La Plume d'Aliocha

05/01/2010

Oui aux subventions à la presse en ligne

Filed under: questions d'avenir — laplumedaliocha @ 17:27

Tiens donc, voici que les blogueurs s’en prennent de nouveau à la presse. Cette fois sur le terrain des subventions à la presse en ligne. C’est un scandale, disent-ils. Pour deux raisons. D’abord parce que ça remet en cause l’indépendance de ces sites, ensuite parce que ces subventions n’auraient vocation qu’à maintenir le modèle d’un journalisme professionnel traditionnel moribond, faisant fi des formidables possibilités offertes par Internet et notamment de l’émergence inéluctable du seul vrai journalisme de demain, le journalisme citoyen. 

Le journalisme est mort, vive le journalisme

Ceux qui soutiennent cela ont à coeur en effet de voir disparaître le journalisme professionnel dont ils contestent la légitimité pour permettre à tout un chacun de devenir journaliste, d’en vivre et, ce faisant de devenir des ….professionnels de l’information. Ebouriffante révolution, convenons-en. Il me tarde d’y être puisque, en tant que blogueuse, je pourrai certainement prétendre exercer demain à titre d’ancien amateur devenu professionnel le métier qu’on me conteste aujourd’hui le droit d’exercer en tant que professionnel tout court.  La seule différence, c’est que puisque tout doit être gratuit sur Internet, que la publicité boude et que les subventions sont à bannir, je ne vivrai plus de mon métier. Journalistes, blogueurs, même galère, comme ça, il n’y aura plus de jaloux !

Ce qui motive vraiment nos donneurs de leçons

Plus sérieusement, voilà des années qu’une bande de blogueurs nous répète à propos des éditeurs de presse :  « Ils ne comprennent rien ces vieux imbéciles, ils vont mourir ». Soit. En toute bonne logique, ils devraient donc saluer aujourd’hui le fait que les éditeurs se lancent, qu’ils disposent d’un statut et d’aides publiques. Que nenni, ça ne leur va encore pas. Il est toujours plus facile de critiquer que d’agir et j’attends encore que ces visionnaires auto-proclamés d’un futur technologique forcément radieux me montrent l’extraordinaire modèle économique que ces « imbéciles » d’éditeurs n’ont pas encore trouvé, ni en France, ni ailleurs. Pour l’heure, nos gentils prophètes continuent surtout de se demander s’ils vont perdre leurs lecteurs en cédant à la tentation des billets sponsorisés et finissent par jeter l’éponge ou par installer, dans un ultime espoir de rentabilité, des compteurs à dons sur leur petit blog en attendant que le public se décide à les …financer. Faire la manche est certes l’un des plus vieux réflexes de subsistance du monde, je ne suis pas certaine qu’il figure parmi les plus rentables. Mais bon, que ne ferait-on pas pour donner vie au vieux rêve du blogueur, lequel pourrait être résumé ainsi :  « racontez votre vie dans votre fauteuil et gagnez 3000 euros par jour ».

Retour au sens commun

Bref, les pouvoirs publics longtemps taxés de ne rien comprendre au web décident de créer un statut d’entreprise de presse sur Internet. Fort bien, où est le problème ? Je ne vois personnellement que des raisons de se féliciter. C’est réservé aux professionnels ? En effet. Nous parlons ici de l’avenir d’un secteur économique qui se trouve être en charge, de surcroît, d’une mission d’intérêt général, à savoir l’information. Le fait que certains se lancent dans l’information à titre amateur ne les autorise pas à dicter leur loi à ceux dont c’est le métier. Un léger rappel au sens commun ne me semble pas superflu en l’espèce.  Le gouvernement décide en outre d’accorder à ces entreprises de presse sur Internet des subventions. C’est justifié à un double titre. Premièrement, les entreprises de presse « traditionnelles » sont subventionnées, il n’y a donc pas de raison que les nouvelles ne le soient pas, sauf à vouloir créer une très contestable distorsion de concurrence entre les acteurs d’un même secteur. Deuxièmement, les entreprises de presse sur Internet innovent, par définition. Elles sont les pionnières de l’un des grands médias de demain. Par conséquent, il est parfaitement logique que le gouvernement se préoccupe d’encourager cette innovation, ce d’autant plus qu’elle intervient dans un secteur qui traverse une révolution technologique très difficile.

Le faux problème de l’indépendance

Ah ! Mais l’indépendance de la presse, me dira-t-on. Comme tout le monde, j’aimerais que la presse  puisse se passer de subventions publiques, autant d’ailleurs que de l’actionnariat de groupes industriels dont le coeur de métier n’est pas les médias.  J’observe néanmoins que les subventions versées à l’Humanité n’empêchent pas ce journal de préparer le grand soir contre l’Etat qui le nourrit. Et je ne crois pas le gouvernement assez fou pour imaginer que Rue89 va faire son panégyrique dès que le site aura encaissé son chèque.  Par conséquent, la question de l’indépendance est ici un faux problème. Surtout, je pense que le moment est particulièrement mal choisi pour avoir des états d’âme et s’offrir le luxe de mépriser les subventions. Entre la crise économique générale que nous traversons, celle qui affecte la presse, et la révolution technologique liée à Internet, les subventions dédiées aux acteurs courageux qui tentent malgré tout de créer des entreprises de presse  innovantes sont particulièrement bienvenues. Que cela heurte une poignée de doux rêveurs persuadés qu’Internet va fonder un nouveau monde, c’est tout à fait regrettable, mais c’est le triste lot du rêveur que d’être toujours déçu. Ce que je m’explique moins, c’est le crédit que leur accordent quelques journalistes. Faut-il que la profession soit perdue pour en venir à écouter les diseurs de bonne aventure. Personnellement, j’accorde plus de crédit à un bâtisseur du type Murdoch qui a amplement fait ses preuves, fut-il aujourd’hui âgé, qu’à quelques geeks pratiquant avec une amusante constance l’onanisme intellectuel le plus débridé. Qu’ils montent eux-mêmes des entreprises de presse et montrent l’exemple. Avec toutes les idées géniales qu’ils cultivent depuis des années sur le sujet, c’est sûr, ils feront fortune et en plus ils révolutionneront la presse. Je m’étonne d’ailleurs qu’ils ne se soient pas déjà lancés.

Vous l’aurez compris, non seulement je ne vois rien de critiquable dans le fait d’accepter les subventions de l’Etat, mais je serais tentée d’encourager les sites de presse en ligne à les recevoir avec enthousiasme, pour eux et surtout pour l’avenir du métier qu’ils ont pris en charge sur leurs épaules involontairement en faisant le pari du web. Nous comptons sur eux. Ils ont le devoir de réussir.

Pour aller plus loin : voir le décret du 11 novembre 2009 sur l’aide au développement de la presse en ligne ici, l’article du Monde sur les subventions accordées , les textes relatifs au statut d’éditeur en ligne et enfin le site du syndicat de la presse indépendante d’information en ligne.

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56 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha,

    je ne laisse que peu de commentaires ici, quoique je tente de venir régulièrement lire les billets,

    ce commentaire me semble néanmoins important, au sens où il s’agit d’évoquer un sujet plusieurs fois évoquée ici (et chez Eolas également, naturellement 😉 )

    et pour l’évoquer, c’est simple : il suffit de vous indiquer qu’une loi est parue ce matin au JO intitulée « LOI n° 2010-1 du 4 janvier 2010 relative à la protection du secret des sources des journalistes (1) » (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021601325&dateTexte=&categorieLien=id)

    je n’ai pas eu trop le temps de voir ce qu’elle change, modifie, ajoute, créé…etc etc

    mais je ne doute pas qu’elle sera commentée ici ou là

    Bonne réception et meilleurs Voeux!

    Aliocha : tous mes voeux également et merci, je l’avais oubliée celle-ci dans la bataille. Voyez le commentaire qu’en a fait Olivier Da Lage, ici.

    Commentaire par villiv — 05/01/2010 @ 17:58

  2. Bonsoir,

    2 choses si vous me le permettez ;
    -il me parait un peu outrancier de généraliser le propos des blogueurs dans les écrits de nonovision qui est surement très bien… mais ne représente que lui même (sauf erreur)
    -il parait tout aussi outrancier de résumer le problème par un « le blog fait de l’info, payez moi »

    Là où la presse écrite se démarque et montre sa nécessité de subvention (je ne me renie pas, je pense toujours qu’elle doit mourir si elle ne peut générer assez d’interet par elle meme) c’est dans les moyens qu’il lui faut déployer pour imprimer un journal et le mettre à disposition de tous.

    Que je sache ces moyens en presse internet sont quasi nuls; un serveur, un peu de bande passante, un bon cms gratuit et roulez jeunesse, les moyens sont là.

    Vous avez encore des sous, vous vous faites un petit système d’identification pour quasi peanuts.

    Vous avez encore un peu de sous ? Editez des tee-shirts pour recompenser ceux de vos commentateurs qui veulent bien moderer …

    Passez ça et vous avez l’architecture d’un site d’info en ligne. Avouez qu’en terme de cout ça n’a rien à voir avec la presse papier.

    Reste effectivement le problème du contenu et c’est là que le bat blesse. Du contenu sur internet il est possible d’en faire avec n’importe quel budget (la qualité étant à l’avenant). Et c’est bien le problème.

    Moi ce qui me gêne dans ces subventions, c’est le fait qu’elles soient à moitié cachées (comme la presse papier si j’ai bien compris) et qu’on ne sait qui touche quoi que si ils veulent bien le dire. Autant pour les sites sérieux ça ne me gène pas. Autant je suis gêné juste d’imaginer que peut être des sites comme ceux de jmm touchent de l’argent. Ou Marianne2.fr qui me semble plus proche d’un agrégateur de blog que d’un vrai organe d’info…

    Sinon juste un point purement sémantique sur lequel je suis en désaccord; il me semble que demander des subventions c’est aussi mendier, c’est juste plus efficace car une seule autorité force finalement tout le monde à donner

    Commentaire par Karam — 05/01/2010 @ 18:14

  3. Bonjour Aliocha.
    Excellent billet, clair et argumenté. Je suis pleinement en accord avec ton analyse.
    Bravo !

    Commentaire par David Medioni — 05/01/2010 @ 18:16

  4. Est-ce possible d’avoir une idée des critères d’attribution de ces fameuses subventions dont tout le monde parle ? Ou en parle t-on sans en avoir aucune idée ?

    Aliocha : oups, sur ce coup-là, j’aurais du mettre le lien, mais j’étais énervée. Le voici. Vous y trouverez un résumé et tous les textes liés au statut. Et, les conditions d’allocation des subventions.

    Commentaire par Fantômette — 05/01/2010 @ 18:19

  5. Je suis assez d’accord avec vous, à quelques nuances près :
    # Les blogueurs auxquels vous faites allusion ne sont pas des « geeks » au sens habituel du terme (amateur d’informatique, de science-fiction et de mangas). Il me semble qu’ils ont plutôt un profil type école de commerce, non? [L’ingénieur informaticien que l’on imagine typiquement derrière le mot de « geek » gagne typiquement bien sa vie dans une SSII et n’a pas à mendier sur Internet.]
    # Murdoch a fait ses preuves dans la presse de caniveau (The Sun, News of the World) et dans la propagande de droite. Ce n’est pas une référence éthique.
    # Si l’Humanité prépare le Grand Soir, alors moi je suis Eddie Van Halen.

