La Plume d'Aliocha

26/01/2010

Au théâtre hier soir

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 15:34

Je me demandais quel débriefing vous proposer sur l’émission d’hier soir – il y avait tant à dire -, lorsqu’Arnaud a laissé ce commentaire sous le précédent billet : 

« Moi j’ai bien aimé l’émission. Ca nous change des interviews habituelles sans intérêt.
Sérieux… je regarde régulièrement les interviews/débats sur les chaînes infos, et c’est de plus en plus insupportable. Les journalistes se foutent complètement du fond de l’info; tout ce qu’ils veulent c’est des petites phrases, pousser leur interlocuteur à dire du mal d’un autre, de préférence de son propre camp (spécialité de Bourdin par exemple).

Il n’y a plus de journalistes. Il ne reste que des éditorialistes qu’on paye pour qu’ils donnent leur avis, comme au coin d’un zinc ».

Cher Arnaud, autant vous le dire tout de suite, j’ai aimé aussi. Et tant pis si ça m’oblige à revenir en partie sur les craintes que je formulais ici même avant le début de l’émission.  Les citoyens choisis pour interviewer le Président s’en sont plutôt bien sortis. Mention spéciale à la productrice de lait et au syndicaliste dont le franc-parler m’a fait rêver, un instant de déraison, que nous les journalistes soyons un jour capables de les égaler. L’organisation du plateau, les interventions de Jean-Pierre Pernaut, tout ça était correctement réglé de sorte que nous avons échappé à la catastrophe que j’anticipais. Toutefois,  si l’opération de com’ ne fut pas ridicule comme on pouvait le craindre, elle eut cependant lieu et elle fut même magistralement orchestrée. Je ne doute pas que les détracteurs viscéraux de Nicolas Sarkozy continueront de le haïr, peut-être plus encore d’ailleurs aujourd’hui qu’hier. Mais pour tous les autres, les déçus, les hésitants, les pas sûrs d’eux, il a  fort bien joué.

Ce caractère plaisant serait dû selon vous au fait qu’on avait remplacé les journalistes par des citoyens ? Je suis encore d’accord. C’est ensuite, que je ne vous suis plus. Sans doute parce que nos visions respectives de ce que doit être une interview présidentielle divergent. Ce n’est pas parce que le spectacle a été plaisant qu’il a été bon, démocratiquement s’entend. Oh, ne craignez rien, je ne vous servirai pas ici le couplet du journaliste-gardien de la démocratie, les précédentes interviews ont montré qu’en pratique, sur le terrain présidentiel, il n’en n’était rien. Il faut croire que c’est l’une des nos nombreuses spécificités françaises : on ne sait pas, ou on ne peut pas, interviewer sérieusement nos monarques. Pas plus Giscard que Mitterrand ou Chirac d’ailleurs, ça ne marche jamais. C’est toujours orchestré et donc creux, faux, décevant, quand ça ne devient pas onctueux et servile.  

La force de l’émission d’hier fut de corriger cette impression de fausseté en introduisant un élément de vérité : les vrais gens. Dehors ! les journalistes cherchant, comme vous dites, la petite phrase, la vacherie sur l’adversaire et se moquant du fond. A leur place, de vrais gens avec de vrais problèmes qui ont apporté  une touche indéniable d’authenticité. Ah ! La magie de la com’. Avec quel art est-elle capable de faire passer des mirages pour la réalité. Du coup le président apparut également sincère, attentif, compréhensif, et surtout empathique. Traire les vaches ? Il admire, lui même ne saurait pas le faire. Délocaliser ? Une honte ! Vivre avec 400 euros de retraite ? Insupportable. Mais il est là, et tout ce qu’il n’a pas déjà résolu, il va le résoudre.

Je vous accorde que, pour qui ne le déteste pas, et il se trouve que ne le déteste pas, il a été bon. Mais franchement, c’est quand même plus facile de compatir à la souffrance d’un chômeur que de s’expliquer face à des journalistes sur la manière dont on va résoudre le chômage, non ? Le problème, c’est que la politique ne saurait se réduire à un spectacle plaisant à regarder. Or, c’est cela que nous a servi TF1, un spectacle où l’information s’est trouvée totalement absorbée par la comédie. Vous avez vu une pièce de théâtre, rien d’autre. Avec un comédien professionnel rompu à l’art de l’improvisation rhétorique, face à des amateurs aussi sincères qu’inoffensifs. Une sorte de Star’Ac politique. Entre nous, je ne jurerais pas que le Président n’était pas sincère. Il est possible que cette mascarade ait été plus proche de la réalité que les caricatures de lui que nous servent régulièrement ses détracteurs de l’intelligentsia parisienne. Mais là n’est pas la question. Si on plebiscite cette politique spectacle, on risque un jour de le payer très cher.

De fait, même loupées, je trouve que les interviews présidentielles par des journalistes ont le mérite de fixer des limites aux errances de la communication. Paradoxalement, elles sont plus authentiques que ce que vous avez vu hier.

Au fait, avez-vous regardé le poignet du Président ? Il avait troqué sa Rolex contre ce qui m’a semblé être une Swatch. Il est vrai qu’au théâtre, les accessoires, ça compte…

Mise à jour du 29 janvier : C’est un commentaire (n°19) sous ce billet repris chez Marianne 2 qui a attiré mon attention. L’auteur indique que la montre est une Patek Philippe et a été offerte au président par son épouse. Vérification faite, ce n’est pas une Swatch en effet, maintenant, ne connaissant rien aux montres, je vous laisse vérifier par vous-mêmes avec cet aggrandissement. En attendant, et même s’il s’agit bien d’une montre plus discrète que la Rolex rendue célèbre par Séguéla, je retire ma conclusion et présente mes excuses aux lecteurs de ce blog pour cette insinuation dénuée de fondement.

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64 commentaires »

  1. « c’est quand même plus facile de compatir à la souffrance d’un chômeur que de s’expliquer face à des journalistes sur la manière dont on va résoudre le chômage, non ?  »

    Ah mais je suis d’accord !… Sauf que quand un homme politique se fait interviewer par un journaliste, les questions c’est plutôt:
    « Alors, vous vous entendez bien avec Fillon ? »
    « Et là, vous ne trouvez pas que vous avez taclé votre collègue du gouvernement (ou du PS) ? »
    « Monsieur le Président, ne trouvez-vous pas qu’on est en train de dériver vers une monarchie ? » (copyright Joffrin)
    « Vous dites qu’il faut s’allier avec le Modem, et votre collègue a dit que non. C’est la cacophonie, non ? »
    « Ne trouvez-vous pas que le gouvernement est essoufflé à mi-mandat ? »
    « Est-ce que Obama est copain avec Sarkozy ? »
    « Et Peillon et Royal ?… Et Coppé et Bertrand ?… Et Bayrou et Morin ?… Et Mélenchon et Besancenot ? »

    Bref… vous voyez ce que je veux dire…

    Aliocha : vous avez raison. A deux réserves près. D’abord je crois qu’il faut distinguer très nettement l’interview présidentielle télévisée des autres interviews. Ensuite, il ne faut pas je crois généraliser. Voyez Bazin sur I-télé, même si la nouvelle formule de l’émission n’a plus le sel de l’ancienne, il échappe je trouve à ces travers. Par ailleurs, j’aime bien Bourdin, même si ses questions ne sont pas toutes de haut niveau, il insiste, il revient à la charge, c’est pas mal. Maintenant, il est vrai qu’il faudrait s’extraire de la politique politicienne.

