C’est ce qui me rend plus volontiers lecteur du Monde Diplo, ou du Canard, que du Parisien. Les journalistes n’y ont finalement pas tellement plus de mérite, mais, là, ils peuvent travailler, du coup ils le font, et du coup il y a du contenu.

    Commentaire par Benjamin Bayart — 01/04/2010 @ 22:24

  21. « mais le débriefing que fait Melenchon de l’épisode sur son blog me fait douter de son « authenticité » »

    Je vous l’accorde, même si je pense qu’il essaie plutôt (assez cyniquement) de « capitaliser » le soutient qu’il pense recevoir sur le net (à mon avis il s’aveugle en pensant que ce qui est visible sur internet correspond à ce que les gens pensent).

    C’est ce que j’ai compris de son intervention à « c’est-à-dire » hier.

    « Vous me direz, nous sommes nombreux à nous convaincre a posteriori qu’un acte irréfléchi répondait en réalité à une stratégie 😉 »

    Oui 🙂 Et puis on a aussi tous tendance a rationnaliser nos actes a posteriori. l’exercice de style de son blog (plein d’hypocrisie) est assez significatif.

    « N’empêche, il manque de classe sur ce coup là, Monsieur Mélenchon et son couplet parano-trimphant-demain-le-grand-soir sent la mauvaise foi à plein nez. Dommage. »

    Je plussoie : il manque de classe sur ce coup, se montre très parano, avec une bonne dose de mauvaise foi. Mais passée l’exaspération que son attitude m’évoque, je ne peux pas m’empêcher de le trouver sympathique. Ca me dépasse, quel zouave je fais…

    Bien à vous

    Tryphon T.

    Commentaire par professeurtournesol — 02/04/2010 @ 14:55

  22. Juste un petit mot sans grand intérêt sinon de corriger une faute qui est récurrente sous votre plume: dites « diagnostic » (et non diagnostique qui est soit un adjectif, soit un nom féminin)…

    Commentaire par Maraudeur — 02/04/2010 @ 15:03

  23. Bonjour,

    Sur le sujet des relations pas toujours au beau fixe entre journalistes et blogueurs, je me permets de vous signaler ce site, sur Paris et sa banlieue, qui après une longue histoire d’amour déçu avec le journal Le Monde va finalement se rendre, vaincu.

    Victoire des journalistes, 1 à 0, par capitulation de l’adversaire. Cela devrait vous consoler, ou non.

    Cordialement,
    J.

    Commentaire par Javi — 02/04/2010 @ 15:29

  24. zut, j’ai fait une erreur sur la balise (j’ai confondu la syntaxe image et lien).

    Ce site donc: Paris et sa banlieue.

    Commentaire par Javi — 02/04/2010 @ 15:31

  25. Je trouve que ce journaliste « débutant » fait au contraire preuve de professionnalisme :

    – il ne laisse pas le contrôle de l’interview à Mélenchon ;
    – il décide des questions qu’il pose ;
    – il rebondit sur les propos de Mélenchon (donc il l’écoute) ;
    – il ne se laisse pas démonter ;
    – il insiste quand il n’a pas de réponse;
    – il garde son calme.

    Il nous fait donc une belle démonstration de ce qu’est le journalisme indépendant. Qui plus est incisif et sans agressivité.

    Mélenchon, lui, nous fait simplement la démonstration qu’il ne supporte pas que les voyeurs ne s’intéressent pas à son exhibitionnisme. Accessoirement, en déversant sa bile sur un p’tit jeune. Au moins Xavier Bertrand cracha-t-il sa méchanceté à la figure d’un journaliste expérimenté.

    Ecoutez-le! « J’en ai rien à faire. Si vous voulez parler de ça, vous allez trouver quelqu’un d’autre. Avec moi, vous parlez de choses sérieuses. »

    Les « choses sérieuses » étant ce dont veut parler Mélenchon! Rien d’autre. Les « prostituées dans les bois » apprécieront. Gageons qu’elles sauront consoler avec gratitude le « débutant » qui a vu son indépendance de journaliste prise d’assaut comme pucelle à la sortie de la messe.

    N’oublions pas de souligner que Mélenchon, non content de vouloir dicter sa conduite au journaliste, l’insulte en le traitant de « petite cervelle ».

    C’est à se demander qui a un problème de refoulé! Une chose est toutefois certaine : Mélenchon a atteint son orbite. Et il tourne, il tourne…

    Ceci dit, il est vrai que cette façon de pratiquer le journalisme est inhabituelle en France où, non content de servir la soupe, on tient la cuillère pour s’assurer qu’elle atteigne son objectif et on lèche les bottes de l’interviewé(e) quand il en renverse.

