La Plume d'Aliocha

01/09/2009

J’ai lu Grazia pour vous

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 10:17

Connaissez-vous Grazia ? C’est le nouvel hebdomadaire féminin lancé par le groupe de presse Mondadori. On nous annonce une parution résolument moderne, mêlant la mode, l’actualité et le people. On nous promet un ton impertinent destiné à « une fille moderne, exigeante, sans tabou ».

L’impertinence, vous me connaissez, j’adore, mais je me demandais avant d’ouvrir le journal comment un féminin, qui est avant tout un aspirateur  à pub de luxe, pouvait bien donner dans l’impertinence. C’est dangereux l’impertinence, en tout cas la vraie, ça peut inquiéter les esprits farouches des responsables de pub. Quant à la fille « moderne, exigeante, sans tabou », j’avais quelques sueurs froides, n’était-on pas en train de me décrire Paris Hilton ; en langage de presse féminine, « moderne, exigeante sans tabou » ça désigne, me semble-t-il, la fille riche et branchée qui écrase tout le monde d’un talon aiguille indifférent.

Las ! Mes craintes étaient fondées. Un journal, c’est une manière de voir le monde. Au fil de ses pages, vous devinez souvent le public auquel il s’adresse, mais aussi le regard sur la société que portent ceux qui le conçoivent. On aurait pu espérer sortir des clichés des féminins classiques qui nous renvoient l’image de cruches superficielles incapables de survivre sans le dernier sac à main à la mode, convaincues que les crèmes anti-rides font de l’effet, que le bronzage est la condition sine qua non de la beauté, la maigritude un impératif catégorique kantien et les hommes des ennemis à abattre au bureau et à mater à la maison. Pour ces magazines, le sex toy est le nouveau doudou des femmes branchées, Gavalda le plus grand écrivain contemporain et l’astrologie une science exacte. Eh bien non, on n’en est pas sorti de ce scénario avec Grazia, bien au contraire.

La cible ? Les célibataires à haut pouvoir d’achat

Chez Grazia,  il n’y a même plus ni problème de couple, ni enfants, ni chagrin d’amour pour contrebalancer la futilité traditionnelle de ce genre de publication. D’ailleurs, l’un des rares papiers d’actualité encense le modèle des trentenaires à haut pouvoir d’achat qui refusent de s’engager et préfèrent sortir tous les soirs avec des copines plutôt que d’écailler leur vernis à ongle en s’occupant d’une famille. Ce sont les Lolitas 30 et d’emblée le journal vous dit ce qu’il faut en penser : elles sont rafraîchissantes. Tu parles ! J’en ai des copines célibataires avec un bon job et un ravissant minois, elles sont angoissées au possible et se demandent quel est le sens de leur vie et quand elles vont rencontrer l’âme soeur. Mais bon, un public féminin-célibataire-urbain-qui-gagne-bien-sa-vie, c’est la cible idéale pour un féminin, c’est ce qui plaît aux annonceurs, pouvoir d’achat oblige, alors autant flatter ce modèle et rassurer les lectrices.

Cultiver la fièvre acheteuse

C’est qu’on a des choses à leur vendre et même beaucoup. Entre les 56 pages de pub (sur 180) et les pages mode, on se croirait dans un catalogue La Redoute, en plus chic bien évidemment. Les prix s’affichent en centaines d’euros, même si quelques objets bas de gamme sont présentés pour faire bonne mesure et parce que le dernier chic aujourd’hui c’est d’avoir au moins un objet non siglé sur le dos. Dommage, je me demande toujours pourquoi les pages mode des féminins n’évoluent pas. Après tout, la mode est une activité intéressante qui mobilise de nombreux talents. Pourquoi ne pas expliquer comment est fabriqué tel objet de luxe, en quoi il est « beau », quelle est l’histoire d’une marque, faire le portrait d’un créateur, replacer la mode dans son contexte, la comparer par exemple avec le design contemporain du mobilier, expliquer comment émerge une tendance, bref cultiver les lectrices au lieu de leur asséner : c’est beau parce qu’on vous dit que c’est beau. C’est le « must have » de la saison comme ils disent, comprendre que si on n’a pas le sac, la ceinture, la robe, le pantalon, la veste de la saison, on est définitivement ringarde.

