La Plume d'Aliocha

08/07/2009

Un mea culpa pour rien

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 11:49

J’ai enfin lu la fameuse interview de Nicolas Sarkozy parue dans le Nouvel’Obs qui agite la toile depuis bientôt une semaine. Pour mémoire, les journalistes de la rédaction de l’Obs’ sont furieux, à juste titre, que le directeur de la publication (Denis Olivennes) et le directeur de la rédaction (Michel Labro), aient réalisé l’interview sans les solliciter. Quant aux concurrents, ils ricanent sévère. Songez donc, un journal de gauche qui vous présente un nouveau président ayant enfin pris la mesure de son rôle et s’excusant toutes les deux lignes pour les multiples fautes qu’il a commises depuis son entrée en fonctions ! Si ce n’est pas du cirage de pompes, ça y ressemble.  L’attaque contre Joffrin ? Nicolas Sarkozy n’en est pas fier. La soirée au Fouquet’s ? Il regrette. Son côté bling-bling ? Une erreur de communication. Son manque de calme ? Il y pense tout le temps. Le plupart des erreurs commises ? Il ne s’était pas encore hissé à la hauteur de sa charge.

Fichtre, pour un mea culpa, c’en est un ! Ce n’est pas tout à fait neuf d’ailleurs puisque, si je me souviens bien, lors de sa dernière grande interview à l’Elysée (février dernier), il avait également exploré le registre des excuses. Je ne peux pas me défendre d’un sentiment de malaise en lisant cela. Avouez que c’est étrange un président qui avoue comme un écolier pris en faute qu’il a mal fait et qu’on ne l’y reprendra plus. Enfin…jusqu’à la prochaine fois. Il y a aussi quelques efforts de défense maladroite. Par exemple quand il dit « si je n’écoute personne, on me dit : « quel est ce dictateur ? ». Si j’écoute on me dit : « il a reculé. ». Oui, ça s’appelle la politique, il faut s’y résoudre. Au final, cette interview ne dresse pas le portrait d’un Sarkozy nouveau, mais d’un homme tiraillé entre son caractère hyper-actif et décomplexé qui se moque sur l’instant du qu’en dira-t-on et son besoin désespéré de plaire qui se désole d’être incompris. Plaire ou agir, il faut choisir.

Je doute que le lectorat de l’Obs ait eu soudain une révélation en lisant cet entretien et qu’il ait décidé, bouleversé par cette repentance, de l’absoudre. Quant à moi qui suis de droite et qui aurait voté pour lui si une étrange méfiance ne m’avait retenue au dernier instant, je reste dubitative. D’abord parce qu’au fond, les fautes avouées sont des fautes de communication. Il ne regrette pas ce qu’il a fait mais de n’avoir pas saisi que ce serait mal perçu, c’est très différent. Plutôt qu’à un nouveau Président, c’est donc à un nouveau mode de communication qu’il faut s’attendre. Vous me direz, dans notre société ultra-médiatique, c’est sans doute la même chose. Ensuite, je ne suis pas très rassurée. Car ce mea culpa me semble bien peu présidentiel. A tout prendre je préférais encore les mensonges éhontés de Mitterrand à cet exercice assez embarrassant de confession publique. Ah, mes bons amis, ce n’est pas le Général qui …oui, enfin bref.

Au fond, PPDA n’avait pas tort quand, fort maladroitement, il l’avait comparé à un petit garçon. C’est aussi le sentiment que je garde de cette interview.

Et si on revenait à la politique ? Ce serait tellement mieux que ce feuilleton à rebondissements fait de chagrins d’amour, de nouvelles noces, de grossesses mystérieuses, de querelles de cour, de coups bas et d’excuses, de strass, de yachts et de robes de gala. J’ai la nostalgie soudain des mines grises et sévères de nos anciens responsables, de leurs sages épouses et de leur dignité surannée.

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27 commentaires »

  1. « Fichtre, pour un mea culpa, c’est est un ! » (2e §)

    « c’en est un » vouliez-vous dire ?

    Pardonnez-moi de faire cela ici mais je n’ai pas trouvé d’adresse email de contact.

    Aliocha : Merci, il est temps que je parte en vacances…et que je rationnalise aussi mon blog pour qu’on sache où m’écrire 😉 cela étant, les corrections officielles ne me dérangent absolument pas.

