La Plume d'Aliocha

17/03/2010

Le jeu de la mort, ce soir sur France 2

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 16:42

Nous en avons beaucoup parlé, la voici !

L’émission qui porte sur l’expérience de Milgram appliquée à la télévision sera diffusée ce soir sur France 2 à 20h35. Entre nous, je trouve le battage médiatique autour de celle-ci un brin irritant. Sans compter le titre, racoleur à souhait. D’ailleurs, le tournage du débat qui suivra le documentaire, animé par Christophe Hondelatte, suscite déjà la polémique. @si (payant) rend compte d’une querelle qui a opposé, lors de l’enregistrement,  le journaliste et le directeur de Philosophie magazine. La télévision même lorsqu’elle se critique ne saurait-elle que se mettre en scène de manière outrageuse ? Allez savoir.

La deuxième partie de cette série documentaire, intitulée « Le temps de cerveau disponible » , sera diffusée demain soir à 22h45.

Note : Le rythme des billets s’est ralenti, à mon grand regret. Je suis à la recherche d’un appartement, ce qui absorbe le peu de temps disponible que me laisse habituellement mon activité professionnelle. J’espère reprendre très vite un rythme normal.

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23 commentaires »

  1. En effet, le battage médiatique est à son comble. Même le numéro de la Recherche de ce mois parle de cette émission et de l’expérience de Milgram !

    Bonne chance pour votre recherche.

    Commentaire par Amine Venezia — 17/03/2010 @ 17:16

  2. Tania Young vous couvre allez-y ! Allez-y ! Mais allez-y ! C’est simplement potentiellement « mortel » !

    INTOX ?

    Quand je me sens mal
    Dans ma peau
    Je peux faire la malle
    Illico
    Dès que la speakerine
    Ouvre son tiroir
    J’ai mon héroïne
    Avec télé-soir

    Je vois des chauve-souris roses
    Je suis sûr d’avoir ma dose
    Intox intox intoxiqué
    Opium opium télévisé

    Si je n’ai pas d’veine
    J’ai du pif
    Quand je change de chaîne
    C’est du kif
    Je me fais des piqûres
    Fort économiques
    Avec leurs figures
    De barbituriques

    Je vois les chauve-souris roses
    Je sens qu’j’ai déjà la dose
    Intox intox intoxiqué
    Opium opium télévisé

    Quand ma virago
    Fait des drames
    En tournant le dos
    A mon âme
    Avec leur programme
    Pas besoin de femmes
    C’est un C.D.R.
    Qui m’envoie en l’air

    Je suis une chauve-souris rose
    Je sens qu’j’ai la super dose
    Intox intox intoxiqué
    Opium opium télévisé

    Mais j’arrive au bout
    D’mon rouleau
    Quand y a l’présidou
    Au micro
    J’suis plus dans la course
    Sur mon canapé
    Je m’le tape en douce
    Comme du L.S.D.

    Je vois même la vie en rose
    J’ai dû dépasser la dose
    Intox intox intoxiqué
    J’suis fou j’suis fou j’suis fou à lier…

    Chanson et paroles de : Jean Ferrat

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 17/03/2010 @ 18:33

  3. Totalement HS, et réservé à ceux qui lisent l’anglais, un petit article sur certaines pratiques de certains journalistes.
    Ce qui marche aux USA marche aussi en France.

    http://www.cracked.com/article_18458_6-subtle-ways-news-media-disguises-bullshit-as-fact.html

    Commentaire par Arnaud — 17/03/2010 @ 19:09

  4. Qui dit expérience dit cobaye.
    Le cobaye en l’affaire ce n’est pas celui qui est censé souffrir et qui fait semblant.
    Ce sont les candidats du jeu, les vrais cobayes.
    Ils souffrent pendant le jeu car ils sont déchirés entre l’autorité à laquelle ils ont décidé d’obéir et leur conscience qui leur dit d’arrêter.
    Et ils souffrent après le jeu quand ils découvrent, avec quelle honte !, qu’on s’est moqué d’eux et qu’ils se sont conduits en bourreaux.
    Ils souffrent pour de vrai, eux.
    On ne voit en eux que leur insensibilité, on ne les plaint pas, on a tort.
    L’ « expérience » est encore plus concluante que ne le pensent ses promoteurs, mais à leurs dépens. C’est parce qu’ils sont eux-mêmes soumis, à la science ? au désir de notoriété ?… qu’insensibles à la douleur d’autrui, ls se servent d’êtres humains comme cobayes et les font souffrir sans même s’en rendre compte…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 17/03/2010 @ 22:18

