La Plume d'Aliocha

20/05/2009

Et si on arrêtait le catastrophisme ?

Filed under: questions d'avenir — laplumedaliocha @ 16:33

Ce billet va sans doute énerver certains lecteurs. Tant pis. J’en ai assez de lire toujours les mêmes choses sur Internet concernant la presse écrite : qu’elle va mourir, que l’avenir c’est le web mais qu’elle ne comprend rien au web, qu’elle va devoir faire sa révolution, qu’un nouveau journalisme va émerger et autres fantasmes du même acabit.  Curieusement, ces théories qui se veulent en avance (sur quoi, je vous le demande) virent à la pensée unique la plus épaisse et la plus tyrannique que j’ai jamais observé. Alors comme ça, juste pour le plaisir, je tends le micro à quelqu’un qui dit tout le contraire et croyez-moi, ça fait du bien.

 

Michaël Ringier, patron du premier groupe de médias suisse Edipresse Ringier (176 ans d’existence quand même !) a fait récemment un discours lors de la présentation des résultats annuels de son groupe dans lequel il se révèle en parfait désaccord avec le terrorisme intellectuel qui règne en ce moment sur la mort de la presse écrite.

Extraits :

Sur les difficultés actuelles des groupes de presse :

Après avoir évoqué le fait que la première raison de son optimisme sur l’avenir de la presse était liée à la longévité de son groupe, Michael Ringier évoque la deuxième, sa foi dans le journalisme. « Ma vision des choses ne correspond pas à ce que je lis. Le meilleur exemple en est la crise des journaux. Les scénarios d’apocalypse semblent exercer leur propre fascination, particulièrement sur les premiers intéressés eux-mêmes (..) Les journalistes invoquent leur propore déclin d’une manière telle que le metteur en scène de Titanic, James Cameron, aurait pu en prendre de la graine ».

« Des Etats-Unis, en particulier, nous arrivent en rangs de plus en plus serrés les exemples de maisons de journaux qui sont en faillite ou ne tarderont pas à l’être. Ils sont censés soutenir la thèse qui veut que les journaux n’ont pas d’avenir. Toutefois, si on scrute plus attentivement ces sociétés en mauvaise posture, on remarque qu’elles trainent toutes le même boulet. Toutes, elles ont des dettes trop lourdes et ne peuvent apaiser la soif d’argent frais de leurs bailleurs de fonds par manque de cash flow. (…)Les dettes de nombreux éditeurs de journaux, notamment de ceux qui sont entrés en bourse ou qui ont été repris par des investisseurs financiers, sont souvent si élevées que dans une autre branche, ces entreprises ne s’en tireraient pas. Pourtant, presque personne ne s’intéresse à cette analyse, ça remettrait pour le moins en question la belle histoire de la disparition des journaux ».

Sur Internet :

« La troisième raison de mon optimisme pour la chose imprimé c’est l’internet. (…)J’aime Internet. Et c’est précisément pour cela que j’en vois les limites. On ne doit pas forcément aller aussi loin que le critique de l’Internet peut-être le plus féroce, Andrew Keen, qui pense de façon provocatrice que le « Net est primitif et simiesque ». Mais quand, dans son livre « Le culte de l’amateur« , il dit que « des millions et des dizaines de millions d’utilisateurs de l’internet produisent une masse infinie de médiocrité », je peux difficilement le contredire. (…) « On devient aussi peu journaliste sérieux en possédant simplement un ordinateur que bon cuisinier en ayant accès à une cuisine » écrit Andrew Keen pour décrire le bas niveau intellectuel de la toile ».

Sur le journalisme :

« Le journalisme doit être de qualité, vif, surprenant, exceptionnel, passionnant, exigeant. Voilà la voie, voilà notre chance, voilà le grand défi à relever ».

Certes, les propos à l’égard du web sont durs, trop sans doute, mais qu’on me permette ici de dire qu’ils ne sont pas tout à fait erronés.  Face au torrent d’informations qu’Internet véhicule et qui n’ira qu’en augmentant, positionner le journalisme sur le terrain de la qualité est un pari bien plus intelligent et prometteur que de se casser le crâne à essayer de créer un journalisme adapté au web. Cette adaptation se fera naturellement dès lors que l’exigence préalable de qualité sera remplie. A défaut, elle est parfaitement inutile. Faisons notre métier, plutôt que d’essayer de singer ceux qui font autre chose que du journalisme, simplement parce qu’ils le font sur le média de demain. Je suis convaincue que le journalisme doit utiliser Internet pour ce qu’il est, un outil, et non pas se faire instrumentaliser par lui. Il s’y perdrait.

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36 commentaires »

  1. Si la toile est si médiocre et considérée comme un bas fonds de la pensée, qu’attendent les médias pour en extraire les perles et les vrais talents qu’on occulte et qui existent? Pourquoi ne voient-ils que le négatif, le médiocre et jamais les personnes de talents? Ils craignent quoi à faire cela? Que les personnes réellement réfléchies qui apportent qqch à l’expression citoyenne leur fassent de l’ombre? Il y a un peu de çà non? Internet est comme un vivier de la liberté d’expression. On y trouve du très mauvais et du très bon. Que les médias cessent d’occulter et de noyer la qualité dans ce qu’ils estiment être la vase, pire l’égoût de la pensée qui se déploye sur le net. c’est aussi à eux de mettre en lumière ce qui se fait de bien sur le net au lieu de passer leur temps à leur pourfendre.

