La Plume d'Aliocha

28/08/2009

Mes lectures de l’été

Filed under: Salon littéraire — laplumedaliocha @ 10:42

Puisque nous avons pris beaucoup de plaisir à discuter littérature avant les vacances, j’ai décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique intitulée « Salon littéraire ». J’y classe d’ores et déjà les 4 billets Plaisir de lire (anciennement classés dans détente) et je vous propose d’échanger sous celui-ci nos impressions sur les livres de l’été. Par ailleurs, je consacrerai au moins un billet par mois au salon littéraire. A vos bibliothèques donc !

Et pour amorcer la discussion, voici mes lectures de vacances.

Romans

arton402-05511Hans Fallada – Quoi de neuf petit homme ?– Folio. Je vous avais déjà parlé de Seul dans Berlin. Gallimard vient de sortir un nouveau roman de cet auteur allemand, journaliste et romancier, mort en 1947. C’est l’histoire d’un jeune couple modeste en Allemagne dans les années 30. A travers son destin, l’auteur peint les tourments d’une société au bord du grand désastre nazi. Ce roman est moins puissant que le précédent, mais on y retrouve la même délicatesse d’âme. Vibrant.

Irène Némirovsky – La proie -Le livre de poche. Voilà décidément un auteur qui me fascine. Le maître des âmes et Les feux de l’automne m’avaient déjà enchantée, celui-ci confirme mon goût pour l’auteur. Nous sommes à Paris durant les années folles. Un jeune ambitieux tente de faire sa place dans la haute société. Mais la passion qu’il ressent pour la fille d’un financier va le mener à sa perte. Le plus frappant dans ce livre, ce sont les accents tantôt balzaciens, tantôt stendhaliens qui l’animent. Les personnages de Némirovsky ont ceci de commun qu’ils acceptent de se damner pour atteindre une réussite qui, finalement, ne leur apporte pas le bonheur et la tranquillité espérée.  Comme si le sort s’acharnait à maintenir chacun dans sa condition, punissant ceux qui n’acceptent pas les règles du jeu. A moins qu’on ne soit plus rien quand on a vendu son âme…Magnifique.41Apqf5ha2L._SL500_AA240_

Georges Orwell – 1984 – Folio. Je m’abstiendrai de tout commentaire compte-tenu de la célébrité du roman. Simplement, j’ai souvenir d’avoir lu cet été un article de Marianne sur les dangers des nouvelles technologies pour les couples infidèles. Le journaliste concluait ainsi : « Big Brother, c’est nous ». C’est aussi ce que je pense.  J’ajoute que l’influence croissante de la communication me semble instaurer une tyrannie douce, moins évidente que celle du roman, mais à mon sens tout aussi dangereuse.

Witold Gombrowicz – Ferdydurke – Folio. Alors là….Que dire ? Bien qu’ayant un esprit tout à fait ouvert aux différentes formes d’extravagances, j’avoue avoir été quelque peu destabilisée par la forme de ce livre. Le propos est un peu compliqué à suivre, l’intrigue un brin délirante (un jeune homme qui soumet ses premiers écrits littéraires à un universitaire est ramené de force à l’école et maintenu dans un état enfantin malgré ses trente ans bien sonnés). Cela étant, les idées défendues sont intéressantes. D’abord l’infantilisation dont nous sommes victimes de la part de gens qui ont le sentiment ainsi de s’inscrire par opposition dans l’âge adulte, ce qui mène au passage l’auteur à poser de pertinentes questions sur ce qu’est un adulte. Ensuite, la capacité des autres à nous fabriquer une personnalité sans rapport avec ce que nous sommes réellement. Je ne connais pas d’autre auteur ayant traité ces deux sujets. Fort bien écrit. Merci au commentateur éponyme, grâce à qui j’ai découvert ce livre.

William Boyd – Comme neige au soleil – Points. L’intrigue se déroule durant la première guerre mondiale, essentiellement en Afrique. On y retrouve l’humour décapant de Boyd que j’avais tant aimé dans Un anglais sous les tropiques et son art de la satire sociale, particulièrement cruelle. Un excellent roman, mais je continue de préférer un anglais sous les tropiques. Je précise que Pivot avait dit de ce livre « Achetez-le, si vous ne l’aimez pas, je vous rembourserai ».

