La Plume d'Aliocha

08/10/2009

La nouvelle inquisition

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 23:51

Elle ne vous met pas mal à l’aise vous, l’affaire Mitterrand ? Moi si. Et ça fait plusieurs jours que je me demande pourquoi.

Qu’est-ce qui ne va pas dans cette obsession de chercher à savoir ce que le ministre a voulu dire dans un livre qu’il a publié il y a plusieurs années et qui n’avait rencontré à l’époque que des éloges ?

Péan, Hortefeux, Mitterrand….

Alors j’ai songé que j’avais éprouvé le même malaise il y  quelques mois lorsqu’on traquait les signes d’antisémitisme dans le livre de Pierre Péan sur Bernard Kouchner. Et puis, plus récemment, lorsqu’on a visionné, diffusé, décrypté, sous-titré, analysé, discuté, interprété la vidéo d’Hortefeux.  D’où nous vient cette manie de fouiller les âmes ? A quoi rime cette obsession de vouloir découvrir je ne sais quel vice caché chez les uns et les autres, non pas en enquêtant sur  des faits, mais en glosant sur des bouts de phrases ?

Je crains que l’exercice soit aussi inutile que destructeur. Vous souvenez vous de l’émission d’arrêt sur images ou Daniel Schneidermann pose à plusieurs reprises la même question à Pierre Péan : êtes-vous antisémite ? Jusqu’à ce que le journaliste quitte le plateau, bouleversé. Parce qu’il avait répondu non et qu’il ne voyait pas quoi ajouter de plus. Parce que Daniel Schneidermann insistait, comme si à force de le cuisiner, son interlocuteur allait finir par avouer. C’est sa méthode, nous le savons tous et il a raison, un journaliste doit insister pour avoir des réponses. Mais en l’espèce, quelle autre réponse pouvait-il obtenir que « non, je ne suis pas antisémite » ? Quelle preuve de sa bonne foi Péan pouvait-il apporter ? Avec Hortefeux, nous avons vécu le même scénario, sauf que personne ne lui a posé la question en direct. On a préféré repasser en boucle la vidéo, débattre à l’infini sur la possibilité grammaticale que l’observation renvoie aux auvergnats plutôt qu’aux arabes et finalement exiger des excuses, faute d’obtenir une démission. Et voilà que ça recommence avec Frédéric Mitterrand. Du tourisme sexuel au soupçon de pédophilie, chacun cette fois s’interroge sur l’âge que peut bien avoir un « garçon » sous la plume de l’auteur. Et chacun s’improvise spécialiste des bordels pour soliloquer sur l’âge supposé de celles et ceux qui les peuplent tandis que des esprits éclairés rappellent utilement la distinction entre homosexualité et pédophilie. On croit rêver tant ces exégèses tantôt maladroites tantôt pontifiantes flirtent avec le ridicule le plus achevé. Et voici que Frédéric Mitterrand se retrouve au 20h face à une Laurence Ferrari curieusement beaucoup plus offensive quand il s’agit de faire avouer à un ministre en pleine tourmente qu’il a couché avec des gosses que lorsqu’il faut affronter Nicolas Sarkozy lors des fausses interviews présidentielles télévisées. Allez savoir pourquoi…

Procès en sorcellerie

Mais que croit-on réellement découvrir en fouillant les âmes lors de ces procès médiatiques en sorcellerie ? Quelle information indispensable à la santé de notre démocratie cherche-t-on à dévoiler ainsi ? Qui espère obtenir autre chose qu’une dénégation à la question : êtes-vous pédophile, raciste, antisémite ?

Au fond, ces affaires, en se focalisant sur de faux problèmes en révèlent de vrais. D’abord, la capacité de manipulation politique. C’est Kouchner qui a eu l’idée géniale de sortir l’argument de l’antisémitisme, coupant court ainsi à tout débat de fond sur le livre et intimidant par là-même les autres journalistes qui auraient été tentés de marcher sur les traces de Péan. Et c’est Marine Le Pen qui a mis le feu aux poudres concernant Frédéric Mitterrand pour le plus grand bonheur de ses détracteurs qui ont surenchéri.  Il est quand même étonnant que cette polémique ait pris avec Mitterrand alors que les écrits plus que tendancieux de Daniel Cohn-Bendit exhumés par François Bayrou sont passés comme une lettre à la poste, non ? Quant à Hortefeux, je vous laisse deviner qui pouvait bien avoir intérêt à orchestrer ce cirque.

Ces affaires montrent aussi, et c’est plus grave, l’état consternant du journalisme dans notre pays. Nous avons tous appris que le journalisme c’était la recherche des faits. Pas des intentions des uns et des autres, pas des petites phrases et des mots malheureux. Pas des mauvaises blagues ou des récits romanesques. Des faits. Seulement voilà, il est beaucoup plus facile  de se concentrer sur ces détails que de mener des enquêtes. Plus facile et plus rentable aussi. Quand on pense qu’il n’y a pas si longtemps, la petite communauté des journalistes politiques français refusait de révéler l’existence de la fille de François Mitterrand, soi-disant au nom de sa haute idée de l’éthique.  Pourtant, il ne s’agissait pas alors de soupçons mais d’une réalité tangible, connue, vérifiable et démontrable. Et voici qu’aujourd’hui les mêmes  soumettent à la question deux ministres en l’espace de 15 jours pour leur faire avouer je ne sais quelle turpitude morale !   J’attends toujours l’enquête sur Hortefeux qui démontrerait, preuves à l’appui, qu’il est raciste. Et je crois que j’attendrai longtemps celle sur les véritables moeurs de Frédéric Mitterrand. Je vais vous dire, personne ne se lancera dans ce genre de sujets, et à supposer que certains journalistes sachent des choses, ils ne les diront pas. Parce que les faits font peur, parce que c’est une prise de responsabilité trop lourde de sortir ce type d’information. Alors on préfère lâcher le « présumé coupable » au public en laissant ce-dernier décider si l’intéressé doit ou non être lynché. Ainsi on ne risque rien, et pour peu qu’on soit un tantinet de mauvaise foi, il est même possible de se convaincre qu’on a fait son boulot de journaliste, qu’on a révélé un scandale. En fait, on n’a rien dévoilé du tout. On a juste fabriqué un soupçon, l’intéressé a nié, et au final, c’est match nul. Je ne vois pas en quoi ceci a fait progresser la démocratie. En revanche, j’aperçois la tache qui demeurera dans tous les cas au front de ces trois hommes. Comme le dit l’adage populaire, il n’y a pas de fumée sans feu, n’est-ce pas ?

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44 commentaires »

  1. D’ailleurs je me posait une question, tout ces types qui connaissent les bordels thaïlandais comme leur poches (je n’ose imaginer qu’ils mentent) ils y étaient juste pour les photos?? Quelles bandes de pédophiles scandaleux!!!! Voilà un sujet de reportage pour vous ma chère aliocha!!!! (En plus on peut attaquer ça sous l’angle économique comme ça vous resterez dans votre domaine…;))

    Commentaire par adrien bis — 09/10/2009 @ 07:49

  2. Hier soir, en visionnant sur le net cette interview, j’ai eu plusieurs fois la nausée et, à la fin, un haut-le-coeur. Pourquoi ? Laurence Ferrari. Son ultime question, grosse ficelle poisseuse cousue de fil blanc.. Comment peut-on présenter le 20:00 de TF1 (vaste et déjà ancienne machine à infliger volontairement et très activement des violences anales) et faire mine de donner des leçons de transparence, de morale, de légalité ? Il y a quelques décennies, on nous annoncait « Big brother is watching you ». Non, c’est beaucoup plus fort : « You are watching Big brother ».

