La Plume d'Aliocha

16/12/2009

Johnny, l’hiver, le froid…

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 18:51

Je trouve le positionnement des chaînes d’information (LCI, I-Télé, BFM) de plus en plus étonnant. Ce matin à 6h30, il n’y en avait que pour Johnny. Et hop, coco, en ouverture de tous les journaux, avec envoyés spéciaux sur place et tout le tintouin.  En boucle toutes les dix minutes et sur les trois chaines en même temps. Zapper dans ces conditions revenait à démultiplier jusqu’à la nausée la non-information absolue, le vide total, sidéral d’une mobilisation maximale sur un sujet d’intérêt minimal.

Attention scoop : il fait froid en hiver !

Entre nous, je croyais qu’avec Michael Jackson, on avait vu le pire. Je m’étais trompée. Après tout, qu’on passe des heures sur la disparition d’une star mondiale, c’était encore vaguement envisageable. Mais alors l’hernie discale d’un chanteur français, ça dépasse l’entendement. Surtout quand on lit en bande défilante cette citation ébouriffante d’Aznavour qui, à défaut d’entrer dans les annales, pourrait figurer dans le Top Ten du grand bêtiser de l’information : « Johnny a dit à Laetitia : on rentre ». Bon sang ! C’est à l’info ce que Maïté est à la natation synchronisée. Ce sera quoi ensuite ? Le dentier de Mireille Mathieu ? Les hémorroïdes d’une starlette de feuilletons pour ménagère de moins de 50 ans ? La calvitie de Dick Rivers ? Ah non, c’est vrai, il y a eu aussi le doigt cassé de Besancenot. J’oubliais. Et puis le froid. Ah ça, le froid, c’était la deuxième information spéciale du matin. Un truc de dingue : il fait froid en hiver ! Vous me direz avec Copenhague et le réchauffement de la planète, on a des raisons de s’esbaudir sur la vague de froid.  D’autant qu’il fait zéro mes bons zamis, et zéro en plein mois de décembre, c’est du jamais vu en France. Si je vous le dis, j’suis journaliste, je sais de quoi je parle tout de même. Le problème, c’est qu’il ne neige encore nulle part, qu’il n’y a pas de catastrophe à raconter, ni train bloqué ni village privé l’électricité, alors on file se pencher avec émotion sur le sort des SDF, faut bien meubler.

Tout ceci me rappelle mes débuts dans la presse. Jacques Toubon, alors garde des sceaux, avait convoqué les journalistes à la traditionnelle cérémonie des voeux de la chancellerie. Je l’aimais bien Toubon. C’était avant. Avant Sarkozy, avant le triomphe de la com’, avant le bling bling, le Fouquet’s, le port de la Rolex obligatoire, les femmes ministres en pantalon de cuir perchées sur des stilettos,  les « cass’toi pov con », les vraies fausses interviews, les petites phrases qui font de l’audience, les people promus ministres, les ministres pipolisés, les blagues gluantes, les shows de Ségo sur la Fra-ter-ni-té et ses descentes surprise ici et là,  les éléphants en déroute, le buzz, l’identité nationale, la burqa, Hadopi, les subprimes et le reste. Les politiques osaient encore parler vrai. Un peu. Pas tous. Et Toubon avait commencé par nous charrier, tous autant que nous étions, journalistes TV à la mine fière, formant le premier cercle de l’aristocratie médiatique, journalistes de la presse nationale faussement blasés et fourbissants leurs armes, journalistes techniques un peu en retrait, le carnet à la main et la mine concentrée, guettant l’anonce d’une microréforme. Je m’en souviens encore. Il nous avait lancé : « et si vous arrêtiez de faire des Unes sur la neige ? Je vais vous donner une information : il a toujours neigé en hiver, c’est pas un scoop, inutile d’en faire tout un cinéma, il y a des sujets plus importants que la neige en hiver ». Il n’y avait pas de mépris dans son intervention, juste un brin de franchise, un petit coup de bon sens bien asséné qui ne pouvait que nous faire du bien et dont personne d’ailleurs ne lui avait tenu rigueur. On l’avait pris en pleine figure et sans moufter.

