La Plume d'Aliocha

09/02/2010

Sexe, voitures et canapés !

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 11:36

Qu’est-ce que c’est beau la pub !

Habituellement, je ne la regarde pas. Mais ce matin sur BFM TV, allez savoir pourquoi, j’ai observé la chose de près au lieu de baisser le son ou de me laisser aller à la rêverie. Bien m’en a pris, dites-moi, j’ai pris une vraie leçon de vie. Car la publicité ne se limite pas à véhiculer un message en jouant sur le fameux temps de cerveau disponible que lui vend la chaine, elle milite également pour un certain nombre de valeurs, enfin, quand je dis un certain nombre, c’est une façon de parler. Vous allez voir.

C’était ce matin, donc, sur BFM TV aux alentours de 7h45. Premier spot : nous sommes à l’intérieur d’une voiture conduite par une femme d’un certain âge accompagnée d’une adolescente.  L’adolescente veut décrocher son téléphone et, en fouillant dans son sac,  laisse tomber un préservatif, version ludique, transparent et rose. Panique dans le regard de l’adolescente. Mais sa grand-mère est cool et lui lance « tiens, tu aimes les fraises maintenant ? ».  N’empêche, elle empoche le préservatif sans qu’on sache si c’est pour l’utiliser ou le soustraire à la gosse dans un but éducatif. En tout cas, elle ne pense pas à la prévention la grand-mère, ni à parler avec sa petite fille. Non, elle est trop cool pour ça. Objet vendu ? Une voiture.

Deuxième spot.  Un appartement le soir. Un homme se brosse les dents tandis qu’une jeune femme fouille dans ses tiroirs, s’empare de l’une de ses culottes qu’elle place dans la poche de veste de son compagnon, puis fait semblant de la découvrir. S’ensuit une jolie scène de ménage au terme de laquelle elle lui dit qu’elle ira dormir sur le canapé. Objet vendu : un canapé, donc. Si confortable qu’on lui sacrifie joyeusement son lit et sa vie de couple. C’est dire…

Troisième spot. Jolie chambre qu’on imagine en Italie, ambiance luxe et volupté. Une femme se lève d’un lit et quitte l’appartement en culotte, soutien-gorge et talons hauts. Un homme en slip, langoureusement allongé dans les draps plonge la tête dans l’oreiller que vient d’abandonner la jolie créature. Objet vendu : un parfum.

Quatrième spot. Une voix off raconte la vie trépidante d’un automobiliste qui a besoin d’une grande voiture pour transporter sa famille recomposée. La caméra le suit dans ses déplacements pour aller chercher ses enfants, nombreux, qu’on nous explique issus de différents mariages. Celle-là surgit un peu comme la conclusion des précédentes.

Le thème omniprésent est celui de la liberté sexuelle. Liberté de l’adolescence, émancipation nécessaires des vieilles générations, de leurs valeurs surnanées et de leurs inquiétudes dépassées, plaisanterie sur l’infidélité, rencontre érotique qu’on imagine de passage puisque la femme s’en va, mariages multiples et relativisation joyeuse du divorce, etc.

Vous imaginez le nombre de « valeurs » qu’on nous assène ainsi en l’espace de quelques secondes simplement pour vendre une voiture, un canapé ou un parfum ? L’annonceur joue allègrement sur la notion de plaisir décomplexé et utilise le plus puissant levier, le sexe. Jouis, enjoint-il au téléspectateur, émancipe-toi de tes vieux réflexes, des référents  qu’on t’a enseignés et jouis, égoïstement, sans limites. Lache-toi, achète voitures, canapés, parfums, fais-toi plaisir, rien n’est important, rien n’est grave. Le plaisir est la seule règle, il n’y en a pas d’autre. On s’étonnera ensuite de vivre dans une société déboussolée…

Dans le même ordre d’idée, c’est-à-dire la manipulation des esprits à travers de petites historiettes apparemment anodines, mais pétries de messages, je vous recommande un très intéressant article sur Causeur. L’auteur, philosophe, décrypte un film  contre l’homophobie destiné à être projeté dans les classes de CM1 et CM2. Edifiant.

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43 commentaires »

  1. Ce n’est pas tant le sexe que l’insolence décomplexée que donne parfois la richesse qui déboussole notre société.

    Il y a 10 ans, j’ai eu affaire à des étudiants qui se destinaient à la finance, aux affaires, et méprisaient leurs enseignants parce que ceux-ci étaient mal payés.

    Aliocha : tout est lié. Si l’unique valeur de la société est la jouissance, et donc l’argent qui la rend possible puisque nous parlons de jouissance matérielle, alors la valeur d’un individu ne dépend plus de ses qualités morales mais seulement du niveau de son compte bancaire. Les marchands ont intérêt à tenir ce langage pour faire marcher leur business, le problème c’est qu’ils ont des moyens phénoménaux pour agir sur le psychisme des gens et imposer leur message sans contrepouvoir. Le sexe n’est pas une finalité mais un outil.

    Commentaire par DM — 09/02/2010 @ 12:54

  2. Et oui, c’est bien triste. Le sexe fait partie des éléments constituant la norme. En plus du fric bien sûr, mais quand même. Le sexe est une obligation pour tous ceux qui veulent démontrer qu’ils ont réussi, avec toute la machinalisation que ça implique….
    A quand un classement Vogue des positions tendance?? On pourrait envisager de les classer pas CSP! Ou en fonction de l’endroit où on part en avcances!! Les positions 2010 à Sumatra, les must-do Bélize…. Et puis surtout comment le routard s’y prendrait-il pour intégrer cette nouvelle info cruciale (le guide du Kama?)???

    Commentaire par Julia — 09/02/2010 @ 13:20

  3. Bonjour,

    Je ne vous suis pas tout à fait sur le sujet.

    Si la jouissance est tellement usitée en publicité, et ce depuis des années, n’est-ce pas au contraire parce que cette valeur qu’elle utilise reste fantasmée plutôt que vécue ?

    Si, comme vous l’expliquez, cette jouissance était la valeur partagée de notre société, elle ne serait plus d’aucune utilité pour le publicitaire et il nous proposerait une autre version de son onirisme.

