La Plume d'Aliocha

14/01/2010

De l’utilité de maintenir la spécificité de l’information journalistique

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 11:08

Une idée fausse circule ces derniers temps dans la blogosphère selon laquelle les journalistes disposeraient d’un monopole de l’information qu’ils s’emploieraient à préserver de manière illégitime. Il m’est apparu nécessaire d’opérer une petite mise au point.

Depuis quelques jours, sous l’impulsion de Narvic et de quelques autres blogueurs, la blogosphère s’agite autour d’un prétendu monopole journalistique de l’information, au motif que les subventions étatiques à la presse en ligne sont réservées à ….la presse en ligne. C’est ainsi que Narvic répond en commentaire  sous l’un de ses billets à Laurent Mauriac de Rue 89 : « Les« journalistes professionnels » ne sont pas légitimes à toucher des subventions publiques pour ça, si ces subventions leur sont réservées. C’est ça qui est choquant et injustifiable. C’est prétendre à une forme de monopole sur le traitement légitime de l’information sur internet : c’est précisément cela que nous vous contestons »(dernière phrase du commentaire 6 de ce billet).

L’aide à un secteur réservé…..représentant 200 000 emplois

Voyons cela de plus près voulez-vous.

Pour mémoire, je vous rappelle que la presse française représente 8,3 milliards d’exemplaires de journaux édités annuellement pour un chiffre d’affaires de 10,6 milliards d’euros et quelque 200 000 emplois directs ou induits. Cette information est extraite de l’ouvrage La presse française, par Pierre Albert ancien directeur de l’IFP d’Assas, il est publié à la Documentation française (2008). Comme chacun sait, ce secteur est en difficultés pour de multiples raisons et en particulier parce qu’il traverse une révolution technologique. Par conséquent, le gouvernement a  décidé d’accompagner la presse dans son évolution en  accordant des subventions aux acteurs du web comme il en accorde aux éditeurs traditionnels. Modestes ces aides, puisqu’il s’agit de 20 millions d’euros. Vous l’aurez compris, nous sommes dans une démarche ici économique qui s’emploie à soutenir un secteur industriel dans sa mutation technologique du papier vers Internet. Il n’est nullement question de monopole, de corporatisme ou d’une quelconque errance de ce genre, simplement, les mots employés, en tant qu’ils sont chargés d’une connotation fortement négative, font toujours leur petit effet, et garantissent le buzz si précieux au blogueur en quête de trafic et de renommée.

On nous explique, donc,  que le nouvel « ecosystème de l’information » (retenez bien cette expression, elle ne signifie rien mais vous donnera l’air dans le coup sur le web) signerait la fin de la distinction entre professionnels de l’information et amateurs. Si les journalistes veulent être admis sur le web nous dit-on encore, il faudra qu’ils abandonnent leur carte de presse (au nom de quoi je vous le demande et surtout qu’est-ce que ça apporterait au public ?) à moins qu’on accepte, je suppose, de donner la carte de presse aux blogueurs. Bref, d’une manière ou d’une autre Internet imposerait que l’on cesse de vouloir distinguer le journaliste chevronné qui travaille depuis 20 ans au Monde et l’inconnu sous pseudo qui, depuis 1 mois ou 1 an, livre un jour sur trois et en dehors des vacances scolaires ses analyses éclairées sur l’actualité.  L’idée forcément est séduisante puisqu’elle mêle critique traditionnelle des médias, espoir dans un monde technologique meilleur et apparence de démocratisation. Malheureusement, les bases du raisonnement sont erronées et le raisonnement lui-même, fort étriqué, passe à côté de l’essentiel.

Non les journalistes n’ont pas le monopole de l’information

La profession de journaliste dispose-t-elle d’un monopole de fait ou de droit sur l’information quelle s’emploierait à protéger, comme le prétendent ces blogueurs ? Réponse : non. Les avocats par exemple ont un monopole sur le conseil juridique, cela signifie que même diplômé de droit vous ne pouvez pas installer un cabinet et prétendre fournir des conseils juridiques au public si vous n’avez pas le diplôme d’avocat. Et si vous le faites, il vous en coûtera fort cher.  Voilà ce que c’est qu’une profession en situation de monopole.  A l’inverse, toute personne peut produire de l’information, sur Internet ou ailleurs. Il n’existe aucune restriction de quelque nature que ce soit et surtout pas au bénéfice des journalistes. Une telle restriction serait au demeurant impossible puisqu’elle porterait atteinte à la liberté d’expression. Simplement, cette personne ne pourra avoir le titre de journaliste que si elle traite l’information dans une entreprise ayant le statut d’entreprise de presse.  Et c’est heureux parce que si cette exigence n’existait pas, n’importe quel publicitaire pourrait demain créer un titre de presse et prétendre que l’information qu’il délivre est de nature journalistique, c’est-à-dire produite par des professionnels de l’information indépendants.

Les blogueurs produisent-ils de l’information ? Réponse : oui. Celle-ci  se traduit la plupart du temps par une analyse personnelle  sur l’information produite par d’autres, mais elle peut aussi – et cela mérite d’être souligné – être dans certains cas totalement inédite comme lorsque Authueil relate un événement à l’Assemblée ou Eolas une audience. Toutefois, cela reste fort rare. Il n’empêche que cette information s’exprime sur un ton nouveau, révèle souvent des talents, et s’avère aussi utile qu’instructive.

Les blogueurs produisent-ils une information de nature journalistique, c’est-à-dire à titre professionnel, soumise à des exigences, des règles techniques et des impératifs éthiques ? Réponse : non. L’information journalistique est produite par des journalistes, c’est-à-dire des professionnels qui tirent l’essentiel de leur rémunération d’une activité de traitement de l’information pour le compte d’une entreprise de presse. Les deux conditions sont cumulatives, c’est ainsi que la standardiste, le commercial ou même le directeur général de l’entreprise de presse ne sont pas journalistes, tandis que les rédacteurs, grands reporters, secrétaires de rédaction, photographes, correcteurs etc. le sont. Précisons qu’on n’est pas journaliste à vie. Chaque année, il faut constituer un dossier et justifier que l’on remplit toujours les conditions permettant l’attribution de la carte et du statut qui va avec. La carte d’ailleurs, ne justifie pas à elle seule le statut, notamment aux yeux de l’administration fiscale qui s’emploie à vérifier l’exercice effectif du métier.

En d’autres termes, il existe une catégorie d’information de nature journalistique, absolument pas exclusive  des autres types d’information, qui ne monopolise en rien le champ de l’information,  mais correspond à la production d’une information très spécifique répondant à des exigences précises.  Cela constitue, je crois, une sécurité nécessaire pour le public compte-tenu de l’importance de l’information dans nos sociétés mais aussi de la masse d’informations produite chaque jour par des acteurs toujours plus nombreux.

Le journaliste est un témoin professionnel et indépendant

Avançons encore pour tenter d’explorer ce qu’est une information journalistique, c’est-à-dire produite par un organe de presse, par rapport à une information émise par un expert,  un publicitaire, un blogueur, une service de communication,  etc. Le journaliste a appris un métier, celui consistant à informer le public sur l’actualité. Ce métier est en quelque sorte celui de témoin professionnel. Il suppose l’acquisition d’un savoir-faire non seulement pour exercer ce rôle de témoin, apprendre à réaliser des interviews, des reportages, à recouper ses sources, à les protéger, à apprécier leur pertinence, photographier, filmer etc. mais aussi pour ensuite transmettre l’information recueillie au public. Il y a des règles assez contraignantes d’écriture, de hiérarchisation et de présentation de l’information. Et puis des impératifs éthiques imposant que l’information ainsi délivrée soit exacte et indépendante.  L’information journalistique engage la responsabilité économique de l’entreprise (la valeur d’un titre dépend du crédit qu’on lui accorde) mais aussi juridique pour toute la chaine de management (directeur de publication, directeur de la rédaction, rédacteur en chef, chef de service, chef de rubrique, rédacteur). J’ajoute que c’est un travail d’équipe. Je ne pense pas qu’il puisse s’exercer de manière solitaire, c’est-à-dire en dehors d’une entreprise de presse. On peut être pigiste, bien sûr, c’est mon cas, mais on écrit toujours pour une rédaction et au nom de celle-ci, ce qui offre la force et la protection du groupe entier contre tous ceux qui sont tentés d’exercer des pressions. Or, je puis vous assurer que ces pressions ne sont pas réservées aux affaires politiques sensibles mais sont permanentes et quotidiennes sur absolument tous les sujets.

L’avis d’expert n’est pas une information journalistique

A côté de cette information journalistique très particulière et au demeurant assez minoritaire dans l’océan d’informations qui nous entoure, il y a tout le reste. La communication, la publicité, les informations délivrées par différents acteurs publics ou privés et, depuis l’arrivée des blogs, par les blogueurs qui éditent ce qui s’apparente à un journal intime. Il se trouve qu’on prend souvent sur le web l’exemple d’Eolas pour observer qu’après tout son activité s’apparente à du journalisme.  Qu’il me pardonne ici de l’évoquer au fil de cette démonstration, mais c’est la rançon de la célébrité. Eolas est avocat, il n’est donc pas un témoin professionnel de l’actualité mais un auxiliaire de justice. En conséquence de quoi, l’information qu’il diffuse n’est  pas de nature journalistique mais relève du très classique – quoique, en l’espèce, particulièrement brillant – avis d’expert. Le format du blog lui a permis d’atteindre un plus large public que s’il écrivait au Dalloz et son talent ainsi que la liberté offerte par un blog, de commenter de manière originale les événements juridiques. Pour autant cela ne change rien à la nature même de l’exercice qui demeure un avis d’expert sur l’actualité du droit et de la justice, doublé d’un avis personnel sur le rugby, le thé etc. et non pas un article de journaliste. Parce que ce n’est pas son métier, parce qu’il n’est astreint à aucune règle professionnelle dans l’exercice consistant à bloguer, parce qu’il n’a pas l’indépendance de l’observateur mais le nécessaire parti-pris de l’acteur, parce qu’il n’est redevable de rien à personne au titre de sa production.

