La Plume d'Aliocha

26/08/2009

Presse en ligne : le retour du payant !

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 11:20

La gratuité de la presse en ligne semble prendre un petit coup dans l’aile. Crise publicitaire oblige, les éditeurs revoient leur stratégie. Ainsi en est-il de Libération qui annonce pour le 7 septembre une nouvelle formule d’abonnement, payant, pour son site en ligne. En réalité, il s’agit plutôt d’un modèle mixte puisque la plupart des articles resteront gratuits à partir de 18heures comme c’est le cas actuellement, tandis qu’une nouvelle formule proposera, moyennant 12 euros par mois, des services supplémentaires (information Le Monde, relayée par @si). Le Figaro et l’Express réfléchissent au même modèle, lequel est celui adopté par Les Echos et Le monde.

Murdoch lui-même opte pour le payant

Dans son enquête publiée le 10 août dernier, la journaliste Sophie Gindensperger d’Arrêt sur Images revient sur sur la décision du magna de la presse, Rupert Murdoch, de rendre payants ses sites d’informations, à savoir le Sun, le Times et News of the world. Allez lire son article, elle dresse un panorama très complet des différentes stratégies des éditeurs sur le sujet d’où il ressort que le pari de la gratuité, jusqu’ici de mise, semble avoir fait long feu. Cela étant, elle évoque aussi les arguments contre le modèle payant, notamment ceux de Jeff Jarvis, professeur de journalisme, pour qui cette démarche est tout simplement suicidaire.

Un changement de mode de consommation

Pour ma part, je ne crois pas au modèle gratuit pour de multiples raisons que nous aurons sans doute l’occasion d’aborder dans la discussion. Je songeais notamment ce matin en lisant un article de Marianne papier sur les accessoires pour IPhone au budget que nous consacrons désormais aux technologies. Entre le téléviseur à écran plat, l’ordinateur familial, le téléphone portable ultra-sophistiqué et tous les frais d’accessoires et de consommation qui les acompagne, il me semble à première vue – mais je ne suis pas économiste – que nos budgets culture divertissement autrefois consacrés notamment aux livres et à la presse sont absorbés désormais par ces joujoux technologiques. Alors forcément, on rechigne à payer en plus le contenu. Si je comprends aisément le problème économique, je ne suis pas certaine en revanche que l’exigence soit fondée. Au nom de quoi acceptons-nous sans ciller et même avec enthousiasme de dépenser des sommes conséquentes dans une innovation technique, pour exiger ensuite que les producteurs de contenu livrent le produit de leur travail gratuitement ? C’est une vraie question que je pose, j’ignore si elle est pertinente ou pas, mais elle me travaille.

Votre avis m’intéresse !

Indépendamment de cela, je profite de ce billet pour solliciter votre avis : êtes-vous prêts ou pas à payer pour accéder à un contenu d’information sur le web et si oui, à quelles conditions ? Au passage, je rappelle qu’un abonnement à @si coûte 3 euros par mois, soit le prix d’un hebdomadaire, Mediapart facture 9 euros par mois, Le Monde.fr 6 euros par mois, Les Echos 15 euros par mois (le journal en ligne + l’accès à l’intégralité du site). Entre nous, c’est plus cher que gratuit, mais ce n’est pas ruineux non plus….

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53 commentaires »

  1. Si c’est pour mieux payer les pigistes, moi je veux bien que les journaux sur internet soient payants !
    Mais plus serieusement, payer si l’article apporte une valeur ajoutée oui! je trouve ca normale de payer

    Commentaire par misty — 26/08/2009 @ 11:53

  2. Ah. Question difficile. Je comprends tout à fait qu’il faille rémunérer les producteurs de contenu. En même temps, j’ai une réticence assez viscérale (que je ne sais expliquer) à payer pour du contenu en ligne (et je filtre les pubs, en plus). Donc si Libé.fr ou LeMonde.fr (par ex) étaient tout payants, je ne paierai pas, je chercherais d’autres sources (gratuites).
    Paradoxalement, je suis abonné à Arrêt sur Images. 😉 Peut-être parce que Arrêt sur Images n’existe qu’en ligne, en fait (contrairement aux sites Web de la presse papier, presse papier que je peux pour la plupart lire à la médiathèque du coin, même si c’est moins pratique.)

    Aliocha : vous soulevez plusieurs questions passionnantes. D’abord, pourquoi cette réticence à payer. Je l’ai ressentie longtemps également. Dès qu’une référence m’envoyait sur le site des Echos, je partais en pestant et en les traitant d’imbéciles qui n’avaient rien compris. Et puis, depuis que j’ai ouvert ce blog et que je passe un temps indécent sur le web, j’ai modifié ma position. Doucement. Très doucement. Au point d’avoir attendu le printemps dernier pour mon premier abonnement, à @si justement. Je dirais donc qu’en ce qui me concerne, le refus de payer traduisait, curieusement, une méconnaissance du web. J’ignorais qu’@si avait migré sur la toile, j’ignorais les débats autour du gratuit et du payant, les enjeux, la nature de l’offre gratuite, et donc de façon un peu simpliste, j’exigeais la gratuité. Mais si on y réfléchit, les abonnements sont vraiment modiques, bien moins élevés que le papier, et pas injustifiés à mon sens. Encore faut-il, et c’est la deuxième question passionnante que vous soulevez en évoquant @si, que le contenu vaille la peine. Vous dites que vous êtes abonné à @si parce que c’est la seule version, certes, mais alors pourquoi pas à Mediapart ? Sans doute parce que la critique des médias effectuée par @si ne se trouve nulle part ailleurs, alors qu’un sujet d’actu traité par Mediapart sera acessible aussi à l’AFP (sauf scoop ou investigation) au monde, à libé, l’obs, l’express etc….Ce qui nous ramène aux exigences de qualité, de fiabilité, de valeur ajoutée, de confiance dans un média etc. Plus généralement, je me demande si cette gratuité n’est pas un effet de l’innovation que représente Internet pour la presse, une sorte de période transitoire au terme de laquelle chacun choisira le média qui lui plait sur le web et acceptera sans peine de s’y abonner pour une somme modique.

    Commentaire par Yepok — 26/08/2009 @ 12:14

  3. Je suis abonné à plusieurs revues techniques spécialisées en informatique au format papier. Si ces revues venaient à proposer un abonnement en ligne à cout identique, je serai preneur sans hésiter. Un seul bémol concerne mon besoin d’archivage: je souhaite pouvoir conserver sur plusieurs dizaines d’année les revues techniques (pour des raisons liées à mes expertises judiciaires). J’ai donc besoin d’un exemplaire pdf du document.

    Par contre, concernant la presse d’information généraliste, je ne compte pas m’abonner (ni en ligne, ni au format papier). Sauf peut-être à @SI qui semble avoir la qualité que je désespère de trouver dans ce type de journal: l’indépendance.

    Aliocha : C’est intéressant que vous citiez la presse technique, elle souffre moins que la presse généraliste parce qu’elle répond à une nécessité, parce qu’elle offre un contenu à forte valeur ajoutée pour celui qui en a besoin. En revanche, la presse généraliste va devoir je crois, faire un effort significatif de qualité, d’originalité et d’indépendance pour espérer ramener les lecteurs. Les éditeurs de XXI l’ont compris, de même à mon sens que Marianne qui a saisi le problème dès sa création, ce qui fait que je n’en rate aucun numéro, et Courrier international. Pour les autres, il me semble qu’ils ont perdu l’identité forte qui permet de constituer une communauté de lecteurs et le standard de qualité qui fidélise.

    Commentaire par Zythom — 26/08/2009 @ 12:40

  4. Je lis gratuitement les dépêches dans un lecteur de flux RSS. Pour cette lecture rapide, seules les dépêches m’intéressent, les articles sont trop longs. Cela me permet d’avoir plusieurs avis parfois différents, bien que ce soit principalement dans le domaine technique. Cependant, en plus de ce survol, je suis abonné à des contenus payants plus élaborés. Ainsi, pour la presse généraliste, je suis abonné au Monde en ligne (la formule avec les journaux en PDF à 15€ par mois).

    Aliocha : vous me paraissez être le lecteur modèle des années à venir, ayant un journal de référence en abonnement et des contenus gratuits en complément. J’aimerais bien savoir ce qui a orienté votre choix sur Le Monde et la valeur ajoutée que vous estimez qu’il vous offre au regard des contenus gratuits ?

