La Plume d'Aliocha

18/02/2010

Touche pas à mon idole !

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 11:12

Tiens, voici que BHL vient de trouver un soutien inattendu sur Slate.

Enfin, un soutien, entendons-nous bien.

Il a reçu celui de toute la presse ces derniers jours à l’occasion de la sortie de deux ouvrages (L’Obs, Match, Le Point, l’Express, excusez du peu, sans compter les interviews dont la dernière en date avait lieu sur i-télé hier matin), toute la presse donc sauf une journaliste de l’Obs qui a osé remarquer que l’idole médiatique avait dérapé en citant avec le plus grand sérieux un livre canular sur Kant. Horreur ! Comment peut-on oser émettre une opinion dissidente sur notre philosophe national à l’éternelle chemise blanche ouverte et aux cheveux coiffés de plus en plus dans le vent. Quel scandale, quelle indécence, quelle injustice ! Jalousie sans doute, parce qu’il est beau, riche, intelligent, abonné au succès comme d’autres aux emmerdes, marié à une créature de rêve, adulé des médias. Forcément, il y en a que ça irrite, des esprits chagrins, et même nous dit l’auteur de l’article sur Slate, des antisémites en puissance. Ah ! Il fallait qu’il soit lancé le mot magique, celui qui clôt tout débat et renvoie le contradicteur malappris dans les plus sombres arcanes du mal absolu. Bernard Kouchner, souvenez-vous, avait utilisé la même tactique pour démolir le livre que lui avait consacré Pierre Péan. Daniel Schneidermann aujourd’hui rigole dans sa chronique matinale tant l’argument lui semble absurde, ce d’autant plus qu’il s’inscrit dans le camp honni des détracteurs du philomediasophe et qu’on l’imagine mal ressentir une quelconque tolérance vis à vis de l’antisémitisme. N’est-ce pas lui qui avait poussé Péan dans ses ultimes retranchements sur le sujet en l’interrogeant au-delà du nécessaire ?

Toujours est-il qu’il fallait faire taire les voix dissidentes, renvoyer les rares critiques dans les cordes et que l’accusation d’antisémitisme est apparue comme le remède miracle. Dont acte. Il faut croire qu’une partie de l’élite parisienne connaît un inquiétant regain d’antisémitisme. Drieu, Céline et les autres sortez immédiatement des esprits innocents dont vous avez ignominieusement pris possession ! Plus sérieusement, je crois surtout que l’image de l’idole se fissure à mesure que monte la mayonnaise médiatique jusqu’à friser les plus extrêmes limites du ridicule. Or, il en va des bulles médiatiques comme des bulles financières, il y a toujours un moment où elles éclatent. Entre nous, BHL peut bien se défendre en déclarant que le canular était de haute volée, sous-entendant ainsi qu’il est largement excusable d’avoir été piégé, une question me taraude : comment un agrégé de philosophie peut-il citer un auteur sans s’être interrogé au préalable sur la source ? Quel crédit accorder à un intellectuel de ce niveau qui ne vérifie pas les propos qu’il cite, ne se demande pas qui est l’auteur et comment il convient de comprendre sa position par rapport  au reste de son oeuvre ?  C’est assez peu rigoureux comme démarche intellectuelle, vous ne trouvez pas ? Surtout lorsqu’on se pique, sur la foi d’un livre inconnu, de  nourrir une diatribe à l’encontre de Kant. Le grand philosophe allemand méritait mieux, me semble-t-il, mais il est vrai que je ressens une étrange et profonde affinité d’âme avec lui, ce qui sans doute nuit à mon objectivité en l’espèce.

Le malheur, c’est que cette polémique autour de BHL n’a d’autre effet que de concentrer davantage les projecteurs sur lui, accentuant du même coup l’ombre médiatique qui pèse sur la plupart des autres philosophes contemporains. M’étant rendue ici coupable de participer à cet assourdissant concert autour de l’idole, je vais donc verser mon obole à la philosophie pour tenter de me racheter en vous recommandant la très éclairante lecture de Dany-Robert Dufour. Si comme moi vous éprouvez un malaise grandissant à vivre dans une société dominée par les rapports marchands, l’égoïsme et la jouissance, si vous ne pensez pas, n’en déplaise à Adam Smith et avant lui à Mandeville, que la somme des égoïsmes fait le bien commun,  alors je vous recommande (dans l’ordre) de lire « Le Divin marché » (Denoël 2007) et La Cité perverse » (Denoël 2009). Le philosophe montre comment le libéralisme (auquel il n’est pas opposé par principe) est devenu une religion qui a entièrement irrigué nos vies et dont l’aboutissement, qui déjà se dessine, avait été magistralement anticipé par Sade. Lucide, dérangeant, nécessaire.

Note : Ne manquez pas le savoureux compte-rendu de la campagne médiatique autour de BHL chez @si (abonnés).