Le public est attaché à la distinction entre information journalistique et non-journalistique

Supprimer la distinction entre l’information journalistique et les autres catégories d’information et donc gommer la spécificité de la première serait particulièrement périlleux. Car la publicité, la com’ et tous les spécialistes de l’information maquillée sont, vous l’imaginez bien déjà en embuscade. C’est leur vieux rêve que de gommer cette frontière. Ils voient que les journalistes résistent.  Ouvrez leur demain la porte de l’information dite journalistique sous le prétexte de bâtir un monde nouveau sur Internet et vous tuez l’information journalistique. Il ne subsistera plus alors qu’un magma indifférencié de contenu dans lequel rien ne permettra plus d’évaluer la crédibilité de ce qu’on lit.  Il faut donc tenir cette frontière, pas contre les blogueurs qui sont d’ailleurs de plus en plus associés par les éditeurs de presse comme Marianne2 ou Rue89 aux contenus rédactionnels, mais contre toute tentative de gommer la spécificité de l’information journalistique, au regard de la com’ et de la pub. Je ne saurais trop  inciter les blogueurs à nous rejoindre dans ce combat auquel je sais qu’ils sont sensibles. Au demeurant, je m’explique mal que l’on veuille niveler des différences de production de l’information qui me paraissent au contraire faire toute la richesse du système actuel. Par ailleurs, il est pour le moins piquant d’observer que ce sont les plus grands détracteurs de la presse sur la toile qui montrent aussi la plus forte volonté d’être assimilés à des journalistes. Etrange paradoxe.

J’ajoute, et c’est le plus important en l’espèce, que le public ne souhaite pas la disparition de cette spécificité journalistique. Dans la précédente version de son site, Marianne 2, avait décidé de ne pas différencier les articles de Marianne de ceux des blogueurs associés (dont je suis). A la demande des lecteurs, ils ont dû revenir sur cette décision. Philippe Cohen, rédacteur en chef du site, confie qu’en sortant de l’expérience Vendredi (journal dont il a participé à la création), il était persuadé que  les internautes se moquaient de savoir si l’auteur d’un article était un journaliste de Marianne ou un blogueur, et qu’ils étaient seulement intéressés par la pertinence de ce qu’ils lisaient. Il constate aujourd’hui que ce n’est pas le cas. Cela n’implique au demeurant aucune hiérarchie de valeur entre journaliste et blogueur, mais exprime simplement de la part du public la volonté de savoir qui parle. Est-ce un membre de la rédaction de Marianne ou un invité ? Un journaliste en prise directe avec les acteurs de l’actualité ou un commentateur livrant une opinion sur ce qu’il a lu, vu, entendu dans les médias ? Ce besoin d’identifier la source d’un écrit me parait tout à fait légitime.

On pourrait dire bien des choses encore sur ce sujet, mais je suis déjà trop longue. Qu’importe, nous aurons, grâce au format du blog, tout le loisir d’approfondir le sujet dans la discussion.

A lire : cet excellent billet qui remonte déjà à 2008 mais avait à mon sens parfaitement cerné l’évolution de l’information sur Internet et la participation que blogueurs et internautes sont susceptibles de lui apporter. Il est relayé par le Journal du Net dans un dossier sur les 10 mythes du web 2.0.

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31 commentaires »

  1. Hors Sujet: « Une menace pèse sur l’émission À vous de juger, présentée par Arlette Chabot, qui doit avoir lieu jeudi 14 janvier en direct sur France 2. Le face-à-face programmé entre Éric Besson et Marine Le Pen sur l’identité nationale crée des remous au sein de la chaîne. Le SNJ CGT appelle à ce que ce débat soit déprogrammé au motif qu’il est « indigne du pays des droits de l’homme. » « …

    Woaw !… Un syndicat de journalistes qui appelle à la déprogrammation d’un débat !… Vive le droit à l’information !…

    Commentaire par Arnaud — 14/01/2010 @ 12:06

  2. « Dans la précédente version de son site, Marianne 2, avait décidé de ne pas différencier les articles de Marianne de ceux des blogueurs associés (dont je suis). A la demande des lecteurs, ils ont dû revenir sur cette décision. Philippe Cohen, rédacteur en chef du site, confie qu’en sortant de l’expérience Vendredi (journal dont il a participé à la création), il était persuadé que les internautes se moquaient de savoir si l’auteur d’un article était un journaliste de Marianne ou un blogueur, et qu’ils étaient seulement intéressés par la pertinence de ce qu’ils lisaient. Il constate aujourd’hui que ce n’est pas le cas. Cela n’implique au demeurant aucune hiérarchie de valeur entre journaliste et blogueur, mais exprime simplement de la part du public la volonté de savoir qui parle. »

    Tout-à-fait d’accord !
    J’avais d’ailleurs arrêté de lire Marianne en ligne depuis que tout était mélangé. Aliocha, vous venez sans doute de leur ramener un lecteur 😉

    Commentaire par Xavier — 14/01/2010 @ 14:07

  3. Quelques précisions, Aliocha :

    L’aide aux médias, c’est 1.6 milliards d’euros par an. Si votre évaluation de 200 000 emplois est juste, cela représente 8000 euros par an et par journaliste et entre 15 et 20 % du chiffre d’affaire des entreprises de médias (et sans même tenir compte des déductions et niches fiscales diverses telles que la TVA abaissée et autres, qui ne sont pas comptabilisés dans ce poste budgétaire). Je crois qu’aucun secteur ne connait un tel rapport subventions/nombre d’emplois sauvegardés. Cet argument me semble donc nul et non avenu pour justifier un tel niveau de financement de la part de l’Etat.

    Aliocha : votre chiffre est tous médias confondus, y compris je suppose la télé publique, je parle moi de la presse écrite.

    Ensuite, votre définition du journalisme comme de la nécessité d’en tirer un revenu semble complètement tautologique. A ce moment-là, si Paul Jorion décide de s’inscrire en tant qu’entreprise de presse, celui-ci peut parfaitement prétendre au titre de journaliste vu que sa rémunération mensuelle par les lecteurs est supérieure à 600 € par mois et qu’il produit (partiellement) de l’information.

    Aliocha : elle n’est pas tautologique, est journaliste celui dont le métier consiste à traiter de l’information pour le compte d’une entreprise de presse. Je ne vois pas où est la tautologie. Elle impose juste un exercice professionnel pour le compte d’une entreprise dédiée. Ces conditions sont extrêmement légères, vouloir les alléger encore serait une folie.

    Vous dites ensuite « soumise à des exigences, des règles techniques et des impératifs éthiques » . Les exigences et les règles techniques étant totalement subordonnées à l’entreprise de presse qui emploie le journaliste et ne connaissant strictement aucun impératif lié à la possession de la carte de presse (du moins pas plus que n’importe quel éditeur en ou hors ligne si on regarde la loi) , permettez-moi de juger cet argument spécieux (au mieux) . L’impératif « éthique » me semble être une vaste blague quand on voit ce qu’en font la plupart des patrons desdites entreprises de presse, ce que vous montrez suffisamment sur ce blog semaine après semaine pour qu’il ne me semble pas nécessaire d’en rajouter. Encore une fois, la charte de déontologie est jolie mais absolument pas contraignante. Jean Marc Morandini a bien la carte de presse, pourtant on voit très difficilement ce que son métier a à voir avec un correspondant de guerre ou une pigiste pour un magazine féminin.

    Aliocha : mais s’il n’y avait pas de règle mon cher, pensez-vous que vous pourriez en apercevoir les violations ? Non, bien sûr. C’est bien pour cela que lorsqu’un journaliste commet une faute, tout le monde est à même de l’identifier et de la critiquer. Pour le reste, vous critiquez l’existant pour mieux défendre ce qui serait pire. Intéressante contradiction.

    Le jour où une charte déontologique sera réellement contraignante, où il sera possible qu’un journaliste s’en fasse exclure (de la même manièreque la science n’est science que par son caractère réfutable) pour faute(s) comme dans de nombreuses professions régies par « un impératif éthique et des règles techniques » (plutôt que par l’affirmation douteuse que le « marché » remplit tout à fait bien ce rôle, et qu’un journal ne respectant pas la déontologie ne marchera pas, cf. les féminins et les people) , et où le titre de journaliste correspondra à une activité sans rapport direct et unique avec la rémunération (comme les qualités d’avocat ou de médecin, même si ce dernier nécessite un diplôme) , on pourra alors effectivement parler d’une nécessité et d’une validité de ce titre (et peut-être bien d’une nécessité de financement public élevé) . En attendant, je ne vois pas ce qui justifie le niveau de subventions et même la présence d’une carte de presse subordonnée uniquement au niveau de rémunération par une entreprise de presse.

    Aliocha : la carte de presse n’est pas subordonnée au niveau de rémunération, elle est subordonnée au fait que la personne qui la demande vive du métier de journaliste autrement dit soit un professionnel.

    Vous dites que vous ne pensez pas que le métier de journaliste puisse s’exercer de manière solitaire. Je vous rappellerai alors que les plus grandes enquêtes sortent en général dans des livres et non dans les médias, et sont souvent l’oeuvre de solitaires ou d’équipes très réduites. Un Denis Robert n’a pas de carte de presse, pourtant son travail n’est-il pas dans une large mesure journalistique ? Je vous recommande black book de Kristina Borjesson, qui parle (et fait témoigner) notamment de grands enquêteurs (tous journalistes) aux USA qui n’ont eu la possibilité de publier les travaux les plus polémiques ou mettant en danger de grosses boites que par l’intermédiaire de l’édition (le média refusant de les couvrir, justement) .

