La Plume d'Aliocha

21/01/2010

Quel silence !

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 21:22

Comme je l’avais subodoré, la rentrée journalistique est très chargée, d’où mon silence.

Rien que dans ma spécialité, je dénombre une dizaine de cérémonies de voeux en deux semaines (Cour de cassation, Cour d’appel, TGI, Chancellerie, Conseil de la concurrence, Autorité des marchés financiers, Tribunal de commerce, avocats etc..), auxquelles s’ajoutent les habituels colloques et conférences de presse. A chaque fois, cela représente deux heures « dehors » et environ 4 heures ensuite d’écriture, si l’information recueillie le mérite.

Je dois à la transparence de vous avouer que ces manifestations de voeux sont suivies de cocktails. Nous y voilà, songerez-vous, halte au copinage entre les médias et les puissants ! Haro sur ces journalistes qu’on achète avec des petits fours !  Entre nous, les journalistes qui pratiquent le copinage n’ont pas besoin des cocktails pour cela, déjeûners et dîners privés font bien mieux l’affaire.  Pour les autres – l’immense majorité – , ces aimables sauteries sont l’occasion d’évoquer l’actualité, de nouer des contacts, de recueillir des confidences et de comprendre le dessous des cartes. C’est étonnant à quel point les gens sont détendus lorsqu’ils ont un verre à la main ! Loin des bureaux et des salles de conférence, les esprits s’assouplissent et les langues se délient. Ce sont donc des rencontres particulièrement utiles pour la presse, même si elles sont diététiquement très incorrectes, comme s’obstine à me le montrer chaque soir cet objet du diable que l’on nomme pèse-personne.

Plus sérieusement, ce marathon de mondanités frénétiques m’a inspiré quelques réflexions sur l’avenir du métier à l’aune du développement des relations virtuelles. Sans m’appesantir sur l’horripilante querelle entre journalistes et blogueurs, je lis parfois chez les uns et les autres des analyses partiellement erronées de l’actualité qui illustrent à mon sens les limites du travail sur écran. Quand je dis « erronées » j’entends des erreurs d’interprétation ou encore des procès d’intention injustes ou mal dirigés qui témoignent, quand on connaît le sujet traité, de la trop grande distance entre le sujet et son auteur. Cela ne vaut d’ailleurs pas que pour les blogueurs. Je redoute le moment où grâce ou à cause des nouveaux moyens de communication, les journalistes ne sortiront plus de leurs rédactions. On peut déjà en observer ici et là les prémisses prémices. Or, être témoin direct des événements est la seule façon de comprendre réellement ce qui se passe et de pouvoir en rendre compte. D’ailleurs, quand les blogueurs rencontrent leurs interlocuteurs, vous observerez que leur ton change du tout au tout et que leurs analyses s’expriment de manière beaucoup plus modérée. Parce qu’ils ont été achetés, séduits, influencés ? Certains, peut-être. C’est un métier de trouver la bonne distance, en plus d’être une exigence éthique quand on prétend informer le public. Mais plus généralement, parce que lorsqu’on est en prise directe avec les faits et les acteurs de l’actualité, on saisit très vite que la réalité n’est ni blanche ni noire, mais perdue quelque part au milieu d’une gamme infinie de gris. Ce qui incite à l’humilité dans les jugements et à la retenue dans les écrits. Au passage, voici qui soulève la passionnante question de l’influence des évolutions techniques sur la manière dont on représente et dont on se représente le monde, selon qu’on l’observe en direct ou par écran interposé.

Allons, j’y retourne. A très vite, comme on dit !

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27 commentaires »

  1. « Or, être témoin direct des événements est la seule façon de comprendre réellement ce qui se passe et de pouvoir en rendre compte » écrivez-vous.

    Il y aurait beaucoup à dire sur cette affirmation.

