La Plume d'Aliocha

12/10/2009

De l’intérêt de bloguer

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 09:52

Drôle d’exercice que celui de bloguer. Et d’ailleurs, comment faut-il écrire ce mot ? J’aperçois régulièrement des orthographes différentes, je m’en tiendrai personnellement à « bloguer », ce qui semble être l’orthographe admise par le Larousse et le Petit Robert.

Un effet structurant intellectuellement

Depuis plus d’un an que je me livre à cet étrange exercice, une chose m’est apparue  comme une évidence. Il y a une dimension structurante dans le fait de bloguer. Nous avons tous des opinions sur l’actualité, opinions qui se réduisent parfois à une réaction silencieuse d’agacement, d’irritation, voire de colère en lisant un journal ou en écoutant les actualités. Il arrive qu’on en parle en famille, au bureau, avec des amis, au bistrot. Mais lorsqu’il s’agit d’écrire, tout change. D’abord parce qu’il faut réfléchir au-delà de la réaction épidermique pour déterminer les raisons qui ont amené à réagir, vérifier que ce que l’on pense est cohérent, lire les uns et les autres, peser leurs arguments, chercher des éléments supplémentaires pour étayer sa réflexion etc. C’est le premier effet structurant consistant à tester sa pensée, à l’approfondir, à en rechercher la pertinence. Et puis ensuite, il faut formuler cette pensée en direction d’un public. Nouvel effort, cette fois de communication pour au choix partager, renseigner, convaincre. Au bout de quelques billets, le réflexe est pris, mais à chaque fois, ça reste un challenge. Je me demandais, avant de me lancer moi-même où certains grands blogueurs trouvaient cette assurance, cette capacité de répondre aux objections du tac au tac et cette science qui paraissait infinie. C’est l’exercice de bloguer qui « fabrique » cela. Plus vous réagissez à l’actualité au quotidien, plus vous structurez votre pensée et votre rapport au monde. Ceux qui commentent régulièrement, comme les lecteurs de ce blog, c’est-à-dire en dépassant le stade du « tous pourris, point barre », ont du d’ailleurs ressentir cet effet.

Plus généralement, je trouve que fréquenter les blogs, débattre par écrit, chercher des arguments, a le mérite d’apporter une compréhension de l’actualité tout à fait étonnante. Combien de fois ai-je alimenté des discussions autour d’une table sur des sujets abordés sur Internet avec des arguments beaucoup plus nourris et précis que ceux qu’on me servait  ? En ce sens, Internet pour peu qu’on l’utilise bien, est un lieu formidable de débat et de connaissance.

Au quotidien

Concrètement maintenant, voyons les joies et les peines du blogueur.

La joie, c’est celle de s’exprimer quand on aime cela, et de le faire par écrit. J’avoue que chaque matin, c’est devenu pour moi une urgence que d’aller fouiller sur le net pour voir ce qu’il s’y passe mais aussi trouver un sujet, quand je n’ai pas déjà chopé une idée au vol dans la presse, un livre ou à la télévision. La rédaction d’un billet me demande en moyenne une heure, une fois que j’ai trouvé l’idée et organisé mon discours. Parfois beaucoup moins quand il s’agit de réagir en pleine journée sur un sujet imprévu. Parfois beaucoup plus quand je dois travailler avant de prendre une position.Et là je m’arrête un instant. Ce blog est né de la volonté de défendre mon métier et de l’expliquer. J’ai dû  beaucoup lire d’ouvrages sur la presse pour vérifier mes intuitions, les confronter aux écrits sur le journalisme de mes confrères, d’universitaires, de sociologues, pour connaître l’histoire de la presse, me remettre à niveau sur certains aspects techniques, économiques etc. Bien m’en a pris, j’ai découvert un univers passionnant. C’est un autre effet de bloguer, en tout cas pour moi : s’obliger à lire, chercher, non plus seulement pour soi, avec la souplesse que cela implique, mais pour en rendre compte impose une discipline supplémentaire et engendre donc une connaissance plus profonde et plus consistante.