    Aliocha : il y a des exceptions en effet. Mais vous avez vu le sort qu’a connu Pean avec Kouchner. Des mois de travail réduit à rien, parce qu’il était seul à défendre son boulot. Encore a-t-il une réputation qui l’aide à faire la promotion de son travail.

    Vous écrivez « les blogueurs qui éditent ce qui s’apparente à un journal intime » . Vous faites oeuvre de beaucoup de mauvaise foi ici. Quand Article11 chronique des livres, fait des interviews et des reportages, quel est le rapport avec le « journal intime » ? Quand Eolas, Authueil ou Verel analysent et contextualisent des décisions ou donnent des informations indisponibles ailleurs, quel est le rapport avec le « journal intime » ? Quand un journaliste raconte de croustillants détails de sa vie privée dans des journaux féminins (on peut aussi penser au journalisme gonzo) , n’est-on pas précisément dans le « journal intime » ? Quand un journaliste de Libération fait des tartines sur sa mise en garde à vue et ne parle de celles-ci de manière extensive que parce qu’il l’a lui-même vécu, n’est-ce pas du « journal intime » ?

    Aliocha : pas professionnels, donc pas journaliste. On peut être un excellent sportif et exercer en amateur, un cuisinier hors pair mais pas un restaurateur etc. Il faudra vous y habituer. Il y a des pros et des amateurs, d’excellents pros et de piètres amateurs, d’excellents amateurs et de mauvais pro, mais toujours des pros et des amateurs, dans toutes les activités. C’est regrettable mais ce serait encore plus ennuyeux si ce n’était pas le cas. Le tout est d’essayer de raisonner globalement et non pas à l’aune de ses intérêts particuliers.

    Mon propos n’est pas le « tous journalistes » , et certainement pas d’assimiler tous les blogueurs à un travail journalistique ou tous les journalistes à un travail négligeable, mais il me semble que la définition actuelle du journalisme en France pose de nombreux problèmes tant du côté des journalistes que du côté d’autres émetteurs d’information qui pour certains font effectivement un travail (ou un loisir, si vous voulez) qui relève du journalisme (avec ce que ça entraîne : vérification des sources, enquête de terrain, responsabilité juridique) . C’est la différence entre une qualité et un statut, si vous voulez. En France, actuellement, journaliste est un statut.

    Aliocha : non, c’est la différence entre pros et amateurs, je sais que ça fait mal à certains mais c’est dans tous les domaines pareil. Jed crains que vous ne tentiez d’inventer le robinet à tirer l’huile des murs en cherchant d’autres solutions.

    Enfin, je pense que vous avez au moins partiellement raison en ce qui concerne les lecteurs, mais par exemple dans le cas de Marianne2 une classification pertinente serait plutôt entre ceux qui amènent de l’information nouvelle (à valeur ajoutée, pour pomper Schneidermann) et ceux qui font de l’éditorial pur.

    Aliocha : et allons-y on se cogne à la réalité et on continue de ne pas vouloir l’accepter. Que voulez-vous que je vous dise, les faits sont têtus. Quant on lit un document, la première chose à identifier c’est qui parle et pourquoi. Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, on en revient toujours aux fondamentaux. Mais il y a uar toujours des gens pour demander des conseils médicaux à leur boulangère, contre cela, on ne peut rien.

    Commentaire par Moktarama — 14/01/2010 @ 15:00

  4. je ne vois pas très bien quel conseil on pourrait demander à un journaliste vu que selon votre définition si c’est bien un « pro » ce n’est en rien un « expert » 😀

    Commentaire par jean — 14/01/2010 @ 15:35

  5. @Aliocha

    Vous écrivez: « Modestes ces aides, puisqu’il s’agit de 20 millions d’euros. »

    Si je ne m’abuse il s’agit uniquement des aides directes à la presse en ligne (ce que vous soulignez dans votre réponse en 3).
    Pour la presse au global, il semble qu’on parle tout de même de 900 millions d’euros (article arrêt sur image, chiffre pour 2010). Il semble aussi que nombre de journalistes pensent que ce chiffre ne va pas aller en diminuant dans les années qui viennent.

    On reste donc proche des 10% du chiffre d’affaire global.
    (le chiffre par salarié me semble peu pertinent)

    Ce qui est tout de même énorme (il semble que le presse française soit la plus subventionnée au monde ?).

    Sinon pour la différence entre « pro » et « amateur »… oui fatalement.
    Ça reste de toute façon tautologique en quelque sorte… puisque c’est globalement en dehors du débat. A mon avis, le point de rupture est que:

    Pour polémiquer:

    Les blogs que je consulte on tendance à prouver un peu tous les jours que ce que je lis dans les journaux est souvent faux, partial et partiel. En tout cas sur les sujets « techniques » (quand il s’agit d’articles d’opinion… forcément…).

    donc pourquoi lire la prose approximative d’un journaliste si, sur le même sujet, je peut obtenir (et gratuitement en plus) l’éclairage clair et concis d’un expert ou d’un amateur plus éclairé que bien des journalistes ?

    Si, et toujours gratuitement, je peut obtenir des réponses à mes questions ou lui faire modifier son billet suite à mes commentaires (il m’arrive d’être un amateur éclairé sur certains sujets)? Et si tout ca se fait en temps réel et sous l’oeil d’un paquet de gens qui font une sorte de « peer-review » en temps réel?

    C’est amusant car l’informatique a connu (et connait toujours) un parallèle à cet état de fait: Microsoft vs Linux.

    Pendant longtemps Microsoft a attaqué Linux sur le fait que Linux c’était fait par des amateurs alors que Windows était fait par des « pros »… pour Microsoft linux était donc un « toy operating system » totalement inadapté à un environnement pro. On voit que bon… disons pudiquement qu’ils ont changé d’avis depuis quelques temps et que leur stratégie s’en est trouvé quelque peu modifiée.

    Commentaire par khazan — 14/01/2010 @ 16:25

  6. Bonjour Aliocha,

    Je ne suis pas du tout spécialiste – ni même amateur – du sujet, mais l’impression que me donne la lecture de vos billets et des commentaires qui vont avec est que :

    – le secteur de la presse est en crise. Cette crise est due aux mutations technologiques en cours et (mais est-ce lié ?) à une certaine perte de crédibilité des titres auprès du public.

    – face à cette crise, les pouvoirs publics alertés par les acteurs « traditionnels » auxquels ils sont – qu’on le regrette ou non – liés par des intérêts communs, choisissent une stratégie « défensive », c’est à dire aider ces acteurs à s’adapter à une mutation contre laquelle ils ne peuvent évidemment lutter.

    – les bloggueurs, eux, et probablement les plus libéraux des darwinistes, souhaiteraient que la sélection naturelle fasse son oeuvre. J’imagine qu’ils estiment que la presse traditionnelle a suffisamment fait la preuve de son incapacité à se réformer (voire de son incompétence, pensent-ils, les vilains) et que la subventionner est un gaspillage indigne, ultraconservateur, antilibéral, etc. Bref, il ont une vision « révolutionnaire » qui pourrait se résumer à « laissons la vieille presse mourir de sa belle mort et on verra bien ce qu’il en sortira après ». Bon, d’accord, il risquerait de ne pas en sortir grand chose.

    ???

    Bonne année quand même, et longue vie à la presse !!!

    Commentaire par Hub — 14/01/2010 @ 16:43

  7. @Aliocha :

    Je vais ignorer la condescendance, et répondre point par point :

     » votre chiffre est tous médias confondus, y compris je suppose la télé publique, je parle moi de la presse écrite. »

    Ca fait plus de 900 millions d’euro pour la presse écrite seule. Ca reste aux environs de 4500 € par travailleur et par an. Ca reste énorme.

    Aliocha : je n’ai pas le temps de vérifier vos chiffres. Sous cette réserve, demandez-vous combien nous coûtent les ouvriers du livre. Si l’Etat nous libère de cette part non négligeable d’assistanat social qui arrange tout le monde, on sera certainement plus rentable. Mais aucun éditeur ne vous le dira, ça, ils ont trop peur des conflits sociaux.

    « Ces conditions sont extrêmement légères, vouloir les alléger encore serait une folie.  »

    Il me semble que proposer une déontologie qui ait valeur juridique et puisse être excluante serait le contraire d’un allègement. Un sportif amateur qui se dope peut être exclu. Un avocat qui plaide 10 affaires par an peut être exclu. Un médecin qui fait une consultation gratuite peut être exclu. Un journaliste ne peut être exclu à partir du moment ou une entreprise de presse le paye. Ca ne soulève pas un sourcil chez vous ? Je ne vois absolument pas ce que ça aurait à voir avec un allègement.

    Aliocha : parce que nous ne parlons pas de la même chose. Je parle de l’accès au métier de journaliste vous répondez sur la déontologie. Vous aurez remarqué je crois que j’ai toujours ici plaidé pour la déontologie, y compris pour une déontologie générale de l’information. Mais imposer celle-ci à tous les producteurs d’info sur le web me parait irréaliste. Où l’on retrouve l’intérêt d’une profession identifiée soumise à des règles particulières….

     » la carte de presse n’est pas subordonnée au niveau de rémunération »

    Il faut gagner plus de 600€ par mois en étant payé par une entreprise de presse pour pouvoir prétendre à la carte de journaliste, si je ne m’abuse.

