La Plume d'Aliocha

08/02/2010

Le voile, opium du peuple ?

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 16:28

Savoureuse interview ce matin du postier du NPA par Jean-Jacques Bourdin sur BFM. On attendait en effet les explications d’Olivier Besancenot sur sa candidate voilée (discrètement voilée d’ailleurs, son visage est visible). Je ne me souviens plus précisément de la manière dont il s’est justifié, je souffre malheureusement d’une curieuse forme d’autisme à l’égard de la langue de bois, surtout quand elle est idéologisée, mais j’ai beaucoup aimé la réaction  de mon illustre confrère : « la religion n’est donc plus l’opium du peuple ? »a lancé Jean-Jacques Bourdin. Ah ! La délicieuse question que voilà.

Sur le même sujet, j’apprends en lisant Marianne 2  que l’Obs a été condamné pour atteinte à la vie privée et au droit à l’image à la demande de la chanteuse Diam’s (10 000 euros de dommages intérêts) au motif que le magazine a osé évoquer ses engagements religieux, engagements dont non seulement elle parle dans ses chansons, mais qu’elle affiche dans sa tenue vestimentaire. Voilà qui pose l’intéressante question des limites entre les sphères privée et publique, limites qui varient visiblement selon qu’on est un badaud ou un journaliste. Vivement le moment où les journalistes auront enfin compris qu’ils doivent se cantonner à la stricte retranscription des communiqués de presse….

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27 commentaires »

  1. En effet, je m’étonne que tant de gens parlent de « voile » (ce qui implique de masquer le visage, comme dans la voilette qui était jadis portée en France) et non de foulard ou de fichu (et même pas la variété enveloppante que l’on voit dans de nombreux pays musulmans).

    Commentaire par DM — 08/02/2010 @ 18:22

  2. Pardonnez moi Aliocha, mais que cette candidate porte un foulard qui ressemble d’ailleurs au fichu de ma grand’mère, qu’est ce que ca prouve quand à son engagement politique? Cette femme assure dans son parti une fonction de trésorier. Elle y est donc nettement plus engagée qu’une concurrente au titre de miss France, élue il y a quelques années sur une liste centriste et qui honora son mandat de façon particulièrement efficace, en participant à la première édition de la ferme célébrité… On peut être convaincu que la laïcité est une excellente chose tout en portant un foulard; la laïcité consistant précisément à une stricte neutralité dans les conflits religieux, se prétendre laïc puis vilipender un individu en raison d’un choix philosophique ou religieux est une contradiction qui suffit à démontrer l’étonnant manque de logique de celui qui s’y livre.

    Quant à la chanteuse Diam’s, il y a quelque temps on la portait aux nues en tant que beurette émancipée, maintenant on lui reproche son engagement religieux. Ce n’est pas étonnant. Depuis plus de trente ans, nos intellectuels de comptoirs, pardon, de télévision nous expliquent qu’en toutes choses, il y a un gentil et un méchant, incapables qu’ils sont de dépasser le niveau d’analyse d’une médiocre série B. Appliquée à l’Islam, cela donne ceci. A ma droite, la gentille beurette émancipée menacée par, à ma gauche, le méchant arabe musulman, qui la force à se voiler quant il n’est pas occupée à la violer ou à prêcher la guerre sainte. Diam’s a commis l’horrible crime de changer de camp en cours de partie, démontant par là que les choses sont parfois un peu plus complexes que cela.

    Vous avez raison, ces deux affaires sont en effet fort proches. Toutes deux prennent au dépourvu les clichés et devraient appeler à un raisonnement plus complexe. Ce raisonnement, ce n’est pas dans l’obs qu’il sera tenu, les brillants cerveaux de cet organe se contenteront de répéter les mêmes clichés une fois encore pour se rassurer, avec sans doute un doigt de psychanalyse pour masquer la contradiction. Et on continuera à souhaiter interdire la burqa au nom de la dignité humaine, sans se demander s’il est humainement digne de ne pas pouvoir vendre un yaourt sans avoir besoin de monter un corps féminin dénudé.