    Aliocha : Mais où avez-vous vu que les journalistes méprisaient le web ? Je lis cela partout sur Internet mais permettez-moi de vous dire en tant que journaliste que je ne vois cela nulle part chez mes confrères. Que certains soient abrutis de boulot et n’accordent pas encore toute l’attention qu’il faudrait à Internet, c’est possible, la vie réelle nous occupe déjà beaucoup. Que d’autres conçoivent une méfiance naturelle de professionnels de l’information vis à vis de l’anonymat, des possibilités de manipulation du web et autres travers, c’est exact, mais le soi-disant mépris voire la haine du web chez les journalistes relève du fantasme paranoïaque le plus pur. Et si les journalistes tardent à arriver sur le web, c’est la faute des éditeurs de presse, pas la leur. Je vous rappelle que nous sommes des salariés, souvent mal payés, pas des stars libres d’aller faire leur boulot où bon leur semble. Par ailleurs, vous avez vu le nombre de blogs qu’il y a sur la toile ? C’est un boulot à temps complet pour plusieurs personnes de les identifier, de les suivre etc. Eolas a été parfaitement repéré, d’autres suivront. Il a fallu plusieurs années, certes, mais comme dans la vraie vie il faut plusieurs années pour faire ses preuves. J’ajoute que si j’ai reproduit les propos sur internet du boss d’Edipress, c’est parce qu’ils tranchent avec la tendance actuelle des journalistes et de certains éditeurs à se mettre à déifier Internet après l’avoir, c’est vrai, ignoré un peu trop longtemps. La bonne attitude me semble à mi-chemin entre l’adoration servile conduisant au reniement de ce qu’on est et le rejet, comme souvent d’ailleurs.

    Commentaire par Romane — 20/05/2009 @ 16:57

  2. Je ne sais pas qui sont les lecteurs que cet article est supposé horrifier. Toujours est-il qu’ils n’ont rien compris. Le journalisme se tue à courir après Internet. Il doit comprendre qu’il ne fera plus jamais plus vite. Mais il peut faire beaucoup, beaucoup mieux. Souvenons-nous de l’automobile : le succès n’est pas venu de la course au record, mais de la meilleure berline familiale. Puissent les patrons de presse le comprendre !

    Commentaire par thibaudcontamine — 20/05/2009 @ 17:27

  3. Il me semble que le principal problème de la presse sur internet n’est pas un problème de demande, mais d’offre, et notamment d’offre de système de paiement à l’unité simple et efficace. Actuellement il y est impossible d’acheter le journal, comme on le ferait en kiosque. C’est abonnement ou rien. En d’autres termes il n’existe pas d’équivalent sur Internet de la pièce de 1€ que l’on donne au kiosque. Il n’existe d’ailleurs pas de kiosque à journaux sur Internet…

    Enfin si il existe une plateforme d’achats de contenus à 1€ dont les acteurs de la presse seraient bien inspirés de… s’inspirer : l’Apple Store, et notamment l’AppStore qui sert à acheter des applications à 1€ pièce, à partir d’un ordi ou d’un iPhone. C’est à mon avis là que pourrait se jouer une grosse partie des revenus de la presse sur internet, avec pour corollaire le tarissement de l’offre d’information gratuite sur les sites web des grands journaux.

    Qu’en pensez-vous ?

    Commentaire par Emmanuel — 20/05/2009 @ 17:35

  4. Tiens, que pensez-vous du livre _Spéciale Dernière_ d’Emmanuel Schwartzenberg?

    (Si vous ne l’avez pas lu, je vous le résume en une phrase : la mauvaise santé économique de la presse nationale française s’explique par sa structuration « idéaliste » à la Libération en un grand nombre de titres sous-capitalisés et gérés sans se préoccuper de bonne santé industrielle et économique, d’une part, et le poids du Livre CGT qui alourdit les coûts de fabrication et de distribution.)

    Quant au « mépris du Web des journalistes », mon analyse personnelle est qu’Internet a été pendant longtemps une sorte d’épouvantail commode pour les journalistes avides de sensationnalisme. En 1995-96. on annonçait comme un fait extraordinaire et inquiétant que la bande de Khaled Kelkal utilisait le courrier électronique (alors que celui-ci est bien plus traçable que les appels entre cabines téléphoniques, qui étaient encore nombreuses à l’époque). Par la suite, on nous a servi et re-servi les histoires de pédophiles (*) et de néo-nazis (**) qui pulluleraient.

    Maintenant, franchement, je ne crois pas que les bloggueurs puissent en quelconque façon remplacer les journalistes. Je ne comprends même pas comment on peut avoir une telle conclusion. Si j’ai un peu de temps j’écrirai un billet sur ce sujet (ou: comment nous avons besoin de journalistes).

    (*) J’attends pour ma part que l’on me cite *une* affaire d’enfant (je ne parle pas d’adolescentes de 17 ans) qui aurait été kidnappé ou violé suite à des rencontres sur Internet.

    (**) Donnant d’ailleurs au passage de la publicité à des sites extrémistes à mon avis assez confidentiels sinon.

    Commentaire par DM — 20/05/2009 @ 17:36

  5. Quelques précisions sur les rapports entre le groupe Ringier et les blogs :
    -de nombreux blogs sont associés aux titres du groupe ;
    – il est courant que de grands reportages, courant sur la durée, soient accompagnés d’un blog dédié ;
    – l’Hebdo , de Lausanne, fleuron du groupe, est a l’initiative du BondyBlog ; et le soutiens et l’acompagne toujours.

