La Plume d'Aliocha

21/09/2009

Un mauvais procès sur un vrai sujet

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 12:55

Il y a un peu plus d’une semaine éclatait l’affaire Hortefeux. Je sais, vous en avez assez, mais comme elle continue d’être commentée et que je continue de n’être pas d’accord avec ce que lis, j’y reviens. Si vous passez votre chemin, je ne vous en voudrais pas. Revenez demain, on parlera sans doute d’autre chose. De la nouvelle formule du Figaro par exemple, aujourd’hui en kiosque, ou de celle de Libé, qui mérite aussi un petit bilan.

Toujours est-il que l’affaire Hortefeux nous a rallumé la sale petite guerre entre le web et le reste du monde. Au coeur de ce débat collatéral ? Internet est-il ou non en cause dans cette affaire ?

Souvenez-vous, dès que la vidéo a commencé de circuler, les critiques ont fusé. Copée par exemple, qui a pointé la responsabilité du web. Et puis Wolton qui a mis en garde contre le populisme. Et d’autres depuis qui n’ont cessé de surenchérir…

Les professionnels d’Internet ont eu beau jeu alors de les renvoyer dans les cordes :

– c’est une vidéo tournée par des journaliste,

– publiée par des (enfin, d’autres) journalistes,

dans ces conditions, elle est où la responsabilité d’Internet qui soi-disant se complet dans la rumeur, le non-vérifié et les vidéos volées ?

Ils ont raison, bien entendu, mes amis du web de corriger les préjugés faciles et les erreurs qu’ils engendrent. Je ne suis pas certaine en revanche de les suivre quand ils disent qu’Internet est étranger à l’affaire et que toutes les critiques qui ont surgi sur ce terrain sont stupides.

Dernier en date à se faire tailler un short à ce sujet, Alain Duhamel qui a eu l’imprudence de publier chez libé une tribune sur l’affaire.  Du coup, même l’excellent Koz le contredit en qualifiant son combat d’arrière-garde et il n’est pas le seul. Si @si reconnaît qu’il y des réflexions pertinentes dans ce papier, le site souligne aussi que Duhamel en son temps fut victime d’un buzz (à propos de son engagement personnel en faveur de Bayrou lors des présidentielles) et que c’est sans doute pour cela qu’il a une dent contre le web. C’est ici. Plus simplement, peut-être a-t-il appris ce que d’autres sauraient s’ils étaient  moins crispés dès que surgit un débat autour d’Internet, hors de la sphère de celui-ci s’entend. Car ce n’est pas le moindre des paradoxes que les mêmes propos tenus sur le web soient, au choix, entendus ou conspués selon qu’ils émanent d’un adoubé du web ou d’un étranger. Un indice de plus, s’il en était besoin, que cette guerre est moins un affrontement sur le fond qu’une querelle épidermique entre Anciens et Modernes. 

On a une mauvaise perception des choses quand on est susceptible. Or, je trouve mes amis du web bien susceptibles et bien allergiques à la critique, eux qui pourtant ne se dispensent jamais de lancer des flèches assassines.

Mais voyons donc ce que nous dit Duhamel d’aussi stupide et affreux sur le web.

« En l’occurrence, il ne s’agissait ni d’une équipe d’amateurs, ni d’images volées. Très souvent, qu’il s’agisse d’un fait divers, d’un accident, d’une rixe, d’une bavure, d’une catastrophe naturelle, du propos d’un politique, d’un artiste, d’un policier ou d’un quidam, un témoin se trouve là, à sa fenêtre, à la table d’à côté ou dans sa voiture. Il enregistre et il diffuse. Il n’y a plus de geste sans image, de phrase sans son ».

Qui pourrait soutenir le contraire. On peut, au choix, s’en féliciter ou s’en inquiéter, mais on ne peut nier cette réalité.

« Dès que la photo, la séquence ou la boutade se retrouve sur Internet, c’est aussitôt la fièvre, la théâtralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique. La mince cloison entre vie privée et vie publique s’est effondrée. La technologie permet à chacun de se métamorphoser en reporter d’un instant. La vidéo se rue sur Internet et déferle sur l’information, sans réflexion, sans recul et sans frein. C’est de l’information sauvage, du journalisme barbare, de la traque totale. Cela vise et touche indifféremment coupables et innocents, politiques et citoyens ».

Je trouve, personnellement, que sa description des phénomènes de fièvre sur Internet est assez bien vue. Quand à son inquiétude sur la vie privée, elle n’est rien d’autre que celle qui anime la CNIL. Il n’y a que les internautes pour ne pas vouloir l’entendre cette mise en garde là, en tout cas pas lorsqu’elle vient de l’extérieur.

Et Duhamel d’ajouter :

« Nous n’en sommes qu’au début mais déjà tout est joué : le mobile photographe couplé avec la vidéo reporter assurent le despotisme de la transparence. L’œil inquisitorial et l’oreille chasseresse sont partout. On se plaint des caméras de surveillance mais elles ne sont que la partie visible et infinitésimale d’une toile qui menace la liberté de tous. Avec l’association du mobile et de la vidéo, il n’y a plus d’innocents ni de sphère privée. Chacun est surveillé ».

C’est un peu vrai, vous ne trouvez pas ?

« Comme avec la télévision classique mais dix fois plus encore qu’elle, la vidéo fonctionne à l’instantanéité, à l’émotivité et à l’irrationel. Elle traque l’instant présent pour le projeter sur les écrans universels. Cela signifie que tout est virtuellement public, que tout est brut puisque la rapidité prime sur la vérification des sources, sur le commentaire d’accompagnement, sur le recul le plus élémentaire.
Bien sûr, lorsqu’il s’agit de sites professionnels, animés par des journalistes de métier, les risques diminuent, les inconvénients se relativisent. Encore les exemples ne manquent-ils pas de dérapages par précipitation. Il y a plus : les vidéos d’amateurs, celles des citoyens reporters, remportent des succès étroitement proportionnels à leurs transgressions. Plus on choque, plus on gagne. Plus on surprend (généralement en mal), plus on marque de points. Plus l’on dévoile, plus l’on démythifie, plus l’on déconsidère et plus l’on triomphe.
Il y a là, dès que ne s’exerce aucune règle professionnelle, une pente irrépressible vers la délation, vers la calomnie ou vers l’injure. Déjà, sur les sites, le simple mail fait sauter la plupart des barrières de la courtoisie ou de la mesure. La vidéo dispose évidemment d’une puissance incomparable. Comme la télévision mais sans aucune norme acceptée, elle joue des sentiments, de l’amplification, de la contagion ».

Savez-vous ce qui m’interpelle le plus dans ces observations ? Retirez le mot Internet et remplacez-le par « presse » ou « journalistes » ou bien encore « médias », et vous conviendrez sans doute avec moi que toutes les critiques que l’on porte à internet sont exactement les mêmes que l’on inflige aux journalistes depuis qu’ils existent. Précipitation, approximation, populisme, goût du scandale, violation de la vie privée. N’est-ce pas que c’est intéressant ? Mais alors, pourquoi les dinosaures des « médias traditionnels » s’insurgent-ils contre des méthodes et surtout des travers qui sont aussi les leurs ? Jalousie, ignorance, angoisse d’un monde sur le point de disparaître, répondent en coeur mes amis du web. Peut-être, mais alors expliquez-moi pourquoi des journalistes aguerris du web, comme Elisabeth Lévy de Causeur ou Philippe Cohen de Marianne2, ont pris le risque fou d’émettre eux-mêmes des réserves sur l’intérêt de cette vidéo et plus encore de s’inquiéter des proportions que prenaient cette affaire ?

L’affaire Hortefeux est bel et bien liée au web

Moi je pense au fond, et c’est là que je voulais en venir, que les professionnels des médias s’inquiètent, en tant que spécialistes de la communication, des évolutions du web et qu’ils ont raison de poser des questions. Parce que du haut de leur histoire qui compte plusieurs siècles, les gens de presse connaissent les dangers qui émaillent le chemin de celui qui entend s’exprimer en direction d’un public. Parce qu’ils ont commis bien des erreurs et qu’ils en mesurent le prix.Parce que ce sont ces erreurs qui ont permis de bâtir les règles du métier de journaliste et de définir les principes de l’éthique journalistique. Et parce qu’en bougeant les lignes, Internet pose nécessairement la question de l’évolution de ces règles. Dire cela, ce n’est pas nécessairement stigmatiser Internet, mais simplement s’interroger sur une nouvelle forme de journalisme et de communication.

Imaginons  un instant que le même épisode ait eu lieu avant le web. Il aurait donné quoi ? Certainement pas 2 minutes de reportage au 20h car les journalistes se seraient concentrés sur l’information essentielle : le nombre de participants, un extrait de discours et hop, emballé c’est pesé. Une brève dans le Canard ? Mais qui s’en serait ému ? Le journal satirique nous en balance tellement chaque semaine de ces petites horreurs de la politique qu’on en est gavés. Retirez à ce document sa forme de vidéo « off » et vous le privez de sa dimension émotionnelle évoquée par Duhamel. Vous lui retirez son petit côté « trou de la serrure » si appétissant. Confiés-là à des médias traditionnels, et ils se demanderont immédiatement si la chose est suffisamment sérieuse et édifiante pour être montrée. Sur ce point, Internet ne peut tout à la fois invoquer son rôle émancipateur vis à vis de la presse et nier le fait que cette diffusion relève de sa spécificité, du rôle social qu’il entend jouer. Sans compter l’effet « buzz » qui lui est très particulier.

