La Plume d'Aliocha

18/05/2009

« On va vous laisser aboyer »

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 13:13

Jean-Michel Aphatie défend aujourd’hui Jean-Luc Hees, le nouveau président de Radio France nommé par Nicolas Sarkozy, qui s’est invité vendredi matin à l’antenne de France Inter au cours de l’interview d’Edwy Plenel. Motif ? Le journaliste de Mediapart présentait son livre,  « Combat pour une presse libre » (j’en reparlerai), dans lequel il dénonce l’intrusion de plus en plus forte du pouvoir dans les médias. Et Jean-Michel Aphatie de regretter que l’on refuse d’écouter dans cette histoire ce que Jean-Luc Hees avait à dire sur le sujet, chacun, et surtout les syndicats de journalistes, préférant crier à l’intrusion inadmissible du Big boss dans une interview.

Il est parfois étrange Jean-Michel Aphatie. Lorsque le patron de France Inter s’excuse pour les propos tenus par l’humoriste Guillon contre DSK, l’interviewer vedette d’RTL y voit un abandon inadmissible d’indépendance, là où il n’y a à mon avis qu’une simple démarche diplomatique pour garder sa liberté de ton sur le mode « si on vous a blessé je m’en excuse mais ma radio n’a fait que son métier et elle continuera ». En revanche, l’instrusion d’un patron de radio nommé par le pouvoir dans une interview sur la liberté de la presse apparaît  beaucoup plus contestable. Sauf que pour Jean-Michel Aphatie, ce qui est contestable, ce n’est pas cette démarche, mais le fait qu’on refuse d’entendre le témoignage d’indépendance de son auteur. C’est en effet ce que Jean-Luc Hees était venu dire à l’antenne pour répondre aux inquiétudes de Plenel. Son argument ? Puisque vous êtes ici c’est que cette radio est libre. « L’invitation a été lancée avant votre arrivée » rétorque finement Edwy Plenel, avant d’ajouter, « la Cour européenne des droits de l’homme nous qualifie de chiens de garde de la démocratie ». Ce à quoi Jean-Luc Hees répond :  « alors on va vous laisser aboyer ». N’est-ce pas que la formule est élégante ? D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de l’achever mentalement :  « Amis journalistes continuez d’aboyer, ça n’empêche pas la caravane gouvernementale de passer ». Mais ce n’est ici bien entendu qu’une impertinence de journaliste qui ne préjuge en rien des intentions réelles de l’auteur de cette remarquable formule.

N’en déplaise à Jean-Michel Aphatie, la démarche de Jean-Luc Hees était à tout le moins infiniment maladroite. L’indépendance est aussi une question d’apparence. Est présumé indépendant celui dont rien ne permet de supposer le contraire. La nomination du patron de Radio France plaide contre lui. Son intrusion dans l’émission aussi. A fortiori dans le climat actuel qui permet de douter légitimement de la volonté du Chef de l’Etat de respecter la liberté de la presse autant qu’on pourrait le souhaiter.

Si Jean-Luc Hees n’a pas été compris, c’est regrettable. En ce qui me concerne, je ne hurlerai pas avec les loups. J’attends juste qu’il fasse la preuve de l’indépendance qu’il allègue.

D’ici là, je prends le parti de la liberté de la presse. Sans rage, sans haine, sans procès d’intention, mais avec force. Au suplus, je ne crois pas que Jean-Luc Hees et Nicolas Sarkozy aient tant besoin que cela d’être défendus. La presse, si. Et comme je ne compte guère sur le public qui a d’autres chats à fouetter, je trouve légitime qu’elle soit défendue par les journalistes. Quant à ceux d’entre nous qui adoptent la posture inverse, qu’ils se rassurent, comme dit Jean-Luc Hees, « on va les laisser aboyer ».

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26 commentaires »

  1. Un billet qui ne manque pourtant pas de mordant 😉

    Commentaire par Yves D — 18/05/2009 @ 14:22

  2. Bonjour Aliocha,

    Quand je constate autour de moi l’apathie (sans jeu de mot) des gens, ne pensez-vous pas qu’il soit trop tard? Les journalistes peuvent-il réellement agir, si les média, leurs employeurs, sont déjà « au pas »?

    Certains journalistes comme Bertrand Lemaire ont une certaine lucidité (lire ceci par exemple: http://www.bertrandlemaire.com/dotclear/index.php?post/2009/05/18/Dictature-Soft-%3A-le-contr%C3%B4le-d-Internet-en-marche…).

    Mais n’est-ce pas crier dans le désert?
    Vous allez me dire peut-être que c’est courageux et mieux que de se taire.
    C’est vrai.

    Mais la vraie question reste: n’est-ce pas trop tard?

