La Plume d'Aliocha

25/03/2010

Un si dangereux silence

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 23:50

Fichtre, si Mussipont n’avait pas attiré mon attention sur la polémique qui se déroulait chez Eolas, j’aurais manqué le débat de la semaine ! Ainsi donc, Philippe Bilger volant au secours d’Eric Zemmour déchaîne les passions sur la toile. Et mes auteurs préférés s’engagent, surenchérissent, d’Hugues Serraf à Elisabeth Levy, en passant par Le Chafouin. Mazette ! Fallait-il que je sois absorbée pour ne pas entendre un tel brouhaha.  Entre nous, je regrette d’avoir manqué cela, c’est l’un des charmes du web que de permettre ce genre d’empoignade dont on sort généralement à la fois groggy et plus intelligent.

Les lecteurs assidus de ce blog ne seront sans doute pas surpris que je me range, tardivement je l’admets, du côté de la défense de Zemmour et Bilger. Non pas que je pense qu’ils ont raison sur le fond,  mais simplement parce que vous le savez, je défends ici sans relâche la liberté d’expression. N’ayant pour ce faire que mon expérience de journaliste qui m’enseigne chaque jour que cette précieuse liberté se réduit comme peau de chagrin sous les coups de boutoir de la com’, du politiquement correct, de la bien-pensance, de la censure et de l’auto-censure, je ne représente au fond que moi-même, ce qui est fort peu, je vous l’accorde. Heureusement, en découvrant cette polémique, je suis allée fouiller dans ma bibilothèque et j’ai retrouvé un précieux ouvrage que j’entends verser au soutien des accusés. Il s’agit du livre de Stuart Mill intitulé « De la liberté ». C’est ce texte qui a définitivement forgé mon attachement à la liberté d’expression.

Et plus particulièrement cet extrait :

« Le mal particulier  qui consiste à réduire une opinion au silence revient à voler le genre humain : aussi bien la postérité que la génération présente, et ceux qui divergent de cette opinion encore plus que ses défenseurs. Si l’opinion est juste, ils sont privés de l’opportunité d’échanger l’erreur contre la vérité; si elle est fausse, ils perdent un avantage presque aussi grand : celui de la perception plus claire et de l’impression plus vive de la réalité, que produit sa confrontation avec l’erreur ». (Extrait du chapitre 2 : De la liberté de pensée et de discussion)

Eric Zemmour a mis le feux aux poudres en déclarant le 6 mars chez Thierry Ardisson : « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait ».

Philippe Bilger de son côté, prenant fait et cause pour Zemmour au nom de la liberté d’expression qu’il défend régulièrement sur son blog, a écrit le 17 mars : « En effet, je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce « fait », la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Je précise car rien dans ce domaine n’est inutile : qu’il y ait aussi des « trafiquants » ni noirs ni arabes est une évidence et ne me rend pas plus complaisant à leur égard ».

Je conçois que ces déclarations puissent blesser, j’admets que dans le contexte actuel elles apparaissent malvenues tant le débat autour de l’identité nationale a sans doute ouvert plus de blessures qu’il n’a apporté de réponses, mais quand je lis la réponse d’Eolas, je songe que Stuart Mill avait infiniment raison, la confrontation avec l’erreur, ou plus exactement ici avec un raisonnement qui pêche de s’en tenir au constat sans aller chercher la cause, permet de faire jaillir une perception plus claire et plus vive de la réalité.

Car si Zemmour n’avait pas fait cette sortie, Eolas n’aurait pas écrit ce qui suit, et franchement je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je l’aurais regretté :

« Les box des tribunaux correctionnels ne sont pas remplis de noirs ou d’arabes. Ils sont remplis de pauvres désespérés. C’était déjà le cas il y a un siècle, quand le blanc était la couleur dominante.

La France n’a pas échoué à intégrer les populations qu’elle a fait venir d’Afrique ces cinquante dernières années. Elle n’a même pas essayé. C’est cela que la couleur des prévenus nous rappelle à chaque audience. C’est que pas un seul d’entre eux, bien que né en France, n’a pensé une seule seconde qu’il avait une chance de devenir lui aussi médecin, avocat, juge, journaliste au Figaro ou avocat général.

La honte est sur nous et pas sur eux ».

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85 commentaires »

  1. Bonsoir,

    Je ne crois pas qu’il soit obligatoire de subir Zemmour pour apprécier l’intelligence du verbe d’Eolas, même si je conviens que cette intelligence contraste plus fortement avec ce qui en est plus éloigné.

    Par ailleurs je trouve regrettable qu’une voix de la république (car Bilger n’est rien moins que cela) condamne plus volontiers la bienséance que la bêtise. Il avait déjà perdu la moitié de l’estime que je lui portais par sa réaction prématurée à condamner Ali Soumaré (et j’ai cherché en vain depuis des phrases montrant qu’il avait a minima perçu sa bévue), le reliquat est désormais à sa disposition.

    Si la liberté d’expression ne doit servir qu’à déformer le réel en vue de propagande, alors je ne suis pas sûr qu’elle vaille le sang qui l’a un jour nourrie.

    Les récents exemples créationnistes (attention l’évolution n’est qu’une théorie…) ou climato-sceptique (Allègre qu’il faudrait laisser parler bien qu’il falsifie une bonne part des documents dont il se sert) font douter de la necessité de cette liberté.
    Heureusement que le net permet de réagir à cela.

    La liberté d’expression devrait être assujettie à deux exceptions: la mauvaise foi, et la bêtise manifeste. Quand bien même ça me réduirait au silence.

    …et il est étonnant que personne ne portant l’étendard de la liberté d’expression ne vienne au secours des journalistes du JDD

    Aliocha : en quoi Bilger déforme-t-il le réel ? Il confirme, avec son oeil de magistrat, les propos de Zemmour et Eolas ne fait rien d’autre non plus, sauf qu’il explique, et ça change tout, pourquoi on observe moins de blancs sur les bancs du tribunal poursuivis pour trafic, soulignant que la délinquance est liée à la pauvreté et à rien d’autre. Ce qui m’irrite, dans cette polémique, c’est qu’on conteste moins les paroles prononcées que le sens qu’on veut bien leur prêter ou les conséquences qu’elles pourraient avoir d’un point de vue politique. Nous frôlons le procès d’intention, je n’aime pas cela. Quant à censurer les imbéciles et les gens de mauvaise foi, je veux bien, mais qui jugera ? Où trouverez-vous ne serait-ce qu’une seule personne qui ne soit sujette ni à la bêtise ni à la mauvaise foi ?

    Commentaire par Karam — 26/03/2010 @ 00:23

  2. Je m’abstiendrai de répondre sur le fond : la bêtise me répugne.
    Sur la forme, il faut relever la finesse du nommé Zemmour : « noirs et arabes », c’est-à-dire qu’ils sont de couleurs plutôt marrons ET (en français on dispose également de la disjonction : ou, tant pis pour les profs qui l’enseignent) qu’ils parlent la langue d’Allah : un tel cas est fort rare dans la réalité (Nigeria, d’autres pays ?), qui doit l’être d’autant plus dans nos prisons.

    Juste une pique : si la liberté d’expression souffre de telles hauteurs de vue, je préfère très franchement passer mon temps à lire difficilement les anciens – là je trouve une dignité à mon état.

    Commentaire par Bardamu — 26/03/2010 @ 02:50

  3. Ça commence à bien faire de mettre en avant la défense du « politiquement incorrect » ou la dénonciation de « la bien-pensance » pour justifier toutes les saloperies. En quoi ce sera

    Commentaire par Gilbert — 26/03/2010 @ 05:38

  4. Ça commence à bien faire de mettre en avant la défense du « politiquement incorrect » ou la dénonciation de « la bien-pensance » pour justifier toutes les saloperies et se poser en victime d’atteintes à la liberté d’expression. En quoi ce serait une vertu de penser comme Le Pen ?
    Zemmour a le droit de dire toutes les conneries qu’il veut, la preuve, il éditorialise à tour de bras à la télé, à la radio, dans les journaux et il publie même des livres à succès. Alors la position de victime, ça va 5 minutes.
    Il me semble que ce n’est pas la première fois que Zemmour trouve l’occasion de stigmatiser les populations immigrées des banlieues. Sans doute a-t-il raison en ce qui concerne la proportion de délinquants, mais une fois qu’il a dit ça, qu’est-ce qu’il nous apprend ? Qu’est-ce qu’il veut nous dire, Zemmour ? Que c’est de la sale race ? Qu’il y aurait un gêne qui fait que certaines populations sont davantage criminogènes que d’autres ? Pourquoi ne va-t-il pas au bout de son raisonnement ? Idem pour Bilger, Élisabeth Lévy, Philippe Cohen de Marianne et autres qui le défendent et se limitent au constat. Tous ces néo-républicains nationalo-poujado-franchouillards ne vont jamais au bout de leur pensée et sont à la limite d’être bougnoulophobes.
    Éolas, qui n’a rien à leur envier en matière de républicanisme, a bien compris les mécanismes qui font que les populations ghettoïsées se retrouvent plus facilement devant les prétoires. Je ne suis pas souvent d’accord politiquement avec lui (il est plutôt de la droite libérale) mais là je lui tire mon chapeau.

    Encore une fois, Zemmour et Cie ont le droit de s’exprimer et de dire toutes les conneries qu’ils veulent. Mais en face on a le droit de dire que c’est des conneries sans se faire accuser de vouloir attenter à la liberté d’expression.

    Aliocha : Ah ! Nous y sommes. Ainsi donc, toute personne abordant le sujet de l’immigration qui n’est pas membre de la LICRA ou autre association du même type est forcément sommée de se taire sous peine d’être taxée de lepénisme. Eh bien voyez vous, c’est cela, la chape de plomb de la bien-pensance, cette tyrannie sur le discours, ces sujets « interdits » ou bien sur lesquels il existe une somme de non-dits, de paroles prohibées, de constats impossibles et de sources non-autorisées. J’admets que les objectifs de cette attitude sont infiniment louables. Mais ce n’est pas en se taisant sur les sujets qu’on les fait disparaître. Bien au contraire, on ne fait qu’attiser préjugés, frustrations, ressentiment. De même, on excite les déclarations et les comportements extrémistes, on pousse des gens comme Zemmour à faire ce genre de déclarations et pire, à trouver un auditoire qui songe intérieurement « ah, enfin, il a osé le dire ». Personnellement, je préfère la parole libre, elle seule permet de corriger les erreurs et de faire jaillir la vérité. Le problème, c’est que la parole aujourd’hui est politisée, on ne parle pas pour évoluer dans la connaissance d’un sujet, mais pour créer un effet. Et c’est bien à l’aune des effets possibles de la déclaration de Zemmour qu’on le condamne, plus que pour ce qu’il a dit.

    Commentaire par Gilbert — 26/03/2010 @ 05:50

  5. D’accord avec vous sur la liberté d’expression.
    Mais ce qu’on peut déplorer, c’est la mise en lumière accrue de ceux qui en jouent de la manière la moins responsable, au nom d’un certain sensationnalisme peut-être.
    En effet, les voix discordantes qui tiennent un discours posé ne passent pas à la tv aux heures de grande écoute… ce qui de fait réduit leur audience aux personnes qui ont envie d’entendre un autre « son de cloche », et prive le plus gd nombre d’une occasion d’exercer leur esprit critique.
    Donc, pour moi la question n’est pas de savoir si on peut dire des choses pareilles, mais pourquoi celles-ci reçoivent un écho si important et un contre-poids nettement plus « confidentiel »???

    Aliocha : je crains que ce ne soit un travers des médias contre lequel on ne peut rien. Voyez ce qui buzz sur Internet, à ma connaissance c’est rarement une interview de Marcel Gauchet ou de Dany-Robert Dufour. Et qui fait buzzer ? Pas des journalistes mais bien le public lui-même….

    Commentaire par Sda — 26/03/2010 @ 08:14

  6. j’aime enormement le commentaire de Karam, auquel on pourrait ajouter que la liberté d’expression peut etre assujétie à la liberté de réponse. en outre, si le propos de zemmour se base sur des chiffres, son point de vue en est faussé, non pas par la réalité de ses chiffres mais par le fondement de ceux ci. derrière chaque chiffre se cache une explication. et en ne cherchant pas l’explication, on fausse la valeur de ses chiffres. en outre, il est facile de confondre somme et pourcentage. mais quand on parle de délinquance, Zemmour et Bilger pourraient, par honneteté, comparer la peitite délinquance à la délinquance fiscale, par exemple. et comparer les origines sociales et meme religieuse, tant qu’on y est. il y a 50 ans, le diable, les délinquants étaient ritals ou portos. il ya 100 ans ils étaient tout simplement pauvres. la couleur n’avait pas d’importance. mais il y avait toujours le diable, qu’il est plus facile de fustiger, plutot que de chercher à comprendre.
    juger, ce n’est pas comprendre. comprendre ne donne pas envie de juger. et c’est autant valable pour zemmour que pour aliocha, et moi-même.