  5. Bon courage dans votere recherche d’appartement ma chère Aliocha !

    Commentaire par Triskael — 17/03/2010 @ 23:21

  6. Ce qui m’ennuie avec cette émission, c’est qu’elle prétend nous informer sur les expériences psychologiques (type Milgram) alors qu’elle ne fait que flatter les bas instincts du téléspectateur. Celui-ci est en quelque sorte le véritable sujet de l’expérience, qui s’amuse à voir souffrir mentalement ceux qui y participent. On entre dans une dynamique complexe et extrêmement vicieuse, qui n’a plus rien à voir avec une réflexion sur la soumission à l’autorité, et qui devient un spectacle de la souffrance d’autrui. Cela existe déjà (Fear Factor et autres joyeusetés), mais je crois que c’est bien la première fois que la souffrance psychique prend le pas sur la souffrance physique. C’est alarmant.

    S’il fallait faire une prédiction, je dirais que la prochaine étape pour ce genre d’émission sera de se débarrasser de toute caution scientifique et éducative pour se présenter comme un simple divertissement.

    Mais je suis sûrement trop pessimiste.

    Commentaire par francois — 17/03/2010 @ 23:46

  7. Quelle belle autopromotion pour la chaîne publique qui semble vouloir donner une leçon au reste du monde cathodique: voyez, nous sommes capables d’analyser et de dénoncer votre toute-puissance manipulatrice mais, nous, nous ne mangeons pas de ce pain-là.

    Commentaire par didier specq — 18/03/2010 @ 00:20

  8. Je viens de voir l’émission et le débat, et je les ai trouvés les deux très instructifs, si imparfaits qu’ils soient (d’ailleurs j’ai acheté le bouquin après la parution de votre premier article, j’en suis à la moitié à peu près, je le finis dès que possible).
    Par contre j’aurais tendance à penser que le sujet le plus important du débat n’est pas seulement la télévision, mais surtout notre rapport à l’autorité.

    La télé n’est qu’un média, on peut y diffuser du très bon comme du très mauvais, comme dans la presse papier, la radio, internet, les jeux vidéos, et tout ce qu’on veut (même si Morandini et sa copine me semblaient un peu de mauvaise foi lorsqu’ils défendaient la télé, mais la question n’est pas là). D’autres pouvoirs apparaitront et si nous nous focalisons uniquement sur la télé nous ne saurons pas y faire face (c’est un des arguments du livre si je ne m’abuse).

    Sinon je n’ai entendu personne le faire remarquer (peut-être l’ai-je raté ?), lorsque l’animateur disait que l’expérience originale de Milgram n’avait un taux d’obéissance « que » de 60%, contre 80 pour celle de la télé.
    « Que » ? Je trouve déjà terrifiant que trois personnes sur cinq seraient capables de torturer un inconnu jusqu’à la mort si une autorité qu’ils respectent le leur demandait.

    Quand au déclencheur pour la désobéissance, je crois qu’un des participants y a plus ou moins répondu en disant qu’on ne naissait pas désobéissants. Autrement dit, cela s’acquière, par l’éducation et l’expérience personnelle.
    Peut-être faudrait-il revoir un peu le rôle de l’école. L’école de demain ne devra plus seulement nous administrer un savoir fini, mais nous apprendre à apprendre, nous inculquer la tolérance et nous apprendre l’esprit critique — ce qui inclut donc la capacité à repérer les manipulateurs potentiels. L’école doit nous apprendre à nous remettre en cause.

    Désolé si tout ceci est un peu décousu ou ronflant, mais il est tard.

    (Sinon bonne chance pour votre appartement.)

    Commentaire par jor — 18/03/2010 @ 00:38

  9. Voilà une bonne question posée au jeune parent que je suis : comment enseigner la désobéisance alors que finalement nous faisons tout pour aider nos enfants à rentrer dans le moule dans la société, à respecter l’autorité ?

