La Plume d'Aliocha

29/05/2009

Intouchable Narvic

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 11:51

Il semblerait que j’ai irrité Narvic. En tout cas, il a visiblement passé une bonne partie de sa journée d’hier à relire mes anciens écrits pour trouver des raisons de me crucifier dans un billet titré « Contre Aliocha ». L’étonnante vacuité de ce texte me fait sourire. Tant d’efforts de recherche et d’écriture pour un si piètre résultat, quel dommage. Enfin, l’exercice sans doute l’aura occupé. Et pour une fois au moins, il aura momentanément épargné ma profession. C’est toujours ça de gagné.

Son billet aurait pu me blesser, en réalité il m’amuse. A trop vouloir atteindre son adversaire et lui faire mal, on ne parvient généralement qu’à se dévaloriser soi-même. 

Ah ! les jolies perfidies…

Il lui fallait un titre, il choisit de reprendre celui, au demeurant bien peu original, d’un de mes anciens billets. Non par manque d’inspiration, mais pour me lancer à la figure un désaccord passé avec Eolas. Un peu de sel sur les plaies, le procédé est aussi mal intentionné qu’inconvenant. Et comme je suis anonyme, mon aimable contradicteur en profite pour semer le doute sur le fait que je sois journaliste. Evidemment, je ne puis me défendre, sauf à me dévoiler. Faut-il avoir bien peu d’armes à sa disposition pour en utiliser de si viles.

Et puis vient le temps des leçons 

Puisant ensuite dans mes anciens billets, il me lance au visage que j’ai écrit un jour avoir un ami financier. Horreur, puisque je prétends travailler dans la presse économique, comment puis-je avoir un ami financier ! Il y a deux sortes d’amitiés professionnelles. Celles qui exigent échanges de services et renvois d’ascenseur et celles qui se bâtissent sur une reconnaissance mutuelle de compétence. Les miennes appartiennent à la deuxième catégorie.  Mon indépendance est non négociable. Au passage, il est piquant d’observer que celui qui m’accusait avant-hier, ici même, de donner des leçons de déontologie quand je ne fais que plaider pour l’éthique, s’empresse de me sermoner à propos de supposées fautes qu’il invente pour les besoins de sa démonstration. 

J’ai eu aussi l’imprudence de confier que je déjeunais avec certaines de mes sources. « Un journaliste digne de ce nom, ça ne déjeune pas Madame » pontifie Narvic. Dieu qu’il est drôle.  Donner des leçons est déjà périlleux, mais en donner de sottes et révéler ainsi son ignorance du sujet que l’on traite est franchement regrettable. Eh oui, les journalistes déjeunent avec plein de gens, parce que le monde n’est pas peuplé que de monstres manipulateurs, parce que c’est une manière privilégiée d’établir un contact détendu, hors des bureaux et salles de réunion trop formelles. Parce qu’on ne peut pas vivre bien caché derrière son écran à critiquer sans savoir, sans avoir été sur le terrain, sans avoir entendu ce qu’ont à dire ceux qui font l’actualité. Mais ça, ça ne s’apprend pas dans les livres sur la presse que Narvic se vante de lire tandis que je déjeune.  Il lit,  je pratique, voilà qui explique nos divergences profondes de vues sur le journalisme. 

Crime de contradiction

Mais voyons donc quel crime j’ai commis pour pouvoir me vanter désormais d’avoir un opposant aussi radical ce qui, vous en conviendrez, constitue une certaine forme de reconnaissance, celle-là même d’ailleurs que je n’avais jamais souhaité lui accorder. Eh bien j’ai marqué mon désaccord, à plusieurs reprises, avec LE spécialiste auto-proclamé des médias sur le web. Oui, j’ai osé. Et ce faisant j’ai dérangé le bel ordonnancement du Maître. Un intrus s’est glissé dans son univers confortable, bouleversant ainsi le tranquille consensus autour de ses étranges théories et de ses attaques récurrentes contre le journalisme. Je comprends qu’il en soit contrarié, en revanche je n’excuse pas ses manières. Ai-je soupçonné qu’il mentait sur son passé plus ou moins lointain de journaliste  ? Non. Ai-je réclamé de savoir de quelle science, expérience professionnelle, autorité il se recommandait pour ainsi tant écrire sur la presse et surtout tant critiquer ? Pas davantage, et pourtant la question méritait franchement d’être posée. J’ai juste exprimé mon désaccord. Et encore, ce qui me vaut sa flatteuse harangue n’est pas un billet, mais quelques réponses à des sollicitations de commentateurs. Il faut croire que, décidément, il n’est pas envisageable d’être contre Narvic, fut-ce au détour d’une conversation.

Je ne partage pas ce genre de totalitarisme intellectuel et le fait qu’il ne soit pas d’accord avec moi ne m’aurait pas dérangée si cela ne s’était traduit par des attaques personnelles en lieu et place d’un vrai débat.  Je critique sa vision pessimiste de la presse, il met en cause mon éthique, je conteste ses visions farfelues de notre avenir, il sème sournoisement le doute sur ma qualité de journaliste, je discute ses assertions sur le rôle démocratique de la presse, il parle de blasphème, d’imprécations et de lecture délirante. En d’autres termes, il ne répond pas, il ne débat pas, il invective. C’est donc qu’il n’a rien de plus intéressant à dire.

Je ne puis me défendre en lisant son billet d’y voir une reconnaissance. Tous les journalistes savent que  lorsqu’on critique leurs écrits, c’est souvent qu’ils ont frappé juste, là où ça fait mal. Avec le temps, on s’endurcit et l’on finit même par prendre un certain plaisir à irriter. C’est le cas ici.

 

Les commentaires sous ce billet sont fermés. Je n’avais pas envie de l’écrire, c’est un réflexe de juriste qui m’y a poussée. Il n’est jamais bon de laisser prospérer une attaque en s’abstenant d’y répondre. Je devine déjà le tour que prendra la conversation. Mes lecteurs fidèles me soutiendront avec plus ou moins de réserves et je les en remercie. Ceux que j’agace en profiteront pour venir me haranguer et certains peut-être entameront le procès de mon contradicteur. Est-ce vraiment utile ? Franchement, je ne le crois pas.

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