    Commentaire par kujiu — 26/08/2009 @ 12:51

  5. De mon côté, en tant qu’étudiante en droit n’ayant ni beaucoup de tps en ce moment (concours à préparer pour le mois de septembre) ni beaucoup de moyens (même si les coûts sont modiques je suis d’accord avec vous), j’apprécie ne pas avoir à payer pour une info en ligne. Mais attention, je ne lis pas de longs articles ou des enquêtes de fond ms les « gros titres » pour avoir une idée de ce qui se passe ds le monde quand je suis terrée chez moi (j’ai même réussi à n’apprendre que 3j plus tard le malaise de sarko!).

    Ainsi je continue à acheter les journaux papier lorsque leur une m’interpelle ou lorsque je souhaite « lire un journal ». Pour moi, internet me sert plus à consulter qu’à lire et réfléchir. Je préfère lire d’ailleurs sur papier que sur ordi de toute manière, pour des raisons de confort et même de rituel je dirai. Comme je n’exige pas des journaux en ligne une info de fond, complète et précise, je suis réticente à payer pour accéder à cela. A la limite je comprendrais même que les sites en ligne ne fassent que résumer leurs articles papiers.

    Je ne sais si cela explique le fond du problème, ms je sais que beaucoup d’étudiants autour de moi fonctionnent comme cela et ne paieraient pas pour du contenu rapide en ligne.

    Voilà ma modeste contribution!

    Aliocha : ah ! qu’il est doux de voir que la nouvelle génération, soi-disant nourrie au sein du web, continue d’aimer le papier. Quant aux achats d’impulsion, il serait temps que les NMPP multiplient les points de vente. J’ai découvert hier un concept qui me plait bien : Chez Jean (il y en a un rue du Fbg Montmartre). Ce sont des épiceries-saladeries-marchands de presse ouverts jusque tard le soir. Elles ont été montées par Casino et Lagardère. Voilà qui est drôlement intelligent de vendre des journaux en même temps que des salades à l’heure des repas pour ceux qui déjeunent seuls ou à la sortie des bureaux pour ceux qui font leurs courses !

    Commentaire par Caro — 26/08/2009 @ 12:58

  6. Ce qui semble intéressant c’est que pour la première fois, les éditeurs prennent en compte une donnée clé de l’information : comme les fruits, elle a plus de valeur si elle est fraîche… et le consentement à payer de tous n’est pas le même. Le « avant 18h/après 18h » est une bonne dégradation artificielle de la qualité du produit pour discriminer les clients selon leur consentement à payer, comme un film sort d’abord au ciné, puis en DVD…

    Aliocha : je crois qu’ils ont toujours été conscients de la valeur de l’information fraiche, la question ensuite est de savoir monneyer cette valeur sur un support où tout se défraichit très vite….

    Commentaire par Paul — 26/08/2009 @ 13:07

  7. Payer le contenu en ligne ? Outre le fait qu’il y aura toujours quelqu’un de philanthrope prêt à mettre en ligne gratuitement, je n’y crois pas du tout. Mais bon, des détracteurs me diront qu’Hadœpi veille (huhuhu)

    Le fait de payer en ligne revient à payer un abonnement. Pour ma part, je consulte quand j’ai le temps, et surtout quand j’ai vent d’une info, et que je veux des précisions. Ainsi, si à prix identique papier/Internet, le plus simple sera mon choix. Tout simplement car la fonction d’abonnement ne convient pas à mon mode de consommation. Avec la multiplication des journaux gratuits, je ne suis pas devins mais j’ai tendance à imaginer comment va évoluer le mode de consommation des utilisateurs ;). Si la télé (et les chaînes d’info en continu) sont accessibles sans payer d’abonnement supplémentaires, et bien les personnes s’orienteront tout autant vers là. (C’est mon avis)

    Je ne crois pas une seconde que les personnes ont un mode de consommation d’information sur Internet par facilité. C’est tout simplement parce que c’est gratuit. Supprimez la gratuité et les sites Internet deviendront non rentables et fermeront. A moins bien sur que ces sites soient réservés à une élite ou une population restreinte définie (la profession journaliste).

    Bref, tout ça ne dépendra que des « Webmaster » et de leur choix d’Internaute qu’ils veulent voir sur leur site. Pour ma part, j’aurai toujours tendance à privilégier la gratuité, et si je ne la trouve plus, alors je la créerai, et étant un des rares présent dans le secteur, je serai automatiquement gagnant : beaucoup de visite = publicité chère. Bref, la pure loi de l’offre et de la demande et actuellement, l’offre est trop importante. Le paysage de votre secteur est donc amené à évoluer dans les 5 prochaines années Aliocha. Des journaux vont disparaître, et je n’ai pas forcement l’impression que ce seront les plus mauvais. Simplement les plus mauvais économiquement.

    Commentaire par Testatio — 26/08/2009 @ 14:22

  8. Les éditeurs de contenus, comme les chaines de cinéma, ne croient qu’à l’abonnement qui leur donne beaucoup de visibilité financière, est facile à contracter et pénible à résilier.

    Pour ma part j’attends des sociétés de presse qu’elles développent un système permettant d’acheter son journal (1€ ?), ou pourquoi pas son article (0,50€ ?) quand on le veut, comme au kiosque.

    Apple gagne des fortunes depuis plusieurs années en vendant de la musique et des applications à 1€ à l’unité, tandis que toutes les formules d’abonnement musical ont fait de discrets mais couteux flops pourquoi les titres de presse n’en prennent-ils pas modèle ?

    L’abonnement consiste en une confiance franche dans un titre à procurer à son lecteur un contenu satisfaisant dans la durée. De toute évidence cette confiance est ténue ; pour ma part je n’achète la presse qu’au numéro, mais souvent, et pas toujours les mêmes titres suivant mon humeur et le programme du titre en question.

    Leur salut passe par une OFFRE permettant au public d’ACHETER l’édition du jour, indépendamment de tout engagement à l’acheter le lendemain ou un autre jour.

    (je sais je radote, je me répète à chaque article sur la presse payante en ligne)

    Aliocha : mais non, vous ne radotez pas 😉 sauf erreur de ma part, personne n’a encore mis au point une solution de micropaiment facile et ludique, c’est tout le problème. Si quelque dieu de l’innovation technologique rode en ces lieux je serais intéressée d’en savoir plus sur la question du micropaiement.

    Commentaire par Emmanuel — 26/08/2009 @ 14:23

  9. Non, je ne suis certainement pas prêt à payer. Parce que je trouverais toujours aussi bien gratuitement et parce que je multiplie tellement mes sources d’information que ça deviendrait ruineux (et quant à payer certaines sources et pas d’autres, je ne vois pas pourquoi).

    Aliocha : aussi bien gratuitement ? Pour l’instant en effet, mais demain ? Vous me diez un informaticien a forcément sur ce sujet des facilités que les autres n’ont pas 😉

    Commentaire par Arkanosis — 26/08/2009 @ 14:29

  10. Je pourrais payer, mais 5 euros est une barrière psychologique. Et à ce pris là il faudrait que ça soit un journal que je lis quotidiennement (donc out libé, avec regrets).

    Mais le NYT à 5 euros, pourquoi pas?

    Aliocha : Tiens, pourquoi 5 euros ? C’est drôlement modique, ça correspond à deux exemplaires de Marianne. Curieux comme l’internaute est plus près de ses sous que l’individu du monde réel…

    Commentaire par Luk — 26/08/2009 @ 14:34

  11. « nos budgets culture divertissement autrefois consacrés notamment aux livres et à la presse sont absorbés désormais par ces joujoux technologiques. Alors forcément, on rechigne à payer en plus le contenu. »

    Pas d’accord. Avec le livre et le journal, on ne paye pas seulement le contenu, on paye le médium, qui a aussi une valeur en soi, plus grande qu’on ne l’imagine parfois (voir par exemple les remarques de Caro et Zythom). En fait, nous avons toujours eu l’habitude de recevoir un contenu gratuit, ou sous « licence globale » (la redevance télé). Et on rechigne à ce que ça change.

    « êtes-vous prêts ou pas à payer pour accéder à un contenu d’information sur le web et si oui, à quelles conditions ? »

    Pourquoi pas. Mais pas 3 à 15 euros par titre. Je consulte régulièrement une dizaine de sites, plus ceux qui sont cités sur les blogs que je fréquente. En tout, sans doute une cinquantaine. Trop cher. Vous me direz peut-être que je vivais très bien autrefois avec juste un ou deux journaux: ben oui, c’est le progrès…

    Par contre, je serais d’accord pour mettre 10 à 30 euros, ou peut-être même plus si l’offre est vraiment excellente (incluant des titres internationaux par exemple), dans un « bouquet de presse » similaire à un bouquet de chaînes TV.

    Aliocha : Exact, sur Internet, il n’y a pas d’appropriation du support, c’est une vraie différence.

