La Plume d'Aliocha

25/04/2009

Les vraies leçons d’Outreau

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 11:12

La sanction prononcée à l’encontre du juge Fabrice Burgaud ayant remis l’affaire Outreau à la Une de l’actualité, (voyez à ce sujet Eolas qui publie la décision dans son intégralité) je ne saurais trop vous recommander deux livres particulièrement intéressants sur ce sujet.

Le premier dont j’ai déjà parlé ici est celui de la journaliste Florence Aubenas. Il décrit remarquablement bien les ressorts psychologiques qui, chez les juges, les accusés, les experts, les assistantes sociales et les enfants ont concouru à la catastrophe. Je gage que Dostoïevski qui était passionné par les mécanismes de la transgression autant que par la fascination du criminel pour son juge (Crime et Châtiment), aurait fait de cette affaire un roman magistral.

Le second s’intitule « Les nouvelles sorcières de Salem, leçons d’Outreau ». Les auteurs, Antoine Garapon et Denis Salas sont deux magistrats qui observent la place de la justice dans la société dans le cadre de l’Institut des hautes études sur la justice. Partial songerez-vous. Oh ! que non. Les auteurs tentent de décrypter l’affaire en la comparant à celle de sorcières de Salem, dans laquelle 25 notables d’une ville des Etats-Unis furent exécutés en 1692 sur la foi du témoignage de fillettes qui se disaient possédées. A la grande peur de la sorcellerie du 17ème siècle est venue se substituer aujourd’hui celle de la pédophilie. Les auteurs évoquent un phénomène de « panique » en s’appuyant sur les travaux de Le Bon dans « La psychologie des foules » :

« Le phénomène se produit en trois temps : un groupe d’individus est perçu comme une menace pour la société et ses valeurs au point que les médias les présentent comme des dangers publics ; ensuite, un certain nombre de porte-paroles (experts, magistrats, journalistes…) s’érigent en défenseurs de la société et dressent des « barricades morales ». Très fluide, la panique morale peut disparaître aussi vite qu’elle est venue. Mais son pouvoir de transformation de faits ordinaires  en événements extraordinaires travaille les institutions ».

Plus loin ils observent : « Où sont les pédophiles ? Des réseaux dormants se cachent-ils dans des familles ordinaires ? Sans connaissance ni remèdes nous sommes face à un mal mystérieux, une grande peur. La répétition et l’affirmation de ce danger relancé à chaque fait divers provoque les effets de croyance et de contagion décrits par Le Bon. Orchestrées par les médias de masse, nourries d’un flot de mots et d’images, les réaction sociales portent ce mécanisme à l’incandescence. Toute les attentes se dirigent alors vers une justice présumée capable de nous délivrer du mal ».

C’est donc bien un emballement généralisé nourri d’une grande peur collective qui a été à l’origine d’Outreau. Elle a exigé non pas des coupables mais bien plus que cela : « une infraction se paie par une peine rationnelle et réfléchie ; une transgression religieuse par une expiation ».  La nécessité de rendre justice aux enfants a déclenché un aveuglement collectif.

Pour les auteurs, ce genre de cataclysme marque souvent un tournant dans l’histoire de l’institution judiciaire en l’obligeant à se réformer, ce qui les mène à ausculter le système inquisitoire et à s’interroger sur son avenir. Mais Outreau questionne également le fondement même de nos institutions. Les excuses du Président de la République et du Premier ministre de l’époque peuvent en effet s’analyser à leur sens comme un signe de « la migration du siège de la sacralité du pouvoir non seulement vers la victime mais vers le citoyen en général ».

Et je ne résiste pas à vous livrer cette observation par laquelle ils concluent leur ouvrage :

« Au-delà de la fonction réparatrice et cathartique qui lui fut confiée, elle (la justice) a démontré l’urgence de mieux articuler a vie formelle des institutions et la vie démocratique du forum et de l’opinion. Leur séparation, on l’a vu, augmente le risque de discrédit des fonctions publiques, en même temps qu’elle favorise l’empire des émotions ; elle laisse du même coup le champ libre à de stériles réquisitoires où les moralistes du temps rivalisent de pessimisme et de déploration, les uns sur l’air d’une démocratie d’opinion sans foi ni loi, les autres sur le thème des élites coupées du peuple, de juges irresponsables ou de responsables forcément corrompus. Si nous voulons sortir de ces impasses où des discours populistes et des tentations néo-aristocratiques puisent de concert leur énergie, il nous faut penser les moyens d’un nouvel effort de démocratisation en décloisonnant l’ordre des procédures institutionnelles et celui de la discussion publique. C’est à cette tâche qu’il convient aujourd’hui de consacrer notre imagination ». 

Quand on referme ce livre, on a dépassé les clichés spontanés de « Burgaud coupable », « la justice inhumaine », « les juges irresponsables », « le système est pourri et les médias sont des charognards ». On mesure à quel point cette affaire concerne chacun d’entre nous dans ses peurs, son rapport aux institutions, autant qu’elle invite précisément ces institutions à se repenser face à une démocratie en pleine mutation.

Bonne lecture !

