La Plume d'Aliocha

27/11/2009

Les joies de la presse féminine

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 17:38

C’est curieux, il me semblait que les sujets sexe dans la presse étaient réservés à la période estivale. Il faut croire que sur Internet c’est tous les jours l’été puisque je viens de recevoir la newsletter de Elle.fr, mail dont l’intitulé – hautement appétissant – m’interpelle : « un ex c’est sexe, cul ou cul-cul ». Fichtre, quel programme ! Un sexe et trois culs en 7 mots, j’applaudis. Qui dit mieux ?

J’ouvre la chose et je découvre qu’on me propose deux sujets passionnants. Le premier est rédigé comme suit : « En mode, on aime le vintage, le revival ? En amour aussi ! Le Dr Aga nous livre le mode d’emploi d’un bon retour de flammes ». Chic alors, après le recyclage des fringues, voici celui des hommes, magnifique programme. Il parait qu’on appelle ça des rétrosexuels. Le deuxième est encore plus appétissant. Il s’agit d’un test : « Cachez-vous, sous vos atours de bimbo, la libido d’une chaisière ou êtes-vous, au contraire, une débauchée déguisée en dame patronesse ? » Selon mes réponses, on me dira donc si je suis « cul » ou « cucul ». 

Moi je ne sais pas, mais s’agissant du site Elle.fr en revanche, j’ai ma petite idée…

Bon, OK, c’est le week-end, on peut bien rigoler un peu, donc je  donne l’adresse pour ceux que ça intéresserait. Par ailleurs, je présente par anticipation mes plus plates excuses à tous les internautes qui débarqueraient ici accidentellement après avoir tapé le mot « sexe » ou le mot « cul »dans leur moteur de recherche.

L’attachée de presse

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 14:28

Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire découvrir un curieux petit animal, aussi charmant que désopilant : l’attachée de presse. Son rôle ? Faire l’interface entre son boss ou son client et les journalistes, organiser des rencontres et tenter d’obtenir des articles dans les journaux.

En réalité, il y a deux catégories d’attachées de presse. La première, minoritaire, est fortement diplomée, voire issue du secteur ou de l’activité qu’elle a choisi de vendre à la presse. Celle-là est très professionnelle, passionnée par son sujet et souvent au moins aussi compétente que les gens qu’elle est chargée de  faire rencontrer aux journalistes. Pour un peu on serait tenté de l’interviewer elle, car elle est moins politique que ses employeurs et plus encline à dévoiler le dessous des cartes.

Ah ! L’oiseau des îles

Et puis il y a l’autre catégorie, majoritaire, celle de ce que j’appelle quand je suis de bonne humeur les « oiseaux des îles ». Dans cette aimable catégorie, l’attachée de presse est choisie exclusivement sur son physique. Elle a entre 25 et 40 ans grand maximum, se passionne pour …..son look et annonce en général son arrivée par le léger tintinabulement des multiples colifichets qui l’ornent de la tête aux pieds, quand ce n’est pas par son parfum capiteux ou ses petits babillements joyeux. Regardez-là, si, si, c’est elle là-bas, la jolie créature en mini-jupe qui virvolte autour de son patron. Elle déplace beaucoup d’air inutile mais c’est pour ça qu’on l’a choisie et son boss, un peu emprunté, semble tout à fait ravi d’avoir son oiseau des îles à ses côtés. Ravie, elle l’est plus encore que lui, il y a des journalistes partout, c’est son univers la presse, elle y est comme un poisson dans l’eau. Croit-elle. Parce que les journalistes en réalité, elle les irrite au plus haut point à balancer des banalités ponctuées d’exclamations enthousiastes.