    Aliocha : Plus je travaille sur le sujet, plus j’aperçois que la liberté d’opinion et en particulier la liberté de la presse est parfaitement indissociable de la démocratie. Ce qui me rassure. En outre, il ne faut pas diaboliser la situation actuelle. Quand on voit les Une que Marianne consacre à Sakozy, les charges du Canard Enchaîné ou encore les spasmes anti-Sarkozy d’autres journaux plus « sages », on se dit que la liberté de la presse n’a pas totalement disparu, même si j’ai tendance à penser qu’elle se dévoie un peu dans de la critique de caniveau ou de la vengeance tardive (j’ai commencé par encenser bêtement, puis je lynche quand je flaire un retournement de situation – voir le cas Dati dans Le Point). De même quand on observe la liberté de ton sur Internet (voyez les prix Busiris de Eolas), on se dit qu’à l’évidence nous ne sommes pas en Chine. Le contrôle de la télévision quant à lui est une éternelle tentation du politique, De Gaulle en tête qui pensait que l’ORTF était sa voix à lui. Bien sûr, on aurait pu souhaiter évoluer sur ce point au lieu de rétrograder. De là à dire que c’est foutu, il y a un pas que je ne franchirai pas. Le vrai danger à mon sens que court la presse actuellement, ce n’est pas Sarkozy, c’est sa situation économique. Les difficultés qu’elle traverse la mettent à la merci de la publicité, des actionnaires, du pouvoir, bref de toutes les influences néfastes dont elle doit en principe se prémunir. Comment voulez-vous dénoncer un scandale si vous risquez d’attenter aux intérêts d’un actionnaire, critiquer une banque si elle souscrit plusieurs centaines d’abonnements chaque année et passe des dizaines de pages de pub, attaquer un homme politique si vous n’avez tout simplement pas les moyens de vous payer un avocat en cas de procès (Mediapart) ? La question à mon sens n’est pas celle de l’indépendance politique mais de l’indépendance économique. Sur Hadopi, les opposants au projet ont fini par me convaincre que les solutions étaient mauvaises, mais personne ne me fera avaler en revanche qu’Internet devrait être au-dessus des lois. D’abord parce qu’il est normal que celui qui fournit une prestation intellectuelle ou artistique veuille en vivre. Ensuite parce que je pense qu’Internet n’atteindra la maturité que lorsqu’il sortira du statut de jungle où tout est permis. Les investisseurs exigent avant tout la sécurité juridique. Agiter le fantasme du complot politique sur ce coups-là me semble contreproductif.

    Commentaire par Zythom — 18/05/2009 @ 14:44

  3. Les prises de positions de JMA sur ces sujets sont vraiment bizarre. J’ai du mal à y discerner la moindre cohérence. Une fois il hurle dans un sens la foi suivante dans l’autre j’ai du mal à croire qu’il se contente de suivre le vent mais je suis de plus en plus enclin à y penser.

    Aliocha : j’ai une explication très personnelle que j’ai failli glisser dans le billet et puis je me suis dit que la psychanalyse de comptoir n’avait pas sa place. Aphatie a horreur de la méchanceté, et horreur que la presse fasse du mal à quelqu’un. Par conséquent, il est, en tout cas depuis que je le lis, toujours du côté de la victime médiatique. Ce qui ne serait pas grave, s’il n’était journaliste et donc amené à se placer dans une situation paradoxale. Trouvez la prochaine victime des médias et je vous parie que vous aurez un billet en défense d’Aphatie 😉 Il a déjà défendu Kerviel contre Le Parisien, Dray contre l’Est Républicain, Ségolène contre tout le monde, DSK contre Guillon, Kouchner contre Péan etc…

    Commentaire par lordphoenix — 18/05/2009 @ 15:16

  4. Merci Aliocha pour votre réponse.

    Un point sur lequel je ne vous suis pas: « Ensuite parce que je pense qu’Internet n’atteindra la maturité que lorsqu’il sortira du statut de jungle où tout est permis. »

    De mon point de vue, les lois s’appliquent parfaitement à Internet. La notion de « jungle où tout est permis » est un fantasme journalistique.

    Aliocha : Théoriquement, elles s’appliquent, mais en pratique, c’est plus compliqué. Avez-vous observé le nombre de messages critiques voire orduriers à l’encontre des politiques par exemple ? Ils relèvent en effet de l’injure ou de la diffamation, mais qui s’en occupe ? Vous croyez que si Eolas était patron d’un petit journal papier et qu’il agonisait de critiques Dati comme il le fait sur son blog il n’aurait pas déjà dix procès aux fesses ? En tant que journaliste je frissonne d’horreur quand je lis certains propos tenus sur le web. Et voyez tous les sites et les blogs qui empruntent photos, dessins de presse et même textes sans se soucier des droits d’auteur, les piratages qu’on nous dit inéluctables, la contrefaçon, véritable casse-tête pour les sites de vente en ligne et pour l’industrie du luxe. Tout ceci n’a pas été inventé par le web mais est grandement facilité par le web, en même temps que les outils de lutte sont bien dérisoires….

    Commentaire par Zythom — 18/05/2009 @ 15:19

  5. Il faut aussi ajouter (à la décharge de jean-Luc Hees ?) qu’il souffre d’une attirance quasi maladive pour les micros…

    Je me souviens que lorsqu’il avait été nommé à la direction de France Inter, il lui avait fallu quelques semaines (et sûrement quelques remontrances du président Cavada) pour qu’il renonce à son émission quotidienne, Synergie. Et alors que Pierre Bouteiller, qui avait été nommé en même temps que lui à la tête de France Musique avait immédiatement abandonné son émission.