Mario Vargas Llosa – La fête au bouc – Folio. L’auteur raconte la chute du dictateur Trujillo à Saint Domingue, à travers le regard de sa fille, des acteurs de la dictature et des hommes qui préparent en secret son assassinat. Un bon livre mais dont je n’ai pas aimé la construction à trois niveaux, trop sophistiquée, avec des retours en arrière qui, à mon avis, nuisent à la fluidité du récit et à la montée en puissance de l’intrigue. Il faut dire aussi que j’ai un goût prononcé pour les constructions balzaciennes, à savoir une lente mise en place du décor et de l’intrigue et une montée en puissance du récit jusqu’à l’explosion finale.

John Irving – Le monde selon Garp – Points. Aïe. J’ai toujours eu un problème relationnel grave avec la littérature américaine, ça se confirme. A l’exception notable de Steinbeck qui figure dans mon Panthéon littéraire en très bonne place, les autres m’ennuient, à périr…quand ils ne me tombent pas carrément des mains comme l’épouvantable American Psycho de Bret Easton Ellis. Bon, il y a bien Tom Wolfe qui m’intéresse un peu, mais je reste loin de l’éblouissement. Bref, je misais beaucoup sur Irving. Las, j’ai détesté autant Garp que sa mère. L’étonnante absence d’émotion, l’universalité introuvable des personnages, l’absence d’analyse psychologique m’ont laissé une désagréable sensation de vide. Cela étant, je tenterai d’en lire un autre, on ne sait jamais. Si quelqu’un se sent en mesure de m’ouvrir les portes de la littérature américaine, je suis preneuse….

Policiers

41Pr2Bp2o4L._SL500_AA240_Jô Soares – Meurtres à l’académie – Le livre de poche. Ah! une vraie friandise. Animateur de télévision brésilien, l’auteur est un passionné de lecture et ça se sent. Son commissaire, qui s’appelle Machado (prénom) Machado (nom) parce que son père adorait l’écrivain Machado de Assis, enquête sur la mort de plusieurs immortels de l’Académie des lettres. C’est fin, cultivé, bourré d’humour, sans prétention, on croirait déguster l’une de ces petites mignardises que l’on sert habituellement avec le café dans les grands restaurants. L’auteur avait sorti il y a plusieurs année un autre polar sur le même modèle Elémentaire ma chère Sarah!, tout aussi savoureux.

Gillian Flynn – Sur ma peau – Le livre de Poche. Une jeune journaliste est envoyée par son rédacteur en chef dans la petite ville du Missouri dont elle est originaire pour enquêter sur la disparition d’une enfant. Voilà qui oblige notre reporter à se rapprocher de sa mère, une femme trouble et capricieuse avec qui elle entretient des rapports destructeurs. L’intrigue est originale, bien menée, la description de l’hypocrisie et de la violence qui règnent dans cette petite ville américaine tout à fait réussie.

Carlène Thompson – Noir comme le souvenir – Folio Policier. Tiens, je m’aperçoit en parlant de ce livre que j’ai oublié dans le billet consacré au polar d’évoquer la catégorie spécifique des polars féminins.  J’y vois d’un côté les grandes reines du crime anglaises, de l’autre ces américaines qui jouent sur les peurs féminines (mari au passé trouble, enfant assassiné etc.). Une femme dont la fille a été enlevée il y a 20 ans est victime de phénomènes curieux. Elle croit entendre la voix de sa fille, découvre la poupée que celle-ci avait avec lors de sa disparition dans la chambre d’un de ses enfants etc….C’est efficace, rien à dire, même si c’est sans grande originalité.

Gilda Piersanti – Bleu catacombes – Pocket : Cette fois nous sommes à Rome. Plusieurs têtes coupées sont retrouvées notamment dans les catacombes. Le roman a reçu le prix SNCF du polar européen. La promenade dans Rome est fort agréable, l’intrigue originale, un bon polar.

Jean-Patrick Manchette – La position du tireur couché – Folio Policier. Je n’avais jamais lu Manchette, grave erreur. Un tueur à gage décide de prendre sa retraite. Seulement voilà, rien ne tourne comme prévu et le chasseur devient une cible. Merci à Gwynplaine de m’avoir rappelé l’existence de ce grand auteur de roman noir.