De l’actu pour assurer dans les dîners en ville

Mais voyons donc les quelques pages actualité et culture coincées au milieu de tout ce fatras de stilettos, crèmes de beauté, tubes de rouge à lèvres, et autres indispensables de la femme moderne. On me dit que Grazia c’est 45% de mode et beauté, 35% d’actu, 10% de people et 10% de culture. Tout un programme. En fait d’actu, je vais vous dire ce qu’on nous propose. D’abord l’incontournable papier sur l’oppression des femmes en Afghanistan, avec l’incontournable et très esthétique photo de burqa. Fort heureusement, nos lectrices elles, comme on l’a vu au-dessus, sont délivrées de la tutelle des hommes, ce sont des Lolitas 30.  Par comparaison, elles sont forcément plus heureuses. Ensuite, on nous glisse une enquête sur les enfants dans les centres de rétention qui a l’air aussi à l’aise dans ce journal qu’un reportage de guerre dans Mickey magazine. On nous parle encore des ravages du H1N1 chez les people, de la culture du cannabis en Californie  et des tracas financiers de je-ne-sais-quelle photographe de stars.  Entre nous, j’ignore dans quels dîners en ville on aborde ces sujets, en tout cas, ce n’est pas dans les miens.

Beigbeder, encore et toujours

Reste la culture. Evidemment, on vous y parle de ce qui buzz. L’objectif n’est  pas en effet d’apprendre la sortie d’un livre, d’un CD, d’un spectacle de qualité, mais de ne surtout pas ignorer de quoi tout le monde parle, pour éviter l’atroce « Comment ?!!!!! mais tu n’es pas au courant, c’est diiiiiingue ». Sans surprise, la rubrique littérature est occupée par Beigbeder, dont on dit que c’est un bon écrivain. Sans doute, puisqu’il y a des gens pour le penser….

En pleine crise, il est intéressant de noter que les créateurs du magazine ont exclu tous les sujets anxiogènes. Le ton est résolument positif, léger, la consommation y est vantée à chaque page et les people semblent les nouveaux dieux de notre vie moderne, à nous les femmes. Un olympe où tout le monde est beau, riche et bronzé. Au fond, il est possible que Grazia réponde réellement à une attente. C’est un beau produit, en papier glacé, avec une maquette agréable quoiqu’un peu confuse. Je trouve néanmoins désespérant le portrait qu’achève de peindre ce nouveau magazine de la femme française. La tendance de la presse féminine à réduire la femme aux question de sexe, d’enfants, de mode et de cuisine me paraissait déjà consternante. Chez Grazia, elle n’est plus qu’une addict de la mode, seule, riche et fière de l’être.

Une chose m’étonne, il manque une devise à ce journal qui en résumerait l’esprit. Alors j’en propose une : « A 30 ans, si tu n’as pas de sac Prada, t’as raté ta vie ».

Note : Arrêt sur images recense les articles commentant la sortie du magazine. C’est ici et c’est en accès gratuit. Voyez notamment l’excellent papier des Echos (également gratuit), sur le marché publicitaire des féminins (en baisse de 17%) et le positionnement concurrentiel du titre.

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28 commentaires »

  1. La presse féminine me fait souvent penser aux propos d’une journaliste iranienne :«En occident vous n’avez pas besoin de police des mœurs pour controler les femmes, il vous suffit de publier des photos»

    Heureusement il y a des résistantes…

    Commentaire par LordPhoenix — 01/09/2009 @ 10:42

  2. Chère Aliocha,

    Une simple remarque presque hors sujet et aussi futile que le magazine féminin objet de votre article, concernant vos propos sur Frédéric Beigbder :

    Sans être un grand fan dudit auteur, j’ai tendance à penser que le dénigrement systématique des « talents de plume » de Beigbeder constitue un « must do » dans certains milieux, au même titre qu’un sac Prada constitue le « must have » des lectrices de Grazia.

    Merci pour votre blog

    Cordialement

    Julien

    Aliocha : vous avez raison de traquer le snobisme partout où il peut se dissimuler, mais l’irritation que je ressens pour ces écrivains marketing est sincère. Ils plaisent généralement aux gens qui n’aiment pas lire, mais si vous donnez à ceux-là quelques grands romans bien choisis, ils s’aperçoivent que la vraie littérature, ça n’est ni chiant ni inaccessible. Dommage que le marketing occulte cette réalité. Quant à ceux qui lisent les écrivains branchés pour être branchés, no comment.

