La Plume d'Aliocha

09/12/2009

Google, partenaire ou ennemi déclaré de la presse ?

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 10:21

Décidément, Tatiana de la Voix du Dodo fait un boulot remarquable. Dans le prolongement de la discussion qui se déroule ici depuis quelques jours sur Google et la presse, je vous invite à aller lire son dernier billet, entrecoupé d’extraits vidéos, qui relate un colloque organisé par la Fédération nationale de la presse française vendredi dernier. Carlo d’Asaro Biondo, représentant de Google en Europe de l’Est et du Sud répond aux questions de Nathalie Collin, présidente du directoire de Libération et de Philippe Jannet, PDG du Monde Interactif.  Vous verrez que « les méchants » ne sont pas forcément les éditeurs de presse. Edifiant.

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23 commentaires »

  1. Ben, je n’ai pas vu les vidéos, mais lu les commentaires sous le billets et les commentaires DANS le billet. Ce qui résume tout le débat est ici :
    « Round 3
    « Le net ce n’est pas que des outils, c’est aussi des cerveaux, embraye Nathalie Collin. Quand vous utilisez nos contenus, ça a de la valeur. Je pense que la valeur intellectuelle aura toujours plus de valeur que le plus beau moteur de recherche du monde. »
    Là, on met le doigt sur une plaie ouverte : « Google fournit du trafic, ce qui en soi à une énorme valeur (..) si notre trafic ne vous intéresse pas, vous n’avez qu’à ne pas y être. » Et toc ! »

    Qu’ensuite on charge de mauvaise fois avec l’évasion fiscale, qui fait quoi, qui veut quoi qui signe avec qui, qui facture quoi et comment. Ce n’est que broutille.

    il est très très simple de ne pas se faire piller par le gros méchant :

    cela prends Moins de 5 secondes à faire et cela coute bien moins chèr que toutes ses réunions, que l’essence qui’l a fallut mettre dans la voiture pour aller à cette réunion.

    La presse française n’a qu’à se déréférencer de google en bloc et créer un moteur interne français qu’elle maitrisera et qui fera ce travail.

    Commentaire par herve_02 — 09/12/2009 @ 11:42

  2. il a bouffé mon méta

    META NAME= »ROBOTS » CONTENT= »NOINDEX, NOFOLLOW »

    Commentaire par herve_02 — 09/12/2009 @ 11:45

  3. Pareil, je ne peux pas voir les vidéos, mais j’ai plus eu envie de plaindre le pauvre responsable de Google qui est venu se jeter dans la gueule du loup.
    Google propose maintenant à un site de pouvoir apparaître dans les résultats Google et de ne plus être repris sur Google News. Ils ont corrigé la faille qui permettait de contourner les systèmes de « 1er clic gratuit » (chose que les journaux auraient du corriger de leur côté d’ailleurs). Je ne vois pas trop ce qu’ils peuvent faire de plus (à part livrer des valises de billets, ce qu’ils ne feront pas car ce n’est pas leur taf).

    Commentaire par lucasbfr — 09/12/2009 @ 15:03

  4. Edifiant en effet de voir à quel point les journaleux sont imbus d’eux mêmes et de la « valeur » de leur production. Cette valeur existe, puisqu’il se vend toujours des journaux, mais elle n’est pas absolue comme semblent le penser les journalistes. Elle décroit de jour en jour, au même rythme que la baisse des ventes.

    Aliocha : comme Google est imbu de la valeur de ses outils. L’argument tiré de la psychologie de chacun des protagonistes me semble assez contestable et n’apporte pas grand chose au débat 😉

    Commentaire par Morne Butor — 09/12/2009 @ 16:44

  5. Je ne sais pas s’il s’agit de psychologie lorsque je dit que la valeur de la presse diminue. toujours est-il qu’elle diminue.

    Mon ressenti des vidéos, c’est qu’effectivement Google ne parle que d’outils et de business models. Google ne parle pas du métier des journalistes, simplement parce qu’ils n’en ont rien à faire. Mon avis, c’est que leur participation à ce genre d’échange avec les journalistes n’est dû qu’au fait que même pour Google, il n’est pas bon d’avoir mauvaise presse.