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17 commentaires »

  1. En tant que fan de John Irving, je vous proposerais d’essayer « L’oeuvre de Dieu, la part du Diable », mon préféré. J’ai également beaucoup aimé « Un enfant de la balle ». Irving, c’est un style très spécial, mais c’est vraiment ce que j’aime chez lui. A noter qu’aimer Irving est compatible avec adorer Steinbeck (et Hemingway).

    Aliocha : c’est parti pour l’oeuvre de Dieu. Entre nous, j’admets qu’Irving a du talent, mais j’ai du mal à accrocher réellement. On verra bien. Quant à Hemingway, je n’ai toujours pas compris l’intérêt de l’adieu aux armes….

    Commentaire par Hugo — 28/08/2009 @ 11:11

  2. Ah enfin quelqu’un qui ne s’est pas remis d’American psycho! Je n’ai jamais compris où était le génie de cette oeuvre. Un des rares livres que j’ai pu finir.

    J’ai découvert cet été les livres de Jonathan COE: La maison du sommeil, Testament à l’anglaise, le diptyque Bienvenue au club et Le cercle fermé. Ca faisait très longtemps qu’un auteur de romans, et non de romans policiers, ne m’avait pas embarquée avec lui dans ses histoires et dans l’époque qu’il raconte (surtout dans le diptyque en réalité). De vrais bijoux, je pense que je vais tous les dévorer.

    Et j’ai aussi lu cet été pour la première fois 1984 d’Orwell alors que je suis une fervente admiratrice depuis mes années lycées du Meilleur des mondes d’Huxley qu’on lui associe souvent. Ms il n’est jamais trop tard pour découvrir des classiques!

    Bien à vous, et longue vie au salon littéraire!

    Aliocha : non seulement je ne me suis pas remise de American Psycho, mais surtout, j’ai été incapable de le terminer. J’ajoute que l’enthousiasme de Monsieur Aliocha pour ce livre, qu’il avait lu et m’avait recommandé, a failli être une cause de divorce 😉 Cela étant, soyons juste. Je ne pensais pas être capable encore d’être choquée par un livre, ce qui dénote de la part de l’auteur un vrai talent. Par ailleurs, sa description du héros m’a marquée et je songe souvent à lui lorsque je rencontre l’un des morts-vivants du monde financier que mon métier m’amène à cotoyer. Si vous saviez comme certains banquiers ou avocats d’affaire lui ressemblent…Simplement, ce voyage dans la tête d’un psychopathe n’est pas ma tasse de thé. J’avais lâché aussi celui d’Elroy sur le même thème (oublié le titre). Je suis d’accord avec vous sur Coe, je les ai tous dévoré aussi avec passion. Voilà un auteur qui a du souffle, un grand sens du récit, de la psychologie et de l’analyse sociale. Quant à Huxley, je ne l’ai pas lu. Voilà une bonne idée…

    Commentaire par Caro — 28/08/2009 @ 12:06

  3. Sur American psycho, un des rares livres que je N’ai pu finir… Excusez-moi de cette coquille!

    Commentaire par Caro — 28/08/2009 @ 12:07

  4. « Si quelqu’un se sent en mesure de m’ouvrir les portes de la littérature américaine, je suis preneuse…. »
    Pour ma part, j’aime beaucoup Francis Scott Fitzgerald, Henri James, Edith Warton, Frank Conroy (« Corps et âme »), Robert Penn Warren (« L’esclave libre »), Donald Westlake, Denis Lehane, et d’autres encore, tous écrivains américains…

    Aliocha : ben Fitzgerald non plus ne m’a pas bouleversée, même si j’ai apprécié. James je n’ai pas réussi, Warton pas essayé, Warren non plus, Lehane pas aimé, Westlake pas lu et ….Conroy, alors là Conroy, c’est celui que j’ai malencontreusement oublié de citer dans mon billet sur les grands romans. Corps et âme est vraiment superbe !

    Commentaire par Soisic — 28/08/2009 @ 12:35

  5. Que voilà des bons livres lus. En matière de littérature américaine, je vous recommande « Sous le règne de Bone » de Russell Bank chez Actes Sud. Ce livre m’avait forte impression lors de sa lecture. Il conte avec grand talent le parcours d’un « mall rat » (rat des galeries marchandes) qui erre dans les mégalopoles américaines entre ses quatorze et quinze ans. En dépit de ses excès, le héros manifeste toujours un fond de bon sens, donc une espérance, qui le rende sympathique au final.