    Commentaire par DM — 05/01/2010 @ 18:35

  6. @aliocha si vous avez le temps:
    ce statut est il le seul prérequis à l’obtention des subventions ?
    Peut on avoir des subventions sans ce statut ? Peut on se voir refuser de subvention malgré ce statut ?
    Qui décide, et comment, des montants ?

    Merci

    Aliocha : c’est expliqué ici.

    Commentaire par Karam — 05/01/2010 @ 18:50

  7. En fait, aujourd’hui on en est au journalisme mitoyen: quand la branche du pommier du voisin dépasse du mur, on la coupe.

    Et bien sûr, il y a des tessons de bouteilles à la crête des murs.

    Le citoyen n’a pas grand chose à voir là dedans.

    Le contribuable, en revanche, est sollicité… quand le consommateur fait défaut.

    Le problème étant que dans notre imaginaire républicain ces trois personnes n’en font qu’une, alors que dans la réalité, ce n’est plus exactement le cas.

    Il est donc tentant de faire payer au contribuable les errements du citoyen lorsque le consommateur ne génère pas les profits attendus.

    Jusqu’à présent, seules les banques, le complexe militoro industriel, l’agriculture, les syndicats et la multitude des bénéficiaires de rentes de situation parvenaient, dans ce capitalisme à la française où la puissance publique et privée se rejoignent à tous coups pour faire payer les autres et accomplir un exploit qui suppose de notre part un certain avachissement.

    C’est pourquoi je suis heureux, au nom de tous ceux que les huissiers poursuivent, de vous souhaiter la bienvenue dans ce vaste club des parasites, auquel on me refuse l’entrée au motif que je ne suis certes pas assez riche, mais pas non plus assez pauvre.

    Je suppose, Aliocha, que vous aurez en plus des doléances.

    Vous voudrez être respectée. C’est bien naturel. On donne ce droit à toute victime, les yeux fermés. N’en ayez pas honte.

    Merci, donc, de m’indiquer ce que vous souhaitez que l’on fasse, en plus de payer.

    J’ai une très belle collection de plumes d’autruche et nous réunissons, avec d’autres connoisseurs, tel Napoléon avant la campagne de Russie, des divisions de rectums que nous nous employons à entrainer à l’exécution d’un numéro de claquettes qui ne tardera pas à être réclamé par Broadway.

    J’espère que le tout vous plaira.

    Mais gardez en mémoire que les banquiers, le fisc et les caisses sociales, la compagnie des eaux, ce qui reste d’EDF et de GDF, les éoliennes, les marins pêcheurs, l’A400 M et son grand frère l’A 380, sont passés avant vous. Que ceux qui vous ont brûlés la politesse, et que je ne cite pas, me pardonne de les avoir oubliés.

    Je tape les mendiants dans la rue et je me fais fort de vous transmettre le produit de l’obole. C’est une juste contribution à laquelle il ne faut pas oublier de les convier.

    Pour me donner du courage, je croque à pleine dent un sandwich néerlandais.

    http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2009/04/04/deux-paradis-fiscaux-pour-le-%C2%AB-sandwich-neerlandais-%C2%BB/

    Commentaire par tschok — 05/01/2010 @ 18:55

  8. Aliocha, je crois connaître votre position et votre avis, mais quitte à critiquer les idées de certaines personnes, autant être plus justes dans les intentions qu’on leur prête et dans les constats.

    Concernant l’indépendance, Pierre Chappaz écarte la question (http://www.kelblog.com/2010/01/presse-sid%C3%A9rurgie-20-.html), à raison, et Narvic ne dit pas non plus qu’il y a un risque pour l’indépendance des rédactions. En revanche, le manque de transparence sur les sommes et l’usage jette un doute sur la profession, dont le métier est d’informer… et qui pour le coup joue l’opacité (à l’exception notable d’@SI, qui a refusé les aides, et de Rue89 (Pierre Haski explique à peu près l’usage des fonds : http://www.rue89.com/making-of/2009/12/30/letat-decide-de-financements-aux-sites-dinformation-en-ligne-131784). Voilà qui porte atteinte à la crédibilité des médias, qui doivent dire mais ne disent pas, et qui rajoute un soupçon de corporatisme. Ce qui est problématique, non ?

    Un autre point de la critique chez ceux qui vous énervent, c’est la subvention non pas en tant que telle si elle devait servir à l’adaptation, mais comme mise sous perfusion permanente. Si les fonds servent à investir, c’est une bonne chose, s’ils deviennent budget de fonctionnement c’est l’équivalent d’une dette régulièrement apurée par un créancier oublieux. Dans une économie de marché, et même à l’échelle d’un Etat et de ses finances, c’est une dangereuse pente. Il me semble par ailleurs que certains patrons de presse, prompts aux discours très libéraux et très critiques sur les interventions de l’Etat qui déforment honteusement le marché (les noms sont connus, pas besoin de les nommer) ferment bien vite les yeux quand l’Etat propose un gros chèque. Comme cohérence idéologique, c’est pour le moins étrange…

    Bien sûr, que la presse en ligne soit traitée équitablement par rapport à la presse papier est bien normal, et il n’est pas question de subventionner l’une et non l’autre. C’est d’ailleurs pour combler cette asymétrie que le Spiil s’est constitué, pour que les « pure players » du web soient traités équitablement par rapport aux médias doubles (Le Monde et Lemonde.fr, par exemple). Le problème soulevé, c’est plutôt : quelle est la clé de répartition des subventions ? Sur quel critère : le nombre de visites, la fréquence de publication, l’ancienneté, le nombre de salariés ? Si vous avez des détails, ça m’intéresse, et sans doute beaucoup de monde aussi.

    Sur le constat : « Les entreprises de presse sur Internet innovent, par définition » me paraît infondé. Les médias en ligne ont mis du temps avant d’intégrer des pratiques « innovantes » que le web social et ses utilisateurs avaient déjà intégré : du contenu multimédia (pas seulement du son et de l’image statique ou mouvante, je pense aux cartes interactives, ) la prise en compte des commentaires (pas seulement donner la possibilité d’en laisser, corriger les articles suite à une remarque utile, répondre aux interrogations des lecteurs, voire leur donner davantage la parole), multiplier les liens externes (cela a été longtemps un tabou), faciliter le partage des contenus ailleurs (permettre la diffusion en quelques clics sur d’autres plateformes, permettre la reprise des vidéos…).

    Enfin, si la boutade « eux qui sont si malins, qu’ils créent une entreprise de presse », soit c’est mal connaître les personnes que vous critiquez, soit c’est une mauvaise blague : ils n’ont jamais formulé pareil souhait que je sache. Je sais bien que je pose davantage de questions que je n’apporte de réponses, mais disons que le débat m’intéresse et qu’il vaudrait mieux qu’il soit sain, ce qui ne veut pas dire sans frictions ni parti-pris.

    Aliocha : Evoqué par vous, le débat est sain et intéressant. Mais pour avoir lu très attentivement et à plusieurs reprises ceux que j’évoque ainsi que le compte-rendu qu’en fait @si, je maintiens qu’il n’est pas présenté aussi sagement et intelligemment que vous le faites. Car si c’était le cas, je n’aurais pas perdu un temps précieux à rédiger ce billet. Le ton employé, le vocabulaire, la constance dans les attaques ne peuvent qu’attirer une réaction brutale en réponse. Simple parallélisme des formes. J’ajoute que vous soulevez des questions très pertinentes là ou d’autres dressent des procès d’intention. La nuance est de taille.

    Commentaire par [ Enikao ] — 05/01/2010 @ 19:08

  9. En ce qui concerne les entreprises de presse sur Internet, j’ai l’impression qu’elles n’innovent pas en ce sens qu’elles reprennent exactement les formats déjà existants: articles, dépêches… tout au plus font-elles passer des dépêches rédigées à la hâte pour de vrais articles.

    Il y aurait pourtant beaucoup à faire. Des tas de limitations inhérentes au papier sautent quand on fait de l’hypertexte ­- par exemple, on peut donner des références précises à l’appui des faits cités. Au lieu, par exemple, de dire « une étude britannique a montré que… », on peut citer cette étude en faisant un lien directement vers elle ou en note de bas de page – ce qui serait inapplicable sur papier en raison du coût de la page papier.

    On pourrait notamment établir une véritable traçabilité de l’information. Cette traçabilité est capitale, car le conseil souvent répété de « croiser les sources » est difficile à vraiment appliquer si tout le monde se contente de reprendre directement ou indirectement une unique source originale, sans la vérifier. Une erreur chez AFP et Reuters, et des faits erronés circuleront pendant des années, les lecteurs se persuadant de leur vérité parce qu’ils se retrouvent ailleurs.

    Mais, jusqu’à présent, rien de tout cela. J’attends donc des modèles réellement novateurs.

    (Au passage, je ne crois absolument pas aux sites comme wikinews.org pour fournir une couverture comparable à celle de la presse, tout simplement parce que fournir une couverture générale demande d’avoir des personnes disponibles dans la durée, donc des professionnels. Ces sites peuvent cependant aider en couvrant certains sujets. Quant aux blogs, je crois surtout à ceux exprimant un point de vue de professionnel ou du moins de personne bien informée sur des points précis, comme par exemple celui d’Eolas.

    Je ne vois aucun intérêt à la quasi totalité blogs d’opinion, pas plus que je n’en vois à la quasi totalité des éditorialistes de presse. Comme je l’ai déjà dit à Aliocha, qui a approuvé, notre pays souffre d’une survalorisation de l’opinion.)

    Aliocha : Ah ? Moi j’en trouve des liens hypertexte dans les articles, notamment ceux de La Croix et de la presse économique. Laissez leur le temps de s’habituer au support et surtout d’avoir les moyens de leurs ambitions. La plupart des rédactions web sont mciroscopiques et harrassées de boulot. Par ailleurs, si le progrès en matière de presse c’est de faire des billets de blogueurs, sans éditing (titre, chapeau, relance) mais bourrés de liens et rédigés en novlangue, permettez-moi de préférer la presse. La classicisme a du bon 😉 Le vrai problème à mon sens est ailleurs. Je crains que les rédactions web ne cultivent un peu trop le journalisme assis concentré sur une resucée plus ou moins analysée et mise en perspective de ce que d’autres ont déjà écrit. Là est le vrai danger. L’autre danger, c’est de vouloir coller à la culture web au point d’en oublier les règles du métier.

    Commentaire par DM — 05/01/2010 @ 19:32

  10. Allo, Aliocha?

    Aïe! ouille!

    Bon, ben je suis allé tapé les mendiants dans la rue, avec une ramette de papier A 4 et je suis en mesure de vous affirmer sans grand risque de me tromper qu’une certaine catégorie de personnel ne souhaite pas contribuer à ce vaste effort collectif en faveur de la presse française.

    On peut pas compter sur eux. Ils ont une autre façon d’utiliser le papier journal.

    Nous sommes seuls face à ce grand projet.

    Je pense que le mieux serait de trouver des gens qui n’ont aucune conscience de la valeur de l’argent.

    Mais qui?

    Non, le mieux, ce n’est pas ça.

    Le mieux, c’est de trouver des gens qui n’ont aucune conscience de la valeur de l’argent des autres (pas des banquiers, donc).

    Ca, ça se trouve.

    Il faut trouver des gens qui sont prêts à poser leur signature sur le chéquier d’un autre sans mettre un montant et sans ressentir cette culpabilité de faire un faux chèque, en blanc.

    Des électeurs de Sarkozy? Cathos ET de droite?