    Commentaire par Arnaud — 26/01/2010 @ 16:33

  2. Bonjour,

    N’ayant toujours pas de télé je n’ai pu voir l’interview, mais j’en suis finalement heureux. Il est beaucoup plus amusant de se forger son opinion en lisant celles des autres. Et pour le coup, les avis semblent vraiment très partagés.

    Alors comme en patinage on enlève les fans les plus inconditionnels et les détracteurs les plus primaires pour obtenir quelque chose de représentatif ? Encore faudrait il pour cela que chacun affiche clairement son obédience.

    Une chose semble néanmoins se détacher et être reprise non comme une opinion mais comme une information : ce n’était même pas une interview complaisante mais un numéro de com’ très bien rodée, mettant en scène le président comme une assistante sociale compatissante (c’est du moins ce qui ressort de mes lectures). Il aurait par ailleurs recyclé le très coluchien « écrivez nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer. » en quelque chose s’approchant de « dites moi ce qui ne va pas et je vous rappellerai que je ne l’accepte pas et vous énumèrerai tout ce que j’ai déjà fait et dont vous finirez un jour par voir les résultats »

    Je conseille par ailleurs la lecture du traitement que fait @si de cette émission, je ne sais plus si c’est là que je l’ai lu mais il semble que l’ultime solution serait de faire faire l’interview par des journalistes étrangers.

    Commentaire par Karam — 26/01/2010 @ 16:44

  3. Tiens… j’ai un bel exemple de travail journalistique sous les yeux là…

    Sur lemonde.fr, un lien titré: « Deux Haïtiens menacés d’expulsion malgré les promesses du gouvernement ».
    Je clique… ah !… déjà le titre a changé… l’article s’appelle maintenant: « Deux Haïtiens sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière »

    Comme je suis consciencieux, je lis l’article:
    « Il s’agit d’une simple formalité administrative, pour clore la procédure. Nous avons décidé, bien entendu, de ne pas la mettre en application », a assuré le directeur de cabinet du préfet du Val-de-Marne, Patrick Dallennes. « Ces deux personnes ont été prises en charge par le SAMU social, puis par le comité Urgence Haïti. Pour le moment, il n’est pas question de les renvoyer dans leur pays »…

    Je continue à lire, et l’article cite Eric Besson:
    « Si l’information est étayée, cela veut dire que la personne était en situation irrégulière, mais que, compte tenu des directives que j’ai données sur la situation en Haïti, il a été décidé que la personne ne serait pas reconduite dans son pays d’origine. Il n’y a là, si c’est avéré, rien qui nous surprenne »

    Alors excusez-moi mais… le gars qui écrit les titres d’articles (est-ce le même que celui qui écrit l’article d’ailleurs)… c’est un journaliste ?… A-t-il le souci d’informer le lecteur, ou bien est-ce en toute connaissance de cause qu’il ment ?

    Commentaire par Arnaud — 26/01/2010 @ 16:46

  4. Contrairement à vous, et comme vous l’avez pressenti, je n’ai pas aimé cette prestation, j’ai trépigné, fulminé, enragé, bouilli devant cette comédie, parce que l’objectif n’était pas de divertir, mais de conquérir le coeur des électeurs, de gagner des voix et des points dans les sondages. La comédie n’avait pas sa place ce soir-là.

    Une réflexion intéressante émerge finalement, et je suis d’accord avec votre commentateur et vous-même : finalement ceux qui salissent le beau nom de Journaliste, ce ne sont pas les nobles tâcherons de l’info, mais bien les stars, les Duhamel, Elkabbach, ces mondains pour qui l’info n’est valable que si elle devient spectacle, si les politiques s’écharpent devant eux ou s’effondrent à leur micro.

    Sauver la presse et le respect populaire pour les journalistes ? Duhamel à la lanterne !!

    Commentaire par Emmanuel — 26/01/2010 @ 16:51

  5. @ Karam : Vous écrivez « mais il semble que l’ultime solution serait de faire faire l’interview par des journalistes étrangers ».

    Mouais, vous ne vous souvenez pas d’un Président socialiste en exercice envoyant promener des journalistes belges ayant l’outrecuidance de l’interroger sur sa période 1940-1943 ?

    Commentaire par Mussipont — 26/01/2010 @ 17:04

  6. Bonjour,

    Pour ma part, ce qui m’énerve dans les interviews (télé) des politiques, c’est le manque (ou le trop peu parce que je ne regarde pas toutes les émissions) de contradiction des journalistes.

    Je n’ai plus d’exemples précis en tête, mais souvent les journaux reprennent les moments clés des interviews et mettent le doigts sur les approximations/erreurs des politiques.

    Bien sûr, je conçois que l’interviewer ne peut pas tout savoir dans le moindre détail et qu’il peut donc se faire « enfumer » par l’invité. Mais tout de même ! Quand j’entends le debrief d’autres journalistes, bien souvent ils ont l’air consternés par la complaisance de leurs collègues.

    Par moment, je me dis que les politiques sont tellement conscients de cet état de fait, qu’ils n’hésitent plus à mentir/manipuler les chiffres, etc. C’est comme la langue de bois ! A quoi bon poser une question, si on ne cherche pas à obtenir une « vraie » réponse ? Comment peuvent ils se satisfaire de ça ?

    D’ailleurs, dans l’émission d’hier, ce ne sont pas les « vrais gens » qui risquaient de contredire notre Président… Ceux qui aiment la com’ ont été servis !

    Quand un journaliste pose une question, c’est les électeurs qui attendent la réponse, il serait bon que nos chers élus s’en rappellent de temps à autre, surtout lorsque c’est le Président.

    Bref… Ca m’énerve ^^

    Commentaire par François — 26/01/2010 @ 17:09

  7. « D’ailleurs, dans l’émission d’hier, ce ne sont pas les « vrais gens » qui risquaient de contredire notre Président… Ceux qui aiment la com’ ont été servis ! »

    Ca s’est pourtant produit à plusieurs reprises.
    Et au moins, quand un producteur de lait parle des conditions de… production du lait, il sait de quoi il parle. Ce qui n’est pas toujours le cas du journaliste.

    Perso, je préfère toujours les débats aux interviews. Sur France 2, après l’émission de Sarkozy, il y a eu un débat entre Bertrand, Fabius, Parisot et Chérèque, animé par Calvi (que j’aime bien), et c’était très intéressant.

    Commentaire par Arnaud — 26/01/2010 @ 17:12

  8. @Mussipont

    Hélas non, mais l’on peut tout de même se demander si d’autres auraient eu cette outrecuidance (il dépasse ma culture de répondre moi même à cette question).
    Le silence ou la repartie est déjà une réponse, si tant est que la question soit formulée.

    Commentaire par Karam — 26/01/2010 @ 17:16

  9. Arnaud,

    Je n’ai pas suffisamment précisé ma pensée désolé. Evidemment, les personnes présentes bien que sélectionnées apparemment ne se sont pas laissés promener, surtout sur leurs situations respectives qu’ils connaissent bien.

    Cependant, sur les mesures prisent ou qu’il comptait prendre, sur leurs faisabilités ou non, etc, c’était peut-être moins dans leurs cordes.

    Pour ce qui est des débats qui suivent, je suis d’accord avec vous, avec une préférence pour la radio ^^

    Commentaire par François — 26/01/2010 @ 17:26

  10. Moi j’ai juste une question sur les retombées de cette émission que je n’irai pas commenter, le principe meme m’hérissant les poils….