Objet médiatique non identifié

Je me demande ce qu’il en pense aujourd’hui, Jacques Toubon, de nos Unes sur Johnny, le froid et l’hiver. Il parait qu’une seule chaine d’info avait décidé de ne pas modifier son journal lors de la mort de Michael Jackson. Et le big boss voyant cela aurait appelé la rédaction pour lui dire en substance « eh coco, t’arrêtes tout de suite tes âneries, on va se faire griller par les concurrents, alors tu me fais une émission spéciale Jackson et que ça saute ». Faut croire que les journalistes ont retenu la leçon puisqu’ils ont foncé comme un seul homme au chevet de Johnny. Tous, à LCI, I-Télé, BFM. Quant à moi, humble téléspectateur soupçonné indument de préférer la hernie de Johnny au sommet de Copenhague, j’ai éteint le poste. Entre nous, une tranche de « spécial people en péril » entre deux tranches de pub, assaisonné d’une pointe de sport, j’appelle pas ça de l’info, mais il faudra sans doute que je m’y habitue car j’ai bien peur que ce soit l’info de demain.

Note : à lire sur le sujet, le dossier d’@si (accès payant) et une dépêche de l’AFP évoquant la colère du syndicat de journaliste SNJ-CGT.

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35 commentaires »

  1. dans la série « les nanas expliquées aux mecs ».

    le styleto, c’est ici:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Stilettos

    j’aurai au moins appris un truc aujourd’hui!

    Commentaire par fred — 16/12/2009 @ 19:43

  2. Tout ça – le froid, la mort (ou son attente) de gens célèbres – me fait penser au livre [i]Le Pingouin[/i], d’Andreï Kourkov.

    Commentaire par Gwynplaine — 16/12/2009 @ 20:02

  3. Ca fait quelques années que je redoute le jour de la mort de Johnny. Non pas que l’évènement puisse me mettre en émois mais j’ai une grande peur qu’on en bouffe pendant un mois avec tout le tintouin médiatique et, en prime, le vibrant hommage de Notre Cher Président ainsi que le drapeau en berne…

    RIP Johnny

    Commentaire par le renégat — 16/12/2009 @ 20:07

  4. Aaaah, ces petits coups de gueule revigorants.ça fait du bien à lire.
    On se sent moins seuls.

    Commentaire par Albireo — 16/12/2009 @ 20:11

  5. Non, l’info de demain, c’est ça : http://www.wired.com/magazine/2009/10/ff_demandmedia/

    Du « how to » produit à la chaine pour 15$-25$ par article en fonction des mots clefs recherchés et du prix des addwords…

    Commentaire par folbec — 16/12/2009 @ 20:22

  6. Entre des Unes people pour attirer le chalan à la télévision (ou un rappel a l’ordre face à la concurrence ;-)) et des journaux de la presse écrite qui arrêtent de paraître le samedi….. J’ai bien peur que l’information aille à veau l’eau.

    Mais malheureusement le chalan préfere le plus souvent du léger pas trop dur à comprendre qu’un truc sérieux qui pourrait leur apporter une vision différente des choses…

    Vive le chalan finalement et merci à lui de faire de moins en moins bosser les journalistes (et les pigistes en particulier) !!

    Mais ces constats ne sont malheureusement pas nouveaux et ils risquent de s’affirmer encore plus dans les années qui viennent

    Commentaire par misty — 16/12/2009 @ 22:17

  7. Ah, non, là, désolé Aliocha, mais une vague de froid comme on n’en a pas vu depuis plus de dix ans, ça vaut quand même le coup d’en parler. -6° à Nantes ? Rien vu de tel depuis l’hiver 1996-97. On est mal équipés pour gérer de telles températures dans le coin, parce qu’elles sont rarissimes.

    Après, on peut discuter de l’intérêt pour les journaux (nationaux, vu que dans la PQR ça se tient pas mal) à s’étendre sur le sujet, alors que pour véhiculer des infos immédiatement pratiques pour les personnes concernées il y a la télé et surtout la radio.

