La Plume d'Aliocha

16/02/2010

Florence Aubenas dans la peau d’une travailleuse précaire

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 10:07

Une semaine sans billet sur le blog, autant dire une éternité. Les raisons en sont multiples, quelques turbulences d’ordre privé, un temps neigeux qui m’incite à hiberner, beaucoup de travail, assez passionnant d’ailleurs, mais aussi une actualité qui m’irrite tellement qu’il est préférable que je me taise.

J’attendais donc une bonne nouvelle pour publier de nouveau ici, quelque chose de positif, de remarquable qui me donne l’occasion de montrer ce qui va bien au lieu de m’embourber, et vous avec moi, dans la critique, les ricanements ou les rancoeurs. Je l’ai trouvé, cette nouvelle. Avez-vous acheté l’Obs de cette semaine ? Personnellement, je ne le lisais plus ces derniers temps, ayant soudain découvert que je n’étais ni assez riche ni assez de gauche pour m’y retrouver. Mais lorsque j’ai vu la journaliste Florence Aubenas en couverture, je n’ai pas résisté. Un journaliste en Une, ce n’est pas courant. Ni souhaitable d’ailleurs, car il y a tout lieu de craindre l’amorce d’un processus de starification qui transformera automatiquement l’observateur professionnel du monde en contemplateur éclairé de son nombril. En même temps, je me disais pas elle, ce n’est pas son genre. En réalité, si Florence Aubenas a les honneurs de la couverture du journal qui par ailleurs l’emploie, c’est qu’elle vient de sortir un livre sur les travailleurs précaires. A la grande surprise de tous, visiblement, car elle avait pris un congé sabbatique dans la plus grande discrétion pour aller, disait-elle, écrire un roman au Maroc. En fait de farniente créatif sous les orangers, la journaliste s’est inscrite  comme demandeur d’emploi à Caen en février 2009. Elle a conservé son identité mais modifié son apparence et, munie d’un CV d’agent de propreté (femme de ménage pour tous ceux qui, comme moi s’obstinent à ne pas vouloir utiliser ni comprendre les hypocrisies de notre chère novlangue), elle s’est plongée durant six mois dans l’univers des agences d’intérim. C’est cette expérience qu’elle raconte dans son livre « Quai de Ouistreham ».

Michel Labro évoque ainsi son récit : « Florence raconte de façon saissante ce qu’elle a vécu. La fatigue nerveuse, les horaires qui n’en finissent pas, les déplacements incessants d’un travail à l’autre, la vulnérabilité qui oblige à subir et à fermer sa gueule, mais aussi la solidatrité et les moments de bonheur arrachés à un monde où une prime de licenciement de 200 euros fait figure de parachute en or et un CDI de 5h30 à 8h le matin de passeport pour le paradis ».

Je n’ai pas lu le livre, mais les extraits publiés dans l’Obs de cette semaine m’ont convaincue de son intérêt. Parce qu’elle a mouillé la chemise, Florence. Elle l’a vécue cette vie de travailleur précaire, récuré les toilettes d’un ferry, les douches d’une boite de transport routier, subi le mépris, la hargne de ses employeurs, la compassion de ceux qui aident les demandeurs d’emploi, elle s’est coulée dans cet univers pour le comprendre et le raconter. Six mois, ce n’est pas rien. Chapeau !

Références : « Le quai de Ouistreham » par Florence Aubenas – Editions de l’Olivier – 2010

 

Mise à jour du 23 février : Je viens de terminer le livre de Florence Aubenas, et je maintiens ma recommandation de lecture, je la renforce même ! Parce que la crise que nous traversons ne saurait se réduire à des chiffres incompréhensibles et des statistiques vides de sens, parce qu’elle touche des être humains dont le destin soudain bascule. C’est cela que raconte Florence Aubenas, ce quotidien d’angoisse, d’humiliations, d’incertitude permanente, mais aussi de rires, de solidarité. La crise, tout le monde en parlait, mais personne ne la voyait vraiment, les choses semblaient toujours à leur place, note l’auteur en 4ème de couverture. Il fallait donc aller en prendre la mesure sur le terrain plutôt que de se cantonner à interviewer des ministres sur les statistiques ou quelques chômeurs. Ce faisant, Florence Aubenas montre les limites du journalisme actuel pour mieux les dépasser. Au passage, elle nous offre une belle leçon de vie.