    Reste que, Google a le vent en poupe et fait bien ce qu’il veut. Tant que Google n’aura pas de concurrent digne de ce nom, les journaliste n’ont pas grand chose à espérer.

    Personnellement, je suis plus inquiet de ce quasi-monopole de Google que des vieux empires de presse en train de s’effondrer. Mon inquiétude ne m’empêche cependant pas de dire que Google a fondamentalement raison dans ses choix et dans la philosophie qui sous-tend ces choix. Je vois peu d’espoir pour la presse de les prendre à contre-pied. Il me semblerait plus utile d’accompagner le mouvement comme le propose Google. Plus tard, lorsque la presse aura repris une assise, elle devra reprendre son autonomie… et ce ne sera pas facile…

    Aliocha : Nous sommes au moins d’accord sur les dangers du monopole. Convenez alors que la presse ne joue pas un si mauvais rôle que cela en remettant en cause le principe même du modèle économique qui permet de monopole…

    Commentaire par Morne Butor — 09/12/2009 @ 17:02

  6. Bonsoir,

    J’avoue je commençais à être convaincu par l’esprit, je me disais que je n’avais peut être rien compris et que google était peut être effectivement voleur… merci pour ces vidéos.

    J’y ai vu des journalistes arc-boutés sur des positions qu’ils semblent même avoir du mal à formuler tellement ils peinent à les comprendre; Philippe Jannet est dans ce domaine assez édifiant, quand à Nathalie Collin on dirait qu’elle attend un free hug ou à la rigueur juste que quelqu’un lâche du bout des lèvres qu’elle travaille…

    Mais surtout j’y ai vu 2 mondes qui ne se comprennent pas et qui ne parlent absolument pas de la même chose.

    Google ne « vole » pas le contenu puisque google ne l’affiche pas. Ou alors à voir toutes les universités (j’n’ose pas les parcs d’attraction pour éviter le cliché et rester dans l' »intellectuel » ) réclamer de l’argent aux société d’autoroutes qui mènent les étudiants dans les amphis

    Les journaux sont payés pour l’interet et la pertinences de leurs infos, google pour faire le lien entre le journal et le client. Ce n’est pas la meme chose. Si ils estiment que ce lien ne vaut pas 1 titre et 1 phrase alors qu’ils se déréférencent, c’est tellement facile (oui je sais… comme mon commentaire).
    En tout état de cause, ils ne le font pas, est-ce à dire qu’ils y trouvent leur compte ? Je pense. De la même manière que les contrats publicitaires qu’ils dénoncent les satisfont puisqu’ils les signent et qu’ils ne les présentent pas devant les tribunaux.

    Mon impression est que les journaux nous font le coup des majors mais en un peu plus malin. Leur modèle s’effondre du fait de plein de choses et au lieu de se remettre en cause, ils accusent le net et réclament de l’argent. Seulement au lieu d’accuser les internautes, ils accusent google. C’est mieux que se mettre a dos sa clientèle mais ça ne résoudra pas le problème. C’est là que s’arrête le parallèle entre journaux et maison de disque, car tout le monde est bien conscient que l’information a un cout. Il faut à un moment donné que les éditeurs regardent les problèmes en face. Si les internautes ne sont pas prêt à payer pour lire leurs journaux ce n’est pas forcement qu’ils ne veulent payer pour rien, mais éventuellement que la qualité qui leur est proposée ne leur semble pas mériter l’argent demandé.

    Demander à google de payer le journal est aussi inepte que demander aux fai de financer la musique.

    Commentaire par Karam — 09/12/2009 @ 17:14

  7. Remettre en cause un modèle économique qui risque de mener à un monopole, c’est un bon début d’idée. Mais pour l’instant, rien de ce que j’ai vu proposé par la presse en tient la route ! Dans ce cas qu’y a t-il de mal à accompagner le mouvement de masse qui s’opére sous les roues de Google ? quelqu’un finira par trouver une ou plusieurs alternatives qui permettront de prendre une autre voie.

    Mais en la circonstance, je ne voie dans ces vidéos que des journalistes qui bien que pleins d’incertitudes, n’imaginent même pas que Google puisse (même temporairement) avoir raison, fondamentalement raison !