Non vraiment, la diffusion de cette vidéo et le scandale qu’elle a déclenché sont bien liés au web.  Par conséquent, la question de l’utilisation du web, non pas seulement en général mais aussi d’un point de vue journalistique, est bel et bien posée. Et les mises en garde des uns et des autres prennent alors un réel intérêt, fussent-elles douloureuses à entendre ou maladroitement exprimées.

Il leur manque peut-être seulement une chose pour être fructueuses, une petite phrase anodine qui dirait à peu près ceci : toute personne communiquant en direction d’un public, quelque soit le média utilisé, est confrontée aux mêmes tentations, aux mêmes impératifs et aux mêmes risques. En cela, le web n’est pas différent des autres médias. Simplement il est neuf et doit accepter de réfléchir sur lui-même. Ce d’autant plus qu’il a tendance à considérer que sa vocation consiste à s’émanciper des règles des vieux médias, à construire un eldorado démocratique affranchi des anciennes erreurs, crispations, mensonges et collusions de ceux qui l’ont précédé. Cette définition par simple opposition est un peu courte, je trouve. Il y a du complexe oedipien chez cet adolescent turbulent, rêveur et rebelle qu’est le web. C’est pour cela sans doute que toutes les critiques et mises en garde venant de la vieille garde lui paraissent nulles et non avenues. Quel dommage. Si effectivement le web a la capacité de libérer la presse et d’émanciper la démocratie, ce que je crois, il ne pourra faire l’économie d’une réflexion sur ses méthodes. En cela, il a beaucoup à enseigner aux « Anciens » mais presque autant à apprendre d’eux.

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39 commentaires »

  1. Sans rentrer dans la discussion sur le conflit web/papier, ou les Anciens contre les Modernes (à vrai dire, j’ai du mal à vous suivre dans cette lutte permanente que vous menez contre certains de vos « amis du web » : non pas que je pense que vous ayez tort, mais juste que je trouve que vous y revenez souvent, plus que ce qui m’intéresse strictement — mais là n’est pas le fond de mon commentaire, de toute façon vous êtes chez vous et publiez ce que vous voulez), sans rentrer dans cette discussion donc, certains paragraphes m’incitent à tenter une ré-écriture amusante (mes modifications entre crochets) :

    « Imaginons un instant que le même épisode ait eu lieu avant [la presse papier libre et abondante]. Il aurait donné quoi ? Certainement pas [un article dans le journal officiel du pouvoir] car les journalistes se seraient concentrés sur l’information essentielle : le nombre de participants, un extrait de discours et hop, emballé c’est pesé. [Un bruit de couloir dans les soirées en ville] ? Mais qui s’en serait ému ? [Les gens du monde] nous en balance[nt] tellement chaque semaine de ces petites horreurs de la politique qu’on en est gavés. »

    Ce que je veux dire par là, c’est que ce genre de petites phrases marche sur le web parce qu’on n’y est pas habitué. Des turpitudes de nos politiques (ou autres personnalités publiques), personne ne s’en étonne, soit par désabusement soit par réalisme sur la nature humaine (on sait bien que tout le monde commet parfois des impairs). Ce qui fait parler, c’est d’avoir la vidéo, l’enregistrement, ce qu’on n’avait pas avant. Mais fondamentalement, rien de bien différent de la brève du Canard. Et on pourrait tout autant reprendre et adapter de la même manière à la généralisation de la presse écrite l’extrait de Duhamel que vous citez :

    « Nous n’en sommes qu’au début mais déjà tout est joué : [les contacts de n’importe qui avec un journaliste] assurent le despotisme de la transparence. L’œil inquisitorial et l’oreille chasseresse sont partout. […] Avec l’association du [grand nombre de journaux prêts à publier des brèves] et de la [tendance naturelle de chacun à écouter et voir ce qui se passe autour de lui et à aimer le raconter], il n’y a plus d’innocents ni de sphère privée. Chacun est surveillé”.

    Je crois que pour les ministres qui se retrouvent toutes les semaines dans les brèves du Canard, il doit être difficile de ne pas souscrire à cette conclusion, et ce depuis bien avant l’existence du web.

    Alors on s’est habitué petit à petit à ne plus porter de grande attention aux brèves du Canard. De la même manière, je crois qu’on s’habituera à ne pas porter trop d’attention à ce genre de vidéos. Elles circuleront sur internet, oui. On les regardera sans doute. Mais on les oubliera aussi vite. Et la polémique ne se développera pas plus que lorsque le Canard écrit une brève (cad que de temps en temps, oui, ça fera du bruit, mais la plupart du temps, il y aura un démenti de l’intéressé et puis c’est tout).

    Au final, je crois (ou du moins je veux croire, peut-être suis-je trop optimiste…) que ces problèmes n’en sont pas vraiment, et ne sont en fait que les symptômes de la difficile transition d’un support à un autre, mais ne changent fondamentalement pas grand chose au rapport du public avec les personnalités publiques, et vice-versa.

    Commentaire par Rémi — 21/09/2009 @ 13:30

  2. Heureusement, la police de l’Essonne a tout prévu : la prochaine fois, il faudra juste leur envoyer la video pour que des poursuites soient engagées 😉

    Commentaire par Kharkov — 21/09/2009 @ 13:41

  3.  » Avec l’association du mobile et de la vidéo, il n’y a plus d’innocents ni de sphère privée. Chacun est surveillé”.
    De souvenir, les scandales ou autres buzz liés à des vidéos de personnalités politiques n’ont pour le moment pas été prises dans des sphères privées : Hortefeux était en déplacement comme ministre de l’Intérieur (entre « amis », peut-être, mais en public tout de même), Duhamel était à un meeting, Sarkozy s’apprêtait à passer à la télévision, Ségolène Royal parlait au micro, etc.

    Je n’ai encore vu passer aucune vidéo prise dans un salon, où tel élu ou ministre s’exprimait dans l’intimité d’une soirée entre amis. J’ai peut-être raté qqchose, cela dit !

    Commentaire par Novice — 21/09/2009 @ 13:48

  4. Je crois que la caractéristique principale du web, c’est qu’on décide quand on rend un contenu disponible mais pas quand on le retire de la circulation. Ca casse le petit cercle des médias qui décident quel est le « sujet » du jour, et ça évite en partie la zapping de l’info que vous nous avez imposé pendant des années.

    Commentaire par Paul — 21/09/2009 @ 13:51

  5. Dans ce combat un peu étrange il ne faut pas oublier que « Internet », le « web », ce ne sont pas que les blogs ou les non-journalistes, ce sont aussi les journaux traditionnels et les journalistes. C’est juste un nouveau support que tous utilisent. Or j’ai un peu l’impression que quand on dit « Internet » ce sont les blogueurs qui se sentent attaqués…

    Commentaire par polluxe — 21/09/2009 @ 14:07

  6. Je suggère à chacune et chacun d’examiner froidement, mais avec la passion de l’équité, ce qui se prépare aux USA sur la déclaration – et la mise en application – prochaine de la « net neutrality ». Toutes querelles sur le « web » devraient être examinées avec cette remarquable objectivité et profondeur de vues.

    Commentaire par Bassoon — 21/09/2009 @ 14:20

  7. Oups, complément au commentaire n°6 : http://www.wired.com/epicenter/2009/09/fcc-expected-to-announce-support-of-net-neutrality-monday/

    Commentaire par Bassoon — 21/09/2009 @ 14:22

  8. bonjour,

    le web transforme effectivement en polémique des scènes que les médias plus traditionnels auraient ignorés mais est-ce pour autant forcement une faute ?

    Vous semblez partir du présupposé que les « vrais journalistes des médias traditionnels » savent ce qui mérite d’être rapporté ou non. Cette assertion est malheureusement fausse et vicie la quasi totalité du raisonnement ultérieur.

    Aliocha : alors je me suis mal fait comprendre. Je dis qu’ils ont l’expérience et que leur parole est moins imbécile qu’on le laisse penser. Rien de plus. L’affaire de la fille de Mitterrand montre s’il en était besoin que parfois ils se plantent en se taisant. Outreau ou Baudis, qu’ils se plantent aussi quand ils parlent. Mais précisément, ces accidents ne sont pas l’apanage des vieux médias mais de toute personne informant le public. En offrant à tous la possibilité d’informer le public, on démultiplie les risques et on augmente d’autant la nécessité d’être prudent et de réfléchir.

    Ce qui mérite d’être rapporté est ce qui fait l’actualité ou ce qui l’explique (les faits et leur contexte), en cela il semble que le caractère au mieux bof et au pire raciste (là n’est « plus » le sujet alors que ça aurait du le rester) du type qui commande les forces de police en France (quelques 130 000 personnes tout de même) mérite d’intéresser un peu.

    Aliocha : nous sommes d’accord. La question ensuite est comment ? En buzzant sur une phrase saisie au vol ? Pas sûr.

    De plus ce n’est pas le commentaire d’un homme écouté le dimanche midi depuis la fenêtre alors qu’il prend son 5eme apéro avec sa femme et son beau-frère mais la réflexion faite en public d’un homme politique en fonction et en représentation. Et c’est peut-être d’ailleurs le plus dérangeant de cette vidéo, que ce ne soit pas une vidéo volée, car ce qui est acceptable dans l’intimité et à la condition d’une très grande largesse d’esprit, ne l’est plus lorsque le propos devient officiel.