    Commentaire par mums — 08/07/2009 @ 14:09

  2. « Quant à moi qui suis de droite et qui aurait voté pour lui si une étrange méfiance ne m’avait retenue au dernier instant »

    Vous avez donc voté Ségolène?

    Aliocha : M’enfin, Monsieur l’expert, quelle indiscrétion 😉 au passage j’aperçois encore une faute d’orthographe, il est vraiment temps de poser la plume.

    Commentaire par Zythom — 08/07/2009 @ 17:06

  3. J’aurai préféré une critique plus constructive… Pour le coup, là, j’ai l’impression de lire les commentaires des journalistes du Nouvel Obs. qui sont tous aussi objectives.

    Vous cherchez à changer de journal ?
    🙂 🙂 🙂

    Aliocha : l’époque n’est guère aux embauches dans la presse, qui plu sest je suis débordée 😉 Cela étant, je ne vois pas ce que je pourrais vous dire de constructif. Cet exercice est sans intérêt, encore un coup de com’, raté de surcroît. Je sais que je défends souvent la presse, mais là franchement…

    Commentaire par Testatio — 08/07/2009 @ 18:00

  4. Bon Aliocha… Ca va, maintenant. Arrêtez de l’accabler ce pov’ petit. Filez-lui donc sa Danette, je vous prie, qu’il arrête de geindre, qu’il aille se coucher avec son doudou Carlita et qu’on n’en parle plus… Jusqu’à la prochaine fois, bien sûr. Si vous n’avez rien contre le martinet, il restera cette solution… Heu… Je ne parle pas pour vous, bien évidemment. Vous me connaissez. Hum.

    ^_^

    Aliocha : Hélas, je n’ai pas de martinet, en revanche, j’ai conservé de mon passé équestre une jolie collection de cravaches.

    Commentaire par Ferdydurke — 08/07/2009 @ 18:11

  5. « Quant à moi qui suis de droite et qui aurait voté pour lui si une étrange méfiance ne m’avait retenue au dernier instant »… cela s’appelle l’instinct de survie !
    Pour ma part cela s’est toujours traduit par une allergie totale au personnage, et ce avant même de me pencher sur sa politique. Il y a des personnes comme ça on ne les sent pas… 😉
    Comme vous Aliocha je regrette la mine grise et le talent machiavélique de Mitterrand qui avait lui, qu’on le supporte ou non, la stature d’un président. Et même, si, si, la classe parsemée de J’m’en foutisme du grand dadet Chirac.
    Enfin L’Obs m’agaçait avant Olivennes, alors là…
    Et puis je vous suis encore sur un point : vivement les vacances ! 😉

    Aliocha : Et Le Luron avait quand même plus de chic que Guillon, non ? Allons, quand on commence à patauger dans le « c’était mieux avant » c’est qu’il est temps de se reposer, ou d’admettre qu’on a pris un coup de vieux 😉 Sinon, on va se mettre à parler de Capitaine flamme….

    Commentaire par Mister Cham — 08/07/2009 @ 18:21

  6. Je suis à fond derrière vous, Aliocha: il y a des abominations auxquelles le Général n’aurait jamais cédé. En tout état de cause, Tante Yvonne veillait.

    Olivennes et Labro ont saboté le boulot. Même pas fichus de poser des questions sérieusement documentées sur l’existence de cérémonies boulimoccultes qui interviendraient nocturnement dans les catacombes de l’Elysée, pendant que Carla dort quiètement, et qui impliqueraient des fanatiques adeptes du cri primal se vautrant hystériquement durant des heures dans des cuves de Danette au chocolat.

    N’étant pas un adepte de la délation, je ne citerai nommément ni tsh.ck, ni Fantô.ette comme participants identifiés. Par respect pour leur vie privée et leurs positions publiques, je leur souhaite seulement que des étudiants participant du concours que vient de lancer Voici n’aient pas disposé d’un portable numérique photo haute sensibilité…

    Un bémol toutefois, concernant Mitterrand: je doute qu’Edwy Pleynel et Carole Bouquet partagent votre nostalgie.