    Mais résumer la météo actuelle par « ben ouais, il fait froid en hiver, et alors ? » me semble manquer sérieusement de sens de la perspective et des proportions. On a parlé de risques de coupures de courant (ç’a déjà commencé à se produire ça et là en fait) dans les régions inusitées à un tel froid, et qui n’ont pas habituellement besoin de beaucoup d’énergie en hiver.

    Ceci dit, pour le cas Johnny, j’acquiesce.

    Commentaire par Schmorgluck — 16/12/2009 @ 22:47

  8. Tiens, c’est amusant, j’ai entendu à peut près le même discours (« y’en a marre de ces non-infos qu’on nous passe en boucle sur Johnny et l’hiver ») sur France Info aujourd’hui vers 20h !!

    Sinon, en ce moment sur France 4, dans l’émission « Questions de Génération », il y a eu Audrey PULVAR, invitée sur le thème « Peut-on encore croire les Journalistes ».
    Quand ils ont parlé de la monté de la Com’ dans le monde des journalistes, et des passages du monde « journaliste » au monde « porte-parole » d’un personnage politique, j’ai cru entendre du Aliocha !!

    Et puis ils ont invité Xavier BERTRAND sur le thème « Droite ou Gauche, quelles différences aujourd’hui » … Pourquoi lui sur un tel thème …

    Commentaire par Yves D — 16/12/2009 @ 23:21

  9. Tiens, cet article me rappelle que ça fait très longtemps que je n’ai pas écouté les nouvelles télévisées, et c’est à la fois triste et réconfortant de voir qu’il n’y a pas qu’en Amérique du Nord que la non information et l’information-spectacle ont envahis les divers médias d’information…
    Ancienne étudiante en communication, allée vers la littérature, ça fait un bail que je n’écoute plus ni la télé ni la radio. Trop de matériel débilisant à mon goût.

    Et je suis d’accord que faire un reportage sur une vague de froid, plutôt normale puisque hivernale, est un peu une perte de temps. Une vague de froid qui en valait la peine, c’était la crise du verglas de 1998 au Québec : des milliers de foyer sans électricité, des températures de -30 à -45 degrés celcius.

    La solution que j’entrevois pour mon bout de continent, ce serait qu’il y ait plus de stations de nouvelles qui ne soit pas sous la gouverne de l’un ou l’autre des empires de l’information qui existe ici, bref, plus d’information ndépendante. Malheureusement, ça semble bien loin d’être une réalité!

    Commentaire par Valrisa — 17/12/2009 @ 02:00

  10. Moi, ce qui m’a impressionné récemment, c’est la couverture de la « main » de Thierry Henry, suivie du tirage au sort des « poules » (quelle francisation horrible) de la Coupe du Monde de football.

    Commentaire par DM — 17/12/2009 @ 09:12

  11. Ce cirque avait d’ailleurs été prévu par les Fatals Picards:

    Commentaire par DM — 17/12/2009 @ 09:33

  12. Bonjour Aliocha,

    Etonnez-vous après de voir le public se désintéresser de « l’information » et railler votre profession. Même vous le vivez mal. La semaine dernière, on expliquait sur une grande radio généraliste comment se prémunir des engelures (il faisait 2°c à 3°c)! Avec un tel froid, on a eu droit à l’inévitable SDF et on nous a expliqué doctement qu’avec une telle température, fumer, c’est mal et que boire de l’alcool nous vouait immanquablement à l’enfer sur terre. J’ai fermé la radio. Je ne parle évidemment pas de la logorrhée indigeste qui entoure Copenhague. Il ne fait pas bon penser de travers dans ce beau pays. Pour notre malheur commun, c’est tous les jours et sur tous les sujets.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 17/12/2009 @ 09:39

  13. bonjour,

    Une chose m’étonne dans cette affaire et me fait m’interroger: les journalistes dénoncent la dérive de manière quasi unanime alors pourquoi ?

    Qui prend la décision de les envoyer tous au chevet de Johnny ?
    Qui décide qu’il fait assez froid pour en parler ?

    Comment se fait il que la profession fasse front contre ces décisions éditoriale et ne puisse pourtant pas les influencer ?