    Nan, ce que je me demande c’est ce qu’en ont pensé les autres « vrais gens ». Est ce qu’il a répondu aux questions que la France se posait ?

    PArce que j’ai bien peur que mes confreres journalistes ne me donnent pas la réponse, n’ayant vu jusqu’ici que des interviews de la gauche, qui bien évidemment n’ira pas dire que ce qu’a dit notre cher président était exceptionnel.

    Commentaire par misty — 26/01/2010 @ 18:21

  11. J’attendais impatiemment votre commentaire, n’ayant pas regardé l’émission (pour la boutade, j’ai juste zappé sur TF1 pour voir Mimi Maty à 21h30 comme annoncé et j’ai trouvé qu’elle avait changé de sexe… Au bout de 5 min, je me suis aperçu que c’était « sa seigneurie »). Ayant bonne conscience sur votre capacité d’analyse, je vous fais confiance… pourtant quand vous dites « il a été bon », c’est facile… Il est président de la République quand même… face à un syndicaliste qui n’a pu s’exprimer totalement comme il le voulait (d’après de nombreux commentaires que j’ai pus lire) et une chef d’entreprise que l’on retrouve en photo au côté du premier ministre, c’est un minimum qu’il soit bon… Il est plus facile « d’endormir » un panel de 11 personnes issues du « peuple » que 11 vrais journalistes… Il fut bon… Je vous l’accorde… comme moi, je peux être bon avec 11 personnes choisies dans les mêmes conditions… C’est donc relativement facile d’être bon dans ces cas ci…

    Commentaire par Olivier — 26/01/2010 @ 19:24

  12. Aliocha, ne terminez jamais en disant : « mais ce n’est pas une Rolez, c’est une Swatch ! », ça fait un peu trop café du commerce… Et puis, depuis quand M. Pernault et Mme Ferrari ne sont pas de vrais journalistes ?

    Vous avez manqué de tirer la leçon de votre analogie : si c’était un spectacle, alors c’est comme pour une pièce de théâtre, ceux qui n’y étaient pas n’ont rien à dire. Il faut donc comprendre qu’à part l’audience directe, pour importante qu’elle soit, ce n’était pas un événement politique (la preuve, moi qui n’en ait rien vu, je ne peux rien en dire puisque rien ne circule, sinon des commentaires pathétiques (au sens propre de pathos) : pas d’annonce, d’explications nouvelles, d’éléments à discuter). Il s’agit donc d’un spectacle à la limite de la politique-spectacle : ça n’a de valeur que pour l’assistance, le temps du spectacle.

    Commentaire par Bardamu — 26/01/2010 @ 22:05

  13. Pour ma part je n’ai pas trouvé cette prestation si réussie; d’habitude ce type d’exercice permet à Sarkozy de faire valoir son empathie avec « les vraies gens ». Mais cette fois-ci, comme vous l’avez souligné, la sauce n’a pas pris. On a trop senti l’exercice de com’, les phrases toutes faites, le débit de voix modéré… Bizarrement, Sarkozy aurait peut-être été plus convaincant dans un format laissant plus de place à la spontanéité. En ce sens, les interventions systématiques de J-P Pernaut lorsque que le débat devenait un peu vif n’ont pas vraiment servi Sarkozy…

    Commentaire par Catherine — 26/01/2010 @ 22:42

  14. Quelques interrogations personnelles en passant:

    -Il est sain et même absolument indispensable de décortiquer et dénoncer sans relâche les manips de la com’ des politiques. Pour autant, le fait que ces manipulations existent abolit-il ipso facto l’existence de certaines réalités économiques internationales directement génératrices de souffrances ressenties par les différentes catégories socio-professionnelles et non professionnelles composant la population française?

    – Imaginons une émission dans laquelle Nicolas Sarkozy serait placé sous sérum de vérité et concomitamment interrogé par un panel de journalistes extrêmement critiques et hyper-spécialisés dans leur domaine de compétence. En apprendrait-on beaucoup plus que les messages calibrés délivrés? Les Français auraient-ils vraiment, comme certains entendent le faire croire, la révélation soudaine que NS est le pantin téléguidé des Maîtres des Forges du XXIème siècle? Résulterait-il d’une telle interview les solutions visant à sortir le pays de la mouise?

    – L’opposition à Nicolas Sarkozy, si critique, pourrait donner l’exemple idéal de ce que pourrait être une communication sans fard, ni com’. Pourquoi diable puis-je avoir l’impression, que du camarade Besancenot à la sœur Royal, en passant par José Bové, le moralisateur Bayrou et Tantine Aubry, on nous sert la même soupe lyophilisée basique, avec inscrit en encre sympathique sur le sachet «nous aussi, on fait pareil» ?

    – Enseigne-t-on dans les écoles de journalismes que le langage du corps à un sens? Comment une intervieweuse avertie (Laurence Ferrari, à laquelle je n’ai rien de plus à reprocher, même pas d’être très agréable à regarder) peut-elle se laisser professionnellement aller à hocher la tête positivement, lors de certaines réponses de NS à ses questions ?

    Commentaire par Goloubchik — 26/01/2010 @ 23:32

  15. @Misty : 57% des français ont trouvé Sarkozy convainquant : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hCX1UAKImufbCrXc6PHTm-cinzYA

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/01/2010 @ 08:00

  16. Je recommande ce billet de Jean Quatremer qui raconte comment il s’est fait « plaquer » en pleine interview à Bruxelles par Rachida Dati. http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/01/comment-je-me-suis-fait-jeter-par-rachida-dati.html . Ceux qui m’ont taxé de corporatisme quand je me suis indignée du traitement réservé à Chabot par Peillon, ou qui penseraient que je le suis encore lorsque je regrette que l’on remplace les journalistes par des citoyens dans l’interview présidentielle, comprendront peut-être que ces cas traduisent une évolution plus profonde que je juge inquiétante : les politiques tentent de plus en plus d’échapper aux questions de la presse, préférant jouer la carte de la communication, en d’autres termes, de la manipulation.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/01/2010 @ 08:08

  17. Plutôt que l’éternel apitoiement devant divers problèmes, chacun qualifié de « priorité », qu’on laisse finalement sans solution, je préférerais la franchise de dire que l’on ne s’occupera pas de telle ou telle question secondaire.

    Commentaire par DM — 27/01/2010 @ 09:37

  18. @aliocha : merci pour cette précision… mais je reste sceptique sur les questions qui ont été posées par les instituts de sondage…. je sais… mon coté contradictoire 😉

    Commentaire par misty — 27/01/2010 @ 10:15

  19. Désolé Aliocha, mais franchement, les arguments de Quatremer ne tiennent pas la route.

    Son texte commence par: « ex-Garde des Sceaux tombée en disgrâce et envoyée en exil au Parlement européen », et finit par « Surtout quand on a manifestement un gros, un très gros problème avec la liberté de la presse ».

    Moi j’en conclus que Quatremer n’avait pas l’intention d’interviewer Dati, mais simplement de se la payer.

    Et je comprends parfaitement qu’elle n’avait aucune envie de tendre le baton pour se faire battre.

    Ne confondons pas la liberté de la presse avec une supposée obligation qu’auraient les politiques de se soumettre au bon vouloir des journalistes.