    Commentaire par Julien — 01/09/2009 @ 11:38

  3. De toutes façons, quand on a lu cela:
    « On nous annonce une parution résolument moderne, mêlant la mode, l’actualité et le people », inutile de tenter une lecture de ce qui sera nécessairement un torchon.

    Aliocha : les sujets futiles peuvent parfois être traités avec un grand professionnalisme. Gala et même de mémoire Point de vue font un beau boulot. Quant aux féminins, j’ai longtemps aimé la capacité de Biba à ne pas se prendre au sérieux, l’inventivité des rubriques, les trucs et astuces, l’humour, la mode pratique et sans prétention. La presse féminine est une presse légère, de détente, le problème, c’est quand elle se pique de dire aux lectrices comment il faut penser, quand elle prétend véhiculer des valeurs et que ces valeurs sont aussi contestables que la haine des hommes, l’obsession de la maigreur, les photos retouchées à l’extrême, la bien pensance, l’obsession consumériste, les nouvelles tendances sexuelles branchées et autres fadaises du même genre.

    Commentaire par Nemo — 01/09/2009 @ 12:10

  4. Point de vue rassurant. Votre ton me rappelle celui d’un personnage d’un dessin animé que j’aime énormément (« Daria » pour être précis).

    Les combats féministes de naguère ont permis aux femmes de s’extirper d’une forme de servitude mais les as du marketings les ont plongé dans une autre…

    Femme au foyer servile ou pétasse futile? N’y a-t-il pas d’autres alternatives?

    Commentaire par Kayn — 01/09/2009 @ 12:17

  5. Bonjour,

    Ce qui est étonnant dans le nouveau modèle sociétal c’est qu’il a directement intégré l’opposition aux mantras officiels dans son fonctionnement. Il vomit de la com, du publi-info, de l’intox à profusion ce qui fait que l’information non officielle, à contre-courant est le ‘divertissement’ local et passager, avant de revenir à la bonne vielle route tracée pour notre bien ™.

    Lorsque le sujets d’oppositions deviennent trop ‘présents’ ou trop ‘perspicaces’, (entendre pourraient faire prendre conscience à plus de 0,001% de la population votante avec au moins un parcelle minime de pouvoirs), on rajoute une couche au mille feuille vomitif (h1n1, taxe carbonne, vignette auto, pollution, profiteurs de rmistes qui fraude etc…) avec toujours au passage un petit cadeau au tissu industriel des amis qui content pour les amis qui comptent. Commandes massives de doses de vaccins à des prix effarants par exemple pour le h1n1. (ils sont passés ou les stocks de tamiflus commandés il y a si peu de temps pour(contre?) la grippe aviaire et stockés par les militaires ?)

    Et il faut dire que cela marche bien. Si on veut toucher du doigt l’intégralité du puzzle, il suffit de demander aux enseignants ce qu’ils font (je ne parle pas de ceux de Henri IV ou de l’ENA qui forment en même temps ceux qui content et ceux qui comptent – ce qui facilite grandement la circulation d’information (au moins) entre ces deux populations particulières) : ils gèrent juste l’éducation comme bien se comporter (ne pas insulter son prof), respecter l’autre (ne pas hurler en cours) etc… On n’essayent presque plus d’apprendre quelque chose et encore moins apprendre à réfléchir et se forger une opinion personnelle.

    Ainsi, de moins en moins de personnes réfléchissent, et de la même manière qu’ils bouffent du préparé agro-industriel, ils pensent du préparé mediatico-industriel. Facile à digérer pour la ‘masse’ et facile à gérer pour les ‘dirigeants’. Le plus facile à faire pour s’en convaincre est de faire une expérience simple : poster dans un forum quelconque une idée simple, par exemple il est stupide de ‘restreindre’ la natalité pour lutter contre la ‘surpopulation mondiale’, on peut nourrir tous le monde et naturellement la population s’auto-régulera si on n’essaye pas tirer profit de la situation.[ ex : des industriels qui y voient de la chair à usine pas chère.]
    Attention, souvent un blog comme celui-ci ne marche pas avec le test parce que la population référente des lecteurs et commentateurs à subit l’écrémage par le courant ‘main-line’, et il ne reste que très très peu de gens qui ne pensent pas comme l’hôte des lieux.