    Commentaire par Laurent — 08/02/2010 @ 18:39

  3. Le gimmick « la religion opium du peuple » m’attriste chez les journalistes – ne connaissent-ils que cela de Marx ? Je les mets d’ailleurs au défi d’en trouver le lieu exact.
    Au-delà de l’ignorance, le journaliste prétend que les marxistes (le NPA l’est-il d’ailleurs ? Trotskiste plutôt…) doivent obéir à des slogans inscrits dans une Bible (Das Kapital). Alors que faire de la politique en terme de lutte des classes est, heureusement, tout à fait autre.
    Il eût fallu demander au facteur si la liberté qu’il revendique est celle d’une soumission à un ordre patriarcal (« c’est ça votre liberté sans capital M. Besancenot ? »). Une réponse adroite à cette question non posée serait de dire que l’habit ne fait pas le moine et que la liberté s’exerce à partir de conditions dont elle ne décide pas (j’ai souvenir d’une émission ancienne, Nuits magnétiques (je l’ai quelque part pour qui est intéressé), sur l’Afghanistan, où le journaliste parlait avec de la puissance du regard de ces femmes entièrement voilées et de l’érotisme produit). On pourrait toutefois se demander si se voiler a un sens dans nos sociétés (la nôtre est choquée parce cet acte nie les règles de la vie sociale : je ne vais pas acheter le journal enrubanné de ma couette…).

    Commentaire par Bardamu — 08/02/2010 @ 19:26

  4. Merci aux commentateurs précédent de parlers des beurs et de Besancenot, mais le vrai problème soulevé par l’article est « Vivement le moment où les journalistes auront enfin compris qu’ils doivent se cantonner à la stricte retranscription des communiqués de presse…. »

    Commentaire par Emmanuel M — 08/02/2010 @ 22:06

  5. @Emmanuel M: Ce n’était pas déjà le cas? 😉

    Commentaire par javi — 09/02/2010 @ 00:26

  6. Aaaah! Aliocha, j’ai trouvé un truc pour vous. C’est en anglais, mais ça ne devrait pas poser de problème.
    ça cause des médias, et en particulier d’un concours de « bons journalisme » avec récompense sonnante et trébuchante pour un « bon » article SUR LE WEB.

    Le lien donne sur un blog tenu par un jeune journaliste (fin de vingtaine) qui dit pourquoi à son avis ce genre d’exercice ne donne pas une bonne idée du journalisme de demain.
    Il reproche l’angle, l’histoire unique, contre l’exploitation de bases de données ou la constitution d’un flux thématique (blog) qui couvre différents aspects d’un sujet, donnant une image plus riche du sujet.

    ça devrait vous intéresser, je pense (surtout que la personne qui l’écrit est totalement de la génération internet)

    Commentaire par javi — 09/02/2010 @ 00:33

  7. Non, le Nouvel Obs’ n’a pas été condamné pour avoir « osé évoquer l’engagement religieux de la chanteuse qui en parle dans ses chansons ». Il a été condamné pour avoir publié une photo d’elle portant un hidjab pris à la sortie de la mosquée qu’elle fréquente. Il s’agit d’un événement relevant de sa vie privée, elle n’a pas consenti à la publication. On peut parler de la conversion de cette chanteuse sans encourir quoi que ce soit.

    Je sais votre attachement à la rigueur des infos publiées, cette rectification s’imposait donc.

    Aliocha : la rigueur du juriste fait fi, avec raison, des relations complexes entre stars et médias. Je réagis ici en journaliste, irritée qu’on sonne la presse quand on veut faire passer un message pour la congédier ensuite quand on en n’a plus besoin. Ce petit jeu malsain est sans importance dans la presse pipole, le problème, c’est qu’il est loin de se réduire à la seule presse pipole. Elle chante ses engagements, mais elle ne veut pas être photographiée dans la rue avec son voile. Fumisterie.

    Commentaire par Eolas — 09/02/2010 @ 08:37

  8. @Eolas : Une photo prise dans un lieu public relatant de la vie privée ?

    Doit-on demander des dommage et intérêt à tout touristes prennant des photos dans Paris et qui ont eu l’outrecuidance de nous prendre en photo par inadvertance ?

    N’y a t il pas une interprétation assez étonnante de la loi entre la sphère privée public ?

    Commentaire par Testatio — 09/02/2010 @ 09:06

  9. @ Testatio :

    Non, parce que le droit à l’image ne s’applique que lorsque que l’image a été diffusée. Sans cette diffusion point de préjudice, vous ne pouvez donc pas invoquez le droit à l’image pour interdire à quelqu’un de prendre une photo (en gros).