    Commentaire par leinadfr — 26/03/2010 @ 08:42

  7. Il ne s’agit pas d’empêcher de médiatiser ses idées mais bien de montrer la pauvreté de son raisonnement (ainsi que celui de M Bilger).

    Ils ont commis toutes les erreurs du débutant en statistique. Les personnes jugées aux audiences cités par M Bilger ne sont en aucun cas representives de la délinquance, il y a beaucoup trop de filtre et de biais, dont un biais de sélection du déjà au contrôle au faciès. On ne peut rien déduire d’une observation dans les tribunaux.

    Leur logique est tellement fallacieuse que je ne comprends même pas qu’un journaliste puisse la reprendre sans démonter leur propos. Ils ont le droit de s’exprimer, mais ils ont aussi le devoir de ne pas prendre les gens que pour des cons. Et j’ajouterais que c’est aussi un devoir de journaliste de montrer quand les « intellectuels » usent de si grosses ficelles.

    PS : Est-ce que dans les écoles de journalismes on vous apprend à comprendre les statistiques ? parcequ’on entends tellement d’absurdité dans les médias (rien que dans l’utilisation des pourcentages) que j’en arrive à me poser la question.

    Commentaire par Aurelien — 26/03/2010 @ 09:04

  8. Tout d’abord, content de vous avoir tiré un temps de vos problèmes immobiliers et de vous avoir ramené dans le droit chemin de la polémique! 😉

    Sur le fond, bien sûr que la liberté d’expression doit être défendue becs et ongles mais des gens comme Zemmour et Bilger (qui me déçoit chaque jour un peu plus) sont les premiers coupables en plaçant le débat au niveau des paquerettes. Quand on a l’audience et la position qui est la leur, si on a comme tout citoyen le droit absolu de s’exprimer on a aussi et surtout le devoir d’être honnête intellectuellement. On n’a pas le droit de se contenter de balancer à des millions de télespectateurs une accusation de 26 mots à peine digne du comptoir du bar des sportifs et on a pas le droit de se contenter comme Bilger d’opposer la liberté d’expression au « droit-de-l’hommisme-bien-pensant-des-bobos-de-gauche ».

    Si Zemmour se fait virer et si Bilger se prend un méchant coup de règles sur les doigts, bien fait pour eux, cela serait normal car ils sont en faute professionelle.

    La liberté d’expression est une chose trop précieuse pour que l’on serve aussi qu’ils le font.

    Commentaire par Mussipont — 26/03/2010 @ 09:07

  9. manque un mot à ma diatribe finale : « aussi mal qu’ils le font ».

    Commentaire par Mussipont — 26/03/2010 @ 09:08

  10. Bonjour Aliocha,

    Juste une remarque: le « c’est un fait » de M. Zemmour, repris sous la forme d’un « constat » par M. Bilger, qui formule une invitation à se rendre aux audiences publiques pour venir le vérifier, n’est pas aussi facile que cela à établir sur le terrain de la matérialité des faits.

    Si vous me dites: »il y a plus de délinquants noirs ou arabes, en particulier en matière de trafic de stup » je vous répondrais que c’est possible, que le contraire peut également être vrai, mais que je n’ai pas énormément de moyens pour le vérifier.

    Si on commence par le commencement, c’est à dire la vérification de la matérialité du fait allégué (il y a plus de X que de Y) je dois vous dire que pour l’instant, je n’ai pas l’info. Et surtout, je me dis qu’on n’a pas les outils statistiques permettant de l’élaborer.

    Scientifiquement parlant (et je sais que ce n’est pas très porteur de se situer sur ce plan là dans une polémique de ce genre) nous sommes en train de discuter d’une hypothèse plausible, certes, mais sans plus.

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 09:15

  11. Tout aussi plausible que « 90% des pédophiles incestueux condamnés sont blancs, c’est un fait ».

    Un autre Zemmour en tirera t il la conclusion que les noirs et les arabes trafiquent de la drogue tandis que les blancs violent leurs mômes?

    Commentaire par Mussipont — 26/03/2010 @ 09:21

  12. Dernier point avant que je m’énerve vraiment :

    Le commandant de gendarmerie Martelly vient d’être radié des cadres pour avoir osé critiquer le rapprochement Police/Gendarmerie.

    Rappelons à toutes fins utiles que dans un contexte pourtant beaucoup plus sensible, le général de la Bollardière qui avait dénoncé l’usage de la torture par l’armée française n’avait pas été radié de l’armée mais seulement déplacé.

    Rappelons à toutes fins utiles que les gendarmes (modèle pieds nickelés) qui avaient mis le feu aux célèbres paillottes corses n’ont pas été radiés.

    J’attends avec impatience le billet de M. Bilger venant défendre la liberté d’expression du commandant Martelly à moins bien sûr que les affinités politiques de M. Bilger ne nous prive de ce grand moment d’héroisme bloguesque.

    Commentaire par Mussipont — 26/03/2010 @ 09:58

  13. Pour ce qui est de Zemmour, liberté d’expression et tout, il a le droit de dire ce qu’il veut, même si c’est une connerie.

    Maintenant, pour Mr Bilger, le problème vient du fait qu’il tient à protéger la liberté d’expression et que pour ce faire, il émêt des arguments qu’on lui reproche de ne pas suffisament creuser.

    Moi je vois le problème dans l’autre sens: que ce serai-t-il passé si Mr Bilger avait dit « il y a plus de [insèrez votre groupe social préféré ici] trafiquants de drogues car la police est pleine de préjugés et fait des contrôles au faciès et refuse d’aller contrôler les boites de nuits des champs élysés » (bon, évidemment, il l’aurait mieux dit que moi)?

    Commentaire par Ryuu — 26/03/2010 @ 10:09

  14. Vive Guillon ! A bas Zemmour !…

    Ca va ?… J’ai bon ?…

    Non parce que apparemment c’est ça qu’il faut penser si on veut être quelqu’un de bien.

    La personne qui vous dit « Je suis pour la liberté d’expression sauf… », en fait elle est contre la liberté d’expression.

    Commentaire par Arnaud — 26/03/2010 @ 10:27

  15. Autant le « C’est un fait » de Zemmour est une argumentation pauvrement nulle, autant la réponse « Raciste », n’a rien à lui envier.
    Si le sujet est « pourquoi les noirs et les arabes sont plus contrôlés ? », la phrase de Zemmour s’explique, mais j’aurai aimé qu’on lui rétorque que la misère était certainement plus raisonnable comme réponse.

    Quoiqu’il en soit, nous sommes tous à peut près d’accord pour dire que la misère sociale est un facteur de délinquance, et certainement pas l’origine ethnique. Qu’on le veuille ou non, Zemmour nous a permis de réfléchir sur ce sujet, et donc de nous sortir de son préjuger. Ainsi donc, il était préférable qu’il puisse s’exprimer.

    Les non dits, ou la bien-pensance n’ont jamais résolu un sujet polémique. La liberté d’expression, oui.

    @tschok : Vous ne trouverez jamais de statistique, elles sont interdites, c’est inscrit dans la constitution depuis fin 2007. (Voir billet d’Eolas)
    C’est le paradoxe, parce que cela tend à propager beaucoup de rumeur non fondée et non vérifiable.

    @Gilbert : « Éolas (…) est plutôt de la droite libérale »
    huhuhu
    En fait, tous ceux qui ne pensent pas comme vous sont à droite j’ai l’impression. Ca doit faire à peut près 93% de la population non ?

    @Mussipont : Tout le monde en France n’a pas une liberté d’expression. C’est le cas pour les militaires ou les gendarmes. C’est d’ailleurs compréhensible. En cas de guerre, on attend de l’armée qu’ils agissement, pas qu’ils discutent du bien fondé de tel ou tel décision (voir les généraux putschistes en Algérie).
    Les paillotes, c’est un axiome de ce qui précède.

    Le devoir de réserve n’est pas exclusivement militaire… Mais il est clair que c’est discutable son bien fondé. Quoiqu’il en soit, exprimer son opinion dans un outil d’information est contraire à la loi. C’est donc cette loi qu’il faut critiquer, pas ses conséquences. Tient, ca me rappelle un sujet 😉

    Commentaire par testatio — 26/03/2010 @ 10:35

  16. @ Mussipont,

    Allons, gardez votre colère pour ce qui en vaut la peine: si M. Bilger a pris la défense de M. Zemmour c’est pour la beauté du principe qu’il veut défendre, la liberté d’expression, qu’il utilise lui-même, mais c’est également parce qu’il est sur la même longueur d’onde.

    Notre avocat général en liberté n’est en effet pas un homme de gauche, comme notre Zemmour national, qui vaut à lui seul le second porte avions que nous n’avons pas encore, raison pour laquelle l’état major étudie tout à fait sérieusement la possibilité d’envoyer Eric Zemmour en Afghanistan pour aller casser du taliban musulman ET cultivateur de pavot (c’est bien une preuve que les Musulmans sont des trafiquants de drogue, ça, non?).

    Je dois dire que je suis prêt à envoyer M. Zemmour en Afghanistan si, en échange, on obtient le retrait de l’armée française et le retour des journalistes retenus en otage.

    Oui, je suis prêt à ce sacrifice. Sachez qu’il me coûte.

    Malheureusement, les talibans ne sont pas fous et ils n’en voudront pas. Nous sommes donc obligés de le garder cette arme de destruction massive uniquement tournée vers nos propres défenses.

    Inch Allah, comme on dit…

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 10:48

  17. @ Testatio, com 15,

    Disons qu’il y a moyen de moyenner, en particulier du côté des fichiers de police (qui contiennent des infos ethniques, c’est ainsi) et du côté des études sur la population carcérale.

    C’est pas très satisfaisant d’un point de vue technique, mais ça constitue à ma connaissance les seules bases documentaires à peu près solides (à terme, c’est à dire après exploitation).

    Il y a peut être d’autres choses ailleurs, mais il faudrait voir avec un spécialiste de la question. Ce que je pense qu’il y a: des études sur de petits segments, donc des photos instantanées d’un petit bout de la mosaïque à un instant « t ».

    Pas assez pour ce faire une idée globale.

    Donc, la plupart des gens en restent à leur perception empirique vérifiée par un constat local plus ou moins subjectif (salle d’audience publique) comme nous y invite M. Bilger.

    C’est superlight du point de vue informatif. Mais ça a l’air de suffire…

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 10:59

  18. @ Aliocha :

    Aaargh, je vous l’ai déjà dit, mais toujours sur le métier il faut remettre l’ouvrage : j’aimerais vous voir cesser d’utiliser à l’appui de votre légitime combat pour la liberté d’expression les abominables concepts de “politiquement correct” et de “bien pensance”, aussi vides de sens que je vous crois pleine de finesse (c’est dire si ces con-cepts n’en sont pas, tant ils sont creux). Ne voyez-vous pas qu’ils sont issus de la com’ que vous exécrez, et qu’ils recouvrent tour à tour toutes les réalités (et donc aucune) selon le locuteur qui les emploie ? Ne croyez-vous pas qu’il existe dans la langue française des mots autrement plus précis pouvant exprimer ce que vous voulez dénoncer sans en passer par ces lieux tellement commun qu’ils en deviennent d’une vulgarité sans nom ? Après, je vous crois également assez têtue pour n’en faire qu’à votre tête…

    Sur le fond, je ne crois pas la liberté d’expression (ni en général, ni celle de Zemmour en particulier) si menacée qu’il faille en brandir l’étendard en péril et monter au front les grands principes en bandoulière et verbe aiguisé. Certes le billet d’Eolas nous offre un contrepoint (je n’ose parler de contre-argumentation) salutaire et fort bien venu, mais avant ça, je ne crois pas que la menace de censure fut bien réelle : si le CSA était un vrai censeur, ça se saurait. Quant à la menace de plaintes, si les propos de Zemmour sont susceptibles de tombés sous le coup de la loi, pourquoi pas ? Un procès ne veut pas dire qu’il le perdrait (même si, je vous l’accorde, cela peu faire hésiter à y revenir à deux fois. Il me souvient que vous pointiez cette menace de procès comme une des nouvelles formes de censure). D’autant que, Bilger le pointe dans son billet, Zemmour lui-même n’hésite pas à se servir de cette menace judiciaire pour tenter de faire taire ses détracteurs (mais cela ne peut être une excuse pour réduire sa liberté, j’en conviens – même si, je le répète, je ne la crois pas si menacée). Pour le coup, le commentaire qui traduit au plus près ce que je ressens est celui de Mussipont en 8 (et 9), et je souscris complètement à son com’ 12.

