La Plume d'Aliocha

18/11/2009

Think different…

Filed under: détente — laplumedaliocha @ 12:17

L’un des problèmes auquel est confronté le journaliste en quête d’information pour ses gentils lecteurs,  c’est le barrage secrétaire qui empêche d’accéder au détenteur de la précieuse information recherchée.

Ce barrage est parfois volontaire, il s’agit pour l’intéressé(e) de défendre son ou sa boss contre les importuns. Objectif ô combien louable.  J’adorerais personnellement qu’on m’évite les appels de ces bastions de l’esclavagisme téléphonique installés au Maroc ou ailleurs, lorsqu’une voix lointaine et à peine audible s’exprimant avec une aisance très approximative au milieu d’une brouhaha infernal vous propose je-ne-sais-trop-quoi au plus mauvais moment avant de couper brutalement la communication quand vous dites, pourtant poliment, que vous êtes en rendez-vous.

Mais il y a aussi les barrages involontaires, ceux qui naissent d’une furieuse envie d’en faire le moins possible. C’est donc tout un art que de gérer ce « barrage ». Entre nous, comme j’aime communiquer, je me plie bien volontiers à toutes les précisions réclamées, allant jusqu’à vendre à mon interlocutrice le projet pour le plaisir d’abord d’un contact humain réussi et ensuite par souci d’efficacité. On ne vantera jamais assez les mérites de la gentillesse et de la courtoisie dans le travail. Dans 9 cas sur 10, ça fonctionne.

Seulement voilà, la dixième fois, quand on tombe sur un esprit disons, « original », ça dérape…Et ça donne ce genre de choses :

Moi : Bonjour, je m’appelle Aliocha, je suis journaliste au Petit reporter illustré et je vous appelle parce que j’ai vu que Monsieur votre patron (intonation déférente) intervenait lors du colloque sur « L’avenir de l’apiculture en basse-provence, mythes et réalités »(ou « évolution et prospective », tous les colloques ont les mêmes intitulés, c’est navrant de manque d’imagination). Je souhaiterais l’interviewer sur ce thème.

Elle (voix fraiche, légèrement alanguie, niveau de motivation : -10 sur une échelle de 200) : Ah ? Un colloque ? Quand ça ………? (hop, ça dérape ! )

Moi : Le 3 décembre.

Elle (toujours alanguie mais faisant semblant de réfléchir) : A Lille ?

Moi (Le hasard fait parfois mal les choses cocotte. C’est pas à Lille ) : Hum, non à Paris.

Elle : Ah bon………………………… et c’est à quelle heure ?

Moi  : Peu importe, le fait est que je voudrais l’interviewer sur l’apiculture pour Le Petit reporter illustré.

Elle : Et vous êtes journaliste où ?

Moi : Au petit reporter illustré donc…. (je l’ai déjà dit ça).

Elle : Ah oui à la sécurité sociale !

Moi :  Non, au Petit reporter illustré (depuis quand il y a des journalistes à la sécu, cocotte, t’as fumé ou quoi  ?)

Elle : Et vous vous appelez ?

Moi (à ce stade, vous admirez mon infinie patience, j’espère ?) : Aliocha

Là n’importe quel esprit normalement constitué commencerait à rédiger le message. C’est simplissime : nom, téléphone, objet : interview sur l’apiculture. Vous couronnez le tout d’un « je lui transmets, je vous rappelle » et hop emballé c’est pesé, tout le monde est content. Mais pas elle, trop originale sans doute.

Elle (prenant un ton profondément inspiré) : bon, euhhhhhhhhh……. eh bien………… je crois que le plus simple c’est que vous m’envoyiez un mail avec votre demande.

(Bon sang, c’est la nouvelle mauvaise habitude du moment ça, vous passez trois plombes à expliquer quelque chose au téléphone et au final on vous demande d’envoyer un mail. C’est le genre de réaction qui me fait monter des noms d’oiseaux aux lèvres et ….qui fait tressaillir mes potes de bureau quand je raccroche le téléphone et que les insultes peuvent enfin sortir en escadrille tandis que je tente de réparer le combiné téléphonique qui s’obstine, l’imbécile, à voler en éclats dès que je le brutalise un peu)

Moi ( ça t’ennuie tant que ça de bosser, cocotte ?) : Je crois que c’est préférable en effet. Donnez-moi votre e-mail.

