La Plume d'Aliocha

19/06/2009

L’affaire Valls continue…

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 13:31

Après le buzz, puis les grandes phrases indignées, voici venue la pétition !

Eh oui, le Parisien, relayé par @si, signale qu’une pétition circule depuis quelques jours sur Internet, intitulée « Pour le droit au respect », à la suite bien sûr des propos de Valls dont nous avions parlé ici. Allez donc la lire, elle vaut son pesant d’or ! Du coup, la polémique rebondit. Pour Bénédicte Charles, chez Marianne, il est absurde de soupçonner Valls d’être raciste, dès lors, il se pourrait bien que les raisons de l’indignation contre l’homme politique doivent être recherchées plutôt du côté de ses intentions vis à vis des présidentielles de 2012. De son côté, Daniel Schneidermann sur @si,  soupçonne une simple volonté d’attirer l’attention des médias et dénonce cette langue de bois un peu sophistiquée et très efficace qui consiste à faire semblant de parler vrai pour faire parler de soi.

Toutes les interprétations sont possibles. Valls pour sa part répond au Parisien qu’il n’entend pas retirer ce qu’il a dit. Quant à moi, je maintiens que ces réactions hystériques dès que l’on aborde certains sujets sont un encouragement à la langue de bois généralisée. Que cette « sortie » apparemment spontanée ait été en réalité préméditée ou bien encore que les indignés aient des raisons inavouables de pousser des cris d’orfraie n’y change rien. Le niveau du débat, si débat il y a d’ailleurs, est consternant.

De toutes les tyrannies, celle de la bien-pensance est la plus pernicieuse car elle a l’audace de se parer des vertus démocratiques.

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21 commentaires »

  1. « De toutes les tyrannies, celle de la bien-pensance est la plus pernicieuse car elle a l’audace de se parer des vertus démocratiques. »

    Oui, certes, mais c’est quoi, la bien-pensance?

    La bien-pensance, c’est comme la pensée unique, c’est comme le politiquement correct, ça n’a pas de contenu définissable, c’est la pensée de l’autre, de celui qui, ne pensant pas comme moi, pense… mal.

    La seule façon ne combattre ces « réactions hystériques », c’est de ne pas y participer.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 19/06/2009 @ 14:03

  2. « Pour Bénédictes Charles, chez Marianne, il est absurde de soupçonner Valls d’être raciste, dès lors, il se pourrait bien que les raisons de l’indignation contre l’homme politique doivent être recherchées plutôt du côté de ses intentions vis à vis des présidentielles de 2012 »

    C’est ce que je soutenais dans mon commentaire (8) du précédent billet sur Valls – un peu au pif, je l’avoue…!

    Commentaire par Maraudeur — 19/06/2009 @ 14:13

  3. Personne n’a vraiment compris le message de Manuel Valls.
    Je subodore néanmoins qu’Aliocha a flairé le profond sens subliminal du message d’où son précédent billet sur la disparition programmée d’espèces animales sur la surface de la terre, en particulier des éléphants, un peu comme les mammouths sauvagement dégraissés du Paysage Symbiotique !

    En réalité Manuel Valls faisait une allusion au réchauffement de la planète : c’est une métaphore qui associe l’espèce humaine blanche à la banquise qui disparaît peu à peu de la surface de la terre en raison du réchauffement de la planète !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 19/06/2009 @ 14:24

  4. Melle Aliocha Karamazov, session de rattrapage, oral de philo.

    Bon dossier, élève appliquée, progrès réguliers, un poil soupe-au-lait. Tiens… Présence aléatoire… Hmmm… Sans commentaire.

    Bien, passons aux choses sérieuses! Voici votre sujet : Qu’est-ce que le respect?

    Zavez 20 minutes de préparation 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 19/06/2009 @ 14:28

  5. Depuis quelques temps, je vois fleurir un peu partout un terme qui m’est inconnu… Tout le monde en parle comme si c’était une lapalissade, mais pour moi, c’est un vrai obscur :
    « bien-pensance »

    Doit-on y voir une différence avec « bien pensante » ?

    Veuillez pardonner le béotien que je suis…

    Commentaire par Testatio — 19/06/2009 @ 14:44

  6. Hmm. Je dois dire que la seule chose qui me vienne à l’esprit à propos de cette affaire est le conseil bien connu : don’t feed the troll.

    Aliocha : certes, mais qui est le troll ?