    Tant que la pub en reste à jouer sur le sexe et le plaisir pour faire rêver et vendre c’est que contrairement aux apparence notre société n’est pas si « pervertie » (on va dire ça, ce n’est pas le mot que je veux employer mais je ne trouve pas le bon, je vous fais confiance pour comprendre mon propos sans celui-ci)

    Commentaire par Karam — 09/02/2010 @ 13:30

  4. Bizarre cette volonté d’être aiguillé par une boussole sociale qui nous montre le bien (forcement seule direction dans laquelle aller) et le mal (forcement la mauvaise direction), qui nous montre quels désirs il est bien d’avoir (une famille, une voiture, de l’argent) et quels désirs il nous faut refouler (émancipation autres que financières, homosexualité, procrastiner). Le court métrage dont il est question n’est pas porteur des valeurs auxquelles vous l’associez. Je pense que c’est un dérapage que de le suggérer par l’apposition de vos propos sur la pub et de ceux de Radu Stoenescu sur ce court métrage. Et vous savez autant que moi, en tant que journaliste, que dans tout discours il y a manipulation (dans le sens propre du terme et non dans son sens péjoratif).

    Étrange aussi que pour vous, ce soit le désir sexuel que véhiculent ces spots publicitaires sans que vous ne voyez que le propos est aussi et surtout de vendre des voitures, des canapés, des parfums ; objets porteurs de valeurs aussi normatives sinon plus que les « valeurs » que vous décriez.

    Aliocha : C’est Shopenhauer je crois qui disait que lorsqu’on était à court d’arguments, il ne restait plus d’autre moyen que de discréditer son interlocuteur ?

    Commentaire par Le renégat — 09/02/2010 @ 13:30

  5. Entièrement d’accord avec vous, à part deux-trois observations peut-être pertinentes, ce texte est édifiant. Entre autres parce qu’il juge un futur film sur une ébauche de bande-annonce… Il serait intéressant d’avoir le scénario complet d’ailleurs, pour se faire une idée plus objective. Voilà qui va m’occuper.

    Sinon pour la pub, pas grand chose à ajouter. J’ai moi aussi pris l’habitude depuis bien longtemps de couper le son systématiquement quand une pub passe, et même de regarder ailleurs, car les images de pub sont presque aussi débiles sans le son qu’avec. Les rares fois où j’allume la télé, ceci dit, ce qui est de plus en plus rare.

    Commentaire par jor — 09/02/2010 @ 14:10

  6. Et encore, vous n’êtes tombée que sur des pubs cherchant à vendre à des adultes. Regardez un peu les pubs « pour enfant », et vous constaterez que le sous-texte est presque toujours celui du plaisir immédiat mais assimilable cette fois à la drogue… Chaque paquet de céréale, chaque barre chocolatée, chaque soda produit des effets que seules des substances hallucinogènes sont d’ordinaire capables de produire.

    Par contre, pour ce qui est de l’analyse du court-métrage, je crois qu’elle est faite depuis un parti pris déjà négatif, et l’auteur invente un symbolisme ad hoc pour arriver à une conclusion pré-établie. Parce qu’on pourrait le voir également de la manière suivante : au temps d’Agathe, il existait des amours impossibles (pour X et Y raisons) comme celles de la Lune et du Soleil (rappelons que symboliquement la lune est associée au principe Féminin et le soleil au principe Masculin). Ces amours interdites d’hier sont remplacées par celles d’aujourd’hui (les amours homosexuelles), qui doivent à leur tour devenir des amours possibles.
    Quand à la lumière, pourquoi la voir comme métaphore de l’acte sexuel, quand elle a toujours servi comme métaphore de l’Amour. Parce que sinon, ceux qui sont visités par le Saint-Esprit dans l’iconographie biblique doivent en fait s’en payer une bonne tranche 😉

    Commentaire par Gwynplaine — 09/02/2010 @ 14:31

  7. Alliocha, je ne comprend pas la réponse que vous m’avez faite. J’ai utilisé l’image de boussole en m’inspirant de votre expression « société déboussolée » qui sous-entend, en tout cas pour moi, qu’il faudrait redonner à la société une boussole pour nous indiquer les directions à suivre.
    Je n’ai pas voulu vous discréditer, et je ne vois pas ou j’aurais pu le faire, sincèrement. J’ai juste voulu discuter votre façon d’amener le lien vers la critique de la bande annonce du court-métrage.
    Par contre, je considère que votre commentaire lapidaire en bas du mien vous permet de ne pas me répondre et de discréditer mes arguments.

    Aliocha : ah! vous n’aimez pas les allusions, vous avez tort, c’est l’ultime politesse que je suis prête à consentir quand on m’énerve. Par conséquent voulez-vous m’expliquer pourquoi le sujet de discussion que je lance se transforme sous votre plume en deux questions personnelles lourdement connotées de psychanalyse de bazar ? Vous êtes capable d’argumenter quand vous n’êtes pas d’accord ou vous ne pouvez que sombrer dans l’insinuation stupide sans avoir même la finesse quand on vous met en garde indirectement de comprendre que vous êtes à côté de la plaque ? Où ai-je écrit qu’il y avait de bonnes et de mauvaises directions, une bonne et une mauvaise sexualité etc ? Où ? Nulle part. S’il y a une critique dans ce billet, elle concerne le libéralisme, les manipulations publicitaires, les idéologies militantes, aussi masquées qu’envahissantes, certainement pas le sexe et moins encore l’homosexualité. J’observe au passage que votre lecture de mon billet vous révèle sans doute plus que vous ne l’imaginez. Par ailleurs, il se trouve que j’ai une fichue tendance à analyser systématiquement ce que je lis, vois ou entend et une autre fichue tendance, plus regrettable encore, celle de faire des liens entre les choses, vous savez, ces petites connexions de cellules grises que d’aucun appelle faire fonctionner son intelligence, son sens critique, son discernement. C’est fou, non ? Alors quand je viens de lire le Divin marché de Dany-Robert Dufour et l’age de l’accès de Jeremy Rifkin qui tous deux à leur manière et sur des sujets très différents évoquent l’emprise du libéralisme sur nos vies, l’extension de la sphère commerciale à tous les domaines de l’existence, eh bien je regarde ensuite la pub plus intelligemment et je vérifie leurs écrits sur pièce en observant 4 pubs mettant en oeuvre les mêmes mécanismes en l’espace de quelques minutes. Vous voyez, l’explication est limpide et ne justifie pas vos insinuations douteuses sur ma prétendue tendance à voir du sexe là ou d’autres n’aperçoivent que des bagnoles. Quant au lien avec le papier de Causeur, il procède là aussi de l’association d’idées, sur le terrain non du sexe – le fait qu’il s’agisse d’un conte contre l’homophobie est un pur hasard – , mais du décryptage de ce qu’on voit. Alors épargnez-moi à l’avenir je vous prie vos questions aussi détestables qu’à côté de la plaque.