Admettre que l’on pourrait avoir tort

Ensuite, il y a toujours un petit moment d’angoisse au moment de cliquer sur « publier ». J’en ai pourtant l’habitude, en plus de dix ans de journalisme, j’ai publié des milliers d’articles. Mais là, l’exercice est différent. Il ne s’agit plus seulement de vérifier que ce qu’on dit est exact, de s’assurer qu’on est clair, il faut accepter de confronter aux autres une partie de soi, quelque chose si ce n’est d’intime, du moins de personnel. A ce sujet, je décommande l’exercice à ceux qui ne supportent pas la contradiction. Il faut avoir le cuir dur, mais aussi l’esprit souple pour se soumettre ainsi à l’opinion d’un lectorat et accepter éventuellement d’être mis en défaut. Je ne sais plus qui disait, « discuter c’est admettre que l’on pourrait avoir tort ». Toujours est-il que cette formule s’applique aussi à cette déclinaison de la discussion sous forme écrite qu’est un blog.

La joie de bloguer, ce sont les commentaires qui amorcent une discussion sur un sujet que vous avez choisi, sous l’angle – ou pas – que vous proposez. C’est aussi de participer à un réseau de blogueurs et d’organes de presse proposant mille et un regards sur le même événement.

La difficulté, c’est le caractère hautement chronophage de l’activité. J’en étais arrivée à un moment à ne plus fréquenter les cocktails et à limiter les déjeuners, préférant écrire ou répondre aux commentaires dans mes moments de détente, plutôt que de faire le singe en société. Le problème, c’est que le journalisme est un métier de contact, il faut sortir, rencontrer des gens, flairer les ambiances, saisir des informations au vol. Les rendez-vous, interviews, conférences de presse ne suffisent pas. Même quand on est allergique comme je le suis aux « mondanités », il faut s’y plier. Heureusement, plus on blogue et plus on est à l’aise avec l’exercice, de sorte que bon an mal an, j’ai réconcilié les deux activités.

Les dangers de la facilité

Autre danger, l’extrême facilité avec laquelle on peut écrire et publier doit inciter à chaque fois à une réflexion attentive pour déterminer si on ne va pas trop vite. Si le journalisme a tendance hystériser l’information, ce défaut est décuplé sur Internet, de sorte qu’il faut s’imposer calme et mesure, en particulier quand le sujet est hautement polémique. Par ailleurs, l’exercice est très personnel puisqu’il consiste à livrer son opinion. Le risque de gonflement de l’ego est fort. Ce d’autant plus que les contestations inéluctables auxquelles on est confronté incitent à se durcir le cuir et donc potentiellement à se draper dans son ego blessé. Il suffit alors de se rappeler du nombre incroyable de blogs sur la toile pour ramener les choses à leur juste proportion. Par ailleurs, la rapidité avec laquelle un sujet chasse l’autre incite à la modestie.

Enfin, bloguer m’a donné l’occasion de rencontrer des gens épatants parmi les autres blogueurs et les organes de presse qui interviennent sur la toile. Cela m’a permis aussi de détecter des sujets à traiter dans les titres pour lesquels je travaille et de découvrir de nouveaux experts. J’ai interviewé jusqu’à présent 4 blogueurs – ils se reconnaîtront –  dont l’activité était en rapport avec mes spécialités. Dans un cas, j’ai relayé une protestation qui était née sur le web. On reproche beaucoup aux journalistes de faire parler toujours les mêmes personnes. En ce sens, Internet  est un réservoir de nouvelles voix tout à fait intéressant. Mais on accuse aussi les journalistes d’écrire des imbécillités. C’est pourquoi j’ai lu ces blogueurs attentivement durant des mois pour m’assurer que leur discours était cohérent et qu’ils avaient bien les qualités professionnelles qu’ils invoquaient.  La source d’une information, c’est sa crédibilité. Par conséquent, il y a une prise de risque dans le fait de solliciter des personnes qu’on ne connaît pas dans leur univers professionnel, qui interviennent sous pseudo et qu’il est parfois impossible de rencontrer parce qu’elles habitent à plusieurs centaines de kilomètres. Mais au final, ça fonctionne.