    Commentaire par Fantômette — 19/06/2009 @ 16:25

  7. Plutôt d’accord avec vous, mais qu’est-ce au juste que des « vertus démocratiques » ?

    Aliocha : ici l’égalité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Plus généralement, une certaine idée du bien commun, certes louable et généreuse, mais qui a l’étrange particularité de clore les sujets au lieu de les ouvrir.

    Commentaire par Bardamu — 19/06/2009 @ 16:39

  8. Je suis curieux de voir comment Martine Aubry va réagir. J’espère qu’elle a conscience que la dictature de la bienpensance, que vous dénoncez à juste titre, est en train de tuer un PS qui ne séduit plus personne hormis son noyau dur de sympathisants, et qui par voie de conséquence se fait saucissonner par les deux bouts. Si Valls s’en va, on pourrait s’interroger sur qui sera le prochain à quitter le navire par tribord… Delanoë ?

    Commentaire par Morm — 19/06/2009 @ 19:19

  9. Posons-nous deux minutes la question, classique en tout débat : et si ç’avait été le contraire ?
    Je veux dire : et si ce monsieur Valls avait dit, traversant sa ville au pas de charge avec une caméra au c… côté, sur le marché du quartier le plus huppé, peuplé de blancs quadragénaires à panier en osier au milieu d’étals bio : « Faudrait quand même penser à rajouter quelques blacks et beurs, y’a quand même pas que ça, ici ! », ou quelque chose d’approchant ?
    On aurait fait quoi, exactement ? On se serait indigné pareil ?
    Il n’y a aucun sous-entendu dans ce que je tente de dire, absolument aucun. Je veux dire simplement qu’il s’est exprimé naturellement, avec un vocabulaire de tous les jours, sans qu’aucun sous-entendu puisse lui être a priori reproché. Ou alors on PROUVE qu’il est raciste, ou arriéré mental (pléonasme), ce qui changerait la donne, car le message dépend beaucoup de celui qui l’énonce. Mais on arrête de commenter du vent. D’ailleurs j’arrête.

    Aliocha : puis-je me permettre de rappeler qu’un politique a vocation à résoudre des problèmes et que Valls est par ailleurs (dit-il) très mobilisé sur le sujet des ghettos, sujet qui, sauf erreur de ma part, est un problème. On peut regretter que Versailles soit un ghetto de riche cathos, c’est ce qui fait par exemple que je n’y habiterai jamais, mais ce n’est pas un problème politique aussi urgent à résoudre que celui d’un risque de la ghettoisation de la pauvreté et plus particulièrement d’une pauvreté immigrée.

    Commentaire par gabian — 19/06/2009 @ 19:24

  10. Merci gabian de prendre l’exemple contraire :
    Sur un marché ou il n’y a que des blancs, manuel Valls ne trouve rien à redire… C’est la que ça coince. Il ne demande pas qu’il y ait plus de blacks et de rebeux dans les marchés de blancs.

    P.S. : Comme dit plus haut la « bien pensance » à bon dos aliocha. Le problème n’est pas de s’offusquer des propos de Valls mais de dire pourquoi. Un pauvre, qu’il soit noir ou blanc, est un pauvre.

    Commentaire par le renégat — 20/06/2009 @ 01:35

  11. @10
    « Sur un marché où il n’y a que des blancs, Manuel Valls ne trouve rien à redire… »

    Disons surtout que s’il le disait quelque part, personne ne le relèverait et n’irait en faire les unes des journaux télévisés.

    En passant, M. Sarkozy, vous pourriez nous rajouter quelques noirs (africains bien entendu, mais aussi antillais et kanaks) dans votre prochain gouvernement ? et aussi quelques jaunes ou rouges ?
    Les blancs, vous pouvez vous en passer, ils sont sur-représentés au Parlement, et on voit où ils nous ont menés…