    Faut affiner le concept, mais à mon avis, ça peut marcher.

    Commentaire par tschok — 05/01/2010 @ 19:40

  11. […] This post was mentioned on Twitter by David Medioni, nicoreaditlater. nicoreaditlater said: davidmedioni: Excellent papier sur les subventions à la presse en ligne. Cl http://goo.gl/fb/mktt […]

    Ping par Tweets that mention Oui aux subventions à la presse en ligne « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 05/01/2010 @ 21:41

  12. Naguère vous écriviez à propos des chaines d’info en continu : « Et puis, il s’aperçoivent qu’ils ne gagnent pas, ou pas assez d’argent. A partir de là, deux hypothèses : soit leur travail n’est pas assez bon, soit leur cible est trop restreinte. Généralement, ils concluent que c’est la cible qui est trop restreinte (c’est plus facile que de se remettre en cause) »
    Sur le net c’est un peu la même histoire, on s’y lance parce que l’on se dit que c’est sans doute l’avenir, parce que les couts de production, parce que … Et puis ils s’aperçoivent….
    Alors on accepte les subventions, c’est plus facile que de se remettre en cause. Quand à l’indépendance, c’est un vrai problème. Pour ma part je ne suis pas satisfait de voir qu’en France un nombre substantiel de médias appartiennent à des groupes qui vivent au moins en partie de commandes publiques et reçoivent de surcroit des subventions de l’état.

    Commentaire par monsieur prudhomme — 05/01/2010 @ 21:53

  13. Ah, l’exemple de l’Humanité, dont le directeur, lorsqu’il va aux États généraux des patrons de presse organisés par Sarkozy y va uniquement pour réclamer des aides pour sauver son journal. Que l’Huma, dont c’est le rôle, s’oppose à Sarkozy, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre au nano président. Par contre, là où il doit bien se gondoler, c’est lorsque le journal des camarades, après la privatisation partielle d’EDF, publie, à côté d’articles dénonçant la privatisation, des placard publicitaires pleine page pour qu’on achète des Actions EDF. Faut voir un peu plus loin que le bout de son nez.

    Aliocha : « ça lui en touche une sans faire bouger l’autre » Tiens, vous citez Chirac, vous ? J’suis bluffée 😉

    Commentaire par Gilbert — 06/01/2010 @ 02:37

  14. Après quelques réflexions, je me suis demandé :
    Quelle information intéresse qui ?
    J’ai l’impression qu’il y a un publique qui attend que l’information « tombe », et un publique qui cherche l’information.

    Le premier n’aura pas envie de payer, le deuxième je crois que oui.

    J’ai l’impression que ça se résume à ça :
    j’achète quand même de préférence de la « presse people » à de la « presse d’information »

    Je crois au final que la presse pour informer le plus grand nombre ne peut qu’être subventionnée, tout simplement parce que le coût de l’information (les gens qui sont sur le terrain à travers le monde, les moyens qu’ils ont de communiquer, de se loger, etc, par exemple) est supérieur, et de loin, dans l’ensemble, à ce qu’est près à payer la population dans son ensemble.

    (
    Le modèle d’@si fonctionne parce qu’un travail préalable est effectué par d’autres organismes, et d’ailleurs, le modèle d’@si ne lui permet pas de toujours vérifier les sources à chaque coup, probablement plus à cause du coût que cela représente que par un manque d’envie.
    )

    Donc je ne peux que conclure que pour qu’il y ait de l’information, il faut que celle-ci soit parrainée, et finalement la subvention est probablement le moyen le moins pire, car il semble bien que les entreprises qui contrôles, euh possèdent des groupes de presse ont beaucoup plus de moyen d’influencer la ligne éditoriale que l’Etat.

    Et en effet je me demande encore comment les gens qui donnent leur point de vue sur tout ce qui se passe dans le monde font pour oublier qu’ils obtiennent leurs informations de gens qui ont travaillé parfois dans des conditions extrèmes pour nous les fournir…

    Commentaire par DePassage — 06/01/2010 @ 09:10

  15. @DePassage: Peut-être faut-il rapprocher le désintérêt de nos concitoyens pour les nouvelles « importantes » de leur impuissance à les influencer. Après tout, M. Dupont peut vouloir ne pas apprendre des nouvelles anxiogènes sur le conflit en Palestine parce que de toute façon il ne peut strictement rien à ce problèmes (les belligérents se fichent de son opinion, et il n’y a pas en France de système de votation qui permette aux citoyens de directement influencer la politique). Alors il lit de la presse légère.

    Commentaire par DM — 06/01/2010 @ 09:50

  16. Il y a quelque chose qui me gêne un peu dans les subventions à la presse, qu’elle soit en ligne ou non, et c’est ce que pointe monsieur prudhomme : si une entreprise de presse n’est pas rentable, c’est plus facile de se dire qu’il lui faut une subvention plutôt que de se demander ce qu’elle peut faire pour le devenir toute seule. Mais dire cela me renvoie immédiatement à la question un peu plus large du prix que le public accorde à l’information : si le grand public refuse de payer quoi que ce soit pour une info, alors son éditeur aura beau faire, il ne pourra pas la rentabiliser (même si son coût est faible) ! Les subventions compensent alors en quelque sorte un financement que le grand public ne veut pas fournir directement, comme si, en quelque sorte, ceux qui votent et décident les subventions savaient mieux que la foule anonyme ce qui est bon pour la presse. Ce qui est un peu bizarre et contradictoire, en soi.

    En termes d’indépendance, je suis aussi partagé. Vaut-il mieux un journal financé par l’état, avec une subvention dont le montant est certes public, mais généralement peu connu et son impact sur le fonctionnement du journal encore moins, mais fournie par quelqu’un qui a une capacité de pression énorme, ou un financement par exemple par la pub, dont le montant ni les accords passés avec les fournisseurs n’est connu, mais dont l’impact visuel dans le journal est difficile à cacher (d’autant plus qu’en règle générale, la pub est faite pour être vue) ?

    Commentaire par Rémi — 06/01/2010 @ 10:31

  17. @DM
    Si on part du principe que le citoyen se sentira plus concerné par ce qui peut être atteint par sa capacité d’influence, les presses locales devraient être rentables, non ? Je ne sais pas si d’ailleurs c’est le cas…
    S’intéresser plus loin qu’à côté de chez soi, n’est-ce pas un problème, déjà, de « prime » éducation ?

    @Rémi
    Je ne crois pas qu’il soit contradictoire dans le fait de considérer que le plus grand nombre n’a pas forcément raison, l’histoire est parsemée d’exemples édifiants.

    Est-ce que le système démocratique doit s’assurer du « bien-être » de ses citoyens, ou s’assurer de l’accord de la majorité de ses citoyens ?
    Dans la première hypothèse, les subventions semblent logiques …

    Quant au moyen de pression énorme de l’Etat, je n’en suis pas complètement convaincu, nous ne sommes pas (encore ?) dans un pays totalitaire … Je crois d’avantage aux moyens de pressions de grands groupes industriels … Malheureusement, je n’ai pas de quoi argumenter sur ces croyances, ce sont des « intuitions » liées à ce que j’ai pu lire par ci par là, et que je n’ai pas suffisemment bien mémorisé pour donner des exemples précis de ce que j’en ressors, enfin bref …

    Commentaire par DePassage — 06/01/2010 @ 10:50

  18. @DePassage: Puis-je influencer mon environnement local? Une fois tous les n années, on me demande de voter. Entre temps… je n’arrive même pas à obtenir qu’on refasse un trottoir dangereux..

    Commentaire par DM — 06/01/2010 @ 11:02

  19. @ ALiocha:

    Est-ce qu’un jour, vous parviendrez à me répondre sur le fait que certains journaux, malheureusement mal positionnés sur l’échiquier politique, ne reçoivent AUCUNE subvention ? Vous êtes très gentille avec votre discours, mais soit c’est tous les journaux, sans exception, qui perçoivent des subvention, soit ce n’est personne. Mais faire à la gueule du client, ça c’est vraiment une honte et il ne faut plus ensuite s’étonner que l’on souhaite la mort de tous les journaux subventionnés.

    Aliocha : Hum…….grmf…….argh…….j’essaie, ouïe…………..mais j’y arrive pas. Que voulez-vous, j’aime pas qu’on me force à faire les choses, j’ai jamais aimé d’ailleurs. Ce que c’est que d’avoir un caractère de fox à poil dur, tout de même.

    Commentaire par Polydamas — 06/01/2010 @ 11:27

  20. @ DePassage :

    Ça n’est pas entièrement contradictoire, mais des dirigeants qui constateraient un tel écart entre ce qu’ils pensent bon et ce que leurs électeurs pensent bon se doivent, à mon avis, de se poser des questions ! Au minimum, il me semblerait logique qu’ils cherchent à expliquer leur avis, et si possible à le justifier. Après, ils ne sont généralement pas élus sur un mandat impératif, donc ils font ce que leur conscience leur dicte. Mais, pour en revenir à la presse, ce me gêne un peu dans cette discussion sur les subventions, c’est l’espèce de schizophrénie entre la volonté d’une presse gratuite (ou peu chère) et accessible partout et tout le temps, et la volonté d’une presse forte et indépendante.

    Quant aux moyens de pression de l’état, le problème n’est pas tant leur réalité (encore qu’ils existent, bien que ce soit plus subtil qu’un coup de fil à la rédaction pour ne pas faire publier un article) que l’importance que le public leur accorde. À partir du moment où un journal est financé par l’état, puis-je être sûr qu’il n’hésitera pas à sortir une info sur, par exemple, la manière dont les subventions publiques sont distribuées ? Puis-je lui faire confiance pour m’informer objectivement ? Sans doute, oui, mais qu’est-ce qui me le garantit ? Et si tous les journaux sont financés par l’état, qui va critiquer le système de subventions ? Avec la pub, je sais que même si un journal se taira sur une entreprise parce qu’elle le finance (je ne dis pas que c’est toujours le cas, bien sûr, mais on parle ici d’indépendance, et c’est évidemment le risque), ça ne sera pas le cas de tous les autres. Après, c’est une question de confiance, ce qui ne se créé pas en un jour. Mais dans l’absolu, je ne suis pas certain qu’une subvention publique soit forcément la meilleure manière pour que la presse gagne une image d’indépendance.

    Commentaire par Rémi — 06/01/2010 @ 11:31

  21. De toute façon, rien ne sert de s’écharper pour le moment. Attendons 2 ou 3 ans et il sera simple de regarder qui a eu combien, et ce que cela a changé. Parce que je suppose que les montants distribués seront disponbibles pour ceux qui désirent savoir.

    Le plus rigolo serait de voir des groupes de presses monter des projets dans des pays comme le Liechtenstein pour ‘délocaliser’ dans des pays plus économes et avoir des subventions…

    Ca se serait bien rigolo.

    Commentaire par herve_02 — 06/01/2010 @ 12:34

  22. @ Polydamas,

    Par journaux mal positionnés sur l’échiquier politique, vous parlez des journaux cathos ET d’extrême droite?

    Commentaire par tschok — 06/01/2010 @ 13:22

  23. Bonjour Aliocha,

    Vous écrivez : « Le ton employé, le vocabulaire, la constance dans les attaques ne peuvent qu’attirer une réaction brutale en réponse. Simple parallélisme des formes. »

    Dans le cadre d’une discussion, lorsque vous avez un point de vue que vous entendez opposer au point de vue d’un autre, « le parallélisme des formes » que vous invoquez vous entraînera le plus souvent dans une impasse, je le crains. Ce n’est pas du parallélisme des formes, en réalité, c’est un fonctionnement en miroir.