    Enfin je ne vois personne (à part peut-être Dadouche chez Eolas, en rappelant les critères qui doivent prévaloir à un contrôle) pointer le fait que Zemmour semble méconnaître le travail de la police : en théorie, quand celle-ci interpelle un trafiquant, c’est suite à une enquête, à des soupçons établis suite à un travail de recherche d’infraction, plus rarement après un contrôle inopiné. Celui qui se fait poisser suite à un tel contrôle, c’est plus souvent le petit consommateur ayant eu le malheur de laisser traîner qq grammes de cannabis dans le fond de sa poche (l’imbécile !), “c’est un fait”. Et malgré tout, à l’heure d’aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression que ces contrôles d’identité ont surtout pour vocation de remplir des charters. Et pour cela, c’est effectivement certainement plus efficaces de contrôler des noirs et des arabes…

    Et enfin, sans aller trop loin dans l’argumentation, il est tout à fait possible de retourner l’assertion zemmourienne et la transformer en vérité tout aussi “incontestable” : s’il y a plus de noirs et d’arabes condamnés comme trafiquants, c’est qu’ils sont plus contrôlés par la police (et donc à proportion égale dans la multicoloration de la population, ils auraient plus de chances de se faire arrêter, et donc seraient surreprésentés sur le banc des accusés).

    Aliocha : Cher Gwynplaine, que des mots imbéciles désignent des choses imbéciles me parait tout à la fois logique et très harmonieux. Dès lors, j’aime beaucoup le terme de bien pensance, pour moi il exprime le fait qu’on ne peut penser que si l’on accepte d’entrée de jeu des prémices imposés, un raisonnement pré-formaté et surtout une conclusion qualifiée par avance, de bonne, juste et acceptable. Voilà qui, sur un esprit retors comme le mien signifie très exactement : ne pas penser, parce que penser c’est prendre le risque de découvrir des choses surprenantes et même dérangeantes, ou bien au contraire satisfaisantes, mais en tout cas nouvelles. Quant au politiquement correct, il relève de la tyrannie pure de com’ et consiste à imposer une manière de penser unique pour préserver la tranquillité sociale. La première formule a au moins le mérite de répondre à des ambitions élevées, fussent-elles au fond parfois aveugles et dangereuses, à savoir par exemple lutter contre le racisme en fustigeant tous les propos sujets à caution. Le problème, c’est qu’on n’éradique pas un phénomène en interdisant d’en parler. Sinon, il suffirait de taire le nom des maladies pour les faire disparaître, ou bien de ne plus jamais prononcer le mot « mort » pour que l’homme accède à la vie éternelle. Vous voyez au fond, la bien pensance n’est pas loin d’emprunter à une certaine forme de superstition, ce qui ne constitue pas à mes yeux le summum d’une pensée profonde. A l’inverse la seconde expression est un cauchemar absolu dès lors qu’elle signifie pour moi qu’il vaut mieux se taire ou dire un mensonge plutôt que d’énoncer une vérité dérangeante pour l’auditoire et donc risquée pour son auteur. Pas conséquent, et comme vous l’aviez subodoré, je vais m’employer à continuer d’utiliser ces expressions 😉 Sur le fond maintenant, c’est-à-dire la liberté d’expression menacée, tout est question de degré et de nature de la menace. Bien sûr qu’en France on ne risque guère la prison et surtout pas la peine capitale pour de simples paroles. En ce sens, nous bénéficions de la liberté d’expression, au moins en théorie. Mais si on observe la réalité, on s’aperçoit qu’entre les menaces de procès, de licenciement, et autres sanctions douces du même genre, il vaut mieux bien souvent se taire que de parler. C’est une censure douce, mais terriblement réelle. Or, si on ne parle plus, on ne débat plus et on ne pense plus. A tout prendre, je crois qu’il est encore préférable d’avoir en face de soi un véritable ennemi prêt à vous abattre plutôt que cette menace omniprésente et insidieuse qui dévore chaque jour un peu plus notre liberté de parler et de penser.

    Commentaire par Gwynplaine — 26/03/2010 @ 11:03

  19. Une question que je me pose toujours en pareil cas: pourquoi n’y a-t-il jamais personne pour relever la petite phrase initiale dès qu’elle est proférée ? J’ai peut-être encore trop d’illusions sur la télé, mais pourquoi Zemmour ne trouve-t-il pas d’emblée un contradicteur ? Quelqu’un qui, arguments contraires à l’appui, lui dirait « Si c’est un fait, M. Zemmour, expliquez-nous plus concrètement les éléments dont vous disposez… » ?

    Je pense ne pas être opposé à la liberté d’expression, mais je trouve regrettable que, de plus en plus, nos confrères journalistes ne fassent que tendre le micro au Monsieur qui dit blanc, puis à Madame qui dit noir, avant de laisser leurs auditeurs / lecteurs / spectateurs se débrouiller seule pour savoir si, dans la réalité, les faits sont blancs, noirs ou plus ou moins gris.

    Aliocha : j’ai peur que le journalisme ne cède trop souvent aux exigences du spectacle, autrement dit de la rentabilité 😉 Or, la petite phrase une fois lancée fait de l’audience, tandis qu’on risquerait d’ennuyer le telespectateur en amorçant une discussion. Mais il y a peut-être aussi un problème plus profond de perte de confiance de la part de la profession et de crise d’identité.

    Commentaire par Martin K — 26/03/2010 @ 11:10

  20. @Arnaud en 14

    Pollock a fait des taches, il est considéré comme un génie et sa toile « N°5″ est la plus chère du monde. Si demain le peintre qui refait la façade de mon immeuble me fait les mêmes taches, il sera considéré comme un sagouin incompétent. Ce n’est juste pas le même métier. Qu’un humoriste force le trait pour amener le sourire semble normal. Qu’un éditorialiste force le trait pour faire passer des idées nauséabondes et qu’un représentant de la justice française fasse de même parait a contrario un veule stratagème.

    Que l’on ne s’y trompe pas, je ne leur dénie pas le droit d’exprimer leurs idées. Je trouve juste immonde de prendre la science en otage de leurs idées. Effectivement, peut être que éventuellement les salles d’audiences montrent quelques chose. Mais transformer le concomitant en cause n’a jamais transformé une ânerie en preuve.

    Les statistiques sont dangereuses pour qui ne sait pas les manier.
    un petit exemple : »Il est prouvé que fêter les anniversaires est bon pour la santé. Les statistiques montrent que les personnes qui en fêtent le plus deviennent les plus vieilles. » Den Hartog

    L’expression est une liberté mais très franchement, quand, comme Zemmour Et Bilger, on a si facilement tribune et audience; quand, comme eux, on manie si bien (en professionnel j’entends) le verbe, alors il est irresponsable de l’utiliser pour falsifier ainsi le réel.

    L’on va me répondre qu’ils n’évoquent que « faits » et « constats », j’y vois affirmation d’une causalité qui me dérange. Elle me dérange à la fois parce qu’elle est fausse mais aussi parce qu’il appartient à celui qui sait manier les mots et qui entend adresser à un public, de choisir en conséquence ses tournures afin d’être compris.

    Les tenants du droit de vote associent celui-ci à la responsabilité et à l’effort d’y aller. Il ne me semblerait pas aberrant d’associer la liberté d’expression à l’effort d’honnêteté intellectuelle, tout au moins pour qui veut être pris au sérieux.

    Tout comme Mussipont, j’attends le billet de Bilger pour défendre Martelly, pour défendre les 2 journalistes du Jdd qui viennent de se faire saquer…

    Commentaire par Karam — 26/03/2010 @ 11:34

  21. @ Karam : je suis allé poster un petit message à M. Bilger sur son blog pour l’inviter à s’exprimer sur l’affaire Martelly. 😉

    @ tschok : je tiens à vous assurer de ma compassion dans le sacrifice que nous devons faire en envoyant M. Zemmour en Afghanistan, sincèrement.

    Commentaire par Mussipont — 26/03/2010 @ 11:49

  22. Ce com est un peu HS, mais c’est juste un point orthographique.

    On écrit traficant ou trafiquant?

    Au premier abord, on est tenté de faire le rapprochement avec fabricant/fabriquant. Fabricant: celui qui fabrique. Fabriquant: participe présent du verbe fabriquer. Ainsi, si j’écris « les fabriquants d’armes », mon correcteur n’est pas d’accord: il s’allume.

    Mais, justement pour trafiquant, non (alors que pour traficant, oui: c’est faux). Trafiquant, c’est les deux. Le substantif et le participe présent.

    Ainsi je peux écrire aussi bien « trafiquants d’armes » que « trafiquant des armes ».

    Par ex:

    « Les trafiquants d’armes sont majoritairement Noirs et Arabes. »

    Ou encore:

    « Trafiquant des armes sur la Mer Rouge, sur mon boutre, j’ai été un jour dérangé par une brise légère qui détourna vers mon épaule la chute de la merde d’une mouette, au moment où je composais l’un de mes plus beaux poèmes. »

    Du coup je me demande si la dualité du mot « trafiquant » n’explique pas à elle seul le trouble où nous sommes jetés.

    Un participe présent correspond à une action qui se passe, en annexe de la phrase.

    Un substantif est un mot qui désigne une chose ou une notion en elle-même.

    Lorsque je dis: « Noir ou Arabe, trafiquant » je dis quoi au juste?

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 13:29

  23. Allo, Aliocha, j’ai un problème,

    J’ai lu les liens que vous avez mis en ligne dans votre post. Et j’ai lu les liens mis en ligne dans les posts auxquels ils renvoient.

    Et mon problème est le suivant: ces gens sont intelligents, il n’y a pas de doute. Mais il y a une insuffisance intellectuelle. Je pense qu’elle est grave.

    Etant moi-même un insuffisant intellectuel, je sais très bien la discerner chez mon prochain. Comme j’apprécie l’intelligence et la culture, auxquelles je tente de m’accommoder.

    Le problème, c’est qu’ils sont cons, là. Notoirement.

    Plus précisément, je vois qu’on confond les chiffres sur la nationalité et sur l’origine ethnique, alors que cela n’a rien à voir. Disons le: nos outils statistiques n’ont en général aucun mal à discerner la nationalité. MAIS, dès qu’un administré devient français, sa nationalité d’origine devient « origine ethnique ». Et là, on se perd dans les limbes. C’est une conséquence de l’effet d’éblouissement de la Nation française: devenu français, un étranger n’a plus qu’une origine ethnique que la république se refuse à considérer comme telle. La Nation éblouie: elle place dans l’ombre ce qui n’a plus d’importance pour elle. N’en ayons pas honte: Michelet serait fier de nous.

    Mais pour expertiser la société actuelle, c’est galère!

    Du coup, champ libre est laissé aux plus vastes raisonnements de la connerie et les grandes manœuvres ont commencé: le propos de café du commerce devient thèse politique, ou acte de résistance, c’est selon. On encense les uns, on incendie les autres, chacun choisit son camp. La stigmatisation est au rendez-vous (où en est votre post sur les agents immobiliers?) Bon, très bien.

    J’aime la polémique et je ne vais pas m’en plaindre.

    Mais je songe à tous ceux qui sans la détester voudraient cependant qu’une certaine forme de désordre cesse. Le désordre intellectuel destructif. Celui qui ne produit pas grand chose d’autre que des polémiques stériles qui invalident la rationalité, c’est à dire cette capacité que l’homme a de se décentrer par rapport aux choses.

    Tâchons de réduire cette première insuffisance intellectuelle et faisons la différence entre la statistique sur les étrangers en France et celle sur l’origine ethnique des nationaux (qui reste à bâtir, et ça n’a rien d’évident).

    C’est un détail, c’est le premier d’une longue liste, mais il faut le régler.

    Il y a des « due diligence » à accomplir avant de nous engager dans des discussions. Pas après: on ne sait pas de quoi on discute.

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 14:15

  24. @ Testatio

    « @Gilbert : « Éolas (…) est plutôt de la droite libérale »
    huhuhu
    En fait, tous ceux qui ne pensent pas comme vous sont à droite j’ai l’impression. Ca doit faire à peut près 93% de la population non ? »

    Eh, oh, ce n’est pas une insulte. J’ai suffisamment lu Éolas pour voir qu’il se définirait comme ça.
    Alliocha aussi est de droite, elle l’a déjà écrit. Vous croyez que c’est honteux d’être de droite pour voir quelque chose de stigmatisant dans le qualificatif ? Si c’est le cas, je dirais tant mieux alors. Ça veux peut-être dire que ceux qui ont honte vont peut-être finir par aller à gauche. Déjà que le communiste Jean Ferrat a reçu des hommages unanimes…

    Commentaire par Gilbert — 26/03/2010 @ 14:35

  25. @ Aliocha,

    Pardon, j’interviens brièvement, mais j’ai une petite question : en quoi venir dire que les propos d’Eric Zemmour relèvent essentiellement d’une vue courte et d’un esprit étroit viendrait le priver de sa liberté d’expression ?