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44 commentaires »

  1. Je l’avais entendu dans la matinale de France Culture cet été car elle venais d’être élue à la tête de l’Observatoire International des Prisons. Elle m’avait vraiment donné l’impression d’être une femme remarquable. Intelligente en parlant des prisons, très digne a propos de son enlèvement en Irak…

    Commentaire par broshing — 16/02/2010 @ 10:39

  2. Dans l’Esprit Public de ce dimanche, le livre était salué par Ph. Meyer comme un des rares exemples de reportages récents en France. C’est vrai que de manière générale la presse française a trop tendance à commenter depuis Paris les faits de société, à émettre des avis et des bons mots plutôt que de mouiller sa chemise pour aller décrire de l’intérieur le monde tel qu’il est vraiment.

    Commentaire par Emmanuel — 16/02/2010 @ 10:49

  3. retour à des traditions quasi perdues depuis Albert Londre?

    attendons tout de même le printemps

    Commentaire par fred — 16/02/2010 @ 13:16

  4. Vous m’avez presque convaincu d’acheter le livre. Pas de scoop pour moi mais la conviction que Florence Aubenas est une professionnelle. Il faut du courage pour accepter de se glisser ainsi dans une vie qu’on ignore le plus souvent.

    Quant à quelques-uns de vos « confrères », beaucoup se glissent sans vergogne dans les habits de la facilité et du foutage de gueule officiel (http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/02/essais-nucl%C3%A9aires-gerboise-verte-la-bombe-et-le-scoop-qui-font-plouf.html) quand ils ne rapportent pas n’importe quoi (http://www.france-info.com/france-regions-2010-02-15-accident-d-helicoptere-les-occupants-sautent-avant-le-crash-405197-9-13.html et son démenti quelques heures plus tard http://www.leparisien.fr/faits-divers/drome-ils-survivent-au-crash-d-un-helicoptere-15-02-2010-816589.php).

    Il n’est pas besoin de commentaire, les « faits » se suffisent à eux-mêmes.

    Bonne fin de journée

    Aliocha : Le lien vers le démenti ne fonctionne pas, mais la version des faits confirmée peut être lue notamment ici (Figaro).

    Commentaire par H. — 16/02/2010 @ 17:10

  5. Suis-je le seul à trouver curieux qu’un reportage de ce type donne un livre et pas une série d’articles?

    Aliocha : cela fait bien longtemps que les journaux n’ont plus les moyens de financer des enquêtes au long cours. C’est une des raisons possible de ce choix. Ou bien Florence Aubenas a-t-elle estimé que ce projet n’intéresserait pas l’Obs.

    Commentaire par javi — 16/02/2010 @ 20:23

  6. Bonjour Aliocha,

    Navré pour le lien qui ne fonctionne pas (pris au hasard). Ce qui m’a surpris et fâché dans cette affaire, c’est que hier matin, la plupart des commentateurs ait pris pour argent comptant cette fable grotesque de « sauter de l’hélicoptère avant le crash »!!! Le bon sens n’est donc plus enseigné dans les écoles de journalisme? Quant au prétendu scoop du Parisien, comment voulez-vous accorder du crédit à un tel journal? Si ça se trouve, toutes les infos qu’il dispence sont aussi creuse. Le problème soulevé est connu et s’il y a un problème, c’est surtout celui concernant l’éventuelle indemnisation des personnes concernées. Mais à une époque où le statut de victime vaut de l’or et où on fait flèche de tout bois pour obtenir de l’argent, il y a peut être des manières moins polémiques d’amener le débat sur la place publique.
    Geneviève Jurgensen dans sa chronique hebdomadaire (http://www.la-croix.com/sdx/alc/document.xsp?qid=&id=20100213-12302279.xml&base=d&n=1&amp😉 du week-end dernier dans le journal « La Croix », s’étonne de la légèreté, pour ne pas dire plus, avec laquelle le Parisien (encore lui) traite de l’actualité du célèbre tableau de Millet intitulé « L »angélus ». Simple problème de culture générale? De même, j’ai également appris que dans le beau pays des droits de l’homme, un colloque sur les nanotechnologies était à la merci d’une bande d’excités (http://www.sciences-et-democratie.net/blog/2009/12/02). Je vous renvoie à la fin de sa chronique, elle exprime bien l’impasse dans laquelle votre profession s’est malheureusement fourvoyée.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 17/02/2010 @ 10:04

  7. Assez ambitieux (orgueilleux?), tout de même, de choisir un titre faisant écho au « Quai de Wigan » de George Orwell (The Road to Wigan Pier).