Elle : maya@vivelesabeilles.com avec un »s » à abeilles, me précise-t-elle. (Je l’ai échappé belle, vu le niveau de la conversation je m’attendais à « tout-en-minuscules-et-sans-accent »)

Moi  : Merci, je vous envoie ça tout de suite.

Je vous avoue que j’avais un peu peur pour la suite. Ben pas du tout, elle m’a rappelée 1 heure après mon mail, dites donc !  Seulement voilà, elle était toujours aussi décalée dans son approche de la vie professionnelle.

Elle : je vous rappelle pour fixer un rendez-vous.

Moi (Alleluiah): Très bien, quand ?

Elle : ah………Ben……..c’est-à-dire……………………………(là, il faut que je vous précise une chose. Les secrétaires des gens IMPORTANTS ne sont pas impressionnées par qui que ce soit sauf par leur boss. En conséquence, elles vous disent généralement : « aïe, vu son agenda j’ai très peu de choses à vous proposer, Lundi à 6h du matin, ça vous irait ? Je n’ai que ça. Comptez dix minutes parce qu’ensuite il a une conf’call avant son petit déjeûner avec le ministre ». Souvent, c’est vrai que leur boss est  débordé, mais elles aiment bien en rajouter pour le valoriser, visiblement son boss à elle n’a rien à faire de ses journées et elle n’a même pas l’idée géniale de le dissimuler)

Moi : mercredi prochain par exemple ?

Elle : euhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh……………………………….

Moi : à 10h ?

Elle : euhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh……..plutôt 9h00, mais euhhhhhhhhhh ……………..10h ça vous arrange ?

Moi  ( Pas du tout cocotte, c’est même pour ça que j’ai proposé mercredi à 10h, parce que j’ai un empêchement majeur, je serai chez le dentiste, l’interview au téléphone  sur fond de bruit de roulette, avec les doigts du dentiste dans la bouche, ça me dit bien) : Oui, ça m’arrange.

Et c’est là que, dans un sursaut de professionnalisme parfaitement décoiffant, elle m’a asséné le coup de grâce :

D’accord. Auriez-vous par hasard une adresse mail pour que je vous confirme le rendez-vous ? (entre nous, le fait d’avoir une adresse mail à notre époque ne relève plus d’une improbable appétence pour l’ultime gadget high tech exclusivement vendu au Etats-Unis, que je sache. Mais là n’est pas le problème)

Moi (vaincue par l’épuisement) : C’est-à-dire que je viens de vous en envoyer un de mail, il y a une heure, c’est même comme ça que vous avez pu me rappeler.

Elle : ah oui…………!!!!!!!. Suis-je bête !

No comment.

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24 commentaires »

  1. Mais c’est une championne du monde !
    Le téléphone et internet sont de grands facteurs de simplification des rapports humains en général…

    Commentaire par Loop — 18/11/2009 @ 13:36

  2. Excellent ! Cela m’évoque la première scène entre le président américain et le premier ministre russe dans _Dr Strangelove_…

    Vous aussi, on vous le fait, le coup des majuscules-à-éviter dans les adresses mail ?

    Commentaire par DM — 18/11/2009 @ 13:44

  3. Si ce n’est pas un peu exagéré, c’est, en effet, impressionant. A vrai dire, même si c’est un peu exagéré, ça reste terrible.

    Simplement, pour sauver un peu cette dame, la justification de la confirmation par e-mail n’est pas complètement débile : ça permet d’avoir une trace écrite qui permet d’éviter des problèmes suite une mauvaise interprétation (ce qui semble pertinent dans son cas). Plus généralement, dans le travail, ça permet d’avoir un élément de réponse aux gens qui vous disent « haaa, bon? je vous ai dit ça ? Vous êtes sûr ? »

    Aliocha : je vous jure que c’est vrai, je n’ai fait que modifier les éléments factuels pour préserver l’anonymat de cette dame et le mien. Quant au mail, nous sommes d’accord, mais ce qui est drôle, c’est qu’elle n’avait rien noté pendant l’entretien et que par conséquent elle n’a pu me rappeler qu’avec le mail sous les yeux dans lequel figuraient mes coordonnées. Qu’elle me demande ensuite si « par hasard » j’ai un mail, 1 heure après l’avoir reçu, est proprement désopilant.