    Aliocha : stricto sensu, un propos officiel d’un politique, c’est une déclaration officielle qui l’engage en direction du public. Exempe, « je vais faire ceci » ou j’ai la conviction de cela ». Un mot au vol dans une conversation avec des personnes déterminées, sur le ton de la blague potache, fut-elle de mauvais goût, c’est moins sûr.

    Le vrai scandale n’est pas que le web permette de monter en épingle les propos d’un ministre, le scandale est que les médias traditionnels n’en ait, eux, ni la capacité ni le courage du fait des besoin financiers que leur simple existence implique et qui les met aux ordres sinon du pouvoir, du moins de l’audimat.

    Aliocha : jolie caricature. Question dictature de l’audimat, comme vous dites, Internet se pose là. Surtout quand le public réclame la tête d’un journaliste, séance tenante, parce qu’il dit des choses qui ne lui plaisent pas. Les sites d’information sont mille fois plus à la merci de l’audimat parce qu’ils sont financièrement bien plus fragiles.

    « Une brève dans le Canard ? Mais qui s’en serait ému ? Le journal satirique nous en balance tellement chaque semaine de ces petites horreurs de la politique qu’on en est gavés. »

    Effectivement certains canards sortent ces dépêches mais noyées dans la masse elles ne sont pas remarquées, c’est à porter au crédit du net que de permettre d’en extraire certaines par la seule force de l’inertie d’une foule. Par contre je ne pense pas que nous en soyons gavés, c’est toujours le problème du traditionnel, il est impossible (ou au moins très difficile) d’avoir un retour sur ce qui est publié. A contrario, le web fournit de lui même un retour, ce retour est intrinsèque à son fonctionnement et est fortement biaisé (on a coutume de dire que seuls les râleurs s’expriment, la majorité restant silencieuse) on ne peut nier que c’est un retour, au même titre qu’une manif (qui, elle pourtant, sera perçue comme légitime, alors que de la même façon seuls les insatisfaits manifestent, l’inverse s’il doit arriver un jour ne débutera surement pas en France)

    Oui le net est un nouveau médium qui n’est pas forcement au fait de sa maturité journalistique mais ce serait un tort que de l’acculer seul au mur. Il n’aurait nullement besoin de se mettre en porte-à-faux des média traditionnels si ce n’était pour répondre à l’indigence du débat politique et l’atavisme attentiste des ces dits média.

    Aliocha : je dis que tout le monde est logé à la même enseigne et vous en déduisez que je l’accule seul au mur…Les tensions ont décidément la vie dure, de part et d’autre.

    Commentaire par Karam — 21/09/2009 @ 14:30

  9. J’ai toujours trouve que les reactions de Cope (sans -e), de Guaino et autres etaient le point de debat crucial dans cette affaire Hortefeux (voir mes commentaires au post sur Hortefeux de le semaine derniere). Malheureusement il a fallu attendre que la soupe refroidisse pour qu’on y arrive.

    Sur Duhamel:
    – 2eme paragraphe « la mince cloison entre vie privee et vie publique s’est effondree », si l’on parle toujours de la video d’Hortefeux, j’aimerai que l’on m’explique en quoi cela tient de la « vie privee ». L’universite d’ete de l’UMP est ouverte a tous (il faut s’encarter, certes mais c’est ouvert aux journalistes)et les propos d’Hortefeux s’adressaient a un public (je ne pense pas que les militants que l’on voit sur la video font partis du cercle prive d’Hortefeux et que des cameras se sont introduit dans son espace prive), pour moi c’est de la vie publique. Duhamel nous fait de l’exercice rhetorique. Une photo de Brice Hortefeux en slip dans sa propriete prive? C’est une intrusion dans sa vie privee. relayer ses propos a une universite d’ete? il me semble que c’est sa vie publique. Par contre, je suis d’accord avec Duhamel sur le fait que tout le monde peut alimenter Internet de ses reportages, que c’est de l’information sauvage. Par contre oser parler ensuite de « journalisme », c’est serait donner trop de credits aux reporters amateurs. Le seul site a ma connaissance qui soit regulierement alimente de reportages amateurs est lepost.fr qui tient plus d’une tribune bordelique d’un site tenu par des journalistes.

    -3eme paragraphe, « chacun est surveille ». Pour les cameras de surveillance je vois qui nous surveille, les forces de l’ordre, les agences de securite etc. Pour ce qui est de l’Internet je me demande bien qui surveille quoi. Duhamel s’inquiete qu’une grande partie des Francais « surveillent » les faits et gestes des politiques? Eh bien? Est-ce trop de democratie que le « controle » visuel du peuple sur ses dirigeants? Il y a debat. A partir du moment ou on ne peut definir avec precision « celui » qui surveille, il me semble difficile de denoncer une surveillance, encore une fois je ne vois que rhetorique. Je pense que ce meme argument rhetorique aurait pu etre utilise pour denoncer la tv, a la difference que ce media etait controle avant d’etre confie a une poignee d’elus (les chaines), contrairement a l’Internet, vaste terrain vague de l’information. Je pense qu’une certaine generation est effraye par un media qu’ils ne comprennent ni ne controlent. Les « dir com » ont besoin d’un update sur comment soumettre Internet a ses plans com, c’est tout. Puisqu’on comprend pas, qu’on ne dompte pas, on denonce et on demande une regulation, pour asseoir son controle sans se compliquer la vie a en saisir les particularites. Un parallele avec Hadopi peut etre fait.

    – sur les trois derniers paragraphes, Duhamel fait honneur aux « sites professionnels ». Il me semble que l’affaire Hortefeux n’aurait pas pris une telle tournure si ces « sites professionnels » n’avaient pas relaye l’info. Il me semble qu’une majorite des internautes s’informent sur nos grands sites d’information: lemonde.fr, lefigaro.fr, liberation.fr et que seulement une minorite s’informe via les blogs, les sites moins en vue ou les sites d’information « communautaire » (du genre lepost.fr). De plus les debats ont ete largement relayes, voire alimentes, par ces « sites professionnels » (ex: l’interview d’Azouz Begag par lemonde.fr, le recolement des avis de Rama Yade, Fadela Amara et autres…si ce n’est pas alimenter le debat ca…)

    Aliocha, je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous annoncez que l’affaire Hortefeux est bien liee au web. Je pense que c’est une information brute nee sur le web et catalysee par les medias traditionnels via leur plateforme web et presse/tele/radio. La responsabilite est partagee.

    Plusieurs contre-exemples, l’affaire Desirsdavenir.com n’a pas eu la duree de vie de l’affaire Hortefeux moins scandaleuse certes, mais egalement moins relayee par les medias traditionnels (traitement moins long, moins d’articles, de debats…), et finalement ce ne sont plus que les internautes (en particuliers les geeks) qui continuent a se fendre la poire dessus (dont moi. j’adore cette affaire).

    L’affaire des insultes de Rachida Dati a l’encontre d’un depute europeen UMP. L’info est apparue sur le net (lepost.fr il me semble), puis relayee mollement par les medias traditionnels, puis le buzz a fait pschit en l’espace de quelques jours. Pourtant Dati s’etait debrouillee pour faire parler d’elle: interview radio et autres. Une question pourrait etre posee: pourquoi cette derniere info n’a pas donne lieu a un debat (il y avait matiere pourtant: comment marche le parlement europeen? comment les deputes travaillent? est-ce qu’elle s’interesse a l’assemblee nationale? Il y a quand meme des ressemblances avec l’affaire Hortefeux: c’est une attaque ad hominem, propos juges scandaleux, une certaine violence morale dans les propos etc. On pourrait objecter que Dati n’ait pas ete filmee, les propos ayant ete « rapportes », par des responsables politiques. Peut-etre que la video est plus vendeuse. A mediter. Si ca se trouve sans la video rien ne serait arrive pour Hortefeux, les mots plaisent moins que le son et l’image, puis la video c’est plus facile a relaye a la tele…

    Commentaire par Bobby — 21/09/2009 @ 14:39

  10. J’ai eu connaissance de « l’épisode Hortefeux » non pas sur le web, mais en suivant un flash d’information télévisé. La question qui se pose est de savoir si ce qui a motivé l’intérêt du journaliste de télé (ou de l’équipe rédactionnelle) est le sujet lui-même (les propos de Brice Horetefeux) ou le buzz qui en a découlé. Si je me souviens bien, ce sont plutôt les propos du ministre qui étaient au centre du reportage et non pas sur ses répercutions dans la sphère internet.

    De manière plus générale, vous qui relevez de la presse écrite, remarquez-vous des différences significatives de traitement de l’information entre presse écrite et presse audio-télé ?

    Commentaire par Maraudeur — 21/09/2009 @ 14:40

  11. Un mauvais diagnostic sur une vraie maladie

    Duhamel, qui aurait mieux fait de tourner sa plume sept fois dans son encrier le jour où il a écrit cet éditorial, se tire une balle dans le pied dès le troisième phase (la première que vous avez citée, « En l’occurrence… »). Dénoncer le risque des « équipes d’amateurs » en s’appuyant sur l’histoire d’une vidéo tournée par des journalistes professionnels ; s’insurger contre la présence constante de cameras personnelles et autres téléphones (« Très souvent », des généralités sans éléments précis) en s’appuyant sur la production de journalistes au milieu d’une foule dans un évènement politique, c’est pas à « internet » ou « au web » que l’on s’attaque, c’est aux bases de la logique.
    L’amalgame entre les moyens de prises de vues, dont l’évolution technologique n’a rien à voir avec le développement d’internet, et les moyens de diffusion donne à cet éditorial la tournure d’un propos de comptoir sur le mal de la modernité et le bon temps de jadis (certes bien écrit, c’est du Duhamel).
    Je ne vais pas tirer davantage sur l’ambulance, l’éditioraliste à le droit à l’erreur, sinon à l’oubli.