    Donc plutot une capacité à vivre avec qu’une défiance.

    Commentaire par Pilou — 20/05/2009 @ 17:46

  6. Je veux simplement vous remercier pour ce billet. Moi qui débute dans le journalisme et dans l’écrit, j’en ai plus qu’assez de tous les discours sur l’avenir noir de la presse et le miracle d’Internet. Même à l’école, j’en ai entendu tout le temps. Et ça me gave, ces discours.
    Si je le pouvais, j’aurais donné l’adresse de votre blog à tous les enseignants de l’école dont je suis issue et à mes anciens camarades de promo, pour qu’ils lisent ce billet.

    Merci Aliocha.

    Commentaire par Cléa — 20/05/2009 @ 19:10

  7. Aliocha, je vous vois!

    Je fais parti de ceux qui pense que la presse écrite papier va fortement diminuer au profit d’internet, ainsi que le pouvoir de la télévision.
    Pas disparaitre. Comme la radio lors de l’apparition de la télévision.

    Mais pas les journalistes, au contraire.

    Si je prends mon cas personnel comme exemple, je dévore actuellement trois revues papiers: MISC (Multi-system & Internet Security Cookbook), Linux magasine et « Revue Expert ».

    Si demain, ces trois revues devaient passer du format papier au format internet, je resterais un fidèle lecteur, tout en payant mon abonnement. Les journalistes qui y travaillent continueraient à être payés, peut-être mieux.

    Tout ce que je leur demande est de continuer à faire un travail de qualité.

    D’autre part, je fais parti de la catégorie de personnes qui n’a jamais été abonné à un quotidien papier, mais qui réfléchit à un abonnement à un site internet de journalistes. Simplement, aujourd’hui, je n’ai pas encore trouvé quelque chose qui me correspond. Mais j’ai bon espoir.

    Vous voyez, tout n’est pas perdu: si vous ouvrez un site d’analyse économique, je serai peut-être votre premier lecteur (mais je vous préviens, je suis nul en économie).

    Commentaire par Zythom — 20/05/2009 @ 20:20

  8. @Aliocha: A chacun de vos billets sur le sujet (de la disparition de la presse au profit d’internet), je vous ai dit que vous exagériez et le danger, et les opportunités. Je suis ravi de voir que vous avez trouvé d’autres voix allant dans le même sens.

    Je ne sais pas ce qui motive les grandes envolées lyriques pour ou contre internet (il y en a parfois: je me rappelle d’au moins une émission « téléphone sonne » sur inter), mais je réitère: il y a mieux à faire de votre temps que de critiquer, craindre ou admirer le net, et par exemple, nous faire de bons articles à faire paraître sur n’importe quel support disponible.

    Aliocha : vous avez raison. Mais comprenez que si à vos yeux et aux miens la question est résolue, ce n’est pas le cas de tout le monde. Voir mes jeunes confrères désespérer de leur avenir et les plus âgés déboussolés en raison de quelques discours extrémistes qui viennent s’ajouter à un climat économique morose m’oblige à chercher des raisons de contrer le catastrophisme et à les diffuser.

    Commentaire par javi — 20/05/2009 @ 22:43

  9. Bonsoir Aliocha
    Merci pour ce billet.
    Mais pour les qualités du journalisme, il faut ajouter FIABLE.
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 20/05/2009 @ 22:56

  10. ah bah, ça fait plaisir à entendre !
    parce que le net c’est bien, mais chronophage = où aller, qui croire, quoi lire et pourquoi ?
    En un sens, le rôle des journalistes pourrait être d’ordonner le flux. Pas que ça, bien sûr, mais un peu.
    Enfin, en tant qu’élève / wanabe journaliste, le Web a cet énorme avantage de m’ouvrir sur des personnes qui vivent dans d’autres pays : sans Internet, je ne pourrais suivre les réflexions de quelques profs / journalistes de New Yord et ailleurs, qui tentent de se servir du Web pour renforcer encore le journalisme.

    Bref, super billet. Merci !

    Commentaire par mariemutricy — 20/05/2009 @ 23:57

  11. Ayant eu la chance de travailler sur le support papier et sur Internet, j’ai vécu de l’intérieur le déclin de la presse écrite et la très grande difficulté à rentabiliser les sites d’information. Dans le support papier les éditeurs avec qui j’ai collaboré étaient avant tout des hommes d’affaires, à la recherche de la meilleure et de la plus rapide rentabilité. Seule solution, satisfaire le lecteur et faire un bel écrin à l’annonceur. Pas toujours évident d’exercer son métier de journaliste « de qualité, vif, surprenant, exceptionnel, passionnant, exigeant », lorsqu’il faut plaire au plus grand nombre. En faisant du dilué, de l’aseptisé, du léger, on risque moins l’allergie…

    Idem sur Internet où la gratuité pour l’usager est quasi acquise, il faut faire venir l’annonceur. Et pour cela il faut faire du VU (visiteur unique) et de la PAP (pages vues), de l’inventaire à bannières pour diffuser les campagnes de pub en volume suffisant. Résultat, quand on gère une « chaine » d’actu sur un portail d’information, il faut mettre un peu en retrait quelques uns de ses principes journalistiques si on ne veut pas végéter. Bien sûr on ne plonge pas dans la fange jusqu’au cou, mais il faut bien attirer l’internaute avec ce qu’il veut avant tout pour garder un maigre espoir de l’intéresser au sujet original, travaillé, surprenant…