    Ce qui est rarement le cas ailleurs.

    A titre d’exemple, il suffit de constater que c’est toujours à l’étranger et/ou par des journalistes étrangers que sont posées les questions qui dérangent le Président. Il est d’ailleurs facile d’identifier ces questions : elles précèdent toujours une de ses sautes d’humeur. 😀

    Je vais donc continuer à améliorer mon allemand et mon anglais en continuant à lire la presse étrangère, surtout quand elle traite de sujets français, et je souhaite bonne continuation à Félix Briaud qui a su faire son travail en pro. En vrai pro.

    Ca, c’est (aussi?) une provocation. :-p

    Commentaire par Ferdydurke — 02/04/2010 @ 17:29

  26. Peut-on m’expliquer la joie de repeter à l’ancan cet oxymore approximatif ‘reouverture des maisons closes’ ? En dehors du jeu de mots et du caractere graveleux, je pense que ca n’a strictement aucun sens.

    Je comprend que vous defendiez votre corporation. Et moi, je peux vous retorquer ‘syndrome de stockholm’.

    Et la discussion s’arrete.

    Commentaire par mangouste06 — 02/04/2010 @ 18:53

  27. <>

    Vous exagérez un peu il y a aussi les 35h et les Fracs-Maçons quand même.

    <>

    Et dans les quatre professions que vous venez de citer vous êtes les seuls (pour le moment en tout cas) à faire partie du domaine concurrentiel.

    Ceci dit, pour nuancer ce que je viens de dire, on ne peut pas dire que les enseignants fassent bloc derrière leurs collègues de l’IUFM: les commentaires les plus positifs sont ceux qui disent que la formation y était améliorable les plus négatifs étant ceux qui accusent les IUFMs de tous les maux de l’école actuel. Mais je pense, avec vous il me semble, que notre corps est bien plus homogène et solidaire que le votre.

    Alors trop simpliste l’explication de la concurrence sur le fait que, quand l’un des vôtres est attaqué, il n’a que peu de soutien de ses pairs?

    Commentaire par JO — 02/04/2010 @ 20:48

  28. « La crise, c’est encore la faute aux journalistes. La neige en hiver, la fin des valeurs morales, le mécontentement des français, la baisse du pouvoir d’achat, le chômage tout cela c’est toujours la faute des journalistes. »
    « Et puis ils sont paresseux, lâches, menteurs, … et imbéciles. »

    Manquerait plus qu’ils soient juifs en plus …
    OK, je sors !

    Commentaire par Yves D — 02/04/2010 @ 21:25

  29. Mais non, restez, les Juifs sont ici.

    Commentaire par tschok — 02/04/2010 @ 22:16

  30. @ Ferdydurke, com 25,

    « Mélenchon, lui, nous fait simplement la démonstration qu’il ne supporte pas que les voyeurs ne s’intéressent pas à son exhibitionnisme. »

    Belle formule.

    Je l’apprécie. Lui moins, sans doute, s’il vous lisais. Cela vous vaudrais sans doute ses foudres. Mais comme on dit: « pas vu, pas pris » (dans les multinationales, on dit: pas vu, pas prix).

    Vous savez qu’il est un plaisir extraordinaire: celui de ne pas être écouté et, pourtant de laisser une trace?

    C’est beau les blogs, hein?

    Commentaire par tschok — 02/04/2010 @ 22:23

  31. @ mangouste06, com 26,

    Vous faites bien de signaler le syndrome de Stockholm (Helsinki, non? Je sais pas).

    Il souligne le fait que dans la vie courante les discussions s’arrêtent dès qu’on prend une arme, alors que dans les prises d’otages, c’est le contraire.

    Commentaire par tschok — 02/04/2010 @ 22:26

  32. @tschok com 31

    Le syndrome d’helsinki n’existe pas. C’est ‘syndrome de stockholm’ qu’il faut dire.

    Et c’est quand un otage, a force de cotoyer son geolier, se met a defendre le point de vue du geolier, plutot que le sien.

    En fait, je parlais de la defense acharnee de sa profession de la part d’aloicha. Quand on fait une defense en bloc de la profession de journaliste, un exemple unique suffit a demontrer la non pertinence du point de vue. D’ou mon premier post.

    Commentaire par mangouste06 — 03/04/2010 @ 08:12

  33. @ tschok

    Bonjour et merci pour le compliment.

    Ceci dit, j’ai une vieille habitude…hum… presque un principe, dont je fais parfois une stratégie : justement de ne pas pratiquer le « pas vu, pas pris ».