    Autre remarque : si un conflit « moral » semble se faire jour chez la plupart des candidats vers 180v, il me semble qu’à aucun moment les candidats ne se posent la question tout simplement en terme de Droit. Ce que je fais est il légal? Parce qu’il me semble bien que surtout, et peut être avant d’ailleurs, à partir du moment ou l’électrocuté refuse de répondre, on rentre dans le domaine de la torture et des actes de barbarie, crime qui, je crois, est assez sévèrement réprimé par le Code Pénal. Voilà une question à poser à notre bon Maître Eolas qui nous répète fréquemment que Droit et Morale sont deux choses bien différentes!

    Commentaire par Mussipont — 18/03/2010 @ 08:04

  10. Et pour votre appartement, j’ai une chambre de libre chez moi. Pensez que finalement j’habite dans l’Est parisien, je ne suis qu’à 1h30 de TGV de la gare de l’Est. Bon, ma femme risque de faire un peu la tronche au début mais on finira bien par s’arranger.

    Aliocha : Tiens, je n’avais pas envisagé l’hypothèse de me faire adopter par l’un des lecteurs du blog, pas bête… 😉

    Commentaire par Mussipont — 18/03/2010 @ 08:06

  11. Christophe Hondelatte a été égal à lui-même. Aucune cohérence dans les échanges entre partcicpants, beaucoup d’invectives et finalement rien de bien instructif. On s’est tellement engueulé sur ce plateau que finalement même les deux-trois choses intéressantes qui ont été dites ne pouvaient plus trouver d’echo, ni même atteindre mon pauvre petit cerveau endolori par tant de gueulardise.
    C’est dommage mais ça semble être la norme quand Christophe Hondelatte est à la barre. Je me souviens notamment d’un débat en présence d’Eric Dupont-Moretti, d’associations de victimes venant en aide aux femmes violées et du porte-parole du ministére de la justice. Une foire d’empoigne où de temps en temps sur le bord de l’écarn on voyait apparaître un bout du visage déconfit des victimes qui avaient été plantées là pour dire deux-trois phrases en début d’émission.
    Oui, je crois que les débats ce n’est pas son truc…

    Aliocha : dommage en effet, car son émission « faites entrer l’accusé » est vraiment remarquable. Je me suis demandée s’ils n’avaient pas un peu trop coupé au montage tant les discussions semblaient décousues.

    Commentaire par Julia — 18/03/2010 @ 13:03

  12. Comme l’a fait remarquer le réalisateur, Christophe Nick, le sujet de ce reportage n’est pas (seulement) la télévision, mais la société et notre rapport à l’autorité, le conflit entre notre morale intérieure et notre respect envers vles règles, comme l’a expliqué le psychologue Jean-Léon Beauvois.

    Commentaire par Nono — 18/03/2010 @ 17:04

  13. Voir Libé d’hier sur :

    – les réserves quant aux conclusions de l’expérience, eu égard à la méthode et au montage
    – l’attitude de Hondelatte durant l’enregistrement

    Aliocha : j’ai vu, @si n’est pas tendre non plus ce matin avec l’émission. Il était évident, au vu du buzz organisé autour de l’émission, de son passage en prime time et de sont titre racoleur que le retour de baton ne se ferait pas attendre. Ce que je suggère dans mon tout petit billet. L’émission aurait été diffusée à minuit sur Arte, tout le monde aurait applaudi. Le problème, c’est que son audience aurait été très réduite. C’est pourquoi je suis partagée. Je n’ai pas totalement aimé l’émission, mais elle a le mérite de soulever une question plus intéressante que celle de son format. Question qui est malheureusement éclipsée sous la plume de nombreux commentateurs par les querelles de format et de présentation. Bien sûr qu’elle tombe un peu dans les travers qu’elle dénonce, n’empêche le contenu mérite attention.

    Commentaire par tchoup — 18/03/2010 @ 18:20

  14. Soyez tous honnétes et responsables ,ne jouez pas les martyrs ,les candidats ont été utilisés comme des cobayes et le CSA c’est rendu coupable de complicité,il faut pousser les candidats à porter plainte contre les producteurs…aristote_912@hotmail.com

    Commentaire par coriolis — 18/03/2010 @ 20:31

  15. André Gunthert, sur son blog, explique très bien que la mise en cause de la télévision tape à côté, parce que ce n’est pas la télévision en elle même qui provoque le conditionnement des participants mais le dispositif contraignant de certaines émissions. Pour avoir déjà participé à une émission de télévision, il est vrai que le dispositif est tellement imposant qu’on perd tout libre arbitre. Entre les aboiements du chauffeur de salle qui conditionne le public, l’effet d’entrainement du dit public, les lumières fortes et l’animateur maître du jeu tout puissant, qui ne laisse aucune échappatoire, « on ne s’appartient plus », comme on dit.
    http://culturevisuelle.org/icones/466