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32 commentaires »

  1. D’accord avec vous de la première à la dernière ligne. Il va falloir que m’intéresse à Dany-Robert Dufour.

    Commentaire par Efelle — 18/02/2010 @ 12:49

  2. « Quel crédit accorder à un intellectuel de ce niveau qui ne vérifie pas les propos qu’il cite, ne se demande pas qui est l’auteur et comment il convient de comprendre sa position par rapport au reste de son oeuvre ? C’est assez peu rigoureux comme démarche intellectuelle, vous ne trouvez pas ? »

    La mauvaise influence des journalistes ?…
    Nan, j’déconne…

    Aliocha : Bah, je l’attendais cette réflexion, elle n’est pas tout à fait déplacée 😉 Disons que si la précipitation et l’imprécision sont impardonnables dans la presse, elles le sont à mon sens plus encore de la part d’un philosophe sur lequel aucune contrainte de temps, de format ou de vulgarisation ne pèse. Mais il est vrai que BHL a toujours eu une sorte de fascination pour le journalisme et qu’il oscille entre les deux métiers. Pour le pire, dans certains cas…

    Commentaire par Arnaud — 18/02/2010 @ 13:01

  3. Je me permets de disconvenir respectueusement à votre allusion à Smith (seule partie de votre billet qui relève de ma modeste compétence, et d’ailleurs seule remarque que j’aie à faire ici).

    D’abord, Smith rejetait la glorification de l’égoïsme de Mandeville – « Man devil », l’appelait-il, pour bien se démarquer.
    Ensuite, avant sa « Richesse des Nations », Smith a écrit une « Théorie des sentiments moraux », où il explique l’action humaine par la sympathie, ie. la capacité à se mettre à la place de l’autre : quand j’agis pour le bien d’autrui, je le fais parce que je ressens à travers lui le plaisir que je lui cause. Point d’égoïsme ici (ou alors, tout altruisme est un égoïsme, ce qui peut éventuellement se défendre, mais ne nous avancera pas beaucoup).
    Enfin, Smith écrit dans un contexte particulier d’entrave à l’initiative individuelle, et il est injuste de juger ses idées (fort modérées, qui plus est) à l’aune de nos idéaux contemporains post-matérialistes.

    Voilà un bref plaidoyer, pour un grand homme dont la pensée a bien trop souvent été dévoyée, instrumentalisée et décontextualisée, et qui ne mérite sans doute pas une allusion si désobligeante – du moins est-ce comme ça que je l’ai perçue sous votre Plume.

    Au sincère plaisir de vous lire.

    Aliocha : Merci pour cette précision. J’ai outrageusement synthétisé la pensée de l’auteur (DRD) et je l’ai sans doute en effet trahie. Mais il est vrai que, comme le soulignait un commentateur de ce blog – Ferdydurke – de même qu’un homme à deux personnalités, la sienne et celle que lui prête sa femme, de même un auteur a deux pensées, la sienne et celle qu’on lui attribue 😉

    Commentaire par VilCoyote — 18/02/2010 @ 14:13

  4. Je m’étonne que quelqu’un appréciant Romain Gary puisse s’étonner que l’on se fasse avoir par une supercherie littéraire 🙂
    (Simple facétie de ma part : je ne suis pas BHLophile…)

    Commentaire par Lully — 18/02/2010 @ 16:27

  5. Prescription : Un bon entartage systématique à chaque intervention du pompeux cornichon 😉
    Plus sérieusement, la méthodo plus approximative de BHL n’était déjà plus à démontrer (voir les « romanquêtes »)

    Commentaire par le renégat — 18/02/2010 @ 17:07

  6. Bonsoir,

    Au delà du « travail » du philosophe, deux choses me gènent :

    -qu’il trouve son erreur excusable du fait que des journalistes ne l’aient pas vu (quand sont ils devenus les premiers référents en matière de philosophie…), il me semble que ça dénote une conception du travail très particulière si l’aval journalistique lui semble suffisant pour légitimer son livre et le travail qu’il est censé avoir fait.

    -Le rapport au racisme. Suis-je le seul à ne pas comprendre pourquoi le moindre reproche à quiconque relève forcement du racisme ?
    Suis-je le seul à me demander si il existe un espèce de bottin mondain précisant les ascendants et religion de chaque personnalité publique pour savoir qui j’ai le droit de ne pas apprécier sans devoir pour autant me baffer moi même ? Et surtout puis-je me prévaloir du même genre de défense ? Puis-je exiger, sous peine de me draper dans ma vertue outragée de victime, que quiconque me critique soit lui-même blanc un peu mat, brun, et agnostique ? Il me semble en tout cas que l’on en prend le chemin…

    Commentaire par Karam — 18/02/2010 @ 17:09

  7. Bonsoir,

    BHL est finalement coutumier de la paresse intellectuelle vu qu’il y a trente ans déjà il se faisait prendre les doigt dans la confiture de culture, la figure toute barbouillée, et accusait déjà son détracteur des pires choses (il aurait inventé un nouveau genre littéraire : le rapport de police philosophique) parce que celui-ci lui mettait le nez dans sa cuistrerie. C’est en lien à la fin de l’article du Nouvel Obs qui a levé le lièvre. On ne peut pas accuser BHL d’inconstance.