    Quels processus décisionnels sont à l’œuvre dans les médias pour transformer le banal en capital ?
    Et surtout quel en est financièrement l’impact ? Est-ce le même public qui achètera le journal lorsque Johnny sera en couv ?

    Aliocha : c’est ce que j’essaie de montrer depuis le début sur ce blog, les journalistes sont tributaires des décisions de leurs employeurs, lesquels sont de moins en moins issus du monde journalistique et, par ailleurs, de plus en plus écrasés par les contraintes économiques. Nous assistons donc à une fuite en avant. Tout le monde aime Johnny ? On parle de Johnny en espérant augmenter l’audience. Et ce que l’on croit être le choix de journalistes incultes et racoleurs est en réalité dicté par des directions en panne d’inspiration. C’est toujours la même erreur. Les éditeurs commencent pas adopter une stratégie bien précise en direction d’un public déterminé. Par exemple les chaines di’nfo font de l’info en continu pour un public forcément moins large que TF1 avec ses films, ses divertissements etc. Et puis, il s’aperçoivent qu’ils ne gagnent pas, ou pas assez d’argent. A partir de là, deux hypothèses : soit leur travail n’est pas assez bon, soit leur cible est trop restreinte. Généralement, ils concluent que c’est la cible qui est trop restreinte (c’est plus facile que de se remettre en cause), alors ils sortent de leur créneau d’origine pour toucher un plus large public : tout le monde aime Johnny et tout le monde a froid en hiver, en revanche, tout le monde ne s’intéresse pas au sommet de Copenhague. Résultat ? Généralement, ils ne touchent pas ce public et ils perdent leurs public initial. C’est l’éternel problème du positionnement. Vous avez la même chose en presse écrite. C’est une des raisons à mon sens de la grande crise des médias.

    Commentaire par Karam — 17/12/2009 @ 10:46

  14. @Aliocha

    Cela me mène à une autre question : n’y a t’il aucun moyen pour les journalistes de peser sur le contenu éditorial autre que la déclaration syndicale effarouchée ?

    Car ne nous y trompons pas, aucun des employeurs n’a du prendre la critique pour lui, et la plupart se justifieront du désormais ministériel « si l’autre le fait je ne vois pas le problème à le faire aussi » plus connu sous le vocable de « mèèèheu c’est lui qui a commencé »

    Au final, c’est tout de même les journalistes qui, à la fois, sont menés à l’abattoir et subissent ensuite le ridicule de la situation. N’ont-ils aucun équivalent du « droit de retrait » ?

    Et s’ils n’ont pas de tels moyens, qu’attendent ils pour les revendiquer clairement et fermement ? S’ils les ont, pourquoi n’en font ils pas usage ?

    Pour l’instant tout me conforte dans l’idée qu’une presse encore plus malade aurait au moins le mérite de désintéresser les financiers…

    Commentaire par Karam — 17/12/2009 @ 11:41

  15. Je souscris au commentaire n° 4, des deux mains.

    Le froid faisant la Une du Monde d’hier, et je me suis dit que décidément ça ne s’arrangeait pas, dans ce canard (ni dans ce froid de canard). Il y avait un petit refuge de l’info substantielle, une micro-niche avant 20 h, sur le « 6 minutes » de M6. La chaîne a trouvé bon de s’aligner sur le style du « 20 heures » des grosses chaînes, et le contenu a suivi. Consternant.

    Aliocha : ne m’en parlez pas, la disparition du 6 minutes m’a désespérée, c’était vraiment un bon format, dynamique, concis, intelligent. C’est comme I-Télé, depuis que Bazin ne présente plus l’info le matin, ça n’a aucun intérêt. Il était très bon avec la journaliste qui l’accompagnait, elle piquante, lui modérateur, une équipe équilibrée dans laquelle chacun mettait l’autre en valeur. Je le trouve mauvais en éditorialiste, et un peu terne dans le nouveau format d’interview. Ce qui montre au passage le savoir-faire qu’il faut développer là plus qu’ailleurs pour choisir les bons journalistes, les affecter aux bonnes tâches dans le bon format, avec la bonne ligne éditoriale, le bon décor, le bon timing etc. Une réflexion de plus en plus souvent remplacée par « faisons comme les copains et élargissons notre cible avec des sujets qui intéressent tout le monde ».