    Commentaire par Morne Butor — 09/12/2009 @ 17:24

  8. Google a raison sur un point: un site peut très facilement se désindexer de son moteur, et cela a d’ailleurs toujours été possible indépendamment des déclarations récentes (techniquement parlant, utiliser robots.txt ou bloquer googlebot.com au niveau du serveur Web).

    Ce que veulent les éditeurs, c’est être indexés par Google et donc profiter du service fourni par Google, qui leur ramène des lecteurs, mais pas avec le partage financier que Google propose.

    Donc, ce que les éditeurs de presse réclament est effectivement un partenariat, mais selon d’autres termes. Tout simplement parce que s’ils déclarent la guerre à Google (encore une fois, c’est techniquement très simple de désindexer un site de Google), ils perdront les lecteurs de leurs sites et que ceux-ci deviendront encore moins viables financièrement que maintenant.

    Une partie du problème est cette position de quasi-monopole de Google: être indexé en haut dans ce moteur est une affaire de vie ou de mort pour une bonne partie des sites Internet, il y a même une industrie de conseil spécialisée dans ce domaine.

    Commentaire par DM — 09/12/2009 @ 19:25

  9. Donc c’est un partage du gâteau (mot employé dans le billet). Donc un rapport de force.

    Ce qui suppose une certaine dose de cynisme et un « fighting spirit » adapté au combat qu’on souhaite livrer.

    Notez l’emploi de la référence au catholicisme par le type de Google et le fait que les types de la presses écrites discutent d’abord du partage de la rente, sans remettre en cause le principe de cette rente (les cathos deviennent protestants dès qu’on parle de se partager une rente).

    C’est pas une affaire de méchants ou de gentils, c’est du business.

    Commentaire par tschok — 09/12/2009 @ 20:16

  10. >>Aliocha : Nous sommes au moins d’accord sur les dangers du
    >>monopole. Convenez alors que la presse ne joue pas un si
    >>mauvais rôle que cela en remettant en cause le principe même
    >>du modèle économique qui permet de monopole…

    non pas du tout,
    1 – ce qui a permis ce monopole (qui n’en est pas un), c’est la qualité de produit google, son absence de concurrent sérieux et performant. Une bonne part des personnes recherchent dans la barre de recherche de orange et/ou lisent les infos sur le portail d’entré de leur fai.Il n’y a pas de monopole, il y a juste une convergence d’utilisation. Il n’est pas impossible de changer facilement son moteur de recherche. Si vous voulez savoir ce qu’est un monopole, essayer d’acheter un ordinateur sans windows dessus, oui il y a clairement un monopole.

    2 – la presse ne remet pas en cause le principe du monopole, elle essaye de se goinfrer gratuitement (entendre sans travail supplémentaire) sur le fric que google gagne avec ses produits. Il y a des tonnes de modèles économiques qui peuvent être envisagés avec des tonnes de produits ‘dérivés’ de l’information, et les journalistes feraient mieux de les chercher et de les trouver plutôt qu’essayer de ramasser une part de l’argent google en le diabolisant (google, pas l’argent). Il n’est que voir les principaux griefs que l’on fait à google :

    – ils gagnent de l’argent (et alors?)
    – ils créent pas d’emploi en france (et alors ?)
    – ils payent peu en france (et alors ?)
    – il est un pilleur (c’est un mensonge : il ne fait que gagner de l’argent en faisant son métier : proposer des résultats de recherche).

    Si l’on enlève tous ces griefs, il ne reste pas grand chose contre google. Disons que le « _de votre faute_ on arrive pas à gagner de l’argent sur le net » est au mieux une incompréhension de comment le net fonctionne, au pire une mauvaise foi tintée de malhonnêteté (peut être juste de la malhonnêteté en fait). C’est vrai que la presse n’arrive pas à gagner sur le net assez d’argent, mais ce n’est pas _a cause_ de google, c’est _malgré le fait_ que google lui fasse du trafic.

    Enfin, le choix business de google, c’est donner un max de chose (il y a plein de choses gratuites, mail, navigateurs, os, bureau online, application on-line, avec les _sources_ pour que chacun puisse faire la même choses chez lui) et gagner de l’argent avec la ‘captivité’ des personnes à leurs produits.
    Ne vous leurrez pas, les gens qui viennent de google_news sur le monde.fr sont accros à google news et pas à lemonde.fr. Trouvez le pourquoi est, à mon humble avis, une question bien plus importante que d’essayer de faire croire aux autre que google c’est le vilainméchantpasbeau. Enfin, ce que j’en dis.