    Sans aller jusqu’à la désinformation, au bidonnage, on se doit de placer quelque info légère, tant pour ce qui est de l’intérêt qu’elle représente que pour ce dont elle traite… On met cela dans la rubrique « insolite », c’est plus vendeur et vendable que « trash, gore, sexe… »
    Et quand on se rend finalement compte que c’est générateur de 80% du trafic… on vous demande d’en mettre toujours un peu plus chaque jour pour respecter les objectifs, ceux de votre éditeur…

    Niveler par le bas pour plaire au plus grand nombre, telle est la voie choisie. Et ce dans tous les domaines, presse, radio, tv, cinéma et bien sûr internet…

    Aussi je ne suis malheureusement pas sûr que le journalisme de qualité soit la solution aux soucis de la presse, sous son format papier, comme numérique 😦
    Mais une chose est certaine, cela vaut le coup d’essayer ! 😉

    Commentaire par Mister Cham — 21/05/2009 @ 00:27

  12. […] – quoi lire, à quel rythme, combien de sites, information / blogs ? La multitude des chemins possibles peut faire perdre beaucoup, beaucoup de temps, et rend plus rare encore les sites des très bonne qualité dans le fouillis des pages qu’on pourrait consulter. Allez-donc voir ce qu’en pense Aliocha, une journaliste. […]

    Ping par Pourquoi s’informe-t-on ? « Ecritures — 21/05/2009 @ 01:21

  13. bonjour Aliocha en passant par là je viens vous saluer et vous dire que je ne grince pas des dents en lisant votre article bien au contraire

    « Le journalisme doit être de qualité, vif, surprenant, exceptionnel, passionnant, exigeant. Voilà la voie, voilà notre chance, voilà le grand défi à relever”

    je suis entièrement d’accord avec ces propos quels que soient les supports utilisés papier ou web
    n’est ce pas Andrew Keen qui souligne que certains journaux presse écrite parviennent à maintenir cette qualité également sur le web et que des sites d’information embauchent ou sont crées par des journalistes

    le journalisme de qualité peut et je dirais doit se développer et sur papier et sur le web

    quant à Andrew Keen il est volontairement caricatural et provocateur mais il a au moins le mérite de souligner les dangers et les limites du web
    les solutions qu’il propose sont loin d’être aussi radicales que ces propos.

    en écrivant ces mots je m’interroge et je vous interroge également
    et si l’explosion de sites , blogs, et autres médias citoyens ( concept que je n’aime pas ) s’étaient nourris de la carence du journalisme actuel.

    les personnes ont aujourd’hui ont besoin fort de communiquer, de commenter les informations qu’elles recoivent peu importe que « des millions et des dizaines de millions d’utilisateurs de l’internet produisent une masse infinie de médiocrité”
    cette masse de médiocrité selon l’expression de Keen constitue à mon sens une formidable vitrine de notre société
    cette « masse de médiocrité  » ne traduit pas à mon sens la mort de la culture mais un besoin de renouveau de la culture.
    chacun doit connaitre sa place et ses limites !
    les bloggueurs ne sont pas des journalistes même si certains en ont la prétention

    Commentaire par artemis — 21/05/2009 @ 06:05

  14. il y a tout de même un pardoxe entre la « qualité journalistique » dont les journalistes se targuent sur l’amateur et la réalité perçue par le lecteur.
    En tout cas lorsque l’on entend dire: c’est des histoires de journalistes, c’est rarement flatteur

    il seerai intéressant de l’analyser

    Commentaire par fred — 21/05/2009 @ 08:00

  15. Je ne sais pas si le citoyen de base est prêt à admettre qu’il faut payer une information. Quand je parle du citoyen de base, j’évoque également les journalistes qui, souvent, ne lisent pas de journaux et en tous cas n’en achètent plus.

    Je me demande parfois si tout le problème, sur Internet mais aussi dans les endroits (si rares) où l’on vend des journaux,. n’est pas tout simplement l’accessibilité à une information. En dehors du centre des grandes villes, essayez donc d’acheter un journal (avec du choix SVP) un samedi après-midi.

    Sur Internet, soit on s’abonne (bof) à des sites payants, soit on ne paye rien. Quand va-t-on trouver un système où, lorsqu’on se pointe sur un site d’informations, ça nous coûte 10 centimes (8 pour le proprio du blog, 2 pour pour l’opérateur)? Ce serait un peu le système qui a fait la fortune des PTT: un timbre, c’est pas cher, c’est indolore, mais beaucoup de timbres, ça fait vivre la poste et ça lui permet de porter une lettre à la vieille dame perdue dans un hameau du massif central.

    Commentaire par didier specq — 21/05/2009 @ 08:21

  16. Je vous rassure Aliocha, il existe surement encore beaucoup de lecteurs comme moi pour continuer à acheter presse écrite (surtout en province) :
    d’abord l’hiver, il n’y a rien de mieux pour allumer le feu dans la cheminée, ensuite, j’ai garder un petit cabinet à la turc au fond du jardin, et en plus ayant quelques poules, les journaux me servent pour emballer les oeufs frais et les donner aux voisins !

    Comme la publicité du récent journal Vendredi, l’avenir de la presse écrite se trouve quelques fois dans des utilisations inattendues !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 21/05/2009 @ 11:37

  17. Je ne trouve pas grand-chose à redire sur le texte, mais il faut quand même dire que le premier argument est d’une bêtise assez confondante.
    « On existe depuis longtemps, alors on peut être optimistes sur notre avenir », je pense que dans le palmarès des arguments à la noix, ça vient juste après « faut que tu finisses ton assiette parce qu’il y a des petits Africains qui meurent de faim ».