    C’est du mimétisme, point de départ d’un double phénomène : escalade dans l’altercation, et renforcement d’un comportement d’imitation.

    Ça n’a rien de dramatique en soi, hein. Mais il vaut mieux savoir ce dont il s’agit, pour le cas où l’on souhaiterait en sortir.

    Aliocha : en cas de réaction spontanée et épidermique oui, mais qui vous dit que c’est le cas ? 😉

    Commentaire par Fantômette — 06/01/2010 @ 13:27

  24. @ tschok:

    Non, pas forcément cathos. Juste d’extrême droite, je ne vois pas pourquoi ses revues ne pourraient pas être aidées au même titre que l’extrême gauche.

    Commentaire par Polydamas — 06/01/2010 @ 14:35

  25. Ne manquez pas le numéro de Ligne jaune sur le site d’Arrêt sur Image consacré aux subventions à la presse (payant): http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2636 . Par ailleurs, j’avais déjà cité la position de Daniel Schneidermann sur le sujet il y a quelques temps, je la remets en lien : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2486 Lui a choisi de refuser les subventions et il explique pourquoi.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/01/2010 @ 16:38

  26. @ Polydamas,

    A mon sens vous commettez une grave erreur lorsque vous réclamez une égalité de traitement avec l’extrême gauche.

    Je veux dire par là que j’espère pour vous qu’aucune ligne de TGV ne passe près de votre domicile et que si c’est le cas, qu’aucun imbécile n’aura l’idée saugrenue d’enrouler un rond à béton autour des caténaires.

    Mais c’est un simple conseil un peu ironique, certes pas autant que votre intervention qui ferait de l’extrême droite française quasiment une minorité ethnique.

    Avouez que c’est drôle!

    Si seulement ça pouvait être vrai…

    Commentaire par tschok — 06/01/2010 @ 17:34

  27. Chère Aliocha,

    je vous présente tout d’abord mes meilleurs vœux et vous souhaite une bonne année 2010.

    Je partage vos réserves sur le « journalisme citoyen »… commenter des dépêches sur un blog ce n’est pas du journalisme, aussi brillante que soit la plume du blogueur, ainsi que son esprit d’analyse.

    Cependant, il me semble que beaucoup de journaux-en-ligne ne font pas autre chose que reprendre des articles d’agences, sans parfois même prendre le temps d’en faire une analyse critique.

    Deux exemples :

    * voici tout d’abord un article (assez médiocre) qu’on a retrouvé dans
    – Le Point : http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-12-09/le-geek-nouvelle-figure-algorithmique-de-wall-street/916/0/403180
    – Les Echos : http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/reuters_00210451.htm
    – Challenges : http://www.challenges.fr/depeches/finance_et_marches/20091209.REU2192/le_geek_nouvelle_figure_algorithmique_de_wall_street.html
    – et d’autre journaux (tapez le titre de l’article dans un moteur de recherche).

    * je regarde la UNE de lemonde.fr (le 6 janvier à 18h54) : je trouve 2 articles, parmi 7 consultés, issus des agences
    – reuters : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/06/le-collectif-jeudi-noir-devant-les-tribunaux_1288316_3224.html
    – AFP http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/01/06/sarkozy-veut-proteger-les-commercants-artisans_1288229_823448.html#ens_id=1267280

    De manière générale on retrouve souvent, dans les articles des revues en ligne, des passages entiers de dépêches… dans ce cas on se demande quelle différence il y a avec un blog ? Les articles dont je parle ne sont pas le fruit d’un vrai travail journalistique. Ils participent de la défiance croissante des citoyens lecteur à l’endroit du journalisme traditionnel.

    Bien à vous

    Tryphon T.

    Aliocha : je sais, c’est un vrai sujet. La presse a toujours été nourrie par les dépêches d’agences. Ce sont elles qui permettent de recenser tous les événements importants d’une journée, de sélectionner en fonction du positionnement du titre de presse concerné et de la ligne éditoriale ce qui sera traité dans le journal et comment, en plus du travail interne de la rédaction. Tant qu’Internet n’existait pas, seuls les journalistes avaient accès à ces dépêches, ce n’est plus le cas, d’où la question légitime des lecteurs : à quoi bon consulter/m’abonner à un site/journal, si on ne m’offre qu’une resucée de dépèches ?

    C’est au fond moins choquant qu’on ne peut le supposer au premier abord. Imaginez que vous lancez un site d’information général type Le monde.fr. Votre objectif va consister à informer vos lecteurs sur tout ce qui se passe d’important puisque vous faites de l’information générale. Par conséquent, si Lagarde annonce les chiffres du chômage, que Royal s’invite à un colloque de Peillon, qu’un tremblement de terre survient à l’autre bout de la planète et que Jhonny Hallyday se recolle une hernie discale, vous vous sentez obligé de le mentionner. Problème, tous vos journalistes sont occupés sur d’autres sujets, ils enquêtent, cherchent eux-même l’actualité, traitent autre chose. Vous faites quoi ? Vous vous dites, les lecteurs trouveront l’info ailleurs (réponse 1), au risque de les perdre, ou vous estimez qu’ils doivent être informés, fut-ce brièvement, et vous reprenez la dépèche (réponse 2) ? La réponse des éditeurs de presse, vous l’aurez compris, est la 2. Peut-on leur reprocher ? Je ne le pense pas. En revanche, on peut se demander si ce réflexe, hérité d’une certaine idée du lectorat héritée de la presse papier et fondée sur le profil du lecteur abonné ou qui achète tous les jours le même journal, est encore valable dans un contexte d’information largement accessible et gratuite où l’on ne demande plus à un site de presse d’être exhaustif puisque l’info est disponible partout mais d’être qualitatif, parce que la qualité, elle, est moins courante. C’est une question, je n’ai pas la réponse. Et tout peut encore changer si Murdoch va au bout de sa logique payante et que les éditeurs le suivent. Mais entre nous, si je vais sur lemonde.fr et que je ne trouve pas, fut-ce sous forme de dépèche, l’une des infos les plus importantes de la journée, j’aurais un doute sur l’intérêt du site. Parce qu’il ne faut pas oublier une autre fonction du journalisme : le tri de l’info et l’alerte sur ce qui est important. Vous voyez, tout ceci est bien plus complexe qu’il n’y parait 😉

    Commentaire par professeurtournesol — 06/01/2010 @ 19:04

  28. @aliocha: Donc, si j’ai bien compris, parmi les sujets importants il y a la hernie discale de Johnny, les aventures de Pierre Sarkozy au Brésil, le fait qu’une étude anglaise indique que le point G n’existe pas (tous sujets sélectionnés par les sites d’information)?

    Commentaire par DM — 06/01/2010 @ 20:25

  29. Attaques ad hominem et justification de la soumission, cet article est assez comique.

    Aliocha : flatteur 😉 sinon, j’aime bien votre pseudo, et votre mail aussi, tous ces toto et ces pouet, c’est guilleret, inventif, en un mot, c’est rafraîchissant.

    Commentaire par pouetpouet — 06/01/2010 @ 20:30

  30. Bonjour Aliocha, encore un billet bien envoyé, avec plein de sources : la classe !

    Je suis d’accord à peu près sur tout, sauf lorsque tu te montres complaisante avec les ressuceurs de dépêches. Là, je me sens obligée de m’insurger. Non, on n’est pas obligés de reprendre les mêmes dépêches et les traiter avec simplement quelques commentaires, sans même essayer de chercher un angle, sans se lever de son fauteuil, sans passer 4 ou 5 coups de fil.

    Pourtant c’est bien cette dérive que l’on observe concrètement dans CERTAINES rédactions (là j’évite soigneusement de mettre tout le monde dans le même sac, sur le mode « tous pourris » que l’on entend partout). C’est bien cela, le journalisme « assis », que tu critiquais un peu plus haut pourtant non?

    A ce stade, un peu pompeusement j’avoue, je voudrais donner deux avertissements à nos chers éditeurs de presse (en ligne ou pas) :
    – Si vous continuez à céder à la course au scoop, vous êtes CUITS car ce paradigme journalistique de la prime au « premier sur l’info » appartient au passé et vous entraîne sur des pentes dangereuses (sujets de plus en plus racoleurs mais plus « payants » en terme d’audience)
    – Si vous cherchez à tout prix à être présent sur tous les sujets à la fois vous êtes CUITS car c’est utopique et totalement suicidaire à l’ère d’internet. D’autant plus si vous ne vous donnez pas les moyens d’être PHYSIQUEMENT sur l’info et que vous attendez après l’AFP comme tous les autres, bien assis derrière vos écrans.

    Aujourd’hui, la prime revient au contraire à l’angle original, au sujet que personne n’a vu, au traitement nouveau de l’info (vidéo, diaporama, son) qui implique de se rendre sur les lieux et d’apporter sa propre version de l’histoire. Car c’est bien cela qui s’appelle informer non ? En gros la prime revient à ceux qui ne se foutent pas de la gueule du monde. C’est là que les blogueurs ont tapé juste. Le seul problème c’est qu’eux s’investissent rarement physiquement dans leurs enquêtes, ce qui parfois les décrédibilise à mes yeux, journalistiquement parlant.

    L’info c’est la confrontation aux faits, aux gens, aux documents. C’est tout simple mais il semble parfois utile de le rappeler.

    Aliocha : je suis évidemment d’accord avec toi. Je voulais juste montrer qu’il y a une problématique complexe liée aux moyens limités des rédactions par rapport à une information en pleine inflation. A cela s’ajoute la pression de l’information en temps réel. Il est donc ineluctable que nous ayons ce genre de résultat. Si ça reste marginal, c’est tolérable, si ça se généralise, on est foutus. Le tout est de ne pas piquer ici et là quelques exemples pour en déduire que les sites de presse ne font que ça, ce n’est pas vrai. Je t’accorde que ça pourrait le devenir si on continue à vouloir « produire du contenu » sans journalistes.

    Commentaire par Le dodo — 06/01/2010 @ 23:19

  31. Bonjour Aliocha,

    merci pour votre réponse. Je pense cependant qu’elle ne répond pas tout à fait à la question que j’ai soulevée. Concernant leur fonction d’alerte, la plupart des sites d’information ont un encart avec toutes les dépêches d’agences (l’encart « en continue » en au à gauche sur lemonde.fr).

    Je parlais d’article (par exemple à la UNE) qui sont en fait des patchworks de dépêches, ou parfois des articles d’agences (il me semble que les agences ne produisent pas QUE des dépêches) qu’on retrouve sur tous les sites.

    En fait je souscris au commentaire numéro 30 du dodo.

    Bien à vous

    Tryphon T.

    Aliocha : j’ai répondu à votre question en essayant de vous faire sentir les contraintes, de vous faire entrer dans la logique d’un éditeur de presse. Vous assistez à une mutation dans la douleur et sans moyens, le résultat est donc provisoirement médiocre.

    Commentaire par professeurtournesol — 07/01/2010 @ 10:41

  32. @ aliocha:

    Je ne vous force à rien du tout, je considère juste que ce silence est éloquent et justifie parfaitement qu’on puisse souhaiter la mort des journaux. Parce que sur ce sujet, personne n’est foutu de me sortir une réponse solide.