    Quand à parler de monopole, je suis un peu mort de rire, il y a combien de groupe de presse en France ? moins que des moteurs de recherche (même en se limitant aux plus gros). Parfois la mauvaise foi n’est pas du coté que l’on croit.

    Commentaire par herve_02 — 09/12/2009 @ 21:19

  11. J’ai un peu du mal à saisir les tenants et aboutissants de ce débat tant ça m’a l’air virtuel tout ça. Si j’ai un peu compris l’histoire, c’est un peu comme si on cherchait à opposer les paroles et la musique.
    En somme c’est encore une histoire de piratage de l’oeuvre intellectuelle !

    Commentaire par OeilduSage — 09/12/2009 @ 21:45

  12. @ OdS,

    Non, ça c’est ce que les éditeurs de contenu veulent faire croire pour faire pression sur Google et augmenter leur part du gâteau publicitaire. Ca participe d’un bras de fer pour le partage d’une rente.

    Sans moteur de recherche, la ressource publicitaire d’un éditeur de contenu est liée à sa fréquentation par les initiés: ceux qui savent qu’il existe et qui connaissent son adresse internet. C’est à dire quelque chose qui est proche de zéro.

    Cela n’empêche pas les éditeurs de contenu d’accuser régulièrement Google de siphonner leur pub en oubliant au passage que sans lui, ou un autre moteur de recherche, ils n’auraient tout simplement pas de ressources pub significatives.

    @ Herve_02,

    En fait, on pourrait même imaginer que Google se retourne contre Murdoch (schématiquement)en lui disant: « je vous amène du lectorat et c’est vous qui parasitez ma pub en émettant la vôtre. Donc c’est vous qui parasitez mon activité économique en vous plaçant dans mon sillage, alors que vous n’avez réalisé aucun des investissements coûteux qui m’ont permis de monter mon business. J’estime donc que la recette publicitaire que vous engrangez à l’occasion de la fréquentation de votre site qui est générée par mon moteur de recherche doit me revenir. Je vous réclame donc XXX millions de dollars ».

    L’éditeur de contenu est persuadé qu’il se fait parasiter par Google, mais il oublie que l’argument peut lui être retourné.

    Qui parasite qui?

    La réponse apportée par les éditeurs, qui se fondent essentiellement sur la valeur intellectuelle qu’ils prêtent à leur contenu n’est pas forcément pertinente juridiquement: on peut très bien faire du parasitisme avec de la qualité.

    Cela peut paraitre choquant, mais c’est ainsi.

    Commentaire par tschok — 10/12/2009 @ 09:24

  13. (Hors sujet ici je crois)
    Je regardais « des mots de minuit », et l’un des intervenants expliquait que le web, avec ses « journalistes amateurs », était une chance pour le journalisme professionnel de montrer par le simple fait de la différence en quoi ça consistait, comment le journaliste professionnel se démarque.
    Il parlait de (re)mettre de l’éthique, de savoir ralentir pour bien expliciter (il a pris l’exemple des chiffres du chômage), afin de ne pas être perçu au choix comme un « complice » du politique, ou bien comme un protagoniste baclant son métier.

    Le présentateur a montré un extrait d’un jeune journaliste expliquant qu’à l’école de journalisme on leur apprenait surtout à se mouler dans les standards de l’information, en se calquant par exemple sur les sujets (et le temps accordé) par LCI. Il reprochait qu’on ne veuille plus de réflexion, de mise en perspective de l’information (quelle est l’info à mettre en avant, quelle est sa pertinence, etc) car processus complexe prenant aujourd’hui trop de temps.
    L’intervenant en question expliquait qu’en effet, aujourd’hui, le jeune journaliste, content d’avoir pu décrocher une place, fera probablement profil bas …

    Je me souviens également d’une phrase, qui a été dite dans je ne sais plus exactement quel contexte de discussion, qui disait que l’un des problèmes est qu’on ne cherche plus à informer les gens, mais à leur fournir ce qui les intéresse.

    Il a été fait part aussi qu’aujourd’hui on est dans un modèle de com’ avant tout.