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56 commentaires »

  1. Toujours ce vieux rôle social du bouc émissaire, de la victime expiatoire, désignée pour porter les fautes les peurs et les souffrances du groupe, afin de l’en libérer.

    Comme les femmes tondues à la Libération :

    « Ce châtiment est justifié par la souffrance du temps, par les privations subies pendant quatre ans, et auxquelles les femmes ayant profité de dons des Allemands ont échappé, ce qui est assimilé à une trahison.

    La tonte intervient pour effacer la trace des souillures de la guerre : l’Occupation et la collaboration ont souillé aussi bien l’espace public (affiches, drapeaux, défilés) que le corps des tondues, corps qui est censé rester pur pour perpétuer la nation intacte. Dans le fantasme, leur comportement a porté la souillure jusque sur la Nation et le corps de Marianne. » (Wikipedia)

    Commentaire par Ferdydurke — 25/04/2009 @ 13:21

  2. les institutions sont incapables de se repenser
    je suis très pessimiste sur ce point

    en tout état de cause la justice ne ressortira pas grandie de la décision qui a été prise
    il ne fait aucun doute que le juge Burgaud ne devait pas être seul à être jugé
    mais ce fait n’atténue pas ses défaillances qui ne l’oublions pas ont ruiné la vie de plusieurs personnes

    et en plus j’ai entendu que ce Monsieur veut faire appel de la petite fessée qu’il vient de prendre

    je ne décolère pas
    j’ai lu le billet d’éolas il publie la décision dans son intégralité
    ce qui est fort intéressant mais je n’ai pas trouvé son avis sur le sujet

    terrain trop glissant???

    Commentaire par artemis — 25/04/2009 @ 17:51

  3. professionnel du droit.. de la défense en fait.. je suis extrèmement partagé sur la sanction infligé à burgaud.. le problème étant qu’il n’est ni meilleur ni pire que nombre de ses collègues, et surtout qu’il a travaillé sous le controle incessant ( et je sais comment travaillaient les magistrats en question..)de hauts magistrats, devenus depuis très hauts magistrats…burgaud est un bouc émissaire facile, en ce qu’il évite de poser les vrais questions.. ce n’est pas tant l’homme qui a failli que l’institution judiciaire qui, remplie de certitudes, de bonne conscience, et de mépris pour le justiciable, a eu la malchance que ce « outreau » là soit médiatisé….une commission présidée par le député valiani a fait à la suite de cette affaire d’excellentes propositions.. dont très peu ont été mises en pratique.. les projets présentés par le president de la republique ne pourront qu’aggraver le risque de nouveaux outreau.. mais il est vrai que par la justice pénale à deux vitesses qu’il organisera ( je peux expliciter si on le désire) ses victimes seront bien loin des projecteurs.. cf justice US

    Commentaire par harar — 25/04/2009 @ 18:46

  4. bonsoir à tous

    lorsqu’on examine les attendus de la décision cette affaire dépasse la seule responsabilité du juge Burgaud

    en effet le relevé de tous les manquements est accablant non seulement pour ce magistrat mais également pour le système judiciaire
    mais ce qui est le plus scandaleux c’est le fait que les manquements des autres magistrats et le manque en moyens humains et matériels couvrent en quelque sorte celle du juge Burgaud

    tous responsables mais aucun de coupable

    cette affaire est une affaire empoisonnée
    car la seule condamnation à un peine lourde du juge Burgaud eût été injuste
    l’absence de sanction ou une sanction légère est une insulte aux victimes qui ont eu leur vie brisée

    d’une manière générale la justice ne sort pas grandie non seulement de l’affaire Outreau et de la manière dont elle a été menée, mais également de la mise en avant comme bouc émissaire du juge Burgaud et surtout de la décision prise après un relevé de toutes ces carences professionnelles tant du juge que des autres magistrats.

    le public ne retiendra pas l’amnistie et les arguments de droit
    il retiendra seulement le fait que les juges sont inattaquables même lorsqu’ils font les pires bévues !

    Ecrit par : artemis | 26.04.2009

    Commentaire par artemis — 26/04/2009 @ 03:57

  5. Si la sanction est la réprimande pour le juge Burgaud, pour la Justice et le CSM : « La vraie faute est celle que l’on ne corrige pas » Confucius.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/04/2009 @ 12:23

  6. bonjour
    une fois que l’on a dit, écrit, réfléchi sur le sujet, que fait on?
    certes on peut écrire: » C’est à cette tâche qu’il convient aujourd’hui de consacrer notre imagination” comme le fait mr Garapon, mais cela ne suffit pas: à trop disserter comme ils le font sur le pourquoi du comment des choses, on fait du surplace… A rechercher les responsabilités à tout prix, on peut inclure tout le monde: la mère de mr Burgaud qui l’a enfanté; son père; mais aussi celui ou ceux qui ont inventé le juge d’instruction… la liste est longue… il y a des gens qui ont fait de la prison, qui ont vu leur vie ruinée, éclatée; il y a en a un qui en est mort; sans compter toutes les ruptures; et peut on dire que personne n’est responsable, à défaut d’être coupable? allons donc!!! mr Burgaud et le procureur se sont trompés: ils ne méritent ni la corde, ni perpet, mais pour autant, il est quand même surprenant que ces gens là puissent continuer à effectuer le MEME métier! et c’est un peu facile d’accuser la société ou je ne sais qui. Ils ne sont pas les boucs émissaires de qui ou quoi que ce soit! Ils ont fauté, ils se sont trompés et surtout, ont persisté dans leurs erreurs. A eux, et à eux seuls d’en payer le prix!