    @ tschok:

    C’est quoi le rapport entre un TGV et l’extreme droite ? Il suffit de regarder la proportion de médias connotés à gauche pour peut-être se dire qu’il y a un problème. En outre, je ne dis pas que l’extrême droite serait une minorité ethnique, je ne vois juste pas pourquoi il faudrait qu’on lui taille un costard différent de l’extrême gauche. Sachant que je mets l’Huma, à l’extrême gauche…

    Commentaire par Polydamas — 07/01/2010 @ 10:51

  33. @ Polydamas,

    Peut être que le problème, c’est juste l’opinion publique?

    S’il y a plus de médias de gauche que de droite (ce qui se discute) c’est peut être parce que le lectorat, le spectateur, l’internaute, ou plus généralement le citoyen apprécie – sans forcément y adhérer jusqu’au bout des ongles – un discours de gauche, non?

    Et puis le « plus » ou le « moins » c’est quantitatif.

    Il y a la qualité et elle fait la différence. Regardez Aliocha, elle est de droite ET catho (quantité) pourtant la qualité est là (oui, bon elle est pas commode et on se fritte, mais ça c’est normal).

    On peut donc aussi apprécier un discours de droite.

    je me vois mal condamner l’opinion publique au motif qu’elle ne reflète pas ce que je pense. Je peux l’insulter, la traiter de conne ou de pute, la vilipender, la sermonner (du haut de ma grandeur, oh oui, ça j’en suis capable) la critiquer, l’houspiller, me moquer d’elle même, mais la condamner, non.

    Si les choses sont telles qu’elles sont, il n’y a pas que de mauvaises raisons.

    A partir de là, chuis pas égalitariste, comme vous l’êtes.

    Mais je tiens à vous dire que je suis capable de discrimination positive, y-compris à l’égard de l’extrême droite. Je le fais bien pour les porteuses de burqa et les minaret suisses. C’est la moindre des choses que je le fasse pour les crânes rasés.

    Parce que dans mon esprit il faut garantir les droits des minoritaires.

    Mais l’extrême droite n’est pas en danger en France: vous avez de la marge avant d’être maltraité. D’une certaine façon elle triomphe, sur le ton victimaire, comme à son habitude, depuis que Pétain a donné le ton.

    Se faire passer pour une victime, alors que ses idées triomphent, c’est vraiment l’impolitesse majeure de l’extrême droite faite à la société française.

    parfois, je vous trouve indigne, mais seulement pour cette raison.

    Commentaire par tschok — 07/01/2010 @ 13:14

  34. Entre la presse et internet il y a une grosse différence : l’argent. Sur internet, je suis abonné à @si, au Monde et pour la rapidité de l’information mondiale à Courrier international. Je paie, par année 155 euros. Si je devais m’abonner au papier: le double ou le triple. A j’allais oublier toute les semaines le Canard. Comme pétoncle, je n’ai ni les moyens intellectuels, ni l’intelligence, ni l’argent pour m’abonner et dépenser plus. Je vous précise que je lis la presse locale gratuitement, tous les jours en buvant un café à 1.15 euros au café du coin.

    Commentaire par Stein — 07/01/2010 @ 14:20

  35. Bonjour,

    Dans les articles que vous donnez en lien, vous avez manqué celui de Thierry Crouzet. Vous pouvez considérer que vous avez de la chance, car il est méprisant, arrogant, et même insultant.

    Il va sans dire que je partage votre point de vue plutôt que le sien, son attitude ne m’incite pas à prendre ses raisonnement grandiloquents sur le « statut du blogueur » en considération.

    J’ai apprécié votre échange avec Tryphon ; merci de rappeler à certains que journaliste, c’est avant tout un métier. Blogueur, ça peut être professionnel, c’est parfois rémunéré, mais ce n’est pas une profession.

    Aliocha : Je n’ai pas cité Crouzet en effet, mais vous faites bien de me le rappeler parce qu’il illustre un phénomène inquiétant chez les blogueurs qui mérite d’être signalé. Certains pensent en effet qu’ils n’écrivent que pour « leur » public. Je comprends leur vision, mais il se trouve que leurs textes peuvent être lus par n’importe qui et pas seulement par la poignée d’initiés qui les suit. Voilà qui confère une vraie responsabilité. Or, j’aperçois chez certains d’entre eux une forme de légéreté vis à vis de l’écrit qui me chagrine. Ecrire en direction d’un public n’est pas anodin, on ne peut pas dire tout et n’importe quoi en considérant que le lecteur saisira qu’il s’agit d’une private joke. Or, c’est ce qu’à fait Crouzet en l’espèce. Et encore, il a débriefé, d’autres ne le font pas. Je trouve cela profondément irresponsable, dangereux et navrant. Ceux que cela intéresse peuvent aller se rendre compte par eux-mêmes. Le « faux »billet est ici, sa « rectification » est . Quand je pense que ce genre de blogueurs osent remettre en cause la légitimité des journalistes, critiquent les subventions à la presse (de quoi se mèlent-ils ?) et, se haussant du col jusqu’au ridicule revendiquent d’être considérés comme des professionnels de l’information, je frissonne.

    Commentaire par Sammy — 07/01/2010 @ 14:59

  36. Maintenant que nous avons une belle loi qui protege nos sources (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021601325&dateTexte=), cela devrait a priori renforcer l’indépendance des journalistes

    Mais ma chère Aliocha.. avez vous lu Libé ce matin, sur le projet de taxation de Google ?

    Aliocha : on va en avoir besoin. Mode off : je vous ai réondu par mail hier, très chère, mais je suppose que mes mails mettent encore trois semaines à arriver 😉

    Commentaire par misty — 07/01/2010 @ 16:11

  37. De quoi se mêlent-ils?

    Mais, Aliocha, les subventions sont publiques!

    Vous parlez de deniers publics! De prélèvement obligatoires (ressources) qui sont employées à certaines dépenses (emploi) à travers un budget (qui doit être voté).

    Z’êtes bien gentille, vous!

    Prêtez moi donc votre chéquier, que je fasse des chèques, c’est la période des soldes. J’ai plein d’envies! Et plein de besoins!

    Alleeez! (faites pas votre ministre des finances, là, je vous sens restreint sur le crédit)

    PS: la prochaine fois, c’est vous qui m’invitez.

    Aliocha : allons Tschok, quand je dis de quoi se mêlent-ils, j’évoque le fait qu’ils ne s’intéressent pas aux subventions à la presse en tant que citoyens, mais en tant que spécialistes auto-proclamés du soi-disant nouvel écosystème de l’information qui caractériserait le web et dont ils seraient les concepteurs autant que les gardiens. Ce qui leur permet (pensent-ils), de se positionner en juges de ce que font les professionnels de l’information sur la toile. Quelle rigolade ! C’est comme si j’expliquais son métier à mon plombier simplement parce qu’il intervient dans ma salle de bain. Ou que je m’autoproclame plombier professionnel parce que j’ai débouché mon évier. Tenez non, j’ai une meilleure idée, je vais écrire au Michelin et leur demander au nom de quoi ils refusent de distribuer des macarons aux ménagères dans mon genre. C’est vrai quoi, depuis le temps que je fais la cuisine, c’est quand même fou que je n’ai pas encore une mention dans le Guide Rouge. Ne serait-ce qu’une fourchette. Mais, me direz-vous, je ne suis pas une professionnelle…..aïe, j’avais oublié ce léger détail, c’est balot !

    Commentaire par tschok — 07/01/2010 @ 16:47

  38. @ Tschok:

    « S’il y a plus de médias de gauche que de droite (ce qui se discute) c’est peut être parce que le lectorat, le spectateur, l’internaute, ou plus généralement le citoyen apprécie – sans forcément y adhérer jusqu’au bout des ongles – un discours de gauche, non? »

    Non. Parce que les gueulards et les militants se trouvent plus communément à gauche. Point. Sinon, ça ferait longtemps qu’ils ne cesseraient d’occuper le pouvoir. Il y a un engagement pour la cause à gauche, qu’on ne trouve pas à droite.

    « Il y a la qualité et elle fait la différence. »

    Non. Des journalistes d’extrême-droite talentueux, j’en connais quelques uns, c’est juste que curieusement, on ne leur a jamais donné leur chance. Même au Fig’. Le talent n’est pas réservé qu’à un seul courant d’idées qui serait la gauche.

    « je me vois mal condamner l’opinion publique au motif qu’elle ne reflète pas ce que je pense. Je peux l’insulter, la traiter de conne ou de pute, la vilipender, la sermonner (du haut de ma grandeur, oh oui, ça j’en suis capable) la critiquer, l’houspiller, me moquer d’elle même, mais la condamner, non. »

    1) Qu’est ce que l’opinion publique ? Y comptez vous toutes les associations anti-racistes, parangons de vertu qui n’hésitent pas à abreuver d’argent leurs fondateurs ?
    2) Je ne parle à aucun moment de l’opinion publique, juste des problèmes que ne cessent de rencontrer tous les journaux dans une certaine droite, pour obtenir des subventions.
    3) Qui détient le pouvoir ? Est-ce l’Etat ou celui qui tient le pouvoir culturel et médiatique ? Plus on analyse les choses, plus on se dit que Gramsci avait raison, c’est le second qui est le plus important. Mais si on vit en démocratie, ça ne peut pas se faire ainsi, non ?

    Quant à dire que l’extrême droite triompherait, j’ai beau regarder le système actuel sous toutes les coutures, je n’ai toujours rien constaté de ce type, il faudrait arrêter de prendre ses cauchemars pour des réalités. Ce n’est pas parce que Sarko évoque dans ces discours des thèmes jusque là réservés à l’extrême droite, qu’elle triompherait. Ce n’est pas parce qu’il y a 25 000 expulsions en France par an que l’extrême droite aurait triomphé.

    Enfin, je ne parle pas de l’extrême droite, mais de la presse d’extrême droite, qui ne cesse de vivre, et de survivre avec des bouts de ficelle, qui a inventé toutes les méthodes pour pouvoir subsister sans subventions, bref, qui a inventé les méthodes de survie de la presse de demain. 🙂

    Commentaire par Polydamas — 07/01/2010 @ 16:59

  39. @ Aliocha,

    Est ce à dire que vous finassez pour m’inviter?

    Je n’ai qu’une réponse à vous opposer: j’adore être invité par une femme. Et je n’ai aucun compte à rendre.

    PS: inutile de me parler de votre plombier et autre détail logistique, j’ai horreur de ça. Vous le faites ou vous ne le faites pas. M’emmerdez pas avec les détails.

    @ Polydamas,

    Bon.

    L’opinion publique ne fait pas la différence.

    La qualité n’en fait non pas plus.

    Vous restez empli de vos questions.

    Et vous demeurez, tel les murailles du krach des Chevaliers, droit comme un I.

    Mais ce n’est pas à moi de faire vos humanités.

    Commentaire par tschok — 07/01/2010 @ 18:41

  40. « Faire la manche est certes l’un des plus vieux réflexes de subsistance du monde, je ne suis pas certaine qu’il figure parmi les plus rentables.  »

    C’est un peu dur, ça!

    Mais le problème c’est peut-être moins les aides à la presse (vous les appelez des « subventions », ce n’est peut-être pas le terme exact) que l’institutionnalisation de la presse en ligne, à laquelle on est en train d’assister. Je n’ai rien contre Colobani, Plenel, Haski ou Barbier, mais il n’est pas certain que leurs noms soient synonymes d’avenir.