    Et lorsque sans doute contraint et forcé, il avait dû laisser la main, il nous avait gratifié lors de sa dernière émission d’un larmoyant plaidoyer pro domo, regrettant qu’il ne puisse pas être à la fois Directeur et à l’antenne.

    Faut-il rappeler aussi que dans les années 1990, il était à la fois directeur de la rédaction et présentateur du journal de 13h, en plus de son émission quotidienne, et de quelques piges à la TV, sur France 5.

    Aliocha : pas étonnant dès lors que cet « omnijournaliste » ait séduit notre « omniprésident ». Tous deux oublient les vertus de la séparation des fonctions me semble-t-il…

    Commentaire par Astre Noir — 18/05/2009 @ 15:45

  6. @ Aliocha (Réponse au commentaire 6) : « agonissait » et non « agonisait »

    Agonir (d’injures) est un verbe du 2ème groupe, qui se conjugue comme finir

    Commentaire par Astre Noir — 18/05/2009 @ 15:48

  7. « Avez-vous observé le nombre de messages critiques voire orduriers à l’encontre des politiques par exemple ? Ils relèvent en effet de l’injure ou de la diffamation, mais qui s’en occupe ? »

    Avez-vous idée du nombre de messages critiques émis par les citoyens dans les bars, lieu public par excellence. Mais qui s’en occupe: personne. Aucun intérêt. L’intérêt intervient quand la critique est lue par un grand nombre de personne ET qu’elle est infondée.

    Aliocha : je ne suis pas une grande pénaliste, mais l’injure à mon sens n’est jamais fondée, tout au plus peut-on considérer que le propos n’excède pas le droit de libre critique, quant à la diffamation, les faits allégués sont exacts ou pas. Par ailleurs, il me semble qu’il y a une vraie différence entre un propos écrit sur Internet accessible à des millions d’internautes sur un temps infini, et une élucubration orale de bistrot face à une poignée de témoins.

    Quant au problème de la contrefaçon, vous savez bien qu’il n’est pas limité au monde virtuel. Les moyens de lutte existent, mais l’état ne souhaite pas mettre les moyens financiers qui doivent aller avec (pas assez rentables?). Les outils de lutte ne sont pas dérisoires, ce sont les moyens financiers qui le sont.

    Aliocha : Et pourquoi l’Etat devrait-il se lancer dans cette aventure en effet ruineuse ? N’est-ce pas en premier lieu aux sites d’enchères de s’en préoccuper ? Seulement voilà, lors d’un colloque auquel j’ai assisté sur le sujet, le responsable d’un de ces sites soulignait qu’il comptabilisait plusieurs millions de produits dans le monde entier, tout en se retranchant au passage derrière son statut de simple hébergeur, ce qui ets discutable. Cela étant, ces sites surveillent, ne serait-ce que parce que l’industrie du luxe les marque à la culotte, mais c’est un boulot de titan. Je n’entends pas dire ici qu’Internet est un lieu de délinquance non réglementé et non surveillé, je m’irrite simplement de la répulsion à l’égard de toute tentative de surveillance et de réglementation qui semble faire fi des principes juridiques de base, ce qui ne facilite pas la protection des droits de chacun. Tiens, et j’allais oublier la question des données personnelles. Le rapport annuel 2008 de la CNIL qui vient de sortir est édifiant sur le sujet.

    Commentaire par Zythom — 18/05/2009 @ 16:18

  8. C’est amusant Aliocha, dans chacune de vos réponses, j’ai envie de partir dans plusieurs directions car je ne suis pas d’accord avec vous.

    Je voudrais répondre quand même pour ne pas me défausser:
    – en matière numérique, tous les naïfs se sont faits (ou se font) plumer. La majors s’en rendent compte un peu tardivement. Je suis heureux de voir que les journalistes sont rarement naïfs.
    – concernant la question de données personnelles, je soutiens entièrement la CNIL (qui manque cruellement de moyens). Mais que répondre à toutes les personnes qui s’épanchent sur Facebook ou qui étalent leurs vies à tous les vents? Faut-il des lois contre la stupidité?

    Mais j’ai relu votre billet du jour et me rend compte que nous nous sommes éloigné du sujet. Surtout que je souhaite vous soutenir sur le fond: il faut lutter pour la paroles des journalistes.

    Bon courage.

    Aliocha : mais ne vous gênez surtout pas pour me contredire. J’ai conscience de ma médiocre connaissance du web. En revanche, je ne crois pas me tromper en estimant qu’il nécessite d’être régulé comme n’importe quelle activité humaine. Le problème, semblable d’ailleurs à celui de la finance, c’est qu’il évolue plus vite que le législateur et qu’il se joue des frontières.

    Commentaire par Zythom — 18/05/2009 @ 17:10

  9. Je ne comprends pas qu’on prête la moindre attention à ce que dit Jean-Michel Apathie. Vraiment.
    Je l’ai entendu il y a longtemps sur France Inter. A la dixième chronique qui me semblait « résumer le sentiment général », j’ai arrêté d’écouter. Tous les ans, je lui laisse une chance, je l’écoute ou je le lis un peu… Toujours rien d’original, je re-filtre pour un an.
    Même impression avec Yves Calvi (sur France 5).