« C’est tellement sympa d’être venue ! »

Aïe, elle s’approche ! On aimerait la prévenir que son sourire forcé risque un jour de rider son joli minois, à moins qu’elle ne se retrouve figée à jamais dans une grimance à force de se torturer ainsi les zygomatiques, mais après tout c’est son problème. La voilà qui vous saute dans les bras avec un « Bonjouuuuuur »  sucré à vous en rendre diabétique.« Comment vas-tuuuuuuuuuuu????? C’est tellement sympa d’être venue, j’adore ton sac à main !!!!!!!!!!!!!! ». Si elle savait ce que je m’en fous qu’elle aime mon sac à main, je suis là pour bosser. En plus, il n’y a aucune chance qu’elle l’aime mon sac à main, vu que je m’intéresse autant à la mode qu’elle à la situation du Darfour. C’est le truc préféré de l’attachée de presse, ça, jouer sur l’affect. Combien m’ont sauté au cou avec la même affection débordante qu’un chien qui voit rentrer son maître en fin de journée alors qu’on ne se connaissait même pas. « Ah ouiiiiiiiii, Aliochaaaaaaaaaaaaa, je suis si contente qu’on se rencontre ! ». Heureusement, comme cette catégorie d’attachée de presse n’a strictement rien à dire, la conversation tombe vite à plat, ce qui me permet généralement de fuir m’installer pour lire le dossier de presse avant que la conférence ne débute, tandis que déjà elle accueille avec la même effusion de joie factice mes autres confrères.

Que faire quand on s’ennuie ?

La conférence commence et là j’observe mon oiseau des iles. Il faut vous dire que pendant une conférence de presse, l’attachée de presse s’ennuie, à mourir. Certes, elle pourrait suivre la manifestation puisque c’est elle qui l’a organisée, vérifier que tout se passe bien, que les journalistes sont intéressés, bref, s’impliquer. Mais non, elle préfère s’ennuyer. Ayant rangé son sourire devenu inutile,  elle tente néanmoins de s’occuper. Ce qui se traduit le plus souvent par un inventaire complet de sa tenue. Hop, elle tend légèrement la jambe sous la table pour contempler ses escarpins. Impeccables. Elle a bien fait de craquer pour cette paire de chez Machin en soldes l’année dernière. Ensuite, elle tire un peu sur sa jupe, qu’elle a choisi trop courte, faut ce qu’il faut. Et puis elle passe aux ongles, c’est fou ce qu’un travail de bureau, si modeste soit-il peut être risqué pour le vernis à ongles. Il faudra qu’elle pense à réserver une manucure lors de son rendez-vous bi-hebdomadaire chez le coiffeur. Ensuite, elle passe aux multiples petits bracelets qui ornent ses poignets, avant de tendre un peu la main pour faire jouer la lumière dans la pierre d’une de ses bagues. Tout ceci lui a pris environs 20 minutes, la conférence évidemment n’est pas terminée alors elle recommence. Elle peut faire ça des heures, l’attachée de presse. Pour un peu, ça me rendrait admirative. Dans le meilleur des cas, elle pianote vaguement sur son portable, enfin maintenant sur son i-phone, et prend un air inspiré quand il vibre. Parfois, l’appel a l’air si important qu’elle se lève et, en trottinant sur ses talons aiguilles, le portable vissé à l’oreille, elle quitte la salle comme si on venait de la prévenir que la troisième guerre mondiale était déclarée. En fait, elle va juste prendre l’air sous un prétexte futile en en profitant pour faire croire à tout le monde qu’elle est Dé-bor-dée !

Bon, tout cela est bien mignon mais l’essentiel a été dit et j’ai un autre rendez-vous dans un quart d’heure. Je m’éclipse discrètement avant la fin, en espérant qu’elle ne me verra pas. Loupé, elle est déjà sur mes talons. « Merci d’être venuuuuuuuuuuue, si tu veux une interview, surtout n’hésites pas, ça t’a intéresséeeeeeeeeeeeeee? Tu vas faire un papier ?!!! ». Je cours déjà vers la sortie en lançant un elliptique « je vais voir avec mon redac’chef » tout en me disant que si elle avait écouté la conférence, elle aurait peut-être saisi que ça ne présentait aucun intérêt. Allez savoir.

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