    Aliocha : le scandale de la Danette de l’Elysée ? Chic alors, je sens que le prochain prix de Londres sera pour moi, vu que je tiens déjà grâce à vous deux des principaux protagonistes 😉

    Commentaire par Goloubchik — 08/07/2009 @ 22:05

  7. @ Goloubchik

    « En tout état de cause, Tante Yvonne veillait. » Chez les De Gaulle, c’est donc Tante Yvonne qui tenait le martinet si je vous suis. 😉

    -MODE SORTIE RAGEUSE DU MATIN-
    En tout cas, s’il y a bien un truc que je déteste dans l’attitude de NS, c’est le côté qu’on retrouve chez beaucoup de gens mais qui ressort particulièrement chez lui : Je décide, j’agis, j’interviens, je suis partout (sans référence historico-journalistique), je monte sur tous les fronts mais qu’est-ce que je me dédouane, me défausse de mes responsabilités, me trouve des excuses…

    Personnellement, j’accorde toujours beaucoup de valeur à une personne qui dit « J’ai pris une décision, j’ai engagé une action. Elle fut mauvaise et a eu telles conséquences. J’ai des explications, elles ne valent pas excuses pour autant. Cela reste ma responsabilité et j’en corrige les effets. » plutôt que « vous comprenez… Danette périmée… gnagnagna… la crise… Blabla… l’Europe… Blabla… C’est Carla qui… Mais j’assume, hein? J’assume tout. »

    D’expérience managériale, on est toujours bien plus respecté et on gagne bien plus d’autorité naturelle, « de fait » à faire preuve de ce sens des responsabilités qui se résume pas à « assumer », notion éminemment passe-partout et confortable, mais à reconnaitre et corriger ses erreurs et ses fautes, ne serait-ce que par souci de bon fonctionnement et pour éviter les retombées, qui viennent toujours, tôt ou tard.

    Aliocha : Mince alors, en plus la Danette serait périmée , mais c’est donc un scandale policito-gastronomique d’ampleur nationale ? Et hop, en route pour le Pulitzer.

    Commentaire par Ferdydurke — 09/07/2009 @ 08:35

  8. @ Ferdydurke:

    Relax, man, relax. Je soupçonne votre « SORTIE RAGEUSE DU MATIN » de trouver partiellement source dans le caractère in fine peu satisfaisant de votre soirée d’hier avec Adriana Lima, rencontrée dans la salle d’attente de votre cardiologue. Le plumage mais pas le ramage?

    Et puis, il vous faut… assumer: en politique avisé, NS a manifestement tiré leçon de la lecture attentive du « Traité de dialectique et de communication » en 12 tomes reliés pleine carapace écrit par votre homard apprivoisé, Robert « Clausewitz » de Rusé-Sournois (dont il se dit au demeurant dans les milieux autorisés que vous exploitez honteusement les droits d’auteur aux termes d’un contrat léonin).

    Concernant enfin Tante Yvonne et le martinet, je ne saurais m’avancer davantage.

    @ Aliocha :

    Si, dans votre enquête en cours sur le scandale de « la Danette périmée de l’Elysée », vous réussissez en sus à recueillir les témoignages (et bien sûr photos) de quelques « belle ragazzine » qui auraient été aimablement recommandées par l’ami Sivio et auraient activement participé à l’affaire, les pépettes pourraient s’ajouter à votre renommée journalistique. Suffisamment pour lancer un journal.

    Commentaire par Goloubchik — 09/07/2009 @ 14:05

  9. @ Goloubchik

    Mais enfin, je vous en prie. Un peu de respect pour nos conclaves.

    Commentaire par Fantômette — 09/07/2009 @ 14:12

  10. @ Fantômette:

    Au cas présent, ne conviendrait-il point plutôt de respecter des autoclaves?

    Commentaire par Goloubchik — 09/07/2009 @ 14:52

  11. @ Goloubchik,

    J’ai un alibi solide: j’étais avec Fantômette.

    Devant deux verres de bière.

    On faisait une pause dans le culte de la Danette, qui est harassant.

    Je retiens néanmoins votre suggestion d’introduire la cocotte minute dans les objets du culte: elle sera inscrite à l’ordre du jour de notre prochain concile.