    Si BiBi vous suit, BiBi, témoin indirect et parfois très indirect (puisque bloggeur ?..) n’aurait aucune chance de comprendre REELLEMENT ce qui se passe ? BiBi soutient que voir n’est pas savoir et que pour voir un peu ce qui se passe, il faut le détour du Savoir. Donc être à distance et souvent à distance des évènements. Bien entendu, on ne regarde pas le Monde avec ses yeux ( voir ne donne pas la compréhension directe, automatique de ce qu’on voit) on regarde le Monde avec les représentations conscientes et inconscientes, avec nos schèmes de représentations implicites et ce sont eux qui disent quelque chose du Monde.
    Bien entendu, être témoin apporte un plus dans la compréhension mais ce n’est pas sur du tout…Combien de journalistes sur le terrain se sont fourvoyés sur ce qu’ils ont vu ? Car ce qui est en jeu dans ce qu’ils ont vu,c’est leur SENS du Voir…

    Ce Savoir est le lieu d’une lutte et d’un enjeu : qui aura position légitime pour dire la vérité sur le Réel ? Qui ? Là, il s’agit de lutte et de combat. Il y a des manières de Voir le Réel et de le rapporter qui sont majoritaires et d’autres qui sont minoritaires…Rien n’est tranché sur cette vérité hors cette lutte ininterrompue.

    Commentaire par Pensez BiBi — 21/01/2010 @ 23:22

  2. Malheureusement, beaucoup de rédaction ne font plus leur boulot de terrain, qu’elles soient virtuelles ou papier
    Et comme chacun sait, on ne peut comprendre et donc écrire sur un sujet que lorsque l’on « sort »… CQFD
    Mais je suis étonnée de vous savoir dans les cocktails ma chère Aliocha… je croyais que vous détestiez cela…. 😉

    Aliocha : je déteste, en effet. Cette joyeuse comédie humaine représente sans doute ce qu’il y a de pire dans la série des rites sociaux incontournables. Mais quand les cocktails sont précédés de manifestations intéressantes en termes d’information, je fais parfois l’effort de rester à la sauterie. Et il faut bien admettre qu’à défaut d’être agréable, c’est prodigieusement utile 😉

    Commentaire par misty — 22/01/2010 @ 09:22

  3. Bibi > On ne peut guère regarder le Monde qu’avec ses yeux. Je ne crois pas savoir que le quotidien vespéral de référence ait une version en braille (ce qui est d’ailleurs regrettable).
    C’était ma contribution du jour à la croisade contre les majuscules.

    Aliocha > A l’instar de misty, il est possible que beaucoup de vos confrères (je ne fais plus partie de la profession depuis quelques semaines) aient déjà adopté le mode copier-coller. Il y a de cela une dizaine d’années, j’avais discuté avec une photographe de Libération qui rapportait au rédacteur ce qu’elle avait vu, sans que celui-ci bouge de son bureau, y compris pour de longs papiers d’une page. La pratique était déjà courante (sauf au Monde, m’avait-elle dit). Je n’ai pas eu l’occasion de vérifier ni à Libération, ni au Monde.
    Je connais mieux les us et coutumes de la presse locale qui n’assiste pas forcément aux évènements qu’elle rapporte, se contentant souvent d’une visite-éclair pour la photo et s’esquivant prestement en jetant : « là, j’ai pas le temps, je vous appelle, on fait une interview par téléphone ».

    Aliocha : c’est consternant, mais j’ose croire que cela restait jusqu’à présent minoritaire. J’ai peur en revanche que les facilités offertes par Internet ne généralisent ce type de comportement. Sinon, le fait que vous ayez renoncé à la profession me désole, j’espère que ce n’est que provisoire 😉

    Commentaire par misssfw — 22/01/2010 @ 09:58

  4. J’ai tronqué ma phrase (mais jusqu’où ira donc l’autocensure ?). Je voulais écrire : « A l’instar de Misty, il me semble possible que… ».
    Voilà ce qui arrive quand on modifie sa formulation et qu’on ne se relit pas. Une règle élémentaire pourtant.

    Commentaire par misssfw — 22/01/2010 @ 10:02

  5. « On ne peut guère regarder le Monde qu’avec ses yeux » écrit Misssfw.

    Ben – quitte à aller contre vos évidences- BiBi soutient que tout regard posé sur le Monde fait déja une sélection, un tri implicites et que ce sont « vos » schèmes de représentation inconscients (idéologiques) qui sont à l’oeuvre dans votre « façon de voir le Monde » bien avant que vous ouvriez les yeux…
    Eh oui, vous ne regardez pas n’importe où…et encore une fois, voir ne passe que par ce filtre-là…

    Mais ce n’est que le point de vue (peu en accord avec les… visions dominantes) de BiBi.