    Ce n’est pas la première fois que – dans le cadre de ce genre de polémique – je reste un peu interloquée par cette question, qui n’est pas résolue à mon entière satisfaction, vous avouerai-je.

    Commentaire par Fantômette — 26/03/2010 @ 14:38

  26. @ Tschok :

    j’applaudis des deux mains et je souscris avec le reste. Les mots ont un sens, précis, les chiffres également (les deux sont à manier avec précaution). On tente trop souvent de nous faire prendre la Danette pour du Nutella. Et c’est ainsi qu’Abdelkrim est tour à tour un jeune des banlieues, un jeune « d’origine musulmane » (sic), un français d’origine algérienne, un jeune musulman… Heureusement qu’au commissariat tout cela s’aplanit, et qu’il n’est plus qu’un délinquant.

    Commentaire par Gwynplaine — 26/03/2010 @ 14:40

  27. @ Karam 20:
    « L’expression est une liberté mais très franchement, quand, comme Zemmour Et Bilger, on a si facilement tribune et audience; quand, comme eux, on manie si bien (en professionnel j’entends) le verbe, alors il est irresponsable de l’utiliser pour falsifier ainsi le réel.  »

    Ben oui mais quand on écrit ça, on ne peut pas prétendre être pour la liberté d’expression.
    Or, comme le dit si bien la déclaration des droits de l’homme et du citoyen dans son article X: « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.  »
    J’ai du mal à imaginer que les déclarations de Zemmour constituent un trouble à l’ordre public.

    Commentaire par Arnaud — 26/03/2010 @ 15:33

  28. @ Fantômette, com 25,

    Pour poser cette question, avez vous l’impression q’ Eric Zemmour a été bridé dans sa liberté d’expression?

    Il s’agit plutôt d’une surplus dont il nous faut gérer les conséquences maladroites.

    Lui, il conserve son intégrité psychique.

    C’est un briseur de tabou. Un iconoclaste, un vandale. Un holligan. Il casse mais il ne paye pas. Déjà, nous savons que le peu qui a été entrepris contre lui va s’arrêter là. Quel conducteur peut en dire autant, alors qu’aucun d’entre eux n’aura vu autant de ligne et d’intelligence consacrés aux errements de son système nerveux.

    Zemmmour est mon chouchou. Le vôtre. le nôtre. Celui d’Aliocha, d’Eolas, de SLL ou de Causeur, et même celui de M. Bilger! Celui du CSA et bientôt, on prévoit d’avertir Obama, penché sur Jérusalem à son bureau ovale.

    L’avez vous voulu?

    Quelle prime discernée à la connerie.

    Si, comme moi, vous ressentez une frustration (une question irrésolue contre votre entière satisfaction) alors je vous dirais que nous sommes en train de parier sur une présence à l’humanité qui, non seulement n’est pas la nôtre, mais qui est la moindre.

    Dans cette histoire, il n’est question que de parties d’échecs personnelles. Une suite de vis à vis. Des coups sont joués. Des ripostes ont lieu. On tente des gambits, on sacrifie des pièces.

    Le résultat de la partie: succession de coups nuls. C’est la bataille du Jutland, ce truc.

    Plusieurs cuirassés de Sa Majesté britannique vont sombrer, mais la flotte ne va pas couler. Quant au Kaiser, échaudé par sa défaite en surface, il va continuer à explorer les eaux troubles.

    On voit donc un Bilger, puissance océanique, qui va continuer à survivre et un Zemmour, très continental, qui va continuer à plonger toujours plus profond.

    Dans pas longtemps, nous pourrons contempler une bataille de l’Atlantique, mais pour ça, il faut une seconde guerre mondiale.

    A suivre donc.

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 16:00

  29. @ Gwynplaine,

    Attendez avant d’applaudir des deux mains, car le spectacle ne m’appartient pas.

    C’est eux les stars (hého et le copyright alors?).

    Applaudissez vous le projectionniste? C’est tout juste ce que je suis.

    Mais il se trouve que dans ma cabine, j’applaudis et je partage volontiers ce plaisir avec tous ceux qui aiment le spectacle.

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 16:17

  30. Hello tschok,

    (votre com 28)

    Eh bien, non, effectivement – je n’ai pas du tout l’impression qu’Eric Zemmour a été privé de sa liberté d’expression, ni même contraint dans l’exercice qu’il a choisi d’en faire.

    Je trouve donc assez remarquable le feu d’artifice, tiré en son honneur, sur l’air du « haaaan mais laissez donc M. Zemmour bien dire ce qu’il veut bien dire, c’est sa liberté d’expression ».

    Donc, là, j’ai sorti le transat, et je profite du spectacle, comme vous.

    Aliocha : Je pense qu’il faut être journaliste, écrivain, artiste ou même publicitaire pour mesurer le poids des nouvelles censures qui ne sont plus étatiques mais privées, ce qui ne les rend pas plus sympathiques. Zemmour, emporté par son élan, lance une observation critiquable et voilà que non seulement les associations se déchainent pour le trainer en justice mais qu’il risque sa place au Figaro (aux dernières nouvelles ce serait surtout parce qu’il ne produit plus assez, n’empêche, ça reste le facteur déclencheur). Bilger le soutient et le voici convoqué par le PG fraichement nommé de la cour de Paris. Et vous pensez que cette liberté d’expression est satisfaisante ? Risquer au choix son job ou un tirage hiérarchique de bretelles non pas pour avoir dit ce qu’ils ont dit et qui au demeurant est assez anodin quand on y pense, mais en raison du cirque que ces propos ont déclenché chez les professionnels de l’indignation, les grands gardiens des tabous, les rois des procès d’intention, les chiens de garde de la bien pensance ? Le résultat de tout ceci, c’est une auto-censure généralisée, qui, de temps en temps, vole en éclats et donne ce genre de propos suivi de ce type de scandale. Elle est jolie, la liberté d’expression.

    Commentaire par Fantômette — 26/03/2010 @ 16:19

  31. @ tschok

    Mouarf. Mimétisme, écriviez-vous?

    Commentaire par Fantômette — 26/03/2010 @ 16:21

  32. @ Tschok :

    Ce que j’applaudis des deux mains, c’est la mise au point, et elle appartient bien au projectionniste, non ? Cette mise au point rend le spectacle plus clair et permet mieux d’en profiter.

    @ Fantômette :

    Votre transat, ça me fait penser qu’il y a quelques années, une compagnie de cirque proposait un spectacle de voltige aérienne à un public installé en-dessous des trapèzes, sur des transats. Pour le coup, on s’y croirait, avec cette belle envolée de Zemmour et son porteur, le Figaro, parti un peu tard (Oooh fais le public, il va le lâché!!!?) pour une réception in-extremis.

    La place à vos côtés est-elle libre ? Permettez que je m’installe ?

    Commentaire par Gwynplaine — 26/03/2010 @ 16:31

  33. @ Gwynplaine,

    Mais faites donc, cher ami, faites donc. C’est quasiment l’heure de l’apéro, en plus.

    (Oui, je suis déjà à l’heure d’été, et oui, c’est ce que l’on appelle vivre en avance sur son temps).

    Commentaire par Fantômette — 26/03/2010 @ 16:52

  34. @Aliocha

    Il déforme le réel tout simplement en transformant deux choses concomitantes en une cause et une conséquence.
    Eolas fait bien plus justement que Bilger en cela qu’il explique les raisons de ce (s’il est avéré) rapport. Présenter les choses comme le font Bilger et Zemmour c’est nier tout ce qui fait la réalité pour ne présenter que ce qui les arrange. C’est une espèce de mensonge par omission.

    Le monde est complexe. Le simplifier a dessein n’est rien moins que le déformer.

    « Ce qui m’irrite, dans cette polémique, c’est qu’on conteste moins les paroles prononcées que le sens qu’on veut bien leur prêter ou les conséquences qu’elles pourraient avoir d’un point de vue politique. »
    Je vais même oser vous dire : encore heureux qu’on s’offusque du sens que l’on veut leur prêter. Je le dis depuis le début: ils ont bien trop de talent dans leur plumes pour que leurs mots puissent être sujet à interprétation sans qu’ils en soient pleinement conscients. Dès lors, il leur appartenait, à eux et personne d’autre (le concept même d’un Zemmour ayant besoin d’un soutien pour assumer ses propos est je trouve d’une drôlerie inouïe) d’utiliser les mots et tournures qui n’auraient laissé place à aucune autre interprétation.

    « Nous frôlons le procès d’intention »
    Et ? c’est la matière de la quasi totalité du journalisme politique. Et ces propos sont politiques. Et quand un blogueur, magistrat de la res publica vient à la rescousse d’un éditorialiste pour défendre le liberté d’expression c’est politique. Quel mal y aurait il alors à leur appliquer une grille de lecture politique qui s’intéresse donc de fait à leurs intentions ?

    Je vois du fait. Le fait que je vois c’est qu’ils ont simplifié une réalité pour que la vision qu’ils en donnent ait un angle cohérent avec ce qu’ils entendaient démontrer.

    « Quant à censurer les imbéciles et les gens de mauvaise foi, je veux bien, mais qui jugera ? Où trouverez-vous ne serait-ce qu’une seule personne qui ne soit sujette ni à la bêtise ni à la mauvaise foi ? »
    Trouver une seule personne est irréaliste. Mais comme vous le voyez le net est très efficace, et par l’éventail des avis qu’il propose, la nuance est plus nette et moins binaire.

    @Arnaud:
    Vous vous trompez, je suis pour la liberté d’expression.
    Je suis pour la liberté de circuler mais j’ai le vertige, vous ne me verrez pas applaudir que l’on puisse rouler à flanc de colline.

    Comme vous le dites : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » ça me gène absolument pas qu’il exprime une opinion, réellement. Moi ce qui me gène c’est que par le truchement de statistiques biaisées à tous les niveaux, il fasse de cette opinion plus qu’un simple avis mais un « fait » à constater, participant du réel. Qu’il exprime son opinion tant qu’il veut. Elle me déplait souverainement mais bon ça ne me dérange pas plus que cela. Mais dès lors qu’il tente d’en faire autre chose alors il n’est plus dans l’opinion. Il n’est plus dans l’avis. Et je le considère comme suffisamment intelligent pour ne pas être dupe de ses propres biais. Il est donc dans la désinformation.
    Je veux bien défendre la liberté d’expression mais pas la liberté de désinformer.

    Commentaire par Karam — 26/03/2010 @ 17:02

  35. @ Gwynplaine, votre com 32,

    Oh?! Eh ben je prends ça comme un compliment et je vous dis merci, sans chichi.

    j’espère que cela contribue à vous donner une vision nette et qu’en caressant du pouce et de l’index les crans de l’objectif, en espérant que cela vous ira, vous mettrez le doigt sur l’écran de l’objectif pour pointer ce qui ne vous va pas.

    @ Aliocha,

    Je ne sais que vous dire. Chez Eolas, j’ai été officiellement mis en quarantaine. Pas par lui, par les procs.

    Attention, pas censuré, hein? Juste mis en quarantaine. Mes coms à la con passent comme lettre à la poste. Les autres éreintent le serveur, surchargé. Ils sont en attente. La stricte légalité républicaine est donc respectée, comme d’hab. C’est juste une question de délai.

    Ils vont faire leur possible, j’en suis sûr.

    Mais n’empêche: j’ai dépassé une limite (je ne sais pas exactement comment je m’y suis pris pour ça) et on applique une règle.

    Je ne peux pas gueuler: on est tous égaux face à la règle.

    Je vois très bien le genre de piège à con dans lequel MM. Bilger et Zemmour se sont mis.

    D’une certaine façon, il n’ont pas compris la nature du régime dont ils se sont faits les supporters. Mais je ne peux gère leur donner de leçon: moi non plus je n’ai pas compris que ce n’est pas parce qu’un parquetier a de l’humour que c’est un rigolo.

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 17:17

  36. Pour détendre l’atmosphère, un sketch d’un humoriste suisse à propos d’un certains Oskar Freysinger. Remplacez Freysinger par Zemmour et allez bien jusqu’au bout du sketch, c’est assez saisissant de vérité!

