La Plume d'Aliocha

29/09/2009

Une certaine vision du web…

Filed under: questions d'avenir — laplumedaliocha @ 14:08

Un article de Jean-François Copé, publié sur Slate, ranime la polémique sur Internet et le droit.  C’est ici. Je manque malheureusement de temps aujourd’hui pour vous parler d’un livre passionnant que je suis en train de terminer sur ce sujet. Mais c’est peut-être une bonne chose au fond, car c’est l’occasion de vous le faire découvrir autrement. L’auteur mystère dont je parle a été largement critiqué sur Internet ces derniers temps. On a dit de lui, un peu vite à mon sens, qu’il ne comprenait rien à Internet. Si je vous dis son nom, une partie d’entre vous froncera le nez et passera son chemin. Ce serait dommage. Histoire de faire sauter un préjugé que je trouve injuste (comme la plupart des préjugés d’ailleurs), voici un extrait de son livre :

« Si Internet est le symbole des technologies de l’information, ce qui lui donne sens, c’est la recherche d’une autre communication : les internautes cherchent avant tout, finalement, à créer d’autres rapports humains, d’autres solidarités. C’est l’autre plus que jamais qui est à l’horizon. Un océan d’informations, certes, mais surtout avec toujours la même question : comment entrer plus facilement, librement et authentiquement en relation avec quelqu’un ? Internet, l’empereur des systèmes d’information retrouve l’éternelle question de la communication humaine : « y-a-t-il quelque part quelqu’un qui m’aime ? ». Et les réseaux sociaux comme Facebook ne sont que la version moderne du Chasseur français, avec toutes les recherches de lien affectif et social. Le mot « réseaux sociaux » veut d’ailleurs tout dire. Au-delà des réseaux, c’est le social, c’est-à-dire l’humain qui prime. Comment se rencontrer plus facilement ? Avec un rêve d’égalité, visible dans le « peer to peer » : on se cherche et l’on est égaux. Du web aux blogs, aux twitters et aux multiples réseaux, c’est toujours la quête d’une autre communication humaine, plus libre et authentique. C’est aussi, il faut bien le dire, un remède contre la solitude. Cette solitude rampante, terrible dans les milieux urbains où toutes les structures sociales et familiales ont éclaté suscitant, à juste titre, le besoin de construire de nouveaux liens communautaires. Internet, un moyen de lutte contre cette nouvelle réalité : libres, mais seuls. Un outil à la mesure de générations plus généreuses qu’on ne croit, qui, sous le ciel actuellement bien bas des utopies politiques, cherchent d’autres relations, avec humour et ironie, comme pour essayer de naviguer dans les chausses-trappes et impasses de l’histoire ».

N’est-ce pas une description juste d’Internet ? Eh bien voyez-vous ce texte est signé de….Et puis non, je vous laisse deviner. L’anonymat a ceci d’intéressant qu’il évite les jugements hâtifs sur la seule foi de ce qu’on croit savoir d’une personnalité célèbre. Dans les jours à venir, je vous parlerai de son livre (enfin, si mes rédacteurs en chef me lachent un peu !)

 

Mise à jour 15h10 : Tocquevil ayant trouvé la réponse, je rends à l’auteur la paternité de son texte, il s’agit de Dominique Wolton. Le livre est : « Informer n’est pas communiquer » CNRS Editions 2009 – 6 euros.

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9 commentaires »

  1. Alain F. ?
    Pas lu le livre, mais la description de l’auteur est trop précise.

    Aliocha : non, ce n’est pas lui 😉

    Commentaire par OuvreBoîte — 29/09/2009 @ 14:18

  2. Cela me semble assez juste mais le passage sur la « solitude des grandes villes » fait un peu cliché, non?

    Aliocha : j’ai un peu tiqué aussi là-dessus, ne serait-ce que parce que la solitude ne me semble pas l’apanage de la ville.

    Commentaire par Mussipont — 29/09/2009 @ 14:22

  3. Bon, c’est Dominique Wolton, non ?

    Aliocha : Gagné ! C’est un extrait d’un tout petit ouvrage qui vient de sortir aux éditions CNRS intitulé « Informer n’est pas communiquer ». Je l’ai acheté juste après la polémique Hortefeux parce que je trouvais que ce qu’il disait là-dessus n’était pas idiot. Et en effet, je trouve son approche humaniste intéressante. De même que sa critique de l’idéologie technologique qui consiste à croire que la technologie a le pouvoir de construire un monde meilleur. Il pose à mon sens la bonne question : plus communiquer, est-ce mieux communiquer ? Pas sûr…sauf si on accepte d’y réfléchir et de remettre l’homme au coeur du système.

    Commentaire par Tocquevil — 29/09/2009 @ 14:57

  4. Wolton a été un des rares intellectuels médiatiques à risquer une opinion dissidente sur l’affaire Hortefeux. Il a bien sûr fallu que Le Monde – tout à son exploitation du buzz qu’il a lui même créé – lui ferme son clapet, avec une argumentation (« logorrhée ») dont la bassesse m’a fait bondir.
    http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/21/journalisme-poubelle-par-gerard-courtois_1243018_3232.html

    Commentaire par Tocquevil — 29/09/2009 @ 15:08

  5. Heu non. Pas assez célèbre le Wolton. Alors VGE ? C’est grâce à Meetic que le Président rencontre la Princesse, non ?

    Commentaire par Tocquevil — 29/09/2009 @ 15:13

  6. Ah, si finalement…

    Commentaire par Tocquevil — 29/09/2009 @ 15:15

  7. Bonjour d’Aliocha la plume,

    je ne connais pas Wolton, ce qui m’évite de le cataloguer a priori.
    Je trouve son analyse très juste et je partage votre synthèse qui la qualifie « d’humaniste ».
    Le désir de l’être humain reste effectivement toujours le même : être reconnu / aimé / écouté / … cochez ce qui vous plaît, les termes ne s’excluant d’ailleurs pas.

    Souvenez-vous comme la télépathie peut faire rêver les enfants : savoir ce que pense l’autre c’est pouvoir connaître son sentiment sur soi, déchiffrer sans décodeur aléatoire appelé « communication » l’amour ou la haine qu’il est susceptible de vous manifester.
    Pourquoi donc Internet me fait-il penser à la télépathie alors qu’a priori il n’y a pas de liens entre les deux phénomènes, je ne sais pas, mais je fais ce lien…
    Peut-être parce qu’au-delà du pouvoir démesuré et grisant de la télépathie qui peut se comparer au pouvoir illusoire d’Internet, c’est là encore de la recherche de « l’autre » qu’il est question.

    La solitude des grandes villes n’est pas un cliché, elle est une réalité à laquelle on peut échapper mais elle n’est jamais loin de vous, d’autant plus scandaleuse qu’elle se cache derrière une vie trépidante (autre cliché ?).

    Et puis j’aime que Wolton mette une majuscule à Internet.

    Commentaire par omicron — 29/09/2009 @ 19:09

  8. « Si Internet est le symbole des technologies de l’information, ce qui lui donne sens, c’est la recherche d’une autre communication : les internautes cherchent avant tout, finalement, à créer d’autres rapports humains, d’autres solidarités. »

    D’après l’auteur, avant les blogs et les réseaux sociaux, tout deux très récents, Internet n’avait pas de sens ? Les millions d’utilisateurs qui y étaient y erraient sans but depuis plus de 40 ans peut-être ?

    Commentaire par evim — 01/10/2009 @ 19:46

  9. Bon, ils n’étaient pas des millions dès les années 60 non plus. Mais ça a vite augmenté.

    Commentaire par evim — 01/10/2009 @ 19:48


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