    L’adresse email que je fournis contenant mon nom et mon prénom, vivant à Paris et étant le seul quidam portant ce nom et ce prénom à figurer dans les pages blanches, je suis donc tout sauf invisible. M. Mélenchon peut donc prendre contact avec Aliocha, laquelle peut transmettre mes coordonnées à l’intéressé à toutes fins utiles (tout comme elle peut m’adresser les bouteilles de Chasse-Spleen en compensation des nombreux actes de maltraitance virtuelle qu’elle infligea au pôv’ mâle que je suis).

    Si M. Mélenchon n’a rien de mieux à faire (de la politique, par exemple), je me ferai non seulement un devoir de confirmer mon propos, de plus j’argumenterai avec soin et précision. Je ne manquerai pas non plus d’attirer son attention sur cette autre déclaration : « Mélenchon a atteint son orbite. Et il tourne, il tourne… »

    Tout cela avec le ton badin et le léger sourire qui font inévitablement naître chez l’interlocuteur ce regard qui me dit « petit con », ce qui m’enchante toujours car il vaut reconnaissance de mes efforts en plus de révéler le manque d’argument du contradicteur.

    😀

    @ mangouste06 (com 32)

    Sous réserve que l’argument supposé démontrer la non-pertinence du point du vue soit lui-même pertinent.

    Montrez-nous donc en quoi Aliocha défend le point du vue du geôlier…

    Car, quand je lis ceci :

    « Voyez-vous chers éminents confrères, il me semble que l’exercice de l’auto-critique vertueuse est en train d’atteindre ses limites. Cela fait longtemps que nous avons tous opéré le diagnostic de nos travers. Pour quel résultat ? Qu’est-ce qui a changé en mieux ? En quoi le fait d’applaudir quand l’un d’entre nous se fait insulter peut-il faire avancer la cause du journalisme ? Vous ne voyez pas qu’on s’enfonce tous dans la névrose, que cette haine de nous-mêmes est destructrice ? Personnellement, j’ai une autre recette à proposer, toute simple : aimer son métier, le pratiquer le mieux possible et s’employer à le faire respecter. A observer Mélenchon, Sarkozy, Peillon, Bertrand et les autres, je crois qu’il est urgent de s’y mettre. »

    j’y vois plus une critique et un appel à se reprendre qu’une défense. Non?

    Commentaire par Ferdydurke — 03/04/2010 @ 09:28

  34. N’empêche. On dit « un claque », et non pas « un clac ».

    (Ne me remerciez pas pour cette contribution décisive au débat).

    Commentaire par Philarete — 03/04/2010 @ 10:14

  35. @ Philarete

    Tsss… C’est dans un souci esthétique d’harmonie entre les masses qu’Aliocha a remplacé le que de claque par le c de diagnostic qui hérita en retour du que de claque.

    Encore une histoire de que

    Commentaire par Ferdydurke — 03/04/2010 @ 11:15

  36. « que de mettre soi-même les mains dans le cambouis »
    Jusque là tout allez bien et puis les FAMEUSES mains dans le cambouis sont arrivées….

    Cambouis : Le cambouis est une huile ou une graisse oxydée et noircie par le frottement des organes d’une machine.

    Les journalistes auraient-ils « les mains sales »?
    Faites votre boulot, ça vous suffira amplement et à moi aussi.

    Commentaire par Bourguignon — 03/04/2010 @ 13:49

  37. @ Feyderduke

    Car, quand je lis ceci :

    « Voyez-vous chers éminents confrères, il me semble que l’exercice de l’auto-critique vertueuse est en train d’atteindre ses limites. Cela fait longtemps que nous avons tous opéré le diagnostic de nos travers. Pour quel résultat ? Qu’est-ce qui a changé en mieux ? En quoi le fait d’applaudir quand l’un d’entre nous se fait insulter peut-il faire avancer la cause du journalisme ? Vous ne voyez pas qu’on s’enfonce tous dans la névrose, que cette haine de nous-mêmes est destructrice ? Personnellement, j’ai une autre recette à proposer, toute simple : aimer son métier, le pratiquer le mieux possible et s’employer à le faire respecter. A observer Mélenchon, Sarkozy, Peillon, Bertrand et les autres, je crois qu’il est urgent de s’y mettre. »

    j’y vois plus une critique et un appel à se reprendre qu’une défense. Non?

    Commentaire par Ferdydurke — 3 avril 10 @ 09:28

    Certes, mais les journalistes auront beau être les plus vertueux du monde, rien ne s’améliorera si on ne change pas les conditions de production de l’information. 50 % des journalistes en situation de précarité, courir le cacheton à droite à gauche, recopier les dossiers de presse parce que c’est ce qu’on vous demande au lieu de vous envoyer en reportage (le reportage, ça coûte cher), ça n’aide pas à faire consciencieusement son travail.
    Mettre systématiquement les questions de déontologie en avant, la responsabilité individuelle des journalistes, ça me semble nettement insuffisant pour changer quoi que ce soit.