    Commentaire par Mussipont — 26/03/2010 @ 17:27

  37. Aliocha : « Zemmour, emporté par son élan, lance une observation critiquable et voilà que non seulement les associations se déchainent pour le trainer en justice mais qu’il risque sa place au Figaro (aux dernières nouvelles ce serait surtout parce qu’il ne produit plus assez, n’empêche, ça reste le facteur déclencheur) ».

    Facteur déclencheur ou prétexte ? Parce que visiblement, en échange des ses 9 700 € par mois, Zemmour n’en foutait pas une ramée au Figaro. Tout le monde sait, Aliocha, que votre salaire est mirifique (;-)) mais je suis sûr qu’en échange du pont d’or qui vous est fait vous offrez une contrepartie productive autrement conséquente que celle de Zemmour.

    Citation d’ASI : « Il faut, en effet, remonter au 9 juin 2009 pour retrouver trace du dernier papier publié dans les colonnes du Figaro. Il s’intitulait d’ailleurs « L’ancien rebelle de mai 68, nouvelle institution médiatique et politique ». (…) Le discrédit de la direction du Figaro à son encontre doit remonter assez loin car Eric Zemmour a seulement publié 35 articles en 2008 dans Le Figaro et 4 sur le premier semestre 2009. (…) Avec un salaire que l’on dit proche de 9700 euros bruts par mois pour zéro papier publié dans le quotidien, la marque Zemmour revient assez cher pour un journal. »

    http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#7605

    Ceci dit, la véritable atteinte à la liberté d’expression, c’est la concentration des médias et le manque de pluralisme qui empêchent de traiter sérieusement des sujets sociaux (tandis que le fait divers, le people…)

    Commentaire par Gilbert — 26/03/2010 @ 17:33

  38. @ Aliocha,

    Et pourquoi ne craignez-vous pas que ce second procès fait aux « professionnels de l’indignation, grands gardiens des tabous, rois des procès d’intention, chiens de garde de la bien-pensance » les fasse par la suite hésiter à prendre publiquement la parole, lorsqu’une autre sommité viendra proférer d’autres – plus ou moins anodines – bêtises ?

    Je pense que vous mélangez plusieurs choses.

    La convocation de Philippe Bilger par le PG est hautement critiquable, j’en conviens sans peine. Je suis toute disposée à admettre qu’il serait injuste que le Figaro (le Figaro, en plus! Another case of pot calling the kettle black, by all means, mais passons) remercie Eric Zemmour pour cette seule raison, ou même pour cette raison parmi d’autres.

    Ma question ne portait pas sur ces initiatives, mais bien sur la seule polémique vocalisée autour du thème et ses variations: « les noirs, les arabes, la drogue, c’est un fait ».

    J’ai bien noté, naturellement, que vous-même écrivez qu’il a été particulièrement réjouissant de lire le billet d’Eolas en réponse à celui de Bilger. Et je suis certaine que vous ne classez pas Eolas parmi les « grands gardiens des tabous ». C’est donc bien qu’il est légitime de critiquer les propos du grand journaliste, comme ceux de son opiniâtre défenseur.

    La liberté de débattre est couverte par la liberté de s’exprimer. Il s’agit de ne pas les mettre en péril.

    Alors, je cherche à résoudre votre contradiction, qui n’est peut-être qu’apparente. Mais j’ai du mal.

    La seule piste que j’ai sous la main, c’est celle que propose tschok, dans son com 23.

    Décentrer les débats. Qualifier la bêtise. Trier ce qui relève de la réalité de ce qui relève de sa représentation.

    Lorsque dans un débat, vous finissez par constater que les arguments sont réversibles, qu’ils s’érigent les uns face aux autres, sans permettre de résoudre la confrontation dans la compréhension claire de la réalité dont elle veut faire la description, c’est que l’on est enfermé dans une boucle, dans un anneau de Moebius. On peut en faire vingt fois le tour en ayant l’impression d’avancer toujours – sans arriver nulle part. Il faut faire le pas de côté.

    Aliocha : vous parlez de la liberté de débattre et c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais où est la liberté de débattre lorsque l’expression d’une opinion offensant le sacro-saint politiquement correct, déclenche immédiatement une chasse à l’homme ? Est-ce cela que vous nommez débat ? Est-il normal que le « débat » fasse encourir à celui qui le déclenche un torrent d’insultes et de procès d’intention et qu’il s’ensuive une menace de licenciement de la part de son employeur ? Si j’apprécie la réponse pas vraiment tendre d’Eolas, c’est qu’elle ne se situe pas sur le terrain de la bien-pensance qui réfute l’idée même d’ouvrir une discussion, mais précisément sur le terrain de la discussion. C’est toute la différence que fait, à mon sens, Stuart Mill entre ceux qui ne veulent pas entendre et ceux qui pensent au contraire que tout est bon à entendre soit pour découvrir une vérité soit pour réfuter une erreur. Et qui sont ces censeurs qui prétendent déterminer ce qui mérite ou non d’être discuté ? Au nom de quoi leur accorde-t-on le droit de juger de ce qui peut être dit ou pas ? Qui les autorise à accepter le principe de certains débats et à en refuser d’autres ?

    Commentaire par Fantômette — 26/03/2010 @ 17:53

  39. @ Mussipont, com 36,

    Vu, et plaisir (céki ce mec?).

    (dites donc Mussipont, elles viennent d’où vos références suisses, parce que la Suisse je la regarde avec attention, mais c’est un tout petit pays et j’en loupe mettons 99%. Or le 1% qui reste fait cause. Ca compte, quoi. D’où vous les tirez vos liens?)

    Commentaire par tschok — 26/03/2010 @ 18:43

  40. Sciemment mis en scène pour choquer l’auditeur ou le téléspectateur dans l’espoir de faire de l’audience et donc de l’argent M. Zemmour est parfait dans son rôle.

    C’est un pantin, une marionnette, un bouffon médiatique, dont le fonds de commerce consiste à entretenir la polémique stérile dans une théâtralisation outrancière sur un mode binaire avec une « rhétorique manichéo-pavlovienne » (c’est dans l’air !).

    Comme Soral l’a été en son temps avec Ardisson (son ex-ami de trente ans) dont il est le piètre plagiaire servile,il est donc lui aussi une fausse valeur intellectuelle.

    Il plaît et sert la soupe à une élite « politico-médiatique-germanopratine ».

    Rappelons que la croyance aux « races » humaines ne tombe pas sous le coup de la loi !

    Dès lors, ce « culturo mondain » peut donc débiter des conneries au kilomètre sans être inquiété.

    Tu parles d’un subversif !

    Quant à M. Bilger il se lâche et maintenant on le démasque (relent atavique ?)

    Il me semble qu’un magistrat doit juger sans préjugés ou au moins faire semblant.

    L’évidence du regard ?

    M. Bilger semble avoir oublié que la justice est généralement représentée les yeux bandés. Ce n’est pas pour rien.

    Pour un magistrat, plus encore que pour Zemmour, il ne doit pas y avoir de « noirs » ni d « arabes», mais tout simplement des justiciables, tous égaux devant la loi et tous présumés a priori innocents.

    Un magistrat d’apparence respectable, blanc de peau, peut-il se révéler, à l’examen, le pire des salauds ? L’apparence n’est pas la réalité !

    A propos d’orthographe, le mot noir doit-il prendre une majuscule ?

    L’ouvrage de référence, connu de tous les correcteurs, de tous les journalistes et de tous les auteurs, est Le Bon Usage de Maurice Grévisse (14e édition, 2007, éditions De Boeck-Duculot).

    Que nous dit-il à ce sujet (p.94) ? « On met souvent une majuscule à des noms qui désignent des groupes humains, par exemple d’après la couleur de leur peau ».

    Grévisse donne plusieurs exemples littéraires où le mot « noir » prend la majuscule.

    Ainsi Malraux et Beauvoir mettaient-ils parfois la majuscule à « noir ».

    Mais c’était il y a cinquante ans et tout le monde pensait alors que la notion de « race» avait une valeur scientifique.

    Grévisse indique clairement que si on met « souvent » la majuscule, on ne la met ni «toujours» ni «forcément».

    A cet égard, Gévisse prend bien soin de donner des exemples où « noir » prend la minuscule, par exemple en citant l’excellent André Pieyre de Mandiargues, qui tenait à la minuscule.

    Grévisse précise que « l’usage est partagé pour le nom juif ». Beauvoir, elle, mettait une majuscule…

    Bien évidemment, Maurice Grévisse se garde bien d’utiliser le mot de «race» ni même celui d «ethnie» (inventé par le théoricien raciste Vacher de Lapouge).

    Il est clair qu’on ne peut mettre une majuscule au substantif « noir » ou au substantif « blanc » que si justement on valide la notion de race humaine.

    Aliocha : Eric Zemmour est aussi subversif que le Lagarde et Michard, nous sommes d’accord. Cela étant, je doute qu’il flatte nos germanopratins, mais plutôt le public ou plus exactement l’idée que se font les médias du public. Un vrai subversif ne servirait pas l’audimat et aurait tendance bien au contraire à faire fuir la ménagère de moins de 50 ans. Quant à Philippe Bilger, je vous trouve dur. Il ne prétend nulle part faire passer ses observations personnelles pour vérité scientifique. Il confirme les dires de Zemmour qui lui-même disait tenir ses informations des acteurs de terrain concernés. C’est de l’observation personnelle à peine plus fiable que le fameux pifomètre ? Nous sommes d’accord. Mais pouvons-nous admettre que la discussion bien souvent se nourrit d’autre chose que de la seule vérité scientifique ? Ou bien faut-il se résoudre à ne jamais parler que de ce sur ce quoi on dispose de certitudes validées par la science ? Je souris en songeant que la science se bâtit sur ses erreurs et que ce que nous tenons pour vrai aujourd’hui sera peut-être invalidé demain. Après tout ce débat pourrait être l’occasion de se pencher sur le sujet, non ? A moins bien sûr que nous préférions l’idée que nous nous faisons des choses à la réalité.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/03/2010 @ 19:12

  41. Aliocha, EST_CE QUE VOUS LISEZ LES COMMENTAIRES AVANT DE LES COMMENTER ? Je défends totalement la liberté d’expression de Zemmour, de Bilger, de leurs amis identitaires et dans le commentaire que vous faites de mon commentaire (4) vous dites qu’il faut laisser Zemmour s’exprimer librement. C’est à n’y rien comprendre.

    Commentaire par Gilbert — 26/03/2010 @ 21:28

  42. @ Bonsoir Aliocha

    Je suis pour la liberté d’expression. Même celle de Gilbert. Et même si, en bon idiot utile qui préfère connement parier sur l’intelligence de mes semblables, je dois un jour me retrouver dans un goulag qu’il aurait rempli en toute bonne conscience, avant que sa descendance ne s’installe confortablement au pouvoir. L’humanité n’en est pas à quelques millions de morts près, après tout, avant d’apprendre.

    Commentaire par Goloubchik — 26/03/2010 @ 22:02

  43. @ tschok : content que vous ayez apprécié. C’est l’ami elu-local (qui tient le blog http://elu-local.blogspot.com/) qui l’a posté cet après midi sur twitter.

    Une autre perle posté par elu_local, sur la langue de bois, moi qui pratique les élus locaux au quotidien je suis scotché par ce sketch :

    Commentaire par Mussipont — 26/03/2010 @ 23:15

  44. Merci Aliocha pour cette citation de Stuart Mill qui vient fort à propos. Je vous trouve également très pertinente dans vos réponses à vos contradicteurs, qui ont pour certains une vision très personnelle de la liberté d’expression.

    Quant au Chevalier Bayard, son allusion au père de M. Bilger est franchement odieuse.

    Commentaire par Tocquevil — 27/03/2010 @ 00:12

  45. Mr. Zemmour est ce qu’il est :un polémiste payé pour faire polémique. Il a bien réussi, cette fois. Mais je ne lui ferai pas l’injure de croire qu’il a été dépassé par les évènements, qu’il s’est mal exprimé, ou qu’il ne comptait pas que ses paroles fassent scandale.
    Quant à Mr. Bilger, avec tout le respect que je lui dois, il ne défend pas la liberté d’expression tout court, mais celle de quelqu’un à qui il commence par donner raison sur le fond. Il ne défend pas Mr. Zemmour, il renchérit.
    Pardonnez-moi, mais quand Nixon défendait Soljenitsine, il avait certainement raison de le faire, mais il ne se battait pas pour la liberté d’expression. Il attaquait l’URSS. Mr. Bilger, lui, en défendant Zemmour, fait passer sous le couvert de la défense de cette liberté, le message qu’il est « exact » que les tribunaux sont encombrés d’Arabes. Qu’on n’a qu’à aller voir. Et ça, c’est son opinion, ou son vécu, pas celui de Mr. Zemmour.