    Commentaire par Gilbert — 19/03/2010 @ 06:33

  16. Je suis d’accord avec Gilbert (15), et c’est ce que je dis depuis le début de ces discussions : cette émission ne donne strictement aucune indication sur le pouvoir (ou non) de la télé. Tout ce qu’elle fait, c’est reproduire dans un contexte légèrement différent un démonstration de soumission à l’autorité. On peut ergoter sur le fait que cette expérience montre qu’il n’y a pas besoin d’être un scientifique en blouse blanche dans un labo pour exercer cette autorité, mais on aurait eu le même résultat en prenant un entraineur de sport, un GO du Club Med’, etc. La télé là-dedans ? C’est le support sur lequel cette expérience est présentée, mais je ne crois pas qu’elle joue un rôle sérieux dans les résultats.

    Qu’on refasse l’expérience en faisant voter les cobayes par SMS, depuis leur salon, et là, j’accepterais de discuter du pouvoir de la télé.

    Maintenant, ça ne diminue pas l’intérêt de cette émission : je doute que grand monde ait été aussi au courant de l’expérience initiale et je pense que pour une grande partie du public, des téléspectateurs de cette émission, la simple démonstration de soumission à l’autorité était intéressante.

    (je dis ça, mais je précise aussi que je n’ai pas regardé l’émission, d’abord parce que je ne sais pas trop comment j’aurais matériellement pu depuis chez moi, et ensuite parce qu’au même moment, je regardais une oeuvre de fiction traitant magistralement de la question de l’obéissance à l’autorité… hem… une série de science-fiction quelconque où le héros désobéit… 🙂 )

    Commentaire par Rémi — 19/03/2010 @ 10:46

  17. Dans I comme Icare, un des moments intéressants est celui où le scientifique fait remarquer à Yves Montand qu’il n’a protesté qu’à 180V… Alors que ce dernier ne participe pas à l’expérience.

    Dans l’article de Wikipedia qui lui est consacré, les résultats des variantes de l’expérience de Milgram y sont synthétisées, dont les suivants :

    – Absence de l’expérimentateur : Choc maximal moyen = 272,25V et 20 % des sujets délivrent la décharge maximale de 450V.
    – Le sujet est spectateur : Choc maximal moyen = 373,5V et 68,75% des spectateurs n’ont pas entrepris de s’opposer physiquement à la poursuite de l’expérience en quittant la salle ou en s’interposant (tous ont cependant manifesté verbalement leur opposition).

    Donc, si l’autorité facilite l’obéissance – ce qui est d’ailleurs l’un de ses rôles, la discipline – nous ne sommes pas moins capables d’infliger un traitement inhumain à autrui sans que l’autorité ait à intervenir pour contrôler l’exécution de l’ordre.
    De plus, si nous assistions à un traitement inhumain, nous accepterions que la victime subisse un choc plus violent que celui que nous délivrerions nous-même (moyenne plus élevée), la majorité d’entre nous ne tenterait rien pour l’empêcher et continuerait à regarder.

    Que penser de l’attitude du public de l’émission (que je n’ai pas regardée) dont il est question?

    Enfin, dans I comme Icare, la phrase de protestation d’Yves Montand est « C’est intolérable. Même au nom de la science, vous n’avez pas le droit. Aucune loi ne vous y autorise! ».

    Certes, c’est un procureur fictif et on peut raisonnablement envisager qu’un vrai magistrat et un vrai avocat ne manqueraient de souligner que dès le premier choc, il y a infraction. Je l’espère!
    Pourtant, non seulement le personnage du procureur a attendu 180V avant de se rappeler ce qui dit le Droit, mais accepte de fait qu’une infraction soit commise « au nom de la science ». Il se soumet lui-même, individu non seulement moral mais aussi spécialiste du Droit et lui-même autorité par sa fonction à l’autorité de la science.

    Commentaire par Ferdydurke — 19/03/2010 @ 17:36

  18. Yes!!! On tape les Rosbifs sous la pluie et on réalise le grand chelem!
    Euh…pardon Aliocha pour le troll, je pensais me trouver chez Eolas…
    Un p’tit billet sur le rugby, un de ces jours?