    Commentaire par tschok — 09/07/2009 @ 15:28

  12. @ Goloubchik

    Je ne connaissais pas Adriana Lima (si, si, vraiment) et après une observation minutieuse et une longue réflexion je me dis qu’une consultation en cardio en présence de la donzelle risquerait fort de tourner court.
    Moi : Bonj… Aarrgh…
    Le docteur : Mademoiselle Lima, ayez l’obligeance de briser les coeurs de mes patients en dehors de mon cabinet, je vous prie. C’est le troisième ce mois-ci et cela commence à se savoir.
    Melle Lima : Bien sûr Docteur. Il bouge encore. Je le ranime?
    Moi (à l’agonie) : Aaaaah… Oui, tant qu’à faire…
    Le Docteur : Non, non. Mettez-le dans l’ascenseur, discrètement. Comme les autres…

    S’agissant des droits d’auteur… euh… je dépose votre enveloppe au même endroit que d’habitude dès demain. D’accord?

    @ Aliocha

    Je sais de source sûre que la Danette périmée est l’oeuvre de conspirateurs potagers en robe. Une tentative d’empoisonnement. Mais chut, Fantômette est dans le coin. Goloubchik pourra vous en dire plus : il a quelques relations communes avec Silvio, si vous voyez ce que je veux dire.

    Je ne dirai rien au sujet de la cravache. Je tente de me refaire une réputation. Vainement, je le crains… 😉

    Aliocha : bah, foutu pour foutu…. 😉

    Outre Albator, Ulysse 31, Capitaine Flam, etc. j’étais dingue de Waldo Kitty (générique) ici en Charzan où, bien évidemment, tout est de sa faute.

    Aliocha : bon sang, ça ne nous rajeunit pas ! Entre nous, il est odieux ce charzan non ? Moi je préférais Goldorak, si fort et si romantique à la fois…Quand je pense qu’après avoir été gavées de mythes durant toute notre enfance, nous devons ensuite affronter la dure réalité masculine. Entre nous les Goldorak, ça court par les rues. Vous me direz, les Candy non plus 😉 Tiens, vous pouvez me retrouver le générique de Goldorak, j’adorais ou bien capitaine flam, l’était pas mal non plus celui-là…Et avec moi tou en coeur : « Capitaine Flam tu n’es pas de notre galaxie, mais du fond de la nuit – capitaine flam. D’aussi loin que l’infini, tu descends jusqu’ici pour sauver tous les hommes etc

    Commentaire par Ferdydurke — 09/07/2009 @ 15:30

  13. @ tschok:

    Votre alibi me semble fragile. Il va vous falloir travailler cela si Aliocha « Rouletabille » Karamazov engage ses investigations.

    Je déduis par ailleurs de vos propos que Fantômette est susceptible de partager une des deux composantes de la vision du Paradis selon son maître de stage. Intéressant.

    L’introduction par voie conciliaire de l’autoclave -Matrice du Nectar- en tant qu’objet sacré de votre culte m’apparaît de nature à permettre à ce dernier de capter désormais les esprits rationalistes jusqu’alors un poil réticents.

    Que serait la lie sans le calice, le contenu sans le contenant, le fond sans la forme? Un truc imbuvable ou immangeable qui dégouline. Bref, pareil qu’avant mais mieux présenté.

    @ Ferdydurke:

    Je suis heureux, en vous ayant fait découvrir Adriana Lima, d’avoir incidemment payé la dette que je vous devais concernant Lilith.

    Votre plaisante historiette (avec un « spécial » pour le « Oui, tant qu’à faire… ») laisse supposer que ne manquant pas de sens de l’opportunité, vous disposez davantage de l’esprit de l’ascenseur que de celui de l’escalier (tiens une idée de titre de blog, sauf à ce que Philarête n’assigne en référé pour plagiat).

    Je stoppe là toute autre considération relative aux atouts sans atours de Mlle Lima, ce dont notre blonde hôtesse, aussi élevée que soit sa magnanimité et sa grandeur d’âme, pourrait finir par prendre prendre ombrage.

    PS : pour l’enveloppe, OK, comme dab’.

    Commentaire par Goloubchik — 09/07/2009 @ 17:13

  14. @ Gloubchik,

    Je me doutais bien que la cocotte minute avait des vertus insoupçonnées.