    Commentaire par Gwynfrid — 26/08/2009 @ 15:09

  12. Le prix de l’information… C’est un grand débat. Mais avant de penser au modèle payant ou gratuit c’est avant tout au contenu qu’il faut penser. Si c’est pour avoir le même contenu qu’actuellement je serais très hésitant à payer.
    D’ailleurs je pense que une fois le problème du contenu réglé le choix payant/gratuit découlera directement. Aussi bien pour le fournisseur que pour le consommateur.

    Aliocha : je ne peux pas vous donner tort, mais je vais vous épargner ma rengaine qualité, déontologie, valeur ajoutée, professionnalisme…

    Commentaire par LordPhoenix — 26/08/2009 @ 15:31

  13. http://www.telerama.fr/idees/sites-d-infos-le-lecteur-est-il-pret-a-payer,46374.php

    Pour ma part, je suis prêt à payer pour vivre dans le silence médiatique. J’y travaille, et d’arrache-pied.

    Aliocha : ça ferait un joli sujet de roman d’anticipation 😉

    Commentaire par david — 26/08/2009 @ 15:46

  14. [quote]Si quelque dieu de l’innovation technologique rode en ces lieux je serais intéressée d’en savoir plus sur la question du micropaiement.[\quote]
    Avez-vous un compte AppleStore, ou iTunes ? A l’inscription on fournit ses coordonnées CB. Puis dans l’interface de la boutique, il suffit de cliquer sur « acheter ce titre » ou « acheter cet album » pour le recevoir immédiatement. Pour ma part ça m’a passé le gout du téléchargement illégal : l’offre est riche, facile, les couts limités (1€ le morceau, 10€ l’album) et surtout l’obtention instantanée.

    Le parallèle peut être fait entre la musique et la presse : les journaux sont les majors, et un prestataire pourrait jouer le role d’Apple pour la plateforme de commercialisation (le kiosque, quoi). Les groupes de presse publieraient leurs titres à travers cette interface, et les lecteurs n’auraient pas de souci pour acheter. Et pas d’abonnement non plus.

    Je m’imagine facilement dans le train : la page du monde.fr ne présente que la une et les titres des articles (Cf mobile.lemonde.fr) et pour avoir le journal entier on peut l’acheter à travers une interface dédiée sur son iPhone, son PC, etc. Du fait de cette solution de paiment facile et économique, les principaux fournisseurs d’information pourraient progressivement assécher leurs flux de contenus gratuits, et ils GAGNERAIENT DE L’ARGENT ! Autre intérêt, cela permettrait à Backchich, ASI et les autres de trouver enfin des lecteurs payants, sans obliger les sceptiques à s’engager dans un abonnement.

    Je vous invite sincèrement à vous intéresser au business des applications sur l’App Store d’Apple : certains développeurs habitués à mettre à disposition leurs logiciels gratuitement se sont retrouvés subitement avec 300 000 euros parce que leurs applications à 1€ pièce avaient rencontré un franc succès ! Les acheteurs sont ravis de ne dépenser qu’1€, et sur le volume les développeurs gagnent bien leur vie ! Toute une économie émerge grâce à la possibilité de gagner de l’argent pour les producteurs, sans spolier les acheteurs.

    Si j’avais des sous aujourd’hui je monterais une plateforme semblable à l’iTunes Store où les titres de presse mettraient en ligne leur production, et pourquoi pas leurs archives (qu’ils ont tant de mal à monnayer). Comble du bonheur, on pourrait enfin acheter le Canard Enchaîné en ligne !

    Bien à vous,

    Emmanuel

    Aliocha : merci pour ce précieux éclairage !

    Commentaire par Emmanuel — 26/08/2009 @ 16:05

  15. @Testatio(7)
    ben moi je préfère de loin consommer l’information sur internet, et je pense pourtant être une « personne ». Je n’ai jamais trouvé l’objet journal tellement pratique. Encombrant, fragile, difficile à manipuler et il fallait aller les jeter régulièrement tout en ayant vérifié qu’on avait fini de lire ce qui nous intéressait dedans. A part l’épineuse question de la gestion des épluchures de carottes, je vois pas trop ce que j’ai perdu à ne plus consommer de la presse papier (à par le Canard, mais c’est surement pas par fétichisme du support).
    Je suis abonné au Monde.fr et à ASI, pour un total de 9 euros par mois, je trouve ça très acceptable pour une consommation régulière d’information. Je suis susceptible de payer davantage (mais pas pour avoir de moins en moins, ce qui est un peu la pente du Monde en ce moment).
    J’étais relativement intéressé par le monde en PDF, mais payer 9 euros de plus par mois pour avoir dans un PDF les même articles que dans la version html je trouve que c’est se payer la tête du client. Je veux bien payer ma consommation d’information, mais je ne me sens pas tenu de subventionner leur édition sur papier.
    Par ailleurs je filtre de manière très extensive la publicité et le tracking (xiti & co) sur tous les sites, abonné ou pas.
    Sur ce qui fait s’abonner à un site, il y a la qualité du contenu proposé – et d’ailleurs je trouve que celui du Monde en plutôt en baisse – et la qualité de l’outil proposé pour le consommer.
    Il est indéniable de mon point de vue que le Monde.fr a significativement investi dans ses outils de publication en ligne et continue à le faire (application pour iphone, etc). Je suis au courant du fait qu’ils le font en partie avec mes impôts, mais quand même. De la même manière qu’ils ont toujours travaillé la maquette du journal, jusqu’à la typographie, le Monde est une maison où on a gardé une certaine habitude de travailler le conteneur (cela dit il y a toujours des trucs qui m’agacent sur leur site, mais ça reste d’un usage globalement agréable). Libé a plutôt baissé dans ce domaine je trouve et Rue89 est pas terrible (mais je le consulte quand même tous les jours).

    Commentaire par OuvreBoîte — 26/08/2009 @ 17:27

  16. @Zythom(3) && @Aliocha(3)
    J’ai moi aussi consommé pas mal de magazine papier informatique à une époque et j’ai quasiment tout arrêté depuis longtemps ; il y a plus qu’occasionnellement Linux Magazine et MISC (quand je prend le train…). Je ne crois pas que la presse informatique se porte très bien d’un point de vue économique, il y a eu semble-t-il beaucoup de restructurations ; de plus il existe beaucoup de contenu en ligne, et d’un niveau très satisfaisant – du moment qu’on lit l’anglais (et c’est généralement pas de l’anglais difficile si on connait le vocabulaire du domaine). D’ailleurs sur la « forte valeur ajoutée » c’est un brin exagéré, le niveau moyen de la presse informatique magazine n’est pas dans mon souvenir franchement remarquable. Et si l’on enlève les deux publications précités, ça risque même de paraître franchement faible.
    Même au Etats-unis où il existait traditionnellement un nombre plus significatif de publications d’un bon niveau technique, avec une « valeur ajoutée » certaine, je crois que la tendance n’est pas vraiment à voir l’argent couler à flots.
    Sur le stockage, je soupçonne Zythom d’habiter une grande baraque dans une ville de province, sinon c’est injouable pour un particulier de maintenir son service d’archive personnel.

    Aliocha : en effet, quand je parlais de presse technique, je ne pensais pas forcément d’aileurs à la presse informatique mais plutôt à la presse juridique, économique haut de gamme ou encore médicale.

    Commentaire par OuvreBoîte — 26/08/2009 @ 17:57

  17. @Aliocha(8)
    Bien que simple mortel, je peux avancer quelques éléments de réponse à la question sur le micropaiement.
    En fait le fond de la réponse est assez simple et est peu ou prou le même que pour pas mal de questions économiques récentes :
    Les banquiers sont nuls.

    Version plus développée :
    Un des métiers de base du banquier est de gérer des transactions financières entre ses clients et des tiers (clients aussi ou autres établissement du même type). Donc par exemple des chèques, des paiement par carte bleues etc.
    La transaction financière étant au fond un simple échange d’information, elle a naturellement vocation à être gérée par des outils de traitement de l’information (des ordinateurs donc) et son coût à descendre en flèche en même temps que le prix de la capacité de traitement des dits ordinateurs. Cependant il ne vous échappera vraisemblablement pas que d’une part, faire une marge même conséquente sur des poussières de centimes est beaucoup moins intéressant que de faire ces même marges sur des vrais centimes sonnants et trébuchants, et d’autre part on permet aux banques de refacturer aux emetteurs et au receveurs des transactions financières toutes sortes de frais d’un montant improbable pour ce service.
    En outre l’infrastructure des gestions de paiements est critique, car elle doit fonctionner tout le temps et répondre à des contraintes de sécurités un peu lourdes. Il est donc naturellement peu recommandé de le troquer tous les ans pour un modèle de saison et la gestion de ses évolutions est une tâche difficile.
    L’un dans l’autre, vous devriez distinguer comment le secteur bancaire a intérêt à conserver et promouvoir des outils de paiement obsolètes. Malgré les coûts engendrés par leurs défauts manifestes de sécurité, plutôt que de s’engager dans des évolutions dont le déploiement sera beaucoup plus fatiguant que de maintenir des vieux trucs stables en état de marche, se garder de rénover profondément un service qu’on pourra de toute façon jamais facturer aussi cher dans une version moderne. Alors qu’en plus on peut consacrer tous ses capacités de développement informatique à une course aux armements pour jouer au monopoly avec ses petits camarades et se faire de couilles en or à chaque fois qu’on passe par la case départ (bonus bonus). Et au passage on fusille tout un tas de potentialités économiques qui pourraient éclore avec des micropaiements, mais ça c’est pas grave.