    Commentaire par Eric — 07/01/2010 @ 20:32

  41. sur le débat de l’info gratuite sur Internet… d’un point de vue purement personnel et temporaire, étant pour l’instant bloquée pendant quasiment deux mois sans pouvoir bouger ou presque, je suis ravie de pouvoir continuer à accéder aux journaux gratuits sur internet. Cela m’aurait fortement enervée de devoir payer pou lire l’actu, sous pretexte d’un accident !
    Je sais, c’est hors sujet et ca ne fait pas avancer le schmilblik, mais je tenais a souligner ce gros avantage du gratuit par rapport au payant

    Commentaire par misty — 08/01/2010 @ 09:31

  42. @Aliocha : Merci pour cette précision ! Si le billet « vrai » de Crouzet n’est pas vraiment dans la même perspective que vous (« Je me fiche pas mal de l’indépendance de la presse » sic ; ben il n’a qu’à aller vivre en Chine si ça lui est aussi indifférent que ça), il est tout de même moins effarant que le billet volontairement populiste que je donnais en lien, et je pourrais presque dire que j’aurais pû regarder un peu mieux avant de m’emporter… même si, comme vous dites, pour le lecteur non informé, et n’appartenant pas à sa communauté de lecteurs, le risque est grand de le prendre au pied de la lettre. Malgré ses belles théories sur les flux, internet, la diffusion de l’écrit en ligne, il semble avoir négligé ce détail : on n’arrive pas forcémeent sur un site via la page d’accueil…

    Je trouve qu’il a cependant le mérite de mettre en lumière un point (qui n’est pas vraiment une découverte) : le côté moutonnier, voire réac, d’une partie de la « blogosphère », qui ambitionne de faire la « révolution de l’info », voire du journalisme…

    Commentaire par Sammy — 08/01/2010 @ 09:57

  43. @ tschok:

    Si je constate comme vous que l’opinion publique dicte beaucoup de choses, je considère qu’elle n’a aucune légitimité, tout du moins en démocratie. C’est honteux de penser ainsi ?

    Quant à me dire que je serai droit dans mes bottes, c’est un peu facile, si vous ne prouvez rien, vous n’êtes pas crédible.

    Commentaire par Polydamas — 08/01/2010 @ 10:09

  44. Je suis certain que si Aliocha est pour cette subvention, c’est parce qu’elle espère bien en bénéficier un jour. Ça fait combien de kilos de Danette une telle subvention, hein ?
    (je me demande si je n’aurais pas du mettre plus de fautes d’orthographe dans mon message pour paraître plus crédible)

    Commentaire par Gathar — 08/01/2010 @ 10:26

  45. Pour ou contre ? Peu importe
    On a rien à dire, les politiques font ce qu’ils veulent …
    Nous , on décide uniquement avec notre bulletin de vote … On juste l’obligation de payer nos impots …
    La question que je me pose :
    Les Google, les Wikio, les netvibes, les digg-like de tous genre , c’est de la presse en ligne ? et ont il droit aux subventions ?

    Commentaire par 1001 — 08/01/2010 @ 11:40

  46. « je ne vois rien de critiquable dans le fait d’accepter les subventions de l’Etat »

    Ce que je vois de criticable, c’est que l’on n’ai pas poussé les fournisseurs d’accès à partager leurs revenus avec tous les sites qui proposent de l’info et dont ils profitent.
    C’était le modèle du minitel , c’était simple et tout le monde pouvait vivre !

    Commentaire par Papi Emerveillé par la justice — 10/01/2010 @ 12:04

  47. Bon sang aliocha ! Vous voyez ce qui se passe à force de critiquer sans arrêt Internet, vous attirez désormais des nostalgiques du Minitel ! Je ne savais même pas que ça existait ! Redressez la barre bon sang !

    Aliocha : Que nenni, si je m’attèle sérieusement au sujet, c’est toute la modernité que les lecteurs finiront par conspuer. Et hop, retour à la bougie, aux déplacement à cheval (idéal d’un point de vue écologique), à la plume trempée dans l’encre, aux manuscrits enluminés (euh non, pas ceux-là, avec l’imprimerie, c’est le journalisme qui disparaitrait) 😉

    Commentaire par Fantômette — 11/01/2010 @ 08:49

  48. Pour revenir sur le sujet plus directement, il est quand même drôle que ce soit les gardiens de la transparence pour les autres, qui refusent la dite-transparence pour eux-mêmes. C’est en cela que Narvic n’a pas tort.

    http://novovision.fr/?Presse-en-ligne-le-debat-qui-n-a

    Aliocha : Tiens, le Alain Minc du web a encore sévi, quelle chance ! Chacun ses maîtres à penser mon cher, il se trouve que ce n’est pas le mien. Mais je conçois qu’il puisse séduire. Démolir les journalistes est un exercice toujours très rentable, peindre un avenir meilleur ne peut que faire rêver le chaland et si en plus, on joue sur la corde populiste du « demain tous journalistes » auprès de la communauté du web, alors là, il faudrait être un débile profond pour ne pas remporter la timbale, ce qu’à l’évidence il n’est pas.

    Commentaire par Polydamas — 11/01/2010 @ 10:49

  49. Le minitel générait encore 100 millions d’euro de chiffre d’affaire en…
    … 2007…
    Je n’ai pas trouvé le chiffre pour 2009 mais il ne me semble pas impossible qu’il soit encore supérieur au montant des subventions accordées à la presse en ligne récemment!

    « Papi » n’est donc pas si complètement à côté de la plaque… Au moins sur Minitel y’avait un business model (les groupes de presse en France en ont bien profité me semble t-il, surtout a travers le minitel rose).

    D’autre part il doit y avoir encore un bon 10 à 15% des foyers équipé en France… ça en fait des nostalgiques 🙂

    Commentaire par khazan — 11/01/2010 @ 11:19

  50. Bonjour Aliocha,

    La question qui reste posée, tout de même, est celle de savoir ce que cela signifie d’être un « professionnel » du journalisme.

    C’est celle que pose Narvic, et il n’a pas tort de la poser – même si vous pouvez (et vous serez, sans nul doute) en total désaccord avec ce qu’il dit.

    (Je vous le redis tout de même pour mémoire : en ce qui me concerne, je considère que vous caricaturez la pensée de narvic. Ses opinions sont plus nuancées que vous ne vous en faites l’écho, et surtout, elles s’appuient sur des analyses dont vous balayez bien trop rapidement la pertinence.)

    Je vais me permettre de vous citer (dans un autre billet) : « nous [journalistes] n’avons … aucune force contraignante, ce qui nous distingue des autres pouvoirs. De même, nous ne sommes ni élus, ni désignés. Est journaliste celui qui décide de l’être. Mais alors, d’où peut venir notre légitimité, si tant est que nous en ayons une ? De la discussion sur la vérité de nos informations et sur la manière dont ces informations vraies rendent compte des préoccupations réelles de la société, répond Daniel Cornu en s’appuyant notamment sur Habermas. Ce qui signifie, poursuit-il, que de la même manière que nous demandons des comptes aux autres pouvoirs, nous sommes tenus d’en rendre. Puisque nous nous auto-désignons journalistes et puisque notre seule légitimité réside dans la qualité de notre travail, à nous de définir, sous le regard du public, ce que cela implique comme droits (contre les pressions de l’extérieur) et comme devoirs (contre nos propres abus). »

    Ici, vous sembliez défendre une conception fonctionnelle du journaliste : est journaliste celui qui se lance dans le journalisme, en y mettant toute son intelligence et sa compétence, en s’obligeant à rechercher la vérité, et en rendant compte des préoccupations réelles de la société.

    Mais je ne vous apprendrai rien, naturellement, en rappelant que ce n’est pas la définition légale du journaliste, qui est non seulement formelle, mais presque tautologique, comme le soulignait Narvic.

    La définition légale du journaliste se trouve à l’article L 7111-3 du code du travail, lequel dispose : « Est journaliste professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources. »

    Les conditions pratiques d’attribution de la carte de journaliste par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels sont fixées par décret.

    Si la fiche wikipédia est bien renseignée, la CCIJP recherche si l’impétrant à l’attribution d’un carte remplit deux conditions formelles :

    – il justifie de ce qu’il s’agit d’une occupation principale et régulière;
    – qui lui procure au moins la moitié de ses revenus;

    Donc, votre définition du journaliste (celle que je rappelais plus haut) est une définition « de lege ferenda » (peut-être à mettre en parallèle avec votre souhait de voir la profession se doter d’une déontologie), alors que la définition « de lege lata » se contente de définir le journaliste professionnel comme celui qui se fait rémunérer comme journaliste professionnel.

    Dans la mesure où vous proposiez la mise en place d’un code de déontologie, si possible contraignant, ne pensez-vous pas que cela pourrait, à terme, remettre en cause la définition purement formelle actuellement en vigueur du journaliste professionnel?

    Aliocha : je ne caricature rien, Fantômette, je me demande simplement quand je lis un auteur qui il est, pourquoi écrit-il, avant de le lire, puis en le lisant si ce qu’il décrit correspond à ce que j’observe et enfin, prolongeant sa pensée, où il veut en venir et sur quoi peut déboucher concrètement son discours. Premièrement, ce qu’explique Narvic sur le journalisme m’apparait entièrement caricatural pour reprendre vos propres mots me concernant. Et cette caricature est d’autant plus pernicieuse qu’elle revêt les habits du constat factuel ou plus exactement clinique dans la mesure où ses descriptions ne s’exercent que sur un terrain purement pathologique. Deuxièmement sa pensée est puissamment idéologisée. Il a une idée bien précise de l’avenir du journalisme, idée qui détermine son analyse de l’existant à l’aune d’un avenir qui n’existe pas, mais aussi sa description d’un devenir qui relève du souhaitable lié à son utopie bien plus que de l’analyse rationnelle. C’est d’autant plus dangereux qu’il se positionne en observateur du web et revendique par le fait même une crédibilité plus générale sur l’avenir de l’information. Je vous passe les attaques systématiques (rien, absolument rien dans ses analyses ne plaide jamais en faveur du journalisme actuel, cela seul devrait suffire à interpeller le lecteur sur ses intentions, je ne connais rien en ce monde qui soit totalement mauvais et certainement pas le journalisme, même s’il est critiquable. C’est d’ailleurs ce qui a fini par m’interpeller au bout de plusieurs mois de lecture très attentive). Ce n’est pas le tout de soulever de bonnes questions, encore faut-il en faire une analyse objective, sinon, la bonne question n’est plus que l’alibi d’une entreprise d’intoxication. Les politiques je crois, nous en donne l’exemple tous les jours.