    L' »affaire Hortefeux », comme naguère en son temps l’affaire « casse toi pov’con » est davantage un débat interne à la population des journalistes, qu’un rapport de la société à un acteur inexistant, « le web ». A chaque fois on voit surgir un débat sur les « videos d’amateur », qui n’ont que peu d’écho, alors qu’il s’agit de video réalisées par des professionnels. C’est relativement rassurant pour l’avenir du journalisme : leur production a manifestement plus de poids que celle du quidam moyen, leur légimité est tout de même valorisée, et ils savent toujours saisir l’instant et le porter au regard du public rapidement. On voit ici à l’oeuvre une utilisation de moyens de diffusion alternatifs contre un contrôle hiérarchique de l’information. Les journalistes de base, contre les mandarins des rédactions qui passent à l’éteignoir, dans un environnement fait et de soupçons récurrents de connivence, de sympathies personnelles et de servilité face au pouvoir politique, des propos gênants. Une réaction de défiance de certains journalistes par rapport à leurs chefs, et l’instrumentalisation d’un outil dans une relation de pouvoir. C’est donc le lien de confiance qui doit exister entre le journaliste d’un média constitué et sa rédaction en chef qui est question ici, et dans ce sens c’est une question interne au fonctionnement du journalisme ; en se focalisant sur internet on passe à côté du sujet.

    Sur la diffusion massive de cette vidéo sur internet, on observe une perte de pouvoir des gros médias dans leur maîtrise de l' »agenda médiatique » ; pour autant leur rôle ne devient pas inexistant, la mise en perspective, dont ils font tout un foin quand on les titille, les intéresseraient moins que le filtrage de ce qui doit ou ne pas être vu du public ? La montée en mayonnaise de cette séquence n’est ni anodine, ni illégitime. Hortefeux est un symbole de la politique du gouvernement dans le domaine de la gestion des flux migratoires et de la sécurité. Une politique au contenu fortement clivant, dont le but principal est un effet d’affichage à destination d’une fraction de l’électorat, et dont les conséquences humaines sont peu supportables pour une autre partie, plus large, de la société. Hortefeux c’est aussi l’un des promoteurs de la videosurveillance, qui ne dérange pas les gens qui « n’ont rien à se reprocher ». Je veux bien croire que la blague douteuse de Brice était plus significative d’un relâchement que d’un racisme latent, mais son écho n’est pas la conséquence d’un effet de foule, d’une montée de populisme ou que sais-je encore : il est passé à la caisse à cause de son ardoise, le public ne s’est pas peut-être pas montré aussi con que la communication politique du gouvernement et quelques zélés relais voudraient nous le faire avaler.

    Dans tout cela, la CNIL et la protection de la vie privée, est une vraie préoccupation, mais qui n’a rien à voir avec cette affaire. La CNIL n’est pas là pour protéger les politiques de leurs sorties de routes en public, la sphère privée de Brice Hortefeux n’a même pas été effleurée dans cette histoire. Le manque d’éducation, voire l’indifférence, d’un nombre considérable d’usagers de services en ligne pour la protection de leurs données personnelles est consternant. Mais on est loin du journalisme.

    Commentaire par OuvreBoîte — 21/09/2009 @ 14:45

  12. OuvreBoite -> entierement d’accord avec vous.

    Commentaire par Bobby — 21/09/2009 @ 15:05

  13. Le web permet à tout le monde de s’exprimer, et ça a des avantages comme des inconvénients.

    Les inconvénients, c’est bien sûr la violence de certaines réactions. Je pense aux « quatorze ans d’age mental » qui insultent tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, protégés (ou ils le croient) par l’anonymat. Ça a toujours été, et il faudra certainement un temps pour qu’on apprenne à apprivoiser et à réduire le phénomène (un système comme celui de rue89, où les commentaires les mieux notés sont mis en avant, me semble une première approximation de la solution).

    Le fait que des affaires de moindre importance soient mises en avant est aussi parmi les inconvénients (je vous rejoins sur le fait que cette vidéo a provoqué plus de polémique qu’elle n’en méritait).

    Néanmoins, encore une fois, cette vidéo aurait-elle été autant mise en avant sur le web si la chaîne parlementaire n’avait pas choisi de la censurer ? Cette même chaîne aurait-elle d’ailleurs censuré la vidéo si le même propos était venu d’une personnalité qui ne soit pas proche du pouvoir comme l’est Hortefeux ? Peut-être que cette lamentable plaisanterie aurait été immédiatement diffusée si elle avait été prononcée par Bayrou, Royal, Aubry, le pen ou tout autre politique de « l’opposition » ?

    Je vais passer pour un théoriste du complot, mais on peut difficilement nier que les médias traditionnels donnent majoritairement la parole à la majorité actuelle (et à Nicolas Sarkozy en particulier). Les sceptiques pourront taper « temps de parole du président » dans leur moteur de recherche préféré pour s’en convaincre.
    Je pense aussi à la suppression d’émissions comme « Arrêt sur images » de la télévision publique, sous prétextes divers et variés. C’est aussi parce que les médias traditionnels s’autocensurent et sont de plus en plus complaisants avec le pouvoir (à quelques rares exceptions près) que ce genre de vidéos fait un buzz. C’est une sorte de réaction immunitaire naturelle à la censure que de chercher des médias réellement indépendants.

    Je pense à l’impasse faite (par exemple) sur la vidéo de Nicolas Sarkozy « bourré » au G8. Sans le net, combien en auraient entendu parler ? Après, je ne dis pas que cette réaction immunitaire ne soit pas excessive par moments, mais réfléchissons à ça: le buzz aurait-il été aussi fort sur le net si la chaîne parlementaire avait diffusé cette vidéo immédiatement, avec une interview de Brice Hortefeux immédiatement après ? Imaginons qu’il ait été immédiatement interviewé à ce sujet, et qu’il avait répondu « Bon écoutez, j’ai sorti une blague de beauf, je présente mes excuses, j’aurais mieux fait de me taire ». Pensez-vous qu’il y aurait eu la « nécessité » du buzz dans ce cas ? Non évidemment. Oh il aurait certes subi des critiques (méritées à mon goût), mais rien de comparable à ce qui a eu lieu…

    Commentaire par jor — 21/09/2009 @ 15:46

  14. @ jor

    « la violence de certaines reactions » n’est ni nouvelle, ni inherente au web. Elle a toujours existe. Le web est juste une nouvelle tribune, c’est un Cafe du Commerce informatique. Le fiel etait auparavant deverse autour d’un pastic/suze/demi et meme pommerol entre quelques connaissances, desormais il est deverse electroniquement. Avant il fallait se rendre au bar, croise des copains pour debattre joyeusement, aujourd’hui en deux clics vous pouvez exprimer vos theories sur toutes les questions de l’univers (je m’etonne toujours des personnes arrivant a polemiquer avec virulence sur des news comme « decouverte d’une nouvelle planete » ou « le bas-nylon se portera cet hiver ». Il me semble que la seule facon d’apprivoiser ou de reduire le phenomene de facon radicale est la censure (elle peut etre totale – eg la fermeture des commentaires – comme partielle – eg les troll detectors et les moderateurs). Le systeme de Rue89 apparait comme un paliatif interessant, a creuser.

    Commentaire par Bobby — 21/09/2009 @ 16:27

  15. Bon, d’accord, je suis « excellent ». Ca, c’est bien vu, et je ne te critiquerai pas sur ce point. En revanche, je me permets d’ajouter mon grain de sel : je suis loin d’être un « prophète du web » ou, comme je l’écris dans mon billet, un « ravi ». Il suffit de remonter à mon billet de la semaine d’avant pour voir que j’ai bien conscience des effets de meute, sur le web.

    Mais je trouve que le discours de Duhamel tourne dans le vide : sur quels faits concrets se base-t-il pour dénoncer ces dangers ? Moi-même, je suis méfiant. Mais il ne suffit pas d’invoquer un danger théorique. Or, en pratique, et malgré une succession de campagnes électorales, on ne peut pas dire que le danger se soit concrétisé. Finalement, à part lui, qui a été piégé par des caméras cachés, par des vidéos de portable ? Michaelski le décrit avec humour : les vidéos qui ont fait du bruit ne sont jamais sorties directement du Net. Et je ne suis pas d’accord pour faire le distingo entre la rédaction web et la rédaction papier : quand leparisien.fr publie la vidéo du « casse-toi pauvre con », ce n’est pas sans l’accord de la rédaction papier, de même pour Hortefeux.

    Un Denis Olivennes tombe à bras raccourci sur le web, se défaussant gentiment sur une rédaction web qui serait de moindre qualité (mais comment peut-il l’accepter, au passage ?) mais le SMS venait d’un vieux Routier, et le Nouvel Obs papier s’est livré à des bidonnages manifestes. Et en a-t-on entendu parler parce que ces infos étaient intéressantes, ou parce qu’elles étaient transgressives ? En quoi est-ce vraiment une originalité du web ?