    Commentaire par Gwynplaine — 18/02/2010 @ 17:48

  8. Il est ironique que ce soit une émission de divertissement (celle de Ruquier le samedi soir) qui ait opposé à BHL – en la personne de zemmouretnaulleau – la critique la plus féroce.

    Il faut avouer que ce bougre de BHL ne perd pas son sang-froid, même si ses arguments ne sont guère convaincants.

    Je vous recommande les 2 videos disponibles sur Dailymotion.

    Commentaire par Tocquevil — 18/02/2010 @ 18:27

  9. Il a sans doute cru que Botul est l’inventeur de la toxine botulique.. lui vouant ainsi une gratitude éternelle vu les services que celle-ci, sous le nom de Botox, a rendus à sa femme 🙂

    Commentaire par Paul — 18/02/2010 @ 20:05

  10. Ah bon… la jouissance c’est mal? 😉

    Depuis l’apparition du troc, les rapports marchands existent et dominent le monde. En eux-mêmes, ils n’ont rien de mauvais, seule la façon dont on les conduit est susceptible de l’être. A la suite de VilCoyote et d’Adam Smith, j’ajoute que l’approche empathique est au coeur de techniques de négociation et d’encadrement, pas celles qui visent à vaincre l’autre mais celles qui repose sur un cercle vertueux, tout compte fait banal : le bénéfice commun nécessite la satisfaction des intérêts individuels et la satisfaction des intérêts individuels augmente le bénéfice commun.

    L’altruisme est-il un égoïsme? Il en recèle peut-être une part : « Le bonheur est un parfum que l’on ne peut répandre sur autrui sans en faire rejaillir quelques gouttes sur soi-même. » (Emerson)

    PS : la citation que vous évoquez est de Camus, ce que j’espère ne pas avoir oublié de mentionner à l’époque (quelle mémoire, Aliocha!), lequel en savait long sur la question : « Un homme a toujours deux caractères : le sien et celui que sa femme lui prête.« 

    Commentaire par Ferdydurke — 18/02/2010 @ 21:56

  11. Oups : celles qui reposeNT.

    Commentaire par Ferdydurke — 18/02/2010 @ 21:59

  12. Rappelons que le très regretté Pierre Desproges a cerné BHL, « philosophe de l’action », depuis belle levrette:

    Concernant votre affinité d’âme avec Manu Kant le Prussien, Aliocha, et Königsberg même devenue tardivement Kaliningrad, la cohabitation avec votre sensibilité plusieurs fois affirmée avec l’âme russe ne s’impose pas d’évidence (mais peut-être que Philarête ou padawan Physdemon pourraient brillamment établir toute absence théorique d’incompatibilité).

    S’agit-il d’une affinité d’âme alternative? Ou, mieux encore, en considération du fait que les êtres de sexe féminin sont capables d’user plein pot et en même temps de leurs hémisphères cérébraux (écrire une thèse en physique quantique tout en réparant la toiture du chalet, cela en discutant d’une recette de cuisine au téléphone avec une copine, par exemple), cela relève-t-il d’une affinité simultanée?

    Pour ne pas céder totalement au découragement devant cette indubitable supériorité féminine, j’use de basses oeuvres en vous invitant à apprécier à sa juste valeur le panoramique publicitaire qui entoure la définition d’ « âme russe » sur le net:

    http://www.eurochallenges.com/25_ame-russe.html

    Commentaire par Goloubchik — 19/02/2010 @ 02:00

  13. Bonjour,

    Juste une question très décalée a propos de l’aspect vestimentaire de BHL :

    Comment réagiraient les médias à un candidat à une élection (régionale par exemple) qui porte une chemise blanche immaculée ouverte et aux cheveux savamment décoiffés. Verraient-ils dans sa façon de s’habiller une « soumission » aux idées philosophiques/religieuses/politiques de BHL, ou simplement une tendance ? En tireraient-ils un parallèle avec la candidate voilée aux prochaines élections ?

    Commentaire par Cacahuetes — 19/02/2010 @ 11:46

  14. Vous êtes bien sévère, chère Aliocha, pour ce pauvre BHL (enfin, pauvre, pas tant que ça !)

    Je n’ai lu ni BHL, qui n’a pas la réputation d’un grand philosophe dans les milieux académiques, ni Botul qui en revanche m’a l’air d’un excellent auteur de canular. Mais le fait qu’un polygraphe se soit laissé piéger par un bon canular me réjouit sans me choquer plus que cela.

    On reproche à BHL de ne pas avoir vérifié sa source. D’une certaine manière, il l’a fait, puisqu’il a l’innocence de la citer. Sans doute a-t-il eu le tort de ne pas lire en entier le livre de Botul, ce qui aurait dû l’amener à soupçonner la supercherie. Certes. Mais n’est-il pas légitime de consulter un livre sans le lire en entier pour y chercher un renseignement factuel? Peut-on citer un livre qu’on n’a pas entièrement lu?