    Commentaire par Zenonlp — 09/10/2009 @ 08:37

  3. Je ne me prononcerai pas sur le comportement des journalistes sur cette histoire.

    Cependant, il me semble que tout citoyen d’une démocratie digne de ce nom attend des hommes et femmes politiques qui gouvernent le pays qu’ils aient un comportement et une image sans tâche. Se poser des questions sur le sens d’une phrase parlée (Hortefeux) ou écrite (Mitterrand) me semble donc très sain dans une démocratie. Je ne dit pas qu’il faut que tout politique démissionne à la plus petite incartade comme cela a tendance à se faire dans certain pays du nord de l’Europe, mais il me semble sain que la question vienne sur le tapis. Si le citoyen n’est pas exigeant envers ses politiques, qui le sera ?

    Aliocha : exigeant, mais exigeant sur quoi ? Sur les motifs qu’on leur donne d’être exigeants. En l’espèce pas sur des faits mais des soupçons non étayés. Le journalisme, c’est un peu comme la justice, on n’accuse pas sans preuve. Sinon, on se retrouve en correctionnelle. Sauf que la vidéo ou la petite phrase dans un livre, ça vous exonère de tous les risques, ça a bien été dit, écrit. Mais dans le cadre d’une information responsable, ça n’a pas de sens et ça ne devrait donc pas donner lieu à ces polémiques hystériques. J’ajoute que lorsqu’on dénonce de vrais scandales, généralement ils sont trop complexes pour donner lieu à indignation. Voyez l’affaire Cleartsream, personne ne comprend – pas même moi – donc personne ne s’indigne. Et pourtant là, il y a des faits. D’où sans doute cet attrait pour les questions simples, raciste, pas raciste, antisémite ou pédophile, là tout le monde comprend et tout le monde s’indigne. Moi ça me pose un problème.

    Commentaire par Morne Butor — 09/10/2009 @ 08:42

  4. Il faut peut-être souhaiter que, tous ceux qui crient au scandale concernant l’extrait du livre de F. Mitterrand qui fait débat, se procurent l’ouvrage (qui, je crois, est en réimpression…), le lisent ENTIEREMENT et se fassent leur propre opinion sur ce qu’on leur a donné en pâture. Au lieu de s’indigner avec la masse sans avoir lu ce livre.
    En attendant, toutes ces affaires que vous citez et qui se succèdent (quelle sera la suivante?) donnent lieu à des réactions multiples et des débats délirants dans les différents médias. On aimerait autant de réactions et discussions concernant les sujets importants souvent occultés ou traités à la va-vite…

    Commentaire par Soisic — 09/10/2009 @ 08:59

  5. Tout ça me fait penser à la réponse qu’a faite un homme, il y a deux mille ans : « plutôt que de regarder la paille dans l’oeil de ton frère, ôte la poutre du tien »…

    Quant à clearstream, c’est une vraie affaire, un véritable noeud gordien. Mais pour avoir lu (il y a quelques années, avant le procès) le livre publié par Denis Robert, c’est compréhensible si on cherche à comprendre, et ça fait terriblement peur quand on voit la facilité avec laquelle le système mis en place peut déraper…

    Commentaire par Tigreek — 09/10/2009 @ 09:01

  6. « Nous avons tous appris que le journalisme c’était la recherche des faits. Pas des intentions des uns et des autres, pas des petites phrases et des mots malheureux. Pas des mauvaises blagues ou des récits romanesques. Des faits. Seulement voilà, il est beaucoup plus facile de se concentrer sur ces détails que de mener des enquêtes. »

    D’accord avec vous.
    A noter par contre que les extraits du roman de Giscard n’ont pas passionnés les foules et que la baudruche s’est vite dégonflée.

    Commentaire par Efelle — 09/10/2009 @ 09:23

  7. L’âge du prostitué est un non-sujet dans la mesure où il n’est pas présent dans la polémique. L’homosexualité de Frederic Mitterrand a été mêlé au débat par Frederic Mitterrand lui-même. J’ai pourtant attentivement lu les articles et commentaires sur plusieurs sites / bolgs, aucun rapprochement de type gay – pédéraste.
    Ce que je ne peux pas m’empêcher de penser dans cette histoire en revanche c’est que le fameux deux poids deux mesures décrié dans l’affaire Polanski est bien pleinement appliqué ici. Je ne peux pas m’en empêcher parce que je me souviens d’un président de la république ayant défendu et fait adopter une loi réprimant sévèrement la prostitution. Il y aurait donc d’une part une prostitution mauvaise, exploitant la pauvreté des un(e)s et devant être punie de peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement. D’autre part nous trouvons le récit d’un homme ayant fait appel aux services d’un prostitué (gigolo sonne tellement glamour…) poussé à mettre sa bouche et son anus à disposition d’inconnus par la misère. Cet homme-là, ce même président de la république le défend en se disant touché par son récit.
    Et la il y a une autre chose que je ne peux pas m’empêcher de penser : la supra-citoyennté existe.

    Commentaire par Julia — 09/10/2009 @ 09:52

  8. @3: « il me semble que tout citoyen d’une démocratie digne de ce nom attend des hommes et femmes politiques qui gouvernent le pays qu’ils aient un comportement et une image sans tâche »

    Pas moi… Heureusement qu’on n’est pas aux USA où pour la moindre nomination on va fouiller le passé de quelqu’un pour voir s’il n’aurait pas acheté des magazines pornos quand il avait 17 ans.

    Si je voulais être gouverné par des petits saints, j’irais… pfff… je ne sais même pas où j’irais.

    Un ministre c’est pas un gourou, un professeur de morale, ni un modèle en quoi que ce soit. J’attends d’un médecin, d’un comptable, d’un jardinier, d’un architecte, d’un boulanger, qu’ils fassent bien leur métier. Je n’ai pas de leçon de morale à recevoir ni à donner.

    Mais c’est vrai que pour les journalistes, ce type de sujet c’est pas trop fatigant à préparer.

    (rem: j’ai beaucoup aimé les articles d’ECO89 qui montre qu’à France Télécom on se suicide moins qu’ailleurs et moins qu’avant. Pourquoi les journalistes ont-ils tant de mal à nous parler des faits ?)

    Aliocha : pour les raisons que j’ai évoquées, c’est une prise de responsabilité et, sur certains sujets un risque de se désolidariser du groupe. J’ajoute que moins les rédactions auront de moayns et plus le problème s’aggravera, cette fois pour des questions de manque d’effectifs et de temps. Si on peut faire sa Une sur une affaire comme celle de Mitterrand, comme l’ont fait tous les quotidiens aujourd’hui, à quoi bon se casser à faire des enquêtes longues et coûteuses ? Il suffit de guetter la prochaine bévue d’un politique…

    Commentaire par Arnaud — 09/10/2009 @ 09:54

  9. L’avantage d’avoir une réponse, c’est que si un jour une photo de FM avec un thaïlandais mineur est publiée, il aurait ajouté le mensonge au peuple à la liste et que, là, ça lui coûtera sa place.

    Commentaire par Paul — 09/10/2009 @ 10:34

  10. @liocha
    « Parce que les faits font peur, parce que c’est une prise de responsabilité trop lourde de sortir ce type d’information. Alors on préfère lâcher le “présumé coupable” au public en laissant ce-dernier décider si l’intéressé doit ou non être lynché. »

    il est là le noeud du problème, c’est parce que l’on sait que le pouvoir peut maîtriser ce qui doit sortir ou pas, que le « peuple » s’empresse de se jetter sur tout ce qu’il trouve. On ne peut juste regarder des épiphénomènes sans regarder l’image d’ensemble.

    C’est la totalité des compromissions médiatiques qui fait que le « péquin » moyen se jette sur tout, ne laissant pas à ceux dont ce devrait être le métier (les journalistes) leur soumettre des faits digne d’intérêts. Pensant, (a tord ou a raison) , qu’ils ne sortirons rien de bien important. Le vide journalistique s’est crée autour de Denis robert, plus vite qu’une pandémie de gripe porcine. Et le vrai scandale clearstream : ou est l’argent a disparu. Comment voulez-vous que le mec moyen puisse faire un peu confiance.