    Pourtant j’ai le sentiment que JMA est plus considéré que YC.
    Me leurje? Ou comment ce fesse?

    Commentaire par pascal — 18/05/2009 @ 18:00

  10. Bonsoir ma chère,
    A peine j’ai lu la première ligne que je me dis « tiens, encore Aliocha vs Apathie »… J’ai l’impression que ça devient une habitude… Serait-il pour vous ce que Dati est pour le maître d’autres lieux ?… (Mode joke on bien sûr. ^^)

    Commentaire par Triskael — 18/05/2009 @ 18:56

  11. Jean luc Hees est un homme d’antenne. Si Radio France avait été un opérateur du câble, on aurait même pu dire un homme de réseau. Mais cela pourrait prêter à confusion.

    Aliocha : et vous croyez qu’avec ses antennes, il capte la vibration de la Danette ?

    Commentaire par tschok — 18/05/2009 @ 20:09

  12. Moi aussi moi aussi moi aussi je veux intervenir concernant l’Internet !

    Certains informaticiens (dont moi, donc) sont troublés par l’application de la notion de publication. Le contenu est en effet regénéré à chaque consultation. Il est disponible potentiellement de mille manières.
    Internet c’est certes le web : un réseau qui permet de faire transiter des documents codés en HTML par dessus le protocole HTTP, mais il y a mille et mille autres codages, beaucoup d’autres protocoles. Leur seul point commun est l’échange négocié de pair à pair(s – ici le pluriel vaut très rarement -quasi exclusivement pour la télévision).

    Je n’irai pas, comme une ministre particulièrement cultivée, jusqu’à dire qu’on peut parfaitement sécuriser une adresse IP (sans doute avec OpenOffice), mais je peux assez bien contrôler qui peut accéder à un service ou à un autre de mon serveur, et que ces différents visiteurs voient des choses différentes si cela est mon souhait.

    Et dans les échanges de pair à pair, donc interpersonnels… qu’est-ce qui prévaut sinon l’informel et le non juridique ?

    Sous la pression législative, les internautes français vont très certainement, dans l’année qui vient, inventer un moyen convivial de transformer l’internet en un vrai réseau d’échange d’ami à ami, en toute confiance, et hors d’atteinte du regard de la puissance publique. Cette évolution inéluctable vers les réseaux vraiment décentralisés et incontrôlables n’a pas que des avantages : nul ne saura plus d’où viennent les rumeurs, sinon grâce à des techniques de piégeage ressortissant plus de l’ingénierie sociale que de l’informatique, nul ne pourra plus contrôler la circulation des documents et informations (et démentir les âneries sera encore plus difficile), sauf par des perquisitions aléatoires et inopinées chez de présumés innocents citoyens.

    Je souhaite trouver un moyen de rémunérer la création, mais les créateurs et leurs producteurs se tirent eux-mêmes une balle dans le pied avec lequel ils foulent les libertés publiques…

    Aliocha : le choix ne serait donc que laisser en l’état ou s’exposer à pire, simplement parce que certains refusent de payer pour un film ou de la musique ou encore de l’information ? Et je suppose qu’il faut trouver cela normal au nom de la liberté et de la sacro-sainte technologie ? J’espère que non, mais alors que proposent les spécialistes informatiques ? J’ai lu beaucoup de critiques mais je n’ai vu personne proposer de solutions….

    Commentaire par unread — 18/05/2009 @ 21:25

  13. Je ne crois pas qu’il y ait de solution hors d’une société totalitaire.

    Aliocha : vous êtes vous demandé si la société totalitaire ne risquait pas d’émerger d’Internet ? Pensez-vous par exemple qu’un acteur comme Google puisse se permettre tout et n’importe quoi sans qu’on risque de sombrer dans un monde totalitaire plus sûrement que si Sarkozy ou un autre décidait de contrôler le web ? Cela étant sans critique aucune vis à vis de Google que je prends simplement comme exemple d’un acteur sur-puissant comme le monde de l’informatique sait en créer.

    Commentaire par unread — 18/05/2009 @ 22:22

  14. Je m’explique, parce que j’ai peur d’avoir été un peu brutal : la théorie de l’information (celle de l’informatique, la matheuse 😉 nous donne les moyens de transmettre n’importe quelle information, à partir de l’instant ou de l’information arbitraire (même un peu) peut passer, et ce, même de façon extrêmement détournée. éventuellement à l’insu des intermédiaires (furtivité), ou au moins en empêchant les intermédiaires de connaître le contenu de la communication.

    La théorie démontre que c’est possible, et dans la vie on le fait tous les jours.

    Commentaire par unread — 18/05/2009 @ 22:32

  15. Je vois que la conversation a dérivé vers la question de l’application du droit sur Internet.

    Aliocha s’émeut des injures et diffamations qui circuleraient sur Internet. Ayant moi même été diffamé par un bloggueur, je ne peux qu’être sensible à ce point. Reste que ce n’est pas parce qu’un article est *potentiellement* lisible par des millions de personnes pendant un temps indéfini qu’il le sera.