    De cet excellent Georges Orwell, lisez « La Fermez des animaux » qui décrit comment une société totalitaire s’instaure (j’aurais presque tendance à le préférer à 1984) ainsi que « Hommage à la Catalogne » (sur sa participation à guerre civile espagnole) et « Dans la dèche à Paris et à Londres » (sur son errance en France dans les années 20, ouvrage estimé par Henry Miller lui-même comme étant supérieur aux autres écrits orwelliens). Enfin, pour mettre une touche d’humour, la lecture des « Mémoires d’un amant lamentable » et des « Mémoires capitales » de Groucho Marx chez Points virgule devrait vous remettre du baume au cœur.

    Merci pour ces billets qui permettent de découvrir de nouveaux auteurs et ouvrages.

    Commentaire par H. — 28/08/2009 @ 17:42

  6. Mes goûts personnels me portent plutôt vers la littérature anglaise, plus qu’américaine.

    Mais j’ai une grande tendresse pour Le Lys de Brooklyn, de Betty Smith.

    Je me demande si le livre n’est pas épuisé…

    (J’ai toujours adoré cette expression, le « livre épuisé », comme s’il était exténué d’avoir été trop lu.)

    Sinon, la SF américaine est bien entendu de la très grande science fiction. Je crois que la science-fiction est le cœur de la littérature américaine. Bradbury, bien sûr. On cite rarement de Bradbury un livre qui ne relève d’ailleurs pas du genre de la science-fiction, qui s’appelle Le Vin de l’Été, et dont je copie les premières pages, car ce sont de belles pages à lire – à la rentrée, en souvenir de l’été :

    « C’était un matin calme. La ville, drapée par l’obscurité, reposait tranquille dans son lit. L’été s’amoncelait dans l’air du temps. Le vent avait un souffle régulier et le monde respirait à longs traits, profonds et lents. Vous n’aviez qu’à vous lever et vous pencher à votre fenêtre pour en prendre conscience, c’était là réellement le premier instant vrai de liberté et de vie, le premier matin de l’été.

    Douglas Spaulding, âgé de douze ans, se réveilla de bonne heure et laissa l’été paresser en lui dans la demi-conscience du matin. Couché dans cette chambre en coupole du troisième étage, il senti l’immense pouvoir que lui conférait, chevauchant haut le vent de juin, la plus grande tour de la ville. Le soir, lorsque les arbres pleuraient ensemble, il projetait son regard, telle la vive et brusque lueur d’un phare, dans toutes les directions, sur des mers bruissantes d’ormes, de chênes et d’érables. Maintenant…

    – Mon garçon, murmura Douglas.

    Un été tout entier devant lui allait rayer un par un les jours du calendrier. Comme la déesse Siva dans les livres de voyages, il vit ses mains sauter de place en place, cueillir des pommes acides, des pêches et des prunes de minuit. Il se revêtirait avec délectation d’arbres, de buissons et de rivières. Il se transformerait en sodas glacés dans la glacière blanche de givre. Il serait cuit au four, avec quelle joie, en compagnie de dix mille poulets, dans la cuisine de grand-maman.

    Mais maintenant, une tâche familière l’attendait.

    Une nuit, chaque semaine, il lui était permis de quitter son père, sa mère et son jeune frère, Tom, tous trois endormis dans la petite maison à côté et de monter ici, quatre à quatre, le sombre escalier en spirale jusqu’à la coupole de ses grands-parents, et de coucher dans cette tour de sorcier qui soumettait la ville à sa vue et à ses foudres. Il se réveilla au tintement de cristal des bouteilles de lait et accomplit alors son rite magique. Il se mit debout devant la fenêtre ouverte, prit une profonde inspiration et souffla.

    Les lumières de la rue, comme des bougies sur un gâteau sombre, s’éteignirent. Il souffla encore et encore, et les étoiles disparurent une à une.

    Douglas sourit. Il tendit un doigt.

    Là et là. Maintenant ici et ici…

    Des carrés jaunes étaient apparus sur la terre indistincte dans le matin, tandis que les lumières de la maison s’allumaient lentement. Des fenêtres, çà et là, à des kilomètres au loin s’allumèrent soudain dans le jour naissant de la campagne.

    – Que tout le monde baille. Tout le monde debout !

    Au-dessous, la grande maison s’agitait.

    – Grand-papa, retirez votre dentier du verre d’eau !