    Commentaire par Le renégat — 09/02/2010 @ 15:35

  8. Je ne partage malheureusement pas le point de vue de Karam (et pourtant, comme j’aimerai…)
    Dans l’exercice de mon métier (eh oui, je suis avocat !) je suis amenée à partager les réflexions les plus profondes de mes clients sur leur vie et suis parfois effarée de voir, pour un certain nombre d’entre eux, quel est le sens de leurs priorités ! Ce qui me désespère, c’est qu’ils l’expriment parfois avec tellement de sincérité que j’en arrive même à me demander si ce n’est pas moi qui suis anormale 😦

    Commentaire par Tinkerbell — 09/02/2010 @ 15:40

  9. Cette fois je suis entièrement d’accord avec vous.

    Je dis souvent qu’il est particulièrement difficile de bien élever les enfants de nos jours parce qu’en temps que parent, on doit sans cesse combattre le contre-exemple envahissant martelé sur tous les médias.

    Faut pas s’étonner si parents et profs se font parfois déborder… Et comment reprocher aux mômes d’être le pur produit de leur société ?

    Commentaire par Alixe — 09/02/2010 @ 16:03

  10. @Aliocha

    Schopenhauer avait bien d’autres arguments: http://fr.wikisource.org/wiki/La_Dialectique_%C3%A9ristique
    (un jour je saurai mettre un lien propre en commentaire)

    @Tinkerbell

    N’hésitez pas à me détromper, ce n’est pas parce que j’ai un point de vue que je ne peux tourner la tête pour en voir un second.
    Mais simplement, pour votre point de vue;
    -votre échantillon statistique, qui semble déterminé par votre profession, n’est-il pas de fait faussé ?
    -est il envisageable qu’un jour la publicité soit ‘responsable’ des besoins qu’elle semble entretenir ?

    Commentaire par Karam — 09/02/2010 @ 16:11

  11. @ Karam

    Je prends ce que j’observe chez mes clients avec le plus de guillemets possible, car j’ai parfaitement conscience de la particularité du moment que je vis avec eux, qui ne reflète pas forcément de manière exhaustive l’ensemble de leur comportement.
    Je me garde de généraliser, raison pour laquelle j’ai indiqué « un certain nombre d’entre eux »
    En revanche, j’ai été frappée de retrouver des similitudes de raisonnement chez des personnes de niveau social et intellectuel pourtant différents, homme ou femme.
    J’ignore si c’est la petite boîte qui leur dicte leur conduite ou si la petite boîte n’est que le reflet de la société actuelle, en revanche, je suis frappée de voir que ces personnes n’ont souvent aucun recul jusqu’à ce que j’ose leur exposer, sous un jour différent, l’absurdité de leur raisonnement.
    Des anecdotes, j’en ai plein, mais certaines sont parfois si absurdes ou dramatiques que vous ne me croiriez pas (je n’y arrive que difficilement moi-même)

    Commentaire par Tinkerbell — 09/02/2010 @ 17:01

  12. Aliocha : C’est Shopenhauer je crois qui disait que lorsqu’on était à court d’arguments, il ne restait plus d’autre moyen que de discréditer son interlocuteur ?

    En citant d’éminents philosophes qui parlent à sa place pour se cacher aisément derrière eux ?
    Pour le côté psychologique, puisque je vais quand même essayer de rester constructif, c’est moins l’aspect de libération sexuelle que le côté pulsionnel « pur » qui est mis en avant, et ce pour faire acheter n’importe quoi. Marketing appliqué à la vie politique également, en jouant sur l’aspect pulsionnel des peurs et des phobies…

    On va plus loin où vous avez déjà lâché ?

    Pour répondre à Tinkerbell, l’éducation se fait depuis le plus jeune âge… et étrangement, depuis le plus jeune âge, les enfants sont « sensibilisés » (pour ne pas dire endoctrinés) par la télévision, mis devant pour que les parents aient la paix, ou simplement par commodités (c’est l’un des loisirs les moins coûteux, que ce soit en termes de finances comme d’énergie physique et psychique).
    Que sont 6 ou 8 heures d’enseignement ardus et rébarbatifs dans les écoles quatre ou cinq fois par semaine quand l’efficacité d’un spot publicitaire véhicule des dizaines d’idées en les impregnant profondément à force d’expositions ?

    Les soirées « 70’s & 80’s revival » sont-elles le lieu où ressortent d’anciennes pubs « cultes » avec références à des marques oubliées et regrettées, ou de théories mathématiques apprises au collège ?

    Vous les trouvez toujours aussi étonnantes, les priorités des gens ?

    Commentaire par Hélios — 09/02/2010 @ 17:15

  13. Dans le genre publicité matérialiste vous apprécierez celle ci je pense: http://www.youtube.com/watch?v=owGykVbfgUE

    Commentaire par Antoine — 09/02/2010 @ 17:38

  14. Il me semble que ça démarre encore plus violemment que les trolls internet/google …

    Le pouvoir de la télé n’est pas forcément où l’on croit 🙂

    Commentaire par Karam — 09/02/2010 @ 18:04

  15. Aliocha, il faut parfois analyser à froid ce qu’on lit. Je n’ai pas compris le lien entre votre billet sur la pub et l’article sur que vous liez à la fin du billet. Je comprend maintenant un peu mieux (pas tout à fait mais quand même un peu mieux 😉 ). Je ne doute pas du pouvoir manipulateur de la pub (loin de la). Et le libéralisme n’est en aucun cas ma tasse de thé (c’est même le contraire). Je n’ai pas jugé bon de le dire mais apparemment ça ira peut être mieux en le disant.