    Après, c’est vrai, l’esprit de polémique m’agace parfois dans le « milieu web ». C’est aussi par volonté de sortir de la masse. Chacun tente de faire croire qu’il a débusqué quelque chose d’énorme. Mais ça aussi, est-ce vraiment webien ?

    Aliocha : je reconnais bien là votre redoutable sagacité cher Koz. En effet, Duhamel parle d’un danger virtuel, et moi aussi par conséquent. Quoique. Pour moi, un ministre en difficulté sur la base d’une vidéo comme celle-là, ça me parait un vrai problème. Qu’importe. S’il n’est pas admissible de condamner le web sur de vagues soupçons de dérapages actuels ou à venir, je ne vois pas en revanche ce qui empêche de réfléchir, observer et débattre sur ce nouveau média en prenant comme point de départ cette affaire. En ce sens, les arguments de Duhamel sont insuffisants pour faire le procès d’Internet, mais tout à fait pertinents pour s’interroger sur l’utilisation de ce nouveau média par les journalistes et plus généralement par les internautes. La réflexion éthique s’arrête-t-elle aux portes du web ? Celui-ci est-il si vertueux qu’il puisse s’en dispenser ? Ou bien faut-il attendre que surgisse une catastrophe pour s’en préoccuper ?

    Commentaire par koz — 21/09/2009 @ 16:33

  16. @ Bobby:

    Euh oui, je me rends compte que je laisse entendre dans mon précédent commentaire que la violence de ces réactions a été inventé par le web, ce qui n’était pas vraiment mon intention…
    Ce que je voulais dire, c’est que par comparaison avec les médias traditionnels, le web étant plus permissif (moins de censure, par définition), les propos de monsieur tout le monde peuvent donc y être publiés. Et quand Monsieur Toutlemonde déversait sa bile au café du coin, ses propos bileux avaient forcément une diffusion plus limitée que quand il commente sur un site assez lu.

    Le problème de la censure dans sa forme actuelle (que ce soit à la télé, ou la modération sur un blog par exemple), c’est qu’elle est réalisée par un groupe restreint de personnes, le blogueur, le rédac chec, les modérateurs… On risque peut-être de se retrouver à terme avec un problème similaire à celui qu’on a avec les médias traditionnels, et l’outil de censure concentré dans un nombre très limité de mains.
    L’avantage du système de rue89, c’est que ce sont les commentateurs eux mêmes, donc les lecteurs, qui définissent ce qui est pertinent ou pas. Je ne dis pas que c’est parfait, mais je pense que ce genre de piste est à creuser, d’autant plus que la masse d’informations et de commentaires va atteindre un point où il deviendra difficile à une poignée de personnes de séparer le commentaire constructif du troll potentiel.

    Commentaire par jor — 21/09/2009 @ 17:37

  17. @Aliocha sous 8

    j’aurais aimé approuvé toutes vos remarques

    mais bon
    1/ oui évidemment alors. Si tel était votre propos, je m’y range bien volontiers

    2/ là je ne vous suis plus. Ce n’est pas internet en lui même qui crée le buzz. Le buzz est crée par l’ « audimat » (j’emploie ce mot à dessein) qui entend parler de ce contenu, le reprend, le repartage parce qu’il juge qu’il mérite et sa propre attention et celle de ses connaissances. Il est bien évident qu’une enquête étayée et documentée aurait été préférable à une petite phrase. Mais si la phrase fait un tel buzz c’est justement que l’enquête a manqué pour informer avant.

    Aliocha : Je crois que si, Internet crée le buzz. Cette réception-diffusion immédiate d’une info au sein d’une communauté interactive qui se constitue spontanément et s’auto-alimente est très spécifique à Internet. Elle dépasse de loin en terme de capacité de mobilisation et de vitesse de réaction une discussion au café du commerce ou même une manifestation de rue. Quant à l’audimat ll n’est qu’une addition virtuelle de telespectateurs qui ne communiquent pas entre eux et n’ont pas d’action directe sur l’objet de leur attention. Le buzz à mon sens n’est ni bon, ni mauvais en soi. Tout dépend de ce qu’on en fait. Or, les médias naturellement enclins à rechercher l’adhesion du public pour des questions économiques, risquent, sur Internet plus qu’ailleurs d’être tentés par le buzz, pas toujours à bon escient. Et pas seulement eux d’ailleurs…C’est cela que je trouve intéressant à observer.

    3/ au sens strict, je serais plutôt amené à penser qu’une déclaration officielle d’un homme politique est une déclaration qu’il fait dans l’exercice de sa fonction et dans des circonstances qui ne sont pas privées, sinon pourquoi certains du fait de leur fonction républicaine seraient-ils tenu à un devoir de réserve ? (peut-être est-ce la une remarque naïve mais il me semble que cela participe du même phénomène)

    Aliocha : c’est possible, même si je ne partage pas votre avis. D’où l’intérêt de poser cette question : y-at-il une frontière et si oui, où se situe-t-elle ? Plus généralement, c’est la question que les médias connaissent par coeur : peut-on tout publier ? Le public leur reproche tout à la fois d’aller trop loin dans certains cas, et de leur cacher des choses importantes dans d’autres circonstances. Il me semble qu’Internet ramène cette question au premier plan en apportant ses réponses, parfois différentes des médias traditionnels. Intéressant débat, non ?

    4/ je maintiens que les médias traditionnels sont plus enclins à céder à la pression et ce pour deux raison : une plus grande dépendance aux reponses/interview/prises d’images directes (cf l’interview de Kouchner mi-août)et puis,
    si ils ont effectivement la même dictature du « public » les médias traditionnels ont aussi une pression coté annonceur, chose que n’ont pas encore les sites internet du fait du caractère balbutiant de la publicité sur ce support. Effectivement la fragilité des sites est plus grande mais leur besoins sont moindre. (tout ça pour dire que je suis à moitié d’accord mais que je ne sais pas comment l’exprimer clairement … même pas dans ma tête)

    Aliocha : je crois que la dépendance lecteurs, annonceurs, actionnaires, et « puissants » existe dans les deux types de médias mais à des degrés différents. Celle du public sur le web ne me semble pas préférable à celle des autres ailleurs. Elle pose les mêmes problèmes d’indépendance morale et économique. Remplacer la vieille collusion élitiste par une dérive populiste ne me parait pas forcément être un progrès. Je ne dis pas que c’est le cas, je dis juste que c’est un risque.

    5/ La répétition des articles sur ce même sujet m’avait mené à penser le contraire. Au temps pour moi

    Aliocha : pas de problème, je sais que le sujet est sensible. Par ailleurs, vos observations, même si nous ne sommes pas entièrement d’accord permettent un débat comme je les aime où chacun fait réfléchir l’autre.
    Bonsoir.

    Commentaire par Karam — 21/09/2009 @ 18:18

  18. Bonjour Aliocha,

    Je vous lis toujours avec intérêt et j’aime bien les interrogations que vous posez car elles me forcent à réfléchir sur des points que d’ordinaire je balaye de la main.

    Mais en définitive, je me pose ici la question « So, what? »

    Oui, internet est un vaste système de publication anarchiste, avec des ilots de zenitude, des lieux de rencontre, des grandes gueules, des professionnels du journalisme, des pro de la communication, etc.

    Oui, les journalistes doivent y planter leurs drapeaux et y développer leurs savoir-faire.

    Oui, c’est un far-west qu’il faut civiliser.

    Oui, oui, oui, mais comment?
    Par la censure?
    Par la traque, comme avec l’hadopi?
    Par l’exemple?

    Quelles sont vos solutions, vos voies d’exploration?

    Aliocha : oups, je n’ai pas la prétention d’avoir une solution géniale et douce pour « apprivoiser » le web. Observer, réfléchir, débattre, surmonter les querelles stériles, partager les expériences, c’est déjà un grand pas. Et puis j’ai la faiblesse de croire, jusqu’à un certain point, à l’auto-régulation.

    Commentaire par Zythom — 21/09/2009 @ 18:23

  19. Moui, j’ai tendance à rejoindre Zythom, ici.

    Je crois que vous êtes victime d’un effet loupe, après avoir ingurgité jusqu’à la nausée les commentaires imbéciles qui foisonnent sur les sites internet issus de la presse.

    Je ne lis jamais les coms sous les articles de presse, pour la bonne et simple raison qu’ils sont le plus souvent, en effet, atterrants de sottise condensée (je reste courtoise). C’est moins souvent le cas sur les blogs si je ne me fie qu’à mon expérience. De sorte que j’ai l’impression d’une répartition d’internautes qui s’effectue pragmatiquement : ceux qui sont intéressés à la discussion et qui vont sur une sélection de blogs (sélection qui leur est personnelle, bien entendu) et ceux dont vous parliez dans votre précédent billet, que je ne qualifierai pas de commentateurs (non pas que ce soit particulièrement un titre de gloire, mais parce qu’ils me semblent que ces deux catégories d’internautes n’ont pas la même activité sur la toile, et qu’il est donc légitime de les qualifier différemment), appelons-les la Réaction.

    (L’avantage de ce terme est qu’il désigne moins la personne que son action, ce que je trouve en l’espèce charitablement bienv(en)u).

    Donc d’un côté, la Réaction – qui réagit. Elle vilipende, médit, se gausse et émet des stupidités soit gentiment banales et sans intérêt, soit odieusement incorrectes et toujours sans intérêt.