    Non mais depuis quand la longévité passée donne un aperçu de l’avenir ? Je suis persuadé qu’un maréchal-ferrant interrogé à la fin du XIXè siècle aurait répondu la même chose : « oh ben vous savez, mon métier existe depuis 3000 ans, y’a pas de raison que ça ne continue pas ». Ah ben oui, bien vu.

    Bref, heureusement que le reste de l’argumentaire est d’un meilleur niveau, parce que ça démarrait mal.

    Commentaire par Setebos — 21/05/2009 @ 11:41

  18. @Setebos, 17 : le métier de maréchal-ferrant, qui existe depuis (quand même un peu moins de) 3000 ans, est actuellement en plein essor.

    Comme quoi, prévoir l’avenir d’un métier ou d’une activité professionnelle est un art prémonitoire bien difficile à maitriser !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 21/05/2009 @ 11:56

  19. Je crois que nous nous trouvons face simplement à une évolution telle que Schumpeter l’a décrit: la déstruction créatrice.

    La presse traditionnelle sur support papier pourrait bien disparaître à terme au profit d’une presse toujours professionnelle mais sur le web…seul le support (et donc le mode de distribution) changera à mon sens. En tous cas, c’est à souhaiter si l’on veut garder une information professionnelle et indépendante.

    Commentaire par Nemo — 21/05/2009 @ 14:04

  20. L’urgence est ailleurs… Résistance !

    http://gauchedecombat.wordpress.com/2009/05/21/ump-sigle-de-lintolerable/

    Commentaire par gauchedecombat — 21/05/2009 @ 19:21

  21. La presse helvète est d’une grande qualité. Mais toute la presse mondiale peut-elle se vanter d’autant de sérieux ? En France par exemple, combien d’articles sont paresseusement écrits sous la dictée de dépêches et de communiqués de présse ? Je ne veux pas dire que les journalistes sont mauvais, mais que la proportions d’articles originaux (sujet fouillé, inédit, sérieux) est un peu trop faible pour qu’on puisse faire des comparaisons défavorables au blogging.

    Commentaire par Rollie — 21/05/2009 @ 19:23

  22. Il est vrai qu’il y a beaucoup de « médiocrité » sur Internet, sans doute encore plus dans (certains) blogs que dans les sites moins « Web 2.0 ».

    Mais il y a aussi beaucoup de qualité (Wikipédia par exemple, même s’il est critiquable), et de talent (le Blog d’Eolas a déjà été cité, mais on pourrait aussi citer le votre, Aliocha, et ceux de vos « blog-roll » respectifs).

    @ Romane (#1)

    L’hebdomadaire papier __ »Vendredi »__ ne correspond-il pas à votre critique ?

    J’avoue ne l’avoir acheté qu’une fois, par curiosité (je ne sais d’ailleurs pas s’il existe encore), surpris et interrogatif que j’étais, de voir qu’un hebdo papier était composé de billets pris dans des Blogs …

    Restons optimistes doc.

    Commentaire par Yves D — 21/05/2009 @ 20:37

  23. Franchement Aliocha, à cette remarque : « Mais où avez-vous vu que les journalistes méprisaient le web ? Je lis cela partout sur Internet mais permettez-moi de vous dire en tant que journaliste que je ne vois cela nulle part chez mes confrères. »

    Eh bien moi je le vois chez vous. « Ce billet va sans doute énerver certains lecteurs. Tant pis. J’en ai assez de lire toujours les mêmes choses sur Internet concernant la presse écrite : qu’elle va mourir, que l’avenir c’est le web mais qu’elle ne comprend rien au web, qu’elle va devoir faire sa révolution, qu’un nouveau journalisme va émerger et autres fantasmes du même acabit. Curieusement, ces théories qui se veulent en avance (sur quoi, je vous le demande) virent à la pensée unique la plus épaisse et la plus tyrannique que j’ai jamais observé. »

    Aliocha : Non, je passe tous les jours plusieurs heures sur Internet, j’ai ouvert un blog, donc Internet m’intéresse et même me passionne. Ce qui me déplaît, sur le web, c’est son manque de distance critique vis à vis de lui-même et les thèses extrémistes de quelques uns qui le positionnent en eldorado démocratique. Si l’on admet que ce sont ceux qui le connaissent le mieux qui sont aussi capables d’en identifier les faiblesses et que ceux-là le font pas ou peu, alors je m’y colle dans la partie qui me concerne, le journalisme. Et le chapeau de ce billet visait à anticiper précisément les critiques auxquelles je m’attendais car on ne critique pas le web, en particulier sur le web, sauf à être immédiatement taxé de ne pas l’aimer ou de ne pas le comprendre.

    Parler de pensée unique, cela implique que vous ne trouvez pas de contradiction. De plus, vous localisez cette parole détestable uniquement sur Internet.

    De plus, vou apposez certes la réserve de politesse « Certes, les propos à l’égard du web sont durs, trop sans doute, mais qu’on me permette ici de dire qu’ils ne sont pas tout à fait erronés. », mais vous avez qualifié ces propos de réjouissants, tout en reconnaissant leur violence contre le web.

    Sur le reste du propos ? Je ne sais pas si le portrait qu’il brosse de l’avenir est réaliste, mais de toute façon dans tous les cas je ne peux qu’espérer que les journalistes s’engagent dans cette voie. Qu’ils choisissent d’imiter les blogueurs, et je trouverais ridicule de prétendre faire payer une imitation de ce qui est gratuit. Qu’ils se distingue par leur qualité, et là on peut être intéressé.