    Ainsi dans un forum avec un population importante, très souvent un sujet pas trop polémique (entendre intellectuellement riche avec des sous-tendus importants) récoltera globalement de 50% de oui et de 50% de non (y compris le 1% de troll de chaque cotés). Hors ce seuil de 50-50%, intellectuellement est perturbant car il ne s’éloigne pas beaucoup de la loi du tirage aléatoire. Si l’on admet que tout n’est pas relatif et qu’il y a des choses fausses et des choses vrais (ce qui n’est pas la doctrine sociétale) il est impossible que sur tous les sujets les propositions ne soient ni vraies ni fausses, SAUF à avoir un ‘complot’ (lol) mondial (re-lol) qui vomit du relativisme forcené pour éviter tout moyen de contestation. Lorsque rien n’est vrai et rien n’est faux, ce que je dis n’est pas moins vrai que ce que tu penses. Alors si j’ai accès aux médias, j’ai, en plus, forcement raison.

    Vous avez-vu, ceux qui pensent autrement restent une distraction d’intello, un peu comme la « nouvelle star de la presse », un moment de détente avant de revenir aux choses sérieuses : redevenir le bon petit mouton. Alors vous savez, grazia chose, c’est même pas un épiphénomène, c’est une non-chose. un ingrédiant de plus au vomitif ambiant.

    Commentaire par herve_02 — 01/09/2009 @ 12:38

  6. Je ne suis pas certain que votre inquiètude vis à vis de la femme française soit à ce point justifiée.
    Les « lolitas 30 » dont vous parlez vivent dans un « ghetto » que vous semblez connaitre et , à l’intèrieur de ce périmètre privilégié, le magazine Grazzia fait de la communication interne. La femme française, en tout cas les représentantes que j’en connais, s’en tappent. Qui lira verra.

    Commentaire par Denis Ducroz — 01/09/2009 @ 12:40

  7. Bonjour Aliocha,

    Euh… cékoi les nouvelles tendances sexuelles branchées chez les lolitas 30?

    Parce que j’en était resté au godemiché à oreilles de lapin (le seul qui sait prendre soin à la fois de votre clito ET de votre vagin à vous, mesdames) et les paluchages vaguement lesbiens entre copines, de préference sous le regard d’un mâle (un chauffeur de taxi quand on a pas de bol).

    Ca a évolué?

    Aliocha : y’a aussi trompez votre conjoint pour ranimer votre vie de couple, mais globalement c’est ça. A lire le billet « Seule au monde » qui m’a fait mourir de rire : http://www.misssfw.com/

    Commentaire par tschok — 01/09/2009 @ 13:29

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  9. J’ai toujours été consterné de voir à quel point les féminins vous prenait, mesdames, pour des gourdes assoiffées de consommation. (Commentaire avec 10% de jeu de mot allégé dedans.)

    Commentaire par gwynplaine — 01/09/2009 @ 13:55

  10. Aliocha,

    Je ne milite pas contre la presse people, ni contre les magazines féminins mais je suis un farouche opposant à ce qu’on mélât actualités et people…

    Commentaire par Nemo — 01/09/2009 @ 14:18

  11. « D’abord l’incontournable papier sur l’oppression des femmes en Afghanistan, avec l’incontournable et très esthétique photo de burqa ».

    1956, « Le jeu du Roi », Kessel raconte en quelques touches succintes, mais répétées, les femmes voilées, couvertes du tchadri et qui disparaissent dès l’apparition du visiteur. Les femmes qu’il est impossible de photographier sous peine de voir leur mari vous faire payer leur déshonneur de votre vie.

    Les explications qu’il en donne tiennent dans son livre tout entier sur la nature du pays et l’histoire de son peuple.

    1956. La préhistoire, j’imagine, pour la femme « moderne, exigeante, sans tabou ».

    Commentaire par david — 01/09/2009 @ 18:07

  12. Bonsoir Aliocha,

    « Une chose m’étonne, il manque une devise à ce journal qui en résumerait l’esprit. Alors j’en propose une : “A 30 ans, si tu n’as pas de sac Prada, t’as raté ta vie”.

    Hm hm, à mon avis, c’est encore plus simple : « A trente ans, t’as raté ta vie ».

    C’était 29 qu’il fallait avoir.

    🙂

    Commentaire par Fantômette — 01/09/2009 @ 19:19

  13. Pffff! vous dites ça, ma chère Fantômette parce que vous ne l’avez pas encore ratée.

    Commentaire par tschok — 01/09/2009 @ 19:36

  14. Tiens, je ne sais pas quoi faire de mon blog, je vais peut-être m’essayer à un article sur la presse masculine. Si je parviens à lire FHM (par exemple) sans vomir.