    Aliocha : possible, en tout cas, tout ce qui relève du tir à vue sur les banquiers en ce moment emporte mon adhésion sans limite, ça soulage 😉

    Commentaire par OuvreBoîte — 26/08/2009 @ 18:24

  18. Je suis d’accord pour payer, mais à condition que les sites proposent du contenu de qualité.

    La majeure partie du contenu des sites d’information est formée de dépêches d’agences « bâtonnées » assorties de commentaires peu informés. Je considère que ce contenu relève de la pollution: rien ne sert d’avoir 10 sites qui reprennent tous la même information en la bricolant à la marge. Google News a d’ailleurs l’immense mérite de mettre en évidence ce phénomène.

    Je n’ai aucune envie de payer pour ce genre de choses. Je n’ai pas non plus envie de payer pour des billets d’opinion écrits par des éditorialistes incompétents – il y a déjà de nombreux blogs pour cela. Je suis en revanche prêt à payer pour une information de qualité écrite par des gens bien informés et qui connaissent leur sujet.

    Le papier a un immense avantage: dans le train, le métro etc. il ne nécessite pas de sortir un équipement informatique coûteux, donc dérobable, fragile et à la fiabilité douteuse.

    Commentaire par DM — 26/08/2009 @ 18:28

  19. L’idée d’Emmanuel (iNews ?) est brillante. On peu même la mixer avec un abonnement. C’est sans doute un sujet sensible, mais combien gagne un journal par numéro hors « logistique » (impression distribution, invendus…)
    Avec l’informatique, ces couts diparraisent. Si sur une plate forme j’ai pour 0,5E le journal de mon choix, 1E acces à tout numero de plus d’un semaine, je pense (Facile à dire sans connaître l’économie d’un journal) que celui-ci s’y retrouve.
    Si ce site me permet aussi un accès libre aux publications pour 10E par mois, le plateforme à juste à repartir le cout de l’abonnement entre les journaux à qui je suis abonné. Recette marginale en baisse mais analyse des gouts des lecteurs, correlation et finalement données marketing riches qui doivent pouvoir se revendre (anonymisée, bien sur). Modèle: les bouquets du câble. Avec possibilité des certains numéros spéciaux en achat direct pur (pay per view).
    On dit beaucoup de mal de la distribution, mais si elle existe, c’est qu’elle a une justification économique. iTunes, c’est ça: un distributeur multi éditeur. Je veux le disque de EotDM ainsi que SR, je ne vais pas à la pêche de site en site. Je veux lire Le Monde, Les Echos… il faut passer par les sites eux-même! « iNews » ou « toute la presse en ligne » (bref des kiosques de distribution) sont à mon sens nécessaire.
    Même si techniquement on peut tous atteindre tous les sites (point à point, pour les informaticiens), c’est économiquement aberrant.
    Quelques sites de distributions feraient beaucoup de bien à la presse en ligne…

    Commentaire par Aegor — 26/08/2009 @ 18:29

  20. Je ne suis pas certain pour ma part que nos budgets soient absorbés par les innovations technologiques. Plus exactement je crois qu’ils se sont taillés la part belle dans ces budgets, mais ne les ont pas totalement phagocytés : dans mon cas personnel, je ne crois pas acheter moins de livres ou sortir moins au spectacle (par contre avec internet je suis mieux au courant des sorties – livres, concerts, théâtre… – qui m’intéressent).

    Pour ce qui est des abonnements, je me demande si le prix « acceptable » (celui que chacun est prêt à payer) ne s’est pas déplacé : peut-être les gens trouvent-ils trop cher de payer le prix d’un journal pour des nouvelles quotidiennes qu’ils peuvent connaître autrement, gratuitement. D’autant que, vous le dites vous-même, la taille des articles se réduit comme peau de chagrin. Alors qu’ils seraient prêt à payer plus cher pour des articles plus longs, plus fouillés, la fréquence de parution changeant pour laisser le temps des enquêtes, quand l’info du quotidien serait assurer par le gratuit. Le succès de XXI va dans ce sens-là. Dans l’inconscient de ce qu’il faut bien appeler les consommateurs, l’idée de prix reste attachée à celle de qualité. D’où peut-être le prix d’un journal papier ne reflète plus l’idée de qualité dans l’esprit du consommateur, celle-ci s’étant dégradée et celle du gratuit s’étant accrue.

    Je pense que ce que j’appelle le prix acceptable va augmenter (les gens seront prêts à payer plus cher qu’ajdh) pour des contenus plus longs mais une périodicité moindre, quand le prix de l’info quotidienne baissera et tendra au gratuit pour un contenu se rapprochant de plus en plus de celui de la dépêche.

    Mais ce n’est qu’un sentiment qui ne se fonde sur aucune étude concrète, ni rien d’argumenté pour l’étayer.

    Commentaire par gwynplaine — 26/08/2009 @ 21:26

  21. Bon, chacun son truc.

    A l’inverse d’OuvreBoîte en 15 (et sans être pour autant carottophobe), je m’imagine difficilement renoncer à la lecture du Monde dans sa version-papier à pages pliables.

    Question de commodité personnelle (y compris aux toilettes, sur canapé, à la terrasse d’un café, dans les transports en commun, etc.). Question (certes plus obscure, sinon effectivement fétichiste) de quasi-confrontation physique et mentale avec le journal, d’aigre odeur d’encre et de favorisation de la création d’une bulle d’espace-temps de réflexion critique.

    Coût de cette première gorgée de bière : 8,10 € par semaine (une folie somptuaire au regard du prix de la version web, même en PDF).

    Je serais pourtant disposé à payer davantage pour une information améliorée (notamment en matière de politique internationale concernant laquelle Le Monde me paraît avoir au fil des ans lâché la rampe) et pour assurer la transmission des avantages sociaux des adhérents du SGLCE-CGT à leur descendance sur 10 générations :o)

    Nonobstant, le trépas de la version–papier m’apparaît à terme proche (10 ans maxi) inéluctable. Et certains des commentateurs m’ont ouvert l’esprit.

    Alors osons instituer, dès maintenant, une licence globale universelle dont le paiement forfaitaire autorisera la consultation sur internet de toute la presse éditée en France.

    Commentaire par Goloubchik — 26/08/2009 @ 23:30

  22. Oups. Correction du montant du coût hebdomadaire: 9,5 € en lieu et place de 8,10 (plus somptuaire encore).

    Commentaire par Goloubchik — 26/08/2009 @ 23:45

  23. Bon ben a moi alors…
    En presse papier, je n’achète que le canard enchainé, plus à chaque fois que je prend le train FHM et courrier international. (Et non le courrier international ne me sert pas qu’à cacher mon FHM quand je le lis…) Au niveau de la presse en ligne je me contente de LCI.FR (parce que rattaché à mon fournisseur d’accès), c’est très pauvre en contenu, mais pour lire des dépèche. De temps en temps je vais sur lemonde.fr. Et ensuite c’est tout. Je suis tout a fait prêt a payer pour du contenu interessant en ligne, mais pour une dépèche, je lacherai jamais un centime.

    Commentaire par adrien bis — 27/08/2009 @ 00:16

  24. Effectivement 3€/mois pour un abonnement, ce n’est pas cher. Beaucoup de site vendent des abonnements (certains uniquement pour cacher la pub).
    Un abonnement au Monde.fr, plus un à Lastfm, plus un pour votre site favori, plus un, plus un, plus un… c’est l’accumulation d’abonnements qui au final va creuser le budget des ménages.

    Il ne faut pas oublier que l’accès à Internet à déjà un coup : ordinateur et sa maintenance, FAI, électricité (les box sont trèèèès énergivores)…

    De plus, pour les gens comme moi – qui ont commencé à utiliser Internet, il y a plus de 10 ans – le problème est que nous sommes passés d’un modèle du tout gratuit à un tout payant (sans parler de l’inondation publicitaire de plus en plus intrusive)

    Je suis malgré tout abonné à @SI. Je n’étais même pas intéressé (au départ) car je ne regardais pas l’émission. Je me suis abonné par pur esprit malin.