    Commentaire par Philarete — 17/12/2009 @ 11:48

  16. Merci Aliocha d’au moins essayer de remettre les journalistes dans le droit chemin de la vraie information.

    En tant que Fan de Michael Jackson, j’avais déjà trouvé que les medias en faisait trop et que les piss… euh les fans larmoyants étaient ridicules.

    Heureusement que Johnny n’est pas mort… Le jour où il calanche, je m’exile sur le plateau du Larzac…

    Aliocha : Loin de moi l’idée de remettre mes confrères dans le droit chemin, je n’en ai ni l’intention ni surtout la légitimité. D’ailleurs, ils témoignent eux-mêmes de la bêtise de l’exercice. Voyez à ce sujet ce billet très drôle d’une journaliste envoyée sur place : http://www.marianne2.fr/Johnny,-tout-est-fini-entre-nous_a183157.html. Encore une fois, ce sont nos employeurs qui débloquent, il est urgent qu’ils s’en rendent compte. Sinon, gardez-moi une place sur votre plateau du Larzac, on risque d’y être nombreux ce funeste jour-là 😉

    Commentaire par PtitDark — 17/12/2009 @ 12:17

  17. J’approuve votre coup de gueule sur Johnny, ma chère.

    En revanche, pour le froid, je suis plus partagé. Certes tout le monde sait qu’il fait froid en hiver. Mais le rappeler peut avoir une conséquence utile : rappeler aux gens que la croix rouge, les restos du coeur, etc… ont besoin d’aide.
    Et puis une autre « info » liée au froid qui me semble avoir été nécessaire de diffuser : l’état du réseau EDF. Je suis en Bretagne, et nous préciser que si on veut pas avoir de coupure faut réduire nos consommations en ce moment m’a semblé nécessaire… Bref, pour certains points, il peut être nécessaire, je pense, de faire de la non-information pour faire de l’information.

    Commentaire par Triskael — 17/12/2009 @ 13:54

  18. Bonjour M’dame.

    Juste une petite question peut être idiote : Peut-on penser, regardant les errements de la presse dans son coeur de métier (l’information), que la défense de son ‘modèle économique futur’ soit tout aussi stupide et bien mal dirigé ?

    Car le choix qui est fait aujourd’hui est un choix stratégique que l’on semble s’accorder à trouver mauvais dans l’esprit même et pas seulement dans la forme. N’est-ce pas un petit indice que les choix de fond (y compris le modèle économique de demain) ne correspondent pas à ceux qu’ils devraient être ? En ce cas l’attitude autiste vis à vis du web, (faire du buz et ‘vendre’ son trafic,) est déjà plus compréhensible : ce n’est pas un modèle économique d’information, mais de la vente de temps de cerveaux disponibles. Sous cet angle, tout concorde, le fait que google propose de la pub diminue le temps de cerveau disponible qu’ils peuvent vendre.

    Commentaire par herve_02 — 17/12/2009 @ 13:58

  19. “et si vous arrêtiez de faire des Unes sur la neige »
    Sautez à pieds joints dans la boue.
    En plein dans la fenêtre de tir. Il attend sa promotion.
    http://www.lepost.fr/article/2009/09/28/1715860_parce-qu-ils-enquetent-sur-cette-affaire-d-etat.html

    Commentaire par Papi Emerveillé par Toubon — 17/12/2009 @ 14:00

  20. Je prends les paris… qui me suis?

    demain la UNE de tous les quotiden aura au moins 1 photo de Paris sous la neige !

    Information ESSENTIELLE s’il en est !

    Aliocha : trop facile!!!!!!!!!!

    Commentaire par misty — 17/12/2009 @ 16:33

  21. n’empeche… fait froid quand meme.