    Aliocha : on peut en effet réduire l’affaire à une défaillance caractérisée de quelques personnes (d’ailleurs beaucoup plus de magistrats que ceux que vous évoquez, plus l’assistance sociale, les experts, certains avocats, des journalistes, des politiques etc…vous voyez au passage que ça fait beaucoup plus de gens que vous ne pensez), mais on peut aussi s’intéresser au système qui a permis ces défaillances, lui-même inséré dans une société et des institutions qui l’ont rendu possible. dans le premier cas, on condamne les coupables réels ou supposés et on passe à autre chose, au risque de voir resurgir le problème. Dans le second, on tente d’analyser les raisons plus profondes qui nous ont mené là et on en tire des conclusions sur notre démocratie et sur sa justice avec des réformes à la clef, non pas pas populistes, urgentes de politiquement flatteuses pour leurs auteurs, mais sur la base d’un vrai diagnostique. C’est ce que font les auteurs. Les deux démarches ne sont pas exclusives l’une de l’autre et me paraissent même complémentaires.

    Commentaire par claude b. — 26/04/2009 @ 13:26

  7. Ferdydurke : Par chance, la parole, si elle est forte, peut honorer ces victimes de la veulerie humaine :

    http://frenchcarcan.com/2009/04/15/rochefort-et-les-victimes-de-sartre/

    Commentaire par La French Connexion — 27/04/2009 @ 04:13

  8. @Artemis

    Des opinions plus tranchées que celles d’Eolas (et très bien étayées) existent sur le web.
    Le problème principal de ces dites-opinions est qu’elles amènent invariablement les détracteurs à faire des procès d’intention et à garder comme principal argumentaire des attaques ad hominem sans débattre du fond. (un tel emmettant une opinion en faveur de la non sanction serait membre du corps judiciaire ? … ce ne peut être que du corporatisme ma bonne dame).

    Un exemple que je trouve très intéressant et dont je vous recommande la lecture jusqu’à la fin :
    http://www.huyette.net/article-30697858.html

    Depuis qu’on demande à ces fichus média charognards de nous refiler les infos brutes et complètes pour qu’on puisse se forger une opinion, on ne va quand même pas taper sur le premier qui s’y colle réellement, non ? 🙂
    Boaf, c’est pas grave, y’z’en ont plus pour longtemps qu’on m’a dit … 🙂

    Commentaire par Ferdi — 27/04/2009 @ 14:27

  9. Il leur manque une info: le verdict d’ aoutreau dans son intégralité : 12 enfants reconnus victimes définitivement au procès en appel à Paris ( 15 à St Omer, 3 se sont rétractés, terrorisés, 5 ans après les faits)

    Commentaire par constance — 27/04/2009 @ 15:53

  10. Il leur manque une info: le verdict d’ outreau dans son intégralité : 12 enfants reconnus victimes définitivement au procès en appel à Paris ( 15 à St Omer, 3 se sont rétractés, terrorisés, 5 ans après les faits)

    Commentaire par constance — 27/04/2009 @ 15:55

  11. Dans les réponses au billet « Pour en finir avec Acrimed » Aliocha a écrit « C’est la première fois depuis la naissance de ce blog que je suis obligée de fermer l’accès aux commentaires ».
    En dépit de toutes les justifications du monde, cela s’appelle incontestablement de la CENSURE !

    Merci Aliocha de nous révéler ce trait de votre personnalité !

    Aliocha : Ah ? Mais c’est vous qui m’avez montré l’exemple, vous vous souvenez, avec le boycott du Monde ? ça fait des jours qu’on m’explique que le boycott du Monde n’est pas une atteinte à la liberté d’expression, du coup je me suis dit que fermer une discussion stérile sur un blog l’était encore moins. Je me suis trompée ? Je n’aurais pas du vous croire ? Dommage. 😉

    Commentaire par Pierrot — 27/04/2009 @ 16:30

  12. Plus fort que le plantage, le sabotage

    Cherche journaliste pour écrire article sur escroquerie de 30 MF, impliquant homme de presse connu + société Cac 40

    Affaire entre les mains du garde des sceaux.

    Commentaire par Mami — 27/04/2009 @ 17:44

  13. @ Aliocha

    « Mais c’est vous qui m’avez montré l’exemple, vous vous souvenez, avec le boycott du Monde ? »

    Ma chère vous confondez « censure » et « boycott » ! Décidément, ça ne vole pas bien haut !
    Je ne me relance pas dans une explication, je vous renvoie à un dictionnaire.

    Aliocha : Faites gaffe vous allez louper des Chiffres et des lettres ou Questions pour un champion, il me semble que c’est l’heure, non ?