    Commentaire par PtitDark — 27/08/2009 @ 08:31

  25. A votre interrogation sur l’exigence de gratuité, je répondrai que l’information brute n’est pas perçue comme justifiant un paiement par contre son traitement (analyse, critique, reportage, etc) apporte une valeur ajoutée qui justifie un paiement. L’innovation en terme d’information, ce n’est pas d’y accéder mais la façon dont elle est traitée.

    Je lis très peu la presse quotidienne en général et française en particulier. Fini le temps où je trainais à la terrasse d’un café au petit matin à lire Le Monde du début jusqu’à la fin!

    S’agissant de l’actu, je me nourris au RSS et éventuellement approfondis un sujet qui m’intéresse. Ceci dit, même parmi les fils RSS d’actu auxquels je suis abonné, l’immense majorité n’est pas d’origine française (BBC, journaux du Moyen-Orient, presse business étrangère, etc…). Je ne crois donc que je paierai encore pour un quotidien (papier ou web) sauf si l’abonnement me donne accès à un contenu supplémentaire (et utile). Pour ce qui est des magazine de news, je ne lis que Der Spiegel et The Economist. Aucun magazine français. Je sais, ce n’est pas bien. Le reste de mes lectures, c’est de la presse spécialisée (Classe Export, Le Moci, etc). Là encore, même principe : le contenu et ce qu’il m’apporte conditionnent l’achat.

    Cependant, s’il était développé une plateforme reprenant l’excellente idée d’Emmanuel, il est très probable que je l’utiliserais. En reprenant le principe de la VOD, la presse « on demand » donc vendue à l’article trouverait probablement son public. Cela permettrait au lecteur de construire son journal à sa convenance. Là seraient l’innovation et la valeur ajoutée qui justifieraient l’achat.

    Commentaire par Ferdydurke — 27/08/2009 @ 09:33

  26. Vous démarrez fort par ce billet d’entrée sur la gratuité ou non des principaux sites d’information. Si la question mérite d’être posée, je ne suis pas certain que la réponse apportée par les principaux médias (les journaux comme le Monde et consort) soit à même de résoudre la problématique à laquelle ils sont confortés.

    Comme le dit si bien Ferdydurke dans le commentaire précédent, l’information brute n’est pas perçue comme justifiant un paiement par contre son traitement (analyse, critique, reportage, etc) apporte une valeur ajoutée qui justifie un paiement. Le problème de la désaffection du public est, à mon sens, essentiellement lié à cet aspect. Je n’achète plus de presse généraliste (journaux ou d’hebdomadaire d’infos) car cette dimension est devenu affreusement absente. Rendre payant ces sites ne va rien changer. Tant que la médiocrité actuelle sera au rendez-vous, je crains fort, hormis quelques uns, que la situation actuelle perdure. Cela s’apparente un peu à la quadrature du cercle mais sans crédibilité avérée, justifiant une plus-value, le bateau continuera malheureusement à couler et ce d’autant plus que le Web, quoiqu’on puisse en penser, sera de plus en plus présent et offrira, mine de rien, ces fameuses infos auxquelles sont adossées, le plus souvent, des commentaires pertinents.

    Bonne rentrée.

    PS: merci de supprimer mon débute de commentaire (maudit clavier).

    Commentaire par H. — 27/08/2009 @ 10:53

  27. Il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes : Lemonde.fr n’est pas Mediapart – celui-ci vit de ses abonnements tandis que celui-là propose des services en plus de la lecture des articles qui sont payés par les acheteurs du papier journal.

    Personnellement, ce n’est pas tant le gratuit qui me semble problématique (il y aura toujours Métro pour le tout-venant) que cette idée de modèle mixe : on fait payé ou non !? Proposer des « services complémentaires » est une fourberie de publicitaire : appâter le chaland avec des « privilèges ». Un journal n’est pas un tas d’information (dépêches) mais une architecture de l’information : certes des contenus mais d’abord l’organisation de ceux-ci. Il me semble que les journaux en ligne (Asi, Mediapart) n’ont pas bien compris ça : pour eux, le journaliste travaille puis publie son travail sans passer par une conférence de rédaction (ces sites sont très loin d’offrir la mise en page qui constitue l’intérêt principal de la lecture d’un journal en vrai).

    A mon avis ce n’est pas tant le modèle gratuit qui est défaillant que le payant qui reste à inventer – pourquoi voit-on la différence entre Métro et Libé alors qu’on ne la voit pas entre le site de Libé et celui de Mediapart ? Parce que Mediapart s’est contenté de rendre payant ce que Libération offre à tout le monde (avec davantage d’élégance certes). Bien sûr il faut rémunérer les journalistes, mais il faut aussi payer la ligne éditoriale (le ton de Libé n’est pas celui du Figaro (ouf !), sinon je ne l’achèterai pas) : cette dernière est sensible sur la papier et invisible en ligne (hélas !). C’est la ligne éditoriale – partant, les conférences de rédaction – qui justifie l’achat d’un journal en kiosque, puisque l’exclusivité a fait long feu. Rendre payant les journaux en ligne sans rien changer est donc une solution faible (les flux se déplaceront sur les sites qui relaieront l’information).

    Il faut rendre payant ce qui mérite de l’être : l’identité d’un journal (son ton, ses chroniqueurs, ses enquêtes et surtout sa ligne éditoriale, c’est à dire ce en quoi son architecture de l’information est unique). Les journaux devraient donc travailler avec des informaticiens pour traduire pleinement en ligne leur support papier (plutôt que de travailler entre eux à des modèles mixes dont je doute fort puisqu’ils ne font pas sentir au lecteur qu’il en a pour son argent).

    Commentaire par Bardamu — 27/08/2009 @ 14:01

  28. Pour moi, la presse en ligne gratuite ça n’a jamais existé. Simplement à la différence du papier, le coût ne reposait plus du tout sur les lecteurs mais exclusivement sur les annonceurs. Et ça a fait du dégât : l’annonceur n’achète pas de l’information mais du trafic ou pour parler comme M. Le Lay, « du temps de cerveau disponible ». Alors les sites d’infos prétendûment gratuits, faut que ça bouge pour être bien vu et souvent vu par Google et faut pas que ça coûte cher : d’où la reprise des dépêches d’agence qu’on retrouve sur tous les sites de presse et même à la radio, à peine réécrites.

    Ce « modèle économique » a même fini par pervertir la presse écrite qu’il s’agisse des « news » qui ressemblent de plus en plus à des conteneurs de pub ou des quotidiens et leurs suppléments à thème mais qui ont de de moins en moins de pages (alors que le monde est de plus en plus complexe comment serait-il possible d’informer correctement ?), des articles de moins en moins informés (quand il ne s’agit pas de la reprise pure et simple de dépêches) .

    Au fond, le « retour » au payant serait une bonne nouvelle pour la presse, si cela devait signifier que les sites d’information vont enfin se mettre à écrire pour informer leurs lecteurs. Mais quand je vois les modèles qui sont envisagés, je suis pris d’un doute : pour Le Figaro, il s’agit semble-t-il de vendre des services complémentaires plus l’accès à des lettres hyper-confidentielles (et qui donc le seront de moins en moins) sans doute dans des domaines très techniques, le gros de l’information restant gratuit. Quant à Libération, si l’information vendue le matin sur le papier perd sa valeur à 18 heures, je me demande si elle a tant de valeur que ça.

    En dehors de la presse qui s’adresse à des professionnels, je ne crois pas que la « fraîcheur » de l’information qui maintenant est colportée très vite par les agences de presse et les communicants de tout poil ait une valeur économique en soi, contrairement à ce que tout le monde ou presque semble penser ou contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire.

    C’est en cela que des expériences comme Mediapart (ou @si dans un autre domaine) sont intéressantes et à mon avis prometteuses : leur métier ce n’est pas l’actualité brûlante, leur challenge ce n’est pas de recracher en temps réel les dépêches d’agence mais de créer du contenu exclusif, qui ne perd pas sa fraîcheur ou sa valeur à dans les 10 heures qui suivent la mise en ligne. Comme par hasard (mais s’agit-il vraiment d’un hasard ?), il n’y a pas de pub sur Mediapart ni sur @si.

    Commentaire par ranide — 27/08/2009 @ 14:25

  29. @ Emmanuel

    Vite, vite. Déposez votre idée. Ensuite, business plan, recherche d’investisseurs, négociation et contrats avec les éditeurs de presse, création d’entreprise, incubateur, etc. A vous la gloire et les €€€€€€€€!