    Pierre Bayard a traité cette question de manière approfondie dans « Comment parler des livres qu’on n’a pas lu » (que j’ai lu presque en entier). Il y analyse avec autant de rigueur que d’humour comment et de quel droit les universitaires savent ne pas lire la totalité des ouvrages qu’ils utilisent.
    Car, comme l’explique Bayard, même les universitaires les plus sérieux ne peuvent pas avoir lu exhaustivement tous les livres mentionnés dans les immenses bibliographies qui occupent la fin de leurs travaux. C’est d’ailleurs tout un art que de savoir ne pas tout lire d’un livre, voire savoir faire l’économie de la lecture d’un livre qui ne nous apprendrait rien. Il y a ainsi un art de la non-lecture tout aussi précieux aux universitaires que l’art de bien lire.

    La faute de BHL est donc aussi amusante, à mes yeux, que vénielle. Il a pris au sérieux un canular bien fait: cela prouve que le canular est bon et que BHL ne lit pas toujours la totalité de ce qu’il cite, ce dont on se doutait un peu.

    Précisons enfin que le problème de la citation des références en philosophie ne se pose peut-être pas exactement de la même manière que celui de la vérification des sources dans le journalisme. Pour le journalisme, citer une source est un moyen de prouver un fait, fait que le journaliste se propose d’établir. Si vous écrivez sur la vie sexuelle de Bill Clinton, il est important de bien établir quelle cochonneries il a faites dans le bureau ovale, et de vérifier précisément tous les témoignages et indices à l’appui de l’établissement du fait. En revanche, en philosophie, il est rare que le fait soit en lui-même d’importance. Le fait importe moins que l’analyse conceptuelle, dont il est habituellement une simple illustration.
    Pour un philosophe, savoir comment Kant luttait contre ses tentations onanistes est moins important que de savoir comment il pensait l’éthique sexuelle, ce dont on a une idée assez précise par la lecture de la « Doctrine de la vertu », Seconde partie de sa « Métaphysique des moeurs ». J’imagine, à tort ou à raison, que BHL a lu en diagonale ce livre sur la sexualité de Kant pour y puiser une illustration de ce que pouvait être l’application des principes de la « Métaphysique des moeurs » sur le mariage et la fornication. Il y a trouvé d’ailleurs ce qu’il y cherchait, puisque Botul avait suivi le même chemin, au détail près qu’il a inventé de toute pièce ce que BHL a cru qu’il avait établi au terme d’une patiente enquête d’érudition.

    BHL a donc eu la faiblesse de croire a une supercherie dont la force venait de ce qu’elle disait des choses crédibles sur Kant. Et de lire vite un livre qui de toute façon ne pouvait nous apprendre sur Kant que ce à quoi l’on pouvait s’attendre.

    Je vous demande donc grâce pour BHL. D’autant plus qu’un homme aimé d’Arielle Dombasle ne peut pas être foncièrement mauvais… (Sur Arielle Dombasle, je précise que je porte un jugement de goût, impossible à prouver mais doué d’une prétention légitime à l’universalité cf. Kant, « Critique de la faculté de juger »).

    Aliocha : Cher Physdemon, vous faites voler en éclats mes dernières illusions, ce dont je ne vous félicite pas 😉 Si j’encaisse jusqu’à présent sans broncher les attaques contre la presse, c’est que j’admets que d’autres professions puissent avoir une plus haute idée que la nôtre de la qualité exigée d’un écrit. En réalité, je vois qu’il n’en est rien et même, tout au contraire, que nous sommes sans doute plus exigeants que la moyenne. Car nous au moins, nous savons que lorsque nous nous trompons, nous faisons mal, et généralement d’ailleurs, on le vit très mal. J’ai vu des rédacteurs en chefs au seuil de la crise cardiaque pour une simple coquille, une faute d’orthographe ou une erreur de date, eh oui ! Mais revenons à vos arguments. Vous évoquez à juste titre le droit de ne lire que des extraits de livres. C’est ce que j’ai fait durant mes études de droit, et ce que je continue de faire mais avec toujours un sentiment d’insatisfaction profond. Admettons néanmoins que ce soit ineluctable. Il n’en demeure pas moins que le sujet à mon sens ici est autre. Le problème n’est pas d’avoir lu partiellement le livre mais de ne pas avoir vérifié qui parlait sur un sujet aussi important. C’est une question de responsabilité vis à vis des lecteurs autant que de rigueur intellectuelle, me semble-t-il. Pas de quoi fouetter un philosophe en l’espèce, tout le monde peut se tromper, mais je trouve que cette erreur est tout de même très fâcheuse.

    Commentaire par Physdémon — 19/02/2010 @ 12:15

  15. Ce n’est pas tant le libéralisme qui pose problème mais le libéralisme économique , l’économie de marché mondialisé . Quant à BHL , je le trouve amusant . L’entendre ce matin ( ou hier matin ) se faire violence pour dire que le peuple Palestinien méritait mieux , pour ajouter aussi vite que le hamas devait être fermement condamné ( comme de peur d’ être réprimandé par une certaine  » communauté juive de france  » pour les propos précédemment tenus ) , ça a un côté enfantin émouvant .