    Un député français avait été diffamé sur Wikipédia, les informations erronées étaient restées quelques heures en ligne. Comme Aliocha, il a invoqué une diffamation à l’échelle planétaire. Sauf que… en moyenne, il n’y a que 10 personnes qui consultent chaque jour sa biographie Wikipédia.

    La vérité est que l’immense majorité des pages Web, des blogs, etc., n’a qu’un lectorat très modeste. Wikipédia est certes le premier site lu en France hors portails et annuaire, mais la plupart des articles n’ont que peu de lecteurs.

    @Aliocha: « J’espère que non, mais alors que proposent les spécialistes informatiques ? J’ai lu beaucoup de critiques mais je n’ai vu personne proposer de solutions…. »

    Le spécialiste informatique que je suis demande donc quel problème vous voulez voir résoudre.

    Aliocha : certes l’injure peut n’être lue que par quelques personnes par jour, mais ceci pendant un temps à la durée indéfinie. La mémoire d’Internet est une chose très préoccupante, surtout si on l’additionne à la facilité avec laquelle on peut trouver les informations puis les agréger pour établir un portrait détaillé de quelqu’un. Portrait qui peut par ailleurs être erroné en cas d’informations à caractère diffamatoire.
    Le problème que je veux résoudre est celui d’Hadopi, comment lutter contre les pratiques illicites si les méthodes de la ministre ne sont pas les bonnes ? D’après un papier du Monde qui faisait le point sur l’état d’avancement du sujet dans plusieurs pays, tout le monde se casse la tête là-dessus et personne n’a la solution miracle. Du coup Hadopi n’a pas l’air plus bête qu’autre chose

    Commentaire par DM — 18/05/2009 @ 22:35

  16. « L’indépendance est aussi une question d’apparence. Est présumé indépendant celui dont rien ne permet de supposer le contraire. La nomination du patron de Radio France plaide contre lui… »
    Selon le dicton populaire « il faut se méfier des apparences »…
    Le 1er président de la cour des comptes est nommé par décret pris en conseil des ministres. Il s’agit actuellement de Philippe Séguin dont il n’est pas besoin de rappeler les opinions politiques. De même le Président du Conseil Constitutionnel est désigné par le chef de l’Etat (actuellement JL Debré). L’indépendance est pourtant l’essence même de ce type de fonction.

    Commentaire par véronique — 18/05/2009 @ 22:56

  17. @Aliocha: Mais dans quel but lutter contre les « pratiques illicites »? Et pourquoi celles-ci sont-elles illicites? Est-ce une priorité nationale?

    En tant que citoyen dont l’appartement s’est fait fracturer sans que la police ne se déplace pour constater, dont des membres de la famille ont été agressés dans la rue ou cambriolés (bien évidemment, voleurs jamais retrouvés), je ne suis pas convaincu qu’il y ait une grande nécessité de diriger les ressources publiques en matière de répression envers les problèmes de copie illicite sur Internet.

    Aliocha : d’abord merci pour votre réponse. Cela étant, l’argument des moyens n’est pas pertinent pour s’abstenir de lutter contre une forme de délinquance.

    Jusqu’à présent, on ne m’a jamais vraiment démontré que cette copie génère un manque à gagner important : la simple multiplication du nombre de titres détenus par leur prix unitaire donne des sommes en excès de ce que les gens auraient accepté de payer.

    Aliocha : je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire ici. S’il s’agit de dire que le préjudice financier est dérisoire, je m’interroge quand même lorsque je vois les soldes de CD et de DVD à la Fnac. Ces produits ont, me semble-t-il, perdu toute valeur marchande, mais je n’ai pas enquêté, ce n’est qu’une impression.

    Mais bon, soit. Un problème avec l’HADOPI est qu’on donne du pouvoir à une autorité administrative pour sanctionner des gens sans débat contradictoire. Dans le même temps, on sait qu’une partie des « box » Internet offrent une sécurisation moyenne (par exemple, la mienne refuse de fonctionner en mode WPA, ou du moins si on la met dans ce mode aucun ordinateur ne peut s’y connecter), et on sait qu’une bonne partie des ordinateurs personnels font tourner des virus, malware, spyware et chevaux de Troie qui sont autant de portes ouvertes pour servir de relais à des trafic illicites. Bref, on risque de sanctionner des innocents (cela peut aussi vous arriver!).

    Aliocha : sauf à développer précisément des systèmes de protection plus performants, ce que s’empresseront de faire les constructeurs…

    Parallèlement, je pense que si l’HADOPI commence à avoir un semblant d’efficacité réelle, les protocoles p2p ne soient adaptés en conséquence. Par exemple, ils ne feront plus apparaître l’adresse IP des personnes qui mettent à disposition les contenus, ils utiliseront des relais qui feront transiter l’information sans pouvoir inspecter son contenu, etc.