    Ensuite, l’attitude de Fred. Mitterand lors des débats hadopi lui a valu des inimitiés fortes sur le net. Certes ce n’est pas _bien_ cette rancune, mais que voulez vous que fasses ceux qui ne peuvent se défendre à armes égales ? Ils prennent ce qu’ils ont. Lorsque votre voisin vous tape dessus tous les jours et que personne ne veut/peut rien faire pour vous, un jour vous lui exploser la tête. C’est n’est pas _bien_, mais c’est compréhensible. Lorsque les pouvoirs en place ne régule pas pour le bien de tous, il y a des mécanismes à la marge qui se mettent en place. Certes ces mécanismes ne sont pas _glorieux_ mais avant de regarder la paille de ses mécanismes, enlevons la poutre dans l’oeil du système.

    Enfin, si c’était moi qui avait écris un livre comme cela, je serais probablement en garde à vue, et pas avec lolo férari en face de moi. C’est une personne qui a _voulu_ avoir une place médiatique de premier rang. Personne ne l’a forcé à devenir minitre de la culture. Il a des avantages, qu’il supporte également les inconvénients : avoir sa vie présente et passée scrutée avec plus d’acuité.

    « With great power comes great responsibility »

    Aliocha : « mais que voulez-vous que fassent ceux qui ne peuvent pas se défendre à armes égales ? ». Ce que vous décrivez est l’exact reflet de la réalité, tant du public que des journalistes eux-mêmes. On ne peut pas dire certaines choses, on ne peut pas lutter contre l’omerta, alors on utilise des méthodes douteuses. Pardonnez-moi de ne pas souscrire à cette démarche. Je la trouve déloyale et, ce qui est pire, inefficace.

    Commentaire par herve_02 — 09/10/2009 @ 10:44

  11. (troll on)

    Tiens, pour une fois ca n’est pas de la faute du net et de son absence de régulation !

    (troll off)

    Aliocha : Claude Soula dans ce billet (à la fin) critique la faible mobilisation des journaux papier le lendemain de l’événement et par conséquent leur autisme à l’égard du public, lequel s’est exprimé sur le web. Il salue donc la capacité du web a se saisir de vrais sujets. Question de point de vue…

    Commentaire par khazan — 09/10/2009 @ 11:44

  12. Très bon article avec le quel je suis d’accord.

    @ hervé_02 : utiliser de mauvaises armes ne fait jamais bien avancer les choses, au contraire.

    Commentaire par polluxe — 09/10/2009 @ 11:47

  13. […] This post was Twitted by babioles […]

    Ping par Twitted by babioles — 09/10/2009 @ 11:53

  14. Ce qui me surprends surtout, et vous allez peut-être être en mesure de me donner un élément de réponse, c’est le délai entre le moment ou Marine le Pen fait sa déclarations dans Mots Croisés, et le moment où la presse publie un article contenant les extraits, non coupés du livre.

    Les extraits que Marine le Pen lit provoquent immanquablement de la gène, il n’y a qu’à voir les invités sur le plateau. Mais ces extraits sont complètement orientés et trahissent le texte original. Pourtant, les extraits lus par Marine le Pen ont été repris par de nombreux site, sans qu’il y ait d’original mis en face, ou de remarques du journaliste.

    Je précise que je n’ai pas lu le livre, seulement l’article de Rue89 qui justement nous montre bien le « détournement »

    Sur ce coup là, les médias ont ils tenté de faire « durer l’affaire » ?

    Commentaire par François — 09/10/2009 @ 11:56

  15. @Polusque

    Je ne dis pas qu’utiliser de mauvaises armes fait avancer les choses, je donne _mon_ opinion sur le pourquoi on utilise ses armes. On peut toujours troller à l’infini sur le mal fondé ou non d’une chose, se concentrer sur la supression de ses _causes_ est bien plus intéressant, vous ne trouvez pas ?

    Commentaire par herve_02 — 09/10/2009 @ 12:15

  16. Moi aussi, j’ai détesté l’attitude hautaine de pseudo-interviweuse sans compromission de Laurence Ferrariqui fait moins la maline devant Sarkozy… Mais bon, c’est un autre débat. En revanche, je comprends qu’on tape un peu sur Frédéric Mitterand, voire même, que ne l’avons-nous pas fait avant? Il aurait été légitime d’aborder le sujet au moment de sa nomination… (pas en suivisme derrière Marine Le Pen!) Il est évident que les conseillers de Sarkozy devaient connaître ce « souci potentiel » avant sa nomination et qu’il ne serait pas démissionné pour « si peu ». Sur le fond, un homme politique sans tâche (héhé, ça me fait penser à l’affaire Lewinski…) je n’y crois pas. Mitterand a le seul tort d’en avoir fait étalage… Et quelque part, ça me met plutôt en confiance. Car je pense que la prostitution, voir la prostitution de très jeunes personnes, doit bien exister à Paris, certains hommes politiques doivent bien sûr y avoir recours et personne ne dit rien, sauf quand ça fait un peu de foin, cf. l’affaire du conseiller en communication de Raffarin, Dominique Ambiel, interpellé alors qu’il « raccompagnait » une jeune prostituée mineure…

    Aliocha : là nous touchons à l’hypocrisie du monde des journalistes politiques qu’effleure Authueil dans ce billet. FM est sans doute le plus sincère de tous et je suis certaine que nombre de mes confrères le savent, de même que les politiques eux-mêmes. C’est sans doute d’ailleurs ce qui explique en partie la bienveillance avec laquelle le livre avait été accueilli. Dans ces conditions, lui taper dessus maintenant n’est pas forcément pertinent.

    Commentaire par Ficelle — 09/10/2009 @ 13:06

  17. Bonjour Aliocha,

    Vendredi dernier, à 19h15, j’écoutais France Info où était commentée la victoire de Rio de Janeiro pour l’organisation des JO de 2016. La journaliste (très sincèrement, mérite-t-elle encore ce titre?) interrogeait, je crois, Xavier Bertrand. Elle a alors posé une question qui a laissé son interlocuteur sans voix (comme moi, par ailleurs): « La victoire de Rio ne marque-t-elle pas une victoire diplomatique de Nicolas Sarkozy contre Barak Obama (qui a soutenu puissamment la candidature de Chicago)? » Comme son interlocuteur ne semblait pas comprendre, elle a continué : « Oui, on connaît l’amitié qui existe entre notre président et le président Lula. Alors? ». Sans commentaire. Rien dans les propos tenus précédemment ne laissait supposer une telle sortie mais votre consœur a contribué, par l’inanité de sa question sans parler de la suffisance qu’on devinait à travers le ton de sa voix, à saper encore un peu plus la réputation de votre profession.

    Quand vous écrivez, à propos de Frédéric Miterrand, « Ces affaires montrent aussi, et c’est plus grave, l’état consternant du journalisme dans notre pays. Nous avons tous appris que le journalisme c’était la recherche des faits. Pas des intentions des uns et des autres, pas des petites phrases et des mots malheureux. Pas des mauvaises blagues ou des récits romanesques. Des faits. », il me semble que l’exemple que je donne plus haut ne fait que confirmer ce constat. Les exemples sont malheureusement tellement nombreux, l’actualité judiciaire en regorge, que j’en suis à me demander, bien tristement, si le mal peut être guéri. Pour Frédéric Mitterand, j’avoue qu’il avait, jusqu’à il y a peu, ma sympathie. Son comportement ridicule lors de l’arrestation de Roman Polanski a considérablement ébranlé son piédestal. J’apprécie beaucoup le billet que Philippe Bilger lui a consacré et comme ce dernier, je pense que ce serait son honneur de ministre de démissionner. Comme dit l’adage romain, « la femme de César ne doit pas être soupçonnée ». C’est peut-être dur mais c’est ainsi.