    Peut être pourrons nous ainsi ranger à notre cause les adeptes de la cuisine à la vapeur, qui sait?

    Pour mon alibi, je vais voir ce que je peux faire, mais je ne peux tout de même pas en produire plusieurs, cela ferait suspect.

    Commentaire par tschok — 09/07/2009 @ 17:40

  15. Alors comme ça Madame est de droite (sic) ?! Bon, vous l’avez peut-être déjà dit ici, j’ai des périodes « aliocha off », mais j’avoue que ça fait drôle (non que je sois « de gauche » et serais déçu) mais que je ne m’y attendais pas : je ne l’aurais pas déduit de vos billets et commentaires. Sans doute parce que je ne sais pas trop ce que ça veut dire (quoi, l’eussé-je été ?!) et que je doute de l’intérêt de le dire (sinon comme provocation).

    Pour en revenir à l’interview en question, je suis plutôt affligé des questions posées (Sarkozy répond à ce qu’on lui demande, pas plus), très peu politiques, à la limite du salon de thés (on peut se demander si l’interview n’a pas été réalisée dans une maison de retraite où le premier magistrat rassure avec talent des ouailles en surtension…).

    Commentaire par Bardamu — 09/07/2009 @ 17:44

  16. @ tchok :

    Les adeptes de la cuisine à la vapeur devraient effectivement vous tomber tout rôtis dans le bec.

    Concernant les adeptes de la cuisine à voile, je suggère respectueusement que tout étripement éventuel entre vous et Aliocha se poursuive sur le blog et la haute autorité de Philarête… 😉

    Commentaire par Goloubchik — 09/07/2009 @ 18:15

  17. @ Goloubchik

    Je confirme l’alibi de tschok – puisque j’ai le même.

    Nous testons la possibilité de créer une Danette au houblon.

    L’expérience doit encore se poursuivre, mais les versions bêta sont d’ores et déjà prometteuses.

    Commentaire par Fantômette — 09/07/2009 @ 18:25

  18. @ Fantômette

    De la Danette au HOUBLON ?!?! Vous avez des raisons de penser que l’AFSAPS va autoriser la mise sur le marché ?!? (tombe dans un coma dépassé de stade 4 )…

    Commentaire par Goloubchik — 09/07/2009 @ 19:21

  19. @ Golubchik

    Vous avez des raisons de supposer le contraire ?! Et la liberté du culte alors ?!

    Commentaire par Fantômette — 09/07/2009 @ 19:38

  20. @ – à l’attention de Mademoiselle Fatômette-

    Mademoiselle,

    Liminairement, je vous avoue craindre un peu que ce message ne vous parvienne. Non usitaire, à titre privé, de l’informatique, et l’hôpital public manquant par ailleurs cruellement de moyens, je le rédige à partir du dernier cri de la technologie mis à la disposition de mon Service par l’administration, à savoir un Minitel.

    Fortunément, une aide soignante de nationalité suédoise, récemment embauchée et répondant au nom d’Elisabeth Salamander, m’a indiqué se faire forte, en considération de ses compétences d’aqueuse (?), de transmuter cette correspondance dudit Minitel vers le site de la Plume d’Aliocha (re?).

    L’exercice de ma profession m’a appris que la dissimulation de lacunes importantes était souvent préférable à des demandes d’explications inaccessibles à l’intellect. Vogue donc la bouteille contenant ma missive sur l’océan tumultueux du Ouaibe.

    Pour en venir au fait, j’ai reçu ce jeudi à 19h58 dans mon Service des Urgences de l’Hôpital Ste Anne, un individu de sexe masculin, M. G……..k.

    Très fortement agité, celui-ci répétait compulsivement « pas danettooublon, pas danettooublon ».

    D’une longue séance d’électrochocs opérée sur l’intéressé, agrémentée d’hypnose, il ressort :

    – qu’un court dialogue tenu entre vous et lui sur le site considéré de cette Dame Aliocha a manifestement et brutalement engendré son triste état ;

    – que vous seriez la prêtresse d’une secte, récemment constituée, adorant un faitout rempli de matière gélatineuse.