    Il attendit un moment.

    – Grand-Maman et Grand-Grand-Maman, mettez au four les petits pains chauds !

    L’odeur agréable de la pâte en train de cuire s’éleva dans les couloirs aux nombreux courants d’air et dans les chambres, où elle tira de leur torpeur les pensionnaires ainsi que les tantes, oncles et cousins de passage.

    – Rue où habitent les personnes âgées, réveillez-vous !
    « Melle Helen Loomis, colonet Freeleigh, madame Bentley, toussez, levez-vous, prenez vos pilules, allez et venez ! Monsieur Jonas, attelez votre cheval, sortez votre charrette de vieilles ferrailles et en route ! »

    Les lugubres habitations en travers de la paroi rocheuse qui limitait la ville ouvraient, sinistres, des yeux de dragon. Bientôt, en bas, deux vieilles femmes feraient doucement avancer leur voiture électrique verte à travers les avenues, en ondoyant pour éviter les chiens.

    – Monsieur Tridden, courez à votre garage !

    Bientôt, faisant jaillir de vives étincelles bleues, le trolley urbain parcourrait les rues entre les deux rives des maisons de brique.

    – Êtes-vous prêts, John Huff et Charlie Woodman ? murmura Douglas en s’adressant à la rue des enfants. Prêts pour des parties de base-ball où vous serez trempés sur des pelouses humides ? Prêts à monter à la corde qui se balance vide, suspendue dans les arbres ?

    – Maman, papa, Tom, réveillez-vous !

    La sonnerie du réveil tinta faiblement. L’horloge du palais de justice gronda. Les oiseaux s’envolèrent des arbres en piaillant, comme si l’enfant leur avait, de la main, jeté un filet. Douglas, chef d’orchestre, tendit le doigt vers le ciel à l’est.

    Le soleil se leva.

    Il croisa les bras et sourit, tel un magicien.

    « Oui monsieur, pensa t-il, chacun bondit, chacun court, lorsque j’en donne l’ordre à grands cris. Ce sera une belle saison. »

    Il fit claquer ses doigts une dernière fois en direction de la ville. Les portes s’ouvrirent avec fracas, les gens sortirent.

    L’été 1928 commençait. »

    Commentaire par Fantômette — 28/08/2009 @ 22:46

  7. Je n’ai pas lu beaucoup d’auteurs américains, mais je me souviens que j’avais beaucoup aimé La Nuit de l’oracle de Paul Auster.

    Sinon, dans les grands romans, j’ai oublié de citer un des livres qui m’a le plus marqué ces derniers temps (que m’avait conseillé ma chère et tendre) et qui est en fait un pièce de théâtre : Conpenhague, du dramaturge britannique Michael Frayn, par ailleurs également journaliste. Voir ici (j’ai la flemme de rechercher comment on insère un lien) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Copenhague_(Frayn)

    Commentaire par gwynplaine — 29/08/2009 @ 00:03

  8. Aliocha, comment ça vous n’avez jamais lu Donald Westlake! Il FAUT lire Westlake, un des rares auteurs à pouvoir (avec Tom Sharpe et Terry Pratchett) me faire pleurer de rire,au sens propre de terme! Tiens, je retourne plonger dans « Les sentiers du désastre » acquis par plus tard qu’hier.

    Pour le Ellroy sur le serial killer, c’est Un tueur sur la route. Immense. Moins bien que « Le grand nulle part » mais très bien quand même.

    Et James Lee Burke, vous avez lu?

    @Fantômette : les Chroniques martiennes, une de mes premières lectures vraiment marquantes… 😉

    Commentaire par Mussipont — 29/08/2009 @ 09:33

  9. Ben dites donc! J’espère que vous avez quand même pris le temps de visiter un peu la Crète et de faire trempette dans la Méditerranée, entre deux bouquins!

    En tous cas, à part 1984 je n’ai lu aucun des titres que vous commentez, et ça me donne de belles idées pour l’année… De Orwell, je crois qu’il faut aussi se précipiter sur les chroniques récemment traduites en français, publiées chez Agone (http://atheles.org/agone/bancdessais/amaguise/). Ce sont des chroniques contemporaines de la rédaction de ses romans, souvent étincelantes, et qui permettent de mieux découvrir la pensée d’Orwell.