    Bonne journée

    Aliocha : C’est possible. Mais ça pose néanmoins question : démissioner pour un livre sorti avant sa nomination et parfaitement connu de tous ? Je préfère envisager la question sous l’angle relevé par Philippe Cohen dans Marianne2 : celui de la pertinence des nominations dans l’actuel gouvernement…Il pose dans cet article à mon avis LA vraie question.

    Commentaire par H. — 09/10/2009 @ 14:08

  18. Cette histoire est très dérangeante, car il est facile de tomber dans l’amalgame douteux et nauséabond de la pédophilie, chose que je ne saurais cautionner. Pour autant, le talent ou la renommée artistique ne dispensent pas d’une certaine « moralité » lorsqu’on exerce au plus haut niveau de l’Etat.

    Dans ma vie professionnelle, je suis moi-même soumis à des contrôles réguliers: analyses médicales avec tests de toxicomanie, extraits de casier judiciaire, enquêtes de moralité menées par les services de renseignements compétents. Je ne suis pas du tout certain que je garderais mon job si ces enquêtes révélaient que je pratique le tourisme sexuel en Asie. Je ne suis pourtant pas Ministre, mais juste ingénieur … ce qui me choque un peu dans cette histoire, c’est que finalement les exigences de moralité semblent aller en s’amenuisant au fur et à mesure que l’on monte dans la hiérarchie du pouvoir. Cet arrière goût de permissivité risque de laisser des traces dans l’opinion publique et creuser un peu plus le fossé qui existe entre nos « élites » (ahah) et le citoyen lambda.

    Aussi, je ne pense pas qu’il soit si déplacé que ça d’exiger de nos dirigeants, la même « tenue » que celle à laquelle sont appelés les citoyens: au nom de quelle justice punit-on Raymond X. qui se tape un travesti en 5min. chrono au Bois de Boulogne, alors qu’un ministre peut finalement se permettre de se divertir dans les bordels thai?

    Le pire dans cette triste histoire, c’est que si Mr Mitterand s’était gardé de voler promptement à la défense de Mr Polanski, rien de tout cela ne serait arrivé …

    Aliocha : je ne dis pas que ce n’est pas une bonne question. Simplement, l’exégèse de textes anciens, mots malheureux ou blagues douteuses ne me parait pas une méthode légitime pour intenter des procès d’une telle ampleur et avec de tels enjeux à la clef. Quant à la morale, nous sommes d’accord. La question est ou place-t-on le curseur ? Par ailleurs, on n’a pas surpris ici un ministre en fonctions dans un bordel Thaï, on se contente de lui lancer à la figure un récit littéraire sorti il y a 4 ans…

    Commentaire par mr_freeze — 09/10/2009 @ 14:50

  19. Ce qui m’interpelle c’est aussi la différence de réaction, de traitement, de polémique et de sentiment de culpabilité qu’il peut y avoir entre un Frédéric Mitterand pris, au détour d’une déclaration et d’une phrase maladroite, dans une tourmente qui semble beaucoup l’affecter, et un Silvio Berlusconi lequel au contraire n’en ratera pas une et en rajoutera encore ! (On attend ses mémoires avec impatience !).

    Quel est donc ce subtile mécanisme qui bouleverse un FM en France et amuse un SB en Italie ?

    Mais peut-être que tout ceci n’est que polémique superficielle et sans conséquence. Faudra voir après coup si la côte de popularité de FM suivra la même courbe ascendante que celle de SB après une de ses nombreuses blagues de mauvais goût ! (Si c’est le cas, ça donnera des idées à d’autres hommes politiques français. Va y avoir du roman autobiographique olé olé. Giscard s’y est d’ailleurs déjà un peu essayé).

    Aliocha : comme vous l’aurez sans doute remarqué, il y a une légère différence (mais vraiment très légère) entre les caractères de ces deux hommes 😉 à l’avantage de FM évidemment.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 09/10/2009 @ 16:56

  20. Bonjour,

    inquisition me semble un bien grand mot pour finalement peu de choses.

    dans cette partie de dupe entre public, presse et politiques, il me semble surtout que chacun essaie de se servir de l’autre.

    Oui il est mal venu de se servir d’un récit pour attaquer un homme politique, mais de fait, quelles attaques ont été portées ?

    On lui demande d’expliciter et justifier un texte qu’il a signé de sa main. Quel grand mal est-ce là ?

    Sa médiatisation est faite de sa recherche permanente des micros et caméras. Faut-il s’étonner qu’il finisse par en trouver ?

    La vie privée des hommes politiques ne m’intéresse guère mais s’il leur plait de l’afficher alors il me semble qu’il est tout aussi malvenu pour eux de reprocher qu’on y scrute les ombres.

    Oui tout ceci n’est encore qu’une manipulation d’une partie de la presse par une partie de la classe politique sous prétexte de discréditer un adversaire et se mettre soi même en valeur. Mais c’est malheureusement le mode de fonctionnement ad hominem que la quasi totalité de nos politiques suit.

    Quand au rôle de la presse la dedans ? Il semble être celui du bête suiveur fainéant.

    Je rêve d’une information (grand publique) qui dissèquerait les déclarations des uns et des autres à l’aune de leurs actes et qui désamorcerait les polémiques purement politiciennes par de l’explication de texte. Mais pour l’instant la presse semble se contenter de reprendre les communiqués des uns et des autres, allant flairer là où l’on lui promet un os…

    La pédagogie, le courage et la patience qui lui permettraient de nous intéresser à des problèmes plus complexes lui fait défaut, et c’est un grand manque.

    Mais au final, est-ce à la presse de faire l’effort de nous intéresser aux sujets plus « pointus » ou à nous de nous intéresser à une presse plus exigeante ? (mais ceci mériterait un autre débat : « est-ce à nous de nous intéresser à la presse ou à la presse de faire l’effort de nous intéresser ? » ….)

    Aliocha : Je réponds sans hésiter, c’est à la presse de faire l’effort car c’est tout simplement son rôle. J’aime bien l’observation de Schneidermann dans « le journalisme après Bourdieu » quand il dit qu’il faut se garder d’avoir une idée du public et de ce qui est censé lui plaire. Un journaliste doit au contraire tenter d’intéresser son lecteur à ce qui l’intéresse lui, et de conclure : « mon lecteur, c’est moi ». Je recommande d’ailleurs son livre au passage, il est remarquable.

    Commentaire par Karam — 09/10/2009 @ 17:10

  21. @ Aliocha

    Je viens de lire l’article de Philippe Cohen que vous avez mis en lien sous la réponse à mon commentaire. Il a effectivement raison lorsqu’il évoque « la confusion mentale » qui semble régner au sommet de l’exécutif et, n’en déplaise à Authueil , au niveau du législatif (ex: http://www.authueil.org/?2009/10/06/1455-puiser-dans-les-stocks). Cette confusion n’excuse en rien les comportements « douteux » dont s’est prévalu F. Mitterand, en particulier lors du lancement de l’ouvrage incriminé et la cécité dont la société dans son ensemble a fait preuve au même moment. Il n’empêche que le femme de César ne doit « jamais » être soupçonnée. L’exemplarité, aussi difficile qu’elle soit à assumer, reste une des bases du management intelligent. Quand on ambitionne de faire de la politique, c’est une règle à ne pas oublier sinon, comment envisager de faire respecter les lois du pays. Et puis, quel impact dans les pays étrangers!
    Si j’ai bien compris le billet de Sub lege Libertas chez Eolas (http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/10/08/P***-de-voyage-!) et si les faits incriminés ont eu une réalité, des nuages noirs s’amoncèlent à l’horizon de l’auteur de « La mauvaise vie ».