    Commentaire par Goloubchik — 20/03/2010 @ 23:06

  19. @ Ferdydurke :

    Bonne question, ça, la réaction du public. Je n’ai pas vu l’émission, peut-être la question était-elle évoquée. Soit le public n’était pas au courant de la supercherie et il serait intéressant de savoir si des gens ont réagi (avec l’effet de foule qui fait qu’il est sans doute difficile de se manifester, mais il est certainement au moins possible de quitter la salle), soit le public était au courant et il serait aussi intéressant de savoir si ils ont poussé activement les joueurs réticents (est-ce qu’ils ont applaudi/hué spontanément ?) comme ceux qui allaient jusqu’au bout.

    Commentaire par Rémi — 22/03/2010 @ 11:50

  20. A propos du public : il était renouvelé chaque demi-journée. Un même public assistait donc au passage de 5 questionneurs ; le questionné restait évidemment le même. Pour le premier passage, il n’était pas au courant qu’il s’agissait d’une expérience. A la fin de ce premier passage, il était briefé par la prod : on lui expliquait alors le contexte et on lui demandait de participer à l’expérience en jouant le rôle d’un public classique, qui suit les consignes affichées par le chauffeur de salle.

    Selon une personne présente dans le public et qui s’est exprimée sur le forum de France 2, le premier passage n’a pas déclenché de réactions du public. Les gens se concertaient entre eux en se demandant ce qui se passait au juste sur le plateau : fiction ? réalité ? Canular ?

    Il est douteux que l’expérience permette de tirer de vrais enseignements à propos de l’attitude du public.

    Christophe Nick a abondamment répondu à ses détracteurs (dont j’étais) sur le Forum de France 2 : http://forums.france2.fr/france2/Jusqu-ou-va-la-tele/liste_sujet-1.htm

    Commentaire par Tocquevil — 22/03/2010 @ 13:47

  21. @ Rémi

    Pensée de groupe, effet du témoin, et cetera, sont certainement des éléments à prendre en compte. Difficile toutefois de se prononcer sans avoir vu l’émission!

    @ Tocquevil

    Merci pour ces informations complémentaires et d’accord avec vous : difficile d’en tirer des conclusions au vu des précisions que vous apportez. Sinon que le public est lui-même soumis à une autorité, celle du chauffeur de salle, et que le questionneur est aussi soumis à l’autorité du public.

    Ce que vous expliquez fort bien sur le forum de France 2. Du coup, je vous cite :

    « Or, si l’expérience de Milgram visait bien à isoler la composante « soumission à l’autorité », l’expérience Zone Xtreme introduit une autre composante; dont les effets s’ajoutent à ceux de l’autorité : la présence d’un public. L’effet de ce public, et l’impact qu’il a sur un candidat avide de jouer le rôle du « bon candidat » en se conformant au désir du public, est au moins aussi important que la soumission à l’autorité incarnée par l’animatrice.

    Comparer Zone Xtreme avec l’expérience de Milgram n’est donc pas fondé scientifiquement : il aurait fallu isoler les deux composantes, soumission à l’autorité et désir de se conformer au plus grand nombre.

    On nous explique que ce documentaire met en avant le formidable pouvoir de la télévision, c’est à dire la contrainte qu’elle fait peser sur le libre arbitre des téléspectateurs. Et tous les journalistes, y compris de télévision, de faire semblant de s’effrayer de ce maléfique pouvoir.

    Et bien non : la seule chose qu’il montre, c’est qu’une personne qui est volontaire pour participer à un spectacle potentiellement télédiffusé est capable d’aller très loin pour jouer le rôle qu’il pense qu’on attend de lui, poussé par un animateur ET par le public. Il n’est pas scientifique d’en déduire quoi que ce soit concernant l’impact que peut avoir la diffusion d’un tel spectacle (ou de n’importe quelle émission) sur le libre-arbitre des téléspectateurs.« 

    Commentaire par Ferdydurke — 23/03/2010 @ 20:03

  22. Désolé pour ce commentaire « tardif », mais (contrairement à certains …) je ne me sentais pas autorisé à écrire ce commentaire avant d’avoir vu le Documentaire en question… que j’avais enregistré, et que je n’ai donc vu qu’aujourd’hui.