    Commentaire par nico — 17/02/2010 @ 10:06

  8. Cette démarche me rappelle celle d’un journaliste allemand qui s’était fait passé pour un immigré turc.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%BCnter_Wallraff

    Commentaire par DePassage — 17/02/2010 @ 11:27

  9. J’avais entendu parler de la pub que lui faisait l’obs il y a quelques jours dans la revue de presse de la matinale de france inter… j’avais plutôt apprécié la démarche…
    Quand on voit que certains brandissent bien haut leur statut de journaliste dès qu’on les bouscule un peu, je ne peux que me réjouir sans être totalement étonné du travail de Florence Aubenas…

    Commentaire par vuparmwa — 17/02/2010 @ 13:22

  10. Ah le monde du travail !

    c’est tellement exotique !

    à lire aussi : http://www.marianne2.fr/Le-livre-noir-du-licenciement_a92060.html

    Commentaire par dis — 17/02/2010 @ 14:19

  11. Florence Aubenas fait partie de ces gens qui s’efforcent de bien faire leur boulot…
    Ca m’a rappelé le reportage de Daniel Grandclément: « Les Martyrs du Golfe d’Aden », un document qui a reçu le Grand Prix du Festival International du Grand Reportage d’Actualité (FIGRA) en 2008. Il n’avait pas hésité à payer de sa personne pour ramener ces images!

    Commentaire par Maraudeur — 17/02/2010 @ 17:14

  12. Bon, j’aime bien Florence Aubenas mais il y a eu celui qui se déguise en noir, qui vit en SDF et surtout notre « dame pipi » au Japon dont le best seller est devenu un film.
    Ce n’est pas un exploît même si elle entrouvre une porte sur un univers qui échappe à beaucoup. Elle a cependant du mérite car ce n’est pas facile mais sans trop de séquelles. Cela me rappelle l’histoire de cet aristocrate auquel Louis XIV repprochait de ne pas avoir envoyé comme lui son mobilier à la fonte pour renflouer les caisses du pays : « Sire » lui a-t-il répondu,  » Votre majesté est comme le Christ, Elle savait qu’elle allait rescuciter ! »

    Commentaire par scaramouche oo1 — 17/02/2010 @ 19:34

  13. Oui, mais….

    Elle s’est peut-être rendu compte de certaines choses, mais elle n’a jamais pu avoir l’état d’esprit, la crainte journalière d’une travailleuse précaire, parce qu’elle savait une chose : qu’elle ne risquait pas de se retrouver sans travail, à la rue du jour au lendemain. Que, dès qu’elle voudrait arrêter son expérience et reprendre sa vie, elle le pourrait.

    Commentaire par lambertine — 17/02/2010 @ 20:59

  14. @ Aliocha en 5 : c’est un peu des deux en fait, d’après ce que j’en ai lu dans son interview dans les Inrockuptibles de cette semaine. Pour vous Aliocha, spéciale dédicace comme on dit quand on est dans le vent, pour ne pas avoir à dire je vous dédie spécialement cette citation parce que, lorsque je l’ai lue, elle m’a tout de suite fait penser à vous:
    « En plus de vingt ans, [la presse] a complètement [changé]. En presse écrite, on a pris le très mauvais côté de la télé – les petites interviews express, etc. -, on s’est mis en rivalité avec elle de façon idiote. L’autre drame c’est l’informatique. Avant, quand on montait le journal avec son cutter et des collages, il n’était pas question de faire des fioritures. Maintenant que la maquette est facilitée par l’informatique, on a rajouté des petites choses dans tous les coins, coloriées avec des teintes atroces, qui empêchent de lire l’essentiel. Le propre de la presse écrite était de pouvoir aller plus loin, de creuser le fond et faire plus long, c’était notre carte à jouer. Aujourd’hui, à force de singer la télé ou l’internet, on perd sur tous les tableaux. »