    Commentaire par l'Amer — 19/02/2010 @ 21:08

  16. excusez moi Aliocha de vous interpeller en dehors du sujet que vous traitez mais depuis ce matin je vois sur les médias du net la photographie de ce jeune noir qui a tué sa femme et enlevé son fils et cette photo me dérange.
    J’ai l’impression que cette photographie a été prise dans les locaux de garde à vue et que c’est donc une photographie de la police qui circule sur tous ces médias. Et ça c’est insupportable.
    Et de plus qu’apporte la photo de cet homme à l’histoire de ce fait divers ?

    Quant à BHL il ne mérite pas les lignes que vous venez d’écrire. Il ne mérite que le silence : les escrocs n’existent qu’à travers ce que l’on dit d’eux.

    Commentaire par marsan — 19/02/2010 @ 22:05

  17. Chère Aliocha,

    Rassurez-vous! La plupart des travaux universitaires sont de bonnes qualités, de meilleure qualité que le peu de textes que j’ai lus de BHL, en tous cas! Et de bien meilleure qualité que ce que je n’essaie même pas de publier faute de satisfaire aux canons de la production universitaire actuelle !!!

    Mais comme disait Aristote (Ethique à Nicomaque, 1094 b 23), il ne faut exiger dans telle ou telle science ou tel ou tel art qu’une rigueur proportionnée au type de science ou d’art pratiqué. Le genre journalistique a ses propres exigences de rigueur, le travail historique aussi, la philosophie également etc. Si un historien se trompe de date, c’est très ennuyeux. Si un philosophe fait naître Thomas d’Aquin en 1214 plutôt qu’en 1224 au détour d’une note en bas de page, ce n’est pas dramatique. Si un journaliste emploie « transcendantal » à la place de « transcendant », on ne saurait le lui reprocher. Mais de la part d’un professeur de philosophie, cette confusion serait impardonnable… Pour revenir à l’affaire BHL, il importe de savoir si l’éthique sexuelle que Frédéric Pagès attribue à Kant est crédible. Or, d’après les échos que j’ai de cette affaire, celui-ci force sans doute le trait, mais la caricature a tout de même un air de famille avec l’éthique kantienne.

    Toujours à la décharge de BHL, je ne suis pas sûr que ce soit au lecteur d’enquêter sur l’éventuelle non-existence de l’auteur d’un livre. Après tout, l’éditeur est supposé garantir que le nom figurant sur la couverture du livre est bien celui de l’auteur de l’ouvrage et que les indices biographiques fournis par le préfacier sont vrais. BHL a peut-être été naïf au point de ne pas flairer la supercherie, ce qui est plutôt l’indice d’un bon naturel; il a peut-être parcouru trop vite ce livre et commis du même coup une grande sottise en en soulignant l’importance.Mais peut-on lui reprocher de ne pas avoir « vérifié sa source » à la manière d’un journaliste ?

    Je crois qu’il y a là un malentendu sur la fonction d’un journaliste et celle d’un essayiste. BHL est, on peut le supposer, un homme compétent sur la philosophie kantienne. Il sait en lisant un texte si l’auteur connaît bien Kant. L’idée de vérifier si l’auter est fiable ne peut venir qu’à une personne ayant flairé la supercherie ou à un journaliste qui, convaincu de son incompétence sur le fond, voudrait s’enquérir de la réputation de l’auteur.

    Personnellement, quand je lis un commentaire sur une oeuvre philosophique, je ne m’inquiète du statut académique du commentateur que quand je connais mal l’oeuvre. En revanche, sur les auteurs dont j’ai une connaissance solide, j’évalue moi-même la qualité du commentaire à partir de la connaissance directe que j’ai de l’oeuvre… C’est pourquoi je comprends assez bien que BHL ait pu se laisser piéger plus facilement qu’un journaliste qui aurait pris soin de regarder sur internet qui était ce M. Botul avant de publier quoi que ce soit sur la question.

    En somme, BHL aura été piégé non seulement parce qu’il n’est pas un érudit très en pointe sur la totalité des publications sur Kant (et qui se serait étonné de n’avoir jamais trouvé trace bibliographique de ce commentateur), mais aussi parce qu’il a tout de même une connaissance suffisamment approfondie de Kant pour pouvoir juger par lui-même si les éléments de doctrine inclus dans le canular sont fiables. Or, ils le sont, puisque Frédéric Pagès, auteur du canular, est lui aussi un philosophe de profession.

    Bien sûr, tout ceci n’est que supposition, car je n’ai pas étudié cette affaire sur le fond et n’ai pas l’intention de perdre mon temps à cela. ce qui m’intéresse ici est plutôt le mécanisme d’une erreur, une réalité d’ordre conceptuelle donc, que le fait en lui-même. Quant à BHL, je l’aime bien malgré tous ces défauts, parce que son sérieux m’a toujours fait rire et qu’il a une femme délicieuse.

    Enfin, à propos de personne délicieuse, ce serait intéressant de savoir ce qui vous charme tant chez Kant. Son oeuvre est vaste, et c’est vrai que le rapprochement avec Dostoïevski est plutôt curieux. Me fondant sur votre amour pour Aliocha Karamazov et pour Mozart, je vous aurais plutôt cru férue de Kierkegaard, par exemple…

    Commentaire par Physdémon — 19/02/2010 @ 22:06

  18. @ Physdémon :

    On peut quand même s’étonner qu’un auteur qui en cite un autre pour la première fois ne cherche pas un peu à vérifier qui il est, non ? Même sans être journaliste, il me semble intellectuellement douteux de ne pas aller voir qui est celui dont on partage le point de vue et qu’on cite pour appuyer une démonstration. Et pour cela, point n’est besoin de lire le livre en entier.