    Commentaire par Gwynplaine — 09/02/2010 @ 09:28

  10. @Testatio: Oui, il est tout à fait possible que votre vie privée soit violée, au sens de la loi, par la diffusion d’une photo prise de vous dans un lieu public.

    Tout dépend de si votre présence dans ce lieu relevait juste d’une activité personnelle (ex: vous balader avec votre époux(se), ami(e), amant(e), faire vos courses…) ou d’une activité publique (ex: compétition sportive, discours politique, etc.).

    Commentaire par DM — 09/02/2010 @ 11:07

  11. @2: « Quant à la chanteuse Diam’s, il y a quelque temps on la portait aux nues en tant que beurette émancipée »

    Diam’s est d’origine chypriote (son vrai nom est Mélanie Georgiades). Elle n’est pas plus beurette que Johnny Hallyday n’est scandinave…

    Commentaire par Arnaud — 09/02/2010 @ 11:37

  12. Mais moi je trouve très différent qu’on soit condamnée pour avoir « osé évoquer ses engagements religieux, engagements dont non seulement elle parle dans ses chansons, mais qu’elle affiche dans sa tenue vestimentaire » ou pour une photo prise à un moment où elle sortait, en privé !

    Je suis bien d’accord pour admettre que des personnages publics ont eux-même brouillé les sphères du public et du privé (et que donc la presse a suivi un mouvement qu’elle n’avait pas elle-même initié), mais cela ne doit pas pour autant interdire à toute personne publique d’avoir une vie privée. Comme remarquée plus haut, sortir d’un lieu confessionnel est une sortie privée, au contraire d’autres évènements qui font partie de sa carrière de chanteuse.

    Sans aller jusqu’à se limiter à la transcription des communiqués de presse, être journaliste ne donne pas le droit de révéler publiquement toute information dont il a connaissance. La loi sur la presse a été conçu pour défendre le droit d’information, pas le commérage.

    J’admets que des fois la frontière n’est pas facile à trouver, mais je crédite les journalistes d’autant de finesse que j’aimerais qu’il me crédite d’intelligence quand je lis leurs articles. Cela ne me parait donc pas une réflexion impossible à mener.

    Pour en revenir à Diam’s, si elle avait un discours public contraire à ses pratiques privées, il serait effectivement un devoir d’information de la presse de mettre en garde son public en soulignant que ce qu’elle chante ne correspond pas à ses croyances et qu’il faut donc prendre du recul par rapport au message délivré par ses chansons.

    A partir du moment où « elle [en] parle dans ses chansons », ce n’est donc plus une information pertinente, mais seulement une information privée sur une personne publique. Et la seule façon que la chanteuse a de protéger sa vie privée est de demander en justice qu’on applique les réserves de la législation sur la presse.

    Je trouve heureux que la justice tente bon an mal an de préserver la notion de vie privée.

    Sans compter que le Nouvel Obs’ peut faire mieux que ça, en journalisme !

    PS : Maintenant, si on fait un article où l’on étudie son parcours musical en le mettant en regard des convictions qu’elle affiche (dans les lieux publics, même dans des moments privés), là ça redevient du documentaire.

    Commentaire par Alixe — 09/02/2010 @ 12:04

  13. En fait le voile de Diam, c’est vachement compliqué.

    Dans une société de l’hyper susceptibilité du Moi, parler du Moi de quelqu’un, même connu, sans son autorisation, est déjà en soi une atteinte à sa vie privée.

    Même si le job de l’intéressée consiste à mettre son Moi en scène publiquement dans des clips vidéo ou des spectacles.

    Le plus simple, c’est de prévoir un budget condamnations à l’actif et au passif.

    Au passif: ce que le journal devra payer.

    Mais à l’actif aussi: porter atteinte au Moi d’un journaliste en le condamnant parce qu’il a porté atteinte au Moi d’une autre personne en révélant ce que tout le monde sait déjà sur ses orientations religieuses justifie selon moi l’octroi de dommages et intérêts.

    Ce qu’il y a de bien dans les atteintes au Moi, c’est que ça peut marcher dans les deux sens.

    Il y a quelques années, j’avais pensé créer un ministère des victimes qui se substituerait aux transferts sociaux (rmi, impôts négatifs allocations sociales, etc).