    Les journalistes attaquent constamment leurs contemporains (car bien entendu ça ne se limite pas aux politiques), et c’est jusque-là normal. Mais si un seul de ces contemporains ose attaquer un journaliste en retour, alors là ça fait un scandale. La par contre je ne suis plus d’accord.

    Aliocha : Quatremer raconte sur son blog un incident dont il précise qu’il est le premier dans sa carrière, forcément, il ne va pas être tendre. Pour le reste, l’accusation de corporatisme commence à m’irriter très sérieusement. Je ne connais pas Quatremer, pas plus d’ailleurs que Chabot. Leur sort individuel ne m’empêche donc pas de dormir. En revanche, leurs mésaventures traduisent au grand jour ce que moi et mes confrères vivons au quotidien, à savoir une désinvolture de plus en plus grande vis à vis de la presse. C’est quoi le problème ? Nos petits égos ? Bien sûr que non. Le problème, je ne cesse de le répéter ici c’est le journalisme -autrement dit l’information – qui recule, millimètre par millimètre, face à la com’. Madame Dati préfère visiblement figurer dans Gala ou dans Le Point en robe du soir interviewée par des « journalistes » qui lui demandent à peu près : comment faites vous pour être si belle et si talentueuse, plutôt que de répondre aux questions du journaliste Europe de Libé sur la manière dont elle exerce son mandat. On la comprend, tout comme on comprend que NS préfère chouchouter un chomeur sur TF1 que de répondre à des questions sur le chomage en France. Faut-il les laisser faire ? Faut-il que les journalistes se taisent en songeant que s’ils se rebellent on les taxera de corporatisme ? Vous croyez réellement que Quatremer est plus puissant que Dati ? Que le rapport de force est en sa faveur ? Allons, arrêtons de fantasmer sur le soi-disant pouvoir de la presse, je crois que c’est ce fantasme qui motive bien des attaques à l’égard des médias et bien des soupçons de corporatisme. La vérité c’est que notre « pouvoir » c’est-à-dire notre capacité à exiger qu’on réponde à nos questions et non pas qu’on nous enfarine, ce « pouvoir » si précieux, il se réduit comme peau de chagrin. Au fond, il me semble qu’il y a une confusion dans l’esprit du public entre le poids global des médias et leur influence dans nos vies, en effet énormes, et la puissance réelle du journalisme, autrement dit sa capacité à jouer les contre-pouvoirs. Figurez-vous que leurs évolutions sont inversement proportionnelles. C’est d’autant plus dangereux que par un regrettable effet d’optique, non seulement le public ne s’en rend pas compte, mais il a tendance à croire le contraire. Alors Quatremer a raison de dire ce qui lui est arrivé. Et, au passage, je pense que mes confrères qui se lancent dans la critique systématique des médias, en partie pour casser le corporatisme réel ou supposé de la profession, en partie pour régler des comptes personnels ou affirmer leur indépendance, ne se rendent pas compte que cet exercice, aussi sain et nécessaire soit-il, devrait s’accompagner d’une autre réflexion, tout aussi capitale, sur la puissance réelle du journalisme au sens de sa capacité à faire le travail qui est le sien.

    Commentaire par Arnaud — 27/01/2010 @ 11:21

  20. Je suis comme Karam: n’ayant pas la télé, je n’ai pas vu l’émission et je me fie donc à l’opinion des autres pour me forger la mienne.

    Personnellement, à vous lire, sur la forme, je relève trois choses:

    – Un sentiment assez généralisé d’une certaine frustration: au mieux, il a manqué un « petit quelque chose » pour que cette émission soit vraiment bien; au pire, elle a été ce qu’elle devait être: une comédie. Même si elle n’est pas si mal sur le plan de la com.

    – Une approche centrée sur les personnes: le Préz, les journalistes, les vraies gens. Leur style, leur présence, leur caractère, leur montre, etc.

    – Une critique du journalisme d’aujourd’hui, quand il devient communication, au delà même de ce qui a pu se produire au cours de l’émission en question. On peut dire que cette question est le point de fuite du débat et son centre de gravité en même temps.

    Sur le fond, il ne semble pas que le débat ait été très technique: le seul sujet qui émerge sur ce plan est le dossier des retraites et, à sa marge, la titularisation des contractuels dans la fonction publique.

    Il semblerait que le Préz ait plutôt situé son discours sur le terrain des valeurs, et en particulier la valeur travail, qui lui est chère, d’une part, et d’autre part, sur le terrain des « vrais problèmes », qui sont le symétrique des vraies gens invités sur le plateau.

    Les « vrais problèmes » sont ceux que vous et moi rencontrons dans notre vie: c’est leur dimension collective. Mais en même temps, on ne peut pas dire que ces problèmes relèvent de la stratégie (sauf celui des retraites), domaine d’élection du chef de l’Etat.

    Nous avons donc un chef qui est proche de nous, proche de nos problèmes (on a presque envie de lui tendre la suceuse de la trayeuse automatique et lui dire: « mais essayez de traire une vache, vous verrez, c’est facile, c’est la machine qui fait le boulot ») mais qui ne nous parle pas des problèmes de stratégie.

    Quelle est la stratégie de la France dans ce monde qui bouge?

    Si, vous qui avez vu l’émission, et que vous êtes capables de répondre à cette question, alors, l’émission était bonne.

    Sinon, cela veut dire que le style de communication choisi n’implique pas de nous informer des choix qui sont faits et des raisons pour lesquelles ils sont faits.

    Or, les choix stratégiques ont une incidence sur notre vie quotidienne, donc nos « vrais problèmes ».

    Ne pas regarder la stratégie et se focaliser sur les « vrais problèmes » revient à ne pas regarder les causes et à se concentrer sur les conséquences, avec cette question lancinante: qui va payer, qui va subir le coût?

    En somme, ce style de com pourrait simplement correspondre au management des conséquences. Les décisions ont été prises, maintenant, il faut « gérer » les conséquences.

    A vous de vous interroger sur le savoir stratégique que vous a apporté l’émission et d’étalonner la valeur ajoutée stratégique, par exemple dans le court terme ou le long terme.

    Et, s’il vous plait, de me tenir au courant de vos réflexions, car c’est vous qui avez vu l’émission 🙂

    Et moi j’ai plus la téloche.

    Commentaire par tschok — 27/01/2010 @ 11:38

  21. @laplumedaliocha

    Dans l’article que vous citez, 57% des gens ayant regardé ont été convaincus. Mais apparement, la part d’audience de l’interview était de 32% de parts de marché (mieux que Malone et Yoda, quand même).
    De plus, d’après l’article que vous citez, 63% des gens ayant entendu parler de l’interview mais ne l’ayant pas vu ne l’ont pas trouvé convaincant.
    Ne peut-on pas en conclure tout simplement que les gens ayant regardé étaient les gens qui ne demandaient qu’à être convaincus?

    De plus, tant que j’y suis, que pensez-vous de cette manie présidentielle (ou peut-etre est-ce un artifice de com’) de donner du « monsieur » aux hommes blancs et de prenommer ses autres interlocuteurs?