Voilà, je crois que j’ai tout  dit, si vous avez des questions, n’hésitez pas !

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20 commentaires »

  1. Tu éclaires d’une nouvelle lumière ce que je ressentais confusément. Et notamment sur deux choses: quand on envoie un papier, on peut se réveiller la nuit qui suit en se rendant compte qu’une info n’a pas été vérifiée et se rendormir illico en se disant que la personne concernée ou le lecteur attentif n’iront pas jusqu’à râler pour rétablir la vérité sur un détail de l’article. Or quand on blogue, les réactions sont immédiates, ce qui crée une pression et une obligation de rigueur supplémentaires. Je suis également d’accord concernant le réservoir de « témoins » ou experts potentiels que cela ouvre. De contacts nouveaux aussi. Je n’en prends conscience que depuis quelques semaines. Sur la structuration de la pensée, je suis d’accord itou. C’est amusant, parce que les questionnements autour du blogging et des blogueurs pullulent actuellement sur la toile. Je serais d’ailleurs ravie que tu aille faire un tour chez moi cette semaine, où je traite des « aristos de la blogo » féminine. Au plaisir de te lire (et de découvrir tes potentiels commentaires).

    Aliocha : une petite précision. Je fais partie de ces pauvres gens qui ne s’accordent pas le droit à l’erreur, en particulier dans leur métier, ce qui est un effroyable fardeau. Curieusement, je ressens moins l’angoisse de me tromper sur ce blog que dans mon exercice professionnel. Quand un article est publié dans la presse, il n’y a plus de possibilité de rectifier. En ce sens, l’écrit imprimé a une force qu’Internet n’a pas. Tout ce que j’écris ici est vérifié, sincère et le plus objectif possible. Mais la possibilité de rectifier soi-même une erreur ou de la voir rectifiée par un lecteur a tendance à me soulager – très légèrement – de l’angoisse de l’erreur.

    Commentaire par Ficelle — 12/10/2009 @ 10:31

  2. Structurer sa pensée, je crois que c’est pour moi la principale valeur des blogs. Parce que le contenu, pour intéressant qu’il soit, n’est que rarement franchement capital. Par contre, la discussion entre les gens, le fait de lire des arguments pour ou contre et de devoir réfléchir pour y réagir intelligemment, je crois que c’est la valeur principale de l’exercice. À la limite, peu importe les opinions des gens, du moment qu’ils ont pris le temps d’y penser et d’écouter les arguments des autres. Je crois que cette démarche ne peut que mener à une meilleure société.

    Par contre, ce qui m’amuse c’est la vitesse avec laquelle, en nouvelle bloggueuse, vous êtes intégrée au cercle des blogueurs, comme si il y avait une sorte de confrérie (consoeurie ?) plus ou moins secrète… Une sorte d’élite, de ceux qui prennent le temps de penser. Je ne crois pas que ce soit vraiment le cas, mais il y a chez pas mal de blogueurs une sorte de réflexe de groupe qui semble dire qu’un commentateur n’a de vraie valeur que si il a un blog. J’exagère, je sais, et je provoque, je serais presque vexé si personne ne me sautait dessus suite à une remarque comme ça — d’autant plus que je n’ai pas de blog, on va donc facilement pouvoir me taxer de frustration personnelle…

    Il n’empêche, je crois que dans tout groupe les gens ont besoin de se construire des hiérarchies, officielles ou non, et que sur les blogs, ceux qui en ont un (pas forcément sérieux, d’ailleurs, mais relativement ouvert et pas trop nombriliste) ont quasi-automatiquement un galon de plus que les autres.