    Le principe serait le suivant: on porterait plainte contre quelqu’un qui aurait offensé notre Moi, à quelque titre que ce soit. Le juge octroierait une rente pour réparer le préjudice et avec le jugement, on irait au ministère se faire verser la rente.

    Et l’ensemble de la société serait fondée là dessus, avec une graduation dans les offenses, donc dans le montant des rentes. Le tout remplaçant l’ensemble des transferts sociaux (hors assurances santé et retraite).

    Mais j’y avait pensé pour le chômage: un licenciement, c’est une offense au Moi, finalement. Donc pourquoi le faire couvrir par un système assurantiel?

    Je suis persuadé que ce système d’abord est moderne, et ensuite correspond à l’évolution logique de nos sociétés.

    Il ne faut pas attendre que l’absurdité s’installe, il faut la devancer.

    Commentaire par tschok — 10/02/2010 @ 18:53

  14. chere Aliocha, j’abonde dans le commentaire d’Eolas car le journalisme ne peut pas s’affranchir des règles de droit et notamment du droit à l’image de chacun d’entre nous y compris des gens connus.
    La jurisprudence est soucieuse à juste titre que même ces gens là est droit à un minimum de vie privé.
    En l’espèce, le Nouvel Obs pouvait certainement trouver mieux pour illustrer son propos que de choisir une people en page de couverture. Mais c’est vrai également qu’il faut accrocher le lecteur. Non ?

    Et puisque vous parlez du voile, je renvoie vos lecteurs à un diaporama de 20 minutes sur les voiles en tout genre en islam. Pour une fois ce journal a fait un diaporama intelligent, instructif et très beau à voir.
    N’ont-elles pas du charme ces femmes là ?

    Commentaire par marsan — 10/02/2010 @ 22:29

  15. Oui, oui, bien sûr Marsan, nous sommes tous soucieux de ne pas nous affranchir des règles de droit (dans une bonne pièce de théâtre, il faut bien trouver quelqu’un pour jouer le rôle de l’idiot utile).

    Donc le droit est sacro saint. C’est notre nouvelle religion.

    Ok, j’abonde.

    Maintenant, comment on fait pour s’en libérer?

    De ce truc qui nous a apporté la liberté par rapport à la religion et qui, maintenant, nous enchâsse dans le règne de la convention prout prout?

    Commentaire par tschok — 11/02/2010 @ 14:49

  16. cher tschok,

    quelques commentaires sur votre commentaire où je pourrais me retrouver s’il n’était aussi excessif.

    1. le droit n’est pas sacro saint – il est : c’est un des outils de régulation sociale de notre société évoluée et républicaine
    2. il est ici d’autant plus important qu’il concerne le droit de la personne humaine dans sa vie privé,
    3. il s’applique à tous, personnes physiques ou personnes morales,
    4. ce qui peut être insupportable parfois dans l’application de la règle de droit c’est le juridisme de certains magistrats qui s’attache plus à la lettre qu’à l’esprit – ce n’est pas ici le cas –
    5. l’information du NO sur ce sujet n’est pas resté bien longtemps en première page du NO.com et il faut batailler pour la retrouver sur leur site.

    Au plaisir

    Commentaire par marsan — 11/02/2010 @ 21:12

  17. @ Marsan,

    Tout le problème est que mon com n’est pas excessif. J’aurais aimé qu’il le soit.

    La définition du droit que vous donnez (et qui est exacte sur un plan théorique) est celle d’une technique (le 1).

    La difficulté est qu’il est devenu bien autre chose que cela.

    Quand cette technique permet d’appréhender la dimension « morale » de l’individu et mettre en œuvre socialement les droits contenus dans son patrimoine humain, en tant que concept intellectuel, c’est très bien (le 2) à travers un concept d’égalité qui devient un attribut de la personnalité, y-compris lorsque celle-ci est une fiction juridique (le 3), c’est encore mieux.

    Même si parfois ce système peut générer des difficultés d’application (le 4).

    Mais là, nous ne parlons pas de ça. Nous parlons de l’intrumentalisation de ce système à d’autres fins, celles que précisément il aurait dû traiter et qu’il ne traite plus.

    C’est la main qui dessine la main: le droit est devenu son propre objet et ce qui était son objet (arbitrer les conflits humains) est le prétexte qui permet de l’instrumentaliser pour l’asservir à des fins qui sont autres.