    Aliocha : sans doute, je n’ai pas été y voir de si près. Le fait est qu’il faut que ce soit le moyen principal de subsistance, toujours au nom de notre bonne vieille idée de métier.

     » il y a des exceptions en effet. Mais vous avez vu le sort qu’a connu Pean avec Kouchner.  »

    Ces exceptions ne sont pas mineures si l’on regarde le nombre de livres de journalistes sur des sujets plus ou moins brulants. Le fait que Péan ait connu des difficultés n’a par ailleurs aucun rapport avec son statut ou non de journaliste, ce qui va à l’encontre de votre billet. Et je vois que vous esquivez le cas Denis Robert, qui ne pourrait pas avoir une carte de presse même s’il la voulait. Ca me semble parlant sur le caractère problématique du statut du journaliste en France.

    Aliocha : D’abord tous les journalistes qui publient des livres ne sont pas tous de sindépendants, loin de là, ensuite je n’ai pas rebondi sur Denis Robert parce que, malheureusement, je n’adhère pas à sa vision de l’affaire Clearstream.

    « Le tout est d’essayer de raisonner globalement et non pas à l’aune de ses intérêts particuliers. »

    Mais c’est vous qui raisonnez ici à l’aune de vos intérêts particuliers, je vous signalerais que je ne réclame rien du tout, je mets juste en doute la validité d’un statut. Puisque vous aimez faire cette distinction amateur/professionnel, je vous signale que n’importe quelle licence sportive, que n’importe quel mandat électoral si petit et « amateur » soit-il (et les maires des petits villages savent de quoi je parle) , que n’importe quelle licence d’artisan (je pense à ceux dont ces activités ne permettent pas de vivre et s’assurent des revenus par d’autres moyens) , est soumise exactement aux mêmes droits et devoirs, comme tous les corps de fonction autorégulés par ailleurs ? En quel nom le statut de journaliste dépendrait uniquement du revenu et non de la fonction (fut-elle autoproclamée, sous réserve d’acceptation dun dossier ou tout autre sélection que les professionnels pourraient mettre en place) et d’un ensemble de règles définies (même si ces règles le sont par des professionnels) qui peuvent engendrer sanctions ou exclusions par l’intermédiaire de la loi ou d’un groupement interprofessionnel ? Contrairement à ce que vous écrivez, il n’existe strictement aucune différence entre un sportif amateur et professionnel, car la licence concerne une fédération et appelle aux mêmes droits et devoirs (et à la possibilité d’exclusion temporaire et définitive e cas de manquement) .

    Aliocha : vous n’êtes pas clair, désolée. On ne comprend plus en vous lisant où est le problème, qu’il existe une profession de journaliste ou au contraire que celle-ci ne soit pas assez exigeante à l’égard de ses membres.

     » je sais que ça fait mal à certains mais c’est dans tous les domaines pareil »

    Mais justement, ce n’est dans presque aucun domaine comme ceci à part dans le journalisme ! Sous prétexte de généralisation, vous ne vous rendez même pas compte de cette spécificité. Un médecin ou avocat qui exercera bénévolement reste soumis à toutes les obligations de l’Ordre, comme n’importe quel sportif amateur ou pro est soumis aux obligations de sa licence, comme d’ailleurs la plupart des professions indépendantes. Et évitez le « certains » , je ne suis ni narvic ni un autre, je parle en mon pseudo.

    Aliocha : un médecin ou un avocat, bénévole ou pas est médecin ou avocat. Vous confondez bénévolat et exercice à titre amateur d’une activité. Mais pour peu que je saisisse ce que vous dites, le problème consisterait dans le fait qu’il faile être rémunéré en tant que journaliste pour être journaliste. Petit rappel donc, pour être avocat, il faut 4 ou 5 ans de droit (ça a changé depuis mon époque), un examen d’accès difficile à une école, 18 mois de cursus, une prestation de serment et, enfin, le titre. Si vous n’avez pas fait ça, vous pouvez être docteur en droit, quand d’autres n’ont n’ont qu’une maitrise, vous ne pourrez pas prétendre au titre ni à l’exercice de l’activité (sauf exception, par exemple pour Rachida Dati). Idem pour les médecins en plus exigeant encore. A côté de cela, vous avez la profession de journaliste qui n’a jamais voulu fixer une quelconque condition de diplôme, de concours ou d’école. La profession est donc ouverte à tout le monde. Même le bac n’est pas exigé. Pour attribuer la carte, il fallait donc bien trouver des critères, sauf à vouloir que tout un chacun la réclame juste pour faire joli. On a donc fixé ceux-là : traiter l’information pour un éditeur de presse. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais elle me semble particulièrement légère par rapport à la plupart des autres professions.

    « Quant on lit un document, la première chose à identifier c’est qui parle et pourquoi. »

    Merci de me prendre pour un jambon. Mais là, c’est vous qui faites preuve de naïveté, en faisant mine de croire que le statut de journaliste engendre forcément l’honnêteté intellectuelle et est un statut qui abolit la subjectivité et le particularisme du locuteur (brr, Bourdieu, Deleuze et Foucault, vraiment des types détestables) . Si c’était le cas, on lirait les mêmes articles sur les mêmes sujets dans tous les journaux et la même hiérarchie de l’info partout, hors c’est très loin d’être le cas (ce que je ne blâme pas par ailleurs) ! Le journaliste n’est pas plus objectif que les autres émetteurs actuellement (on en a déjà discuté) , par contre une déontologie sanctionnée au sein d’un ordre pourrait interdire certaines erreurs (volontaires ou non) flagrantes. Et ceci n’a rien à voir avec la professionnalisation, comme le dopage vaut sanction pour un sportif y compris s’il est amateur et nul.

    Aliocha : j’ai dit qui parle et pourquoi, vous en tirez un jugement de valeur. Et vous avez raison d’ailleurs parce que l’information journalistique est globalement de bonne qualité quoiqu’on en dise. Sans aller jusqu’à la hiérarchisation, je m’en tiens à la nécessité quand je lis un site de presse de savoir si la rédaction qui s’exprime ou une personne extérieure, blogueur, scientifique, politique etc. C’est la base.

     » Mais il y a aura toujours des gens pour demander des conseils médicaux à leur boulangère, contre cela, on ne peut rien. »

    Sauf que la profession de boulanger ou de médecin ne connaît pas 88 % de personnes qui n’ont jamais fait les études permettant de le devenir. Journaliste, pour reprendre encore votre analogie avec les sportifs, c’est un métier qui ne nécessite pas forcément le bon diplôme mais un bagage et un apprentissage qui peut être aussi bien amateur que professionnel, collectif ou plus solitaire. Avec vos codes, un Ribéry n’aurait jamais percé à 27 ans pour finir au plus haut niveau du foot mondial. Le mépris suinte de votre dernière phrase avec un aplomb dont je ne vous aurait pas cru capable.

    Aliocha : avec mes codes comme vous dites, qui ne sont pas les miens mais ceux de ma profession, toute personne peut faire valoir son expérience auprès d’un éditeur et se faire embaucher en démontrant ses capacités. A l’inverse, vous pouvez avoir potassé tout seul tous les ouvrages édités par Dalloz, vous ne serez pas avocat pour autant, fussiez-vous un génie absolu du droit. Voilà pourquoi, ayant pratiqué les deux professions, je peux vous dire qu’il n’y a pas de métier plus ouvert que le journalisme. Quant à mon ton, vous n’imaginez pas à quel point il est doux au regard de ce qu’il pourrait être, tant cette polémique m’indispose au plus haut point.

    Commentaire par Moktarama — 14/01/2010 @ 17:12

  8. @Aliocha :

    Je vais répondre à ce que vous dites ne pas comprendre : mon problème est double. Premièrement, je considère que le critère de validation de la carte de presse par la rémunération n’a aucune valeur intrinsèque (pas « faible » mais « aucune » ). Deuxièmement, je considère en effet que la carte de presse n’est « pas assez exigeante à l’égard de ses membres » . Et je ne vois pas en quoi la rémunération a un quelconque rapport avec des exigences telles que la vérification d’une information, la citation systématique des sources primaires (même si ça doit être uniquement au sein d’un ordre hypothétique) ou la relecture systématique d’une interview.

    Vous écrivez « Pour attribuer la carte, il fallait donc bien trouver des critères, sauf à vouloir que tout un chacun la réclame juste pour faire joli. On a donc fixé ceux-là : traiter l’information pour un éditeur de presse.  » . Et bien je vous le dis : un sportif ne demande pas une licence à sa fédération pour le plaisir mais parce qu’il pense qu’il peut respecter les devoirs liés à cette licence et avoir certains droits, tout amateur qu’il soit. Je ne pense pas que 60 millions de français demanderaient une carte de presse pour en faire des posters, mais que dans le cadre d’un ordre et d’une déontologie stricte et excluante (que je sais que vous prônez) , ça permettrait d’éliminer ce non-critère qu’est la rémunération (qui permet d’ailleurs à des salariés de torchons lamentables d’avoir une carte de presse qui ne signifie pas grand-chose du coup, car la déontologie se trouve régulièrement bafouée dans les grandes largeurs) , et si ça permet à trois douzaines de blogueurs (ne vous leurrez pas, une déontologie excluante et un ordre réduiraient énormément les vélléités des internautes de payer pour avoir une carte pour faire beau) prêts à payer une cotisation à un ordre afin d’avoir accès à des conf. de presse ou obtenir des réponses des entreprises ou institutions (avec la même obligation déontologique que les autres bien sûr) , je ne pense pas que ça mette 200 000 travailleurs en danger. C’est tout. Je n’exige absolument pas la fin du journalisme ou du journaliste (d’ailleurs je n’exige rien, mais donne juste mon avis) , mais il me semble qu’une mutation de ce type me semblerait bénéfique à tout le monde et avant tout à l’exercice du journalisme (et peut-être que les témoins ou les gens interrogés arrêteraient de dire aux possesseurs de carte de presse « oui mais vous écrivez n’importe quoi je ne veux pas vous parler » ).