    Aliocha : nous sommes d’accord sur le fait que l’égalité sur Internet est un mythe. On s’empresse déjà de construire de nouvelles aristocraties. Le seul intérêt, c’est qu’elles se fondent sur de nouveaux paramètres que l’on peut espérer plus axés sur le mérite réel, ancienneté, connaissances techniques, valeur intrinsèque, audience…Sur mon intégration au monde des blogueurs, je le dois à un an de commentaires assidus chez Eolas et à son soutien. Cela étant, je ne participe pas encore à la République des blogs. N’étant guère corporatiste dans la vraie vie, je ne le suis pas non plus sur le web. Trop jalouse de mon indépendance, sans doute. Cette défiance vis à vis des groupes constitués m’amène à partager votre ressenti. Il y a en effet une confrérie des blogueurs qui se comporte ni plus ni moins comme une élite. C’est naturel puisqu’ils sont acteurs du web. Sur les commentateurs, comme l’a dit Eolas avant moi, la valeur d’un blog dépend en grande partie de ceux qui y commentent, animent et enrichissent les débats. Il y a des commentateurs que l’on attend, d’autres que l’on espère ou que l’on redoute. Sérieux comme vous ou plus fantasques comme Goloubchik, Fantômette, Ferdydurke ou Tschok, tous contribuent à créer une ambiance tantôt réfléchie, tantôt drôle qui fait l’originalité d’un blog. Sur les blogueurs commentateurs enfin, je ne partage pas votre ressenti. La visite d’un blogueur est perçue de manière spéciale simplement parce que les blogueurs ayant la faculté de s’exprimer chez eux commentent moins ailleurs. C’est donc un petit événement en soi, mais je n’accorde pas plus de crédit à un commentaire de blogueur qu’à un commentaire de non blogueur. Tout au plus, puisque j’en connais quelques uns, ai-je plaisir à recevoir une visite d’un camarade « en chair et en os » avec lequel j’ai eu l’occasion de déjeuner ou de boire une verre.

    Commentaire par Rémi — 12/10/2009 @ 11:15

  3. Bonjour Aliocha,

    Beau billet que celui-là. Vous y abordez un sujet extrêmement intéressant on ne peut plus pertinent avec la multiplication des blogs.
    Alors qu’auparavant, la journaliste que vous êtes devait attendre probablement plusieurs jours au minimum avant de se voir confrontée à son lectorat, la réponse est maintenant immédiate et est vue par le plus grand nombre. Cela change considérablement la donne et vous oblige, comme vous le soulignez à propos, à être la plus précise et la plus claire possibles et à accepter la confrontation, si pénible puisse-t-elle être parfois.
    J’aime bien cependant la spontanéité qu’on devine dans les commentaires. Sur des blogs comme le vôtre, ils me semblent être un bon baromètre de l’évolution de la pensée publique et témoignent, si besoin en était, de l’existence d’un réel effort de compréhension et de réflexion en son sein. Afin de rester pertinents et d’amorcer de fructueux échanges, ils requièrent cependant un minimum de recul face à l’information ou le sujet et obligent le rédacteur à structurer un minimum sa pensée. Il m’arrive régulièrement d’hésiter avant de cliquer sur « soumettre le commentaire » et de regretter parfois de l’avoir fait.
    Je crois également que cette forme d’expression, quelque soit l’émetteur concerné, oblige les membres de votre profession à repenser la nature du travail journalistique d’où, peut-être, le malaise actuel. Elle s’éloigne, en effet, l’époque encore toute et trop proche où l’approximation côtoyait le développement facile. Par exemple, depuis qu’Eolas et ses commensaux commentent brillamment l’actualité judiciaire, je constate avec plaisir un changement de ton réel dans les articles de presse généraliste consacré à la Justice. C’est peut être en lisant ce dernier que vous avez pris conscience du fossé qui s’était créé entre votre activité professionnelle et sa perception par le public. Vos nombreux commentaires et votre décision d’ouvrir votre propre blog montrent à l’évidence que, plutôt que de vous enfermez dans une tour d’ivoire, vous avez eu à cœur d’expliquer votre métier et toutes les difficultés qui s’y rattachent. J’ai ainsi mieux compris votre mode de fonctionnement et adouci considérablement ma propre vision des choses. Même s’il existe encore beaucoup de chemin à parcourir, il était important qu’une impulsion soit donnée. Pour ma part, tout en gardant la dent dure (cf France Info), je reste optimiste.

    Bonne journée.