    Commentaire par Le renégat — 09/02/2010 @ 18:33

  16. @Hélios

    Je n’ai pas dis que j’étais étonnée. Je réalise assez bien les causes du bouleversement des priorités de mes contemporains.
    Je ne suis pas d’un âge très avancée (enfin, je crois…) je pense qu’on peux sans difficultés me classer dans la catégorie « génération télé » (un ex : mon pseudo ;)) et je me surprends parfois, non sans honte, à avoir avec ma fille des attitudes similaires à celle que vous décrivez et que tente de corriger régulièrement.
    Je pensais juste qu’avec l’âge aidant, l’ouverture sur le monde que nous offre le monde moderne, notre faculté de raisonnement qui nous différencie de l’animal, l’être humain a vocation à se rationaliser, s’assagir, grandir tout simplement.
    Et je constate avec effroi que c’est très loin d’être le cas. C’est sûrement là que se situe ma naïveté.
    Mais bon, ce n’est pas la fin du monde 😉

    @ Antoine
    Celle qui m’éclate, c’est celle là. http://www.dailymotion.com/video/x89q17_mieux-que-les-femmes_fun
    Je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a comme un fond de vérité

    Commentaire par Tinkerbell — 09/02/2010 @ 19:01

  17. On en arrive à ne plus avoir aucun discernement et que vous ayez encore la capacité de « réaliser » « vous rendre compte » et « réagir » me semble très étonnant. A force d’être banalisé on ne voit même plus que la femme est dévaluée qu’elle n’a jamais autant été considérée comme un objet, que le couple est un épisode dans une vie et les enfants interchangeables. A la limite parfois de la pornagraphie le sexe passe avant les sentiments et le fric couronne le tout.
    Soljenitsyne disait qu’on asservit mieux les peuples avec la pornagraphie qu’avec une armée.
    N’

    Commentaire par scaramouche oo1 — 09/02/2010 @ 19:58

  18. (mon post a été envoyé avant terme et sans relécture)
    Il faut lire « pornOgraphie » bien sûr!
    et je voulais ajouter que : N’ayant plus la religion comme opium on nous en a trouvé un autre.

    Commentaire par scaramouche oo1 — 09/02/2010 @ 20:02

  19. C’est surtout l’heure de diffusion qui surprend : avant 8h et déjà que ça en tête !

    Aliocha : c’est sans doute cela qui m’a interpellée aussi, à 20 heures je l’aurais sans doute perçu différemment, voire pas perçu du tout.

    Commentaire par Bardamu — 09/02/2010 @ 20:08

  20. Tiré de l’article de R. Stoenescu:

    « Je me demande comment finit vraiment le film, que je n’ai pas vu, et ce […] »

    Bof…

    Aliocha : c’est en effet une grave erreur que de parler de ce qu’on n’a pas vu. A sa décharge toutefois, il décrypte le pitch, rédigé par les auteurs du film eux-mêmes et donc raisonnablement révélateur de leurs objectifs. Entre nous, la vieille chatte Agathe, c’est d’un goût ….

    Commentaire par khazan — 10/02/2010 @ 13:21

  21. Je crains que le spot n°1 ne soit encore pire que vous ne le pensiez : le sac de la demoiselle semble totalement rempli de préservatifs (ce qui explique avec quelle facilité l’un d’entre eux peut s’échapper), et laisse donc supposer des activités récréatives fréquentes 😉
    Ne parlons même pas d’une des versions précédentes de la publicité pour le même produit (celle où la mère déclare à sa fille « tu as un travail maintenant ? », les habitués reconnaîtront)…

    Commentaire par Kharkov — 10/02/2010 @ 13:21

  22. Bonjour Aliocha,

    Bien que n’étant plus un très grand publivore aujourd’hui, je ne décrypte pas le truc tout à fait comme vous.

    Ce que j’avais remarqué quand j’étais un consommateur de spots TV était que la plupart de ceux qui recouraient à l’allusion sexuelle véhiculaient un modèle standard de sexualité, très précisément borné: avec un partenaire unique, dans le cadre d’un couple hétérosexuel stable, légal ou occasionnel, parvenir à l’orgasme simultané par les voies naturelles.

    C’est ça le modèle qui est en arrière fond de toutes ces pubs.

    Sous couvert d’une apparente liberté et d’une grande décontraction, ce modèle exclut un certain nombre de pratiques ou de comportements sexuels qui doivent rester dans l’ombre:
    – Les voie non naturelles (sodomie, fellation, masturbation, utilisation de sex toys)
    – L’orgasme non simultané
    – Le sexe à plusieurs
    – Les partenaires multiples
    – Le dopage sexuel à l’aide de substances psycho actives ou physiologiquement actives
    – L’homosexualité
    – Bi sexualité
    – La recherche d’autre chose que l’orgasme sexuel pur (voyeurisme, exhibitionnisme, pratiques intellectualisées du sexe telles que BDSM ou ses variantes).

    Et on peut encore allonger la liste.

    Bref, le modèle de l’orgasme hétéro simultané par les voies naturelles dans le cadre du couple est à la fois le modèle standard, dominant et d’exclusion. Il est le côté « propre » du miroir.

    Mais, quand on va voir de l’autre côté du miroir, du côté « sale », on se rend compte que beaucoup de gens ont des pratiques sexuelles qui sont hors du modèle et qui sont considérées comme « déviantes ».

    Les enquêtes montrent que ces pratiques, ou orientations sexuelles restent minoritaires par rapport au modèle dominant.

    Si certaines choses ont changé, en particulier à l’égard de l’homosexualité qui est mieux admise dans nos sociétés, tout le reste correspond à des pratiques sexuelles qui n’ont pas reçues de validation sociale réelle.

    Certes, on vend des sex toys, mais en offrirez vous un jour à votre partenaire habituel à Noël, devant les enfants et la famille? Non. Et je ne vois pas que ça change dans des temps proches.

    Donc, quand vous dites que la thématique centrale de ces pubs est la liberté sexuelle, je vous répondrais plutôt que c’est surtout de la promotion du modèle sexuel dominant, instrumentalisé à des fins commerciales, ce qui est classique.

    Mais pas de la liberté sexuelle. C’est juste un modèle dominant, ce n’est pas non plus un camp de concentration, mais un modèle qui permet à une grande majorité de la population de satisfaire ses besoins, d’assouvir ses envies dans un cadre socialement admis et qui permet accessoirement d’assurer la reproduction de l’espèce.

    Ce n’est jamais que de la production d’orgasmes standards de masse. C’est Ford, si vous préférez.

    La liberté sexuelle, c’est autre chose. C’est de l’artisanat. C’est du « sur mesures ». C’est trop particulier pour en faire le message subliminal d’une pub pour vendre une bagnole, parce que ce n’est pas fédérateur.