    Aliocha : je n’en disconviens pas un instant. D’ailleurs, j’ai trois pulls et une écharpe. La question est : un zéro degré en décembre en France mérite-t-il la Une de tous les médias (réponse : 1) ou une simple information à la rubrique météo (réponse : 2) ? Perso, je dirais : réponse 2.

    Commentaire par firejuggler — 17/12/2009 @ 16:46

  22. moi je choisi la réponse 3 :
    voter par sms 1€34 la minute + coût du sms (variable selon les opérateurs)

    Commentaire par herve_02 — 17/12/2009 @ 17:06

  23. Moi également.
    Par contre; le risque de coupures en Bretagne et dans l’autre région (pardon,j’ai oublié laquelle) me semble par contre un peu digne d’intérêt (pourquoi , comment). C’est peut être là l’information, et pas le froid en lui même.

    Aliocha : certes, mais toujours pas en Une. C’est un problème de hiérarchie de l’information. Mettre le froid en Une c’est signifier qu’il ne se passe absolument rien de plus important dans le monde entier que la neige qui tombe sur la France à l’approche de Noël. Un peu exagéré, vous ne trouvez pas ?

    Commentaire par firejuggler — 17/12/2009 @ 17:12

  24. Ce qui me paraît grave et inquiétant, c’est la gestion de l’information selon un « agenda » (qu’il soit institutionnel ou, ici, météorologique) qui en vient à faire dire ou écrire par les journalistes, au sujet des personnes sans domicile, des choses telles que : « Le froid tue en France ». Or, ce n’est pas le froid qui tue, c’est notre système social dont la mécanique exclue les plus faibles et s’émeut bien plus de la mort d’un chanteur que de celles d’inconnus dans la rue.

    Commentaire par Soisic — 17/12/2009 @ 17:25

  25. effectivement, c’est un peu exagéré. Il y a aussi Johnny (Rockfort).
    Sinon, autre explication plausible : C’est sur Paris qu’il neige… et comme c’est rare…
    paf!
    Pour attirer le chaland, il y a aussi notre ami italien…
    Sinon, je m’attend d’un jour a l’autre au marronnier du père noël…

    Autre question bête Si j’envoie une lettre au père noël (ou a sa dame) au palais de l’elysée dois-je affranchir ma lettre?

    Commentaire par firejuggler — 17/12/2009 @ 17:46

  26. Pour réagir au numéro 23…

    les problemes d’electricité ont déja fais la une….. en octobre. Tout le monde savait deja a l’époque qu’il ne fallait pas de vague de froid en France, car on serait obligé d’importer de l’energie…

    Pourquoi voulez vous que ca passe en UNE aujourd’hui, alors que c’est une vielle info et que personne ne l’a remarqué à l’époque???

    Commentaire par misty — 17/12/2009 @ 17:54

  27. Désolée…. ca m’a démangé quand je l’ai vu

    Voila ce que c’est qu’un VRAI journaliste :-p : http://www.wat.tv/video/bataille-boules-neige-sur-208gn_1ezx5_.html

    Commentaire par misty — 17/12/2009 @ 18:21

  28. « Mettre le froid en Une c’est signifier qu’il ne se passe absolument rien de plus important dans le monde entier que la neige qui tombe sur la France à l’approche de Noël. Un peu exagéré, vous ne trouvez pas ? »

    Principe du mort.kilomètre: une vague de froid qui touche l’île de France est bien plus importante que des morts dans des pays lointains peuplés de gens «pas comme nous».

    Commentaire par DM — 17/12/2009 @ 20:26

  29. Karam,

    Dans votre commentaire, vous émettez mine de rien une erreur fondamentale économiquement parlant: les médias parlent tous de Johnny, d’accord, mais quasiment personne n’envoie réellement un journaliste au chevet de la star aux USA, ça coûterait bien trop cher.

    En réalité, chacun mouline les mêmes informations et les mêmes images avec une petite sauce lègèrement différente. Et ça, ça ne coûte pas cher du tout.