    Commentaire par H. — 12/10/2009 @ 11:26

  4. Magnifique billet. Vous entendre ainsi parler de votre métier est un vrai bonheur. J’avoue aussi n’avoir pu m’empêcher de sourire à la description de cette angoisse qui vous étreint au moment d’appuyer sur « publier » : il n’y a que bien peu de temps que je « commente » sur des blogs, et je me souviendrai longtemps des longues minutes d’hésitation qui ont précédé mon premier clic sur le bouton « soumettre le commentaire »… Merci en tout cas d’accepter ainsi de vous exposer : vos lecteurs y gagnent.

    Commentaire par Irénée — 12/10/2009 @ 13:05

  5. Oui, magnifique billet! Et longuement attendu (plus longuement médité encore par vous, je suppose). J’aimerais bien, à l’occasion — éternel insatisfait — que vous reveniez plus concrètement sur les discussions, la manière dont les commentaires embrayent («ou non») sur le thème que vous avez choisi. On a souvent l’impression que la discussion échappe à celui qui la provoque, non? Même si, sans doute, cela est moins fréquent chez vous qu’ailleurs, parce que vos billets sont toujours très clairs et qu’on voit toujours bien la position que vous défendez. Mais quand même… on a des surprises, parfois, non?

    Aliocha : vaste sujet, et difficile à « théoriser ». La communication, en tant que rapport à l’autre ou aux autres, porte toujours une part d’inattendu lié à l’humain. Ce que je trouve assez plaisant d’ailleurs, rien n’est plus ennuyeux que ce qui est entièrement prévisible. Mais cela pose forcément des questions sur l’ajustement du discours à la pensée, mais aussi au public que l’on vise. Le premier point que je teste constamment me permet de m’évaluer en tant que professionnel de l’écrit. Le deuxième est plus difficile encore sur un blog que dans un organe de presse. Qui est le public de ce blog ? Que cherche-t-il ? Comment m’adapter à ce dont j’ignore tout ou presque ? Faut-il seulement s’adapter ? Quand j’écris un billet critique sur le web, je sais que je touche un point sensible et que j’aurais des réactions de contradiction et de méfiance. Quand je traite un sujet de journalisme, il y a fort à parier que l’on tiendra ce que je dis pour juste jusqu’à preuve du contraire et que j’aurai surtout des questions complémentaires. Si j’aborde un sujet d’actu, je retrouverai en plus adouci les camps qui s’affrontent ailleurs sur la toile. Si je traite un sujet qui m’interpelle personnellement, je risque l’incompréhension ou le désintérêt si je n’ai pas su m’exprimer correctement et faire partager mon intérêt. Enfin, il arrive comme vous le soulignez que la discussion parte sur un point qui paraissait secondaire. Cela signifie sans doute soit qu’on a manqué son objectif, soit que le public est acquis sur le sens général mais bute sur un point plus polémique. Je gage que chez vous, compte-tenu du niveau de vos billets, certains lecteurs s’accrochent aux points sur lesquels ils estiment avoir quelque chose à dire. Vous incitez à la réflexion plus qu’à la polémique, Cher Philarête, ce qui est bien entendu un compliment 😉

    Commentaire par Philarete — 12/10/2009 @ 14:18

  6. Une cuiller de Danette, chère Prophète?

    Aliocha : ah ! Tout de même, on songe de temps en temps à revenir aux fondamentaux du culte, je me disais aussi…. 😉

    Commentaire par tschok — 12/10/2009 @ 18:07

  7. Danette nous regarde, comment pourrais je l’oublier? :))

    Commentaire par tschok — 12/10/2009 @ 19:28

  8. Intéressante mise à nu. Si nous soutenons parfois des convictions fort différentes, je reconnais dans ces propos le même processus que le mien (en partie, et pour ce qui peut être comparé).
    A ceci près que j’ai commencé par beaucoup commenter avant d’ouvrir mon propre espace. Une sorte d’entrée dans l’eau froide progressive, pourrait-on dire.