    Soyez assurée qu’en respectueux agent de la Fonction publique hospitalière, je suis pleinement attaché au respect des principes fondant notre République, à commencer par celui de laïcité et de liberté des cultes.

    Mais vu l’état de gravité avancé dans lequel se trouve mon patient, après relecture du serment d’Hippocrate que j’ai prêté il y a bientôt trente ans et après consultation téléphonique du Responsable de la Déontologie au sein de mon Conseil de l’Ordre, je prends la liberté de vous implorer de ne plus évoquer ce sujet avec mon patient.

    A titre principal, j’en appelle au solde d’humanité qui pourrait éventuellement -nonobstant les criantes évidences s’imposant à l’expert en pâte humaine que je suis- subsister en vous.

    A titre subsidiaire, j’en appelle à votre portefeuille de contribuable et d’usagère probable d’EDF. En effet, la pratique des électrochocs représente 25,43 % des dépenses de fonctionnement en électricité de notre établissement. Et, aux dernières nouvelles, EDF souhaite augmenter de 20% sa facturation sur les 3 ans à venir. Réfléchissez. Cela risque de douiller un max pour vous.

    Espérant avoir atteint votre cœur, ou, à défaut, votre raison,

    Je vous prie de croire, Mademoiselle, en l’expression de ma considération distinguée,

    Pr. Oscar Pinel-Laguiole
    Chef du Service des Urgences
    A l’Hôpital Ste Anne

    Aliocha : si un jour je confie sur ce blog mon envie d’arrêter de bloguer, soyez gentil de me rappeler votre commentaire ci-dessus, tant de rigolade justifie bien de passer un peu trop de temps sur le web 😉

    Commentaire par Goloubchik — 09/07/2009 @ 22:53

  21. @ Aliocha

    Odieux, Charzan? Certes, ses manières sont un peu rugueuses mais il se fait du souci pour la p’tite, quand même. Par contre elle, pfff… « et ensuite j’ai du porter mes paquets sans que le portier m’aiiide. J’ai été affreusement humiliée. » Quelle bêcheuse. Personnellement, je la refilerai aux gorilles sans hésitation. 😀

    Puisque vous le demandez et comme j’suis un garçon dévoué : Goldorak et Capitaine Flam. Je vous épargne la Bataille des planètes, San Ku Kai, Les mystérieuses cités d’or, Les mondes engloutis et Cobra (trop macho pour vous je pense) pour finir avec Candy pour vous et pour moi ce qui suit, qui a ma préférence… Foutu pour foutu, comme vous dites… 😉

    Aliocha : Ah ! quel bonheur, un peu régressif certes mais qu’importe ! Merci.

    Commentaire par Ferdydurke — 10/07/2009 @ 00:18

  22. @ Goloubchik

    « aqueuse » : J’adore et je plussoie!

    Prompt rétablissement, bien sûr.

    Commentaire par Ferdydurke — 10/07/2009 @ 00:26

  23. @ Goloubchik,

    Hum. Soit.

    Nous ne retiendrons donc pas le parfum « Houblon » lors des conclaves à venir – et maintiendrons par conséquent la tradition de sanctifier les one-to-one pontificaux par la dégustation de breuvages houblonnés classiques, dans le cadre d’une suspension temporaire de nos obligations danétiennes.

    (Vous expliquerez tout de même à votre médecin traitant que je ne suis pas prêtresse – quelle horreur, restons sérieux deux minutes – mais bien pape, étant précisé à ce sujet que ce titre pourrait être remis en jeu par le vice-pape s’il venait à me défier au 421).

    Commentaire par Fantômette — 13/07/2009 @ 16:21

  24. @ Aliocha

    Abusivement flatté et n’y manquerai pas. Mais « Sous l’eau » fiche les chocottes. L’incertaine condition de commentateur occasionnel est déjà source d’un tel pandemonium temporel que je pagaie profond à imaginer votre statut de journaliste/blogueuse à plein temps, si propice au déclenchement soudain d’un nervous blogdown.

    @ Fantômette

    Nonobstant mon état de faiblesse encore assez prononcé, je courbe l’échine jusqu’à mes orteils les plus lointains devant l’Infinie Bonté de Votre Grâce, souverainement illustrée par votre décision de moratorier la production de danettauhoublon (avec le H1S1 qui nous attend au retour des vacances estivales, il est vrai que cela aurait fait beaucoup au peuple de France à supporter en peu de temps).