    Aliocha : si vous essayez de me dire que les sondages sont une ânerie, n’hésitez pas. J’ai toujours personnellement refusé de commenter les sondages et je continue, pour moi, ce n’est pas de l’information « crédible ». Quant aux manies de Nicolas Sarkozy, je n’entrerai pas dans ce débat. Vous savez pourquoi ? Parce que je ne veux pas entrer sur le terrain vérolé de la com’. Or, c’est bien le terrain de la com’ et non de la politique qui est en cause ici et c’est le piège dans lequel mes chers confrères tombent tous avec enthousiasme. Pour mémoire, je rappelle que NS est Président de la République, pas star du show bizz. En conséquence de quoi, ce qui est intéressant, ce sont ses actes politiques. Et sur le sujet il y a du travail pour les 36 000 journalistes français, peut-être même davantage. Il faut aller voir les chômeurs, les laitiers, les habitants de banlieue, enquêter sur le terrain, vérifier l’efficacité des réformes ou simplement leur bonne application, animer le débat politique sur les choix opérés, faire des comparaisons internationales. Bref, il y a tant à faire que lorsque je vois qu’on s’appesantit sur des niaiseries de psychologie de comptoir, je finis par comprendre pourquoi le public comme les politiques nous prennent pour des cons. Ils ont raison. Problème, on n’a pas les moyens de faire notre boulot…

    Commentaire par Ryuu — 27/01/2010 @ 11:56

  22. Ben faut pas s’énerver comme ça! Parce que la revenche des communicards est au-moins aussi présente dans la swatch de sarkozy que dans le monsieur de ryuu…

    Commentaire par Julia — 27/01/2010 @ 12:49

  23. Chère Aliocha,

    D’abord, pour le sondage, c’était surtout pour répondre au commentaire 15 (signé « laplumedaliocha et non aliocha, du coup je me dit que ce n’est peut-etre pas vous). Quand on cite un chiffre, brut, pour tout commentaire, cela veut justement dire que cela se passe de commentaire. Hors, les sondages (et vous le notez sous ma remarque) doivent être commentés (ou plutôt « relativisés ») afin de ne pas en faire des vérités absolues.

    Quand à la comm’ de notre président, vous ne voulez pas vous apesantir dessus. Soit. Mais en même temps, lundi à la télé, il ne nous a rien proposé d’autre. C’est bien le problème, d’ailleurs, il nous propose rarement autre chose (quoi que, ce n’est plus aussi critique qu’au début de son mandat. Ou peut-être qu’on s’habitue…). Si les journalistes voulaient vraiment faire du journalisme politique, la première chose à faire serait de fuir les conférences de presse et les interviews d’hommes politiques (mais bon, vu que c’est censé être la principale source d’information politique, je conçois mal ou ils iraient chercher l’info dans ce cas)

    D’ailleurs, juste avant l’interview, je regardais canal+, qui avait une belle brochette de journalistes invités pour commenter l’intervention présidentielle à venir. Et j’étais sidéré, quand la question « qui est le plus agréable à interviewer », le seul nom qu’ils ont tous prononcé est « Sarkozy ». Ah ba oui, c’est sûr que si on va l’interviewer avec le sentiment que « ca va être agréable et facile », on ne va pas sortir du plan comm’ préétabli.

    PS: Et quand on voit de petites tables rondes style bistro pour acceuillir le président, on ne peut pas nous empêcher de faire un peu de philo de comptoir.

    Aliocha : Laplumedaliocha, c’est moi, je poste des commentaires soit quand je ne m’adresse à aucun commentateur en particulier, soit par facilité, ça va plus vite que d’intervenir dans le commentaire. Je connais Misty (à qui était destiné ce message) et je sais qu’elle va prendre le sondage avec des pincettes, mais j’aurais dû en effet le contextualiser pour les autres lecteurs. Sur la com’, je n’ai pas envie en effet de foncer dans le chiffon rouge consistant à analyser les effets d’une opération de communication, ça achève je crois de nous éloigner du sujet et ça fait le jeu de la com’. Panem et circenses. Pendant qu’on s’amuse à tenter ed comprendre pourquoi il appelle les femmes par leur prénom et donne du Monsieur aux Hommes, à l’exception de Rex, les vrais sujets passent à l’as. Pour le reste, je ne crois pas qu’il faille fuir les conf’ de presse et les interviews, il faut simplement rééquilibrer le rapport de force, clairement en notre défaveur. Mais cela suppose une solidarité qui n’existe pas chez les journalistes. Quand l’un d’entre nous se fait tacler, les autres se félictent que le scud soit passé juste à côté de leur tête ou pire, se frottent les mains à l’idée que le concurrent est tombé en disgrâce. La partie est presque trop belle pour nos interlocuteurs. Au passage, c’est la raison pour laquelle je me range souvent ici du côté des confrères. Enfin, ce que vous me dites sur NS interviewé préféré des journalistes me surprend. Je vous crois sur parole mais j’aurais bien aimé entendre les arguments avancés, parce que le résultat ne me parait pas si satisfaisant que ça 😉

    Commentaire par Ryuu — 27/01/2010 @ 13:37

  24. Pour moi il ne s’agissait pas d’une soirée au théâtre mais d’une réunion « Tupperware ». De plus, en ce qui concerne les journalistes professionnels de la soirée, ils étaient aux ordres de leur employeur.

    Commentaire par Stein — 27/01/2010 @ 13:47

  25. « On a pas les moyens de faire notre boulot? »

    C’est de la cause ou de la conséquence?

    Pourquoi les journalistes font des blogs?

    Aliocha : tyrannie du temps réel, baisse des formats, diminution des effectifs, manque cruel de moyens de nos employeurs, manque de vision et de courage aussi chez eux, fausse idée des attentes du public, course à la rentabilité, peur des responsabilités….Au fait, l’idée de vous voir en pleine jungle transportant un carton de porcelaines m’enchante, so british 😉 (NDLR : référence à un récent commentaire de Tschok sous un précédent billet).

    Commentaire par tschok — 27/01/2010 @ 13:49

  26. Vous êtes sadique.

    Transporter de la porcelaine en pleine jungle est une souffrance inutile que même un homme moderne ne mérite pas. Et ce n’est pas « so british », c’est romain: voir ceux qui vont mourir.

    Ce qui est « british » c’est de voir ce qui vont vaincre.

    Et vous ne répondez pas, en fait, à la question. J’en pose donc une autre.

    Comment trouvez vous notre Préz de ce point de vue là?

    Il est romain, ou british?

    Ou, a t’il un style français?

    Commentaire par tschok — 27/01/2010 @ 15:51

  27. Je rajouterai une autre question à celles de tschok.

    Vous avez écrit plus haut à propos des interviews faite par des journalistes, qu’elles étaient paradoxalement « plus authentiques » que ce que l’on a pu voir lundi soir (comme Karam et tschok, je n’ai pas la télé, je n’ai rien vu de mes yeux vu, donc c’est une façon de parler, dans mon cas).

    Et je serai sincèrement curieuse d’avoir un petit développement supplémentaire sur ce point. A quoi renvoie votre « plus authentique » exactement ? Je trouve ça intéressant, cet adjectif, qui a du vous venir naturellement.

    Attention, je ne dis pas que des interviews réalisés par des profanes pourraient être meilleures que des interviews réalisés par des professionnels. Je veux bien croire que l’exercice auquel se sont livrés les personnes invitées lundi soir était tout sauf de la bonne interview.

    Mais en même temps, dans le face à face d’un homme politique rodé aux techniques de communication et d’un journaliste même parfaitement aguerri et sans complaisance, on voit également beaucoup de figures convenues. Tout simplement parce que ces deux « adversaires », si vous voulez, me semble s’être désormais extrêmement bien adaptés l’un à l’autre. En quelque sorte, mettez le meilleur journaliste du monde face au meilleur communiquant du monde, et qu’obtenez-vous ? Si je devais hasarder une hypothèse, je répondrai : un exercice de style brillant, mais probablement convenu.