    C’est pourquoi je crois que vous commettez un contre sens: la pub instrumentalise le modèle sexuel dominant, oui. C’est évident. Mais pas la liberté sexuelle. C’est pas vendeur, tout simplement. Une bagnole, vous la vendez à tous les Français d’une catégorie cible, pas à 2% de la population. Pour les toucher, faut actionner les dénominateurs communs, pas essayer de leur dire que c’est bon de se faire enculer avec un gode fluo, dans un club DBSM paumé en banlieue avec des tigresses en vinyle partout.

    On a commencé à voir des homos dans le pub non pas parce que la pub se voulait militante, progressiste et en pointe (les homos s’étaient battus pour leur liberté sexuelle bien avant d’apparaître dans des pubs) mais à partir du moment où l’homosexualité a reçu une validation sociale, c’est à dire à partir du moment où elle est rentrée dans un modèle sexuel admis.

    Donc: pub= promotion de la liberté sexuelle. Non.

    Pub= reproduction du modèle dominant et des modèles minoritaires admis.

    Et, effectivement, c’est très politiquement correct. Mais pourquoi changer un système qui marche?

    Aliocha : très fine analyse, dont je vous remercie. En effet, il s’agit de pratiques dominantes et pour cause puisque l’objectif est d’emporter l’adhésion de la majorité en flattant ses comportements. C’est une forme de mimétisme d’encouragement. Cela étant, je n’évoquais pas la liberté sexuelle par rapport au sexe, mais au regard des règles morales, sociales, religieuses qui l’encadrent et qui toutes se rejoignent pour des raisons différentes, sur la fidélité, la pudeur, le contrôle de soi. En ce sens, toutes ces pubs sont « transgressives » puisqu’elles nient les principes éducatifs des adolescents (première pub), tournent en dérision la jalousie et la fidélité (2ème), prônent la rencontre de passage en positionnant en plus la femme dans le rôle traditionnellement dévolu à l’homme (j’ai eu du plaisir, merci ciao) et relativisent les conséquences de la remise en cause des « valeurs » ou « principes » ou « règles » déjà attaqués dans les trois précédentes.

    Commentaire par tschok — 10/02/2010 @ 13:56

  23. Relativiser les conséquences de la remise en cause des valeurs traditionnelles, ça s’appelle le progrès.

    Quand on a été éduqué dans le cadre des valeurs traditionnelles, clairement, on ne peut pas avoir une approche totalement positive du progrès… 🙂

    Mais si vous y réfléchissez bien, ces pubs constituent une variante sur un des éléments du modèles dominant, dans son compartiment « couple stable ».

    On a toujours rapport hétéro + orgasme simultané (très important ça: c’est non seulement l’égalité homme-femme mais plus profondément l’acceptation par la société de la capacité de jouissance clitoridienne et vaginale de la femme, avec prise en charge de la responsabilité de l’orgasme par l’homme, qui doit retenir le sien jusqu’au moment où sa partenaire parvient à la jouissance) + voies naturelles (symbolisant la nature de l’homme qui n’est pas un animal).

    Ce qui change à la marge, c’est la possibilité d’avoir des relations sexuelles hors du couple stable, légal, religieux.

    Donc effectivement beaucoup de ces pub postulent un imaginaire de partenaires multiples et, pour cause de mode féministe et de dévalorisation du mâle, c’est la femme qui a des partenaires multiples, l’homme jouant désormais le rôle du con de service.

    Mais ça reste limité.

    Pour ma part je n’y vois pas de remise en cause des grands équilibres de la société, mais simplement un ajustement du message publicitaire aux mœurs du temps. Et les mœurs de notre temps sont des acquis, c’est à dire qu’ils ont été des progrès, mais dans le passé. Aujourd’hui ils sont des standards admis.

    Plus profondément, si on revient à la cédule « couple stable » on se rend compte que c’est la variable d’ajustement qui permet le progrès, ou la régression, selon les goûts.

    On voit très bien par exemple que dans notre histoire des représentations sexuelles, on est passé du mariage religieux au mariage civil, puis à l’union civile (concubinage ou « union libre »)puis au pacs, puis au partenaires multiples avec, au bout du cycle, l’image de l’amazone qui prend les hommes, qui les baise et qui les jette et qui n’est jamais que l’alter ego féminin d’une très vielle figure masculine, celle du Don Juan.

    On a fait varié « couple stable » et maintenant on en est à l’amazone. Bon, très bien. Mais le modèle dominant reste efficient. On a juste créé une cédule « amazone », comme on a créé une cédule « homo ».

    Et le plus marrant dans l’histoire est que certaines enquêtes montrent que ces amazones sont… des mères de famille, ou en tout cas des femmes rangées dans leur vie civile. Des femmes mures (40-50 piges), cadres sup, sérieuses, bonnes élèves à l’école, autonomes. Saviez ça?

    Et quand elles ne sont pas mariés se sont souvent des célibataires qui s’emmerdent après le boulot dans leur belle cuisine de leur bel appart dans leur bel immeuble avec parking pour leur belle mini austin.

    La pub, ne fait que prendre acte de ces évolutions, assez limitées au demeurant. Sachant par ailleurs que sexuellement parlant, les sociétés modernes, dans leur grandes masses, baisent à droite (dans pas longtemps on va se retrouver avec le petit jésus au dessus du lit).

    Donc, dire que la pub est transgressive, ça me laisse songeur.

    Commentaire par tschok — 10/02/2010 @ 17:13

  24. Hé bien, moi, je vois les choses de manière encore différente.

    D’abord, dénoncer la publicité télévisée comme un vecteur de « valeurs qu’on nous assène » à nous, pauvres téléspectateurs passifs devant l’écran (et d’autant plus vulnérables lorsqu’il s’agit d’enfants), c’est être en retard d’une guerre. Ce procès était légitime il y a 20 ou 30 ans, plus maintenant.

    Car la réalité est tout autre : la publicité traditionnelle est en crise. Une crise majeure de crédibilité, qui la rend proprement inaudible, presque invisible.

    Tous les spécialistes de la communication savent que la publicité est à réinventer dans le contexte totalement neuf de la communication à l’ère d’internet : ce qui nous fait acheter désormais, ce sont des injonctions qui ne viennent plus majoritairement de la publicité classique, mais de groupes d’appartenance auxquels nous nous identifions, et qui sont relayés par la rue, par la tribu des copains, par les réseaux sociaux, etc.