    Pour la littérature américaine, je crois qu’il faut commencer par les classiques. Si vous n’avez pas encore lu La lettre écarlate, de Hawthorne, c’est un must read absolu. C’est un roman fondateur, et une histoire inoubliable. Et ensuite, Faulkner, en s’accrochant un peu. N’importe lequel — mon préféré je crois est Absalon! Absalon!. Ce sont des livres (ceux de Hawthorne comme ceux de Faulkner, où l’on trouve à l’état naissant tous les grands thèmes de la littérature américaine — la conquête, le péché et la rédemption, l’esclavage…, sublimés par le style et un humanisme profond qui est trop souvent absent des auteurs US contemporains.

    Aliocha : je vous rassure, j’ai visité une dizaine de monastères, plusieurs sites minoens et j’ai aussi pratiqué quelques sports nautiques…Mais que voulez-vous, mon plus grand plaisir de vacances consiste à arpenter les librairies quelques semaines avant de partir pour choisir mon programme de lecture en espérant bien découvrir quelque nouvelle émotion littéraire qui enchantera mon séjour. J’admets que cette gourmandise tourne souvent à la plus critiquable des boulimies 😉 Sinon, merci de me donner une chance de surmonter mon ignorancve de la littérature américaine !

    Commentaire par Philarete — 30/08/2009 @ 11:39

  10. Ce catalogue est aimable, quoiqu’indigeste – j’espère que vous ne vous êtes quand même pas ennuyée en Crète, c’est petit mais il y a beaucoup à admirer !

    Philarete exagère bien sûr en vous enjoignant de lire Hawthorne comme roman fondateur de la littérature américaine (la faute au traducteur de Gallimard ?). Il a en revanche raison pour Faulkner (privilégier les romans du début). Le véritable fondateur de la littérature US s’appelle Herman Melville.

    Aliocha : Ah mon cher, la lecture n’est pas chez moi synonyme d’ennui mais au contraire de plénitude ! D’ailleurs, comment voulez-vous vous ennuyer en Crète ? Entre les monastères et les sites archéologiques, les multiples influences, notamment vénitiennes et turques, cette terre est d’une richesse et d’une beauté…Je note vos références, ce d’autant plus que votre léger désaccord avec Philarête excite ma curiosité 😉

    Commentaire par Bardamu — 30/08/2009 @ 19:29

  11. Ttt… Bardamu finasse… Je ne sais pas ce que le traducteur de Gallimard a à voir là-dedans (j’ai trouvé l’idée tout seul, d’ailleurs j’ai lu Hawthorne en anglais), mais je crois qu’on peut dire que La lettre écarlate est un des romans fondateurs de la littérature américaine. Melville est certes bien placé pour le titre de véritable fondateur. Il était aussi le grand pote d’Hawthorne, et ont beaucoup de thèmes en commun. En tous cas, on ne perd rien à lire les deux!

    Commentaire par Philarete — 31/08/2009 @ 10:04

  12. Mario Vargas Llosa, on peut y aller à fond ! C’est bien du début à la fin.
    Il a écrit des romans très drôles, comme par exemple La Tante Julia et le Scribouillard ou surtout Pantaleon et les Visiteuses (ou comment un officier de l’armée péruvienne devient le plus grand proxénète de toute l’amérique du sud).
    Mais aussi des oeuvres romantico-dramatiques: Tours et détours de la vilaine fille
    Et puis il a écrit le livre le plus érotique que j’aie jamais lu: Eloge de la Marâtre (et sa suite: Les Cahiers de Don Rigoberto). Franchement, lire Eloge de la Marâtre, ça fait des trucs tout partout.

    Commentaire par Arnaud — 31/08/2009 @ 10:26

  13. @Fantômette : effectivement, de bien belles pages sur l’été. Merci pour ça.

    @Aliocha : et merci à vous. Le fait de recommander tout Benacquista dans votre billet « Plaisir de lire » sur le polar m’a enfin fait prendre le recueil de nouvelles Tout à l’ego qui me faisait les yeux doux dans ma bibliothèque : j’ai adoré La boîte noire, première du recueil.