    Commentaire par TMF — 18/11/2009 @ 13:53

  4. J’aime beaucoup l’adresse mail qui se cache derrière la très innocente maya@vivelesabeilles.com, on sens le cri du cœur.

    Commentaire par Etienne — 18/11/2009 @ 14:04

  5. J’adore !
    Tellement réaliste….
    Une fois le rdv fixé : la demande des questions par mail pour que l’interveiwer puisse préparer ses réponses
    En général je répond qu’il s’agira d’une discussion, ce qui laisse les barreuses perplexes….

    Mais le probleme c’est quand le rendez vous en question est reporté…. là tu es repartie pour un tour encore plus compliqué !

    Aliocha : et on se demandera ensuite pourquoi les journalistes sont fatigués 😉 surtout que généralement, passé ce barrage, non seulement les gens nous parlent mais ils sont contents de nous parler….

    Commentaire par misty — 18/11/2009 @ 14:47

  6. Ça rappelle Phoebe dans friends 🙂
    Je vous admire de savoir rester polie dans ces cas-là !
    Une autre technique étant de brancher le haut-parleur. Tout le service bénéficie alors de 5 très agréables minutes de pause et ça revigore ceux qui se sont levés du mauvais pied.

    Aliocha : en effet, mais là, je dois avouer que j’ai été prise de court, c’était trop surréaliste pour moi 😉

    Commentaire par Tibounze — 18/11/2009 @ 14:52

  7. Cela fait peur.
    Si, vraiment.

    En tout cas, je loue votre patience, admirable en ce cas. Amusante chose que le secrétariat…
    Quand au coup du mail… J’aurais une excuse à proposer.
    Peut être qu’elle voulait vous laisser le choix d’en donner un autre ?
    Bon, d’accord, je l’admets, c’est tiré par les cheveux, mais qui sait.

    Aliocha : je ne pense pas vu que lorsque je lui ai dit que je lui avais envoyé un mail, elle a enfin tilté, la mémoire lui est revenue. Cela étant, je ne la condamne pas du tout. A chaque fois que je m’énerve contre quelqu’un, immédiatement une petite voix me dit : après tout, c’est peut-être elle qui sort de chez le dentiste et qui est encore sous le coup de l’anesthésie. Au fond, on ne sait jamais. J’ai juste voulu rendre compte d’un épisode assez désopilant, mais au fond assez courant aussi. Les aléas de la communication humaine…

    Commentaire par Beldom — 18/11/2009 @ 15:36

  8. Je suis confronté à la même chose tous les jours, en appelant des collèges, où le personnel de secrétariat est souvent semblable à celui décrit ci-dessus. En lycée, vu qu’elles ont affaire à des élèves autrement plus roublards, elles sont plus costaud, mais en collège…

    Toutefois, la personne décrite dans le billet devait tout de même sortir d’une anésthésie générale, des comme ça il y en a peu.

    Commentaire par Citizen Emmanuel — 18/11/2009 @ 17:55

  9. Yes. Bien capté et relaté, cela pourrait constituer un bon sketch de café-théâtre.

    Vous trouverez bien un créneau entre 2 et 3h du mat’ pour écrire le reste du spectacle et peut-être même le présenter vous-même (au Dix-Heures par exemple, pour commencer)? 🙂

    Concernant le niveau d’intelligence et d’implication de votre interlocutrice, j’ai toutefois un léger doute.

    Ne pourrait-il s’agir d’une tactique extrêmement raffinée visant à mesurer votre propre motivation dans cette affaire, dans l’idée de ne pas déranger son patron pour qui n’en aurait pas vraiment valu la peine ?

    Commentaire par Goloubchik — 18/11/2009 @ 18:16

  10. Pour continuer sur le registre du barrage des secrétaires (après tout, elles ne font qu’obéir aux ordres), je tiens à dire que ce qu’Aliocha rapporte est tout à fait authnetique et très fréquent.