    Votre propre analogie (ce n’est pas moi qui ait donné ça comme exemple absolu de la validité de mes idées, hein) du sportif me semblait ainsi particulièrement pertinente.

    Enfin, oui je trouve les subventions données à la presse exorbitantes en proportion, toutefois ce n’est absolument pas le même débat, ce que je reconnais volontiers.

    PS : je parle de cotisations payantes pour assurer le fonctionnement d’un ordre, étant établi que l’auto-régulation coute des sous.

    Aliocha : je comprends mieux notre désaccord. Je réponds ici à des gens qui veulent supprimer la profession (ou l’intégrer on ne sait plus très bien) bref qui nous accusent de corporatisme exclusif à leur endroit via des règles discriminantes et vous réclamez au contraire plus de règles. Croyez bien que lorsque j’observe les professions réglementées disposant d’un ordre et d’un système disciplinaire, je les envie. Mais c’est une option qui a été écartée en 45 et ne cesse de l’être depuis. Au demeurant les nouvelles professions qui se créent aujourd’hui et à qui l’on impose de s’organiser et de se doter d’une déontologie ne fonctionnent plus sous la forme d’ordres mais d’associations professionnelles non exclusives s’engageant à imposer une déontologie à leurs membres. En tout état de cause, ça n’arrivera pas dans le journalisme à la française, en tout cas je le pense pas. Je ne dis pas qu ele système actuel est parfait, je dis que c’est un minimum indispensable qu’il faut au moins préserver. Maintenant, si vous plaidez pour plus et mieux, nous serons toujours au moins deux.

    Commentaire par Moktarama — 14/01/2010 @ 18:30

  9. Mmmh. Une différence entre un journaliste et un blogueur, que vous n’avez pas forcément soulignée, découle du caractère professionnel du premier : il doit a priori couvrir ce qui rentre dans son champ de compétence et non ce qui lui plaît.

    Eolas parle de ce qu’il lui plaît de parler. S’il n’a pas envie ou pas le temps, il n’en parle pas. Un avantage du professionnalisme, c’est la disponibilité.

    Tout cela pour dire qu’on ne peut se passer de journalistes professionnels, car ils sont à même d’assurer la continuité du service.

    Aliocha : exact mais il y a avait tant à dire et j’étais déjà si longue….il faut croire néanmoins, au vu de certains commentaires, qu’il faudra bien plus qu’un billet trop long pour faire comprendre ce qu’est un observateur professionnel.

    Commentaire par DM — 14/01/2010 @ 20:20

  10. Je n’ai pas lu l’interminable échange trollesque ci-dessus, mais voici mon avis sur la crise de la presse, et que les patrons de presse refusent de voir parce que c’est trop atroce pour eux : les gens n’achètent pas la presse parce qu’ils estiment que le coût du journal est supérieur à ce qu’ils peuvent espérer en retirer. Parfois les gens sont rationnels, et préfèrent garder 1€ pour acheter le pain plutôt qu’acheter Libé (la Pravda de Belleville, tellement plus bobo que St Germain), Le Monde ou Le Figaro (la Pravda des ayatollahs sarkozystes). Les dépêches sont diffusées gratis par les radios, les tvs, et les journaux gratuits. Si on sait d’office ce que le journal va écrire autour d’une actualité gratuitement diffusée, à quoi bon l’acheter ? Je vous renvoie à un des derniers billets de Veronis sur les mensonges de Besson, dont je partage la conclusion : si le public n’achète plus la presse, c’est simplement qu’il est rare qu’elle fasse son travail (et comme d’habitude je ressors mon exemple magique : regardez les ventes du Canard !! )

    Et si j’aime toujours autant vous lire, je ne partage pas du tout votre analyse sur Eolas : les billets qu’il produit sont du journalisme. OK ce n’est pas son gagne-pain, mais il va au fond des choses, documente, met en perspective, et au final produit un résultat qui fait HONTE au Monde, à Libé et aux autres ! Je crois même qu’une grande part du succès d’Eolas provient du peu de déception qu’il engendre chez ses lecteurs, contrairement à la presse encartée. Il est fréquent (pas systématique), lorsque je lis un papier du Monde, de Libé ou d’un autre sur un sujet que je domine, que je sois OUTRÉ par les contresens, les approximations, en un mot par la nullité du billet. Par extension j’imagine que toutes les rubriques du journal sont l’objet de la même médiocrité, et je n’achète plus.

    Le monde est de plus en plus complexe, les tenants et les aboutissants sont vastes, les menteurs (politiques, entreprises) sont puissament armés et bien décidés à mentir, tandis que les journalistes balaient large et écrivent sur des sujets qu’ils ne dominent pas complètement. C’est là qu’Eolas et d’autres font du meilleur journalisme, parce qu’eux au moins fournissent un commentaire éclairé de l’actualité, pas une TENTATIVE d’analyse baclée sur fond de copier-coller de dépêche AFP. (exemple simple : le mariage annulé autour de la non-virginité de la fiancée – le commentaire d’Eolas, Jules et les autres était limpide, la presse s’est contentée de rapporter les propos de tous les hurleurs à la lune).

    Conclusion : lorsqu’on met en vente un produit dont le public a de bonnes chances d’estimer qu’il ne vaut pas l’Euro qu’on en réclame, il ne faut pas s’étonner que personne ne l’achète.

    Aliocha : Rappelez-moi combien coûte un abonnement à Eolas ?

    Commentaire par Emmanuel — 14/01/2010 @ 23:28

  11. @Aliocha :

    Je repasse pour une dernière remarque, peut-être fondamentale : comme vous l’avez lu, n’attachant aucun intérêt intrinsèque au caractère professionnel du statut de journaliste, si ce dernier doit être la seule mesure de la carte de presse, je ne comprends effectivement pas son intérêt. Si je ne suis pas « pour la disparition » de cette profession, loin de là, j’ai cet accord a minima avec narvic que dans le contexte actuel et l’apparition d’internet comme une déflagration, cet état de fait n’est pas tenable à long terme : soit la profession se dilue, soit elle mute suffisamment (dans un sens que nous soutenons tous les deux, je savais que nous étions en accord concernant l’impulsion à donner) pour se conserver en acceptant des règles contraignantes et une autorégulation (qui n’ont pas forcément à voir avec le caractère rémunérateur de la chose, même s’il est évident que les professionnels resteront largement majoritaires dans cette optique) , soit elle prend le risque d’une dilution dans les « écosystêmes » de l’information (à la manière dont vous le prévoyez avec la prééminence de la communication à caractère exclusivement commercial) . Ce que vous appelez un « moindre mal » me semble être une véritable voie de garage et non une vraie possibilité à long terme (en particulier si on pense au lien de confiance qui ne cesse de se dégrader même en excluant internet de la donne) .

    J’avais écrit un billet sur le sujet de la déontologie et d’un journalisme « qualitatif » il y a un moment, un billet assez brutal mais à mon sens plutôt en accord (sur certains points du moins) avec les visions du journalisme et de la déontologie, visions que vous développez sur votre blog depuis sa création, alors je pose le lien : http://moktaramablog.over-blog.com/article-25957670.html

    Aliocha : l’alternative soit elle se dilue soit elle devient autre chose ne me convient pas, dans sa première branche. Pour de multiples raisons. D’abord parce que la presse est loin d’être aussi déméritante qu’on veut le faire croire, ce que j’essaie de montrer sur ce blog. Ensuite, parce que ceux qui tiennent ce discours argumentent sur des apparences de réalité plus que sur des faits, utilisent des arguments parfaitement erronés comme celui relatif au monopole ou encore à l’indépendance, parce qu’ils le font au nom d’une idéologie lourdement contestable et d’intérêts égoïstes qui le sont plus encore, parce qu’ils prônent des systèmes genre « tous journalistes » totalement aberrants en jouant sur un populisme de bon aloi et les fantasmes de quelques uns. Alors je vais le redire une fois de plus : que tous ceux qui pensent être meilleurs que les journalistes mouillent la chemise, ouvrent leur portefeuille, investissent vraiment de leur temps et montent des entreprises de presse. Rien le les y empêche. Qu’ils montrent ce qu’ils savent faire au lieu d’attendre dans leur fauteuil qu’on reconnaisse leur génie fulgurant. Et surtout, surtout, qu’ils foutent la paix à la presse. Permettez-moi de croire davantage aux actes qu’aux grands discours. En matière économique, et il se trouve que la presse est un secteur économique, les grandes idées ne servent à rien, ce qui compte c’est la réalité. Au demeurant, j’observe que le fameux journalisme de lien de Narvic est un sans doute un échec puisqu’il a fermé son blog. Le « tous journalistes » l’est aussi, Marianne l’a testé. Voilà déjà deux idées géniales qui se sont heurtées à la réalité. Et ce n’est que le début.

    Commentaire par Moktarama — 14/01/2010 @ 23:35

  12. « Aliocha : Rappelez-moi combien coûte un abonnement à Eolas ? »

    Je vous ai déjà bassiné avec mes histoires d’absence d’un système de paiement à l’article qui serait le sauveur de la presse, et même le support de son éventuel renouveau. Eolas publie gratis, mais je suis certain que si ses billets informatifs (au diable le thé et le foutchebol) étaient payants, par exemple 20ct pièce ils lui rapporteraient des sommes considérables.