    Commentaire par Kharkov — 20/06/2009 @ 09:22

  12. Un petit détail qui échappe à tous : Ségolène n’a pas encore présenté ses excuses ! 😉

    Commentaire par Oeil-du-sage — 20/06/2009 @ 09:49

  13. Comme dit Fantômette, don’t feed the troll, quel qu’il soit, c’est pourquoi je m’abstenais jusque-là d’intervenir sur un sujet hautement trolligène. Mais néanmoins je m’apprête cependant à jeter une poignée de nourrissons dans l’arène (car c’est bien connu, les trolls se nourrissent de nourrissons, c’est très nourrissant). Ce qui me gêne ici, comme d’autres l’ont suggéré, c’est le recours quasi systématique à l’expression “bien-pensant” dès qu’il s’agit d’aborder le cas d’une parole hors-norme. Je rejoins à peu de choses près ce que disait Tristan sous le billet précédent : https://laplumedaliocha.wordpress.com/2009/06/15/les-dangers-de-la-bien-pensance/#comment-6119
    Je m’explique : je suis de ceux qui comme vous, à ce que j’ai cru comprendre, pensent que la communication lisse le langage et par-là même l’appauvrit, de ceux qui supportent mal le fameux “politiquement correct” (elle-même une expression qui participe de cet appauvrissement) qui nous donne “personne à mobilité réduite” pour “handicapé” (qui lui-même était déjà un adoucissement d’infirme)… Toutes ces expressions Cajoline™ cherchent à ne pas heurter nos petites oreilles de grands enfants et contribuent à vider les mots de leur sens. Elles appauvrissent notre pensée également, car quand (carcan ?) les mots se font moins précis, moins percutants, c’est toute la pensée qui est moins précise, moins percutante.
    En réaction, des expressions elles-mêmes prémâchées fleurissent dans la bouche de tous ceux qui se réclament d’une pensée non politiquement correcte, qui s’éloigne d’une soi-disant pensée unique. Certes il y a des sentiers battus, mais les chemins de traverse sont parfois eux-mêmes très fréquentés, et pas toujours par du beau linge. Là où je veux en venir, c’est qu’il me semble que l’expression “bien-pensance” est constituée des copeaux de la langue de bois officielle polie à longueur de discours de communicants, et que ces copeaux forment ensembles une nouvelle langue de bois, une langue de bois agglomérée en quelque sorte, faite de “non politiquement correct”, d’anti “bien-pensance” et autres “pensée unique” dès qu’il s’agit d’évoquer une parole qui sortirait des sentiers battus. Toutes ces expressions en réaction balisent elles-mêmes un chemin qui fini par n’être plus un chemin de traverse mais un sentier très fréquenté, parallèle. Vous qui fustigez l’usage de la langue de bois, je pense que vous en utilisez une autre tout aussi exaspérante, et cela me chagrine de la part d’un esprit subtil. Pourquoi fustiger la bien-pensance quand il s’agit plutôt, à mon sens, de rappeler qu’en l’espèce Valls n’a pas franchi les limites de la liberté d’expression, quoi qu’on pense de ses propos ? Dès lors il n’y a pas matière à s’offusquer de ceux-ci avec le zèle qu’y mettent toutes ces oies blanches qui n’ont jamais de pensées impures, cela va de soi.
    Pour conclure, je n’irais pas, comme Tristan, jusqu’à vous demander de changer de vocabulaire, vous utilisez les mots comme bon vous semble (et les utilisez bien), mais voilà, l’usage à répétition de cette expression a fini par m’exaspérer – toute proportion gardée bien sûr ;).

    Pour revenir au sujet principal, j’ai quand même trouvé les propos de Valls déplorables. Les réactions des caciques du PS le sont tout autant, et tout ça contribue à éroder un peu plus l’estime que je conserve malgré tout à ce parti. Cornecul! quand cesseront-ils ces enfantillages pour essayer enfin de devenir une opposition crédible et digne. La réaction que j’ai préférée sur le sujet est finalement celle-ci : http://maester.over-blog.com/article-32770547.html

    Aliocha : merci pour ce commentaire fort bien argumenté (et délicat dans la contradiction 😉 ). Je suis au fond d’accord avec vous. L’expression « bien pensance » est sans doute un raccourci facile, usé ou comme vous dites « trop fréquenté » quand ce n’est pas tout simplement « mal fréquenté ». On pourrait s’en tenir en effet à considérer que Valls n’a pas outrepassé les limites de la liberté d’expression, ce qui me parait encore plus exact qu’à vous car ses propos ne m’ont pas choquée. Au passage, il serait intéressant de se demander pourquoi il dit « blancs » en plusieurs langues. J’ai le sentiment personnellement que c’est parce qu’il est conscient d’aborder un sujet sensible et qu’il n’entend pas parler en tant que blanc, mais faire comme si il parlait au nom de tous, y compris de ceux qui ne le sont pas. Comme s’il traduisait un regret commun, blacks, blancs, beurs confondus. Toutefois, et pour en revenir au sujet, cela ne résout pas la question de la violence de la réaction, typique de la bien-pensance. Je regrette que la bien-pensance ait été annexée par quelques racistes frustrés de ne pouvoir exprimer leurs pensées frelatées, mais elle ne se limite pas à cela. N’est-ce pas aussi la bien-pensance qui a déclenché la violence des réactions lors de la déclaration du Pape sur le préservatif ? N’est-ce pas la bien-pensance qui nous pousse à affirmer sans doute possible que nos valeurs occidentales sont le modèle universel à diffuser, voire à imposer si besoin est, au monde entier ?