    En tout cas c’était intéressant (et le reste de l’émission aussi d’ailleurs, comme toujours)

    Commentaire par DePassage — 10/12/2009 @ 10:32

  14. Un de plus, un sujet de plus sur la presse contre internet.

    Pour moi, le problème n’est pas internet : ce n’est qu’un outil (lors de l’apparition de la radio, je suis presque sûr que de semblables discours ont dû être tenus, type la radio ne coute rien, elle va faire disparaître les journaux payants, …).

    La seule question (pour moi) est : un journal vaut-il son prix de vente ? Je ne parle pas évidemment de son coût de production (journalistes, impression, distribution et autres) mais de la valeur que les Non-Lecteurs lui accordent (ceux qui l’achètent considèrent qu’il a une valeur supérieure ou égale à son coût d’achat).

    Les profils de lecteurs sont sans doute divers mais pour ceux qui s’intéressent à l’information via le net, l’attitude globale est de picorer d’un site à un autre. Soit pour avoir plusieurs analyses d’un même évènement, soit pour suivre un domaine particulier (écologie, économie, sport).
    Hors, que sont les journaux papier : ils sont les porteurs d’une offre globale, à savoir écologie ET économie ET sport ET horoscope ET … .Donc ne proposent pas une offre susceptible d’attirer de nouveaux clients.

    De plus, « Qui trop embrasse mal étreint », la pagination n’étant pas extensible à l’infini, les journaux sont contraints de faire des articles courts, tronqués et, en conséquence, parfois inexacts (pour ce qui de mon domaine d’activité, la mécanique et l’énergie, j’ai arrêté depuis longtemps de lire les articles des journaux, ils pourraient me servir comme exemples des erreurs à ne pas faire).

    Maintenant pour le net : que font les journaux ? La même chose, une offre globale. Pas de plateforme commune inter-éditeurs où l’on pourrait croiser les points de vue, où l’on pourrait avoir des articles plus complets sur tel ou tel sujet. Non, toujours la même offre globale et toujours le chacun pour soi. Alors que l’on dit souvent : LA presse écrite va mal.

    Ce qui me m’énerve en plus, c’est que certains journalistes tiennent des blogs de grande qualité (Pascale Robert-Diard ou Luc Cedelle par exemple) oups! (et vous aussi) par rapport à la qualité globale des informations données dans le journal papier (il faut bien faire court). Donc les infos fouillées, les analyses approfondies, etc.… sont sur des blogs (gratuits) et l’info condensée, et donc imparfaite, dans le journal (payant). Avouez que ça n’est pas vraiment optimum comme gestion, non ?

    Mais bon, il parait que c’est la faute à Google …

    Pour finir, il y a environ 17000 titres en France, toute presse écrite confondue, 10 grands titres nationaux dont 7 généralistes (Pouvez vous confirmer ou corriger Aliocha ? merci d’avance). Compte-tenu de l’état actuel de la presse écrite, il est fort probable que certains titres vont disparaître. Et je serai tenté de dire « et alors ? ». Toutes les branches de l’industrie et des services ont leurs périodes de restructuration afin de survivre et d’être plus en phase avec le marché. D’accord, ce ne sont pas des périodes agréables mais malheureusement elles sont parfois nécessaires. Et les chiffres sont tenaces : 1946, 28 quotidiens nationaux, 6 millions d’exemplaires – 2006, 10 quotidiens et 2 millions d’exemplaires.
    Que voulez vous, je préfère avoir moins de journaux mais des journaux qui se vendent bien, rentables, et donc indépendants et qui peuvent pleinement jouer leur rôle de contre-pouvoir au lieu de journaux sous perfusions maintenus en vie par la pub et les aides du gouvernement …

    Au plaisir de continuer à vous lire et pardon pour la longueur.

    Commentaire par CTjano — 10/12/2009 @ 12:00

  15. D’une part Google n’est pas en monopole sur la recherche en ligne, il y a des moteurs concurrents (yahoo, bing, baidu en Chine), et le marché de la recherche en ligne est assez facilement contestable: la seule barrière à l’entrée, ce sont les moyens, mais la technologie est assez connue. Même s’il ne restait que Google, des pratiques abusives de ce dernier favoriseraient très rapidement l’émergence d’un concurrent. Changer de moteur de recherche est beaucoup, mais alors beaucoup, plus facile que de changer de système d’exploitation. Sur la régie publicitaire, cependant, c’est moins sûr…
    D’ailleurs, les marchés nationaux ne sont pas forcément représentatifs au niveau mondial. MSN a beaucoup de succès en France, mais en Allemagne, c’est ICQ qui domine.