    Et puis rappelez-moi combien coute la consultation du Monde.fr ? A peu près la même chose qu’Eolas, donc aujourd’hui les deux sont clairement en concurrence pour le commentaire de l’actualité. Vous aussi d’ailleurs, que je préfère lire plutôt que les pages Medias de la presse traditionnelle. 😉

    Aliocha : c’est gentil mais vous avez tort de me prendre pour une alternative aux pages médias traditionnelles. Contrairement à mes confrères journalistes spécialisés dans les médias je ne donne pas de l’information mais je commente et tente d’expliquer, c’est sans doute complémentaire. La différence, c’est qu’on peut se passer de mes commentaires, pas de leurs informations.

    Commentaire par Emmanuel — 14/01/2010 @ 23:49

  13. @Emmanuel: Vous mettez l’accent sur l’absence de système de micro-paiement qui fonctionne…

    Commentaire par DM — 15/01/2010 @ 07:46

  14. @ Emmanuel :

    Rappelez-vous qu’Eolas livre ses analyses et avis d’expert sur l’actualité en se basant sur ce qu’il en connaît via la presse. Il l’a dit lui-même plusieurs fois, et la plupart des gens que vous appréciez lire sont de gros lecteurs de la presse quotidienne il me semble. Pour être un tant soit peu (bien) informé aujourd’hui, je ne crois pas qu’on puisse se passer d’elle.

    Commentaire par Gwynplaine — 15/01/2010 @ 08:52

  15. Oui, narvic a fermé narvic.fr parce qu’il a estimé avoir atteint les limites d’un journalisme de liens.

    Pour ma part, j’ai quelque peu regretté sa décision, car ce blog était un blog que je consultais régulièrement.

    Vous avez fréquemment dit qu’une des fonctions du journaliste (professionnel) était le fait de trier et de hiérarchiser. Je n’arrive pas à savoir si les journalistes (professionnels) en sont eux-mêmes si convaincus. Ou plus précisément, je nourris toujours la vague impression que cette fonction reste peu élaborée, peu pensée. Les journalistes (professionnels) me semblent souvent « suivre le flot » de sorte que l’émergence d’une information donne l’impression de n’avoir été décidée par personne en particulier. Elle pousse comme une plante, lorsque les conditions extérieures qui le permettent sont réunies.

    D’où la notion d’écosystème de l’information, qui, pour ma part, me semble être une notion pertinente.

    (A ce propos, vous n’y comprenez rien parce que vous l’envisagez comme un projet de fond. Ce n’est pas cela. Tschok appellerait cela un « modèle pour penser avec ». Et c’est un modèle qui, à mon sens, ne décrit aucunement le fond de ce qui constitue le travail de journalisme (professionnel), c’est un modèle pour penser, non pas les objets, mais les liens entre les objets. C’est une science de la connexion et – surtout – de l’interdépendance. C’est une représentation médiologique, qui, comme tout modèle, ne démontre rien, mais peut permettre de relier entre elles des données dont la connexion n’était pas forcément apparente. Fin de la parenthèse.)

    Sur narvic.fr, je trouvais des liens vers une foultitude de sites, références, blogs, articles, images etc, reliés à la thématique du site. Ce n’était pas une mauvaise idée. Il a (avantageusement) remplacé google sur cette thématique pendant le temps que le site a duré. C’était un site qui collectait des données pertinentes relatives à un sujet de réflexion, triées par une personne dont les opinions particulières pouvaient en outre être suivies sur novovision. J’avais trouvé sa démarche intéressante, et riche.

    Il a eu une idée, il l’a testé. Il lui a semblé que l’idée, au final, ne tenait pas la route – il l’a expliqué, a fermé le site, a repris le blog, mais différemment. Sur twitter également, sa démarche a évolué. Il l’a beaucoup utilisé, a retourné l’instrument sous toutes ses facettes, s’est dit qu’il en trouvait également les limites, et en a expliqué les raisons.

    Narvic procède par « trial and error », et personnellement, je prends plaisir à le suivre dans cette démarche.

    Il trouve, s’enthousiasme, farfouille, explore, cherche à nouveau, se goure, rebrousse chemin. Et lorsqu’il se dit qu’il s’est trompé de voie, il le reconnait, l’explique, arrête, et reprend différemment. Face un nouvel outil qui le passionne, il n’est ni inactif, ni passif. Et ses positions sont suffisamment argumentées pour laisser tout un chacun libre d’adhérer ou non à des thèses qu’il n’impose à personne, et qu’il discute volontiers.

    Ses sites ont toujours été des labo, des chantiers – work in progress – ce que j’ai toujours trouvé intéressant. C’est une façon d’exploiter, là encore, Internet, et sa faculté « d’empiler » le temps. (Une partie de la blogosphère scientifique discute actuellement de la façon dont cela pourrait structurer les controverses scientifiques également).

    Aliocha, parfois, je souhaiterais vous voir changer de focale, très franchement.

    Aliocha : alors disons nous adieu car ça n’arrivera pas. Je trouve très intéressant de réfléchir, lancer des idées, tester des évolutions, mais je trouve en revanche parfaitement inadmissible de faire à chaque fois un procès à la presse dans des termes d’une violence rare parce qu’elle ne suit pas ces idées, avant d’avouer ensuite très discrètement qu’elles ont mené à l’échec ces belles idées, sur le mode « mais euh, 😉 bon 😉 hein 😉 c’était pour rire, pour tester 😉 « . Intellectuellement voyez-vous, ça me dérange. Et puis il y a une autre chose qui me dérange, c’est quand les idées prennent le pas sur la réalité, pire quand elles prospèrent en dépit des évidences. Mais bon, depuis que je sais que vous aimez la science fiction, je ne m’étonne plus que vous appréciez Narvic 😉 Pour ma part, et c’est sans doute une regrettable déformation professionnelle, je m’obstine à observer la réalité, c’est ça qui m’intéresse. Je laisse à d’autres le soin de rêver un futur improbable.

    Commentaire par Fantômette — 15/01/2010 @ 11:48

  16. @Aliocha.

    En fait, je crois que le plus gros désaccord entre nous (et probablement d’autres) c’est que vous assimilez bons_journalistes -> tous_les_journalistes -> les_groupes_industrielles_de_presse -> la presse et vous défendez bec et ongle la presse en ayant dans votre rétroviseur les bons_journalistes.

    alors que vous défendez, en même temps, les groupes industriels véreux qui font de la désinformation et de la propagande, aux ordres d’un empire économique ou politique, en pensant le temps triera le bon grain de l’ivraie. Ce qu’il me semble c’est que l’ivraie envahit et tue le bon grain, et tous vos commentaires sur la communication ne fait que renforcer cette situation.

    Il me semble alors suicidaire de vouloir défendre globalement un système qui montre dans la réalité ses limites. Le mode de fonctionnement ou un journaliste l’était car un journal le trouvait suffisamment compétent pour l’être ne vaut que si le « journal » était un maître étalon de ce que devait être le journaliste. Il me semble bien qu’actuellement, dans la majorité des cas, le journaliste doit se battre s’il veut faire de la vrai information et que le journal, en tant que maître étalon du faire_bien est denrée plutôt très rare. Je ne parlerais pas de la presse de mode et sa plublicité assortie qui a probablement été plus ou moins responsable (mais pas coupable) de décès de jeunnes filles voulant peser 35 kg pour faire comme sur la photo de mode (en fait si j’en ai parlé, car c’est celà aussi la presse) .

    Maintenant, chacun « défend son bout de gras ». Vous me faites pensér aux nouveau convertis, avec cette flamme fougueuse qui brille en dehors de tout, « parce que c’était lui, parce que c’était elle », et qui ne regarde pas autour si cette flamme n’est pas un peu démesuré par rapport à l’object du délit (ou du désir).

    Aliocha : « vous défendez, en même temps, les groupes industriels véreux qui font de la désinformation et de la propagande, aux ordres d’un empire économique ou politique », fichtre donnez-moi vite des noms, des faits, des dates !

    Commentaire par herve_02 — 15/01/2010 @ 12:43

  17. De l’éternel débat de l’accessibilité de la carte de presse aux « non-journalistes »:

    Deux situations s’opposent et montrent – selon moi – que c’est une problématique loin d’être évidente d’un coté comme de l’autre.

    – La carte de presse ne sert à rien: C’est tout à fait vrai. Le « vrai » journaliste n’a pas besoin de sa carte de presse pour prouver qu’il en est un. Les relations et contacts avec ses différentes sources n’ont pas besoin d’une carte de presse pour justifier sa pertinence à s’exprimer sur un sujet. Sa vrai carte de presse, c’est les articles qu’il a/aura déjà écrit, que ce soit sur le web ou dans un papier (tous les pigistes ne sont pas nécessairement journalistes d’ailleurs …). Si l’on résume bien, dans le monde que doit côtoyer un blogueur-journaliste (comprendre une personne n’étant pas journaliste de profession, mais couvrant néanmoins l’actualité et _créant_ l’information – par opposition à un simple role d’éditorialiste/commentateur passif), la carte de presse n’apporte rien.

    – La carte de presse est nécessaire: C’est tout à fait vrai. La carte de presse apporte une légitimité vis à vis des acteurs indirects. Pour l’avoir vécu directement, l’absence de journaliste, pour autant que l’on commence à atteindre certaines sphères ‘publiques’ est nécessaire pour y avoir accès. Sans, c’est beaucoup plus compliqué, il est bien souvent nécessaire de s’en remettre à Mme l’attachée de presse – que je sais combien notre hôte tient en admiration, pour prétendre obtenir des informations/pénétrer dans des zones réservées. Avec, bon nombre de portes vont accepter de s’ouvrir. Parce que c’est un sésame précieux, rare et officiel, qui reconnait la valeur même de son porteur dans la société.