    S’agissant de la définition du journalisme, je n’en suis pas l’auteur. Je me contente d’observer qu’elle et particulièrement ouverte par rapport à celle du médecin, de l’avocat, du conseil en investissement financier etc. Pas de condition de diplôme ni de formation professionnelle. Narvic en déduit que par conséquent tout le monde devrait pouvoir l’être, en particulier les blogueurs et que seul le corporatisme de la profession s’y oppose. J’en déduis au contraire que chacun peut le devenir à condition de s’incliner face à la seule exigence posée : être embauché par une entreprise de presse, en d’autres termes en faire son métier. Gageons que si Internet était rentable et si les blogueurs pouvaient vivre de leur plume, ils agresseraient moins la presse. Seulement ce n’est pas le cas, alors ils se demandent pourquoi on ne les embauche pas pour qu’ils accèdent au titre ou bein encore pourquoi ils n’ont pas droit au titre sans respecter la seule et bien modeste exigence qui en conditionne l’attribution. Passons sur la nature des intentions qui préside au discours, je ne suis pas certaine qu’elle relève du seul intérêt général…Il se trouve que les éditeurs de presse ont tardé à faire le pari du web et on les comprend compte-tenu du problème économique certain que soulève la monétisation des contenus. Ils interviennent donc avec peu de moyens et embauchent prioritairement des journalistes, ce qui me parait assez naturel. Pour autant, je suis certaine qu’avec le temps ils s’ouvriront aux talents du web. Il faut simplement que les choses se mettent en place. Maintenant, imaginons que du jour ou lendemain toute personne tenant un blog soit considérée comme journaliste. Cela ouvrira la porte non seulement à Eolas, Narvic, Authueil et d’autres talents, mais aussi à n’importe quel spécialiste du marketing viral désireux de vendre sa soupe. Tant que vous avez des entreprises dédiées à l’information, vous assurez un minimum de fiabilité au système, si vous ouvrez l’information à tous vents, c’en est fini de la distinction entre l’information et la publicité. C’est d’ailleurs le vieux rêve des publicitaires dont la crédibilité à l’heure actuelle est fortement en berne auprès du public. Leur obsession est de faire passer pour vrai un message qui est tronqué. La question de l’information ne se réduit donc pas à l’exclusion injuste de quelques blogueurs vraiment utiles et brillants. Ce qui me choque et m’inquiète est qu’on puisse la présenter ainsi et en déduire une série de conséquences nécessaires qui passent à côté des vrais enjeux pour satisfaire une poignée de personnes. J’ajoute que si on s’appesantit sur les blogueurs de qualité, on observe qu’ils livrent des avis, analyses etc très éclairés, mais dont la personnalisation se situe à l’opposé du traitement factuel de l’information qui constitue la base du journalisme. Je vous rappellerais au passage la très importante réfelxion de Arendt sur le fait que toutes les opinions sont intéressantes à condition qu’elles se fondent sur les faits. A partir du moment où ils seront embauchés par des entreprises de presse, ils seront astreints à un minimum d’exigences et engageront par ailleurs leur responsabilité, ce qui constituera une garantie, à mon avis indispensable pour le public. A l’inverse, si on les adoube immédiatement en écartant la condition de l’exercice professionnel au sein d’une entreprise de presse, on introduira une confusion originelle entre faits et opinions, confusion particulièrement dangereuse à mon sens. Que le journalisme ne puisse prétendre à l’objectivité absolue est une chose, que l’on décide demain que la délivrance de l’information n’obéit plus à cette règle selon laquelle il faut y tendre en est une autre.

    Commentaire par Fantômette — 11/01/2010 @ 11:52

  51. @ Khazan,

    Et, dans une perspective à peine historique, que dire du Minitel en tant que support électronique aux clubs de rencontres.

    Rappelons nous du 36 15 Aline, créé par l’ancien directeur du nouvel obs, Claude Perdriel.

    http://resume.liberation.fr/henri-de-maublanc/francais.html

    Comme quoi le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir.

    PS: j’ai abandonné mon dernier minitel il y a deux ans. Un modèle de collection, avec le clavier à tiroir. Snifff…

    Commentaire par tschok — 11/01/2010 @ 12:29

  52. @khazan
    pas nostalgique du Minitel (j’ai fait libé à l’origine, les chéries, le turlu, les radio-libres, les élections … et aussi afp ..fr3 ..)

    le point à signaler, c’est la simplicité extrême de la facturation

    L’abonné téléphonique était facturé au temps passé sur minitel, tous services confondus. Chaque fournisseur de service recevait un reversement au temps passé sur son site.

    Pas de fichier client à gérer , pas de facture à émettre, ni de chèque à encaisser !!!!
    Chacun se concentrant sur son boulot et rien d’autre .

    Un fonctionnement de rêve, non ?

    Commentaire par Papi Emerveillé par la justice — 11/01/2010 @ 15:05

  53. @Aliocha:

    « Que le journalisme ne puisse prétendre à l’objectivité absolue est une chose, que l’on décide demain que la délivrance de l’information n’obéit plus à cette règle selon laquelle il faut y tendre en est une autre. »

    C’est un point de vue un peu idéologique non ?

    Parce que, sincèrement, je n’ai pas l’impression d’en voir beaucoup des journalistes dont la matière soit les faits et dont la règle soit de tendre à l’objectivité. La presse en France est quand même globalement une presse d’opinion (je ne connais pas la situation ailleurs).

    On plutôt… ça n’est pas parce qu’il faut qu’il en aille ainsi… qu’il en va ainsi!
    Ou encore j’ai un peu l’impression que cette décision a été prise il y a déjà un bon moment.

    Quand à l’indépendance de la presse vis à vis des groupes industriels qui la finance (directement ou via la pub) ou encore vis à vis du pouvoir… on a un peu de mal à y croire complètement (Chomsky, La fabrication du consentement).

    « Tant que vous avez des entreprises dédiées à l’information, vous assurez un minimum de fiabilité au système, si vous ouvrez l’information à tous vents, c’en est fini de la distinction entre l’information et la publicité.  »

    cf ce très bon billet de…
    …vous 🙂

    « La leçon d’éthique qui fait mal »:
    https://laplumedaliocha.wordpress.com/2009/10/08/la-lecon-dethique-qui-fait-mal/

    Aliocha : je crois que je vais être obligée de revenir sur la distinction journaliste/blogueur. Mais c’est compliqué parce que cela relève de telles évidences que j’ai l’impression en écrivant d’enfoncer des portes ouvertes. Pour le reste, contrairement aux blogueurs classiques, je me fous de mon classement wikio, je n’entends pas vivre de mon blog et je ne souhaite même pas qu’il me rapporte une quelconque notoriété, ce dont témoigne mon anonymat, ou bien qu’il m’ouvre les portes du journalisme, je le suis déjà. Par conséquent, je m’estime, sur Internet, beaucoup plus indépendante que bien des blogueurs soi-disant indépendants s’amusant à critiquer les médias. Leurs motivations sont pour le moins obscures. Ils critiquent les subventions à la presse et regrettent de ne pas en bénéficier, ils disent que le journalisme est mort et revendiquent à toutes forces de titre de journaliste, ils vilipendent les médias et pleurent toute la journée parce que ceux-ci ne leur accordent pas assez de crédit. Vous ne trouvez pas cela étrange vous ? Personnellement, tant de criantes contradictions n’ont d’autre effet que de m’inciter à me demander quelle crédibilité accorder à leur discours.

    Commentaire par khazan — 11/01/2010 @ 16:14

  54. Narvic ne propose pas d’attribuer des cartes de journalistes à tous les blogueurs. Une telle position serait parfaitement absurde, puisque – sans disposer de statistiques sur le sujet – je parierai volontiers qu’une immense majorité de blogs ne concerne en rien l’actualité, ni au sens strict, ni au sens large.

    Il est donc évident que l’immense majorité des blogueurs ne sauraient devenir journalistes, tout comme il est évident que cette même majorité, si ce n’est la totalité, ne l’envisage pas une seconde.

    Nous ne parlons donc bien – ceci afin d’encadrer la discussion – que des blogs qui pourraient à la rigueur répondre à la définition posée par le décret pour définir l’éditeur de presse en ligne « présentant un caractère d’information politique et générale », à savoir : un service en ligne « dont l’objet principal est d’apporter, de façon permanente et continue, des informations, des analyses et des commentaires sur l’actualité politique et générale locale, nationale ou internationale susceptibles d’éclairer le jugement des citoyens. Ces informations doivent présenter un intérêt dépassant significativement les préoccupations d’une catégorie de lecteurs. »

    Aliocha : vous posez cette restriction, pas lui. Or, comment établissez-vous la ligne de partage. Celle entre amateurs et professionnels est à peu près claire, c’est l’une de ses forces, celle entre actualité et pas actualité l’est beaucoup moins, et même pour tout dire, je ne vois pas matériellement comment faire. La question que je me pose surtout, c’est à quoi cela servirait-il ? A ce que des amateurs aient le titre de journaliste, so what ? Sans appartenir à une entreprise, sans obligations professionnelles, sans vérification de leurs compétences, sans formation, toutes choses imposées par l’exercice d’un métier au sein d’une structure dédiée. Je vois beaucoup de risques sans apercevoir d’avantages. Mais j’ai le tort de raisonner en termes global d’intérêt général, convenez que c’est balot. Interdit-on aujourd’hui aux blogueurs de s’exprimer ? L’existence d’une presse professionnelle les empêche-t-elle de se livrer à leurs activités ? Les journalistes font-ils quoi que ce soit à leur endroit qui les gêne dans leur activité d’amateurs ?

    Je suis tout ouïe sur vos éventuelles observations sur cette définition, mais elle ne me parait pas mauvaise ; elle me semble pouvoir être opérationnelle, et a au moins le mérite de proposer une base de réflexion (et même un peu plus, puisqu’elle fait désormais partie de notre droit positif).

    Cette définition pourrait bien qualifier quelques blogs parmi les meilleurs, après tout.

    Si vous deviez considérer qu’à l’heure actuelle, ce n’est pas le cas, du moins admettrez-vous sans doute qu’en tout état de cause, tant qu’on en reste à cette définition, aussi bien des blogs que des sites de presse peuvent prétendre répondre à cette définition de l’éditeur de presse en ligne d’information.

    Ce qui vient contraindre une telle qualification – du point de vue de narvic et de quelques autres – c’est l’adjonction d’un critère supplémentaire, celui qui impose en plus d’employer « à titre régulier, au moins un journaliste professionnel » au sens légal que j’ai rappelé dans mon précédent com’.

    A dire vrai, je ne suis pas certaine de la façon dont il faut entendre ce critère – et ça, à mon avis, aurait pu faire l’objet d’une analyse critique (le cas échéant de votre part, votre passé de juriste vous autorisant probablement à délivrer des opinions juridiques) des billets de Narvic sur la question.

    Aliocha : cela aurait pu, mais cette querelle est un tel non-sujet, elle est si absurde à mes yeux que je peine à m’y plonger.

    Parce que cette exigence me semble laisser une certaine marge de manœuvre – sous réserve que des formulations identiques ne fassent pas l’objet de définition jurisprudentielles plus étroites dans le cadre des entreprises de presse papier. (Il faudrait se plonger dans la jp du CE sur la question, puisqu’il me semble que les décisions de la CCIJP peuvent faire l’objet d’un recours devant le CE.)

    Comment faudra t-il entendre « employer » ? S’agira t-il nécessairement d’un emploi salarié ? A mon avis, non, d’une part parce que le mot « salarié » n’y figure pas, et d’autre part parce qu’il me semble que la plupart des éditeurs presse (tout support) travaillent de plus en plus avec des pigistes. Je pense donc qu’un blog qui emploierait régulièrement un pigiste déjà journaliste professionnel pourrait répondre. Pourra t-il s’agir d’un travail bénévole ? La question pourrait bien être posé, après tout, puisque la question de la rémunération de cet emploi n’est pas directement tranchée. On aurait pu imaginer que le décret impose d’employer « et rémunérer » un journaliste professionnel, mais il ne le fait pas, et dans le silence du texte… bon, ceci dit, je pense que la CCIJP pourrait considérer que le terme « employer » renvoie implicitement à l’idée de rétribution. Le site devra t-il employer le journaliste pour rédiger des billets, ou suffira t-il qu’il en fasse, éventuellement, un « relecteur », un « certificateur » ? Comment interprétera t-on l’exigence de « régularité »? Au sens strict, faire intervenir un journaliste tous les deux mois, ou tous les trimestres, c’est ce que l’on appelle une intervention régulière. Sera-ce considéré comme suffisant ? Etc, etc.