    Commentaire par Gwynplaine — 19/02/2010 @ 22:54

  19. En France, nous valorisons l’Idée, l’Analyse, la Pensée. C’est être bien mesquin que de relever qu’elle ne repose pas sur les faits de la réalité!

    Commentaire par DM — 19/02/2010 @ 23:34

  20. à Gwynplaine,

    Il est clair que BHL a été léger sur ce coup. Mais j’ai cru comprendre que le bouquin de Pagès regorgeait d’informations, « bidon » il est vrai, sur Botul. Or pour avoir l’idée de vérifier ces informations, il fallait subodorer le canular. Et surtout, il fallait penser que la maison d’édition en soit complice. Là où BHL a peut-être été léger, c’est d’avoir cité un ouvrage publié chez un éditeur peu sérieux. Car comment faire confiance désormais à une maison d’édition qui se prête à ce genre de procédé ?

    à DM,

    Tout à fait d’accord avec vous pour dire que toute analyse doit se fonder en dernier ressort sur l’expérience.
    En fait en philosophie de la connaissance, je suis résolument empiriste et anti-idéaliste. Mes remarques ci-dessus n’étaient pas à généraliser.

    C’est simplement pour le cas précis considéré que j’attire l’attention sur le fait qu’il peut y avoir, pour établir telle ou telle démonstration, des données factuelles contingentes dont la vérification n’a aucune important. Si j’ai bien compris, BHL voulait soutenir que Kant n’avait pas une conception très épanouissante de la sexualité. Sur ce point, la lecture de ce que Kant dit du mariage, par exemple, dans la Doctrine de la vertu suffit à convaincre. A partir de là on peut imaginer ce que pouvait donner la stricte application de ces principes dans la vie de leur auteur: c’est ce qu’a fait Pagès. Ou on peut chercher des éléments biographiques sur cet aspect de la vie de Kant, ce qu’a fait BHL: malheureusement pour lui, il est tombé sur une fiction et s’est laissé mystifier. Au demeurant, il s’est enthousiasmé en lisant sous la plume d’un autre exactement le genre de chose qu’il pensait pouvoir imputer à Kant après avoir lu son éthique, ce qui prouve que, sur le fond, Pagès et BHL se font une même idée de ce que peut donner l’éthique kantienne quand elle s’applique à la sexualité.

    Comme souvent, BHL a des manières ridicules, mais dans le fond il n’a pas tout à fait tort…

    Commentaire par Physdémon — 20/02/2010 @ 00:20

  21. Chère Aliocha,

    Ultime précision (car j’ai l’esprit d’escalier…): quand je dis, avec Pierre Bayard, qu’il y a un art de la non-lecture, je veux dire également que BHL ne le maîtrise manifestement pas, puisque le but de cet »art » est précisément d’éviter les bévues de ce genre.
    Je plaide les circonstances atténuantes pour BHL, pas la relaxe.

    Commentaire par Physdémon — 20/02/2010 @ 22:15

  22. Je pense que la crise de botulisme qui affecte « le philosophe » est un épiphénomène à côté de ce qui est peut-être le signe d’un profond changement dans la manière dont les médias vont le considérer désormais. C’est du moins ce que j’espère.
    Il ne faut pas oublier que de vrais savants, comme Castoriadis ou Pierre-Vidal Naquet ont, dès le début de la carrière du plus élégant porteur de chemise blanche du monde entier, montré qu’il n’était qu’un faussaire :
    http://www.pierre-vidal-naquet.net/spip.php?article49

    Malgré les révélations à jets continus de toutes les approximations, les tricheries, les bidonnages de BHL (il suffit de lire le bouquin de Jaade Lingard de Médiapart ou celui de Philippe Cohen de Marianne pour en dresser une liste impressionnante) le « philosophe » a toujours réussi à imposer un bombardement médiatique à chacune de ses sorties de livres. Pour ses deux derniers ouvrages, tous les hebdos, ou presque, ainsi que les quotidiens nationaux et régionaux lui ont consacré plusieurs articles dans le même temps, de manière synchrone, ce qui suppose en amont un travail d’influence énorme auprès des éditeurs de presse.
    Ce qui montre bien que BHL a un véritable pouvoir.
    Aujourd’hui, ce qui est remarquable, c’est que toutes les critiques accumulées qui circulaient essentiellement sur le net et qui n’écornaient aucunement BHL dans les médias dominants sont aujourd’hui reprises par des journaux papier.
    Ça ne sentirait pas la fin de règne ?
    Encore une fois, on a la démonstration que les médias traditionnels ne peuvent plus traiter par le mépris ce que les beaux esprits comme Val appellent « la poubelle internet ».
    Bien entendu, on trouve le pire et le meilleur sur internet, mais chaque fois que les médias traditionnels se montreront défaillants, les frustrations trouveront à s’exprimer sur ce nouveau support, incontournable qu’on le veuille ou non. C’est une nouvelle réalité que la presse papier devra prendre en compte.