    Aliocha : malheureusement, je crains que vous n’ayez raison

    Ceci amènera naturellement les ayant-droit à demander une législation plus coercitive, par exemple interdisant certains types de trafic Internet que l’on ne pourrait pas filtrer. Or, « filtrer » un trafic au point de différencier le licite de l’illicite, permet aussi de l’espionner.

    Je vous demande donc: en tant que journaliste, accepteriez-vous que vos courriels passent dans un dispositif qui lit leur contenu, apparemment pour y rechercher des œuvres protégées, mais qui en fait peut très bien lire vos courriels tout court? Accepteriez-vous que, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue, la Poste ouvre et fouille les paquets?

    Aliocha : ça ne me dérangerait pas, il me semblait d’ailleurs que ces outils existaient déjà

    Je vais tenter d’être bref et synthétique. L’intérêt du guerillero est de se fondre dans la population, de sorte que la puissance occupante soit amenée à cibler les populations, accroissant son impopularité. De la même façon, l’intérêt des concepteurs de trafic p2p est de rendre le trafic licite indistinguable du trafic illicite, de sorte que les autorités soient amenés à exiger des possibilités d’inspection et de blocage de plus en plus intrusives.

    En résumé, je n’en ai absolument rien à faire qu’on empêche Jenifer, 15 ans, de télécharger le dernier album de Superbus. Par contre, ça m’embête si pour faire cela, on met en place un système qui déconnecte Mme Glandu, 72 ans, dont la « box » est utilisée à son insu par son voisin. Et ça m’embête encore plus si on met en place des filtres et autres espions chargés de regarder les courriers, les images, etc., qui se déplacent, parce qu’ils peuvent servir à d’autres choses que de détecter des contenus illicites.

    La presse nous abreuve depuis 14 ans d’histoires épouvantables concernant Internet, nid de néo-nazis et de pédophiles, qu’il faudrait « réguler » et filtrer. Dans le même temps, elle crie à l’horreur quand le gouvernement chinois fait exactement cela. Pourtant, les moyens techniques utilisés par le gouvernement chinois ne sont pas différents de ceux qui seraient nécessaires pour filtrer pédophiles, néo-nazis, et copies illicites de Superbus. Je crains donc que ceux qui défendent la mise en place de moyens techniques de filtrage ne perçoivent pas la portée réelle des implications.

    Aliocha : ce qui serait différent, c’est l’objectif visé et ça, ça change tout. Entre traquer le web pour arrêter les dissidents et surveiller les contenus échangés pour détecter les voleurs, il me semble qu’il y a une vraie différence.

    Commentaire par DM — 18/05/2009 @ 23:48

  18. En très bref, je ne suis pas convaincu qu’on lutte contre un problème important, et j’ai peur des risques d’escalades juridico-technologiques.

    J’avais déjà averti au moment de DADVSI que cette histoire de DRM soit serait rejeté par les utilisateurs (problèmes techniques multiples), soit entraînerait la prise de pouvoir des industriels de l’informatique (Apple…). C’est plutôt le premier point qui est arrivé. Surtout, j’avais dit qu’on allait assister à une surenchère technico-juridique, avec des demandes de lois de plus en plus coercitives et sans prise en compte des effets secondaires. Évidemment, c’est ce qui arrive.

    Commentaire par DM — 18/05/2009 @ 23:54

  19. @Aliocha, sur google et le totalitarisme:
    C’est une autre histoire oui, il est dangereux qu’un acteur devienne central, mais google ne sait que ce qu’on veut bien lui dire. Personne n’est contraint de créer un compte sur google, ni de laisser google/live.com etc accéder à son site.

    Aliocha : en effet, mais il faut être « sensibilisé » au danger pour éviter cela, or combien de gens ne le sont pas. Combien ont renseigné les sites sociaux sur leur intimité avant de s’apercevoir de leur erreur…Vous me direz, c’est une question de pédagogie mais la CNIL n’a pas beaucoup de moyens pour informer les citoyens.

    @DM Je rebondis sur vos commentaires dont je partage l’analyse (ils sont juste plus longs que les miens…) : attention, Internet n’est pas QUE le web, et je pense que les réseaux décentralisés de confiance (les f2f : friend to friend) permettront, à l’instar de freenet, d’accéder à du vrai contenu éditorial, par dessus google, par exemple.

    Aliocha : vous pouvez en dire plus, c’est intéressant…

    Commentaire par unread — 19/05/2009 @ 06:55

  20. « Cela étant, l’argument des moyens n’est pas pertinent pour s’abstenir de lutter contre une forme de délinquance. »

    Excusez-moi, mais, en présence d’une contrainte de limites de dépenses pour la sécurité, nous sommes obligés de faire des choix comme dans tout autre domaine! Quand les Ponts conçoivent une route, ils sont obligés de prendre en compte une sorte de « coût de la vie humaine » (on ne va pas dépenser des centaines de millions d’euros pour faire un aménagement qui économiserait éventuellement une vie). La police ne va pas faire un prélèvement ADN pour retrouver un scooter, sauf si le propriétaire du scooter est un VIP. La police ne se déplace pas pour une tentative d’effraction sauf si elle a de bonnes raisons de croire qu’elle pourrait arrêter facilement les coupables.