    Commentaire par Pensez BiBi — 22/01/2010 @ 10:14

  6. Pensez Bibi, les yeux peuvent se révéler fort utiles pour la lecture : vous ne les avez manifestement pas assez utilisés pour lire le commentaire de misssfw.

    Commentaire par Tocquevil — 22/01/2010 @ 13:04

  7. Lol visiblement Bibi n’a pas menti, il ne regarde pas les commentaires avec ses yeux, il les regarde « avec les représentations conscientes et inconscientes, avec ses schèmes de représentations implicites ».

    On voit le résultat. 🙂

    Commentaire par lavache — 22/01/2010 @ 15:22

  8. @Pensez BiBi
    Quand j’étais petit, on avait un jeu qui s’appelait le téléphone arabe. Un d’entre nous donnez, en le chuchotant à l’oreille, et une seule fois un mot de passe. De préférence assez longue. ET on devait se le répéter, chacun à notre tour, de sorte à ce que cela reviennent à l’oreille de l’émetteur.
    Souvent, la phrase finale n’avait rien à voir avec l’originale. En faite elle se dégrade au fur et à mesure qu’elle est répétée. L’information c’est pareil. Cela ne veut pas dire qu’un blogueur (ou un journaliste qui recopie une dépêche AFP) n’aura jamais une information correcte, cela veut dire qu’il n’en aura jamais une meilleur que celui qui va la chercher sur le terrain. Le témoin direct. Et chercher cette information cela prend du temps, d’où l’importance du journalisme.
    D’ailleurs, les seuls blogueurs dont tout le monde s’accorde à dire qu’il fournissent un travail de qualité et très intéressant (Autheuil, Eolas, Jean Quatremer…)sont justement des témoins directs de leur domaine.

    Commentaire par adrien bis — 22/01/2010 @ 16:06

  9. « On peut déjà en observer ici et là les prémisses. »

    Dans le sens où vous l’employez, n’écrirait-on pas plutôt « prémices » ?
    Vous m’avez fait douter, tant vous êtes peu coutumière de ce genre de coquille, et j’ai été vérifier dans le « thesaurus de la langue française » : (http://atilf.atilf.fr/) dans le sens de « signe avant-coureur » on utilise « prémices », et on réserve son homophone à la réflexion logique (première partie d’un raisonnement, hypothèse entrant dans un raisonnement).
    Désolé pour la cuistrerie. Mais comme j’adhère totalement, au fond, à tout ce que vous racontez, il faut bien que je m’amuse à pinailler sur la forme…
    Et puis prémices/isses est un mot que j’aime beaucoup, je l’avoue.

    Aliocha : Merci ! Figurez-vous que j’y ai pensé cette nuit mais j’avoue n’avoir pas eu le courage de me relever pour vérifier. Ensuite, ça m’est sorti de l’esprit. Je rectifie 😉

    Commentaire par Irénée — 22/01/2010 @ 17:17

  10. bonjour,

    Juste une toute petite réflexion, la proximité affecte le rapport que l’on a à la chose. (en bien ou en mal, je ne saurais dire).

    Par exemple, une voiture te fais une queue de poisson, tu tempêtes, tu t’aperçois que c’est quelqu’un que tu connais et apprécies, tu l’excuses sans problème.

    Ainsi quelle est la bonne attitude ? est-ce que le fait de tempêter est trop fort dans le premier cas et que le fait de connaître te donne un comportement « normal » ou est-ce que le fait de tempêter est « normal » et la proximité avec l’auteur de l’action te fais fermer les yeux sur la question ? – je n’ai pas du tout de réponse (avec l’âge je prends un peu de recul et de réflexion).

    alors oui être proche amène des ‘informations’ supplémentaires, mais amène aussi des biais supplémentaires, pas facile…

    Aliocha : en effet, tout est question de distance et le risque est grand d’être sous influence quand on s’approche de trop près. Après, c’est une question d’esprit critique.