    De mon côté, je mets le paquet sur la séduction vis à vis des secrétaires. C’est désolant, mais il faut se les mettre dans la poche à tout prix parce que leur réactivité peut tout changer. Donc c’est sans honte que de mon côté, je pratique la vile flatterie pour arriver à mes fins, à savoir lever ce p… de barrage! 😉

    Commentaire par le chafouin — 18/11/2009 @ 22:10

  11. Aliocha : il faudra que vous nous donniez vos impressions sur ces « interviews sans journaliste » que sont les chats type 20 Minutes (avec SR par exemple, notez la complaisance de la dernière question http://www.20minutes.fr/article/363765/Chats-Vous-avez-interviewe-Segolene-Royal.php )

    Commentaire par Paul — 18/11/2009 @ 23:49

  12. @ le chafouin : quand vous parlez de lever ce p… de barrage, vous parlez de lever la secrétaire ?

    Commentaire par Gwynplaine — 19/11/2009 @ 01:00

  13. J’ai répondu hier à une apprentie journaliste du CFJ. A la fin de l’inter, elle m’a remercié chaleureusement d’avoir passé autant de temps pour elle.

    Mais j’ai eu droit à des « euh… » entre chaque questions, car visiblement elle ne semblait pas trop les avoir préparé.

    Heureusement que je connaissais mon sujet. On va dire que c’était une grande question ouverte quoi.

    Commentaire par patrons-voyous — 19/11/2009 @ 08:37

  14. Le contact direct, c’est le meilleur, pas d’intermédiaire, pas de tph, pas de mail, juste le regard, la voix, le sourire, la poignée de main, ces quelques volutes de parfum… mais je ne suis pas une abeille.

    Commentaire par Markus — 19/11/2009 @ 11:10

  15. L’abus des moyens de communication « modernes » mène vraiment à des situations ubuesques. Une (sous) chef entre dans mon bureau : pas de salutations au passage, elle ne me regarde même pas et s’adresse directement à ma collègue :
    « Je t’ai envoyé un mail. »
    et referme illico la porte. Teneur dudit mail :
    « Viens me voir dans mon bureau. »
    On en rit encore.

    J’ai une annecdocte rigolote

    Commentaire par Cloeliae — 19/11/2009 @ 11:17

  16. Oh la la… J’vous sens tendue et cela me fait sortir donne de ma réserve.

    Il existe toutes sortes de techniques permettant de franchir ces barrages, lesquelles contrairement à ce qui se pratique le plus souvent, repose sur un principe essentiel à toute négociation réussie : ne jamais vendre mais faire acheter. Ne pas chercher à convaincre (et surtout pas contraindre) d’aller dans votre sens, mais à ce que votre interlocuteur « s’auto-convainc » d’aller dans votre sens. Ne pas séduire mais laisser l’autre être séduit… Ouvrez la porte et aidez-le à la franchir.

    Quelques trucs classiques :

    – se montrer inconditionnellement compréhensif (surtout quand vous avez envie de trucider l’interlocuteur car lui aussi sent que la tension monte) : pour une fois que quelqu’un se met à sa place, ne s’emporte pas, comprend sa situation de pauvre secrétaire coincée entre les ordres du boss, les appels incessants, sa propre charge de travail, votre interlocuteur fera tout son possible pour préserver cela ;

    – lui demander son aide : cela valorise l’interlocuteur. Pour une fois qu’on l’implique au lieu de lui donner des consignes, il vous aidera, ne serait-ce qu’en vous orientant vers l’interlocuteur adéquat ;

    – pratiquer la question ouverte orientée qui laisse un (faux) choix. Par exemple, proposer deux horaires qui vous arrangent (préférez-vous demain ou lundi?). L’interlocuteur appréciera de disposer de sa liberté de choix et sa décision l’engagera d’autant plus qu’il a eu le choix ;

    – toujours laisser une porte de sortie pour éviter à l’interlocuteur d’avouer qu’il est dans l’incapacité ou l’impossibilité de vous renseigner, de vous aider, de vous répondre. Ex : Je comprends qu’il est impossible de procéder ainsi, que me suggérez-vous? Là aussi, il propose. La solution vient de lui, elle l’engagera.