    Commentaire par H. — 09/10/2009 @ 17:21

  22. Mais qu’a fait Mitterrand ? Peut etre a-t’il vu des hommes plus jeunes que lui ? Peut être pas (mais l’opinion en doute). En tout cas appeler garçons des hommes de 20 ans quand on en a 40, c’est user d’un vocabulaire qui peut être approprié. Ah moins qu’on lui reproche d’être homosexuel ? Que dire de Le Pen qui invente le mot « jeune » accouplé a garçons ? Pour faire l’association entre homosexuel et pédophile ? Dégouttant !

    Commentaire par Vonric — 09/10/2009 @ 17:46

  23. @Aliocha, 19 : Certes, c’est vrai qu’il y a une légère différence entre les caractères des deux hommes. Mais apparemment il y a un lien inversement proportionnel entre l’importance d’un fait divers et la polémiques générée en fonction de la latitude européenne. Je m’explique : plus on monte vers les pays scandinaves plus un évènement anecdotique provoque des conséquences importantes, et inversement quand on descend vers le sud. Enfin, c’est ce qu’il me semble…

    Je reviens à votre judicieuse question : « Pourquoi de telles affaires nous mettent-elles mal à l’aise ? »

    Ne serait-ce pas un besoin contemporain de (re)trouver des repères de valeur ?
    Ca devient difficile de se forger une morale sociale, de savoir ce qui est bien, moral, constructif, exemplaire,…

    Beaucoup de nos élites trempent dans des affaires douteuses ou sont accusées de complots, d’intrigues sur fond d’argent, de pouvoir, de sexe,…
    Les grandes réussites politiques, industrielles ou commerciales suscitent le doute et la magouille,… Ha la la, dans quel monde vivons-nous. On ne sait plus à quel saint se vouer.

    Mais bon, c’est vrai aussi qu’un monde tout beau, tout gentil, tout propré, qu’est-ce ça doit être ennuyeux ! 😉

    (Tiens, moi, si j’étais FM je m’empresserais de sortir « La mauvaise vie II » avec en sous titre : « Tout ce que je n’ai pas dis dans le premier tomme » !).

    Commentaire par Oeil-du-sage — 09/10/2009 @ 18:01

  24. L’article d’Arrêt sur Image met en ligne plusieurs vidéos datées de 2005, au moment de la sortie du bouquin, où on le voit plus ou moins pressé de lever le doute sur l’âge des jeunes gens avec lesquels il aurait eu quelque commerce charnel. Force est de constater qu’il est resté très évasif, entretenant le flou et le malaise.

    Comme l’a dit très justement remarqué Big Blogger :

     » On peut de même être d’extrême-droite et dire des choses intelligentes, ou justes. Ce n’est pas parce qu’une parole provient des moutons noirs de la classe politique que celle-ci n’a aucune valeur. S’il y a quelque chose qui fait honte à la classe politique, ce n’est pas de reprendre en chœur ce que dit Marine le Pen. C’est de ne pas l’avoir dit avant.

    Par cette nouvelle sortie, Frédéric Mitterrand présente le visage de la culture qui fait peur, pour parodier ses termes. Celle qui moralise. Celle qui juge. Surtout, il veut à la fois jouer à l’artiste accablé, individu qui se drape dans son sublime contre la médiocrité et le jugement de la masse de la société (Oscar Wilde à son procès), et incarner l’institution ministérielle, c’est à dire la voix de cette société. A un moment, il faut choisir. Si on est relativiste, ou libéral, et il n’y a là rien de méprisable, eh bien, on assume jusqu’au bout. « 

    Commentaire par koltchak91120 — 09/10/2009 @ 19:08

  25. Allez, je me risque à faire du journalisme façon France Info: « Pensez-vous que l’attribution du prix Nobel de la paix à Barak Obama est une défaite de politique extérieure pour Nicolas Sarkozy? ».

    En plus, avec ça, je suis fiché par le réseau Echelon (http://fr.wikipedia.org/wiki/Echelon).

    Bon week-end

    Commentaire par H. — 09/10/2009 @ 21:35

  26. @H.

    BO, on s’en tape! «Echelon»!? On s’en tape aussi. FM, là, j’ai un problème. 2005, déjà lu…

    «You must remember this
    A kiss is just a kiss, a sigh is just a sigh.
    The fundamental things apply
    As time goes by.»

    Ouille!

    Commentaire par Mobile — 10/10/2009 @ 01:02

  27. Le soucis est de deux ordres; dans mes métiers , on me demande une probité quasi parfaite (vive la casier judiciaire vierge), par ailleurs, les procès en sorcellerie en France nous avons eu outreau (avec quelques années de prison pour des citoyens innocents).

    Pour ma part ,un ministre de la République (République qui se veut une grande donneuse de leçon pour les autres nations) se doit être comme un tribunal (voir jurisprudence de la CEDH) insoupçonné mais aussi insoupçonnable.

    Il faut souligner Je ne demande pas de le donner en pâture au chien (Rèf, François Mitterand) ni de démission mais cela mériterait vérification par l’autorité judiciaire afin de rendre de nouveau monsieur le ministre de la République insoupçonnable car cette affaire est sûrement une épreuve pour Frédéric Mitterand, mais aussi une blessure pour la République.

    Commentaire par bleu horizon — 10/10/2009 @ 08:51

  28. […] This post was Twitted by PolluxeBlog […]

    Ping par Twitted by PolluxeBlog — 10/10/2009 @ 09:03

  29. Ce n’est pas toujours le cas. Là je vous rejoins pleinement, je le dis.
    Quelle est la cible? La vérité? Et comment, par le biais d’une exégèse rigoureuse, certainement pas. En vertu d’un pouvoir herméneutique particulier? Peut-être, mais dans ce cas ce n’est pas la démarche d’interprétation qui conduit au résultat mais les présupposés, les « prépensés » qui avaient déjà formulé le résultat a priori, souvent même avant la lecture du texte ou l’écoute du dire.

    Les dés sont pipés.

    La cible, la démocratie? Pas plus et elle a bon dos. Elle est juridiquement et philosophiquement bâtie sur l’idée de raison et de libre arbitre. Si l’émotion, l' »émoticon » en puissance, se substitut à cette raison, c’est le recul et la médiateté qui perd son efficacité. « Rivé au piquet de l’instant » avait dit Valéry, parce qu’impuissant à mettre à distance, par conséquent incapable de conscience.

    Nous retombons sur le rôle des médias, qui se confondent de plus en plus à des « immédias ». Or ces médias chacun peut s’en faire maintenant producteur, commentateur, exégète, rapporteur, porteur autonome de sens. Ces phénomènes seraient des signes de démocratisation de l’information en son acception la plus large? Et ce alors qu’ils se nourrissent de faits traités immédiatement? Le temps réel n’est pas celui de la réflexion. Ici il impose la réaction et se détermine là par l’émotion et la pulsion.

    Le débat sur Clearstream est résumé à une complicité politique de dénonciation calomnieuse, ce serait là le principal problème?
    Hortefeux est accusé de racisme, Mitterand d’apologiste du rapport tarifé avec mineurs, etc.
    Est-ce bien cela qui constitue un problème pour notre démocratie et qui justifie un débat sévère?
    Ou bien plutôt la politique pénale et la détention de sureté, l’intrusion de la moralité publique dans les consciences par la voie de l’administration, ou encore la fusion des pouvoirs exécutifs et législatifs, ou encore la relation réelle entre la décision parlementaire et le lobbyisme, etc.

    Non, les pics de Wikio sont comme des poussées d’acné sur un visage juvénile, qui libèrent une substance proche du ressenti, de l’exaspération incontrôlée issue d’un trouble plus profond. Il n’y là rien, au prétexte de la puissance du nombre et de la valeur quantitative et mesurable, qui s’approche de ce qu’on attend de la démocratie.

    A défaut, elle ne serait que médiamétrique et réduite à un applaudimètre.

    Désolé pour cette philosophie de comptoir.