    Les produits Apple n’ont pas eu besoin de publicité télévisé pour devenir les must absolus qu’ils sont aujourd’hui au niveau mondial.

    Le lien indiqué plus haut par Tinkerbell en est un bon exemple : une communication réussie, c’est une communication dont s’empare le web, ou du moins une des tribus du web. La pub Heineken bénéficie ainsi d’un plan média totalement gratuit, et d’autant plus fort qu’il repose sur l’adhésion à un message perçu comme fun, cool, en phase avec ce qui fait vibrer sa cible.

    Car les maîtres mots de la communication produit sont désormais EMOTION, HUMOUR, CONNIVENCE. Ainsi le spot sur le canapé, « si confortable qu’on lui sacrifie joyeusement son lit et sa vie de couple » : loin de proner le sacrifice de la vie de couple, il joue au contraire sur l’absurde.
    C’est justement parce qu’il est inconcevable de sacrifier son couple pour un canapé, que le spot atteint son objectif : créer la connivence par l’humour décalé.

    De même pour le spot « la voiture et les préservatifs ». L’annonceur veut faire passer le message que le possesseur d’une telle voiture est un parent/grand-parent formidable. Pourquoi ? Parce qu’il reste cool et adopte la bonne attitude (avec humour) dans une situation de conflit potentiel de génération à laquelle la cible peut s’identifier.

    Là où vous voyez un spot qui prone la liberté sexuelle, j’y vois au contraire la permanence de valeurs dédramatisées par le clin d’oeil malicieux : la grand-mère ne condamne pas, mais elle n’encourage pas non plus. Elle fait passer le message qu’elle a remarqué le préservatif : ceux qui ont des ados seront probablement d’accord avec moi pour considérer que son attitude est la plus pertinente pour conserver un contact bienveillant et vigilant avec sa progéniture.

    Pour le spot du parfum, rien de très nouveau : le parfum a toujours été associé à l’extase sexuelle. La seule nouveauté est en fait une concession au politiquement correct ambiant, puisque la fille n’a plus un rôle passif.

    Le dernier spot est enfin la confirmation que la pub, loin d’imposer des diktats ou de nouvelles normes sociales, et tout à son souci de créer du lien, de la connivence, ne fait que courir après l’évolution des moeurs.

    Commentaire par Tocquevil — 10/02/2010 @ 19:06

  25. La publicité vend du rêve. Prenons une bête publicité pour produits de petits déjeuner. Comme le souligne un des intervenants ici, si elle s’adresse aux enfants, elle leur propose « des effets que seules des substances hallucinogènes sont d’ordinaire capables de produire ». Si elle s’adresse aux adultes, elle montre des maisons spacieuses, des enfants proprets, un beau jardin… bref, des choses inaccessibles pour une bonne partie de la population.

    Il est possible qu’une partie de la population rêve d’une vie sexuelle moins morne?

    Commentaire par DM — 10/02/2010 @ 19:17

  26. @ Tschok :

    « On a commencé à voir des homos dans le pub non pas parce que la pub se voulait militante, progressiste et en pointe (les homos s’étaient battus pour leur liberté sexuelle bien avant d’apparaître dans des pubs) mais à partir du moment où l’homosexualité a reçu une validation sociale, c’est à dire à partir du moment où elle est rentrée dans un modèle sexuel admis. »

    C’est très vrai. La première pub que j’ai vue avec des homos (c’était de la lessive) plaquait tellement le modèle dominant du couple (celui du Petit Nicolas version livre) que cette pub était tout sauf une révolution (sauf si l’on entend révolution au sens de miss sfw).

    Commentaire par Gwynplaine — 10/02/2010 @ 21:31

  27. Note liminaire: dans la pub pour la voiture, la voix off du père conducteur (on allait pas y mettre une femme hein, pourtant le busing des enfants c’est plutôt elles qui l’assument) parlent des enfants comme fils de… (première femme, suivante, des voisins..) mais la ‘petite Marie, ha ma petite Marie’… n’a pas de mère nommée.
    Elle n’a pas de filiation féminine, cad qu’elle est *déja* une femme en attente d’homme, elle descend donc du, et est destinée au, père…
    (on convoque Sigmund ou bien ça ira? 🙂 )

    Commentaire par mebahel — 11/02/2010 @ 12:37

  28. @ Tocquevil,com 24,

    Je n’ai aucun mal à vous rejoindre, même si vous empruntez des chemins assez différents.

    Et vous faites bien de dire que la pub « dédramatise », ou à tout le moins s’inscrit dans une « permanence de valeurs dédramatisées » qu’elle peut reprendre en « clin d’œil ».

    La pub n’invente rien, elle utilise. Elle peu innover dans l’utilisation, mais pas dans la création.

    @ DM, com 25,

    C’est son but, mon général. Et vous noterez que rêve et liberté sont deux choses bien différentes qu’il ne faut pas confondre (ce que vous ne faites pas) sauf… en rêve.

    @ Gwynplaine, com 26,

    Pour rebondir, j’ajouterais qu’on a ainsi découvert que les homos pouvaient s’assembler en couple. On ne peut plus conformiste, non?

    On s’attendait à des pervers, des bombes sexuelles, des impulseurs de fantasmes dans nos subconscients surchargés, ils sont juste homos… (et en plus ils veulent des gosses)

    Pffff!

    Tout ce perd, c’est tragique.

    Commentaire par tschok — 11/02/2010 @ 14:09

  29. @ tschok

    « La pub n’invente rien, elle utilise ». Oui, nos commentaires se rejoignent sur ce plan.

    J’essayais d’adopter le point de vue de l’annonceur.
    Analyser les pubs de ce point de vue est un petit plaisir quotidien. Par exemple, le spot « la voiture et le préservatif » s’éclaire lorsqu’on on se souvient que les voitures neuves sont essentiellement achetées par des pères/mères de famille qui ont la quarantaine bien sonnée, et par les retraités. D’où le clin d’oeil qui leur est adressé.

    Commentaire par Tocquevil — 11/02/2010 @ 16:22

  30. @ Tocquevil,

    Le point de vue de l’annonceur?

    Mais c’est lui le coupable, Aliocha dixit! Libéralisme, qu’elle a dit.

    Mais?! Qu’est ce qui vous prend à tous de vous mettre à la place du coupable?

    Rassurez moi, vous n’avez rien fait, vous, au moins?