    Alors que faire ?
    Dans le premier cas, on est bien souvent dans le journalisme spécialisé, technique, et d’un milieu bien précis. Les acteurs sont limités, la nécessité d’une carte est donc rarement absolue.
    Dans le second cas, on est bien souvent dans le journalisme général, politique et publique, qui est dans un milieu au contraire soumis à de nombreuses contraintes policées. La nécessité d’une carte devient dès lors primordiale, ne serait-ce que pour montrer « carte blanche » aux autorités.

    Le drame dans ces histoires, c’est que finalement il n’y a pas de solution simple. Peut-être manque-t-il une carte de « journaliste-blogueur » ? Sans nécessairement tous les avantages fiscaux des journalistes (qui sont loin d’être négligeables), mais avec une certaine reconnaissance « publique » du rôle d’informateur (dans le sens ‘créateur d’information’) que va jouer son porteur ?

    Car lorsque l’on constate que des Secrétaires de Rédaction disposent de carte de presse, mais que des journalistes spécialisés techniques n’en n’aient pas – sous prétexte qu’ils ne gagnent pas assez par des piges payées par des entreprises de presse, ou bien qu’ils publient des informations sous pseudo/sans rétribution, c’est déjà comprendre les reproches que font les « blogueurs » vis à vis des journalistes encartés 🙂

    Aliocha : et encore, c’est pas gagné quand vous avez la carte de presse. Au Palais de justice par exemple, l’entrée des professionnels est réservée aux gens de justice et aux membres de l’association des journalistes de la presse judiciaire. La carte de presse ne sert à rien, il faut entrer par la porte dédiée aux touristes pour la Sainte chappelle et aux personnes convoquées par la justice. A l’Elysée, il faut être accrédité, la carte de presse ne suffit donc pas. Dans certaines manifestations internationales de chefs d’Etat, il faut être accrédité et aussi signer une déclaration selon laquelle on s’engage à évoquer les débats sans citer les personnes nommément (ce que je refuse personnellement, je boycotte donc ce genre de manifestations, soit on accepte les journalistes, soit on les refuse mais on ne leur dicte pas leurs méthodes de travail). Vous voyez, la carte n’est pas la panacée. Il me semble qu’au lieu d’embêter la presse, les blogueurs auraient tout intérêt à développer leur propre modèle et à revendiquer le droit d’accès à des manifestations par définition publiques puisque ouvertes à la presse. A ce niveau, il n’y a aucune raison valable d’opérer une discrimination.

    Commentaire par Bob — 15/01/2010 @ 14:58

  18. […] This post was mentioned on Twitter by Rémi Brossard, Moktarama. Moktarama said: Aliocha va encore énerver @narvic : "De l’utilité de maintenir la spécificité de l’information journalistique" http://bit.ly/4AVCXc […]

    Ping par Tweets that mention De l’utilité de maintenir la spécificité de l’information journalistique « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 15/01/2010 @ 17:22


  19. @Aliocha: « Vous voyez, la carte n’est pas la panacée. Il me semble qu’au lieu d’embêter la presse, les blogueurs auraient tout intérêt à développer leur propre modèle et à revendiquer le droit d’accès à des manifestations par définition publiques puisque ouvertes à la presse. A ce niveau, il n’y a aucune raison valable d’opérer une discrimination. »

    Que la carte ne soit pas la panacée, j’en suis bien conscient. Qu’elle n’ouvre pas toutes les portes est évidemment un fait. Néanmoins, elle en ouvre toujours plus que celui qui n’a pas du tout de carte 😉 L’association des journalistes de la presse judiciaire (et ce n’est d’ailleurs pas la seule association de ce type et qui dispose de tels ‘privilèges’) est par contre réservée aux journalistes dotés de carte de presse. Est-ce réellement légitime ?

    En revanche, et c’est là où je ne suis pas d’accord, c’est que les blogueurs ne pourront jamais seuls arriver à développer leur propre modèle et revendiquer de tels droits d’accès. Ils n’en n’ont pas le pouvoir ni l’influence (contrairement à ce que les journalistes veulent croire, les blogueurs n’ont pas forcement tant d’influence que ca): D’autant que certains vont bien souvent se comporter sans trop de jugeote (confer le dernier billet d’Authueil sur les Geeks) Et nous ne sommes pas non plus aux US, ou le règne du free press impose des ouvertures à n’importe qui pour peu de s’accréditer en amont. Ce qui est loin d’être le cas en France !

    Les journalistes et les blogueurs auraient donc intérêt à réfléchir ensemble sur quel place se donner les uns les autres pour que chacun se reconnaisse à sa propre valeur et ne pas faire des oppositions stériles d’un coté et de l’autre.

    Commentaire par Bob — 15/01/2010 @ 18:13

  20. Reconnaître ses erreurs publiquement, sans offrir sa poitrine nue aux balles d’un peloton armé, vous trouvez cela intellectuellement dérangeant. Sans blague ?

    Notez, du coup, je comprends mieux que votre rubrique « mea culpa » ne comporte qu’un seul billet.

    Rajoutez à cela votre bonne résolution pour 2010, puisque vous nous avez promis d’être un peu moins critique envers la presse, qui ne méritait effectivement pas ce billet hargneux de (attendez, bougez pas que j’vérifie la date…ah oui) septembre 2008.

    Ralala. Et après vous allez nous soutenir qu’il ne faut pas voir dans votre démarche QUOI QUE CE SOIT de militant… pfff !

    PS : Faites gaffe avec la réalité. C’est un puissant hallucinogène – comme disait Emile Ajar (qui s’y connaissait, en réalité).

    Aliocha : vous me décevez.

    Commentaire par Fantômette — 15/01/2010 @ 19:29

  21. @moktarama : la dotation à la presse écrite dans le PLF 2010 s’élève à 419 millions d’euros et non 900 millions comme vous l’indiquez. C’est ici : http://www.senat.fr/commission/fin/pjlf2010/np/np17/np17_mono.html
    J’ajoute qu’une grande partie de ces aides correspondent à des réductions de tarifs postaux et transport SNCF.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2010 @ 22:18

  22. 95% des informations nouvelles viennent des médias traditionnels (étude américaine) : http://monecranradar.blogspot.com/2010/01/la-presse-old-school-donne-toujours-le.html

    Les internautes sont prêts à payer pour la musique, les vidéos et la presse sur le web, mais pas pour les blogs : http://blog.lefigaro.fr/medias/2010/01/contenus-payants-lechelle-des.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2010 @ 23:02

  23. en réponse à Aliocha sous 16 :

    http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-04-28/nouveaux-indices-compromettants-pour-julien-coupat/920/0/338796

    2 secondes de recherches. la lecture est _édifiante_ pas étonnant que le dictateur veuille donner des subventions pour que ce type de presse puisse continuer sans lectorat.

    Aliocha : le fait que la presse fasse trop confiance à la police et à la justice n’est pas nouveau. Votre article montre juste qu’elle n’est pas plus infaillible que la police ou la justice.

    Commentaire par herve_02 — 17/01/2010 @ 14:59

  24. Mais, Aliocha?

    Vous même, vous fonctionnez de la façon que vous décrivez dans votre réponse à Fantômette, sous son com 15 (pour la fustiger).

    Simplement, vous le faites sur un autre mode, plus intellectuel (plus théorique) et moins expérimental que Narvic. Mais dans le fond c’est la même méthode, mais sur la base d’un support unique (votre blog).

    Vous êtes plutôt au niveau de la manipulation de l’idée (manipulation est un mot qui vous définit assez bien, non pas que vous soyez particulièrement manipulatrice, mais plutôt que la manipulation est au centre de vos préoccupations).

    (C’est pas un reproche, hein?)

    Aliocha : épargnez-moi voulez-vous les analyses personnelles sauvages qui dérapent trop souvent dans l’attaque ou le procès d’intention. Ceci est un lieu de débat, pas un divan de psychanalyste.

    Commentaire par tschok — 18/01/2010 @ 10:00

  25. @ aliocha

    Alors, précisément, dans le cadre d’un débat, il vaudrait mieux que vous fassiez un peu plus abstraction de la personne de vos interlocuteurs, à mon avis. Oubliez ce que vous savez, ou pensez savoir de moi. Concentrez-vous sur le fond.

    (Vous êtes totalement passée à côté du com de tschok, je pense que vous y avez lu à peu près l’inverse de ce qu’il y a écrit).

    Bon, de toute évidence, le mot « militantisme » fait systématiquement déraper la discussion dès qu’on l’emploie.

    Personnellement, je ne vois pas bien pourquoi, on peut militer pour des causes justes, après tout. Mais bon, on va laisser tomber cette terminologie.

    On va parler de « partialité », plutôt.

    Vous avez plusieurs fois expliqué que l’avantage de laisser un journaliste parler de sujets dont il n’est pas expert lui-même, c’est qu’il permet un regard plus impartial que celui de l’expert de ce sujet, qui est certainement plus compétent, mais également partial. J’en conviens. Je vous rappelle même ce que j’ai déjà eu l’occasion de vous dire (vous pourrez le réutiliser à votre avantage, quoique dans mon souvenir, à l’époque, ça ne vous avait pas convaincue) : on peut être partial et avoir raison.

    Donc, ici, puisque le fait d’être qualifiée de militante vous déplait, disons que vous êtes « partiale », comme étant l’une des partie directement concernée par le débat. Je retire le mot « militantisme ». OK ?

    Maintenant, comme je vous l’ai dit – et vous le répète (on n’est jamais trop prudent) – ce n’est pas parce que l’on est partial que l’on est dans l’erreur, ou l’irrationalité.

    Bien entendu, ce n’est pas d’avantage l’indice irréfutable qui établit que vous êtes dans le vrai, faut pas déconner non plus.