    à noter d’ailleurs que vous citez souvent le fait qu’on prive les journalistes d’initiative ; si la mutation actuelle conduisait à forcer les journaux à laisser leurs journalistes être plus créatifs ou mourir, ça serait un ménage agréable.

    D’un point de vue bassement financier, j’espère que cela signifie que vous pensez que la presse peut et doit s’en sortir sans aide. Et non que les journaux réclament des aides publiques pour faire face à la concurrence d’Internet (et je pense vraiment que pour cette raison, des personnalités de la presse relaient ce catastrophisme).

    Commentaire par Axonn — 21/05/2009 @ 23:07

  24. “Mais où avez-vous vu que les journalistes méprisaient le web ? Je lis cela partout sur Internet mais permettez-moi de vous dire en tant que journaliste que je ne vois cela nulle part chez mes confrères.”

    Je crois que vous êtes, bien malgré vous, victime d’une confusion entre journalistes et intellectuels en France. Pour ce que j’en vois (Le Monde et France Culture, échantillon biaisé s’il en est), le problème des journalistes est qu’ils ne maîtrisent pas l’outil, faute d’en connaître des rouages techniques. Du coup, ils disent régulièrement des bêtises à son sujet, mais ne me semblent pas avoir de rapport de groupe bien défini. Inversement, un certain nombre d’intellectuels qui officient en tant que journalistes (Alain-Gérard Slama, Alain Finkelkraut, Pierre Assouline, pour n’en citer que quelques-uns) nourrissent un mépris qui tourne parfois à la haine d’Internet, ce dernier remettant en cause leur monopole sur la parole autorisée. Comme la frontière entre les uns et les autres et floue (particulièrement dans les deux médias concernés), j’ai l’impression que la détestation d’internet des intellectuel est, par proximité, attribuée à l’ensemble des journalistes (alors que les réserves que vous exprimez ici, même si je ne les partage pas toutes, me semblent mieux fondées).

    Une perle pour illustrer mon propos. Alain Finkelkraut dans « Répliques » il y a quelques semaines : « Comment expliquer cela à une génération abrutie par les téléphones portables et Internet ? ».

    Aliocha : on assimile en effet souvent les journalistes aux sujets qu’ils traitent et aux personnes qu’ils interviewent d’où en partie l’irritation qu’ils suscitent. Merci pour cette précision éclairante. Sur les intellectuels et le web, il me semble que de leur côté ils confondent le support et ce qu’il sert à diffuser. Quant à la réflexion de Finkelkraut, si elle est provocatrice, elle n’est pas forcément fausse, la technologie peut avoir, à haute dose, un aspect abrutissant. Le problème c’est que la communauté du web a tendance à se cabrer à la moindre critique en accusant l’auteur de la critique d’ignorance au lieu de réfléchir à ce qu’il dit.

    Commentaire par Mathieu P. — 22/05/2009 @ 09:26

  25. @Oeil-du-Sage, 18 : Certes, mais si on compare le nombre de maréchaux-ferrants et leur importance à l’heure actuelle et il y a, disons, 150 ans, je pense que, malgré l’essor actuel, on verra que c’est une profession qui a quand même suivi une courbe globalement peu ascendante (j’aime les euphémismes).
    Et puis ce n’était qu’un exemple, j’aurai pu parler aussi des porteurs d’eau, vitaux à une époque, disparus aujourd’hui.

    Commentaire par Setebos — 22/05/2009 @ 11:05

  26. Aliocha, je vous invite à lire ce papier qui pourrait bien vous faire réagir 😉
    http://www.e24.fr/hightech/mediapub/article92274.ece/Les-journalistes-meritent-le-SMIC.html

    Aliocha : en effet, ça mérite un bon petit remontage de bretelles cette chose là, merci 😉

    Commentaire par Mister Cham — 22/05/2009 @ 15:38

  27. Pourquoi je n’ai qu’une sympathie très limitée pour les journalistes…

    Là tout de suite maintenant, à la une du site de Libération: « Pas d’indemnités pour les irradiés d’essais nucléaires »..
    Quoi ?! Me dis-je… mais c’est dégueulasse !!! Pourtant il me semblait que le principe de l’indemnisation avait été voté, c’est vraiment des salauds, tout ça…

    Puis, je lis l’article, et je m’aperçois que ce problème se limite à 12 cas de militaires contaminés… C’est toujours aussi dégueulasse, mais il ne s’agit que de 12 personnes, alors que la quasi-totalité des autres sera bien indemnisée.

    Donc je me dis, le gars qui a écrit le titre de l’article a volontairement cherché à me tromper.
    Il peut donc toujours se gratter pour que j’achète son journal.

    Rem: Sur le site du Figaro, on aborde le même sujet mais le titre est: « Irradiés nucléaires : la justice déboute encore les militaires », ce qui est tout de même plus honnète…

    Rem 2: je ne dis pas ça parce que c’est libé / le figaro… C’est une coïncidence… Demain, c’est le Figaro qui cherchera à me tromper avec un titre bidon.

    Aliocha : il ne vous a pas trompé, il a tenté de vous interpeller, de vous intéresser, c’est son job.