    Commentaire par gwynplaine — 20/06/2009 @ 10:56

  14. Bonjour Aliocha, rien à voir avec l’article ms Courrier International a sorti un numéro spécial sur votre cheval de bataille: l’avenir de la presse! A bon entendeur 😉 et au plaisir de continuer à vous lire.

    Aliocha : je l’ai acheté hier, mais j’aurais pu tout aussi bien le manquer, merci donc de m’avoir alertée 😉

    Commentaire par Caro — 20/06/2009 @ 11:52

  15. Bonne question.

    Dans l’hypothèse où la phrase aurait été lancée avec la volonté de provoquer, MV me semble faire un troll acceptable. Équivalent bloguesque : l’égaré faussement naïf, sur votre blog, qui sous n’importe quel billet actif, va s’exclamer alors que ce n’est pas vraiment le sujet : « tous ces pseudos à consonance occidentale ! Ça manque de Kader et de Mouloud par ici ! ».

    Je pense qu’on peut le qualifier de troll. Il est à peu près certain qu’il va drainer à sa suite un fil de commentaires divertis du sujet initial, qui resteront dans le sillage du troll initial et lui feront écho – à la fois dans la forme et le ton – registre péremptoire, bouffées émotionnelles, inarticulation logique, incapacité à dépassionner le débat, ou même simplement à le rationaliser, personnalisation des arguments, « tous ceux qui ne sont pas pour moi sont contre moi », prises à partie, pourriture du fil de discussion. Les belles âmes, les bras chargés de goyaves, pourront se lancer bravement, mais vainement, dans la discussion. Ou se résoudre à laisser là les commentaires, ce qui est peut être l’attitude la plus sage – « don’t feed the troll ».

    Les réactions qui ont suivi les propos de MV évoquent vraiment des réactions vues mille fois sur les blogs, vous ne trouvez pas ?

    Entre les commentaires négatifs mais sérieux, et très « zéro second degré », du type : « ce n’est vraiment pas très gentil de dire ça, et c’est un peu vexant pour les noirs (ou les blancs, je n’ai toujours pas compris) », toujours légèrement rigolos, et les égocentrés à tendance victimaire, qui se sentent visés personnellement par toute critique… je trouve cela assez typique.

    Je me demande si l’on ne pourrait pas trouver ici l’un des « symptômes » du troll : le fait que toute une partie de la discussion qui suit va se concentrer sur la question de savoir si le leader-troll et les sister-trolls qui lui emboitent le pas « avaient le droit ou non » de dire ce qu’ils ont dit.

    Le choeur des vierges effarouchées :
    – Monsieur Valls, vous n’avez pas le droit de dire qu’il n’y a pas assez de blancs sur les marchés du 93, c’est irrespectueux!
    Le choeur des intrépides enfonceurs de portes ouvertes :
    – Mesdames Messieurs les critiques, vous n’avez pas le droit de dire à Monsieur Valls qu’il n’avait pas le droit de dire qu’il n’y avait pas assez de blancs sur les marchés du 93, sinon ça voudrait dire qu’on n’aurait plus le droit de rien dire ;
    Le choeur des vierges effarouchées :
    – Ohlàlà, vous n’avez pas le droit de dire que l’on n’a pas le droit de dire que M. Valls n’avait pas le droit de dire qu’il n’y avait pas assez de blancs sur les marchées du 93, ou ça voudrait dire qu’il n’y aurait plus qu’à dire qu’il n’y aurait plus qu’à se taire ;

    etc, etc, etc…

    C’est la raison pour laquelle je suis tentée de renvoyer tout le monde dos à dos, mais parfaitement libres de s’exprimer, MV pour assumer ses propos, et ceux qui se sont sentis heurtés de le dire, même si je trouve effectivement leur réaction ridicule (et étant précisé que je ne trouverais pas beaucoup moins ridicule la réaction de MV qui consisterait à dire : bon eh bien puisque c’est comme ça, je ne dirai plus rien).

    Comme dirait Voltaire 2.0 : vous dites beaucoup de bêtises, mais je battrai pour que ayez le droit de les dire.