    Commentaire par Schmorgluck — 01/09/2009 @ 19:46

  15. Hélas….

    (Snif)

    (Vous dites ça parce que vous avez une roleix ?)

    Commentaire par Fantômette — 01/09/2009 @ 19:46

  16. @Fantomette

    En tout cas vous les faites pas…
    (c’est ce qu’il faut dire dans ces cas là non?)

    Commentaire par adrien bis — 02/09/2009 @ 00:55

  17. « des tracas financiers de je-ne-sais-quelle photographe de stars », ce n’est tout de même pas Annie Leibovitz que vous évacuez d’un trait de plume, si ?

    Dans ce cas, c’est un peu dommage, ses photos méritent qu’on leur prête un peu d’attention. Ce serait même un point positif en faveur du magazine pour la peine ^^.

    Aliocha : au temps pour moi, vous faites bien de me taper sur les doigts. C’est en effet cette photographe. L’irritation qu’a déclenchée chez moi le magazine m’a aveuglée.

    Commentaire par Geabulek — 02/09/2009 @ 13:36

  18. Je crois que votre article résume le néant intellectuel de la presse française en général, et de la presse dite féminine en particulier, bien pensence et décervelage à toutes les pages. Plus un seul canard sur papier glacé – notez je ne les lis pas tous – qui ne fasse l’apologie du fric, d’un luxe dont je me demande combien de françaises peuvent avoir accès – même en rêve, de la superficialité à 10.000€ mini (ça c’est quand c’est les soldes), du cul et là je pense que les rédactions se tirent la bourre avec les trucs pornos, et l’humanitaire ah oui, ça me rappelle les rombières qui avaient leurs oeuvres, alors on vous dit qu’elles sont riches et généreuses les peoples surtout quand c’est loin et pas trop sale et enfin, parce que là c’est vraiment le pompon, l’apologie de Sainte Carla Bruni-Sarkozy. Ok parfois on a envie de s’acheter du rêve, pour se sortir de la crasse du chômage, des heures de transport, des mômes et du mari qui sont pas toujours aussi glamour que dans Elle et de la peur du lendemain.
    Mais cette presse décervelée et décervelante est à l’image de ce qu’on veut nous faire avaler, la perte progressive de nos acquis : congés maternité, égalité devant l’emploi, droit à l’avortement, années de cotisation supplémentaires pour les femmes ayant eu des enfants, et j’en oublie. Panem et circenses. Pendant que Ginette du 77, lit cette littérature elle ne se demande pas pourquoi elle a l’impression que tous ces riches arrogants se foutent de sa gueule en s’étant copieusement enrichis (à ne plus quoi savoir faire de leur thunes) sur son dos de caissière de supermarché.

    Commentaire par Fifi_92 — 02/09/2009 @ 16:42

  19. La presse féminine cessera-t-elle un jour de vanter la pétasse ?
    Bravo pour cet article !

    PS : Le modèle, ce n’est pas Paris Hilton, mais Kate Moss, que l’on retrouve dans plusieurs articles (dont un qui lui est consacré)
    et, sauf erreur de ma part, sur une pub quatrième de couv.

    Commentaire par Lili B — 02/09/2009 @ 17:05

  20. si ça intéresse certain(e)s, le canard de cette semaine fait justement un article sur l’accouchement (laborieux) de ce magazine.

    et puis surprise, tout à l’heure au cinéma j’ai eu droit à une pub pour le lancement de ce journal.

    je voudrai me permettre une réflexion.
    on peut penser ce que l’on veut de ce genre de journaux, mais mesdames, s’ils existent c’est bien parce que vous les achetez. Franchement laquelle d’entre vous ne succombe pas aux délices d’un bon potin, c’est quasiment une marque de fabrique féminine!

    je me suis toujours demandé pourquoi les femmes lisent avec une telle constance ce genre de presse qui n’a presque pas d’équivalent (par son ampleur) pour nous les hommes.
    Il me semble que l’on est plutôt orienté presse spécialisée.

    Il existe certes pour nous un certain nombre de magazines de ce genre et je suis même convaincuque sur le plan intellectuel ils constituent probablement un concurrent farouche, mais j’avoue n’en avoir jamais lu plus que la couverture et ne connaître personne qui fasse mieux. Je ne lis pas ces trucs là simplement parce que je m’en fiche de connaître mon quotient sexuel et savoir avec qui couche untel.