    Commentaire par Barbecane — 10/10/2009 @ 11:47

  30. Bonjour

    @Barbecane, qu’il y ait d’autres problèmes, oui, que l’on s’équipe d’œillères pour en oublier certains sur le bas coté, sous prétextes que d’autres seraient plus importants, non.

    Cela semble vous navrer mais oui la démocratie est affaire de nombre, évidemment qu’elle l’est.

    Simplement si le choix du nombre ne parait pas très mature et objectif, avant de le blâmer, peut être faudrait il voir ce qui lui est proposé.

    La démocratie n’est pas une panacée à tout et elle ne s’affranchit pas d’un certain nombre d’écueils, elle suppose notamment un jugement citoyen sur la base d’une connaissance du problème.

    « L’ignorance est une mauvaise graine, que les tyrans cultivent parmi leurs sujets, mais qu’aucune démocratie ne peut se permettre parmi ses citoyens. » (William Beveridge)

    Que le citoyen s’offusque du problème que l’on lui donne à connaitre n’est pas choquant, loin de là.

    Ce qui est choquant c’est qu’il lui soit donné de le connaitre 4 ans après. Ce qui est choquant c’est qu’aucun journaliste ne se soit souvenu de cela lors de sa nomination. Ce qui est choquant c’est qu’un président le choisisse nommément et applaudisse son livre comme courageux et talentueux quand de l’autre coté il raille la princesse de Clève.

    Ce qui est choquant, c’est son maintien en poste (tout comme celui d’Hortefeux)

    Ce qui est choquant c’est qu’on ne puisse rien dire sous prétexte que c’est une frange honnie de la politique qui s’en est souvenue (lire l’article de Jean-Michel Aphatie)

    Ce qui est choquant c’est que ces attaques ad hominem, même si elles sont le degré -1 de la politique, puissent avoir un support pour tenir. Est-il trop difficile de trouver des hommes politiques propres ? que l’on ne pourra accuser de rien ? que l’on ne pourra juger que sur leurs actes ?

    Les états unis dont nos élites sont si admirateurs dans leur fonctionnement démocratique détaillent vraiment le curriculum vitae (diantre « parcours de vie » ça a quand même une base ! ) de chaque élu ou nommé. N’y a-t’il pas là quelque chose dont l’on devrait s’inspirer afin, non d’ignorer, mais bien de faire en sorte qu’il n’y ai plus rien sur les à coté de la route, pour nous empêcher de voir en face de nous, les défis qui se présentent.

    La démocratie restera tout de même toujours un applaudimètre, reste à savoir si nos édiles veulent lui présenter un concours de rhétorique ou un concours de blagues… et si nos médias veulent refaire l’académie de neufs ou vidéo gag… encore une histoire de choix…

    Commentaire par Karam — 10/10/2009 @ 13:05

  31. A lire, le court mais magnifique billet de B. Frappat, un (autre ;)) grand journaliste, sur cette même affaire.
    http://blogfrappat.la-croix.com/2009/10/
    Et sa conclusion, qui rejoint la vôtre, si je vous bien compris :
    Les faits ? On est obligé d’avouer qu’on les ignorera, à jamais, et qu’on est dans l’incapacité de prouver quoi que ce soit contre M. Mitterand.
    Conclusion : « Chacun, jusqu’à nouvel avis, devrait se taire ».
    Comme quoi, parfois, c’est au silence qu’on reconnaît l’authentique journalisme.

    Commentaire par Irénée — 10/10/2009 @ 14:26

  32. Y-en a qui manquent pas d’air quand même. Pour intimer l’ordre d’aller voir ailleurs, on dit : « vous embrayez derrière le FN ». Ben voyons. Si Le Pen dit qu’il pleut alors qu’il pleut faudrait dire qu’il fait soleil ?
    Ce n’est pas pour autant qu’il faut faire comme la fille du gros blond, qui fait l’amalgame entre l’homosexualité, la prostitution, la pédophilie.
    Ce qui est en cause ici, c’est pas l’homosexualité ni la pédophilie, mais le tourisme sexuel, une forme immonde de néo-colonialisme.

    On nous dit aussi : « c’est une œuvre littéraire… dans laquelle le narrateur exprime un sentiment de culpabilité ». Là, faut arrêter de nous prendre pour des billes. Mitterrand a clairement dit que le narrateur, c’était l’auteur et que oui, il est allé en Thaïlande se payer des gitons. C’est pire que la prostitution ordinaire, il s’agit d’occidentaux qui s’en vont dans les pays exotiques se taper des pauvres bougres qu’ils achètent avec leur pognon de gros richards bien nourris.
    Je reconnais que Mitterrand a très bien exprimé ses tourments, son sentiment de culpabilité (qui lui fait « casser le marché », autrement dit il paie davantage que le prix réclamé) dans son bouquin. Mais ça n’exonère en rien le fait que malgré ses remords, il ne contrôle pas ses pulsions. Je ne me place pas sur le plan de la morale sexuelle, mais quand on participe à un gouvernement sécuritaire, aux côté des Hortefeux et Cie, un gouvernement qui ne cesse de nous faire la morale, de parler de tolérance zéro, etc. Quand on est solidaire d’un tel gouvernement, quand on veut faire condamner (sans preuve) des gamins parce qu’ils téléchargeraient des chansons sur internet, le minimum c’est d’avoir le cul propre.

    On nous dit aussi : c’est l’hallali face à un homme qui n’a aucun moyen de se défendre. Là, on se fout de la gueule du monde. Vous en connaissez beaucoup des personnes qui peuvent, quand ils le veulent, se payer le 20 H de TF1 et, dans la foulée, l’après-midi du dimanche chez Drucker ?

    On nous dit aussi : c’est un vieux bouquin, pourquoi on réagit 5 ans après. Là encore, on se fout du monde. Qui est-ce qui a défendu de cette façon Polanski en sous-entendant que ce qu’il a fait à une gamine de 13 ans c’était peanuts ? (d’autres ont été plus odieux encore en disant qu’elle avait perdu sa virginité à 8 ans et demi, ça ne rien dire d’autre qu’elle avait déjà été violée à 8 ans et demi).
    Ce qui arrive à Mitterrand, c’est un juste retour de bâton en raison de son attitude complaisante.

    Décidément, j’arrive pas à voir Mitterrand en victime. J’ai plutôt le sentiment que s’il y a de telles réactions hostiles du côté de ce que j’appellerais le « petit peuple », c’est parce beaucoup ont le sentiment que du côté des zélites artistiques, des personnages éminents, on aurait le droit de faire pour de vrai, en toute impunité (à condition d’exprimer des regrets, des remords, une forme de culpabilité qui, plus tard, feront une belle œuvre littéraire), ce qu’eux ne peuvent même pas imaginer tellement la pression sociale est forte pour condamner ce genre de comportements.
    Oui, décidément, cette solidarité des élites artistiques et des gens de pouvoir montre qu’il y a une dimension de classe dans cette affaire.

    Commentaire par Gilbert — 11/10/2009 @ 01:56

  33. Des faits, rien que des fait, dites-vous, c’est ça le journalisme.
    Oui, mais qu’est-ce qui est un fait ?
    Que Dupont ou Durand soit raciste, ou pédophille, ou antisémite… ne sont pas des faits. Qui peut aller voir dans leur âme et affirmer qu’ils méritent tel ou tel qualificatif et que ce qualificatif est un fait ?
    Comme on dit, l’amour n’existe pas, il n’y a que des preuves d’amour…
    Il en est de même du racisme, de la pédophilie, de l’antisémitisme, etc.
    Se demander si telle blague est raciste, si tel acte raconté dans une autobiographie est pédophille, si tel livre est antisémite… , indépendant des qualificatifs qu’on peut être tenté de coller sur le front de leurs auteurs, ne me paraît pas dénué de pertinence, ni indigne d’un bon journalisme. Au contraire.
    A condition bien sûr de ne pas crier avec les loups, de se livrer à une analyse aussi objective que possible, d’écouter les arguments de l’auteur, etc.