    Commentaire par Fantômette — 22/06/2009 @ 18:00

  16. Bonsoir Fantômette,

    La bien pensance pose deux problèmes à un gentleman tel que vous.

    D’abord rajouter « connard » à votre vocabulaire, pour désigner le bien pensant, qui ne mérite pas plus.

    Secundo et ça c’est très chiant, expliquer au destinataire pourquoi il l’est, car il vous le demandera et exigera même des explications qu’il puisse comprendre.

    C’est le plus pénible. D’avoir à se justifier face à un … connard.

    Commentaire par tschok — 22/06/2009 @ 20:51

  17. Bonjour tschok,

    Pardon pardon, mon vocabulaire inclut le terme « connard » – quoique j’utilise habituellement des termes synonymes, comme « psychiquement complexe » – mais je ne vous apprends rien.

    Et justifier d’une qualification (fut-elle celle de « connard », ou pour être plus précise, fut-elle celle de « connerie », si tant est que le connard est bien celui qui professe des conneries, ce qui à la rigueur pourrait se discuter), c’est un peu notre coeur de métier – donc, si nécessaire, j’y procède, et avec passion. Quoique sans résultat, bien sûr.

    Mais comme disait Guillaume d’Orange, « il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour perséverer ».

    Commentaire par Fantômette — 23/06/2009 @ 12:08

  18. @Fantômette : j’aime bien votre métaphore du troll appliquée à la politique que vous aviez je crois commencé à théoriser chez Philarête. Il me semblait alors que vous visiez Le Pen dont je vous accorde qu’il est un vrai troll, n’ayant jamais eu d’autre intention que de faire parler de lui en semant le désordre. En revanche, j’ai un doute sur Valls. Je le trouve emabrrassé pas sa propre attitude sur la vidéo. Par ailleurs, il a de réelles ambitions politiques. J’ajoute que troller c’est dire une énormité à caractère polémique, or, si j’aperçois bien le caractère polémique du propos, je n’en vois pas l’énormité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/06/2009 @ 12:40

  19. Mon idée, comme j’avais effectivement commencé de le théoriser chez Philarête, est plus précisément que le « débat permanent » qui se développe sur internet, et notamment sur les blogs, en rend apparent les structures. C’est l’accumulation d’expériences sur les débats qui en fait ressortir les invariants, les mouvements, les contraintes.

    Sur internet, on appelle souvent troll l’auteur du commentaire. Mais pas toujours, parfois, c’est le commentaire que l’on désigne ainsi, et cela me semble plus juste (déformation de pénaliste : c’est le comportement, l’acte, que l’on incrimine, pas la personne qui l’accomplit).

    Donc, la question est moins de savoir si Le Pen ou d’autres sont des trolls, mais s’ils trollent.

    La deuxième question est également de savoir s’il faut vouloir troller pour troller, ou si l’on peut troller par inadvertance.

    Si nous considérons le troll essentiellement comme un perturbateur de débat (parce qu’il le détourne, qu’il le charge d’affect, que sais-je), alors nous pourrions très bien nous dispenser de la question de savoir si le troll est de bonne ou de mauvaise foi. Peu importe. MV a pu être dépassé par le buzz, et s’être trouvé marri d’avoir utilisé ces termes là, à ce moment là, de cette façon là… bien. Mais soyons pragmatiques, si l’idée, c’est de permettre au débat de progresser (et il conviendrait d’ailleurs de définir ce que l’on entend par là), peu importe qu’il l’ait fait intentionnellement ou non.

    Votre définition du troll est incorrecte.

    Il ne s’agit pas nécessairement d’une énormité. Vous faites du troll une question de fond. Or, il s’agit fondamentalement d’une question de forme. Le fond n’intervient qu’à cause de l’aspect polémique, qui renverra généralement à des sujets types. On ne polémique pas facilement sur tout et n’importe quoi.

    Je me permets de vous renvoyer à la fiche wikipedia sur le thème : http://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_(Internet_et_Usenet)

    Commentaire par Fantômette — 23/06/2009 @ 14:53

  20. Bonjour Fantômette,

    Ah tiens? Pour vous, psychiquement complexe est synonyme de connard.

    C’est intéressant. Je n’avais jamais envisagé la chose sous cette angle.

    Commentaire par tschok — 23/06/2009 @ 17:41

  21. Bonjour tschok,

    Dans mes souvenirs, vous étiez l’auteur du glissement sémantique.

    Me tromperais-je ?

    Commentaire par Fantômette — 23/06/2009 @ 18:08


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