    Ici, le droit est devenu partie du business d’une star qui l’utilise au même titre qu’elle peut utiliser un ampli et des baffles pour un concert, ou un costume de scène ou du maquillage ou tout ce que vous voulez.

    Avant, le droit, technique par nature, était aussi un attribut de la personne (c’était son double visage).

    Maintenant, c’est devenu une fonctionnalité de la personne.

    C’est complètement différent.

    Mon com n’est pas aussi excessif qu’il en a l’air.

    Commentaire par tschok — 12/02/2010 @ 10:04

  18. @ tschok :
    étant journaliste moi-même, je peux très bien me mettre à la place des rédacs chefs de l’Obs, imaginer leur débat avant la publication de cette Une et leur agacement d’avoir été condamné.
    Mais on peut aussi tenter de se mettre à la place de Diam’s. Elle s’est convertie, a décidé de ne livrer aucune interview aux médias (c’est son droit, non ?) mais affiche néanmoins cette conversion lors de prestation scénique (donc il y a de quoi « illustrer » d’éventuels articles). N’est-il pas légitime qu’elle soit agacée, elle, d’être « paparazzée » ? Trouvez-vous que se sentir sans cesse espionnée est un juste châtiment ?

    Je pense qu’en matière de droit de la presse, les juges cherchent toujours l’équilibre entre devoir d’information et respect des règles – et non pas qu’ils appliquent strictement le droit à la lettre.

    Et rassurez-vous, les médias ne sont pas trop à plaindre : ils ont toujours le dernier mot. Regardez comme l’Obs, condamné, arrive à passer pour une victime (et à en convaincre Aliocha) !

    Commentaire par Obi-Wan Kenobi — 12/02/2010 @ 12:50

  19. @ Obi-Wan Kenobi,

    (Moi aussi un jour, je deviendrai un Jedi!)

    Les juges recherchent l’équilibre (et pas qu’en matière de droit de la presse) c’est vrai. Mais quand on n’a que le choix entre la peste et le choléra, avouez que la recherche de l’équilibre est une bien faible consolation.

    La recherche de l’équilibre n’est pas en soi un garantie absolue de justice.

    C’est une notion si complexe qu’en pratique elle n’est plus vraiment opérationnel: que mettre au juste dans les plateaux de la balance? Allez vous dire par exemple que le violeur a raison de forcer à une relation sexuelle la femme qui porte une mini jupe?.

    Sur cette interrogation « tarte à la crème », je ne résiste pas au plaisir de vous dire que vous mettez dans la balance « l’agacement » de la star – qui s’est convertie à une religion, ce qui renforce cette idée que les religieux sont des gens assez chiants à la longue – et le « paparazzitage » qui est objectivement un pesant, voire invivable.

    Que mettez vous au juste dans la balance?

    Deux agacements? Celui de la star – piquée au vif qu’on s’intéresse à son Moi religieux qu’elle met par ailleurs en scène à des fins commerciales, selon des modes différents, c’est vrai – et celui que j’éprouverais si j’étais à sa place?

    je crois que le juge, dans cette affaire, a pris un agacement – sincère – pour un droit et qu’il a fait obstacle à la liberté de l’information parce que c’était « religieux ».

    Il est tout à fait possible que nous soyons en face de la pire décision de justice qu’il soit possible de rendre dans un cas pareil.

    Commentaire par tschok — 12/02/2010 @ 13:16

  20. La critique par Marx de la religion n’est pas réellement réductible à cette citation « La religion est l’opium du peuple »… En particulier il ne me semble pas que Marx souhaitait mettre a

    Commentaire par khazan — 13/02/2010 @ 12:17

  21. Zut… Mauvaise touche…

    La critique par Marx de la religion n’est pas réellement réductible à cette citation « La religion est l’opium du peuple »… En particulier il ne me semble pas que Marx souhaitait mettre au centre du « communisme » la lutte contre la religion.

    Il y a des catholiques communistes… pourquoi pas des musulmans communistes 🙂

    En particulier j’aime bien ce qui précède la citation (et permet aui d’avoir un poil plus de considération pour la pensée de Marx): « La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. »

    Cette histoire du NPA et de sa militante voilée a donné lieu à 2 types de commentaires:
    – Peut on être « religieux » et au NPA
    – Peut on être voilé et féministe.

    C’est amusant parce que de mon point de vue, la réponse est oui aux deux questions… et que tous les débats actuels sur ce sujet ont tout de la caricature et rien du débat intellectuel. Mais il est vrai que je ne suis pas militant NPA.