    Commentaire par [ Enikao ] — 12/10/2009 @ 23:04

  9. Bonjour,

    Je suis comme probablement beaucoup d’autres un de vos lecteurs silencieux.
    Et je trouve ce billet particulièrement intéressant, même s’il je pense que la recherche n’est pas forcément aussi poussée pour tout le monde. Dont moi, mais je tiens un blog sans prétention sachant qu’il est peu lu.
    Je suis cependant d’accord avec vous sur l’effort que cela demande intellectuellement sur la structuration des propos, qui ne peuvent être les mêmes qu’à l’oral.
    De la même manière, même si c’est probablement plus vrai sur des blogs comme le votre ou celui de Maître Eolas, cela demande à accepter la critique, ce qui n’est pas simple.

    Pour en revenir à la remarque de Rémi, je ne suis pas tout à fait d’accord… Je pense qu’il y a une aristocratie, mais elle est plus complexe que le simple fait d’avoir ou non un blog.
    En effet, je dirais que c’est plus le fait de commenter sur les blogs connus d’une part, mais en même temps avoir un blog spécialisé en un domaine qui fait entrer dans cette hiérarchie*.
    Le deuxième point n’est pas forcément nécessaire, mais il est souvent pris en compte également, peut être inconsciemment. Il est vrai que l’avantage de ce genre de blog est que l’on sait ce que l’on va y trouver, et qu’ils sont souvent d’une grande qualité. Cette dernière est également un facteur clé. Qualité tant du contenu que de la forme.
    Sur la valeur des commentaires, je ne sais pas vraiment. Peut être est-ce effectivement le cas, mais je ne suis pas assez participatif à cette partie des blogs pour le savoir.

    Merci en tout cas de ce billet des plus intéressant.

    * : Je considère les blogs de dessin comme d’un sujet particulier, mais c’est là un avis personnel.

    Commentaire par Beldom — 13/10/2009 @ 01:17

  10. De l’art de bloguer et des blogs en général….

    Bonsoir à tous et à toutes, Dans son dernier billet, Aliocha évoque l’intérêt de bloguer. Sujet intéressant pour la plupart des gens qui tiennent un blog, il me pousse ce soir à me poser devant mon clavier sur ce sujet. Ce qui me fait remettre à plus…

    Rétrolien par Beldom - De tout... Et de rien — 13/10/2009 @ 04:24

  11. Je vais faire très court : simplement dire que j’ai trouvé ton billet tout à fait pertinent.

    Commentaire par La Mère Joie — 13/10/2009 @ 07:30

  12. Bonjour,

    Si vous le permettez, un petit HS sur la presse et les sites internet de presse.
    Vous avez vu les 22 commandements de Gillmor ?
    http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2009/oct/02/dan-gillmor-22-rules-news

    Au passage, merci pour votre blog.
    Cordialement

    Aliocha : euh non je n’avais pas vu, merci, c’est très intéressant.

    Commentaire par CTjano — 13/10/2009 @ 10:35

  13. Bonjour Aliocha. Pour un peu vous me donneriez envie de bloguer…

    Commentaire par Hub — 13/10/2009 @ 12:21

  14. Hum…Sujet brûlant. Lâchez-vous, n’hésitez même pas à poser des questions qu’elle dit, Aliocha…

    Le genre d’invitation open space à se faire condamner à l’exil pendant un an sur le blog de Jean-Marc Morandini pour formuler des commentaires de haute technologie moléculaire sur le tour de poitrine de Chrissie de Secret Story (euh, je m’exerce, 95 B ?)…

    Perso, j’ai plein de questions blogonoclastes à vous poser, mais sur le plan pro, c’est chaud bouillant, j’arrive pas à suivre, chuis pas un de ces types horripilants comme Eolas qui arrivent à réécrire en une nuit le Code pénal et à trier en même temps le linge blanc/couleur pour le lave-linge tout en racontant une histoire aux enfants pour qu’ils s’endorment pendant que Poitiers, l’UMP et le PS sont en proies aux flammes.