    Commentaire par Gilbert — 21/02/2010 @ 05:11

  23. à Gilbert,

    Merci de nous rappeler que BHL n’est pas un auteur sérieux sur le plan académique. Ce n’est pas une surprise! Et j’avoue que la controverse que vous citez me paraît beaucoup plus significative des limites de BHL que l’actuelle controverse sur les citations de Botul.
    Cela dit, n’oublions pas qu’à la fin des années 70, la plupart des grands esprits de l’intelligentsia française avaient commis de graves erreurs d’appréciation en matière politique aussi bien sur l’Iran (soutien de Michel Foucault à la révolution iranienne), que sur le Cambodge (encensement de Pol Pot en 1975 alors qu’un génocide était en cours!), la Chine de Mao ou l’URSS de Staline, sans parler du Cuba de Castro (revoyons en détail le passé de Vidal-Naquet et de Castoriadis, si vous le voulez bien. revoyons aussi ce que disaient à l’époque sur Soljénitsyne un certain nombre de détracteur actuel de BHL). Sans les défaillances de jugement prudentiel des universitaires sérieux, nous n’aurions sans doute pas eu une génération de jeunes « chiens fous » autoproclamés « nouveaux philosophes ». Ces derniers n’étaient certes que des publicistes, pas de profonds penseurs ni des universitaires sérieux, mais ils ont eu le mérite de rappeler les droits de la conscience morale la plus élémentaires face aux abominations sur lesquelles des esprits autrement plus élevés que les leurs avaient fermé complaisamment les yeux.
    BHL est donc un auteur médiocre et même mauvais, je vous le concède, jugé à l’aune des critères universitaires. Mais il a souvent raison dans ses jugements éthiques, et c’est bien tout ce que j’attends de lui.

    Pour le reste, je déplore moi aussi que sa présence dans je-ne-sais-combien de conseils d’administration d’organes de presses ou d’édition empêche de diffuser auprès du grand public les critiques dont vous vous faites l’écho à juste titre. Il y a là un vrai problème, qu’on retrouve mutatis mutandis, dans les milieux universitaires où quelques pontes peuvent verrouiller pendant plusieurs années la production universitaire en prenant le contrôle des rares revues spécialisées qui couvrent leur domaine de recherche…

    Commentaire par Physdémon — 21/02/2010 @ 12:07

  24. @ Bonjour Physdémon

    Brièvement, en substance,tout le paradoxe de l’essai que vous évoquez n’est en aucune façon un « éloge de la non-lecture » bien au contraire… « Car c’est la connaissance intuitive qui donne les moyens à certains privilégiés d’échapper sans trop de dommage aux situations où ils pourraient être pris en flagrant délit d’inculture » (p.26). L’ouvrage devrait, de ce point de vue, être fortement recommandé à BHL !

    Pour avoir lu le livre de Pierre Bayard (pour ma part, dans son intégralité, Si! Si! Je vous le jure!)vous avez raison : avec rigueur et non sans un certain humour, Pierre Bayard, tire de son expérience, je le cite : « Il est tout à fait possible de tenir une conversation passionnante à propos d’un livre que l’on a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu’un qui ne l’a pas lu non plus »(p.14).

    Mais ça ! je dirais qu’on en a tous fait l’expérience !

    Professeur de littérature à l’université mais aussi psychanaliste, dans « Comment parler des livres que l’on n’a pas lu ? », l’auteur rappelle, en effet, que même un grand lecteur n’a jamais accès qu’à une proportion infime des livres existants. Et, se trouve donc en permanence, sauf à cesser définitivement toute conversation et toute écriture, contraint de s’exprimer à propos de livres qu’il n’a pas lus.

    D’où la référence mise en exergue au début du premier chapitre du livre d’avoir ce qu’il appelle – comme le bibliothécaire (personnage secondaire)du roman de Musil « L’Homme sans qualités » – « Une vue d’ensemble » en poussant l’attitude à l’extrême, ou l’on obtiendrait le cas d’un non-lecteur intégral, qui n’ouvrirait aucun livre MAIS ne s’interdirait pas pour autant de les CONNAITRE et d’en parler (p.21)

    C’est pourquoi, enseignant la littérature, Pierre Bayard, ne peut échapper à l’obligation de commenter des livres que, la plupart du temps, il n’a pas ouvert.

    Sauf, qu’appelé régulièrement à rendre compte de publications dans le cadre de ses livres et de ses articles qui, pour l’essentiel, portent sur ceux des autres, l’exercice est encore plus difficile dit-il, puisque, au contraire des interventions orales qui peuvent sans conséquence donner lieu à des imprécisions, les commentaires écrits laissent des traces et peuvent être VERIFIEES.