    Commentaire par herve_02 — 22/01/2010 @ 21:00

  11. Chère Aliocha, peut-être serez-vous intéressée, ainsi que vos lecteurs assidus, à l’information suivante
    http://arstechnica.com/web/news/2010/01/news-sourcing-experiment-to-rely-solely-on-facebook-tweets.ars
    mais je ne suis peut-être que le dernier à apprendre l’existence de cette prochaine expérience en France par cinq reporters de la Communauté des Radios Publiques de Langue Française de pratiquer leur métier pendant une semaine avec seulement les sources Facebook et Twitter ?
    Pour ma part, j’attends avec grand intérêt le résultat d’une expérience qui si elle est bien menée, pourrait posséder les qualités que l’on attend d’une expérience scientifique (répétabilité, réfutabilité, etc…). Ce résultat pourrait être cruel pour quelques blogueurs, et réconfortant pour la communauté des reporters « avec carte de presse » – mais je reconnais que mon dernier commentaire est une opinion (merci à Daniel Cornu).

    Aliocha : Il est bien Daniel Cornu, n’est-ce pas ? 😉 Intéressante expérience en effet….

    Commentaire par Bassoon — 22/01/2010 @ 21:25

  12. Réponse à Lavache:
    vous avez tout à fait raison. BiBi aussi regarde aussi « avec ses représentations conscientes et inconscientes, avec ses schèmes de représentations implicites « . Et BiBi ne « voit » aucune raison de ne pas être lui aussi dans la même eau et dans la même baignoire.

    Bien entendu, BiBi ne dévalorise aucunement le journaliste (ou blogueur qui fait unanimité) témoin direct mais la présence sur le terrain ne donne pas la compréhension directe de ce qui s’y passe.
    « Ce qui s’y passe », la « vérité sur ce qui s’y passe » reste toujours un enjeu de lutte, un lieu de débat/combat contradictoire ininterrompu pour imposer une vision légitimée du Monde.

    Réponse à Adrien :
    Quant aux blogueurs dont « tout le monde s’accorde à dire » que… etc. Qui est donc ce « tout le monde » ? Adrien, il me semble que vous vous prenez ici pour « tout le monde », non ? Là aussi, ce petit mot passe-partout en dit long sur la « représentation inconsciente, vos  » schèmes de représentations implicites » à l’oeuvre dans votre façon de voir (tout) le monde. Bibien à vous.

    Aliocha : Petit exemple concret : Michèle Alliot-Marie intervenait hier devant les avocats réunis en assemblée générale. Cette manifestation, à laquelle j’assiste depuis 13 ans est généralement très agitée, les avocats étant naturellement chahuteurs à l’égard des politiques dont les préoccupations sécuritaires et médiatiques cadrent mal avec le souci de défense des libertés de la profession. La simple lecture des discours, accessibles sur Internet, ne permet pas de se faire une idée juste de ce qui s’est produit. En effet, malgré le climat particulièrement tendu qui règne entre les avocats et la Chancellerie en raison de la réforme actuelle de la procédure pénale, la salle exceptionnellement était calme et le discours de MAM a été bien accueilli. Mais pour le savoir, il fallait être sur place, il fallait sentir la salle, se souvenir des précédentes manifestations et notamment des véritables bronca qui avaient accueilli les précédents gardes des sceaux. Ensuite, il fallait interroger les uns et les autres pour confirmer – ou infirmer- cette première impression. Voilà l’intérêt d’être sur place. Je vous assure que quand on pratique le métier, on aperçoit très bien la différence.

    Commentaire par Pensez BiBi — 23/01/2010 @ 09:53

  13. BiBi est d’accord avec vous.
    Votre exemple est excellent . Mais il est excellent parce que vous y assistez en ayant travaillé sur « les préoccupations sécuritaires et médiatiques » du Pouvoir et que vous en savez un peu sur cette  » défense des libertés de la profession » d’avocat et de magistrat.
    Dans votre cas, la présence sur le terrain est un plus. Mais sans un travail en amont préalable, votre présence aurait été sujet à cautionet beaucoup moins solide, non ?