    ASI a publié une enquête sur France Soir, racheté par un oligarque russe. Le journal s’est transformé en instrument de propagande au service de Sarkozy. Il y a une valse de licenciements de journalistes qui renâclent à se transformer en propagandistes. Est-ce que vous croyez que c’est leur manque de conscience professionnelle qui est en cause ?

    Commentaire par Gilbert — 03/04/2010 @ 15:51

  38. @ Gilbert

    « Est-ce que vous croyez que c’est leur manque de conscience professionnelle qui est en cause ? » Absolument pas.

    Je dirai même que comme dans beaucoup d’entreprises (et sans verser dans la caricature « patrons=salauds »), la pression économique nuit souvent à la conscience professionnelle.

    Je vous rejoins aussi quand vous observez que la conscience professionnelle des « journalistes qui renâclent à se transformer en propagandistes » conduit souvent à leur licenciement ou à leur mise au placard, en vertu du principe qui énonce que le clou qui dépasse connaitra le marteau, donc qu’on sanctionnera plus facilement celui qui sort du lot en étant exigeant vis-à-vis de sa propre pratique plutôt qu’encourager ceux qui le sont moins à le devenir. Niveler par le bas est toujours plus facile et moins coûteux…

    Ce qui serait idéal et constructif, ce serait que tout le monde fasse preuve de cette exigence de rigueur qu’est la conscience professionnelle, du pigiste au top manager, plutôt que verser dans les confortables pratiques du « c’est pas moi, c’est l’autre » ou du « j’obéis aux ordres« , si déresponsabilisantes, voire la désignation d’un bouc émissaire :

    Le phénomène du bouc émissaire est la loi du « tous contre un ». Il a pour fonction d’exclure la violence interne à la société (endémique) vers l’extérieur de cette société. Pour que ce phénomène soit effectif, il faut :

    * que la mise en oeuvre du rituel du bouc émissaire reste cachée,
    * que la violence résultante de cet acte n’entraîne pas une escalade de violence, d’où la nécessité d’un « typage » des victimes (elles ne sont pas choisies au hasard). C’est le principe de moindre violence,
    * que les individus soient persuadés de la culpabilité du bouc émissaire,
    * et (dans une moindre mesure) que les victimes soient persuadées d’être coupables.

    Le problème de ce mécanisme régulateur de la violence est son caractère temporaire. En effet, la violence endémique générée par le désir mimétique se fait, tôt ou tard, ressentir. L’on a recours alors à un nouveau bouc émissaire. (wikipedia)

    Or, c’est justement la conscience professionnelle, et son caractère éthique, qui permet de créer une dynamique de groupe positive, un cercle vertueux en rupture avec le cercle vicieux de la déresponsabilisation. Cette dynamique positive, une fois bien engagée, apporte en outre le bénéfice de pouvoir détecter et sanctionner les inévitables abus, légitimement et sans pitié.

    Donc, selon moi, la conscience professionnelle est le moteur le plus efficace, que ce soit en termes de conditions de travail que de performances et de résultats. Quand elle se pratique collectivement et individuellement. Et à tous les étages. Ce qui me semble rejoindre votre point de vue, non?

    Commentaire par Ferdydurke — 03/04/2010 @ 18:33

  39. @ Feyderduke,

    « Donc, selon moi, la conscience professionnelle est le moteur le plus efficace, que ce soit en termes de conditions de travail que de performances et de résultats. Quand elle se pratique collectivement et individuellement. Et à tous les étages. Ce qui me semble rejoindre votre point de vue, non? »

    Oui et non. C’est une condition nécessaire mais non suffisante. Je suis persuadé que la plupart des journalistes, même ceux qui produisent de la merde (parce qu’on ne peut pas, quand on est en situation de précarité, traiter sérieusement plusieurs sujets en même temps quand on n’a pas le temps nécessaire pour le faire) ont de la conscience professionnelle. Ça ne produit pas pour autant de l’action collective pour changer les choses. La trouille du licenciement, la peur de l’ouvrir parce que ça pourrait nuire à la carrière, il y a toutes sortes de facteurs, en dehors des sentiments humains, qui font que les choses ne risquent pas de changer.
    La sous-syndicalisation, par exemple. Je ne fais la promotion d’aucun syndicat en particulier, mais il faut savoir que 7 à 8 % seulement des journalistes sont syndiqués. Pour moi, c’est une honte. Journaliste, c’est un des métiers les plus individualistes qui soit. Qu’on ne me parle pas des sociétés des rédacteurs, qui mélangent souvent le journaliste de base et la plus haute hiérarchie. Les intérêts des uns et des autres ne sont évidemment pas les mêmes.