    Commentaire par Gwynplaine — 17/02/2010 @ 21:33

  15. Oui chapeau à cette femme remarquable.
    Car il faut le faire, se lever à des heures infames, nettoyer les saloperies des autres, …etc
    et être payé à coup de lance-pierres par un négrier des temps modernes.
    Chapeau

    Commentaire par marsan — 17/02/2010 @ 22:47

  16. C’est John Howard Griffin qui a passé 6 semaines ‘Dans la peau d’un noir’ en 1960.

    Quant au choix de Florence Aubenas de faire un livre au lieu d’une série d’articles, c’est peut-être tout simplement une question de place. Concentrer 6 mois d’enquête en une série d’article, ça aurait été dommage. D’ailleurs les bonnes feuilles de l’Obs sont un article.

    Il est vrai qu’elle montre que le journalisme d’investigation n’est pas mort et donne le bon exemple aux ‘jeunes’ qui débutent dans la profession.

    Je suis contente aussi qu’on montre qu’à côté des ‘assistés’ dont ont parle tant, il y a des gens qui triment et qui mérite bien ce qui reste de notre système social.

    Commentaire par Alixe — 17/02/2010 @ 23:20

  17. Quel drôle de monde tout de même dans lequel où une journaliste doit enquêter 6 mois pour nous faire découvrir la vie d’une personne que nous croisons tout les matins!

    Commentaire par Mussipont — 18/02/2010 @ 06:20

  18. Vous avez raison Alix. C’est exactement ça, à notre petite échelle on ne regarde pas ce qui est autour de nous on veut sans doute ne pas voir et surtout on ne se parle pas. A ce sujet un chien permet énormément de contacts avec les autres j’en sais bien plus sur leurs maîtres et leurs soucis que les politiques dans leurs tournées de campagne, mais rien ne vaut la pratique du malheur quand il vous tombe dessus. A ce sujet Florence Aubenas m’a beaucoup touchée quand elle dit que ce sont dans les milieux les plus démunis qu’il y a le plus d’entraide. Elle a raison, le petit bourgeois quand il perd son boulot ou sa femme et parfois les deux, se retrouve bien seul!

    Commentaire par scaramouche oo1 — 18/02/2010 @ 07:25

  19. « Je suis contente aussi qu’on montre qu’à côté des ‘assistés’ dont ont parle tant, il y a des gens qui triment et qui mérite bien ce qui reste de notre système social. »

    Alix,

    Quels assistés dont on parle tant » ? Dont on parle vraiment, sans tonnes de clichés, sans les opposer à la « France qui se lève tôt » ?
    Ces assistés, le plus souvent, sont des gens qui ont reçu leur compte de coups de poings dans la gueule, et qui pourtant en reçoivent encore. C’est dans la peau de l’un d’entre eux que la travailleuse précaire redoute de se retrouver tous les matins. Ils ont pour la plupart été de ces travailleurs précaires (pas tous), avant d’avoir connu pire, échec ou coup de malchance. Avant souvent de perdre pied. Alors, stop. Je sais que tirer sur les ambulances ne fait plus peur dans la France décomplexée, mais j’en ai marre de ce mépris.

    Commentaire par lambertine — 18/02/2010 @ 09:25

  20. J’ai vu Mme Aubenas faire la promotion de son livre sur Canal + . Cela m’a un peu inspiré pour faire un article sur mon blog_  » canal+ fait son cinéma ( ou otage de la connerie ) » _. C’est un point de vue différent du vôtre qui est quelque peu laudatif me semble -t-il .Mais je peux me tromper et en revendique le droit .

    Salutations à vous .

    Ps : je suis un petit nouveau de la blogosphère et de wordpress . Comment faut-il faire pour être lu ou commenté ( seul le débat est enrichissant ). Faut-il payer ? Et à qui ?