    Commentaire par Arnaud — 22/05/2009 @ 16:11

  28. Mais pourquoi donc ne montrer que les journalistes du doigts et leur crier crier haro sur le baudet ?

    Les lecteurs aussi ont leur part de responsabilité : c’est un peu comme si on accusait la cuisine de goût et de qualité de tous les maux parce que les fastfood sont à la mode !

    Aliocha : un pays a le presse qu’il mérite, dit-on. Cela étant, nous avons une responsabilité en tant que professionnels de l’information, on ne peut pas s’en dégager sous prétexte de satisfaire un public qu’on imagine plus qu’on ne le connait.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 22/05/2009 @ 16:28

  29. Faudrait peut-être arrêter d’adresser au seul net des critiques qu’on peut tout aussi bien faire à la presse ou aux écrits papier.
    Deux exemples :
    1) Sur le net, parait-il, on trouve tout et n’importe quoi, difficile de démêler le sérieux de l’approximatif ou du trash.
    Ben c’est la même chose pour les livres et les journaux, non ? On publie tout et n’importe quoi. Au point que certains éditeurs se plaignent qu’on publie trop de livres de non écrivains (les people qui racontent leurs petits soucis intimes, c’est pas souvent de la littérature…)
    1) La gratuité qui tue le payant.
    Et Métro. Et 20 minutes. Et Direct Matin. Et Direct Soir. Et « À nous Paris »… c’est pas du papier ?

    Bref, si vraiment c’est la qualité qui sauvera le journalisme, ça se produira aussi bien sur le net que sur d’autres supports. Mais ça suppose qu’on considère que les journaux ne sont pas une marchandise comme les autres et que l’État continue à verser des aides pour assurer le pluralisme des idées. Parce que si on laisse le seul marché opérer, il est évident que les Bouygues, Lagardère, Arnault, Dassault n’ont pas vraiment les mêmes préoccupations que la plupart des journalistes, sinon il n’y a aucune raison qu’ils continuent de financer à perte certaines danseuses.

    Aliocha : je parle des défauts du Net parce que c’est le sujet du moment, notamment en matière de presse. répondre que ces défauts sont présents ailleurs ne résout pas le problème et surtout fait fi de la spécificité du web qui permet à tout un chacun d’exprimer tout et n’importe quoi, diffusant ainsi une information d’une qualité très inégale. Quant au fantasme d’une information financée par l’Etat, c’est celui-là même qui a mené la presse française où elle en est. Imaginez qu’il peut exister et qu’il existe à l’étranger des groupes de presse puissants et indépendants. C’est une spécificité française de voire des industriels d’un autre secteur que la presse se payer des journaux comme en d’autres temps ils se payaient des danseuses. Par ailleurs, je ne vois pas comment des organes de presse sous perfusion d’argent public pourraient affirmer leur indépendance vis à vis du pouvoir qu’ils sont censés contrôler.

    Commentaire par Duquesnoy — 23/05/2009 @ 17:41

  30. Je voudrais juste apporter un rectificatif. Michael Ringier est le patron du groupe zurichois Ringier. Le groupe romand Edipresse est dirigée par Pierre Lamunière.

    Aliocha : En effet, merci de m’avoir corrigée. L’information m’a été transmise par une éminente spécialiste de la presse (française), je l’ai crue sur parole. Comme quoi il faut toujours tout vérifier.

    Commentaire par edre — 25/05/2009 @ 15:22

  31. Aliocha,

    Le problème avec Finkie, mon chou chéri, c’est qu’il n’est pas provocateur, il a plus simplement une tendance à tourner au vieux con.

    Pour le dédouaner, vous êtes obligée d’avoir recours à une interprétation de son propos qui devient un truisme, un concours de défonçage de portes ouvertes (à haute dose la technologie peut avoir un aspect abrutissant, dites vous. Yahouuu! Mais on pourrait dire la même chose du soleil, de la musique, du sucre, du café et… de la Danette bien sûr!).

    Quand, pour dédouaner quelqu’un, on est obligé de tenir soi-même un discours de café du commerce, alors c’est que très certainement ce quelqu’un n’a pas dit quelque chose de si intelligent que cela.

    Pourtant son propos mérite réflexion.

    Pourquoi pose t’il le problème en termes de générations? Lui appartient à la bonne, la cultivée et les suivantes seraient abruties? C’est ça qu’il faut comprendre?

    Pourquoi parle t’il d’abrutissement? Parce que la culture passe d’un support essentiellement écrit à un support plus volatile (image, son, musique, dialogues écrits ou oraux, mais aussi documents écrits qui sont présents sur internet)?

    Pourquoi « expliquer » quelque chose à « ces gens là » comme aurait pu dire Jacques Brel? S’il faut leur transmettre quelque chose, alors pourquoi ne pas utiliser internet? Utiliser l’arme de son adversaire – puisqu’il pose le problème sous cet angle – est après tout une excellente tactique.

    Voilà quelques questions qu’on peut se poser et qu’il ne se pose visiblement pas, notre cher intellectuel. L’auteur de la défaite de la pensée semble décidé à faire subir à sa pensée une cuisante défaite.

    Mais ce sera sa pensée, pas celle de ceux de ma « génération » comme il dit.

    Aliocha : j’adore quand vous êtes en colère !

    Commentaire par tschok — 26/05/2009 @ 12:40

  32. Le cas Finkelkraut est sans doute un peu plus subtil qu’une dénonciation d’un excès. Comme la plupart des intellectuels de sa génération, il se rend compte que les technologies de réseau lui ont fait perdre le ministère de la parole, non plus au profit d’amuseurs publics, comme au temps de la télévision, mais au profit de gens qui (parfois) savent de quoi ils parlent, et (souvent) beaucoup mieux que les intellectuels en question.