    Tschok et Fantômette à la direction juridique, Zythom pour les aspects informatiques, Aliocha en responsable com’ (je plaisante : directrice du contenu éditorial), Goloubchik aux relations publiques (il m’a l’air très doué dans ce domaine), Mussipont à la direction marketing (rien de tel qu’un wargamer pour cela 😉 ). Y a-t-il un financier dans la salle? Je prends le développement international. Qui d’autre est intéressé?

    Scoop : Le nouveau William Randolph Hearst est né sur le blog d’Aliocha!

    Commentaire par Ferdydurke — 27/08/2009 @ 17:06

  30. @ Ferdydurke

    Emmanuel, au début, ce sera plutôt le nouveau Citizen Kahn 🙂 (JF bien sûr, pas le valseur).

    Concernant le montant des boni et des parachutes dorés, je suggère qu’on se décide rapidos, avant que la loi ne remplace l’injonction moralisatrice.

    Commentaire par Goloubchik — 27/08/2009 @ 17:34

  31. Bonjour

    Pour ma part, il n’y a rien de meilleur pour s’informer qu’une terrasse de bistrot et un café si j’ai des clopes. Là c’est le pied.
    Passant aussi beaucoup de temps sur le web, je m’y informe beaucoup. Personnellement je ne verrais aucun problème à payer les contenus informationnels à la place de la pub. Et si cela apportait de la valeur ajoutée en terme d’indépendance, j’en serai ravi.

    Pour autant il y a bien cette réticence nommée au début des commentaires. C’est une question d’habitudes. Pour des générations qui en gros n’ont jamais eu l’habitude de payer quoi que ce soit sur le réseau, c’est une modification importante.
    D’autre part j’ai été abonné à Mediapart. Mais 90 euros/an par rapport à un usage non quotidien c’était un peu contraignant.
    Car si par média ce n’est pas cher, 3 euros par ci, 5 par là, au bout du bout, l’addition a son poids. Et je n’ai aucun abonnement papier tout simplement parce que je n’ai aucun systématisme dans le domaine, hormis peut-être le Canard Enchainé.

    Je crois qu’il faudra des abonnements à la carte, ou par catégorie, une autre façon en tout cas qu’un abonnement rigide ou des articles à l’unité hors de prix. Par exemple j’ai remarqué qu’un article de Sud Ouest est à presque 1 euros l’unité. C’est prohibitif à mon sens (surtout quand on connait le journal).

    Voilà c’est tout.
    Merci

    Commentaire par Barbecane — 27/08/2009 @ 20:26

  32. @ Goloubchik

    +1… allez +2 pour Citizen Kahn. Il faudra toutefois éviter toute référence à rosebud vue sa définition argotique. 😉

    Ni bonus, ni parachute! Rien d’autre que du sang, du travail, des larmes et de la sueur! A la Churchill!

    Commentaire par Ferdydurke — 27/08/2009 @ 21:20

  33. @ Ferdydurke

    J’accepte de remballer ma cupidité pour cette noble cause mais, en amodiation du strict programme churchillien que vous reprenez, requiers l’octroi d’une pause-marrade quotidienne de 4 heures minimum.

    Bon, on attaque quand Axel Springer Verlag? Et comment? En passant par La Libre Belgique?

    Commentaire par Goloubchik — 27/08/2009 @ 21:45

  34. @ Goloubchik

    Va pour la pause-marrade de 4 heures MAXIMUM. A raison de 12 h de travail journalier, cette demande est légitime. Pour les modalités stratégiques de pénétration (de marché), nous verrons cela avec Mussipont, le directeur marketing. La stratégie c’est son truc. Je suis en outre certain qu’un Alsacien (Lorrain?) se fera un plaisir d’envahir l’Allemagne… 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 28/08/2009 @ 08:05

  35. Je pense que, tant qu’il y aura d’un côté une multitude de sites gratuits et, de l’autre, quelques sites payants, le modèle ne sera pas rentable. D’autant que les sites gratuits s’abonneront aux sites payants pour en relayer le contenu, et donc gratuitement.

    Deuxièmement, la presse papier aura toujours l’avantage d’être un beau produit, qui est à soi une fois qu’on l’a acheté, qu’on emmène où l’on veut, dans le train ou sur la plage. C’est incontestablement l’inconvénient d’internet : une fois abonné à un site, on est obligé de rester les yeux rivés sur un écran ou iPhone pour le consulter. C’est moins reposant.

    Enfin, il faut bien dire que culturellement, internet est le royaume du gratuit. Je dirai même que les gens qui en avaient marre de payer à tout va ont investi internet à ses débuts pour en faire un espace de liberté. On ne peut donc pas arriver, malgré quelques bons articles, en disant que désormais, c’est le modèle économique qui va être roi.

    Le plus probable est qu’internet se dirige vers des sites hybrides, offrant leur contenu gratuitement, avec une offre payante permettant d’accéder à davantage de contenu, des archives, des analyses, des vidéos… Et malheureusement, les internautes (dont je fais partie) ne seront jamais sensibles à l’argument « payez-nous sinon nous ne pourrons pas survivre ».

    Commentaire par JC — 28/08/2009 @ 08:32

  36. J’ai investi dans du papier électronique, c’est aussi reposant que le vrai papier (je suis un grand lecteur, donc je rentabilise assez rapidement l’appareil). Et avec l’abonnement que j’ai pris au journal (le Monde), je dispose exactement du même contenu que l’édition papier mais en version PDF. Il est vrai qu’au début j’appréciais fortement cette possibilité offerte, des dépêches non détaillées et un contenu PDF bien plus complet. Mais plus le temps passe et plus j’ai l’impression que le contenu du site et du journal lui-même se rapprochent, le nivellement se réalisant par le bas…

    Commentaire par kujiu — 28/08/2009 @ 08:51

  37. Jadis je me délectais de la lecture des quotidiens, à une époque ou il etait encore raisonnable, vu le budget du ménage, d’acheter des journaux; aujourd’hui, vu la montée extraordinaire du pouvoir d’achat je me contente de lire les quotidiens au hasard du dessus l’épaule de mon voisin de RER qui à force me déteste, mais n’ose pas me réprimander, conscient que l’accés à l’information doit etre partagée par tous….
    Hé oui, la crise nous touche à tous les niveaux, et particulierement au niveau intellectuelle, car il ne reste ( à ceux qui comme moi n’ont pas des salaires de ministres) que les medias de masse pour nous distiller de savoureux messages, controlés par de malins manipulateurs d’opinions….ce qui fait le bonheur d’une maline et silencieuse corporation…
    Plus sérieusement, j’entretiens mon sens critique en parcourant des blogs comme le votre, ce qui me rassure, car cela fait du bien d’entendre differents son de cloche ( non pas que je veuille insinuer que vous en soyez une, mais l’image est trop belle)
    Suis je comme on me l’a dit un paranoïaque qui ne voit que d’odieux complots? ou bien suis-je lucide, refusant d’embrasser des idées à l’insu de mon plein gré?
    Encore bravo pour votre blog very interresting!!!

    Commentaire par skeuv — 28/08/2009 @ 10:37

  38. Bonjour Ferdydurke, bonjour Goloubchik

    Hm, en ma qualité de vice-directrice juridique (je laisse gracieusement le titre de directeur à tschok, je suis déjà pape, je ne voudrais pas abuser)(mais je vous remercie naturellement d’avoir pensé à moi pour ce poste à haute responsabilité), je me dois de venir pinailler sur la pause-marrade de 4 heures max, qui soulève toute une série de questions pratiques.

    Ainsi, s’agira t-il de 4 heures d’affilée ?

    Cela me semble beaucoup – et potentiellement fatigant.

    Sur une journée de 12 heures, ne vaudrait-il mieux pas prévoir de répartir agréablement la pause-marrade de façon à autoriser le personnel salarié à décompresser à intervalles, le cas échéant, brefs, mais réguliers ?

    Nous pourrions envisager ainsi une pause de 20 minutes d’incompressible bonne humeur toutes les heures, ou plutôt, disons, 10 minutes d’inextinguible fou rire en alternance avec 10 minutes de gloussements intempestifs toutes les demi-heures, éventuellement capitalisables sur deux heures d’affilée pour le personnel d’encadrement dans le cadre d’une dérogation particulière de rattrapage du temps de marrade (je pense notamment à la difficulté soulevée par la question du respect des pauses lors des conf’ call avec l’étranger).

    On ne réfléchit pas assez au stress subi par le personnel d’accueil, aussi – et je songe tout particulièrement à l’accueil téléphonique – pour lequel j’étudie, en concertation avec leurs syndicats, la possibilité de les laisser pouffer légèrement vingt secondes toutes les quarante secondes.