    De l’autre, des commentateurs qui discutent, même si le ton peut monter.

    En fait, votre crainte va dans le sens d’une question précise : quels effets peut-on attendre IRL de ce que l’on pourrait sans trop exagérer qualifier de laisser aller dans la gestion de la Réaction par les éditeurs du web.

    Eh bien, je suis peut-être une indécrottable optimiste, mais très franchement, je ne crois pas qu’il y ait grand chose à en attendre, ou à en craindre a priori, du moins sur des sujets ponctuels, à court ou moyen terme.

    Ça fait un moment que l’on a pas vu didier specq par ici, mais je me souviens avoir lu sous sa plume (il y a un moment) une remarque que j’avais trouvé intéressante, à propos d’Outreau. Beaucoup de professionnels de la justice (moi y compris) ont toujours pensé que si le JLD de l’époque n’avait pas ordonné toutes les détentions provisoires qu’il avait ordonné, ou s’il y avait mis fin plus tôt (pour les innocentés, obviously), la Réaction se serait déchaînée – dit en termes plus juridiques, l’ordre public en aurait été gravement perturbé.

    Or, votre confrère septentrional avait noté qu’il n’en pensait rien, tirant d’ailleurs argument de quelques remises en liberté anticipées, qui n’avaient déchaîné aucune passion négative particulière chez les piliers de café du commerce.

    Pas de rassemblements de foules en colère, pas de jets d’oeufs, d’insultes ou de quolibets – une relative indifférence.

    Vous pourriez m’opposer craindre désormais l’effet d’une Réaction plus violemment déchaînée, dans un contexte informatico-social plus propice. C’est une possibilité. L’autre possibilité est qu’il y a loin de la Réaction à l’action (surtout violente) – et c’est priori l’idée pour laquelle je penche pour le moment.

    La Réaction, désordonnée, brutale, inarticulée, est également « désactivée » par son support.

    L’effet « foule en colère » est donné par l’accumulation des messages, mais précisément, il n’y a pas de foule. Seuls les messages s’agglutinent, pas les personnes. Je pense que cela fait une sacrée différence – en terme de passage à l’acte.

    Maintenant, une autre question se pose, que vous soulevez plus ou moins : faut-il craindre un effet plus silencieux, plus insidieux, une sorte d’effet de rétroaction sociale, où l’impression que l’on a que « tout le monde pense que machin devrait démissionner » ou que « tout le monde pense que truc devrait porter plainte » ou que « tout le monde pense que bidule devrait aller se faire foutre » amènera des personnes initialement plus neutres, ou sans opinion, à s’accorder par mimétisme à cette doxa virtuelle et (surtout) supposée.

    C’est en cela que j’ai trouvé fascinante, et très moderne, la décision de Mohamed VI de faire saisir le numéro du Monde publiant un sondage le plébiscitant. Parce que je me suis dit que c’était sûrement exactement la question qu’il s’était posé lui-même, à savoir : faut-il tendre ce miroir à la la population, celui qui lui permettra de se dire : « nous sommes tous majoritairement d’accord pour penser que… » et de se poser la question qui suit : « et donc maintenant (sous-entendu : maintenant qu’on est tous majoritairement d’accord), qu’est-ce qu’on fait ? ».

    Aliocha : s’il ne s’agissait que des commentaires sur les blogs ou les sites de presse, je vous rejoindrais Fantômette. Et je rejoindrais par la même occasion aussi les pires détracteurs du web en considérant que tout ceci est parfaitement dénué d’intérêt. Les chiens hurlent, la caravane passe. (Au passage, je vous rejoins sur le caractère désactivant de la polémique webesque et sur son caractère en outre virtuel). Seulement voilà, j’ai foi dans l’avenir d’Internet par conséquent je ne sous-estime pas ce qui s’y passe ni ce qu’il est amené à devenir. Hortefeux n’a pas été poussé à la démission ? Dont acte. Nous avons assisté néanmoins à un psychodrame politique qui ne s’est pas limité à la sphère Internet. Un psychodrame qui laissera en outre des traces chez tous ceux qui en ont été les acteurs. Bien sûr, personne n’a envie de pleurer sur le sort du ministre, pas même moi, mais on ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé. Faut-il attendre l’équivalent d’une affaire Outreau pour se demander si on peut tout diffuser sur le web ? Pour s’interroger sur les mécanismes qui alimentent les buzz ? Pour aller enquêter sur les techniques de marketing viral utilisées à droite comme à gauche par des militants politiques qui ont fort bien aperçu la capacité de mobilisation mais aussi d’intoxication qu’offrait le web ? Pour que la presse s’interroge sur l’éthique de ce nouvel outil compte-tenu des possibilités qu’il offre ? Pour qu’on se demande si la consommation d’information sur le web ne modifie pas la production de l’information et par là-même le type d’information qu’on y trouve et donc au bout du bout la vie démocratique ? On pourrait appeler cela « l’information responsable », c’est d’ailleurs le titre d’un ouvrage de Jean-Luc Martin Lagardette sur l’éthique journalistique. Au fond, je serais même tentée de vous dire que les conséquences pratiques des dangers évoqués, que Koz au-dessus souligne ne pas avoir aperçues, importent peu et que la question de principe se pose de toutes façons. Mais ça, c’est peut-être mon petit côté kantien. Toujours est-il que la question, « qu’est-ce que je peux publier ou pas », se pose régulièrement pour les journalistes et qu’il n’est pas étonnant que certains d’entre eux continuent de se la poser vis à vis du web, c’est même salutaire.

    Commentaire par Fantômette — 21/09/2009 @ 19:12

  20. @ Fantômette

    Personnellement, je tique un peu sur votre qualificatif de « Réaction », historiquement connoté et qui laisse donc entendre que le bataillon des « bilieux » se recruterait des les seules droite et extrême-droite.

    Il y a également du grave-lourd de l’autre côté de l’échiquier politique, les uns et les autres participant à mon sens du même blot.

    @ Aliocha

    Les propos d’Alain Duhamel me semblent peu démonstratifs, en ce qu’ils confondent présent et futur (sans doute proche).

    Mais je vous suis dans l’idée que, même si aucune solution toute faite ne s’impose à ce jour, il convient de s’interroger dès à présent et rester attentif à l’évolution d’un « buzzing libre » dégagé de toutes contrainte, déontologique et juridique. Y’a du dégat dans l’air, pour des gens ayant le cuir moins tanné que celui des politiques.

    En revanche, et pour revenir sur un de vos précédents billets connexe, je n’éprouve pas de « nausée » à l’égard des « bilieux » susmentionnés :-).

    D’abord car je déplore l’inflation du sens des mots :-). On raque beaucoup sur le web. Vomir des mots et vomir à leur lecture n’aboutit en pratique qu’à envahir la toile d’un dégueulis généralisé. Il est des colocations forcées où il convient aux plus sages de passer stoïquement la serpillère.

    Ensuite car excréter des mots soulage et peut éviter un passage à l’acte. On peut certes considérer, à l’inverse, que l’expression d’une haine est susceptible d’avoir un effet désinhibiteur et d’entraînement. Sans pouvoir m’appuyer sur une étude sérieuse, je n’ai pas le sentiment que l’inconvénient soit supérieur à l’avantage.

    Enfin parce qu’à tout prendre, il est utile de savoir ce que certains de nos frères humains pensent, même sans culture et avec la capacité de raisonnement d’un trilobite…

    Aliocha : certes, Goloubchik, deux observations toutefois. D’abord, en tant que professionnelle de l’écrit, je suis assez …comment dire, interpellée, par l’inconscience de ceux qui se répandent ainsi en commentaires orduriers. Ce sont des écrits et l’écrit, ce n’est pas l’oral, ça a plus de valeur et surtout ça reste. Ensuite, les destinataires de ces commentaires les lisent et cette lecture n’est pas anodine. J’ajoute, et ce sera la troisième observation, en prime 😉 que ça décrédibilise le web dans son ensemble et joue le jeu de ses détracteurs

    Commentaire par Goloubchik — 21/09/2009 @ 22:43

  21. Mais si, Fantômette, je suis là, caché dans l’ombre propice.

    Commentaire par didier specq — 21/09/2009 @ 23:37

  22. Euh.. Aliocha, il y a une rumeur sur le web selon laquelle ceux qui ont regardé cette nuit le Mots croisés du père Calvi sur le sujet ont droit de votre part à l’envoi d’une bouteille d’Aloxe-Corton…

    Commentaire par Goloubchik — 22/09/2009 @ 01:28

  23. Si, si, chez Calvi, c’était intéressant. Par exemple cette hypothèse que, chez Walls et Hortefeux par exemple, ces hommes politiques sont déjà en train d’utiliser le web à notre insu.