    Commentaire par abrivent — 19/02/2010 @ 17:31

  21. @ abrivent :

    Bonsoir.

    Vous pouvez tout à fait m’envoyer un chèque, je serais alors tout disposé à commenter sur votre blog (qui, par parenthèse, gagnerait à soigner la présentation – la colonne de texte est bien trop étroite – ainsi que l’orthographe – je dis ça, hein, moi-même n’étant au-dessus de tout reproche sur ce terrain. Mais zenfin, abondance de relecture ne nuit jamais 🙂 ). Pour information, voici mes tarifs :
    – commentaire élogieux -> 5 euros ;
    – commentaire en accord avec nuances -> 7 euros ;
    – commentaire critique argumenté -> 10 euros ;
    – insultes -> 15 euros (je soigne mes insultes) ;
    – au-delà de 400 signes, ajouter 0,50 euro tout les 100 signes.

    Je changerais régulièrement de pseudonyme, ainsi votre espace de débat n’en sera que plus animé.

    Vous pouvez m’adresser vos chèques à :

    Gwynplaine, C/O Ursus
    La Greenbox
    Londres
    Angleterre

    Commentaires à réception du paiement ;). (Inutile de rédiger le chèque en livres, j’accepte les euros.)

    Commentaire par Gwynplaine — 19/02/2010 @ 19:07

  22. Il y a quelque chose qui me gène dans cette démarche. Faut-il le rappeler,la précarité est une réalité pour beaucoup de Français (y compris les journalistes pigistes, qui doivent parfois cumuler des boulots en intérim avec leurs piges pour s’en sortir, et qui pourraient en parler mieux que personne). Fallait-il réellement qu’une journaliste médiatique fasse ce travail d’immersion pour qu’on ait l’air de la redécouvrir? Ces deux mondes, le monde de précarité et celui des « privilégiés », sont-ils vraiment si distincts?

    Commentaire par Catherine — 19/02/2010 @ 19:47

  23. je vous souhaite bonne réception du chèque , tarif commentaires critiques .
    La colonne de texte , je ne sais même pas comment l’élargir … N’hésitez pas à me laisser des corrections orthographiques – je souhaite progresser – dans d’éventuels commentaires , je suis preneur .

    Bon week-end à vous et veuillez m’excuser si je vous ai un peu chatouillé l’égo .

    Commentaire par l'Amer — 19/02/2010 @ 20:07

  24. @ Gwynplaine

    +10 € 😉

    Commentaire par Goloubchik — 19/02/2010 @ 21:54

  25. @ Gwynplaine :

    « je dis ça, hein, moi-même n’étant au-dessus de tout reproche sur ce terrain. Mais zenfin, abondance de relecture ne nuit jamais »

    PAF ! En plein dedans. Il fallait lire « je serai » ainsi que « je changerai ».

    Commentaire par Gwynplaine — 19/02/2010 @ 22:59

  26. @ Gwynplaine :

    J’ai un doute sur le bien-fondé de votre mea culpa: votre intervention en tant que commentateur sur le blog d’abrievent n’est-elle point conditionnellement liée au paiement ?

    Pourriez-vous par ailleurs nous éclairer sur l’existence éventuelle d’une convention collective nationale des commentateurs, d’application obligatoire, fixant des tarifs d’intervention? Et sur celle d’un Syndicat des Commentateurs de Blogs dont les statuts et modalités d’intervention pourraient heureusement s’inspirer de ceux des Ouvriers du Livre?

    Commentaire par Goloubchik — 19/02/2010 @ 23:20

  27. A catherine 22 ,

    c’est bien ce que j’ai voulu dénoncer dans mon article .Cet étonnement béat sur le plateau de canal+ .

    Commentaire par abrivent — 20/02/2010 @ 08:56

  28. A Goloubchik ,

    Abrivent ( sans e ) – petite hutte de bivouac .

    Salutations taquines

    Commentaire par abrivent — 20/02/2010 @ 08:58

  29. @ Goloubchik :

    Certes, mais dans ce cas précis le futur n’est-il pas le temps indiqué pour marquer la condition ? Je crois que si, la précondition étant exprimé au présent, le futur agissant en quelque sorte en un futur conditionnel.