    Alors Aliocha, comme je ne sais pas si j’aurai d’ici peu le temps d’être désagréable avec vous, que dans l’urgence il faut aller à l’essentiel, que d’ailleurs j’ai failli me faire écraser hier par un c.….d de bachibouzouk de mes deux qui a failli me dégommer vite fait en circulant plein pot sur le trottoir avec son T-Max 500, je dirai en attendant et en parodiant Georges Marchais commentant l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, qu’à mon sens, le bilan de votre blog est globalement positif.

    Avec deux seuls arguments. Vous et certains de vos commentateurs êtes parfois parvenus à infléchir mon opinion préalable, comme quoi des gens capables d’un minimum de bonne foi arrivent à beaucoup. Et surtout, sur votre blog, il se retouve une majorité de gens avec qui on a envie de partager un dîner pour s’engueuler en buvant un coup (de l’Aloxe Corton par exemple) en se tapant une souris d’agneau ou tout autre animal d’élevage cuisinable (respectons les sensibilités, mes excuses aux végétariens).

    Commentaire par Goloubchik — 13/10/2009 @ 23:39

  15. Chère Aliocha,
    Questions donc – suscitées à la fois par ce billet et par certaines interventions/réactions récemment lues sur deux blogs que vous connaissez suffisament pour les recommander, ceux de Bilger et Eolas :
    Quelle est votre conception de la « modération » ?
    Jusqu’à quel point pensez-vous qu’un blog doit relayer des idées « postées » qui ne sont pas les votres ?
    Puisque je l’ai cité, j’ai toujours aimé la façon dont Eolas est capable à la fois de défendre la liberté d’expression et de dire en substance « Ici , vous êtes chez-moi, la porte est ouverte, vous pouvez entrez, certes, mais je peux vous virer. D’ailleurs : Dehors ! » (Même si, depuis quelques temps je trouve son Troll detector un peu poussif pour ne pas dire passif.)
    Bref : Vos impressions sur les « invités pas invitables »…
    Cordialement.

    Commentaire par Zenonlp — 14/10/2009 @ 13:28

  16. PS à mes questions 16.
    Que pensez-vous de l’anonymat sur les blogs ? Et de la « traçabilité » des commentateurs via leur(s) adresse(s)IP ? Eolas en est un spécialiste revendiqué.
    Toujours, et jusqu’à preuve du contraire, cordialement.

    Aliocha : Bilger modère a priori, Eolas se contente de pulvériser en vol les indésirables pour le plus grand bonheur de ses lecteurs. Personnellement, j’aime la liberté et la sérénité. Ce qui signifie en pratique que je modère pas a priori (excepté un commentateur qui m’a irritée au moment de l’affaire du monde et que je vais d’ailleurs débloquer tant que j’y pense puisqu’il s’est assagi).Question sérénité, j’essaie de maintenir l’ambiance cordiale qui à mon sens est indispensable à un lieu de débat pour que chacun se sente à l’aise et que l’exercice soit à la fois ludique et enrichissant. Du coup, il y a ici très peu d’agressifs et donc très peu à modérer. Sur les 7472 commentaires postés depuis la création de ce blog, j’ai du en supprimer aux alentours de 5, de mémoire. L’un pour antisémistisme, deux pour agressivité excessive, et un ou deux en provenance de spécialistes de la théorie du complot qui s’insèrent dans une conversation et dénoncent un soi-disant scandale invérifiable. Disons globalement que je suis les prescriptions de la loi de 1881. Avoir des détracteurs ne me dérange pas, bien au contraire, je ne voudrais pas que ce blog se transforme en outil de promotion de ma petite personne. Sur l’anonymat, j’en avais parlé ici. Quant à la traçabilité, je ne sais pas de quoi est capable Eolas qui, non content d’être un génie du droit m’a l’air aussi d’assurer grave en informatique, pour ce qui me concerne, je suis juste en mesure d’identifier si plusieurs commentateurs postent de la même machine. Je m’en soucie d’ailleurs assez rarement. La seule fois où je l’ai fait, c’était lors d’une campagne hystérique dans laquelle je défendais Le Monde. Deux commentateurs particulièrement agressifs m’avaient incitée à enquêter un peu en recoupant les adresses IP. Vous verrez au passage ce que je subis sans ciller au nom de la liberté d’expression 😉