    Commentaire par Gilbert — 03/04/2010 @ 20:59

  40. On a tendance à mettre tout le monde dans le même sac c’est vrai, mais vous ne pouvez nier les abus considérables de votre profession.
    Dans un de leurs face à face sur LCI Ferry et Julliard en sont venus il y a quelques mois à parler de la profession de journaliste, et ce dernier dont on ne peut douter des qualités en ce domaine a parlé d’une certaine « éthique » qui semble avoir cessé malheureusement d’exister.
    En défense vous nous donnez Aliocha la liste des autres professions dans le même cas comme si les cul de jatte devaient consoler des unijambistes. Savoir que partout actuellement il y a magouilles prévarications démesures et que le mot d’ordre soit « rentabilité » n’exclue pas le fait que votre profession soit comme les autres et ne l’excuse pas pour autant.
    A parfois aller trop loin et se croire invulnérable, on récolte ce qu’on sème.

    Commentaire par scaramouche oo1 — 04/04/2010 @ 14:38

  41. Je suis desole pour le lien en anglais, mais pour ceux qui le lisent je trouve ceci tres interessant. c’est de l’anthropologie appliquee aux salles de redactions :

    http://www.shirky.com/weblog/2010/04/the-collapse-of-complex-business-models/

    La partie interessante :

    “Web users will have to pay for what they watch and use, or else we will have to stop making content in the costly and complex way we have grown accustomed to making it. And we don’t know how to do that.”

    Le reste explique cette phrase.

    Commentaire par mangouste06 — 04/04/2010 @ 18:02

  42. Parle pas le rosbeef. Vous pouvez traduire, SVP ?

    Commentaire par Gilbert — 05/04/2010 @ 16:05

  43. @ gilbert

    « Les utilisateurs deu wab vont devoir payer pour ce qu’ils regardent et utilisent, sinon nous devront arreter de produire nos articles de la facon onereuse et complexe qui nous caracterise. Et nous ne voulons pas faire ca. »

    Le post utilise les dernieres explications ethnologiques qui expliquent les disparitions civilisations entieres (qui ce sont ecroulees du jour au lendemain), par leur complexite et leur incapacite a reduire cette complexite en periode de crise, pour tirer un parallele avec les medias et leur devenir.

    Mais c’est bien mieux explique dans le post.

    Commentaire par mangouste06 — 05/04/2010 @ 16:39

  44. Bon, je devrais mieux me relire. Je suis desole.

    @ gilbert

    « Les utilisateurs du web vont devoir payer pour ce qu’ils regardent et utilisent, sinon nous devrons arreter de produire nos articles de la facon onereuse et complexe qui nous caracterise. Et nous ne savons pas comment faire pas faire ca. »

    Le post utilise les dernieres explications ethnologiques qui expliquent les disparitions civilisations entieres (qui ce sont ecroulees du jour au lendemain), par leur complexite et leur incapacite a reduire cette complexite en periode de crise, pour tirer un parallele avec les medias et leur devenir.

    Mais c’est bien mieux explique dans le post.

    Commentaire par mangouste06 — 05/04/2010 @ 16:41

  45. Merci. Je pense qu’il est trop tard maintenant pour que les « grands » journaux puissent revenir, à la suite de Murdoch, sur la gratuité en ligne. On verra ce que va donner la formule sophistiquée du Monde.

    Pour revenir au coup de colère de Mélenchon, Acrimed, qui était attendu sur ce genre d’affaire, a publié un article :
    http://www.acrimed.org/article3342.html#nh12

    Commentaire par Gilbert — 06/04/2010 @ 14:35

  46. Et maintenant en francais, un peu moins universitaire, beaucoup plus ‘impliquant’ :

    http://novovision.fr/?L-iPad-et-la-presse-l-aveu-d-un

    Aliocha : j’avais deviné, à vous lire, d’où vous venait cette haine absurde du journalisme. Je reconnaîtrais cette rhétorique entre mille.

    Commentaire par mangouste06 — 06/04/2010 @ 22:42

  47. Pour ma part, j’y vois plus que de la rhétorique. Est-ce que vous contestez les chiffres qui montrent l’effondrement de la presse papier ? Quels sont les vôtres Aliocha ? J’ai l’impression que vous faites porter au messager la responsabilité du contenu du message.

    Commentaire par Gilbert — 06/04/2010 @ 23:40

  48. @Aliocha, Post 46 :

    Je suit novovision parceque je pense des choses similaires a ce qu’il ecrit. Et pas le contraire.

