La Plume d'Aliocha

24/09/2009

Ah! Qu’il est beau le Figaro

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 10:55

J’ai acheté le Figaro, si, si. Et je me suis dit en le faisant, que si j’étais bien en peine de jurer que c’était la première fois, on ne devait pas en être loin tout de même.  Ce qui ne veut pas dire que je ne l’ai jamais lu dans un hôtel, un avion, une salle d’attente, une rédaction, bref là où il était à disposition gratuitement. Mais acheté, vraiment, comme on achète son quotidien préféré afin de s’informer, non, en tout cas je ne m’en souviens pas.

Une vraie réussite technique

Du coup, pour vous dire un mot de la nouvelle formule, j’ai dû enquêter un peu autour de moi, auprès des spécialistes de la presse pour avoir un avis éclairé. Qu’il est beau m’ont-ils déclaré en coeur ! Non, je ne vis pas dans un repaire de sarkozistes, rassurez-vous. Et leur émerveillement n’est pas idéologique mais technique. Format berlinois (il l’était déjà presque, le rétrécissement est infime), entièrement en « quadri » y compris les petites annonces, maquette claire et bien organisée, belle typo même si certains yeux fatigués la trouvent un peu pale (c’est la chasse qui est en cause, disent-ils, autrement dit la largeur du caractère), illustrations remarquables. Je dois dire qu’ils ont raison. Sans compter qu’il répond à mes propres obsessions, à savoir des articles de dimension respectable et non pas des brèves avec de grandes photos. Mon seul regret est qu’il cède à la mode des cahiers. J’ai horreur de tenir un journal en morceaux. Je comprends souvent mal le découpage, je me perds dans les cahiers, quand ce ne sont pas eux qui se perdent en m’échappant des mains dans le métro. Mais bon, il faut croire qu’il y a une logique marketing et éditoriale qui m’échappe dans ce saucissonnage que pratique également Les Echos.

Il ne tache plus les doigts !

Mais j’allais oublier la principale nouveauté, que dis-je la Révolution : Le Figaro nouvelle formule ne tache plus les doigts. Il utilise en effet le procédé dit « waterless ». J’ai fait quelques petites recherches, d’où il ressort que ce procédé, inventé en 1977 et utilisé dès les années 90 au Japon, a tardé à se répandre dans le reste du monde. Il fallait, semble-t-il, que l’encre soit disponible mais aussi les rotatives adaptées. Sans compter qu’il est cher, dit-on. Le waterless a donc été longtemps réservé aux impressions nécessitant une grande qualité car il offre « une très bonne qualité d’impression avec peu d’engraissement du point, un bon contraste, de fortes densités, des détails dans les tons clairs ou dans les ombres, ou encore un excellent registre des couleurs ».

Notons enfin que Le Figaro a glissé une petite plume dans le F de son nom. Un clin d’oeil pour signifier qu’il continue de croire dans l’imprimé.

Voilà, il y a toujours moins à dire quand on félicite que lorsqu’on critique. Le plus drôle, c’est qu’en allant flâner hier chez le marchand de journaux pour acheter Bakchich, j’ai hésité entre Le Monde et Le Figaro et hop, j’ai embarqué Le Figaro. Vous me direz, il y avait une enquête sur les contrôleurs aériens en Une qui m’intéressait (très intéressante d’ailleurs), mais tout de même. C’est qu’il me plairait presque le nouveau Figaro. Tenez, au passage, j’ai aussi jeté mon dévolu sur la revue Beaux-Arts et son hors-série consacré à l’exposition du Louvre « Titien, Tintoret, Véronèse…rivalités à Venise ». Voilà encore un bien beau journal qui a la bonne idée de sortir l’art des musées pour parler aussi de mode, d’architecture, de livres etc. Le lire est toujours un voyage agréable. Le sommaire du dernier numéro est ici si vous voulez vous faire une idée.

Connaissez-vous les formats des journaux ?

Toujours sur un petit air de flânerie mais cette fois sur le web, je songeais en entendant parler mes très savants amis sur Le Figaro, qu’il était temps de m’infliger un petit cours de rattrappage sur les formats des journaux. Du coup je le partage avec vous. Le Figaro et Le Monde sont désormais en format berlinois, nous dit-on. Soit, mais encore ? Petit cours de vocabulaire donc. Et merci à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, dont le site est ici.

– Le grand format (dites broadsheet, c’est plus chic)  578×410 mm : c’est celui de l’Equipe

– Le Belge 520×365 : Le Progrès

– Le Berlinois 470×320 : Le Monde, la Tribune, Les Echos, le Figaro

– Le tabloïd 410×290 : Libération, Le Parisien

– Le demi-tabloïd 290×210 : 20 minutes, Direct matin

Oui, vous avez deviné, les formats de journaux rétrécissent. Question de coûts, mais aussi de confort pour le lecteur. On dit même que l’Equipe ambitionnerait de rétrécir. Tout fout le camp !

Note : Voyez ce papier de l’Express qui fait le point (jeu de mot involontaire) sur les nouvelles formules actuelles de la presse.

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