    Commentaire par Pierrot — 27/04/2009 @ 18:11

  14. Vous prendrez bien un jus de goyave, Aliocha?

    Commentaire par tschok — 27/04/2009 @ 19:17

  15. @ Aliocha

    Semblant être l’objet d’une censure, puisque mes trois dernières tentatives de réponses n’ont pas été publiées. Ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai changé de Nom (le vrai étant Pierrot) et d’email pour vous envoyer ce message. Les lecteurs apprécieront, bien que je ne doute pas un instant de vos talents pour justifier votre comportement !

    « Faites gaffe vous allez louper des Chiffres et des lettres ou Questions pour un champion, il me semble que c’est l’heure, non ? »

    Oui, mais votre instruction vaut bien un tel renoncement !

    Aliocha : sûrement, votre commentaire quant à lui méritait-il tant d’acharnement à le publier, c’est une autre histoire….

    Commentaire par Pierrot bis — 27/04/2009 @ 19:19

  16. Allez, un double jus de goyave. Soyons fous!

    Aliocha : une triple vodka plutôt 😉

    Commentaire par tschok — 27/04/2009 @ 19:24

  17. Ah ben désolé tschok, nous n’avons plus une seule goyave en stock, forcément ça fait une semaine que nous nous escrimons avec Fantômette à essayer de couler un cuirassé teuton à coup de goyaves hypersoniques! Va falloir se ranger à la proposition d’Aliocha… 🙂

    Aliocha : tiens, vous voilà vous, Infidèle ! Depuis combien de temps m’avez vous abandonnée pour aller fricotter avec Fantômette ?

    Commentaire par Mussipont — 27/04/2009 @ 20:00

  18. Tiens, la sangsue est de retour…

    Je vois que l’ambiance est à son comble. Si cela continue, ce n’est plus Aliocha mais Katyusha que nous allons vous appeler! 😉

    Reste-t-il de la vodka? Hmmm… plus rien. Je comprends mieux pourquoi vous chantez à tue-tête en dansant toute échevelée avec Tschok, lequel a apparemment renoncé à la goyave. Mais oui! Je reconnais cette chanson! En effet, elle s’impose.

    Nazdrovie!

    Aliocha : oui et la sangsue est plus collante que le chewing gum du capitaine Haddock ! Plus de vodka chez moi ? Vous rêvez, il y a en a 5 bouteilles dans le congélateur. Allez-y, en plus, ça tache pas….

    Commentaire par Ferdydurke — 27/04/2009 @ 20:07

  19. Nous avons réussi ! La dernière goyave aura été la bonne !

    (Bon aliocha, pardonnez moi pour mon aventure avec Fantômette, mais je n’allais quand même pas la laisser toute seule avec tschok… )

    Aliocha : et pourquoi pas, Tschok est un garçon très bien, et cessez donc de jouer à la bataille navale quand je vous parle !

    Commentaire par Mussipont — 27/04/2009 @ 20:28

  20. Je précise que « la sangsue » ne s’adresse pas à Mussipont mais au chef d’escadrille descendu de son orbite basse et planant en rase-motte au dessus de ce blog.

    @ Mussipont

    Vu le mal que les Anglais ont eu à couler le Bismarck à coups d’obus et de torpilles, vous n’en avez pas vu la fin. Tenez-nous informés. 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 27/04/2009 @ 20:32

  21. Je travaille à la goyave hyper véloce. Chuis sérieux, moi!

    Commentaire par tschok — 27/04/2009 @ 20:42

  22. @ Tschok

    « Je travaille à la goyave hyper véloce. Chuis sérieux, moi! »… Audiard? 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 27/04/2009 @ 20:48

  23. @ Ferdyduke : j’avais compris pour la sangsue, ne vous en faites pas! Et à propos du Bismarck, sachez que j’en veux terriblement aux anglais d’avoir coulé un si beau navire, expression même du génie du peuple allemand…

    @ tschok : attention, ce n’est pas le tout de percer grâce à la vitesse de votre goyave le blindage du cuirassé, encore faut il que la goyave contienne un explosif qui lui seul provoquera de gros dégâts à l’intérieur du navire. Et là, plus la goyave sera de gros diamètre, plus les dégâts infligés seront importants! Vive le 406 mm !

    @ aliocha : nous revenons au sujet initial quand vous le désirez 😀

    Commentaire par Mussipont — 27/04/2009 @ 20:49

  24. @ Aliocha

    « Allez-y, en plus, ça tache pas… » Perfide…

    Ne vous inquiétez pas, le jour où je laisserai se perdre une seule goutte de vodka n’est pas encore venu!

    Commentaire par Ferdydurke — 27/04/2009 @ 20:54

  25. @ Mussipont

    Moi de même. D’autant plus que son sistership le Tirpitz connut le même sort, certes moins glorieusement que le Bismarck. Ceci dit, couler le Hood était un affront qui ne pouvait pas rester sans réponse.

    Commentaire par Ferdydurke — 27/04/2009 @ 21:06

  26. @ Ferdyduke

    Il faut reconnaître que la stratégie maritime allemande n’a pas été d’une très grande cohérence, envoyer le Bismarck en raid avec un seul navire d’escorte… pas top… Je me suis déjà amusé à simuler ce raid sur divers jeux et le résultat est invariablement le même à moins que le joueur anglais joue vraiment comme une patate!