    Commentaire par gwynplaine — 03/09/2009 @ 08:56

  14. Ca m’arrache un tout petit peu le clavier d’écrire ça (et c’est pour ça que je la fais sous un vieux billet), mais il y a quand même de bons papiers dans Siné hebdo (ou au moins un). Je parcourais celui que mon géniteur oublia chez moi l’autre jour, et je tombe sur l’article traitant de la rentrée littéraire, sous la plume de Frédéric Bonnaud. Il parle de cette rentrée qui, comme les précédentes depuis un moment déjà, ne nous propose que les quelques livres qui auront eu la chance d’être distingués par les critiques littéraires, et des quelques autres écrits par les rares auteurs devenus people (Beigbeder et Nothomb). Puis il en vient à celle qui fait le buzz de la rentré, Marie NDiaye, et écrit que c’est un coup de bol, parce qu’elle est aussi un bon écrivain. Puis il a ces phrases, que j’ai beaucoup aimées, parce qu’elles mettent les mots sur un sentiment que j’ai souvent : « Il n’empêche que cette ubiquité [elle est partout à la fois dit-il plus haut] m’a ôté toute envie de lire son livre. Je le lirai quand il paraîtra en poche. Dans un an. Quand il sera devenu un vrai livre. Pas un produit d’appel. » (C’est moi qui graisse.)
    Je reviens plus tard vous parlé d’une lecture d’été que je finis en ce moment…

    Commentaire par gwynplaine — 08/09/2009 @ 23:34

  15. Littérature américaine: Wallace Stegner (Vue Cavalière, Angle d’Equilibre, …) bonnes traductions chez Phebus.
    Angle d’équilibre est foisonnant et ardu au début, puis ne se lâche plus.
    Essayez les polars chinois (Yu Zhang entre autres) encore plus sociologiques que du Pellecanos, vraiment extraordinaires.

    Commentaire par David — 10/09/2009 @ 01:01

  16. Bonjour Aliocha,

    Comme je suis sous un billet qui date, je ne sais pas si vous verrez ce com’. De plus, je m’aperçois que je ne suis pas revenu vous parlez de ma lecture estivale tardive. Il s’agissait de la bd somme du scénariste britannique Alan Moore (un maître du scénar noir) mise en images par Ed Campbell, dessinateur australien au trait hachuré et sombre qui colle à merveille à ce livre : il s’agit de From Hell (Delcourt), où la thèse d’Alan Moore sur Jack l’Eventreur. L’intérêt du livre réside d’une part dans l’histoire (les meurtres de White Chapel auraient été commandités par la couronne), intense, crédible, nous faisant plonger dans les noirs tréfonds de l’âme humaine, mais également par l’appendice, ou Moore commente la somme documentaire qu’il lui a fallu compulser pour écrire cette histoire. On suit le cheminement de cet auteur, c’est à la fois une plongée dans le travail d’écriture (ou au moins dans son avant-travail d’écriture) et une somme sur les thèses les plus diverses à propos de Jack l’Eventreur, qui est peut-être le premier « serial killer ». L’auteur insiste d’ailleurs sur le fait que sa thèse n’en est qu’une parmi d’autre, et qu’il ne prétend pas détenir la vérité. La dédicace de son livre va d’ailleurs aux victimes de l’Eventreur, disant : « votre mort est la seule chose dont nous soyons sûr. » Un bon livre noir, vous qui aimez ça (attention, certaines images sont difficiles, comme vous pouvez vous en douter).

    Mais ce n’est pas ce qui m’amenait en ces lieux du passé. Juste pour vous signaler que vient de sortir (du moins je crois, peut-être est-ce déjà vieux – en tout cas je viens de me l’acheter – ah ben non en fait, le copyright est de 2005) dans la collection Quarto de Gallilard un livre rassemblant les romans noirs de Manchette (il y a même Griffu, sa collaboration bd avec Tardi) avec extrait de son journal pour introduire chaque roman, le dictionnaire Manchette (de A l’est d’Eden à Zitrone), des éléments biographiques (même si je sais que ça ne vous intéresse pas plus que ça de connaître la vie des auteurs que vous aimez), sa biblio et sa filmo. J’aime, quand je viens d’acheter un livre, ce moment où je le feuillette avec gourmandise en attendant de m’y plonger.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/02/2010 @ 14:32

  17. […] ses élans… Passé ce départ en fanfare, un billet mensuel nous était encore annoncé : l’on tint bon jusqu’en octobre et puis  pouf… la chute, le rythme s’effondra dramatiquement en […]

    Ping par L’hommage de la BD à la littérature « La Plume d'Aliocha — 31/07/2010 @ 08:55


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