    Donc, en réalité, la partialité des participants à un débat n’est pas nécessairement un problème en soi.

    MAIS.

    Elle ne dispense pas d’argumenter logiquement et d’articuler des raisonnement et contre-raisonnements. Je vous rappelle que je vous ai donné des pistes de réflexions pour critiquer la position de Narvic. A mon avis, il a une lecture des textes qui n’est pas forcément juste. Elle n’est pas forcément fausse non plus, notez bien. Son interprétation n’est pas idiote. Mais je pense tout de même que d’autres lectures sont possibles.

    Simplement, lorsque j’évoque cette question, vous me dites que ça ne vous intéresse pas de voir ça dans le détail, et que le sujet vous ennuie.

    Du coup, j’en déduis qu’en réalité, vous n’êtes pas une optique de « démonstration » mais bien plutôt dans le registre d’un « affichage », d’une affirmation.

    Quel est votre objectif exactement, lorsque vous vous lancez dans ces querelles au sujet des blogs, la presse, tout ça ?

    Vous voulez démontrer quelque chose, ou simplement afficher votre désaccord ?

    Aliocha : je vous redis ce que j’ai dit à Tschok, je n’entends pas que les discussions dérapent sur ma personne, mes intentions et autres foutaises de ce genre. Je trouve d’ailleurs que c’est assez inédit comme dérapages ici. Sans doute y ai-je donné prise par une fâcheuse tendance à vouloir contrebalancer l’anonymat par la plus grande transparence sur ce que je pense et ce que je suis. Mais je m’aperçois que c’est un puits sans fond que de s’expliquer et que par ailleurs, cela donne surtout prise à certains pour m’attaquer de manière plus ou moins élégante.

    Commentaire par Fantômette — 18/01/2010 @ 13:00

  26. Eh merde! Putain, Aliocha!

    C’est systématique.

    Quand on se situe dans le domaine des idées et qu’on s’oppose à vous, vous réagissez perso. Y compris sous la ceinture (et vous n’avez pas plus de scrupules que n’importe qui d’autre, ne croyez pas cela: vous n’êtes pas une référence en matière d’élégance).

    Et quand on veut aller au delà du perso, vous nous opposez le divan(Freud…).

    Et quand on se réfère au texte, vous répondez qu’on a mal compris.

    Par exemple, moi, à vous lire, comme bien d’autres, j’ai été un con. Je vous ai mal compris. Plein de fois. Pourtant vous avez écrit ce que vous vouliez dire. Mais, coup de sifflet de l’arbitre! j’ai mal compris. C’est moi le problème, finalement, à vous lire. Le lecteur est le problème. Le journaliste est bien, mais son lecteur est con.

    Comme avec le pape. A chaque fois qu’il l’ouvre on comprend mal. Heureusement, Koz veille. Sentinelle du bon goût sur les remparts de la liberté (de son expression). Et vous pareil. A chaque fois, on a mal compris: putain, on est cons. Bien sûr. Je lis Philarête et il m’explique à quel point j’ai mal compris. Comme avec Bush, finalement. C’était un mec bein.

    Nous, on est des cons, on comprend tout de traviole (merde! J’ai pas lu tout Saint Thomas!).

    Mais vous, vous avez un niveau à bulle (papale). La ligne de visée, vous ne la perdez jamais de vue.

    Eh oh?

    Ca suffit, oui.

    Très bien vous avez votre idée. Exprimez là. J’écoute et je ne suis pas le seul.

    Mais voilà ce qu’elle a donné à la réception: autre chose que ce que vous pensiez. C’est pas un drame. On a le français pour s’expliquer et le temps qu’on se donne pour se comprendre.

    Ca vous plait pas?

    Ben, faites comme Narvic, changez de support.

    Les pigeons voyageurs sont libres en ce moment. Ca donne au moins le temps du voyage pour peser ses mots. Et en plus c’est le pigeon qui porte, alors.

    Commentaire par tschok — 18/01/2010 @ 14:34

  27. @Aliocha sous 23

    Mais bien sur …. je vais y croire.

    Si la presse raconte la version de la police, a quoi sert-elle ? (la presse hein, pas la police)

    Commentaire par herve_02 — 18/01/2010 @ 15:48

  28. Bonsoir Aliocha,

    je reste un peu décontenancé par cette affirmation :

    « L’information journalistique est produite par des journalistes, c’est-à-dire des professionnels qui tirent l’essentiel de leur rémunération d’une activité de traitement de l’information pour le compte d’une entreprise de presse. »

    Si je traduis cela dans un domaine que je connais cela donne :

    « La science est produite par des scientifiques, c’est-à-dire des professionnels qui tirent l’essentiel de leur rémunération d’une activité de recherche scientifique pour le compte d’une institution académique. »

    Si cette définition couvre la quasi-totalité de la production scientifique, elle a le défaut d’exclure les quelques amateurs sérieux qui participent réellement (et parfois significativement) à l’avancée des connaissance.

    Je trouve ce genre de définition circulaire un peu réductrice. Et si elle a le mérite de la clarté, elle ne me convient pas dans la mesure où elle identifie une activité à la profession qui la pratique (ce qui me semble être le début du corporatisme).

    Bien à vous

    Tryphon T.

    PS : imaginons un employé d’un fond d’investissement (c’est un exemple) qui constate que des irrégularités ont lieu dans son entreprise. Il ne dit rien dans un premier temps, accumule des documents, et monte un dossier qui met en évidence une fraude organisée. Cet employé trouve le moyen de publier le résultat de son enquête dans un grand journal national (qui, constatant le sérieux du travail et son intérêt, accepte de publier le dossier). Cette personne a produit une information. Est-elle de nature journalistique ?

    Commentaire par professeurtournesol — 18/01/2010 @ 23:08

  29. Bonsoir
    Je vais tenter d’apporter un peu de soutien à Aliocha, en tant que collègue journaliste.
    Tout d’abord merci pour ce billet. En tant que journaliste, ça fait du bien que de temps en temps sur le net, quelqu’un défende notre profession, car on finirait par culpabiliser d’exister, et surtout, on finirait par croire qu’on fait tous du mauvais travail, en tout cas, qu’on le fait moins bien que les blogueurs.
    Etant dans la presse informatique, j’ai vu très tôt apparaître l’interférence des blogueurs dans mon métier.
    Des sociétés high-tech comme Orange se sont mises soudainement à préférer inviter des blogueurs aux présentations de futurs produits, autorisant parfois les journalistes à venir aussi. Véridique.
    L’utilité de la carte de presse fait débat même au sein de la profession. Cependant il faut savoir que c’est une obligation légale pour une entreprise de presse que d’employer des titulaires de la carte de presse (article 6 de la convention collective).
    Ensuite, il y a une chose que vous mentionnez mais qui n’a pas été remarqué par vos lecteurs (trices) c’est qu’un journaliste fait partie d’un journal. On lit le blog d’une personne mais on achète un journal. Ce n’est pas une petite nuance. Un journal c’est toute une équipe, du rédacteur au rédacteur en chef, en passant par la secrétaire de rédaction, le ou la maquettiste, l’icono, ou bien webdesigner, etc. Sans oublier le directeur de la rédaction garant de la ligne éditorial et aussi de la séparation rédaction/régie pub.
    Bien sûr tout n’est pas parfait, les journaux ne sont pas tous très originaux dans le choix ou le traitement des sujets, mais ils garantissent une qualité égale d’un bout à l’autre de leur journal. Tous les articles sont passés par les mêmes filtres : écriture, relecture, mise en page.
    Et grâce au statut d’entreprise de presse, les journalistes profitent de la protection de leur source, de la loi sur la liberté de la presse. C’est ce qui permet une certaine résistance aux pressions extérieures, et donc une certaine prise de risque. Oui j’ai mis certaine. Parce qu’évidemment, rien n’est simple, mais il n’empêche que c’est une possibilité que n’ont pas les blogueurs.
    Je vous rappelle aussi que très récemment, la corporation de la publicité a rappelé à l’ordre les blogueurs, sur les billets sponsorisés, exigeant que cela soit signalé clairement. Et oui, comme dans vos journaux. Et je peux vous dire que lorsque la régie pub d’un journal laisse passer une publicité qui se confond trop avec le reste du journal, ça hurle dans les rédactions. Toujours.
    Voilà, je vais faire suivre votre article Aliocha et j’espère que des confrères et consoeurs viendront vous soutenir.
    La presse vit actuellement une révolution, qui laisse beaucoup de monde sur le carreau. Trouvons les moyens de l’en sortir, sans pour autant jeter aux orties ses acquis.

    Aliocha : merci de votre intervention, il est vrai que je me sens parfois un peu seule. C’est dommage, nous avons tant à dire sur le métier et surtout tant d’idées fausses à corriger.

    Commentaire par Karine — 22/01/2010 @ 23:27

  30. petite précision : c’est la Federal Trade Commission qui a exigé cela des blogueurs, et au contraire, la corporation de la publicité sur internet s’en est ému : http://www.neteco.com/305760-blogueurs-sponsorises-iab-annonceurs-oppose-ftc.html

    Commentaire par Karine — 22/01/2010 @ 23:35

  31. « Les journalistes » : Ah cette généralisation ! Le champ journalistique est traversé de contradictions et de luttes internes. Mais à quoi bon vous le répéter ?

    Tenez, si vous avez le temps, faites-nous une interview de Denis Robert, un ancien de « votre » Corporation. Vous ne trouvez pas bizarre que les Gens de « votre » Corporation ne se précipitent pas pour trouver chez lui des éclairages après cette Affaire qui agite l’Elysée ?

    Faites passer le mot à Plenel, Schneidermann, Valdiguié etc.

    Commentaire par Pensez BiBi — 29/01/2010 @ 21:49


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