    Aliocha : mais comment croyez-vous que travaillent les journalistes ? Ce que je décris ici n’est pas mon petit exemple particulier,(ça ne présenterait strictement aucun intérêt), mais l’illustration de notre boulot quotidien à tous. Les journalistes qui étaient présents à cette manifestation, je les connais depuis plus de 10 ans. Certains ont la quarantaine comme moi, d’autres 50 ans et encore plus de recul. Tous sont spécialisés et travaillent comme je le décris. Par ailleurs, la jeune génération débarque (déjà!!!) et se spécialise de la même façon. C’est là que réside l’apport des professionnels de l’information. Que quelques zozos chez nous écrivent des sottises sur des sujets qu’ils ne connaissent pas ne doit pas faire oublier l’immense majorité de journalistes pros qui sont de vrais experts dans leur domaine.

    Commentaire par Pensez BiBi — 23/01/2010 @ 11:22

  14. Rien à voir avec le sujet de l’article, mais Jonathan Coe est en dédicace ds ma librairie préférée provinciale ds 10J….. YOUPI YOUPI (oui pour la première fois de ma vie je vais demander un autographe, sur Testament à l’anglaise; bon il vient pour son dernier livre mais je veux la dédicace sur Testamen et pis c’est tout!)

    Commentaire par Caro — 23/01/2010 @ 12:45

  15. BiBi ne sait pas comment travaillent les journalistes et d’ailleurs, il s’en fout (un peu). Seuls comptent les résultats de leurs travaux.

    1. Il y a quelques années, un huluberlu avait reçu le Prix Pulitzer (votre Graal) pour un article hyper-réaliste sur les pauvres mais cet article était un faux, un article que le journaliste avait imaginé. Il se trouvait que son article était beaucoup plus proche d’une certaine vérité que les articles à oeillères de certains de ses confrères qui se précipitaient chez les « Pauvres ».

    2. Quelques années auparavant ( dans les années 30-40), Luis Bunuel avait fait un extraordinaire film-reportage sur la misérable région de Las Hurdes en Espagne. Ce qu’il en disait dans son film etait magnifique. Quelques décennies plus tard, le Cinéaste dira que la plupart des plans du film étaient des plans fabriqués.

    N’allez surtout pas trop vite conclure à l’imposture et à faire haro sur BiBi…
    BiBi ne fait pas l’apologie du « Mensonge » car BiBi ne pose pas le problèmes en ces termes « idéalistes » : Vérité/Mensonge. BiBi croit plutôt que le Réel, les sacro-saints « faits »( dont souvent les journalistes parlent) ne peuvent être appréhendés sans leur interprétations.
    C’est qu’il n’y a pas Réel sans interprétation du Réel : ces deux termes sont indissociablement liés.
    Voilà le coeur du problème pour BiBi.

    Commentaire par Pensez BiBi — 23/01/2010 @ 15:29

  16. A propos de silence, que pensez-vous de ceci :
    (note : Jean-Marc Pillas est médiateur de la rédaction de TF1)

    ———-
    « Pourquoi TF1, la première chaine nationale n’a pas rapporté la manifestation pour la vie qui a rassemblé près de 20.000 personnes ? Benoît (Meudon) »
    postée le 19 janvier 2010 par Benoît

    Monsieur,

    Précisément parceque c’est la « première chaîne nationale » et qu’elle n’a pas vocation à couvrir la manifestation de quelques militants antiavortement contestant une loi de la République. Je remarque avec amusement que le nombre de participants à cette « Marche pour la vie » augmente tous les jours un peu plus, proportionnellement au degré de frustration de ses organisateurs devant le silence de la presse. Peut-être auriez-vous eu une couverture médiatique si vous aviez manifesté votre solidarité avec les victimes de Haïti.

    Jean-Marc Pillas
    ———-

    «  »Merci » (!…) à Claire CHAZAL d’avoir censuré ainsi « La marche pour la vie » de dimanche alors que nous étions au minimum 10 000 personnes à prendre la défense des touts-petits. Nous assistons à une véritable dictature de l’information ! C’est bien regrettable dans le soi-disant pays des droits de l’homme…  »
    postée le 20 janvier 2010 par

    Bonjour,

    Pour être « censuré » encore faut-il avoir quelque chose de nouveau et surtout de pertinent à dire! Il est regrettable que vous assimiliez une loi de la République française (la loi Veil) aux pratiques d’une dictature au seul pretexte qu’une poignée de militants contestent une liberté conquise de haute lutte par les femmes.