    Obtiendrons-nous une information – au sens le plus noble du terme ? Je n’en suis pas certaine.

    Finalement, pour vous, qu’est-ce qu’une bonne interview politique ? Quel(s) objectif(s) poursuit (ou devrait poursuivre) un journaliste interviewant une personnalité politique ?

    Aliocha : Dans toutes les interviews traditionnelles que j’ai vu du président, on voyait des journalistes ficelés, peinant à poser des questions pertinentes, privés de droit de suite, parfois charriés par leurs interlocuteur, tout le monde à mon avis était en mesure de comprendre que quelque chose n’allait pas. Mais là, nous étions en face d’une apparence de rapport de force (11 contre 1), d’une apparence de spontanéité (des citoyens et pas des journalistes copains), d’une apparence de franchise dans les réponses (compassion + solution), de véracité (comment voulez-vous qu’un citoyen corrige le président quand les journalistes eux-mêmes, mieux informés et plus aguerris à la rouerie politique n’y arrivent pas), l’émotion prenait le pas sur la réflexion etc. Il me semble donc que les interviews loupées, parce qu’elles sont loupées justement et que tout le monde le voit, ont quelque chose de plus authentique, que la petite merveille de com’ qu’on nous a servie sur le mode : le gentil président discute avec les vrai(e) gens en toute franchise.

    Commentaire par Fantômette — 27/01/2010 @ 17:40

  28. Questions à Aliocha :

    – Un(e) journaliste peut-il(elle) recevoir la légion d’honneur de la part d’un gouvernant ?
    – Un(e) journaliste peut-il(elle) fréquenter les cercles politiques à titre privé (interdit en Angleterre) ?
    – Un(e) journaliste mérite-t’il(elle) un cadeau fiscal de 7500 euros inexistant dans quelconque autre métier ?
    – Un(e) grand journaliste peut-il(elle) s’opposer ouvertement et avec insistance aux gouvernants actuellement sachant que la presse est sous perfusion publique ou appartient à des amis du pouvoir ?

    Pour moi, la réponse a toutes ces questions est NON. Vu qu’aucun journaliste ne remet en cause l’ensemble de ces points, aucun ne mérite le respect des citoyens. Il y a aussi plein de journalistes en Chine.

    Aliocha :
    1. oui mais certains la refusent, j’en ai parlé sur le blog, je peux retrouver leurs noms si vous voulez.
    2. Une interdiction serait à mon avis naïve, ensuite c’est le problème de chacun avec sa conscience et aussi sans doute d’un sursaut collectif.
    3. Ce que vous nommez cadeau fiscal est moins destiné aux journalistes qu’à leurs employeurs. L’objectif à l’origine était de permettre aux journaux d’embaucher moins cher leurs journalistes. Aujourd’hui, la majorité d’entre nous est très mal payé, la déduction est contestable pour les très gros salaires, je vous l’accorde. Mais si je vous parlais du syndicat du livre et des salaires de ses ouvriers, vous seriez horrifié. Curieusement, ça, c’est tabou. Très français, on ne tape sur les ouvriers, pas même s’ils sont mieux payés que les journalistes.
    4. Oui. Si c’est rare en pratique, c’est un problème essentiellement culturel.

    Commentaire par realworld — 27/01/2010 @ 18:04

  29. Aliocha?

    N’avez vous pas une nostalgie pour les fameuses conférences de presse du Général de Gaulle?

    Elles étaient à la fois guindées et très rigides dans leur formalisme et leur rituel, mais ne trouvez vous pas qu’elles étaient aussi l’occasion pour le chef de l’Etat de parler en stratège, et avec des mots simples et un sens de la formule entré dans la légende, de présenter et d’expliquer des problèmes complexes?

    Je veux dire par là que ces conférences sont à l’opposé de ce qu’on pourrait admettre aujourd’hui du point de vue journalistique, tant l’intervention des journalistes était soigneusement canalisée, mais elles sont du point de vue informatif d’un très haut niveau.

    N’y a t’il pas là quelque chose de profondément embarrassant pour le journalisme français?

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 10:30

  30. Bonjour tschok,

    Avez-vous remarqué qu’Aliocha répond à mes questions et pas aux vôtres ?

    (na na na na nèr-euh…)

    (Si je puis me permettre – je pense que vous avez commis deux impairs dans vos précédents commentaires : mettre « journalisme » et « embarrassant » dans la même phrase pour l’un, et mettre « journalistes » et « blogs » dans la même phrase pour l’autre).

    Commentaire par Fantômette — 28/01/2010 @ 12:03

  31. Aliocha est une star.

    Ca lui donne le droit de me bouder.

    Ca ne m’empêche en rien de lui poser des questions.

    Si elle n’y répond pas, ses silences sont éloquents.

    Et si ses silences ne veulent rien dire, cela signifie que ma question n’avait peut être pas l’intérêt que je lui prêtais.

    Ce qui compte, ce que tout est noté sur un blog et qu’elle ne pratique pas la censure (elle ne supprime pas les coms).

    Donc, chacun peut se faire son idée.

    Moi, ça me va.

    Et je n’en fais pas une jaunisse 🙂

    Quoique la douce couleur du jaune, dans ses extraits les plus nuancés me rappellent les accents de la Danette à la vanille, pour laquelle vous le savez j’ai une adoration sublime.

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 13:17

  32. @ tschok

    S’il vous plaît.

    Vous savez pertinemment que dire d’Aliocha, sur son blog, qu’elle est une star la rend franchement nerveuse.

    Après, elle est comme un cheval de course à qui on a donné trop de picotin, elle donne des coups de sabot partout dans sa stalle.

    Merci d’épargner ça à vos collègues commentateurs.

    Commentaire par Goloubchik — 28/01/2010 @ 15:23

  33. Oulala! Ah oui, c’est vrai!

    Mais j’ai le remède (de cheval): il suffit de la conduire d’une stalle à l’autre. De l’écurie à l’église.

    Et là, en bonne catholique, de fougueuse, elle deviendra sage et bien rangée (allé-louia) sous le regard du Christ.

    Aucun coup de sabot (qui chausse le diable) à redouter.

    Pour plus de sûreté, je recommande néanmoins de lui passer un enregistrement de Jean Paul II et – pourquoi pas? Soyons modernes! de Pie XII, cité par Benoit XVI dans le texte (ach, mein führer!).

    J’hésite à convoquer les chœurs de la Whermarcht, ils ont été dissous par ceux de l’Armée Rouge. Mais sur fond de n°9 de Beethoven, ça aurait de la gueule (à jouer à fond, il était sourd).

    J’ai cependant de la crainte pour le voisinage: en province, on vient d’interdire les minarets (ça c’est passé dans la région de Lyon, je crois. Cela ne nous concerne pas vraiment). C’est dire que le cri de la foi dérange.

    Dans un souci d’innovation, je pense d’ailleurs lancer prochainement un modèle d’église à double vitrail: rien de ce qui se passera in door ne dérangera out dour.

    Et je crois utile de le combiner avec un concept de drive in, à cheval (rentrer dans une église à cheval est l’un de mes plus vieux fantasmes).

    Ainsi, le quadrupède ira rejoindre le fidèle dans les stalles. Et on mêlera l’avoine à l’eau bénite, sans pourtant obtenir de porridge (ce qu’il faut éviter au genre humain à tout prix), les corn flakes suffisant à sa décrépitude.