    En ce qui concerne le manque à gagner dû au p2p: les industriels du divertissement mettent souvent en avant des chiffres obtenus en multipliant le nombre de copies illicites par leur prix de revente commercial. Ceci ne tient pas compte du fait que même si un jeune a pour 2000€ de musique piratée, si son argent de poche l’autorisait à en acheter pour €120, le manque à gagner réel est au plus de 120€ et non de 2000€.

    En ce qui concerne les baisses de ventes de CD et DVD, une hypothèse est que les jeunes, à enveloppe financière constante voire décroissante (crise), ont d’autres dépenses (téléphonie mobile, Internet etc.) et donc dépensent moins sur la musique et les films.

    En ce qui concerne le filtrage:

    Une fois l’infrastructure technique déployée pour contrer des menaces perçues comme importantes (lutte contre le trafic d’images pédophiles, le terrorisme, l’incitation à la haine raciale), il est tentant de l’utiliser pour des problèmes de nature moins grave (copie illicite de musique populaire). Mais, surtout, l’usage de cette infrastructure pour d’autres buts, moins recommandables (espionnage de courriers politiques etc.), sera une tentation permanente, surtout que ces abus seront quasi indétectables par les internautes.

    Je vais tenter un parallèle avec le phénomène de dérive des lois censées faciliter la répression du terrorisme ou des crimes en bande organisées. Quand on approuve ces lois, on pense à de dangereux criminels qui font détoner des engins explosifs remplis de shrapnel dans des lieux publics. Ensuite, on s’aperçoit qu’on les applique à des amateurs qui endommagent à grand mal des caténaires (ce que la SNCF arrive très bien à faire toute seule).

    De la même façon, la « cellule antiterroriste » de l’Élysée, sous le président Mitterrand, a servi à espionner des journalistes et d’autres personnes soupçonnées… d’être dangereuses pour la discrétion entourant la maîtresse du président et sa fille.

    L’exemple britannique est instructif. Dans ce pays, les prestataires Internet ont mis en place une autorité privée de censure de l’Internet, la Internet Watch Foundation. Celle-ci décide, sur dénonciation, de placer des sites dans une « liste noire » selon sa propre estimation de leur caractère illicite. Les sites ne sont pas informés de ces choix, la procédure n’est pas contradictoire. Tout cela serait fort admissible s’il ne s’agissait que de bloquer des sites proposant, par exemple, des images de viols de mineurs. Le monde entier s’est aperçu que les activités de cette Fondation allaient bien au delà quand elle a décidé de bloquer un article de Wikipédia sur un album de hard rock des années 70 au motif que sa pochette était provoquante et possiblement illicite (l’album et la pochette soi-disant illicite étaient en vente libre chez les disquaires britanniques), et encore cela n’a été largement remarqué que parce que le procédé technique utilisé était à la fois inefficace et avec effets collatéraux.

    Bref, vous mettez en place une infrastructure technique et juridique censée lutter contre des problèmes graves, et ensuite celle-ci prend une vie autonome et étend son champ d’action.

    *** La meilleure solution pour éviter la tentation les abus de l’infrastructure technique de filtrage ou d’espionnage est tout simplement de ne pas la mettre en place. ***

    @aliocha à propos de ce que dit unread:
    Il existe des systèmes permettant de transmettre des informations sur Internet sans révéler qui les détient et qui les demande précisément. Ces systèmes fonctionnent à l’aide de relais multiples et de chiffrement.

    Ainsi, le système TOR permet de naviguer sur le Web sans que les sites lus ne connaissent la véritable adresse IP de l’utilisateur – ils ne verront que l’adresse IP du relai TOR de sortie.

    Le Sénat français a récemment remis un prix à l’outil Psiphon, censé permettre de contourner les filtrages mis en place par les régimes autoritaires.

    Reste que les mêmes outils qui servent à contourner les régimes autoritaires et la`censure des articles politiques peuvent servir à la copie illicite. Il est techniquement impossible de concevoir un système permettant à des dissidents d’échanger des vidéos sensibles sans être détectés par le pouvoir mais ne permettant pas à Jennyfer et Kevin d’échanger des albums de Superbus.

    Par ailleurs, plus on mettra en place en Occident des infrastructures de filtrage et d’espionnage des trafics, plus on augmentera la fiabilité de ces infrastructures et on diminuera leur coût, donc plus elles seront abordables pour les régimes autoritaires.

    Bref, je ne crois pas à la possibilité d’encourager d’une main l’usage d’Internet pour contrer les filtres anti-démocratiques, et d’autre part d’encourager le filtrage à tout crin pour faire plaisir à l’industrie du divertissement. Il va falloir choisir.

    Commentaire par DM — 19/05/2009 @ 08:35

  21. Si cela vous intéresse:
    * TOR http://www.torproject.org/index.html.fr
    * Privoxy http://www.privoxy.org/

    La navigation sous TOR est souvent très lente, mais c’est en partie dû au fait que la configuration livrée d’origine contient des paramètres mal choisis.