    C’était d’ailleurs là une partie du sous-texte de mon commentaire. Beaucoup plus que les journalistes (qui ont, au moins en principe) une méthode claire et coûteuse à suivre, ce sont les intellectuels médiatiques, bavards sur tout et compétents sur rien, qui sont menacés par les contenus mis en réseau. C’est pourquoi je voulais suggérer à Aliocha la distinction entre ces deux rôles, et de faire attention à ne pas s’engager dans un mauvais combat en croyant à une communauté d’intérêt entre journalistes et intellectuels.

    Commentaire par Mathieu P. — 26/05/2009 @ 13:47

  33. @ Mathieu P,

    Je ne partage pas votre point de vue sur les intellectuels bavards sur tout et compétents sur rien. La compétence des intellectuels (de type sartriens comme Finkie) est la réflexion et l’expression de leur pensée.

    Finkie est parfaitement compétent dans ce domaine, comme il l’a montré à de multiples reprises sur bien des sujets. Mais pour internet, il a un peu loupé le coche.

    Il y a d’autres types d’intellectuels, au sens large, mais avec une activité professionnelle: les universitaires, les chercheurs, ingénieurs, techniciens, certaines catégories de cadres supérieurs du public ou du privé, les artistes, les journalistes, etc…

    Ceux là sont très compétents dans leur domaine.

    Et puis il y a la multitude des intellectuels amateurs que nous sommes tous plus ou moins, soit parce que nous avons la prétention d’être intellectuels, car nous sommes diplômés ou que nous avons simplement le sentiment d’avoir une culture suffisante, soit parce que nous appartenons à la catégorie des intellectuels professionnels, mais que nous nous aventurons dans un domaine qui n’est plus notre spécialité. Et là, nous redevenons des amateurs ou des intellectuels de type vaguement sartriens.

    Je préfère encore différencier des types d’intellectuels (les sartriens, les professionnels, les amateurs), quitte à établir une catégorisation qui est forcément réductrice, plutôt que de mettre tout le monde dans le même panier et dire « ce sont tous des cons (pétant sur rien et bavardant sur tout) » ce qui me parait encore plus réducteur.

    En ce qui concerne Finkie, il n’a pas perdu le ministère de la parole: il a toujours son émission sur France culture, il écrit dans n’importe quel canard quand il veut, il est souvent invité à la télé et il publie, je crois, régulièrement ses bouquins. Internet ne l’a donc pas exilé dans je ne sais quel goulag de l’oubli ou sur un strapontin au fond de la salle de spectacle. Il est sur la scène et même à l’avant scène.

    C’est la pertinence de son propos qui a perdu de sa force, non pas comparativement à la luminosité des idées de ses contemporains, mais par rapport au sujet qu’il traite. Il y a une profonde transformation de la culture et cette transformation, il l’analyse comme une aliénation ou une acculturation, au sens négatif du terme, c’est à dire une perte de spécificité, une dilution dans une bouillie indigeste, et il soutient qu’internet en est l’un des vecteurs.

    Or, contre toute attente, on observe le contraire, précisément sur internet.

    Sa thèse n’est plus compatible avec l’observation du phénomène. C’est ça le problème. Et c’est ça qui le met en minorité, pas le fait qu’on serait tous devenus des génies enfin capables de nous exprimer grâce à un clavier et un écran – ce qui reste largement à démontrer.

    Pour revenir au sujet de la discussion, qui était quand même de savoir s’il est possible de survivre à côté d’internet, on peut répondre comme le fait M. Ringier: « oui, c’est possible (yes we can!) en pariant sur la qualité ».

    Mais, fondamentalement, il n’y a aucune raison d’en rester là: la qualité, ça marcha aussi sur internet. Donc la presse peut investir internet, en sortant de son complexe obsidional et sans avoir peur de se mesurer à la médiocrité de la multitude, comme le dit Aliocha.

    Commentaire par tschok — 26/05/2009 @ 15:30

  34. J’ai jamais parlé d’information financée par l’État. Faudrait pas me faire dire ce que je ne dis pas. J’ai parlé d’aider à assurer le pluralisme des idées. Les aides à la presse remonte à la Libération. Elles ont permis un véritable pluralisme. Aujourd’hui, le système d’aide est dévoyé.
    Ainsi, l’aide au transport était prévue pour les journaux aux faibles ressources publicitaires. Aujourd’hui, comme cette aide est prévue « au poids », elle finance davantage le transport des suppléments publicitaires du Figaro que les journaux en difficulté.
    Mais c’est peut-être votre conception du libéralisme… les gros d’abord.

    Commentaire par Duquesnoy — 26/05/2009 @ 23:26

  35. […] à Mister Cham d’avoir attiré mon attention sur cet article. Commentaires […]

    Ping par Les journalistes au SMIC ? « La Plume d’Aliocha — 28/05/2009 @ 12:09

  36. « la presse écrite […] va mourir, […] l’avenir c’est le web »

    Mais où avez vous lu cela ? Il n’y a pas d’avenir pour les journaliste sur le web, en tout cas, pas à ce niveau de rémunération (qui n’est deja pas bien élevé sur le papier).

    Le véritable enjeux est soit un dégraissage massif pour permettre aux indispensable de survivre, soit de créer une démocratie sans journalistes (ce que s’emploi a faire le pouvoir).

    Commentaire par gregory — 29/05/2009 @ 15:18


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