    Commentaire par lambertine — 27/03/2010 @ 10:18

  46. @ lambertine : oui effectivement Bilger renchérit sur Zemmour mais il le fait par omission, c’est qui est très habile

    Sous couvert du noble combat pour la liberté d’expression, Bilger dans son billet confirme l’observation de Zemmour sur la fait que les trafiquants traduits en justice sont essentiellement noirs ou arabes. Bilger se contente de cela et n’apporte aucune explication à ce fait.

    Or, le fait qu’il n’apporte aucune explication laisse au lecteur, laissé seul, l’alternative suivante :

    – la délinquance trouve son origine en général dans le statut social du délinquant;
    – la délinquance trouve son origine dans la race du délinquant.

    Et alors le lecteur se dit que si quelqu’un comme Bilger qui est au contact de la délinquance depuis plus de 30 ans ne dit rien sur l’aspect social, c’est donc que l’origine sociale des délinquants n’est pas une explication valable. Bilger dirige donc le lecteur vers la seconde proposition par omission alors qu’il a tout le temps d’aborder cet aspect des choses dans le cadre de la rédaction d’un billet de blog contrairement à un Zemmour qui parle dans l’urgence d’un débat. Ce qui qui est bien pratique c’est qu’on ne peut pas expressément accuser Bilger de racisme.

    Savez vous ce que cette méthode rhétorique me rappelle? Tout simplement Jean Marie Le Pen avec son célèbre « L’extermination des juifs n’est qu’un détail de la seconde guerre mondiale ». Et ça, c’est moche.

    La défense de la liberté d’expression m’apparaît donc dans le cas du billet de Bilger comme le cache-sexe d’une idéologie que je ne pensais pas trouver chez un avocat général.

    Commentaire par Mussipont — 27/03/2010 @ 14:57

  47. Vous parlez de liberté d’expression mais vous censurez les réponses aux attaques dont je fais l’objet.
    Lisez mon commentaire (4), je n’ai jamais empêché qui que ce soit de s’exprimer. Au contraire, je défends Zemmour contre ceux qui veulent le faire taire.

    Commentaire par Gilbert — 27/03/2010 @ 15:04

  48. Alors voila, je fais des tartines et finalement Mussipont et Lambertine expriment mieux que moi certaines parties de mon raisonnement. Je suis vexé !

    Mussipont, au passage, il semble que votre invitation à M Bilger ait subit les affres de la dépublication. Lui qui pourtant ne retire rien (lepoint.fr)… La liberté d’expression sur son blog, qui est sa tribune, ne dépend que de lui, nous sommes d’accord. Mais dans ce cas pourquoi l’accès à la tribune du Figaro devrait être automatiquement pérennisé pour M Zemmour ? Il y a là une nuance qui semble m’échapper…

    Commentaire par Karam — 27/03/2010 @ 15:30

  49. Pour ce qui de Bilger, il a arrêté les commentaires à 392 pour le billet sur Zemmour (ça fait rêver, hein Aliocha! 😉 ) et l’a expliqué dans un billet intitulé « Stop ». C’est ce billet qui a disparu avec entres autres mon commentaire ingénu….

    Commentaire par Mussipont — 27/03/2010 @ 17:55

  50. Le vrai problème à mon sens vient de ce que la gauche et particulièrement le PS, à instauré plusieurs tabous dans la liberté d’expression, ce qui est un viol de la liberté individuelle, et un appel à la révolte contre la censure ainsi établie.
    Si l’immigration n’était pas une idéologie chez les gens de gauche, ils réaliseraient combien leurs idées sont dépassées par la réalité sociale, identitaire et culturelle dans le pays.

    Le rejet en traitant de fascistes les électeurs du FN par les gens de gauche, montre que l’idéologie qui les anime, est aussi sectaire et aussi dangereuse que ce qu’elle voudrait combattre.

    Les St Just, les Carrier, et même Jaurès quand il écrit que « la révolution n’a pas le temps d’attendre ceux qui ne la comprenne pas », et plus près de nous les apôtres socialistes qui traitent de fascistes les opposants à une immigration massive ( mais qui eux s’associent avec des partis extrémistes ), tous ces gens de gauche ont été ou sont animés par une même idéologie qui leur fait croire qu’ils sont la lumière et la vérité, et que le reste ne mérite pas d’être.

    La censure dont ont voudrait couvrir certaines formes d’expression ou certains sujets de société, est porteuse des réactions qu’elle suscite. Les gens de gauche n’ont donc pas à condamner les propos d’un tel, ils sont eux condamnables, car ils empêchent l’évolution et la progression de la pensée humaine, par une forme de totalitarisme que nous appelons « La pensée unique »

    Commentaire par Berdrame — 27/03/2010 @ 21:42

  51. @ Berdrame :

    – Qui a envisagé de virer Zemmour pour ses paroles? Le Figaro. Un journal de gauche?

    – Qui a réprimandé Bilger? Le PG de Paris sur demande de Mme Alliot-Marie. Ministre d’un gouvernement de gauche?

    – Qui a signé le décret de radiation de JH Mattely? M. Sarkozy. Président de gauche?

    Commentaire par Mussipont — 27/03/2010 @ 22:21

  52. Bonjour, Aliocha !

    En complément de votre référence à Stuart Mill, je vous suggère de méditer les extraits suivants de Tocqueville. Je rappelle que l’Amérique de 1835 est, pour Tocqueville, l’unique démocratie de son temps et le modèle de celles du futur…

    « DU POUVOIR QU’EXERCE LA MAJORITÉ EN AMÉRIQUE
    SUR LA PENSÉE
    (…)

    « Je ne connais pas de pays où il règne, en général, moins d’indépendance d’esprit et de véritable liberté de discussion qu’en Amérique.

    (…)

    « En Amérique, la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au-dedans de ces limites, l’écrivain est libre; mais malheur à lui s’il ose en sortir. Ce n’est pas qu’il ait à craindre un autodafé, mais il est en butte à des dégoûts de tous genres et à des persécutions de tous les jours. La carrière politique lui est fermée: il a offensé la seule puissance qui ait la faculté de l’ouvrir. On lui refuse tout, jusqu’à la gloire. Avant de publier ses opinions, il croyait avoir des partisans; il lui semble qu’il n’en a plus, maintenant qu’il s’est découvert à tous; car ceux qui le blâment s’expriment hautement, et ceux qui pensent comme lui, sans avoir son courage, se taisent et s’éloignent. Il cède, il plie enfin sous l’effort de chaque jour, et rentre dans le silence, comme s’il éprouvait des remords d’avoir dit vrai.

    « Des chaînes et des bourreaux, ce sont là les instruments grossiers qu’employait jadis la tyrannie; mais de nos jours la civilisation a perfectionné jusqu’au despotisme lui-même, qui semblait pourtant n’avoir plus rien à apprendre.

    (..)

    « Chez les nations les plus fières de l’Ancien Monde, on a publié des ouvrages destinés à peindre fidèlement les vices et les ridicules des contemporains; La Bruyère habitait le palais de Louis XIV quand il composa son chapitre sur les grands, et Molière critiquait la Cour dans des pièces qu’il faisait représenter devant les courti¬sans. Mais la puissance qui domine aux États-Unis n’entend point ainsi qu’on la joue. Le plus léger reproche la blesse, la moindre vérité piquante l’effarouche; et il faut qu’on loue depuis les formes de son langage jusqu’à ses plus solides vertus. Aucun écrivain, quelle que soit sa renommée, ne peut échapper à cette obligation d’encenser ses concitoyens. La majorité vit donc dans une perpétuelle adoration d’elle-même; il n’y a que les étrangers ou l’expérience qui puissent faire arriver certaines vérités jusqu’aux oreilles des Américains.

    « Si l’Amérique n’a pas encore eu de grands écrivains, nous ne devons pas en chercher ailleurs les raisons: il n’existe pas de génie littéraire sans liberté d’esprit, et il n’y a pas de liberté d’esprit en Amérique.

    « L’Inquisition n’a jamais pu empêcher qu’il ne circulât en Espagne des livres con¬traires à la religion du plus grand nombre. L’empire de la majorité fait mieux aux États-Unis: elle a ôté jusqu’à la pensée d’en publier. On rencontre des incrédules en Amérique, mais l’incrédulité n’y trouve pour ainsi dire pas d’organe.

    « On voit des gouvernements qui s’efforcent de protéger les mœurs en condamnant les auteurs de livres licencieux. Aux États-Unis, on ne condamne personne pour ces sortes d’ouvrages; mais personne n’est tenté de les écrire. Ce n’est pas cependant que tous les citoyens aient des mœurs pures, mais la majorité est régulière dans les siennes.

    « Ici, l’usage du pouvoir est bon sans doute: aussi ne parlé-je que du pouvoir en lui-même. Ce pouvoir irrésistible est un fait continu, et son bon emploi n’est qu’un acci¬dent. »

    Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Livre I, 2ème partie, chapitre 7.

    Les tollés qui accompagnent les déclarations de Zemmour montrent donc bien que nous sommes plus que jamais dans une démocratie… Que ceux qui ont des oreilles entendent!

    Commentaire par Physdémon — 28/03/2010 @ 14:45

  53. @Mussipont, vos objections n’invalident pas la réflexion de Berdrame : elles la renforcent. Le propre de la pensée unique, c’est qu’elle s’impose aussi aux dirigeants de la droite modérée, qui n’ont de cesse de lui donner des gages. Ce « surmoi » de gauche était particulièrement évident chez Chirac (qui se présente dans son dernier livre comme plus à gauche que Mitterrand) mais il existe aussi chez Sarkozy.

    Commentaire par Tocquevil — 28/03/2010 @ 15:04

  54. @Physdémon, merci pour ces extraits, particulièrement pertinents dans ce débat.

    Commentaire par Tocquevil — 28/03/2010 @ 15:08

  55. @ Tocquevil : je vois les choses d’une autre manière. Je crois que les dirigeants de droite actuels voient la liberté d’expression comme un danger et qu’ils cherchent à la brider. Franchement, Sarkozy donnant à la gauche des gages de bien pensance, j’ai franchement du mal à y croire…

    Commentaire par Mussipont — 28/03/2010 @ 16:31

  56. @ Mussipont :

    Votre lien en com 43 est un bijou, merci pour ça.

    Aliocha, vous qui, si je ne m’abuse, détestez par-dessus tout la langue de bois, je vous conseille vivement d’aller jeter un oeil au Dictionnaire Collectif de la Langue de Bois et des Concepts Opérationnels qu’on trouve en suivant le lien sous la vidéo de Mussipont. Je vous livre L’hypothèse générale des « acteurs » de ce dictionnaire :

    « En 1968, un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’exploitation s’appelle gestion des ressources humaines, et l’aliénation s’appelle projet. Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité, mais simplement de nous y adapter en l’approuvant à l’infini. Des «concepts opérationnels» qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme, même quand nous pensons naïvement le combattre. Notre langage est doucement fasciste, si l’on veut bien comprendre le fascisme comme l’élimination de la contradiction. »
    Tout cela est certes un peu gauchisant (mais ce n’est pas pour moi un défaut) mais tellement réjouissant, un tellement proche d’une certaine réalité.

    Commentaire par Gwynplaine — 28/03/2010 @ 17:42

  57. Mussipont ne peut se contenter de chercher des exemples concrets dans des épi-phénomènes d’actualité. Fussent-ils ces exemples de gens réputés de droite, ils n’excluent point la réalité du sectarisme des gens de gauche dont les plus véhéments sont les socialistes.
    Ce sectarisme leur fait enfourcher sans aucun doute le droit de censure, parfois accompagné de l’insulte, ce droit étant alimenté par une idéologie leur faisant admettre que leur combat est le seul juste et nécessaire, et que la fin justifie les moyens et les chemins qu’ils empruntent.
    Pour certains esprits qui ne peuvent briller que dans l’obscurité, car une lumière trop vive les rend ternes, non visibles, et non audibles, l’idéologie sert de fondations à des socles branlants. Plus clairement, ils se servent de l’idéologie érigée en doctrine pour diffuser un message qui est pour eux une vérité et un but, et ainsi ils sont prêts pour ne pas dire prompts, à agir comme des inquisiteurs défendant la cause sacrée, et ce au mépris des droits innés des individus.
    La pensée unique pratique de cette démarche intellectuelle, et elle vient en remplacement de la cause individuelle, de son existence, et de son expression.
    C’est pourquoi l’empêchement du droit d’expression sur certain sujets, par les gens de gauche, rend inutile et même dangereuse l’idéologie qu’ils professent.
    L’histoire offre tellement d’exemples sur la souffrance que subissent les êtres libres et indépendants sous le joug des bien-pensants,que la pensée unique, dans le seul fait qu’elle est ressentie comme une vérité lumineuse par certains, éveille chez le libre penseur,la méfiance, la défiance, et le besoin primordial de s’inscrire contre elle pour que la censure qu’elle exerce s’éteigne le plus rapidement possible.
    Les gens de gauche feraient bien de méditer cette pensée de J.César  » Il y a plus de mérites à élargir les frontières de l’intelligence humaine, que celle de l’empire romain « .