    Commentaire par DM — 19/05/2009 @ 08:38

  22. @aliocha:
    freenet est un réseau décentralisé qui permet à des hôtes de fournir des services et des données. Il est virtuellement impossible d’en ôter des données volontairement : plus des données sont demandées, plus elles sont répliquées. Il est impossible de savoir quelles données on héberge.
    C’est un repaire de choix pour les pédophiles bien sûr, mais on y trouve des articles bien faits sur tout ce qu’il est interdit de dire librement (apprenez le terrorisme)…

    L’actualité aujourd’hui c’est Loppsi… je n’ai pas le temps d’approfondir à l’instant. Quand je parlais d’un régime totalitaire comme seul moyen de contrôle… Le seul moyen de continuer à penser librement sera de se passer de l’infrastructure des fournisseurs d’accès, ou de ne l’utiliser que de façon furtive. Évidemment, les réseaux de proche en proche (vous vous connectez à votre voisin, qui lui-même…) seront bien vite suspects.
    Le présent fait vraiment froid dans le dos ; comment a-t-on pu élire des gens qui méprisent autant la liberté alors qu’ils se réclament du libéralisme ?

    Aliocha : merci pour ces précisions. Pour le reste, ne nous emballons pas, je vous rappelle que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

    Commentaire par unread — 19/05/2009 @ 10:42

  23. Rho! Aliocha!

    Danette ne vibre pas, Danette irradie. Danette rayonne et sa grâce, qui nous illumine, ruisselle sur nos épaules et irrigue notre être de sa présence.

    Danette, je vous le rappelle, est une religion révélée. Nos dogmes sont peu nombreux, obscurs et pour l’essentiel non obligatoires, mais quand même, la Révélation fait partie de notre doctrine.

    Quoi merde!

    Commentaire par tschok — 19/05/2009 @ 12:49

  24. Au vu des prises de positions de Aphatie, une autre explication serait qu’il prend le contrepied de la masse. Votre thèse marche bien aussi.

    Dans le cas de Hess, cela fait quand même 2 maladresses: (1) être venu, (2) la formule est assez peu équivoque… « dans ce cas, on va vous laisser aboyer »…
    Qui ça, « on » ? M. Hess, Radio France, ou le Gouvernement (pour moi la meilleure réponse serait la seconde) ? Et surtout, le terme aboyer est assez péjoratif – un peu comme des chiens en laisse… C’est une très jolie répartie, sauf qu’elle convoie un message antinomique à celui attendu.

    Au delà des garanties d’indépendance qu’il offre ou pas pour France Inter (je suis assez optimiste sur ce point: si Radio France devait être mise au pas, à mon avis, cela se ferait au prix d’une chute d’audience des stations, et d’autres radios ou médias privés reprendraient le relais. Guillon trouvera bien à se recaser s’il devait sauter. Le pire que Hess puisse faire, c’est détruire ce qui a été construit ces dernières années, ce qui serait plus dommageable à la radio publique qu’à la liberté de presse), il me semble que M. Hess a du mal à comprendre la différence entre le métier de journaliste et celui de PDG.
    D’ailleurs, celui qui l’a nommé ne semble pas non plus vraiment saisir la nuance.

    Sans aucun mépris pour les journalistes, diriger un groupe comptant plusieurs milliers de salariés ou préparer une émission de radio, ce sont 2 choses différentes. D’une part, du fait de son poste, la parole de M. Hess n’est plus vraiment la sienne, mais celle de Radio France, d’autre part, la communication d’entreprise passe par des modalités un brin différentes (genre, communiqués, conférences de presse ou interviews).

    @unread: ce président qui se dit libéral a aussi dit, pendant la campagne: « le libéralisme, ce n’est pas laisser faire, laisser passer » (juste après s’être déclaré libéral). C’est un libéral, mais pas de ceux de la sorte qui croient la liberté, plutôt de ceux qui considèrent que le ministère des Finances sait mieux que quiconque (et que les employeurs en particuliers) quels sont les besoins de l’économie en main d’œuvre immigrée, que les hôpitaux seront mieux gérées au mieux par des agences régionales dépendant directement du ministère de la santé.
    Un libéral qui croit aux vertus de l’administration (surtout quand elle est centralisée). Un libéral dont les méthodes de gouvernance s’inspirent plus de celles de l’Union Soviétique que d’Adam Smith.

    Commentaire par Rom1 — 19/05/2009 @ 22:00

  25. « Aliocha : ce qui serait différent, c’est l’objectif visé et ça, ça change tout. Entre traquer le web pour arrêter les dissidents et surveiller les contenus échangés pour détecter les voleurs, il me semble qu’il y a une vraie différence. »

    Je crois que vous êtes vraiment naïve. Vous croyez que ce genre de mauvaises intentions est affiché d’emblée.
    La vrai question, c’est : quelle est la part de liberté qu’on est prêt à abandonner au nom de la sécurité.
    Remember la prise des empreintes génétiques. Le pouvoir a d’abord surfé sur l’émotion à la suite d’une affaire de pédophilie pour pondre une loi qui ne viserait que « les criminels et autres pédophiles ». Aujourd’hui on fait des prélèvements ADN à des militants et à des syndicalistes.

    Commentaire par Duquesnoy — 23/05/2009 @ 18:00


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