    Mais, je lit aussi et surtout les productions des dirigeants des medias d’informations (Ruppert Murdoch, dans le texte et in extenso, entre autre), et ca fait peur.

    Je n’ai juste pas le temps, ni l’envie de mettre par ecrit mes differences avec le camp novovision (pour simplifier) et mon opposition frontale à celui de Murdoch.

    On pourrai tenter de discuter de l’incapacite des journalistes de traiter de facon correcte de toutes les informations contenant des donnees chiffrees. Quelqu’un a regarde la courbe dont allegre parle, en lui faisant dire le contraire de ce que son auteur cherche a lui faire dire? Par exemple. La fin de la polemique se trouve dans la courbe, il suffit de savoir regarder. La reponse est differente de l’a priori? Et alors, c’est ca le journalisme, non? Au travail.

    Finalement, je me demande quel est l’interet de parler de son avenir en temps qu’espece avec un dinosaure? Je pense que j’aimerai juste en sauver quelques uns avant qu’il ne soit trop tard.

    Commentaire par mangouste06 — 07/04/2010 @ 09:05

  49. @mangouste06 :
    Je ne suis pas journaliste, je suis même assez critique (exigeant) envers eux ! Mais cet article, c’est le summum de la mauvaise critique !

    « petits trafics de statistiques »… une source ??
    « l’information journalistique (…) n’intéresse pas grand monde et pas plus sur internet qu’ailleurs »… humm, don de voyance ?

    Ahhh, pour finir, la fameuse critique de l’Ipad. Non compatible avec des outils non Apple.
    Pourquoi PC a explosé le marché en 1990 et Apple est resté marginal ? Un peu de recherche vous donnera la même réponse que … ci-dessus !

    « L’information journaliste ne peut pas être pratiquer par tout le monde ». C’est une phrase qui manque clairement dans la démonstration.
    Autant je suis d’accord pour critiquer les journalistes ainsi que sur les solutions qu’ils croyaient avoir, autant là, je crois que le raisonnement est faux, car il ne s’appuie pas sur des bases vérifiées. dommage.

    Commentaire par testatio — 07/04/2010 @ 10:53

  50. Il est toujours bon de rappeler ca :

    http://owni.fr/2010/04/07/l%E2%80%99information-n%E2%80%99a-jamais-ete-un-produit-commercialement-viable/

    Commentaire par mangouste06 — 07/04/2010 @ 19:39

  51. Oh! Une référence à Narvic… Hé hé.

    @ mangouste06

    On ne vous a pas prévenu? Mentionner Narvic ici, quelle inconscience!

    C’est un peu comme laisser l’album intégral des top-models 1959-2009 entre les mains de Goloubchik, envoyer Tschok et Fantômette en pèlerinage à Danette sur Chantilly, ou me laisser seul dans une salle avec trois businesswomen version dressed to kill (facile à gérer : les monter les unes contre les autres, attendre la fin des bombardements sous la table, chouchouter la survivante victorieuse, les perdantes traitent les dossiers)…

    Aliocha, vous lui jetez un Narvic à la figure et elle se transforme en Attila des blogs! Un vrai piranha en dentelles : en deux-deux vous gagnez un poste à vie dans la galerie Anthropologie du Musée de l’homme ou vous finissez en sachet de cure-dents!

    *poursuit Aliocha dans la rue (en tout bien tout honneur et en essayant de couvrir le vacarme causé par son armure de plaques +3 contre les lectrices de presse à pouffe)*

    Keuf Keuf… Rhaa… Comment faites-vous donc pour marcher aussi vite avec des stilettos? Il y a quelque maléfice là-dessous! Là n’est toutefois pas l’objet de ma course folle à vos trousses. Dites, Dame Aliocha… Narvic… Vous m’en laissez un bout, d’ac? Allez, je sais que vous êtes une chic fille. Faut partager les bons moments, pas vrai? Zavez déjà mangé tous les chocolats et tous les lapins! Y’a même plus une oreille de vaillante!

    J’m’engage en retour à chasser les araignées et à ouvrir tous les pots de confitures récalcitrants les 1er et 3ème lundi impairs de chaque mois où Saturne est en conjonction avec Mars. C’est gentil, non?

    Un peu de compassion, voyons. C’est que je m’ennuie ferme, moi, j’en ai le heaume qui rouille… Je ne peux même pas partir en croisade, cela la ficherait mal vu mon goût pour le monde arabe. Bon sang, comprenez-moi! J’en suis réduit à bousculer des donzelles dans la rue pour pouvoir ensuite leur masser chevaleresquement leurs genoux et leur séant endoloris avant de panser leur amour-propre meurtri (ce qui n’est pas le plus aisé). C’est tout dire!