    J’ai rapporté vos récriminations au Pr. Oscar Pinel-Laguiole. S’il ne saurait certes se prévaloir du qualificatif de gique, l’intéressé n’est pas sans avoir acquis quelque sagesse qui le rapproche de Feu Maître Yoda.

    A la lueur d’une chandelle, il s’est livré à votre sujet à une analyse, rapportée aux « correspondances » baudelairiennes, que je m’autorise à livrer à votre sagacité légendaire. En substance, selon lui, votre imaginaire renvoie au plus prêt à la vérité de votre Etre Profond.

    Votre aspiration au statut de Pape et votre hypothèse d’avoir à le jouer au 421 contre ce coriace bougre de tschok recouvre une valeur singulière tant au regard de la figure de la Papesse telle que l’appréhende le Tarot de Marseille que des mécanismes de démonstration propres aux adeptes de la théorie du complot. La coïncidence est troublante.

    Votre refus du statut de prêtresse, supposé hiérarchiquement inférieur à celui de Pape(sse), fait par ailleurs peu cas de l’hypothèse d’une réincarnation.

    Un petit effort de mémoire. Prêtresse de Tanit (la meuf de Baal), fille du suffète Hamilcar, vous sortez du palais de Daddy, toute colère et « couverte de vêtements noirs » (sic, la robe d’avocat, CQFD) pour haranguer les quelques milliers de mercenaires bourrés qui ont bouffé les lottes sacrées de vos bassins. Une des plus risquées plaidoiries de l’Histoire. Au lieu de vous clouer successivement aux sol et pilori, ces grands gaillards subjugués se pignent allègrement pour un regard de vous. Cela vous revient ? Plutôt jouissif, non?

    Commentaire par Goloubchik — 14/07/2009 @ 02:34

  25. @ Goloubchik

    Je suis rassuré. Je ne suis pas le seul à avoir un imaginaire de grand malade… Je me sens moins seul. J’aime beaucoup « Tanit, la meuf de Baal » : Ziva, j’kiffe trop la meuf de Baal. Elle est ouf, pense le mercenaire bourré, suçotant une arête sacrée.

    Hum. Un p’tit peu SM, votre récit. Ne soyez donc pas si réservé et appelez-la Maîtresse. Il est d’ailleurs étonnant que le titre de Maître ne soit jamais féminisé, non?

    Commentaire par Ferdydurke — 14/07/2009 @ 07:39

  26. @ Goloubchik,

    Hélas, je revis quotidiennement la scène que vous décrivez (je vais d’ailleurs définitivement arrêter l’élevage de lottes – du reste, mon syndic me l’impose), et croyez-moi subjuguer des milliers de mercenaires bourrés est jouissif la première année, intéressant la seconde, amusant la troisième, et puis après, mon dieu, (l’exaspération du syndic aidant) on finit par se lasser.

    Pape je suis, pape je reste( sauf remise en jeu au 421, et ce dans les termes du dogme, qui est un dogme souple, mais précis sur ce point).

    Le terme papesse a été rejeté à l’unanimité des présents et représentés pour la raison objective que cela ne sonnait pas très bien. (PS : Vous trouverez les minutes attestant ce qui précède sous le billet d’Aliocha intitulé « un nombril de granit » – novembre dernier de mémoire).

    Commentaire par Fantômette — 14/07/2009 @ 13:14

  27. @ Ferdydurke

    « Elle est ouf, pense le mercenaire bourré, suçotant une arête sacrée. »

    Vous êtes bien inspiré, la prosodie tient la route. Quid d’un opéra-rap (un opérap ?) sur le thème de Salammbô ? Quelques idées en vrac, si vous acceptez d’établir le livret et de régler les menus détails résiduels.

    – Je suggère quelques aménagements minimes à l’œuvre de Flaubert : une journaliste s’exprimant par un nombre limité de signes (limite beat-box, pourquoi pas) rapporte à un quotidien romain le conflit opposant Carthage à ses mercenaires impayés. Avantages de cet artifice : fil conducteur, concession à la modernité et critique sous-jacente (indispensable) du système de fonctionnement de la presse en 2009 en France.