    Commentaire par Mussipont — 27/04/2009 @ 21:11

  27. @ Mussipont

    En effet, les Anglais ayant de plus une bien meilleure expérience des combats en mer. Il reste que la perte de plusieurs cuirassés dans chaque camp montre que ces navires ne pouvaient plus tenir le rang censé être le leur, surtout face à une aviation qui a vu ses performances et son importance exploser pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les porte-avions ne devinrent pas les navires principaux des flottes à la place des cuirassés sans raison.

    Commentaire par Ferdydurke — 27/04/2009 @ 21:34

  28. @ Aliocha

    Rebelote, nouvelle censure ! Donc nouveaux nom, email et adresse IP.

    « sûrement, votre commentaire quant à lui méritait-il tant d’acharnement à le publier, c’est une autre histoire…. »

    Il faut toujours dénoncer la censure, n’êtes vous pas d’accord ?

    Quant aux insultes qui me visent, je m’en délecte ! Voilà bien un domaine dans lequel vous excellez !

    Salutations

    Pierrot

    Commentaire par Rebelote — 27/04/2009 @ 22:12

  29. «Excellent billet, comme d’habitude» (c’est une citation d’un de mes maîtres ès blog).
    Je passe par dessus les goyaves et la bataille navale pour revenir sur la conclusion du livre que vous citez. L’analyse qui la précède me semble suggérer que les phénomènes type Outreau ne peuvent être compris que dans une perspective anthropologique (ou sociologique), et le rapprochement avec les affaires de Salem est, de fait, très éclairant. Ce sont des phénomènes de catharsis sociale, très complexes, où se mêlent souvent des peurs diffuses, des stratégies de bouc émissaire, et aussi (c’est très bien étudié dans le cas des sorcières de Salem) des micro-structures sociales (à l’échelle d’un quartier, d’un village) traversées par des clivages très anciens, des rivalités, des jalousies, etc.
    De ce fait, je me demande dans quelle mesure la conclusion, qui pointe vers un besoin de réforme en profondeur, etc., n’est pas un peu plaquée — comme si les auteurs s’étaient sentis obligés de montrer que leur étude avait aussi une portée pratique. Mais, en un sens, le raisonnement qui précède montre que la solution n’est pas forcément dans une réforme: plutôt dans une conscience sociale accrue de la réalité de ces phénomènes de catharsis, une vigilance éveillée, justement, par la connaissance des études sociologiques — notamment de la part des magistrats, des journalistes, etc. Il s’agit, au fond, d’acquérir plus de « lumières », au sens du XVIIIe siècle.
    En mesurant aussi tout ce qui, dans notre conception commune de la vie sociale, nous rend particulièrement aveugles sur nous-mêmes. Nous croyons naïvement que, parce que nous avons des institutions « rationnelles », une organisation démocratique, etc., nous sommes par définition à l’abri de phénomènes qui, pour nous, caractérisent uniquement des sociétés fermées, des groupes primitifs, vivant sous le poids de peurs ancestrales, régis par des croyances irrationnelles.
    Nous oublions toujours que nous sommes, nous aussi, une « société », pas une juxtaposition d’agents « rationnels » et autonomes, par une collection idéalement lucide d’individus modernes, donc libérés des traditions et des croyances. Je crois que c’est ce qui nous rend très démunis chaque fois que le social se manifeste avec son épaisseur tragique, son opacité, son inconscient spécifique. Il me semble que la vraie « solution » passe, une fois encore, par plus d’éducation, une meilleure connaissance de nous-mêmes, plus que par des changements de structures, qui ne feront que nous persuadés que, « cette fois », nous sommes parvenus à l’organisation idéale qui nous garantit contre les dérapages dans l’irrationnel.
    (Cela dit, la référence à Le Bon me laisse un peu perplexe… La « Psychologie des foules » est vraiment très dépassée — même si en son temps elle fut un moment important de la redécouverte du social, rendu nécessaire notamment par les phénomènes révolutionnaires et l’apparition des masses.)

    Aliocha : Et Le Bon détestait les journalistes… mais peu importe, j’ai sélectionné des citations dans un livre de 250 pages, par conséquent, je ne lui rends sans doute pas justice, surtout aux yeux d’un philosophe. Disons que le propos consistait à éclairer la source de l’affaire, à savoir la peur collective, pour ensuite remettre les choses en perspective et casser le réflexe du bouc-émissaire, avant de se pencher sur les conséquences à en tirer en termes d’organisation pénale et institutionnelle. Les raccourcis journalistiques mon cher…..encore eux 😉

    Commentaire par Philarete — 27/04/2009 @ 22:23

  30. Tenez, Aliocha, c’est cadeau… idéal contre les chefs d’escadrille 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 27/04/2009 @ 22:29

  31. J’aime ce blog, avec ses sérieux, délires, décalages, coquecigrues et billevesées, qui laisse à espérer qu’après que l’Iran et la Corée du Nord unifiés nous aient infortunément virtifiés avec des bombes nucléaires mal bricolées, les heureux survivants puissent encore liquider, en devisant légèrement, la conséquente réserve de vodka de la tenancière du lieu.
    Un monde où je souhaiterais que le juge Burgaud, décroché de la porte de la grange où il a été punaisé légèrement mais trop solitaire, puisse, après un effort de méditation, converser sereinement avec des acquittés ayant pu réussir à accéder au plus haut stade de résilience.