    Commentaire par tschok — 11/02/2010 @ 17:10

  31. Pour Aliocha la journaliste, hors sujet :

    http://blog.pickme.be/2010/02/11/requiem-pour-le-vieux-monde/

    Commentaire par BrunoK — 11/02/2010 @ 17:45

  32. @ tschok

    « Le point de vue de l’annonceur?

    Mais c’est lui le coupable, Aliocha dixit! Libéralisme, qu’elle a dit. »

    Hé hé. Je suis sûr qu’en vous poussant un peu, vous taquineriez Aliocha sur le brevet d’anti-libéralisme qu’elle semble rechercher, et que « Le Renégat » lui a refusé – le malotru – la renvoyant peu élégamment à son tropisme catho petit-bourgeois !

    Ce n’est pas que je ne partage pas son inquiétude sur la dérive marchande et le culte de la jouissance immédiate. Simplement, les annonceurs font des boucs émissaires un peu trop faciles.

    En tant qu’homme de marketing, je suis persuadé qu’il y a de l’avenir dans le marketing de la déconsommation. L’anti bling-bling, le désir de consommer moins, de façon plus responsable et plus citoyenne sera inévitablement récupéré par les annonceurs. Ce sera le jeu des annonceurs et de la libre-concurrence que d’accompagner cette évolution sociétale.

    Commentaire par Tocquevil — 11/02/2010 @ 18:54

  33. Faites gaffe, Aliocha, vous devenez réac, bientôt le MRAP vous incluera dans un rapport… 🙂

    Commentaire par Polydamas — 11/02/2010 @ 20:49

  34. @ Tocquevil,

    « le marketing de la déconsommation »

    Très jolie formule. Vraiment.

    Un formule a double ou triple fond.

    Vous devriez la déposer.

    Commentaire par tschok — 12/02/2010 @ 09:41

  35. @ Tschok com 28 :

    Vous allez voir qu’un jour ils vont vouloir se marier…

    @ Tocquevil :

    « L’anti bling-bling, le désir de consommer moins, de façon plus responsable et plus citoyenne sera inévitablement récupéré par les annonceurs. »

    Ca me fait penser à cette petite anecdote. Le mouvement Adbusters (qui a donné en France « Casseurs de pub), pionnier de la lutte anti-pub, a lancé « La journée sans achat », où il demande à chacun de ne rien acheter ce jour-là, pour lancer un signal fort aux marchands de rêve et autre. Et bien figurez-vous que lors de cette journée sans achats, Adbusters continuait à vendre ces t-shirt anti-pub (qui fonctionnent par slogan – et plus généralement Adbusters fonctionne par actions coup de poing, voire coup de com’)et autre kit de survie du militant anti-pub. J’aime ce genre de paradoxes. (Anecdote trouvée dans No logo, de Naomie Klein, si ma mémoire est bonne.)

    Commentaire par Gwynplaine — 12/02/2010 @ 09:53

  36. @Gwynplaine,
    Intéressante anecdote. Dire que je n’ai toujours pas lu No logo…
    Dans le même ordre d’idée, le détournement des affiches dans le métro par les militants anti-pubs (slogan vengeur bombé sur l’affiche) a lui-même été récupéré par certains publicitaires, avec des affiches « pré-bombées »…

    Commentaire par Tocquevil — 12/02/2010 @ 10:36

  37. Pour ce qui est des pubs citées par Aliocha, c’est la première qui me gène le plus, justement parce qu’elle peut être interprétée comme un message contre la contraception.

    Pour ce qui est de l’apparent paradoxe comme quoi les anti-pubs fonctionneraient par slogan, je crois que ça vient d’une mauvaise interprétation du but de ce genre de mouvement.
    À mon avis, le but est plus de combattre la fin (et les dommages collatéraux) de la pub, que les moyens utilisés.

    La fin de la pub est de nous faire consommer un produit, ou accepter un message pas forcément très objectif, voire contradictoire ou mensonger (« le nucléaire c’est l’avenir », « on ne peut pas vivre sans rejeter de CO2 », « travailler plus pour gagner plus », etc).

    Les dommages collatéraux, c’est l’influence que ces messages finissent par avoir sur nous, inconsciemment. Dans notre société de consommation, la pub fait naître un désir d’acheter. L’idée que consommer (donc suivre les modes ou la tendance) est un acte d’indépendance. L’idée que la valeur d’un individu est directement liée à ce qu’il possède ou ce qu’il gagne. L’idée qu’il faut avoir un corps parfait (à coups de mannequins tartiné(e)s de maquillage et retouché(e)s sur toshop). L’idée que seule la victoire compte (d’ailleurs j’aimais bien ces pubs (un peu) à contre-courant qui montraient des sportives et sportifs qui, bien qu’ayant perdu, consommaient quand même le produit. Mais je digresse…).
    Etc.

    De fait, je ne crois pas que les anti-pubs combattent les messages de la prévention routière, ou les appels de dons des associations caritatives par exemple, qui utilisent pourtant les mêmes moyens. Il ne s’agit pas non plus de dissuader d’achèter des produits du commerce équitable le jour de la journée sans achats (à condition de ne pas les acheter en grande surface hein 😉 ).

    Le moyen de combattre des anti-pubs, quand à lui, reste le même que celui des publicitaires. Pour une raison simple, c’est que les publicitaires ont passé des années (et des milliards) à perfectionner leur façon de convaincre (de fait, ils se sont apparemment approprié ces moyens). Seulement voilà, si les anti-pubs (ou la prévention routière, ou les associations…) veulent avoir la moindre chance d’être entendus, de faire passer un message différent, dans ce monde de com’, ils n’ont pas d’autres choix que d’utiliser des moyens similaires.

    Commentaire par jor — 13/02/2010 @ 12:19

  38. Bonjour Jor,

    Le problème est que vous avez raison, ce sont plus les fins qui sont combattues que les moyens. Sauf qu’en l’espèce, les moyens sont redoutables, et les employer revient bien souvent à en n’avoir plus aucune prises sur les fins.