    Même les Terres du Milieu, c’est mort. J’ai appelé et j’ai appris que Gandalf s’est retiré du circuit et se retrouve à faire des tours de passe-passe dans un bar glauque de Singapour. Faut le comprendre, aussi. Il déprime sévère. Il s’est fait griller la politesse par un hobbit (celui qui a fait tomber le mur de Berlin tout seul), qui s’est pointé dans les mines de Moria, TOUT SEUL, en petite foulée, sans être invité. Il a d’abord commencé par faire perdre son calme à Legolas, lequel est parti se prendre une bonne cuite avec Gimli et les autres hobbits dans un rade de la Comté.

    Du coup, Aragorn a tout planté là lui aussi en maugréant « Puisque ce #?*%§ s’en mêle, je laisse tomber. Pas demandé à être roi, moi, d’abord. Déjà qu’il drague Arwen devant moi. Elle lui rappelle quelqu’un ou quoi? De toute façon, il peut se la garder.
    Elle me tape sur le système, cette grande bêcheuse avec ses airs de moi-j’ai-vécu-plusieurs-millénaires-donc-je-sais-de-quoi-je parle-et-toi-tu-fais-ce-que-je-dis. Elle peut la ramener… A son âge elle est encore fourrée, bien au chaud, chez son père alors que cela fait des années que je roule ma bosse dans les bois sans avoir eu besoin de personne pour me dire ce que je devais faire! Comment ose-t-elle me faire la leçon alors qu’il suffit que je lui froisse une oreille pour en tirer des miaulements de chatte échaudée!
    Et cette manie qu’elle a de parler de façon alambiquée à m’en faire des noeuds au cerveau! D’accord, elle est jolie comme un coeur et super-ban**bip**te avec ses airs de Sainte-Nitouche qui n’en pense pas moins. D’accord, elle est gentille, de bons conseil, attentive, toussa, toussa. Elle chante divinement bien et maintenir mon elfique à niveau est une bonne chose… Elle est pleine de qualités, je dois bien le reconnaitre, mais y’en a marre.

    Allez, j’la plaque et j’file chez Eowyn. Là au moins, je sais où je mets les pieds : elle sait tenir une maison même quand Papa a la lucidité d’un amibe. Elle manie l’épée ce qui nous facilitera les disputes : un bon duel au premier sang et le perdant fait la vaisselle. Le bonheur! Plus de sempiternelles palabres qui feraient passer des négociations avec un Uruk-Hai pour une partie de belote. Elle est indépendante, déterminée, directe, avec un petit côté fragile si touchant à l’opposé de l’assurance hautaine d’Arwen qui a le don de m’énerver, et elle monte à cheval ce qui laisse envisager bien des délices.
    Hum… Tout compte fait, Arwen, elle a beau être hyper-fashion, super-intelligente et cetera, elle ne fait pas le poids face à une femme de terrain comme Eowyn et son charme de pouliche revêche qui ne s’en laisse pas compter.

    En plus, vu l’état dans lequel est son père, il ne risque pas de m’enquiquiner avec des requêtes ahurissantes. Elrond est un chic type, aucun doute là-dessus. Il en impose et il mérite vraiment le respect du à son rang, je veux bien faire des efforts, je comprends qu’il veuille la meilleure situation pour sa fille. c’est normal : c’est papa. Mais quand même : Tu ne te taperas n’épouseras pas ma fille tant que tu ne seras pas Roi du Gondor.

    Kwaaa? Roi du Gondor? Euh laaa… Pourquoi pas aller rouler des pelles aux Nazgul, tant qu’on y est! Vu le foutoir qu’est le Gondor, j’préfère encore aller défier des trolls à la pétanque. Il pousse un peu, le vieux Elrond. En plus, quel macho! Dicter ses conditions à sa fille! Et elle qui approuve! Elle a beau s’la jouer autonome, quand papounet dit, elle ne moufte plus. Du flan, oui.

    Sans même parler de la satisfactions de mes besoins primaires! Il n’a jamais eu le temps d’étudier Maslow, Elrond, depuis des millénaires?

    C’est tout vu. J’me tire. M**de au Gondor, f*ck Sauron, ciao Elrond. J’envoie un p’tit mot d’adieu à Arwen. Après tout, puisqu’elle est immortelle elle a la vie devant elle. Moi non! J’y joindrai sa fichue breloque qu’elle s’obstine à vouloir me faire porter. Non seulement, je suis ridicule au point que même les orcs se fichent de moi. De plus, c’est l’angoisse ce truc. C’est si fragile que j’ai peur de le briser au moindre mouvement, ce qui me vaudrait à coup sûr des remontrances. Comment voulez-vous que je me concentre en pleine castagne si je dois, en plus, faire attention aux bijoux confiés par Madame? J’suis un guerrier, moi! Y’en a vraiment marre.