    Quant à la CC des commentateurs, c’est à creuser. Elle ne pourra être obligatoire qu’après extension, qui revient en dernier lieu à la volonté du gouvernement. Il faudra en toucher deux mots à NKM (je la croise souvent à la laverie en compagnie d’E. Badinter, je lui ferai (?) alors part du projet). Pour le syndicat, j’ai pu voir que des tentative avaient déjà été faites, mais je me refuse à aller aussi loin que le Livre : je m’en voudrais de peser trop lourdement sur l’économie florissante des blogs. Et puis je n’assumerais (???) (vous m’avez tout pourri ma belle prestance conjugatoire avec vos doutes, je n’ai plus une conjugaison qui ne me pose question) pas d’avoir monté un syndicat qu’on appellerait le Blog, ce serait ridicule.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 09:38

  30. Re PAF !

    étant expriméE…

    des tentativeS…

    Abondance de relectures etc. etc.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 09:40

  31. @ Petite-Hutte-de-Bivouac:

    Chic! un Amérindien chez Aliocha…
    Message reçu: abrivent s’écrit sans e surnuméraire d’inadvertance et, si je comprends bien, avec ou sans majuscule en fonction de la fantaisie du moment.

    @ Gwynplaine :

    « Je crois que si, la précondition étant exprimé au présent, le futur agissant en quelque sorte en un futur conditionnel. »

    Si vous vous mettez à vous emprimer comme tschok en ses fins de journée de trop dur labeur, nous ne sommes pas sortis de l’auberge espagnole. Et ce serait bien le Diable si, dans le flux des lecteurs d’Aliocha, ne se trouvait un agrégé de grammaire, ou même simplement un(e) gus(se) kikoz1françékorrek, qui pourrait lever le doute.

    Au lavotomat (les traces de Nutella sur vos serviettes de table, çela doit être terrible!), profitez-en pour rappeler à NKM, en cas de besoin, qu’il est inutile et anti-écolo de laver les couches jetables.

    Pour en revenir à Florence Aubenas, que l’on voit et entend partout ces derniers jours sur TV et dans les radios, je m’interroge sur l’organisation et la multiplication de ces apparitions. Bénéficie-t-elle d’une attachée de presse personnelle ? Des services de com’ de son éditeur ? D’un « effet camaraderie » ? Du fait qu’elle présente un profil d’interviewée assez plaisant ?

    Commentaire par Goloubchik — 20/02/2010 @ 15:18

  32. « Six mois, ce n’est pas rien. Chapeau ! »écrivez-vous à propos de Florence Aubenas qui s’est mouillée (comme le fit en son temps Günter Wallraff qui se grima en « tête de Turc » en Allemagne ). Mais vos louanges sont pour le moins ambiguës… Car comment saluer celles qui vivent cette condition de travailleuse précaire pendant six ans, pendant soixante ans ? Et surtout quelles félicitations auront-elles à attendre ?

    Commentaire par Pensez BiBi — 20/02/2010 @ 15:55

  33. @ Lambertine :

    D’une part, je pense que vu son vécu, Florence Aubenas à quelque idée de ce que c’est que de vivre la peur au ventre. D’autre part elle est journaliste, elle fut grand reporter, elle est habituée à côtoyer des situations extrême, a appréhender des histoires de vie difficiles et toutes différentes.

    @ Bibi :

    Les louanges ne sont pas ambiguës : est-ce dire que celles qui vivent ces conditions au quotidien ne sont pas dignes d’éloges que de féliciter Florence Aubenas pour son courage (parce qu’on dit qu’elle pouvait s’arrêter quand elle veut, certes, mais il faut une bonne dose de courage pour se sortir de son petit confort et aller mettre les mains dans le cambouis ainsi, tandis que rien ne l’y obligeait)?