    (Digression.)
    Pour ma part, je regrettes qu’il y ait tant d’argent employé en communication pour la sécurité routière et pas plus en adaptation des infrastructures (autoroutes, rails de sécurité, rond-points…). J’ai lu le compte-rendu d’une étude là-dessus, qui parlait de la philosophies suédoise : il s’agit de prendre en compte l’erreur humaine, qui de toute façon ne disparaître jamais en conduite, plutôt que de viser l’accident zéro et du coup de réprimer toujours plus les comportements fautifs (sans enlever toute répression, il s’agit juste d’un changement de focale comme dirait Fantômette), et ainsi adapter les routes pour que les accidents qui ne manqueront pas d’arriver soient les moins graves possibles (du style mettre systématiquement un rail de sécurité pour les routes à plus de 80 à l’heure). Ca me semblait plutôt intelligent.
    (Fin de la digression.)

    Le problème donc est qu’en utilisant les mêmes outils, c’est-à-dire en assénant un message le plus fort possible sur le plus d’espace possible, même lorsqu’il s’agit de critiquer les fins, ont en vient à renforcer le système, système mis en place uniquement dans le but d’améliorer l’efficacité mercantile. Cf. les affiches pré-bombées de Tocquevil, la pub récupère tout à son avantage.

    Quant à la journée sans achat, le discours est de prendre un peu de recul par rapport à la société de consommation, prendre du temps (une journée) pour réfléchir sur cette société. Quand en même temps, on en vient à vendre le kit de consommation du militant anti-consommation, je trouve que ça brouille un peu le message, et donc la réflexion. On tourne en rond.

    Si effectivement être entendu est important, ajouter à la cacophonie me semble peu productif. J’ai la faiblesse de croire encore aux vertus de l’action sans tapage, celle qui fait qu’on suit une philosophie sans la revendiquer forcément en hurlant sur la place publique. En presse, par exemple, ça donne Fluide Glacial et Psykopat (sans pub), le Canard enchaîné (sans pub), Charlie et Siné Hebdo, XXI (je crois)…

    Et pour ce qui est des actions « coup de poing », j’ai tendance a préférer celles qui sont « inutiles » (c’est-à-dire menées sans utilité « directe ») comme les bombages d’affiche mentionnés par Tocquevil (même si sans réels effets et récupérés, il y en a qui m’ont fait rire), comme les « récupération de l’espace public » (voir toujours No logo, livre qui, s’il est écrit par une journaliste plutôt sympathisante avec les anti-pub et autres, donc un peu orienté, reste très intéressant) : il s’agit de bloquer une rue, au moyen d’une saynète théâtrale par exemple (comme une fausse altercation après un accrochage) puis de déclarer la rue ainsi bloquée « espace libéré »… Aujourd’hui les flash-mob s’apparentent à ça.

    Commentaire par Gwynplaine — 14/02/2010 @ 14:30

  39. Bonsoir,

    En ce moment Bruxelles se couvre (enfin y’en a quelques uns au moins sur le trajet du bus 38 …) de slogan « faites l’amour pas les magasins », j’aime beaucoup à la fois l’idée et le décalage de la lutte que ça implique.

    A la fois déconsommation, résistance, combat, rapport à l’amour, j’avoue que j’aime beaucoup le slogan et les idées associées.

    Commentaire par Karam — 15/02/2010 @ 18:23

  40. Chère / Cher Gwynplaine,

    Je préfère moi aussi une argumentation posée aux slogans et aux techniques de com’. Mais ces techniques peuvent permettre de toucher des gens qui ne se seraient pas intéressés à la question autrement. Je pense que c’est après avoir lu mon premier « Casseurs de pub » (et mon seul d’ailleurs, je n’en ai jamais acheté d’autres) que je suis devenu allergique à la publicité. Et ça ne m’a pas empêché par la suite de réfléchir 😉 (d’ailleurs il faudra que je lise « No logo », je l’ajoute à ma liste de trucs à lire).

    Sinon sans transition, je suis tombé là-dessus: http://www.rue89.com/rue69/2010/02/14/nembrasse-pas-qui-veut-devant-notre-dame-de-paris-138470
    …plus en rapport avec le deuxième sujet du billet, à savoir l’article à propos du « Baiser de la Lune » (et les réactions en commentaires sur Causeur…).
    Comme quoi il reste encore pas mal de boulot pour lutter contre les préjugés…

    Commentaire par jor — 16/02/2010 @ 12:33

  41. la publicité n’est là que pour créer le besoin, laisser croire à celui qui la regarde qu’il aura du mal à vivre sans posséder le merveilleux produit mis en avant voire même qu’il ne le savait pas encore mais qu’il a vraiment besoin de s’approprier la chose…

    Le film de pub est là pour faire vendre, pour que le consommateur achète…
    Et pour cela, les moyens ont évolués
    Au départ, on se contentait quasi de présenter le produit et puis, c’est tout…
    Et, petit à petit, c’est devenu tout autre chose : on vend la dégustation de chocolat comme un instant de plaisir, un quasi orgasme… On ne veut plus des voitures mais quelque chose de tellement mieux (qui s’apparente bien souvent au rêve)…

    Par la magie de la publicité, des produits sans grande importance deviennent tout autre chose : un rêve, un fantasme, un besoin… le futile devient utile, le dispensable devient indispensable…

    Je vais peut être m’arrêter là…

    Commentaire par vuparmwa — 17/02/2010 @ 13:38

  42. Je vais prendre pour exemple le papa qui conduit les enfants de différents mariages un peu partout…
    Les publicitaires ne font ici que s’appuyer sur un triste réalité : les divorces toujours plus nombreux. Ce n’est pas à la publicité à faire la morale.
    Dans certains des exemples présentés ici, ils ne font que placer leur produit dans la vie de leur consommateur. Votre critique est un peu simpliste. Avant de se montrer outrés par ce genre de pub, les français devraient plutôt se regarder dans une glace. Je suis certaine que dans les lecteurs de ce post, il y a au moins une(e) divorcé(e), un amant, une maîtresse…

    et en passant… si on interdisait la publicité, vous auriez un bond des chiffres du chômage. Et oui c’est triste… mais la pub, ça sert à faire vendre, donc à donner du travail dans les usines, les boutiques, les bureaux… Critiquer la pub (en générale, car effectivement certains débats sont utiles et souhaitables) c’est critiquer l’ensemble de notre société de consommation à laquelle vous appartenez.

    Commentaire par Maud — 25/02/2010 @ 13:44

  43. […] vie. Je sais que nous avons ici débattu de l’influence de la télévision, notamment sous un précédent billet consacré aux messages publicitaires et à leur contenu sexuel et que certains  ont quelque peu […]

    Ping par L’obéissance extrême « La Plume d'Aliocha — 11/03/2010 @ 10:24


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