    Or, « l’ennemi public » (Cf. Houellebecq/BHL – ENNEMIS PUBLICS – Flammarion/Grasset Paris 2008)qui s’interroge toujours je le cite : » Trente ans que je me demande comment un type comme moi a pu, et peut, faire illusion » entendez selon Houllebecq ceci : « Spécialiste des coups foireux et des pantalonnades médiatiques, vous déshonorez jusqu’à vos chemises blanches que vous portez. Intime des puissants, baignant depuis l’enfance dans une richesse obscène, vous êtes emblématique de ce que certains magazine un peu bas de gamme continuent d’appleler la « gauche-caviar », et que les périodistes allemands nomment plus finement la Toskana-Fraktion. Philosophe sans pensée, mais non sans relation, vous êtes en outre l’auteur du film le plus ridicule de l’histoire du cinéma ».

    Péché véniel ? Et la crédibilité ? C’est l’erreur fâcheuse qu’Aliocha exprime et qui en fait tout…le miel ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 21/02/2010 @ 16:54

  25. Non, mais vous dites ça parce que vous êtes antisémite.
    Je vous aurais bien échafaudé un lien de causalité capillotracté entre chemises blanches et chemises brunes, mais je ne suis pas du soir (fût-il grand).

    Aliocha : quel dommage, j’en salivais à l’avance … 😉

    Commentaire par misssfw — 21/02/2010 @ 21:41

  26. @ physdémon

    Je ne sais pas si on peut appeler « graves erreur d’appréciation » le fait que les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu. Je ne sais pas quel âge vous avez, mais pour ma part je me souviens très bien qu’à l’époque de la terrible Savak ( http://fr.wikipedia.org/wiki/SAVAK ), la police politique du Shah, le bon vieux Khomeini, réfugié à Neauphle le Château, était soutenu par tous ceux qui soutiennent habituellement les luttes de libération nationale contre les dictatures. Et la dictature du Shah était une dictature sanguinaire.
    Si on savait ce qui se passe après, on ne soutiendrait plus rien ni personne. On s’abstiendrait sur la question coloniale, on laisserait Mandela croupir en prison. Après tout, c’est Mandela qui a créé la branche militaire de l’ANC… La réalité prosaïque, c’est celle-là, au nom de la défense de certaines valeurs, on prend le risque de se retrouver le cocu de l’Histoire…

    Commentaire par Gilbert — 22/02/2010 @ 02:06

  27. @Physdémon: Ce que vous dites là me paraît une attaque bien vaste contre les sciences humaines et sociales françaises, que ce soit sur leur versant académique ou médiatique. Pouvez-vous nous en dire plus?

    Commentaire par DM — 22/02/2010 @ 08:09

  28. Bien sûr que, quand on prend des risques, on risque d’être cocu. Sinon, ce n’en seraient pas, des risques.

    M’enfin, même quand il était à Neauphle le Chateau, Khomeiny ne cachait pas pour autant ce qu’il comptait faire après avoir gagné la révolution.

    Commentaire par lambertine — 22/02/2010 @ 11:07

  29. Les américains rigolent bien avec cette histoire et la publicité de BHL s’en trouve fort mal.
    Il faut dire qu’en France nous jouons assez les « jacks of all trades » comme ils disent et « masters of none » quien découle en nous croyant omniscient avec réponses à tout. Nous excellons dans la conversation de salon, les interminables discussions dont il ne ressort rien et les avis péremptoires sans arguments sérieux.
    Par « sérieux » entendez « vérifiés ».C’est pourquoi je préfère en général les historiens américains dans leur approche de l’histoire de France pour leur côté rigoriste quasi mathématique et leur honnêteté à relater des faits suivant recherches. Ils décortiquent, étuduent et donnent de sérieuses références consultables ensuite.
    Citer un pseudo-philosophe sans vérifications ni connaissances spéciales discrédite totalement toute autre publication en provenance ensuite de l’auteur. Sale coup pour le très mondain et très médiatique BHL.

    Commentaire par scaramouche oo1 — 23/02/2010 @ 09:09

  30. @scaramouche: C’est en effet un trait culturel français que de valoriser un espèce de bavardage de salon, plein d’opinions portant sur tout sujet, au détriment de la recherche factuelle, considérée comme fatiguante et « plate ». On peut sans doute relier ça à un mépris pour le travail et les activités « basses et mécaniques », voir l’essai de Gilles Dowek sur les préjugés de notre société.

    Commentaire par DM — 23/02/2010 @ 11:28

  31. Décidément, au moment où beaucoup de français laissent tomber leur presse, ecoutent d’une oreille distraite la radio , au moment où je pensais que les journalistes dignes de ce nom étaient rares, patatrac, un SUPER ARTICLE SUR BHL;

    Voilà TROIS PARAGRAPHES, écrit sans talent, mais sur ces trois paragraphes, un bon un et demi « petite rédaction sur l’antisémistime »…
    Décidément, c’est votre fonds de commerce.
    Pourquoi ne pas faire un article simplement sur BHL sans amener ce terme ??????
    Vous n’avez pas plus d’imagination que de manier l’ironie….
    Ce mot « magique » fait le plus long de votre article dommage.

    Commentaire par ISA — 26/02/2010 @ 15:18

  32. Cadeau bonux n°6

    Commentaire par Gwynplaine — 02/03/2010 @ 17:54


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