    Ca me fait penser à certains de mes amis qui, pour toute critique de mes opinions politiques, m’assènent: vu ce que tu gagnes et vu ou tu habites (Paris XVI) comment peut tu prétendre être de gauche…

    C’est de la pensée slogan… de la pensée publicitaires… du Sarko-Berlusconisme!…
    🙂

    Commentaire par khazan — 13/02/2010 @ 12:32

  22. cher(e) tschok

    heureusement que le droit n’est pas une technique car nous ne serions plus en démocratie.

    La justice française rend des dizaines de milliers de décisions notamment civiles ou apparentée (commerciale, sociale ..) et continue à trancher et arbitrer des conflits humains.
    Le problème aujourd’hui c’est que ça ne se voit pas – seules se voient aujourd’hui les quelques décisions qui concernent des gens ou des choses connues et qui sont relayées par les médias –

    Bien sur si vous me parlez des quelques grands procès pénaux mis en scène par le pouvoir politique avec le concours de magistrats zélés qui aiment à servir celui-ci ou croient faire oeuvre d’histoire, tel que l’affaire VILLEPIN ou des procès d’anciens nazis ou d’anciens collabos, alors oui nous sommes dans l’instrumentalisaiton.

    Mais qu’est ce donc que ces quelques affaires minables qui coutent très cher au contribuable dans l’océan du travail judiciaire ? des queues de nèfles.

    Vous êtes de ce monde – vous ne voyez que ce qui brille – mais c’est un plaisir de vous lire –

    Commentaire par marsan — 14/02/2010 @ 20:08

  23. @ Marsan,

    Oui, je suis de ce monde et il faut croire, à vous lire, que ma vue baisse: je ne vois que ce qui brille.

    le droit – et figurez vous: le sexe – sont une technique.

    A preuve, dans l’un des ses dernier com, notre hôtesse a bien dit que le sexe n’est, je la cite , »qu’un outil » (sous com de DM, du 9 février 2010, 12H54, sous son propre billet « sexe, voiture et canapés ».

    Nous pouvons fort bien être en « démocratie » et être environnés « d’outils » divers et variés dont plusieurs concourent, sans qu’on s’en rende vraiment compte, à autre chose que la démocratie.

    C’est un outil, donc! Servons nous en, puisque le simple fait qu’il soit un outil implique un mode d’emploi qui oblige à s’en servir pour l’usage dans lequel il a été conçu.

    Maintenant, puisque vous faites le malin, allez poser très simplement cette question à Aliocha: « votre sexe, c’est un outil de quoi, au juste? ».

    A quoi compte t’elle employer son vagin et son clito? Et je ne vous parle même pas de son utérus.

    A quelle fin compte t’elle les subordonner? Notre Aliocha, catho et de droite.

    Et vous, à quelle fin comptez vous subordonner le droit? Car c’est vous qui prétendez qu’il n’est qu’une technique sans envisager ses autres natures. Et là, je me dois de vous dire que je vous calcule monolithique, c’est à dire incapable d’admettre, même intellectuellement, d qu’une simple pièce puisse avoir au moins deux faces.

    Commentaire par tschok — 15/02/2010 @ 16:21

  24. @ Marsan,

    Oui, je suis de ce monde et il faut croire, à vous lire, que ma vue baisse: je ne vois que ce qui brille.

    Le droit – et figurez vous: le sexe – sont une technique.

    Vous êtes deux à avoir dit cela, ici, récemment, à propos de choses fort différentes: dans l’un des ses dernier com, notre hôtesse, Aliocha, a bien dit que le sexe n’est, je la cite , »qu’un outil » (sous com de DM, du 9 février 2010, 12H54, sous son propre billet « sexe, voiture et canapés », par opposition à une finalité.

    Avouez que le rapprochement est frappant.

    Pour ma part, sans nier l’aspect technique, je me borne à affirmer que chacun de ces objet comporte d’autres dimensions. Et à vrai dire je ne vois pas ce qui me force à les considérer sous un angle unique.

    C’est pourquoi je vous demande votre opinion.

    Voulez vous concevoir des choses qui ne sont pas à but unique?

    Etes vous décidé à admettre que la pluralité des causes et des conséquences est une réalité et pas une fiction scientifique (admise, cela dit dès le XIXième siècle…).