    Je suis anormal? Eh les gars rassurez moi!!!!!

    Aliocha : j’ai vu le papier du canard en effet et je me souviens de ce vol de maquette qui n’était en réalité en rien de l’espionnage industriel mais seulement le fait de petits délinquants qui ont chopé l’ordinateur. Un autre papier du Canard, intéressant, évoque un sujet en lien avec ce blog : la folie qui s’empare des médias sur des sujets tels que la pédophilie ou le H1N1. Pour les féminins, je les achète rarement, et quand je le fais, ça relève de la distraction, ça me change de la lecture des rapports parlementaires. Bien sûr que les femmes achètent des féminins, c’est même une presse qui marche fort bien. Toutefois, je ne crois guère au modèle Grazia qui sent trop le projet aspirateur à pub en temps de disette publicitaire. On frôle la caricature. Quant aux masculins, je ne peux pas vous répondre, il me semble qu’ils sont destinés aux jeunes urbains friqués soucieux de leur ligne et de leurs fringues. Pas votre cas ?

    Commentaire par fred — 03/09/2009 @ 00:16

  21. Dommage qu’à part le Chasseur Français (et Rustica, peut être?), il n’existe rien pour les vieux ruraux désargentés, bedonnants et mal fringués. Un scandale!

    Commentaire par tschok — 04/09/2009 @ 11:47

  22. @ Alioch

    Commentaire par Citizen Emmanuel — 04/09/2009 @ 16:59

  23. @aliocha suite commentaire 20 : dans le train, les mecs qui lisent FHM, maximal et les autres mags masculins non-homos semblent plutôt des militaires jackys fan de tuning et de pétasses que des bobos bien fringués.

    Parce que FHM et les autres leur fond de commerce ce n’est pas tant la fringue urbaine que le biceps, la bagnole et le cul, me semble-t-il. Et la bagnole ce n’est pas pour les jeunes urbains, c’est trop cher en centre-ville. FHM et maximal sont plutôt des concurrents de Playboy avec moins de filles à poil et plus de pubs, mais c’est à peu près la même cible marketing.

    Le jeune urbain de GQ et autres magazines présente un profil TRES différent, à mon avis. Donc pas comparable à la presse féminine, qui vise beaucoup plus large, et qui segmente plutôt par tranche d’âge.

    Commentaire par Citizen Emmanuel — 04/09/2009 @ 17:03

  24. Que c’est caricatural…Je pense juste que le français est bien trop conservateur pour laisser sa chance à la nouveauté. D’accord sur le fait que c’est rempli de pub, trop….mais très honnêtement le mix des rubriques me semble plutôt adapté au mode de vie des nanas d’aujourd’hui. Je ne l’achèterai pas chaque semaine mais je me suis bien marrée, le ton est impertinent, pour moi, c’est pas mal du tout pour un numéro 1. Détendez vous un peu!

    Commentaire par Flora27 — 08/09/2009 @ 23:18

  25. au delà de la nullité du journal et de son côté bling-bling exacerbé (qui était censé avoir disparu des mentalités depuis le début de la crise!!!!), je veux juste préciser que la musique de la pub, elle, est top!!!
    savez-vous de qui elle est?

    Commentaire par virginie — 16/09/2009 @ 08:31

  26. Si vous envoyez sur mon blog vos lecteurs en quête de nouvelles tendances, je crains que vous n’ayez rapidement des problèmes avec la justice de notre beau pays pour vice caché, dol, voire escroquerie.
    Mes remerciements, Madame, pour cette prise de risque à mon bénéfice (on frôle l’enrichissement sans cause).

    Commentaire par misssfw — 18/09/2009 @ 22:18

  27. Et bien moi, je rejoins un peu l avis sur le sac Prada réservé a une élite et que ma cops me reclamme sous pretexte de l avoir vu dans le MAG du momemt GRAZIA !

    Par contre le site internet est top, le ton est génial, j´adore. Il est aussi super bo.

    Commentaire par Jeff — 30/09/2009 @ 22:08

  28. Je viens de m’y mettre (http://danslecollimateur.wordpress.com/2009/10/12/grazia/)
    Mais je vais m’en tenir au site web, finalement.

    Commentaire par CourgetteCawa — 12/10/2009 @ 09:43


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