    Cette enquête a quand même le grand mérite de mettre en lumière la dureté du quotidien de ceux qui vivent cette précarité, non ? Sinon, qui en parlerait ? C’est pourquoi je ne comprends pas bien ces critiques que vous formulez tous les deux.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 18:19

  34. Gwynplaine,

    J’attendais la remarque. Oui, Mme Aubenas a connu la peur, mais, si j’ose dire, ce n’est pas « la même » peur. La peur de la mort avec l’espoir d’être libérée, et la peur de la vie, du chômage, des huissiers et de la rue, sans espoir du tout, c’est pas pareil. Alors, Mme Aubenas est certainement une bonne journaliste, elle n’est pas pour autant, quand elle joue le rôle d’une femme de ménage précaire, une femme de ménage précaire. Elle a vécu avec elles, les a observées dans leur intimité, mais sa vie ne dépendait pas d’un CDI de deux heures par jour. Elle restait une journaliste – célèbre, brillante et certainement intelligente – mais une journaliste, comme un ethnologue qui passe six mois avec une tribu amazonienne reste malgré tout un observateur. C’est ça qui me gêne, l’idée qu’elle « a vécu la vie des travailleurs précaires ». Elle n’a pas vécu la vie des travailleurs précaires parce qu’elle pouvait la quitter quand elle le voulait, cette vie, qu’eux ne le peuvent pas et que c’est ça qui font d’eux ce qu’ils sont. Parce que le mépris qu’on lui adressait ne s’adressait pas à « elle en tant qu’elle » et qu’elle le savait. Et parce que récurer les chiottes pour les besoins d’un livre, et récurer les chiottes parce que c’est ça ou la rue, c’est pas pareil.

    Commentaire par lambertine — 20/02/2010 @ 19:41

  35. @ lambertine :

    Mais même sans ça, sans cette expérience d’otage, je ne vois pas en quoi le fait de n’avoir pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête empêche d’en rendre compte au plus près possible.

    Alors quoi, comme elle n’est pas une vrai précaire, il ne faut pas faire de livre ? N’en parlons pas puisqu’on ne peut pas savoir vraiment ce que vivent les gens ?

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 21:17

  36. Mettre les mains dans le cambouis, c’est tout à l’honneur de Florence Aubenas mais cet article qui finit sur ce « Chapeau, Florence » m’a paru déplacé.

    Etre journaliste serait de rester « dans son petit confort » ? Dites nous, Aliocha, vous en connaissez des journalistes pépères ? Des grands journalistes ? De ceux qu’on entend tous les jours ? Est-ce la norme chez ceux et celles qui professent de nous expliquer le Monde, qui veulent nous donner des Signes de Vie et de nous donner du Sens ? Comment ça ? ça existe des journalistes qui ne prennent pas de risques ?

    Je vais vous donner un nom, j’en ai rencontré un qui a pris de sacrés risques en écrivant ce qui l’a écrit : Denis Robert.

    Vous l’applaudissez, lui ?

    Pour Florence Aubenas : Faut-il l’applaudir ? Surtout que – de loin – Florence Aubenas me paraît à mille lieux de demander des applaudissements. Il me semble qu’elle fait son boulot, du bon boulot, du très bon boulot : ça devrait suffire, non ?

    Commentaire par Pensez BiBi — 20/02/2010 @ 21:37

  37. @ Bibi :

    Ben oui, justement, je ne vois pas le mal de saluer le très bon boulot. Et qu’elle ne réclame pas d’applaudissements est tout à son honneur, rien ne nous empêche de l’applaudir quand même. Ne devrait-on applaudir que ceux qui le demande ?

    Nulle part je n’ai dit qu’être journaliste c’est rester dans son petit confort. J’ai dit que pour réaliser ce livre, Florence Aubenas a dû se sortir de ce que j’imagine être un certain confort matériel eu égard au fait qu’elle est une grande journaliste et que si elle est rétribuée à hauteur de sa qualité, j’imagine qu’elle vie dans un certain confort matériel, et qu’il fallait quand même être courageuse pour laisser tout ça un temps alors qu’arrivée où elle en est, elle pouvait tout à fait continuer à vivre plus posément tout en faisant du bon boulot.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 22:10