    Jean-Marc Pillas
    ———-

    « Avez-vous été informé qu’une manifestation Pour la Vie regroupant « plusieurs milliers de personnes » s’est déroulée dimanche 17 janvier? pas de reportage?  »
    postée le 20 janvier 2010 par

    Bonjour,

    A votre première question la réponse est « oui ». A votre seconde question la réponse est « non ».

    Jean-Marc Pillas

    ———-

    Sources :
    http://lci.tf1.fr/redaction-lci/redaction-vous-repond/premiere-chaine-nationale-5644994.html
    http://lci.tf1.fr/redaction-lci/redaction-vous-repond/censure-5646788.html
    http://lci.tf1.fr/redaction-lci/redaction-vous-repond/a-question-precise-reponse-precise-5646771.html

    Aliocha : j’en pense comme ça, spontanément, que vous évoquez sur votre site 25 000 personnes quand les RG que vous citez vous-même n’en évoquent que 3 000. Je veux bien que les RG se plantent, mais à ce point là, il faut demander immédiatement leur licenciement collectif. Plus sérieusement, j’en pense que les médias ne traitent, dit-on, que 10% de l’information totale et que, visiblement, vous n’êtes pas dans ces 10%.

    Commentaire par Incarnare — 23/01/2010 @ 15:47

  17. C’est surement un vrai questionnement qui doit etre fait pour savoir si la déontologie doit permettre de fabriquer les images introuvables d’une réalité existante mais en l’occurrence ce n’est pas le sujet. Ou alors sacrément vu de coté.

    La question de la distance semble récurrente dans vos préoccupations Aliocha mais je peine à me laisser convaincre que cette distance soit capitale si tant est qu’elle demeure constante.

    La problématique du suivi, de l’historique et de la perspective me semble plus intéressante mais là encore mon esprit critique me joue des tours. Je ne suis pas sur que l’on puisse discriminer blogueurs et journalistes sur une chose que rien n’empêche les premiers, ou n’oblige les seconds, à faire. Je sais déjà que vous allez me répondre que dans les faits c’est comme ça. Alors soit, mais que ce soit acté ! Il faut avouer qu’outre la confiance que l’on porte à certaines plumes, rien ne nous certifie qu’elles ont assisté à ce qu’elles nous décrivent. Et quel que soit le discrédit auquel on voue les blogueurs, rien non plus n’atteste de leur absence sur les lieux. Le ton employé auquel vous semblez vous fier ne pourrait-il pas seulement être la marque des correcteurs du journal ? Que la profession que vous défendez grave dans la pierre les exigences éthiques dont vous parlez !

    concernant l’expérience citée plus haut sur les journalistes nourris aux réseaux sociaux pendant 5 jours… c’est dommage mais ça n’a vraiment rien de scientifique puisque les cobayes ne sont pas neutres, pas plus que les expérimentateurs et qu’ils n’y a pas de groupe témoins.
    Pour avoir quelque chose de « prouvable » il faudrait enfermer 5 journaliste, 5blogueurs et 5dupond avec des réseaux sociaux, enfermer un groupe similaire avec juste des publications et débriefer après. (je ne me lancerais pas sur le biais du réseau social animé, destiné et utilisé pricipalement par la jeunesse par rapport au journal plus fédérateur et dont les centres d’intérêts sont forcement différents tellement ça tombe sous le sens…ni sur le fait que ce sont des réseaux sociaux, pas des réseaux d’info)

    Aliocha : Je crois que la question de la distance en effet est essentielle dans l’exercice consistant à observer. Ce que l’on voit dépend forcément de l’endroit où l’on se situe par rapport à ce qu’on regarde 😉 Pour les journalistes et les blogueurs, je tente de brosser à gros traits les différences de nature d’exercice qui m’apparaissent. Il est évident qu’il y aura toujours des exceptions.

    Commentaire par Karam — 23/01/2010 @ 17:14

  18. C’est sérieux, Aliocha? Vous vous pesez LE SOIR, après toute une journée passée à gober des zakouski et des saucisses- coktail?