    On y gagne un allié, content d’avoir eu un interlocuteur qui lui offre une conversation plus paisible et intéressante que les 97 précédentes, qui l’a pris au sérieux, lui a permis de mettre en oeuvre ses compétences, lui a permis de prendre des décisions au lieu de tenter de lui forcer la main, de donner son avis et d’apporter son aide, ne l’a pas pris pour une buse juste bonne à répondre au téléphone, lui a épargné la n-ième tentative de séduction (ou de forcing) de la journée, et cetera… Un allié qui, en contrepartie de vos efforts et votre bonne volonté, vous livrera vite toutes sortes d’informations utiles et vous facilitera vos démarches, vous ouvrira des portes et plaidera même votre cause.

    Tout cela sans flatterie, ni condescendance, ni forcing. Sans se fatiguer, ni s’énerver.

    Surtout qu’un(e) secrétaire digne de ce nom est une véritable tour de contrôle, sans lequel(laquelle) son boss serait paumé, qui l’informe et oriente ses choix. Autant s’en faire un allié.

    Je suis sûr que la relecture des réponses de votre interlocutrice vous éclairera sur certains de ces aspects. Pourquoi cela vous étonne-t-il qu’elle vous ait répondu dans l’heure? Vous lui avez laissé le temps de réunir les informations dont elle ne disposait pas dans l’instant, sans qu’elle ait eu à l’avouer. Elle vous en remercie en tenant un engagement que vous lui avez permis de prendre!

    Je trouve même qu’elle est bien gentille de se soucier de vos préférences (« 10h, ça vous arrange? ») plutôt que vous asséner un « Je n’ai que 9h. Rien d’autre. » qui ne vous laisse aucune marge de manoeuvre.

    Je conviens toutefois qu’elle ne semble pas très dégourdie mais elle venait peut-être d’entrer en fonction ou son boss ne lui a pas fourni toutes les indications nécessaires. Vous m’objecterez que ce n’est pas votre problème… Sauf si cela vous empêche de réaliser votre interview.

    Enfin, s’il existe des mauvais moments pour vous, il en existe aussi pour elle. Quant à ses réponses à côté de la plaque comme « à la sécurité sociale », elle était peut-être en train de traiter un arrêt-maladie au moment où vous l’avez appelée, qui sait? Là aussi, ce n’est pas votre problème… Sauf si…

    @ Goloubchik

    « Ne pourrait-il s’agir d’une tactique extrêmement raffinée visant à mesurer votre propre motivation dans cette affaire, dans l’idée de ne pas déranger son patron pour qui n’en aurait pas vraiment valu la peine ? »

    Possible. Je l’ai déjà rencontrée.

    @ Gwynplaine

    « quand vous parlez de lever ce p… de barrage, vous parlez de lever la secrétaire ?

    +1 et merci de l’avoir soulevée à ma place. Cette interprétation, pas la secrétaire. 😉

    Aliocha : eh voilà, je me demandais où vous étiez, vous me manquiez un peu et hop, voici que vous surgissez pour m’expliquer avec un machisme charmant, (si, si, charmant), que je n’y connais rien à la communication. Figurez-vous que je sais tout cela, simplement j’ai eu affaire à un specimen très exceptionnel. Quand je donne en indication de scène l’information selon laquelle elle est « alanguie », c’est important pour la compréhension de l’histoire. Les secrétaires nouvelles à leur poste expliquent généralement avec une gentille confusion et moultes excuses leur situation. Les gens sous l’emprise de médicament se repèrent à leur petit côté assoupi et vide, (comme ceux qui ont trop bu le midi d’ailleurs), les surmenés à une voix éteinte qui donne le sentiment qu’ils portent le poids du monde sur les épaules ou bien à des tentatives désespérées pour suivre la conversation ou encore à une certaine brusquerie etc. Celle-ci était alanguie, je maintiens. A l’ouest, si vous préférez.

    Commentaire par Ferdydurke — 19/11/2009 @ 11:59

  17. Vous êtes tous des gros médisants car vous oubliez que les entreprises sont tenue d’embaucher des handicapés, sous peine d’amende.

    Vous chargez cette pov’ fille qui n’a pas choisi d’être ce qu’elle est, indignes que vous êtes!

    Là, visiblement, le patron a préféré ne pas payer l’amende et embaucher la retardée mentale. C’est tout à son honneur, parce que d’habitude les patrons préfèrent payer l’amende.

    ca dénote un effort, quoi. Une volonté de sacrifice presque.