    Tout d’abord merci @ Tocquevil (#20) pour ses précisions quant au rôle du Public.
    En effet, dans le documentaire, il est précisé que la Production avait recruté 20 groupes de spectateurs, qui « n’étaient pas au courant » (si je peux me permettre) de la vraie nature de l’expérience.
    Or il y avait au moins 80 candidats …
    Après un rapide calcul, je me suis donc posé la question : comment le public peut-il ignorer la vraie nature de l’expérience alors qu’il voit le même « questionné » accompagner 4 candidats différents ??
    Je trouve dommage que la réponse apportée dans le Forum de France2 n’ait pas été explicitée dans le documentaire …
    Ça peut sembler anecdotique, mais s’agissant d’une expérience qui se veut scientifique, et comme le « rôle du public » est aussi mis en avant (la dernière injonction à continuer, pour les questionneurs qui veulent arrêter, est « l’avis du public »), ne pas nous donner cette précision est surprenante.

    D’autre part, je rejoins Ferdydurke dans sa conclusion.
    Dire que cette expérience « prouve » le pouvoir d’autorité que possèderait la TV en général est abusif.
    D’ailleurs, le documentaire essaie d’établir ce lien en comparant le temps passé à regarder la TV sur une vie moyenne et celle passée au travail.
    OK, mais ce genre de comparaison ne prouve rien !

    Enfin, je ne comprends pas pourquoi 2 anciens ministres (socialistes) ont porté plainte contre le réalisateur de ce Docu pour « incitation à la violence » ?!
    Apparemment, je ne suis pas le seul à ne pas comprendre cette action en justice:
    http://www.marianne2.fr/Apres-Freche-et-Zemmour,-le-Jeu-de-la-mort-la-bien-pensance-investit-les-pretoires_a189966.html

    Et les « justifications » de Lienemann ne me convainquent guère …
    http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Le-Jeu-de-la-mort-une-atteinte-a-la-dignite-humaine-182141/

    Certes, on peut critiquer le fait que, au final, ce documentaire « diffusait » effectivement « le jeu de la mort », avec un montage où l’on voyait les candidats enchainer les « punitions » …
    Mais ce montage est-il si différent de ceux des autres magazines de reportage TV ?

    Lorsqu’un reportage stigmatise les violences urbaines, ou celles faites aus femmes, ou encore les trafics de drogue, en suivant et en montrant des bourreaux et des victimes, doit-on porter plainte pour incitation à la consommation de drogues, ou à la violence ?

    Lorsqu’on apprend au JT de 20h, que Bertrand C., chanteur reconnu coupable d’un meurtre par violence sur une femme, est libre après moins de 4 ans d’emprisonnement (ce que, personnellement, je ne trouve pas anormal, B. C. n’étant à priori pas dangereux pour la société), faut-il porter plainte contre le JT pour diffusion d’une information qui serait « un signal négatif » vis-à-vis des violences faites aux femmes (selon la lettre de Nadine T. au JAP et au Figaro de l’époque) ?

    Ce documentaire n’est sans doute pas parfait, mais je le trouve malgré tout nécessaire, et plutôt « bien fait ». Je n’ai pas enregistré le débat qui a suivi … et je m’abstiens donc de tout autre commentaire.

    A si, un dernier, @ Ferdydurke entre autre :
    Vous avez vu « I comme Icare », mais avez-vous vu aussi « Le prix du danger » ?

    Commentaire par Yves D — 29/03/2010 @ 23:57

  23. Ah si, une dernière critique sur ce documentaire :

    Il tend à dire que cette expérience prouverait une influence très forte de la TV car le taux d’obéissance obtenu (80%) était supérieur à celui obtenu par Milgram.

    Il me semble même me souvenir qu’il est dit à un moment que donc 80% de la population française adulte serait aussi « obéissante face à la TV », puisque l »échantillon de candidat a été filtré pour être représentatif de la population…

    Sauf qu’il y a quand même un biais énorme : tous ces candidats était d’accord pour participer à un (pilote de) jeu TV qu’ils ne connaissaient pas !
    Est-ce que cette caractéristique est commune et « également répartie » dans la population française ?
    Moi je connais des gens qui refuseraient (au préalable) de participer à un jeu TV !
    L’échantillon des candidats n’est donc pas pleinement représentatif de la population. Ce biais (les candidats avaient envie de participer à un jeu TV, sans savoir à l’avance lequel) peut facilement expliquer le taux si élevé de 80%.

    Commentaire par Yves D — 30/03/2010 @ 00:14


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