    Aliocha : tout est toujours sujet à discussion, mais il me semble que l’idée est simple, il s’agit d’employer un journaliste et un seul. Pour écrire, ou pour relire, vérifier, bref on demande simplement la caution d’un professionnel de l’information. C’est si dérangeant que cela ?

    Bref, en réalité, le mécanisme juridique qui est en train de se mettre en place me semble relativement ouvert, d’avantage que ce que Narvic en dit.

    Aliocha : je ne vous le fais pas dire. Ce métier a toujours été totalement ouvert, c’est d’ailleurs ce qui fait sa force. S’en prendre à la seule petite exigence de professionnalisme qui n’est pas anti-blogueur mais anti patrons voyous qui voudraient accéder au statut, bénéficier des aides et faire croire au public qu’ils fontt de l’information en faisant toute autre chose est égocentrique, stupide et irresponsable. Le grand tort des blogueurs, c’est qu’ils ne s’intéressent qu’à leur situation et n’ont aucune vision d’ensemble du sujet qu’ils traitent. Ils connaissent Internet depuis dix ans, soit. Nous connaissons les problématiques de l’information depuis plusieurs siècles. Un peu de modestie de la part de certains ne pourrait pas nuire.

    Maintenant, ce qu’il propose, et qui me semble intéressant, c’est d’inverser le sens logique de la proposition qui lui semble découler de ces textes, à savoir que c’est le journaliste qui fait l’information.

    Il propose à l’inverse de considérer que c’est l’information qui fait le journaliste.

    Aliocha : et la poule pond l’oeuf tout en étant elle-même issue de l’oeuf, c’est connu, non ?

    Je n’ai pas cru comprendre qu’il déniait tout intérêt à ce qu’il existe, dans nos sociétés hautement informationnelles, des experts de l’information, que l’on peut parfaitement désigner sous le nom de « journalistes » et à qui il semble souhaitable d’attribuer une carte d’exercice professionnel, qui leur confèrera certains droits et obligations.

    Aliocha : c’est que vous l’aurez mal lu. Moi je le lis attentivement depuis plus d’un an, et je vous garantis que rien de ce qui existe ne trouve grâce à ses yeux. Vérifiez, et les liens et les articles, vous verrez. Et pour cause, il n’analyse pas le sujet, il défend une thèse, c’est très différent, surtout sur le terrain de l’objectivité.

    Ce qui me semble important – et c’est un souci que nous avons, vous et moi, en commun – c’est que l’information publiée, sur quel que support que ce soit – soit une information de qualité. Ni simple reprise de discours vide de sens, ni élucubrations orientées et vaines, ni discours techniques et jargonants.

    Qu’elle soit produite à titre professionnel par un journaliste, ou à titre gratuit par un blogueur, pourrait (ou aurait pu) n’avoir aucune importance en soi.

    L’information doit-elle nécessairement être produite par un journaliste pour être une véritable « information » ?

    Aliocha : qui a dit cela, personne. Personne ne dit par exemple qu’Eolas est mauvais parce qu’il n’est pas journaliste ou qu’il ne devrait pas tenir un blog parce qu’il n’est pas un professionnel de l’information ou encore qu’il ne peut s’adresser au public parce qu’il ne travaille pas dans une entreprise de presse. On a juste dit qu’il existait des professionnels et des amateurs. Pour les premiers c’est un métier soumis à obligations, pour les seconds une distraction parfaitement libre dans son exercice. Ce ne sont pas les journalistes qui dénigrent les blogueurs (voyez comment la presse traite Eolas) c’est quelques blogueurs frustrés qui prétendent que les journalistes ne s’intéressent pas à eux. Enfin, Fantômette, ça saute aux yeux, ne me dites pas que ça ne vous apparait pas, tout de même. Entre nous, je trouve cette polémique proprement hallucinante. D’ailleurs, les rares fois où je l’évoque ici, les lecteurs me disent que c’est sans intérêt. Ils ont raison.

    La thèse de « l’écosystème de l’information » propose une réponse complexe à cette question simple. Le journaliste intervient, oui, dans la construction de l’information. Il fait partie de l’environnement propice à la construction d’une information de qualité. Mais – c’est là, me semble t-il, la thèse de narvic – il n’est plus le seul à faire partie de cet environnement propice.

    Aliocha : là encore, qui a dit le contraire ? Citez moi des gens de presse déclarant que les blogueurs ne devraient pas s’exprimer ou que ce qu’ils expriment est mauvais. Vous n’en trouverez pas. En revanche, vous trouverez chez Marianne 2, Rue 89 et d’autres, des blogueurs associés à l’information délivrée sur le site. Il faudrait quoi en plus ? Qu’ils aient le titre de journaliste ? Et ça changerait quoi pour le lecteur ? Parce qu’au final, c’est le lecteur qui est important, non ? Ma chère Fantômette, vous voyez bien quand on creuse le sujet que sous ses allures pompeuses de réflexion concernant un « nouvel écosystème de l’information », vous n’avez au font que de petits ego en mal de reconnaissance. Si les blogueurs étaient cohérents (je parle de ceux qui briguent le statut de journaliste tout en le dénigrant, qui veulent le titre mais tout en soutenant que celui-ci n’est plus exclusif de la production de l’information et les subventions, mais en soulignant qu’elles sont une atteinte intolérable à l’indépendance) bref, s’ils étaient cohérents avec leurs fantasmes, ils créeraient des entreprises de presse, il y a plein de journalistes blogueurs et plein de journalistes au chomage, donc cette condition serait facile à remplir et ils nous montreraient ce qu’ils savent faire. Mais non. Ce qu’ils veulent c’est rester dans leur fauteuil, ne rien investir, ni temps ni argent, ne prendre aucun risque et avoir simplement leur carte de presse en écrivant de temps en temps un billet. C’est ça, que vous trouvez génial ? C’est ça le nouvel écosystème de l’information ? Foutaises. Regardez ce qui se chache derrière les grandes théories, c’est souvent édifiant.

    Et son opinion (qui peut être discutée) sur le dispositif décretal qui s’est mis en place à l’occasion de l’attribution de ces subventions est qu’il vient perturber un écosystème qui ne peut être performant que si les différents producteurs d’information collaborent (ce dont vous avez déjà eu l’occasion de convenir), en permettant à une catégorie de producteur d’information de prendre l’ascendant sur les autres.

    Commentaire par Fantômette — 11/01/2010 @ 17:00

  55. Bonsoir,

    Si j’apprécie beaucoup l’échange qui se déroule ici, j’ai un peu l’impression que ce combat se trompe de cible.

    Il me parait arriéré de chercher l’obtention d’un titre juste pour avoir un titre, et un titre pour une subvention ça semble si mesquin… surtout quand ces subventions servent à la technique et que la plupart des blogueurs usent d’une solution libre (je suis bien content que Drupal se voit reverser une partie des fonds, le contraire m’aurait choqué.

    Par contre, pour moi qui me prétend simple lecteur de l’information, il me semble que distinguer encore les vrais journaux des blogs est une nécessité.

    J’aime savoir si je suis sur un site « journalistique » ou sur un blog et j’aime savoir cela avant même de lire le contenu.

    Tout simplement parce que je n’ai pas la même exigence envers un type dans son fauteuil et un autre professionnel (qui est peut être aussi dans son fauteuil en train de télé-travailler) qui a une motivation pécuniaire pour faire les choses sérieusement et en respectant des règles.

    J’attends moins d’un blog que d’un site journalistique. Et l’on pourra dire ce qu’on veut il y a une vrai différence entre un article de blog et un article de journaliste. Notamment au niveau de la prise de position, des tournures employées, des tons usités …

    Je sais qu’il est parfaitement contradictoire de réclamer une différence de statut quand on prétend pouvoir discriminer sans cela. Mais après tout, moi je comprend qu’une suggestion de recherche dans google n’est pas une prise de position de l’entreprise, ce n’est pas le cas de tout le monde (ni de la justice la semaine dernière).

    Beaucoup n’ont pas la chance de savoir utiliser internet correctement, et pour tout ceux là il est primordial que des distinctions comme celles ci perdurent.

    L’autre solution du journalisme de fait supposerait un contrôle qualité de ce journalisme. Après tout pour une multitude de sérieux, devrait-on tout de même laisser n’importe qui s’appeler journaliste ? La réponse est bien évidemment non. Si les blogueurs sont enrôlés dans le « journalismes » alors il faut cela, à peine de voir apparaitre d’autres classes de surjournaliste, ou journaliste « super » pro. Et ce ne serait que fuite en avant au fur et à mesure que les amateurs rejoindraient les pros.

    Alors donnons aux blogueur le titre (ou le statut ? ) de journalistes … mais contrôlons la qualité… ai-je besoin de développer où l’horizon est-il clair ?

    Au final, quels que soit les bonnes intentions et les beaux principes ça reviendra à celà: une fuite en avant ou un ministère de l’information.

    Il me semble tout de même que juste être « professionnel » (c’est à dire si j’ai bien compris ; avoir une société identifiée et juridiquement responsable qui accepte de parier des sous sur vous) est une maigre obligation et la solution la « moins pire »

    (et en l’écrivant je me le demande; l’auto entrepreneur se situe où dans ce schéma ? )

    Quand à ce que j’ai lu sur la nostalgie du minitel… c’est impossible et obsolète de nos jours, ou alors ça fera la fortune des gestionnaires de proxy.

    Aliocha : ouf, merci pour ce commentaire de bon sens. Figurez-vous que Marianne2 avait opté au début pour une présentation non différenciée entre blogueurs et journalistes. Dans la version suivante du site, ils ont du corriger cela et distinguer clairement les blogueurs des journalistes, à la demande expresse des lecteurs. Il me parait naturel en effet que les lecteurs tiennent à savoir qui ils lisent. Au demeurant, cela n’implique aucune hiérarchie nécessaire entre blogueurs et journalistes mais une simple information sur qui écrit et dans quel cadre. Il me semble que c’est l’une des données de base pour apprécier la valeur de ce qu’on lit. Au passage, cette expérience montre la bonne volonté des journalistes et leur absence de corporatisme. L’échec auquel a mené cette confusion illustre également la vanité des thèses des blogueurs sur le nouvel ecosystème de l’information.

    Commentaire par Karam — 12/01/2010 @ 01:15

  56. « du “demain tous journalistes” auprès de la communauté du web, »

    Attendez, il suffit de voir le travail remarquable d’un Koz sur Pie XII, pendant que les journalistes de Marianne publient des unes odieuses, et la semaine suivante, reviennent sur ces mêmes excès pour se dire que certains blogueurs sont bien plus professionnels que des journalistes. Et oui, si il y a quelque chose auquel j’ai cessé de croire depuis belle lurette à propos des médias, c’est la prétention à l’objectivité, qui n’existe pas, à mon humble avis.

    http://www.koztoujours.fr/?p=6563
    http://www.marianne2.fr/Pie-XII-et-si-Marianne-se-trompait_a183428.html?com

    Enfin, même si votre position ne manque pas de solidité, vous ne répondez pas à mes propos sur la transparence de l’utilisation des subventions, ce qui est fait de l’argent public, ce qui est tout de même la moindre des choses…

    Commentaire par Polydamas — 12/01/2010 @ 10:22


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