    En effet, ce sont de vrais pros qui savent que des caméras sont en marche et qui sont peut-être intéressés par la réflexion limite qui va les ancrer dans un certain électorat inquiet de la présence, trop nombreuse à son goût, des « étrangers »… La révélation un peu sulfureuse, la déclaration pas très nette, la mauvaise qualité du document, la polémique, les indignations pavloviennes du MRAP, tout cela peut accréditer une thèse chez certains électeurs tentés de voter F.N.: Walls et Hortefeux pensent comme nous…

    Aliocha : possible, on connait bien dans la presse ce parler vrai qui est en réalité une des déclinaisons de la langue de bois 😉 Mais il y avait d’autre choses intéressantes dans cette émission, je trouve. D’abord Wolton qui met en garde les médias sur le risque qu’ils courent de se décrédibiliser eux-mêmes à force de décrédibiliser les politiques (le processus me parait d’ailleurs bien amorcé et sur ce coup-là Internet n’y est pour rien). De même, ses réflexions sur le flux continu de l’information qui met l’information en péril. J’ai trouvé aussi intéressant l’aveu de Beau (Bakchich) sur le fait que l’hebdo papier à paraître demain avait demandé beaucoup plus d’exigence journalistique que le travail sur le web. Cela montre que les contraintes imposées par un média ont bien un impact sur le contenu diffusé par ce média. Quant à la presse web justement, on voit bien la faiblesse du modèle économique, quand Beau raconte qu’au mois d’aout il a compté 800 000 visiteurs pour seulement ……500 euros de pub.

    Commentaire par didier specq — 22/09/2009 @ 01:46

  24. Précision : la bouteille c’était non comme consolation du traitement (fort intéressant) du sujet par les intervenants mais comme récompense vu l’horaire inhumain de l’émission.

    Les 500 euros de pub rapportés au nombre de passages, c’est effectivement très parlant.

    L’agressivité d’Abiker envers Wolton (qui a il est vrai un peu tendance à couper la parole) m’a un peu surpris. Un vieux contentieux, sans doute.

    Commentaire par Goloubchik — 22/09/2009 @ 10:28

  25. moi aussi cette affaire me fatigue, je dois même être la seule personne au monde à ne pas être allé voir cette vidéo.

    Mais d’un autre côté j’ai aussi envi de faire état du point de vue d’Eolas. ces même politiques qui pleurent misère aujourd’hui sont les premiers à venir justifier la vidéo surveillance généralisée et l’espionage des ordinateurs de nos concitoyens par un valeureux: « si vous n’avez rien à vous reprocher, vous avez rien à craindre ».

    Au dela de ce que l’on peut penser de ce genre d’arguments dignes de la Gestapo qui ne justifient de toute façon pas en quoi qui que ce soit serai habilité à venir vérifier que j’ai effectivement rien à me reprocher, ce fait divers est un parfait exemple des dérives auxquelles peut mener très rapidement une société de surveillance.

    Et on peut dire, prétendre, raconter tout ce que l’on veut, une société de surveillance c’est pas très éloigné d’un état policier.

    Commentaire par fred — 22/09/2009 @ 10:41

  26. Un des trucs qui est rigolo à propos de tous ses foins sur Internet, repère de populistes voyeurs (assurement nazi pédophiles) c’est que tout le monde oublie qu’il n’est que le reflèt de la société qui est mise en place par le corpus en charge des affaires (économiques, politiques, juridiques et financières).

    On ne peut pas promouvoir une sociéte qui abolit l’usage de la vie privée (même en temps que quidam privé) : hadopi, lcen, fichiers hérissons stic et consorts, video-surveillance, recherche sur google pour les candidatures en entreprise, surveillance des activités bloguesques pour les réprimer et en même temps se hérisser que le simple quidam se mette à ‘surveiller’ les personnes publiques, qui parlent en public, lors de leurs activités publiques.

    Je puis bien comprendre que lorsque les A. Duhamel s’insurgent contre les vidéos ‘volées'(?) ils parlent (peut être ?) même de celle du voisin qui tond sa pelouse en maillot de bain, pourtant ces même messieurs ne sont pas nombreux à s’insurger contre toutes ses ‘lois’ qui imposent se climat délétère aux pecum vulgus.

    Il n’y a pas de petits et grands combats certes, mais il me semble un peu inadéquat de se focaliser sur les vidéos des mauvais mots de B.H. et rester coi sur la société de surveillance qui se met en place. Peut être que l’indignation est quelque chose de sélectif lorsque l’on tire avantage du système en place.

    Commentaire par herve_02 — 22/09/2009 @ 14:13

  27. Internet crée un buzz, mais là où je l’ai plus vu, c’est quand même à la télé.
    Sur internet je choisis ce qui m’intéresse, parfois je « rencontre » de nouvelles choses.
    A la TV on m’impose des informations, leur pertinence me laisse assez perplexe parfois …
    Quand au papier, j’avoue n’avoir jamais pris l’habitude de le lire …

    Mais d’après ce que j’ai compris, aujourd’hui, le circuit est internet->TV+papier.
    Il existe donc quand même des gens qui alimentent en dehors d’internet les buzz …

    Enfin comme disait Coluche à propos des vinyles médiocres qui se vendaient : « il suffirait que les gens ne les achète pas pour que ça ne se vende plus… vous n’êtes pas raisonnable non plus … » c’est dans « misère misère… »
    Ces petits scandales, s’ils se maintiennent, c’est qu’il existe une foultitude de gens pour s’en repaître.

    Je crois que le problème ne vient pas d’internet, ou des médias plus traditionnels, mais du publique en général.
    Si la plus grande partie de la population s’intéressait réellement à une information de réelle qualité, c’est ce qui se « vendrait ».
    Et à moins de considérer que le journalisme doit absolument être un service publique, éducatif, je crois que la situation n’évoluera pas vraiment.
    L’audience de blogs tels que le votre est notable, mais si on la porte à la fréquentation internet générale, on retombe je trouve dans une triste réalité …

    En tout cas merci de vos efforts, qui sont je crois très appréciés par quelques personnes …

    Commentaire par DePassage — 22/09/2009 @ 14:36

  28. @ Novice et Bobby :

    Ce que je cécèle dans une partie vos commentaires (mais peut-être me trompé-je) c’est qu’il n’existe pas de sphère dans des rassemblement comme l’université d’été de l’UMP. La sphère privée s’arrête-t-elle aux portes de son chez soi ? Quid d’une converstation téléphonique, par exemple, qui dans bien des cas est audible par l’entourage direct d’une personne ? Pour ma part, je ne suis pas certain du caractère « public » des propos d’Hortefeux. Même pour un ministre, même à l’université d’été de l’UMP, je crois qu’il existe une sphère privée qui doit être à l’abris des écoutes intempestives. Mais je parle en théorie, car Hortefeux ne pouvait ignorer les caméras, et je trouve très crédible l’hypothèsed’utilisation des médias par Valls et Hortefeux telle décrite par Didier Specq.

    Quant au buzz dû à internet, je rejoins Aliocha : internet a bien un rôle dans la taille de ce buzz. Certes il a aussi été repris en radio presse et télé, mais sous l’angle du net (une vidéo vue X fois sur internet fait parler d’elle, etc. etc.), et c’est parce que la vidéo connaissait déjà un certain succès sur internet que les autres médias ont suivis. Ces médias ne pouvaient pas ignorer ce retentissement, d’où le fait qu’ils couvrent le sujet, le faisant encore enfler un peu plus, mais le moteur reste internet, les autres sont suiveurs.

    Commentaire par gwynplaine — 22/09/2009 @ 19:06

  29. Oups : « Ce que je décèle… »

    Commentaire par gwynplaine — 22/09/2009 @ 19:23

  30. Retirez à ce document sa forme de vidéo “off” et vous le privez de sa dimension émotionnelle évoquée par Duhamel. Vous lui retirez son petit côté “trou de la serrure” si appétissant.

    Je me demande, soudain, pourquoi ce sont toujours les dérapages (réels ou supposés) qui excitent tant les gens. Je ne me souviens pas d’une seule «image volée» qui montre une personnalité en train de faire, discrètement, une belle action désintéressée, en se croyant sans témoin. Est-ce que ça n’arrive jamais? Ou est-ce que ça n’intéresse personne?

    La question est sûrement d’une insondable naïveté mais, curieusement, elle me turlupine depuis que j’ai lu ce billet d’Aliocha.

    Commentaire par Philarete — 22/09/2009 @ 19:27

  31. Je considère cette affaire H. comme un non-événement complet, total, sur le fond, sur la forme, sur le (non) traitement par la presse écrite et la presse en ligne.
    Désir de baragouiner, prétextes à règlements de comptes sont en fait les moteurs de cette grosse bulle de vacuité sur laquelle je ne m’étendrai pas plus.
    Je crois comprendre que vous êtes à peu près sur la même longueur d’ondes, Aliocha.

    🙂 …. En revanche, je note que je retrouve ici quelques commentateurs que je croise sur d’autre(s) blog(s), ce qui me permet de toucher du doigt ce qu’on appelle une communauté virtuelle.
    L’apparition de ces communautés virtuelles et leurs conséquences sur le vivre ensemble est autrement plus intéressante que le sujet qui fait prétexte à leur cristallisation passagère….. 🙂

    Un petit tour et puis s’en repartent.

    Commentaire par Omicron — 22/09/2009 @ 22:37

  32. @Philarète

    Votre question appelle une réponse simple: l’enregistrement supposée volée est la révélation d’une turpitude supposéee, « donc » elle est supposée intéressante.

    Evidemment, on peut discuter du « donc ». La révélation d’une bonne action n’aurait aucun intérêt puisqu’elle ne révélerait que la vie normale d’Hortefeux qui, évidemment, est gentil à tel ou tel moment avec son entourage ou un inconnu. Comme tout le monde.

    Chez Walls et Hortefeux, je soupçonne effectivement que leurs paroles ne sont pas si volées que ça. Ils savent que des caméras tournent, ils sont entourés de partisans sympathiques qui évidemment vont prendre leur défense, ils tiennent des propos juste limite que tout le monde, d’une certaine façon, pourrait tenir.