    De petits panonceaux électroniques pourraient régulièrement donner le top départ de la pause-marrade par diffusion d’un message lumineux (« LOL », par exemple), ou sonore (quelques mesures de la BO du Grand Blond, éventuellement).

    Pour ce qui est de la répartition horaire du sang, de la sueur et des larmes, je n’y ai pas encore sérieusement réfléchi, mais je crois plus logique de commencer par les larmes, puis au choix, sueur-sang ou sang-sueur (il ne faut point trop rigidifier le système non plus, restons souple), puisque les larmes sont un dénominateur commun aux émotions positives et négatives, et me semblent donc être l’interface logique du passage d’un état émotionnel à un autre.

    (Cela dit, attention, tout ceci restera devoir être validé par monsieur le directeur, bien entendu.)

    Commentaire par Fantômette — 28/08/2009 @ 11:15

  39. Je suis sincèrement ravi d’avoir réuni autour de ce projet une si fine équipe de traine-patins pinailleurs ! Citizen SteveJobs n’a qu’à bien se tenir !

    Commentaire par Citizen Emmanuel — 28/08/2009 @ 11:33

  40. Je m’insurge haut et fort contre ce paternalisme patronal insupportable, qui voudrait nous dicter où quand et comment être de bonne humeur !

    Gwynplaine, représentant syndical SGT (Syndicat des Collègues Taciturnes).

    Commentaire par gwynplaine — 28/08/2009 @ 13:58

  41. Oups, une coquille s’est glissée dans notre dernier communiqué : il fallait bien entendu lire « SCT » quant à nos initiales syndicales.

    Commentaire par gwynplaine — 28/08/2009 @ 13:59

  42. Devant tant de mauvaise foi des employés et de l’encadrement, je renonce et laisse la presse française à son triste sort.

    Encore une belle entreprise française pleine d’avenir torpillée par la SGT !!

    Commentaire par Citizen Emmanuel — 28/08/2009 @ 14:51

  43. @ Citizen Emmanuel

    Trop tard pour renoncer. Vous êtes comptable des espérances que vous avez générées. Assumez votre destin avec noblesse, courage et détermination.

    @ Fantômette

    Salut à vous et à votre contribution.

    Personnellement, loin d’y voir un pinaillage (troisième mamelle de la France citée, mais mezzo voce, par Sully), je la considère comme constitutive d’une avancée significative et indispensable du projet en cours.

    La définition préalable des conditions d’application de la pause-marrade relève en effet de l’ardente obligation de prévenir en la matière tout conflit collectif ou individuel qui pourrait naître dans cette entreprise naissante. Le rire est chose trop sérieuse pour souffrir de l’improvisation et du laisser-aller juridique, même si comme vous l’observez, il ne convient point de trop rigidifier le système.

    Je soumets ci-après à votre sagacité et à celle de votre supérieur hiérarchique la résolution de quelques questionnements supplémentaires relatifs à des difficultés pratiques qui ne devraient pas, hélas, manquer de se présenter.

    – Comment ainsi régler, en termes de répartition temporelle des 4 activités physiologiques concernées, la situation des salariés qui riront aux larmes ? Des hémophiles gloussant ? Des éternellement ravis qui transpirent la joie de vivre ?

    – L’incompatibilité d’humeur et d’humour n’étant pas jurisprudentiellement considérée comme un motif réel et sérieux de licenciement comment éviterons-nous de verser de lourdes indemnités à des pisse-froid recrutés par erreur?

    Sur un plan plus général, je souligne que l’automaticité de la pause-marrade pourrait judicieusement être régulée par la diffusion, par voie de canalisations ad hoc, de protoxyde d’azote (cf. pour plus de détails http://www.anthropologieenligne.com/pages/12/12.3.html). En outre, en cas de liquidation judiciaire de l’entreprise, tout le matos utile à l’ouverture de négociations avec M. Estrosi serait déjà en place.

    Si, toutefois, votre propre suggestion, également séduisante, de panneaux lumineux de régulation devait finalement être retenue, il serait alors à mon sens souhaitable – sauvegarde de la richesse de la langue française oblige – que le message « MDR » soit préféré à « LOL ».

    Commentaire par Goloubchik — 28/08/2009 @ 15:52

  44. Je n’ai pas lu tous les commentaires précédents, et j’espère ne pas répéter ce qui a déjà été dit.

    Il me semble que les deux principales avancées de l’information sur Internet par rapport à la presse papier sont les suivantes :

    1 – La simultanéité. L’information brute est immédiate. Pour cela, je suis prêt à payer un abonnement. Autrement dit, je suis prêt à payer un abonnement – mais un prix modique – pour avoir accès à l’AFP. Mais comme de nombreux sites diffusent les dépêches en continu, je ne le fais pas.

    2 – La liberté. Avant Internet, chacun lisait plus ou moins un quotidien et un hebdomadaire. A moins d’être journaliste ou documentaliste soi-même, on n’a pas vraiment le temps d’en lire plus, et on finit par payer des journaux qui s’empilent sans être jamais lus. L’avantage d’Internet, c’est cette liberté de lire des journaux de tendances différentes, des opinions variées, de creuser un sujet. En cantonnant de nouveau le lecteur à un système d’abonnements, on perd cet avantage-là, et l’internaute que je suis en est frustré. Je vois Internet (et je ne pense pas être le seul) comme une bibliothèque : une fois entré, on consulte à l’envi. Imaginez donc une bibliothèque où le lecteur ne serait abonné qu’à certaines sources, ou devrait payer à chaque consultation…

    J’ai conscience, sur ce second point, de ne pas résoudre le problème : les bibliothèques, à l’inverse d’Internet, sont toujours centralisées, et le plus souvent subventionnées. Mais l’analogie fournit une piste : à mon sens, la solution passerait par des bibliothèques virtuelles, payantes, elles, qui contracteraient avec les ayant droit, et permettraient aux internautes de préserver la variété de leurs consultations. Un deezer de l’actualité payant, en quelque sorte.

    Commentaire par tilbud — 28/08/2009 @ 16:51

  45. Je suis heureux de voir que mon iTunes de l’actualité rencontre également le soutien de ceux qui ne m’ont pas lu. Merci beaucoup !

    Commentaire par Citizen Emmanuel — 28/08/2009 @ 17:03

  46. Cher Goloubchik,

    Je constate avec plaisir que nos préoccupations se rejoignent.

    Je suggère d’autoriser les salariés volontaires à comptabiliser le temps passé à rire aux larmes ou à transpirer d’extase, au double titre de la pause marrade et d’un tiers-temps « du sang, de la sueur et des larmes », et ce pour la raison suivante : cela me semble logique. Dans l’environnement aujourd’hui extrêmement concurrentiel des media et de l’information, une entreprise moderne se doit d’encourager ses équipes à développer leurs qualités de polyvalence, et orienter leur force de travail dans une optique multi-tâches.

    Permettre aux salariés d’optimiser leur temps de travail en les laissant libre d’opter pour une rentabilisation de celui-ci au double titre « du sang et du rire », ou « de la sueur et des larmes » me semble par conséquent aller dans le bon sens.

    En ce qui concerne la question du recrutement, comme celle qui lui hélas consubstantiellement liée du licenciement, je vous propose de travailler dans deux directions.

    D’une part, je crois qu’il convient de réfléchir soigneusement à des définitions de postes qui devront faire apparaître en toutes lettres l’obligation expressément contractée de consacrer le temps imparti à la pause-marrade à l’expression d’une irrépressible et manifeste – voire bruyante – bonne humeur. (La référence explicite à cet impératif contractuel lors de la re-négociation des conventions collectives pourrait du reste faire significativement progresser l’ensemble du secteur, mais je ne voudrais pas donner l’impression de mettre la charrue avant les bœufs). D’autre part, dans un bon esprit, nous pourrions envisager de mettre en place une formation interne, prise en charge dans le cadre du DIF, pour permettre aux pisse-froid de développer leur corporate attitude.

    Voilà quelques pistes de réflexion que je vous livre un peu en vrac, destinées naturellement à la discussion.

    La régulation de la pause-marrade par le biais de la diffusion de protoxyde d’azote me semble être une merveilleuse idée, mais il faudra penser à vérifier si la mise en place de ce système est susceptible de faire passer notre siège social dans la catégorie des installations classées, en l’espèce possiblement soumise à un régime de déclaration, me semble t-il.

    Commentaire par Fantômette — 28/08/2009 @ 17:39

  47. Camarades,

    Devant les pressions toujours plus fortes des représentants patronaux pour que tout un chacun s’épanouisse au sein du monde de l’entreprise, l’intersyndicale a décidé de poser un préavis de grève de la joie et en appelle à la mobilisation de toutes ses forces vivent. En effet, sous couvercle de progrès social, le patronat cherche à nous contrôler tous : les zigues à la pige, les zigues à la rédac’ et les zigues aux matiques. Ne vous y trompez pas, camarades, ils cherchent à nous faire prendre des vestiges pour des lampes ternes.