    Bref, j’envisage une sorte de grande messe, à mi chemin entre le requiem de Mozart (son lacrimosa nous arrachera encore des larmes) et les feux d’artifice royaux de Heandel.

    Le tout joué sur le grand canal du château de Versailles, avec canonnade entre le Bismarck et le Hood à l’appui.

    Qu’en pensez vous?

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 16:31

  34. Et, j’allais oublier l’essentiel: un petit chocolat à la menthe.

    (Dieu que je suis distrait!)

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 16:34

  35. @ Fantômette

    Help!

    Avec mon post 38, je n’avais pas mesuré à dues incidences un truc que vous avez écrit chez Philarête, à savoir:

     » La leçon la plus importante, et surtout, la plus pertinente comme mythe de la modernité, reste, à mes yeux, celle-ci : la faute ne réside pas dans l’acte de création lui-même, mais dans la tentation de l’abandonner à elle-même, et de fuir, horrifié, les conséquences inattendues qui en ont résulté. »

    J’essaie de résister à la tentation mais je fais quoi maintenant, avec cet Armageddon que j’ai déclenché en tschok ?

    Commentaire par Goloubchik — 28/01/2010 @ 17:12

  36. Correction, lire post 32 et non 38, bien sûr.

    Commentaire par Goloubchik — 28/01/2010 @ 17:14

  37. Huh?

    Fantômette ne le sait pas, mais elle a cette humilité raisonnable de ceux que leur hardiesse force à ne rien exagérer, sauf leurs propres efforts pour tout réussir.

    En clair, elle n’est pas responsable des écarts de ma modernité.

    (remarquez, je sais pas si chuis plus clair, là).

    Ah, j’ai une de ces envies de danette et je n’en ai pas sous la main!

    C’est rageant!

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 17:34

  38. @ Goloubchik,

    Tenez bon, surtout. Je vous suggère d’adresser à tschok une boîte remplie de porcelaine à transporter à la main à travers la jungle. Vite! Ça détournera l’attention d’Aliocha.

    Commentaire par Fantômette — 28/01/2010 @ 17:35

  39. @ Fantômette

    Merci. D’autant qu’il est devenu quasi-incontrôlable et ne comprend plus lui-même ce qu’il raconte. Je crains pour son/sa secrétaire.

    Je me précipite pour acheter un 64 pièces, et des cocottes en fonte en plus pour faire bon poids, et lui faire parvenir le tout par Chronopost.

    Je tente parallèlement une tactique basique d’évitement:

    @ tschok

    Vous disiez donc que vous montiez à cheval ? Depuis longtemps?

    Commentaire par Goloubchik — 28/01/2010 @ 17:55

  40. Non, pas plus de cinq second, en général.

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 18:21

  41. Secondes. Scusez.

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 18:22

  42. Peut-être serait-il alors opportun, pour réaliser votre fantasme, de pratiquer quelque peu au manège.

    Imaginez que le parvis de l’église soit séparé de la porte de l’établissement par un escalier: vous risqueriez de vous rompre le col, à votre grand dam et au nôtre.

    Commentaire par Goloubchik — 28/01/2010 @ 18:46

  43. Si le parvis, l’escalier et la porte peuvent être franchis en moins de cinq secondes, mon fantasme est réalisable en l’état de ma maîtrise actuelle de l’art équestre.

    Sinon, je fais un procès au cheval!

    Commentaire par tschok — 28/01/2010 @ 19:21

  44. Votre raisonnement est irréfutable.

    Puis-je me permettre de vous conseiller une tenue appropriée ?

    http://femmes.excite.fr/photos/7718/Defile-Dior-printemps-ete-2010/1/Defile-haute-couture-printemps-ete-2010-Dior–tenuedecuyere

    Commentaire par Goloubchik — 28/01/2010 @ 20:50

  45. Euh… Vous est sûr que c’est approprié?

    Si je mets un truc pareil, c’est le cheval qui va me faire un procès.

    En revanche, je vois bien Aliocha dans un tel accoutrement.

    Divine, conquérante, la cravache à la main, c’est tout elle.

    Commentaire par tschok — 29/01/2010 @ 09:46

  46. ce n’était pas une swatch mais une Patek Philippe… pas vraiment la même chose…

    Commentaire par Thibaut — 29/01/2010 @ 12:10

  47. @ tschok

    Si vous voyez Aliocha en Femme DIOR, alors voici, je pense, comment Ferdydurke (dont au demeurant l’absence prolongée me désole) aurait pu vous la proposer (avec, comme à son habitude, un raté pour le parfum):

    http://www.pub-news.fr/pub-parfum/pub-dior-jadore-charlize-theron/

    Cela justifie sans doute que Monsieur Aliocha se résolve à procéder à de multiples concessions.

    Commentaire par Goloubchik — 29/01/2010 @ 12:57

  48. Milie tschoknoutie goloubchiki i smeshnie privideniia…vam bi po pope bezdarniki!

    Commentaire par sukiyakivi — 29/01/2010 @ 13:35

  49. Euh… toi Jane et moi Tarzan?

    Commentaire par tschok — 29/01/2010 @ 17:04

  50. @ Sukiyakivi,

    En fait, ça se prononce tschoknoutie, mais ça s’écrit tschoknouTJIE. Ah oui, le Haut Finlandais est plein de pièges.

    @ Goloubchik

    Vous réalisez, cher ami, que la réalisation du fantasme de tschok exigera notre mobilisation, et je profite de la visibilité de ce blog pour lancer un appel en ce sens.

    Nous allons avoir besoin de médecins urgentistes, de vétérinaires, et d’un stock de matelas mousse.

    Il nous faudra également convaincre l’Église de nous laisser l’accès à une cathédrale – parce qu’attention, laissez-moi vous dire que, s’il faut viser à atteindre l’intérieur de l’édifice en cinq secondes, dans le souci de préserver l’intégrité physique de tschok (et du cheval), on va pas lésiner sur la largeur de la porte. Là, je dois dire que je compte un peu sur le réseau social de Philarête et Physdémon.

    Ah, et merci de demander aux sacristains de libérer les travées. Et même de dégager les bancs, pendant qu’on y est.

    Bon.

    Vous voyez autre chose ?

    Commentaire par Fantômette — 29/01/2010 @ 17:39

  51. Oui: j’ai une question.

    Le siège éjectable sur un cheval, ça existe?

    Aliocha : ça n’est que ça, un cheval 😉 Vous ne le saviez pas ? L’art équestre consiste à se maintenir sur le dos d’un animal qui nous tolère par éducation et parfois par affection, crainte ou respect, sans jamais avoir l’assurance qu’il ne nous virera pas, ce que sa constitution bien plus puissante que la nôtre lui permet de faire avec un espoir de réussite insolemment élevé 😉

    Commentaire par tschok — 29/01/2010 @ 18:30

  52. Aaaaaah, c’était donc ça!

    Déjà, j’ai pas trouvé le volant. Y a deux pédales, mais pas de levier de vitesse. Le tableau de bord est en poil et le pare brise ressemble à deux oreilles. Curieux.

    A mon avis c’est pas encore au point comme truc.