    Commentaire par Zenonlp — 14/10/2009 @ 13:50

  17. Je suis d’accord avec sur la structuration intellectuelle qu’oblige l’écrit. Mais quelque chose ne laisse pas de m’étonner en commentaires, c’est la facilité avec laquelle un propos peut être diversement (voire mal) compris. Je suis souvent surpris de voir la réponse que tel commentaire engendre, de voir que je n’avais pas du tout interprété ou compris la même chose que celui qui répond. Cela m’est arrivé de l’expérimenter en tant que commentateur également (mais c’est d’ailleurs ce qui m’a longtemps freiner dans le fait de commenter). Votre échange récent avec Khazan chez Philarête en est une illustration, et ce malgré tous les smileys utilisés par l’un comme l’autre. C’est là je crois une faiblesse de l’écrit par rapport à l’oral (il manque le ton, l’intonation, les mimiques), et ce malgré toutes les précautions graphiques utilisées.

    Aliocha : c’est que l’écrit d’un commentaire est un « écrit-parlé » très singulier. Presque aussi réactif que la parole, moins soigné généralement qu’un écrit classique, lu comme on écoute ou plutôt comme on entend, rapidement, pour saisir le sens général et pratiqué par des gens qui ne sont pas nécessairement des habitués de l’écriture. On est donc entre le contact direct d’une conversation, qui comme vous le soulignez apporte des éléments physiques complémentaires de compréhension, et l’écrit qu’en principe on devrait soigner pour le rendre si précis qu’il ne nécessite pas ces ridicules (mais si drôles) petits bonshommes jaunes. Une zone grise, intermédiaire, qu’il va falloir apprivoiser. C’est étrange d’ailleurs, comme écrit. Sa spontanéité fait que vous percez souvent la personnalité d’un individu avec plus d’acuité que si vous l’aviez en face de vous – l’effet désinhibiteur de l’anonymat aidant. Je trouve qu’il y a une musique dans l’écriture de chacun, une manière de réagir qui est fortement individualisée quand on y regarde de près. Et en même temps, quand il arrive de rencontrer les gens que vous ne connaissiez qu’à l’écrit, vous les trouvez différents. C’est peut-être un des dangers du web, cette communication hypertrophiée et en même temps deshumanisée. Quand j’ai débarqué sur le web, j’étais enthousiasmée par cette communication « pure », d’esprit à esprit, débarrassée des préjugés bons ou mauvais qui naissent forcément d’une rencontre physique. Et puis chemin faisant, je commence à trouver ça un peu risqué. Quelque chose me dit que je ne me serais jamais affrontée avec Eolas, Narvic, Kharam et d’autres si nous avions été mis face à face. D’ailleurs, j’ai cessé de me disputer avec Eolas quand on s’est rencontrés 😉 Mais bon, tout est encore à découvrir et à penser sur le web et je ne fais que réfléchir tout haut. En tout cas merci d’avoir lancé ce débat-là avec Philarête, j’espère qu’il va se poursuivre et j’essaierai d’en faire un jour un billet.

    Commentaire par gwynplaine — 15/10/2009 @ 13:25

  18. @ Aliocha : je crains qu’en fusionnant Khazan et Karam vous n’ayez joué le apprentie Mary Shelley et créé un commentateur hybride, monstre à deux têtes recouvert de coutures, prêt à commenter à quatre mains, deux cerveaux et je vous laisse imaginer le reste. Ceci dit ça fera très joli dans votre salon.

    Commentaire par gwynplaine — 16/10/2009 @ 14:39

  19. HS : merci Aliocha de m’avoir fait découvrir miss SFW. Son dernier billet sur la presse réduisant toujours plus ses articles, par lequel elle justifie la longueur des dits billets, est réjouissant.

    Aliocha : C’est amusant, je ne la connais pas mais visiblement elle est journaliste, de formation juridique elle aussi, et elle effectue les mêmes constats sur le métier….Entre nous, elle a un esprit et un plume qui m’enchantent.

    Commentaire par gwynplaine — 21/10/2009 @ 21:52


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