    Je détecte aussi cette complicité un peu canaille qui plaît souvent aux adorateurs de personnalités politiques et que le leader, même modeste, entretient. Une sorte de fan club qui, un peu comme une tâche d’huile, entoure le leader dans tous ses déplacements. Or, cette complicité est voulue, entretenue, bichonnée.

    J’ai tendance à penser également que le courant de pensée persistant « Front National » est fondamental pour assurer une élection. A droite mais aussi à gauche. Pour s’assurer une score assez large dès le premier tour, il faut séduire cet électorat, lui envoyer des signes de reconnaissance, de compréhension mutuelle.

    Localement ou nationalement, ce sont en plus des voix assez fluctuantes. Je pense que ça permet de mieux comprendre les propos de Ségolène Royal sur, par exemple, l’encadrement militaire des jeunes délinquants. Ou les propos de Nicolas Sarkozy sur les moutons égorgés dans les baignoires. Les propos « volés » et répétés jusqu’à plus soif ne seraient alors qu’une variante de cette tactique.

    Commentaire par didier specq — 23/09/2009 @ 08:38

  33. Bonjour Aliocha,

    Dans le droit fil de votre post, j’aime bien l’approche de P. Bilger sur ce sujet:
    http://www.philippebilger.com/blog/2009/09/le-net-nest-pas-le-diable.html

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 23/09/2009 @ 09:10

  34. Le papier de Mustapha Kessous, journaliste du Monde, dans Le Monde de ce soir, en dit long sur la vigueur et l’omniprésence des préjugés anti-arabes dans notre beau pays.

    Il donne un violent écho à la phrase de Brice Hortefeux : « c’est quand y en a beaucoup qu’y a des problèmes ».

    Par sa blague oiseuse le ministre de l’Intérieur dit la vérité sur ces préjugés, sur nos préjugés.

    Et, comme on sait, « celui qui dit le vérité doit être éliminé ».

    Le voilà le ressort du buzz-pilori anti-Hortefeux. C’est vieux comme le monde de faire porter à un coupable désigné, innocente victime expiatoire, la faute de tous…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 23/09/2009 @ 16:34

  35. Je viens en effet de lire cet article de Mustapha Kessous, c’est atterrant tant sur Hortefeux que sur notre société.
    Une réaction de la maîtresse des lieux ?

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/23/ca-fait-bien-longtemps-que-je-ne-prononce-plus-mon-prenom-quand-je-me-presente-au-telephone_1244095_3224.html

    Aliocha : et que voulez-vous que je vous dise ? Que le racisme, c’est consternant. C’est dit. So what ? Ce n’est pas le sujet qui m’occupe dans cette affaire. Ce qui m’intéresse, c’est le traitement journalistique. Or je ne crois pas qu’une vidéo de ce genre soit une bonne manière de traiter journalistiquement le sujet.

    Commentaire par Efelle — 24/09/2009 @ 11:22

  36. Et bien justement si… Si on en revient aux « odeurs » de Chirac, n’y a t il pas eu à l’époque reprise et tollé via les médias traditionnels ?
    Vous vous insurgez de l’influence d’internet alors que ces mêmes médias l’ont amplifiés : quel journal Tv ou radio n’en a t il pas parlé ? Y a t il des journaux de presse écrite généraliste qui n’ont pas relayés l’information ?
    J’ai l’impression que le doigt pointé sur internet (sur une affaire pourtant lancé par des journalistes) n’est qu’un moyen commode de se dédouaner.
    Peur de perdre les précieuses pages de publicité prévu par les Etats Géneraux de la Presse peut être ?

    Aliocha : Relisez-moi, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter à un article déjà trop long. Il me semble être assez claire sur le fait que les critiques portées au web sont les mêmes que celles infligées aux journalistes depuis l’origine. Donc, le problème concerne l’information délivrée au public, quelque soit le support. Simplement, les nouveaux outils proposés par le web posent des questions nouvelles aux journalistes. Je propose d’y réfléchir. Quitte à en déduire éventuellement que ce sont de bonnes pratiques. C’est quand même fou de voir que c’est si difficile à faire comprendre. Je suis free lance, la pub je m’en tape. En revanche, je travaille tous les jours sur la déontologie, celles des professions réglementées, celle aussi de la finance. C’est au nom de cette réflexion qui m’est familière que je pose la question concernant Internet. Seulement voilà, il y a des questions qu’on ne pose pas. On ne s’interroge pas sur le sacro-saint web, encore moins quand il a décidé de lyncher un ministre soupçonné de racisme. Je m’en fous. Je les pose quand même ces questions. Et qu’importe si ça fait baisser mon nombre de lecteurs et si ça me plombe dans le classement wikio.

    Commentaire par Efelle — 24/09/2009 @ 15:14

  37. J’ai pris le temps de vous relire… Toutes mes excuses pour les digressions.
    « En cela, le web n’est pas différent des autres médias. Simplement il est neuf et doit accepter de réfléchir sur lui-même. Ce d’autant plus qu’il a tendance à considérer que sa vocation consiste à s’émanciper des règles des vieux médias, à construire un eldorado démocratique affranchi des anciennes erreurs, crispations, mensonges et collusions de ceux qui l’ont précédé. »

    Et je ne diverge d’avec vous qu’en ne prenant pas internet pour quelque chose de nouveau.
    Les sites les plus « populaires » en matière d’information, me semble toujours être l’oeuvre de professionnels, de journalistes expérimentés.
    Marianne, Le Monde, Le Figaro, Libération, @si, Les échos, Rue89, AFP sont les sites dont les liens me semblent le plus circuler. Des acteurs professionnels de la presse.
    Ce sont eux la source des buzz dans la plupart des cas.
    Alors la question que je me poses est la suivante : les manières de ces intervenants sont elles vraiment différentes sur le net que dans les médias traditionnels ? Pourquoi ces derniers dans ce cas se mettent ils systématiquement à l’unisson ?

    Une video vu 30 000 fois, ce n’est pas un argument mais c’est pourtant celui que j’ai entendu sur France Inter à propos de l’affaire hortefeux dont j’ignorais tout ?
    Pourquoi France Inter a t elle relayée cette vidéo ?
    Le canard enchainé tire à 400 000 exemplaires et on fait moins de foin sur ce qu’il sort toute les semaines…

    J’ai surtout l’impression que soit le net est une excuse pour les médias traditionnels (on en aurait pas parlé si ça ne faisait pas tant de bruit sur internet) ; soit il n’est que le reflet de la presse actuelle.

    PS : Ca sers à quoi Wikio ?

    Aliocha : en effet, c’est un problème journalistique, ce que je ne cesse de dire. Et plus généralement, un problème de communication puisque n’importe quel citoyen peut, via le web, se transformer en journaliste d’un instant. Il est donc absurde à mes yeux d’opposer Internet aux médias dits traditionnels. Il serait préférable de poser le problème général de l’éthique de l’information. Partant de là, c’est comme si vous donniez un bidon d’essence (internet) à un enfant (les médias) qui a déjà tendance à jouer avec des allumettes (le papier, la télé). Internet permet de publier plus vite, des informations plus attractives (vidéo) et d’en retirer un bénéfice immédiat (le buzz). D’où la nécessité de s’interroger sur l’outil et ce qu’on ne fait. Quant à wikio, c’est un site qui produit un classement des blogs en fonction de leur renommée calculée notamment grâce aux liens qui pointent vers lui. Si je veux être intégrée dans la communauté du web et par conséquent bien notée sur wikio, il serait préférable que je rédige des billets allant dans le sens de : Internet c’est l’avenir, la presse traditionnelle est moribonde et vendue au grand capital etc. Sauf que je ne pense pas que les choses soient si simples et que j’ai la fâcheuse habitude de dire ce que je pense…Vous voyez, c’est compliqué l’indépendance, même les gens du web qui sont indépendants du vieux monde ont aussi leurs propres dépendances. Dépendance à l’idée qu’ils se font de la modernité, dépendance à l’égard de la communauté à laquelle ils appartiennent, aux classements et à la reconnaissance qui va avec, au pari qu’ils ont fait de considérer que le web était l’edldorado de demain etc.

    Commentaire par Efelle — 24/09/2009 @ 16:06

  38. Rien à ajouter, j’ai compris (enfin).
    Si ce n’est un merci pour les explications Wikio (ouais je suis classé 193 même si j’ignore si dans l’absolu ça signifie quelque chose avec mes 30 visites quotidiennes).
    A mon avis vos échanges avec Eolas on beaucoup plus fait pour la popularité de votre blog que wikio.

    Aliocha : c’est donc que j’ai été compréhensible (enfin !). Et j’irai vous lire, ça me fera du bien, je suis très ignorante en matière de SF 😉 Quant à ma « popularité », elle est en effet liée à Eolas, c’est certain. Mais elle est toute relative, 151ème place à la rubrique divers…

    Commentaire par Efelle — 24/09/2009 @ 19:18

  39. «Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmé.
    Lorsque vous faites vos courses au supermarché, lorsque vous retirez de l’argent au
    guichet ou que vous utilisez les transports en commun, vous êtes déjà filmés. Qui cela
    dérange-t-il ?»

    Brice Hortefeux, lors de son déplacement à Sartrouville, le 9 septembre 2009,

    N’est-ce pas l’arroseur arrosé ?

    Bien à vous

    Tryphon

    Commentaire par ProfesseurTournesol — 28/09/2009 @ 15:53


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