    Commentaire par tschok — 29/01/2010 @ 18:48

  53. C’était une version bêta, sans doute.

    Commentaire par Fantômette — 29/01/2010 @ 19:00

  54. @ Fantômette

    Cette affaire évoque odieusement en mon esprit une réaction spontanée (Oh mon Dieu, j’espère que le cheval n’a rien!) attribuée à Elisabeth II, informée que sa fille Anne, qui pratiquait l’équitation à haut niveau, avait lourdement chuté lors d’une compétition…

    Autrement, au débotté, et sauf à faire doubler tschok par Bartabas (mais je présume que réaliser un fantasme par procuration doit être modérément satisfaisant), il me paraitraît souhaitable, préalablement à l’opération:

    – que, sous la houlette du Bâtonnier compétent, soit anticipée en douceur l’administration provisoire du Cabinet de tschok par un de ses confrères (hum, si vous appartenez du même Barreau, peut-être pourriez-vous postuler…);

    – de prévenir FR3, à défaut de l’intérêt que pourraient manifester Luc Besson ou John Woo pour le tournage de la scène;

    – de faire bénir le cheval et délivrer l’extrême-onction à tschok.

    Autrement, pour limiter les risques, on pourrait remplacer le cheval par un poney nain, mais je ne suis pas sûr que tschok en sortirait grandi, même s’il aurait ainsi toutes chances de connaître sa minute de gloire warholienne à Vidéo-Gag.

    Aliocha : Le Falabella, 70 cm au garrot, me parait idéal

    Commentaire par Goloubchik — 29/01/2010 @ 19:04

  55. Waarrf!

    Je me renseigne pour savoir si on peut louer celui-là:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Thumbelina

    Aliocha : le « poney noir atteint de nanisme déformant » pourrait donner de mauvaises idées aux anti-sarko primaires…Goloubchik, je vous trouve terriblement subversif ce soir !

    Commentaire par Goloubchik — 29/01/2010 @ 19:32

  56. @ Aliocha

    On se refait difficilement.

    Pour achever de vous effrayer, je vous confie que mon psy (le 23ème que j’épuise) partage totalement votre appréciation.

    A tort, car je supporte mal qu’on attaque qui que ce soit, même président de la République, sur son physique, sous couvert du statut protecteur d’amuseur public au demeurant usuellement grassement payé.

    Commentaire par Goloubchik — 29/01/2010 @ 22:36

  57. Goloubchik,

    Votre sollicitude me touche (si, si).

    Mais je remarque que dans votre aventure je sors de l’église les pieds devant…

    Tel le baron de Munchausen, je vais donc devoir mourir.

    Ce qui me rassure, c’est que je vais le faire plusieurs fois (ouf!)

    PS: Fantômette, je vous lègue mon cabinet et mes clients. Soyez cruelle, ils le méritent. Faites vous provisionner, surtout.

    PS: Bucéphale, le poney noir, siouplait, que je voudrais qu’il s’appelle, avec ses 70 cm au garrot.

    Commentaire par tschok — 01/02/2010 @ 13:15

  58. @ tschok

    Ne noircissons pas votre avenir. Comme vous le savez, l’extrême-onction ne signifie pas ipso facto viatique pour l’Au-delà, mais peut être délivrée à des personnes simplement placées en situation de péril grave (ce qu’implique certes la réalisation de votre fantasme en considération de vos compétences équestres déclarées).

    Je vous ignorais par ailleurs métempsycosiste. Si vous y passez, faites-nous alors le plaisir de revenir sous une forme vivante dotée d’extrémités l’autorisant à se servir d’un clavier d’ordinateur. Et réservez l’exclusivité du récit de votre expérience de rebirth à Aliocha. Un prix Pulitzer ferait bondir l’audience toujours grandissante de son blog.

    Le poney Bucéphale, très demandé, est hélas booké sur 18 mois. On nous propose en remplacement son collègue Bicéphale, issu d’une expérience génétique directement inspirée de la Constitution de la Vème République en mode de fonctionnement « cohabitation ». C’est un animal de tempérament plutôt doux, voire immobiliste, et dont les deux têtes sont positionnées de chacun des deux côtés du corps vu longitudinalement.

    Pas génial pour réaliser votre exploit bondissant, je vous le concède par avance, mais tant qu’à faire dans le surréalisme, ce sera toujours mieux qu’un bidet.

    Commentaire par Goloubchik — 01/02/2010 @ 15:55

  59. L’extrême onction…

    Oui, c’est ce que dit le prêtre au mourant: « c’est juste une précaution, vous savez ».

    Mais j’ai autant de chance du survivre qu’un bidet dans une salle de bain moderne.

    Je garde mon cheval et je tente le coup. Je vous laisse Bicéphale, il est imbattable pour les créneaux. Idéal en ville, donc.

    Commentaire par tschok — 01/02/2010 @ 17:50

  60. Bonsoir tschok,

    Merci pour votre clientèle solvable et coupable (crois-je comprendre) qui me changera agréablement de la mienne, innocente et fauchée.

    Ceci dit, il est absolument hors de question que vous décédiez dans une Église. Voyons. De quoi cela aurait-il l’air ? Dans le meilleur des cas, d’un retour en arrière spirituel – que l’on peinerait à expliquer dans les faire-part.

    Non, non, non débrouillez-vous pour repartir vivant.

    @ Goloubchik,

    France3 n’était pas intéressée. J’ai vendu l’exclu à Équidia.

    La totalité des bénéfices sera reversée à une œuvre caritative qui s’occupe de trouver des lieux de vacances paradisiaques aux membres d’Églises ultra-minoritaires et très nouvellement créées dont les dogmes sont très souples et les fidèles un peu fatigués.

    Commentaire par Fantômette — 01/02/2010 @ 18:29

  61. @ Fantômette

    Cela ne pouvait mieux tomber, je pars demain pour La Réunion et Maurice. Je pourrais ainsi financer quelques extravagances coûteuses en carbone qui n’étaient pas prévues dans mon budget. Mais je promets de ne pas toucher au thon rouge.

    Je ne doute pas que vous prendrez bien soin de tschok en mon absence. Nous le savons tous deux fragile des bronches alors que, nonobstant, il se refuse par pure coquetterie à mettre son cache-nez quans il va au Palais.

    Commentaire par Goloubchik — 01/02/2010 @ 19:17

  62. Hum. Ne voyez pas de coquetterie dans ce qui n’est qu’une merveilleuse – que dis-je, prodigieuse – capacité à les égarer.

    Saviez-vous que, d’après des études sérieuses conjointement réalisées par le MIT, le CNRS et le Fonds d’Études Internationale pour la traçabilité des Cache-Nez, si vous trouvez une écharpe dans le monde – n’importe où dans le monde – il y a plus d’une chance sur deux pour qu’elle ait appartenu à tschok ?

    Commentaire par Fantômette — 01/02/2010 @ 19:38

  63. Forte intéressante extension du domaine de l’imaginaire.

    Je regrette de ne pouvoir relancer, mes valises refusant de se remplir toutes seules…

    Commentaire par Goloubchik — 02/02/2010 @ 01:34

  64. @ Goloubchik,

    Bon voyage, veinard. Méfiez vous du chikungunya, il mord (argn!). Si vous voyez Maurice à la réunion, saluez-le de ma part (elle est nulle celle là, mais j’y résiste pas).

    @ Fantômette,

    Et une étude du CERN, en Suisse, a démontré à l’aide de l’accélérateur de particules, que l’autre écharpe appartient à Jean Edern Hallier, par ailleurs grand amateur de la petite reine devant… euh, l’Eternel.

    Commentaire par tschok — 02/02/2010 @ 17:16


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