    En revanche, si vous envoyez un vrai journaliste à Vesoul pour suivre, par exemple, un vrai fait-divers qui vous semble intéressant, ça va vous coûter très cher: le voyage, deux ou trois nuits d’hôtel, un journaleux capable de prendre la température et les contacts sur place rapidement sans dire de conneries, quelques restos à 15 euros, peut-être un photographe en sus…

    Bref, au final, quelques milliers d’euros dépensés pour un résultat aléatoire car il n’est pas sûr que le lecteur (l’auditeur ou le téléspectateur) va s’apercevoir, au milieu des infos bling-bling, que la rédaction en chef a fait un effort.

    Voilà, vous avez compris pourquoi, à peu de choses près, tout le monde mange la même daube…

    Commentaire par didier specq — 18/12/2009 @ 07:40

  30. Bonjour Aliocha
    Je suis sure que vous avez apprécier ma chère, le tour de France des endroits ou il neige suivies de la susan boyle espagnole de 70 ans qui danse la salsa sur notre belle TV?

    Commentaire par misty — 18/12/2009 @ 08:13

  31. @didier specq: Le Los Angeles Times a tout de même expliqué qu’il y avait un mini campement de journalistes français en face de Cedars Sinai, ce qui les intrigue car Johnny est totalement inconnu là bas. Ce campement coûte cher.

    Une personne de ma connaissance qui avait été interviewée par TF1 (ils ont gardé genre 30 secondes d’ambiance et de banalités) a été impressionnée que pour un si court extrait TF1 avait envoyé une équipe de tournage à Montauban…

    Bref, de l’argent, il y en a, au moins chez les grandes chaînes.

    Commentaire par DM — 18/12/2009 @ 09:23

  32. Les pipole, c’est encore François Morel qui en parle le mieux : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/video/humour.php

    Pour ceux qui auraient loupé sa chronique de ce matin.

    Commentaire par Fantômette — 18/12/2009 @ 09:45

  33. […] discale de Johnny, j’en ai finis par douter de moi-même en voyant cette graphie chez Aliocha, où je suivais des débats sur Google et la Presse (on en reparlera en janvier). Après une […]

    Ping par Multilinguismes | Encre de Lune — 19/12/2009 @ 07:49

  34. Exact, ce n’est pas le journalisme de demain. C’est le journalisme d’aujourd’hui. On présente un fait mais on ne donne aucune explication:

    Sur le froid, phénomène le plus normal en hiver, si on en parle, alors pourquoi ne pas apporter une explication ? La vague de froid est particulièrement vive : pourquoi, quel phénomène météorologique en est la cause ? C’est le minimum pour que celui qui reçoit l’information comprenne.

    Sur l’électricité, il est plus qu’amusant qu’en hiver et alors qu’il fait très très froid, on demande à la population de baisser le radiateur électrique. C’est absurde et ça ne choque personne !
    Sur le sujet du problème d’alimentation électrique, les journalistes se contentent de dire qu’on risque la surconsommation et que des coupures sont susceptibles d’intervenir. Mais aucune explication sur la raison du problème électrique. C’est la négation de la connaissance.

    Dernier exemple, ce soir, le journal de France 2 : le fait d’hiver du jour : TGV bloqué 14 heures passées dans le tunnel sous la Manche: les réactions des passagers, des images dans le tunnel, des images dans le train. Mais aucune explication sur la cause de la panne, absolument rien !

    Autre exemple, mais là c’est encore pire, puisqu’il s’agit de la négation d’un fait : grève du RER A, un million de voyageurs pris en otage depuis 10 jours : on n’en parle pas dans la presse. Alors que c’est un scandale. Aucune explication. Il y aurait quand même de quoi enquêter : quelles sont les revendications ? Quelles sont les conditions actuelles de travail ? Les salaires ? Les congés ? Les RTT ? La durée de conduite journalière ? Evoquer un rapport récent de la cour des comptes mettant en cause la RATP. On aimerait savoir si les revendications sont légitimes ? Peut-être que comme ça n’a pas d’incidence à Paris, ça n’existe pas. Vive l’information !

    Commentaire par galaxm31 — 19/12/2009 @ 21:58

  35. devenir millionnaire

    Johnny, l’hiver, le froid… | La Plume d'Aliocha

    Rétrolien par devenir millionnaire — 07/08/2016 @ 10:09


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