    Commentaire par Goloubchik — 28/04/2009 @ 00:51

  32. Waoouh… Moi aussi, je veux des vidéos dans mes commentaires. J’suis jaloux, là.

    @ Goloubchik : Vous avez remarqué, vous aussi, que nous sommes bien ici. Aliocha est quand même une chic fille de laisser les garçons squatter son blog pour y discutailler guerre, navires, goyaves hypersoniques et obus de 406, voire nous permettre de dézinguer des sangsues volantes à coups de canon de Flak 88 mm, tout en nous laissant vider ses provisions de survie.

    Commentaire par Ferdydurke — 28/04/2009 @ 07:38

  33. @ Ferdyduke : Saviez vous que la marine brésilienne chasse la sangsue volante avec le bofors de 40mm? :

    Commentaire par Mussipont — 28/04/2009 @ 08:59

  34. @ Mussipont,

    Vous saviez que le navire d’escorte du bismarck était le prince eugène?

    Il a survécu à la guerre

    http://en.wikipedia.org/wiki/German_cruiser_Prinz_Eugen

    Mais pas à un essai nucléaire…

    http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Crossroads

    La morale de l’histoire: le bikini sied fort mal au fier teuton, ça ne fait pas l’ombre d’un string.

    PS:peut être qu’avec une goyave de 406 mm ça pourrait marcher?

    Commentaire par tschok — 28/04/2009 @ 09:57

  35. Pierrot,

    Il faudrait que je vous dise que la dénonciation de la censure est elle même censurée, cela va sans dire,mais cela va mieux en le di…biiiiip (censuré)

    Commentaire par tschok — 28/04/2009 @ 10:02

  36. @ tschok : « PS:peut être qu’avec une goyave de 406 mm ça pourrait marcher? », je crois que c’est un des projets secrets de Mosanto Inc de produire ce genre de choses… mais chut…

    Commentaire par Mussipont — 28/04/2009 @ 10:33

  37. @ Tschok

    « le bikini sied fort mal au fier teuton, ça ne fait pas l’ombre d’un string » : Warf, dirais-je. 😀

    J’ignorais que le Prinz Eugen avait connu cette fin. Comme quoi, la goyave atomique est vraiment redoutable.

    @ Mussipont

    Je constate que nous sommes fins prêts à affronter la bête 😉

    De toute façon, nous pouvons aussi faire appel à (en espérant que cela fonctionne) :

    Tschok, Mussipont, Goloubchik, à vos appareils! Scramble!

    Commentaire par Ferdydurke — 28/04/2009 @ 10:56

  38. Je crois que j’ai trouvé… Donc, au cas où :

    Commentaire par Ferdydurke — 28/04/2009 @ 11:00

  39. Bon… Quelque chose m’échappe. Restons basique : c’est ici

    Commentaire par Ferdydurke — 28/04/2009 @ 11:02

  40. Ici, veux-je dire!

    Mauvaise journée pour moi.

    Commentaire par Ferdydurke — 28/04/2009 @ 11:03

  41. @Ferdyduke :

    A noter que Pappy Boyington est un personnage réel, recordman du nombre de victoires aériennes des Marines (28 je crois).

    En générique de guerre, j’aime bien ça (Aliocha, ceci est définitivement un truc de mecs, désolé…) :

    Aliocha : du tout, je suis amoureuse de l’acteur depuis que je suis gosse (encore qu’il était beaucoup plus sexy dans les mystères de l’ouest 😉 ) Oups, la vidéo n’apparait plus, c’est bien les filles ça, elles fichent le bins partout

    Commentaire par Mussipont — 28/04/2009 @ 11:18

  42. @ Ferdydurke,

    Les têtes brûlées ont accroché au fond de la poêle?

    Commentaire par tschok — 28/04/2009 @ 11:28

  43. Aliocha, vous n’allez pas vous en sortir comme ça, je reposte la video :

    Commentaire par Mussipont — 28/04/2009 @ 11:53

  44. @Mussipont et consors : M’enfin, puisque je vous dis que je ne l’ai pas fait exprès. Alors, je vous autorise à me tirer les cheveux parce que j’ai malencontreusement joué mon rôle de fille qui ennuie les garçons dans cette histoire, mais soyez gentils, laissez moi jouer à la bataille navale avec vous, j’ai horreur des poupées, les jeux de garçon sont bien plus drôles 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/04/2009 @ 13:25

  45. Arrêtez les gars, SVP, vous allez me faire replonger…Je sors de deux ans d’une thérapie par électrochocs pour me guérir d’une addiction aux jeux de stratégie.