    La blague d’Hortefeux était une blague. On peut la trouver mauvaise, oiseuse, ambigüe, pas drôle, etc., mais c’est manifestement une blague. Et une blague n’est pas à prendre au pied de la lettre, par définition. D’une blague, on ne peut jamais dire si c’est du lard ou du cochon. On la prend comme elle est dite, on rit ou on ne rit pas, et puis voilà. Sur le ouaibe, après une blague, pour éviter toute ambigüité, on ajoute un smiley. Les jeunes, entre copains, ajoutent : « j’déconne… ». Faire de cette malheureuse blague une affaire nationale fut une absurdité. En l’occurence le fait à rapporter et à commenter, pour un bon journaliste, ce n’était pas tant la blague elle-même que les réactions exagérées qu’elle a suscitées. Je crois que ces réactions, à travers Hortefex, visaient évidemment Sarkozy, cet hyperprésident qu’on aime tant détester. Peut-être que si Sarkozy était moins hyperprésident, s’il jouait moins au matamore, s’il respectait un peu mieux les contours de sa fonction tels que définis dans la Constitution, les Français chercheraient moins à l’attaquer, directement ou par victime expiatoire interposée. Car cela c’est un fait : notre président se comporte en monarque tout puissant et les Français, classe politico-médiatique en tête, s’en accomodent fort bien… Cela c’est un fait qui mérite analyse.

    Le cas du récit de F. Mitterrand est différent. Fiction ou réalité, lui seul le sait. Mais ce récit n’est pas une blague. Je fais partie de ceux que ses descriptions d’amours homosexuelles tarifées en Thaïlande choque profondément et qui pense qu’il n’aurait jamais dû être nommé ministre de la République. Son livre, ce récit qui s’y trouve, sont des faits, des faits qui méritent analyse (et éventuellement des conclusions différentes des miennes). Cette analyse n’a pas vraiment été faite, ni quand le livre est sorti, me semble-t-il, ni, c’est sûr, quand son auteur a été nommé ministre. Et c’est bien dommage. Et c’est bien pour cela que cela ressort avec une telle violence. Il ne me paraît pas anormal de demander des comptes à celui qui l’a nommé. A condition bien sûr de ne pas hurler avec les loups. D’autant plus que Frédéric Mitterrand est une parfaite victime expiatoire : son nom, son homosexualité, son parcours atypique, sa proximité avec Sarkozy en font un coupable idéal. Il faut ajouter à tout ça une composante essentielle, la mise en abîme : d’un côté F. Mitterrand qui, comme Sarkozy, ne déteste pas le rôle de victime, de réprouvé, de l’autre côté ses accusateurs qui se délectent au fond des horreurs qu’ils dénoncent, les uns et les autres jouant un rôle et simultanément s’observant agir… Ce qui n’empêche pas les souffrances d’être bien réelles. Tout cela sont des faits à analyser pour un bon journalisme. Et cela amène des questions fort intéressantes : comment en sommes-nous arriver là ? comment en sortir ?

    L’affaire Péan, je ne la connaîs pas, mais, même si j’aime bien Schneidermann, je pense qu’il a eu tort de vouloir à tout prix coller une étiquelle sur le front de Péan. Pourquoi ne s’est-il pas limité, comme vous dites, aux faits, en l’occurrence au livre de Péan et à ce qu’il y dit ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 11/10/2009 @ 19:52

  34. Lus dans certains commentaires :

    Citation 1 : « Ce qui est choquant c’est qu’on ne puisse rien dire sous prétexte que c’est une frange honnie de la politique qui s’en est souvenue. »
    – Pas FRANGE : FANGE.

    Citation 2 : « Y-en a qui manquent pas d’air quand même. Pour intimer l’ordre d’aller voir ailleurs, on dit : “vous embrayez derrière le FN”. Ben voyons. Si Le Pen dit qu’il pleut alors qu’il pleut faudrait dire qu’il fait soleil ? »
    – Lorsque Le Pen dit qu’il pleut, c’est pour préciser qu’il pleut des ratons, des pédès, des crypto-communistes collectivistes, des tueurs d’enfants, des nègres, des gouines – jamais de l’eau… Dingue, non ?

    Citation 3 : « On peut de même être d’EXTREME DROITE et dire des choses intelligentes, ou JUSTES. Ce n’est pas parce qu’une parole provient des moutons noirs de la classe politique que celle-ci n’a aucune VALEUR. »
    – OXYMORE(S) !

    Sur l’affaire FM, je ne dis rien – et pourtant elle me trouble sévèrement. Comme un piège foutrement séduisant et foutrement bien… agencé ? Pas par le FN, petite main s’il en est. Non, par l’air du temps qui (voir les réaction à la photo de Brook Shield) est en ce moment très au « retour des repères et des valeurs ». N’ai-je pas lu des « La censure, c’était pas si mal » ? Et un piège dont l’objectif n’est pas le poste ou la peau de FM (j’y pense avec crainte – et les chiens de l’oncle sont à mon esprit même si je ne pense pas que là il s’agissent des journalistes) mais bien d’autre chose. Un modèle de société, peut-être…

    La peur et le rêve d’un monde « parfait » qui n’a jamais existé, voilà les pavés de l’enfer.

    Commentaire par Zenonlp — 11/10/2009 @ 22:30

  35. Mauvaise pioche avec « les chiens de l’oncle ». Par cette formule visant les journalistes, l’oncle se défaussait du lâchage du malheureux Bérégovoy par lui et les siens.
    Par ailleurs, vous ne répondez à rien.
    Je vous invite à lire ce texte d’un journaliste de « Têtu », qu’on ne peut pas soupçonner d’être un partisan du retour à l’ordre moral, et qui n’apprécie pas vraiment la façon dont Mitterrand se pose en victime de l’homophobie.
    http://didierlestrade.blogspot.com/2009/10/le-chapitre-11.html

    Commentaire par Gilbert — 11/10/2009 @ 23:34

  36. Je ne vous suis pas, Aliocha, quand vous vous offusquez que l’on analyse les faits et gestes (et mots) de nos (animaux) politiques.

    D’une part, le procédé n’est pas franchement nouveau, et Coluche s’en moquait déjà il y a plus de 30 ans dans son sketch sur les journalistes « et puis y’a la télé ».

    D’autre part, comme certains commentaires l’ont rappelé, être Ministre, c’est aussi incarner une certaine « exemplarité », même si on sait, avec l’accumulation d’affaires (sorties par de « vrais » journalistes) que nos « politiques » sont loin d’être des saints … et sont parfois champions en Busiris. Mais là je vous rejoins sur la question de la pertinence des nominations dans l’actuel gouvernement.

    Enfin et surtout, comment pourrait-il en être autrement avec la « peopolisation » intensive de nos « politiques ».
    Il y a 40 ans, c’était les faits et gestes de Jhonny Haliday qui faisaient la couverture de Paris Match.
    Aujourd’hui ce sont ceux de Rachida, de Nicolas, de Carla et maintenant de Frédéric …

    PS : dans le genre « acte manqué », il faut aller regarder et surtout écouter François HOLLANDE parler de « François » M au lieu de « Frédéric » M …

    Aliocha : question exemplarité, il est possible que nous assistions à un glissement de l’exemplarité des forces, vers celle des faiblesses. En d’autres termes, que les politiques jouent sur la corde de la faiblesse humaine, ce qui n’est sans doute que le prolongement d’une certaine forme de populisme qui les a poussé à vouloir montrer qu’ils étaient « comme tout le monde ». Je ne suis pas certaine d’apprécier cette évolution, qui va d’ailleurs de pair avec la pipolisation, mais bon…Je ne dis absolument pas que nous n’avons pas de légitimité à observer leur comportement, bien au contraire. Simplement, je crois préférable de s’appuyer sur des faits et non pas sur des analyses de texte que je trouve aussi grotesques qu’inutiles, surtout quand elles portent sur des soupçons de sentiments racistes, antisémites ou de moeurs que rien de factuel ne vient étayer. Si l’on admet que la presse a pour rôle de nourrir le débat démocratique,alors elle doit le nourrir bien pour que la démocratie soit saine. Et le nourrir bien c’est lui livrer des faits vérifiés, pas des rumeurs.