    Qu’ils sachent que nous ne sommes pas dupes ! Hier ils prétendaient que leur « pause marrade » (sic!) se ferait sur la base du volontariat, et aujourd’hui ils parlent déjà de toucher aux accords collectifs dont certaines avancées furent acquises de haute lutte. Qu’ils se méfient, car il n’y a pas loin du rire aux larmes !

    Nos revendications sont pourtant raisonnables, nous ne demandons même pas la suppression de leur « pause marrade ». Non, simplement nous réclamons, pour contrebalancer les effets pervers de cette mesure, que soient installés sur le lieu de travail des urinoirs réfrigérés de taille acceptable pour tous ceux qui refuseraient de se plier aux dictaphones de la direction.

    Si ces revendications devaient être ignorées et que les moyens d’action traditionnels s’avéraient insuffisants, nous envisagerons de radicaliser la lutte. Nous pourrions aller jusqu’à remplacer le message d’accueil téléphonique par un pot-pourri des meilleurs enregistrements de Jean Roucas.

    L’intersyndicale RIRE (Réseau des irascibles relationnels en entreprise) réunissant le SCT (Syndicat des collègues taciturnes), la CTT (Confédération des tireurs de tronches) et Sud-net.

    Commentaire par gwynplaine — 28/08/2009 @ 23:47

  48. @ gwynplaine +3

    @ Fantômette ; CONFIDENTIEL ; TTU (signalé pour avant-hier)

    Découvrant votre dernier commentaire, je m’apprêtais benoîtement à rebondir, mais la gravité de la situation brutalement induite par les revendications de Vladimir Oulianov Gwynplaine nous impose de référer nocturnement dans l’urgence.

    Ces revendications sont inacceptables. Si nous cédons sur les urinoirs réfrigérés, nous lâcherons à terme proche pour Jean Roucas, et plus avant, pour Toto de Carambar.

    Je suggère que vous contactiez aussitôt Ferdydurke. Sur son cellulaire si nécessaire, sur son fixe s’il se trouve présentement dans son repaire de La Garenne-Lapins à marmotter des formules kabbalistiques de retour d’affection devant la photo en pieds d’Aliocha (mine de rien, « l’affaire Guerlain » a laissé des traces).

    Il convient qu’il constitue dès potron-minet une filiale de la société en Mongolie Extérieure (un vol Aeroflot Roissy CDG-Moscou-Oulan-Bator part le samedi à 5h45). Nous procédons dans la foulée à un licenciement économique des pisse-froid en proposant un reclassement sur place, au SMIC local (103 € mensuels). Pour faire social, nous proposons d’assurer en sus le logement du personnel muté (en yourte, faut pas pousser, au demeurant c’est in et écolo). Si refus du reclassement, nous licencions.

    Ce plan d’urgence recueille-t-il votre agrément?

    Commentaire par Goloubchik — 29/08/2009 @ 02:17

  49. Bon, je débarque un peu après la bagarre (et quand la discussion a quelque peu dérivé…) et je crois que tout ça a déjà été plus ou moins dit, mais pour moi, les raisons de la difficulté du payant sur internet sont les suivantes :

    – D’abord, évidemment, l’effet de troupeau : si tous les autres sont gratuits, le premier qui devient payant doit se distinguer fortement pour que les gens acceptent de payer. C’est ce qui fait qu’@si peut marcher, mais entre des journaux généralistes comme le Monde, Libé, le Figaro… c’est nettement plus difficile.

    – Ensuite il a la question du support. On est quand même essentiellement habitués à manipuler des objets, et il est toujours difficile d’accepter de payer pour quelque chose d’immatériel. Même quand on achète de la musique, beaucoup de gens rechignent à acheter des morceaux en ligne et préfèrent avoir le disque (même si la première chose sera de le copier sur leur ordinateur !). Le fait qu’on n’est jamais sûr de la pérennité, de l’inter-opérabilité et autres des formats numériques n’arrange rien, mais au coeur je crois que ceux qui vendent de l’immatériel doivent rassurer l’acheteur. Ça peut être la possibilité de télécharger un grand nombre de fois la même information, ou de faire une copie locale (genre un PDF, pour des articles — qui pourrait n’être dispo que après quelques jours si on a peur du piratage, mais je crois que c’est en fait un faux problème), ou autre chose que je n’imagine pas…

    – Je crois qu’il y a aussi un problème de ce pour quoi on paye. Pourquoi faut-il absolument payer un abonnement alors que dans un kiosque, on peut acheter un journal à l’unité ? En n’offrant que des formules d’abonnement, les journaux n’attirent, fatalement, que les lecteur qui ont un mode de lecture intensif. Et même plus, que des lecteurs qui sont conscients d’avoir un tel mode de lecture ! Bien des gens achètent leur journal tous les jours au kiosque, payant ainsi bien plus que le coût d’un abonnement. Au delà de certains qui partent trop tôt de chez eux pour le recevoir ou ce genre de choses, il y en a beaucoup pour qui c’est simplement une habitude. Et on se sent, à tort ou à raison, plus « libre » quand on achète au coup par coup.

    – La réponse à la question juste au dessus, et c’est à mon avis le vrai coeur du problème, c’est le paiement. Je ne peux qu’appuyer la discussion sur les méthodes de micro-paiement. C’est un thème qui revient régulièrement ici et je ne crois pas que ce soit un hasard ! Un système qui permet de payer de manière transparente des petites sommes, avec autant de facilité que la poignée de monnaie qui traîne dans une poche, est à mon avis l’élément clé qui changera réellement notre manière de payer sur internet. On peut comparer par exemple avec le minitel, qui intégrait structurellement un système de micro-paiement et qui a rapporté des sommes énormes pendant des années (et qui même maintenant n’est pas si mort que ça…). De ce que j’en ai compris, je crois que l’i-phone est en train de reproduire plus ou moins ce modèle, et il a un succès énorme. Je ne sais pas si ça sera *la* solution, mais une solution est indispensable…

    Commentaire par Rémi — 01/09/2009 @ 12:53

  50. Trois articles sur le web et la gratuité, dont le dernier qui intéresse directement le sujet :
    La gratuité est-elle l’avenir du web? (1/2)
    La gratuité est-elle l’avenir du web? (2/2)
    – – Sites d’info : le lecteur est-il prêt à payer ?

    Commentaire par gwynplaine — 01/09/2009 @ 18:12

  51. Bonjour à tous
    Je n’ai rien à ajouter sur la question de la presse payante ou non, tout a été dit.
    Mais par contre, vous êtes plusieurs à vouloir télécharger vos magazines, en micro-paiement et à vous désoler que cela ne soit pas possible.
    En fait cela existe. Il y a même plusieurs sites qui le proposent.
    Le fait que vous ne les connaissiez pas, prouve une fois de plus que la presse est très mauvaise en communication et en business model (j’en sais quelque chose, j’y travaille).
    Vous pouvez aller au choix sur :
    http://www.lekiosque.fr/
    http://www.relay.com/
    Sur ce dernier d’ailleurs, en ce moment, on peut télécharger un an complet du journal GQ. Original comme idée.
    Et bon retour de vacances à Aliocha. Moi je retrouve mon groupe de presse qui ne sait toujours pas comment remonter la pente demain 😉

    Aliocha : Merci Karine, j’avais découvert en effet ces sites en faisant une petite recherche et je voulais les signaler, voilà qui est fait ! Cela étant, il faut que je regarde ça plus attentivement. Les lecteurs veulent pouvoir acheter les articles et pas seulement les journaux en entier, or il me semble que sur ces sites on propose les titres, pas les articles.

    Commentaire par Karine — 06/09/2009 @ 10:34

  52. De rien 🙂
    En même temps, mon commentaire a peu de chance d’être lu vu qu’il arrive 5 jours après le post. Donc vous pouvez en faire un post à lui tout seul 🙂
    Et oui, la vente à l’article n’est pas possible sur ces sites.
    Peut-être faudra-t-il attendre qu’enfin, la presse rentre à l’iTunes Store pour que ça devienne un mode de consommation grand public, comme pour les applis et la musique.

    Commentaire par Karine — 07/09/2009 @ 11:56

  53. Ou alors on se groupe, on monte une équipe, un business model, on va voir un Venture Capitalist et on fait développer la structure technique qui nous permettrait de devenir le vrai kiosque à journaux.

    On y va ?

    Commentaire par Citizen Emmanuel — 07/09/2009 @ 15:28


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