    Volonté de sacrifice que nous-mêmes ressentons, mais pour d’autres raisons, lorsqu’il nous arrive d’être confrontés au phénomène. Volonté de sacrifice qui flirte dangereusement avec l’envie de meurtre.

    Et là je dis stop: tout le monde a droit de vivre!

    Commentaire par tschok — 19/11/2009 @ 12:24

  18. @ Aliocha

    Flûte… Je n’aurais pas du sortir de ma réserve et laisser mijoter ce début de manque…

    J’accepte votre remarque d’autant plus aisément que j’apprécie moi-même ce féminisme charmant (si, si, charmant) qui vous fait assimiler l’innocente narration de quelques astuces – au demeurant connues – à un paternalisme protecteur vous réduisant à une oie blonde blanche qui n’y connaît rien à rien.
    Autant m’affubler d’une âme de chevalier servant, qui tiendrait vos semblables pour de frêles jeunes filles qu’il faut protéger de tous les malheurs du monde (comme si je n’avais que cela à faire… sans contrepartie en plus) alors que je m’efforce de conjuguer obligeance et sensibilité aux difficultés que peut rencontrer une femme à une fermeté tout ce qu’il y a de plus respectueuse (et honteusement pragmatique) du principe d’égalité entre les sexes quitte à être d’une froideur sans vergogne avec les donzelles qui se montrent « conquérante, libre et sans pitié » un jour et « petite fille éplorée qu’il faut comprendre et pardonner » quand cela les arrange, ces friponnes aussi promptes à minauder qu’à vous réduire en charpie.
    Si je me souviens bien, nous avons plus ou moins discuté de cela par l’entremise de Clara et de sa nuisette humide.

    En résumé, de même que la compréhension n’interdit pas l’autorité, la tendresse n’empêche pas la fermeté, et réciproquement. J’en suis convaincu. Ce sont même les deux conditions essentielles à une fessée (au sens figuré ou non) de qualité.

    Puisqu’on parle fessée et secrétaire, j’en profite pour glisser ici une petite vidéo d’un film savoureux :

    Le héros masculin joué par James Spader étant avocat de profession, vous pourriez en toucher deux mots à Eolas, qui semble avoir la subtilité, l’imagination, et la rigueur requises. D’ailleurs, n’est-ce pas un stylo rouge que je vois en haut de cette page? ^^

    Sur ce, je vous laisse mitonner d’un oeil attentif de peur qu’un excès de cuisson vous consume et gâte le fumet de votre blog, dont les notes fines et relevées m’évoquent le cuissot de biche aux figues rôties. 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 21/11/2009 @ 13:06

  19. Oups… La vidéo n’a pas résisté à l’appel du cuissot :

    La Secrétaire – Bande annonce Vost FR

    Commentaire par Ferdydurke — 21/11/2009 @ 13:10

  20. Bonjour Aliocha,

    Malgré votre expérience et votre redoutable efficacité, vous commettez encore quelques irrémédiables bourdes dans votre stratégie pour anéantir la « secrétaire-barrage ». Sachez par exemple que le terme « Basse-Provence » est une injure : maintenant on dit Provence-Maritime, Côte-de-Provence, Provence-du-Sud, ou Provence-Méditerranéenne, etc.
    Par exemple, les Basses-Alpes sont maintenant les Alpes-de-Haute-Provence. De surcroit, le Bas-Provençal est très susceptible ! N’oubliez pas ces conseils.

    Avec « Basse-Provence », d’entrée vous vous êtes pris les pieds de le tapis de la vieille rivalité entre les provinciaux du sud (les « cul-terreux ») et les autres. La secrétaire en question a senti tout de suite que vous étiez une citadine en escarpins roses et en tailleur incompatible avec le milieu apicôle de la Provence occidentale !

    D’autant plus que la secrétaire de la scoop artisanale Maya-l’Abeille envie ce tailleur avec une certaine frustration, tailleur qu’elle ne pourra jamais porter dans les locaux humides de Maya-l’Abeille où elle risque de croiser ses collègues de travail en pull de laine d’alpaga de Haute-Provence, et que de toutes façons elle ne trouvera jamais dans les boutiques de Trifouilli-l’Eglise où est installée la scoop Maya-l’Abeille !
    Vous lui auriez dit, « Bonjour, vous êtes bien la secrétaire de l’entreprise zobi-la-mouche ?… » que ça aurait eu le même effet et pourtant la mouche est un insecte tout aussi honorable que l’abeille !