    Et ne succombez pas à la supplication d’Aliocha, de toues les façons, elle ne va pas jouer longtemps. Pour des raisons positivement incompréhensibles, ma femme ne supportait plus de me voir tardivement envahir tous les soirs le lit conjugal déguisé en tankiste russe, bottes incluses, et de devoir aller faire les courses à carrouf dans un Picasso remastérisé en 867 T-34 avec son blindage, son canon de 76,2 mm et ses deux mitrailleuses.

    Aliocha : Ah ? Je ne voudrais pas faire de la concurrence déloyale, mais franchement moi, les militaires eh bien, comment dire euh, enfin bref je trouve cela…au fond, il vaut sans doute mieux que je me taise 😉

    Commentaire par Goloubchik — 28/04/2009 @ 14:21

  46. @ Goloubchik : wargames sur cartes ou sur PC?

    Commentaire par Mussipont — 28/04/2009 @ 16:26

  47. Pour en revenir au sujet, le phénomène de bouc émissaire a à voir avec le sacré archaïque et le sacré aux institutions.

    Ce post est un appel à la conversion. Si la pression du bouc du bouc émissaire est irrésistible, la résistance est personnelle. C’est elle la plus difficile.

    Rien de pire donc qu’un magistrat, un journaliste ou un citoyen bardé de certitude, surtout en matière criminelle à forte charge symbolique.

    Dans l’affaire de Salem comme celle d’Outreau, l’extrême jeunesse des victimes avait frappé un tabou majeur.

    Aliocha : merci de revenir au sujet, même si je n’en veux absolument pas à ma bande de lecteurs voyous de se lacher car je suis heureuse de voir qu’ils se sentent bien ici. Si je vous ai bien compris, vous appelez à l’indépendance d’esprit de la magistrature et de la presse à l’égard d’une opinion publique aussi violente que volatile. Je ne puis que vous donner raison. En ce qui concerne mon métier, cela pose la question de son nouveau rapport au public via internet (voyez l’affaire du Monde et le blog de Luc Cedelle à ce sujet). Nous avons sans doute des progrès à faire en termes d’écoute du public, en même temps, nous devons nous garder de suivre aveuglément l’opinion publique. L’exercice est hautement périlleux !

    Commentaire par PEB — 28/04/2009 @ 16:42

  48. @ Aliocha : la première fois, elle a escaladé le rideau, dont la tringle en fonte s’est cassée. Après, vous connaissez ce vieil adage machiste, auquel je n’accorde bien entendu aucune crédibilité: « souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie »…

    @ Mussipont: Sur PC. Pour acter de la « libération » de mon aliénation, on m’a fait brûler tous logiciels, docs et livres, y compris mon Sun Tzu. Ce jour là, j’ai pleuré.

    Commentaire par Goloubchik — 28/04/2009 @ 16:47

  49. @ PEB : Je ne vois personnellement aucun inconvénient à revenir au sujet mais pourriez-vous expliciter cette allusion au « bouc du bouc émissaire » ? Je nage, là.

    Commentaire par Goloubchik — 28/04/2009 @ 16:53

  50. @ Goloubchik : moi c’est sur cartes. Et le premier qui essaie de s’amuser à brûler mon Sun Tzu ou mon Clausewitz peut commencer à numéroter ses abattis!

    Commentaire par Mussipont — 28/04/2009 @ 16:55

  51. @ Mussipont,

    Et si on vous propose de le brûler par d’autres moyens?

    Commentaire par tschok — 28/04/2009 @ 17:23

  52. Nan, je blague.

    Commentaire par tschok — 28/04/2009 @ 17:24

  53. Pour info, l’autobiographie de Boyington est disponible en français chez Altipresse: « Tête brûlée : Ma véritable histoire ». A noter également, un excellent article sur les véritables « Têtes brûlées » dans Aérojournal n°9 (avril-mai 2009).

    Commentaire par H. — 28/04/2009 @ 18:03

  54. @Goloubchik: Le bouc émissaire, tel que décrit part le Pr René Girard de l’Académie Française, est un phénomène où la communauté accable un nombre restreint de malheureux pour un motif plus ou moins valable et avéré. Laissé en roue libre, ce mécanisme se termine par un lynchage: en grec, on dit « tragédie ».
    Dans la Bible, c’est la collectivité qui a tort et l’Unique qui, en définitive, a raison.

    L’affaire d’Outreau et la sous-affaire Burgaud s’apparentent au bouc émissaire. A mesure qu’il plut des accusations, la haine des bonnes gens s’accentua, heureux qu’ils étaient de « n’être pas comme ces monstres. » (Notons que, même inculpé des pires atrocités, un homme n’en reste pas moins notre congénère.) Burgaud semble aussi devoir payer, sans doute pour sa légèreté personnelle, mais aussi comme paratonnerre d’une crise systémique qui le dépassait.

    La sacralité de la procédure judiciaire et la distanciation du journaliste sont là pour canaliser les choses et, normalement, pour résister à la folle pression populaire.