    Enfin concernant les journaux, je ne suis pas sûr qu’ils aient vraiment besoin de Google. Le calcul de Murdoch est loin d’être mauvais: les journaux ont une *marque*. La marque est là pour orienter les lecteurs (comme Google). Les gens qui lisent LeMonde.fr pou LeFigaro.fr ou Lieration.fr (ou rue89, ou @si) n’y vont pas parce qu’ils ont cherché « climategate » ou « votation minarets suisse » sur Google, mais parce qu’ils connaissent ces marques (ou alors parce qu’ils ont vu le lien sur GoogleNews, mais cela représente-t’il beaucoup de lecteurs ?).

    Est-ce que vraiment, le référencement Google est une obligation pour les journaux ? Pas sûr, et probablement pas sur la totalité des contenus. Le but à la fin, c’est quand même de fidéliser les lecteurs.

    Commentaire par Rom1 — 10/12/2009 @ 13:38

  16. >>Est-ce que vraiment, le référencement Google est une obligation pour les journaux ? Pas
    >>sûr, et probablement pas sur la totalité des contenus.

    Alors ou est le problème ? Ils se déréférencent et le problème est réglé.

    Voila ca c’est fait.

    Problème suivant

    Commentaire par herve_02 — 10/12/2009 @ 14:13

  17. @herve_02: c’est ce que va faire Murdoch, justement, si j’ai bien compris.
    En tous cas, s’il lui faut choisir entre contenus payants et référencement, il choisit le contenu payant.

    Mon argument était de dire que tenter d’avoir du trafic avec Google n’est pas forcément un business model très pertinent pour les journaux. L’information financée uniquement par la pub, ça donne TF1.

    Commentaire par Rom1 — 10/12/2009 @ 17:19

  18. C’est peut être un choix judicieux se faire déréférencer, mais je crois que ce n’est pas ce que va faire murdock, il va tenter le beurre et le cul de la crémière en même temps

    Commentaire par herve_02 — 10/12/2009 @ 19:28

  19. La question du monopole de Google est en fait une question très européenne (et même française), car c’est chez nous que Google atteint de telles parts de marchés.
    Dans d’autres parties du monde, et notamment les Etats Unis, Google n’atteint pas les 90% de part de marché, et de loin. Il est à environ 60-70% aux USA, et nettement moins dans d’autres grands marchés, comme la Russie avec yandex, ou la Chine (mais bon, là de toute façon, on sort du business model pour des tas de raisons).

    Si Google est réellement le méchant, on devrait en toute logique voir la presse papier prospérer dans les régions où Google n’est pas en position hégémonique. Il semble que cela ne soit pas le cas.

    Le fonds du problème est donc bien une adaptation d’un mode de fonctionnement et surtout d’un mode de génération des recettes de moins en moins adapté à un nouvel environnement technologique.
    On peut le regretter. (C’est mon cas, pour des tas de raisons).
    Mais la seule façon de s’en sortir, c’est de reprendre la tête en matière d’innovation.

    Commentaire par Marie-Aude — 10/12/2009 @ 22:56

  20. pff, il y en a plein d’idée pour gagner du fric avec de l’info, par exemple des t-shirts avec des « grands » article de presse, ceux qui peuvent passer à la postérité, je pense au « j’accuse » de zola. Peut être pas forcement en entier, mais ses moments forts.

    Qui ne voudrait pas pouvoir arborer un article fort qui dénonce ou propose ou décrit. Mais il est vrai qu’aujourd’hui trouver des articles comme ca, c’est un peu la croix et la bannière. En plus, personne ne pourrait en faire une copie, puisque la PI de l’article, les mots, est clairement au journaliste. Et avec les accords actuels, les goupes de presse ne pourraient pas faire passer ce canal comme interne au journal et donc devraient rémunérer le journaliste en plus.