    Commentaire par Yves D — 12/10/2009 @ 02:01

  37. Gilbert:
    « Par ailleurs, vous ne répondez à rien » me dites-vous.
    En effet, oui, je ne donne aucune réponse puisqu’il semble, des sujets le plus insignifiants aux plus graves, que cela soit l’un des impératifs actuels : avoir un avis sur tout et le donner à tous, avec ce que cela implique de simplifications et de réduction façon sondage express. « Portable au collège : Pour ou contre ? »; « Dernier Tarantino : Chef-d’oeuvre ou grosse daube ? », « Affaire FM : Pour ou contre ? ». « Vous n’êtes pas pour, c’est donc que vous êtes contre, non ? Ah, vous êtes contre… Vous ne seriez pas un peu pour le tourisme sexuel ?… Et en faveur de toutes déviances – dès lors que les victimes sont mineurs bien entendu, comme par hasard… Quoique, après 18 ans, cela reste pas très reluisant, c’est pas vraiment naturel, hein ?!… Et la décadence de ceux qui nous gouvernent : Pour ou contre ? »
    Mais pardon, je m’égare sans doûte puisque je ne réponds toujours à rien – pas sûr.

    Commentaire par Zenonlp — 12/10/2009 @ 09:03

  38. Vous ne donnez pas de réponses, mais vous suggérez fortement, ça revient au même. La question de l’âge et de l’ordre moral, j’ai bien compris (j’ai connu l’époque du Corral, ça vous dira peut-être quelque chose…) Je ne mes suis pas aventuré sur ce terrain, vous en conviendrez. Je sais très bien ce que les culs bénis de toute espèce retiennent de ce genre d’affaire. Ça laisse néanmoins de la place à d’autres interrogations, il me semble. La question du pouvoir, des élites auto-proclamées, de la répression sans concession à l’encontre de certaines catégories de population… répression qui n’empêche pas que ceux qui sont du côté du bâton voudraient l’impunité pour eux-mêmes ou leurs proches… Il y a tout ça aussi derrière ces affaires.

    Commentaire par Gilbert — 12/10/2009 @ 11:54

  39. Manque d’éthique en politique : attention au retour de bâton
    voir http://www.rue89.com/2009/10/12/le-manque-dethique-en-politique-attention-au-retour-de-baton

    Commentaire par Morne Butor — 12/10/2009 @ 15:11

  40. La campagne contre l' »élection » de Jean Sarkozy à l’EPAD était-elle de l’inquisition, est-elle un lynchage (médiatique)?
    Je ne le crois pas.
    A condition de ne pas mettre en avance son défaut supposé de compétence.
    A condition de ne pas de le viser, lui.
    Je crois légitime de s’élever contre la manoeuvre et contre la complaisance de ceux qui s’y prêtent.
    S’il est le candidat du Conseil général des Hauts de Seine au poste d’administrateur de l’Epad, c’est parce qu’il est fils de.
    Si le Conseil d’administration de l’Epad l’élit à sa présidence, ce sera parce qu’il est fils de.
    Cela est hautement critiquable.
    Ce n’est ni inquisition, ni lynchage que de dire que c’est critiquable, que c’est contraire au principe d’égalité.

    Aliocha : là nous avons en effet un vrai sujet. Ne vous méprenez pas, je ne suis ni contre l’indignation, ni contre la dénonciation des scandales. Bien au contraire. Il arrive que la presse et maintenant le oueb fassent mal, le tout est que ce « mal » soit proportionné, nécessaire, justifié. D’ailleurs, contrairement à nombre de mes confrères, je ne me suis jamais indignée du traitement infligé à Julien Dray par la presse car il y avait des faits tangibles à son encontre. En l’espèce, il ne s’agit pas de se demander si telle phrase écrite ou prononcée peut avoir un sens contestable mais de discuter de la nomination à un poste sensible d’un garçon dont rien ne démontre, à part son ascendance, les compétences pour occuper un tel poste. C’est un vrai sujet sur lequel nous avons des éléments pour raisonner et de vraies raisons de s’inquiéter.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 13/10/2009 @ 17:02

  41. « A condition de ne pas mettre en avance son défaut supposé de compétence ».

    C’est vrai que les « fils de » sont toujours naturellement compétents. Le fils Lagardère, même génie que son père. Le fils Dassault, idem. Le fils Bouygues itou. C’est fou, la génétique ! La preuve, le fils du boucher de mon quartier n’a pas hérité du gêne qui lui permettrait de diriger une multinationale.

    Aliocha : « Qu’avez vous fait pour tant de bien ? Vous vous êtes donné la peine de naître » 😉 Beaumarchais (comme chacun sait).

    Commentaire par Gilbert — 13/10/2009 @ 17:39

  42. @ gilbert

    « A condition de ne pas mettre en avant (pas « en avance », lapsus plumae) son défaut supposé de compétence. »

    Je ce que jai voulu dire par là et je le maintiens c’est que je ne sais rien sur ses compétences et qu’elles n’ont rien à faire en l’affaire. Serait-il un pur génie qu’il n’aurait pas sa place à la tête de l’Epad, place-clef au sein du fief de son père. Celui-ci, s’il avait, un tant soit peu, le sens de l’Etat, de la République et des principes qui les fondent, aurait dissuadé son fils, aussi compétent soit-il, d’occuper un tel poste (et d’ailleurs il ne se serait pas taillé un tel fief…). Il semble bien que ce soit tout le contraire, qu’il ait tout fait pour qu’il l’occupe, y compris nommé ailleurs son actuel titulaire.

    IL tout de même curieux que celui-là même qui prétend avoir mis fin aux magouilles de la Vème République se livre en faveur de son fils à une telle magouille. Et il est tout de même curieux de constater que toutes les complicités nécessaires sont, semble-t-il, au rendez-vous pour que la magouille soit menée à son terme.

    Mais il est vrai qu’on se scandalise tellement facilement de tout et de n’impote quoi que, quand il y a une vrai raison de protester, les arguments passent et s’envolent, égratignant à peine ceux qu’ils devraient ramener sur le droit chemin.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 13/10/2009 @ 19:23

  43. Il me semble que concernant Hortefeux, c’est plus la politique qu’il représente qui est mise en cause, que l’homme lui-même. Sa « petite phrase » est un symbole, pour les opposants à la politique intérieure de l’UMP, de ce qu’ils dénoncent dans cette politique.

    Dans le cas de Péan et de Mitterand (neveu), les polémiques ressemblent plus à des attaques ad hominem destinées à décrédibiliser leurs propos. Aussi peu pertinentes qu’elles soient (surtout dans le cas de Péan), cela évite à Kouchner de répondre sur le fond, et ruine par avance tout ce que pourrait dire le ministre de la culture sur HADOPI 3 notamment.

    Commentaire par Rom1 — 14/10/2009 @ 18:12

  44. Bonsoir Aliocha

    je n’ai pas eu le temps de lire tous les commentaires aussi vous me pardonnerez si l’info qui suit a été donnée

    saviez vous que le syndicat France Police a saisi le procureur de la république pour F.Mitterrand
    je suis entièrement d’accord avec cette démarche

    Par ailleurs je pensais que vous auriez eu une plume acérée pour dénoncer les propos de F.Mitterrand qui a dit à claude Sérillon que la parole d’un ministre valait mieux que celle d’un journaliste
    personnellement j’ai été tres tres choquée de cette outrecuidance royale de notre ministre de la culture!

    Commentaire par artemis — 14/10/2009 @ 22:46


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