    C’est idiot comme question, mais ça simplifie tellement les choses.

    Commentaire par tschok — 15/02/2010 @ 16:44

  25. tout d’abord, un grand merci pour ces billets toujours intéressants avec cette analyse si fine, que l’on trouve de mois en moins ailleurs.

    j’avuoe que j’ai moi aussi savouré cette mise en difficulté du petit postier qui voulait s’essayer à la démagogie… Marx doit se retourner dans sa tombe.
    D’ailleurs, pour reprendre toutes les petites phrases, j’avoue que je ne comprends toujours pas comment on peut être féministe laïque et voilée en même temps, quand bien même le voile en question ne serait-il qu’un foulard. Ce n’est pas un jugement de valeur, juste un constat, je n’arrive pas à conceptualiser et à rassembler ces affirmations.

    Néanmoins, le fait de passer de l’anarchisme à l’anticapitalisme leur permet au moins d’éviter une énième contradiction avec le slogan « sans dieu ni maître ». Vivement les élections, qu’on en tire les conclusions!!

    Aliocha : Eh oui, comme le dit l’excellente Misssfw, ce qui est épuisant dans ce siècle, c’est le manque de rigueur intellectuelle 😉 Je ne trouve toujours pas les liens permanent chez elle, c’est la conclusion du billet Life on mars.

    Commentaire par Pierrafette — 16/02/2010 @ 08:56

  26. @Pierrafette & Aliocha:

    Missfw a bien raison… 🙂

    La laïcité n’est ni l’athéisme, ni l’interdiction de la pratique d’une religion mais: « il s’agit de la sécularisation des institutions politiques d’un Etat, à savoir que cet Etat ne s’adosse à aucune religion officielle » (Wikipedia etc…).

    Il me semble donc qu’on peut être « laïque » et catholique, laïque et voilée, laïque et athée. En revanche tenter d’interdire l’accès à une fonction élective à une personne au motif qu’elle appartient « visiblement » à une communauté religieuse donnée… ça n’est justement pas très très laïque comme comportement…

    Peut on être voilée et féministe?

    Disons que la récente polémique entre les féministes « pro-biberon/couche jetables » et les féministes « anti-biberon/couches jetables » a tendance à me faire penser que ce qui caractérise le féminisme n’est pas nécessairement la grande cohérence de sa ligne éditoriale 🙂

    Néanmoins il me semble qu’un des principe clé du féminisme c’est « l’axiome du choix ». A ce titre, peut on être féministe et ne pas porter de pantalons ? Oui si on n’en porte pas par choix plutôt que par obligation de ne porter que des jupes en dessous du genou (non?). Peut on être féministe et voilée ? J’aurais tendance à dire oui… si le port du voile en question est le résultat du choix de celle qui le porte et non le résultat d’une obligation qui lui est faite de le porter.

    En ce qui concerne NPA et « voilée » … Ca pose la question plus générale du communisme et de la religion.

    Le 17 avril 1936, Maurice Thorez, secrétaire du Parti Communiste, faisait à la radio un appel à la collaboration « entre travailleurs communistes et catholiques ».
    en 1949 le pape Pie XII décide d’excommunier les communistes.
    (Oui je sais, ça c’est vraiment pour troller comme un sagouin)
    Donc effectivement il semble difficile d’être catholique et communiste (ou marxiste en général)… Est-ce que marxisme et religion musulmane font bon ménage… je n’en suis pas bien certain.

    Pour ce qui est du NPA son « manifeste » précise juste prôner un socialisme qui serait:  » le respect des cultures, des langues, des orientations sexuelles, des opinions philosophiques, religieuses, de la laïcité des administrations et pouvoirs publics.  »

    Donc, je ne vois pas vraiment de contradictions…
    😀

    Commentaire par khazan — 16/02/2010 @ 16:31

  27. Petite question. Est-ce le journal aurait pu publier la photo si Diam’s était en train de fumer ?

    Ne risque-t-on pas de voir de plus en plus de ‘people’ avec une clope au bec (pas forcement allumé d’ailleurs) pour contourner le problème paparazzi ? Quoiqu’en France, était donné qu’il récupère de l’argent sur le dos des journaux, ils n’ont pas forcement intérêt à empêcher la publication de la photo… même si elle porte atteinte à leur vie privée.

    Commentaire par Testatio — 19/02/2010 @ 16:12


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