    Si c’est vrai, alors respect! Les seuls dont j’ai jamais entendu dire qu’ils avaient une force mentale suffisante pour supporter une telle épreuve sont des yogis de 5ème niveau, capables de léviter, de voyager astralement et de convaincre leur aspirateur de nettoyer la maison à fond sans assistance humaine.

    Aliocha : je vous signale que je supporte sans ciller depuis des mois le fait que ce blog soit devenu, à l’insu de son plein gré et du mien, le lieu de culte principal des amateurs de Danette, cette chose industrielle que j’exècre par-dessus tout. Quand on vit pareille épreuve au quotidien, on peut bien supporter ensuite ponctuellement les agressions d’un pèse-personne mal embouché à qui personne n’a expliqué les ravages psychologiques qu’il pouvait engendrer en faisant pencher, aussi brutalement qu’inconsciemment, sa cruelle aiguille vers la droite tant redoutée du cadran.

    Commentaire par Goloubchik — 23/01/2010 @ 20:15

  19. Il importe peu, me semble t-il, aux blogueurs de relater des faits et d’apporter un éclaircissement juste. Le blogueur se délecte avant tout de son propre avis sur les choses, le souci de véracité est secondaire ce qui n’est pas, je l’espère ardemment, la préoccupation du journaliste. Je n’aurais pour ma part aucune gêne à déformouiller un fait si cela me donne l’occasion d’un bon mot. La différence entre le blogueur et le journaliste in situ se pose davantage en terme d’éthique et de savoir-faire qu’en terme de proximité avec les sources. Ah, les scrupules! C’est la différence entre un métier et un hobby!
    Suite à votre texte, je me demande ce que donnera la génération de journalistes élevée à l’ivraie des blogs. Je suis inquiet.
    Mais davantage encore quand je monte sur mon propre pèse-personne. Le principal souci du blogueur, du fait de ses rares déplacements sur le terrain, est son poids.

    Commentaire par arnaud — 24/01/2010 @ 06:10

  20. Aliocha : Pillas ne conteste pas le chiffre de 20 000 (beaucoup plus près de la réalité que les 3 000 des RG, qui méritent bien d’être licenciés – il suffit de regarder les photos de la marche pour se rendre compte… ou de réaliser que la place de l’opéra était pleine)

    Mais laissons-là la marche pour la vie : ce qu’implique le propos de Pillas, c’est que sa rédaction ne traite pas l’actualité avec objectivité. Ils choisissent volontairement de tordre les lunettes avec lesquelles ils regardent le monde.

    C’est plus sur ce côté journalistique que je vous interpellais.

    Aliocha : un prochain billet répondra à votre question.

    Commentaire par Incarnare — 24/01/2010 @ 10:14

  21. « Le principal souci du blogueur, du fait de ses rares déplacements sur le terrain, est son poids » écrit Arnaud.
    Voilà une parole bien légère.

    Commentaire par Pensez BiBi — 24/01/2010 @ 10:58

  22. « Ah, les scrupules! C’est la différence entre un métier et un hobby! »

    si ce n’est un troll, ça en a, à tout le moins, la forme, la saveur et la bêtise.

    Commentaire par Karam — 24/01/2010 @ 11:56

  23. hors sujet (quoique) : je recommande ce billet de Seb Musset sur l’affrontement des Anciens et des Modernes. http://sebmusset.blogspot.com/2010/01/guerre-et-presse.html Est-ce parce que je l’ai lu en sortant d’une recherche sur les dialogues du Pacha (Audiard), toujours est-il que j’ai trouvé une certaine parentée, tout à fait savoureuse d’ailleurs. Pour les amoureux d’Audiard, je signale cet article fort bien documenté sur la réalisation du Pacha : http://pagesperso-orange.fr/labandealautner/Films_Lautner(1024)/Liste_complete_Lautner(1024)/Pacha2.htm