    Commentaire par Berdrame — 28/03/2010 @ 19:51

  58. @ Gwynplaine

    Une observation d’abord. Marcuse ne s’est pas limité à décortiquer la com’ du système capitaliste, qui n’a rien inventé.

    Dans « Le marxisme soviétique » (1958, paru traduit en France en 1963, Gallimard, collection Idées), il analysait ainsi le système:

     » Les propositions-clefs du marxisme soviétique ont pour fonction d’énoncer et d’imposer une pratique définie, propre à créer les faits stipulés par ces propositions mêmes. Elles ne revendiquent aucune authenticité qui leur appartiendraient en propre, mais proclament une vérité préétablie qu’il faut réaliser par une attitude et un comportement donnés. (…) Par exemple le marxisme soviétique est bâti sur un petit nombre de formules constamment répétées et érigées en dogmes rigides, suivant laquelle la société soviétique est une société socialiste sans exploitation, une démocratie au sens plein où les droits constitutionnels des citoyens sont garantis et respectés; ou encore, en sens inverse, que le capitalisme vit présentement dans un état d’aggravation de luttes de classes, de dégradation du niveau de vie, de chômage et ainsi de suite. Ainsi formulées et prises en elles-mêmes, ces déclarations sont évidemment fausses, que l’on se réfère à des critères marxistes ou non marxistes. (…)

    [Ces déclarations] ne sont pas plus au service de la vérité que des ordres ou de la publicité: leur « vérité » réside dans leur effet. »

    Sur fond de crise, cette vulgate a plus que jamais cours en France en 2010, qui viserait notamment à nous faire croire que quand la Chine communiste – paradis capitaliste indéboulonnable pour longtemps- peut imposer sa puissance au prix de l’exploitation de dizaines de millions d’ouvriers locaux surexploités et nantis d’autres droits que celui de se taire, il suffirait de faire payer « nos » sales riches pour raser demain gratis dans notre beau pays au plus de 300 fromages.

    Perso, j’appelle cela de l’illusionnisme, qui est la forme la plus élaborée de la manipulation. De même que je doute que la « technicienne de surface » virée par un « DRH » soit subjuguée par la manipulation des mots induite par les héritiers des Deux Cents Familles au point d’être heureuse d’aller pointer chez M. Pôle Emploi.

    Commentaire par Goloubchik — 28/03/2010 @ 21:25

  59. @ Berdrame : j’adore votre lyrisme, je vais essayer d’apprendre par coeur votre tirade et de la replacer dans un dîner! Merci pour ce grand moment de fou rire! 😉

    Commentaire par Mussipont — 28/03/2010 @ 21:52

  60. Mussipont, je vous souhaite un bon appétit ! et permettez-moi de souhaiter avec ironie, que ce ne soit pas un diner de cons.

    Commentaire par Berdrame — 29/03/2010 @ 00:41

  61. @ Berdrame : avec moi à table, peu de chances d’y échapper…

    Commentaire par Mussipont — 29/03/2010 @ 05:13

  62. @ Goloubchik :

    Je confesse (et profitez-en, c’est pas tous les jours qu’on me voit me confesser) ne pas très bien connaître Marcuse, l’ayant peut-être croisé une ou deux fois au cours des mes études. Et après avoir (re)parcouru le dictionnaire que je mettais en lien, il est vrai que les définitions vont un peu loin dans la théorisation verbale (et parfois verbeuse). Il n’en reste pas moins qu’il met le doigt sur une forme d’imposture, et a le mérite, si l’on peut ne pas s’accorder sur les définitions, de mettre en lumière un certain nombres de pseudos concepts que l’on croise dans certains milieux et qui servent quasi quotidiennement. Si je vous accorde volontiers que la femme de ménage, devenue technicienne de surface n’en a que foutre du blase dont on l’affuble et que ça ne lui change pas la vie, il existe un milieu entre la fumisterie que vous semblez dénoncer et la totale validité de ce que dit Marcuse dans les extraits que nous citons.

    Si j’étais enthousiaste, c’est parce que le lien vidéo de Mussipont a fait écho chez moi et m’a renvoyé à certaines scènes d’un burlesque achevé vécue dans la plus grande solennité et le ridicule le plus consommé. Ca ne m’étonne d’ailleurs pas que ce soit quelqu’un issu du milieu de l’animation socio-culturelle qui ait créé ce sketch. Dans le milieu culturel où j’évolue, on en croise à la pelle de ce genre d’individus, boursouflés de leur importance, qui manie ce vocabulaire avec gourmandise en discours plus ronflants qu’un parterre d’académicien en pleine digestion pour briller aux yeux du monde et montrer qu’ils maîtrisent leur dossier. Et quand il s’agit du directeur d’une structure qui se pique d’une conception moderne du management et utilise ce langage aseptisé pour conduire son équipe, cela peut être désastreux, cela vous démobilise une équipe plus sûrement qu’un armistice. Et quand il s’agit de négocier le contrat social de l’entreprise, rien de tel pour vous endormir la vigilance… Il peut également s’agir d’un élu, qui se paye ainsi de mots. Cela peut ne pas être bien méchant, mais c’est aussi ce genre de personne (je généralise, il en va comme ça comme il en va de l’inverse) qui distribue les subventions et tient parfois la survie d’une structure entre ses mains.

    Donc oui, ce genre de discours creux, qui ne serait que risible s’il n’y avait des conséquences parfois fâcheuses, peut avoir un impact bien réel sur le quotidien de certaines personnes. Certes ce ne sont que des mots, mais c’est déjà énorme.

    Commentaire par Gwynplaine — 29/03/2010 @ 07:47

  63. J’ai lu votre billet un peu vite, et j’ai critiqué votre défense des soldats P.Bilger et E.Zemmour sur le blog d’Hugues Serraf, car vous avez mentionné la liberté d’expression, alors qu’il me semblait qu’il fallait défendre simplement la vérité des faits.

    http://www.com-vat.com/commvat/2010/03/de-zemmour-et-de-son-racisme-indispensables-pr%C3%A9cisions.html?cid=6a00d8341c688253ef01310fef4393970c#comment-6a00d8341c688253ef01310fef4393970c

    A vous lire, et à lire la réponse au commentaires que vous faites, je crois que nous sommes d’accord.

    Commentaire par Michel — 29/03/2010 @ 12:40

  64. Qu’Hugues Serraf se soit cru obligé d’écrire un correctif à son premier billet en donnant des précisions indispensables concernant Zemmour est une illustration parfaite de votre propos.

    http://www.com-vat.com/commvat/2010/03/de-zemmour-et-de-son-racisme-indispensables-pr%C3%A9cisions.html

    Et que vous vous soyiez senti obligé de terminer votre billet en mettant en avant  » toutes voiles humanistes » sorties vos bons sentiments « La honte est sur nous et pas sur eux » l’est également. Pour vous protéger de l’inquisition des bons sentiments, vous avez effectivement tenu compte de l’avertissement de P. Bilger

    « Il aurait du savoir qu’il y a des sujets qu’on n’a plus le droit de traiter ou alors coeur et sensibilité en avant, toutes voiles humanistes (selon la définition qu’en donnent les gardiens de la décence moderne) déployée ».

    http://www.philippebilger.com/blog/2010/03/robert-m%C3%A9nard-atil-d%C3%A9rap%C3%A9-.html

    Et vous avez bien fait.

    Aliocha : pour moi, il n’existe pas de sujets interdits. En revanche, certains sujets doivent être maniés avec délicatesse pour éviter le double écueil de la pensée unique et de son alliée de toujours, la posture faussement subersive du soi-disant parler-vrai. C’est ce couple infernal qu’il faut rompre.

    Commentaire par Michel — 29/03/2010 @ 13:10

  65. En vous lisant je me demande tout de même si la fin de votre billet « La honte est sur nous et pas sur eux », n’est pas une concession à la bien pensance, qu’il vous est nécessaire de faire, pour que le reste du message puisse passer. Cela me rapelle les propos d’un juge: « pour juger, il faut comprendre. Mais une fois que l’on a compris, on a plus envie de juger », mais qui termine par « Mais pourtant, il faut juger ».

    Je suis donc gêné de vous voir terminer votre billet par un repentir, et non par une exigence de lucidité et de vérité.

    Aliocha : ce n’est pas de moi, mais d’Eolas. Je mets donc en balance deux « excès », les « faits » sans explication qui n’ont pas grand sens, et suscitent une polémique, l’explication et la repentance enflammée qui en sont le corollaire nécessaire. Dans mon esprit, il s’agit de montrer aux détracteurs de Zemmour & co, que sa déclaration a permis d’entendre en retour une explication indispensable, et que cela vaut mieux que le silence. Mais si vous me demandez mon goût profond, je préférerais que l’on puisse discuter de tout cela sereinement, sans provocation d’un côté ni mouvements de manche de l’autre. Je crains malheureusement que dans notre pays ce ne soit qu’un doux rêve. C’est en tout cas ce que j’appelerais moi « liberté d’expression ».

    Commentaire par Michel — 29/03/2010 @ 14:46

  66. chere Aliocha

    Je partage votre gout pour les débats sereins.
    Malheureusement celui qui agite votre billet et celui d’Eolas ne peut pas être serein. En effet, il traite d’un sujet qui divise, qui rompt le lien social car il stigmatise une partie de notre population sans donner d’explication au « fait » et sans dire que pour d’autres délits nous sommes sur d’autres populations.

    J’aurais aimé comme vous entendre Mr ZEMMOUR expliquer que dans les audiences correctionnelles parisiennes (parce que ce n’est pas partout le même « fait »)la majorité des dealers sont d’origine africaine noire ou maghrébine parce que ceux là, dans leur banlieue, le taux de chômage atteint des records pour ces populations et que le boulot qui rapporte c’est le chit et la coque – que dans ces banlieues le transfert de connaissances vers ces populations est lamentable et ne permet qu’à une minorité l’accès au travail et aux études –

    Asséner des « faits » sans donner d’explications c’est au minimum de la bêtise au pire de la mauvaise foi qui peut être criminelle.

    Commentaire par marsan — 29/03/2010 @ 19:44

  67. un dernier mot alliocha pour dire que je partage pas avec Eolas le gout pour la honte –

    je suis né en Afrique, j’ai grandi dans des HLM populaires où il régnait déjà la loi du plus fort. Je n’ai pas honte aujourd’hui un magistrat qui condamne ces gars là et qui aménage leurs peines d’emprisonnement pour qu’ils puissent sortir avec quelque chose.
    Je ne partage pas avec Eolas ce côté catho : la honte n’est pas sur nous individuellement – la honte est sur ceux qui stigmatisent, sur nos dirigeants qui suppriment les subventions des associations de quartiers, culturelles ou sportives,
    La honte est sur ceux qui ne font rien pour qu’il y ai encore du lien social dans ces quartiers –
    Apprendre à vivre ensemble est l’apanage des sociétés civilisés – tuer le lien c’est tuer la vie, c’est fabriquer des asociaux, des délinquants, des morts vivants.

    Aliocha : moi non plus je ne partage pas son goût pour la honte collective et je suis même profondément étrangère à ce genre de culpabilité, mais il faut parfois lire Eolas avec un peu de distance et apprendre à sourire de ses effets de manche 😉

    Commentaire par marsan — 29/03/2010 @ 19:50

  68. A mon sens, un des articles les plus pertinents sur ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Zemmour ».
    D’aucuns ne le liront pas, considérant a priori qu’il est publié sur un site « gauchiste » :
    http://www.lmsi.net/spip.php?article1023

    Commentaire par Gilbert — 29/03/2010 @ 21:58

  69. Bonjour,
    C’est qq de la rédaction de Marianne 2 qui m’a vivement conseillée de vous contacter. Je suis journaliste, au départ j’ai choisi un thème léger… que nenni : l’univers de blogueuses de mode ou comment les marques se frottent les mains grâce à elles et à un moindre coût ! J’ai même créé un blog pour infiltrer le milieu… où ce ne sont que l’argent, les fringues et la pub qui comptent…. j’aimerais bien avoir votre point de vue en tant que spécialistes des médias… Selon moi les blogs des modeuses deviennent même dangereux pour le statut des journalistes !
    Mille mercis !
    valerietribes@gmail.com

    Commentaire par isis — 29/03/2010 @ 22:28

  70. Toute cette affaire et son corollaire (la fameuse identité nationale, la burqa et l’immigration).
    Je suis en train de lire « Après la tragédie, la farce » de Slavoj Zizek… je ne sais pas encore si le livre est bon… mais une citation qu’il y fait me semble assez intéressante:

    « Nous nous accordons le droit d’applaudir au cinéma de C. Chaplin, demi-juif; d’admirer Proust, demi-juif; d’applaudir Yehudi Menuhin, juif; et la parole du Furher est portée par les ondes hertziennes, ainsi nommées du juif Hertz.
    Nous ne voulons tuer personne, nous ne desirons organiser aucun pogrom. Mais nous pensons aussi que la meilleure manière d’empêcher les réactions toujours imprévisibles de l’antisémitisme d’instinct est d’organiser un antisémitisme de raison ».