    Allez, zou vers le Rohan. Avec un peu de chance, si je me dépêche, j’arriverai à temps pour le dîner. Parait qu’il y a du goulash. Ca me changera des lembas. »

    Reprenons… Donc, v’là que juste au moment où Gandalf s’apprête à affronter le balrog, ledit hobbit se faufile entre les jambes du mage et balance au démon un « casse-toi, pov’con ». Devinez ce qui s’est passé ensuite… Ben oui : le balrog a fondu en larmes, en a lâché son fouet et s’est enfui en couinant « il est vraiment trop méchant ». On ne l’a toujours pas revu.

    La suite est à l’avenant. Le hobbit a repris sa route, toujours en petite foulée (hop, hop), en direction du Mordor. Ah! Il a fait un crochet pour se rendre chez Saroumane et lui offrir une bonne place à ses côtés s’il retournait sa veste, ce que le vieux mage fit. Aux dernières nouvelles, le hobbit est toujours en route (hop, hop) pour aller « exploser la couenne à cette (bip) de Sauron » (sic). On l’aurait vu aux portes du Mordor, équipé d’un crochet, embaucher Gollum comme conseiller personnel es précieux, ledit hobbit ayant décidé de garder l’anneau pour lui (na!).

    Franchement, y’a de quoi avoir de la peine pour Gandalf… Tout ce temps passé à oeuvrer et à s’investir, personnellement, patiemment, jour après jour, afin de sauver la Terre du Milieu. Et pan, le hobbit…

    Donc, la Terre du Milieu, c’est mort et ma lame crie famine.

    Tandis que là, avec Narvic, je saurai quoi faire. Pensez donc, un prophète de l’apocalypse médiatique! Les hérétiques ça me connait. Deux heures de vierge de fer au réveil. Ensuite, deux heures de stretching au chevalet pour l’assouplir. Pause. L’après-midi, cep ou brodequins au choix. S’il crie trop, hop, la poire de l’angoisse judicieusement placée…
    Pour innover, on peut envisager les rats affamés grignotant les orteils ou un truc sympa dont m’a parlé une copine chinoise, le lingchi. Bien ça, le lingchi, il parait qu’on peut garder le supplicié en vie pendant trois jours.

    Ah oui, j’oubliais… Faut le faire durer jusqu’à la fin de l’année. Ne pas l’achever avant Noël (Halleluia! qu’il prenne un peu de repos, ouvre un novovision 3 début 2011 et c’est reparti pour un nouveau festin! Zavez raison, faut s’amuser mais faut aussi penser . La gestion des ressources, c’est important. Même les orcs surveillent leurs consommation de hobbits.

    Allez Aliocha, soyez chic. Juste un p’tit peu. Juste un léger démembrement. Rien que le pouce et promis, j’y touche plus de l’année. Siouplé, Aliocha.

    😀

    @ Gilbert

    Merci de votre réponse. Je reviens vers vous (sérieusement).

    Commentaire par Ferdydurke — 07/04/2010 @ 21:30

  52. @ Ferdydurke

    Quite good! Y’re really back.

    Commentaire par Goloubchik — 08/04/2010 @ 00:18

  53. @ Goloubchik

    Merci. J’entretiens une vieille rancune envers les elfes. Se voir privé du droit de tout nain à retailler les oreilles d’un elfe ou d’en pousser un sur un piège lors de parties de JdR entraîne des effets dévastateurs. Tout cela parce que des maîtres de jeu rigoristes refusent qu’on s’amuse avec les personnages des joueurs. Pfff…

    Désolé pour les fautes, l’italique désaxé et les mots manquants. Trop vite, trop vite!

    Commentaire par Ferdydurke — 08/04/2010 @ 01:11

  54. Eh bé, Ferdydurke,

    Vous avez une vie palpitante, dites donc.

    Je connaissais pas le lingchi (mes goût son plus classiques: en matière de torture, je ne connais que la cuisine de ma belle mère et la lecture de Paul Guth, auxquelles j’ai survécu par un miracle qui m’a jeté dans les bras de la foi en la Danette).

    PS: je veux bien partir en pèlerinage avec Fantômette, mais je dis pas non à l’album intégral des top models 1959 2009. Mais je vous laisse les trois businesswomen (je suis plus dans ma période Bosley).

    Quoique…

    Commentaire par tschok — 13/04/2010 @ 14:47


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