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/01/2010 @ 14:54

  24. Voir également cette remarquable interview de Marcel Gauchet chez Marianne2 sur l’avenir du journalisme. Nos cerveaux deviennent obèsent sous l’effet d’une surconsommation d’info qui en plus, ne nous renseigne pas sur l’essentiel. Marcel Gauchet prédit la fin du mythe du « tous journalistes » et l’émergence d’un nouveau modèle à 2 étages de journalistes de terrains au premier niveau et d’un journalisme d’analyse entouré d’experts au deuxième niveau. http://www.marianne2.fr/Marcel-Gauchet-Le-journalisme-a-un-avenir-complique_a183587.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/01/2010 @ 15:39

  25. Encore hors sujet : j’ai parlé sur ce blog du philosophe Dany-Robert Dufour dont je viens de lire deux livres : le Divin marché et la Cité perverse. Ce sont à mon sens deux livres essentiels que je n’ai malheureusement pas eu le temps de chroniquer. Ceux qui ne connaissent pas ce philosophe pourront se faire une idée en lisant son interview chez Marianne : http://www.marianne2.fr/La-fin-du-grand-recit-liberal_a183568.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/01/2010 @ 16:06

  26. Reflexions du jour….

    J’ai regardé hier « La Déchirure » de Rolland Joffé…. ce film est absolument magnifique et montre a quel point le journalisme a changé en 20 ans !
    Même s’il s’agit d’un film, il est fondé sur des faits réels… peut etre que nos chers ministres et autres présidents devraient revoir ce film, comme une lecon de journalisme sur le terrain, et ce en période de guerre.
    Mais nos amis journalistes aussi devraient prendre exemple sur ce film…. sortir pour donner une véritable information, donner de ses tripes pour aller au bout des choses…. mais au final, la grande question est de savoir si les journalistes ont encore un intérêt à informer des personnes qui ne se sentent pas concernées par leurs sujets.
    Bref… quoiqu’il en soit, je recommande ce film a toute personne qui s’interesse au journalisme et un peu à ce qui s’est passé au Cambodge a partir de 1975 !

    Commentaire par misty — 25/01/2010 @ 10:50

  27. Remarquable interview de M. Gauchet, en effet. Il avait également donné, en mars dernier, un entretien au Monde sur ce même thème.

    Je trouve particulièrement intéressant la définition « resserrée » qu’il donne de l’information, suggérant qu’il s’agit moins de donner à « savoir » que de donner à « comprendre ».

    C’est précisément tout le sens de la distinction qu’il reprend en fin d’article, entre les deux fonctions qu’il assigne à des media qu’il qualifie de « médias de second degré », un média qui recueille des faits, et un média capable de les « expertiser », les relier entre eux, leur donner une perspective. Dans son entretien au Monde, il parlait d’ailleurs (pour rebondir sur un précédent billet) d’une demande de perspective et de recul qui était, en réalité, une demande « d’histoire et de géographie ».

    En d’autres termes, il redessine, à mon avis, les contours d’un journalisme redéfini, à la mesure de la redéfinition qu’il propose de « l’information ».

    Un journalisme (ou media) du premier degré, qui contribue à la collecte de l’information, la trie, la hiérarchise et la met en forme, dans la mesure où il la formule.

    Un journalisme (ou media) du second degré, qui soit proposera, soit s’adossera à une véritable expertise des sujets traités.

    Au risque de vous décevoir, Aliocha, je crois déceler malgré tout, dans cet article, ce qui relève d’une certaine critique formulée à l’égard – peut-être pas des journalistes eux-mêmes – mais au moins d’un système industriel de production de l’information, qui – dans la perspective de la mission exigeante qu’il lui confie (non pas « faire savoir », mais « faire comprendre ») – n’a jamais cessé de montrer ses limites depuis qu’il existe (un bon bout de temps).

    C’est la raison pour laquelle il évoque un « pari entrepreneurial » à tenter.

    A mon avis, il fait allusion à autre chose qu’une taxe google.

    Aliocha : dans une autre interview, acordée au Monde je crois, il évoquait le nouveau paysage : des médias bas de gamme gratuits pour tout le monde et des informations à haute valeur ajoutée réservées à une élite (payantes). J’espère qu’il se trompe, et je préfère la taxe Google ou les subventions étatiques à ce modèle.

    Commentaire par Fantômette — 25/01/2010 @ 16:57


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