  38. Je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas faire de livre. Je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas parler de l’existence des personnes précarisées et de leurs conditions de vie. Je n’ai pas dit non plus que les ethnologues ne peuvent pas décrire la vie des amérindiens du Brésil. Par contre, je serais mal à l’aise si un de ces ethnologues prétendait avoir vécu la vie des Yanomamis, ou même être devenu un Yanomami pendant six mois. Ce qu’il aurait vécu, c’est la vie d’un ethnologue chez les Yanomamis, comme Mme Aubenas a vécu la vie d’une journaliste chez les femmes de ménage. D’une personne qui sa journée terminée mettait ses notes au propre et qui quand un petit chef de service la prenait de haut et la traitait d’analphabète pouvait hausser mentalement les épaules en pensant qu’elle était une célébrité nationale trois fois plus diplômée que lui. D’une personne qui lorsqu’elle était obligée de fermer sa gueule savait que trois mois plus tard tout serait publié noir sur blanc. Ce qu’elle a fait est probablement très instructif, a sans doute le mérite de faire parler de personnes peu visibles, mais ce n’est pas héroïque. Son livre mérite peut-être un coup de chapeau, mais le fait de jouer les femmes pauvres et méprisées pour y arriver, non. C’est une enquête journalistique, rien de moins, mais rien de plus non plus.

    Commentaire par lambertine — 20/02/2010 @ 22:19

  39. @ lambertine :

    Certes ce n’est pas héroïque. Cependant là où je ne vous suis pas, c’est de quand vous lui reprocher le fait « de jouer les femmes pauvres et méprisées ». Je ne crois qu’il s’agissait de jouer à la femme de ménage, mais que seul le fait de « s’infiltrer » parmi les travailleurs précaires lui permettaient de rendre compte au mieux de cette réalité. Témoin les limites que Florence Aubenas s’était fixées pour son enquête : celle de ne jamais entrer chez les gens, dans leur intimité, puisqu’elle était travestie parmi eux.

    Et si ce n’est rien de plus qu’une enquête journalistique, la méthode est singulière et je maintiens qu’elle est courageuse. Si elle pouvait arrêter quand bon lui semble, la fatigue, les brimades sont malgré tout bien réelles. Je ne crois pas qu’hausser mentalement les épaules, savoir qu’on est plus diplômée que son « interlocuteur » permette d’encaisser plus facilement les mauvais coups.

    Pour un autre témoignage, littéraire celui-là, de ce genre de vie précaire, je recommande la lecture d’Identité nationale, jeune femme franco-sénégalaise qui faisait des ménages pour payer ses études de Lettres. par ce recueil de nouvelles autobiographique, l’écrivain Fatou Diome raconte son arrivée en France. Vous y verrez qu’être trois fois plus diplômé que celui qui vous brime ne permet pas toujours d’hausser mentalement les épaules.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 22:40

  40. Erratum :

    Il s’agit de <a href="http://www.amazon.fr/pr%C3%A9f%C3%A9rence-nationale-autres-nouvelles/dp/2708707221"<La préférence nationale, de Fatou Diome, éd. Présence africaine, 2001.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 22:47

  41. Kof kof,

    Erratum :

    Il s’agit de La préférence nationale, de Fatou Diome, éd. Présence africaine, 2001.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 22:49

  42. La différence, c’est que Mme Diome était méprisée pour ce qu’elle était (une noire pauvre bien que diplômée et intelligente) alors qu’en ce qui concerne Mme Aubenas, c’est le personnage qu’elle interprétait (la femme de ménage) qui était méprisé, pas elle.
    Pardon d’être encore intervenue.

    Commentaire par lambertine — 21/02/2010 @ 21:54

  43. excusez moi à tous, je n’ai pas lu vos commentaires, mais j’ai envie de m’exprimer, ce qui est très fort dans ce livre, c’est la réalité de la vie, je m’explique: quand elle dit qu’il faut avoir une voiture, sinon t’es personne par rapport à ton employeur, tu bosses 5h par jour étalé sur 9h ou plus, la réalité; pas toutes les conneries écrites sur les blogs, enfin le travail dans sa misère la plus totale, le mépris affiché, mais là il est bien rendu, la solitude, le fait qu’on est rien quand on rentre chez soi, et quand on parle sur internet c’est pour ce faire insulter

    Commentaire par pauvresse du ménage — 23/02/2010 @ 22:00

  44. je suis une technicienne en construction metallique je cherche un travail

    Commentaire par nadia — 04/12/2010 @ 18:59


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