    – Casting féminin :

    Aliocha bien sûr, dans le rôle de la reportrice. Costume : toge/sarouel assortis de poches boutonnées sur les cuisses façon treillis commando. Auréoles de transpiration sous les bras (style « embedded » je reste pas dans ma chambre à air conditionné du Hilton). Cothurnes à semelles de bronze relookées Philippe Starck (devis à établir). Moyen de locomotion : Lipizan blanco super-chicos (à louer, négocier le prix). Cravaches (biens personnels de l’intéressée). Masque de Batwoman destiné à préserver l’anonymat. Ventilateurs chinois (pour vent dans les cheveux) achetés à Lidl.

    Fantômette : rôle de Pape (et non de prêtresse, bien saisi qu’elle n’en démordra pas) de Danit (et non de Tanit, autre concession indispensable). Costume : robe usuelle (penser à ôter la fourrure de lapin synthétique). Sacoche Lancel de chez Bosc non indispensable (manque de crédibilité historique). Voile de Danit (couleur vanille, of course, avec une version chocolat okzou). Prévoir mégaphone (emprunt possible à groupuscule d’étudiants toulousains mais disponibilité 3 jours seulement pendant la saison universitaire).

    artemis : personnage à ajouter à la version originale et ayant pour fonction d’alerter esclaves carthaginois et mercenaires nubiens, grecs et gaulois sur l’intérêt pratique des conventions collectives (touche sociale pour attirer au spectacle un public ouvrier ; prévoir tarifs de groupe et contact avec les comités d’entreprise). Il sera souligné, dans le sens d’une thématique d’idéologie germanique d’appel au consensus, que si un accord d’entreprise entre Carthage et les mercenaires avait été en vigueur avant le conflit, ce dernier aurait causé infiniment moins de dégâts.

    Pour les figurantes : euh… perso, je verrais bien les dames à qui Zythom a suggéré implicitement de présenter ses hommages journaliers à 10h. Contact à prendre avec Victoria’s Secret pour sponsoring éventuel.

    – Casting masculin : tout commentateur dispo intéressé par l’aventure. Pressenti pour le rôle de Schahabarim : tschok.

    – Eléphants et python (indispensables) : contacter le mandataire judiciaire d’un cirque en liquidation.

    – Musique : Trompettes d’Aïda (aucun droit d’auteur à payer) revisitées gratos en rastafari gang bang rap par un logiciel freeshare.

    A l’entracte, Robert-le-Homard jouera du washboard (penser à lui faire répéter sans relâchement « Lâche pas la patate » de Rufus Thibodeaux). Si il est gay, ce serait un plus pour avoir un article dans Têtu. Dans l’hypothèse inverse, tentez de le persuader de modifier son orientation sexuelle (il peut faire un petit effort, que diable, le budget est serré).

    Décor : prévoir en fond de scène une statue géante de Moloch enfournant en permanence des flots de Danette à la vanille (sponsoring envisageable).

    People à inviter: Frédéric Mitterrand, Carlita, Tony Parker et Eva Longoria, Bernard Kouchner (à interviewer à l’entracte sur sa marque de ouïgours préférée), Raymond Domenech, Pdt Obama et Mme, Robert Hue, M. Aliocha, Mlle Lima (ne pas placer les deux derniers cités l’un à côté de l’autre).

    @ Fantômette

    Je comprends bien que la répétition annuelle d’exploits puisse engendrer un sentiment de satiété. Maciste et Hercule eux-mêmes en ont éprouvé l’ennui si magnifiquement décrit par Moravia. Je l’ai moi-même ressenti, à l’âge de onze ans, en outrabusant de fougasse aux anchois.

    Elevant personnellement dans mon jacuzzi un couple de caïmans affectueux mais taquins et baladeurs, je connais par ailleurs les réticences de certains syndics à admettre que la jurisprudence constante de la Cour de Cassation proscrivant une clause de règlement de copropriété interdisant la possession de chiens et chats puisse, en vertu d’une interprétation légèrement extensive, s’appliquer à d’autres animaux de compagnie. Tenez bon. C’est, en quelque sorte, la lotte finale.

    Commentaire par Goloubchik — 15/07/2009 @ 01:09


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