    Ceci étant dit, concernant « les appels de ces bastions de l’esclavagisme téléphonique installés au Maroc ou ailleurs… » j’ai une technique infaillible pour couper court : juste après la préalable question d’approche « M. XXX ?… » que la voix lointaine, à peine audible à l’accent exotique mal dissimulé sur fond de brouhaha de centre d’appel surpeuplé, vous pose avec un ton engageant laissant supposer que votre interlocuteur vous connaît, vous laissez passer quelques secondes et vous répondez avec un ton enjoué et dynamique (à la manière d’un Julien Leperse en pleine forme) :

    « …et voilà en direct sur RMC notre premier candidat… Quelle est votre réponse Monsieur ?… ». En général, après quelques balbutiements amusants, la voix perd son accent faussement local pour reprendre son accent naturel d’un pays tropical et annonce, « heu… excusez moi, je me suis tlompé de noumélo… clic… bip bip bip… ». Mission accomplie !

    Il y a d’autres techniques plus déstabilisantes (exemple, « p… m…, j’avais dit pas de communication au bloc opératoire… », mais j’aime bien celle de la radio en direct. 😉

    Commentaire par Oeil du Sage — 23/11/2009 @ 10:27

  21. J’ajoute, si vous avez le temps et que vous êtes d’humeur farceuse, après le « …et voici en direct sur RMC notre candidat suivant… », vous pouvez garder la main avec un : « Prenez votre temps monsieur. Je vous rappelle que la cagnotte contient aujourd’hui plus de 100000 euros et des millions d’auditeurs vous envient… » (bien insister sur le 100000 euros) « Il vous suffit de choisir entre la réponse 1 et la réponse 2… alors… votre réponse ?… ». Après c’est au choix, soit vous continuez à loisir, soit vous annoncez « Ha, désolé monsieur, c’est la mauvaise réponse… » et vous lui raccrocher au nez sans ménagement.

    Il arrive aussi qu’après avoir raccrocher, immédiatement après vous soyez rappelez par le redoutable et persévérant opérateur téléphonique commercial croyant avoir fait un faux numéro. Dans ce cas, si votre téléphone affiche encore « appel masqué », n’hésitez pas et d’une voix grave vous annoncez : »Allo, cellule anti-terroriste de l’Elysée, j’écoute… ».
    C’est plus radical, mais des fois, faut utiliser les grands moyens !

    Aliocha : Vos conseils parfaitement remarquables me rappellent un ami ex-trader qui ne cesse d’inventer ainsi de nouveaux sketches pour destabiliser les télévendeurs, le résultat est généralement 30 minutes de fou-rire intense pour son public et un joli mal de crâne pour l’interlocuteur. Comme j’ai un lointain passé de télévendeuse, je compatis trop à leur souffrance pour les mener en bateau.

    Commentaire par Oeil du Sage — 23/11/2009 @ 11:02

  22. @ Ferdydurke :

    « Cuissot de biche aux figues rôties ». Oui.

    @ Oeil du Sage:

    Il se pourrait que, consciemment ou non, Aliocha ait opéré une référence culturelle à une réplique d’un sketch de Francis Blanche (1921-1974) et Pierre Dac (1893-1975) intitulé « Sâr Rabindranath Duval », dans lequel un spectateur est supposé avoir une partie (extensible) du corps tatouée, représentant à l’état de repos la « cueillette des olives en Basse-Provence ».

    Aliocha : Exact, c’est un sketch culte pour moi, je le connais quasiment par coeur.

    Commentaire par Goloubchik — 23/11/2009 @ 11:14

  23. @ Goloubchik

    Oui à la recette, oui à la comparaison ou les deux?

    Commentaire par Ferdydurke — 01/12/2009 @ 17:33

  24. @ Ferdydurke :

    Les deux, mon colonel.

    Sans omettre une pointe d’ail et une pincée de poivre du Sichuan.

    Commentaire par Goloubchik — 02/12/2009 @ 13:02


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