    Commentaire par PEB — 29/04/2009 @ 11:03

  55. @ PEB J’entends bien vos propos. Tout comme j’approuve toute recherche sérieuse sur les mécanismes faisant agir individus, corps intermédiaires et masses populaires, et encourage les journalistes à nous en éclairer. J’ajoute à toutes fins pour ce qui suit que je ne me sens aucunement enclin à participer à une quelconque « chasse au Burgaud » et ne considère pas que le supplice du pal devrait être ajouté à l’éventail des peines disciplinaires dont dispose le CSM.

    Mon interrogation est en fait née d’une lecture trop scrupuleuse de votre commentaire, lorsque vous évoquez l’irrésistibilité de « la pression du bouc du bouc émissaire ». Là où il n’y a, semble-t-il en définitive, qu’un « du bouc » par excès et simple inadvertance de plume, j’ai dérivé sur l’idée que le bouc émissaire Burgaud était lui même à la recherche de son propre bouc exonératoire (le manque de moyens, le surcroît de travail, le matelas pneumatique des recours ouverts à ces décisions, etc..).

    Vous évoquez la tragédie, ce qui nous renvoie très naturellement au concept aristotélicien de catharsis. Sur ce fondement, une réflexion intellectuellement honnête invite tout de même à s’interroger sur la question de savoir si le phénomène du bouc émissaire ne présente pas, au moins dans certains cas, une utilité sociale objective (l’espoir que chaque être humain vivant sur la planète accède à la maîtrise la plus complète possible de ses émotions s’avérant à mon sens des plus limité). L’introduction de la morale et de la prémanence des droits de l’individu dans le débat -celle qui peut justifier que l’on préfère un coupable en liberté à cent innocents en prison- est toutefois supposée interrompre là le questionnement.

    Pour autant, je ne peux, au cas particulier, m’empêcher d’éprouver le sentiment qu’une reconnaissance rapide par l’intéressé de « maladresses » personnelles dans la gestion du dossier et une présentation d’excuses aux innocentés, aurait eu une puissance cathartique élevée vis-à-vis de l’opinion publique et aurait évité, dans l’intérêt général, de creuser le fossé déjà bien profond, entre les Français en général et l’institution judiciaire qui se prononce en leur nom. Une « autobouquémissarisation » consciente si vous voulez. Mais j’admets par avance bien volontiers de considérer à la fois qu’elle aurait impliqué un sens du sacrifice difficile à exiger et, sur le plan du principe, une atteinte à la défense des libertés individuelles.

    Aliocha : alors ça, le bouc du bouc, je dois dire….plus sérieusement, tous les spécialistes de communication de crise vous diront que la première chose à faire est de reconnaître le préjudice et de présenter des excuses. C’est d’ailleurs ce qu’attendent toutes les victimes du monde, bien avant un éventuel châtiment. Seulement voilà, selon le bon vieux principe du « qui s’excuse s’accuse » la tentation naturelle et quasiment insurmontable consiste à nier et à se défendre de toute responsabilité…Le politique et la justice se sont excusés cela aurait pu suffire, aurait pu…

    Commentaire par Goloubchik — 29/04/2009 @ 12:48

  56. @ Aliocha : Votre intervention sur mon comment 55.

    Il est dommage que les avocats de M. Burgaud ne l’aient pas engagé à se faire briefer une heure par ce que le moins compétent des spécialistes en communication aurait effectivement pu lui faire comprendre. A savoir manifester suffisamment de compassion pour les acquittés, à défaut d’excuses dès lors qu’il entendait réfuter toute faute. Cela n’aurait pas mangé le pain de sa défense et, en tout état de cause, combattu l’impression désastreuse que sa prestation bunkérisée devant la commission parlementaire a pu laisser.

    * La politique et la justice ne pouvaient en tout état de cause, au cas présent, rien aider à cathariser.
    Nos politiques, comme d’hab, se sont réfugiés dans la posture. La justice, réduite au CSM, a bricolé ce qu’elle a pu avec le seul qu’on lui ait déféré et les scories post-amnistie qui lui restaient sous la main. Encore a-t-il fallu -à défaut là aussi des services d’un conseiller en comm’ et moyen d’appel recevable ou pas- qu’à la stupéfaction trop tardive de son président, le CSM pécouille dans sa composition.

    * A ma connaissance, « l’opinion publique » en chair et en os n’a jamais serré la main de personne, y inclus les sondeurs téléphoniques. Chacun en a donc sa propre appréciation. La mienne ne la réduit ni aux interviews-minute de passants qu’on nous présente aux JT, ni aux buveurs excessifs d’apéros chez Mimile, ni aux vociférations, souvent orientées de seconde main, exprimées sur les sites de tous les journaux.
    Elle ne s’assimile pas davantage en intégralité à la définition qu’en a donné Moro-Gafferi, reprise par certains sans nuances jusqu’à plus soif.

    Il m’apparaît que l’opinion publique inclut aussi beaucoup de gens « raisonnables », pas nécessairement bien informés des faits précis de l’affaire et encore moins sachants des subtilités du droit, mais qui connaissent la complexité des choses de la vie et sont capables d’en faire la part. A ceux-là, il me semble que l’expression sincère -au moins en apparence- d’un sentiment de compassion par M. Burgaud aurait pu apporter un apaisment suffisant.

    Commentaire par Goloubchik — 30/04/2009 @ 02:21


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