    Maintenant que cela a été dévoilé (ici) il est impossible de ‘breveter’ l’idée, elle est donc accesssible à tout le monde.

    C’est ma maigre contribution et je ne rale pas en plus !

    au lieu de raler, vous devriez travailler. (ben si je rale en fait 🙂 )

    Commentaire par herve_02 — 11/12/2009 @ 10:12

  21. Pour ne pas parler dans le vide à propos du référencement, il serait intéressant de savoir, pour quelques sites de journaux, quelle proportion des visites provient de Google, d’autres moteurs de recherche, de liens internes, etc.

    C’est un information que les sites connaissent (ou en tout cas ont les moyens de connaître, et si ils ne récupèrent pas et n’analysent pas cette info, c’est qu’il y a des gens qui ne font pas leur boulot correctement !), mais malheureusement je suppose que les journaux gardent cela strictement confidentiel… Est-ce que quelqu’un connaît quelques chiffres, même à la louche (on se fiche de la précision au pour cent près, mais parle-t-on de 10 % ou 90 %) ?

    Commentaire par Rémi — 11/12/2009 @ 11:50

  22. Le référencement est une chose bien difficile…
    Le déférencement, est un risque difficile à quantifier pour les sites.

    J’ai tendance à penser que se déférencer de google n’est pas une solution. Parce qu’il faudrait également se déférencer des autres moteurs de recherches. Ca risquerait surtout de faire perdre de l’influence à google au profit d’autres moteur de recherche. L’avantage pour les sites ? Null voir négatif, car il y aura automatiquement une baisse de fréquentation, donc une baisse des revenus (les pub sont en fonction de la fréquentation)
    Pour ma part, tous les sites sur lesquels je vais, (et notamment les sites de journaux), je ne connais pas leur adresse exacte. Je cherche donc un lien qui me dirigera vers le site, et le plus simple, c’est de passer par google. Un site non référencé sur google, j’aurai tendance à ne plus aller : Oui, je suis un gros flémard de la recherche !! ^^

    Google affiche un aperçu de la page. C’est généralement ces aperçus qui nous permettent de choisir le site en fonction de la pertinence (Oui, j’ai pas la tendance de cliquer sur le premier lien, qui est forcement commercial donc, non pertinent dans ma recherche). La modification de google aura donc déjà un impact me concernant, car j’aurai tendance à dire que le lien qui me donne sur ce site de journal ne correspond à mes mots clés. Il y a fort à parié qu’avec cette évolution, les sites de journaux impactés par cette évolutions verront déjà des baisse de fréquentation à mon avis !

    Commentaire par testatio — 11/12/2009 @ 15:52

  23. J’avais compris le problème du référencement différemment.

    Le problème n’est pas Google, mais plutôt la gratuité.
    L’audience gratuite c’est sympa, mais ça ne nourrit pas son homme. La presse n’est pas la seule à le remarquer, Skype, Youtube (donc Google) et Dailymotion ont le même problème. La publicité suffit pour TF1, LePost.fr ou les sites qui se contentent de relayer l’AFP, mais pour Albert Londres, il faut payer.

    Or Google ne référence pas les produits payants (du moins pas Google Search, et Google News non plus je crois), parce que ses robots n’y ont pas accès.

    Donc les sociétés de presse doivent choisir entre être ouverts aux 4 vents (et référencés, avec tout plein de trafic qui ne rapporte pas), ou restreindre l’accès d’une partie au moins de leurs informations (qui sera mal ou pas référencée, donc moins de trafic mais avec des gens qui paient) aux abonnés.

    Il ne s’agit pas de faire la guerre à Google (en tant que moteur de recherche (Search) ou syndicateur de contenu (News)), mais plutôt de trouver un modèle économique qui marche. Sachant que la culture de la gratuité, dont Google est effectivement l’un des porte-flambeaux, semble un obstacle sur le chemin –peut-être qu’à force de subventionner YouTube, ils changeront d’avis.

    Je pense que les différends entre Google et la presse porteront à l’avenir plus sur la syndication (Google News, à quelles conditions un titre de presse a intérêt à participer à un tel système) et surtout la régie publicitaire pour les sites webs (encore que des sites payants pourraient se passer de publicité).

    Commentaire par Rom1 — 11/12/2009 @ 21:58


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