    R. Brasillach
    Je suis partout, numéro spécial du 7 février 1939.

    Commentaire par khazan — 30/03/2010 @ 07:25

  71. Il y a quelques temps, rencontrant un ancien étudiant, et j’ai été surpris de le trouver en uniforme d’officier de gendarmerie mobile. Je lui ai demandé ce qu’il faisait dans cette carrière, il m’a dit qu’il voulait voir du pays. Je lui ai demandé s’il était parti en opérations extérieures (OPEX, style Afghanistan) ou dans les DOM, il m’a dit qu’on l’envoyait patrouiller dans des « cités ».

    Que des gens de la classe moyenne considèrent que les « cités » soient un territoire tellement étranger qu’aller y faire des patrouilles relève de l’exotisme, c’est effrayant.

    Commentaire par DM — 30/03/2010 @ 09:56

  72. Bonjour Valérie Tribes, alias Isis,

    Je dois dire que je suis surprise par la publicité que vous entendez donner à votre tentative d’infiltration de la blogosphère de la mode, dites donc. Ne pensez-vous pas qu’il serait intéressant d’en faire un blog, d’ailleurs?

    Cela dit, je vais vous faire une confidence : pour ma part, je pense que les journalistes de mode sont dangereuses pour le statut de journaliste.

    Commentaire par Fantômette — 30/03/2010 @ 10:03

  73. Un dernier mot,

    Le nouveau post de Bilger (Interdit de défendre le pape !), que Marianne2 m’a fait lire, est une formidable démenti à tout ce qui a pu être écrit pour le défendre.

    Si la défense de Zemmour était celle de la liberté d’expression, quel est alors le sens de l’attaque contre Guillon et les Guignols ?

    Si il fallait s’opposer à la bien-pensance alors pourquoi pérenniser l’image d’un pape inattaquable que son statut suffit à rendre parfait ?

    Le quatrième paragraphe n’est par ailleurs QUE procès d’intention.

    La liberté d’expression est un très beau drapeau à agiter pendant que l’on tag les murs…

    Commentaire par Karam — 30/03/2010 @ 10:18

  74. @Karam
    Amusant… j’ai pensé la même chose en lisant ce billet de P. Bilger sur Marianne2 dans le metro ce matin 🙂

    Comme quoi.

    Commentaire par khazan — 30/03/2010 @ 10:46

  75. S’attaquer au Pape est précisément pour Mr. Bilger et bien d’autres un acte de « bien pensance ». Le défendre un acte « politiquement incorrect ».

    Commentaire par lambertine — 30/03/2010 @ 14:16

  76. « S’attaquer au Pape est précisément pour Mr. Bilger et bien d’autres un acte de « bien pensance ». Le défendre un acte « politiquement incorrect ». »

    Là où on voit l’hypocrisie de Bilger, c’est qu’il demande à Guillon ce qu’il ne demande pas à Zemmour : c’est à dire de laisser la décence commander de s’arrêter à temps. Sa défense de la liberté d’expression a bon dos pour balancer son idéologie d’extrême-droite par contrebande. Qu’il assume ses idées, bordel, au lieu de tortiller du cul !

    Commentaire par Gilbert — 30/03/2010 @ 18:32

  77. Et si le problème n’était pas Zemmour, qui n’est qu’un réactionnaire parmi tant d’autres ?
    Voilà une question qu’elle est bonne :
    http://www.acrimed.org/article3340.html

    Commentaire par Gilbert — 30/03/2010 @ 19:23

  78. @ Aliocha,

    En fait, Aliocha, au sujet de l’affaire Zemmour, une bonne façon – un peu renouvelée – de poser le problème consisterait à le poser dans les termes d’un débat bloguesque.

    La question est : qui est le troll?

    Intéressant, non ?

    Je trouve qu’envisager cette histoire sous cet angle permet une certaine remise en perspective, vous ne trouvez pas?

    La question posée par le journaliste me semble avoir clairement été un appeau à troll – si ce n’est un début de trollage. Eric Zemmour troll direct en réponse (imaginez sa réponse écrite en com sur un blog d’actualité quelconque, il est difficile de nier qu’il s’agira d’un troll, qui va inévitablement diriger la discussion sur les rails d’un débat bien scindé entre deux modes de pensée automatiques).

    Attention, je ne dis pas qu’il faut pour autant l’interdire, le censurer, ou quoi que ce soit. A ce stade, je me m’amuse simplement à qualifier les faits, dans les termes de ce que l’expérience du blogage nous apprend sur les façons dont se construisent et se déconstruisent des discussions.

    Précisément, la réaction la plus largement recommandée, face à un troll, c’est « don’t feed the troll ». Injonction qu’il est souvent difficile de respecter. Il aurait été amusant de la voir reprise IRL, mais à ma connaissance, ça n’a pas été le cas.

    Lorsque le troll « a pris », je fais l’hypothèse qu’il reste possible de l’interrompre par l’exercice d’un contre-trollage intelligent (je crois que Phil avait suggéré que l’on parle d’elfe, dans ce cas). J’inscris le billet d’Eolas dans cette démarche là. J’ai tendance à penser que Ph. Bilger s’est pour sa part beaucoup plus traditionnellement inscrit dans le sillage du troll initial, en opérant quelques variations autour du thème, mais en en validant l’énoncé par la même occasion.

    Question : avez-vous fini par réaliser qu’en réalité, loin d’être du côté de Zemmour et Bilger, vous vous situiez bien plus nettement du côté d’Eolas, ou toujours pas?

    Commentaire par Fantômette — 01/04/2010 @ 11:24

  79. @Fantômette

    … Parlez en a « Causeur »…
    Ils sont en pleine croisade pour la sauvegarde du troll zemmourien en tant qu’espèce menacée d’extinction.

    😀

    Commentaire par khazan — 01/04/2010 @ 18:28

  80. @ Fantômette, com 78,

    Que ne lui dites vous là!

    Je crois que Zemmour a fini par la lasser, ce qu’annonce Bilger dans son post comme un scoop, alors qu’elle sait bien, elle, que cela n’en est pas un (Zemmour lasse assez vite, en fait).

    Zemmour incarne la permanence de la connerie ET la permanence de cette envie de s’en saisir pour provoquer le pire. En ce sens, il est autre chose qu’un journaliste.

    Bilger, comme dans l’expérience de Milgram, ou plus exactement comme dans le personnage joué par Yves Montand dans le film « I comme Icare », vient de dire « stop ».

    Mais… lui aussi a accepté que cela aille à un stade déjà avancé. Trop avancé pour être à l’abris de la critique. Ce n’est pas le principe qu’il condamnait, juste le degré (et encore, de façon indirecte).

    D’où, tout le bordel (en ce qui le concerne, sa convoc).

    En fait, tout cela est très banal.

    Non?

    Commentaire par tschok — 02/04/2010 @ 22:35

  81. « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait ».
    C’est un fait.
    C’est un fait.
    C’est un fait.
    ça sonne bizarre car on pourrait croire que disant cela, la Phrase de Zemmour serait indiscutable puisque – hein ? – c’est un fait  » qu’ils sont noirs et arabes »
    BiBi soutient que le fait n’existe pas en lui-même, que cette phrase n’est pas indiscutable ( c’est le point de vue de Zemmour mais pas une vérité intangible). Là où ce Monsieur fait de la manipulation sur le mot « fait ». Pour BiBi, un fait n’existe pas en lui-même mais il y est toujours pris dans un réseau d’interprétations conscientes ou inconscientes ( idéologiques pour parler en langage Gaucho).

    Tout cela me rappelle ce  » fait » incontestable que les Noirs sont bien meilleurs à la course que les Blancs. La Preuve ? En finale olympique du 100 mètres, il y a toujours des Noirs. Je vous laisse les conclusions (les mêmes que celles de Zemmour probablement : il y a des races, les unes sont douées pour la Course, les autres plus douées pour… etc).
    Continuons d’examiner cet exemple : pas de doute, c’est un constat juste : il y a en effet toujours des Noirs en surnombre dans les finales olympiques du 100 m. Mais dire cela n’est pas un fait car l’interprétation est là, sous-jascente, silencieuse, non-dite, non-écrite. Ce  » fait  » est relevé pour défendre une thèse ( celle des « races » supérieures/inférieures »). C’est cette thèse qui pousse à transformer un « constat » non analysé en « fait ».

    Ce qui est tû et écarté de fait, ce sont les autres interprétations, en particulier celle qui consiste juste à dire que si les Noirs sont plus présents en finale olympique, c’est que socialement situés en bas de l’échelle sociale, ils sont prêts à endurer plus d’entrainements, plus de sacrifices que les blancs qui, tendanciellement, sont plus nantis donc sont moins des  » morts-la-faim » que les Noirs.Du coup, l’éclairage de ce constat change du tout au tout non ?

    C’est cela la manipulation zemmmourienne ( Les Zemmour avec leurs façons de penser ne sont pas menacées, les Zemmour ne sont absolument pas des victimes : ils sont majoritaires. Ils pullulent. Leurs façons de voir nous envahissent, occupent de façon majoritaire, quasi-totalitaire l’espace médiatique). Oubliez vous que derrière Zemmour, il y a les Dassault etc ?

    Alors, chère Aliocha, il est bien ridicule et risible de voir que vous avancez les arguments de Stuart Mill pour le défendre au nom de la Liberté d’Expression.

    Commentaire par Pensez BiBi — 03/04/2010 @ 08:40

  82. […] Cette phrase d’Eric Zemmour est revenue à BiBi lorsqu’il s’est aventuré dans le Blog d’Aliocha qui a mis en ligne une de ses réflexions sur cet épisode […]

    Ping par Zemmour et les Noirs de la finale olympique du 100 m. — 03/04/2010 @ 09:57

  83. @ Khazan,

    Mouarf. J’évite Causeur le week-end. Je vais les lire plutôt en semaine – et encore, uniquement quand je suis DÉJÀ énervée.

    Je vais pas me rendre malade non plus.

    @ tschok,

    Ô combien banal. De l’écume d’écume – et encore.

    (A t-on déjà tenté d’analyser l’émergence de ces fameux « débats de société » sous l’angle de la théorie des fractales, d’ailleurs ?)

    Commentaire par Fantômette — 04/04/2010 @ 17:56

  84. @ Fantômette,

    Je l’ignore.

    Je ne connais – et encore pas très bien -que la théorie de l’agenda.

    http://nalya.canalblog.com/archives/2008/01/07/7476236.html

    Sur la propagation des rumeurs, qui fait penser à l’image fractale, il existe de nombreuses études, mais je ne sais pas si leurs auteurs ont fait, comme vous le faites, le rapprochement assez évocateur avec la logique fractale.

    C’est assez amusant, car on dit d’une rumeur qu’elle fait boule de neige. Or l’image fractale la plus connue ressemble à des cristaux de glace qui se développent à l’infinie.

    Commentaire par tschok — 13/04/2010 @ 15:24

  85. @ tschok,

    Un article fort intéressant.

    Je crois qu’il manque un volet à cette analyse, qui serait l’étude du feed-back public/media. Il s’agirait de vérifier dans quelle mesure l’agenda des media serait influencé par son audimat, en quelque sorte. Il doit y avoir des effets de rétro-actions intéressants à observer.

    Il y aurait même un troisième volet à réaliser, qui serait l’étude de la façon dont les entreprises professionnelles de com’ (politiques, économiques, culturelles, etc), influent également sur l’agenda. Je ne serais d’ailleurs pas autrement surprise de voir peu ou prou reprises les mêmes nuances apportées par les études Mc Combs et Shaw, à savoir, une influence sur l’agenda des media, qui ne sera pas nécessairement une influence de leur contenu.

    Commentaire par Fantômette — 13/04/2010 @ 20:50


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